L'Art du taiji (太極功) de la famille Song : le manuscrit de Song Shuming

Le Taiji gong (太極功, « L’Art du taiji ») est un court traité manuscrit que la tradition rattache à la famille Song (宋), et que Song Shuming (宋書銘) — le maître qui, dans les années 1910 et 1920, enseigna le taiji quan à plusieurs des figures fondatrices de l’art moderne à Pékin — tenait pour l’héritage de ses ancêtres. Le document lui-même ne porte pas son nom : il ne parle que de « mon ancêtre Song Yuanqiao » (宋遠橋). Wu Tunan (吳圖南, 1884-1989) raconta en 1983 qu’un ami, Zhang Ximing, le lui avait confié en 1908 ; il en aurait ensuite fait des copies pour Xu Yusheng, Wu Jianquan, Yang Shaohou, Liu Caichen, Liu Enshou et Ji Zixiu, ce qui explique la parenté de plusieurs manuels parus dans les décennies suivantes avec ce texte. Le traité se présente comme la généalogie de quatre transmissions parallèles, portant chacune un nom d’art différent : les Trente-Sept (三十七) reçus de Xu Xuanping sous les Tang, les Treize formes (十三式) reçus de Li Daozi, la Petite Voûte suprême (小九天) de Han Gongyue et la Méthode de la nature acquise (後天法) de Hu Jingzi. Chaque lignée est accompagnée de sa liste de postures, et les Trente-Sept de cinq écrits brefs (chant des huit techniques, discours du cœur, grand usage du corps, seize points essentiels, chant de la fonction). Le recueil se ferme sur les règles de transmission de l’école : les dix personnes à ne pas instruire, les quatre prohibitions et les trois petits interdits de la pratique. Le texte est traduit ici intégralement d’après les passages chinois reproduits dans l’article de Paul Brennan ; les vingt-cinq pages du manuscrit de 1908 qui l’accompagnent (page de titre et vingt-quatre feuillets) sont reproduites en regard. Le manuscrit et les pièces de vers qu’il cite sont dans le domaine public. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...

17 septembre 2026 · 35 min · 7322 mots