Le Taiji quan (style Wu Jianquan) (太極拳(吳鑑泉式)) est le second livre que le maître Xu Zhiyi (徐致一, 1892-1968) consacra à son art. Disciple de Wu Jianquan (吳鑑泉, 1870-1942), il avait d’abord fait paraître en 1927 le Taiji quan qian shuo (太極拳淺說, « Introduction simple au taiji quan ») ; trente ans plus tard, en juillet 1958, il publia ce traité qui présente la boxe telle que Wu Jianquan la pratiquait, illustré par les photographies de postures du maître complétées par celles de son élève Zhao Shoucun.

L’ouvrage compte dix chapitres — les mérites du taiji quan, son action psychologique, ses effets physiologiques, ses fondements mécaniques, les règles de la pratique de l’enchaînement et de la poussée des mains, la nomenclature des postures, les mouvements fondamentaux, puis les explications illustrées des postures et de la poussée des mains — suivis en annexe des cinq textes classiques (les traités de Wang Zongyue et de Wu Yuxiang, la Chanson des treize dynamiques, les Explications sur la pratique et la Chanson des mains qui se jouent). Les quatre premiers chapitres, traduits ici avec la préface de l’auteur, forment la partie théorique de l’ouvrage : ce que le taiji quan apporte à la santé et au combat, comment l’intention y dirige le mouvement, et comment ses procédés se conforment aux lois de la mécanique. Le reste du livre, plus descriptif, est omis ici pour la longueur.

Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.

Page de titre (書名頁)

太極拳(吳鑑泉式)

徐致一編著

Le Taiji quan (style Wu Jianquan).

Édité et rédigé par Xu Zhiyi.

Publié en juillet 1958.

Table des matières (目錄)

第一章 太極拳的優點

第二章 太極拳在行功時的心理作用

第三章 太極拳在動作特點上的生理作用

第四章 太極拳在技擊上的力學根據

第五章 盤架子時應當注意的法則

第六章 練習推手時應當注意的法則

第七章 拳式名稱

第八章 基本動作

第九章 拳式圖解

第十章 推手圖解

附錄:王宗岳的太極拳論 武禹襄的太極拳論 十三勢歌訣 十三勢行功心解 打手歌

Chapitre premier : Les mérites du taiji quan

Chapitre deux : L’action psychologique du taiji quan dans la pratique

Chapitre trois : L’action physiologique des particularités du taiji quan

Chapitre quatre : Les fondements mécaniques des techniques de combat du taiji quan

Chapitre cinq : Les règles à observer en exécutant l’enchaînement

Chapitre six : Les règles à observer en pratiquant la poussée des mains

Chapitre sept : Les noms des postures

Chapitre huit : Les mouvements fondamentaux

Chapitre neuf : Explications illustrées des postures

Chapitre dix : Explications illustrées de la poussée des mains

Annexes : Le Traité du taiji quan de Wang Zongyue ; le Traité du taiji quan de Wu Yuxiang ; la Chanson des treize dynamiques ; les Explications sur la pratique des treize dynamiques ; la Chanson des mains qui se jouent.

Préface de l’auteur (前言)

本書所介紹的拳式是已故太極拳專家吳鑑泉先生的拳式。但吳先生所遺留的拳照,作者只能找到六十餘幀,並不齊全,而且有些式子沒有加攝過程動作,初學的人很難看懂。因此,由他的高足趙壽邨擇要補充五十個動作。這些補充的拳照,有不少式子都是拳式過程中的銜接動作,不是已經靜止的定式;由於作者缺乏經驗,所攝姿勢還間有與定式不盡符合的地方,這是深為抱歉的。希望學拳者在閱讀圖解時,除注意文字說明外,還需多多參考吳先生的各種拳姿。不但要研究它的形狀,尤其需要研究它的神氣。這樣,就能夠在學習上得到較好的收獲了。

Les postures présentées dans ce livre sont celles du défunt expert de taiji quan, monsieur Wu Jianquan. Mais des photographies de postures laissées par M. Wu, l’auteur n’a pu en retrouver qu’une soixantaine : l’ensemble est incomplet, et certaines postures n’ont pas de clichés des mouvements intermédiaires, ce qui les rend difficiles à comprendre pour un débutant. C’est pourquoi son éminent élève Zhao Shoucun a été photographié exécutant en complément cinquante mouvements. Beaucoup de ces photographies supplémentaires représentent des mouvements de liaison au cours de l’enchaînement, et non des postures déjà fixées ; l’auteur, manquant d’expérience, a parfois saisi des positions qui ne correspondent pas entièrement aux postures finales, ce dont il s’excuse profondément. L’auteur souhaite que l’étudiant, en lisant les explications, ne se contente pas de prêter attention aux commentaires écrits, mais consulte aussi beaucoup les diverses postures de M. Wu : qu’il n’étudie pas seulement leur forme, mais surtout leur esprit (神氣). Ainsi obtiendra-t-il de meilleurs fruits dans son étude.

吳先生所傳授的拳理拳法,作者根據個人的淺薄體會分別作了解釋。但限於作者的造詣,在解釋上很可能有許多不盡確當的地方,這是應當由作者自己負責的。又,其中關於科學性質的理論,作者缺乏科學知識,自知力有不及;但由於作者在四十年前練習太極拳的時候,對於太極拳的醫療作用,早已有了親身的經驗,所以一直就殷切希望著練拳的科學家把太極拳的科學道理加以研究和闡述。近年來,已有不少學者對太極拳進行過研究。醫師曲綿域先生就曾經對太極拳作了深入的研究,並發表文章證明它的保健作用。在今天,作者還是懷著同樣的願望,所以不怕貽笑大方,作了拋磚引玉的嘗試。如果這一塊磚頭真能夠引出更多的美玉來,那就不僅是作者一人的莫大幸事了!

Les principes et les méthodes de boxe enseignés par M. Wu, l’auteur les a exposés d’après sa maigre expérience personnelle. Mais, limité par son propre niveau, il peut se trouver dans ces explications bien des points inexacts, dont l’auteur assume seul la responsabilité. En outre, pour ce qui touche aux théories de caractère scientifique, l’auteur manque de connaissances et sait ses forces insuffisantes ; toutefois, comme, il y a quarante ans, lorsqu’il s’exerçait au taiji quan, il avait déjà fait l’expérience personnelle des effets thérapeutiques de cet art, il n’a cessé de souhaiter ardemment que des savants pratiquant la boxe étudient et exposent les raisons scientifiques du taiji quan. Ces dernières années, nombre de chercheurs ont déjà étudié le taiji quan ; le médecin Qu Mianyu, notamment, en a fait une étude approfondie et a publié des articles démontrant ses effets sur la santé. Aujourd’hui, l’auteur nourrit toujours le même vœu et, sans craindre de faire rire les experts, s’est livré à une tentative de « jeter une brique pour attirer le jade ». Si cette brique pouvait vraiment faire venir plus de beau jade, ce serait un immense bonheur, et pas seulement pour l’auteur !

吳先生的太極拳是由他的父親吳全佑先生所傳授的;全佑先生先從楊福魁先生(號露蟬,又號祿禪,河北永年縣人)學拳,後來又列入楊氏次子班侯先生的門牆。在許禹生先生所著的“太極拳勢圖解”裡有這樣一段記載:“當露蟬先生充旗營教師時,得其真傳者蓋三人:萬春、凌山、全佑是也;一勁剛、一善發人、一善柔化;或謂三人各得先生之一體,有筋骨皮之分。”根據作者追隨吳先生的多年體驗,吳先生的太極拳確是以柔化為主,所以本書也只能從柔化來說明太極拳的拳理,拳法,並不是否認太極拳的其他兩種功夫,這是應當告訴讀者的。

Le taiji quan de M. Wu lui avait été transmis par son père, M. Wu Quanyou ; celui-ci apprit d’abord la boxe auprès de M. Yang Fukui (nom de courtoisie Luchan, également appelé Lushen, originaire du district de Yongnian, au Hebei), puis fut admis dans l’école de M. Banhou, second fils de Yang. Dans le Taiji quan shi tujie (« Explications illustrées des postures du taiji quan ») de M. Xu Yusheng, on lit ce passage : « Lorsque M. Luchan enseignait dans les casernes bannières, trois hommes reçurent sa véritable transmission : Wan Chun, Ling Shan et Quanyou. L’un avait une force dure, l’autre excellait à projeter les gens, le troisième excellait à la neutralisation souple ; certains disent que les trois reçurent chacun un aspect du maître, se partageant le tendon, l’os et la peau. » D’après les longues années passées par l’auteur auprès de M. Wu, le taiji quan de M. Wu repose bien principalement sur la neutralisation souple (柔化) ; ce livre ne peut donc présenter les principes et les méthodes du taiji quan que sous l’angle de la neutralisation souple, sans pour autant nier les deux autres qualités de l’art — ce qu’il convient de dire au lecteur.

關於太極拳的源流問題,到現在為止,還在討論中。這一問題,作者從未作過考證,所以本書略而不談。

Quant à la question des origines du taiji quan, elle est encore débattue aujourd’hui. L’auteur n’ayant jamais fait de recherches sur ce point, le livre la passe sous silence.

本書在編寫過程中,曾經得到前輩先生和好多位同學的熱心幫助,如同學趙壽邨擔任拳照的補充工作,還和同學吳耀宗合演推手,並攝成圖片;同學陳振民則把僅存的吳先生拳照割愛相讓;此外,還有前輩張達泉先生和郭啟通、孫潤志、楊炳誠、楊孝文、丁晉山、丁德山、程錫甫、陳覺吾、朱廉湘、周元龍諸同學也都對本書提供了寶貴的意見,使本書能夠減少一些錯誤,都應當致以誠摯的感謝。但由於作者的水平不夠,難免還有許多錯誤沒能察覺出來,如蒙敬愛的讀者熱心賜教,不勝感幸!

Dans l’élaboration de ce livre, l’auteur a reçu l’aide chaleureuse de ses aînés et de nombreux condisciples. Son condisciple Zhao Shoucun s’est chargé des photographies complémentaires et a, avec son condisciple Wu Yaozong, exécuté les poussées des mains enregistrées en images ; son condisciple Chen Zhenmin lui a généreusement cédé les derniers clichés subsistants de M. Wu ; en outre, l’aîné M. Zhang Daquan ainsi que les condisciples Guo Qitong, Sun Runzhi, Yang Bingcheng, Yang Xiaowen, Ding Jinshan, Ding Deshan, Cheng Xifu, Chen Juewu, Zhu Lianxiang et Zhou Yuanlong ont eux aussi apporté au livre de précieuses suggestions, permettant d’en réduire les erreurs : à tous, il faut adresser de sincères remerciements. Mais, le niveau de l’auteur étant insuffisant, il reste sans doute bien des erreurs qu’il n’a pas su déceler ; si mes estimés lecteurs avaient la bonté de m’éclairer, je leur en serais infiniment reconnaissant !

作者徐致一謹識 1958年3月

— Respectueusement consigné par l’auteur Xu Zhiyi, mars 1958.

Chapitre premier — Les mérites du taiji quan (第一章 太極拳的優點)

武術的各種套路在鍛煉上都有它自己的特殊目標和要求。由於它的鍛煉目標限定在某些方面,就必然不能兼顧到其他方面,所以任何一項武術都有它的優點,也都有它的缺點。太極拳是一種柔性武術,按照它的方法來進行鍛煉,在療養作用上和柔化功夫上,當然有它的特點;但在擴大肌肉和發展外壯功夫的方面,當然就不能和剛性武術相提並論。因此,說太極拳有優點,並不等於說太極拳沒有缺點,也並不等於說這些優點只是太極拳所獨有。總之,太極拳有它自己的特點是不可否認的事實。下面就根據它的特點來說明它的優點:

Les différents enchaînements des arts martiaux ont chacun, dans leur entraînement, des objectifs et des exigences particuliers. Comme ces objectifs sont limités à certains aspects, il est inévitable que d’autres ne soient pas pris en compte ; c’est pourquoi tout art martial a ses mérites et tout art martial a ses défauts. Le taiji quan est un art martial souple : entraîné selon sa méthode, il présente assurément des particularités quant à ses effets thérapeutiques et à sa capacité de neutralisation souple ; mais pour développer les muscles et former la force externe, il ne peut naturellement pas se comparer aux arts martiaux de type dur. Dire que le taiji quan a des mérites ne revient donc pas à dire qu’il n’a pas de défauts, ni que ces mérites lui appartiennent en propre. En un mot, il est indéniable que le taiji quan a ses caractéristiques propres. Voici, en partant de ces caractéristiques, quels sont ses mérites :

A. Ses mérites comme exercice de santé (甲、作為健身運動的幾個優點)

  1. 全面鍛煉:

1. Un entraînement complet.

太極拳的動作有幾個極為重要的特點,如柔軟、慢、連貫、走弧線(即圓形動作)和一動無有不動(語見“十三勢行功心解”),都是鍛煉上絕對不可忽視的法則。後文還要分別細說。在這裡只是拿一動無有不動的特點來證明它的全面鍛煉的作用。大家都知道,游泳是需要手足和身體一起動作的一項運動,它已經被公認為有全面鍛煉效果的運動項目之一。太極拳在動作時,凡是全身能動的部分,都需要參加活動,所以叫做一動無有不動。它的運動量雖然較游泳為小,但在全身動作的和諧上和細緻上,卻是有過之而無不及的。可見太極拳具有全面鍛煉的優點。

Les mouvements du taiji quan présentent plusieurs traits extrêmement importants — la douceur, la lenteur, la continuité, la marche en arcs (c’est-à-dire en mouvements circulaires) et le principe « quand une partie bouge, toutes bougent » (formule tirée des « Explications sur la pratique des treize dynamiques ») — qui sont autant de règles à ne jamais négliger dans l’entraînement. Ils seront exposés en détail plus loin. Je ne prends ici que le principe « quand une partie bouge, toutes bougent » pour montrer qu’il entraîne le corps tout entier. Chacun sait que la natation est une activité qui exige le mouvement simultané des mains, des pieds et du corps, et qu’elle est déjà reconnue comme l’un des exercices qui entraînent le corps entier. Dans les mouvements du taiji quan, toutes les parties du corps susceptibles de bouger doivent participer à l’action : c’est ce qu’on appelle « quand une partie bouge, toutes bougent ». Sa dépense physique, quoique moindre que celle de la natation, surpasse celle-ci par l’harmonie et la finesse du mouvement d’ensemble. On voit donc que le taiji quan a le mérite d’entraîner le corps entier.

2.內外兼顧:

2. Prendre soin à la fois de l’intérieur et de l’extérieur.

太極拳在鍛煉時,不但肌肉活動有各式各樣的柔和動作,同時還要做好呼吸運動和橫膈運動,來促進心、肺、腸、胃等內臟的機能活動。另外,由於每一個動作都用意識加以引導,使人精神集中,不起雜念,以至越煉越純靜(即心境異常安靜之意),也能使中樞神經系統進行更好的調節作用。這種鍛煉方法,一面具有一般運動項目活動肌肉的好處,一面又吸收了靜坐法調息養神的好處,所以能有內外兼顧的優點。

Dans la pratique du taiji quan, non seulement les muscles sont animés de toutes sortes de mouvements souples, mais il faut encore bien exécuter la respiration et le mouvement du diaphragme afin de stimuler l’activité fonctionnelle des viscères — cœur, poumons, intestins, estomac. En outre, comme chaque mouvement est guidé par l’intention, ce qui concentre l’esprit, écarte les pensées parasites et rend l’exercice de plus en plus pur et calme (c’est-à-dire un état mental d’un calme exceptionnel), cela permet aussi au système nerveux central d’exercer une meilleure régulation. Cette méthode d’entraînement offre d’un côté l’avantage des activités ordinaires qui mobilisent les muscles, et de l’autre absorbe l’avantage de la méditation assise, qui règle le souffle et nourrit l’esprit ; d’où ce mérite de prendre soin à la fois de l’intérieur et de l’extérieur.

  1. 趣味濃厚:

3. Un vif intérêt.

太極拳的動作都走圓形或者弧形的線路,在初練架子時,不容易做好圓形動作,當然趣味較少。但練到後來,越練越熟,圓轉如意的程度不斷提高,便會發生濃厚的趣味。到最後,如能在圓形動作中,運用虛實變化和運動調息的功夫時,它的趣味也就更加層出不窮了(這種趣味對於推手也並不例外)。趣味濃厚能提高鍛煉情緒,對促進健康有很大影響,這也是太極拳所具有的優點之一。

Tous les mouvements du taiji quan suivent des lignes circulaires ou en arc. Au début, lorsqu’on exécute l’enchaînement, les mouvements circulaires sont difficiles à bien faire et l’intérêt est naturellement moindre. Mais avec la pratique, on devient de plus en plus habile, la faculté d’exécuter des cercles à volonté s’améliore sans cesse, et un vif intérêt naît alors. À la fin, si dans les mouvements circulaires on sait employer les changements de vide et de plein ainsi que le travail de réglage du souffle, l’intérêt devient inépuisable (cet intérêt vaut aussi pour la poussée des mains). Un intérêt vif élève l’ardeur de l’entraînement et exerce une grande influence sur l’amélioration de la santé : c’est là aussi l’un des mérites du taiji quan.

  1. 陶養性情:

4. Cultiver le caractère.

太極拳的動作要求柔和,要求輕靈貫串,又要求在動作中包含著“動中有靜、靜中有動”的意識作用,能使性急的或者性慢的練拳人在無形中接受影響,矯正原有的習慣。因為太極拳一面講究靈敏,能使人提高敏感,一面又講究沉靜,能使人抑制浮躁。另外,在推手時,即使兩人功力相等,但好勇鬥狠的一方,往往受到更多或者更重的打擊,這也能使粗暴的人得到潛移默化的效果。由此可見太極拳具有陶養性情的優點,在理論上和事實上也都有一定的根據。

Les mouvements du taiji quan doivent être doux, légers et pénétrants, et doivent comporter, dans l’action, un travail mental de « du calme dans le mouvement, du mouvement dans le calme » ; cela permet à l’élève impatient comme à l’élève trop lent d’être influencé insensiblement et de corriger ses habitudes. Car le taiji quan, d’un côté, cultive la sensibilité et aiguise la réceptivité, et de l’autre cultive le calme et refrène la précipitation. En outre, à la poussée des mains, même si les deux partenaires ont des capacités égales, celui qui aime la bravade et la lutte reçoit souvent plus de coups, ou de plus rudes : cela exerce aussi sur l’homme brutal une influence insensible. On voit par là que le taiji quan a le mérite de cultiver le caractère, ce qui repose sur des bases à la fois théoriques et factuelles.

5.人人可練:

5. Accessible à tous.

太極拳動作柔軟,速度較慢,拳式也並不難學,而且式子的或高或矮和用力的或多或少都可根據各人的體質而有所不同。由於它的運動量可大可小,不但年老體弱的人經常練習不致發生流弊;即使對於身體強壯或者從事劇烈運動的人也都是極為適宜的。推手雖是兩人對練技擊的方法,但由於太極拳以靈敏柔化為主,只要任何一方不用僵勁或者猛力,也決不會發生傷害事故。這些都是太極拳合於人人可練的優越條件。

Les mouvements du taiji quan sont souples et lents, les postures ne sont pas difficiles à apprendre, et la hauteur des postures comme la quantité d’effort peuvent varier selon la constitution de chacun. Comme la dépense physique peut être grande ou petite, non seulement les personnes âgées et fragiles peuvent le pratiquer régulièrement sans inconvénient, mais il convient également aux personnes robustes ou adonnées aux exercices violents. La poussée des mains est une méthode de combat à deux, mais, comme le taiji quan repose avant tout sur la sensibilité et la neutralisation souple, pourvu qu’aucune des deux parties n’emploie de force raide ni de force brutale, il ne survient jamais d’accident. Telles sont les conditions favorables qui rendent le taiji quan accessible à tous.

6.醫療作用:

6. Une action thérapeutique.

運動量較大的體育運動,消耗體力過多,弱者不能勝任,多數病者更不相宜。太極拳有它的種種特點,以適應病人的不同要求(但正在咯血或者出血的病人除外),所以能幫助病人在恢復和增進機能活動上獲得顯著的效果。我們對於疾病的發生,在很早以前,就有“氣血不和”的說法。這句話,以前曾經被認為不可理解,其實是舊時的用語:以心代腦,以氣代神經纖維,所以和現代學說難以相通。根據作者的體會,這句話原是包含著神經系統對於心臟血管系統的調節和支配不能統一的意義在內,所以內科中醫用藥時都是以促進病人的本能來治療其自身的疾病;針灸醫師和推拿醫師也都是用刺激或者壓迫有關神經的方法來達到治療的效果。太極拳一面運用有效的動作來活動全身肌肉(當然包括神經纖維的活動在內);一面又運用深長的呼吸來調節心臟的機能活動和血液的流行。同時還要用意識引導動作,使人排除雜念,專心一意,在極其寧靜的情緒下進行鍛煉,都在於促使神經中樞對整個神經系統發生良好作用,以自己的本能來治療疾病或者增進健康。體育治療是現代醫學中一門新的科學,作者對於中西醫學又無絲毫門徑,對於太極拳的這一優點只能憑個人的淺薄體會,作如上的介紹。

Les activités physiques exigeant une forte dépense d’énergie épuisent les forces : ce que le faible ne peut soutenir et qui convient encore moins à la plupart des malades. Le taiji quan, grâce à ses diverses caractéristiques, s’adapte aux besoins variés des malades (hormis ceux qui crachent du sang ou saignent), et peut ainsi les aider à obtenir des résultats remarquables dans la récupération et l’amélioration des fonctions vitales. Depuis longtemps, l’apparition des maladies a été attribuée au « désaccord du souffle et du sang ». Cette formule, longtemps jugée incompréhensible, relève en fait du vocabulaire ancien : on prenait le cœur pour le cerveau et le souffle pour les fibres nerveuses, d’où la difficulté à la faire correspondre aux théories modernes. Selon l’expérience de l’auteur, cette formule implique que la régulation et la direction du système nerveux sur le système cardio-vasculaire ne sont pas unifiées ; c’est pourquoi, en médecine interne, les praticiens chinois prescrivent des remèdes qui stimulent les défenses propres du malade pour traiter sa maladie, et les acupuncteurs comme les masseurs recourent à la stimulation ou à la pression des nerfs concernés pour obtenir l’effet thérapeutique. Le taiji quan, d’une part, emploie des mouvements efficaces pour faire jouer les muscles de tout le corps (ce qui inclut bien sûr l’activité des fibres nerveuses) ; d’autre part, il emploie une respiration profonde et longue pour régler l’activité du cœur et la circulation du sang. En même temps, il guide le mouvement par l’intention, ce qui écarte les pensées parasites et concentre l’esprit, pour s’entraîner dans un état émotionnel des plus paisibles : tout cela vise à faire produire au centre nerveux un effet favorable sur l’ensemble du système nerveux, et à soigner la maladie ou à fortifier la santé par les ressources propres du corps. La médecine par l’exercice est une science nouvelle de la médecine moderne ; l’auteur, qui n’a pas la moindre teinture de médecine chinoise ou occidentale, ne peut présenter ce mérite du taiji quan qu’à partir de sa maigre expérience personnelle.

B. Ses mérites dans le combat (乙、技擊上的幾個優點)

  1. 以柔濟剛:

1. Compléter la dureté par la douceur.

太極拳所以重柔輕剛,不僅僅是為了柔能克剛的道理,主要是怕人在技擊上犯了“雙重”的毛病。有人因為把“兩腿同時用力支持身體”叫做“雙重”,以致在拳式中取消了騎馬式,這是不對的,甚至害人不淺。拳式中用不用騎馬式原可由各人自己決定。所謂雙重,是說與人在交手時,既不肯用人剛我柔的“走勁”,去引使對方落空,又不會趁勢用“黏勁”去取得我順人背的優勢,只和道遇人用力我也用力,見人搶先我也搶先,結果是力小輸給力大的,手慢輸給手快的,這並不是對方藝力高,而是自討苦吃。王宗岳太極拳論對於這一點說得非常明白,原可由學者自己去領悟但恐雙重之說誤解越來越深,所以趁此機會略為解釋。雙重的毛病簡單說來,就是只知用剛不知用柔的毛病。須知兩人交手都用剛勁,勁小者必受制於勁大者,或者兩敗俱傷。太極拳處處講柔化,首先在避免這種不必要的或者不利於自己的衝突。但是如果只知退避而不會進擊,就與剛柔相濟和以柔克剛的道理不相符合了。太極拳之所以稱為太極,主要在說明它的用勁是柔中有剛、剛中有柔,相當於太極的陰不離陽,陽不離陰的意義。曾聽人說:專練柔化者不會發人(就是沒有“發勁”的意思),這是錯把“柔”與“發”分為兩件事,並未懂得柔中有剛和剛中有柔的道理。太極拳的動作必須走弧線,就是為增進動作中的由柔轉剛和由剛轉柔的便利而制定的。在運用時,剛柔循環,無端可尋,它與一般直線擊法的出入分明,絕不相同。也許有人要問:手快打手慢,大力打小力,不是更為乾脆,何必要走迂緩的弧線呢?要知道一個人只相信自己的手快力大,絕不估計他人的更快更大而輕易出手,顯然是從主觀出發的冒險行動。他可以僥幸得勝,也可以一敗塗地,在安全上是毫無保障的。太極拳處處用柔勁,首先在避免衝突中的無謂犧牲,以免一出手就遭到失敗的危險,同時可以從柔化中去了解對方的虛實強弱,然後根據已經獲得的優勢而立即還擊;如不當還擊,也不致失手誤傷。至於走弧線,粗粗看來,似乎比走直線為慢,但弧線動作可以隨處轉變,有時更比走直線為快,所謂“後發先至”就是從這當中得來的。這種“剛柔相濟、攻守咸宜”的技擊方法,是太極拳的基本優點所在,學習者應當特別注意。

Si le taiji quan privilégie la douceur et fait peu de cas de la dureté, ce n’est pas seulement pour la raison que la douceur peut vaincre la dureté, c’est surtout par crainte que le pratiquant ne commette, dans le combat, le défaut du « double poids » (雙重). Certains, prenant pour « double poids » le fait de « soutenir le corps en appuyant des deux jambes à la fois », ont supprimé la posture du cavalier : c’est faux, et même fort préjudiciable. Qu’on use ou non de la posture du cavalier dans l’enchaînement est du reste laissé à l’appréciation de chacun. Le « double poids » signifie que, au corps à corps, on refuse d’employer la « force de céder » (走勁) — « l’autre est dur, je suis souple » — pour attirer l’autre dans le vide, et qu’on ne sait pas non plus profiter des circonstances pour user de la « force de coller » (黏勁) afin d’obtenir l’avantage « je suis à l’aise, l’autre est en difficulté » ; au contraire, dès que l’autre force, on force, dès qu’il devance, on devance : il en résulte que le faible perd contre le fort, et le lent contre le rapide. Ce n’est pas que l’autre ait un art supérieur, c’est qu’on a cherché ses propres peines. Le Traité du taiji quan de Wang Zongyue dit cela fort clairement ; l’élève pourrait le comprendre de lui-même, mais je crains que le malentendu sur le « double poids » ne s’enracine toujours plus, et je saisis donc l’occasion d’en dire un mot. Le défaut du double poids, en bref, c’est de ne connaître que la dureté et d’ignorer la douceur. Sachez que, si deux adversaires usent tous deux de force dure, le plus faible sera à coup sûr dominé par le plus fort, ou bien les deux seront mutuellement meurtris. Le taiji quan parle partout de neutralisation souple, d’abord pour éviter ce choc inutile ou défavorable. Mais si l’on ne sait que reculer et éviter sans savoir attaquer, on ne se conforme plus au principe de « la dureté et la douceur s’entraidant » et de « vaincre la dureté par la douceur ». Si le taiji quan s’appelle « taiji », c’est surtout pour dire que sa force est « de la dureté dans la douceur et de la douceur dans la dureté », ce qui correspond à l’idée que, dans le taiji, le yin ne quitte pas le yang et le yang ne quitte pas le yin. J’ai entendu dire que « celui qui ne pratique que la neutralisation souple ne sait pas projeter l’adversaire » (c’est-à-dire qu’il n’a pas le « fa jin », 發勁) : c’est confondre à tort « douceur » et « projection », faute d’avoir compris qu’il y a de la dureté dans la douceur et de la douceur dans la dureté. Que les mouvements du taiji quan doivent suivre des arcs, c’est précisément établi pour faciliter le passage de la douceur à la dureté et de la dureté à la douceur. À l’usage, dureté et douceur alternent en cycle, sans point de départ repérable : rien à voir avec les frappes rectilignes ordinaires, dont l’aller et le retour sont nettement tranchés. On demandera peut-être : « Frapper le lent avec la main rapide, le faible avec la grande force, n’est-ce pas plus direct ? Pourquoi faire ces arcs détournés ? » Sachez que celui qui ne croit qu’à la rapidité de sa main et à sa force, sans jamais envisager que l’autre soit plus rapide et plus fort, agit à la légère et à l’aveugle, en partant de sa subjectivité. Il peut gagner par chance, il peut aussi être complètement défait : sa sécurité n’offre aucune garantie. Le taiji quan emploie partout la force souple, d’abord pour éviter le sacrifice inutile dans le choc, pour ne pas risquer de perdre dès le premier coup, et aussi pour, à travers la neutralisation, comprendre le vide et le plein, la force et la faiblesse de l’adversaire, puis riposter aussitôt en s’appuyant sur l’avantage acquis ; et si la riposte n’est pas opportune, on ne risque pas de blesser l’autre par erreur. Quant aux arcs, ils paraissent au premier abord plus lents que la ligne droite, mais le mouvement en arc peut changer de direction à tout instant et va parfois plus vite que la ligne droite : c’est de là que vient le « frapper après, arriver avant ». Cette méthode de combat où « dureté et douceur s’entraident, attaque et défense conviennent également » est le mérite fondamental du taiji quan ; l’élève doit y prêter une attention particulière.

  1. 以靜待動:

2. Attendre le mouvement par le calme.

太極拳的柔化方法雖然有攻守咸宜和保障安全的優點,如果用得不得其時或者不得其點,未能掌握對方的動向,還是難以得到充分效果的。因此,在應用時還須依靠“以靜待動”的素養。根據前面的說法,可以想見太極拳的擊人,並不主張採用“先下手為強”的主觀手法,而是在聽出(這是交手時的感覺,術語叫做聽勁,是用身手上的感覺去聽對方的勁路),對方真正動向以後,用“後發先至”的還擊方法。這種擊法首先要求本人自己極度鎮靜,聽任對方爭先出手和出勁,不可著慌,必須等他發出勁來,方可還手。如來勢較猛可用化勁引使落空,捋採二勁就可擇一而用。如不要他近身,也可乘他未至而用掤勁截之,或者乘對方第一勁已過第二勁尚未發動的空隙而發勁擊之。總之,要在對方不及轉變或者陷入劣勢的時候,給以迅速的打擊。打手歌中所說:“彼不動己不動,彼微動己先動”,就是指“以靜待動”“後發先至”而言。這一優點的作用主要表現在下面兩個方面:一是待機而動,容易擊中對方;一是萬一擊不中時,由於對方已處於被動地位,也不致受到對方的還擊。

Bien que la méthode de neutralisation du taiji quan ait le mérite de convenir à l’attaque comme à la défense et d’assurer la sécurité, si on l’emploie à contretemps ou au mauvais endroit, sans saisir l’orientation de l’adversaire, on aura encore peine à en tirer plein effet. Aussi faut-il, à l’usage, s’appuyer sur la culture du « attendre le mouvement par le calme ». D’après ce qui précède, on devine que le taiji quan, pour frapper, ne préconise pas la méthode subjective du « qui frappe le premier est le plus fort », mais, après avoir « entendu » (c’est la sensation du corps à corps, appelée en termes techniques « écouter la force », ting jin, 聽勁, c’est-à-dire sentir avec le corps et les mains la direction de la force de l’autre) la véritable orientation de l’adversaire, emploie la riposte « frapper après, arriver avant ». Cette méthode exige d’abord un calme extrême : laisser l’autre prendre l’initiative de la main et de la force, ne pas s’affoler, attendre qu’il émette sa force pour riposter. Si l’attaque est vive, on peut user de la force de neutralisation pour l’attirer dans le vide, et choisir entre rouler (捋) et cueillir (採). Si on ne veut pas qu’il approche, on peut, avant qu’il n’arrive, employer la force d’écarter (掤) pour le couper ; ou bien, profitant du vide entre sa première force passée et sa seconde non encore déclenchée, émettre sa force et le frapper. En un mot, il faut frapper promptement quand l’autre ne peut plus se retourner ou qu’il est tombé en position défavorable. La Chanson des mains qui se jouent dit : « Si l’autre ne bouge pas, je ne bouge pas ; si l’autre bouge un peu, je bouge déjà. » C’est précisément « attendre le mouvement par le calme » et « frapper après, arriver avant ». L’effet de ce mérite se manifeste surtout de deux façons : d’une part, on attend l’occasion pour frapper, et il est plus facile d’atteindre l’adversaire ; d’autre part, si d’aventure on manque, l’autre étant déjà en position passive, on ne risque pas sa riposte.

  1. 以小制大:

3. Vaincre le grand par le petit.

這是太極拳根據力學原理,利用一種動作(技擊上叫做“着”)在對方的動作上,加上我的勁或者減少我的勁(從有勁突然變為無勁,術語叫做“空勁”,目的在使對方落空,外間所傳說的:空勁打人,在太極拳中是沒有這種勁的),使對方重心動搖,或者先“化”後“黏”逼使對方陷入不利的方位,然後趁勢打擊,絕對不用硬打硬進的手法。拳論中所說的“四兩撥千斤”並不是誇大,在對方重心極度不穩的時候,只要輕輕一撥就倒,無需用很多力量。有時只要大聲一喝,也能使對方受驚順勢而倒。因為人身也是物體,不能不受重心的影響;而人是能自動的,乘他自動而加以打擊,他就比不動的物體更容易失去重心。這裡面部有力學的根據,可以證明小力制大力的可能性,絕不是這門拳術另有其它神秘作用。體弱力薄的人如欲懂得一些技擊上的道理,學習太極拳也最為相宜。關於這一優點的力學根據,後文還要加以說明,這裡就不多說了。

C’est, en s’appuyant sur les principes de la mécanique, l’emploi d’un mouvement (appelé « technique », 着, dans le combat) qui ajoute ma force à celle de l’adversaire ou la réduit (passer soudain d’une force présente à une force absente, ce qu’on appelle en termes techniques « force du vide », 空勁, afin de faire tomber l’autre dans le vide — ce que le vulgaire appelle « frapper avec la force du vide » n’existe pas dans le taiji quan), de manière à ébranler son centre de gravité ; ou bien, après avoir « neutralisé », « coller » pour forcer l’autre dans une position défavorable, puis frapper en profitant de la situation, sans jamais employer la manière forte de frapper et d’avancer en droite ligne. L’adage « quatre onces déplacent mille livres » n’est pas exagéré : quand le centre de gravité de l’autre est extrêmement instable, un léger effleurement suffit à le faire tomber, sans grande force. Parfois, un simple cri vigoureux peut l’effrayer et le faire tomber dans le sens de sa chute. Car le corps humain est lui aussi un objet, soumis à l’influence de son centre de gravité ; et comme l’homme se meut de lui-même, l’attaquer en suivant son propre mouvement le fait perdre plus aisément l’équilibre qu’un objet immobile. Il y a là un fondement mécanique, qui prouve la possibilité de vaincre la grande force par la petite, et non quelque action mystérieuse propre à cet art. Si une personne faible et de peu de force veut comprendre quelques principes du combat, c’est le taiji quan qui lui convient le mieux. Le fondement mécanique de ce mérite sera exposé plus loin ; je n’en dis pas plus ici.

4.以退為進:

4. Reculer pour avancer.

太極拳的用勁雖然千變萬化,但總的說來,只有兩個大字:一個是“走”字,一個是“黏”字(參閱附錄的“太極拳論”)。走是柔化對方以保障自己安全的方法;黏是柔化以後乘機貼進以控制對方變動的方法。這兩個方法,在應用時實在是一個方法的兩面,學習者必須懂得“走即是黏,黏即是走”(語見“太極拳論”)的道理,方能盡其妙用。同時,作動作還要養成走弧線的習慣,須知“由走轉黏和由黏轉走”都是以圓形動作為基礎,功夫越深,在應用時,弧線也就走得越短,甚至只有弧線的意味而很難看出弧線的動作。這種“曲中求直”(語見“十三勢行功心解”)的方法,粗看起來,好似迂緩,但實際上則是“後發先至”的主要關鍵所在。至於走與黏所以要循環運用,簡單說來,只是教人在交手時,先要順著來勁的方向,用“走”法引使落空,以避免衝突(即是避免損傷),然後再順著走化以後的餘勢,隨即用黏法遏制對方的轉變,以造成我順人背的優勢。此時,如果對方還想勉強掙扎,便可越黏越緊,使對方身體失去平衡,若再趁勢發勁,對方在劣勢下無法還手,很難逃避打擊。如果我的黏法遏制不住對方,便不可冒昧發勁,應當放任對方轉變,並繼續用走用黏,去造成優勢,方可發動打擊。當然,功夫較高的技擊家,只要用一次走黏便能把對方擊中。但在練功時,應在循環運用上去力求熟練,以養成“以退為進”的習慣,放能在應用時得到有勝無敗和雖敗不傷的保障。這與硬打硬進缺乏安全保障的方法來比,就不難看出以退為進的方法,確是技擊上一個極大的優點。

Si l’emploi de la force dans le taiji quan est infiniment varié, il se résume en somme en deux grands mots : le mot « céder » (走) et le mot « coller » (黏) (voir le « Traité du taiji quan », en annexe). Céder est la méthode pour neutraliser l’autre en douceur et assurer sa propre sécurité ; coller est la méthode pour, après avoir neutralisé, se coller en profitant de l’occasion et contrôler les changements de l’autre. Ces deux méthodes ne sont, à l’usage, que les deux faces d’une même méthode ; l’élève doit comprendre que « céder c’est coller, coller c’est céder » (voir le « Traité du taiji quan ») pour en épuiser la merveille. En même temps, il faut prendre l’habitude de mouvoir en arcs : sachez que « passer de céder à coller et de coller à céder » repose sur le mouvement circulaire, et que plus la maîtrise est profonde, plus l’arc parcouru à l’usage est court, jusqu’à n’être plus qu’une intention d’arc difficile à discerner. Cette méthode de « chercher le droit dans la courbe » (voir les « Explications sur la pratique des treize dynamiques ») paraît au premier abord détournée, mais elle est en réalité la clé du « frapper après, arriver avant ». Quant à alterner céder et coller, en bref, cela enseigne qu’au corps à corps il faut d’abord suivre la direction de la force entrante et employer « céder » pour l’attirer dans le vide, afin d’éviter le choc (c’est-à-dire la blessure), puis, suivant le reste de l’élan après la neutralisation, employer aussitôt « coller » pour contenir le changement de l’autre et créer l’avantage « je suis à l’aise, l’autre est en difficulté ». Alors, si l’autre s’obstine encore à se débattre, plus on colle, plus on adhère, jusqu’à lui faire perdre l’équilibre ; si l’on émet alors sa force en profitant de la situation, l’autre, en position défavorable, ne peut riposter et échappe difficilement au coup. Si ma « colle » ne contient pas l’autre, il ne faut pas émettre la force à la légère : il faut le laisser changer, continuer à céder et à coller pour créer l’avantage, avant de déclencher le coup. Bien sûr, un combattant de grande maîtrise peut, d’un seul céder-coller, atteindre l’adversaire. Mais à l’entraînement, il faut s’appliquer à rendre l’alternance parfaite, afin de prendre l’habitude de « reculer pour avancer », et d’obtenir ainsi, à l’usage, la garantie de vaincre sans échec et, en cas d’échec, de ne pas être blessé. Comparée à la méthode de frapper et d’avancer en force, dépourvue de garanties de sécurité, celle de reculer pour avancer se révèle à l’évidence un immense mérite dans le combat.

本章主要在說明太極拳的性能和趣味所在,並不打算把它誇大為萬能的武術,因為柔性武術偏於修養的作用,在發展肌肉和鍛煉外壯功夫方面是不能與剛性武術相比擬的。這在本章第一段裡已經有所說明,研究武術者不可不知。

Ce chapitre visait surtout à expliquer les qualités et l’intérêt du taiji quan, sans prétendre en faire un art martial universel : car un art souple, orienté vers la culture personnelle, ne peut se comparer aux arts durs pour développer les muscles et former la force externe. Le premier paragraphe de ce chapitre l’a déjà dit ; que ceux qui étudient les arts martiaux ne l’ignorent pas.

Chapitre deux — L’action psychologique du taiji quan dans la pratique (第二章 太極拳在行功時的心理作用)

在任何一項體育運動裡,每一個動作,都需要用力,而且有一定的要求。如果沒有人的意識通過神經中樞起著支配作用,那是絕對不可能出現任何一個動作的。各項武術,雖然都是以模仿技擊動作為主,但是在要求上有剛、柔、快、慢和其他不同的特點,所以在練習時,還要根據各人的不同要求,用意識去想象每一個動作的技擊作用。可見練習各項武術都需要“用意”,並不是只有太極拳才重視這個法則。那麼,太極拳為什麼特別要強調“用意不用力”這一個特點呢?這是因為太極拳的用力與其他武術的用力有所不同,所以在“用意”上也顯得格外重要了。現在先從動作與意識的結合來說,太極拳的動作是一種柔軟輕鬆的慢動作,與剛強有力的快動作截然不同。這兩種動作,在要求上,既然有一剛一柔和一快一慢的巨大區別,那麼,在練習時,雖然以同樣的技擊動作作為對象,但是所作的想象,為了符合動作的要求,就不可能採取同樣的內容:一則以動作剛快為主,自然應當從“搶先進攻”去想象它的技擊作用;一則以動作柔緩為主,自然應當從“先化後打”去想象它的技擊作用;它門都有各自的因果關係,不可隨意變更。同時,太極拳的慢動作,對接受意識的支配來說,還有它更重要的作用:剛強有力的快動作,由於速度高,它只能在動作的起迄(止)兩點,甚至只有其中的一點,受著意識的支配(一發必須發足,一收必須收足,在中間沒有回旋餘地)。太極拳由於動作柔和緩慢,不但在一起一迄的動靜兩點上,受著意識的支配,即在由動而靜和由靜而動的任何一個過程中也處處接受意識的引導,想停則隨處可停,想進也隨處可進。這種練法,在技擊上,主要有兩個作用:一是教人在運動時作不斷的想象,把技擊功夫提高到“神明”階段,換句話說,就是利用精神力量(即心理作用)來影響肉體上的種種鍛煉;一是在於養成不妄動的習慣,使人在交手時,不致於不自覺地作出毫無作用的動作。上面主要在說明兩種技擊動作的不同處,下面再把精神影響肉體的道理,略為介紹,以供初學者參考。

Dans toute activité physique, chaque mouvement exige de la force et obéit à des exigences déterminées. Sans l’action directrice de la conscience à travers le système nerveux central, aucun mouvement ne pourrait absolument voir le jour. Les divers arts martiaux, bien qu’ils consistent surtout à imiter des mouvements de combat, se distinguent par des exigences de dureté, de douceur, de rapidité, de lenteur et d’autres particularités ; à l’entraînement, il faut donc, selon les exigences propres à chacun, se représenter par l’intention l’effet martial de chaque mouvement. On voit que la pratique de tout art martial demande « d’employer l’intention » : ce n’est pas le taiji quan seul qui attache de l’importance à cette règle. Pourquoi donc le taiji quan insiste-t-il particulièrement sur « employer l’intention et non la force » ? C’est que l’emploi de la force y diffère de celui des autres arts, et que « l’emploi de l’intention » y revêt donc une importance toute particulière. Commençons par la combinaison du mouvement et de la conscience. Les mouvements du taiji quan sont des mouvements lents, souples et détendus, tout différents des mouvements rapides, durs et puissants. Ces deux types de mouvements ayant une exigence de dureté opposée à la douceur et de rapidité opposée à la lenteur, si l’objet imité est le même mouvement de combat, la représentation mentale, pour se conformer à l’exigence, ne peut avoir le même contenu : l’un, fondé sur un mouvement dur et rapide, concevra naturellement l’effet martial sous l’angle de « attaquer le premier » ; l’autre, fondé sur un mouvement souple et lent, le concevra naturellement sous l’angle de « neutraliser d’abord, frapper ensuite ». Chacun a son enchaînement de causes et d’effets, qu’on ne saurait modifier à volonté. En outre, les mouvements lents du taiji quan ont, pour ce qui est de recevoir la direction de la conscience, un rôle encore plus important : un mouvement dur, rapide et puissant, à cause de sa vitesse, ne peut être dirigé par la conscience qu’aux deux points de son début et de sa fin, voire à un seul (une émission doit être complète, une rétraction complète, sans latitude au milieu). Le taiji quan, grâce à la douceur et à la lenteur de ses mouvements, n’est pas seulement dirigé par la conscience aux deux points du mouvement et du repos ; il reçoit aussi, à chaque étape du passage du mouvement au repos et du repos au mouvement, la direction de la conscience : on peut s’arrêter partout, avancer partout. Cette façon de s’entraîner a, au combat, deux effets principaux : d’une part, elle habitue à une imagination ininterrompue pendant le mouvement, élevant la maîtrise martiale au stade de la « clarté spirituelle » — autrement dit, elle use de la force de l’esprit (c’est-à-dire de l’action psychologique) pour influer sur les divers entraînements du corps ; d’autre part, elle fait prendre l’habitude de ne pas bouger à la légère, afin que, au corps à corps, on n’accomplisse pas inconsciemment des mouvements sans effet. Ce qui précède montrait surtout la différence entre les deux types de mouvements de combat ; exposons maintenant brièvement l’action de l’esprit sur le corps, pour la gouverne des débutants.

關於精神能夠支配肉體的事例,是不勝枚舉的。最常見的,如意志堅強的人在工作上或者事業上往往不怕任何艱難,百折不撓。更顯著的如一些具有堅強意志的忠勇志士,在任何遭遇中,都能夠忍受生活上或者肉體上的任何痛苦而決不屈服,這都可以證明精神力量的偉大作用。再拿小事情來說,一個人在異常高興的時候,往往會覺得眼前的東西樣樣可愛,胃口也會比平常好些;如果遇到憂傷的事情,就會發生相反的現象,這也可以證明生理作用受著心理作用的影響。這是因為我們人的神經系統從中樞到末梢是一個整體。身體同外物相接觸或者受到刺激的時候,首先是引起神經末梢的感覺,感覺對於所接觸到的東西並無認識的能力,在感覺以後,立即由神經末梢的波動,通過神經纖維而傳到神經中樞,方能發生想象作用而有所認識,這就叫做知覺。知覺是人們的種種觀念的發源地。觀念與運動中樞的關係極為密切,如有時我們心理剛想拿一件東西,還沒有想到對象,手便舉了起來;或者在看到梅子的時候,並沒有嘗到酸味,口裡也會充滿涎水,這都是觀念對運動中樞發生作用所引起的反射現象。動作上的所謂熟能生巧,實際上,就是上面所說的反射作用。此外,研究精神治療的人能夠應用催眠術治療疾病或者矯正習慣,也是利用本人的心理作用來達到醫療效果的。有時,我們還無需運用催眠術,只要用言語鼓勵也能發生效力,如最近所看到的一篇譯文(上海新民報所載,艾理從外國“涅瓦”雜志節譯)上說:有一個十二歲的女孩,重病後很久還不能行走,妨礙她獨立行走的主要原因,是她不相信自己再能站起來走路,後來在大家的勸說和鼓勵下,她終於試著練走,結果能走了,醫生不用外科手術而用心理治療,是在培養她對恢復走路能力的信心(大意如此,不盡是原文),就是一個很有力的證明。最近在體育參考資料上還看到一則消息:“外國專家在研究將催眠術用到體育上去的可能性,滑雪中的跳臺運動員在練習中已運用催眠術”,這更可以證明心理作用與體育運動的密切關係了。初學太極拳者必須懂得上面所說的道理,才能深刻了解用意不用力的作用。

Les exemples d’action de l’esprit sur le corps sont innombrables. Le plus courant : un homme de volonté ferme ne recule devant aucune difficulté dans son travail ou ses entreprises, et ne se laisse pas abattre. Plus frappant encore : certains hommes loyaux et courageux, doués d’une volonté de fer, savent, en toute situation, endurer toutes les souffrances physiques ou matérielles sans jamais se soumettre — preuve de la grande puissance de l’esprit. Pour prendre des choses plus modestes : quand on est extrêmement joyeux, on trouve tout ce qu’on voit aimable et l’appétit est meilleur qu’à l’ordinaire ; quand on est affligé, c’est l’inverse : preuve que les fonctions physiologiques subissent l’influence des états psychiques. Cela tient à ce que notre système nerveux, du centre aux extrémités, est un tout. Quand le corps entre en contact avec un objet extérieur ou reçoit une stimulation, la sensation naît d’abord aux terminaisons nerveuses ; la sensation n’a pas la faculté de connaître ce qu’elle touche, mais aussitôt après, l’influx des terminaisons, transmis par les fibres nerveuses, gagne le centre nerveux, où se produit la représentation et donc la connaissance : c’est ce qu’on appelle la perception. La perception est la source de toutes nos idées. Les idées ont des liens très étroits avec le centre moteur : parfois, à peine a-t-on l’idée de prendre un objet, que la main se lève avant même qu’on ait pensé à l’objet ; ou bien, en voyant des prunes, sans en avoir goûté l’acidité, la bouche se remplit de salive : ce sont des phénomènes réflexes provoqués par l’action des idées sur le centre moteur. Ce qu’on appelle, dans l’action, « l’habileté née de la pratique » est en réalité cet effet réflexe. De même, ceux qui étudient la psychothérapie, en appliquant l’hypnose pour soigner des maladies ou corriger des habitudes, se servent aussi de l’action psychique du patient pour obtenir l’effet thérapeutique. Parfois même, sans hypnose, l’encouragement par la parole peut être efficace. Ainsi une traduction récemment lue (publiée dans le Shanghai Xinmin Bao, abrégée par Ai Li d’après la revue étrangère Neva) raconte qu’une fillette de douze ans, longtemps incapable de marcher après une grave maladie, ne pouvait se lever et marcher seule principalement parce qu’elle ne croyait pas pouvoir le refaire ; grâce aux encouragements de tous, elle essaya de marcher et finit par y parvenir — le médecin, au lieu de la chirurgie, employa la psychothérapie pour lui rendre confiance en sa capacité de remarcher (telles sont les grandes lignes, non la lettre du texte) : preuve très parlante. On a vu aussi récemment, dans des documents de référence sur le sport, cette nouvelle : « Des experts étrangers étudient la possibilité d’appliquer l’hypnose au sport ; les sauteurs de tremplin en ski l’emploient déjà à l’entraînement. » Cela prouve davantage les liens étroits entre l’action psychique et l’exercice physique. Le débutant en taiji quan doit comprendre ce qui précède pour saisir profondément le rôle d’« employer l’intention et non la force ».

太極拳在“十三勢行功心解”裡,一開首就有“以心行氣”“以氣運身”等語,雖然是行功時很重要的一個法則,但是,初學者往往不易領悟。其實,上一句裡的“以心”二字應當作為“用意”來解釋,是大家都想得到的,在“太極拳論”和“十三勢歌訣”裡也一再提到這個“意”字。所難懂的,只是在“行氣”和“用氣”這一個問題上。這個“氣”究竟是什麼東西呢?這是因為我們的先輩對於身體裡面有神經中樞、神經纖維和神經末梢的物質存在,以及它的生理作用都還沒有明確的認識。總以為人的動作是一種“氣”或者一種“神”在內部發生作用,術語上所常用的“內練精氣神”就是從這個認識而來的。拿我們所知道的生理知識來說,這裡所指的“氣”決不是與呼吸有關的氣,應當作為遍布全身的神經纖維和神經末梢來解釋。因為人身的動作和內臟的活動都是這些東西在接受神經中樞的命令以後所發生出來的作用。可見以心行氣不過是運用意識的意思,再與“以氣運身”一語相結合,就能說明意識與動作的主從關係。前人是把“氣”看做神經系統以外的一種東西,所以分作兩句話來說明行動的方法,這是首先應當看清楚的。

Dans les « Explications sur la pratique des treize dynamiques », on lit d’emblée : « conduire le souffle par le cœur » et « mouvoir le corps par le souffle ». C’est là une règle très importante de la pratique, mais le débutant a souvent peine à la saisir. En réalité, les deux mots « par le cœur » de la première phrase doivent s’entendre comme « par l’intention », ce que chacun devine, et le Traité du taiji quan comme la Chanson des treize dynamiques mentionnent eux aussi à plusieurs reprises cette « intention ». Ce qui est difficile à comprendre, c’est la question de « faire circuler le souffle » et « d’employer le souffle ». Qu’est-ce donc que ce « souffle » (氣) ? C’est que nos anciens n’avaient pas encore une connaissance claire de l’existence matérielle, dans le corps, du centre nerveux, des fibres et des terminaisons nerveuses, ni de leur rôle physiologique. Ils croyaient que le mouvement humain procédait d’un « souffle » ou d’un « esprit » agissant à l’intérieur ; l’expression technique courante « cultiver intérieurement l’essence, le souffle et l’esprit » vient de cette conception. Selon les connaissances physiologiques qui sont les nôtres, le « souffle » dont il est ici question n’a rien à voir avec le souffle de la respiration : il faut l’entendre comme les fibres et les terminaisons nerveuses réparties dans tout le corps. Car les mouvements du corps comme l’activité des viscères résultent de l’action de ces éléments après qu’ils ont reçu l’ordre du centre nerveux. On voit que « conduire le souffle par le cœur » n’est autre chose qu’employer l’intention ; joint à « mouvoir le corps par le souffle », cela éclaire le rapport de subordination du mouvement à l’intention. Les anciens tenaient le « souffle » pour une chose distincte du système nerveux, et c’est pourquoi ils exprimaient en deux phrases la méthode d’action ; c’est là ce qu’il faut d’abord bien voir.

上面一段主要在肯定太極拳在行功時的心理作用,至於太極拳如何把心理作用結合到動作去,還得細說一番。在第一章裡,我們已經知道太極拳的動作有不少特點,我們根據這些特點來進行鍛煉,當然也能夠在健康上和技擊上得到很好的效果。但是,太極拳的創造者是把精神鍛煉和肌肉鍛煉看做同樣重要,甚至還把前者看得更為重要。同時,由於前人深信精神能夠支配肉體的道理,所以在鍛煉方法上還要提出“用意不用力”的最高法則,使所有動作在意識的不斷影響下,能夠發生精神力量,以提高太極拳的運動效果。“十三勢行功心解”在“以心行氣”“以氣運身”等話之後,緊接著還有“精神能提得起則無遲重之虞……,意氣須換得靈乃有圓活之趣”等語,也都是以精神來影響動作的說法。因此,我們在練習太極拳的時候,並不是單單從姿勢上和動作上去滿足有形的要求,必須同時在動作上和姿勢上加上一定的想象,並且要確信每一個想象一定能夠在動作上產生預期的效果。這一個方法,作者在三十年前曾經給它取了一個名稱,叫做“想當然”,只是利用它的詞面,不是採取它的原意,作者是作為“一切想象都有當然效果”來解釋的。譬如“以心行氣”和“以氣運身”這兩個不可捉摸的動作,都是無法表演的,我們只有按照拳論的指示,用自己的想象去肯定它的作用和效果。又如以心行氣句下還有“務令沉著”一語,既然太極拳是不許用力的,那麼,我們也只有在動作上作沉著的想象,以符合拳論的指示。另外還有“氣沉丹田”,“氣宜鼓蕩”等指示,雖然可以從動作上得到一定的幫助,但是在行功時,也不是用力去鼓氣或者用力去沉氣,只是在意識上作應有的想象而已。上面所說的想象,說起來雖然簡單,但其效果卻不是一下子就可辦到的,必須在不斷的鍛煉中和不斷的想象中使自己的精神先受一種催眠作用,方能在生理上發生一定的影響。“十三勢歌訣”裡所說的“勢勢存心揆用意,得來不覺費功夫”和“功夫無息法自修”等語,都足以證明這一方法久練自然見功的道理。在技擊上,太極拳就是依靠這種鍛煉方法,來養成中樞神經的反射作用,使人在交手時,只要憑著感覺或者憑著想象,無須通過知覺的分析作用,便能發出適當的動作而取得勝利。這種現象,在我們的手工操作上,有的人能夠練成驚人的技能,也是同樣的道理。

Le paragraphe précédent entendait affirmer l’action psychologique du taiji quan dans la pratique ; quant à la façon dont le taiji quan intègre cette action psychologique au mouvement, il faut en dire davantage. Au chapitre premier, nous avons vu que les mouvements du taiji quan présentent de nombreux traits particuliers : en nous entraînant selon ces traits, nous obtenons assurément de bons résultats pour la santé comme pour le combat. Mais l’inventeur du taiji quan tenait l’entraînement de l’esprit pour aussi important que celui des muscles, voire plus important encore. En outre, convaincu que l’esprit peut diriger le corps, il a posé dans la méthode la règle suprême d’« employer l’intention et non la force », afin que tous les mouvements, sous l’influence constante de la conscience, fassent naître une force spirituelle qui accroît l’effet de la pratique. Les « Explications sur la pratique des treize dynamiques », après « conduire le souffle par le cœur » et « mouvoir le corps par le souffle », disent aussitôt : « si l’esprit peut être soulevé, on n’a plus à craindre la lourdeur… ; il faut que l’intention et le souffle se transforment avec agilité pour goûter au plaisir du rond et du vivant » — autant de manières d’influer sur le mouvement par l’esprit. Aussi, quand nous pratiquons le taiji quan, nous ne nous contentons pas de satisfaire des exigences formelles par la posture et le mouvement : il faut y ajouter une certaine imagination, et être convaincu que chaque représentation produira l’effet attendu dans le mouvement. Cette méthode, l’auteur l’a jadis, il y a trente ans, baptisée « tenir pour certain » : il n’en prend que les mots, non le sens, entendant par là que « toute imagination a son effet certain ». Ainsi « conduire le souffle par le cœur » et « mouvoir le corps par le souffle », ces deux mouvements insaisissables et impossibles à montrer, ne pouvons-nous les admettre, conformément au traité, que par notre propre imagination, qui en affirme le rôle et l’effet. De même, sous « conduire le souffle par le cœur » figure « assurez-vous qu’il soit posé » : puisque le taiji quan interdit d’employer la force, il ne nous reste qu’à imaginer, dans le mouvement, le caractère posé, pour nous conformer à l’indication du traité. De même encore « le souffle s’enfonce au dantian », « le souffle doit être agité » : ces indications peuvent être aidées par le mouvement, mais à l’entraînement on ne force pas le souffle à s’agiter ou à s’enfoncer ; on se le représente simplement par l’intention. Cette imagination, quoique simple à décrire, ne produit pas son effet d’emblée : il faut, dans une pratique et une imagination constantes, amener d’abord son esprit à subir une sorte d’auto-suggestion, pour obtenir un effet physiologique. La Chanson des treize dynamiques dit : « Dans chaque posture, gardez l’intention et mesurez votre pensée ; le gain viendra sans qu’on sente l’effort » et « l’effort ne s’arrête pas, la méthode se cultive de soi » — autant de preuves que cette méthode, pratiquée longtemps, donne naturellement son fruit. Au combat, le taiji quan s’appuie sur cette méthode pour former le réflexe du système nerveux central, de sorte qu’au corps à corps il suffit de sentir ou d’imaginer, sans passer par l’analyse perceptive, pour émettre le mouvement adéquat et l’emporter. Ce même phénomène permet à certains, dans le travail manuel, d’acquérir une habileté prodigieuse.

由於“用意不用力”是太極拳裡最為重要的一個法則,所以,作了較多的說明。但這一法則要說得很透徹實在也不容易,作者限於水平,只能說到這裡為止。

Comme « employer l’intention et non la force » est la règle la plus importante du taiji quan, je m’y suis étendu davantage. Mais il n’est pas aisé d’en parler à fond, et l’auteur, limité par son niveau, s’arrête ici.

Chapitre trois — L’action physiologique des particularités du taiji quan (第三章 太極拳在動作特點上的生理作用)

上一章所說的心理作用,實際上也就是生理作用,原可列入本章範圍以內一起說明,因鑒於這一特點──“用意不用力”是太極拳各項特點中最為特出的一個特點,並且需要較多的解釋,所以另立一章,並不是把它撇出在特點之外。太極拳的各項特點,有些表現在動作方面,有些表現在姿勢方面,都是設煉上的重要標準,在後面的練習方法裡當然還要分別說明其內容,本章為了避免重複,只是把這些特點的生理作用略為介紹,以供學習者參考。

L’action psychologique exposée au chapitre précédent est en réalité aussi une action physiologique, et aurait pu être traitée dans ce chapitre ; mais comme ce trait — « employer l’intention et non la force » — est le plus remarquable de tous les traits du taiji quan et demandait plus d’explications, j’en ai fait un chapitre distinct, sans pour autant le mettre hors des particularités. Les particularités du taiji quan se manifestent les unes dans le mouvement, les autres dans la posture ; toutes sont des critères importants de l’entraînement, et leur contenu sera exposé plus loin dans les méthodes de pratique. Pour éviter les répétitions, ce chapitre ne fait qu’introduire brièvement l’action physiologique de ces particularités, pour la gouverne de l’élève.

A. Quelques particularités importantes du mouvement (甲、表現在動作方面的幾個重要特點)

一、柔:

1. La douceur.

在武術中有專練剛勁的,也有先練剛勁後練柔勁的(如形意拳有明勁、暗勁和化勁的分段),太極拳則始終以鍛煉柔勁為主,所以是一種柔性的武術。柔的好處是用力較少而不使肌肉過於緊張,從擴大肌肉、增強體力來著,雖屬效果較小,但在運動時不致使呼吸過於急促,也不會消耗過多的體力,對身體較弱或者患病初愈的人來設,則是一種適應生理要求、不致發生流弊的保健動作。

Parmi les arts martiaux, certains s’exercent uniquement à la force dure, d’autres d’abord à la force dure puis à la force souple (le xingyi quan distingue les stades de force manifeste, de force cachée et de force transformatrice) ; le taiji quan, lui, s’exerce toujours avant tout à la force souple, et c’est donc un art martial souple. L’avantage de la douceur est d’employer moins de force sans trop tendre les muscles : pour développer les muscles et accroître la vigueur, l’effet est moindre, mais l’exercice n’accélère pas exagérément la respiration ni ne consomme trop de forces ; pour les personnes fragiles ou convalescentes, c’est une activité de santé conforme aux exigences physiologiques et sans inconvénient.

二、緩:

2. La lenteur.

練剛勁或者練明勁,在動作上,都需要快而有力。練柔勁也有用快動作的,但太極拳則是以慢動作為主,所以“緩”也是太極拳的一個動作特點。緩與柔,在動作時,是密切配合的。它對於調和呼吸具有更積極的控制作用,同時也是節制體力消耗的一個有效方法。另外,對於“用意識引導動作”的運動方法,它也起著極為重要的階梯作用,這是太極拳必須用慢動作的主要原由。

S’exercer à la force dure ou à la force manifeste exige des mouvements rapides et puissants. On peut aussi s’exercer à la force souple avec des mouvements rapides, mais le taiji quan privilégie les mouvements lents, et la « lenteur » est donc aussi l’un de ses traits. Lenteur et douceur vont de pair dans le mouvement. La lenteur a un effet de contrôle plus actif sur la régulation du souffle et constitue un moyen efficace d’économiser les forces. De plus, elle joue un rôle d’échelon très important pour la méthode qui consiste à « guider le mouvement par l’intention » : c’est la principale raison pour laquelle le taiji quan doit user de mouvements lents.

三、鬆:

3. Le relâchement.

太極拳,從保健方面來說,是一種“在運動中兼修靜坐功”的鍛煉方法,在術語中叫作“動中求靜”。因此,在練拳時,絕對不許有絲毫強項、努目、挺胸、拔腰等緊張姿態。不但在動作上最有關係的手腕、臂、肩首先應當放鬆,即在胸、腹、腰、背等處也必須做到無處不鬆,方為合法(下肢要承載體重,雖然不能求鬆,但也要力求自然)。這樣做,首先可以不引起情緒上的緊張,其次在使腹呼吸和橫膈運動不受牽掣,可以發揮更大的作用。它與上面所說的柔緩兩動作相結合,成為三位一體,是太極拳一切動作的基礎動作,也是練太極拳的人所以能夠在平淡無奇的姿勢中得到健康效果的關鍵所在。

Le taiji quan, du point de vue de la santé, est une méthode qui « cultive la méditation assise au sein du mouvement », ce que les termes techniques appellent « chercher le calme dans le mouvement ». Aussi, à la pratique, est-il absolument interdit d’avoir la moindre attitude tendue : nuque raide, yeux fixes, poitrine bombée, reins cambrés. Non seulement le poignet, le bras et l’épaule, les plus concernés par le mouvement, doivent d’abord se relâcher, mais la poitrine, l’abdomen, la taille et le dos doivent eux aussi se relâcher partout pour être conformes (les membres inférieurs, portant le poids du corps, ne peuvent rechercher le relâchement, mais doivent tendre au naturel). Ainsi, d’abord on n’engendre pas de tension émotionnelle ; ensuite on ne gêne pas la respiration abdominale ni le mouvement du diaphragme, qui jouent alors pleinement. Joints à la douceur et à la lenteur, ces trois éléments forment une triade : c’est le mouvement de base de tous les mouvements du taiji quan, et la clé des bienfaits pour la santé obtenus à partir de postures en apparence banales.

四、和諧:

4. L’harmonie.

絕大多數的武術項目,在動作上,都講究和諧,在術語上,一般叫作內三合、外三合,總稱六合,太極拳當然也不會例外。但太極拳所要求的和諧,必須是:全身各部分,從頭到腳都能與手所指示的動作密切配合,做到“一動無有不動”,成為完整一體的樣子。不但在動作上的進退起落、上下左右要處處互相呼應、十分和諧;同時在呼吸方面和意識方面,也要儘可能地與每一個姿勢的虛實動靜相結合。它的作用,首先在使全身各部分,在每一個動作中,都能得到同時運動的機會;其次是利用動作的完整性來促進腹呼吸的鼓蕩作用(即拳論所謂“氣宜鼓蕩”);同時,對於上面所說三個基礎動作的適當配合,也能起著極為自然的調節作用。由於太極拳所要求的和諧不同於一般和諧,所以在動作上也成為一個重要特點了。

La grande majorité des arts martiaux recherchent, dans le mouvement, l’harmonie, que les termes appellent communément les trois unions internes et les trois unions externes, soit les six unions ; le taiji quan n’y fait pas exception. Mais l’harmonie qu’il exige veut que toutes les parties du corps, de la tête aux pieds, coopèrent étroitement avec le mouvement indiqué par la main et réalisent « quand une partie bouge, toutes bougent », formant un tout. Non seulement, dans l’avancée et la retraite, la montée et la descente, le haut et le bas, la gauche et la droite, tout doit se répondre et s’harmoniser ; mais la respiration et l’intention doivent elles aussi, autant que possible, se joindre au vide et au plein, au mouvement et au repos de chaque posture. Son effet est d’abord de faire que toutes les parties du corps participent simultanément à chaque mouvement ; ensuite d’user de la complétude du mouvement pour stimuler le va-et-vient de la respiration abdominale (ce que le traité appelle « le souffle doit être agité ») ; et en même temps de régler naturellement la juste combinaison des trois mouvements de base évoqués plus haut. L’harmonie exigée par le taiji quan différant de l’harmonie ordinaire, elle constitue elle aussi une particularité importante du mouvement.

五、連貫:

5. La continuité.

這是指整套太極拳在各個拳式之間,或者各個動作之間,都要前後銜接,不可在銜接處有顯著的停頓或者露出斷續的痕跡(在無形中用意識表示虛實輕重者不在此限),務使全部動作,節節貫串,綿綿不絕,如同一氣呵成一般。例如體操或者簡單的武術動作,都是做完一式再做一式,各式之間不相銜接,恰恰與此相反。這一特點主要在使各個式子的和諧動作連接起來,形成一種自然的節奏,來提高動作的效果。拳論中所說“如長江大海滔滔不絕”,就是指這種景象而言。另外,這種有節奏的連續運動,由於動作異常細緻,還具有逐步引人入勝的濃厚趣味,可以提高練拳人的情緒,在生理上,當然也會引起良好的作用。

Il s’agit de ce que, dans l’ensemble de l’enchaînement, les postures ou les mouvements doivent s’enchaîner sans interruption, sans arrêt marqué ni trace de rupture au point de jonction (sauf lorsqu’on marque intérieurement, par l’intention, le vide et le plein, le léger et le lourd) ; il faut que tout le mouvement s’enchaîne de maillon en maillon, sans interruption, comme d’un seul souffle. La gymnastique ou les mouvements martiaux simples, au contraire, exécutent une forme après l’autre, sans liaison. Cette particularité sert surtout à relier les mouvements harmonieux de chaque posture en un rythme naturel qui accroît l’effet du mouvement. Le traité dit « comme le long fleuve et la grande mer, sans fin » : c’est de cela qu’il s’agit. En outre, ce mouvement continu et rythmé, extrêmement fin, captive peu à peu par son intérêt et élève l’ardeur du pratiquant, ce qui a aussi, physiologiquement, un effet favorable.

六、圓形動作:

6. Le mouvement circulaire.

一般鍛煉身體的動作,絕大多數是走直線的,而太極拳則個個動作要走弧線;由於動作的前後連貫,弧線往還相接,自然就成為圓形動作了。圓形動作的好處,不但對於上述各特點的完成要求起著積極的作用(不走弧線是不可能做到太極拳所需要的和諧與連貫的);同時由於動作的圓轉曲折,以及全身上下都有或大或小或明或暗的圓動作在和諧地進行,能使肌肉、骨骼和韌帶同時得到適當而均勻的活動。所以在鍛煉效果上,也不是任何直線動作所能相提並論的。當然,這一特點,還得與上述各特點相配合,方能發揮太極拳的運動效果,否則,就不過是一般的圓形動作了。

La plupart des mouvements de culture physique suivent la ligne droite, alors que tous ceux du taiji quan suivent des arcs ; comme le mouvement se continue d’avant en arrière, les arcs se joignent, formant naturellement des cercles. L’avantage du mouvement circulaire n’est pas seulement de servir activement les particularités ci-dessus (sans arcs, impossible de réaliser l’harmonie et la continuité qu’exige le taiji quan) ; comme le mouvement est rond et sinueux et que, dans tout le corps, de grands ou petits cercles, visibles ou cachés, s’exécutent harmonieusement, les muscles, les os et les tendons sont tous mobilisés de façon appropriée et égale. Aussi l’effet de l’entraînement dépasse-t-il celui de tout mouvement rectiligne. Bien sûr, cette particularité doit s’allier aux précédentes pour produire l’effet du taiji quan ; sinon, ce n’est qu’un mouvement circulaire ordinaire.

七、用意不用力:

7. Employer l’intention, non la force.

這是說練拳時應當多用意識去影響動作,不要依靠多用力氣去求得效果(完全不用力,是不可能的,少用力是可能的)。關於這一特點的生理作用和它的重要性,已在上一章詳細說明,此處不再多說。

Cela signifie qu’à la pratique il faut surtout user de la conscience pour influer sur le mouvement, et non compter sur l’effort pour obtenir l’effet (se passer entièrement de force est impossible ; en employer peu est possible). Le rôle physiologique et l’importance de cette particularité ont été exposés en détail au chapitre précédent ; je n’y reviens pas.

B. Quelques particularités importantes de la posture (乙、表現在姿勢方面的幾個重要特點)

一、懸頂弛項:

1. Suspendre le sommet, relâcher la nuque.

懸頂在術語中叫做“頂頭懸”,又叫做“虛領頂勁”,是說頭頂與地平線應當保持垂直的姿勢,如同頭頂上有繩索懸著的一般。這樣頭部可以自然垂直,同時也不致於前俯後仰或者左右歪斜。懸頂不同于拔頂,所以在拳論中又有“虛領頂勁”的指示,教人不要故意拔頂。弛項與強項恰恰相反,是教人頸部不要用力,應當任其自然放鬆,以與懸頂相適應。太極拳要求全身都能放鬆,頭部是神經中樞所在的地方,當然更不應有絲毫緊張。根據蘇聯生理學家巴甫洛夫的理論,我們應當相信,凡是使神經中樞受到良好影響的方法(神經中樞需要安靜,不需要緊張),也就是使中樞神經系統對全身各個系統和器官的機能活動起著良好作用的有效方法。因此,我們對於太極拳的頸部姿勢不僅僅在於保持它的垂直,尤其重要的是在於注意它的鬆弛與自然。同時,我們還應當記著頭部姿勢的正確與否,對於全身整個姿勢也有很大的影響。至於面容方面,當然也要聽其自然:第一不要努目而視(不努目的呆視也要避免),否則,是與拳論“神宜內斂”一語不合的,同時也會使眼球的肌肉活動不夠靈活;第二不要用力閉口,更忌使勁咬牙,鼻腔呼吸是符合衛生的好習慣,因此,閉口是必要的,但是口上用力不宜過大,那樣會形成屏氣不吐的毛病(練拳時如果呼吸太緊張是應當張口徐徐吐氣的);第三應當舌抵上鄂,使唾腺分泌更多的津液,不但可以適應練拳時的潤喉之需,使呼吸不致受喉頭干燥的影響,同時有較多的津液咽入胃臟,對消化也有一定的幫助。

Suspendre le sommet, en termes techniques, s’appelle « le sommet de la tête suspendu », ou encore « dresser le vide au sommet » ; cela signifie que le sommet de la tête doit se tenir perpendiculairement à l’horizon, comme s’il était suspendu à une corde. La tête peut ainsi se dresser naturellement, sans tomber en avant ni se renverser en arrière, ni pencher à gauche ou à droite. Suspendre n’est pas tirer vers le haut, et c’est pourquoi le traité ajoute « dresser le vide au sommet », pour inviter à ne pas tirer le sommet avec force. Relâcher la nuque est le contraire de raidir la nuque : c’est inviter à ne pas forcer le cou, mais à le laisser naturellement détendu, en accord avec la suspension du sommet. Le taiji quan exige le relâchement de tout le corps ; la tête étant le siège du système nerveux central, elle ne doit à plus forte raison présenter aucune tension. Selon la théorie du physiologiste soviétique Pavlov, nous devons croire que toute méthode qui exerce une bonne influence sur le centre nerveux (qui a besoin de calme, non de tension) est un moyen efficace d’obtenir que le système nerveux central exerce une bonne action sur le fonctionnement de tous les systèmes et organes du corps. Aussi, dans la posture de la tête au taiji quan, importe-t-il non seulement de garder la verticalité, mais surtout de veiller à la détente et au naturel. Rappelons-nous aussi que la justesse de la posture de la tête influe beaucoup sur toute la posture du corps. Quant au visage, il doit lui aussi être naturel : premièrement, ne pas fixer les yeux avec effort — et même éviter le regard fixe sans effort —, faute de quoi l’on contredit le « l’esprit doit se replier à l’intérieur » du traité et l’on rend moins agiles les muscles des globes oculaires ; deuxièmement, ne pas fermer la bouche avec force, et surtout ne pas serrer les dents ; respirer par le nez étant une bonne habitude hygiénique, il faut bien fermer la bouche, mais sans y forcer, sous peine de retenir son souffle (si la respiration est trop tendue à la pratique, il convient d’ouvrir la bouche et d’expirer lentement) ; troisièmement, poser la langue contre le palais pour que les glandes salivaires sécrètent plus de salive, ce qui non seulement humecte la gorge pendant la pratique et évite que la sécheresse du larynx ne gêne la respiration, mais encore, la salive avalée en plus grande quantité, aide à la digestion.

二、含胸拔背:

2. Rentrer la poitrine, étirer le dos.

在生理上,身體的強弱與肌肉運動力的強弱有著密切關係。但肌肉有隨意肌與不隨意肌的區別,前者是與身體各部分的骨骼骨節相聯結,在意識的暗示之下,能夠隨意伸縮;後者則是圍繞在內臟的壁部,不受意識的暗示,而是由於本體的伸縮力自成運動。因此,可以想見不隨意肌的肌肉活動,如專靠四肢運動,顯然只能得到間接的或者較小的效果,如果要獲得較大的直接效果,勢非在軀幹上另加適當的運動不可。太極拳的含胸拔背就是為達到的這種效果的一個主要姿勢。含胸與挺胸恰恰相反,挺胸是使胸部突出,含胸是使胸部收進,兩者作用不同,可想而知。太極拳是以練習深呼吸(即術語所謂氣沉丹田)為其主要運動之一,所以用含胸的姿勢能使內部橫膈有向下舒張的機會(含胸是隨著動作而有所變動的,並不是固定的姿勢),可以很自然的形成橫膈式的深呼吸(吸氣時腹部能自然收縮,呼氣時腹部能自然舒張,與氣功療養法的逆呼吸相同),同時由於橫膈的張縮,使腹腔和肝臟受到時緊時鬆的腹壓運動,對輸送血液和促進肝臟機能活動,當然也有良好的生理作用。至於拔背,原是隨同含胸動作,背部自然弓出的一個姿勢,能含胸自然也能拔背。它的主要作用在使脊柱的背椎(也稱胸椎)部分能夠得到從前弓形〔)〕轉向後弓形〔(〕的調劑活動;其次,是在運動時使肩背部分的肌肉得到更多的舒展活動。技擊上所說的“力由脊發”,就是從這裡練成習慣的。橫膈式呼吸運動,對其他內臟機能當然也有一定的生理影響,本書不作專門研究,所以從略。

Sur le plan physiologique, la force ou la faiblesse du corps est étroitement liée à celle de la motricité musculaire. Mais les muscles se divisent en muscles volontaires et involontaires : les premiers, joints aux os et aux articulations, se contractent et s’étirent à volonté sous la suggestion de la conscience ; les seconds entourent les parois des viscères, échappent à la suggestion de la conscience et se meuvent par leur propre force de contraction. On conçoit donc que l’activité des muscles involontaires, si l’on ne compte que sur le mouvement des membres, ne donne qu’un effet indirect ou modeste ; pour un effet direct plus grand, il faut nécessairement ajouter au tronc un mouvement approprié. « Rentrer la poitrine, étirer le dos » est l’une des postures principales conçues à cette fin. Rentrer la poitrine est le contraire de bomber la poitrine : bomber la fait saillir, rentrer la fait se creuser, les effets diffèrent comme on l’imagine. Le taiji quan ayant pour l’un de ses mouvements principaux la pratique de la respiration profonde (ce que les termes appellent « le souffle s’enfonce au dantian »), la posture de poitrine rentrée permet au diaphragme de se détendre vers le bas (la poitrine rentrée varie avec le mouvement, ce n’est pas une posture fixe) et forme naturellement la respiration diaphragmatique (à l’inspiration l’abdomen se contracte naturellement, à l’expiration il se détend, comme la respiration inversée des méthodes de santé par le souffle) ; en outre, la contraction et l’expansion du diaphragme soumettent la cavité abdominale et le foie à un massage de pression abdominale qui, en se tendant et se détendant, favorise la circulation du sang et l’activité du foie. Quant à étirer le dos, c’est, allant de pair avec la poitrine rentrée, la posture du dos qui se cambre naturellement : qui peut rentrer la poitrine peut étirer le dos. Son rôle principal est de permettre à la partie dorsale (aussi appelée thoracique) de la colonne d’accomplir un mouvement compensateur allant de la courbure vers l’avant à la courbure vers l’arrière ; ensuite, de mieux déployer les muscles de l’épaule et du dos pendant le mouvement. Ce que le combat appelle « la force part du dos » vient de l’habitude ainsi formée. Le mouvement de respiration diaphragmatique a certes aussi une influence physiologique sur d’autres viscères ; le livre n’en faisant pas une étude spéciale, je le passe sous silence.

三、轉腕旋膀:

3. Faire tourner le poignet, faire pivoter l’avant-bras.

在早先,作者也是把“沉肩墜肘”看作太極拳的特點之一,其實“不許寒肩”(即兩肩聳起,如同畏寒之狀,與沉肩恰恰相反)和“墜肘護脅”,原是一般武術所同有的規律,只能稱為要點,不能稱為特點。當然,太極拳的沉肩墜肘,在技擊上,還另有它的特殊作用,但也不過是運用上的不同,不能作為姿勢上的特點而論,所以不列入本文以內。轉腕旋膀(膀指小臂)的術語,雖是作者所創造,不見經傳,但太極拳的動作是走弧線的,我們在絕大多數的上肢運動裡,都可以看到“腕隨掌轉”和“膀隨腕轉”的細緻動作,以與圓形動作相配合,這與一般剛性武術的上肢運動(手腕要固定有力,小臂的屈伸也很少旋轉)是顯然有別的。因此,我們有理由把它作為姿勢上的一個特點。它在技擊上是提高柔化作用的一個方法,同時它也增進了腕、肘、臂、肩各部在聯合動作中的肌肉活動,都是一般直線動作所不能得到的運動效果。

Jadis, l’auteur comptait lui aussi « abaisser l’épaule et laisser tomber le coude » parmi les particularités du taiji quan ; en réalité, « interdire les épaules frileuses » (c’est-à-dire les épaules remontées comme si l’on avait froid, le contraire de l’abaissement de l’épaule) et « laisser tomber le coude pour protéger les côtes » sont des règles communes à tous les arts martiaux, qu’on ne peut appeler que points essentiels, non particularités. Certes, l’abaissement de l’épaule et la chute du coude ont au taiji quan un rôle spécial au combat, mais il ne s’agit que d’une différence d’application, non d’une particularité de posture, et je ne les inclus donc pas ici. Le terme « faire tourner le poignet et pivoter l’avant-bras » est une création de l’auteur, que les textes ne portent pas ; mais comme les mouvements du taiji quan suivent des arcs, on voit dans la plupart des mouvements des membres supérieurs les gestes fins « le poignet tourne avec la paume » et « l’avant-bras tourne avec le poignet », s’accordant au mouvement circulaire : cela le distingue nettement des mouvements de bras des arts durs (où le poignet reste fixe et vigoureux, et où l’avant-bras se fléchit et s’étend sans guère tourner). Aussi avons-nous raison d’en faire une particularité de posture. Au combat, c’est un moyen d’accroître la neutralisation souple ; en même temps, cela développe l’activité musculaire du poignet, du coude, de l’avant-bras et de l’épaule dans le mouvement combiné, effet inaccessible aux mouvements rectilignes.

四、展指凸掌:

4. Déployer les doigts, bomber la paume.

太極拳名為拳術,其實握拳甚少而用掌特多。掌的練法,一般都講究手指用力並緊,太極拳偏偏相反,要求自然舒展,既不許用力併攏,也不要故意伸開。可是在伸臂出掌到達終點的時候,特別是立掌前推的動作,卻要把掌心用暗勁微微一凸(如不用暗勁,也要用意識在暗中表示),使指尖有一種感覺,如同有氣貫注一般,同時在小臂上也會覺得肌肉微微緊張。這兩個姿勢雖都是很小的特點,但展指是放鬆肩臂的主要作用,而凸掌則與腹呼吸有密切關係(它是與沉氣相呼應的),有一些練拳的人只注意展指而並不重視凸掌,在作者看來,是不夠嚴格的。

Le taiji quan, bien que nommé « art du poing », ferme en réalité rarement le poing et se sert beaucoup de la paume. La paume, dans l’usage courant, s’exerce avec les doigts serrés et forts ; le taiji quan fait exactement le contraire : il exige qu’elle se déploie naturellement, sans serrer les doigts avec force ni les écarter exprès. Mais lorsque le bras s’étend et que la paume arrive au terme, en particulier dans le geste de pousser la paume dressée vers l’avant, il faut bomber légèrement le centre de la paume avec une force cachée (à défaut de force cachée, le marquer intérieurement par l’intention), de sorte que le bout des doigts ressente une impression comme si le souffle y affluait, et que l’avant-bras sente les muscles se tendre légèrement. Ces deux postures sont de menus détails, mais déployer les doigts sert principalement à relâcher l’épaule et le bras, tandis que bomber la paume est étroitement lié à la respiration abdominale (il répond à l’enfoncement du souffle) ; certains pratiquants ne veillent qu’aux doigts sans tenir compte de la paume : aux yeux de l’auteur, c’est manquer de rigueur.

五、弓腰收臀:

5. Cambrer les lombes, rentrer le bassin.

在拳論中有“主宰於腰”一語,在“十三勢歌訣”裡又有“命意源頭在腰隙”和“刻刻留心在腰間”等語,可見太極拳是十分重視腰部動作的。我們前面談到太極拳是走圓形的動作,可是這種圓形動作,並不是光用手畫些圈子就算對了,腰部也必須有旋轉動作去適應或者去帶動身上其他部分的動作,才算合乎法則。明白了腰部動作應當與一切動作息息相關的道理對於上面所說的幾句拳經也就不難理解了。弓腰即坐腰,也有叫做塌腰的,它是坐身時向下鬆腰使腰部向外弓出的一個姿勢,與一般向上拔腰使腰部向裡癟進的姿勢完全相反;這一姿勢與含胸相配合,就是靜坐法的坐身姿勢。收臀是弓腰後臀部自然收進的姿勢,與一般癟腰突臀的姿勢完全相反。弓腰收臀的作用,主要與沉氣有關,也就是加強橫膈式的呼吸運動;其次在保持尾閭(即尾骶骨,在脊柱的下端)的自然中正(突臀時容易扭臀常常要使尾閭中正受到影響),另外,由於身體重心能夠稍稍降低,對於做好平衡動作,也有很大的幫助。

Le traité dit « commander aux lombes », et la Chanson des treize dynamiques dit « la source de l’intention est dans le creux des lombes » et « à chaque instant, soyez attentif aux lombes » : le taiji quan attache donc grand prix au mouvement de la taille. Nous avons dit que le taiji quan suit des mouvements circulaires ; mais ces cercles ne consistent pas à tracer des ronds de la main : la taille doit elle aussi accomplir un mouvement de rotation qui s’adapte aux autres parties ou les entraîne, pour être conforme. Compris cela, on entend aisément les vers du traité. Cambrer les lombes, c’est « s’asseoir sur les lombes » (aussi appelé « affaisser les lombes ») : c’est, lorsqu’on s’assied, détendre les lombes vers le bas de manière à les faire bomber vers l’extérieur, exactement à l’opposé de la posture ordinaire qui tire les lombes vers le haut et les creuse vers l’intérieur ; jointe au rentré de poitrine, c’est la posture assise de la méditation. Rentrer le bassin est la posture où, après avoir cambré les lombes, le bassin rentre naturellement, à l’opposé du creusement des lombes avec saillie du bassin. Cambrer les lombes et rentrer le bassin sert principalement à l’enfoncement du souffle, c’est-à-dire à renforcer le mouvement de respiration diaphragmatique ; ensuite, à conserver le naturel et la rectitude du sacrum (尾閭, la dernière vertèbre, à l’extrémité inférieure de la colonne : la saillie du bassin entraîne souvent une torsion qui compromet cette rectitude) ; de plus, comme le centre de gravité s’abaisse légèrement, cela aide beaucoup à bien exécuter les mouvements d’équilibre.

六、屈膝坐腿:

6. Fléchir les genoux, s’asseoir sur la jambe.

一般武術動作,在一腿向後伸出的姿勢裡都要求腿膝用力伸直,不許彎曲,但太極拳卻以自然伸直為主,而同時又獨多屈膝坐腿的姿勢,為一般武術所少見。它的作用主要還是與沉氣有關。由於在動作中採取了這樣的姿勢,使得膝胯兩骨節的肌肉和韌帶得到更多的伸展活動,在鍛煉上,也有很顯著的運動效果(初練太極拳時自覺腿上並未用力也會發酸即其明證)。另外,由於這一姿勢,兩腿一虛一實,在動作時不斷交換,也避免了兩腿同時用力容易疲勞的缺點。這一姿勢,在過去並未作為特點,其實,它與含胸弓腰密切相配合,是極為重要的一個姿勢,而且也是太極拳所必需的姿勢,所以作者特地把它列了出來,以供初學者參考。

Dans les mouvements ordinaires des arts martiaux, quand une jambe est étendue en arrière, on exige qu’elle soit tendue avec force, sans fléchir ; le taiji quan, lui, privilégie l’extension naturelle et multiplie au contraire les postures de genoux fléchis et de jambe « assise », rares dans les arts ordinaires. Le rôle en est encore lié à l’enfoncement du souffle. Cette posture fait que les muscles et les tendons des articulations du genou et de la hanche se déploient davantage, avec un effet d’entraînement remarquable (preuve en est que le débutant, au taiji quan, sent ses jambes s’engourdir sans avoir eu l’impression de forcer). De plus, dans cette posture, les deux jambes sont l’une vide, l’autre pleine, et alternent sans cesse dans le mouvement, évitant ainsi la fatigue de deux jambes forcées en même temps. Cette posture n’était pas considérée comme une particularité ; en réalité, jointe au rentré de poitrine et au cambrement des lombes, c’est une posture fort importante, et nécessaire au taiji quan : l’auteur a donc tenu à la signaler pour la gouverne des débutants.

本章主要在於把太極拳的動作特點與健身有關的道理略為介紹,以供讀者研究。至於其他基本動作當然也有增強體質的作用,但因為都是武術上的一般動作,所以不作說明。

Ce chapitre a surtout voulu présenter brièvement les particularités du mouvement du taiji quan et les raisons qui les lient à la santé, pour servir à l’étude du lecteur. Les autres mouvements de base renforcent certes aussi la constitution, mais comme ce sont des mouvements ordinaires des arts martiaux, ils ne sont pas expliqués.

Chapitre quatre — Les fondements mécaniques des techniques de combat du taiji quan (第四章 太極拳在技擊上的力學根據)

用拳擊人或者用掌推人,可以使對方身體受到力的作用而移動原有位置,有時,也可能因為用力不當,或者對方已有準備而沒有得到預期效果。從力學來看,不問它們所產生的效果如何,都是符合於運動定律的必然現象。因此,任何一項武術,不論是剛性的或者是柔性的,只要用以擊人的力確是一種物質的力,而且在兩人中間發生作用與反作用的,都是同樣受著運動定律的支配。同時也可以想見:這種運動定律,既不是太極拳所獨有,更不是太極拳另有什麼神通可以創造運動定律或者違反運動定律,只不過是久練太極拳有了成就以後,能夠在運用上,或多或少地掌握著運動定律,以使力的作用符合於自己的要求。由於近來還不免有一些人對於太極拳的技擊術存著神秘的看法,所以作者先把上面的淺薄道理略為介紹,希望愛好太極拳者都能有正確的認識。其次,太極拳的技擊手法變化多端,作者對於它的力學根據,也不可能一手一手的介紹,因此,在本章裡,只是把較為基本的幾個要點,根據個人的體會,作一些原則性的說明。

Frapper l’autre du poing ou le pousser de la paume fait subir à son corps l’action d’une force qui le déplace de sa position ; parfois aussi, faute d’un usage adéquat de la force ou parce que l’autre s’y attendait, on n’obtient pas l’effet escompté. Du point de vue de la mécanique, quel que soit l’effet produit, le phénomène obéit nécessairement aux lois du mouvement. Par suite, tout art martial, dur ou souple, pourvu que la force servant à frapper soit bien une force matérielle et qu’il y ait action et réaction entre les deux hommes, est pareillement soumis aux lois du mouvement. Et l’on conçoit que ces lois ne soient pas propres au taiji quan, et qu’il n’ait pas quelque pouvoir magique de les créer ou de les transgresser : c’est seulement qu’après une longue pratique couronnée de succès, on sait plus ou moins maîtriser les lois du mouvement dans l’application, pour conformer l’action de la force à ce que l’on veut. Comme certains gardent encore une vue mystique de la technique de combat du taiji quan, l’auteur commence par exposer ces modestes notions, dans l’espoir que tous les amateurs de taiji quan auront une compréhension juste. Ensuite, les techniques de combat du taiji quan étant infiniment variables, l’auteur ne peut en donner l’analyse mécanique geste par geste : aussi ne présente-t-il dans ce chapitre que les quelques points les plus fondamentaux, en expliquant certains principes d’après son expérience personnelle.

1. La durée d’action de la force et la variation de vitesse (一、符合於力的作用時間和速度變化的規律)

習外功拳者握拳擊人,出手快而用力大,但其效果只是使對方被擊部分發痛或者受傷,除非用特別強大的力量,很難把對方身體擊出或者擊倒。這主要是因為出拳的目的大都在於擊痛或者擊傷對方,所以只求一擊而中,根本上就沒有在擊中以後使“力”繼續前進的意圖。同時又怕所出之手受到對方傷害,往往抽手極快,以致打在對方身上的作用力,在受到對方反作用力的同時,就立刻消失了。這樣的擊法,只能擊痛對方,不能使對方移動位置,乃是當然的結果。太極拳的擊法,在出手的快慢和用力的多少上,雖然也要根據客觀情況而有所不同,但所出之手與對方身體相接獨以後,並不立即收回,而是有意識的向對方身上繼續加力,以延長力的作用時間,使對方身體發生加速運動,那麼,對方的身體自然要隨著力的方向而變動原有位置了。這與牛頓第二定律:“運動是在外力同一方向的直線上發生變化”和“動量的變化相等於力與時間的乘積”的原理,都是相符合的。太極拳的出手,總是在接觸對方身體以後,開始伸臂發勁,也就是為了這個原因。為了使讀者更能明了力的作用時間對物體速度變化的影響,特再拳出下面兩個例子,以供參考:①在天平的兩個盤上各放相當重的物體,使其平衡,此時,如用一根小玻璃管對重物迅度地打一下(擊人時一擊即回,即是這一類的擊法),天平的平衡不會受到什麼影響,但如把這根小玻璃管放到重物上去,這一頭的盤立即下降,天平的平衡就被破壞了。②我們用大鐵錘去擊幾尺見方的大石塊時,如兩手舉硬柄的大鐵錘用大力去擊石塊,因怕兩手虎口被震痛,往往錘到石面立即鬆勁,由於力的作用時間很短,結果只能擊碎石塊的表面而不能使石塊裂開;如果改用軟柄的大鐵錘(用藤或竹的軟柄可免虎口震痛),兩手使出同量或者較小的力去擊石塊,只要聽任大鐵錘重重落下,使石塊受震(即是加長力的作用時間),石塊就會分裂為二。太極拳中有所謂“內勁”者就是與此相類似的擊法,實際上,並不是力的本質的問題,而是力的作用時間的問題。

Celui qui s’exerce à la boxe externe frappe le poing serré : la main part vite et fort, mais le résultat se borne à faire souffrir ou blesser la partie atteinte ; à moins d’une force exceptionnellement grande, il est difficile de projeter ou de renverser le corps de l’autre. Cela tient surtout à ce que le but du coup est de faire mal ou de blesser, et qu’on ne cherche qu’à atteindre la cible, sans intention que la « force » poursuive sa course après le contact. En même temps, craignant que la main tendue ne soit blessée, on la retire très vite, si bien que la force appliquée sur le corps de l’autre, rencontrant sa réaction, s’éteint aussitôt. Un tel coup ne peut que faire mal, non déplacer l’autre : c’est la conséquence naturelle. Dans la frappe du taiji quan, la vitesse de la main et la quantité de force varient selon la situation, mais la main, une fois en contact avec le corps de l’autre, ne se retire pas aussitôt : on continue intentionnellement d’ajouter de la force sur son corps pour prolonger la durée d’action, provoquant l’accélération de son corps, qui se déplacera donc naturellement dans la direction de la force. Cela est conforme à la deuxième loi de Newton — « le mouvement varie sur la droite d’une force extérieure de même direction » — et au principe « la variation de la quantité de mouvement égale le produit de la force par le temps ». Si le taiji quan ne commence à étendre le bras et à émettre la force qu’après le contact, c’est précisément pour cette raison. Pour mieux faire saisir l’effet de la durée d’action sur la vitesse, voici deux exemples : ① Posez des objets assez lourds sur les deux plateaux d’une balance et équilibrez-les ; si l’on frappe vivement l’un des objets d’un petit coup de tube de verre (un coup qui part et revient aussitôt, comme celui qui frappe un adversaire), l’équilibre ne sera guère affecté ; mais si l’on pose ce tube sur l’objet, le plateau de ce côté s’abaisse aussitôt et l’équilibre est rompu. ② Quand on frappe de la masse un grand bloc de pierre de quelques pieds de côté : si l’on brandit une masse à manche rigide et qu’on frappe de toutes ses forces, la crainte de se faire mal entre le pouce et l’index fait qu’on relâche l’effort dès que la masse touche la pierre ; la durée d’action étant très courte, on ne fait qu’ébrécher la surface sans fendre le bloc. Si l’on passe à une masse à manche souple (en rotin ou en bambou, qui épargne la douleur entre pouce et index), et qu’on frappe avec la même force ou moins, il suffit de laisser la masse s’abattre lourdement pour que la pierre reçoive le choc (c’est-à-dire qu’on prolonge la durée d’action), et le bloc se fendra en deux. Ce qu’on appelle « force interne » (內勁) dans le taiji quan est une frappe de ce genre : en fait, il ne s’agit pas de la nature de la force, mais de sa durée d’action.

2. L’inertie (二、符合於物體慣性的規律)

從牛頓第一運動定律:“物體不受外力不改變原有狀態”,我們知道物體有保持自己靜止或者運動狀態的特性,這種特性,在力學上,叫做慣性。牛頓的第三運動定律又告訴我們:“每一個作用總是有大小相等、方向相反的反作用,或者說,兩個物體的相互作用總是大小相等方向相反的”,例如,槍炮子彈出膛時,槍炮一定要向後反撞,就是反作用力所造成的。至於物體慣性的例子,如人站立在電車裡,電車突然停止,人就要繼續向前晃動,甚至傾跌,就是物體慣性的一種表現。太極拳在出手時,總是以用力越少為越好,不肯立即用大力去打擊對方,這樣,首先就可以不引起太大的反作用力作用於自身。其次,在與對方身體相接觸以後加力於對方身上時,如果對方用大力抵抗,我也能夠很自然的立即鬆手,將力減少或者撤消,使對方身體受物體慣性規律的支配,不由自主地繼續前進而失去平衡。這時,我就可乘對方重心不穩立即發勁擊他;如對方身體向前傾倒並不甚猛,而正在用力掙扎,可以仍向原方向加力於對方身上;如對方前傾之勢甚猛,便應當向左右或者相反的方向去加力,對方都是很容易被擊出或者被擊倒的。如果對方不懂太極拳,兩腳往往不肯隨勢移動,在物體慣性的作用下,總是上身向前傾倒,而不是整個身體一起前進,所以要影響他自己的重心。練太極拳者,在這種情況下,必然要動步相隨,以保持自己的平衡。如上面所舉乘電車的例子,我們在遇到電車突然停止時應當趁勢向前邁步以免傾跌,正是同樣的道理。

D’après la première loi de Newton — « un corps ne modifie son état que sous l’action d’une force extérieure » — nous savons que le corps a la propriété de conserver son état de repos ou de mouvement : cette propriété s’appelle en mécanique l’inertie. La troisième loi de Newton nous dit encore : « toute action entraîne une réaction d’égale grandeur et de direction opposée, autrement dit l’interaction de deux corps est toujours d’égale grandeur et de sens opposés » ; par exemple, quand la balle sort du canon, l’arme recule sous l’effet de la réaction. Comme exemple d’inertie : si l’on est debout dans un tramway qui s’arrête brusquement, on continue d’osciller vers l’avant, au point de tomber. Le taiji quan, en émettant la main, cherche toujours à employer le moins de force possible et évite de frapper aussitôt avec une grande force : ainsi, d’abord, on n’engendre pas sur soi une réaction trop forte. Ensuite, quand on ajoute de la force au corps de l’autre après le contact, s’il résiste avec force, on peut naturellement lâcher aussitôt la prise, réduire ou supprimer la force, de sorte que son corps, soumis à l’inertie, continue malgré lui son mouvement et perde l’équilibre. Je peux alors, profitant de son instabilité, émettre la force et le frapper ; si son corps penche en avant sans trop de violence et qu’il se débat encore, je puis continuer d’ajouter de la force dans la même direction ; si son élan est très vif, j’ajoute la force vers la gauche, la droite ou la direction opposée : dans tous les cas, il est facile à projeter ou à renverser. Si l’autre ignore le taiji quan, ses deux pieds refusent souvent de suivre le mouvement et, sous l’effet de l’inertie, c’est le haut du corps qui bascule, non tout le corps, ce qui déplace son centre de gravité. Le pratiquant de taiji quan, en pareil cas, doit au contraire avancer le pas pour garder l’équilibre. Comme dans l’exemple du tramway : quand il s’arrête brusquement, il faut profiter de l’élan pour avancer le pied afin de ne pas tomber. C’est le même principe.

3. Le principe de la résultante des forces (三、符合於合力的原理)

在太極拳的擊法裡,凡是對方先出手向我攻擊,最忌從相反的方向去用力抵抗,應是或多或少地順着對方進擊的方向,加力於對方的力上,以產生更大的合力,使對方身體失去平衡,陷入於不利的地位。這種擊法,是以“柔”“順”為主,與硬打硬進的方法絕然不同,所以在效果上也有很大的區別。兩人交手時,如果雙方都用硬打硬進的方法,其結果雖然是手快贏手慢、力大贏力小,但力大手快者也未必能完全避免損傷。因此,練太極拳者,在習慣上,總是以靜待動,並不搶先出手,即使出手在先,也只是引人出手,以便在接觸中憑感覺去探知對方的虛實,然後乘機而作。如無機可乘,便立即變換手法,寧可一變再變,只化不打,決不冒昧進擊以圖一逞。當然,功夫較深者,也能一交手就擊中對方弱點而使對方跌出,但在原則上,總是以利用合力,牽動對方重心為上。上面所說的“加力於對方力上”,有時是化勁,目的在引動對方重心,有時是發勁,須用在對於重心不穩的時候。總之,都離不開順著來力的方向及時加力,從合力上來提高打擊的效果,這是借人之力以供我用的方法,也就是太極拳能够以小力勝大力的關鍵所在。為了使練拳者對合力原理有更多的了解,特在下面作一些力的合成圖示,以供參考。

Dans la frappe du taiji quan, quand l’autre attaque le premier, il est très fâcheux de résister de force dans la direction opposée ; il faut, plus ou moins, suivre la direction de son attaque et ajouter sa force à la sienne, afin de produire une résultante plus grande qui déséquilibre son corps et le mette en mauvaise position. Cette méthode, fondée sur la douceur et le suivi, est tout autre que celle qui frappe et avance en force, et les effets diffèrent grandement. Au corps à corps, si les deux frappent et avancent en force, il en résulte que la main rapide l’emporte sur la lente et le fort sur le faible, mais le plus fort et le plus rapide ne peut pas non plus éviter entièrement les blessures. Aussi le pratiquant de taiji quan a-t-il pour habitude d’attendre le mouvement par le calme, sans frapper le premier ; et même s’il frappe le premier, ce n’est que pour provoquer la main de l’autre, afin de percevoir au contact le vide et le plein, puis d’agir à l’occasion. S’il n’y a pas d’occasion, il change aussitôt de technique, préférant changer et rechanger, neutraliser sans frapper, plutôt que d’attaquer imprudemment pour se donner libre cours. Certes, un maître plus avancé peut, dès le contact, atteindre le point faible et faire tomber l’autre ; mais en principe, l’idéal est d’user de la résultante pour déplacer son centre de gravité. « Ajouter sa force à celle de l’autre » est parfois une force de neutralisation, dont le but est d’amorcer le déplacement de son centre de gravité, parfois une émission de force, qui doit servir quand son centre de gravité est instable. En un mot, on ne peut se passer de suivre la direction de la force entrante et d’y ajouter à temps la force, pour accroître l’effet de la frappe par la résultante : c’est la méthode d’emprunter la force d’autrui pour la mettre à son service, et la clé qui permet au taiji quan de vaincre une grande force par une petite. Pour mieux faire comprendre le principe de la résultante, voici quelques schémas de composition des forces.

如圖1:以AB線作為對方手臂向前發出的力量和它的方向,以AC線作為一般擊法用力橫擊的力量和方向,那麼,AC橫力和AB直力相加就是對方所受到的合力,如圖中AD斜線所表示的力量和方向。

Figure 1 : la ligne AB représente la force émise en avant par le bras de l’autre et sa direction ; la ligne AC, la force et la direction d’une frappe latérale ordinaire. La force transversale AC ajoutée à la force directe AB donne la résultante que subit l’autre, représentée par la diagonale AD.

Schéma 1 de l’édition de 1958 : composition de la force transversale AC et de la force directe AB en une résultante AD

如圖2:A’B’線仍作為對方的直力(力量和方向與圖1的AB線相同),以A’C’線作為太極拳順著方向作用於對方的斜力(力量與圖1AC線相同,方向不相同),那麼對方所受到的合力,應當為A’D’線所表示的力量和方向。

Figure 2 : la ligne A’B’ représente encore la force directe de l’autre (même grandeur et même direction que AB dans la figure 1) ; la ligne A’C’ représente la force oblique que le taiji quan, en suivant la direction, applique à l’autre (même grandeur que AC dans la figure 1, direction différente). La résultante que subit l’autre est alors représentée par la ligne A’D'.

Schéma 2 de l’édition de 1958 : la force oblique A’C’ suivant la direction, composée avec A’B’ en une résultante A’D’

如圖3:A”C”斜力的方向比圖2A’C’斜力更為斜些,那麼,對方所受到的合力應當為A”D”線所表示的力量和方向。

Figure 3 : la direction de la force oblique A″C″ est plus inclinée que celle de A’C’ dans la figure 2 ; la résultante que subit l’autre est alors représentée par la ligne A″D″.

Schéma 3 de l’édition de 1958 : une force oblique plus inclinée produit une résultante A″D″ plus grande

從三個圖所表示的情況來看:圖1的AD合力小於圖2的A’D’合力,而圖2的A’D’合力又小於圖3的A”D”合力,這與力學上力的合成原理所證明的“兩個分力大小不變,兩分力間的夾角越小,它的合力越大;夾角越大,合力就越小“都是相符合的。可見太極拳的上述擊法與合力原理也是相符合的。有時在擊法上,我們並不需要太大的合力,那麼,我們可以將AC分力減少,如圖4,AB線不變,AC線較短,而所得的合力AD’則仍然與圖1的AD相等,這也可以證明太極拳用力較小而收效較大的力學根據。

Des trois figures, il ressort que la résultante AD de la figure 1 est plus petite que A’D’ de la figure 2, elle-même plus petite que A″D″ de la figure 3, ce qui s’accorde avec ce que démontre le principe de composition des forces : « si les deux composantes ne changent pas de grandeur, plus l’angle entre elles est petit, plus la résultante est grande ; plus l’angle est grand, plus la résultante est petite. » La méthode de frappe du taiji quan est donc bien conforme au principe de la résultante. Parfois, nous n’avons pas besoin d’une résultante si grande : on peut alors réduire la composante AC, comme dans la figure 4, où AB ne change pas, AC est plus court, et la résultante AD’ obtenue égale celle de la figure 1 — preuve mécanique que le taiji quan emploie moins de force pour un plus grand effet.

Schéma 4 de l’édition de 1958 : une composante AC réduite produit la même résultante AD’ avec moins de force

上面所說的是對方出手擊我的例子。如果是由我出手在對方身上的加力的時候,我們可以從下面三個圖示來研究太極拳的擊法。

Les figures ci-dessus illustraient le cas où l’autre frappe le premier. Quand c’est moi qui ajoute de la force sur le corps de l’autre, on peut étudier la frappe du taiji quan à l’aide des trois figures suivantes.

如圖5:EO線作為對方的胸部,AB線作為我用手掌向對方胸部直線前推的作用力。這樣的用力直推,一則對方胸部有同量的反作用力作用於我身,二則我如努力前推,對方也可努力抵抗,在兩不相讓的時候,往往變成僵持的形勢。如對方力大,反要將我頂回。按照太極拳的原則,如我不打算抽回手掌,就必須用圖6或者圖7所指示的方法去應付對方。

Figure 5 : la ligne EO représente la poitrine de l’autre, la ligne AB la force de ma paume poussant droit devant vers sa poitrine. Une telle poussée directe a deux inconvénients : d’une part, sa poitrine renvoie sur moi une réaction d’égale grandeur ; d’autre part, si je pousse de toutes mes forces, il peut résister de même, et quand aucun ne cède, on en vient souvent à un blocage ; s’il est plus fort, il me repousse. Selon les principes du taiji quan, si je ne veux pas retirer ma paume, je dois recourir à la méthode indiquée par la figure 6 ou la figure 7.

Schéma 5 de l’édition de 1958 : la poussée directe AB vers la poitrine EO et sa réaction

如圖6:AB線仍作為直推的作用力和方向,AC線則作為我的手掌在直推的同時再用手掌和手指利用摩擦力向上加力的動作(即拳論所謂“若將物掀起……”的掀勁)。這時,向前向上兩力合成AD合力,使對方受到更大的推力,而從合力的方向來看,也有同時使對方腳尖離地、身向後仰的作用,都是不利於對方的。

Figure 6 : la ligne AB représente encore la force et la direction de la poussée directe ; la ligne AC représente, pendant cette poussée, l’action de ma paume et de mes doigts ajoutant vers le haut une force par frottement (ce que le traité appelle la force de soulèvement : « comme si l’on soulevait un objet… »). Les deux forces, vers l’avant et vers le haut, composent la résultante AD, qui fait subir à l’autre une poussée plus grande et, par sa direction, tend aussi à faire décoller ses talons et pencher son corps en arrière — autant de désavantages pour lui.

Schéma 6 de l’édition de 1958 : à la poussée directe AB s’ajoute la force ascendante AC, donnant la résultante AD

有時遇到對方向下沉身,我的向上加力不能將對方掀動時,我就應當在前推的同時趁勢用手指改向下方加力(手指向下抹也是利用摩擦力)。如對方右腿在身後支撐,應當偏向其左下方加力,如左腿在後則應偏向右下方加力。

如圖7:AD是AB(向前直力)與AC(向下斜力)相合成的合力,它的方向與對方沉身的方向相順,所以就容易推動對方身體了。

Parfois, l’autre s’enfonce vers le bas et mon ajout vers le haut ne parvient pas à le soulever ; je dois alors, tout en poussant vers l’avant, ajouter de la force vers le bas avec les doigts (un effleurement vers le bas use lui aussi du frottement). Si sa jambe droite le soutient par-derrière, j’ajoute vers sa gauche et vers le bas ; si c’est la gauche qui est en arrière, vers sa droite et vers le bas.

Figure 7 : AD est la résultante de AB (force directe vers l’avant) et de AC (force oblique vers le bas) ; sa direction s’accorde avec celle de l’enfoncement de l’autre, ce qui rend facile de pousser son corps.

Schéma 7 de l’édition de 1958 : la force descendante AC suivant l’enfoncement, composée avec AB en résultante AD

假定用了圖7的方法以後,對方依然頑抗而未被推動,那麼,我就應當有意識地向AC方向稍稍加力,以逼使對方用力向上反抗,並立即轉為向上加力(如圖6所示),或者立即撤消手掌上的力量(這與利用物體慣性有關),使對方力的作用落空。如果對方不懂移步相適應的方法,或者突然之間不及動步挽救,身體便要向前傾倒而站立不穩,我於此時再加力於對方身上,就能得到預期的效果了。

Supposez qu’après la méthode de la figure 7, l’autre résiste encore et ne soit pas poussé : je dois alors ajouter sciemment un peu de force dans la direction AC, pour le contraindre à résister vers le haut, puis passer aussitôt à un ajout vers le haut (comme dans la figure 6), ou bien supprimer aussitôt la force de la paume (ce qui a trait à l’inertie), de manière que sa force tombe dans le vide. S’il ne sait pas déplacer ses pas pour s’adapter, ou si, brusquement, il n’a pas le temps de se sauver par un pas, son corps basculera en avant et il sera instable ; en ajoutant alors de la force sur son corps, j’obtiendrai l’effet voulu.

4. Le principe du couple de forces (四、符合於力偶原理)

凡兩個平行力,大小相等,方向相反者,在力學上,叫做力偶,力偶不能產生合力,但能使物體旋轉。在太極拳的擊法裡,如對方以右手擊我左肩(或者以左手擊我右肩,可以類推),我的左肩應當順著來手的方向轉身避讓,使對方的力不受我身阻力而繼續前進,同時,我立即以右手擊對方的左肩,無須用很大的力,就能使對方身體旋轉。如圖8:

Deux forces parallèles, d’égale grandeur et de sens opposés, s’appellent en mécanique un couple de forces ; un couple ne produit pas de résultante, mais peut faire tourner un corps. Dans la frappe du taiji quan, si l’autre frappe mon épaule gauche du poing droit (ou mon épaule droite du gauche, et ainsi de suite), mon épaule gauche doit suivre la direction de sa main et tourner pour l’éviter, afin que sa force, sans rencontrer la résistance de mon corps, poursuive sa course ; en même temps, je frappe aussitôt de la main droite son épaule gauche, et sans grande force je peux faire tourner son corps. Figure 8 :

Schéma 8 de l’édition de 1958 : les deux forces parallèles opposées AC et BD exercées sur les épaules de l’adversaire

AC作為對方伸手擊我左肩時他右肩所受的作用力。當對方擊著我時,我即轉身避讓(只旋腰,不動步),使這一個作用力繼續前進以引動對方身體,我隨即循BD方向擊他左肩,這時,對方兩肩受著AC和BD兩個方向相反的平行力,就要使自己身體旋轉(如OE虛線所示),而發生不穩狀態。如果對方感覺不穩而立即抽回右手,則AC作用力自然消失,而產生另一AC’力作用於對方右肩(如圖9),

AC représente la force subie par son épaule droite quand il étend la main pour frapper mon épaule gauche. Quand il me touche, je tourne le corps pour l’éviter (en tournant seulement la taille, sans bouger les pas), laissant cette force poursuivre sa course afin d’entraîner son corps ; je frappe alors son épaule gauche dans la direction BD. Ses deux épaules subissent les deux forces parallèles AC et BD, de sens opposés, et son corps doit tourner (comme l’indique le pointillé OE), ce qui le met en état d’instabilité. S’il sent l’instabilité et retire aussitôt sa main droite, la force AC disparaît et une autre force AC’ s’applique à son épaule droite (figure 9) :

Schéma 9 de l’édition de 1958 : la disparition de AC et l’apparition de la force AC’ sur l’épaule droite

此時,BD力仍存在,對方反而受著BD和AC’兩個同方向的平行力,其合力為OE,對方受力更大,便要向後方(即OE方向)退步或者跌出,這就是力偶轉變為合力的一種現象。為了說明上的便利,故上面只用兩肩作比。例如,太極拳的“挒”勁(參閱推手圖解)就是根據力偶原理,在對方的兩臂上“化”“打”並用,以使對方身體傾側,然後再趁勢加力於對方身上。

Alors, la force BD subsiste, et l’autre subit au contraire les deux forces parallèles BD et AC’ de même sens, dont la résultante est OE : il subit une force plus grande et doit reculer (dans la direction OE) ou tomber — c’est le passage d’un couple à une résultante. Par commodité, je n’ai pris que l’exemple des deux épaules. La force « déchirer » (挒) du taiji quan (voir les explications de la poussée des mains) repose sur le principe du couple : sur les deux bras de l’autre, on neutralise et on frappe en même temps pour faire pencher son corps, puis on ajoute la force en profitant de la situation.

5. Le principe de l’équilibre (五、符合於物體平衡的原理)

物體有三種平衡狀態,即穩定平衡、不穩定平衡和隨遇平衡。

Un corps présente trois états d’équilibre : l’équilibre stable, l’équilibre instable et l’équilibre indifférent.

如圖10:錐形體是處於穩定平衡狀態,它在不太傾斜的時候,重心雖然升高,但重心的重垂線不容易越出底面積,很快就能回復原狀。

Figure 10 : le cône est en équilibre stable ; tant qu’il n’est pas trop incliné, même si son centre de gravité monte, la verticale de ce centre ne dépasse pas la surface de base, et il revient vite à son état.

Schéma 10 de l’édition de 1958 : le cône en équilibre stable

如圖11:錐形體是處於不穩定平衡狀態,只要微微一側,它的重垂線立即越出底面積,雖然重心降低也不能免於傾倒。

Figure 11 : le cône est en équilibre instable ; il suffit d’une légère inclinaison pour que la verticale de son centre dépasse aussitôt la base, et même si le centre s’abaisse, il ne peut éviter de tomber.

Schéma 11 de l’édition de 1958 : le cône en équilibre instable

如圖12:錐形體是處於隨遇平衡狀態,無論如何推動,它的重心不升高也不降低,重垂線也總是在底面積以內,所以叫做隨遇平衡。

Figure 12 : le cône est en équilibre indifférent ; quelle que soit la poussée, son centre de gravité ne monte ni ne descend, et sa verticale reste toujours dans la base : c’est pourquoi on l’appelle « indifférent ».

Schéma 12 de l’édition de 1958 : le cône en équilibre indifférent

由此可見:如要使物體有很大的穩度,非降低重心並擴大底面積不可,人體直立時,重心在臍部,没有外物外力的幫助,不可能增加很大的穩度。例如走繩索者必須手持長杆,兩端係重物,使杆的兩端低於兩腳,將重心降低到極點,故能在繩索上自由走動。練武術者大多要練站樁功夫(即是常做騎馬勢),有的還要練沉氣功夫,在運用時,當然可以穩定身體重心或者降低身體重心。但人的兩腳所占的底面積,有了寬的一面,就會有窄的一面。在兩腳前後站開時,是前後寬而左右窄,在兩腳左右站開時,是左右寬而前後窄,如向其窄處打擊,身體重心的重垂線還是很容易越出底面積以外。可見技擊家如僅僅依靠重心降低而不知彌補底面積上的缺點,還是很難保持身體穩定的。太極拳以擊出對方身體為它的主要擊法,故在發勁時首先要動搖對方重心,使對方身體的重垂線越出底面積而失去穩定平衡。自身也處處以維護身體的穩定平衡為主,但在方法上,則並不是專靠蹲腿沉氣去支撐自己的身體。須知太極拳既是以全身重量寄托於一腳為它的基本姿勢之一,一腳的底面積較兩腳更為狹窄,被擊時,重心的重垂線也更容易越出底面積,都是很顯然的事實,但為什麼,反能把身體的平衡維持得更好呢?惟一的方法,是全靠兩腳的隨勢變換虛實,以適應身體穩度的需要。所謂兩腳變換虛實,就是:當一腳不穩時,立即以全身重量移置於另一腳上,使身體由不平衡而復歸於平衡,也就是底面積時時隨著重心的變動而變動。這樣就自然能够使重垂線在將要越出底面積的一瞬間又納入另一個底面積了。這在形式上雖然與隨遇平衡的物體有所不同,但在實際上卻有同樣的效果;行功時有所謂“動中求靜”者,在技擊上,也是包涵這個意義在內的。又如前述走繩索的例子,有功夫的人在走較短的鋼索時,可以不用長杆幫助,就是靠兩腳善於變換;否則與力學原理相違反,就會跌落下來。

On voit donc que, pour donner à un corps une grande stabilité, il faut à la fois abaisser son centre de gravité et élargir sa base. Quand l’homme est debout, son centre de gravité se trouve au niveau du nombril : sans l’aide d’un objet ni d’une force extérieure, il ne peut guère accroître sa stabilité. Ainsi le funambule doit tenir une longue perche lestée aux deux bouts, de sorte que les extrémités descendent plus bas que ses pieds et que le centre de gravité s’abaisse à l’extrême : il peut alors marcher librement sur la corde. La plupart des pratiquants d’arts martiaux s’exercent à tenir la posture (souvent le cavalier), et certains à enfoncer le souffle : à l’usage, cela stabilise ou abaisse le centre de gravité. Mais la base formée par les deux pieds de l’homme, dès qu’elle est large d’un côté, est étroite de l’autre. Quand les pieds sont écartés l’un devant l’autre, la base est large d’avant en arrière et étroite de gauche à droite ; quand ils sont écartés latéralement, elle est large de gauche à droite et étroite d’avant en arrière. Si l’on frappe du côté étroit, la verticale du centre de gravité dépasse encore aisément la base. On voit qu’un combattant qui ne compte que sur l’abaissement du centre de gravité, sans remédier aux défauts de sa base, aura peine à garder la stabilité. Le taiji quan ayant pour frappe principale la projection du corps de l’autre, il faut d’abord, en émettant la force, ébranler son centre de gravité pour que sa verticale dépasse la base et qu’il perde l’équilibre stable. Pour soi-même, on vise partout à préserver cet équilibre stable ; mais la méthode ne consiste pas à s’appuyer uniquement sur l’abaissement des jambes et l’enfoncement du souffle. Sachez que le taiji quan a pour l’une de ses postures fondamentales de porter tout le poids du corps sur une seule jambe : la base d’un seul pied est plus étroite encore que celle de deux pieds, et, quand on est frappé, la verticale du centre de gravité en dépasse d’autant plus facilement le contour : c’est un fait évident. Pourquoi donc la stabilité du corps n’en est-elle que mieux maintenue ? La seule méthode est de faire alterner le vide et le plein des deux pieds selon les circonstances, pour répondre aux besoins de stabilité. Faire alterner le vide et le plein, c’est, dès qu’un pied devient instable, transférer aussitôt tout le poids sur l’autre pied, ramenant le corps d’un état instable à l’équilibre — la base changeant ainsi à chaque instant avec le centre de gravité. On peut alors naturellement, à l’instant où la verticale va dépasser la base, la ramener dans celle de l’autre pied. Cela diffère en apparence de l’équilibre indifférent du cône, mais l’effet est en réalité le même ; ce que la pratique appelle « chercher le calme dans le mouvement » contient aussi, au combat, ce sens. De même, dans l’exemple du funambule : l’homme exercé peut marcher sur un fil d’acier assez court sans l’aide de la longue perche, parce que ses deux pieds savent bien alterner ; sinon, violant les principes de la mécanique, il tomberait.

本章主要在證明太極拳的用勁方法與力學定律相暗合,以免初學者被玄虛的說法所迷感。可惜作者學力不足,不能在理論上有更多和更深的闡述,真是憾事。

Ce chapitre visait surtout à démontrer que la méthode d’emploi de la force du taiji quan s’accorde avec les lois de la mécanique, afin que le débutant ne se laisse pas égarer par des propos mystérieux. Malheureusement, l’auteur n’a pas les connaissances suffisantes pour exposer la théorie plus amplement et plus profondément : c’est fort regrettable.


Notes du traducteur

  1. Xu Zhiyi (徐致一, 1892-1968) : disciple de Wu Jianquan, l’un des théoriciens du taiji quan de style Wu. Il est l’auteur du Taiji quan qian shuo (1927) et du présent ouvrage (1958). Son livre est aussi l’une des premières tentatives d’explication du taiji quan par la mécanique classique.
  2. Wu Jianquan (吳鑑泉, 1870-1942) : fils de Wu Quanyou (吳全佑, 1834-1902) et fondateur de la lignée Wu. Les postures du livre sont les siennes ; les photographies du maître, complétées par celles de son élève Zhao Shoucun (趙壽邨), forment l’illustration du chapitre neuf.
  3. Yang Luchan (楊露禪, 1799-1872), nommé ici Yang Fukui (楊福魁), surnommé Luchan (露蟬) ou Lushen (祿禪) : fondateur de la lignée Yang, il enseigna aux casernes bannières, où Wu Quanyou fut l’un de ses trois principaux élèves.
  4. Qu Mianyu (曲綿域) : médecin cité par l’auteur pour ses travaux sur les effets du taiji quan sur la santé ; l’ouvrage reflète donc l’intérêt, dans la Chine des années 1950, pour la médecine sportive.
  5. Termes techniques : jin (勁), la force interne conduite par l’intention ; 走 céder ; 黏 coller ; 掤 écarter ; 捋 rouler ; 採 cueillir ; 挒 déchirer ; 聽勁 écouter la force ; 發勁 émettre la force.
  6. Le champ de l’ouvrage : ce livre comprend dix chapitres ; cette traduction donne la préface et les quatre premiers chapitres, qui constituent la partie théorique. Les chapitres cinq à dix (règles de la pratique, noms des postures, mouvements fondamentaux, explications illustrées des postures et de la poussée des mains) et les cinq textes classiques placés en annexe par l’auteur — les traités de Wang Zongyue et de Wu Yuxiang, la Chanson des treize dynamiques, les Explications sur la pratique des treize dynamiques et la Chanson des mains qui se jouent — ne sont pas repris ici, faute de place.
  7. Les images : les douze schémas reproduits ici (figures 1 à 12 des schémas de mécanique) sont les diagrammes de l’édition chinoise originale de 1958, tels qu’ils figurent dans l’article de Brennan ; leurs lettres et leurs légendes chinoises (左 gauche, 右 droite, 前 avant, 後 arrière, 上 haut, 下 bas) confirment qu’ils appartiennent bien au texte d’origine. Ce ne sont ni des créations graphiques modernes ni des photographies de l’éditeur du blog.

Source du texte chinois : 《太極拳(吳鑑泉式)》 (« Le Taiji quan, style Wu Jianquan »), édité et rédigé par Xu Zhiyi (徐致一, 1892-1968), publié en juillet 1958 ; texte relevé dans l’article « Taiji Boxing According to Xu Zhiyi » de Paul Brennan (https://brennantranslation.wordpress.com/2018/07/31/taiji-boxing-according-to-xu-zhiyi/), dont la traduction anglaise n’a pas été utilisée. Le texte chinois est dans le domaine public (Xu Zhiyi étant mort en 1968). Les douze images reproduites ici sont les schémas de l’édition chinoise d’origine. Traduction française : nouvelle traduction réalisée à partir de l’original chinois pour ce site.