« Arme longue, portée courte » (長兵短用說) de Qi Jiguang : les huit lances mères, les six unions et les vingt-quatre postures de la lance

Le Jixiao xinshu (紀效新書, « Nouveau livre des méthodes efficaces ») est le traité militaire que Qi Jiguang (戚繼光, 1528-1588) rédigea en 1560, alors qu’il réorganisait la défense des côtes du Zhejiang contre les pirates japonais. Son chapitre dix, le Chang bing duan yong shuo (長兵短用說, « Arme longue, portée courte »), est l’un des plus anciens traités chinois consacrés à la seule lance qui nous soient parvenus, et le plus précis sur la question du dosage entre la longueur de l’arme et la distance de combat. Qi Jiguang y expose d’abord une thèse tactique — une arme longue doit se manier de court, faute de quoi sa portée se retourne contre celui qui la porte — puis il transcrit, avec dessins, la pratique de la lance de la famille Yang (楊家鎗, sans rapport avec la famille Yang du taiji quan), dite Fleur de poirier (梨花鎗) : les huit lances mères (八母鎗), les six unions (六合) et les vingt-quatre postures (二十四勢), dont plusieurs portent des noms que reprendront plus tard le taiji quan et les autres grandes écoles. Le texte est dans le domaine public : Qi Jiguang est mort en 1588 et l’ouvrage date de 1560. Les figures reproduites ici sont les planches de la lance de l’édition chinoise d’origine, telles qu’elles accompagnent le texte dans l’article de Brennan. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...

17 octobre 2026 · 23 min · 4733 mots