Le Taiji jian (太極劍, « épée de taiji ») est le manuel d’épée de Chen Weiming (陳微明, 1881-1958), lettré et expert du taiji quan, disciple direct de Yang Chengfu (楊澄甫, 1883-1936). Publié à Shanghai en 1928 sous le titre Taiji jian, accompagné du Taiji long quan (太極劍 附太極長拳), l’ouvrage fait partie des trois livres que Chen Weiming consacre à la tradition de la famille Yang ; il s’inscrit dans la lignée interne (neijia) issue du mont Wudang. L’édition originale reproduit des calligraphies et des portraits du maître, ainsi qu’une suite de photographies des postures, toutes conservées ici. Le texte chinois original est dans le domaine public ; la traduction française est nouvelle et réalisée directement à partir du texte chinois.
Préface de Chen Weiming (太極劍序)
易曰苟非其人道不虛行此言傳道之難其人也雖技藝亦然黃百家內家拳法言五不可傳心險者居其首余游京師聞廣平楊氏精太極拳心慕之問之與楊氏稔者皆言楊氏不肯傳人而楊氏之徒言亦若是豈不異哉及遇楊澄甫先生從之學始知楊氏非不傳人也嗟夫以得楊氏之傳食其技者乃誣其師門造種種不實之事聞之者卽據以作為筆記小說其居心非百家所謂不可傳者耶楊澄甫先生傳余太極拳劍拳術已付梓流行今復將劍術筆述成書公之於世此亦澄甫先生之志也太極劍之姿勢均以拳之姿勢為基礎其非太極拳之姿勢亦有名為太極劍者則余不敢知已前聞李芳宸將軍精劍術得異人之傳授孫祿堂先生嘗稱之今年將軍過滬往見焉將軍為人特俊爽慨然以二人比劍之法相授觀其意全運用腰腿與太極拳之推手聽勁無異惟有時劍不粘連相離半寸許耳眞武當太極劍法也澄甫先生所傳無二人相比之定法得此則太極劍之體用備矣俟習之精熟再述為書以餉世人丁卯冬十二月陳微明識
Le Livre des Mutations dit : « Si ce n’est pas la bonne personne, la Voie ne peut être transmise sans risque. » C’est dire que la difficulté de transmettre la Voie tient à la personne ; il en va de même pour les techniques. Le Boxing Methods of the Internal School (內家拳法) de Huang Baijia énumère cinq sortes de gens à qui l’on ne doit pas enseigner, les personnes au cœur perfide venant en premier. Je me rendis à la capitale, où j’appris que la famille Yang de Guangping excellait au taiji quan, et je l’admirais. J’interrogeai ceux qui étaient liés d’amitié avec les Yang : tous affirmaient que les Yang ne consentaient pas à enseigner, et les élèves des Yang disaient de même. N’est-ce pas étrange ? Lorsque je rencontrai enfin Yang Chengfu et devins son élève, je compris que les Yang non seulement enseignaient, mais qu’il y avait malheureusement des gens qui, ayant reçu leur enseignement, calomniaient leur école et fabriquaient toutes sortes de fausses histoires, dont certains faiseurs de romans s’emparaient pour écrire. Ces personnes au cœur perfide ne sont-elles pas précisément celles que Huang Baijia jugeait indignes d’enseignement ?
Yang Chengfu m’enseigna le taiji quan et l’épée de taiji. Son art du poing ayant déjà été publié et diffusé, je consigne maintenant à mon tour son art de l’épée dans un livre et le livre au public : telle est aussi la volonté de Yang Chengfu. Les postures de l’épée de taiji reposent toutes sur les postures du taiji quan ; quant à celles qui n’ont pas d’équivalent dans le taiji quan et qui sont néanmoins appelées « épée de taiji », je ne prétends pas le savoir. J’avais entendu parler du général Li Fangchen [Li Jinglin], expert en escrime, qui avait été initié par un homme extraordinaire ; Sun Lutang en faisait grand cas. Cette année le général passa par Shanghai et j’allai le voir. Il était d’une franchise brillante et m’enseigna généreusement sa méthode de combat à deux personnes. En considérant son intention, tout repose sur l’usage des hanches et des jambes et ne diffère en rien de l’énergie d’écoute du poussé de mains du taiji quan, si ce n’est que parfois les épées ne se collent pas et demeurent à un demi pouce l’une de l’autre : c’est là la véritable méthode d’épée de taiji du mont Wudang. Yang Chengfu ne m’avait pas transmis de règle fixe de duel à deux ; avec cela, l’essence et l’usage de l’épée de taiji sont désormais complets. Quand je serai rompu à sa pratique, j’en ferai encore un livre pour l’offrir au monde.
— note de Chen Weiming, 4ᵉ année du cycle, 12ᵉ mois [décembre 1927 / janvier 1928].







Les postures de l’épée de taiji
La description des postures s’inspire constamment des postures du taiji quan, que l’auteur cite en repère. Les photographies reproduites proviennent de l’édition originale de 1928.
太極劍起勢
Posture 1. Posture d’ouverture de l’épée de taiji. La main gauche tient l’épée : le pouce, le majeur, l’annulaire et l’auriculaire empoignent la poignée, tandis que l’index pend, collé au fourreau de la poignée. La lame, à plat, touche l’arrière de l’avant-bras, la pointe de l’épée vers le haut. La main droite pend. Le corps se tient droit, orienté vers le « sud ». Cette posture est identique à la posture d’ouverture du taiji quan (fig. 1).

三環套月
Posture 2. Trois anneaux autour de la lune. La main droite fait une « épée de l’escrimeur » : l’index et le majeur joints et tendus, l’annulaire et l’auriculaire repliés au centre de la paume, le pouce replié appuyé sur la tête de l’annulaire. Ce geste est semblable au « balayer le genou et pas glissant » du taiji quan. La taille se détend vers le bas ; la main droite, suivant la taille, décrit un cercle vers l’arrière puis monte, et pointe en sortant près de l’oreille droite. En même temps la main gauche, tenant l’épée, monte avec la taille, passe du devant de la poitrine vers la droite et gagne le genou gauche, l’épée restant collée au bras, pointant en arrière. Le pied gauche fait en même temps un grand pas vers l’est ; la taille avance avec la main, le poids s’établit sur la jambe gauche (fig. 2).

左手握劍。直穿至右手上。右足同時前邁一小步。足尖點地。仍坐右腿。此式如太極拳之上步七星。如第三圖。
La main gauche tenant l’épée l’enfile tout droit au-dessus de la main droite, tandis que le pied droit fait un petit pas en avant, la pointe touchant le sol, le poids restant sur la jambe gauche. Cette posture est comme « avancer d’un pas et posture du Grand Chariot » du taiji quan (fig. 3).

两手同時两邊分開。轉一圓規。復合於前面。左足同時前邁一大步坐實。此式如太極拳之雙風貫耳。如第四圖。
Les deux mains s’écartent en même temps des deux côtés, décrivent chacune un cercle, puis se rejoignent sur le devant. Le pied gauche fait en même temps un grand pas en avant et le poids s’y établit. Cette posture est comme le « double vent à travers les oreilles » du taiji quan (fig. 4).

大魁星
Posture 3. Grande posture de Kuixing. Les mains se rejoignent et l’épée passe dans la main droite. La main droite tient l’épée en « lame droite » (les tranchants vers le haut et le bas), décrit un grand cercle vers le bas et l’arrière ; la main gauche, pinçant la « épée de l’escrimeur », suit à l’intérieur de la main droite en décrivant elle aussi un grand cercle. Le regard suit la pointe de l’épée. La main droite, sans s’arrêter, passe à l’arrière puis monte et envoie l’épée au-dessus de la tête, toujours en lame droite, la pointe vers l’est, l’épée parfaitement horizontale. La main gauche pincée avance sur le devant, deux doigts vers le haut ; le poids s’établit sur la jambe droite, la jambe gauche se lève, pointe du pied en bas, le regard se tourne vers l’est. Cette posture est comme le « coq d’or se tient sur une patte » du taiji quan (fig. 5).

燕子抄水
Posture 4. L’hirondelle écope l’eau. La main droite guide l’épée en lame droite et frappe vers le sud-ouest, puis redescend, le plus bas possible, balaie le sol et se relève en devenant une lame plate (les tranchants vers la gauche et la droite), la pointe vers le sud-est et légèrement vers le haut. Le regard et la taille suivent le mouvement. La main gauche pincée, à l’intérieur, suit la main droite et monte au-dessus du front. Le pied gauche sort en même temps vers le nord-est et le poids s’y établit ; la longueur du pas est la même que dans la « vierge pousse la navette » du taiji quan (fig. 6).

右攔掃
Posture 5. Balayage de parade à droite. La main droite guide l’épée dans un arc montant vers le nord, la lame oblique, puis la fait redescendre en lame plate. Quand elle est au niveau de l’épaule droite, elle frappe de taille vers le sud-est, l’épée toujours plate, la pointe vers le nord-est. La main gauche pincée suit la main droite, à deux ou trois pouces du poignet droit. Le pied droit sort en même temps vers le sud-est et le poids s’y établit. Le regard et la taille suivent l’épée. Cette posture est comme la « vierge pousse la navette » du taiji quan (fig. 7).

左攔掃
Posture 6. Balayage de parade à gauche. La main droite guide l’épée en un arc vers le sud, lame plate, puis légèrement vers le bas, toujours à plat. Quand elle est au niveau de l’épaule droite, elle frappe de taille vers le nord-est, l’épée toujours plate, la pointe vers le sud-est. La main gauche pincée suit la main droite, à deux ou trois pouces du poignet. Le pied gauche sort en même temps vers le nord-est et le poids s’y établit. Le regard et la taille suivent l’épée. Cette posture est encore comme la « vierge pousse la navette » du taiji quan (fig. 8).

左右攔掃。或二次或四次均可。
Les balayages de parade à gauche et à droite peuvent être exécutés deux ou quatre fois.
小魁星
Posture 7. Petite posture de Kuixing. La main droite tourne l’épée de la lame plate à la lame droite et la conduit en un arc vers le nord puis vers le bas, tandis que le pied droit avance vers le sud-est, pointe au sud, et que le poids s’y établit. Le pied gauche sort vers le sud-est, pointe touchant le sol. La main droite lève l’épée sans s’arrêter, s’élevant d’en bas en un arc jusqu’au-dessus de la tête, toujours en lame droite, la pointe oblique vers le bas et le sud-est. La main gauche pincée suit la main droite, deux doigts vers le haut. Cette posture est semblable à la grande version (fig. 9).

燕子入巢
Posture 8. L’hirondelle entre dans son nid. La main droite conduit l’épée en un cercle vers le bas et l’arrière. Le pied droit, sur la pointe, tourne vers l’arrière en se dirigeant au nord-ouest ; le pied gauche avance obliquement au nord-ouest et le poids s’y établit. La main gauche, à l’intérieur, suit la main droite quand elle passe à l’arrière puis se déploie pour soutenir le dos de la main droite ; les deux mains portent l’épée et piquent à l’horizontale vers le nord-ouest. Cette posture ressemble au « poing au bas-ventre » du taiji quan (fig. 10).

靈猫捕鼠蜻蜓點水
Postures 9 et 10. Le chat agile attrape la souris & la libellule effleure l’eau. Les deux mains rentrent l’épée, le pied droit se lève, pointe oblique en bas (fig. 11).

旋卽踢出。極力向西北邁去。左足騰起。向前一點。右足又往前一躍。右手之劍。同時向西北平面刺去。左手揑劍訣。轉至額上。右足坐實。如第十二圖。
Puis le pied droit pousse et avance énergiquement au nord-ouest ; le pied gauche bondit et, dès qu’il touche le sol en avant, le pied droit saute à son tour en avant. La main droite pique avec l’épée à l’horizontale vers le nord-ouest, tandis que la main gauche pincée décrit un arc jusqu’au-dessus du front, le poids passant sur le pied droit (fig. 12).

右手之劍刺出後。又畧收回。向前一點。此之謂蜻蜓點水。此式如太極長拳之右扇通臂。
Après que l’épée a piqué, on la rentre légèrement puis on la pousse en avant d’un point imperceptible : c’est ce qu’on appelle « la libellule effleure l’eau ». Cette posture ressemble au « éventail traversant le bras droit » du Taiji long quan.
黃蜂入洞
Posture 11. La guêpe entre dans le trou. Le pied droit pivote sur le talon pour orienter la pointe au sud ; la main droite, tenant l’épée, tourne avec la taille vers le nord, le regard se portant au nord-ouest. La main gauche se replie pour tenir dessous ; le pied droit pivote sur la pointe et fait un tour complet, le pied gauche se lève, tourne lui aussi d’un tour, et avance de nouveau au nord-ouest. Les mains, tournant avec le corps, font un tour ; la gauche se déploie de nouveau pour soutenir le dos de la droite, et les deux mains portent l’épée et piquent à l’horizontale vers le nord-ouest, le poids s’établissant sur la jambe gauche. Voir encore la fig. 10.
鳳凰雙展翅
Posture 12. Le phénix déploie ses deux ailes. La main gauche se déploie et passe au-dessus du poignet droit, la main pincée, la paume en bas ; le talon gauche tourne au nord. Les mains s’écartent : la droite guide l’épée en un tranchant du bord interne vers le sud-est en lame plate, au-dessus ; la gauche s’écarte vers le nord-ouest, en bas, la paume gauche en dessous et la paume droite au-dessus, tandis que le pied droit sort vers le sud-est et que le poids s’y établit. Cette posture est comme les « ailes obliques » du taiji quan (fig. 13).

左旋風小魁星
Postures 13 et 14. Le tourbillon de gauche & la petite posture de Kuixing. La main droite tourne l’épée de la lame plate à la lame droite et la conduit vers le haut, au nord-ouest, puis vers le bas, suivant la taille ; le poids s’établit sur la jambe gauche. Le pied droit se lève et retombe, pointe au sud, et le poids y passe ; le pied gauche sort au sud-est, pointe touchant le sol. La main droite lève l’épée sans s’arrêter, d’en bas en un arc jusqu’au-dessus de la tête, toujours en lame droite, la pointe oblique en bas vers le sud-est. La main gauche pincée suit la droite, deux doigts vers le haut. Voir encore la fig. 8.
右旋風等魚式
Postures 15 et 16. Le tourbillon de droite & l’attente du poisson. La main droite fait descendre l’épée en lame droite puis la fait remonter en décrivant un cercle vers l’arrière, le pied gauche reculant d’un pas ; l’épée, de l’arrière, tourne pour re-monter et se diriger au sud-est, toujours en lame droite. La main gauche pincée suit la main droite, à deux pouces d’elle. Le pied droit recule en même temps, pointe touchant le sol et orientée au sud-est (fig. 14).

撥草尋蛇
Posture 17. Écarter l’herbe pour trouver le serpent. La main droite guide l’épée en suivant la taille dans un léger arc à gauche, la faisant passer peu à peu de la lame droite à la lame plate, puis revient à droite et frappe de taille au sud, l’épée toujours plate, la pointe vers l’est, l’épée au niveau de la main. Le regard et la taille suivent. La main gauche pincée suit la main droite, à deux ou trois pouces du poignet. Le pied droit sort en même temps au sud-est et le poids s’y établit. Cette posture est comme le « balayage de parade à droite », sauf que l’épée est plus basse et que la pointe regarde l’est. Voir encore la fig. 7.
Puis la main droite guide l’épée en un léger arc à droite, revient à gauche, l’épée toujours plate, et frappe de taille au nord, la pointe vers l’est, l’épée au niveau de la main. Le regard et la taille suivent. La main gauche pincée suit, à deux ou trois pouces du poignet. Le pied gauche sort en même temps au nord-est et le poids s’y établit. Cette posture est semblable au « balayage de parade à gauche ». Voir encore la fig. 8.
撥草尋蛇。可作三次或五次。
Ces mouvements peuvent être exécutés trois ou cinq fois.
懷中抱月
Posture 18. Embrasser la lune. Après avoir fait « écarter l’herbe pour trouver le serpent » trois ou cinq fois, et donc en finissant sur le côté droit, le pied gauche recule d’un pas (vers l’ouest) tandis que la main droite enroule l’épée vers la poitrine en la retournant, le dos de la main passant vers le haut, la paume finissant au-dessus. Le corps accompagne le repli de l’épée et le poids s’établit sur la jambe gauche, en s’abaissant légèrement. La main droite guide l’épée près des côtes gauches, lame plate, à environ quatre pouces du corps, la pointe vers l’est. La main gauche pincée rentre avec la droite, légèrement au-dessus d’elle. Le regard est vers l’est (fig. 15).

宿鳥投林
Posture 19. L’oiseau regagne la forêt pour la nuit. Le pied gauche avance d’un pas (vers l’est), le corps l’accompagne, le pied gauche se lève et la main droite guide l’épée piquant vers le haut (vers l’est) ; la main gauche suit la droite vers le haut, à deux pouces d’elle. Le pied gauche est levé, le genou vers le nord-ouest, la plante près du genou droit, la pointe en bas. Le regard suit la pointe de l’épée vers le haut (fig. 16).

烏龍擺尾
Posture 20. Le dragon noir balance sa queue. Le pied gauche recule d’un pas (vers l’ouest), le corps s’abaisse avec lui, le pied droit suit le pied gauche en se relevant et se repliant, comme dans « l’attente du poisson », pointe touchant le sol au sud-est. En même temps la main droite retire l’épée jusqu’à derrière le genou droit, la lame passant de plate à droite, la pointe pendant vers le bas, légèrement au sud-est ; la main gauche pincée décrit un arc jusqu’au-dessus du front. Le regard descend vers la pointe de l’épée (fig. 17).

風捲荷葉
Posture 21. Le vent roule les feuilles de lotus. Le pied droit recule d’un demi-pas vers le sud-ouest ; la main droite, suivant l’élan, guide l’épée de la lame droite en direction de l’extérieur puis vers le dedans, la ramenant à la lame plate, et le pied gauche suit le droit en se repliant, effleurant à peine le sol. Une fois l’épée enveloppée sous les côtes, elle pique au nord-est, le pied gauche sortant en même temps au nord-est. La main gauche, qui était au-dessus du front, sort et descend en un arc jusqu’au creux de l’estomac, puis remonte jusqu’au front. Les mains et les pieds se meuvent en même temps, sans que l’un ne précède l’autre (fig. 18).

獅子搖頭
Posture 22. Le lion secoue la tête. La pointe du pied gauche tourne au sud-est. La main droite, la paume tournée vers le haut, ramène l’épée vers les côtes et la retourne, la paume finissant en bas, la pointe qui regardait le nord-est passant au nord-ouest. La main droite guide l’épée en un arc vers le sud puis vers l’ouest. Le pied droit, suivant la main et le corps, sort au nord-ouest, la main droite frappe de taille au nord, la pointe vers l’ouest, la paume droite encore en bas. Le corps, qui regardait au nord-est, se trouve alors tourné plein ouest. La main gauche pincée suit la droite, à deux ou trois pouces d’elle (fig. 19).

右手之劍。手心向下者。往右略轉動。又往左轉回。轉至手心向上。劍仍平面。往南砍去。劍尖向西。劍與手平。眼神與腰。亦隨之而轉。左手揑劍訣。隨右手轉動。距右手腕二三寸許。左足同時略向後退半步坐實。此式如太極拳之倒輦猴。惟步略開耳。如第二十圖。
La main droite, la paume en bas, décrit un léger arc à droite, puis revient à gauche, la paume finissant au-dessus, et, l’épée toujours plate, frappe de taille au sud, la pointe vers l’ouest, l’épée au niveau de la main. Le regard et la taille suivent, la main gauche pincée suivant la droite à deux ou trois pouces du poignet. Le pied gauche recule en même temps d’un demi-pas et le poids s’y établit. Cette posture est comme « reculer en chassant le singe » du taiji quan, à ceci près que le pas est un peu plus large (fig. 20).

右手之劍。手心向上者。往左略轉動。又往右轉回。轉至手心向下。劍仍平面。往北砍去。劍尖仍向西。劍與手平。眼神與腰。亦隨之轉。左手同前。右足同時向後退一步坐實。此式如太極拳之倒輦猴。如第二十一圖。
La main droite, la paume au-dessus, décrit un léger arc à gauche, puis revient à droite, la paume finissant en bas, et, l’épée toujours plate, frappe de taille au nord, la pointe toujours vers l’ouest, l’épée au niveau de la main. La main gauche est comme devant. Le pied droit recule en même temps d’un pas et le poids s’y établit. Cette posture est encore comme « reculer en chassant le singe » du taiji quan (fig. 21).

或退四步。或退六步。退至右足在後而止。
Que l’on recule de quatre pas ou de six, on s’arrête quand le pied droit se trouve en arrière.
虎抱頭
Posture 23. Le tigre cache sa tête. Quand le pied droit a reculé, les deux mains s’écartent des deux côtés puis se rejoignent. La paume droite, en bas quand elle va s’écarter, se retourne pour finir au-dessus quand elle revient ; la main droite conduit l’épée jusqu’au devant de la poitrine et s’y arrête, la main gauche en dessous soutenant le dos de la droite. Le poids s’établit sur le pied gauche, qui reste immobile, tandis que le pied droit se lève et avance, pointe touchant le sol. Le corps regarde encore vers l’ouest (fig. 22).

野馬跳澗
Posture 24. Le cheval sauvage saute le ravin. Les deux mains rentrent l’épée, le pied droit se lève et l’on saute pour piquer à l’ouest. Le pas est le même que dans « le chat agile attrape la souris », à cette différence près que le saut est légèrement plus haut. Quand l’épée pique, les deux mains la portent encore. Voir encore la fig. 10.
翻身勒馬
Posture 25. Se retourner, retenir le cheval. Les deux mains portant l’épée, l’épée se lève à plat et passe au-dessus de la tête, tandis que le corps, qui regardait à l’ouest, tourne de droite à gauche jusqu’à faire face à l’est, le talon droit pivotant. Le poids sur le pied droit, le pied gauche se lève et se replie, pointe touchant le sol, orientée à l’est, pendant que l’épée, portée par les deux mains, redescend de dessus la tête et se replie (fig. 23).

上步指南針
Posture 26. Avancer en pointant comme une aiguille de boussole. Le pied gauche avance d’un pas, le pied droit vient à sa suite pour se tenir à côté, et les deux mains portant l’épée piquent en avant. Le corps regarde encore vers l’est (fig. 24).

迎風拂塵
Posture 27. Épousseter la poussière contre le vent. La main droite guide l’épée vers la droite, la taille suit, puis la ramène à gauche, l’épée frappant de taille au nord en lame plate tandis que le pied gauche avance. C’est la même chose que les « balayages de parade à gauche et à droite », sauf que l’épée est un peu plus haute. On peut le faire trois ou cinq fois. Voir encore les fig. 7 et 8.
順水推舟
Posture 28. Suivre le courant pour pousser la barque. Après avoir fait « épousseter la poussière contre le vent » et fini pied gauche en avant, le pied droit recule d’un pas, le pied gauche recule à sa suite, pointe touchant le sol. En même temps la main droite fait passer l’épée de la lame oblique à la lame droite, le tranchant vers le bas et l’arrière, et décrit un grand cercle. La main gauche pincée suit à l’intérieur de la droite, décrivant elle aussi un cercle. Le regard suit la pointe de l’épée. La main droite, sans s’arrêter, passe à l’arrière puis monte et envoie l’épée en un arc au-dessus de la tête, toujours en lame droite, la pointe piquant légèrement vers le nord-est. Le pied gauche sort en même temps d’un grand pas au nord-est et le poids s’y établit, la pointe au nord-est ; la main gauche pincée avance sur le devant, deux doigts vers le haut, et le regard suit la pointe de l’épée en avant. Cette posture est comme « l’éventail traversant le bras » du taiji quan (fig. 25).

流星趕月
Posture 29. L’étoile filante chasse la lune. Le talon gauche pivote au sud pour orienter la pointe au sud-est, tandis que le pied droit sort en même temps au nord-ouest. La main droite guide l’épée au-dessus de la tête et frappe de taille au nord-ouest, la main gauche s’écartant en même temps vers le sud-est (fig. 26).

天馬行空
Posture 30. Le cheval céleste vole dans les airs. La main droite guide l’épée, la paume vers le sud, en un arc d’en bas vers le nord puis vers le haut. Le pied gauche s’avance d’un pas au sud, ce qui tourne le corps au sud ; l’épée, sans s’arrêter, passe de l’arrière au-dessus de la tête et frappe de taille vers le sud. En même temps la main gauche rejoint la droite, la paume venant assister au-dessus du poignet droit, tandis que le pied droit avance d’un grand pas au sud, pointe touchant le sol et orientée au sud, le regard vers le sud (fig. 27).

挑簾式
Posture 31. Soulever le rideau. Le pied droit se lève et retombe, la pointe faisant face au talon gauche en forme de huit, à un demi-pied environ, la pointe orientée au nord-ouest. La main droite lève l’épée au-dessus de la tête, la gauche soutenant encore le poignet droit, la pointe oblique en bas, tandis que le pied gauche se lève, pointe en bas (fig. 28).

左右車輪劍
Posture 32. L’épée qui tourne comme une roue à gauche et à droite. Le pied gauche retombe et forme un huit avec le pied droit, la pointe au sud-ouest. La main droite guide l’épée suivant la taille vers l’est, remonte d’en bas en décrivant un grand cercle, le regard suivant la pointe. Le pied droit sort d’un grand pas vers l’ouest et l’épée, du haut, frappe vers l’ouest, la main gauche s’écartant vers l’est, le regard suivant l’épée vers l’ouest. Cette posture est la même que « l’étoile filante chasse la lune », à la direction près. Voir encore la fig. 26.
Puis la main droite, la paume vers l’est, remonte d’en bas vers l’est, décrivant un grand cercle. Le pied gauche sort d’un grand pas à l’ouest et le corps se tourne à l’ouest ; l’épée, sans s’arrêter, passe de l’arrière au-dessus de la tête et frappe de taille vers l’ouest, la main gauche rejoignant la droite pour assister au poignet, tandis que le pied droit avance d’un grand pas à l’ouest, pointe touchant le sol, le regard vers l’ouest. Cette posture est la même que « le cheval céleste vole dans les airs », à la direction près. Voir encore la fig. 27.
大鵬單展翅
Posture 33. Le rokh déploie une aile. La main droite guide l’épée légèrement à gauche jusqu’à ce que la paume soit au-dessus, la main gauche décrivant un arc au-dessus du poignet droit, paume en bas. Le talon gauche pivote au nord pour orienter la pointe légèrement au nord-est ; le pied droit sort au nord-est, la main droite guidant l’épée en un tranchant du bord interne vers le nord-est, lame plate. La main gauche, suivant la droite, arrive devant la poitrine, la main pincée au nord-est, le regard vers le nord-est (fig. 29).

海底撈月
Posture 34. Chercher à écoper le reflet de la lune dans l’eau. La main droite tourne l’épée encore vers la droite et s’abaisse légèrement, la pointe vers le haut. La main gauche pincée suit, s’arrêtant un peu dans le creux du coude droit. L’épée, lame droite, va vers l’extérieur puis s’enroule dedans, devenant lame plate, tandis que le pied gauche se lève et retombe, la pointe au sud-ouest. Une fois l’épée enveloppée sous les côtes, elle pique droit à l’ouest, le pied droit sortant en même temps à l’ouest, pointe à l’ouest, la main gauche décrivant un arc jusqu’au-dessus du front. Voir encore la fig. 11.
懷中抱月如前法如三十圖
Posture 35. Embrasser la lune, comme à la posture 18, mais dans la direction opposée (fig. 30).

夜叉探海
Posture 36. Le démon des nuits s’explore la mer. Le pied droit sort à l’ouest, le corps avance avec lui, l’épée pique vers l’ouest en descendant, la main gauche suivant la droite vers le bas, à deux pouces d’elle, pendant que le pied gauche se lève. Le regard suit la pointe de l’épée vers le bas (fig. 31).

犀牛望月
Posture 37. Le rhinocéros regarde la lune. Le pied gauche fait un pas de côté vers l’est ; la main gauche, d’en bas, monte vers l’est en décrivant un grand cercle, et la main droite lève l’épée, la retirant de l’ouest vers l’est, devant la poitrine. L’épée passe de la lame plate à la lame droite, la pointe regardant toujours l’ouest. La main gauche, restant pincée, décrivant un arc jusqu’à l’intérieur de la droite. Le poids est sur la jambe gauche, le regard toujours vers l’ouest. Cette posture est comme « drapant le corps, posture du tigre qui combat » du taiji quan (fig. 32).

射雁式
Posture 38. Tirer l’oie. Le pied droit ne quitte pas sa place, la main droite retire l’épée jusqu’à derrière le genou droit, la pointe vers le bas et le sud-est. Le pied gauche se lève en même temps et se replie vers le droit, pointe touchant le sol et orientée au sud-est, tandis que la main gauche se lève devant la poitrine, pointant avec le regard vers le sud-est (fig. 33).

白猿獻果
Posture 39. Le singe blanc offre un fruit. Le pied gauche avance d’un pas au sud-est, le pied droit avance à sa suite pour se tenir à côté ; la main droite fait passer l’épée de la lame droite à la lame plate et pique vers le haut au sud-est, la paume gauche soutenant le dos de la droite. Le corps se tient droit, le regard toujours au sud-est. Cette posture est la même que « l’aiguille de boussole », à cela près que l’épée est un peu plus haute. Voir encore la fig. 23.
鳳凰雙展翅
Posture 40. Le phénix déploie ses deux ailes. Ce changement diffère seulement en ce que le pied droit sort au nord-ouest et que l’épée fait un tranchant du bord interne depuis le sud-est, les mains s’écartant. Voir encore la fig. 13.
左右跨攔
Posture 41. Parade enjambante à gauche et à droite. Le pied droit fait un pas de côté vers le sud, le pied gauche suit pour faire un grand pas de côté vers le sud, tandis que la main droite retire l’épée du nord-ouest vers le sud, en travers devant la poitrine, paume au-dessus. L’épée est encore plate, la pointe vers le nord ; la main gauche soutient le poignet droit (fig. 34).

左足往北橫邁一步。右足隨左足。往北橫邁一大步。右手之劍。往左略轉。隨腰隨步。往北轉換。使手心向上者。變為手心向下。劍尖向北者。變為劍尖向南。橫在胸前。劍仍平面。左手扶右手腕背。如第三十五圖。
Le pied gauche fait un pas de côté vers le nord, le pied droit suit pour faire un grand pas de côté vers le nord ; la main droite guide l’épée légèrement à gauche, puis suivant la taille et le pas, la tourne vers le nord. La paume qui était au-dessus passe au-dessous, la pointe qui regardait le nord passe au sud. L’épée est en travers devant la poitrine, toujours plate ; la main gauche soutient le dos du poignet droit (fig. 35).

射雁式向西北。變法如前。
Posture 42. Tirer l’oie (comme à la posture 37, mais vers le nord-ouest).
白猿獻果向正西。變法如前。
Posture 43. Le singe blanc offre un fruit (comme à la posture 38, mais plein ouest).
左右落花
Posture 44. Fleurs qui tombent à gauche et à droite. La main droite guide l’épée en un léger arc depuis la gauche. Le pied droit recule d’un pas, l’épée suivant le pied droit pour frapper de taille au nord et à droite, la paume qui était au-dessus passant au-dessous. Le pied gauche recule alors d’un pas, l’épée suivant le pied gauche pour frapper de taille au sud et à gauche, la paume repassant au-dessus. Le tout est comme « le lion secoue la tête », sauf que l’épée est un peu plus basse. Voir encore les fig. 20 et 21.
玉女穿梭白虎攪尾
Postures 45 et 46. La vierge pousse la navette & le tigre blanc remue la queue. Après que le pied droit a reculé, les mains s’écartent comme devant. On lève le pied gauche, on le tourne vers le sud, et on fait un grand pas, tandis que les mains tournent et se rejoignent pour piquer au sud, la paume gauche soutenant le dos du poignet droit (fig. 36).

右手與左手相合。左手在上。手心向下。右手執劍在下。手心向上。左足跟往西轉。足尖向西。右手之劍。由南往北。平面削去。轉至北時。劍往上轉。使劍尖向上直立。劍平面向西。左手揑劍訣在胸前。右足略提起。往北移半步。足尖向西北。如大鵬單展翅。眼神向西看。
Les mains se rejoignent, la gauche au-dessus, paume en bas, la droite tenant l’épée en dessous, paume en haut. Le talon gauche pivote vers l’ouest, la pointe à l’ouest. La main droite guide l’épée du sud au nord, en un tranchant du bord interne à lame plate. Quand elle a atteint le nord, l’épée remonte pour dresser la pointe toute droite. La lame regarde l’ouest (c’est-à-dire que les tranchants sont à l’ouest et à l’est) ; la main gauche pincée est devant la poitrine. En même temps le pied droit se soulève légèrement et se déplace d’un demi-pas au nord-ouest, la pointe au nord-ouest. C’est semblable au « rokh déploie une aile ». Le regard vers le nord-ouest.
鯉魚跳龍門
Postures 47 et 48. La carpe saute la porte du dragon. Les deux mains se rejoignent de nouveau comme dans « le tigre cache sa tête », puis on saute de nouveau vers l’ouest comme dans « le cheval sauvage saute le ravin ». Voir encore les fig. 22 et 10.
烏龍絞柱
Posture 49. Le dragon noir s’enroule autour de la colonne. La main droite guide l’épée en la faisant monter de la lame plate à la lame droite, vers le haut et l’est, en suivant la taille qui décrit un grand cercle, puis frappe vers l’est ; la main gauche suit pour arriver devant la poitrine (fig. 37).

劍不停。由東復轉下。往西撩上。右足提起落下。使足尖向西北。身隨腰轉。劍不停。復由西往上往東砍。如第三十八圖。
L’épée ne s’arrête pas : de l’est elle redescend, puis remonte vers l’ouest tandis que le pied droit se lève et retombe, la pointe au nord-ouest. Le corps suit le mouvement, la taille tournant, et l’épée, sans s’arrêter, passe de l’ouest en remontant et frappe vers l’est (fig. 38).

劍仍不停。轉至中間。復由外向脇裏裹。劍變為平面。左足同時提起往西邁一步。右足隨提起向西邁一大步。劍亦隨右步。向西剌去。左手分開。提起在額上。劍共轉兩輪。眼神亦隨之而轉。此式剌出。如靈猫捕鼠。惟中間轉動不同。參觀第十圖。
L’épée ne s’arrête pas : elle tourne jusqu’au centre, puis revient de l’extérieur pour s’enrouler vers les côtes, repassant à la lame plate. Le pied gauche se lève en même temps et fait un pas vers l’ouest ; le pied droit se lève et fait un grand pas vers l’ouest, et l’épée, suivant ce pas, pique vers l’ouest, la main gauche s’écartant et se levant au-dessus du front. L’épée a tourné deux fois au total, le regard suivant le mouvement. Cette poussée est comme « le chat agile attrape la souris », à la différence que le mouvement intermédiaire n’est pas le même. Voir encore la fig. 12.
仙人指路
Posture 50. L’immortel montre le chemin. Le pied gauche fait un pas de côté vers l’est ; le reste du mouvement est identique à « le rhinocéros regarde la lune », sinon que la main droite retire l’épée d’en haut et la fait descendre devant la poitrine, la pointe dressée en haut, la lame plate vers l’extérieur (les tranchants à gauche et à droite) (fig. 39).

風掃梅花虎抱頭
Postures 51 et 52. Le vent balaie les fleurs de prunier & le tigre cache sa tête. La main droite, l’épée dressée en haut, la ramène à la lame plate sous les côtes gauches, la pointe légèrement vers l’est, la paume en bas, la gauche au-dessus, les mains se rejoignant. Le pied droit se lève et retombe, la pointe au nord-ouest ; le pied gauche se lève, va au nord puis à l’est, faisant faire au corps un cercle complet, comme le « tourner sur le pied et frapper le lotus » du taiji quan. Quand le tour ramène le visage au sud, les deux mains s’écartent puis se rejoignent, le pied droit touchant le sol en avant, comme dans « le tigre cache sa tête ».
指南針抱劍歸原
Postures 53 et 54. L’aiguille de boussole & embrasser l’épée et revenir à la position d’origine. Le pied droit avance, le gauche vient à sa suite et se tient à côté ; les deux mains portent l’épée et piquent en avant, comme dans « l’aiguille de boussole ». La main droite passe l’épée à la main gauche : le pouce et l’index de celle-ci pointent vers le bas, les trois autres doigts s’enroulent vers le haut autour de la poignée, la paume vers l’extérieur, l’épée dressée en lame plate, la lame contre le devant de l’avant-bras. La main gauche tourne alors l’épée, la faisant passer derrière, et l’on se retrouve posé comme dans la posture d’ouverture, revenu à la manière dont on a commencé (fig. 40).

Notes du traducteur
- Chen Weiming (陳微明, 1881-1958) : lettré de Qishui passé au taiji quan auprès de Yang Chengfu. Il fonda la Société de la souplesse (致柔拳社) à Shanghai et publia trois ouvrages fondamentaux : L’Art du taiji quan (太極拳術, 1925), Le Taiji dao (太極刀) et le présent Taiji jian (太極劍, 1928). Son œuvre contribua à diffuser la tradition de la famille Yang dans la Chine moderne.
- Jian (勁) : la force interne du taiji, distincte de la force musculaire brute ; le terme apparaît dans la conception du taiji, notamment à travers l’« énergie d’écoute » (ting jin, 聽經) évoquée dans la préface à propos du poussé de mains.
- Les photographies : l’édition originale de 1928 figure chaque posture par une photographie de démonstration. Nous reproduisons ici ces clichés originaux, issus du livre lui-même, ainsi que la page de titre, les calligraphies et les portraits qui précèdent le texte.
- La « lame droite » et la « lame plate » : l’auteur distingue l’épée tenue les tranchants vers le haut et le bas (直面, « lame droite ») de l’épée tenue les tranchants vers la gauche et la droite (平面, « lame plate »). Cette distinction parcourt les descriptions de postures et gouverne l’orientation de la lame à chaque geste.
Le texte original parait dans le recueil que Chen Weiming consacra à la tradition de l’épée de taiji de la famille Yang, publié en 1928. Les images reproduites (page de titre, calligraphies, portraits et photographies de postures) sont des scans des planches originales de l’édition de 1928 du Taiji jian (太極劍), un ouvrage du domaine public. La traduction française, réalisée directement à partir du texte chinois, et les notes sont une création de ce site. Le texte chinois original a été consulté sur la page de Paul Brennan : « Taiji Sword ».