L’annexe que nous traduisons ici provient du recueil de Chen Yanlin (陳炎林), Taiji quan dao jian gan san shou he bian (太極拳刀劍桿散手合編, 1943). Elle rassemble, en un véritable « sommaire de la théorie du taiji quan », un ensemble de textes fondamentaux du corpus classique : le Traité du taiji quan (太極拳論), le Classique du taiji quan (太極拳經), la Compréhension de la pratique des treize postures (十三勢行功心解), le Chant des mains (打手歌), les Sept chants d’un manuscrit de l’époque Qianlong, le Sens véritable du taiji quan (太極拳眞義), le Chant des huit techniques (八字歌), le Traité sur la compréhension mentale (心會論), le Traité sur l’usage complet du corps (週身大用論), le Traité des seize points essentiels (十六關要論), le Chant de la fonction (功用歌), les Cinq enseignements (用功五誌), le Dictionnaire des cinq caractères (五字訣), le Secret du relâchement (撒放密訣), les Points essentiels fondamentaux (太極拳基本要點), et enfin le tableau lui-même, la Taiji quan biao jie (太極拳表解).

Le Taiji quan lun ayant déjà fait l’objet d’un article séparé sur ce site, nous ne reproduisons ici que les autres pièces de l’annexe. Les textes classiques de la théorie du taiji quan sont dans le domaine public ; le tableau Taiji quan biao jie qui les condense reproduit ces mêmes passages sous forme de tableau, et les reproductions ci-dessous sont des scans du texte chinois original.

Taiji quan jing (太極拳經) — Le Classique du taiji quan

太極者。無極而生。陰陽之母也。動之則分。靜之則合。無過不及。隨屈就伸。人剛我柔謂之走。我順人背謂之黏。動急則急應。動緩則緩隨。雖變化萬端。而理為一貫。由着熟而漸悟懂勁。由懂勁而階及神明。然非功力之久。不能豁然貫通焉。虛領頂勁。氣沉丹田。不偏不倚。忽隱忽現。左重則左虛。右重則右杳。仰之則彌高。俯之則彌深。進之則愈長。退之則愈促。一羽不能加。蠅蟲不能落。人不知我。我獨知人。英雄所向無敵。蓋皆由此而及也。斯技旁門甚多。雖勢有區別。槪不外乎壯欺弱。慢讓快耳。有力打無力。手慢讓手快。是皆先天自然之能。非關學力而有為也。察四兩撥千斤之句。顯非力勝。觀耄耋能禦衆之形。快何能為。立如平準。活似車輪。偏沉則隨。雙重則滯。每見數年純功。不能運化者。率自為人制。雙重之病未悟耳。欲避此病。須知陰陽相濟。方為懂勁。懂勁後。愈練愈精。默識揣摩。漸至從心所欲。本是捨己從人。多誤舍近求遠。所謂差之毫釐。謬以千里。學者不可不詳辨焉。

Le taiji naît du wuji (無極) ; il est la mère du yin et du yang. En mouvement, ils se distinguent ; au repos, ils se confondent. Sans excès ni manque, on ploie puis on s’étend. L’autre est dur et je suis souple : c’est céder (走). Je suis à mon aise et l’autre est en difficulté : c’est coller (黏). À mouvement rapide, réponse rapide ; à mouvement lent, suivi lent. Bien que les changements soient infinis, le principe demeure un et continu. Par la maîtrise des techniques, on comprend peu à peu le jin (勁) ; du jin compris, on s’élève par degrés jusqu’à la clarté spirituelle. Mais sans de longues années d’effort, on ne peut atteindre la compréhension soudaine et totale. La nuque légère, l’énergie au sommet du crâne ; le souffle descend au dantian. Ni incliné ni appuyé ; tantôt caché, tantôt visible. Si le côté gauche est lourd, le gauche se vide ; si le droit est lourd, le droit s’évanouit. Qu’on s’élève contre lui, il est plus haut ; qu’on plonge, il est plus profond. Qu’on avance, il s’allonge ; qu’on recule, il se resserre. Une plume ne peut s’y ajouter, une mouche ne peut s’y poser. L’autre ne me connaît pas ; moi seul je connais l’autre. Les héros sont invincibles : tous y parviennent par cette voie. Les voies latérales de cet art sont nombreuses ; bien que leurs formes diffèrent, elles ne sortent guère du fort qui opprime le faible, du lent qui cède au rapide. La force bat la faiblesse, la main lente cède à la main rapide : ce sont des dons naturels, non le fruit de l’étude. Voyez l’adage « quatre onces déplacent mille livres » : c’est clairement une victoire non acquise par la force. Regardez le vieillard qui repousse la foule : que peut la vitesse ? Se tenir comme une balance, bouger comme une roue. Pencher d’un côté, c’est suivre ; peser des deux côtés, c’est s’engorger. Souvent, après des années de bonne pratique, on ne sait pas transformer et l’on est dominé : on n’a pas compris la maladie du double poids. Pour éviter ce défaut, il faut savoir que yin et yang s’entraident : alors on comprend le jin. Le jin compris, plus on pratique, plus on s’affine ; en méditant et en étudiant, on parvient peu à peu à ce que le cœur désire. À l’origine, il s’agit de s’oublier soi-même pour suivre l’autre ; beaucoup se trompent en cherchant loin ce qui est près. Comme on dit : « un écart d’un cheveu, une erreur de mille lieues. » L’étudiant doit examiner cela avec soin.

Shisan shi xinggong xinjie (十三勢行功心解) — Comprendre la pratique des treize postures

以心行氣。務令沉着。乃能收斂入骨。以氣運身。務令順遂。乃能便利從心。精神能提得起。則無遲重之虞。所謂頂頭懸也。意氣須換得靈。乃有圓活之妙。所謂變轉虛實也。發勁須沉着鬆淨。專主一方。立身須中正安舒。支撑八面。行氣如九曲珠。無往不利。(氣遍身軀之謂)運勁如百煉鋼。無堅不摧。形如搏兔之鵠。神如捕鼠之貓。靜如山岳。動如江河。蓄勁如開弓。發勁如放箭。曲中求直。蓄而後發。力由脊發。步隨身換。收卽是放。斷而復連。往復須有摺疊。進退須有轉換。極柔軟。然後極堅剛。能呼吸。然後能靈活。氣以直養而無害。勁以曲蓄而有餘。心為令。氣為旗。腰為纛。先求開展。後求緊凑。乃可臻於縝密矣。

Conduire le souffle par le cœur : il faut le faire descendre et se déposer, afin qu’il puisse se recueillir dans les os. Mouvoir le corps par le souffle : il faut le rendre fluide, afin que le corps obéisse aisément. Si l’esprit peut être soulevé, on n’a plus à craindre la lenteur ni la pesanteur : c’est ce qu’on appelle « la tête suspendue au sommet ». L’intention et le souffle doivent alterner avec souplesse : alors naît la qualité de la rondeur et de la vie — c’est ce qu’on appelle « le changement du vide et du plein ». Pour émettre le jin, il faut être pondéré, relâché et net, concentré sur une seule direction. Pour se tenir, il faut être droit et à l’aise, soutenir les huit directions. Mouvoir le souffle comme une perle aux neuf inflexions : rien ne lui résiste (le souffle imprègne tout le corps). Manier le jin comme l’acier cent fois forgé : rien de dur ne lui tient tête. La forme est celle de l’épervier qui saisit le lapin ; l’esprit, celui du chat qui guette la souris. Au repos, immobile comme une montagne ; en mouvement, comme un fleuve. Amasser le jin comme on bande un arc ; l’émettre comme on décoche une flèche. Dans la courbe, chercher la droite ; amasser puis émettre. La force naît de la colonne ; le pas suit les déplacements du corps. Se resserrer, c’est déjà relâcher ; le discontinu renoue le continu. Le va-et-vient doit comporter des plis ; l’avance et la retraite, des changements. D’une extrême souplesse, on passe à une extrême dureté. Savoir respirer, puis savoir être agile. Nourrir le souffle avec droiture, sans l’altérer ; amasser le jin dans la courbe, avec abondance. Le cœur donne l’ordre, le souffle fait la bannière, la taille est l’étendard. Chercher d’abord l’ouverture, puis le resserrement : on atteint alors la finesse.

又曰。彼不動。己不動。彼微動。己先動。勁似鬆非鬆。將展未展。勁斷意不斷。

Il est dit encore : il ne bouge pas, je ne bouge pas ; il bouge un peu, j’ai déjà bougé. Le jin semble relâché sans l’être, prêt à s’étendre sans encore s’étendre ; le jin se rompt, mais l’intention ne se rompt pas.

又曰。先在心。後在身。腹鬆氣沉入骨。神舒體靜。刻刻在心。切記一動無有不動。一靜無有不靜。牽動往來氣貼背。而斂入脊骨。內固精神。外示安逸。邁步如貓行。運勁如抽絲。全身意在精神。不在氣。在氣則滯。有氣者無力。無氣者純剛。氣若車輪。腰如車軸。

Il est dit encore : d’abord dans le cœur, ensuite dans le corps. Le ventre relâché, le souffle descend dans les os. L’esprit à l’aise, le corps tranquille : à chaque instant, garde-le en mémoire. Souviens-toi : qu’une partie bouge, tout bouge ; qu’une partie s’arrête, tout s’arrête. Le mouvement qui va et vient fait adhérer le souffle au dos, puis le recueille dans la colonne. Au-dedans, consolider l’esprit ; au-dehors, montrer l’aisance. Faire le pas comme un chat ; mouvoir le jin comme on tire du fil de soie. Dans tout le corps, l’intention porte sur l’esprit, non sur le souffle ; si l’on se fixe sur le souffle, on s’engorge. Avec le souffle, point de force ; sans le souffle, pure dureté. Le souffle est comme la roue, la taille en est l’essieu.

Da shou ge (打手歌) — Le Chant des mains

掤捋擠按須認眞。 上下相隨人難進。 任他巨力來打吾。 牽動四兩撥千斤。 引進落空合卽出。 沾連黏隨不丢頂。

Peng, lü, ji, an doivent être pris au sérieux. Le haut et le bas se suivent : l’autre a peine à entrer. Qu’il vienne me frapper de toute sa force, je pousse quatre onces qui écartent mille livres. Je l’attire et il tombe dans le vide, puis je le ferme et le relâche. Je le colle, le lie, l’adhère et le suis, sans le laisser partir ni le heurter.

Qianlong jiu chao ben taiji quan jing ge jue (乾隆舊鈔本太極拳經歌訣七首) — Sept chants d’un manuscrit de l’époque Qianlong

歌訣(一) — Chant un

順項貫頂兩膀鬆。束烈下氣把襠撑。 胃音開勁兩捶爭。五指抓地上彎弓。

Étire le cou et traverse le sommet du crâne, les deux épaules relâchées. Laisse le souffle descendre avec force et soutiens le haut des cuisses. Émets le jin du fond du ventre, les deux poings se disputent. Les cinq doigts agrippent le sol, le haut du corps se courbe comme un arc.

歌訣(二) — Chant deux

舉動輕靈神內斂。莫教斷續一氣研。 左宜右有虛實處。意上寓下後天還。

Bouge légèrement et agilement, l’esprit rassemblé au-dedans. Ne laisse point d’interruption ; travaille en un seul souffle. Quand la gauche agit, la droite a aussi son rôle : vide et plein ont leur place. Quand l’intention monte et renferme la descente, la nature acquise revient.

歌訣(三) — Chant trois

拿住丹田鍊內功。哼哈二氣妙無窮。 動分靜合屈伸就。緩應急隨理貫通。

Maintenir le dantian pour fondre le travail interne. Dans les deux souffles « heng » et « ha », les subtilités sont infinies. Le mouvement divise, le repos unit ; plier et étendre s’accomplissent. Répondre lentement au lent, suivre le rapide : le principe se fait jour.

歌訣(四) — Chant quatre

忽隱忽現進則長。一羽不加至道藏。 手慢手快皆非似。四兩撥千運化良。

Tantôt caché, tantôt visible ; plus on avance, plus il s’allonge. Quand une plume ne peut s’ajouter, la Voie suprême s’y tient cachée. Main lente ou main rapide, ni l’une ni l’autre n’y ressemble. Quand quatre onces écartent mille livres, la neutralisation est excellente.

歌訣(五) — Chant cinq

掤捋擠按四方正。採挒肘靠斜角成。 乾坤震兌乃八卦。進退顧盼定五行。

Peng, lü, ji, an sont les quatre directions droites. Cai, lie, zhou, kao forment les quatre angles obliques. Qian, kun, [kan, li,] et [xun,] zhen, dui, [gen] font les huit trigrammes. Avancer, reculer, regarder, veiller, tenir font les cinq éléments.

歌訣(六) (卽十三勢歌) — Chant six (le Chant des treize postures)

十三總勢莫輕視。命意源頭在腰隙。 變轉虛實須留意。氣遍身軀不少滯。 靜中觸動動猶靜。因敵變化示神奇。 勢勢揆心須用意。得來不覺費工夫。 刻刻留心在腰間。腹內鬆淨氣騰然。 尾閭中正神貫頂。滿身輕利頂頭懸。 仔細留心向推求。屈伸開合聽自由。 入門引路須口授。工夫無息法自修。 若言體用何為準。意氣君來骨肉臣。 想推用意終何在。益壽延年不老春。 歌兮歌兮百卌字。字字眞切義無遺。 若不向此推求去。枉費工夫貽歎息。

Ne méprise aucune des treize postures, leur commandement naît du pli de la taille. À ton attention, le changement du vide au plein : le souffle traverse tout le corps, sans jamais s’engorger. Au repos, le mouvement s’éveille, et en mouvement semble encore reposer ; la merveille est de changer en s’accordant à l’ennemi. Dans chaque posture, estime le cœur et use de l’intention : l’obtenir ne demande pas d’effort. À chaque instant, reste attentif à la taille ; le ventre relâché et net, le souffle s’élève. Le coccyx bien droit, l’esprit traverse le sommet du crâne ; tout le corps léger et vif, la tête suspendue. Examine avec soin et cherche : plier, étendre, ouvrir, fermer, écoute ce qui est libre. Pour entrer par la porte, il faut une instruction orale ; pour ne pas interrompre le travail, la méthode se cultive soi-même. Corps et usage, qui fait la règle ? L’intention et le souffle sont le souverain, les os et la chair les sujets. Si tu penses à l’usage de l’intention, où est son but ? Prolonger la vie, vieillir sans hiver ni printemps. Chante, chante ces cent quarante caractères, chacun est vrai, le sens n’y manque. Si tu ne cherches pas là, tu perds ta peine et ne récoltes que des soupirs.

歌訣(七) — Chant sept

極柔卽剛極虛靈。運若抽絲處處明。 開展緊凑乃縝密。待機而動如貓行。

D’une extrême souplesse naît la dureté, d’une extrême vacuité la vivacité. Le mouvement, comme le fil de soie tiré, est clair en chaque point. Ouvrir puis resserrer donne la finesse. Attendre l’occasion, puis se mouvoir, et marcher comme un chat.

Taiji quan zhen yi (太極拳眞義) — Le Sens véritable du taiji quan

無形無象。忘其有己 全身透空。內外為一 忘物自然。隨心所欲 西山懸磬。海闊天空 虎吼猿鳴。煆煉陰精 泉清水靜。心死神活 翻江鬧海。元氣流動 盡性立命。神定氣足

Sans forme ni apparence : oublie que tu es là. Tout le corps transpercé de vide : dedans et dehors ne font qu’un. Oublie les choses et sois naturel : suis la volonté du cœur. Suspends la cloche au flanc occidental : le ciel est vaste et haut. Le tigre rugit, l’orang-outan crie : fondre l’essence yin. La source claire, l’eau tranquille : le cœur semble mort, l’esprit est vivant. Renverse le fleuve, agite la mer : l’énergie primordiale circule. Accomplir la nature, établir la destinée : l’esprit ferme, le souffle complet.

Ba zi ge (八字歌) — Le Chant des huit techniques

掤捋擠按世界稀。十個藝人十不知。 若能輕靈並堅硬。黏隨沾連俱無疑。 採挒肘靠更出奇。行之不用費心思。 果得沾連黏隨字(果能輕靈並堅硬)。得其環中不支離。

Peng, lü, ji, an sont rares en ce monde : sur dix experts, dix les ignorent. Mais si l’on est à la fois léger et ferme, adhérer, suivre, coller, lier sont sans mystère. Cai, lie, zhou, kao sont plus extraordinaires encore ; les exécuter ne demande pas de peiner l’esprit. Si vraiment l’on obtient adhérer, suivre, coller, lier (avant tout être léger et ferme), l’on gagne le centre du cercle et ne se disloque jamais.

Xin hui lun (心會論) — Le Traité de la compréhension mentale

腰脊為第一之主宰。喉頭為第二之主宰。心地為第三之主宰。 丹田為第一之賓輔。指掌為第二之賓輔。足掌為第三之賓輔。

La taille et la colonne sont le premier souverain ; la gorge, le second ; le plexus, le troisième. Le dantian est le premier assistant ; les doigts et les paumes, le second ; les plantes des pieds, le troisième.

Zhou shen da yong lun (週身大用論) — Le Traité de l’usage complet du corps

一要心性與意靜。自然無處不輕靈。二要遍體氣流行。一定繼續不能停。三要喉頭永不拋。問盡天下衆英豪。如詢大功因何得。表裏精粗無不到。

Première exigence : l’esprit et l’intention tranquilles — naturellement, en chaque point, on est léger et agile. Deuxième exigence : le souffle parcourt tout le corps, en une continuité qui ne s’arrête point. Troisième exigence : ne jamais abandonner la gorge — on tient tête aux héros du monde. Si l’on demande comment parvient-on à cette grande réussite : intérieur et extérieur, subtil et grossier, nul point n’échappe.

Shi liu guan yao lun (十六關要論) — Le Traité des seize points essentiels

旋之於足。行之於腿。蹤之於膝。活潑於腰。靈通於背。神貫於頂。流行於氣。運之於掌。通之於指。斂之於髓。達之於神。凝之於耳。息之於鼻。呼吸於肺。往來於口。渾噩於身。全體發之於毛。

La rotation repose sur les pieds. Le déplacement, sur les jambes. L’élasticité, sur les genoux. La vivacité, sur la taille. La souplesse, sur le dos. L’esprit traverse le sommet du crâne. La circulation, sur le souffle. Le maniement repose sur les paumes. La communication, sur les doigts. La concentration, dans la moelle. L’essor, sur l’esprit. La fixation, sur les oreilles. La respiration passe par le nez. La respiration travaille dans les poumons. L’aller et le retour se font à la bouche. La simplicité repose sur le corps. L’émission du corps entier atteint jusqu’aux poils.

Gong yong ge (功用歌) — Le Chant de la fonction

輕靈活潑求懂勁。陰陽相濟無滯病。 若得四兩撥千斤。開合鼓盪主宰定。

Léger, agile, vif : chercher à comprendre le jin. Yin et yang s’entraident : point de maladie de l’engorgement. Si l’on obtient « quatre onces écartent mille livres », ouvrir, fermer, agiter : le maître est fixé.

Yong gong wu zhi (用功五誌) — Cinq enseignements pour le travail

博學。足多功夫 審問。非口問是聽勁 愼思。時時想念 明擺。生生不已 篤行。如天行健

Étudier abondamment : la connaissance acquise conduit à une grande habileté. S’interroger minutieusement : il ne s’agit pas d’interroger de vive voix, mais d’écouter le jin. Méditer avec soin : penser sans cesse. Discerner clairement : le vivant ne cesse de renaître. Pratiquer avec fermeté : comme la nature qui agit avec vigueur.

Wu zi jue (五字訣) — Le Dictionnaire des cinq caractères

一曰心靜。心不靜則不專一。一舉手。前後左右。全無定向。起初舉動。未能由己。要悉心體認。隨人所動。隨屈就伸。不丢不頂。勿自伸縮。彼有力。我亦有力。我力在先。彼無力。我亦有力。我意仍在先。要刻刻留心。挨何處。心要用在何處。須向不丢不頂中討消息。從此做去。一年半載。便能施於身。此全是用意。不是用勁。久之則人為我制。我不為人制矣。

二曰身靈。身滯則進退不能自如。故要身靈。舉手不可有呆像。彼之力方礙我皮毛。我之意已入彼骨裏。兩手支撑。一氣貫穿。左重則左虛。而右已去。右重則右虛。而左已去。氣如車輪。週身俱要相隨。有不相隨處。身便散亂。便不得力。其病於腰腿求之。先以心使身。從人不從己。後身能從心。由己仍從人。由己則滯。從人則活。能從人。手上便有分寸。秤彼勁之大小。分厘不錯。權彼來之長短。毫髮無差。前進後退。處處恰合。工彌久而技彌精。

三曰氣斂。氣勢散漫。便無含蓄。身易散亂。務使氣斂入骨。呼吸通靈。周身罔間。吸為蓄。呼為發。蓋吸則自然提得起。亦拏得人起。呼則自然沉得下。亦放得人出。此是以意運氣。非以力運氣也。

四曰勁整。一身之勁。練成一家。分清虛實。發勁要有根源。勁起於脚根。主宰於腰。形於手指。發於脊背。又要提起全副精神。於彼勁將出未發之際。我勁已接入彼勁。恰好不後不先。如皮燃火。如泉湧出。前進後退。無絲毫散亂。曲中求直。蓄而後發。方能隨手奏效。此謂借力打人。四兩撥千斤也。

五曰神聚。上四者俱備。總歸神聚。神聚則一氣鼓鑄。練氣歸神。氣勢騰挪。精神貫注。開合有數。虛實清楚。左虛則右實。右虛則左實。虛非全然無力。氣勢要有騰挪。實非全然占煞。精神要貴貫注。力從人借。氣由脊發。胡能氣由脊發。氣向下沉。由兩肩收入脊骨。注於腰間。此氣之由上而下也。謂之合。由腰形於脊骨。布於兩膊。施於手指。此氣之由下而上也。謂之開。合便是收。開便是放。能懂得開合。便知陰陽。到此地位。工用一日。技精一日。漸至從心所欲。罔不如意矣。

Premièrement, le cœur tranquille. Si le cœur n’est pas tranquille, il n’est point concentré. Dès qu’on lève la main, devant, derrière, à gauche, à droite — tout est sans direction. Au début du mouvement, on n’est pas encore maître de soi : il faut s’appliquer de tout son cœur à percevoir, se mouvoir selon l’autre, plier puis s’étendre ; ni lâcher ni heurter ; ne pas se contracter de son propre chef. Il a de la force, j’ai de la force aussi — ma force vient en premier. Il n’a pas de force, j’ai encore de la force — mon intention vient toujours en premier. Il faut être attentif à chaque instant : là où il touche, là doit se porter le cœur. Il faut chercher les indices dans ce ni-lâcher-ni-heurt. En s’y exerçant ainsi, au bout d’un an ou deux, on le met en œuvre dans le corps. Tout ceci est usage de l’intention, non du jin. Avec le temps, l’autre est sous mon contrôle, et je ne suis plus sous le sien.

Deuxièmement, le corps souple. Si le corps est engourdi, l’avance et la retraite ne vont pas d’elles-mêmes : il faut donc rendre le corps souple. Lever la main ne doit jamais avoir l’air figé. Tandis que sa force touche à peine ma peau, mon intention est déjà entrée dans ses os. Les deux mains soutiennent, traversées d’un seul souffle. Si la gauche est lourde, la gauche se vide et la droite est déjà partie ; si la droite est lourde, la droite se vide et la gauche est déjà partie. Le souffle est comme une roue : tout le corps doit la suivre. Là où il ne suit pas, le corps se disperse et perd sa force ; la faute s’en cherche dans la taille et les jambes. D’abord, par le cœur, on meut le corps : suivre l’autre et non soi-même. Ensuite, le corps peut suivre le cœur : prendre par soi est encore suivre l’autre. Se fier à soi, c’est s’engorger ; suivre l’autre, c’est être vivant. Si l’on sait suivre l’autre, la main a sa juste mesure : on pèse la grandeur de son jin sans la moindre erreur, on mesure la longueur de son arrivée sans le moindre écart. Avancer, reculer : tout tombe juste. Plus le travail dure, plus l’habileté s’affine.

Troisièmement, le souffle recueilli. Si le maniement du souffle se disperse, il n’y a plus de retenue et le corps se désagrège aisément. Il faut faire recueillir le souffle dans les os ; la respiration devient communicative et le corps, sans interstice. L’inspiration est amas, l’expiration est émission. Par l’inspiration, on soulève naturellement, et l’on peut aussi soulever l’autre ; par l’expiration, on descend naturellement, et l’on peut aussi projeter l’autre. C’est mouvoir le souffle par l’intention, non par la force.

Quatrièmement, le jin entier. Tout le jin du corps se fond en une seule famille ; distinguer nettement vide et plein. L’émission doit avoir une racine : le jin naît des talons, le maître est la taille, il se forme dans les doigts et jaillit du dos. Il faut aussi soulever toute son énergie : à l’instant où son jin va sortir sans encore sortir, mon jin s’est déjà joint au sien, ni en retard ni en avance — comme la peau qui s’enflamme, comme la source qui jaillit. Avancer, reculer : pas la moindre dispersion. Dans la courbe chercher la droite, amasser puis émettre — alors la main fait merveille. C’est ce qu’on nomme : frapper en empruntant la force du partenaire, « quatre onces déplacent mille livres ».

Cinquièmement, l’esprit rassemblé. Quand les quatre précédentes sont réunies, tout revient à l’esprit rassemblé. L’esprit rassemblé, le souffle se fond et se forge, et le jin se pratique en revenant à l’esprit. Le mouvement du souffle est vif, l’esprit entier. L’ouverture et la fermeture ont leur compte ; vide et plein sont clairs. Si la gauche est vide, la droite est pleine ; si la droite est vide, la gauche est pleine. Le vide n’est pas un dénuement complet : le souffle doit y bondir. Le plein n’est pas une occupation totale : l’esprit doit s’y concentrer. La force s’emprunte à l’autre ; le souffle jaillit de la colonne. Comment le souffle jaillit-il de la colonne ? Il descend, et des deux épaules se recueille dans la colonne, se concentre à la taille : ce souffle allant du haut vers le bas s’appelle fermer. Puis, de la taille, il se forme dans la colonne, se répand dans les deux bras, s’exerce aux doigts : ce souffle allant du bas vers le haut s’appelle ouvrir. Fermer, c’est recueillir ; ouvrir, c’est relâcher. Qui comprend l’ouverture et la fermeture connaît le yin et le yang. Parvenu à ce point, un jour de travail, un jour d’habileté ; peu à peu, l’on atteint ce que le cœur désire, et rien ne résiste.

Sa fang mi jue (撒放密訣) — Le Secret du relâchement

一曰擎。擎開彼身借彼力。 二曰引。引到身前勁始蓄。 三曰鬆。鬆開我勁勿使屈。 四曰放。放時腰脚認端的。

Un : soulever — je soulève son corps et emprunte sa force. Deux : attirer — une fois attiré devant moi, mon jin commence à s’amasser. Trois : relâcher — je détends mon jin sans le laisser s’effondrer. Quatre : projeter — au moment de projeter, la taille et les pieds en sont le véritable point d’appui.

Taiji quan jiben yaodian (太極拳基本要點) — Les points essentiels fondamentaux

(一)虛領頂勁。(二)眼神注視。(三)含胸拔背。(四)沉肩垂肘。(五)坐腕伸指。(六)身體中正。(七)尾閭收住。(八)鬆腰鬆胯。(九)膝部如鬆非鬆。(十)足掌貼地。(十一)分清虛實。(十二)上下相隨。週身一致。(一動無有不動。一靜無有不靜。)(十三)內外相合。呼吸自然。(當呼者呼。當吸者吸。)(十四)用意不用力。(十五)氣遍週身。分行上下。(貼於脊背。沉於丹田。)(十六)意氣相連。(十七)式式勢順。不拗不背。週身舒適。(十八)式式均匀。(不快不慢)綿綿不斷。(外式如此。意與內勁亦然。)(十九)姿勢無過或不及。當求其中正。(二十)用法含而不露。(二一)動中求靜。(心靜無思無慮。)靜中求動。(內氣運用。)(二二)輕則靈。靈則動。動則變。

  1. Presser doucement le sommet du crâne. 2. Le regard fixe et attentif. 3. Rentrer la poitrine et redresser le dos. 4. Baisser les épaules et laisser pendre les coudes.
  2. Poser les poignets et étendre les doigts. 6. Le corps droit et centré. 7. Le coccyx rentré. 8. Détendre la taille et les hanches. 9. Les genoux, relâchés sans l’être.
  3. Les plantes des pieds adhèrent au sol. 11. Distinguer clairement vide et plein.
  4. Le haut et le bas se suivent, le corps entier est un (qu’une partie bouge, tout bouge ; qu’une partie s’arrête, tout s’arrête). 13. Dedans et dehors s’accordent, la respiration naturelle (quand il faut expirer, expirer ; quand il faut inspirer, inspirer). 14. User de l’intention, non de la force. 15. Le souffle parcourt tout le corps et se répartit en haut et en bas (il adhère au dos, descend au dantian).
  5. L’intention et le souffle sont liés. 17. Chaque posture est fluide, ni contrainte ni à contresens, le corps entier à l’aise. 18. Chaque posture est égale (ni rapide ni lente), d’un fil ininterrompu (il en va de même à l’extérieur comme pour l’intention et le jin interne). 19. Les postures n’excèdent ni ne manquent ; chercher le juste milieu. 20. L’application demeure voilée, sans se dévoiler. 21. Dans le mouvement, chercher le repos (cœur tranquille, sans pensée ni souci) ; dans le repos, chercher le mouvement (l’usage du souffle interne). 22. La légèreté donne la sensibilité, la sensibilité donne le mouvement, le mouvement donne l’adaptation.

Taiji quan biao jie (太極拳表解) — Le tableau de la théorie du taiji quan

Le tableau ci-dessous condense les grands textes — principalement le Traité, le Classique, la Compréhension de la pratique, le Chant des mains et le Chant des treize postures — en deux parties : la théorie (yuan li, 原理) et la fonction (ying yong, 應用).

Tableau général de la théorie du taiji quan (太極拳表解), page originale du recueil de Chen Yanlin, 1943

原理 (yuan li) — Théorie

主旨 (zhu zhi) — Principes directeurs

以心行氣

以心行氣 意到氣亦到 務令沉著,久則內勁增長,但非格外運氣。

« Conduire le souffle par le cœur. » — « Le souffle arrive là où va l’intention. » « Il faut le faire descendre et se déposer » ; avec le temps, le jin interne augmente, mais sans jamais forcer la circulation du souffle.

以氣運身

以氣運身 氣動身亦動 氣要順遂,則身能便利從心。

« Mouvoir le corps par le souffle. » — « Le corps bouge quand le souffle bouge. » « Il faut que le souffle soit fluide, alors le corps obéit aisément au cœur. »

以心行氣,以氣運身,自能從心所欲,毫無阻滯。俟後天之力化盡,先天之內勁自然增長,由習慣而成自然,則一切意想力,自能支配生理作用。故曰,「勢勢存心揆用意,得來全不費工夫。」又云,「默識揣摩,漸至從心所欲。」

Par le cœur conduire le souffle, par le souffle mouvoir le corps : naturellement l’on obtient ce que le cœur désire, sans la moindre obstruction. Attendre que les forces acquises se soient épuisées, et le jin interne inné s’accroît naturellement, jusqu’à ce que l’habitude devienne nature : alors toutes les forces de l’imagination gouvernent les effets physiologiques. C’est pourquoi il est dit : « Dans chaque posture, estime le cœur et use de l’intention, l’obtenir ne demande pas d’effort. » Et aussi : « En méditant et en étudiant, on parvient peu à peu à ce que le cœur désire. »

心神宜內斂

心神宜內斂

« L’esprit doit se recueillir au-dedans. » Que l’on travaille la forme isolée ou le pousser des mains, l’esprit doit être concentré et jamais dispersé ; sinon le souffle se disperse et l’on n’en tire aucun profit. Le point-clé du taiji quan tient tout entier dans ce mot, le repos : « au-dedans, consolider l’esprit ; au-dehors, montrer l’aisance. »

行氣宜鼓盪

行氣宜鼓盪

« Le souffle convient d’être soulevé et agité. » Ceci implique de ne pas peser durement sur le dantian : que le souffle s’y dépose ou adhère au dos, il doit toujours avancer doucement.

氣以直養而無害

氣以直養而無害

« Nourrir le souffle avec droiture, sans l’altérer. » C’est nourrir le souffle inné : nourrir le souffle, c’est suivre le naturel, d’où une réserve sans limites. Ce n’est point manier le souffle acquis, car ce maniement entraîne de grands abus, et cette réserve, elle, est limitée.

週身宜輕靈

週身宜輕靈

« Tout le corps doit être léger et agile. » — Léger : tous les mouvements doivent être commandés par la seule intention ; si l’on lève la main, un frémissement suffit pour être un lever ; si l’on n’y ajoute pas une nouvelle intention, on ne poursuit pas — voilà la vraie légèreté. — Agile : si la main s’élève d’un point bas sans jamais songer « lever », gardant la subtilité de changer selon l’intention — voilà la vraie agilité.

初學練架子宜慢,方能時時皆有意識導動作以俱進;且慢則呼吸深長,氣沉丹田,方不致有氣脈僨張之弊。

Au début, il faut pratiquer la forme lentement, afin que la conscience guide chaque mouvement et que l’on progresse ; lenteur aussi veut dire respiration profonde et longue, souffle qui descend au dantian — point d’échauffement du pouls ni du souffle.

心為令 — 氣為旗 — 腰為纛

心為令 氣為旗 腰為纛

« Le cœur donne l’ordre » — comme le général fait parvenir ses ordres. « Le souffle est la bannière » — comme l’étendard qui porte ces ordres ; il est aussi comme une roue. « La taille est l’étendard » — comme le grand étendard, droit, sans pencher ; elle est aussi comme un essieu.

腰為一身樞紐,腰動則先天之氣如車輪旋轉,氣徧全身,而不少滯;蓋無處不隨腰運動圓轉。

La taille est le pivot du corps entier : quand elle se meut, le souffle inné tourne comme une roue, parcourt tout le corps sans s’arrêter nulle part. Rien qui ne suive le mouvement circulaire de la taille.

心為主帥,身為驅使;精神能提得起,自然舉動輕靈。如手足開時,心意與之俱開,合時心意與之俱合;內外一起,渾然無間,則其動猶靜也。(卽能到虛靜境界)

Le cœur est le général en chef, le corps son exécutant. Si l’esprit peut être soulevé, naturellement les mouvements deviennent légers et agiles. Quand les mains et les pieds s’ouvrent, l’intention s’ouvre avec eux ; quand ils se ferment, l’intention se ferme avec eux. Dedans et dehors ensemble, sans la moindre faille, alors le mouvement, c’est encore le repos (on atteint l’état de vide et de calme).

動作之與呼吸

動作之與呼吸

Le mouvement et la respiration. Dans le mouvement, quand il faut expirer, expirer ; quand il faut inspirer, inspirer. En expirant, le souffle inné descend ; en inspirant, il monte. C’est pourquoi il est dit : « Savoir respirer, puis savoir être agile. »

眼神注視

眼神注視

Le regard fixe et attentif. Là où va l’intention, le regard s’y répand ; autrement l’intention pense à l’est et regarde à l’ouest — à quoi bon ? C’est pourquoi il est dit : « Qu’on l’élève, il est plus haut ; qu’on l’abaisse, il est plus profond. »

Tableau de la théorie, section des principes directeurs (原理·主旨), texte chinois original, 1943

姿勢 (zi shi) — Posture

總 (zong) — Vue générale

根於脚 發於腿 主宰於腰 形於手指

« La racine repose sur les pieds ; elle se déploie dans les jambes, commande depuis la taille et se forme dans les doigts. » Du pied à la jambe, à la taille, puis à la main, le haut et le bas doivent se suivre et ne former qu’un seul souffle : c’est « mouvoir le jin comme on tire un fil de soie, marcher comme un chat ». L’avance et la retraite saisissent naturellement l’occasion et la position, mais en usant de l’intention, non de la force.

由脚而腿而腰而手,宜上下相隨,完整一氣;其貫串一氣處,所謂「運勁如抽絲,邁步如貓行。」進退自然得機得勢。但用意不用力。始終緜緜不斷,週而復始,循環無窮,如長江大河,滔滔不絕,故太極拳亦稱長拳,若有一處不貫串則斷,斷則當舊力已盡,新力未生之際,最易為人所乘;故曰,「無使有凹凸處,無使有斷續處。」有一不動,則必至散亂;如手動而腰腿不動,則手愈有力,身愈散亂,蓋虛實變化,皆由腰轉動;故曰,「命意源頭在腰際。」初學者宜先求開展,使腰腿皆動,無微不至,然皆是意;所謂「內外相合,上下相連。」又謂,「一動無有不動,一靜無有不靜。」如是,則於肢體任何部份,皆無偏重之虞。

Du pied à la jambe, à la taille, puis à la main, il faut que haut et bas se suivent et forment un seul souffle ; là où le fil est continu, c’est « mouvoir le jin comme du fil de soie, marcher comme un chat ». L’avance et la retraite saisissent naturellement l’occasion et la position, mais par l’intention, non par la force. Du début à la fin, c’est un fil continu, un cycle sans fin, comme le long fleuve qui roule et ne s’interrompt pas — c’est pourquoi le taiji quan s’appelle aussi le long poing (長拳). Si un point n’est pas enfilé, il y a rupture ; et à cette rupture, quand la force ancienne s’épuise et que la nouvelle n’est pas encore née, l’autre a beau jeu : « ne laissez ni bosses ni creux, ni rupture. » Qu’une partie ne bouge pas, et tout se disperse : si la main bouge mais que la taille et les jambes ne bougent pas, plus la main fait d’effort, plus le corps se disperse. Les changements de vide et de plein viennent tous de la rotation de la taille : « le commandement naît du pli de la taille. » Le débutant doit chercher d’abord l’ouverture, faire que taille et jambes se meuvent au moindre geste, mais toujours par l’intention : « dedans et dehors s’accordent, haut et bas se joignent », « qu’une partie bouge, tout bouge ; qu’une partie s’arrête, tout s’arrête ». Ainsi, aucune partie du corps n’est jamais surchargée.

別 (bie) — Points particuliers

手法 (shou fa) — Méthodes des mains

  • Distinguer vide et plein :

出手能分陰陽虛實,則收發均可奏效,人旣不易制己,而己反易使人落空;故曰,「人不知我,我獨知人。」又曰,「陰陽相濟,方為懂勁。」

Si, en sortant la main, l’on distingue yin et yang, vide et plein, l’on réussit tant à recueillir qu’à émettre. L’autre n’a pas aisément prise sur moi, et moi j’ai aisément le moyen de le faire tomber dans le vide : « L’autre ne me connaît pas, moi seul je le connais. » Et : « Yin et yang s’entraident, alors on comprend le jin. »

  • Contenir un pli :

卽往復所變之虛實,外看雖似未動,其中已有摺疊。

Dans l’aller-retour des changements de vide et de plein, bien qu’au-dehors la forme semble immobile, au-dedans il y a déjà un pli.

  • Garder la rondeur :

手隨腰腿旋轉,須式式含有圓形,不離太極原則。

La main accompagne la rotation de la taille et des jambes ; chaque posture doit contenir la rondeur et ne point quitter le principe du taiji.

步法 (bu fa) — Méthodes des pas

  • Distinguer vide et plein :

虛步 以能隨意起落為度 實步 卽腿彎曲而不伸直

Un pas vide : on peut le lever et le poser à volonté. Un pas plein : la jambe est pliée et non tendue.

如全身皆坐在右腿,則右腿為實,左腿為虛,坐左亦然,如是方能轉換輕靈,毫不費力否則邁步重滯,自立不穩,又須作川字步,卽當兩足前後立時,足尖俱宜向前。

Si tout le corps s’assoit sur la jambe droite, la droite est pleine, la gauche vide ; et de même pour la gauche. C’est ainsi qu’on change avec légèreté et sans effort ; autrement le pas est lourd et embarrassé, et l’assiette instable. Il faut aussi le pas en « trois traits » (川) : quand les deux pieds se placent l’un devant l’autre, les pointes doivent regarder en avant.

  • Savoir alterner :

進退必須變換步法,故雖退仍是進。

L’avance et la retraite exigent de changer de pas : même en reculant, il y a encore avance.

軀幹 (qu gan) — Le tronc

  • Contenir la poitrine :

胸略內涵,使氣沉丹田,否則氣擁胸際,上重下輕,脚跟易浮。

La poitrine légèrement rentrée fait descendre le souffle au dantian ; sinon le souffle s’amasse à la poitrine, le haut est lourd, le bas léger, et les talons se soulèvent facilement.

  • Redresser le dos :

使氣貼於背,有蓄機待勢之功。

Cela fait adhérer le souffle au dos, où il s’amasse en attendant son heure.

  • Poser les poignets :

使內勁穩沉,不致浮飄。

Le jin interne devient stable et pesant, sans flotter.

  • Étendre les doigts :

使內勁發出舒暢,不致滯留。

Le jin interne s’émet sans encombre, sans rester attaché.

中樞 (zhong shu) — Le pivot central

  • Presser le sommet du crâne :

頭容正直,神貫於頂,謂之頂勁;須有虛靈自然之意,不可用力。一名「頭頂懸,」謂頭頂如懸空中,同時宜閉口,舌抵上腭,忌咬牙努目。

Le port de tête est droit, l’esprit traverse le sommet : c’est l’« énergie au sommet ». Il faut une intention de vide, de vivacité et de naturel, sans effort. Autre nom : « la tête suspendue », comme si elle pendait en l’air ; en même temps, la bouche fermée, la langue touche le palais, sans grincer les dents ni ouvrir de grands yeux.

  • Le coccyx centré :

尾閭宜中正,否則脊柱先受影響,精神亦難於上達。

Le coccyx doit être droit ; sinon la colonne en pâtit d’abord, et l’esprit monte difficilement.

立身 (li shen) — Se tenir

中正 安舒 圓滿 穩如泰山

Droit — dû à la justesse de la posture centrale. À l’aise — dû au complet relâchement du corps. Complet — dû à un esprit plein et à un jin interne abondant. Stable comme le mont Tai.

Tableau de la théorie, section des postures (原理·姿勢), texte chinois original, 1943

鬆淨 (song jing) — Relâchement complet

兩臂鬆 — Détendre les deux bras

  • Affaisser les épaules :

使兩肩鬆開下垂,以為沉氣之助;否則兩肩端起,氣亦隨上,全身皆不得力。

Faire que les épaules se détachent et tombent, aidant le souffle à descendre. Sinon elles se haussent, le souffle monte avec elles, et le corps entier perd sa force.

  • Laisser pendre les coudes :

使兩肘有往下鬆垂之意;否則肩不能沉,近於外家之斷勁。手指亦宜舒展,握拳須鬆,庶符全身悉任自然之旨。又手掌表示前推時,手心微有突意,為引伸內勁之助,但勿用力。

Donner aux coudes l’intention de tomber relâchés ; sinon les épaules ne peuvent s’affaisser, et l’on approche du jin rompu des écoles externes. Les doigts doivent aussi être dépliés, et le poing, fermé mollement, pour que le corps entier obéisse au naturel. Quand la paume exprime une poussée en avant, elle a une légère intention de saillie, qui aide à étendre le jin interne — mais sans effort.

腰鬆 — Détendre la taille

腰鬆則氣自合沉,能使兩足有力,下盤穩固;上下肢之虛實變化有不得力處,全恃腰部轉動下宜,以資補救;且感覺靈敏,轉動便利。蹲身時,注意垂臀,忌外突。

Quand la taille se détend, le souffle s’amasse et descend d’autant : les deux pieds prennent de la force, et l’assiette devient solide. Quand le changement de vide et de plein des membres ne donne point sa force, tout repose sur la rotation convenable de la taille pour y remédier ; de plus, la sensibilité s’y fait fine et la rotation aisée. Quand on s’accroupit, veiller à laisser tomber les fesses, sans les pousser dehors.

胯鬆 — Détendre les hanches

補鬆腰之不足,有時腰雖鬆淨,轉動仍覺不甚合宜;則非同時復鬆胯,以資補救不可。

C’est remédier à l’insuffisance de la détente de la taille. Parfois, la taille est bien relâchée et pourtant la rotation ne paraît pas juste : il faut alors détendre aussi les hanches pour y remédier.

全身鬆 — Détendre tout le corps

全身鬆開,方能沉著,因是不致有分毫拙勁留滯以自縛束,自能輕靈變化,圓轉自如。

Quand tout le corps est relâché, on peut alors être pesant ; il ne reste plus la moindre force maladroite pour s’emprisonner soi-même : on devient léger, agile, changeant, et la rondeur va d’elle-même.

週身無處不鬆淨,卽在用意而不用力,意之所至,氣卽至焉;氣之所至,身卽動焉;如是則氣血流注全身,毫無停滯;所謂「意氣須換得靈,乃有圓活之趣。」且欲沉著,必須鬆淨;故曰,「沉重不浮,靜如山岳;周流不息,動若山河。」

Qu’aucun point du corps ne soit pas complètement relâché : c’est user de l’intention et non de la force. Là où va l’intention, le souffle y arrive ; là où arrive le souffle, le corps s’y meut. Ainsi, le souffle et le sang se répandent dans tout le corps, sans stagnation. C’est ce que dit : « L’intention et le souffle doivent alterner avec souplesse, alors vient la rondeur et la vie. » Pour être pesant, il faut être complètement relâché : « lourd et sans flotter, calme comme une montagne ; coulant sans repos, mobile comme un fleuve. »

Tableau de la théorie, section du relâchement complet (原理·鬆淨), texte chinois original, 1943

應用 (ying yong) — Application

化勁 (hua jin) — Neutraliser

太極拳全尚外柔內堅之勁,具伸縮性,如鐵似綿,有時堅如鐵,有時柔似綿;其柔虛堅實之分,全視來勢而定;彼實則我虛,彼虛則我實,實者忽虛,虛者忽實,反復無端;彼不知我,我能知彼,使人莫測高深,自然散亂,則吾發勁,無不勝者。欲探其妙,須明瞭化勁之法。曰「黏,」曰「走;」走以化敵,黏以制敵,二者交相為用焉。

Le taiji quan prise un jin souple au-dehors et dur au-dedans, extensible et rétractile, comme fer et comme soie : parfois dur comme fer, parfois souple comme soie. La distinction entre la souplesse qui est vide et la dureté qui est pleine tient à la venue de l’attaque : s’il est plein, je suis vide ; s’il est vide, je suis plein ; le plein devient soudain vide, le vide devient soudain plein — la réversibilité ne s’épuise pas. Il ne me connaît pas, je le connais : on ne saurait sonder ma profondeur, il se disperse de lui-même, et alors mon jin qui jaillit est toujours victorieux. Pour en saisir la merveille, il faut comprendre la neutralisation : c’est coller (黏) et céder (走) ; céder neutralise l’adversaire, coller le maîtrise, et les deux s’emploient l’un pour l’autre.

黏勁 — L’énergie de coller

卽「不丢。」不丢者,不離之謂。交手時,須黏住彼勁,卽在沾黏連隨處應付之;不但兩手,須全身各處均能黏住彼勁,我之緩急,但隨彼之緩急而為緩急,自然黏連不斷,感覺彼勁,而收我順人背之效;所謂「動急則急應,動緩則緩隨」也。惟必須兩臂鬆淨,不使有絲毫拙力,方能巧合相隨;否則一遇彼勁,便無復活之望,且有力則喜自作主張,難以處處捨己從人,初學者戒性急,久之用勁自有似鬆非鬆,將展未展之意,便能隨意應付,百無一失。

C’est « ne pas lâcher » : ne pas se séparer. Au contact, il faut coller à son jin, s’en remettant à coller, adhérer, lier, suivre. Ce ne sont pas seulement les deux mains : tout le corps doit pouvoir coller à son jin. Ma lenteur et ma vitesse dépendent des siennes : naturellement la liaison ne se rompt pas, on perçoit son jin et l’on obtient l’avantage de ma fluidité et de sa gêne : « rapide, réponse rapide ; lent, suivi lent. » Il faut absolument que les deux bras soient entièrement relâchés, sans la moindre force maladroite, pour pouvoir s’accorder et suivre ; autrement, à la rencontre de son jin, point d’espoir de revivre. Qui a de la force aime décider par soi et ne peut guère s’oublier pour suivre l’autre. Au début, gardez le cœur de l’impatience : avec le temps, le jin prend naturellement ce sens du « relâché sans l’être, près de s’étendre sans s’étendre », et l’on répond à volonté sans jamais se tromper.

走勁 — L’énergie de céder

卽「不頂。」不頂者,不抵抗之謂。與彼黏手時,不論左右手,一覺有重意,與彼黏處卽變為虛,鬆一處而偏沉之;稍覺雙重,卽速偏沉。蓋彼之動作必有一方向,吾但隨其方向而去,不稍抵抗,使彼處處落空,毫不得力;所謂「左重則左虛,右重則右杳」也。初學者非大勁不走,是尚有抵抗之意;若相持不下,則力大者勝。故曰,「偏沉則隨,雙重則滯。」技之精者,感覺異常靈敏,稍觸卽知,有「一羽不能加,一蠅不能落」之妙。練不頂法,首在用腰,腰有不足時,方可濟之以胯,或以步。

C’est « ne pas heurter » : ne pas résister. Quand on colle aux mains, que ce soit la gauche ou la droite, dès qu’on perçoit une intention de poids, l’endroit qui colle se change en vide : on détend cet endroit et on le laisse tomber. Dès qu’on sent un double poids, on fait promptement basculer d’un côté. L’action de l’autre a une direction ; je la suis sans la moindre résistance, et je le fais tomber dans le vide en tous points, sans qu’il trouve de force : « si la gauche est lourde, la gauche se vide ; si la droite est lourde, la droite s’évanouit. » Le débutant ne cède qu’à forte force : il lui reste une intention de résistance ; dans le corps-à-corps, c’est le plus fort qui gagne. C’est pourquoi : « basculer d’un côté, c’est suivre ; peser des deux, c’est s’engorger. » Chez l’expert, la sensibilité est extraordinaire : à peine touche-t-il qu’il sait — la merveille « une plume ne peut s’ajouter, une mouche ne peut se poser ». Pratiquer le non-heurt repose d’abord sur la taille ; si la taille est insuffisante, on y aide par les hanches, ou bien par le pas.

「黏勁」與「走勁」合而用之,則曰「化勁。」走主退,黏主進,進退相濟不離,方為「入門。」進言之,由黏而聽,由聽而懂,由懂而走,由走而化;蓋用走勁能使彼重心傾斜不穩,用黏勁能使彼不能由不穩復歸於穩。因不丢不頂,彼之重心穩定與否,皆由我主之;彼之弱點,我皆能知之,總須以靜待動,隨彼之動而動;所謂「彼不動,己不動,彼微動,己先動。」是也。若用純剛之勁,則逆而不順;不順,則無由走。不走,則無由化。

Quand le coller et le céder s’emploient ensemble, c’est la neutralisation (化勁). Le céder est en retraite, le coller en avance ; que l’avance et la retraite s’entraident sans se séparer, et l’on a franchi la porte. Qu’on avance encore : du coller vient l’écoute, de l’écoute la compréhension, de la compréhension le céder, du céder la neutralisation. Par le céder, je fais pencher son centre de gravité et le rends instable ; par le coller, je l’empêche de revenir de l’instabilité à la stabilité. De ce ni-lâcher-ni-heurt, la stabilité de son centre dépend de moi ; ses points faibles, je les connais tous. Il faut toujours attendre son mouvement par le repos, puis me mouvoir selon son mouvement : « il ne bouge pas, je ne bouge pas ; il bouge à peine, j’ai déjà bougé. » Si l’on use d’un jin tout dur, il est contraire et non fluide ; sans fluidité, point de céder ; sans céder, point de neutralisation.

Tableau de l’application, section de la neutralisation (應用·化勁), texte chinois original, 1943

發勁 (fa jin) — Émettre

引勁 — Attirer

由化勁用逆來順受之法,引入彀中,然後從而制之;彼屈則我伸,彼伸則我屈,虛實應付,毫厘不爽,忽隱忽現,變化不測。以勁之動作俱作圓形,一圜之中卽含有無數走黏;隨機應變。純恃感覺。其要則不外一「順」字。我順彼背,則彼雖有千斤之力,亦無所用,故有「四兩撥千斤」之句。能引,遂後能拿,能發。故有「引進落空合卽出」之句。

Continuant la neutralisation, on emploie la méthode de recevoir avec fluidité ce qui vient avec rudesse : l’attirer dans la gueule du piège, puis le tenir. S’il plie, je m’étends ; s’il s’étend, je plie ; vide et plein se répondent sans la moindre erreur. Tantôt caché, tantôt visible, le changement est imprévisible. Le mouvement du jin est toujours circulaire ; en un seul cercle tiennent d’innombrables cédés et collés. On répond selon l’instant, au seul toucher ; sa clé n’est autre qu’un mot : fluidité (順). Je suis fluide, il est gêné : à quoi lui sert sa force de mille livres ? D’où « quatre onces écartent mille livres ». Si l’on sait attirer, l’on sait ensuite tenir, puis émettre. D’où : « L’attirer pour qu’il tombe dans le vide, me refermer et je le relâche. »

拿勁 — Tenir

引後能拿,則人身無主裁,氣難行走。拿人須拿活節,如腕、肘、肩、等處;拿之樞紐,全在腰腿;拿之主使,全在意氣;欲能發人,必先知拿人,不能拿,卽不能發,故拿較發為重要。

Une fois attiré, on peut tenir : le corps de l’autre n’a plus de maître, et son souffle circule malaisément. Pour tenir, il faut prendre les articulations vives, telles que le poignet, le coude, l’épaule. Le pivot du tenir est dans la taille et les jambes ; son moteur, dans l’intention et le souffle. Pour projeter l’autre, il faut d’abord savoir le tenir ; sans tenir, point de projection ; le tenir est donc plus important que l’émettre.

能引,能拿,遂後能發;發之不佳,多由引之不合,或拿之不準;故引拿與發甚有莫大關係。而發之機勢、方向、時間,亦頗重要;若機勢確當,方向不誤,時間適合,則發人猶如彈丸脫手,無往不利。其法:掤、捋、擠、按、採、挒、肘、靠等,式式能發人;其用:掌、拳、肘、合腕、肩、腰、胯、膝、脚,處處能擊人;其勁:開、合、提、沉、長、截、捲、鑽、冷、斷、寸、分、各勁咸能攻人;總之,隨屈就伸,逆來順應;乘人之勢,借人之力,變化無窮;其理則一,得一,則萬事畢。

Attirer, tenir, puis émettre : si l’émission est mauvaise, c’est le plus souvent que l’attraction manque d’accord ou que la prise manque de justesse ; attraction, prise et émission sont donc très liées. L’occasion, la direction et le temps de l’émission sont aussi fort importants : si l’occasion est juste, la direction sans erreur, le moment propice, alors projeter l’autre est comme une balle qui s’échappe de la main, au mieux. Ses méthodes : peng, lü, ji, an, cai, lie, zhou, kao — chaque posture peut projeter. Ses agents : paume, poing, coude, poignet, épaule, taille, hanche, genou, pied — chaque endroit peut frapper. Ses jin : ouvrir, fermer, lever, descendre, étendre, trancher, enrouler, percer, froid, rompre, pouce, décime — chaque jin peut attaquer. En somme, plier puis s’étendre, recevoir avec fluidité ce qui vient avec rudesse, tirer parti de son élan, emprunter sa force : les changements sont infinis. Le principe est un : qui l’obtient, accomplit toutes choses.

Tableau de l’application, section de l’émission (應用·發勁), texte chinois original, 1943

Notes

  1. Chen Yanlin (陳炎林) : maître de taiji quan de l’école Yang, auteur du recueil Taiji quan dao jian gan san shou he bian (太極拳刀劍桿散手合編), publié en juin 1943, dont provient cette annexe.
  2. Jin (勁) : la force interne conduite par l’intention, distinguée de la force brutale (li, 力). Les huit techniques peng, lü, ji, an, cai, lie, zhou, kao (掤捋擠按採挒肘靠) correspondent aux huit trigrammes, et les cinq directions avancer, reculer, regarder à gauche, veiller à droite, tenir le centre aux cinq éléments — ensemble, elles forment les treize postures (十三勢).
  3. Wuji (無極) / taiji (太極) : le « sans faîte » d’où naît le « faîte suprême », d’où viennent le yin et le yang.
  4. Dantian (丹田) : le « champ de cinabre », le centre énergétique du bas-ventre.
  5. Quatre onces écartent mille livres (四兩撥千斤) : le principe de levier et de cession qui permet au faible de vaincre le fort.

Source : annexe « 太極拳表解 » (Ébauche de la théorie du taiji quan) du recueil de Chen Yanlin, Taiji quan dao jian gan san shou he bian, 1943. Texte chinois classique du domaine public, publié en traduction anglaise par Paul Brennan sur brennantranslation.wordpress.com. Les illustrations ci-dessus sont des reproductions des pages originales du texte chinois de l’annexe. Traduction française réalisée directement à partir du texte chinois pour ce site.