Le Zhenben Damo Yijin jing waijing (眞本達摩易筋經外經, « Le véritable Yijin jing de Damo : le classique externe ») est la seconde partie du petit manuel publié à Shanghai en septembre 1936 par Jin Ti’an (金倜盦, également transcrit Jin Tisheng), qui signe de son sobriquet Ti’an (倜庵). L’auteur y livre, après le baduanjin de son maître, l’ensemble d’exercices de force qu’il tenait d’un marchand de remèdes du Shanxi, Zou Zhongda, présenté comme la transmission authentique de la branche de Shaolin établie au Shanxi et au Shaanxi.
Le Yijin jing (易筋經, « Classique du changement des tendons ») est, dans la tradition, attribué au moine Damo (達摩, Bodhidharma), patriarche fondateur légendaire des arts martiaux de Shaolin. Le livre se partage en deux : un « classique interne » (內經) voué à la méditation assise et à la circulation du souffle, réservé aux disciples, et un « classique externe » (外經) voué au durcissement des tendons et au développement de la force, largement répandu mais rarement transmis dans une version fidèle. C’est cette seconde partie, d’environ 3 600 caractères chinois, que traduit l’article ci-dessous : douze sections numérotées, chacune avec sa description posturale, son compte de répétitions, son dessin d’origine et le commentaire de l’auteur.
Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.
Préface (序)
易筋經為少林武術祖師達摩禪所傳授。分內外二經。內經主柔。以靜坐運氣為事。非少林正宗弟子。不得其傳。且擅此者。亦不肯輕易授人。守少林戒也。
Le Yijin jing a été transmis par le maître chan Damo, patriarche fondateur des arts martiaux de Shaolin. Il se divise en deux classiques, l’un interne et l’autre externe. Le classique interne privilégie la souplesse : son affaire est la méditation assise et la circulation du souffle. Seuls les disciples authentiques de Shaolin en reçoivent la transmission ; et ceux qui le possèdent ne consentent pas non plus à l’enseigner à la légère, par respect des préceptes de Shaolin.
後之練武者。欲自眩耀。往往皆以十二段錦之法代之。以其段數相同。法則相類也。其實十二段錦自十二段錦。易筋經自易筋經。兩經可互證而不可相混者也。
Plus tard, ceux qui pratiquaient les arts de combat, désireux de se donner du lustre, eurent souvent recours à la méthode des Douze pièces de brocart (十二段錦) pour le remplacer, parce que le nombre des sections est le même et que les procédés sont du même genre. En réalité, les Douze pièces de brocart sont les Douze pièces de brocart, et le Yijin jing est le Yijin jing : les deux ouvrages peuvent s’éclairer mutuellement, mais on ne doit pas les confondre.
至于外經。則主剛。以强筋練力為事。其法遍傳于世。惟眞本亦殊不多遘。坊間俗本。所載各段。節數雖相同。其法實大有出入。欲覓完善之本。不可得也。
Quant au classique externe, il privilégie la dureté : son affaire est de fortifier les tendons et de développer la force. Sa méthode s’est répandue dans le monde entier, mais les exemplaires authentiques sont rares à rencontrer. Dans les livrets vulgaires vendus sur les étals, les sections portent le même nombre de temps, mais la méthode en est en réalité très différente : chercher un texte parfait, on ne le trouve pas.
大抵此法盛行于北方。茲編各法。乃得之於山西藥商鄒仲達君之秘授。據云為少林山陝支流之眞傳。較尋常坊本為勝也。
En gros, cette méthode est florissante dans le Nord. Les méthodes réunies dans ce recueil proviennent de l’enseignement secret de M. Zou Zhongda, marchand de remèdes du Shanxi. Selon lui, il s’agit de la vraie transmission de la branche de Shaolin répandue au Shanxi et au Shaanxi, supérieure aux livrets ordinaires.
其法偏重于上肢。實為練力運氣。舒展筋脉之妙法。每日依法勤行四五次。百日之後。則食量增加。筋骨舒暢。百病不生。
Cette méthode met l’accent sur les membres supérieurs ; c’est en vérité un merveilleux procédé pour entraîner la force et faire circuler le souffle, pour déployer les tendons et les vaisseaux. Si l’on pratique diligemment, selon la méthode, quatre ou cinq fois par jour, au bout de cent jours l’appétit augmente, les tendons et les os sont à l’aise, et les cent maladies ne naissent plus.
至一二年後。則非但身體强健。精神飽滿。且兩臂之力。可舉千斤。卽為平素孱弱多病。力不足以縛雛者。練習一二年。亦可以一掃其孱弱。兩臂增數百斤之力。
Au bout d’un ou deux ans, non seulement le corps est robuste et l’esprit plein, mais la force des deux bras peut soulever mille livres (jin, 千斤). Même celui qui a toujours été chétif et maladif, dont la force ne suffirait pas à attacher un poussin, s’il s’exerce un ou deux ans, balaiera sa faiblesse et gagnera dans les deux bras la force de plusieurs centaines de livres.
至若年老之人。精氣已衰。勤習此法。雖不足以返老還童。亦足以延年却病。江右老人稱明志。年已八旬。精神猶如壯年。日徒步三十里不為苦。
Quant aux gens âgés, dont l’essence vitale est déjà affaiblie, s’ils pratiquent diligemment cette méthode, cela ne suffira pas à les faire rajeunir, mais suffira à prolonger leurs années et à écarter la maladie. Un vieil homme du Jiangyou (江右, le Jiangxi), nommé « Claire Détermination » (明志), âgé de quatre-vingts ans, a encore l’esprit d’un homme dans la force de l’âge : il marche trente li par jour sans en souffrir.
嘗為余曰。予氣體素弱。中年多病。從友人之言。勤習易筋經後。不久卽康健。四十年中。從未為病魔所擾。今猶能强健步者。謂非易筋經之功乎。
Il m’a dit un jour : « Ma constitution a toujours été faible, et je fus souvent malade dans l’âge mûr. Suivant le conseil d’un ami, je pratiquai diligemment le Yijin jing, et bientôt je fus en bonne santé. Voilà quarante ans que le démon de la maladie ne m’a jamais tourmenté, et aujourd’hui encore je marche d’un pas vigoureux. Ne serait-ce pas là l’effet du Yijin jing ? »
觀乎老人之言。則此法之效力。可以知之矣。茲將其法繪圖列說。印行于世。以公同好。且為坊間俗本。一正其訛也。倜庵識。
À voir les paroles de ce vieil homme, on peut connaître l’efficacité de cette méthode. Je fais donc dessiner et expliquer ces exercices, et je les fais imprimer pour les rendre publics et les partager avec les amateurs, ainsi que pour corriger une fois pour toutes les erreurs des livrets vulgaires.
— Signé Ti’an (倜庵).
Le véritable Yijin jing de Damo : le classique externe (眞本達摩易筋經外經)
Première section : la posture du souffle unique du chaos primordial (△第一段)
面東而立。兩足分開。相距約一尺地。須要平直。不可作八字形。凝神調息。目宜睜視。口宜緊閉。頭宜上昻。鼓氣于腹。
Debout, face à l’est, les pieds écartés d’environ un chi (尺, un pied) ; ils doivent être bien droits et parallèles, sans former la figure du caractère 八 (c’est-à-dire sans que les pointes s’ouvrent en dehors). Concentrez l’esprit et réglez le souffle. Les yeux doivent rester grands ouverts, la bouche fermée, la tête relevée. Gonflez le souffle dans l’abdomen.
兩手上提。肘微屈。兩掌向地。惟兩臂之力。必須下注。如按物踴身之狀。然後用力將手指向上翹起。掌跟卽用力向下一按。如此一翹一按。是為一度。共行四十九度而止。須默數牢記之。式如第一圖
Les deux mains se lèvent, les coudes légèrement pliés, les paumes tournées vers le sol ; mais la force des deux bras doit se porter vers le bas, comme si l’on appuyait sur un objet pour soulever le corps. Ensuite, avec force, relevez les doigts vers le haut, et le talon de la paume appuie alors avec force vers le bas. Ce relever et cet appui comptent pour un temps (yi du, 一度). Exécutez-en quarante-neuf au total, en comptant mentalement et en le gardant bien en mémoire. La posture est celle de la première figure.

Remarque de Ti’an (倜按)
此段乃混元一炁之勢。先天之象也。行時指上翹宜速。掌下按宜緩。全神貫注于指掌之間。使力足而氣沛。一翹一按。妙合陰陽。
Cette section est la posture du souffle unique du chaos primordial (混元一炁), image de l’état antérieur au ciel (先天). Pendant l’exercice, le relever des doigts doit être rapide, l’appui des paumes vers le bas lent. Tout l’esprit se concentre entre les doigts et les paumes, de sorte que la force soit pleine et le souffle abondant : ce relever et cet appui s’unissent merveilleusement comme le yin et le yang.
若神氣渙散。力不專注。行之無功。此為最忌。兩手上提時。肘雖微屈。惟以手掌至腰下為度。若提過腰。則有損筋骨。學者宜愼也。
Si l’esprit et le souffle se dispersent et que la force ne se concentre pas, l’exercice reste sans effet : c’est là ce qu’il faut le plus éviter. Quand les mains se lèvent, bien que les coudes se plient légèrement, les paumes doivent s’arrêter au-dessous de la taille ; si elles montent plus haut que la taille, cela nuit aux tendons et aux os. Que l’étudiant y prenne garde.
Deuxième section : le poing serré et le pouce relevé (△第二段)
行前段畢。調息片時。使周身筋骨舒展。然後更續行第二段。正立如前。兩足緊並。肘挺直。十指屈轉握拳。置大腿前面。兩拇指相向。掌心貼腿。
La section précédente achevée, réglez le souffle un moment pour que les tendons et les os de tout le corps se déploient, puis poursuivez avec la deuxième section. Debout comme devant, les pieds serrés l’un contre l’autre, les bras tendus, les dix doigts se replient et se ferment en poings que l’on place devant les cuisses, les deux pouces se faisant face, la paume collée aux jambes.
然後將拳一緊。拇指卽向上用力翹起。愈高愈妙。于握拳翹指之際。兩臂之力。須向下注。如抵物狀。如此一握拳一翹指。是為一度。默數牢記。共行四十九度而止。行時宜凝神靜氣。專心一念。式如第二圖。
Puis les poings se serrent et les pouces se relèvent avec force, le plus haut possible — plus haut, mieux cela vaut. Au moment où le poing se ferme et où le pouce se relève, la force des deux bras doit se porter vers le bas, comme si l’on résistait à un objet. Ce serrement de poing et ce relèvement du pouce comptent pour un temps. Comptez mentalement et retenez bien : quarante-neuf au total. Pendant l’exercice, il faut concentrer l’esprit et apaiser le souffle, et fixer son cœur sur une seule pensée. La posture est celle de la deuxième figure.

Remarque de Ti’an (倜按)
此段練指力。握拳宜緊。翹指宜速。臂力下注作抵物狀者。使力聚于拳指。俾拳能愈握愈緊。而指能愈翹愈高也。
Cette section entraîne la force des doigts. Le poing doit se serrer fermement, le pouce se relever rapidement. La force des bras qui se porte vers le bas comme pour résister à un objet fait que la force se rassemble dans le poing et le pouce, si bien que le poing se serre de plus en plus fort et le pouce se relève de plus en plus haut.
坊本有將兩拳貼大腿兩旁。而以拇指向前者。殊不得勢。勢不合則力不充。力不充則氣不凝。精神渙散。祇見其謬誤耳。學者宜明辨之。
Certains livrets de boutique placent les deux poings contre les côtés des cuisses et tournent les pouces vers l’avant : la posture n’y trouve nullement sa juste mesure. Quand la posture ne convient pas, la force n’est pas pleine ; quand la force n’est pas pleine, le souffle ne se condense pas, et l’esprit se disperse : on n’y voit que l’erreur. L’étudiant doit le distinguer clairement.
Troisième section : le poing serré et le bras tendu (△第三段)
行前段畢。調息片時。更行第三段。身正立如前。兩足分開。相距約一尺。宜平直。不能作八字式。閉口睜目。兩手先曲拇指于掌心。然後以餘指緊之。使成雙拳。直垂于左右。拳背向外。
La section précédente achevée, réglez le souffle un moment et passez à la troisième section. Le corps debout comme devant, écartez les pieds d’environ un chi, bien droits et parallèles, sans les tourner en dehors. Bouche fermée, yeux écarquillés. Les deux mains replient d’abord le pouce dans la paume, puis les autres doigts le serrent, formant deux poings qui pendent verticalement à gauche et à droite, le dos des poings tourné vers l’extérieur.
初不必用力。但臂不宜使彎曲耳。然後將拳緊緊一握。臂時向下一挺。使肘節突出。全力聚于拳臂之間。如此拳一握。臂一挺。是為一度。默數牢記。共行四十九度而止。式如第三圖。
Au début, il n’est pas nécessaire de forcer, mais les bras ne doivent pas être fléchis. Ensuite le poing se serre fortement et le bras se tend d’un coup vers le bas, faisant saillir l’articulation du coude ; toute la force se rassemble entre les poings et les bras. Ce serrement de poing et cette tension du bras comptent pour un temps. Comptez mentalement et retenez bien : quarante-neuf au total. La posture est celle de la troisième figure.

Remarque de Ti’an (倜按)
此段練拳臂之力。兩足分開。所以固下盤也。握拇指于中。所以實拳心。而易于着力也。
Cette section entraîne la force du poing et du bras. Les pieds écartés servent à affermir la base du corps. Le pouce replié à l’intérieur sert à remplir le creux du poing et à faciliter l’engagement de la force.
臂向下挺。至肘節內突。則全身之力。皆聚于臂而達于拳。故曰此段練拳臂之力也。
Le bras se tend vers le bas jusqu’à ce que l’articulation du coude saille vers l’intérieur : alors la force de tout le corps se rassemble dans les bras et atteint les poings. C’est pourquoi l’on dit que cette section entraîne la force du poing et du bras.
Quatrième section : les poings levés à hauteur d’épaule (△第四段)
行上段畢。略息片時。更續行此段。先將兩足緊並。全身正立如第一圖。曲拇指于掌心。然後以餘指握之成拳。從下向前緩緩舉起。拳背向外。兩拳心相對。相距與肩闊相等。拳高亦以齊肩為度。上體不能動搖。
La section précédente achevée, reposez-vous un moment, puis poursuivez avec celle-ci. Resserrez d’abord les deux pieds l’un contre l’autre, le corps debout comme sur la première figure. Repliez les pouces dans les paumes, puis fermez les autres doigts pour former des poings. Ceux-ci montent lentement en avant, le dos tourné vers l’extérieur, les faces internes des deux poings se faisant face, écartées d’une largeur d’épaule ; la hauteur des poings s’arrête elle aussi au niveau des épaules. Le haut du corps ne doit pas osciller.
然後將拳緊緊一握。兩臂乘用力一伸。在伸握之時。若拳臂向左右宕動。是為切忌。如此拳一握。一伸為一度。默數牢記。共行四十九度而止。式如第四圖。
Alors les poings se serrent fortement et les deux bras en profitent pour se tendre avec force. Pendant cette extension et ce serrement, si les poings et les bras se balancent vers la gauche ou la droite, c’est là ce qu’il faut absolument éviter. Ce serrement de poing et cette extension comptent pour un temps. Comptez mentalement et retenez bien : quarante-neuf au total. La posture est celle de la quatrième figure.

Remarque de Ti’an (倜按)
此段乃練肩背拳臂之力。蓋握拳伸臂。雖力聚于拳臂。而每一伸臂時。兩肩必向前聳。肩向前聳。則背部之筋骨。必現緊張之象。其力不運而自至矣。
Cette section entraîne la force des épaules, du dos, des poings et des bras. Car si, en serrant le poing et en tendant le bras, la force se rassemble dans les poings et les bras, chaque extension fait nécessairement hausser les épaules vers l’avant ; et les épaules haussées en avant font apparaître dans les tendons et les os du dos un état de tension. La force y vient d’elle-même, sans qu’on l’y conduise.
若兩臂于舉動之時。不能專運其力。而任其宕動。則勢亂神散。徒行無益也。是宜切戒。
Si, pendant le mouvement, les deux bras ne conduisent pas leur force avec application et sont laissés à leurs balancements, la posture se dérègle et l’esprit se disperse : l’exercice ne sert à rien. Il faut absolument s’en abstenir.
Cinquième section : les poings joints au-dessus de la tête (△第五段)
行上段畢。略息片時。續行此段。先將兩足緊並。全身直立如第一式。將兩手握拳。從左右緩緩舉起。以直伸于上為度。拳背向外。兩掌心相對。時微曲。兩臂不能貼緊頭上。約離耳際一寸餘。兩足殿起。足跟約離地二三寸。
La section précédente achevée, reposez-vous un moment et poursuivez avec celle-ci. Resserrez les deux pieds, le corps debout comme dans la première partie. Les deux mains se ferment en poings et montent lentement par les côtés jusqu’à s’étendre droit au-dessus de la tête, le dos des poings tourné vers l’extérieur, les faces internes se faisant face ; les coudes restent légèrement pliés et les bras ne doivent pas coller contre le haut de la tête : ils en restent à un peu plus d’un cun des oreilles. Les deux pieds se dressent sur la pointe, les talons à deux ou trois cun du sol.
後然將拳緊緊一握。兩臂蓄力下挫。似作拉物狀。兩足跟乘勢落下。拳暫一鬆。臂力亦暫收。如此一起落為一度。默數牢記。共行四十九度而止。式如第五圖。
Alors les poings se serrent fortement, les bras emmagasinent leur force et poussent vers le bas, comme pour tirer un objet, et les deux talons retombent en profitant du mouvement ; les poings se relâchent un instant et la force des bras se retire aussi un instant. Cette montée et cette descente comptent pour un temps. Comptez mentalement et retenez bien : quarante-neuf au total. La posture est celle de la cinquième figure.

Remarque de Ti’an (倜按)
此乃練全身筋骨之法。兩臂上舉。則肩背胸廓。處處着力。兩足上舉。則腿胯等處。處處不虛。若腿胯不用全力。則身體必動搖不定。難行之矣。
C’est là une méthode pour entraîner les tendons et les os de tout le corps. Les bras levés font travailler partout les épaules, le dos et la cage thoracique ; les pieds dressés font travailler partout les jambes et les hanches. Si les jambes et les hanches n’y mettent pas toute leur force, le corps oscillera et vacillera, et l’exercice deviendra difficile.
至兩臂蓄力下挫。非眞將兩臂下挫。但使兩臂之力向下挫。而臂仍不動。此運意使力之法也。足跟落下時。宜緩緩着地。不能猛疾。過猛過疾。則踵與地相扣。則全身血脉。必受激震。而心房且受其患。切宜愼也。
Quant aux bras qui emmagasinent leur force et poussent vers le bas, il ne s’agit pas de réellement abaisser les bras : on fait seulement que leur force pousse vers le bas, tandis que les bras ne bougent pas. C’est là l’art de conduire la force par l’intention. Quand les talons retombent, ils doivent toucher le sol lentement, sans brusquerie ni précipitation : trop brusque, trop rapide, le talon heurte le sol, et tous les vaisseaux du corps en reçoivent un choc, dont le cœur lui-même souffre. Il faut y prendre grand soin.
Sixième section : les poings ramenés près des oreilles (△第六段)
行上段畢。略息片時。續行此段。先將兩足分開。相距約一尺。須平直。不宜作八字式。兩手握拳。拇指並不置拳心中。曲置于外。其第二節。與其餘四指之地一節。緊緊相扣。
La section précédente achevée, reposez-vous un moment et poursuivez avec celle-ci. Écartez d’abord les deux pieds d’environ un chi, bien droits et parallèles, sans les tourner en dehors. Les deux mains forment des poings, mais le pouce n’est pas placé au creux du poing : il est replié à l’extérieur, sa deuxième phalange étroitement accrochée à la première phalange des quatre autres doigts.
然後從左右舉起。至上臂與肩平時。卽折肘向內。折至極度。拳對兩耳。相離寸許。臂宜舉平。最忌前後傾倒。上下欹斜。掌心向肩。
Puis les poings se lèvent par les côtés ; quand le haut du bras arrive à hauteur d’épaule, le coude se plie vers l’intérieur, jusqu’au pli extrême, les poings face aux deux oreilles et à un cun de distance environ. Les bras doivent rester de niveau ; il faut surtout éviter de pencher en avant ou en arrière, de s’incliner vers le haut ou le bas. La paume regarde l’épaule.
將拳緊握一下。小用力向內折。上臂蓄力向上抬。如此拳一握。臂一折一抬為一度。默數牢記。共行四十九度而止。式如第六圖。
Le poing se serre une fois, l’avant-bras se plie vers l’intérieur avec force, le haut du bras emmagasine sa force et pousse vers le haut. Ce serrement de poing, ce pli et cette poussée du bras comptent pour un temps. Comptez mentalement et retenez bien : quarante-neuf au total. La posture est celle de la sixième figure.

Remarque de Ti’an (倜按)
此段乃練肘腕之力。而兼及于胸廓肩背者也。小臂內向。則肘折而筋骨緊張。握拳向耳。拳高向肩下挫。手腕必折轉而運用其力。臂舉平肩。胸廓開展。內臟必然伸舒。
Cette section entraîne la force des coudes et des poignets, et s’étend aussi à la cage thoracique, aux épaules et au dos. L’avant-bras tourné vers l’intérieur fait plier le coude et tend les tendons et les os. Le poing va vers l’oreille et, placé haut, pousse vers le bas en direction de l’épaule : le poignet se plie et met sa force en œuvre. Les bras levés à hauteur d’épaule ouvrent la cage thoracique, et les viscères s’y étendent nécessairement.
上臂于小臂內折時上抬。則肩與背亦處處着力矣。行此之時。上體最忌欹斜動搖。兩腿尤須用力。以固下盤。
Le haut du bras se relève tandis que l’avant-bras se plie vers l’intérieur : épaules et dos travaillent alors partout. Pendant cet exercice, le haut du corps doit surtout éviter de s’incliner et d’osciller, et les deux jambes doivent mettre toute leur force pour affermir la base.
Septième section : les poings écartés en ligne, les orteils soulevés (△第七段)
行上式畢。略息片時。續行此段。先將兩手握拳。拇指在外。其第二節與其餘四指之第一節相扣。提至當胸。掌心向內。肘臂與肩平。
La figure précédente achevée, reposez-vous un moment et poursuivez avec celle-ci. Les deux mains se ferment en poings, le pouce à l’extérieur, sa deuxième phalange accrochée à la première phalange des quatre autres doigts ; les poings montent devant la poitrine, les faces internes tournées vers l’intérieur, les coudes et les bras à hauteur d’épaule.
然後用力緩緩向左右分去。平肩成一字式。上身略向後仰。惟體不能曲。足跟着地足尖上抬。以離地盈寸為度。
Puis, avec force et lentement, ils s’écartent vers la gauche et la droite jusqu’à former une ligne droite à hauteur d’épaule, en forme de caractère 一. Le haut du corps s’incline légèrement en arrière, mais le corps ne doit pas se courber. Les talons restent au sol et les pointes de pied se relèvent d’un cun environ.
將拳緊緊一握。緩緩一鬆。拳緊則吸氣入內。拳鬆則吐氣向外。如此一緊一鬆為一度。默數牢記。共行四十九度為止。式如第七圖
Le poing se serre fortement, puis se relâche lentement. Quand le poing se serre, on inspire vers l’intérieur ; quand le poing se relâche, on expire vers l’extérieur. Ce serrement et ce relâchement comptent pour un temps. Comptez mentalement et retenez bien : quarante-neuf au total. La posture est celle de la septième figure.

Remarque de Ti’an (倜按)
此段乃練拳臂之力而兼理其內臟之法也。握拳伸臂。所以增其力。吸氣吐氣。所以理其臟腑。卽習吐納術者之所謂。納淸吐濁也。
Cette section est une méthode qui entraîne la force des poings et des bras tout en réglant les viscères. Serrer le poing et étendre le bras accroît la force ; inspirer et expirer règle les organes. C’est ce que les praticiens de l’art de l’expiration et de l’inspiration (吐納) appellent « absorber le pur et rejeter le trouble ».
且欲理內臟。必先使其內部開展舒適。然後有效。此段之所以伸兩臂而仰身向後者。正使其胸廓張大而展其內臟也。然後更納淸氣而吐濁氣。則獲益自可想見。
Or, pour régler les viscères, il faut d’abord que l’intérieur s’ouvre et s’installe à l’aise : alors seulement l’effet vient. Si cette section étend les deux bras et renverse le corps en arrière, c’est précisément pour élargir la cage thoracique et déployer les viscères. Que l’on absorbe ensuite le souffle pur et rejette le trouble, et le bénéfice se conçoit de lui-même.
至足尖上抬。蓋欲使兩腿着力而不至鬆懈。若不着力則傾跌立見。用意深遠矣。
Quant au relèvement des pointes de pied, il vise à faire travailler les deux jambes pour qu’elles ne se relâchent pas : sans ce travail, la chute serait immédiate. L’intention qui s’y cache est profonde.
Huitième section : les poings levés, talons décollés (△第八段)
此與第四式大略相同。行上畢段。略息片時。續行此段。兩手曲拇指于掌心。更以餘指握之成拳。然後從下前方直舉高與肩平。兩拳心相對。惟第四式之相距。以與肩闊相等。此則相距止二三寸之遙。
Cette section est à peu près la même que la quatrième. La précédente achevée, reposez-vous un moment et poursuivez avec celle-ci. Les deux mains replient le pouce dans la paume, puis les autres doigts le serrent pour former des poings ; ceux-ci se lèvent droit devant, depuis le bas, jusqu’à hauteur d’épaule, les faces internes se faisant face. Mais dans la quatrième section l’écartement égalait la largeur des épaules, tandis qu’ici il n’est plus que de deux ou trois cun.
兩拳上舉時。兩足踵卽向上提。完全用足趾點地。足踵離地約二三寸。然後將拳緊緊一握。徐徐一鬆。一握一鬆為一度。默數牢記。共行四十九度而止。式如第八圖。
Tandis que les poings montent, les deux talons se lèvent et l’on ne tient plus que sur la pointe des orteils, les talons à deux ou trois cun du sol. Alors le poing se serre fortement et se relâche lentement. Ce serrement et ce relâchement comptent pour un temps. Comptez mentalement et retenez bien : quarante-neuf au total. La posture est celle de la huitième figure.

Remarque de Ti’an (倜按)
此段乃練兩臂凌空之力者。緊緊握拳之後。兩臂宜力向外分。至與肩闊相等時為度。蓋作拉引重物之勢也。
Cette section entraîne la force des bras dans le vide. Après avoir serré les poings, les bras doivent s’écarter avec force jusqu’à atteindre la largeur des épaules : c’est la posture de qui tire et entraîne un pesant fardeau.
拳距等肩後。卽將拳徐徐鬆開。兩臂仍緩緩合攏。至原處而止。如是行之。其效最著。學者不可不知
Une fois les poings écartés à largeur d’épaule, on les relâche lentement, et les bras se rapprochent peu à peu jusqu’à leur place première. Pratiqué de la sorte, l’effet est des plus marqués : que l’étudiant ne l’ignore pas.
Neuvième section : la rotation des poignets vers le haut (△第九段)
行前段畢。略息片時。續行此段。先兩足緊並。不宜作八字式。全身直立。頭正目前視。兩手先曲拇指于掌心。將餘指握之成拳。然後屈肘將兩臂上提。以拳臂肩相平為度。此時拳心向下。兩拳相距約二三寸。
La section précédente achevée, reposez-vous un moment et poursuivez avec celle-ci. D’abord les deux pieds serrés, sans les tourner en dehors ; le corps debout, la tête droite, le regard devant soi. Les deux mains replient le pouce dans la paume et les autres doigts le serrent pour former des poings. Puis les coudes se plient et les deux bras se lèvent jusqu’à ce que poings, avant-bras et épaules soient de niveau. Les faces internes des poings regardent alors vers le bas, et les deux poings sont écartés de deux ou trois cun.
更將兩拳緊緊一握。小臂上舉。腕用力向上翻轉。至掌心向外。兩拳向鼻為度。惟兩拳不能捧鼻。須離開約盈寸地。腕及小臂上翻之時。上臂不宜隨之上抬。
Les deux poings se serrent alors fortement ; l’avant-bras se lève et le poignet bascule avec force vers le haut, jusqu’à ce que les faces internes regardent vers l’extérieur et que les poings arrivent devant le nez — sans toutefois le tenir : ils restent à un cun environ. Pendant cette rotation du poignet et de l’avant-bras, le haut du bras ne doit pas se relever avec eux.
然後將拳徐徐鬆開。小臂肘腕。仍復原位。為此一翻一落為一度。默數牢記。共行四十九度而止。式如第九圖。
Puis le poing se relâche lentement et l’avant-bras, le coude et le poignet reviennent à leur place. Cette rotation et cette retombée comptent pour un temps. Comptez mentalement et retenez bien : quarante-neuf au total. La posture est celle de la neuvième figure.

Remarque de Ti’an (倜按)
此段乃練肘部之力。而兼及兩臂之法。其翻腕向上時。宜如手握千鈞之物。向上翹起。雖手中並未握物。心目中當作如是觀。否則任意行之。則力不專注。獲益實鮮。
Cette section entraîne la force du coude, et s’étend aux deux bras. Quand le poignet bascule vers le haut, il faut faire comme si la main tenait un objet de mille jun (千鈞) et le relevait. Bien que la main ne tienne rien, l’esprit doit se le représenter ainsi ; sinon, en agissant au hasard, la force ne se concentre pas et le profit est bien mince.
且此段坊本作兩臂上提時。拳卽對鼻。腕臂並不翻落。但將拳握放者實誤。蓋如是非但獲益甚少。且與第六式相混。殊不合理也。學者宜審思而明辨之。
En outre, certains livrets de boutique font lever les bras avec les poings déjà face au nez, sans que le poignet et l’avant-bras basculent, et se contentent de serrer et desserrer le poing : c’est une vraie erreur. Car non seulement le profit est alors fort mince, mais l’exercice se confond avec la sixième section, ce qui n’a aucun sens. L’étudiant doit y réfléchir mûrement et le distinguer clairement.
Dixième section : les bras en forme de montagne (△第十段)
行上段畢。略息片時。更續行此段。先兩足緊並。全身正立。屈拇指于掌心。以餘指握之成拳。然後折肘將兩臂從前面上舉。使上臂與肩平。小臂直竪左右。拳口對耳。掌心向前。使兩臂與頭。成一山字形。
La section précédente achevée, reposez-vous un moment et poursuivez avec celle-ci. D’abord les deux pieds serrés, le corps debout et droit. Repliez les pouces dans les paumes et fermez les autres doigts en poings. Puis les coudes se plient et les deux bras se lèvent par-devant jusqu’à ce que le haut des bras soit à hauteur d’épaule, les avant-bras dressés à gauche et à droite, la bouche du poing face à l’oreille, la paume vers l’avant, de sorte que les deux bras et la tête forment la figure du caractère 山 (montagne).
將拳一緊握。兩臂蓄力向上托。為舉重物狀。兩肘蓄力向外逼。意欲使之凑合。然後徐徐將拳鬆開。收囘肘臂之力。如此一握放為一度。默數牢記。共行四十九度而止。如式第十圖。
Le poing se serre une fois ; les deux bras emmagasinent leur force et soutiennent vers le haut, comme s’ils soulevaient un fardeau pesant ; les deux coudes emmagasinent leur force et pressent vers l’extérieur, avec l’intention de les faire se rejoindre. Puis le poing se relâche lentement et la force des coudes et des bras se retire. Ce serrement et ce relâchement comptent pour un temps. Comptez mentalement et retenez bien : quarante-neuf au total. La posture est celle de la dixième figure.

Remarque de Ti’an (倜按)
此段乃練兩臂上托之力。所謂臂蓄力上托。肘蓄力外逼者。非眞須將臂上托時外逼也。亦運意使力之法。卽拳技家所謂力到拳不到之意。蓋意想所及。使兩臂之力向上托。兩肘之力向外逼也。
Cette section entraîne la force de soutien vers le haut des deux bras. Ce que l’on appelle « les bras emmagasinent leur force et soutiennent vers le haut, les coudes emmagasinent leur force et pressent vers l’extérieur » ne signifie pas qu’il faille réellement presser vers l’extérieur en soutenant : c’est encore l’art de conduire la force par l’intention, ce que les maîtres de boxe nomment « la force arrive, le poing n’arrive pas » (力到拳不到). Là où va la pensée, la force des deux bras soutient vers le haut et la force des deux coudes presse vers l’extérieur.
坊本作臂上舉時外逼。則勢亂而力散矣。殊覺其誕謬。學者宜愼察之。
Les livrets de boutique, eux, font presser vers l’extérieur dès que les bras se lèvent : la posture se dérègle alors et la force se disperse. Cela paraît fort absurde ; que l’étudiant l’examine avec soin.
Onzième section : les poings devant le ventre et les six sons (△第十一段)
行前段畢。略息片時。續行此段。先兩足緊並。全身正立。兩手握拳。拇指第二節與餘四指第一節。緊緊相扣。然後將雙拳緩緩提至少腹之上。臍輪之下。肘微屈。拳離腹盈寸。
La section précédente achevée, reposez-vous un moment et poursuivez avec celle-ci. D’abord les deux pieds serrés, le corps debout et droit, les deux mains fermées en poings, la deuxième phalange du pouce étroitement accrochée à la première phalange des quatre autres doigts. Puis les deux poings montent lentement au-dessus du bas-ventre, au-dessous du nombril ; les coudes se plient légèrement et les poings restent à un cun du ventre.
將拳緊握一下。拇指卽向上一翹。而兩臂蓄力使上提。如提千鈞重物。然後徐徐鬆拳。拇指仍屈至原處。每于拳緊時。吸氣向內。拳鬆時吐氣向外。如此一緊一鬆者一度。默數牢記。四十九度而止。
Le poing se serre une fois et le pouce se relève ; les deux bras emmagasinent leur force et soulèvent, comme s’ils levaient un poids de mille jun. Puis le poing se relâche lentement et le pouce se replie à sa place. Chaque fois que le poing se serre, on inspire vers l’intérieur ; chaque fois qu’il se relâche, on expire vers l’extérieur. Ce serrement et ce relâchement comptent pour un temps. Comptez mentalement et retenez bien : quarante-neuf au total.
拳足復原位。靜心屛息。默誦呵噓呼呬吹嘻六字九遍。式如第十一圖。
Les poings et les pieds reviennent à leur place. Apaisez le cœur, retenez le souffle et récitez en silence les six sons he, xu, hu, xie, chui, xi (呵噓呼呬吹嘻), neuf fois. La posture est celle de la onzième figure.

Remarque de Ti’an (倜按)
此段練拔之力。而理內臟之法。納淸吐濁。使腹內淸潔。至呵噓呼呬吹嘻六字。乃治臟之不二妙訣。
Cette section entraîne la force d’arrachement et constitue une méthode pour régler les viscères : absorber le pur et rejeter le trouble, afin de purifier l’abdomen. Quant aux six sons he, xu, hu, xie, chui, xi, c’est là le secret sans égal pour soigner les organes.
治心宜呵。治肝宜噓。治脾宜呼。治肺宜呬。治腎宜吹。治三焦宜嘻。其所以必先納淸吐濁而後行之者。先淸其內臟而後按部調理之也。行九遍者按九宮也。
Pour le cœur, il convient de prononcer he ; pour le foie, xu ; pour la rate, hu ; pour les poumons, xie ; pour les reins, chui ; pour le triple foyer, xi. Si l’on doit d’abord absorber le pur et rejeter le trouble avant de les réciter, c’est que l’on purifie d’abord les viscères pour les régler ensuite, partie par partie. Les réciter neuf fois correspond aux neuf palais (九宮).
默誦之時。聲音宜低。每字須延長至一呼吸時。若音高而短。則氣促神渙。是為最忌。切宜留意。
Pendant la récitation silencieuse, la voix doit être basse, et chaque son doit s’étirer sur la durée d’une respiration complète. Si le son est haut et bref, le souffle se presse et l’esprit se disperse : c’est là ce qu’il faut le plus éviter. Qu’on y prenne grand soin.
Douzième section : l’étirement des tendons et des vaisseaux (△第十二段)
行上段畢。略息片時。續行此段。先兩足緊並。全身正立。兩臂直垂左右。雙掌向前。指尖朝下。然後用力徐徐向前舉起。平肩為度。在兩臂上舉時。兩足踵亦卽向上舉起。足尖着力。踵離地約二寸。
La section précédente achevée, reposez-vous un moment et poursuivez avec celle-ci. D’abord les deux pieds serrés, le corps debout et droit, les deux bras pendant à gauche et à droite, les paumes tournées vers l’avant, le bout des doigts vers le bas. Puis, avec force et lentement, les bras se lèvent devant jusqu’à hauteur d’épaule. Tandis qu’ils montent, les deux talons se lèvent aussi, la pointe des pieds prenant l’appui, les talons à deux cun du sol environ.
更將兩手徐徐放下。兩踵亦輕輕落地。如此一起一落為一度。共行十二度。
Les mains redescendent alors lentement et les talons retombent doucement au sol. Cette montée et cette descente comptent pour un temps ; exécutez-en douze au total.
旣畢。再舉掌于前如前勢。將肘一折。手掌往上一抬。肘卽往下一扎。上舉之左足。輕輕落地。再復原勢。然後再一抬一扎。左足踵上舉。右足輕輕落地。兩足替換上下。以一抬一扎為一度。共行十二度。式如第十二圖。
Cela fait, levez de nouveau les paumes devant vous comme dans la posture précédente ; pliez une fois les coudes, les paumes se relèvent et les coudes piquent aussitôt vers le bas ; le pied gauche, qui était levé, retombe doucement au sol et l’on revient à la posture initiale. Puis, de nouveau, un relèvement et une pique, le talon gauche se lève et le pied droit retombe doucement au sol ; les deux pieds alternent ainsi, l’un en haut, l’autre en bas. Un relèvement et une pique comptent pour un temps ; exécutez-en douze au total. La posture est celle de la douzième figure.

Remarque de Ti’an (倜按)
此段乃舒展全身筋絡血脉之法。蓋行以上十一勢之後。臂肘腿足內臟各部。固皆用力運氣。筋絡伸舒而血脉調和矣。于頸臀等處。雖亦顧及。然不免偏輕。故用此法而調和之。
Cette section est une méthode pour déployer les tendons, les réseaux et les vaisseaux de tout le corps. Après avoir exécuté les onze postures précédentes, les bras, les coudes, les jambes, les pieds et les viscères ont certes tous travaillé de leur force et fait circuler le souffle, les tendons se sont déployés et les vaisseaux équilibrés. Mais la nuque, les fesses et quelques autres régions, bien qu’elles y aient eu part, n’ont pas manqué d’être négligées : c’est pourquoi l’on use de cette méthode pour les équilibrer.
兩臂起落抬扎。兩踵上下交替。則全身之筋絡血脉。無不感應自然調和舒展矣。其所以各行十二度者。按十二候也。合之成二十四度。暗應二十四氣也
Les deux bras montent et descendent, se relèvent et piquent, les deux talons alternent en haut et en bas : ainsi les tendons, les réseaux et les vaisseaux de tout le corps répondent naturellement et s’équilibrent et se déploient. Si chaque partie compte douze temps, c’est en correspondance avec les douze périodes (十二候) de la journée ; réunies, elles font vingt-quatre temps, en accord secret avec les vingt-quatre souffles de l’année (二十四氣).
Notes du traducteur
- Damo (達摩) : Bodhidharma, moine bouddhiste indien du VIe siècle, tenu par la tradition des arts martiaux chinois pour le fondateur des techniques de Shaolin — attribution légendaire, sans fondement documentaire, mais universellement reprise par les manuels d’époque impériale et républicaine.
- Neige de l’édition : le texte est imprimé dans une édition de 1936 ; l’auteur, Jin Ti’an (金倜盦), écrivait également sous le nom de Jin Tisheng (金倜生), forme sous laquelle Brennan le cite.
- Chi, cun, jin, jun : unités traditionnelles. Le chi (尺) vaut environ 32 cm sous la République, le cun (寸) en est le dixième. Le jin (斤) pèse environ 600 g, le jun (鈞) trente jin : « mille jin » et « mille jun » sont des hyperboles courantes pour un poids écrasant.
- Livre du li : le li (里) mesure environ 500 m ; « trente li » représentent donc une quinzaine de kilomètres par jour.
- Chaos primordial (混元一炁) : formule taoïste désignant le souffle unique et indifférencié antérieur à la séparation du yin et du yang ; « l’état antérieur au ciel » (先天) est le même univers conceptuel.
- Neuf palais (九宮) : disposition en carré magique de neuf cases — les huit trigrammes autour du centre — servant de repère aux pratiques de circulation du souffle ; réciter neuf fois revient à parcourir les neuf cases.
- Douze périodes et vingt-quatre souffles : le jour chinois se divise en douze « heures » (shi, 時) de deux heures, et l’année en vingt-quatre « souffles » (節氣) de quinze jours environ ; le comput rituel des répétitions reprend ces nombres.
- Bouquet final du poing (拳口) : la partie du poing fermé où les doigts s’enroulent, entre le pouce et l’index ; l’orientation de cette « bouche » détermine l’axe du poing dans les descriptions classiques.
- Six sons (六字訣) : he, xu, hu, xie, chui, xi — pratique respiratoire attribuée à Tao Hongjing (陶弘景, Ve-VIe siècle), chaque son étant associé à un viscère que sa prononciation prolongée est censée tonifier ou apaiser.
Traduction française établie d’après le texte chinois original de 眞本達摩易筋經 (« Le véritable Yijin jing de Damo ») de 金倜盦 (Jin Ti’an, dit Jin Tisheng), publié à Shanghai en septembre 1936 — ici la partie 外經, « le classique externe », précédée de sa préface. Le texte chinois — préface, douze sections avec leurs postures et leurs commentaires — a été traduit directement du chinois ; aucune traduction anglaise n’en a été reproduite ni adaptée. Les douze dessins reproduits dans cet article sont les figures de l’édition originale de 1936, tombée dans le domaine public. Le texte chinois et les images proviennent de la page de Paul Brennan : « The Yijinjing Manual of Jin Tisheng », où le texte chinois est accompagné d’une traduction anglaise (© Paul Brennan, consultée seulement pour la compréhension du sens).