Le Xingyi Quan Shu Juewei (形意拳術抉微, « Subtilités choisies de l’art du xingyi quan ») est le manuel de Liu Dianchen (劉殿琛, également connu sous le nom de Liu Wenhua 劉文華), du district de Shen (深縣), dans le Hebei. Fils du grand maître de xingyi Liu Qilan (劉奇蘭), Liu Dianchen enseigna notamment le xingyi quan à l’École de droit et de politique du Beiyang (北洋法政學校), à Pékin, dans les années 1910. Son ouvrage, publié en 1921, s’ouvre sur cinq préfaces datées d’octobre à décembre 1920 — dont celles de Wang Daoyuan (王道元) et de Zhang Enshou (張恩綬) — puis se divise en deux volumes : le premier, traduit ici, expose la théorie générale — le dantian, le travail du qi, les huit exigences, les six unions, les sept promptitudes, la dynamique du geste et la posture ; le second, consacré aux applications (les cinq boxings, les douze formes, le boxing enchaîné, l’épée et la lance), est omis pour des raisons de longueur. Le texte chinois, publié il y a plus d’un siècle, est dans le domaine public.
Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.
形意拳術抉微上卷 深縣 劉文華 著 門人 齊經堂 劉亦琨 校
Xingyi Quan Shu Juewei, volume I (上卷). Composé par Liu Wenhua (劉文華, c’est-à-dire Liu Dianchen), du district de Shen ; révisé par ses disciples Qi Jingtang (齊經堂) et Liu Yikun (劉亦琨).
總論 — Discussion générale
總論者形意各項技術之總根柢也夫戰爭之道往往以白刃相加隻手抗敵為最後之勝利則武技一門實行軍之命脈也然武技種類甚多門分派别各是其是要言之大槪分內外兩派外派之長不過練習腰腿靈活捉拿抅打封閉閃展騰挪跳躍諸法以遇敵制勝而其弊則在於虛招太多徒炫人耳目不切於實用惟內家拳法純本於先天按陰陽五行六合七疾八要諸法以成其技此則總根柢不能不先為培植也夫人非氣血不生氣血充足則精神健旺若先天氣虧後天卽須補救補之之道要在充其氣養其血但培養氣血必先聚氣於丹田使丹田氣足然後內達於五臟外發於四肢再加以練習之功血脈貫通筋骨堅壯內外如一手脚相合動靜有常進退有法手不虛發發則必勝心不妄動動則必應正所謂晬然見於面盎於背施於四肢隨意所適得心應手以成百戰百勝之技者也以下將各項總要之事分别言之
Cette discussion générale est la racine commune de toutes les techniques du xingyi. Dans l’art de la guerre, on en vient souvent aux armes blanches, et le combat à mains nues est le dernier recours de la victoire : aussi l’art martial est-il l’artère vitale de l’armée en campagne. Les arts martiaux sont cependant nombreux, divisés en écoles et en branches, chacun vantant sa méthode ; en résumé, ils se répartissent pour l’essentiel en deux grandes familles, l’école externe (wai jia) et l’école interne (nei jia). Les qualités de l’école externe ne vont guère au-delà du travail de souplesse des reins et des jambes, des saisies, des frappes, des blocages, des esquives, des dérobades et des sauts, afin de vaincre l’adversaire à la rencontre ; mais son défaut est d’abonder en gestes vides, qui ne font qu’éblouir les yeux et ne conviennent pas à l’usage réel. Seule la boxe de l’école interne s’appuie entièrement sur le ciel antérieur (xian tian) : selon les principes du yin et du yang, des cinq éléments (wu xing), des six unions (liu he), des sept promptitudes (qi ji) et des huit exigences (ba yao), elle constitue sa technique. Voilà pourquoi cette racine commune doit être cultivée avant tout. L’homme ne vit que par le qi et le sang ; le qi et le sang abondants, l’esprit est vigoureux. Si le qi antérieur fait défaut, il faut y remédier après la naissance ; le remède tient à remplir son qi et à nourrir son sang. Mais pour cultiver le qi et le sang, il faut d’abord concentrer le qi dans le dantian : le dantian plein de qi, celui-ci atteint à l’intérieur les cinq organes (wu zang) et se déploie au-dehors dans les quatre membres. Ajoutez-y le travail régulier de la pratique : les vaisseaux circulent, les os et les tendons s’affermissent, l’intérieur et l’extérieur ne font qu’un, les mains et les pieds s’accordent, le mouvement et le repos ont leur constance, l’avance et le recul ont leur méthode. La main ne frappe pas en vain, et quand elle frappe, elle vainc ; le cœur ne s’agite pas à tort, et quand il s’agite, il est obéi. C’est ce que l’on veut dire par « l’éclat du teint, la plénitude du dos, se répandant dans les quatre membres » : on agit à sa guise, le cœur obtient ce qu’il désire et la main y répond, réalisant une technique de cent batailles sans une seule défaite. Ci-dessous, chacune des choses essentielles sera exposée séparément.
第一章 丹田論 — Chapitre I : le dantian
丹田者陽元之本氣力之府也欲精技藝必健丹田欲健丹田尤必先練技藝二者固互為因果者也吾道皆知丹田為要矣顧先師有口授而少書傳後之學者究難明其所以然謹將受之吾師與廿年所體驗者略述之所謂欲精技藝必先健丹田者盖以丹田虧則氣不充氣不充則力不足彼五拳十二形空有架勢以之為顧法則如守者之城池空虛以之為打法則如戰者之兵馬嬴弱故必於臨敵挫陣之際常若有一團氣力堅凝於腹臍之間倐然自腰而背而項直貫於頂當時眼作先鋒以觀之心作元師以謀之攅翻橫竪起落隨時而應用龍虎猴馬鷹熊變化而咸宜毫忽之間勝負立判此丹田充盈而技藝所以精也何謂欲健丹田必先練技藝釋之如下或曰丹田受之先天人所固有自足於內無待於外但能善自保養足矣何待於練竊謂不然凡人不溺色慾不喪腎精保養有方則元氣自充如是者亦可延年益壽然究不能將丹田之氣力發之為絕技也欲發之為絕技必自練始練之之法一在於聚一在於運聚者即八要中所謂舌頂齒叩穀道提三心並諸法也又必先去其隔膜如心肝脾肺腎之五關層層透過一無阻攔八要中之所謂五行要順也行之旣久而後氣始可全會於丹田然聚之而不善運亦未能發為絕技必將會於丹田之氣力由背骨往上迴住於胸間充於腹盈於臟凝於兩肋冲於腦頂更兼素日所練之身體異常廉幹手足異常活動應敵之來而架勢卽變應架勢之變而氣力隨之卽到倐忽之間千變萬化有非言語所能形容者此所謂善運用也總其所以聚之運之者要在平日之勤練技藝非如求仙者之靜坐練丹也古之精於藝者以一人而敵無數之人其丹田之氣力不知如何充足究其所以然之故無一不自勤習技藝以練丹田始後之學者卽丹田說而善領會之則可與入武道矣
Le dantian (丹田) est la racine du yang originel, le séjour du qi et de la force. Pour exceller dans l’art, il faut fortifier le dantian ; et pour fortifier le dantian, il faut d’abord pratiquer l’art : ces deux choses sont mutuellement cause et effet. Tous ceux de notre voie savent que le dantian est capital ; mais nos anciens maîtres transmettaient de bouche à oreille et laissaient peu d’écrits, si bien que les élèves d’aujourd’hui ont peine à en comprendre le pourquoi. Je vais donc exposer brièvement ce que j’ai reçu de mon maître et ce que vingt années de pratique m’ont fait éprouver. Ce qu’on veut dire par « pour exceller dans l’art, il faut d’abord fortifier le dantian », c’est que, le dantian déficient, le qi n’est pas plein ; le qi non plein, la force ne suffit pas. Alors les cinq boxings et les douze formes ne sont que postures vides : à les employer en garde, c’est une ville gardée par des remparts vides ; à les employer en attaque, ce sont des soldats chétifs. Aussi, au moment d’affronter l’ennemi et de rompre son rang, faut-il sentir comme une masse de qi et de force solidement coagulée entre le ventre et le nombril qui, soudain, des reins par le dos et la nuque, monte droit jusqu’au sommet du crâne. À cet instant, l’œil sert d’avant-garde pour observer, le cœur de général pour délibérer ; forer et retourner, horizontal et vertical, lever et retomber s’appliquent selon l’occasion ; dragon, tigre, singe, cheval, aigle, ours se transforment tous à propos. En un battement de cils, victoire ou défaite se décide : c’est ainsi que le dantian plein rend l’art accompli.
- Que veut dire « pour fortifier le dantian, il faut d’abord pratiquer l’art »?
- Je l’explique ci-dessous. On dira peut-être : « Le dantian est reçu du ciel
- antérieur ; chacun le possède en propre, il se suffit à l’intérieur et
- n’attend rien de l’extérieur ; il suffit de bien l’entretenir, pourquoi le
- travailler ? » Je ne suis pas de cet avis. Quiconque ne se livre pas à la
- luxure, ne perd pas l’essence des reins et s’entretient avec méthode verra
- son qi originel se remplir de lui-même ; un tel homme peut même prolonger ses
- jours. Mais il ne pourra jamais faire éclater le qi et la force du dantian en
- un art prodigieux. Pour les faire éclater en un art prodigieux, il faut
- commencer par le travail. La méthode de ce travail consiste, d’une part, à
- concentrer, d’autre part, à faire circuler. Concentrer, ce sont les procédés
- des huit exigences : langue contre le palais, dents serrées, anus relevé,
- trois centres réunis. Il faut aussi d’abord écarter les membranes qui
- séparent : les cinq passes du cœur, du foie, de la rate, des poumons et des
- reins, traversées couche par couche sans le moindre obstacle — c’est ce que
- les huit exigences appellent « les cinq éléments doivent être fluides ».
- Quand on a pratiqué longtemps, le qi commence à pouvoir se rassembler tout
- entier dans le dantian. Mais si, l’ayant concentré, on ne sait pas le faire
- circuler, on ne produira pas encore un art prodigieux : il faut que le qi et
- la force rassemblés dans le dantian remontent par l’os du dos, séjournent
- dans la poitrine, remplissent le ventre, gonflent les organes, se condensent
- dans les deux flancs et jaillissent au sommet du crâne ; avec, en outre, un
- corps que la pratique quotidienne a rendu singulièrement vif et des membres
- singulièrement alertes. L’attaque de l’ennemi arrive, et la posture se
- transforme ; la posture se transforme, et le qi et la force y répondent
- aussitôt. En un instant, mille changements, dix mille transformations, que
- les mots ne sauraient décrire : voilà ce qu’on appelle bien faire circuler.
- En résumé, le secret de la concentration et de la circulation tient au
- travail assidu de chaque jour : ce n’est pas la méditation assise de ceux qui
- cherchent l’immortalité. Les anciens qui excellèrent dans l’art affrontaient
- seuls des multitudes ; leur dantian devait receler on ne sait quelle plénitude
- de qi et de force. Si l’on en cherche la raison, elle n’est autre que celle-ci
- tous commencèrent par pratiquer assidûment l’art afin d’exercer le dantian. L’élève qui comprend bien cette doctrine du dantian peut entrer dans la voie martiale.
第二章 練氣說 — Chapitre II : le travail du qi
武技一道有形者為架勢無形者為氣力架勢者所以運用氣力也無氣力則架勢為無用故氣力為架勢之本然欲力之足必先求氣之充故氣又為力之本予論丹田曰聚曰運前己言及但練氣為吾道之要訣非前說所能盡用再詳細言之夫演藝者以八要為先八要者形意拳術之母也內以之練氣外以之演勢無論五拳十二形虛實變化起落攢翻皆不可須臾離之八要者何一內要提二三心要並三三意要連四五行要順五四稍要齊六心要暇七三尖要對八眼要毒也兹分論之如下
Dans l’art martial, ce qui a une forme, ce sont les postures ; ce qui n’en a pas, c’est le qi et la force. Les postures servent à mettre en œuvre le qi et la force ; sans qi ni force, les postures ne servent à rien : aussi le qi et la force sont-ils la base des postures. Mais pour que la force soit pleine, il faut d’abord que le qi soit rempli : le qi est donc la base de la force. Quand j’ai parlé du dantian, j’ai dit « concentrer » et « faire circuler », et je l’ai déjà exposé ; mais le travail du qi est le secret essentiel de notre voie, et ce qui précède ne l’épuise pas. Je vais donc le développer plus en détail. Le pratiquant prend pour première chose les huit exigences (ba yao) : elles sont la mère de l’art du xingyi. À l’intérieur, elles servent à exercer le qi ; à l’extérieur, à dérouler les postures. Qu’il s’agisse des cinq boxings ou des douze formes, du vide et du plein, des transformations, du lever et du retomber, du forer et du retourner, on ne peut s’en séparer un instant. Quelles sont ces huit exigences ? Premièrement, l’intérieur doit être relevé ; deuxièmement, les trois centres doivent être réunis ; troisièmement, les trois intentions doivent être liées ; quatrièmement, les cinq éléments doivent être fluides ; cinquièmement, les quatre extrémités doivent être au complet ; sixièmement, le cœur doit être paisible ; septièmement, les trois pointes doivent être en regard ; huitièmement, l’œil doit être perçant. Je les traite séparément ci-dessous.
內要提者緊撮穀道提其氣使上聚於丹田復使聚於丹田之氣由背骨而直達於腦頂週流往返循環無端卽譜所謂緊撮穀道內中提也
L’intérieur doit être relevé : on resserre l’anus et l’on relève le qi, afin qu’il se concentre en haut, dans le dantian ; puis le qi concentré dans le dantian, par l’os du dos, monte directement jusqu’au sommet du crâne, dans une circulation qui va et revient sans fin — c’est ce que le manuel appelle « resserrer l’anus et relever l’intérieur ».
三心要並者頂心往下脚心往上手心往回也三者所以使氣會於一處盖頂心不往下則上之氣不能入於丹田脚心不往上則下之氣不能收於丹田手心不往回則外之氣不能縮於丹田故必三心一並而氣始可歸於一也
Les trois centres doivent être réunis : le centre du sommet de la tête descend, le centre de la plante des pieds monte, le centre des paumes revient en arrière. Ces trois choses font que le qi se rassemble en un seul lieu. Si le centre du sommet de la tête ne descend pas, le qi d’en haut ne peut entrer dans le dantian ; si le centre des plantes des pieds ne monte pas, le qi d’en bas ne peut être recueilli dans le dantian ; si le centre des paumes ne revient pas, le qi de l’extérieur ne peut se contracter dans le dantian. Aussi faut-il que les trois centres se réunissent en un, et alors seulement le qi peut revenir à l’unité.
三意要連者心意氣意力意三者連而為一即所謂內三合也此三者以心為謀主氣為元帥力為將士盖氣不充則力不足心雖有謀亦無所用故氣意練好而後可以外帥力意內應心意竊謂三意之連亦以氣為先也
Les trois intentions doivent être liées : l’intention du cœur, l’intention du qi, l’intention de la force, trois choses liées en une — c’est ce qu’on appelle les trois unions internes (nei san he). Dans ces trois choses, le cœur est le conseiller, le qi le général, la force les officiers et les soldats. Si le qi n’est pas plein, la force ne suffit pas, et le cœur, plein de desseins, n’a rien où les employer. Aussi, quand l’intention du qi est bien exercée, elle peut commander au-dehors l’intention de la force et répondre au-dedans à l’intention du cœur. Pour moi, la liaison des trois intentions passe d’abord par le qi.
五行要順者外五行為五拳即劈崩炮攢橫是也內五行為五臟即心肝脾肺腎是也外五行之五拳變化應用各順其序則周中規折中矩氣力之所到而架勢即隨之架勢之所至而氣力即注之故氣力充則架勢為有用架勢練而氣力乃愈增至內五行之五臟卽譜所云五行本是五道關無人把守自遮攔余初學技藝時頗學運氣如肩垂項竪齒叩舌頂內提等如法習之數日一作勢漸覺氣可至於心間然卽周身倦怠四肢無力强習數日則氣漸覺稍往下行而又有周身倦怠之弊如是者數次而後始能一經作勢氣卽直達丹田此卽五行為五關之說非精習前進打破遮攔不能聚氣於丹田運氣於四肢為一氣充力足之武術家是五行要順者即所以順氣也
Les cinq éléments doivent être fluides : extérieurement, les cinq éléments sont les cinq boxings — pi, beng, pao, zuan, heng (劈崩炮攢橫) ; intérieurement, ce sont les cinq organes — cœur, foie, rate, poumons, reins. Quand les cinq boxings externes se transforment et s’appliquent chacun dans son ordre, tout répond : le cercle au compas, l’angle droit à l’équerre. Là où parviennent le qi et la force, la posture les suit ; là où va la posture, le qi et la force s’y déversent. Ainsi, le qi et la force pleins, les postures sont utiles ; les postures exercées, le qi et la force augmentent encore. Quant aux cinq organes internes, c’est ce que dit le manuel : « Les cinq éléments sont à l’origine cinq passes ; sans gardien, on se protège soi-même. » Quand j’ai commencé à étudier l’art, j’ai beaucoup appris sur la conduite du qi — épaules tombantes, nuque dressée, dents serrées, langue au palais, intérieur relevé, etc. Après quelques jours de pratique conforme, au premier geste je sentais peu à peu le qi parvenir au niveau du cœur, mais tout le corps était las et les quatre membres sans force. Je m’obstinai quelques jours de plus, et le qi descendait peu à peu un peu plus bas, avec toujours cette fatigue générale. Ce n’est qu’après plusieurs fois de ce manège que, dès le premier geste, le qi atteignait directement le dantian. C’est bien ce que veut dire « les cinq éléments sont cinq passes » : sans une pratique assidue qui avance et brise les barrières, on ne peut concentrer le qi dans le dantian ni faire circuler le qi dans les quatre membres, pour devenir un artiste martial au qi plein et à la force complète. « Les cinq éléments doivent être fluides », c’est donc rendre le qi fluide.
四梢要齊者舌要頂齒要叩手指脚趾要扣毛孔要緊也夫舌頂上嗓則津液上注氣血流通兩齒緊叩則氣貫於骨髓手指脚趾內扣則氣注於筋毛孔緊則周身之氣聚而堅齊之云者卽每一作勢時舌之頂齒之叩手脚趾之扣毛孔之緊一齊如法為之無先後遲速之分盖以四者有一缺點則氣散而力怠便不足以言技也
Les quatre extrémités (si shao) doivent être au complet : la langue doit se plaquer, les dents se serrer, les doigts et les orteils se recourber, les pores se resserrer. Quand la langue se plaque contre le palais, les liquides montent et le qi et le sang circulent ; quand les dents se serrent, le qi traverse jusqu’à la moelle des os ; quand les doigts et les orteils se recourbent, le qi se verse dans les tendons ; quand les pores se resserrent, le qi du corps entier se concentre et s’affermit. « Au complet » veut dire qu’à chaque geste, langue plaquée, dents serrées, doigts et orteils recourbés, pores resserrés, tout cela se fait ensemble, selon la même méthode, sans avant ni après, sans lente ni rapide. Car si l’une des quatre choses manque, le qi se disperse, la force se relâche, et l’on ne peut plus parler d’art.
心要暇者練時心中不惶不忙之謂也夫惶有恐懼之意忙有急遽之意一恐懼則氣必餒一急遽則氣必亂餒亂之時則手足無所措矣若素日無練習之功則內中虧虛遇事怯縮臨敵未有不恐懼不急遽而心暇逸者故心要暇實與練氣相表裏也
Le cœur doit être paisible : pendant la pratique, le cœur ne doit connaître ni trouble ni hâte. Le trouble a le sens de la peur ; la hâte, celui de la précipitation. À la moindre peur, le qi défaille ; à la moindre précipitation, le qi se dérègle. Quand il défaille ou se dérègle, les mains et les pieds ne savent plus où se poser. Si, d’ordinaire, on n’a pas le fruit de la pratique, l’intérieur est vide et déficient : devant l’événement on recule, et devant l’ennemi il est impossible de n’avoir ni peur ni hâte et de garder le cœur paisible. Aussi « le cœur doit être paisible » fait-il vraiment pendant au travail du qi.
三尖要對者鼻尖手尖脚尖相對也夫手尖不對鼻尖偏於左則右邊顧法空虛偏於右則左邊顧法空虛手與脚脚與鼻不對其弊亦同且三者如甚相偏斜則周身用力不均必不能團結如一而氣因之散慢頂心雖往下而氣不易下行脚心雖往上而氣不易上收手心雖往回而氣不易內縮此自然之理也故三尖不對實與練氣有大妨礙也
Les trois pointes doivent être en regard : la pointe du nez, la pointe de la main et la pointe du pied, en regard les unes des autres. Si la pointe de la main ne répond pas au nez et dévie à gauche, la garde de droite est vide ; si elle dévie à droite, la garde de gauche est vide. Si la main et le pied, le pied et le nez ne se répondent pas, le défaut est le même. De plus, si ces trois choses s’écartent fortement, la force du corps entier ne se répartit pas également, le corps ne peut se souder en un seul bloc, et le qi s’en trouve dispersé et relâché : le sommet de la tête a beau descendre, le qi descend difficilement ; la plante des pieds a beau monter, le qi monte difficilement ; la paume a beau revenir, le qi se contracte difficilement. C’est une loi naturelle. Aussi des trois pointes mal en regard nuisent-elles gravement au travail du qi.
眼要毒夫眼似與練氣無甚關合不知毒有疾敏之意非元氣充盈者不能有此嘗謂吾輩技藝不獨武人宜習卽文人亦宜習之盖每日練力則可以健身體練氣則可以長精神丹田凝聚五臟舒展此人之精神必靈活腦力必充足耳口鼻等官必能各盡其妙而目尤必神光烱然有芒射人誰謂眼之毒非氣為之哉
L’œil doit être perçant. On croirait que l’œil n’a guère de rapport avec le travail du qi ; on ne sait pas que « perçant » a le sens de vif et de prompt, et que seul celui dont le qi originel est plein le possède. J’ai souvent dit que notre art ne convient pas seulement aux gens de guerre, mais aussi aux lettrés : car s’exercer chaque jour à la force fortifie le corps, et s’exercer au qi nourrit l’esprit. Quand le dantian se condense et que les cinq organes se déploient, l’esprit de l’homme devient nécessairement agile, sa cervelle nécessairement pleine, et les oreilles, la bouche, le nez accomplissent chacun leur merveille. Quant à l’œil surtout, son éclat spirituel doit flamboyer, avec un rayonnement qui frappe l’autre. Qui dira que la pénétration de l’œil n’est pas l’œuvre du qi ?
際此弱肉强食之時東西各國皆注重技藝良以射擊之遠近全在器機之良窳而擊之中否則在持器械者之心力手力與眼力故氣力餒者觀測雖準而射擊之時心戰手搖卽不能中的是則必賴平日練習之殷勤筋骨强健氣血充足內外如一方可以匡其弊也或曰氣行於內力現於外子言氣何如言力曰從外人觀之則力易見自我練之則氣易領會且氣力本為一體氣足則力可知矣或又曰子純言氣力不幾略架勢乎曰練勢必求氣充而練氣尤必先講架勢是氣勢二者互相為用者也然勢形於外有迹可尋氣運於內深微莫測故學者恒注意架勢而於氣之運行每多忽略吾於架勢之外獨於氣力再三致意者職是故耳
En ces temps où le fort dévore le faible, tous les pays d’Orient et d’Occident attachent du prix à la technique : c’est que la portée du tir tient tout entière à la bonté de la machine, mais que la précision du coup dépend de la force du cœur, de la force de la main et de la force de l’œil de celui qui tient l’arme. Aussi, quand le qi et la force faiblissent, même si l’observation est juste, au moment de tirer le cœur bat, la main tremble, et l’on ne peut toucher le but. Il faut donc s’en remettre à l’assiduité de la pratique quotidienne : tendons et os vigoureux, qi et sang abondants, intérieur et extérieur unifiés — alors seulement on peut corriger ce défaut. On dira peut-être : « Le qi circule à l’intérieur, la force se manifeste à l’extérieur ; vous parlez du qi, pourquoi ne pas parler de la force ? » Je réponds : vu du dehors, la force est facile à voir ; vu de ma propre pratique, le qi est facile à saisir ; et d’ailleurs qi et force ne font qu’un : le qi plein, la force se devine. On dira encore : « À ne parler que de qi et de force, ne négligez-vous pas les postures ? » Je réponds : pour exercer les postures, il faut chercher la plénitude du qi ; et pour exercer le qi, il faut surtout soigner les postures : ces deux choses se servent mutuellement. Mais la posture se montre au-dehors, on en peut suivre les traces ; le qi circule au-dedans, profond et insaisissable. Aussi l’élève est-il toujours attentif aux postures et néglige-t-il souvent la circulation du qi. Si, en dehors des postures, je reviens sans cesse au qi et à la force, c’est précisément pour cette raison.
第三章 運動筋肉說 — Chapitre III : le mouvement des muscles
形意武術之運動與普通運動不同普通運動之用力只於一平面活動或只運動筋肉之一部故簡單明瞭易於領悟形意武術則不然全身之關節皆沿數運動軸以迴轉而其筋肉之收縮程度不張不弛務使各方面筋肉同時收縮無鬆緩者方為圓滿作到故進可以攻退可以守無隙可乘無瑕可摘也然全身筋肉甚多非分部言之難期詳盡故逐次分述如左
Le mouvement de l’art martial du xingyi n’est pas celui des exercices ordinaires. Dans l’exercice ordinaire, la force ne s’emploie que sur un seul plan, ou ne meut qu’une partie des muscles : aussi est-il simple, clair et facile à saisir. Il n’en va pas de même du xingyi : toutes les articulations du corps tournent selon plusieurs axes de mouvement, et la contraction des muscles, sans excès ni relâchement, fait travailler en même temps les muscles de toutes les directions, sans qu’aucun reste détendu — c’est seulement ainsi que le geste est accompli. Aussi peut-on, en avant, attaquer, et, en retraite, se défendre, sans brèche où l’ennemi s’insinue, sans défaut qu’il puisse saisir. Mais les muscles du corps sont nombreux ; sans les traiter par partie, on ne peut espérer être complet. Je les expose donc successivement.
一上肢筋:(1)伸手筋 extensor carpi (2)二頭膊筋 biceps brachii (3)三稜筋 deltoid (4)僧帽筋 trapezius (5)三頭膊筋 triceps brachii (6)屈手筋 flexor carpi (7)大胸筋 pectoralis major (8)迴前圓筋 pronator teres
- Muscles du bras : (1) extenseur du carpe ; (2) biceps brachial ; (3) deltoïde ; (4) trapèze ; (5) triceps brachial ; (6) fléchisseur du carpe ; (7) grand pectoral ; (8) rond pronateur.
二軀幹筋:(9)闊背筋 latissimus dorsi (10)大鋸筋 serratus anterior (11)直腹筋 rectus abdominis
- Muscles du tronc : (9) grand dorsal ; (10) grand dentelé ; (11) droit de l’abdomen.
三下肢筋:(12)大臀筋 gluteus maximus (13)四大頭股筋 quadriceps femoris (14)二頭股筋 biceps femoris (15)二頭腓腸筋 gastrocnemius (16)屈趾筋 flexor digitorum (17)亞基里斯氏腱筋 Achilles tendon (18)張股鞘筋 femoral sheath (19)縫匠筋 sartorius (20)內轉股筋 adductors (21)直股筋 rectus femoris (22)前脛骨筋 tibialis anterior (23)伸趾筋 extensor digitorum
- Muscles de la jambe : (12) grand fessier ; (13) quadriceps fémoral ; (14) biceps fémoral ; (15) gastrocnémien ; (16) fléchisseur des orteils ; (17) tendon d’Achille ; (18) tenseur du fascia lata (le nom chinois 張股鞘筋, littéralement « gaine fémorale », est vraisemblablement une coquille) ; (19) couturier ; (20) adducteurs ; (21) droit fémoral ; (22) jambier antérieur ; (23) extenseur des orteils.
(四)頭筋:(24)前頭筋 occipitofrontalis (25)帽狀腱膜筋 galea aponeurotica (26)眼輪匝筋 orbicularis oculi (27)口輪匝筋 orbicularis oris (28)闊頸筋 platysma
- Muscles de la tête : (24) occipito-frontal ; (25) aponévrose épicrânienne (galea) ; (26) orbiculaire de l’œil ; (27) orbiculaire des lèvres ; (28) platysma.
甲頭部 眼宜由前頭筋之收縮而擴張眼孔然後由眼輪匝筋收縮緊張眼瞼則凝眸諦視絕無顫動之慮口宜由口輪匝筋收縮向內閉鎖口吻牙則緊叩舌用力貼著口盖微捲向後若此則頰部顏面下腭諸部之皮膚皆緊張矣頸則由闊頸筋之收縮擴張頸部皮面更依項部深處後大小直頭筋之作用及前述口部之協力使頭部挺直帽狀腱膜前後緊張更因兩肩下埀之力延展頸部面積
A. La tête. Pour les yeux : par la contraction de l’occipito-frontal, l’ouverture de l’œil s’élargit ; puis, par la contraction de l’orbiculaire de l’œil qui tend les paupières, le regard se fixe et examine avec attention, sans la moindre crainte de trembler. Pour la bouche : par la contraction de l’orbiculaire des lèvres, la bouche se ferme vers l’intérieur ; les dents se serrent ; la langue presse fortement contre le palais, légèrement roulée en arrière. Ainsi la peau des joues, du visage et du menton est toute tendue. Pour le cou : par la contraction du platysma, la peau de la nuque se déploie ; avec en outre l’action des muscles droits postérieurs de la tête, grands et petits, au fond de la nuque, et le concours de la bouche décrite plus haut, la tête se tient droite, l’aponévrose épicrânienne se tend d’avant en arrière, et, par la force des deux épaules qui tombent, la surface du cou s’étire.
乙胴部 肩胛宜極力下垂更因前大鋸筋之收縮上掣肋骨以拓張胸廓同時大胸筋僧帽筋前後牽引肩部使固定不移臀部用力下埀下腹筋肉掣骨盤於前下方大臀筋亦用力收縮成外轉大腿之勢肛門括約筋亦縮小肛門使向內上方腰部宜用方形腰筋及橫隔膜收縮之力反張脊柱下部使上身重點落於骨盤正中線上
B. Le tronc. Les omoplates doivent tomber de toute leur force ; en outre, par la contraction du grand dentelé qui tire les côtes vers le haut, la poitrine s’élargit, tandis que le grand pectoral et le trapèze tirent les épaules en avant et en arrière pour les fixer sans bouger. Les fesses font effort vers le bas ; les muscles du bas-ventre tirent le bassin en avant et en bas ; le grand fessier se contracte avec force, donnant aux cuisses une tendance à la rotation externe ; le sphincter de l’anus resserre l’anus vers le haut et l’intérieur. Pour la taille, il faut user de la force de contraction des muscles carrés des lombes et du diaphragme, qui étendent en arrière la partie inférieure de la colonne, faisant retomber le centre de gravité du haut du corps sur la ligne médiane du bassin.
丙四肢部 (一)上肢基部宜用力內轉二頭膊筋與三頭膊筋平均收縮俾前後相抵抗肘向體中線扭轉前膊與上膊常成九十至一百七十度之角並因迴前圓筋之收縮使腕部側立手則由深淺屈指筋之收縮依次屈各指俾拇指與食指成半圓形並使拇指基部與小指基部極相接近俾小指亦與他指平均用力(二)下肢大腿內面之內轉股筋縫匠筋向內牽掣膝關節大中小諸臀筋亦收縮俾大腿有外轉之勢四頭二頭股筋亦同時收縮俾下腿與大腿成百五十度之角前後保持平均態度下腿在前者後面之二頭腓腸筋與深層之比目魚筋相伴收縮使脚跟與下腿後面有相接近之勢在後之腿更因二頭股筋用力收縮及屈趾筋之作用使膝關節屈向前內方而兩脚皆宜四面向下用力使體重平均集於兩脚之中心兩脚之方向常成四十五度惟龍形九十度之角後足之內踝與前足之後跟須在一直線內此全身用力之大槪情形也然各部筋肉縱橫交互關係複雜紛紜委曲殆有不可以言喻者心悟神會以盡精微則存諸其人矣
C. Les quatre membres. (1) Pour le bras : la partie supérieure doit s’efforcer de tourner vers l’intérieur ; le biceps et le triceps se contractent également, se faisant front ; le coude se tourne vers la ligne médiane du corps ; l’avant-bras et le bras font ordinairement un angle de quatre-vingt-dix à cent soixante-dix degrés ; et, par la contraction du rond pronateur, le poignet se dresse de côté. Quant à la main, par la contraction des fléchisseurs profonds et superficiels des doigts, chaque doigt se fléchit à son rang, si bien que le pouce et l’index forment un demi-cercle, la base du pouce et la base de l’auriculaire se rapprochant au plus près, pour que l’auriculaire travaille autant que les autres doigts. (2) Pour les membres inférieurs : à la face interne de la cuisse, les adducteurs et le couturier tirent l’articulation du genou vers l’intérieur ; les fessiers, grand, moyen et petit, se contractent aussi, donnant à la cuisse une tendance à la rotation externe ; le quadriceps et le biceps fémoral se contractent en même temps, de sorte que la jambe et la cuisse font un angle de cent cinquante degrés, gardant en avant et en arrière une attitude équilibrée. Pour la jambe de devant : le gastrocnémien et le soléaire profond qui l’accompagne se contractent ensemble, rapprochant le talon de l’arrière de la jambe. Pour la jambe de derrière : par la contraction énergique du biceps fémoral et l’action des fléchisseurs des orteils, le genou se fléchit en avant et en dedans. Quant aux deux pieds, ils doivent tous deux faire effort vers le bas dans les quatre directions, répartissant également le poids du corps au centre des deux pieds ; la direction des deux pieds fait ordinairement un angle de quarante-cinq degrés — sauf dans la forme du dragon, où il est de quatre-vingt-dix — et la malléole interne du pied arrière et le talon du pied avant doivent être sur une même ligne droite. Telle est, en gros, la façon de faire effort de tout le corps. Cependant, les rapports des muscles entre eux, dans leur trame croisée, sont si complexes, si enchevêtrés et si subtils qu’on ne saurait les dire : c’est à chacun de les comprendre avec le cœur et de les saisir par l’esprit, pour épuiser les raffinements.
運動氣血通貫全身使筋肉漲露之圖
Figure : le mouvement fait circuler le qi et le sang dans tout le corps et fait saillir les muscles.
第四章 六合論 — Chapitre IV : les six unions
吾嘗言夫丹田矣丹田盈而後藝精更詳夫練气矣練气足而丹田益充此皆得之于內而應之于外者六合與七疾必不可不講矣七疾姑于下論之所謂六合者手與足合肘與膝合肩與胯合是為外三合心與意合意與气合气與力合是為內三合內外相關統之曰六合譜云手去脚不去則罔然脚去手不去亦罔然又曰上法須要先上身手脚齊到才為眞又曰手與脚合多一力又曰脚打跴意莫留情消息全憑後足蹬讀此可見手足相關之意蓋演藝時手一伸肩摧肘肘摧手足一進胯摧膝膝摧足手足也肘膝也肩胯也其各點皆遙遙相對肩肘手在於上胯膝足在於下而人之一身下猶為上之本譬諸大樹腿其根也故胯一動而肩隨之膝一進而肘隨之足一趨而手隨之於是乎合演藝時身法最貴乎整上下連而為一無前仰後合先後錯亂之病是為整苟將整字作到眞有撼山易撼岳家軍難之勢然四肢之動果何所主使乎人莫不知其為心心之動是為意意有去意來意攻意守意之别原之於心動之於意故曰心意須相合否則主宰者不力手足卽不聽指揮而耳目無所施其聰明矣意之所發謂之气气之所使任乎意相關相生故須曰合然當進退騰挪之時固曰以心意主宰之以气行使之然气之表見者力也力借以表見者四肢也吾人忌任气特就行事而言卽吾輩武人猝遇事變亦不可胡亂使气若如去頭蒼蠅瞎懵瞎衝行見其心惶意亂而力無所用手足失其所措敵人乃可乘隙而入必敗無疑也故心與意合意與气合而气與力猶須相合蓋合不合全視气如何也按气有督摧之功力有取捨之能故有气方能有力練武者苟捨其气則無須其力矣吾輩武人培養丹田積精蓄銳一旦有事應敵之來心意一動手足相應肩胯相合肘膝隨之而到而週身之气不運自運不聚自聚內外如一成其六合一團凝气精神飽滿聳然巍然如泰山之不可推移而身法旣整而活是則全恃平日練習有素非只就交手而言也
J’ai déjà parlé du dantian : le dantian plein, l’art devient accompli. J’ai aussi détaillé le travail du qi : le qi suffisant, le dantian se remplit davantage. Ce sont là des choses obtenues à l’intérieur et répondant à l’extérieur ; quant aux six unions (liu he) et aux sept promptitudes (qi ji), il est indispensable d’en parler. Les sept promptitudes seront traitées au chapitre suivant. Ce qu’on appelle les six unions : les mains s’accordent avec les pieds, les coudes avec les genoux, les épaules avec les hanches — ce sont les trois unions externes (wai san he) ; le cœur s’accorde avec l’intention, l’intention avec le qi, le qi avec la force — ce sont les trois unions internes (nei san he). Internes et externes se répondent, et l’ensemble s’appelle les six unions. Le manuel dit : « La main va et le pied ne va pas : tout est vain ; le pied va et la main ne va pas : tout est vain. » Il dit encore : « La méthode d’en haut veut d’abord que le haut du corps se meuve ; mains et pieds arrivent ensemble : alors seulement c’est vrai. » Il dit aussi : « La main s’accorde avec le pied : une force de plus. » Et : « Le pied frappe en foulant, sans laisser passer le sentiment ; le secret tient tout entier au talon de derrière qui pousse. » À lire cela, on voit l’esprit qui unit mains et pieds. En effet, quand on pratique, la main s’étend : l’épaule pousse le coude, le coude pousse la main ; le pied avance : la hanche pousse le genou, le genou pousse le pied. La main et le pied, le coude et le genou, l’épaule et la hanche : tous ces points se répondent à distance. Épaule, coude, main sont en haut ; hanche, genou, pied en bas. Et dans le corps humain, le bas est la racine du haut : tel un grand arbre dont les jambes seraient les racines. Aussi, quand la hanche bouge, l’épaule la suit ; quand le genou avance, le coude le suit ; quand le pied court, la main le suit : voilà l’accord.
Dans la pratique, la qualité la plus précieuse du corps est la cohésion (zheng) : le haut et le bas se lient en un seul, sans défaut de bascule en avant ou en arrière, sans désordre d’antériorité ni de postériorité — c’est cela, la cohésion. Quand on a vraiment réalisé ce mot, on a vraiment cette puissance : « il est plus facile d’ébranler une montagne que l’armée de la famille Yue ». Mais, au fond, qu’est-ce qui commande le mouvement des quatre membres ? Chacun sait que c’est le cœur. Le mouvement du cœur, c’est l’intention (yi). L’intention se distingue en intention d’aller, intention de venir, intention d’attaquer, intention de défendre. Elle prend sa source dans le cœur et se meut en intention : aussi dit-on que le cœur et l’intention doivent s’accorder ; sinon, le maître manque de force, les mains et les pieds n’obéissent plus, et les oreilles et les yeux ne peuvent plus exercer leur discernement. Ce que l’intention émet, c’est le qi ; ce que le qi met en œuvre obéit à l’intention : ils se répondent et s’engendrent, aussi faut-il dire qu’ils s’accordent. Mais, au moment d’avancer, de reculer, de bondir, de se déplacer, on dit bien que le cœur et l’intention commandent et que le qi exécute ; cependant, ce par quoi le qi se manifeste, c’est la force, et ce par quoi la force se manifeste, ce sont les quatre membres. Nous évitons de nous abandonner au qi — cela vaut pour la conduite en général ; même nous, gens de guerre, surpris par un événement soudain, nous ne devons pas jeter le qi au hasard. Sinon, comme une mouche sans tête, on se heurte à l’aveugle : on verra le cœur troublé, l’intention en désordre, la force sans emploi, les mains et les pieds ne sachant où se poser — et l’ennemi, profitant de la brèche, s’y engouffrera : la défaite est certaine. Aussi le cœur doit-il s’accorder avec l’intention, l’intention avec le qi, et le qi encore avec la force : car l’accord ou le désaccord dépend tout entier de la manière dont le qi se comporte. Le qi a le pouvoir de commander et de pousser ; la force a le pouvoir de prendre et de laisser. Aussi, avec le qi, on a la force ; et le pratiquant qui renoncerait au qi n’aurait que faire de la force. Nous autres, gens de guerre, nous cultivons le dantian, nous amassons l’essence et accumulons la vigueur : le jour où l’événement survient, à l’approche de l’ennemi, le cœur et l’intention s’ébranlent, les mains et les pieds répondent, les épaules et les hanches s’accordent, les coudes et les genoux arrivent à leur suite, et le qi du corps entier circule sans qu’on le fasse circuler, se concentre sans qu’on le concentre : intérieur et extérieur ne font qu’un, les six unions s’accomplissent en une masse de qi coagulé, l’esprit est plein, le corps se dresse, immobile et majestueux comme le mont Tai qu’on ne peut déplacer. Et si le corps, cohérent, est aussi vivant, c’est entièrement grâce au travail assidu de chaque jour — cela ne se dit pas seulement du combat.
第五章 七疾論 — Chapitre V : les sept promptitudes
七疾者眼要疾手要疾脚要疾意要疾出勢要疾進退要疾身法要疾也習拳者具此七疾方能完全制勝所謂縱橫往來目不及瞬有如生龍活虎令人不可捉摸者惟恃此耳
Les sept promptitudes sont : l’œil prompt, la main prompte, le pied prompt, l’intention prompte, la sortie de posture prompte, l’avance et le recul prompts, le corps prompt. Le boxeur qui possède ces sept promptitudes peut vaincre complètement. Ce qu’on appelle « aller et venir en tous sens, sans que l’œil ait le temps de cligner, pareil au dragon vivant et au tigre fou, impossible à saisir » — cela ne tient qu’à cela.
一眼要疾眼為心之苗目察敵情達之於心然後能應敵變化取勝成功然交手之時瞬息萬變眼不疾卽不能察其動靜識其變化焉能出奇制勝哉譜云心為元帥眼為先鋒蓋言心之變動均恃眼之遲疾然則眼之疾實練藝者之必要也
- L’œil doit être prompt. L’œil est la pousse du cœur : l’œil observe la situation de l’ennemi et la transmet au cœur, qui alors peut répondre aux changements, vaincre et réussir. Mais, au combat, tout change en un éclair : si l’œil n’est pas prompt, on ne peut discerner le mouvement et le repos de l’autre, reconnaître ses changements — comment alors triompher par la surprise ? Le manuel dit : « Le cœur est le général en chef, l’œil l’avant-garde. » Cela veut dire que tous les changements du cœur dépendent de la lenteur ou de la promptitude de l’œil. La promptitude de l’œil est donc une nécessité pour qui pratique l’art.
二手要疾手者人之羽翼也凡捍蔽進攻無不賴之但交手之道全恃遲速遲者負速者勝理之自然故俗云眼明手快有勝無敗譜云手起如箭落如風追風赶月不放鬆亦謂手法敏疾乘其無備而攻之出其不意而取之不怕其身大力猛一動而卽敗也
- La main doit être prompte. Les mains sont les ailes de l’homme : toute parade et toute attaque s’en remettent à elles. Mais, dans le combat, tout tient à la lenteur ou à la vitesse : le lent est vaincu, le rapide vainc — c’est une loi naturelle. Aussi dit-on : « L’œil clair et la main rapide : victoire sans défaite. » Le manuel dit : « La main se lève comme une flèche, retombe comme le vent ; poursuis le vent, cours après la lune, sans lâcher prise. » Cela veut dire aussi que la main, prompte et agile, attaque l’ennemi sans qu’il soit prêt et le saisit sans qu’il s’y attende : qu’il soit grand et fort, peu importe — au premier mouvement, il est vaincu.
三脚要疾脚者身體之基也脚立穩則身穩脚前進則身隨之形意拳中渾身力整無一處偏重脚進身進直搶敵人之位則彼自仆譜云手與脚合多一力又云脚打跴意莫容情消息全憑後足蹬脚踏中門搶他位就是神手也難防又曰脚打七分手打三由是觀之脚之疾更當疾於手之疾也
- Le pied doit être prompt. Les pieds sont la base du corps : les pieds stables, le corps est stable ; le pied avance et le corps le suit. Dans la boxe xingyi, la force du corps entier est unifiée, sans qu’aucun point pèse plus que l’autre : le pied avance, le corps avance, on va droit prendre la place de l’ennemi, et il tombe de lui-même. Le manuel dit : « La main s’accorde avec le pied : une force de plus. » Il dit encore : « Le pied frappe en foulant, sans laisser passer le sentiment ; le secret tient tout entier au talon de derrière qui pousse ; le pied entre par la porte centrale, lui prend sa place : même une main divine ne peut la défendre. » Et encore : « Le pied frappe sept parts, la main trois. » À voir cela, le pied doit être prompt plus encore que la main.
四意要疾意者體之帥也前言眼有監察之精手有撥轉之能脚有行逞之功然其遲速緊慢均惟意之適從所謂立意一疾眼與手脚均得其要領故眼之明察秋毫意使之也手出不空回拳之精意使之也脚之捷亦意使之捷也然則意可不疾乎
- L’intention doit être prompte. L’intention est le général du corps. J’ai dit plus haut que l’œil a l’essence de l’inspection, la main la capacité de parer et de tourner, le pied la fonction de courir et d’aller ; mais leur lenteur, leur rapidité, leur tension, leur souplesse obéissent toutes à l’intention. Dès que l’intention est prompte, l’œil, les mains et les pieds en tiennent tous la clé : la vue perçante de l’œil, c’est l’intention qui la fait ; la main qui sort et ne revient pas à vide, l’essence du poing, c’est l’intention qui la fait ; la vivacité du pied, c’est encore l’intention qui la rend vive. Comment alors l’intention pourrait-elle ne pas être prompte ?
五出勢要疾夫存乎內者為意現乎外者為勢意旣疾矣出勢更不可不疾也事變當前必勢隨意生隨機應變令敵人迅雷不及掩耳張皇失錯無對待之策方能制勝若意變甚速而勢疾不足以隨之則應對乖張其敗必矣故意勢相合成功可决意疾勢緩必負無疑習技者可不加之意乎
- La sortie de posture doit être prompte. Ce qui demeure à l’intérieur, c’est l’intention ; ce qui se manifeste au-dehors, c’est la posture. L’intention étant prompte, la sortie de la posture doit l’être plus encore. Quand l’événement est là, il faut que la posture naisse avec l’intention, qu’elle réponde au changement selon l’occasion, et que l’ennemi, pris comme par un coup de tonnerre avant d’avoir bouché ses oreilles, perde la tête, fasse erreur, n’ait plus de plan à opposer : alors seulement on vainc. Si l’intention change très vite mais que la posture n’est pas assez prompte pour la suivre, la réponse est faussée et la défaite certaine. Aussi, intention et posture accordées, le succès est décidé ; intention prompte et posture lente, la défaite est assurée. Le pratiquant ne doit-il pas y prendre garde ?
六進退要疾此節所論乃縱橫往來進退反側之法也當進則進竭其力而直前當退則退領其氣而回轉至進退之宜則須察乎敵人之强弱强則避之宜以智取弱則攻之可以力敵要在速進速退不使敵人得乘其隙所謂高低隨時縱橫因勢者是也
- L’avance et le recul doivent être prompts. Cette section traite des méthodes pour aller et venir en tous sens, avancer, reculer, se retourner et se coucher. Quand il faut avancer, avance : épuise sa force et va droit devant. Quand il faut reculer, recule : mène son qi et se retourne. Quant à l’à-propos de l’avance et du recul, il faut examiner la force ou la faiblesse de l’ennemi : fort, on l’évite et on le prend par l’intelligence ; faible, on l’attaque et on peut le vaincre par la force. L’essentiel est d’avancer vite et de reculer vite, sans laisser l’ennemi profiter d’une brèche. C’est ce qu’on appelle « haut et bas selon l’occasion, travers et long selon la situation ».
七身法要疾形意武術中凡五行六合七疾八要十二形象等法皆以身法為本譜云身如弩弓拳如箭又云上法須要先上身手脚齊到方為眞故身法者形意拳術之本也搖膀活胯週身輾轉側身而進不可前俯後仰左歪右邪進則直出退則直落尤必手與足合肘與膝合肩與胯合(卽外三合)務使其週身團結上下如一雖進退亦不能破散故必作到疾而不散而身法之疾乃見完成不特速勝遲負之空理而已也
- Le corps doit être prompt. Dans l’art du xingyi, tout — cinq éléments, six unions, sept promptitudes, huit exigences, douze formes — a le corps pour fondement. Le manuel dit : « Le corps est comme un arc, le poing comme une flèche. » Il dit encore : « La méthode d’en haut veut d’abord que le haut du corps se meuve ; mains et pieds arrivent ensemble : alors seulement c’est vrai. » Aussi le corps est-il la racine de l’art du xingyi. On balance les épaules, on délie les hanches, le corps entier se retourne, on avance de côté, sans pencher en avant ni se renverser en arrière, sans dévier à gauche ni à droite ; en avant, on sort droit ; en retraite, on retombe droit ; et surtout, les mains s’accordent avec les pieds, les coudes avec les genoux, les épaules avec les hanches (c’est-à-dire les trois unions externes), afin que le corps entier se soude, haut et bas ne faisant qu’un : même en avançant et en reculant, il ne se désagrège pas. Il faut donc être prompt sans se disperser : alors la promptitude du corps est accomplie — ce n’est pas seulement la théorie vide du « rapide vainc, lent est vaincu ».
第六章 起落攅翻橫竪辨 — Chapitre VI : distinguer lever et retomber, forer et retourner, horizontal et vertical
按五拳十二形之起落攅翻橫竪數字學者最易糢糊卽敎者亦未易明白指示蓋一手倐忽之間而六字皆備焉譜云起橫不見橫落順不見順又云起無形落無踪言神乎技者之巧妙無踪受之者與觀之者俱不能知其所以然也然使學者於初學時卽不辨其孰為起落孰為攅翻孰為橫竪則用力從何處著手心又從何處領會此等處敎人者亟須辨之竊謂手之一動為起由動而直上出為攅攅之後腕稍扭為橫由扭而使手之虎口朝上時為翻旣至虎口完全朝上則為竪矣至竪而近於落矣然又未必能遽落也或離敵稍遠再以手前去而逼之此前出之時卽為順譜中攅翻橫竪起落之外又有落順不見順之順字卽此也及乎學者旣精誠有神乎其神不可捉模之處惟初學時則不可不逐條分别詳細言之耳如譜云朿身而起藏身而落此即一身之伸縮變化而言也起如風落如箭打倒還嫌慢又即一身與手足擊人而並言之也又云不攅不翻一寸為先盖敵己臨身時機迫促無暇攅翻且不及換步則將何以攻之乎曰在手直出然但手直出周身之力又恐不整故以寸步為先寸步者卽後足一蹬前足直去驚起四稍如此則渾身抖擞之力全注於不攅不翻之手敵人始能仰臥數武之外以上皆順字之效也
Dans les cinq boxings et les douze formes, les mots « lever » (qi) et « retomber » (luo), « forer » (zuan) et « retourner » (fan), « horizontal » (heng) et « vertical » (shu) sont ce que l’élève a le plus de mal à distinguer ; même le maître n’est pas à l’aise pour les indiquer clairement. C’est qu’en un geste, en un éclair, les six mots y sont tous contenus. Le manuel dit : « En levant, l’horizontal ne se voit pas ; en retombant, le fluide ne se voit pas. » Il dit encore : « Lever sans forme, retomber sans trace » : cela parle de la merveille d’une technique divine, sans trace — celui qui la reçoit et celui qui la regarde ne peuvent ni l’un ni l’autre savoir comment elle se fait. Mais si l’élève, dès le début, ne distingue pas ce qui est lever et retomber, forer et retourner, horizontal et vertical, où posera-t-il sa force ? Par où son cœur saisira-t-il ? C’est ce que le maître doit absolument distinguer. Pour moi, le premier mouvement de la main, c’est « lever » ; du mouvement, elle monte droit, c’est « forer » ; après le forage, le poignet tourne un peu, c’est « horizontal » ; de cette torsion, la bouche du tigre (hu kou) de la main se tourne vers le haut, c’est « retourner » ; une fois la bouche du tigre complètement tournée vers le haut, c’est « vertical ». Arrivé au vertical, on est proche du retomber ; mais on ne retombe pas nécessairement aussitôt : si l’on est encore un peu loin de l’ennemi, la main s’avance pour le presser — ce moment où elle s’avance, c’est le « fluide » (shun). Dans le manuel, outre forer, retourner, horizontal, vertical, lever, retomber, il y a aussi ce mot « fluide », du « en retombant, le fluide ne se voit pas » : c’est précisément cela. Quand l’élève est devenu expert, il y a vraiment du merveilleux, de l’insaisissable ; mais au début, il faut bien distinguer chaque point et l’expliquer en détail. Le manuel dit encore : « Se ramasser pour se lever, se cacher pour retomber » : cela parle de l’extension et de la contraction du corps entier. « Lever comme le vent, retomber comme la flèche ; renverser, et trouver encore trop lent » : cela parle du corps et des mains et des pieds frappant l’homme ensemble. Il dit aussi : « Sans forer ni retourner, un pouce d’abord » : quand l’ennemi est déjà sur toi, l’instant est pressant, on n’a pas le loisir de forer ni de retourner, ni même de changer de pas — comment alors l’attaquer ? La réponse : la main sort droite. Mais la main seule, droite, la force du corps entier risque de ne pas être cohérente : aussi le pas d’un pouce (cun bu) passe-t-il d’abord. Le pas d’un pouce, c’est le talon de derrière qui pousse, le pied de devant qui part droit, qui éveille les quatre extrémités : ainsi la force frémissante du corps entier se verse tout entière dans cette main qui n’a ni foré ni retourné, et l’ennemi est renversé à plusieurs pas de distance. Tout ce qui précède montre l’effet du « fluide ».
第七章 樁法 — Chapitre VII : la méthode de la posture
目向前視 身斜四十五度 前膊約一百七十度 後膊約百十度 兩腿約一百五十度 前脚直 後脚斜四十五度 前手與心平 後手與臍平 兩肩平
Les yeux regardent droit devant ; le corps est oblique à quarante-cinq degrés ; le bras avant forme environ cent soixante-dix degrés ; le bras arrière environ cent dix ; les deux jambes environ cent cinquante ; le pied avant est droit ; le pied arrière est oblique à quarante-cinq degrés ; la main avant est à hauteur du cœur ; la main arrière à hauteur du nombril ; les deux épaules sont de niveau.
樁法必要:頭頂 項竪 肩垂 抱胯 前膊裹肘 提膝 提肛 手心回縮
Exigences de la posture : la tête pousse vers le haut ; la nuque se dresse ; les épaules tombent ; les hanches s’enveloppent ; l’avant-bras enveloppe le coude ; les genoux se relèvent ; l’anus se relève ; le centre des paumes se rétracte.
Notes
- Liu Dianchen (劉殿琛) : maître de xingyi quan de la deuxième génération après Liu Qilan (劉奇蘭, 1819-1889), l’un des grands maîtres du xingyi de la fin des Qing. Son manuel, publié en 1921, fut l’un des premiers ouvrages modernes consacrés au xingyi quan. Le second volume (les cinq boxings, les douze formes, le boxing enchaîné, l’épée et la lance) n’est pas traduit ici pour des raisons de longueur.
- Huit exigences (八要, ba yao) : relever l’intérieur, réunir les trois centres, lier les trois intentions, fluidifier les cinq éléments, compléter les quatre extrémités, apaiser le cœur, aligner les trois pointes, percer par l’œil. C’est la trame du chapitre II, où chacune est développée.
- Six unions (六合, liu he) : les trois unions externes (mains-pieds, coudes-genoux, épaules-hanches) et les trois unions internes (cœur-intention, intention-qi, qi-force).
- « Il est plus facile d’ébranler une montagne que l’armée de la famille Yue » : allusion au général Yue Fei (岳飛, 1103-1142), dont les soldats étaient réputés inébranlables ; le xingyi quan se réclame traditionnellement de Yue Fei comme inventeur de l’art.
- Le « pouce » (一寸) : dans « sans forer ni retourner, un pouce d’abord », il s’agit du pas d’un pouce (cun bu, 寸步), le petit pas d’attaque où le pied arrière pousse et le pied avant part droit.
Source du texte chinois : Liu Dianchen (劉殿琛), 《形意拳術抉微》 (Xingyi Quan Shu Juewei), 1921 — texte chinois dans le domaine public, consulté sur la page « THE XINGYI MANUAL OF LIU DIANCHEN » du blog de Paul Brennan (traduction anglaise de Paul Brennan, septembre 2012, protégée par le droit d’auteur ; consultée uniquement pour la compréhension du texte). Traduction française : nouvelle traduction réalisée directement à partir de l’original chinois pour ce site.