Le Taiji quan (太極拳) de Gu Ruzhang (顧汝章, 1894-1952) parut en mai 1936. Gu Ruzhang, natif de Funing (阜寧) dans le Jiangsu, fut un disciple de l’école du Wudang ; pratiqueur accompli de la paume, réputé pouvoir percer une brique du bout des doigts, il enseignait à la branche sportive du Guangdong (廣州國術社). Son manuel s’organise en trois chapitres : la théorie du taiji quan, la mise en œuvre détaillée des postures du corps à vide, puis le présent chapitre consacré aux méthodes de poussée des mains (推手法). Nous traduisons ici ce chapitre, où l’auteur expose sa pédagogie du tui shou (推手, « poussée des mains »), les règles qui président à l’acquisition du jin (勁, la force interne), et les exercices de poussée classiques à deux ou à trois.
Le texte, publié en 1936, est aujourd’hui dans le domaine public.
Le cours de « poussée des mains »
太極拳術之練法。可分之為二。卽練架子與練推手是也。推手者。為二人或三人互相推手也。如練架子純熟之後。則應繼續研究推手。以求懂勁。而達實用。猶讀書必習作文也。夫練習架子。為知已功夫。在推手時。為知彼功夫。孫子曰。知已知彼。百戰百勝。可見「推手」一項。亦佔有重要之位置。豈可忽哉。然推手本無定勢。由掤。捋。擠。按。採。挒。肘。靠。等式。千變萬化。循環不己。如環之無端。又非如他種拳術。而有固定方法者可比。惟初學推手時。須照本書推手方法。依其次序而習之。萬勿躐等。則日久功到自然成矣。
La méthode de travail du taiji quan se divise en deux : pratiquer la forme en solo (jiazhi, 架子) et pratiquer la poussée des mains. La poussée des mains consiste, pour deux personnes — parfois trois — à se pousser mutuellement avec les mains. Une fois la forme solo parfaitement assimilée, on poursuit l’étude par la poussée des mains, afin de chercher à comprendre le jin (dong jin, 懂勁) et d’atteindre l’application pratique. C’est comme lire : il faut aussi apprendre à écrire. Pratiquer la forme est l’œuvre qui permet de se connaître soi-même ; la poussée des mains est celle qui permet de connaître l’autre. Sunzi dit : « Connaître l’autre et se connaître soi-même, c’est livrer cent batailles et gagner cent victoires. » On voit donc que la « poussée des mains » occupe une place importante — comment la négliger ? La poussée des mains n’a pourtant pas de posture fixe : issue des techniques de peng (掤, parer), lü (捋, rouler), ji (擠, presser), an (按, pousser), cai (採, arracher), lie (挒, déchirer), zhou (肘, coude) et kao (靠, frapper avec l’épaule), elle se transforme à l’infini et circule sans fin, telle un anneau sans extrémité — nullement comparable aux autres arts martiaux, qui ont des méthodes fixes. Toutefois, lorsque l’on débute la poussée des mains, il faut suivre les méthodes de ce livre et les pratiquer dans leur ordre ; gardez-vous en toute hypothèse de brûler les étapes : alors le temps et l’effort feront naturellement venir le succès.
吾人在敎授初學推手時。必先使其明瞭內容。何者為掤。何為者捋。如對方用擠或按攻來。須用何式何法以化之。庶免臨時思索。則事半功倍。更不宜任意發勁。令初學者。受傾跌之痛苦。否則彼懷畏懼之心理。裹足不前。則國術普遍之功。俟諸何日。迄至推練有相當根基。酌量發勁而試騐之。尤未為晚也。蓋非如是辦法。不能引起學者興趣。凡我同志。以為然否。
En enseignant la poussée des mains à un débutant, il faut d’abord lui faire comprendre le contenu : qu’est-ce que peng, qu’est-ce que lü ? Si l’adversaire attaque avec ji ou an, quelle figure et quelle méthode user pour neutraliser ? Ainsi on évite de réfléchir au moment du combat, et l’on obtient un double résultat pour moitié d’effort. Il ne convient pas non plus de déclencher le fa jin (發勁) à la légère et de faire subir au débutant la douleur d’une chute — car il éprouverait de la crainte et n’avancerait plus, retardant d’autant le progrès général des arts martiaux. Quand la pratique aura solidement pris racine, il sera encore temps d’expérimenter le fa jin avec discernement. Il n’est pas d’autre voie pour éveiller l’intérêt de l’élève. Mes compagnons d’arme, n’est-ce pas votre avis ?
故練習推手。須依照太極拳論之範圍。切勿隨便做去。而成為病手。迨至純熟。最好與程度相等者研究。互相琢磨。最為有益。如隨便畫圈揉手。以致勁別不分。而養成滑手之病。墊攔之弊。茲再將太極拳論。以分析方法詳述之。說明其必須之規矩如左。
Pratiquer la poussée des mains exige donc de se conformer au cadre du Discours sur le taiji quan (太極拳論), sans laisser faire n’importe comment — ce serait contracter une « main malade ». Une fois parvenu à l’aisance, il est préférable d’étudier avec un partenaire de niveau comparable : l’émulation mutuelle est la plus profitable. Si l’on trace des cercles et se frotte les mains au hasard, on ne distingue plus les jin et l’on contracte les défauts de la main glissante et de la main qui freine. C’est pourquoi je vais reprendre le Discours sur le taiji quan et l’analyser en détail, en expliquant les règles indispensables comme suit.
Première étape : vérifier si l’on possède les prérequis pour comprendre le jin
▲第一步 審查推手者。有無求懂勁之資格。
Première étape — Examiner l’adepte de la poussée des mains : possède-t-il ou non les prérequis pour chercher à comprendre le jin ?
(甲)開合陰陽。
(A) Ouvrir-fermer, yin et yang.
太極拳經云。「太極者。無極而生。動靜之機。陰陽之母也。動之則分。靜之則合。」是足徵太極拳根本。係從無極而來。乃無為而有為也。內中包含動靜之義。若動中有靜。乃能心平氣和。以辨別對方之勁。靜中有動。乃能轉換精氣神。以變化對方之勁。在動時。則為分。為開。為攻。為順抽絲。在靜時。則為捲。為合。為守。為逆抽絲。故太極拳一切動作。不離開此二種作用。其用開合之自身。必須具陰陽之功。所謂陰陽者。內中包含虛。實。收。放。及弛。張。等功用也。兩者務須相對。以變化萬方。若缺其一。無論餘一之如何巧妙。均屬無用。此太極生兩儀之說也。以上所述。如能做到。非待走架子。已練到此項作用後不可。若由推手。而能造成此項開合陰陽功用。决無此理也。
Le Classique du taiji quan (太極拳經) dit : « Le taiji naît du wuji (無極) ; il est l’instant où le mouvement et le repos, la mère du yin et du yang. Sous la motion, ils se séparent ; au repos, ils se rejoignent. » Ceci atteste que la racine du taiji vient du wuji : il est le non-agir qui meut. Il contient en soi le sens du mouvement et du repos. Si l’on garde le repos au sein du mouvement, le cœur est calme et l’énergie harmonieuse, et l’on discerne le jin de l’adversaire. Si l’on garde le mouvement au sein du repos, l’essence, l’énergie et l’esprit se convertissent et l’on transforme le jin de l’adversaire. Dans le mouvement : c’est se diviser, s’ouvrir, attaquer, dévider la soie dans le sens de l’aisance. Au repos : c’est s’enrouler, se fermer, défendre, dévider la soie à rebours. Aussi aucune action du taiji quan n’échappe à ces deux sortes d’opérations. S’ouvrir et se fermer suppose en soi la fonction du yin et du yang : le vide et le plein, le ramasser et le lâcher, le relâcher et le tendre — ces fonctions doivent toujours se faire face afin de se transformer en toutes directions. Si l’une manque, quelque soit l’habileté de l’autre, c’est inutile. Telle est la doctrine du taiji générant les deux polarités (liangyi, 兩儀). Si vous croyez y parvenir sans avoir travaillé la forme solo jusqu’à maîtriser ce rôle, vous vous trompez ; et si vous croyez que la poussée des mains suffit à bâtir cette fonction d’ouvrir-fermer et de yin-yang, il n’en est rien.
(乙)粘黏連隨
(B) Coller-adhérer, joindre-suivre.
太極拳經云。「無過不及。隨曲就伸。」係指太極拳。與人對待時。旣須有陰陽動靜之功用。又須個人運用之姿勢。不越其範圍。亦不可不及。施之於人。須恰當其機。恰臨其時。乃可以輕制重也。
Le Classique dit : « Ni excès ni manque ; on suit la courbure puis on s’étend. » Cela signifie que lorsque le taiji quan tient tête à l’opposant, il faut à la fois la fonction de yin-yang, de mouvement-repos, et que l’on use de postures personnelles sans dépasser le cadre, ni y être en-deçà. En agissant sur l’opposant, il faut saisir le moment et l’occasion ; c’est ainsi que la légèreté commande à la lourdeur.
因是一切對待。須
無過。則為粘勁。若過。則為頂病矣。
不及。則為丢病。能及。則為黏勁矣。
隨曲。則為連勁。若不能隨曲。則為匾病矣。
就伸。則為隨勁。伸過。則為抗病矣。
此四項功用。係完全由推手而得。惟欲求此。四項功用之實况。須具下列(丙)(丁)兩項之條件。
Pour toutes ces oppositions, il faut :
« Ni excès » : c’est le jin de zhan (粘, coller). S’il y a excès, c’est le défaut de ding (頂, pousser frontalement).
« Ni manque » : c’est le défaut de diu (丢, lâcher). Si l’on atteint juste, c’est le jin de nian (黏, adhérer).
« Suivre la courbure » : c’est le jin de lian (連, joindre). Si l’on ne suit pas la courbure, c’est le défaut de bian (匾, s’affaisser).
« Puis s’étendre » : c’est le jin de sui (隨, suivre). Si l’on étend à l’excès, c’est le défaut de kang (抗, résister).
Ces quatre fonctions s’obtiennent entièrement par la poussée des mains. Mais pour en apprécier la réalité, il faut posséder les deux conditions (C) et (D) qui suivent.
(丙)剛柔順遂。
(C) Dur-mou, aisé-contraire.
太極拳經云。「人剛我柔謂之走。我順人背謂之粘。」係指人以剛來。己以柔應。柔與剛遇。須不與頂勢。不生丢象。而柔勁中。尤須藏有掤勁。為有掤勁。而不丢頂。方能走也。故無掤勁之柔。與剛遇則匾。不足以應剛。自不能稱之為走矣。
若用順遂之勢以臨人。方可逼人以不順也。令人不得勢也。此非用粘字功不可矣。粘字近于攻。為剛。走字近於柔。為守。俗呼走為瀉勁。粘為補勁。因個人有粘走之功。而後可以調節對方之勁。不生丢頂。而後方可粘黏為一也。如是乃可動靜相應。得以感覺對方勁之如何矣。
Le Classique dit : « L’autre est dur et je suis souple, cela s’appelle céder (zou, 走) ; je suis à l’aise et l’autre est en difficulté, cela s’appelle coller (粘). » L’autre attaque avec dureté et je réponds par la souplesse. Quand le mou rencontre le dur, il ne faut ni faire front, ni montrer un signe d’abandon ; et au cœur du jin souple il faut encore renfermer un jin de peng. C’est grâce à ce peng — sans lâcher ni pousser frontalement — qu’on peut céder. Une souplesse sans peng, rencontrant le dur, s’affaisse et ne suffit pas à répondre à la dureté : on ne saurait l’appeler céder.
Si l’on use d’une disposition aisée et coulante face à l’autre, on peut le contraindre à la gêne et l’empêcher de prendre l’avantage. Pour cela, il faut le travail du caractère colle : celui-ci tient de l’attaque et du dur ; céder tient du souple et de la défense. On dit vulgairement que céder est le jin qui évacue, et coller le jin qui remplit. C’est parce que chacun possède les capacités de coller et de céder qu’il peut ensuite ajuster le jin de l’adversaire, et c’est parce qu’il ne produit ni l’écart ni la poussée frontale qu’il peut coller-adhérer en une seule unité. Ainsi le mouvement et le repos répondent l’un à l’autre et l’on perçoit ce qu’est le jin de l’opposant.
(丁)急緩粘走。
(D) Rapidité-lenteur, coller-céder.
太極拳經云。「動急則急應。動緩則緩隨。」上列所論。雖能用走以引進。用粘以使對方根斷。仍須就對方動作之快慢。而追隨之也。所以動急則急應。動緩則緩隨。而後其功可得矣。如不能急緩相生。則不能粘走相應。豈能感覺對方勁之動靜變化乎。
試觀上列四項。如在走架子時。不能具開合陰陽之習慣。所運之勁。又無剛柔之分。所動之度。不能行急緩之功。安能得黏連粘隨之效乎。若欲在推手時。由粘黏連隨中。再求開合。陰陽。剛柔。緩急。順遂。豈非倒行逆施乎。况此乃二人之動作。即個人有此心意。多為對方所牽制。而不可能。即能粘黏連隨。亦係為病手之粘黏連隨。為不得機不得勢之粘走。安能得收太極拳之用乎。所以欲求懂勁。必先具求懂勁之資格。有此資格。乃多行推手。以得經騐。而後眞正之粘黏連隨可生。此為學太極拳者。不可超過之程序也。雖然。此項粘走之「變化萬端。而理為一貫。必須由推手着熟。而漸悟懂勁。由懂勁而階及神明。然非用力之久。不能豁然貫通焉。」此為學習推手。以求懂勁之過程也。
Le Classique dit : « À mouvement rapide, réponse rapide ; à mouvement lent, suivi lent. » Ce qui précède enseigne que l’on peut user de la cession pour attirer et faire entrer, et du coller pour rompre la racine de l’adversaire ; mais il faut encore s’ajuster à la vitesse de ses gestes. Voilà pourquoi « à mouvement rapide, réponse rapide ; à mouvement lent, suivi lent » ; ainsi l’œuvre s’accomplit. Si le rapide et le lent ne se génèrent pas l’un l’autre, coller et céder ne peuvent se répondre : comment alors percevoir le mouvement et le repos, le changement du jin adverse ?
Examinez les quatre points ci-dessus : si, pratiquant la forme seul, vous n’avez pas l’habitude d’ouvrir-fermer, de yin-yang ; si le jin que vous menez ne distingue pas le dur et le mou ; si votre degré de mouvement ne connaît pas le rapide et le lent — comment obtenir la vertu de coller-adhérer-joindre-suivre ? Si, dans la poussée des mains, vous voulez, à partir de coller-adhérer-joindre-suivre, aller chercher en plus ouvrir-fermer, yin-yang, dur-mou, rapide-lent, aisé-contraire — n’est-ce pas marcher à rebours ? D’autant qu’il s’agit d’un exercice à deux : même avec cette intention, souvent l’adversaire vous entrave et cela est impossible. Et ce que vous tiendriez pour coller-adhérer-joindre-suivre ne serait qu’un coller-adhérer de main malade, un coller-céder qui rate l’occasion et l’avantage — comment recueillir l’usage du taiji quan ? Donc, pour chercher à comprendre le jin, il faut d’abord les prérequis. Une fois ces prérequis réunis, pratiquez assidûment la poussée des mains pour acquérir l’expérience ; alors pourra naître un véritable coller-adhérer-joindre-suivre. C’est là un ordre que l’élève du taiji quan ne doit pas franchir. Ce coller-céder, dont « les changements sont innombrables mais le principe demeure un et continu », exige « de passer par l’accomplissement de la poussée des mains pour comprendre peu à peu le jin, puis de la compréhension du jin pour s’élever par degrés jusqu’à la clarté divine ; mais sans un travail prolongé, on ne peut percer d’un coup. » Telle est la progression de celui qui étudie la poussée des mains pour comprendre le jin.
因此學習推手者。在第一步。應審查其
1,有無開合之勁。即一切動作。有無順逆抽絲之勁也。
2,有無陰陽之分。即一切動作。有無虛實之分也。
3,有無緩急之功。即一切動作。有無快慢之能也。
如均有之。乃可學習推手。以求粘黏連隨之功矣。
Aussi, celui qui étudie la poussée des mains, dès la première étape, doit s’examiner :
- Possède-t-il le jin d’ouvrir-fermer ? Dans tous ses gestes, y a-t-il le jin de dévider la soie en sens aisé puis à rebours ?
- Distingue-t-il le yin et le yang ? Dans tous ses gestes, distingue-t-il le vide et le plein ?
- Possède-t-il l’œuvre du rapide et du lent ? Dans tous ses gestes, a-t-il la capacité d’aller vite et d’aller lentement ?
S’il les possède tous, alors il peut étudier la poussée des mains et chercher l’œuvre de coller-adhérer-joindre-suivre.
Deuxième étape : posture et esprit de coller-adhérer-joindre-suivre
▲第二步 審查推手者。粘黏連隨之姿勢與精神。
Deuxième étape — Examiner chez l’adepte la posture et l’esprit de coller-adhérer-joindre-suivre.
1,輕。
太極拳經云。「虛靈頂勁。」求粘黏連隨者。自身必須有輕凈之能力。然後可以知其量。所以頂勁虛懸。乃頂上有掤勁之謂也。因此精神能提得起。所以無遲重之虞。而後變化。自然活潑矣。
1. Légèreté. Le Classique dit : « La nuque légère, l’énergie au sommet du crâne. » Qui cherche coller-adhérer-joindre-suivre doit avoir en soi la capacité d’être léger et pur ; alors il peut connaître la mesure de l’autre. L’énergie du sommet suspendue sans effort, c’est dire qu’au sommet de la tête repose un jin de peng ; ainsi l’esprit peut-il être soulevé, sans crainte de lenteur ni de lourdeur, et les changements deviennent naturellement vifs et souples.
2,沉。
太極拳經云。「氣沉丹田。」求粘黏連隨者。自身必須有沉着之能力。然後可以制人。而不復受制於人。故氣沉丹田。為下掤勁之功也。乃以心行氣。務須沉着。得歛入骨髓之故也。則推手時。不致浮飄其動作矣。
2. Sink. Le Classique dit : « Le souffle descend au dantian. » Qui cherche coller-adhérer-joindre-suivre doit avoir la capacité d’être calme et pesant ; alors il peut commander l’homme au lieu d’en être commandé. Faire descendre le souffle au dantian est l’œuvre d’un peng dirigé vers le bas : mener le souffle par le cœur, en s’exerçant à la stabilité, jusqu’à ce qu’il se rassemble dans la moelle des os. Ainsi la poussée des mains n’aura plus de mouvements flottants.
3,中正不偏。
太極拳經云。「不偏(不倚)。」不偏求粘黏連隨者。必須自身中正不偏之功。而後可以支撐八面也。在粘黏連隨時。應以中正之身。與之以週旋。則進退。仍有裕如。不致為人所擊。致招變化不開之病也。
3. Centré et droit. Le Classique dit : « Ni incliné (ni appuyé). » Qui cherche coller-adhérer-joindre-suivre doit avoir l’œuvre d’un corps centré et droit, afin de pouvoir soutenir les huit directions. Dans la poussée, c’est d’un corps centré qu’il faut manœuvrer ; alors avancer et reculer demeure à l’aise, sans être frappé ni encourir le défaut de ne pouvoir se transformer.
4,不倚不墊。
太極拳經云。「(不偏)不倚。」不倚求黏粘連隨者。必須不將已勁。倚靠人之身手之弊。不以己之身手。而為人墊勁之弊。因倚靠人之一點。及替人墊勁。均失求懂勁之意矣。而己身易浮起。足根易斷。為人所引進矣。因此倚墊二字。乃頂抗病之媒也。
4. Ni s’appuyer ni caler. Le Classique dit : « (ni incliné) ni appuyé. » Qui cherche coller-adhérer-joindre-suivre doit éviter l’erreur d’étayer son propre jin sur les mains et le corps de l’autre, et celle de servir de cale à son adversaire avec son propre corps. S’appuyer en un point, ou caler pour autrui — c’est perdre le sens de la recherche du jin. Alors le corps flotte aisément, la racine du talon se rompt, et l’on se fait entraîner. Aussi « s’appuyer » et « caler » sont-ils le véhicule du défaut de ding et de kang.
5,靈。
太極拳經云。「忽隱忽顯。」求粘黏連隨者。己勁應有靈敏活潑之功。能隱則為柔。為輕。能顯則為剛。為沉。如能剛柔相變。輕沉相換。靈敏迅速。令人不測。乃係不為人懂而極易懂人之法也。
5. Vivacité. Le Classique dit : « Tantôt caché, tantôt visible. » Qui cherche coller-adhérer-joindre-suivre doit donner à son jin la vivacité et la souplesse : se cacher, c’est le mou et le léger ; se manifester, c’est le dur et le pesant. Si le dur et le mou se changent l’un en l’autre, si le léger et le pesant s’alternent, avec vivacité et promptitude, on ne se laisse pas sonder — c’est la méthode de celui qui, n’étant pas compris de l’autre, comprend très bien l’autre.
以上五項。如能行之。多係两膊常相繫住。及鬆靜專主一方之關係。而後方可兩者倒換靈敏。左重則右虛。右重則左杳矣。有此靈敏之功後。對方若仰來。則以高粘之。俯來。則以深黏之。對方若進。則長以連之。若退。則促以隨之。如是四者。則粘黏連隨之功可得。其知覺靈敏。有如一羽不能加。其身手圓活。即蠅虫亦不能落也。拳經云。「人不知我。我獨知人。英雄所向無敵。蓋皆由此而及也。」
Qui possède les cinq points ci-dessus, le plus souvent grâce au lien constant des deux bras et au repos concentré sur un seul côté, peut alors faire alterner avec vivacité : le côté gauche dense, le droit se vide ; le droit dense, le gauche disparaît. Fort de cette vivacité, si l’autre vient en montant, on colle en haut ; s’il descend, on adhère en profondeur ; s’il avance, on allonge en joignant ; s’il recule, on resserre en suivant. Ainsi les quatre fonctions de coller-adhérer-joindre-suivre s’obtiennent ; la perception est sensible, « une plume ne peut s’y ajouter », le corps et les mains sont si ronds que « une mouche ne peut s’y poser ». Le Classique dit : « L’autre ne me connaît pas, moi seul je connais l’autre. Si les héros sont invincibles, c’est qu’ils parviennent ici. »
因此學習推手。在第二步。應審查其
1,有無領起頂頭懸。減輕之功。
2,有無下沉丹田氣。增沉之功。
3,身體是否中正不偏。
4,有無墊擱人手之弊。
5,能否靈敏以變換。剛柔輕沉。
Aussi, à la deuxième étape de la poussée des mains, il faut s’examiner :
- Savez-vous mener et suspendre le sommet de la tête — l’œuvre qui allège ?
- Savez-vous faire descendre le souffle au dantian — l’œuvre qui appesantit ?
- Votre corps est-il centré et droit ?
- Êtes-vous exempt du défaut de caler et d’étayer sur les mains d’autrui ?
- Savez-vous changer avec vivacité le dur et le mou, le léger et le pesant ?
如有此五項之功。而無有弊。則推手之姿勢。及精神。可謂得矣。粘黏連隨之功。不愁不生矣。四功己得。再求懂勁自易。制人之法。亦可連帶不求而獲矣。
Si vous possédez ces cinq vertus sans aucun défaut, alors la posture et l’esprit de la poussée des mains sont acquis, et l’œuvre de coller-adhérer-joindre-suivre ne saurait tarder. Les quatre fonctions obtenues, comprendre le jin devient aisé, et l’art de commander l’homme s’obtient sans même l’avoir cherché.
Troisième étape : la méthode pour comprendre le jin
▲第三步 審查推手者。求懂勁之方法。
Troisième étape — Examiner chez l’adepte la méthode pour chercher à comprendre le jin.
1,秤勁。
太極拳經云。「立如平凖。」求懂勁者。必須立如平凖。與人對待時。自身視之如磅秤。頭頂作為天秤之凖頭。兩手作左右之兩盤。两膊相繫。作為天秤之橫木。腰作磅秤之根株。下通至尾閭。有如磅秤之立柱。尾閭中正。神貫於頂。上下一線。有此種種。乃可秤對方勁之大小。稍有輕重浮沉。莫不顯然而有凖。是為懂勁之輕重法也。
1. Peser le jin. Le Classique dit : « Se tenir comme une balance. » Qui cherche comprendre le jin doit se tenir comme une balance : face à l’adversaire, il se regarde comme une balance — le sommet de la tête en est le fléau, les deux mains les deux plateaux, les deux bras liés la traverse, le bassin la base, qui descend jusqu’au coccyx (weilü, 尾閭) tel le pivot de la balance. Le coccyx centré, l’esprit traverse jusqu’au sommet, une seule ligne du haut en bas. Grâce à tout cela, on peut sonder la grandeur du jin adverse ; le moindre poids, la moindre flottaison ou pesanteur apparaît nettement. C’est la méthode de la légèreté et de la pesanteur pour comprendre le jin.
2,化勁。
太極拳經云。「活似車輪。」求懂勁者。雖有平凖在身。仍須裝置於車輪之上。因人與物異。雙方均思秤人。而不願為人秤。須為秤就人。人不能就秤也。故須以氣作輪。以腰為軸。兩膊相繫以待。如輪之橫人。上下相隨。為輪之竪行。稍一觸動。則上下。左右。前後。旋轉自如。而後乃可秤得人上。是為懂勁之方向法也。
2. Neutraliser le jin. Le Classique dit : « Vivant comme une roue. » Qui cherche comprendre le jin, tout en portant en soi la balance, doit encore la monter sur une roue. Car l’homme diffère de l’objet : chacun songe à peser l’autre et non à être pesé ; il faut que la balance vienne à l’homme, l’homme ne peut aller à la balance. Aussi faut-il faire de l’énergie une roue, du bassin (yao, 腰) l’axe, les deux bras liés et en attente : telle la roue qui traverse horizontalement, le haut et le bas se suivent ; telle la roue qui avance verticalement. Au moindre contact, haut, bas, gauche, droite, avant, arrière tournent à volonté ; alors on peut peser l’adversaire. C’est la méthode des directions pour comprendre le jin.
3,牽引。
太極拳經云。「偏沉則隨。雙重則滯。」求懂勁者。旣懂對方勁之來去方面。又懂對方勁之輕重大小。可謂已得懂勁之方法矣。自身旣立如平凖之中正不偏。又活如車輪之上下相隨。對方若加之以勁。則一方感覺偏沉。自可本其沉勁之方向以相隨。是為舍已從人矣。若勁係來勢。則以車輪之轉。而引進落空矣。若勁係去勢。則牽動四両撥千斤矣。此牽引勁。為推手不可少之勁也。牽引勁之所生。乃在自身有偏沉之功。對方卽加之以勁。仍須調整使之偏沉也。如能旋轉。其原動力。均在車輪微微偏沉。左右上下前後之一點。因有此不平均之微沉。而車輪牽動以旋轉矣。若輪之左右前後。均是相等之重。此為雙重之病。力量相等。必改滯住其輪。不能動矣。若偏重一邊太過。車輪必致傾覆而倒矣。何能秤人之勁乎。故此處偏沉。乃指微微之偏。不是偏重一邊之偏也。
3. Tirer-et-attirer. Le Classique dit : « Pencher d’un côté, c’est suivre ; peser des deux côtés, c’est s’engorger. » Qui cherche comprendre le jin, connaissant la direction d’aller-et-venir du jin adverse et sa grandeur légère-ou-lourde, possède déjà la méthode. Comme il se tient tel une balance, centré et droit, et vit telle une roue, haut et bas se suivant — si l’adversaire ajoute son jin, dès qu’un côté perçoit l’affaissement, on suit naturellement selon la direction de cette pesanteur : c’est s’oublier soi-même pour suivre l’autre. Si le jin vient en attaque, la rotation de la roue le fait entrer puis tomber dans le vide ; s’il est un jin qui repart, le moindre mouvement fait que « quatre onces déplacent mille livres ». Ce jin de traction est indispensable à la poussée des mains. Il naît de ce que le corps possède l’affaissement d’un côté : même lorsque l’adversaire ajoute son jin, on continue d’ajuster afin qu’il pende. La rotation de la roue prend son impulsion dans ce micro-affaissement de la roue, en un point à gauche, à droite, en haut, en bas, devant, derrière. Ce léger déséquilibre, ce micro-affaissement, entraîne la roue et la fait tourner. Si gauche-droite-avant-arrière étaient d’un poids égal, ce serait la maladie de la « double pesanteur » : à force égale, la roue reste bloquée et ne bouge. Si l’on penche trop d’un seul côté, la roue verse et tombe — comment alors peser le jin d’autrui ? Ici, « pencher d’un côté » signifie un infime déséquilibre, non l’affaissement d’un côté tout entier.
以上三項。為求懂勁之法。須有如平凖。車輪。二物。時伴其身。此項之凖輪。兼有制人之運用法。須有牽引力。為之推動。拳經云。「每見數年純功。而不能運化者。率皆為人所制。卒不能制人者。雙重之病未悟耳。」亦即無牽引力所致也。欲避此病。須知陰陽。此虛實輕沉。以倒換之論也。又須知粘走。此剛柔順遂。以變化之謂也。然後。粘卽是走。走卽是粘。陰不離陽。陽不離陰。粘走相應。陰陽相濟。是為懂勁。懂勁之後。愈練愈精。默識揣摩。漸至從心所欲矣。
Ces trois points constituent la méthode pour comprendre le jin : il faut avoir la balance et la roue sans cesse présentes avec soi. Cette balance-roue comporte en outre un art de commander l’homme, que la force de traction doit pousser. Le Classique dit : « Souvent ceux qui, après des années d’un pur effort, ne savent ni transporter ni transformer, sont tous asservis par autrui et ne peuvent à la fin le soumettre : c’est qu’ils n’ont pas compris la maladie de la double pesanteur. » C’est aussi faute du jin de traction. Pour fuir ce défaut, il faut comprendre le yin et le yang — c’est la théorie du vide et du plein, du léger et du pesant alternés ; il faut aussi comprendre coller et céder — c’est la transformation du dur et du mou, de l’aisé et du contraire. Alors : coller, c’est céder ; céder, c’est coller. Le yin ne quitte le yang, le yang ne quitte le yin ; coller et céder se répondent, yin et yang s’entraident : voilà comprendre le jin. Une fois le jin compris, plus on travaille, plus on s’affine ; par une méditation muette et une étude approfondie, on parvient peu à peu aux désirs du cœur.
學習推手者。第三步。應審查
1,平凖之感覺性强弱。內中分毫。能分別否。
2,車輪之橡皮帶。內中氣量够度否。
3,牽引力。能否隨心意。以活潑變化輕沉否。
4,推手者之腦力。是否遲鈍。抑靈敏否。
L’adepte de la poussée des mains, à la troisième étape, doit s’examiner :
- L’intensité de la sensation de balance : percevez-vous au-dedans le moindre écart, et savez-vous le discerner ?
- Votre roue est-elle comme un caoutchouc : votre souffle intérieur est-il assez gonflé ?
- Votre force de traction obéit-elle au cœur, pour changer avec vivacité le léger et le pesant ?
- Votre esprit, dans la poussée : est-il engourdi ou vif ?
如此四項。俱臻上乘。則懂勁之功。自可操券而得矣。能懂其勁。則上下相隨。左右逢源。信手而發。悉中肯綮矣。惟應注意者。求懂勁。雖屬舍己從人。然從人自有分寸。不可盲從。從人尤須有一定地點。不可亂從。故欲從人。應就近己身之一點。而粘之。粘定後。卽在此點與之週旋不脫以隨之。無論對方如何變化。均以此粘點。作半勁之中心。從一不從二。從近不從遠。因從近。則槓桿在我。易放得機得勢。因從一。則不致開門捉影。顧此失彼矣。此為求懂勁。極端注意粘定之點。萬不可舍近以求遠也。太極拳經云。「本是舍己從人。多誤舍近求遠。」此為太極拳經最後之結論。學習者應極端注意之。
Qui porte ces quatre points à la plus haute perfection saisit infailliblement l’œuvre de compréhension du jin. Comprendre le jin, c’est le haut et le bas qui se suivent, la gauche et la droite qui s’alimentent, une émission à la main libre qui atteint toujours le point juste. Il faut néanmoins y prendre garde : chercher à comprendre le jin, bien que relevant du « s’oublier pour suivre l’autre », a ses mesures ; on ne suit pas aveuglément. Suivre suppose un endroit déterminé, jamais n’importe où : pour suivre, choisissez un point proche de votre corps et collez-y. Une fois la collecte assurée, manœuvrez sur ce point sans le lâcher ; quelle que soit la variation de l’adversaire, faites de ce point de contact le centre de vos changements — « d’un seul, non de deux ; du proche, non du lointain ». Car, en suivant ce qui est proche, le levier est en moi et j’atteins facilement l’occasion et l’avantage ; en suivant un seul point, je n’ouvre pas la porte à la poursuite d’une ombre et ne perds pas le nord en soignant l’un. Telle est la raison pour laquelle, dans la recherche du jin, on prête une attention extrême au point de contact fixé : jamais abandonner le proche pour courir le lointain. Le Classique dit : « C’est essentiellement s’oublier soi-même pour suivre l’autre ; l’erreur fréquente est de chercher loin ce qui est près. » C’est la conclusion finale du Classique du taiji quan ; l’élève doit y veiller au plus haut point.
茲並附兩表。作自修時。自行問答之用。
Je joins en outre deux tableaux, pour que l’élève, dans son travail personnel, puisse s’interroger lui-même.
Tableau d’examen de la forme solo
走架子審查表
第一步
類別 功 病
身 是否中正安舒 有無前俯後仰左傾右斜之病
形 是否活潑貫注 有無呆板盲目之病
腰 是否如車輪大纛 有無如直棍或扭絲之病
頂 是否虛虛領起 有無埀頭挺項之病
脊 是否牽動氣貼脊背 有無脊背不生影嚮之病
步 是否如貓之行 有無笨走實邁之病
Tableau d’examen de la forme solo. Première étape.
| Catégorie | Vertu | Défaut |
|---|---|---|
| Corps | Est-il centré et à l’aise ? | Y a-t-il le défaut de se pencher en avant, en arrière, à gauche, à droite ? |
| Forme | Est-elle vive et concentrée ? | Y a-t-il le défaut d’être figé et aveugle ? |
| Bassin | Tourne-t-il comme une roue, se dresse-t-il comme le grand étendard ? | Y a-t-il le défaut d’être un bâton droit ou une corde qui se tord ? |
| Sommet | Est-il suscité sans effort ? | Y a-t-il le défaut de baisser la tête ou de tendre le front ? |
| Échine | Le mouvement mène-t-il le souffle collé au dos ? | Y a-t-il le défaut que l’échine n’influence rien ? |
| Pas | Avance-t-on comme un chat ? | Y a-t-il le défaut de marcher lourdement et d’appuyer le pied ? |
第二步審查四項
類別 功 病
運 是否旋轉如抽絲 有無直行手不打旋轉之病
按 是否有意上寓下之摺叠 有無硬接折斷之病
蓄 是否加强如開弓 有無匾折而收之病
發 是否迅速如放箭 有無軟放及無彈性之病
Deuxième étape — quatre points.
| Catégorie | Vertu | Défaut |
|---|---|---|
| Manier | Tournez-vous en dévidant la soie ? | Y a-t-il le défaut d’une main qui va droit sans rotation ? |
| Pousser | Pliez-vous avec l’intention qui contient le bas dans le haut ? | Y a-t-il le défaut d’une liaison dure et cassante ? |
| Amasser | Forcez-vous comme un arc tendu ? | Y a-t-il le défaut de s’affaisser et de se ramasser ? |
| Émettre | Est-ce rapide comme une flèche ? | Y a-t-il le défaut d’un lâcher mou, sans élasticité ? |
第三步審查四項
類別 功 病
順 是否順遂以抽絲 有無週轉不圓之病
輕 是否有上掤勁 有無虛浮無主之病
沉 是否有下掤勁 有無滯重不活之病
靈 是否靈敏以變換 有無牢守不化之病
Troisième étape — quatre points.
| Catégorie | Vertu | Défaut |
|---|---|---|
| Aisance | Dévidez-vous la soie avec aisance ? | Y a-t-il le défaut d’une rotation qui n’est pas ronde ? |
| Léger | Avez-vous un peng descendant… un peng vers le haut ? | Y a-t-il le défaut du vide flottant sans maître ? |
| Pesant | Avez-vous un peng vers le bas ? | Y a-t-il le défaut d’une lourdeur stagnante et sans vie ? |
| Vif | Changez-vous avec vivacité ? | Y a-t-il le défaut de garder sans rien transformer ? |
以上三步審查。均為練架子之功夫。凡學習此拳者,均應自行審查。着着加以審問。則所練的架子。自能循規蹈矩。不致越出軌外矣。
Ces trois examens relèvent tous du travail de la forme solo. Quiconque apprend cet art doit s’examiner lui-même, s’interroger sur chaque mouvement ; alors la forme pratiquée suivra naturellement les règles et ne sortira pas du rail.
Tableau d’examen de la poussée des mains
推手審查表
第一步 審查七項
類別 功 病
開合 是否外抽以開裹抽以合 有無雙直開合之病
陰陽 是否處處有虛實 有無過虛過實之病
粘黏 是否無過不及 有無項丢之病
連隨 是否隨曲就伸 有無匾抗之病
剛柔 是否忽隱忽顯 有無專柔專剛之病
順遂 是否變化婉轉 有無方走稜角之病
急緩 是否速慢相生 有無遲緩如一之病
Tableau d’examen de la poussée des mains. Première étape — sept points.
| Catégorie | Vertu | Défaut |
|---|---|---|
| Ouvrir-fermer | Tirez-vous vers l’extérieur pour ouvrir, enveloppez-vous pour fermer ? | Y a-t-il le défaut d’ouvrir-fermer en deux lignes droites ? |
| Yin-yang | Y a-t-il partout du vide et du plein ? | Y a-t-il le défaut de trop de vide, trop de plein ? |
| Coller-adhérer | Restez-vous sans excès et sans manque ? | Y a-t-il le défaut de pousser frontalement ou de lâcher ? |
| Joindre-suivre | Suivez-vous la courbure puis vous étendez ? | Y a-t-il le défaut de s’affaisser ou de résister ? |
| Dur-mou | Vous cachez-vous et vous montrez-vous soudain ? | Y a-t-il le défaut d’un excès de mou, un excès de dur ? |
| Aisé-contraire | Changez-vous avec élégance ? | Y a-t-il le défaut de céder en angles et en arêtes ? |
| Rapide-lent | Vitesse et lenteur se génèrent-elles ? | Y a-t-il le défaut de confondre lenteur et paresse ? |
第二步 審查四項
類別 功 病
輕沉 是否頂勁虛懸與丹田墜 有無不分輕沉之病
中正 是否中正不偏 有無俯仰傾斜之病
倚墊 是否獨立不羣 有無支架擱置對方身手之病
靈敏 是否遇現卽虛遇虛卽沉 有無牢守如一之病
Deuxième étape — quatre points.
| Catégorie | Vertu | Défaut |
|---|---|---|
| Léger-pesant | L’énergie du sommet est-elle suspendue, le dantian tombe-t-il en bas ? | Y a-t-il le défaut de ne pas distinguer léger et pesant ? |
| Centré | Êtes-vous centré et droit ? | Y a-t-il le défaut de pencher en avant, en arrière, de côté ? |
| Appuyer-caler | Tenez-vous-vous indépendant et seul ? | Y a-t-il le défaut d’étayer et de poser sur les mains et le corps d’autrui ? |
| Vif | Au contact du réel, videz-vous ; au contact du vide, tombez-vous pesant ? | Y a-t-il le défaut de garder immuablement la même chose ? |
第三步 審查三項
類別 功 病
平凖 是否權衡畢顯感覺靈敏 有無掤勁折斷不生感覺之病
車輪 是否上下左右旋轉自如 有無車輪濡滯之病
牽引 是否微沉卽動 有無遲重不靈之病
Troisième étape — trois points.
| Catégorie | Vertu | Défaut |
|---|---|---|
| Balance | La pesée s’accomplit-elle toute et la perception est-elle sensible ? | Y a-t-il le défaut que le peng se brise et ne sente plus ? |
| Roue | Tournez-vous haut-bas-gauche-droite avec aisance ? | Y a-t-il le défaut d’une roue engluée ? |
| Traction | Un micro-affaissement vous fait-il bouger ? | Y a-t-il le défaut d’une lenteur lourde et sans vie ? |
備考:
以上一二三步之審查。雖為推手時。所審查之點。然其根本。仍在走架子。除去粘黏連隨之功。及倚墊之病。係由推手而得者外。其餘無一不是走架子之功夫也。
Note. Ces examens des trois étapes, bien que points à vérifier durant la poussée des mains, ont leur racine dans la forme solo. Hors les vertus de coller-adhérer-joindre-suivre et les défauts d’appuyer-caler, qui ne s’obtiennent que par la poussée des mains, tout le reste est l’œuvre de la forme seule.
2. La poussée des mains des quatre techniques cardinales
2,四正推手法
掤。捋。擠。按。(裏按外按)四正方也。
2. Méthode de poussée des mains des quatre techniques primordiales. Peng, lü, ji, an (pousser vers l’intérieur et vers l’extérieur) — ce sont les quatre orientations cardinales [des huit trigrammes].
Première figure — « posture préparatoire »
第一式 「預備式」
▲說明
如甲乙二人練習。先對面立正。其距離約以兩之手能接近。而不覺費力為凖則。然亦不可過於遠或近。否則不易得機得勢矣。
甲先上右足一步。左足仍不動。乙亦同時上右足一步。左足在原地不動。是為合步。反之左足在前。右足在後。亦為合步。
甲乙二人。同時將两手提起。高與胸平。右手手心向自己。左手手指向上。輕按在右手脉腕處。兩臂稍曲如圓形。身軀挺直。不可前俯後仰。兩眼向前方注視對手之人。其姿勢如第一式第一圖是也。
Première figure — « posture préparatoire ». Explication. Si deux personnes A et B s’exercent, elles se tiennent d’abord face à face, bien droites, à une distance telle que leurs mains puissent se joindre sans grand effort — ni trop loin, ni trop près, car autrement on ne saisit ni l’occasion ni l’avantage.
A fait d’abord un pas en avant du pied droit, le gauche immobile ; B fait de même un pas du pied droit, le gauche restant en place : c’est le pas concordant (he bu, 合步). À l’inverse, si le pied gauche est devant et le droit derrière, c’est aussi un pas concordant.
L’un et l’autre lèvent en même temps les deux mains à hauteur de poitrine, la paume droite tournée vers soi, la main gauche dressée, les doigts vers le haut, posée légèrement sur le poignet droit ; les bras un peu fléchis en cercle. Le corps droit, ni penché en avant ni en arrière ; les yeux fixent l’adversaire devant soi. La posture est celle de la figure 1.

Deuxième figure — « la posture des deux poissons du taiji »
第二式 「太極雙魚搭手式」
▲說明
承上式。甲乙二人。仍站在原地。兩手靠近。作雙搭手姿勢。如太極雙魚圖。兩人互相注視其手。為隨機應變之用也。甲以左手按住乙之右肘尖。右手橫斜停於左肩之前方。手心向己身。與乙之右手背相粘。兩臂彎曲。其狀如算術之9字。此時須氣沉丹田。身。腰。肩。均鬆開。有下沉之意。能如是。則無氣喘上昇。及一切不良之弊病也。
乙亦如甲之動作。用左手輕按在甲之右肘尖。右手橫斜停於左肩之前方。手心向自己身。與甲之右手背相粘。两臂彎曲。其狀如算術之6字。餘與甲同。故從畧。其姿勢如第二式。第二圖是也。
Deuxième figure — « la posture des deux poissons de taiji ». Explication. Poursuivant la figure précédente, A et B restent en place, les mains se rapprochent et prennent la posture des deux mains posées, telle le dessin des deux poissons du taiji ; chacun observe les mains de l’autre, pour s’adapter selon le changement.
A retient de la main gauche la pointe du coude droit de B ; la main droite, en diagonale, s’arrête devant son épaule gauche, paume tournée vers soi, collée au dos de la main droite de B ; les bras courbés en une forme de « 9 ». Alors il faut faire descendre le souffle au dantian, détendre corps, bassin, épaules, avec une intention de retomber. Ainsi le souffle ne remonte pas et l’on évite tous les défauts fâcheux.
B fait comme A : la main gauche pèse légèrement sur la pointe du coude droit de A, la main droite en diagonale devant son épaule gauche, paume vers soi, collée au dos de la main droite de A ; les bras courbés en une forme de « 6 ». Le reste est identique, donc passons. La posture est celle de la figure 2.

甲乙二人。將兩形以合。正是兩個陰陽魚。合成為一圓形之太極圖也。所以拳譜謂「動之則分。靜之則合」。即此意也。動靜者。亦卽易經。陰陽相摩。八卦相盪之理耳。
La réunion des deux formes de A et B fait précisément les deux poissons yin-yang, qui composent un seul cercle, le dessin du taiji. Ainsi l’anthologie de la boxe dit : « Sous la motion ils se séparent, au repos ils se rejoignent » — c’est ce sens. Mouvement et repos relèvent du Yi Jing : « Le yin et le yang se frottent, les huit trigrammes se stimulent. »
「附誌」以下每項推手之開始動作。或有以此二式為首。
Note. Les mouvements d’ouverture de chaque exercice de poussée des mains ci-dessous prennent ces deux figures pour base.
Troisième figure — « peng », usage et pratique
第三式 「掤式」使用及練法
▲說明
承上式。乙得機勢。將右手(曲肘)向甲身前擠去。掌心向已身。兩足仍在原地。右足彎曲為弓式。左腿伸直。身畧往前傾。左手附於右手腕部。掌心向外。同時兩眼注視甲方。甲見乙擠來。即身往後坐左腿。(兩足仍在原地)。變前脚伸直為虛。後脚稍曲為實。全身重點。皆在左腿。同時涵胸拔背。雙臂彎曲。肘尖下垂。以左手掤住乙之右肘。右手仍粘住乙之右手背。雙手又如上捧之意。勿使乙擠到己身胸各部。但此式之使用。為化解乙之擠法也。其姿勢如第三式第三圖是也。
Troisième figure — « peng » (parer), usage et pratique. Explication. Poursuivant, B saisit l’occasion et pousse en avant, du bras droit (coude fléchi), vers le corps de A, la paume tournée vers soi ; les pieds en place, le pied droit fléchi en arc, la jambe gauche tendue, le corps un peu penché en avant ; la main gauche posée au poignet droit, paume vers l’extérieur, tandis que les yeux regardent le camp de A.
A, voyant la poussée de B, recule son poids sur la jambe gauche (pieds en place), rend la jambe avant tendue et vide, la jambe arrière un peu fléchie et pleine, tout le poids sur la jambe gauche ; en même temps il creuse la poitrine et hausse le dos, fléchit les bras, coudes tombants ; il pare avec la main gauche le coude droit de B, et la main droite adhère encore au dos de la main droite de B, les deux mains comme pour soutenir, afin que B ne pousse pas jusqu’à la poitrine. L’usage de cette figure est de neutraliser la poussée ji de B. La posture est celle de la figure 3.

(按)掤之用法。有二。一曰平掤。如第三式是也。一曰高掤。為按式之後。用雙圈手。亦如前法。往上捧架。則敵勁無所施矣。
(Note) Le peng a deux usages : le peng à plat, comme en figure 3 ; et le peng en hauteur, qui après la poussée an fait des deux mains un cercle et, comme plus haut, soutient et fait une charpente vers le haut : alors le jin de l’ennemi n’a plus où s’exercer.
Quatrième figure — « lü », usage et pratique
第四式 「捋式」使用及練法
▲說明
承上式。甲乙二人仍站原處。甲見乙雙手擠來。封住左臂肘。仍涵胸坐腿。不使貼近身體。先用左掌轉上粘住乙之左手。手背相粘。右掌又放下。圓轉上托住乙之左防其用肘擊來。同時肘尖两手一氣往着左邊斜角捋去。意在傾仆乙於外方之用也。捋時左手往前拉引。右手乘勢推送。如是則敵人重心已失。(前傾)鮮有不跌者。其姿勢如第四式第四圖是也。
Quatrième figure — « lü » (rouler), usage et pratique. Explication. Poursuivant, A et B restent en place. A voit les deux mains de B presser et vient refermer sur le coude du bras gauche ; il creuse encore la poitrine, s’assied sur la jambe, sans laisser approcher le corps. Il retourne d’abord la paume gauche pour coller à la main gauche de B, dos de main contre dos de main ; puis il abaisse la paume droite, la fait tourner pour soutenir par en haut le [coude] gauche de B, de crainte d’un coup de coude. En même temps, coudes et mains, d’un seul souffle, roulent vers le coin diagonal de gauche, avec l’intention de faire pencher B et le faire tomber au-dehors. En roulant, la main gauche tire en avant, la main droite pousse en profitant de l’élan : alors le centre de gravité de l’ennemi se perd (pencher en avant) et rares sont ceux qui ne tombent pas. La posture est celle de la figure 4.

(按)乙如得機勢。將甲雙手封閉在胸部之下。甲卽两手往左右兩旁挒開之。其功效與捋式同。而變化不同。務令對方無法推測也。
(Note) Si B saisit l’occasion et referme les deux mains de A sous la poitrine, alors A écarte ses deux mains vers les deux côtés : l’effet est le même que le lü, mais le changement diffère, et il faut que l’adversaire ne puisse pas deviner.
Cinquième figure — « ji », usage et pratique
第五式 「擠式」使用及練法
▲說明
承上式。兩人仍在原處。乙被甲捋。將往外傾。乘勢用右手按在左膀臂上。用力往甲身擠去。同第三式。左手手心向已身。右手手心向外。兩臂彎曲。全身重點。皆在右腿上。身體亦向甲方畧傾。雙眼注視左手。甲見乙擠來。勢不得力。將往後傾仆。乃立卽坐後涵胸。將雙手往下沉勁一按。則可以化險為夷矣。其姿勢如第五式第五圖是也。
Cinquième figure — « ji » (presser), usage et pratique. Explication. Poursuivant, les deux restent en place. B, qu’A a roulé et qui va pencher au-dehors, saisit l’élan et, de la main droite posée sur son propre bras gauche, pousse avec force vers le corps de A, comme en figure 3 : la paume gauche tournée vers soi, la paume droite vers l’extérieur, les bras fléchis, tout le poids sur la jambe droite, le corps un peu penché vers A, les yeux sur la main gauche.
A voit la poussée ji de B : privé d’avantage, il serait renversé en arrière ; aussitôt il s’assied en arrière, creuse la poitrine, envoie les deux mains pousser vers le bas avec un jin qui s’enfonce — ainsi le péril se change en salut. La posture est celle de la figure 5.

「附誌」四正推手中之掤。捋。擠。按。亦如形意門之五行生剋拳。大致相同。如甲乙二人。先行互相掤手。如乙往甲方掤推。甲則涵胸坐後。將乙之右手臂。往右邊捋下以化乙之掤勁。乙被捋時。似不得力。乃速轉用右臂膀以擠式攻甲。甲見乙擠來。又變按式。往左邊坐身涵胸。沉勁按下而化之。乙被甲用按式化去。又復變囘為掤式。如此互換。循環不已。此來彼往。以至無窮。左右之推法一樣。如甲先捋。則往甲之左邊去捋。反之乙亦然。茲述其大槪者如此。至神而明之。則又存乎其人矣。
(Note) Dans la poussée des quatre techniques cardinales, peng, lü, ji, an ressemblent fort, en leur esprit, à la boxe des cinq éléments s’engendrant et se dominant de l’école de la forme et de l’intention (xingyi). Par exemple, A et B commencent par se parer mutuellement : B pousse en peng vers A ; A creuse la poitrine et s’assied en arrière, roulant vers la droite le bras droit de B pour neutraliser son peng. B, roulé, privé d’avantage, tourne vite son avant-bras droit pour attaquer en ji ; A, voyant le ji venir, change en an : il s’assied à gauche, creuse la poitrine, pousse en enfonçant pour neutraliser. B, neutralisé par l’an d’A, revient au peng. Ainsi les échanges alternent et circulent sans fin, allant et venant à l’infini. La poussée gauche-droite est identique : si A roule le premier, il roule vers sa gauche ; et inversement pour B. Voilà l’idée générale ; quant à en pénétrer la divine clarté, cela dépend de la personne.
Sixième figure — « an » (pousser vers l’intérieur)
第六式 「按式」使用及練法
▲說明
甲丙二人練習。對面立正。其距離以兩人之手。能接近為合度。甲丙先上右足一步。左足蹬直。仍在原處。成為右弓式。身亦往前微傾。全身重點。皆在右腿上。同時將雙掌向甲胸部推去。(手心向前。手指向上)。兩眼注視甲方。
甲見丙雙掌推來。亦出右足。伸直為虛步。左足仍在原地不動。稍屈曲為實步。全身重點。皆左腿上。迄丙之雙掌將推到胸前。卽涵胸拔背。隨將兩手。用手心平着。為往下按去之用。按往丙之雙掌背。勿使侵進。兩肘尖下垂。距離肋部二三寸許。或肘尖平着。用手下按亦可。两眼注視丙之雙掌。是為丙外推。甲裡按之動作。又名裡按。其姿勢如第六式第六圖是也。
Sixième figure — « an » (pousser), usage et pratique. Explication. A et C s’exercent face à face, à la distance où leurs mains se rejoignent. C avance le pied droit, la jambe gauche tendue en place, en arc du côté droit, le corps un peu penché en avant, tout le poids sur la jambe droite ; en même temps il pousse les deux paumes vers la poitrine d’A (paumes en avant, doigts vers le haut), les yeux sur le camp d’A.
A voit les deux paumes de C venir : il avance aussi le pied droit, jambe tendue en pas vide, la jambe gauche restant en place, un peu fléchie, en pas plein, tout le poids sur la jambe gauche. Quand les paumes de C vont atteindre sa poitrine, il creuse la poitrine et hausse le dos, puis, les mains à plat, pousse vers le bas sur le dos des paumes de C afin d’empêcher l’intrusion ; les coudes tombent, à deux ou trois cun des côtes, ou l’on pousse à plat des deux mains vers le bas. Les yeux suivent les paumes de C. C’est l’action de « pousser extérieure » de C neutralisée par l’an intérieur d’A, dite aussi an intérieur. La posture est celle de la figure 6.

Sixième figure (suite) — « an » (pousser vers l’extérieur)
第六式 「按式」使用及練法
▲說明
承上式。二人仍在原處。丙見不能將甲推倒。欲收囘雙掌。甲乘勢將雙手粘着。丙之兩手腕。圓轉而上。(此時甲之雙掌在內。丙之雙掌在外。卽翻轉手指向上為掤。與攬雀尾之第六式相同)。乘機反向丙方。雙掌推去。右足彎曲。左足蹬直。變成左弓步。身體亦往前微傾。兩眼注視丙方。其姿勢如第六式第七圖是也。
Sixième figure (suite) — « an » vers l’extérieur. Explication. Poursuivant, les deux en place. C, voyant qu’il ne peut renverser A, veut retirer ses paumes ; A profite de l’élan, colle les deux mains aux poignets de C et, en cercle, les fait remonter (alors les paumes d’A sont dedans, celles de C dehors : la paume se retourne, les doigts vers le haut, c’est un peng, comme en figure 6 de « saisir la queue du moineau »). Saisissant l’occasion, il renverse et pousse les paumes vers C ; le pied droit fléchit, la jambe gauche se tend en arc du côté gauche, le corps un peu penché en avant, les yeux sur C. La posture est celle de la figure 7.

丙見甲雙掌推來。卽涵胸。身往後坐。右腿伸直為虛。左腿稍曲為實。重點在右腿上。同時兩手掌心。仍粘着甲之雙手腕之背部。往下用沉勁按下。使不能進然後又翻轉雙掌圓轉而上。變成第六式第六圖之姿勢。
反向甲推去。如此循環不已。此式名為甲外推。丙裡按之動作。又名外按。查此式之推手。係由太極拳中「攬雀尾」之第六式所變化者也。
C voyant les deux paumes d’A venir : il creuse la poitrine, s’assied en arrière, la jambe droite tendue et vide, la gauche un peu fléchie et pleine, le poids sur la droite ; en même temps ses paumes adhèrent au dos des poignets d’A et poussent vers le bas avec un jin qui s’enfonce pour l’empêcher d’avancer ; puis il retourne les paumes et les fait remonter en cercle, revenant à la posture de la figure 6.
Il pousse de nouveau vers A, et ainsi de suite sans fin. Cette figure s’appelle l’action du « pousser-extérieur d’A » et de « pousser-intérieur de C », dite aussi an extérieur. Notons que cette poussée dérive de la figure 6 de « saisir la queue du moineau » (攬雀尾) du taiji quan.
3. La poussée des mains des quatre coins
3,四隅推手法(即大捋推手)
採。挒。肘。靠。四隅角也。
3. Méthode de poussée des mains des quatre coins (dite poussée du grand lü). Cai (arracher), lie (déchirer), zhou (coude), kao (bumper d’épaule) — ce sont les quatre coins [des huit trigrammes].
Septième figure — « grand lü »
第七式 「大捋使用及練法」
◎說明
大捋推手者。四斜角推手之方法也。其步法為行四隅。(斜方)以濟四正之所窮也。開始之動作。與亦第一式。第二式相同。故從畧。請參閱上文便明白矣。
甲右足向西北角斜邁進一步。成馬式。或弓式。右臂肘平屈以右手按乙之右腕。左臂屈肘。用下膊骨中間。向西北角斜捋乙之右臂。使其外傾。其姿勢如第七式第八圖是也。
乙即趁勢出左足。向外走甲前方。橫出一步。卽移右足向甲襠中插襠。前邁一步。亦成馬式。或弓式。同時右臂伸舒。向下肩隨甲之捋勁。向甲胸部前靠。左手撫右肱內輔助之。此時甲乙二人。仍相對立。其姿勢如第七式。第九圖是也。
Septième figure — « grand lü », usage et pratique. Explication. La poussée du grand lü est la méthode de poussée des quatre coins diagonaux ; son pas parcourt les quatre coins (les diagonales) pour suppléer aux limites des quatre cardinales. Les mouvements d’ouverture sont les mêmes qu’aux figures 1 et 2 ; passons donc, voir plus haut.
[1] A avance son pied droit en diagonale vers le coin nord-ouest, en posture de cavalier ou d’arc ; il plie le bras droit à plat et, de la main droite, appuie sur le poignet droit de B ; le bras gauche fléchi au coude, il use du milieu du radius pour rouler en diagonale vers le coin nord-ouest le bras droit de B, le faisant pencher au-dehors. La posture est celle de la figure 8.
[2] B profite de l’élan : il avance son pied gauche, sort devant A, fait un pas en travers, puis glisse son pied droit entre les jambes d’A et avance d’un pas, en posture de cavalier ou d’arc ; en même temps son bras droit se déploie vers le bas, l’épaule suivant le lü d’A, et il frappe en avant vers la poitrine d’A (kao, 靠), la main gauche assistant en touchant l’intérieur du bras droit. Tous deux se font encore face. La posture est celle de la figure 9.

甲以左手下按乙之左腕。右手按乙之左肘尖下採。同時左足由乙之右足。外移至乙之襠中。
乙隨甲之採勁。右腿向西南方後撤。作騎馬式。左臂平屈。右手撫甲之左腕。右臂屈肘。用下膊骨中處。向西南方斜捋甲之左臂。
甲趁勢右足前出一步。移左足向乙襠中插襠。前邁一步。同時左臂伸舒向下。肩隨乙之捋勁。向乙胸部前靠。右手撫左肱內。以輔助之。甲乙二人仍對立。
甲左臂欲上挑。乙卽隨甲之挑勁。左手作掌。向甲面部作伺擊狀。右手按甲之左肩。斜向下挒勁。
甲隨乙之挒勁。撤左足向東北方邁去。左手撫乙之左腕。右臂屈肘。向東北斜捋乙之左臂。
乙趁勢上右步。移左足向甲襠中前邁。左臂隨甲之捋勁。用肩向甲胸部前靠。右手輔助之。
甲以右手下按乙之右腕。左手按乙之右肘尖下採。同時右足由乙左足外移至乙之襠中。
乙隨甲之採勁。撤右足向東南方邁。右手撫甲之右腕。左臂屈肘。向東南斜捋甲之右臂。
甲趁勢上左步。移右足。向乙襠中前邁。右臂隨乙之捋勁。用肩向乙胸部前靠。左手輔助之。
[3] A, de la main gauche, appuie sur le poignet gauche de B ; de la main droite, sur la pointe du coude gauche de B, en cai vers le bas ; en même temps son pied gauche passe de l’extérieur du pied droit de B entre les jambes de B.
[4] B, suivant le cai d’A, retire sa jambe droite vers le sud-ouest, en posture de cavalier ; le bras gauche à plat et fléchi, la main droite touche le poignet gauche d’A, le bras droit fléchi use du milieu du radius pour rouler en diagonale vers le sud-ouest le bras gauche d’A.
[5] A, profitant de l’élan, avance le pied droit, glisse le pied gauche entre les jambes de B et avance ; en même temps le bras gauche se déploie vers le bas, l’épaule suivant le lü de B, et frappe en avant vers la poitrine de B, la main droite assistant en touchant l’intérieur du bras gauche. Tous deux se font face.
[6] Le bras gauche d’A veut lever ; B, suivant ce jin de levée, fait de la main gauche une paume qui s’apprête à frapper le visage d’A, la droite appuyant sur l’épaule gauche d’A et déchirant (lie) en diagonale vers le bas.
[7] A, suivant le lie de B, retire son pied gauche vers le nord-est ; la main gauche touche le poignet gauche de B, le bras droit fléchi roule en diagonale vers le nord-est le bras gauche de B.
[8] B, profitant, avance le pied droit, glisse le pied gauche entre les jambes d’A ; le bras gauche suivant le lü d’A, frappe en avant de l’épaule vers la poitrine d’A, la main droite assistant.
[9] A, de la main droite, appuie sur le poignet droit de B ; de la gauche, sur la pointe du coude droit de B, en cai vers le bas ; en même temps son pied droit passe de l’extérieur du pied gauche de B entre les jambes de B.
[10] B, suivant le cai d’A, retire son pied droit vers le sud-est ; la main droite touche le poignet droit d’A, le bras gauche fléchi roule en diagonale vers le sud-est le bras droit d’A.
[11] A, profitant, avance le pied gauche, glisse le pied droit entre les jambes de B ; le bras droit suivant le lü de B, frappe en avant de l’épaule vers la poitrine de B, la main gauche assistant.

甲右臂欲上挑。乙卽隨甲之挑勁。右手作掌。向甲面部撲擊。左手按甲之右肩斜向下挒甲退左腿。雙手捋乙之右臂腕肘處。還太極雙魚搭手式。此為採。挒。肘。靠。之一次。如欲繼續演練。下仍仿之。是謂之四隅推手之法也。
[12] Le bras droit d’A veut lever ; B, suivant ce jin de levée, fait de la main droite une paume qui frappe au visage d’A, la gauche appuyant sur l’épaule droite d’A et déchirant en diagonale vers le bas. A retire la jambe gauche, des deux mains roule le bras droit de B au poignet et au coude, et revient à la posture des deux poissons du taiji. Ceci constitue un cycle de cai-lie-zhou-kao. Pour poursuivre l’exercice, on continue ainsi : voilà la méthode de poussée des quatre coins.
▲說明
甲放棄左手採勁。而變為閃。所謂閃者。即以掌向乙面部作撲擊狀。其步法皆未動。其姿勢如第七式第十圖是也。
Explication. A abandonne le cai de la main gauche et change en « shan » (闪, esquive) : il s’agit de faire avec la paume comme un coup qui balaie le visage de B, sans que le pas bouge. La posture est celle de la figure 10.

待乙起左手。退左脚與右脚一並。急復將左脚又向左隅角後退却一步。翻身後脚坐實。復以右手捋甲左手。以左手採甲右手時。甲即隨乙之第一步。退却時。甲卽追上一步。將左後脚提與前脚暫並。卽乙退進第二步時。甲急移右脚向右前隅角進一步。卽急將左脚插進乙之襠中。卽加以右肩貼近乙之左臂靠去。是為進者三步。退者二步。中間有一步。須两脚並齊之後。換步上去而成第七式第十一圖之姿勢也
Quand B lève la main gauche, retire le pied gauche pour le joindre au droit, puis retire encore le pied gauche d’un pas vers le coin gauche, retourne le corps et fait porter le poids sur le pied arrière, roulant de la main droite la main gauche d’A et, de la gauche, arrachant la main droite d’A — alors A, suivant le premier retrait de B, avance d’un pas, porte le pied arrière gauche et l’unit un instant au pied avant ; quand B fait son second pas de retraite, A glisse vite son pied droit d’un pas vers le coin avant droit, puis insère vivement le pied gauche entre les jambes de B, l’épaule droite collée au bras gauche de B et frappant en avant. C’est : trois pas en avant, deux en arrière, un au milieu où les deux pieds se joignent avant de changer de pas — donnant la posture de la figure 11.

(按)太極拳術。以之運動四肢。活潑身軀。最為適宜。若求致用。非兼習推手不為功。蓋學習推手。能使全身富於知覺。其法甚多。分有雙手推者。有單手推者。步法尤須相合。進退一致。甲乙二人。粘連不斷。旋轉不已。隨曲就伸。虛實互用。此來彼往。如常常推練。久之則知覺靈敏。粘黏連隨。無不如意。周而復始。循環不已。其切要之處。全在手之粘勁。及換步靈妙耳。
(Note) L’art du taiji quan, pour mouvoir les membres et rendre le corps alerte, est souverainement adapté ; mais si l’on veut l’usage réel, il faut encore pratiquer la poussée des mains. L’étude de celle-ci rend le corps entier riche de perception. Ses méthodes sont nombreuses : poussée des deux mains, poussée d’une seule main ; le pas surtout doit concorder, avance et retraite ensemble. A et B collent sans interruption, tournent sans fin, suivent la courbure puis s’étendent, usent alternativement du vide et du plein, viennent et s’en vont. En pratiquant souvent, avec le temps la perception s’affine, et coller-adhérer-joindre-suivre se fait à souhait, en cercle répété sans fin. L’essentiel tient tout entier au jin de coller de la main et au changement de pas merveilleux.
4. Autres méthodes de poussée des mains
4,其他推手法
4. Autres méthodes de poussée des mains.
Huitième figure — « une main contre une main »
甲第八式 「單手推單手」之使用及練法
▲說明
甲丙二人。先上右足為合步。左足仍在後。或同時各伸出右手(為掌式)。手背互相黏粘。左手亦掌。叉在左腰部。左臂肘亦屈曲。如三角形。
甲先用右手作平面畫一圓形。向丙方之胸前推去。意欲推倒之推時掌心向上。手臂伸直。微帶曲意。卽肘往下沉。兩眼注視丙方。右膝屈曲為弓式。身亦往前畧傾。全身重點。皆在右腿上。氣貫丹田。則下部穩固矣。
丙見甲用掌推來。乃立卽涵胸。身往後坐變右脚為虛。左腿稍曲為實。全身重點。皆在左腿上。同時將右掌收回。肘尖下埀。引甲之勁。往己身之右側方落空。不使其侵我毫末也。但引手時。須在引到當中之處。便即翻轉手心向上。復往自己身體之右側方。引進落空。若待引甲之手將到我胸前時。距離約數寸許。則無法能化甲之來勢矣。其姿勢如第八式第十二圖是也。
Huitième figure — « une main contre une main », usage et pratique. Explication. A et C avancennt d’abord le pied droit en pas concordant, le gauche en arrière ; ou bien les deux étendent en même temps la main droite (en paume), le dos de la main collé à l’autre ; la main gauche aussi en paume, posée au flanc gauche, le coude fléchi en triangle.
A, de la main droite, trace d’abord un cercle à plat et pousse vers la poitrine de C, avec l’intention de le renverser ; en poussant, la paume vers le haut, le bras tendu avec une légère intention de flexion, c’est-à-dire le coude qui tombe, les yeux sur C, le genou droit fléchi en arc, le corps un peu penché en avant, tout le poids sur la jambe droite ; le souffle empli au dantian rend le bas stable.
C, voyant la paume d’A venir, creuse aussitôt la poitrine, s’assied en arrière : le pied droit devient vide, la jambe gauche un peu fléchie et pleine, tout le poids sur la gauche ; il retire la paume droite, coude tombant, et conduit le jin d’A à tomber dans le vide sur son côté droit, sans lui laisser pénétrer d’un cheveu. Mais en conduisant la main, il faut, au point médian, retourner la paume vers le haut et l’amener encore sur le côté droit de son corps pour que la force d’A s’égare dans le vide ; si l’on attend que la main d’A arrive à quelques cun de la poitrine, on ne peut plus neutraliser sa venue. La posture est celle de la figure 12.

承上式。為連貫練習及使用。丙旣將甲之來勢往右方解脫。乘機復用右手(手心向上)往甲方胸前推去肘亦下垂。全身重點。向前微傾。右足變成弓步。左足在後蹬直。左手仍叉腰。兩眼注視甲方。
甲見丙由右而左。用掌推來。立卽涵胸。身往後坐。餘與丙上式相同。亦往右側方。引丙之勁落空。两眼亦注視丙手。以窺其變化而應付之也。其姿勢如第八式第十三圖是也。
Poursuivant, pour lier la pratique et l’usage : C ayant dégagé loin de lui, sur la droite, la venue d’A, il saisit l’occasion, pousse de la main droite (paume vers le haut) vers la poitrine d’A, le coude tombant, tout le poids légèrement penché en avant, le pied droit en arc, le gauche tendu derrière, la main gauche restée au flanc, les yeux sur A.
A voyant C pousser de la droite vers la gauche, creuse aussitôt la poitrine et s’assied en arrière, comme C au premier temps ; il conduit aussi le jin de C à s’égarer sur son côté droit, les yeux suivant la main de C pour en flairer le changement et y répondre. La posture est celle de la figure 13.

(按)此式之推手。如甲丙二人。互相推盪。作平面圓形之太極雙魚式。此發彼化。循環不己。常常推練。日久功到自然成矣。
(Note) Cette poussée, où A et C se poussent mutuellement, décrit en plan un cercle, la forme des deux poissons du taiji : l’un émet, l’autre neutralise, en cercle sans fin. En pratiquant souvent, avec le temps l’œuvre vient d’elle-même.
Neuvième figure — « deux mains contre une main »
乙 第九式 「雙手推單手」之使用及練法
▲說明
此式之練法。甲丙二人。亦為合步。丙先用推手。往甲身前兩。右手按住甲之右手背。左手按住甲之右肘尖。兩手手指向上。左足在後伸直。右膝屈曲為弓式。兩眼向前平視甲方。
甲見丙兩手朝左邊推來。封住右手。乃立卽涵胸。身往後坐。右足斜直。在前為虛。左足在後。稍彎曲為實。左手叉在左腰部。手。臂。肘。成為三角形。同時以右手臂(臂肘彎曲)向丙方迎攩。務與丙之雙手。貼近靠着。其姿勢如第九式第十四圖是也。
Neuvième figure — « deux mains contre une main », usage et pratique. Explication. A et C, toujours en pas concordant. C, de ses deux mains de poussée vers le corps d’A, appuie la droite sur le dos de main droite d’A et la gauche sur la pointe du coude droit d’A, doigts vers le haut, le pied gauche tendu derrière, le genou droit fléchi en arc, les yeux à l’horizon vers A.
A, voyant les deux mains de C venir pousser et refermer sa main droite, creuse aussitôt la poitrine et s’assied en arrière : le pied droit oblique et tendu devance, vide ; le gauche derrière un peu fléchi, plein ; la main gauche posée au flanc, la main, le bras, le coude en triangle ; en même temps le bras droit (coude fléchi) accueille et bloque vers C, en collant au plus près aux deux mains de C. La posture est celle de la figure 14.

迄丙發勁推來。迅擰腰用右手。臂。肘。往己身前之右側方。往外引進落空。以化丙勁。又卽將臂肘。往下沉墜。其手臂由下圓轉而上。(劃一圓圈形)反向丙方推出。右足變為弓式。丙見甲推來。又即涵胸坐後。與甲之動作相同。惟不以左手叉腰得機又向甲方推去。甲又化之。如此練習。又如算術之8字。連揉两圈。互相推盪。循環不已。與第八式相同。不過此式則為雙手。此其分別之處也。但此式之動作。專為甲方練習肩部之活動力。練時左右手。均須受相當之練習。則臨敵不致有轉動不靈之弊也。
Quand C émet son jin et pousse, A tourne vite le bassin, use du bras et du coude droits pour conduire vers le côté droit de son corps, à l’extérieur, faisant tomber la force de C dans le vide ; puis il fait s’affaisser le bras et le coude, remonte le bras de bas en haut en cercle (tracé d’un cercle) et pousse en sens inverse vers C, le pied droit devenant une arc. C, voyant A pousser, creuse la poitrine et s’assied en arrière, comme A ; seulement, sans avoir la main gauche au flanc, saisissant l’occasion, il pousse de nouveau vers A ; A neutralise encore. On s’exerce ainsi : comme le « 8 » de l’arithmétique, on frotte deux cercles, les deux se poussent mutuellement en cercle sans fin. C’est la même chose que la huitième figure, sauf qu’ici ce sont deux mains. Cette figure sert surtout à A à travailler la mobilité de l’épaule ; en s’exerçant, il faut faire travailler également les deux mains, afin qu’au combat on n’ait pas le défaut de tourner sans aisance.
Dixième figure — « pas en face, deux mains contre deux mains »
丙第十式 「對步雙手推雙手」之使用及練法
▲說明
甲丙二人練習。對面立直。兩足平行。分開如||形。寬與肩齊。是為對步。身體挺直。重心穩定。兩眼向對方平視。其距離之遠近。以雙手能接近為合度。起初動作。為雙掤手式。與第二式之動作相同。所異者惟步法耳。其姿勢如第十式第十五圖是也。
Dixième figure — « pas en face, deux mains contre deux mains », usage et pratique. Explication. A et C s’exercent face à face, debout, les deux pieds parallèles écartés en « ‖ » à la largeur des épaules — le pas en face (dui bu, 對步). Le corps droit, le centre de gravité stable, les yeux à l’horizon vers l’autre. La distance : que les deux mains puissent se joindre. Le mouvement initial est la posture des deux mains de peng, identique à la figure 2 ; seule diffère la marche. La posture est celle de la figure 15.

承上式。甲丙二人。仍立原處。用四正推手法。互相以掤。捋。擠。按。作循環不斷之意。請參閱上文。便明白矣。不過當甲得機會。往丙按時。如丙直立不動。則必被甲推倒。故丙斯時擰腰涵胸。身往右側後坐。變右足為虛。向外伸直。左腿彎曲在後為實。足尖轉動。兩足仍在原處。全身重點。移在左腿。蓋如此之動作。一轉身時。則甲之來勢。完全失去。不得不隨之轉動。身往右坐。與丙成為斜角對面相持之形狀也。而兩人之姿勢相同。两眼互相平視如第十式。第十六圖是也。
Poursuivant, A et C restent en place et, par la méthode des quatre techniques cardinales, se poussent mutuellement en peng-lü-ji-an, en cercle continu — voir plus haut. Mais quand A saisit l’occasion et pousse en an vers C, si C restait droit et immobile, il serait renversé. Aussi C tourne-t-il le bassin, creuse la poitrine, s’assied en arrière sur le côté droit : le pied droit devient vide et s’étend au-dehors, la jambe gauche fléchie derrière devient pleine ; la pointe du pied tourne, les deux pieds restant en place, le poids se déplace sur la jambe gauche. Ainsi, d’un seul retournement de corps, la venue d’A se perd tout entière, et A doit suivre la rotation ; le corps assis à droite, les deux se font face obliquement, en posture identique, se regardant à l’horizon. La posture est celle de la figure 16.

兩人之部位如下(二)
甲
丙
Leur position respective est la suivante (deux) : [A / C].
承上式。丙旣將甲之來勢化解。後乘機向甲方按去。甲又如丙之方法。擰腰涵胸而往後方坐身。解脫丙之來勢。足尖轉動。兩足仍在原處。大致與上式相同。所異者。惟甲丙兩人之部位及方向耳。兩眼互相注視。其姿勢如第十式第十七圖是也。
Poursuivant, C ayant neutralisé la venue d’A, saisit l’occasion et pousse en an vers A ; A, comme C, tourne le bassin, creuse la poitrine, s’assied en arrière et déjoue la venue de C, la pointe du pied tournant, les pieds en place. C’est à peu près la même chose que la figure précédente, hormis la position et la direction des deux. Ils se regardent. La posture est celle de la figure 17.

(按)此式之動作。為雲手式變化出來。專為練習腰。胯。腿。之運動。練之日久。能使身軀各部靈活。能制人而不為人所制也。兩人之部位如下(三)
丙
甲
(Note) Cette figure dérive de la posture « nuages » (yun shou, 雲手) ; elle sert spécialement à exercer le mouvement du bassin, des hanches et des jambes. À la longue, elle rend toutes les parties du corps souples, et l’on commande l’homme sans en être commandé. Leur position (trois) : [C / A].
Onzième figure — « poussée de poignet torsadé »
丁第十一式 「拗手推手」之使用及練法
▲說明
甲乙二人練習。先做乙雙手掤甲右單手臂。如第九式。甲見乙掤住己臂。勢將外傾。乃速以左手掌。按住乙之右肘尖。同時右手擰翻扭乙右手。(手心向上。)用力往下按壓。並上左足一步。成左弓式。插在乙之襠後。兩眼注視乙方。乙兩足仍在原處。站着不動。身畧往外後傾。左手臂埀下。兩眼亦注視甲方。其姿勢如第十一式。第十八圖是也。
Onzième figure — « poussée de poignet torsadé », usage et pratique. Explication. A et B s’exercent. D’abord B pare des deux mains le bras droit seul d’A, comme en figure 9. A, voyant B coller à son bras et qu’il va pencher au-dehors, appuie vite sa paume gauche sur la pointe du coude droit de B ; en même temps il tord la main droite de B (paume vers le haut) et force vers le bas en pressant, avance d’un pas du pied gauche, en arc à gauche, et l’insère derrière les jambes de B ; les yeux sur B. B, les pieds en place, immobile, le corps un peu penché en arrière au-dehors, le bras gauche tombant, regarde aussi A. La posture est celle de la figure 18.

承上式。乙被甲拗轉手臂。其勢將傾。於是用肩肘之力。往囘上抽。反握甲之右拳。往己身向內。圓轉而上。又以右掌按甲右肘尖。甲乙二人同時擰轉右脚尖。脚跟仍在原處。並各提起左足。膝須稍高。脚尖向地。此時兩人之手。復成雙手掤式。兩足兩手。如太極雙魚啣接之形式。互相平視。右足獨立。身腰畧前彎。此為上式之過渡法。其姿勢如第十一式。第十九圖是也。
Poursuivant, B, dont le bras a été tordu par A et qui va s’effondrer, use de la force de l’épaule et du coude pour remonter et tirer en arrière : il saisit en retour le poing droit d’A, l’amène vers lui à l’intérieur, en cercle vers le haut, puis appuie de la paume droite sur la pointe du coude droit d’A. A et B, ensemble, tournent la pointe du pied droit, les talons en place, et lèvent chacun le pied gauche, le genou un peu haut, la pointe vers le sol ; leurs mains reprennent la posture des deux mains de peng, pieds et mains en forme des deux poissons de taiji qui s’emboîtent, se regardant à l’horizon ; le pied droit en appui, le corps et le bassin un peu penchés en avant. C’est la transition de la figure précédente. La posture est celle de la figure 19.

承上式不停。乙連續落下左足。仆直為虛。插在甲之襠後。右足屈曲。全身重點。皆在右腿。同時左手按住甲之右肘尖。左手擰翻。扭轉甲手。(手心向上)。用力往下按壓。兩眼注視甲方。甲旣被乙按住。似不得力。身亦往外後傾。兩眼又向乙方注視。其動作大致與第十八圖相同。所異者惟方向耳。如此互拗。循環不已。其姿勢如第十一式。第廿圖是也。
Poursuivant sans s’arrêter, B fait descendre le pied gauche, tendu, vide, inséré derrière les jambes d’A ; le pied droit fléchi, tout le poids sur la jambe droite ; en même temps la main gauche appuie sur la pointe du coude droit d’A et tord la main d’A (paume vers le haut) en pressant vers le bas, les yeux sur A. A, ainsi pressé, apparemment privé d’avantage, le corps penchant en arrière au dehors, regarde B. L’action est à peu près celle de la figure 18, hormis la direction. Les deux se tordent ainsi mutuellement en cercle sans fin. La posture est celle de la figure 20.

(按)此式之動作。有人名之曰「掉手推手」。卽掉轉其手之意。然亦有人名之曰。「拿手手推」。其意即拿住對方之手。而推之也。
(Note) Certains appellent cette action « poussée de la main qui se retourne » — l’idée de retourner la main ; d’autres l’appellent « pousser en saisissant la main » — l’idée de saisir la main de l’adversaire et de pousser.
Douzième figure — « trois personnes, deux mains contre une main, des deux côtés »
戊第十二式 「左右三人雙手推單手」之使用及練法
▲說明
此式之推手。為三人練習之用。甲在當中。成為左右雙手推單手之姿勢。其動作與第九式。大致相同。丙先得機。向甲身按推。右膝彎曲為弓式。左腿伸直在後。全身重點。稍往前傾。右手按在甲右手背。左手按住甲之右肘尖。有向下擠按之意。兩眼注視甲手。
甲見丙推來。乃立涵胸擰腰。身往後坐。右腿斜直為虛。在腿屈曲為實。使丙不能侵及甲身。兩眼注視丙手。同時並以左手向乙方擠去。
乙見甲用擠勢推來。又如丙之以兩手掤住甲之左手背肘尖。立卽涵胸坐後。以避來勢。推須用右足在前。伸直為虛。左腿彎曲在後為實。此時甲之步法與丙為合步。與乙為對步。其姿勢如第十二式。第廿一圖是也。
Douzième figure — « trois personnes, deux mains contre une main, des deux côtés », usage et pratique. Explication. Cette poussée se pratique à trois. A est au centre, prenant la posture des deux mains poussant contre une main, des deux côtés. L’action est à peu près celle de la figure 9. C saisit le premier l’occasion : il pousse-an vers le corps d’A, le genou droit fléchi en arc, la jambe gauche tendue derrière, le poids un peu penché en avant, la main droite sur le dos de main droite d’A, la gauche sur la pointe du coude droit d’A, avec une intention de presser et pousser vers le bas, les yeux sur la main d’A.
A, voyant C pousser, creuse aussitôt la poitrine, tourne le bassin, s’assied en arrière : la jambe droite oblique et tendue, vide ; la gauche fléchie, pleine ; ainsi C ne peut atteindre le corps d’A. Les yeux suivent la main de C ; en même temps, de la main gauche, A presse vers B.
B, voyant A presser vers lui, comme C, bloque des deux mains le dos et le coude de la main gauche d’A ; il creuse aussitôt la poitrine et s’assied en arrière pour éviter la venue ; il faut que le pied droit soit devant, tendu, vide ; la jambe gauche fléchie derrière, pleine. Le pas d’A est alors concordant avec C, et en face avec B. La posture est celle de la figure 21.

承上式。乙先乘勢往下按推。右足在前曲膝。變為弓式。左足在後伸直。全身重點。稍往前傾。有往甲方擠推之意。兩眼注視甲手。
甲見乙推來。乃立即涵胸擰腰。身往後坐。左足斜直為虛。右足屈曲為實。使乙不能侵及甲身。向丙方變為弓式。同時並以右手向丙方擠去。兩眼注視丙手。
丙見甲用擠勢推來。又如乙之以两手掤住甲之右手背及肘尖。立即涵胸坐後。以避來勢。兼有往外斜捋之意。但以右足在前。伸直為虛。左腿彎曲。在後為實。兩眼注視甲手。此時甲之步。與丙為對步。與乙為合步。其姿勢如第十二式。第廿二圖是也。
Poursuivant, B saisit l’élan et pousse vers le bas : le pied droit devant, genou fléchi en arc, la jambe gauche tendue derrière, le poids un peu penché en avant, avec l’intention de presser et pousser vers A, les yeux sur la main d’A.
A, voyant B pousser, creuse aussitôt la poitrine, tourne le bassin, s’assied en arrière : la jambe gauche oblique et tendue, vide ; la droite fléchie, pleine ; ainsi B ne peut atteindre le corps d’A. Vers C, il passe en arc ; en même temps, de la main droite, il presse vers C, les yeux sur la main de C.
C, voyant A presser vers lui, comme B bloque des deux mains le dos et le coude de la main droite d’A ; aussitôt il creuse la poitrine et s’assied en arrière pour éviter la venue, avec une intention de rouler obliquement au-dehors ; le pied droit devant, tendu, vide, la jambe gauche fléchie derrière, pleine, les yeux sur la main d’A. Le pas d’A est alors en face avec C, et concordant avec B. La posture est celle de la figure 22.

(按)如丙方往下按化甲擠。甲則同時向乙方擠去。迄乙叉按化甲擠。甲則反向丙方擠去。須隨屈就伸。為左右合步。擰身涵胸。則活潑自如。依此循環練習。三人須同一致之動作。方能得着此中立妙也。
凡在推手時。須全身各部。一氣整動。方能收效。如若散漫。則不易將敵方推倒也。
(Note) Si C pousse vers le bas pour neutraliser la poussée d’A, A presse en même temps vers B ; quand B, à son tour, pousse et neutralise la poussée d’A, A presse en sens contraire vers C. Il faut suivre la courbure et s’étendre, en pas concordants de gauche et de droite ; tourner le corps, creuser la poitrine, et tout devient aisé. En pratiquant ainsi en cercle, les trois doivent être d’un même mouvement pour saisir cette merveille du centre.
En poussant, il faut que toutes les parties du corps se meurent d’un seul souffle, comme un tout, pour obtenir un résultat ; si tout est dispersé, on n’arrivera pas à renverser facilement l’adversaire.
「附誌」推手演式者
(甲)顧汝章
(乙)白志祥
(丙)唐啓賢
Note. Les démonstrateurs de la poussée des mains : (A) Gu Ruzhang ; (B) Bai Zhixiang ; (C) Tang Qixian.
Note complémentaire sur le pas
補述
太極推手。其法甚多。千變萬化。循環不已。而步法亦殊重要。如合步推手。對步推手。活步推手。順步推手。速步推手。及一步三手等等。胥皆由掤。捋。擠。按。採。挒。肘。靠。而產生者也。所謂合步者。如第八式是也。對步者。如第十式是也。活步者。兩人同時活動其步也(即動三次足。實上二次步。一次在原地)。若甲前進。則乙後退。反之亦然。但此式又可變為合步。或順步。順步者。兩人之足。皆順在一邊之意也。如甲右足在前。左足在後。乙左足在前。右足在後是也。夫順步。亦可變為活步。或合步。至於速步者。專為練習步法敏捷。氣力增長。前進後退。各無一定之姿勢。此擠彼按。甲掤乙捋。隨意變換。旋轉不停也。一步三手者。卽兩人相推三次。甲上前一步。乙退後一步之謂也。綜上各式。皆用四正推手法。(雙搭手)應由掤。捋。擠。按。依序而進。其變化處。請參閱各式之說明便知矣。不過其步法之不同耳。
Note complémentaire. La poussée des mains du taiji a bien des méthodes, changeant mille fois et circulant sans fin ; le pas y est très important. On a ainsi la poussée du pas concordant, du pas en face, du pas vivant, du pas favorable, du pas rapide, et la « une-enjambée trois-mains », etc. — toutes issues de peng-lü-ji-an-cai-lie-zhou-kao. Le pas concordant, c’est celui de la figure 8 ; le pas en face, celui de la figure 10 ; le pas vivant, quand les deux bougent ensemble leur pas (trois mouvements de pied, en réalité deux pas, un sur place) : si A avance, B recule, et inversement ; mais cette forme peut devenir pas concordant ou pas favorable. Le pas favorable : les pieds des deux sont du même côté — A pied droit devant, gauche derrière, B pied gauche devant, droit derrière. Le pas favorable peut devenir vivant ou concordant. Quant au pas rapide, il sert à exercer l’agilité du pas et l’accroissement de souffle et de force ; avance et retraite, sans posture fixe : l’un pousse, l’autre appuie ; A pare, B roule ; on change à volonté, en tournant sans cesse. La « une-enjambée trois-mains » : les deux se poussent trois fois, A avance d’un pas, B recule d’un pas. Toutes ces formes utilisent la poussée des quatre techniques cardinales (les deux mains posées), en suivant l’ordre peng-lü-ji-an ; quant aux changements, voir les explications de chaque figure — seule diffère la marche.
Notes du traducteur
- Gu Ruzhang (顧汝章, 1894-1952) : maître natif de Funing (Jiangsu), disciple de l’école du Wudang, célèbre pour la puissance de sa paume (il perçait, dit-on, brique et tuile du bout des doigts) et pour sa maîtrise ferrique (le « pont de fer »). Exécuteur et enseignant de premier rang aux examens nationaux de 1928 de l’Académie centrale d’arts martiaux, il fonda plus tard une école à Guangzhou. Son manuel, publié en mai 1936, est aujourd’hui dans le domaine public (l’auteur est mort depuis plus de 50 ans).
- Tui shou (推手) : « poussée des mains », l’exercice à deux par lequel l’adepte apprend à écouter le jin de l’adversaire et à lui répondre sans force.
- Les huit techniques : peng (掤, parer), lü (捋, rouler), ji (擠, presser), an (按, pousser), cai (採, arracher), lie (挒, déchirer), zhou (肘, coude), kao (靠, frapper de l’épaule). Les quatre premières sont cardinales (四正), les quatre suivantes diagonales (四隅).
- Jin (勁) : la force interne du taiji, conduite par l’intention, distincte de la force musculaire brute. Le livre insiste sur l’acquisition du dong jin (懂勁, la « compréhension du jin »), but ultime de la poussée des mains.
- Le pas : le manuel distingue le pas concordant (he bu, 合步), le pas en face (dui bu, 對步), le pas vivant (huo bu, 活步), le pas favorable (shun bu, 順步) et le pas rapide (su bu, 速步).
- Les photographies : les vingt-deux planches reproduites figurent les exercices de poussée des mains, démontrés par Gu Ruzhang (A), Bai Zhixiang (B) et Tang Qixian (C), tels qu’imprimés dans l’édition originale de 1936. Ce sont des scans du livre lui-même, du domaine public.
Le texte original fait partie du manuel de taiji quan de Gu Ruzhang (太極拳, 1936). Les images reproduites sont des scans des planches originales de l’édition de 1936 de ce manuel, un ouvrage aujourd’hui dans le domaine public. La traduction française — réalisée directement à partir du texte chinois — et les notes sont une création de ce site. Le texte chinois original a été consulté sur la page de Paul Brennan : « The Taiji Manual of Gu Ruzhang ».