Le Manuel de taiji quan de la famille Li (李氏太極拳譜) : les écrits de Li Yiyu et de Wu Yuxiang, édition de 1936

Le Li shi taiji quan pu (李氏太極拳譜, « Le Manuel de taiji quan de maître Li ») est le recueil des écrits de Li Yiyu (李亦畬, nom personnel Li Jinglun 李經綸, 1832-1892), lettré de Yongnian, dans le Hebei, qui fut l’élève — et le neveu par sa mère — de Wu Yuxiang (武禹襄, 1812-1880). Sur la fin des Qing, Yongnian était, avec Chenjiagou au Henan, l’un des grands foyers du taiji quan, et trois familles y tenaient le haut du pavé : les Yang, les Wu et les Li. C’est de Wu Yuxiang et de Li Yiyu que procède la lignée dont Hao Weizhen (郝為眞, 1842-1920) hérita — celle que l’on appelle aujourd’hui le style Wu. Li Yiyu apprit l’art à partir de 1853 et y travailla plus de vingt ans ; ses textes — la formule des cinq mots, les Essentiels du travail de l’enchaînement et de la poussée des mains, le secret du lâcher — sont, avec ceux de son oncle, la source de tout ce que la tradition du taiji quan appelle les « classiques » de la famille Wu. Le manuscrit resta dans la famille, recopié et corrigé de génération en génération, et c’est son petit-fils Li Huaiyin (李槐蔭) qui le fit imprimer au printemps 1936 sous le nom de la salle familiale, le « Pavillon Lianrang » (廉讓堂, « la salle de la modération et du désistement »). Li Yiyu est mort en 1892 et Wu Yuxiang en 1880 : le texte chinois est depuis longtemps dans le domaine public. Le volume s’ouvre sur le nom de l’art et sur la nomenclature des postures — mains nues, sabre et lance — puis donne le Traité du taiji quan de Wang Zongyue avec les commentaires qu’y ajoute Li Yiyu, les quatre chants du chapitre quatre (dont le grand poème de soixante vers qui suit l’enchaînement posture par posture), les trois écrits de Wu Yuxiang et les cinq textes de Li Yiyu lui-même, pour finir par un court écrit de son frère cadet Li Qixuan et par une liste de mouvements d’épée ajoutée à la fin du manuscrit. Ce sont ces sept chapitres, c’est-à-dire tout le noyau classique du livre, que l’on trouvera traduits ci-dessous ; les préfaces et notices biographiques de l’édition de 1936 sont signalées en fin d’article. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...

17 octobre 2026 · 43 min · 8980 mots

L'Art du taiji (太極功) de la famille Song : le manuscrit de Song Shuming

Le Taiji gong (太極功, « L’Art du taiji ») est un court traité manuscrit que la tradition rattache à la famille Song (宋), et que Song Shuming (宋書銘) — le maître qui, dans les années 1910 et 1920, enseigna le taiji quan à plusieurs des figures fondatrices de l’art moderne à Pékin — tenait pour l’héritage de ses ancêtres. Le document lui-même ne porte pas son nom : il ne parle que de « mon ancêtre Song Yuanqiao » (宋遠橋). Wu Tunan (吳圖南, 1884-1989) raconta en 1983 qu’un ami, Zhang Ximing, le lui avait confié en 1908 ; il en aurait ensuite fait des copies pour Xu Yusheng, Wu Jianquan, Yang Shaohou, Liu Caichen, Liu Enshou et Ji Zixiu, ce qui explique la parenté de plusieurs manuels parus dans les décennies suivantes avec ce texte. Le traité se présente comme la généalogie de quatre transmissions parallèles, portant chacune un nom d’art différent : les Trente-Sept (三十七) reçus de Xu Xuanping sous les Tang, les Treize formes (十三式) reçus de Li Daozi, la Petite Voûte suprême (小九天) de Han Gongyue et la Méthode de la nature acquise (後天法) de Hu Jingzi. Chaque lignée est accompagnée de sa liste de postures, et les Trente-Sept de cinq écrits brefs (chant des huit techniques, discours du cœur, grand usage du corps, seize points essentiels, chant de la fonction). Le recueil se ferme sur les règles de transmission de l’école : les dix personnes à ne pas instruire, les quatre prohibitions et les trois petits interdits de la pratique. Le texte est traduit ici intégralement d’après les passages chinois reproduits dans l’article de Paul Brennan ; les vingt-cinq pages du manuscrit de 1908 qui l’accompagnent (page de titre et vingt-quatre feuillets) sont reproduites en regard. Le manuscrit et les pièces de vers qu’il cite sont dans le domaine public. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...

17 septembre 2026 · 35 min · 7322 mots

Le Taiji zhengzong quanzhen (太極正宗銓真) de Wu Zhiqing : les quatre secrets de la pratique

Le Taiji zhengzong quanzhen (太極正宗銓真, « Explications véritables du taiji authentique ») est le second livre de Wu Zhiqing (吳志青, 1887-1949), écrivain martial et professeur, élève de Yang Chengfu (楊澄甫, 1883-1936). Répondant au Taiji zhengzong (太極正宗) de 1936 — déjà traduit sur ce site — il en reprend la matière pour l’approfondir, et il fut rédigé à Kunming, au Yunnan, où son auteur occupait un poste à l’université nationale du Sud-Ouest associé (國立西南聯合大學). La préface, datée d’avril 1943, est signée dans le bureau des études de cette université. L’ouvrage se présente comme la mise au jour de quatre textes que les maîtres des générations passées ne transmettaient qu’avec réserve — la méthode des treize termes (十三字行功法), la formule en huit mots (八字訣), les énergies des treize dynamiques (十三勢總勁) et la pratique du vide et du plein (虛實行功法) — dont l’auteur dit avoir reçu les chants et les commentaires de Wu Mengxia (吳孟俠) par l’entremise de Jin Yiming (金一明) au printemps 1940. Autour de ces quatre « joyaux », il dispose ses propres essais : la force et le jin (力與勁), le centre et l’équilibre (中心與重心), les six unions et les trois poussées (六合三摧說), les rapports du taiji quan avec l’hygiène physiologique, et le développement du potentiel humain. Le texte chinois, achevé en 1943, est dans le domaine public. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...

16 septembre 2026 · 85 min · 18030 mots

Le Taiji zhengzong (太極正宗) de Wu Zhiqing : théorie et structure de l'enchaînement

Le Taiji zhengzong (太極正宗, « Le taiji authentique ») est l’un des ouvrages les plus amples de Wu Zhiqing (吳志青, 1887-1949), éducateur et écrivain martial de l’époque républicaine. Paru en septembre 1936 aux éditions de la Grande librairie de l’Est (大東書局) à Shanghai, il se propose de comparer méthodiquement les versions du taiji quan alors en circulation — celles de Yang Chengfu (楊澄甫, 1883-1936), de Wu Jianquan (吳鑑泉, 1870-1942), de Sun Lutang (孫祿堂, 1860-1933) et des disciples de Yang, Chen Weiming (陳微明) et Chu Minyi (褚民誼) — et d’établir que toutes remontent à une même lignée, celle de la famille Yang. Wu Zhiqing avait lui-même reçu l’enseignement de Yang Chengfu en 1918. L’ouvrage se divise en deux parties : la première (上編) traite de la théorie et de la pratique, la seconde (下編) rassemble les écrits des maîtres contemporains. Le présent article en donne la préface de l’auteur et les chapitres théoriques — le chapitre premier (les quatre sections : le taiji quan comme science d’hygiène, la comparaison des versions selon les écoles, le tableau comparatif des noms de postures dans quatre versions, l’étude sur le nombre et les noms des postures) et le chapitre deux, sections 1 et 2 (le diagramme d’orientation et les plans de pas des douze segments, avec la liste complète des quatre-vingt-une postures et le décompte des mouvements). Les descriptions posture par posture du chapitre deux (section 3) et la seconde partie de l’ouvrage n’y figurent pas. Le texte chinois, publié en 1936, est dans le domaine public. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...

14 septembre 2026 · 30 min · 6311 mots

La Voie correcte du yi quan (意拳正軌) de Wang Xiangzhai, suivie de « Du dur et du souple qui se complètent »

Le Yiquan zheng gui (意拳正軌, « La voie correcte du yi quan ») est le premier livre de Wang Xiangzhai (王薌齋, 1885-1963), fondateur du yi quan (意拳, « boxe de l’intention »), appelé plus tard da cheng quan (大成拳). Élève de Guo Yunshen (郭雲深), le grand maître du xingyi quan, Wang signe ici de son autre nom, Wang Yuseng (王宇僧). L’ouvrage fut achevé au neuvième mois de la dix-huitième année de la République de Chine, soit à l’automne 1929 ; c’est le texte où il expose pour la première fois sa rupture avec les enchaînements formels au profit de la seule position de l’arbre (zhan zhuang, 站樁) et du travail de l’intention. On y trouvera, en regard du texte chinois, les cinq schémas carré/rond de l’édition de 1929. À la suite de ce bref traité, j’ai traduit l’article 《拳之剛柔相濟論》 (« Du dur et du souple qui se complètent », 1935), signé du même nom de plume Wang Yuseng et paru dans la revue Guoshu tongyi yuekan (國術統一月刊, « Revue unifiée des arts nationaux »), n° 5-6, où l’auteur reprend l’idée de la « voie correcte » à propos de l’équilibre entre dureté et souplesse. Les trois planches de la revue de 1935 sont également reproduites. L’auteur étant mort en 1963, le texte chinois est dans le domaine public. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...

13 septembre 2026 · 43 min · 9107 mots

Le Taiji quan jiangyi (太極拳講義) de Yao Fuchun et Jiang Rongqiao

Le Taiji quan jiangyi (太極拳講義, « Exposé didactique du taiji quan ») parut à Shanghai en 1930 aux éditions Wu Xue Shuju (上海武學書局). Il est l’œuvre commune de deux maîtres du Hebei : Yao Fuchun (姚馥春), natif de Zunhua (遵化), et Jiang Rongqiao (姜容樵, 1891-1974), natif de Cangzhou (滄州). Les deux hommes s’étaient rencontrés jeunes auprès du même professeur, Tang Shilin (湯士林) de Baoding, disciple de Xu Zhan’ao (許占鰲), lui-même héritier d’un lignage venu du Henan ; Yao Fuchun travailla en outre le xingyi et le bagua auprès de Zhang Zhankui (張占魁, « Zhaodong »), tandis que Jiang Rongqiao tenait l’épée du Wudang du général Li Jinglin (李景林). L’ouvrage — l’un des manuels de taiji quan les plus complets des années 1930 — réunit les dédicaces de sept personnalités du monde politique et martial, sept préfaces, la théorie de l’école interne, la description illustrée de cent soixante-huit figures de la forme, les méthodes de poussée des mains et un commentaire du traité attribué à Wang Zongyue. Nous en traduisons ici les pages liminaires et la partie théorique (chapitres premier et deuxième), en reproduisant les calligraphies et les portraits de l’édition originale. Le texte chinois, publié en 1930, est dans le domaine public. ...

11 septembre 2026 · 51 min · 10842 mots

L'Étude du xingyi quan (Xingyi quan xue) de Sun Lutang : préfaces et théorie

Le Xingyi quan xue (形意拳學, « Étude de la boxe du xingyi ») est le manuel de la boxe du xingyi de Sun Lutang (孫祿堂, 1860-1933), de son nom de naissance Sun Fuquan (孫福全), maître des trois arts internes — xingyi quan, bagua quan et taiji quan — qu’il fut l’un des premiers à unifier en une seule pratique. L’ouvrage fut publié en mai 1915. Dans sa préface, l’auteur retrace une transmission légendaire : le patriarche Bodhidharma (Damo), puis le général Yue Fei (岳武穆), Ji Jike, Cao Jiwu, Dai Longbang, Li Luoneng, définitivement Guo Yunshen (郭雲深), puis le maître direct de Sun Lutang, Li Kuiyuan (李魁元). Le texte chinois, qui remonte à 1915, est depuis longtemps dans le domaine public (l’auteur est mort en 1933). Nous traduisons ici la partie théorique de l’ouvrage : la préface de Zhao Heng, la calligraphie liminaire de Qin Shusheng, la préface d’Ai Yukuan, la préface de l’auteur, les remarques générales (Fan li, 凡例), la table des matières, puis les sections consacrées à la théorie du recueil supérieur (non-polaire, néant contenant un souffle unique, grand-polaire, deux formes, trois substances, et les principes de pratique). Les chapitres suivants, qui décrivent posture après posture les cinq élémentaires (coupe, effondrement, forage, bombe, travers), leurs enchaînements, et les douze formes animales, sont omis pour rester dans des proportions raisonnables. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...

7 septembre 2026 · 31 min · 6582 mots

L'Étude du bagua quan (Bagua quan xue) de Sun Lutang : préfaces et théorie

Le Bagua quan xue (八卦拳學, « Étude de la boxe du bagua ») est le manuel de la boxe du bagua de Sun Lutang (孫祿堂, 1860-1933), de son nom de naissance Sun Fuquan (孫福全), maître des trois arts internes — xingyi quan, bagua quan et taiji quan — qu’il fut l’un des premiers à unifier en une seule pratique. L’ouvrage, publié en avril 1917, s’ouvre sur un frontispice portant la charge de « capitaine d’infanterie, septième classe de l’ordre du Tigre lettré » et une calligraphie de Yan Xiu (嚴修, « L’art est bâti sur des principes »). Dans sa préface, l’auteur rattache la transmission du bagua quan à Dong Haichuan (董海川), qui l’enseigna à Cheng Tinghua (程廷華), dont Sun Lutang fut l’élève. Le texte chinois, qui remonte à 1916-1917, est depuis longtemps dans le domaine public. Nous traduisons ici la partie théorique du livre : les deux préfaces d’auteurs tiers et la préface de l’auteur, les remarques générales (Fan li, 凡例), le sommaire, puis les cinq premiers chapitres consacrés à la théorie (nom de la structure, les trois défauts du débutant, les neuf exigences, les quatre vertus et huit capacités, la distinction entre marche circulaire et enfilage des paumes). Les chapitres suivants, qui décrivent posture après posture les techniques des huit trigrammes pourvues de leurs planches photographiques, sont omis pour rester dans des proportions raisonnables. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...

6 septembre 2026 · 31 min · 6507 mots

L'Étude du taiji quan (Taiji quan xue) de Sun Lutang : préfaces et théorie

Le Taiji quan xue (太極拳學, « Étude du taiji quan ») est le manuel de taiji quan de Sun Lutang (孫祿堂, 1860-1933), de son nom complet Sun Fuquan (孫福全), maître des trois arts internes — xingyi quan, bagua quan et taiji quan — qu’il fut l’un des premiers à unifier en une seule pratique. L’ouvrage, publié en juin 1921, se compose d’une première partie réservée à la pratique individuelle (les quatre-vingt-dix-huit postures) et d’une seconde au travail à deux (le tui shou ou poussée des mains). Le texte chinois, qui remonte à 1919-1921, est depuis longtemps dans le domaine public. Nous traduisons ici la partie théorique du livre : les trois préfaces, dont celle de l’auteur, le chapitre consacré au nom même du taiji quan et les remarques générales. Les descriptions illustrées des postures, qui occupent l’essentiel du volume, sont omises pour rester dans des proportions raisonnables. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...

5 septembre 2026 · 18 min · 3625 mots

L'Étude de l'épée du bagua (Baguajian xue) de Sun Lutang

Le Baguajian xue (八卦劍學, « Étude de l’épée du bagua ») est un manuel classique de l’épée du bagua, composé par Sun Lutang (孙禄堂, 1860-1933), l’un des plus grands maîtres des arts martiaux internes chinois. L’auteur y signe de son nom de naissance Sun Fuquan (孫福全). Publié à Pékin en novembre 1927, l’ouvrage écrit que l’art de l’épée tient son origine de Dong Haichuan (董海川, 1797-1882), fondateur présumé du bagua, transmis à Sun par Cheng Tinghua (程廷華, 1848-1900). Le texte chinois, publié il y a près d’un siècle, est depuis longtemps dans le domaine public ; la présente traduction en français a été établie directement à partir de cet original. ...

4 septembre 2026 · 57 min · 12020 mots