Le Nan quan rumen (南拳入門, « Les Fondamentaux de la boxe du Sud ») est un manuel de boxe du Sud publié en 1926 par Xu Taihe (許太和, né vers 1873), maître de l’école Renhe (仁和派) du Shaolin, originaire de Beiguo (北漍), dans le district de Jiangyin (江陰) au Jiangsu. Ancien élève des boxes du Sud, Xu Taihe fut, au début de la République, enseignant d’éducation physique à Shanghai, à Sutai et au lycée Furen de Liangxi, puis chef du département de combat du stade public de Chengjiang ; il représenta l’école Renhe de la boxe du Sud au premier Congrès national des arts martiaux tenu à Shanghai au printemps 1923. Son livre, précédé de quatre préfaces, se propose de fournir enfin aux boxes du Sud l’équivalent de ce que les manuels de tan tui et d’autres boxes du Nord offraient déjà : un exposé méthodique des bases — postures, exercices à mains nues, méthodes défensives, techniques d’application — suivi des six premiers mouvements enchaînés du Tian gang quan (天罡拳, « le poing de la Grande Ourse »).
Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.
L’édition de 1926 s’ouvre sur le portrait de l’auteur, gravé en frontispice, puis sur une photographie le montrant en train de s’exercer face à son fils :
江陰許太和先生五十小影 王瑩若題
Portrait de M. Xu Taihe de Jiangyin à l’âge de cinquante ans ; titre calligraphié par Wang Yingruo.

太和先生與遠才君的父子對拳 王瑩若題
M. Taihe et son fils, M. Xu Yuancai, s’affrontant au poing en un duo de père et de fils ; titre calligraphié par Wang Yingruo.

Table des matières
南拳入門目錄 序 自序 練習拳術的祕訣 步法基本 基本徒手十三節 保守十二法 應用的拳法 基本步法 基本徒手十三節 十二法的由來 用拳指要 特殊運動 第一節天罡拳 藥方六種
Table des matières : préfaces — préface de l’auteur — les secrets de la pratique de la boxe — les postures de base — les treize sections de base à mains nues — les douze méthodes défensives — les techniques de boxe d’application — les pas fondamentaux — les treize sections de base à mains nues — l’origine des douze méthodes — l’essentiel du poing — les exercices spéciaux — première section : le poing de la Grande Ourse — six ordonnances médicinales.
Préfaces
Préface de Xu Yusheng (1923)
序 癸亥春、第一次全國武術大會、開於滬上。余應馬君子貞之召、攜體育研究社同人、赴滬參加斯會、志在觀光南省拳術、以擴眼界。詎開會時、運動者類多北方拳術、頗以為緣慳。嗣於該會招待所內、遇許君太和。年近五十、貌恂恂有儒者風。詢知精於「少林拳術」之「仁和派」及二日開會、見其運動矯健、精裡活潑、而態度雍容、不失常態。與糾糾之輩、不可同日而語。余今得見許君、誠不虛此赴滬一行也。近許君擬以平日研究所得、筆之於書、公諸同好、問敍於余、余知其書出版後、當為社會造幸福不淺、而武術界亦從此放一光明矣。余謹拭目待之、是為序。時為、 中華民國十二年秋右燕禹生許靇厚序於北京體育研究社中
Préface. — Au printemps de l’année guihai [1923], le premier Congrès national des arts martiaux se tint à Shanghai. Répondant à l’appel de M. Ma Zizhen, j’emmenai des collègues de la Société d’études d’éducation physique pour participer à cette assemblée, dans l’intention d’y contempler les boxes des provinces du Sud et d’élargir mon horizon. Or, à l’ouverture, les pratiquants étaient pour la plupart des adeptes de boxes du Nord : j’en fus assez marri. Puis, dans le pavillon d’accueil du congrès, je rencontrai M. Xu Taihe. Il approchait de la cinquantaine et son maintien modeste avait quelque chose du lettré confucéen. Je m’enquis de son art : il excellait dans l’ « école Renhe » de la boxe du Shaolin. Le deuxième jour, je le vis s’exercer : mouvement vigoureux, esprit vif et animé, et pourtant une attitude sereine qui ne perdait jamais la juste mesure ; on ne saurait le mettre sur le même rang que les gaillards belliqueux. Avoir pu rencontrer M. Xu, voilà qui fait que ce voyage à Shanghai ne fut pas vain. Récemment, M. Xu a entrepris de mettre par écrit ce que ses recherches quotidiennes lui ont donné, afin de le partager avec ceux qui aiment le même art, et il m’a demandé une préface. Je sais que, une fois paru, son livre apportera à la société des bonheurs qui ne seront pas minces, et que le monde des arts martiaux en recevra une lumière nouvelle. Je le guette en me frottant les yeux : voilà ma préface. Écrit par Xu Longhou, de son nom social Yusheng, du Yan (Hebei), au sein de la Société d’éducation physique de Pékin, à l’automne de la douzième année de la République de Chine [1923].
Préface de Li Xiaobai (1926)
序 予之識許君太和也、在民六之秋、時予方執敎於寨門經正學校、與君為同事、君江陰北慍產、北漍夙以國技著、君之長於國技、殆所謂人傑地靈歟、君尤富有責任心、道德亦高、時兼任文林二校長涇一校職務、往返奔走、不辭勞瘁、歷一年如一日、予嘗觀其敎授生徒、對於矯正姿勢、說明用功、不厭周詳、知其以引起興味為原則也、拳術本無口令、君編為體操口號、有條不紊、知其能注意於團體的規律動作也、且敎程旣畢、復指導種種化法、與北拳一一比較、知其能聯絡敎材也、因謂同人曰、不圖於拳術家中、有深明敎育原理、熟諳敎授方法如許君其人也、君歷任常熟三高、吳江中學、國技敎席、所至蜚聲卓著、嘗本其平日經驗、著述一書、以餉學子、顏曰南拳入門、計屬稿之日、迄今行將十稔、常歛然不自足、屢加修正、日前來書、謂出版有日、屬予一言、予為鼓吹此事之一份子、因述嚮所欽慕者、與是書之緣起以貽之、並以質之世之、知許君者、 十五年五月一日李肖白識於滬上
Préface. — J’ai fait la connaissance de M. Xu Taihe à l’automne de la sixième année de la République [1917]. J’enseignais alors à l’école Jingsheng de Zhaimen, où M. Xu était mon collègue. Il est natif de Beiguo, dans le Jiangyin ; or Beiguo est depuis toujours réputé pour ses arts nationaux : n’est-ce pas là ce qu’on appelle « le pays est une terre d’exception, les hommes y sont d’élite » ? M. Xu a en outre un grand sens du devoir et une morale élevée ; il cumulait alors la direction de deux écoles et d’un établissement, faisant la navette sans jamais se plaindre de la fatigue, tout au long d’une année comme en un seul jour. Je l’ai vu enseigner à ses élèves : pour corriger les postures et expliquer l’effort à fournir, il ne se lassait jamais du détail ; on comprend qu’il a pour principe d’éveiller l’intérêt. La boxe n’a pas, à l’origine, de commandements vocaux : il les a rédigés comme des appels de gymnastique, avec un ordre parfait ; on comprend qu’il sait prendre garde au mouvement réglé et collectif. Et le cours achevé, il guidait encore les diverses façons de transformer les techniques, les comparant une à une avec celles des boxes du Nord ; on comprend qu’il sait faire dialoguer ses matières. Aussi disais-je à nos collègues : je n’aurais jamais cru trouver, chez un maître de boxe, quelqu’un qui comprenne aussi profondément les principes de l’éducation et connaisse aussi bien les méthodes d’enseignement que M. Xu. Il a occupé successivement des chaires d’arts nationaux à l’école supérieure n° 3 de Changshu et au lycée de Wujiang, partout avec un grand renom. S’appuyant sur son expérience quotidienne, il a composé un livre pour en nourrir ses élèves, intitulé Les Fondamentaux de la boxe du Sud : du jour où il en traça le premier jet jusqu’à aujourd’hui, près de dix ans ont passé ; il n’en était jamais satisfait, le corrigeant sans cesse. Ces derniers jours, il m’a écrit que la publication approchait et m’a demandé quelques mots. Comme je suis de ceux qui encouragent cette entreprise, je raconte ici l’admiration que je lui ai toujours portée et l’origine de son livre, pour le lui offrir et pour le soumettre à ceux qui, en ce monde, connaissent M. Xu. — Par Li Xiaobai, à Shanghai, le premier mai de la quinzième année [1926].
Préface de Xu Nan (1925)
序 余于拳術門外漢也。今夏歸里、季父太和先生、以所著南拳入門稿見示、繪圖立說、頗極詳明。並語余云、拳術本止一派、無所謂南北、特以南人軀幹較小、而手足靈敏、故長于趨避拒守之術、而拳法亦因之稍變、與北人拳法之專當攻勢者不同。又云是册所述、乃南拳基礎工夫、猶學書者之閒架結構、無論學何書體、均當奉為圭臬。至于各路拳法如何、各種兵器用法又如何、則如學書者之有蘇、黃、米、蔡、其宗雖一、而各家又不同、當另為一編、詳述之、故名是書曰南拳入門。予卽書其語、弁諸簡端。 十四年秋七月許枬識棟材
Préface. — Je suis un profane en matière de boxe. Cet été, rentré au pays, mon oncle cadet, M. Taihe, m’a montré le manuscrit de son Nan quan rumen : les figures et les explications y sont d’une clarté et d’un détail extrêmes. Il m’a dit aussi : « La boxe n’a au fond qu’une seule école, il n’y a pas de Nord ni de Sud ; c’est seulement parce que les gens du Sud ont la taille plus menue et les membres plus agiles qu’ils excellent dans les arts d’esquiver, d’éviter et de défendre, et que leurs techniques de poing s’en trouvent un peu modifiées, à la différence de celles des gens du Nord, vouées tout entières à l’attaque. Ce que décrit ce volume, c’est le travail de fond de la boxe du Sud : pareil, pour celui qui étudie la calligraphie, à l’agencement des traits et à la structure des caractères, sur lesquels repose tout ce qu’on apprendra ensuite, quel que soit le style de caractères étudié. Quant à la manière d’exécuter les divers enchaînements et d’employer les diverses armes, c’est comme, en calligraphie, la manière de Su, de Huang, de Mi et de Cai : leur origine est une, mais chaque école diffère ; il faudra un autre volume pour en traiter en détail. » C’est pourquoi le livre s’intitule Les Fondamentaux de la boxe du Sud. J’ai donc noté ses paroles et je les place en tête de l’ouvrage. — Par Xu Nan, de son nom social Dongcai, septième mois de l’automne de la quatorzième année [1925].
Préface de Wang Yingruo (1926)
序 拳術之源、由來已久。漢書、齊愍以技擊强、荀子、齊人隆技擊、是則研究技擊之術者、於春秋戰國之季、已大有人在。南北朝時、達摩大師自天竺浮海至中國、應梁武帝之召、赴金陵談講佛理、以不契於武帝、乃渡江往魏、止嵩山少林寺、立見性强身之說。意者、佛家尚虛無寂滅、一切皆空、故皈依者、投心覺海、束意玄門、大都志靡神昏。而達摩見性强身之說、其義蓋以軀殼强、而靈魂易悟、矯正皈依者志靡神昏之習歟。前後左右、凡十八法、少林開宗、卽始於此。其徒覺遠上人、闡悟其義、益以技擊劍術諸學、化為七十二法、白李二氏、復融合舊宗、廣為百七十餘法。嗣後代有傳人、宋時有張三丰者、別立門戶、法主禦敵、非遇困厄則不發、發則所當必靡、以靜致動、後人宗之、謂之內家。而以少林派之專以搏人為主者、謂之外家、由是拳術有內外家之分、卽今之所謂南派北派者是也。三丰之後、有關中人王宗、宗傳溫州陳州同、州同明嘉靖間人、故兩家之傳、盛於浙東。而吾邑亦素以拳勇稱、有明末葉、淸兵南下、所過州縣、望風降服、鋒刃所及、勢如破竹、獨吾邑以彈丸小地、揭竿與抗、至死不屈。淸兵之死傷者、以數萬計。此固為忠義之氣憤發所致、然非拳勇習之有素、不為功。北漍一市集也、僻處邑之東南隅、東鄰琴川、南毗梁溪、四周環水、田野肥沃、民風樸素、農商之暇、其醉心於拳勇者、尤衆。太平軍起、江南半壁、蹂躪殆遍、所至鄕市、殘殺慘酷、漍邑居民、乃募集壯丁、頭纏白布、以示區別、時人謂之白頭、公推智勇兼全者、為首領、點兵發將、儼如軍營。迴龍橋之役、中敵奸計、拳勇之士死亡幾盡、事定、集骨合葬橋畔、至今志士仁人之過其墓者、莫不唏噓長嘆、涕泗隨之、而其子孫尤為之疾首痛心、哀悼不自已云。漍邑拳勇之專盛如此。太和先生漍邑拳勇家中之翹楚也、法宗南拳之仁和派、天性英邁、身軀矯健、有淸之末、國事蜩螗、外侮日甚、先生以為拳術一道、最精最古、乃體育之先河、足以健身强國、故其提倡、不遺餘力。壯年、四出授徒、足跡遍大江南北、英豪之士、趨之若鶩、故不十載、而徒以千計。民國初元、歷任滬上東亞體育、蘇臺中華體育、梁溪輔仁中學等校敎師、暨澄江公共體育場技擊部主任。癸亥春、出席滬上全國武術大會、為南拳仁和派之代表、深得該會同志之敬仰。近復出其所學、筆之於書、並精繪而詳說之、題曰、南拳入門、欲廣同志之學習、振興國民之精神。付梓之先、囑余作拳術源流考、余于拳術門外漢也、愧無以應、幸與先生同處有年、姑擇其茶餘酒後為余所演述者、為之敍言如此。 十五年一月江陰王瑩若識
Préface. — L’origine de la boxe remonte à loin. Le Livre des Han rapporte que « Min de Qi se rendit puissant par les techniques de combat », et le Xunzi que « les gens de Qi tenaient en honneur les techniques de combat » : ainsi, dès la fin des Printemps et Automnes et des Royaumes combattants, ceux qui étudiaient ces techniques étaient déjà nombreux. Sous les Dynasties du Nord et du Sud, le grand maître Damo vint de l’Inde en Chine par la mer ; appelé par l’empereur Wu des Liang, il se rendit à Jinling pour y discuter du bouddhisme, mais, ne s’accordant pas avec l’empereur, il traversa le fleuve et gagna le royaume de Wei, où il s’arrêta au temple Shaolin du mont Song et y établit la doctrine de « voir sa nature et fortifier son corps ». On peut penser que, la maison bouddhique prônant le néant, l’extinction et la vacuité de toute chose, ses fidèles jetaient leur cœur dans l’océan de l’éveil et nouaient leur intention à la porte mystérieuse, de sorte que la plupart avaient l’âme affaissée et l’esprit trouble. La doctrine de Damo — voir sa nature et fortifier son corps — signifie que, l’enveloppe corporelle étant fortifiée, l’âme s’éveille plus aisément : c’était corriger cette habitude d’abattement et de trouble. En avant et en arrière, à gauche et à droite, dix-huit méthodes en tout : c’est là que commence la tradition Shaolin. Son disciple, le vénérable Jueyuan, en éclaira le sens et y ajouta les techniques de combat et l’art de l’épée, les transformant en soixante-douze méthodes ; les deux maîtres Bai et Li, fondant à leur tour l’ancienne tradition dans la nouvelle, les étendirent à plus de cent soixante-dix méthodes. Par la suite, chaque génération eut ses transmetteurs. Sous les Song, un certain Zhang Sanfeng fonda une école distincte, dont la méthode a pour principe de repousser l’ennemi : elle ne se déploie pas tant qu’on n’est pas aux abois, mais une fois déployée, ce qu’elle atteint est immanquablement brisé ; elle va du calme au mouvement. La postérité le prit pour maître et l’appela l’ « école interne » (nei jia, 內家). Et comme l’école Shaolin, elle, visait avant tout à frapper l’homme, on l’appela l’ « école externe » (wai jia, 外家) : de là vient la division de la boxe en école interne et école externe, qui est ce qu’on nomme aujourd’hui l’école du Sud et l’école du Nord. Après Zhang Sanfeng vint Wang Zong, du centre du Shaanxi ; Wang transmit l’art à Chen Zhoutong de Wenzhou, qui vivait sous le règne de Jiajing des Ming : aussi ces deux lignées fleurirent-elles dans l’est du Zhejiang. Notre district, lui aussi, était depuis longtemps renommé pour sa bravoure au poing. À la fin des Ming, quand les troupes mandchoues descendirent vers le sud, les préfectures et les districts sur leur passage se rendirent au premier souffle et leur lame tranchait tout comme on fend un bambou. Seul notre district, petit comme une bille, se leva en révolte et refusa de plier jusqu’à la mort ; les soldats mandchous y perdirent des dizaines de milliers d’hommes. Ce fut certes l’effet d’un élan de loyauté et de droiture, mais sans une pratique assidue du poing brave, on n’y serait pas parvenu. Beiguo est une bourgade nichée dans le coin sud-est du district, voisine de Qinchuan à l’est et de Liangxi au sud, entourée d’eau de toutes parts, aux champs fertiles et aux mœurs simples : là, dans les loisirs que laissent l’agriculture et le commerce, ceux qui se passionnent pour le poing brave sont particulièrement nombreux. Quand s’élevèrent les Taiping, la moitié du Jiangnan fut ravagée ; partout où ils passaient, bourgs et marchés étaient le théâtre de massacres atroces. Les habitants de Beiguo levèrent alors des hommes valides, qui ceignirent leur front de toile blanche pour se distinguer : les contemporains les appelèrent les « têtes blanches ». Ils choisirent d’un commun accord, pour chefs, ceux qui joignaient la sagesse au courage, levèrent des troupes et nommèrent des officiers, à la manière d’un camp militaire. À la bataille du pont Huilong, tombés dans un piège de l’ennemi, les hommes au poing brave périrent presque tous ; les troubles apaisés, on rassembla leurs ossements et on les ensevelit ensemble au bord du pont. Aujourd’hui encore, les hommes de cœur et de bien qui passent près de cette tombe ne retiennent pas leurs soupirs et leurs larmes, et leurs descendants surtout en ont la tête douloureuse et le cœur déchiré, les pleurant sans fin. Telle est la prééminence de Beiguo dans le poing brave. M. Taihe est l’élite de ces hommes de Beiguo : adepte de l’école Renhe de la boxe du Sud, d’un naturel brave et élevé, au corps souple et vigoureux. À la fin des Qing, les affaires de l’État étaient dans la confusion et l’agression étrangère s’aggravait chaque jour ; il considéra que la boxe est ce qu’il y a de plus raffiné et de plus ancien, qu’elle est à la source même de l’éducation physique et qu’elle suffit à fortifier le corps et la nation : aussi ne ménagea-t-il aucun effort pour la promouvoir. Dans la force de l’âge il alla de toutes parts enseigner, ses pas couvrant les deux rives du fleuve, et les hommes de valeur accouraient vers lui comme les canards vers l’appât : en moins de dix ans, ses élèves se comptèrent par milliers. Au début de la République, il fut successivement enseignant aux écoles d’éducation physique de l’Est asiatique à Shanghai, de la Chine à Sutai, au lycée Furen de Liangxi, et chef du département de combat du stade public de Chengjiang. Au printemps de l’année guihai [1923], il assista au Congrès national des arts martiaux de Shanghai en qualité de représentant de l’école Renhe de la boxe du Sud et s’y attira la profonde estime de ses camarades. Récemment, il a de nouveau tiré de son savoir un livre, finement illustré et commenté en détail, intitulé Les Fondamentaux de la boxe du Sud, souhaitant élargir l’étude de ses camarades et relever l’esprit national. Avant de le livrer à l’imprimeur, il m’a demandé de composer une étude sur les origines de la boxe. Profane que je suis, j’étais honteux de ne pouvoir répondre ; mais comme j’ai eu le bonheur de vivre des années auprès de lui, j’ai choisi ce qu’il m’exposait après le thé et le vin pour en faire ce récit. — Par Wang Yingruo de Jiangyin, premier mois de la quinzième année [1926].
Préface de l’auteur
自序 我國學校體育敎材、向取自國外、近年來始稍有以國技編為敎材者。 考國技一道、原分南北兩派、北人軀幹雄偉、力大勢猛、善于攻、南人身體短小、步履輕便、宜于守、皆各有其特長、未易分軒輊也。 北派拳術如譚腿等、近日訪間多有印行、惟南拳則尚付闕如、予不敏、爰將幼年所習、幷年來在蘇省各校所敎授者、略加編訂、付諸梓人、題曰南拳入門、非敢擅稱著述、聊以供海內同志諸君之參考云耳、 十四年三月澄江許太和識
Préface de l’auteur. — Les matières d’éducation physique de nos écoles ont toujours été empruntées à l’étranger ; ce n’est que ces dernières années qu’on a commencé à composer, çà et là, des matières d’enseignement à partir de nos arts nationaux. Or l’art national se divise à l’origine en deux branches, celle du Nord et celle du Sud : les gens du Nord ont la carrure imposante, la force grande et l’élan impétueux, et ils excellent à l’attaque ; les gens du Sud ont le corps plus petit, la marche légère et aisée, et ils conviennent à la défense. Chacun a ses qualités propres, et il n’est pas facile de les départager. Les boxes du Nord, comme le Tan tui, ont récemment fait l’objet de nombreuses publications ; seule la boxe du Sud manquait encore. Je ne suis guère habile, mais j’ai repris ce que j’ai appris dans ma jeunesse et ce que j’enseigne depuis des années dans les diverses écoles du Jiangsu, je l’ai un peu mis en ordre et je le livre à l’imprimeur, sous le titre de Les Fondamentaux de la boxe du Sud : je n’oserais prétendre qu’il s’agit d’un ouvrage savant, c’est simplement une matière de référence pour mes camarades du pays tout entier. — Par Xu Taihe, du quartier de Chengjiang, troisième mois de la quatorzième année [1925].
Les secrets de la pratique de la boxe
練習拳術的祕訣
Les secrets de la pratique de la boxe.
凡人演技之後、往往面紅頸赤、氣喘吁吁、汗流浹背其故何在、在乎練習時、不明理氣耳。故理氣實為練習拳術之必要、否則有損無益、茲將理氣之法述下。何謂理氣、卽為呼吸平均而已、譬如每打一拳、氣當輕輕呼出、至唇邊為止、每收一拳、氣當輕由鼻孔吸入、呼氣若干量、吸氣亦宜等量、不可過多、或過少、譬若呼出四兩、而吸入五兩或六兩、則吸氣多于呼氣、久之必成氣臌之疾、呼出五兩或六兩、而吸入四兩、則呼氣多于吸氣、必成咳嗽傷癆。總之、呼吸宜平均、如不平均、為害不淺、面紅頸赤、氣喘汗流、特其小焉者耳、然亦為致害之現象也。再練拳時不可過分用力、而存好勝之心、偶一不愼、頭暈目眩、四肢疲倦、久而久〔習〕之、為害亦不勝言也、習技者愼之。
Quand on a exécuté un enchaînement, on a souvent le visage rouge, le cou empourpré, le souffle court et le dos trempé de sueur. D’où cela vient-il ? De ce que, pendant la pratique, on ne comprend pas la régulation du souffle (li qi, 理氣). Cette régulation est donc bel et bien indispensable à la pratique de la boxe ; sans elle, il n’y a que dommage et nul profit. Voici exposée la méthode de régulation du souffle. Qu’appelle-t-on réguler le souffle ? Simplement garder la respiration égale. Ainsi, à chaque coup de poing frappé, le souffle doit être légèrement expiré, jusqu’au bord des lèvres ; à chaque coup de poing ramené, le souffle doit être légèrement inspiré par les narines. Autant on expire, autant il faut inspirer : ni trop, ni trop peu. Si, par exemple, on expire quatre onces et qu’on en inspire cinq ou six, l’inspiration dépassera l’expiration, et à la longue on contractera une maladie de ballonnement ; si l’on expire cinq ou six onces et qu’on n’en inspire que quatre, l’expiration dépassera l’inspiration, et l’on finira toussant et phtisique. En un mot, la respiration doit être égale : si elle ne l’est pas, les dommages ne sont pas minces. Le visage rouge, le cou empourpré, le souffle court et la sueur ne sont que les petits symptômes, mais ils sont déjà des signes de ce dommage.
De plus, en pratiquant la boxe, il ne faut pas employer une force excessive ni nourrir l’esprit de rivalité : un instant d’imprudence, et voilà les vertiges, la vue brouillée, l’épuisement des quatre membres ; à force de persévérer ainsi, les dommages seront au-delà de ce qu’on peut dire. Que ceux qui pratiquent ces techniques y prennent garde.
Listes des exercices
Les pas fondamentaux
步法基本 (一)立正式 (二)四平式 (三)寒鷄式 (四)絞絲式 (五)弓箭式 (六)長三式 (七)丁字式
Les pas fondamentaux : (1) la stance debout au garde-à-vous (lizheng shi, 立正式) ; (2) la stance des quatre équilibres (siping shi, 四平式) ; (3) la stance du poulet transi (hanji shi, 寒鷄式) ; (4) la stance de la soie torsadée (jiaosi shi, 絞絲式) ; (5) la stance de l’arc et de la flèche (gongjian shi, 弓箭式) ; (6) la stance « long-trois » (changsan shi, 長三式) ; (7) la stance en T (dingzi shi, 丁字式).
Les treize exercices de base à mains nues
基本徒手十三節 (一)左右手雙分掌 (二)左右輪替單拳 (三)左右雙鎗拳 (四)兩手雙上豁下倒 (五)四平步兩手舉兩足左右蹁腿 (六)向前後雙掌手足長三步 (七)向前後單折拳足長三步 (八)向前後雙折雙鎗拳足以次上步成長三式 (九)右足向前上步絞絲腿 (十)向前一拳一腿兩足順序成寒鷄式 (十一)兩手輪替向前左右拳兩足順序上步成寒鷄式 (十二)左右足上步成寒鷄式同時兩手順序向前紥 (十三)足寒鷄式向後退步兩手上豁 (十四)呼吸
Les treize exercices de base à mains nues : (1) double ouverture des paumes, à gauche et à droite ; (2) coups de poing simples alternés, à gauche et à droite ; (3) doubles poings-lances, à gauche et à droite ; (4) double écartement vers le haut et retombée des deux mains ; (5) en stance des quatre équilibres, les deux mains levées, coups de pied dansants à gauche et à droite ; (6) doubles paumes vers l’avant et vers l’arrière, pas en stance « long-trois » ; (7) poing plié simple vers l’avant et vers l’arrière, pas en stance « long-trois » ; (8) doubles poings pliés et doubles poings-lances vers l’avant et vers l’arrière, chaque pas menant à la stance « long-trois » ; (9) le pied droit avance et exécute le coup de pied de la soie torsadée ; (10) un poing et un coup de pied vers l’avant, chaque pied formant tour à tour la stance du poulet transi ; (11) coups de poing alternés vers l’avant, à gauche et à droite, chaque pied avançant en stance du poulet transi ; (12) le pied gauche puis le pied droit avancent en stance du poulet transi tandis que les deux mains lient tour à tour vers l’avant ; (13) depuis la stance du poulet transi, reculer en écartant les deux mains vers le haut ; (14) la respiration.
Les douze méthodes défensives
保守十二法 抅 紥 豁 帶 騰 擄 搧 劈 躱 避 閃 着
Les douze méthodes défensives : accrocher (gou, 抅), lier (zha, 紥), écarter (huo, 豁), entraîner (dai, 帶), bondir en retrait (teng, 騰), capturer (lu, 擄), éventer (shan, 搧), fendre du tranchant (pi, 劈), se cacher (duo, 躱), esquiver (bi, 避), la paume-éclair (shan, 閃), forcer la fuite (zhuo, 着).
Les techniques de boxe d’application
應用的拳法 單直拳 雙直拳 下超拳 下彈拳 冲天拳 落地金磚拳 穿身拳 分開一字拳 前後雙折雙分拳 單躱折拳 雙邊拳 單挑拳 雙挑拳 囘龍拳 雙手營門勢拳 單蟹殼拳 雙蟹殼拳 蟹殼雙分拳 雙管拳及單管拳 老君推山拳 下冲拳 四平拳
Les techniques de boxe d’application : le coup de poing direct simple (單直拳) ; les doubles coups de poing directs (雙直拳) ; le poing soulevant par en dessous (下超拳) ; le poing-balle vers le bas (下彈拳) ; le poing perçant le ciel (冲天拳) ; le poing « la brique d’or jetée à terre » (落地金磚拳) ; le poing traversant le corps (穿身拳) ; le poing ouvrant la « ligne unique » (分開一字拳) ; les doubles poings pliés et ouverts, en avant et en arrière (前後雙折雙分拳) ; le poing plié de l’esquive simple (單躱折拳) ; les doubles poings latéraux (雙邊拳) ; le poing soulevant simple (單挑拳) ; les doubles poings soulevants (雙挑拳) ; le poing du dragon qui revient (囘龍拳) ; le poing de la « porte de la caserne » à deux mains (雙手營門勢拳) ; le poing « carapace de crabe » simple (單蟹殼拳) ; les doubles poings « carapace de crabe » (雙蟹殼拳) ; les doubles poings « carapace de crabe » ouverts (蟹殼雙分拳) ; le poing « double canon » et le poing « simple canon » (雙管拳及單管拳) ; le poing « le Vieux Maître pousse la montagne » (老君推山拳) ; le poing jaillissant vers le bas (下冲拳) ; le poing des quatre équilibres (四平拳).
剷法:扁剷 鑿法:鑿眉 搶子:單搶子 雙搶子
Les pelles : la pelle plate et droite (扁剷). Les burins : le burin au sourcil (鑿眉). Les lances : la lance simple (單搶子) et la double lance (雙搶子).
肘法:丁肘 挑丁肘 下冲肘 剋肘 折拳肘 豎肘 雙豎肘 頭肘法:佛頂肘
Les coudes : le coude-bélier (丁肘) ; le coude-bélier soulevé (挑丁肘) ; le coude jaillissant vers le bas (下冲肘) ; le coude qui dompte (剋肘) ; le coude du poing plié (折拳肘) ; le coude dressé (豎肘) ; les doubles coudes dressés (雙豎肘). Les coudes de la tête : le coude « le Bouddha heurte le sommet » (佛頂肘).
肩尖法:左肩尖 右肩尖 前肩尖 後肩尖
Les épaules : l’épaule gauche (左肩尖) ; l’épaule droite (右肩尖) ; l’épaule avant (前肩尖) ; l’épaule arrière (後肩尖).
手法:直掌手 雙掌手 單插手 雙豁手 穿插手 下插手 單上劈手 雙上劈手 下帶手 上架手 單圈手 雙圈手 營門勢手 和合手 雙分手 下倒手 單躱手 單抅手 單紥手 捆手 單閃手 雙擄手 保胸手 上叉手 單托鼎手 雙托鼎手 單提鈴手 雙提領手 單托肘手 雙托肘手 下單叉手 下雙叉手 黃鷹揸手 上帶手 拉弓手 單挑手 雙挑手 雙捎手 單撓手 蛇點手 搖鈴手 雙壓手 下超手 切地手 推弓手 照鏡手 雙發手 請手 南無手 挑當手 盤頭手 方揢手 白鶴朵(卽五花手) 鎖手 腕雪手 五龍進洞手 側角手 剪拷手 脫拷手 霸王請酒手 後插花手
Les mains : la paume droite (直掌手) ; les doubles paumes (雙掌手) ; la main piquante simple (單插手) ; les doubles mains écartantes (雙豁手) ; la main piquante enfilée (穿插手) ; la main piquante vers le bas (下插手) ; la main fendant vers le haut, simple et double (單上劈手 / 雙上劈手) ; la main qui tire vers le bas (下帶手) ; les mains qui soutiennent vers le haut (上架手) ; la main circulaire simple et les doubles mains circulaires (單圈手 / 雙圈手) ; la main de la « porte de la caserne » (營門勢手) ; les mains jointes (和合手) ; les doubles mains qui séparent (雙分手) ; les mains qui renversent vers le bas (下倒手) ; la main de l’esquive simple (單躱手) ; la main qui accroche simple (單抅手) ; la main qui lie simple (單紥手) ; les mains qui enlacent (捆手) ; la main-éclair simple (單閃手) ; les doubles mains capturantes (雙擄手) ; la main qui protège la poitrine (保胸手) ; la main qui fourche vers le haut (上叉手) ; la main qui soutient le chaudron, simple et double (單托鼎手 / 雙托鼎手) ; la main qui soulève la cloche, simple et double (單提鈴手 / 雙提領手) ; la main qui soutient le coude, simple et double (單托肘手 / 雙托肘手) ; la main fourchue vers le bas, simple et double (下單叉手 / 下雙叉手) ; la main du faucon jaune qui rafle (黃鷹揸手) ; la main qui tire vers le haut (上帶手) ; les mains qui bandent l’arc (拉弓手) ; la main soulevante simple et les doubles mains soulevantes (單挑手 / 雙挑手) ; les doubles mains qui frôlent (雙捎手) ; la main qui bloque simple (單撓手) ; les mains « morsure de serpent » (蛇點手) ; les mains qui agitent la clochette (搖鈴手) ; les doubles mains qui pressent (雙壓手) ; la main qui soulève par en dessous (下超手) ; la main qui tranche le sol (切地手) ; la main qui pousse l’arc (推弓手) ; la main « miroir » (照鏡手) ; les doubles mains qui projettent (雙發手) ; la main qui invite (請手) ; les mains de l’hommage (南無手) ; les mains qui soulèvent en portant (挑當手) ; les mains qui enroulent la tête (盤頭手) ; les mains qui saisissent de biais (方揢手) ; la grue blanche qui se cache (白鶴朵, c’est-à-dire les mains des cinq fleurs, 五花手) ; les mains qui verrouillent (鎖手) ; la main « neige au poignet » (腕雪手) ; les cinq dragons entrent dans la grotte (五龍進洞手) ; la main de l’angle latéral (側角手) ; les mains ciseaux qui frappent (剪拷手) ; les mains qui se dégagent de la frappe (脫拷手) ; le « tyran qui demande du vin » (霸王請酒手) ; les mains qui piquent la fleur par derrière (後插花手).
臀法:左臀 右臀 後臀 膝法:刺膝 合膝 分膝 腿法:剷腿 繞絲腿 前後略腿 單靠腿 後撑腿 披腿
Les hanches : la hanche gauche (左臀) ; la hanche droite (右臀) ; la hanche arrière (後臀). Les genoux : le genou qui transperce (刺膝) ; les genoux qui se joignent (合膝) ; les genoux qui s’écartent (分膝). Les jambes : le coup de jambe-pelle (剷腿) ; le coup de jambe de la soie enroulée (繞絲腿) ; la jambe qui fauche en avant et en arrière (前後略腿) ; la jambe d’appui simple (單靠腿) ; le coup de talon en arrière (後撑腿) ; le coup de jambe drapé (披腿).
特殊運動 地掃 全轉 白鶴反身 旋風 前撲 鯉魚反身 野鷄撥天 後撲 一字步 蜻蜓躱 童子拜觀音 虎跳 搶板金斗 滾燈 單飛 雙飛 麻雀跳 田鷄跳 金鷄獨立 蜈蚣走
Les exercices spéciaux : le balayage du sol (地掃) ; la rotation complète (全轉) ; la grue blanche qui se retourne (白鶴反身) ; le tourbillon (旋風) ; la chute en avant (前撲) ; la carpe qui se retourne (鯉魚反身) ; le faisan qui fouille le ciel (野鷄撥天) ; la chute en arrière (後撲) ; le pas en ligne unique (一字步) ; la libellule qui esquive (蜻蜓躱) ; l’enfant qui salue Guanyin (童子拜觀音) ; le saut du tigre (虎跳) ; la culbute en attrapant la planche (搶板金斗) ; la lanterne qui roule (滾燈) ; l’envol simple (單飛) ; l’envol double (雙飛) ; le saut du moineau (麻雀跳) ; le saut de la grenouille (田鷄跳) ; le coq d’or sur une patte (金鷄獨立) ; la marche du mille-pattes (蜈蚣走).
Les pas fondamentaux
『求木之長者、必固其根本、欲流之遠者,必浚其泉源、』這是人所共知的兩句、「老生常談、」可是切莫輕視、我們學習拳術的人、却是須得拿來當做「至理名言、」因為練拳術不是兒戲、如其你有决心、當眞要練、那須得把基本築好、然後南拳北派、刀鎗劍戟、方得見你的效果、 下面六種步法和手法,就是基本的動作、諸位要學拳術嗎、請把他先操練起來、
« Qui veut qu’un arbre vive longtemps doit consolider ses racines ; qui veut qu’un ruisseau coule loin doit approfondir sa source. » Ces deux phrases, tout le monde les connaît : c’est un lieu commun, mais il ne faut pas le mépriser. Nous autres qui étudions la boxe devons les tenir pour une « parole de vérité ». En effet, pratiquer la boxe n’est pas un jeu d’enfant : si l’on a la détermination et si l’on veut vraiment s’entraîner, il faut d’abord bâtir les fondations, et alors seulement, dans la boxe du Sud comme dans les écoles du Nord, avec le sabre, la lance, l’épée et la hallebarde, on verra ses résultats. Les six sortes de pas et les techniques de main présentées ci-dessous sont les mouvements fondamentaux. Vous voulez étudier la boxe ? Commencez par les exercer.
1. La stance debout au garde-à-vous
(一)立正式 身體直立、兩手下垂、挺胸縮顎、兩腿用力、足尖和足跟靠攏、如下圖、
(1) La stance debout au garde-à-vous (lizheng shi). — Le corps debout et droit, les deux mains tombant le long du corps, la poitrine ouverte, le menton rentré, les deux jambes bandées, la pointe et le talon des pieds joints. Voir la figure ci-dessous.

2. La stance des quatre équilibres
(二)四平式 從立正式起 (一)兩足尖向外轉、 (二)兩足跟向外轉、約離一尺二寸許、 (三)向下蹲、仝時兩手前平閤掌、指尖觸顎、如下圖、
(2) La stance des quatre équilibres (siping shi). — En partant de la stance debout : i. les pointes des pieds pivotent vers l’extérieur ; ii. les talons pivotent vers l’extérieur, les pieds s’écartant d’environ un pied et deux pouces ; iii. on descend en s’accroupissant, les deux mains venant en même temps vers l’avant, paumes jointes à hauteur horizontale, le bout des doigts touchant le menton. Voir la figure ci-dessous.

3. La stance du poulet transi
(三)寒鷄式 從四平式起 (一)向左〔右〕轉、全身力量在右〔左〕足上、左〔右〕足略屈、足尖用力踏緊、 (二)還原成四平式、 (三)向右〔左〕轉、成寒鷄式、 (四)還原四平式、如下圖、
(3) La stance du poulet transi (hanji shi). — En partant de la stance des quatre équilibres : i. on tourne vers la gauche [la droite], tout le poids du corps passant sur le pied droit [le gauche], la jambe gauche [droite] légèrement fléchie, la pointe du pied pressant fermement le sol ; ii. on revient à la stance des quatre équilibres ; iii. on tourne vers la droite [la gauche] et l’on forme la stance du poulet transi ; iv. on revient encore à la stance des quatre équilibres. Voir la figure ci-dessous.

4. La stance de la soie torsadée
(四)絞絲式 從寒鷄式起 (一)兩足再向左〔右〕轉、地位不動、 (二)還原、成寒鷄式、 (三)向右〔左〕反對為之、 (四)還原、成寒鷄式、如下圖
(4) La stance de la soie torsadée (jiaosi shi). — En partant de la stance du poulet transi : i. les deux pieds pivotent encore vers la gauche [la droite], sans changer de place ; ii. on revient à la stance du poulet transi ; iii. on exécute le mouvement opposé, vers la droite [la gauche] ; iv. on revient de nouveau à la stance du poulet transi. Voir la figure ci-dessous.

5. La stance de l’arc et de la flèche
(五)弓箭式 從寒鷄式起 約放大五六寸、前足挺直、全身力量在後足、如下圖、
(5) La stance de l’arc et de la flèche (gongjian shi). — En partant de la stance du poulet transi, on élargit le pas d’environ cinq ou six pouces, la jambe avant s’étendant droite, tout le poids du corps restant sur la jambe arrière. Voir la figure ci-dessous.

6. La stance « long-trois »
(六)長三式 從弓箭式起 左足前屈、右足在後挺直、上體挺胸縮頦、如下圖、
(6) La stance « long-trois » (changsan shi). — En partant de la stance de l’arc et de la flèche, la jambe gauche se plie devant, la jambe droite s’étendant droite derrière, le haut du corps la poitrine ouverte et le menton rentré. Voir la figure ci-dessous.

7. La stance en T
(七)丁字式 從長三式起 左足收進點地、全身重量在右足上、距離約五六寸、如下圖、
(7) La stance en T (dingzi shi). — En partant de la stance « long-trois », le pied gauche se retire et vient toucher le sol de la pointe, tout le poids du corps reposant sur le pied droit, les pieds à cinq ou six pouces l’un de l’autre. Voir la figure ci-dessous.

Les treize exercices de base à mains nues
※基本徒手十三節 我們處在這二十世紀;生存競爭劇烈時代,萬百事業,不可不有異常的努力和奮鬥,纔能得凑成功•換句話說,卽是你無論為工,為商,為農,為士須得把你的職業,去刻刻改造和建設,方才得有你的生存立脚點•但是要應你這「適者生存」的一條公例•―精神的充足,和身體的健康,却是你應付戰鬥時的•維一要素和工具• 這樣講來,我們在做百事之先,須得問一問:「你的體格好不好」這分明是很要緊的了•在要講到身體好不好的問題,那就不得不歸談到運動方面去了• 運動足以强健我們身體,舒暢我們精神,這是誰都知道的•而運動中,最足以强固我們體魄的•那末要算是拳術了•不過拳術這項運動•說起來,正和藥石一個樣子•他能夠醫人,也能夠害人,如果用了得當,就於身體有莫大的利益,用了不得當,那末適足以損害我們的生命•江湖人的賣技,伶人的敎徒弟•他們就是這樣•―不管敎法的如何•―合於生理與否,―專用强功和盲動,弄到結果十死八九•實是可歎了! 所以拳術一項,總得有名師敎授纔是•―接着人體生理上的發達,選配適宜的敎材,學習初步,先從基本,基本練好,再習他種,就不難連貫而見效果了•諸位要練習拳術嗎?下面十三節,就是基本的功夫,每天早晨照例操練幾下子,不難指日見效•―現在把他寫在下面:有不當處,尚祈海內專家指敎•
Les treize exercices de base à mains nues. — Nous vivons au vingtième siècle, dans une époque de lutte acharnée pour la survie ; dans les innombrables entreprises, il faut fournir un effort et un combat hors du commun pour espérer réussir. En d’autres termes, que vous soyez ouvrier, commerçant, paysan ou lettré, il vous faut sans cesse transformer et reconstruire votre métier pour avoir un point d’appui dans l’existence, et répondre à cette loi générale qu’est « la survie du plus apte ». Or la plénitude de l’esprit et la santé du corps sont, face au combat, vos seuls éléments et vos seuls outils.
Cela posé, avant toute entreprise, il faut se demander : « votre constitution est-elle bonne ? » La question est évidemment de première importance. Et pour parler de la bonne ou mauvaise constitution, on en vient forcément à parler de l’exercice. L’exercice fortifie le corps et délie l’esprit, tout le monde le sait ; et parmi les exercices, celui qui raffermit le plus notre organisme est sans conteste la boxe. Mais cet exercice, disons-le, est exactement comme un remède : il peut sauver l’homme, il peut aussi le perdre. Employé à propos, il apporte au corps les plus grands profits ; employé sans discernement, il suffit à ruiner notre vie. Les bateleurs qui vendent leur art, les acteurs qui dressent des disciples : voilà comment ils font — sans se soucier de la méthode d’enseignement, sans se demander si elle est conforme à la physiologie, usant de force brute et de mouvements aveugles, au point que le résultat est dix morts pour huit ou neuf. C’est vraiment déplorable !
Aussi l’étude de la boxe exige-t-elle toujours l’enseignement d’un maître renommé : en suivant le développement physiologique du corps humain, on choisit et dispose une matière d’enseignement appropriée ; on apprend les premiers éléments, on commence par les bases, et une fois les bases maîtrisées on étudie le reste : il n’est alors pas difficile d’enchaîner et de voir les résultats. Voulez-vous pratiquer la boxe ? Les treize sections ci-dessous sont précisément le travail de base ; exercez-vous quelques instants chaque matin selon la règle, et les résultats se verront sans tarder. Je les transcris maintenant ici : s’il s’y trouve des points impropres, je prie les experts du pays de bien vouloir me le faire savoir.
Première section : double ouverture des paumes
第一節 雙分掌 部位:立正式身體直立、兩肘抱腰、足尖靠攏、 (一)兩手向左右分掌、 (二)還原、 (十六動)
Première section : double ouverture des paumes. — Position : stance debout, le corps droit, les deux coudes serrés contre la taille, les pointes de pied jointes. i. Les deux mains s’ouvrent vers la gauche et vers la droite ; ii. retour à la position initiale. (Seize mouvements.)


Deuxième section : coups de poing simples alternés
第二節 輪流單拳 部位:立正式 (一)左手向左打出、右手保胸成前平屈、 (二)右手向右打出、左手保胸、成前平屈、 (十六動)
Deuxième section : coups de poing simples alternés. — Position : stance debout. i. La main gauche frappe vers la gauche, la main droite, repliée à hauteur horizontale devant soi, protège la poitrine ; ii. la main droite frappe vers la droite, la main gauche protège la poitrine, repliée à hauteur horizontale. (Seize mouvements.)

Troisième section : doubles poings-lances
第三節 雙鎗拳 部位:立正式 兩肘抱腰 (一)兩手向左右出拳、 (二)(還原、) (十六動)
Troisième section : doubles poings-lances. — Position : stance debout, les deux coudes serrés contre la taille. i. Les deux mains lancent leur poing vers la gauche et vers la droite ; ii. retour à la position initiale. (Seize mouvements.)


Quatrième section : double écartement et retombée
第四節 豁倒 部位:立正式 兩手下垂 (一)兩手自前上向耳旁豁、 (二)用腕力向臀後倒、 (十六動)
Quatrième section : double écartement vers le haut et retombée. — Position : stance debout, les deux mains pendantes. i. Les deux mains montent de l’avant vers le haut et s’écartent jusqu’auprès des oreilles ; ii. par la force des poignets, elles retombent derrière les fesses. (Seize mouvements.)


Cinquième section : coups de pied dansants
第五節 蹁腿 部位:四平式 兩肘抱腰 (一)左手向左舉、 (二)右手向左舉、 (三)左足蹁腿踢在左手掌上、 (四)右足蹁腿、踢在右手掌上、
Cinquième section : coups de pied dansants (pian tui). — Position : stance des quatre équilibres, les deux coudes serrés contre la taille. i. La main gauche se lève vers la gauche ; ii. la main droite se lève vers la gauche [vers la droite] ; iii. le pied gauche, d’un coup de pied dansant, frappe la paume gauche ; iv. le pied droit, d’un coup de pied dansant, frappe la paume droite.

Sixième section : doubles paumes
第六節 雙掌手 部位:張三式 兩肘抱腰 (一)兩手向前掌、左足在前、 (二)還原、向後右、轉足在前、 (三)兩手向前掌、 (四)反復行之、 (十六動)
Sixième section : doubles paumes. — Position : stance « long-trois », les deux coudes serrés contre la taille. i. Les deux mains frappent de la paume vers l’avant, le pied gauche devant ; ii. retour à la position initiale, puis rotation vers l’arrière droit de sorte que le pied droit passe devant ; iii. les deux mains frappent de nouveau de la paume vers l’avant ; iv. on répète le mouvement. (Seize mouvements.)

Septième section : poing plié simple
第七節 單折拳 部位:張三式 雙拳抱腰 (一)左足前箭步、左手向前一拳、 (二)右向後轉、右足前箭步、左手還原、右手向前一拳、 (十六動)
Septième section : poing plié simple. — Position : stance « long-trois », les deux poings serrés contre la taille. i. Le pied gauche avance en fente, la main gauche porte un coup de poing vers l’avant ; ii. on pivote vers l’arrière droit, le pied droit avance en fente, la main gauche revient à sa place et la main droite porte un coup de poing vers l’avant. (Seize mouvements.)

Huitième section : doubles poings pliés et doubles poings-lances
第八節 雙折雙鎗拳 部位:立正式 (一)左足前箭步、同時雙手前後拳、 (二)雙手抱腰、還原足不動、 (三)右足向前箭步、同時雙手前後拳、 (四)至(八)照上行之、同時右向後轉、(十六動)
Huitième section : doubles poings pliés et doubles poings-lances. — Position : stance debout. i. Le pied gauche avance en fente tandis que les deux mains frappent, l’une vers l’avant, l’autre vers l’arrière ; ii. les deux mains reviennent se serrer contre la taille, le corps retrouvant sa position sans que les pieds bougent ; iii. le pied droit avance en fente tandis que les deux mains frappent, l’une vers l’avant, l’autre vers l’arrière ; iv. on répète de même jusqu’à huit fois, puis on pivote vers l’arrière droit. (Seize mouvements.)

Neuvième section : coup de pied de la soie torsadée
第九節 絞絲腿 部位:寒鷄式 兩肘抱腰 (一)右足提起、向前撓圈踢出、 (二)還原、右足在前、 (三)左足提起、向前撓圈踢出、 (四)反對行之、 (十六動)
Neuvième section : coup de pied de la soie torsadée. — Position : stance du poulet transi, les deux coudes serrés contre la taille. i. Le pied droit se lève, décrit un cercle en avant et détend son coup de pied ; ii. retour à la position, le pied droit devant ; iii. le pied gauche se lève, décrit un cercle en avant et détend son coup de pied ; iv. on exécute le mouvement opposé. (Seize mouvements.)

Dixième section : un coup de poing et un coup de pied vers l’avant
第十節 向前一腿一拳 部位:寒鷄式 左足在前、兩肘抱腰、 (一)左手向前一拳、 (二)左手還原、 (三)右足向前一腿、 (四)右手向前一拳、 (五)反復行之、 (十六動)
Dixième section : un coup de poing et un coup de pied vers l’avant. — Position : stance du poulet transi, le pied gauche devant, les deux coudes serrés contre la taille. i. La main gauche porte un coup de poing vers l’avant ; ii. elle revient à sa place ; iii. le pied droit détend un coup de pied vers l’avant ; iv. la main droite porte un coup de poing vers l’avant ; v. on répète le mouvement. (Seize mouvements.)


Onzième section : coups de poing alternés vers l’avant
第十一節 向前左右拳 部位:立正 兩肘抱腰 (一)左足前出、同時左手向前一拳、 (二)右足上步、同時右手向前一拳、 (三)至(八)照上行之、同時右向後轉還原〔同時右向後轉〕、(十六動)
Onzième section : coups de poing alternés vers l’avant. — Position : debout au garde-à-vous, les deux coudes serrés contre la taille. i. Le pied gauche avance tandis que la main gauche porte un coup de poing vers l’avant ; ii. le pied droit avance à son tour tandis que la main droite porte un coup de poing vers l’avant ; iii. on répète de même jusqu’à huit fois, puis on pivote vers l’arrière droit. (Seize mouvements.)

Douzième section : lier vers l’avant
第十二節 向前紥 部位:寒鷄式 兩肘抱腰 (一)左足前出、同時左手前紥、 (二)右足上步、同時右手前紥、 (三)至(八)照上行之、同時右向後轉、(十六動)
Douzième section : lier vers l’avant (zha). — Position : stance du poulet transi, les deux coudes serrés contre la taille. i. Le pied gauche avance tandis que la main gauche lie vers l’avant ; ii. le pied droit avance tandis que la main droite lie vers l’avant ; iii. on répète de même jusqu’à huit fois, puis on pivote vers l’arrière droit. (Seize mouvements.)

Treizième section : écarter vers le haut
第十三節 向上豁 部位:寒鷄式 左足在前 (一)右足向後退、左手向上豁、 (二)左足向後退、右手向上豁、 (三)至(八)照上行之、同時右向後轉、(十六動)
Treizième section : écarter vers le haut (huo). — Position : stance du poulet transi, le pied gauche devant. i. Le pied droit recule tandis que la main gauche écarte vers le haut ; ii. le pied gauche recule tandis que la main droite écarte vers le haut ; iii. on répète de même jusqu’à huit fois, puis on pivote vers l’arrière droit. (Seize mouvements.)

Quatorzième section : la respiration
第十四節 呼吸 部位:兩足開立 (一)上體向後彎、兩手握拳拍胸、盡量吸、 (二)上體向前彎、兩手拍背上、盡量呼、 (三)反復行之、(十六動)
Quatorzième section : la respiration. — Position : debout, les pieds écartés. i. Le haut du corps se renverse en arrière, les deux mains, fermées en poings, frappent la poitrine tandis qu’on inspire autant que possible ; ii. le haut du corps se plie en avant, les deux mains frappent le haut du dos tandis qu’on expire autant que possible ; iii. on répète le mouvement. (Seize mouvements.)


Les douze méthodes défensives
L’origine des douze méthodes
※十二法的由來 下列的十二法,是鄙人七世祖仁和公,在嵩山少林寺•所得,當初共有十八法,祖傳至今,祗賸十二法、這十二個法子,他的名字叫做抅,紥,豁,帶,騰,擄,搧,劈,躱,避,閃,著•吾們如果要學習拳術,一定要把他做基礎,使得身體活潑,手足敏捷;倘然遇着不測的時候,不至呆若木雞,受他人的苦哩•
Les douze méthodes qui suivent ont été obtenues par mon septième ancêtre Renhe au temple Shaolin du mont Song ; il y en avait dix-huit à l’origine, mais, transmises de génération en génération, il n’en reste que douze. Leurs noms sont : accrocher (抅), lier (紥), écarter (豁), entraîner (帶), bondir en retrait (騰), capturer (擄), éventer (搧), fendre du tranchant (劈), se cacher (躱), esquiver (避), la paume-éclair (閃) et forcer la fuite (著). Si nous voulons étudier la boxe, nous devons absolument prendre ces méthodes pour base, afin de rendre le corps vif et les membres agiles : ainsi, si nous tombons dans un imprévu, nous ne resterons pas figés comme un coq de bois exposé aux mauvais traitements d’autrui.
1. Accrocher
抅: 自前方用力抅進、名曰抅、
Accrocher (gou, 抅) : depuis l’avant, on pousse avec force en accrochant ; c’est ce qu’on appelle gou.
2. Lier
紥: 自前方抅進再向側、名曰紥、如下圖、
Lier (zha, 紥) : partant de l’accrochage vers l’avant, on envoie de côté ; c’est ce qu’on appelle zha. Voir la figure ci-dessous.

3. Écarter
豁: 兩手下垂、用腕力上舉、成前上屈、掌向耳後、名曰豁、如下圖、
Écarter (huo, 豁) : les deux mains pendantes, on les élève par la force des poignets, en les pliant vers l’avant et vers le haut, les paumes allant derrière les oreilles ; c’est ce qu’on appelle huo. Voir la figure ci-dessous.

4. Entraîner
帶: 我將要跌倒時用一手、握牢敵人的一拳、名曰帶、如下圖、
Entraîner (dai, 帶) : au moment où je vais tomber, j’empoigne d’une main le poing de l’adversaire ; c’est ce qu’on appelle dai. Voir la figure ci-dessous.

5. Bondir en retrait
騰: 鎗刺刀劈、一時不能照架、只得猛力後退、名曰騰、如下圖、
Bondir en retrait (teng, 騰) : quand une lance pique ou qu’un sabre tranche, et qu’il n’est pas possible sur l’instant de parer, il ne reste qu’à reculer avec violence ; c’est ce qu’on appelle teng. Voir la figure ci-dessous.

6. Capturer
擄: 敵人向我一拳、我把兩掌擄住他的臂上、向左一逼、他的身體不能支住、就要跌倒、名曰擄、如下圖、
Capturer (lu, 擄) : si l’adversaire détend un coup de poing vers moi, je capture des deux paumes son avant-bras et je presse vers la gauche ; son corps ne peut plus tenir son aplomb et il tombe ; c’est ce qu’on appelle lu. Voir la figure ci-dessous.

7. Éventer
搧: 拳打足踢、一時不能抵禦、向側一披、不致打着、名曰搧、如下圖、
Éventer (shan, 搧) : le poing frappe et le pied rue, on ne peut sur l’instant résister aux deux : on se drape de côté pour n’être pas atteint ; c’est ce qu’on appelle shan. Voir la figure ci-dessous.

8. Fendre du tranchant
劈: 用任意一手掌邊、自前上方斬下、名曰劈、如下圖、
Fendre du tranchant (pi, 劈) : avec le tranchant de l’une ou l’autre paume, on abat de haut en bas par-devant ; c’est ce qu’on appelle pi. Voir la figure ci-dessous.

9. Se cacher
躱: 幾個敵人、向我拳打足踢、一時照架不及、那時揸牢一個、來遮蔽我的身體、名曰躱、如下圖、
Se cacher (duo, 躱) : si plusieurs adversaires me frappent du poing et du pied et qu’il n’est pas possible de tout parer, je saisis alors fermement l’un d’eux et je m’en fais un rempart ; c’est ce qu’on appelle duo. Voir la figure ci-dessous.

10. Esquiver
避: 和搧、是大同小異、要腦經靈敏、身體活潑、一時不及、也向倒面一搧、名曰避、如下圖、
Esquiver (bi, 避) : c’est à peu de chose près la même chose qu’éventer, mais il faut avoir l’esprit vif et le corps alerte ; quand il est trop tard pour faire autre chose, on évente aussi vers l’autre côté ; c’est ce qu’on appelle bi. Voir la figure ci-dessous.

11. La paume-éclair
閃: 有人向我一拳、我就向側一搧、把順手向他肩旁一拍、他的足立不穩、就要跌倒、名曰閃、如下圖、
La paume-éclair (shan, 閃) : si quelqu’un détend un coup de poing vers moi, j’évente de côté et, de ma main libre, je frappe l’épaule de l’adversaire : son appui devient instable et il tombe ; c’est ce qu’on appelle shan. Voir la figure ci-dessous.

12. Forcer la fuite
著: 一人時、遇有衆敵人和我對打、那就寡不敵衆、只好逃避、名曰著、如下圖、
Forcer la fuite (zhuo, 著) : seul, face à une multitude d’adversaires engagés contre moi, je suis trop peu contre trop de monde et je n’ai plus qu’à me dérober ; c’est ce qu’on appelle zhuo. Voir la figure ci-dessous.

Les techniques de boxe d’application
L’essentiel du poing
※用拳指要 握拳打出,手掌向下,手背向上,是謂陽拳•旣利打出,又易收進,且便彎曲,以擋敵人•反是謂之陰拳,其弊至大,吾人不可用之•再若出拳時,肩肘腕三力,同時幷用,是謂蠻拳,收進旣遲,又傷臟腑,有害無益,故吾人當純用陽拳,庶免莫大之弊•
L’essentiel du poing. — Frapper en fermant le poing, la paume tournée vers le bas et le dos de la main vers le haut : c’est ce qu’on appelle le « poing yang ». Il est avantageux pour frapper, facile à ramener, et de plus commode à courber pour parer l’adversaire. Le contraire s’appelle le « poing yin » : ses défauts sont extrêmes, nous ne devons pas l’employer. Si, de plus, en frappant, on fait agir en même temps les trois forces de l’épaule, du coude et du poignet, c’est ce qu’on appelle le « poing brutal » : il se ramène avec lenteur et blesse les entrailles, nuisant sans profiter. Nous devons donc employer uniquement le poing yang, afin d’éviter de très grands défauts.
Le coup de poing direct simple
單直拳 拳打出時、要用腕力、左足向前、或右足向前、左手向前、或右手向前、均可、破法―用下挑手破之、
Le coup de poing direct simple. — En frappant, il faut employer la force du poignet ; que le pied gauche ou le pied droit soit devant, que la main gauche ou la main droite frappe, tout est bon. Manière de le briser : on le brise par la main soulevante vers le bas (下挑手).

Les doubles coups de poing directs
雙直拳 雙拳打出時、用平均力、或向後、向前均可、破法―用入門插捆手破之、
Les doubles coups de poing directs. — En frappant des deux poings, on emploie une force égale ; vers l’arrière ou vers l’avant, tout est bon. Manière de le briser : on le brise par les mains piquantes et enlaçantes d’entrée (插捆手).

Le poing soulevant par en dessous
下超拳 用腕力、(手心向上)超起、超在敵人顎上、或肚子上均可、左右手相同、破法―用下劈手破之、
Le poing soulevant par en dessous. — Par la force du poignet (la paume tournée vers le haut), on soulève, jusqu’au menton de l’adversaire ou jusqu’à son ventre, indifféremment ; la main gauche et la main droite font de même. Manière de le briser : on le brise par la main fendant vers le bas (下劈手).

Le poing-balle vers le bas
下彈拳 用一手、向上彈起、彈在敵人的顎上、(手心向下)破法—用單挑拳破之、
Le poing-balle vers le bas. — D’une main, on détend vers le haut comme une balle, jusqu’au menton de l’adversaire (la paume tournée vers le bas). Manière de le briser : on le brise par le poing soulevant simple (單挑拳).

Le poing perçant le ciel
冲天拳 敵人拿我壓倒地上、我用一手向他顎上一拳、敵人就要向後跌倒、
Le poing perçant le ciel. — Si l’adversaire me presse et m’abat au sol, je frappe d’une main vers son menton : l’adversaire tombe en arrière.

Le poing « la brique d’or jetée à terre »
落地金磚拳 敵人身體很大、走路不便利、那時我用一拳、向他足背上打下、最有効力、破法―用豎肘破之、
Le poing « la brique d’or jetée à terre ». — Si l’adversaire est de forte carrure et marche avec gêne, je frappe d’un poing vers le dessus de son pied : c’est alors des plus efficaces. Manière de le briser : on le brise par le coude dressé (豎肘).

Le poing traversant le corps
穿身拳 敵人走路時、乘其不備、用左手放在頭上、右手向左腋下打出一拳、
Le poing traversant le corps. — Quand l’adversaire marche, je profite de son inattention : je pose la main gauche sur sa tête et je détends un coup de poing de la main droite sous son aisselle gauche.

Le poing ouvrant la « ligne unique »
分開一字拳 敵人左右攻進、我用兩手向敵人胸前打出、可把敵人左右跌倒、
Le poing ouvrant la « ligne unique ». — Si l’adversaire attaque à gauche et à droite, je frappe des deux mains vers sa poitrine : je peux ainsi le faire tomber à droite ou à gauche.

Les doubles poings pliés et ouverts
前後雙折雙分拳 敵人向我左右攻進、我用兩手前後雙折雙分拳破之、
Les doubles poings pliés et ouverts, en avant et en arrière. — Si l’adversaire attaque à ma gauche et à ma droite, je le brise par les doubles poings pliés et ouverts, devant et derrière.

Les doubles poings latéraux
雙邊拳 敵人在側、我用兩拳左右打出、(自胸前至左右、)(手心向下、)敵人就要向後跌倒、破法―用白鶴反身破之、
Les doubles poings latéraux. — Si l’adversaire est de côté, je frappe des deux poings vers la gauche et vers la droite (depuis ma poitrine vers la gauche et la droite, les paumes tournées vers le bas) : l’adversaire tombe en arrière. Manière de le briser : on le brise par la grue blanche qui se retourne (白鶴反身).

Le poing soulevant simple
單挑拳 敵人手執重器、向我身上中部打下、那時我用一手腕力、向敵人重器挑拳、那末可以破他、
Le poing soulevant simple. — Si l’adversaire, tenant une lourde arme, frappe vers le milieu de mon corps, j’emploie la force du poignet d’une main pour soulever son arme d’un coup de poing : je peux ainsi le briser.

Les doubles poings soulevants
雙挑拳 敵人一手叉我喉管、我用雙挑拳破之、再絞住他手、向下一折、他就跪倒、
Les doubles poings soulevants. — Si l’adversaire m’agrippe la gorge d’une main, je le brise par les doubles poings soulevants, puis je torsade sa main et je plie vers le bas : il tombe à genoux.

Le poing du dragon qui revient
囘龍拳 前後敵人、向我頭胸部打下、那時我用右手向後一拳、左手向前丁肘破之、
Le poing du dragon qui revient. — Si des adversaires, devant et derrière, frappent vers ma tête et ma poitrine, je frappe d’un poing de la main droite vers l’arrière et je brise d’un coude-bélier de la main gauche vers l’avant.

Le poing de la « porte de la caserne » à deux mains
雙手營門勢拳 敵人兩手向我頭部、或腹部打下、那時用右手上架、左手下押破之、
Le poing de la « porte de la caserne » à deux mains. — Si l’adversaire frappe des deux mains vers ma tête ou vers mon ventre, je soutiens vers le haut de la main droite et je presse vers le bas de la main gauche pour le briser.

Le poing plié de l’esquive simple
單躱折拳 敵人向我左腋、或右腋下一拳、那時用折肘拳、折住他的手、向左或右一轉、他就要跌倒、
Le poing plié de l’esquive simple. — Si l’adversaire frappe sous mon aisselle gauche ou droite, j’emploie le poing au coude plié pour plier et bloquer sa main ; je pivote vers la gauche ou vers la droite, et il tombe.

Le poing « carapace de crabe » simple
單蟹殼拳 敵人掃我足部、那時用右手、或左手、向他頭上一蟹殼拳、(手心向上、)他受了痛苦卽刻昏倒、
Le poing « carapace de crabe » simple. — Si l’adversaire balaie mes jambes, je frappe de la main droite ou de la main gauche un coup « carapace de crabe » sur sa tête (la paume tournée vers le haut) : sous la douleur, il tombe aussitôt évanoui.

Les doubles poings « carapace de crabe »
雙蟹殼拳 敵人前來插我膀胱、那時我用雙蟹殼拳、打他頭部、或背上均可破之、
Les doubles poings « carapace de crabe ». — Si l’adversaire vient me piquer la vessie, je le brise par les doubles poings « carapace de crabe » en frappant sa tête ou son dos, indifféremment.

Les doubles poings « carapace de crabe » ouverts
蟹殼雙分拳 敵人把我圍住、向我身上亂打、我用蟹殼雙分拳、打他們的面部、受了痛苦、他們就此逃走、
Les doubles poings « carapace de crabe » ouverts. — Si les adversaires m’encerclent et frappent au hasard sur mon corps, je frappe leurs visages des doubles poings « carapace de crabe » ouverts : sous la douleur, ils s’enfuient.

Le poing « double canon » et le poing « simple canon »
雙管和單管拳 雙管和單管、大同小異、雙管用兩拳打敵人的兩耳、單管用一手打敵人的一耳、
Le poing « double canon » et le poing « simple canon ». — Les deux sont à peu près identiques : le « double canon » frappe des deux poings les deux oreilles de l’adversaire, le « simple canon » frappe d’une main une seule de ses oreilles.


Le poing « le Vieux Maître pousse la montagne »
老君推山拳 敵人前立、乘其不備、我用兩拳向他胸前推出、他就要向後跌倒、破法―用雙挑拳破之、
Le poing « le Vieux Maître pousse la montagne ». — Si l’adversaire se tient devant moi, je profite de son inattention et je pousse des deux poings vers sa poitrine : il tombe en arrière. Manière de le briser : on le brise par les doubles poings soulevants (雙挑拳).

Le poing jaillissant vers le bas
下沖拳 敵人揸住我腿、我用右手、向下一拳、打他背上、他就揸不住了、
Le poing jaillissant vers le bas. — Si l’adversaire m’agrippe la jambe, je frappe d’un poing de la main droite vers le bas, sur son dos : il ne peut plus tenir sa prise.

Le poing des quatre équilibres
四平拳 敵人向我腰部一插手、我就向他肩上一拳、他就要跌倒、
Le poing des quatre équilibres. — Si l’adversaire pique une main vers ma taille, je frappe aussitôt d’un poing sur son épaule : il tombe.

Les pelles
直扁剷 扁剷、打敵人的頭上、(手心向下)破法―用上撓手破之、
La pelle plate et droite (bian chan). — On frappe la pelle plate sur la tête de l’adversaire (la paume tournée vers le bas). Manière de le briser : on le brise par la main qui racle vers le haut (上撓手).

Les burins
單鑿眉 單鑿、用二指少屈、(手心向下)鑿敵人的胸前、或頭部、破法―用單豁手破之、
Le burin au sourcil (dan zao). — Le burin simple s’exécute avec deux doigts légèrement fléchis (la paume tournée vers le bas), pour buriner la poitrine ou la tête de l’adversaire. Manière de le briser : on le brise par la main qui écarte, simple (單豁手).

Les lances
單槍子(又叫雙龍入海) 敵人打我、我用二指、去鑿他的眼精、破法―用上撓手破之、
La lance simple (dan qiang zi, aussi appelée « les deux dragons entrent dans la mer »). — Si l’adversaire me frappe, je pique de deux doigts vers ses yeux. Manière de le briser : on le brise par la main qui racle vers le haut (上撓手).

雙槍子 敵人前後來打我、我用雙槍子去鑿他、一手鑿他的頭部、一手鑿腹部、(二指尖力、)
La double lance (shuang qiang zi). — Si des adversaires m’attaquent de devant et de derrière, je les burine des deux lances : une main burine la tête, l’autre le ventre (avec la force de la pointe des deux doigts).

Les coudes
丁肘 敵人側邊來打我、我用一手、去丁他胸部、或腋下、破法―用單蟹殼拳破之、
Le coude-bélier (ding zhou). — Si l’adversaire m’attaque de côté, je frappe d’une main du coude-bélier contre sa poitrine ou sous son aisselle. Manière de le briser : on le brise par le poing « carapace de crabe » simple (單蟹殼拳).

挑丁肘 敵人左右來打我、我用挑丁肘、去打敵人的腰部、用二手、是下至上挑起、破法―用扁手〔扁剷手〕破之、
Le coude-bélier soulevé (tiao ding zhou). — Si l’adversaire attaque à gauche et à droite, je frappe sa taille du coude-bélier soulevé, des deux mains, soulevant du bas vers le haut. Manière de le briser : on le brise par la main plate, c’est-à-dire la pelle plate (扁剷手).


下冲肘 敵人打我足背上、我用一手握拳、向他背上冲下、(用肘冲之、)
Le coude jaillissant vers le bas (xia chong zhou). — Si l’adversaire frappe le dessus de mon pied, je ferme une main en poing et je jaillis vers le bas sur son dos (en poussant du coude).

剋肘 敵人向我一尖肩、我用剋肘去剋他肩旁、他就要跌倒、破法―用後壁肩破之、
Le coude qui dompte (ke zhou). — Si l’adversaire me heurte de son épaule, je dompte le côté de son épaule de mon coude : il tombe. Manière de le briser : on le brise par le heurt de l’épaule arrière (後壁肩).

折拳肘 敵人向我腋下一拳、或揸住我的衣服、那時我用一肘、向下一折、折住他的手、再向前後一壁、他就要跌倒、
Le coude du poing plié (zhe quan zhou). — Si l’adversaire frappe sous mon aisselle ou agrippe mes vêtements, j’emploie un coude pour plier vers le bas et bloquer sa main, puis je heurte en avant ou en arrière : il tombe.

豎肘 敵人向我一臀來撞我的腹部那時我用豎肘、打〔冲〕他的背上、(用肘力是上至下、)
Le coude dressé (shu zhou). — Si l’adversaire vient me heurter le ventre de sa hanche, j’emploie le coude dressé pour frapper (jaillir) sur son dos (la force du coude va du haut vers le bas).

雙豎肘 敵人向我後壁肩來撞我、我用雙豎肘、去打〔冲〕他背上、他就要跌倒、
Les doubles coudes dressés (shuang shu zhou). — Si l’adversaire me heurte de son épaule arrière, je frappe (jaillis) des deux coudes dressés sur son dos : il tombe.

Les épaules
右肩尖 敵人向我一肩尖、來撞我的胸部、或背上、那時我一搧、他就要跌倒、
L’épaule droite (you jian jian). — Si l’adversaire me heurte la poitrine ou le dos de son épaule, j’évente aussitôt : il tombe.

Les coudes de la tête
頭肘(卽頭) 敵人用頭來撞我胸部、或背部、我用兩手、向他頭上一切、他就要脆下去、
Le coude de la tête, c’est-à-dire la tête (tou zhou). — Si l’adversaire me heurte la poitrine ou le dos de la tête, je tranche des deux mains sur sa tête : il s’effondre.

佛頂肘(卽頭) 敵人拿我頭剋住、我可用佛頂肘、向上一頂、把他身體頂起、他就要向後跌倒、
Le coude « le Bouddha heurte le sommet », c’est-à-dire la tête (fo ding zhou). — Si l’adversaire dompte ma tête, je peux, du sommet de la tête, pousser vers le haut, soulevant ainsi son corps : il tombe en arrière.


Les mains
直掌 敵人在前面走來、我用一手、向他肩上一掌、他就要向後跌倒、破法―用豎肘破之、
La paume droite (zhi zhang). — Si l’adversaire marche vers moi de face, je frappe d’une main de la paume sur son épaule : il tombe en arrière. Manière de la briser : on la brise par le coude dressé (豎肘).

雙掌手 敵人兩手向我肩上一掌、我用雙豁手破之、
Les doubles paumes (shuang zhang shou). — Si l’adversaire frappe des deux mains de la paume sur mes épaules, je le brise par les doubles mains écartantes (雙豁手).

單插手 單插手、我用一手、(手指伸直、)去插敵人的腋下、(手自下至上)、破法—用折拳破之、
La main piquante simple (dan cha shou). — J’emploie une main (les doigts tendus) pour piquer sous l’aisselle de l’adversaire (la main allant du bas vers le haut). Manière de la briser : on la brise par le poing plié (折拳).

穿插手 敵人打我頭上、我用左手向上拷、右手向左腋下插去、(插他胸部、)
La main piquante enfilée (chuan cha shou). — Si l’adversaire frappe sur ma tête, je frappe vers le haut de la main gauche et je pique de la main droite sous son aisselle gauche (vers sa poitrine).

下插手 敵人鑿我眼睛、我用左手向上拷、右手向他腹部上一插手、他就要逃走了、
La main piquante vers le bas (xia cha shou). — Si l’adversaire burine mes yeux, je frappe vers le haut de la main gauche et je pique de la main droite vers son ventre : il s’enfuit.

單上劈手 敵人打我的耳朵、我用右手向左方劈出、劈去他的一手、我不致給他打到、
La main fendant vers le haut, simple (dan shang pi shou). — Si l’adversaire frappe mon oreille, je fends de la main droite vers la gauche et j’écarte sa main : je ne serai pas atteint.

雙上劈手 敵人執棍前來打我頭上、我兩足、向後移一步、同時兩手向上一劈、劈去他的棍子、我不致〔給〕手打着、
Les doubles mains fendant vers le haut (shuang shang pi shou). — Si l’adversaire, un bâton à la main, vient frapper ma tête, je recule d’un pas des deux pieds et je fends des deux mains vers le haut, écartant son bâton : je ne serai pas atteint par sa main.

下帶手 敵人打我一拳、我的身體、就要向後跌倒、將要跌倒時、我用一手、帶住他一拳、可以保除不跌、
La main qui tire vers le bas (xia dai shou). — Si l’adversaire me frappe d’un poing et que mon corps parte en arrière, au moment de tomber j’entraîne son poing d’une main : je puis éviter la chute.

上架手 敵人一手、劈我頭上、我用兩手向上一撓、幷且〔順足〕向他腹部一腿、他就要跌倒、
Les mains qui soutiennent vers le haut (shang jia shou). — Si l’adversaire fend d’une main sur ma tête, je racle vers le haut des deux mains et, en enchaînant du pied, je lui décoche un coup de pied au ventre : il tombe.

單圈手 敵人打我頭上、我用左手上架、(卽單圈手、)再用右手〔向前〕一拳、打他胸部、他就要跌倒、
La main circulaire simple (dan quan shou). — Si l’adversaire frappe sur ma tête, je soutiens de la main gauche (c’est là la main circulaire simple), puis je frappe d’un coup de poing de la main droite (vers l’avant) contre sa poitrine : il tombe.

雙圈手 敵人扭着我頭、想要壓下、那時我用雙圈手、圈住他的咽喉、他就要放手了、
Les doubles mains circulaires (shuang quan shou). — Si l’adversaire me tord la tête pour me presser vers le bas, j’enserre sa gorge des doubles mains circulaires : il doit lâcher prise.

營門勢手 敵人拿左手、向我頭上劈下、右手向我胸部一拳、那時、用我左手向上撓、右手向右方豁、再用一足踢他腹部、
La main de la « porte de la caserne » (ying men shi shou). — Si l’adversaire fend de sa main gauche sur ma tête et frappe de sa main droite un coup de poing vers ma poitrine, je racle vers le haut de ma main gauche, j’écarte de ma main droite vers la droite et je lui décoche un coup de pied au ventre.

和合手(手心相對) 敵人一拳打我胸部、我用和合手、合住他的手、向上一折、他就要跌倒、
Les mains jointes (he he shou ; les paumes face à face). — Si l’adversaire frappe ma poitrine d’un coup de poing, je joins mes mains sur la sienne et je plie vers le haut : il tombe.

雙分手(手心左右向外) 敵人有二、同時控住我的頸根、我用雙分手、去分他們的腋部、就不能控住我了、
Les doubles mains qui séparent (shuang fen shou ; les paumes tournées vers l’extérieur, à gauche et à droite). — Si deux adversaires me saisissent en même temps à la base du cou, je sépare leurs aisselles des doubles mains qui séparent : ils ne peuvent plus me tenir.

下倒手(後提領) 敵人踢我腰部、和槍刺我腿部、我用兩手腕力、向後豁出、(自上至後)那時可以破之、
Les mains qui renversent vers le bas (xia dao shou, aussi appelées « soulever la cloche par derrière »). — Si l’adversaire frappe ma taille du pied et pique ma jambe d’une lance, j’écarte en arrière par la force des deux poignets (du haut vers l’arrière) : je puis ainsi le briser.

單躱手 敵人用刀刺我腹部、我用單躱手破之(不輪一手)
La main de l’esquive simple (dan duo shou). — Si l’adversaire pique un poignard vers mon ventre, je le brise par la main de l’esquive simple (de l’une ou l’autre main, indifféremment).

單抅手 敵人打我胸部一拳、我可用一抅手、或紥手破之、
La main qui accroche simple (dan gou shou). — Si l’adversaire frappe un coup de poing vers ma poitrine, je puis le briser par la main qui accroche ou par la main qui lie (紥手).

單紥手 敵人插我胸部、我用一抅手、或一撓手破之、
La main qui lie simple (dan zha shou). — Si l’adversaire pique vers ma poitrine, je le brise par la main qui accroche ou par la main qui racle (撓手).

捆手 敵人打我鼻上、(一扁剷)我用右手控住他的手、左手向他肘尖一托、再向後一折、他就要跌倒、
Les mains qui enlacent (kun shou). — Si l’adversaire frappe sur mon nez (une pelle plate), je contrôle sa main de la main droite, je soutiens du bout de sa pointe de coude de la main gauche, puis je plie vers l’arrière : il tombe.

單閃手 敵人鑿我眼睛、我用左手扭住他的手、再用右手向他肩上一閃手、他就要向側跌倒、
La main-éclair simple (dan shan shou). — Si l’adversaire burine mes yeux, je tords sa main de la main gauche, puis je porte une main-éclair de la main droite sur son épaule : il tombe sur le côté.

雙擄手 敵人來叉我的咽喉、我用雙擄手擄他一手、再向右邊一壁、他就要跪倒、
Les doubles mains capturantes (shuang lu shou). — Si l’adversaire vient m’agripper la gorge, je capture l’une de ses mains des doubles mains capturantes, puis je heurte vers la droite : il tombe à genoux.

保胸手 敵人兩指、來鑿我胸部、我用上撓手法破之、
La main qui protège la poitrine (bao xiong shou). — Si l’adversaire vient me buriner la poitrine de deux doigts, je le brise par la méthode de la main qui racle vers le haut.

上叉手 敵人打我頭部、我用左手、豁去、右手再去叉他的咽喉、就要向後跌倒、
La main qui fourche vers le haut (shang cha shou). — Si l’adversaire frappe ma tête, j’écarte de la main gauche, puis je fourche de la main droite vers sa gorge : il tombe en arrière.

托鼎手(手心向上) 敵人向我一掌、我就要向後跌倒、那時、我用一手、去揸住他的一拳、再向後一絞〔一托〕、他就要跌倒、
La main qui soutient le chaudron (tuo ding shou ; la paume tournée vers le haut). — Si l’adversaire frappe une paume vers moi et que je parte en arrière, je saisis alors de ma main son poing et je torsade (soutiens) vers l’arrière : il tombe.

雙托鼎手 敵人用頭撞我腹部、我用右手、控住他的頸皮、左手控住臂部、向上一托、他就要拋出去、
Les doubles mains qui soutiennent le chaudron (shuang tuo ding shou). — Si l’adversaire me heurte le ventre de la tête, je contrôle de la main droite la peau de son cou et de la main gauche son bras, puis je soutiens vers le haut : il est projeté au loin.

單提鈴手和雙提領 這二法、不能槪說、只可隨機應用、依上面下彈拳用法相同、
La main qui soulève la cloche, simple, et les doubles mains qui soulèvent la cloche (dan ti ling shou / shuang ti ling). — Ces deux méthodes ne se peuvent décrire en général : elles s’emploient selon l’occasion, et leur usage est le même que celui du poing-balle vers le bas exposé plus haut.

單托肘手 敵人打我頭上、我用左手、或右手、托他的肘尖、他就打不到我頭上、
La main qui soutient le coude, simple (dan tuo zhou shou). — Si l’adversaire frappe sur ma tête, je soutiens de la main gauche ou de la main droite la pointe de son coude : il ne peut plus atteindre ma tête.

雙托肘手 敵人左右來鑿我頭上、我用兩手、托住敵人的肘尖、再向上一托、他們就要坐倒、
Les doubles mains qui soutiennent le coude (shuang tuo zhou shou). — Si des adversaires viennent de gauche et de droite buriner sur ma tête, je soutiens des deux mains la pointe de leurs coudes, puis je pousse vers le haut : ils tombent assis.

下單叉手 敵人用臂撞我腹部、我用一手、控住他的頸皮、向前一叉、他就揢倒、
La main fourchue vers le bas, simple (xia dan cha shou). — Si l’adversaire me heurte le ventre du bras, je contrôle d’une main la peau de son cou et je fourche vers l’avant : il tombe à la renverse.

下雙叉手 敵人用後撑腿來踢我、我用右手控住他一足、再用左手叉住他的頸皮、那時、用力向前射出、他就要跌倒、
Les doubles mains fourchues vers le bas (xia shuang cha shou). — Si l’adversaire me rue du coup de talon en arrière, je contrôle d’une main l’un de ses pieds, puis je fourche de la main gauche contre la peau de son cou et je pousse avec force vers l’avant : il tombe.

黃鷹揸手 敵人要揸我的臉部、我用右手去揸他的陰莖、那末、他就可以放手了、
La main du faucon jaune qui rafle (huang ying zha shou). — Si l’adversaire veut m’agripper le visage, je rafle de la main droite ses parties : il doit lâcher prise.

上帶手 敵人向我一掌、我要向後跌倒、那時、我用一手揸住他的一手、再向後一絞、他要跌倒、
La main qui tire vers le haut (shang dai shou). — Si l’adversaire frappe une paume vers moi et que je parte en arrière, je saisis d’une main sa main et je torsade vers l’arrière : il tombe.

拉弓手 敵人揸我兩肩、我用左手、揸住一人的前胸、向前直出、右手揸住、一人的頸皮、向右絞進、右邊的人、就要跪倒、
Les mains qui bandent l’arc (la gong shou). — Si des adversaires m’agrippent les deux épaules, je saisis de la main gauche la poitrine de l’un et je pousse droit devant, tandis que je saisis de la main droite la peau du cou de l’autre et je torsade vers la droite : celui de droite tombe à genoux.

單挑手 敵人踢我肩上、我用左手向他足上一挑、他就要向後跌倒、
La main soulevante simple (dan tiao shou). — Si l’adversaire rue vers mon épaule, je soulève de la main gauche contre son pied : il tombe en arrière.

雙挑手 敵人叉住我腰部、我用兩手揸住他的手骱、再向後一折、他就要跌倒、
Les doubles mains soulevantes (shuang tiao shou). — Si l’adversaire m’agrippe la taille, je saisis des deux mains son poignet, puis je plie vers l’arrière : il tombe.

雙豁手 敵人打我兩耳、我用雙豁手破之、用兩手向左右豁出、那時、再向他胸前一圈掌、他就要跌倒、
Les doubles mains écartantes (shuang huo shou). — Si l’adversaire frappe mes deux oreilles, je le brise par les doubles mains écartantes, écartant des deux mains vers la gauche et vers la droite ; puis, d’une paume circulaire vers sa poitrine, je le fais tomber.

雙捎手 敵人左右搿我、我用雙捎手、向他們的咽喉上一靠、他們就要跌倒、
Les doubles mains qui frôlent (shuang shao shou). — Si des adversaires me serrent de gauche et de droite, j’appuie des doubles mains qui frôlent contre leurs gorges : ils tombent.

單撓手 敵人打我右〔左〕耳上、我用左手、向上一撓、就能破之、再用右手一拳、他就要跌倒、
La main qui bloque simple (dan nao shou). — Si l’adversaire frappe sur mon oreille droite [gauche], je racle vers le haut de la main gauche et je le brise ; puis je frappe d’un coup de poing de la main droite : il tombe.

蛇點手 二個敵人、控住我的頸部、我用蛇點手、去點他們的胸部、(用二指)就可以破之、
Les mains « morsure de serpent » (she dian shou). — Si deux adversaires me saisissent au cou, je pique leurs poitrines des mains « morsure de serpent » (de deux doigts) et je les brise.

搖鈴手 敵人前來打我鼻上、我用搖鈴手、絞住他的一拳、再向左邊一抅、他就要向後跌倒
Les mains qui agitent la clochette (yao ling shou). — Si l’adversaire vient frapper sur mon nez, je torsade son poing des mains qui agitent la clochette, puis j’accroche vers la gauche : il tombe en arrière.

雙壓手 二個敵人、左右來打我腰部、我用兩手、向他們背上一押、他們就要跪倒、
Les doubles mains qui pressent (shuang ya shou). — Si deux adversaires frappent ma taille de gauche et de droite, je presse leurs dos des deux mains : ils tombent à genoux.

下超手 敵人向我一腿、我用一手、向他足上一超、他就要向後跌倒、
La main qui soulève par en dessous (xia chao shou). — Si l’adversaire détend un coup de pied vers moi, je soulève d’une main contre son pied : il tombe en arrière.

切地手 敵人用棍子來點我腿上、我用左手、向下一切、右手保胸去抵住他的棍子、那可以破之、
La main qui tranche le sol (qie di shou). — Si l’adversaire pique un bâton vers ma jambe, je tranche vers le bas de la main gauche tandis que la main droite, protégeant la poitrine, va contenir son bâton : je puis ainsi le briser.

推弓手 敵人有二、一個用肩、前來撞我胸部、我用左手、向他肩上一掌、一個用臀、後面來撞我腿部、我再用右手向後一劈、就可以破之、
La main qui pousse l’arc (tui gong shou). — Si, de deux adversaires, l’un vient me heurter la poitrine de son épaule, je frappe de la main gauche de la paume sur son épaule ; si l’autre vient heurter ma jambe de sa hanche par derrière, je fends vers l’arrière de la main droite : je puis les briser.

照鏡手 敵人用鑿眉來鑿我眼睛、我用左手向上一撓、就可以破之、再用右手向他一拳、他就要跌倒、
La main « miroir » (zhao jing shou). — Si l’adversaire burine mes yeux du burin au sourcil, je racle vers le haut de la main gauche et je le brise ; puis je frappe d’un coup de poing de la main droite : il tombe.

雙發手 敵人向我一面掌、我用兩手向上一發、發他的肘上、他要向後跌倒、
Les doubles mains qui projettent (shuang fa shou). — Si l’adversaire frappe une paume vers moi, je projette des deux mains vers le haut, contre son coude : il tombe en arrière.

請手 敵人抱住我身體、我用請手、向他面上掌出、他就要跌倒、
La main qui invite (qing shou). — Si l’adversaire me ceinture, je frappe de la main qui invite, paume tendue vers son visage : il tombe.

南無手 敵人用頭頂我顎上、我用南無手、向他兩乳上一折〔插〕、他就此向後跌倒、
Les mains de l’hommage (nan wu shou). — Si l’adversaire me pousse le menton de la tête, je plie (pique) des mains de l’hommage entre ses deux mamelons : il tombe en arrière.

挑當手 敵人兩手插我身上、我用兩手揸住他兩手、再向前一折、同時右足向他胸部一腿、他就要向後跌倒、
Les mains qui soulèvent en portant (tiao dang shou). — Si l’adversaire pique ses deux mains vers mon corps, je saisis ses deux mains des miennes, je plie vers l’avant et, en même temps, je lui décoche du pied droit un coup de pied à la poitrine : il tombe en arrière.

盤頭手 敵人後面來扭住我的頭、我用左手、向後一劈、右邊一人、叉住我頭〔頸〕皮、我用右手、向他喉管上一劈、他門就不能扭住我了、
Les mains qui enroulent la tête (pan tou shou). — Si un adversaire me tord la tête par-derrière, je fends vers l’arrière de la main gauche ; si un autre, à ma droite, m’agrippe la peau du cou, je fends de la main droite vers sa gorge : ils ne peuvent plus me tordre la tête.

方揢手 敵人打我胸部、我用兩手揢住他一拳、他就不能打着我了、
Les mains qui saisissent de biais (fang ke shou). — Si l’adversaire frappe ma poitrine, je saisis son poing des deux mains : il ne peut plus m’atteindre.

白鶴朵 敵人右面來打我肩上、我用右手向他肩上一撑、左面一人、向我胸部一腿、我那時向後提鈴一劈手、劈他腿上、就可以破之、
La grue blanche qui se cache (bai he duo). — Si un adversaire, à ma droite, frappe mon épaule, je le repousse de la main droite sur son épaule ; et si un autre, à ma gauche, décoche un coup de pied à ma poitrine, je soulève la cloche vers l’arrière et fends de la main sur sa jambe : je puis ainsi le briser.

腕雪手 敵人一拳、打我胸部、(手心向上、)我用右手、揸住他的一拳、他用腕雪手法、來破我、拿我一手反轉、(手心向下、)再用左手、向前劈出、那我就此揸住了、
La main « neige au poignet » (wan xue shou). — Si l’adversaire frappe ma poitrine d’un coup de poing (la paume tournée vers le haut), je saisis son poing de ma main droite ; s’il emploie contre moi la méthode de la « neige au poignet » et retourne ma main (la paume tournée vers le bas) avant de fendre de la main gauche vers l’avant, je suis alors bel et bien saisi.




鎖手 敵人向我一拳、我一時不及抵禦、那時我用兩手鎖住他拳上、(用兩拳、搿住他一拳、)那末、他打不到我身上了、
Les mains qui verrouillent (suo shou). — Si l’adversaire détend un coup de poing vers moi et que je n’aie pas le temps de résister, je verrouille son poing des deux mains (mes deux poings emprisonnant le sien) : il ne peut plus m’atteindre.

五龍進洞手 敵人向我足上一地掃、我用兩手楂住他的兩耳、那末、他掃不着我足了、破法―用上豁手破之、
Les cinq dragons entrent dans la grotte (wu long jin dong). — Si l’adversaire balaie le sol vers mes pieds, je saisis ses deux oreilles des deux mains : il ne peut plus balayer mes pieds. Manière de le briser : on le brise par la main qui écarte vers le haut (上豁手).

側角手 敵人向我腰部一插手、我用側角手破部、再用左手、打他膀胱、右手打他頭部、那末就可破之、
La main de l’angle latéral (ce jiao shou). — Si l’adversaire pique une main vers ma taille, je brise sa main de l’angle latéral, puis je frappe de la main gauche sa vessie et de la main droite sa tête : je puis ainsi le briser.

剪拷手 敵人鑿我面部、我用剪拷手、剪住他的手骱、(用兩手絞叉他住〔絞住〕他的手骱、)再向後一折、他就要跌倒、
Les mains ciseaux qui frappent (jian kao shou). — Si l’adversaire burine mon visage, je bloque son poignet des mains ciseaux (mes deux mains torsadant et emprisonnant son poignet), puis je plie vers l’arrière : il tombe.

脫拷手 敵人揸住我腿〔膝〕尖、我用脫拷手向他手上一拷、(兩手用力、向腿上拷下、)他就能脫手、
Les mains qui se dégagent de la frappe (tuo kao shou). — Si l’adversaire agrippe la pointe de ma cuisse [de mon genou], je frappe sa main des mains qui se dégagent (mes deux mains frappant avec force vers le bas sur sa main) : il doit lâcher.

霸王請酒手 敵人對我有不良之言、我用霸王請酒手法去破他、用右手向他顎上超起、他就向後跌倒、
Le « tyran qui demande du vin » (ba wang qing jiu). — Si l’adversaire tient devant moi de mauvaises paroles, je le brise par la méthode du « tyran qui demande du vin » : je soulève de la main droite contre son menton, et il tombe en arrière.

後插花手 敵人後面來搿住我、我用後插花手、揸住他的陰莖、受了痛苦、就能放手、
Les mains qui piquent la fleur par derrière (hou cha hua shou). — Si l’adversaire me prend par-derrière, je saisis ses parties des mains qui piquent la fleur par derrière : sous la douleur, il lâche prise.

Les hanches, les genoux et les jambes
臀 我走路時、敵人拿我搿住、我用臀撞他們、他們就不能搿住我了、
Les hanches (tun). — En marchant, si des adversaires me prennent, je les heurte de la hanche : ils ne peuvent plus me retenir.

刺膝 敵人前來搿住我、我用膝蓋、向他腹部一刺膝、他受了痛苦、就要脫手、
Le genou qui transperce (ci xi). — Si l’adversaire vient me prendre, je transperce son ventre du genou : sous la douleur, il lâche prise.

合膝分膝 敵人踢我小便器、那時我手裏拿了貴重東西、不能放下、只能用兩膝合住他一足、他再要揸我頭部、我用頭向他面上去撞、受了痛苦、就可以破之、
Les genoux qui se joignent et les genoux qui s’écartent (he xi / fen xi). — Si l’adversaire rue vers mon bas-ventre alors que j’ai les mains occupées par un objet précieux que je ne puis poser, je ne peux que joindre les genoux sur son pied ; s’il veut ensuite m’agripper la tête, je heurte son visage de la tête : sous la douleur, je le brise.

剷腿和繞絲腿 敵人踢我、用剷腿、或繞絲腿來踢我、我用一手、鑿他足背上、那可以破之、
Le coup de jambe-pelle et le coup de jambe de la soie enroulée (chan tui / rao si tui). — Si l’adversaire me rue, que ce soit du coup de jambe-pelle ou du coup de jambe de la soie enroulée, je burine le dessus de son pied d’une main : je puis ainsi le briser.


前後略腿 兩手拿着東西、不能放下、敵人前來打我、我只好用一足、(向前或後、)去略他的足上、如果略到、他就要跌倒、
La jambe qui fauche en avant et en arrière (qian hou lüe tui). — Si, les deux mains occupées à porter un objet que je ne puis poser, l’adversaire vient m’attaquer, je n’ai plus qu’à faucher son pied d’une jambe (vers l’avant ou vers l’arrière) : si je l’atteins, il tombe.

單靠腿 敵人用膝蓋來刺我身上、我用單靠腿、靠他膝上、他就要跌倒、
La jambe d’appui simple (dan kao tui). — Si l’adversaire vient me transpercer du genou, je m’appuie de cette jambe contre son genou : il tombe.

後撑腿 敵人打我背上、我用一足、向後一撑腿、踢他的陰莖、他就要生命難保、
Le coup de talon en arrière (hou cheng tui). — Si l’adversaire frappe mon dos, je détends une jambe en arrière, en coup de talon, vers ses parties : sa vie même est alors en péril.

披腿 敵人同我面向而來、他用左手打我頭上、我用右足、向右一披腿踢在他背部、他就要跌倒、
Le coup de jambe drapé (pi tui). — Si l’adversaire vient face à moi et frappe ma tête de sa main gauche, je drape du pied droit vers la droite et frappe son dos : il tombe.

Les exercices spéciaux
〔特殊運動〕 以下動作、都歸于特殊內、牠的動作和方法、寫在下面、
Les exercices spéciaux. — Les mouvements qui suivent appartiennent tous à la catégorie des exercices spéciaux ; leurs mouvements et leurs méthodes sont exposés ci-dessous.
地掃 敵人拿我圍住、我想要脫身、那時蹲下去做一地掃、用兩手放在地上、右足在地上撓一圈、(上體不動、)掃敵人的足上、掃着他們、就要跌倒、我乘此時、可以逃走、
Le balayage du sol (di sao). — Si des adversaires m’encerclent et que je veuille m’échapper, je m’accroupis et j’exécute un balayage du sol : je pose les deux mains à terre, le pied droit décrit un cercle sur le sol (le haut du corps ne bouge pas) et balaie les pieds des adversaires ; ceux qu’il atteint tombent, et je profite de ce moment pour m’enfuir.

全轉 全轉向地掃效用、大同小異、不過兩手不放在地上、仍舊保胸、用一足撓一圈、上體全轉、
La rotation complète (quan zhuan). — Son effet est à peu près le même que celui du balayage du sol, à cette différence que les deux mains ne vont pas à terre mais continuent de protéger la poitrine, qu’un pied décrit un cercle et que le haut du corps pivote entièrement.

白鶴翻身 這法應用、和後撑腿相同、
La grue blanche qui se retourne (bai he fan shen). — Son application est la même que celle du coup de talon en arrière.


旋風 敵人向我追急、我一時不能逃走、那時用一個旋風、把身體向下一蹲、用右足向左旋轉、踢他背上、身體同時跳起、他就要向前跌倒、
Le tourbillon (xuan feng). — Si l’adversaire me presse avec acharnement et que je ne puisse sur l’instant m’échapper, j’exécute un tourbillon : je m’accroupis, je fais tourner le pied droit vers la gauche et je frappe son dos, tandis que le corps bondit en l’air ; l’adversaire tombe en avant.




前撲(又名當面跌雪) 敵人打我背上一拳、或一腿、看見打着我身體時、〔我〕就向前撲下、他就此打不到我背上了、
La chute en avant (qian pu, aussi appelée « tomber dans la neige face à l’adversaire »). — Si l’adversaire frappe un coup de poing ou un coup de pied vers mon dos, dès que je le vois atteindre mon corps je me jette en avant : il ne peut plus atteindre mon dos.


鯉魚翻身 我在前撲時、敵人把拳來打我、鎗來觸我、這時不及抵禦、只好用鯉魚翻身、就是用身體向左或右翻轉、那末可以避去、
La carpe qui se retourne (li yu fan shen). — Si, pendant que je suis dans la chute en avant, l’adversaire me frappe du poing ou me touche de sa lance, et qu’il soit trop tard pour résister, je n’ai plus qu’à recourir à la carpe qui se retourne, c’est-à-dire à faire rouler le corps vers la gauche ou vers la droite : je puis ainsi l’éviter.

野鷄搜天 我跌倒時、兩足不能伸直、敵人再來打我、我用兩足向上踢出、他就此要向後跌倒、我乘了這個勢、就可以立起、
Le faisan qui fouille le ciel (ye ji sou tian). — Quand je suis tombé et que mes jambes ne peuvent s’étendre, si l’adversaire vient m’attaquer de nouveau, je détends mes deux pieds vers le haut : il tombe en arrière, et je profite de cet élan pour me relever.

後撲(又名背後跌雪) 這法和前撲大同小異、不過是向後跌下、比較起來、要活潑一些、
La chute en arrière (hou pu, aussi appelée « tomber dans la neige par derrière »). — Cette méthode est à peu près la même que la chute en avant, sinon que l’on tombe en arrière, et elle est un peu plus vive.



Les exercices particuliers
一字步 方法: (一)立正、兩手下垂、 (二)兩足向左右、或前後跳開、足成一字式、同時兩手着地、全身力量、在兩足上、
Le pas en ligne unique (yi zi bu). — Méthode : i. debout au garde-à-vous, les deux mains pendantes ; ii. les deux pieds s’écartent d’un saut à gauche et à droite, ou en avant et en arrière, les pieds formant une ligne droite, tandis que les deux mains touchent le sol, tout le poids du corps reposant sur les deux pieds.


蜻蜓躱 方法: 兩手握槓、手在胸前、同時兩足上舉挺直、全身力量、在兩手上、
La libellule qui esquive (qing ting duo). — Méthode : les deux mains saisissent une barre, à hauteur de poitrine, tandis que les deux pieds s’élèvent et s’étendent, tout le poids du corps portant sur les deux mains.

童子拜觀音 方法: (一)身體盤坐如僧、左足在下、右足在上、兩手合掌高舉、 (二)合掌向下着地及肘尖、兩足並舉向上、全身力量、在兩肘上、
L’enfant qui salue Guanyin (tong zi bai guan yin). — Méthode : i. le corps s’assied en tailleur comme un moine, le pied gauche dessous, le pied droit dessus, les deux mains jointes en paume levées haut ; ii. les paumes jointes descendent toucher le sol jusqu’à la pointe des coudes, les deux pieds s’élèvent ensemble, tout le poids du corps portant sur les deux coudes.


虎跳 方法: 兩手向上舉、上體向左彎下、兩手着地、兩足向右上豁轉、豁成一個圓形、
Le saut du tigre (hu tiao). — Méthode : les deux mains s’élèvent, le haut du corps se plie vers la gauche et descend, les deux mains touchent le sol, les deux pieds s’écartent en tournant vers la droite et le haut, décrivant un cercle.



搶板金斗 方法: (一)向前走幾步、兩手上舉、向前下俯地、兩手着地、 (二)兩足用力向後上跳起、跳一圓、 (三)立正、
La culbute en attrapant la planche (qiang ban jin dou). — Méthode : i. on avance de quelques pas, les deux mains levées, puis on se penche vers l’avant jusqu’à toucher le sol des deux mains ; ii. les deux pieds bondissent avec force vers l’arrière et le haut, décrivant un cercle ; iii. on se remet debout au garde-à-vous.

滾燈 方法: (一)立正、身體向前彎、兩手抱足、 (二)兩足用力向前滾下、 (三)向上立起、
La lanterne qui roule (gun deng). — Méthode : i. debout au garde-à-vous, le corps se plie en avant, les deux mains embrassant les pieds ; ii. les deux pieds roulent avec force vers l’avant ; iii. on se relève.


單飛 方法: (一)立正、兩手叉腰、 (二)右足向前方踢起、同時右手打在右足足背上、
L’envol simple (dan fei). — Méthode : i. debout au garde-à-vous, les deux mains aux hanches ; ii. le pied droit se détend vers l’avant tandis que la main droite frappe le dessus du pied droit.

雙飛 方法: 立正式、 (一)身體向下半蹲、 (二)左足向上踢起、右手在前、左手在後、 (三)左足將要落地時、右足向上踢起、右手同時打右足足背上、左手在前、
L’envol double (shuang fei). — Méthode : en stance debout au garde-à-vous, i. le corps descend à demi accroupi ; ii. le pied gauche se détend vers le haut, la main droite devant, la main gauche derrière ; iii. au moment où le pied gauche va retomber, le pied droit se détend vers le haut tandis que la main droite frappe le dessus du pied droit, la main gauche passant devant.



麻雀跳 方法: (一)身體立正、 (二)身體蹲下、左足向前伸直、右足屈、右手在前、 (三)右足跳起、向前伸直、左足屈、左手在前、跳法、同麻雀相同、
Le saut du moineau (ma que tiao). — Méthode : i. le corps debout au garde-à-vous ; ii. le corps s’accroupit, la jambe gauche s’étend en avant, la jambe droite se plie, la main droite devant ; iii. la jambe droite bondit et s’étend en avant, la jambe gauche se plie, la main gauche devant ; la manière de sauter est celle du moineau.


金鷄獨立 方法: (一)身體立正、 (二)一足向前舉平、兩手叉腰、 (三)向下蹲、
Le coq d’or sur une patte (jin ji du li). — Méthode : i. le corps debout au garde-à-vous ; ii. un pied se lève à l’horizontale vers l’avant, les deux mains aux hanches ; iii. on descend en s’accroupissant.

田鷄跳 方法: 全身下合、如田鷄、足尖及手掌着力、身距地寸許、跳時、手足齊動、(不論前後左右、)
Le saut de la grenouille (tian ji tiao). — Méthode : tout le corps se ramasse vers le bas, à la manière d’une grenouille, la force portant sur la pointe des pieds et sur les paumes, le corps à un pouce environ du sol ; dans le saut, mains et pieds se meuvent ensemble (vers l’avant ou l’arrière, à gauche ou à droite, indifféremment).

蜈蚣走 方法: (一)兩手着地、兩足向後伸直、用足尖力、成一字式、全身力量在手足上、身離地一寸許、 (二)向前或後行走、
La marche du mille-pattes (wu gong zou). — Méthode : i. les deux mains à terre, les deux jambes étendues vers l’arrière, la force portant sur la pointe des pieds, le corps formant une ligne droite, tout le poids du corps sur les mains et les pieds, le corps à un pouce environ du sol ; ii. dans cette position, on marche vers l’avant ou vers l’arrière.

Première section du poing de la Grande Ourse (Tian gang quan)
上面幾種:都是基本和應用法,下面這個是連貫的了:他的名詞叫做天罡拳,一共有六小節,這本書上纔登第一節:還有五節,再在下册披露,請閱者原諒! 第一節 天罡拳
Tous les mouvements qui précèdent sont des exercices de base ou des exercices d’application ; celui qui suit est un enchaînement continu. Il porte le nom de poing de la Grande Ourse (Tian gang quan, 天罡拳) et comprend en tout six sections ; ce livre n’en publie que la première, les cinq autres paraîtront dans un second volume. Que le lecteur veuille bien m’en excuser !
Première section : le poing de la Grande Ourse.
第一式:立正、面向南、右推弓手向前、左手向後成提鈴手、 第二式:左推弓手向前、右手向後成提鈴手、
Première posture : debout au garde-à-vous, face au sud ; la main droite exécute vers l’avant la main qui pousse l’arc (推弓手), la main gauche, vers l’arrière, forme la main qui soulève la cloche (提鈴手).
Deuxième posture : la main gauche pousse l’arc vers l’avant, la main droite soulève la cloche vers l’arrière.

第三式:右手向右前斜掌、同時右足向右前斜、成反長三步、(面向西南、)左手向左後斜成提鈴手、(卽白鶴朵、)
Troisième posture : la paume droite part en biais vers l’avant droit tandis que le pied droit s’avance en biais vers l’avant droit pour former une stance « long-trois » inversée (face au sud-ouest) ; la main gauche part en biais vers l’arrière gauche en main qui soulève la cloche (c’est-à-dire la grue blanche qui se cache).

第四式:右手折拳靠腰、左手在胸前成單朵手、同時左足成丁字步、(面向東南角、)
Quatrième posture : la main droite, en poing plié, se pose contre la taille, la main gauche forme devant la poitrine la main qui se cache simple, tandis que le pied gauche forme la stance en T (face au coin sud-est).

第五式:右足向前一剷腿、
Cinquième posture : le pied droit détend vers l’avant un coup de jambe-pelle.

第六式:左手向前一掌同時左足前成長三步、
Sixième posture : la main gauche frappe de la paume vers l’avant tandis que le pied gauche avance en stance « long-trois ».

第七式:右手向前一拳、同時左手收成保胸手、
Septième posture : la main droite frappe un coup de poing vers l’avant tandis que la main gauche se retire en main qui protège la poitrine.

第八式:兩手向上、左右分開、向下下挑手、同時左足收成丁字步、
Huitième posture : les deux mains montent, s’écartent à gauche et à droite, puis descendent en mains soulevantes vers le bas, tandis que le pied gauche se retire en stance en T.

第九式:身體向左轉、足成絞絲步、(面向東南角、)同時右足向前一絞絲腿、着地成反長三步、
Neuvième posture : le corps pivote vers la gauche, les jambes formant la stance de la soie torsadée (face au coin sud-est), tandis que le pied droit détend vers l’avant un coup de pied de la soie torsadée et retombe en stance « long-trois » inversée.


第十式:兩手向上分開、握拳相對、成獅子大開口、手心向上、(面向西北、)
Dixième posture : les deux mains montent et s’écartent, les poings fermés se font face, formant « le lion ouvre grand la gueule », les paumes tournées vers le haut (face au nord-ouest).

第十一式:兩手向左右、成下挑手、左足成丁字步、(面向西北、)
Onzième posture : les deux mains vont à gauche et à droite en mains soulevantes vers le bas, le pied gauche en stance en T (face au nord-ouest).

第十二式:右足向前踢第一腿、足着地成反長步、
Douzième posture : le pied droit détend vers l’avant le premier coup de pied, puis retombe en stance « long-trois » inversée.


第十三式:左足踢第二腿、左向後轉、
Treizième posture : le pied gauche détend le deuxième coup de pied, et l’on pivote vers l’arrière gauche.

第十四式:再向左轉、右足踢第三腿、足着地成反長三步、(面向東南角)
Quatorzième posture : on pivote encore vers la gauche, le pied droit détend le troisième coup de pied, puis retombe en stance « long-trois » inversée (face au coin sud-est).



第十五式:獅子大開口、(面向東南角)
Quinzième posture : « le lion ouvre grand la gueule » (face au coin sud-est).

第十六式:右足移至左足前方、成絞絲步、同時向右轉、(面向西南角、)兩手向右邊後、成囘龍拳、
Seizième posture : le pied droit passe devant le pied gauche en stance de la soie torsadée, tandis qu’on pivote vers la droite (face au coin sud-ouest) ; les deux mains vont vers l’arrière droit en poing du dragon qui revient.

第十七式:左足向前一步、成弓箭步、(手不動、)
Dix-septième posture : le pied gauche avance d’un pas en stance de l’arc et de la flèche (les mains ne bougent pas).

第十八式:兩手向前撓圈、同時向前騰一大步、成弓箭步、兩手向下切地、成切地手、
Dix-huitième posture : les deux mains décrivent un cercle vers l’avant tandis qu’on bondit d’un grand pas en avant en stance de l’arc et de la flèche, les deux mains descendant trancher le sol en mains qui tranchent le sol.

第十九式:左足變成長三步、同時〔左〕手向前一掌、
Dix-neuvième posture : la jambe gauche se change en stance « long-trois » tandis que la main [gauche] frappe de la paume vers l’avant.

第二十式:右手向前一拳、同時右〔左〕手收進、成保胸手、
Vingtième posture : la main droite frappe un coup de poing vers l’avant tandis que la main [gauche] se retire en main qui protège la poitrine.

第二十一式:五花手、兩手在胸前、右手向左肩上撓圈止〔至〕右、左手提起、在右手上撓圈、同時兩手向左右分開、成白鶴朵、
Vingt et unième posture : les mains des cinq fleurs — les deux mains devant la poitrine, la main droite décrivant un cercle jusqu’à l’épaule gauche puis revenant vers la droite, la main gauche se levant pour décrire un cercle au-dessus de la main droite — tandis que les deux mains s’écartent à gauche et à droite en grue blanche qui se cache.

第二十二式:下挑手、足成絞絲步、
Vingt-deuxième posture : mains soulevantes vers le bas, les jambes en stance de la soie torsadée.

第二十三式:右足向前一腿、成反長三步、
Vingt-troisième posture : le pied droit détend un coup de pied vers l’avant et retombe en stance « long-trois » inversée.


第二十四式:獅子大開口、(面向東北、)
Vingt-quatrième posture : « le lion ouvre grand la gueule » (face au nord-est).

第二十五式:五花手、成白鶴朵、左足前丁步、
Vingt-cinquième posture : les mains des cinq fleurs en grue blanche qui se cache, le pied gauche devant en stance en T.

第二十六式:向前騰一大步、成弓尖步、(面東北、)同時左手成切地手、
Vingt-sixième posture : on bondit d’un grand pas vers l’avant en stance de l’arc et de la flèche (face au nord-est) tandis que la main gauche forme la main qui tranche le sol.

第二十七式:卽變長三步左手向前掌
Vingt-septième posture : on passe aussitôt en stance « long-trois », la main gauche frappant de la paume vers l’avant.

第二十八式:右手向前一拳、左手成保胸手、
Vingt-huitième posture : la main droite frappe un coup de poing vers l’avant, la main gauche forme la main qui protège la poitrine.

第二十九式:五花手、成白鶴朵、左足成丁字步、
Vingt-neuvième posture : les mains des cinq fleurs en grue blanche qui se cache, le pied gauche en stance en T.

第三十式:下挑手、兩足成絞絲步、
Trentième posture : mains soulevantes vers le bas, les deux jambes en stance de la soie torsadée.

第三十一式:右足向前一腿、着地成反長三步、
Trente et unième posture : le pied droit détend un coup de pied vers l’avant et retombe en stance « long-trois » inversée.

第三十二式:獅子大開口、(面向西南、)
Trente-deuxième posture : « le lion ouvre grand la gueule » (face au sud-ouest).

第三十三式:右足向左踏一步、同時兩手抱腰、向左轉、肩向地側肩金斗、(面向南、)
Trente-troisième posture : le pied droit fait un pas vers la gauche tandis que les deux mains se serrent contre la taille ; on pivote vers la gauche et l’on part au sol de l’épaule en culbute latérale d’épaule (face au sud).

第三十四式:金斗立起、成四平步、兩手雙折拳抱腰、
Trente-quatrième posture : on se relève de la culbute en stance des quatre équilibres, les deux mains en doubles poings pliés serrés contre la taille.

第三十五式:兩足立正、同時兩手雙搶拳、
Trente-cinquième posture : les deux pieds se mettent au garde-à-vous tandis que les deux mains exécutent les doubles poings-lances.

第三十六式:兩手向前雙圈手下垂、成還原、
Trente-sixième posture : les deux mains vont vers l’avant en doubles mains circulaires, puis retombent, ce qui ramène à la position initiale.

Six ordonnances médicinales
〔藥方六種〕
Six ordonnances médicinales.
虎珀丸 又名和傷丸 耑治跌打重傷法 歸身 蘇木 生地 羌活 丹皮 杜仲鹽水炒 熟地 白朮各二兩 陳皮 南星 獨活 川斷各一兩 乳香去油 沒藥去油 赤芍 川芎 茯苓 靑皮 白芍各一兩 木瓜 牛膝 苡仁各三兩 虎珀二錢 茄皮四兩 桂枝一兩 肉桂二錢 黑豆四兩 桑枝三錢 甘草五錢 共研細末 紅糖為丸 每丸〔每服〕重二錢中者每丸一錢五分 每天吃二次陳酒送下
(1) Les pilules d’ambre (虎珀丸, aussi appelées pilules qui harmonisent les blessures), pour traiter les blessures graves par choc et chute. Racine d’angélique de Chine (guishen, 歸身), bois de sappan (蘇木), rehmannia cru (生地), racine de notopterygion (羌活), écorce de racine de pivoine (丹皮), écorce d’eucommia grillée à l’eau salée (杜仲), rehmannia préparé (熟地), atractylodes blanc (白朮) : deux onces (liang, 兩) de chacun ; zeste d’orange séché (陳皮), arisaema (南星), angélique duhuo (獨活), dipsacus du Sichuan (川斷) : une once de chacun ; encens dégraissé (乳香), myrrhe dégraissée (沒藥), pivoine rouge (赤芍), ligusticum (川芎), poria (茯苓), écorce verte de mandarine (靑皮), pivoine blanche (白芍) : une once de chacun ; coing de Chine (木瓜), achyranthes (牛膝), coix (苡仁) : trois onces de chacun ; ambre (虎珀) : deux qian (錢) ; peau d’aubergine (茄皮) : quatre onces ; brindille de cannelle (桂枝) : une once ; cannelle (肉桂) : deux qian ; haricots noirs (黑豆) : quatre onces ; branche de mûrier (桑枝) : trois qian ; réglisse (甘草) : cinq qian. On pulvérise le tout finement, on forme des pilules avec du sucre roux ; chaque pilule pèsera deux qian, ou pour les cas moyens un qian et demi ; on en prend deux fois par jour, avalées avec du vieux vin.
淸心和氣湯 治跌打重傷者吐血後用 麥冬 百合 橘紅 紫苑 丹皮 蘇木各一錢 山藥二錢 槐花二錢 厚朴八分 香附八分 靑皮八分 甘草三分 加燈心二十根 河水一碗 煎透 每天吃二次
(2) La décoction « clarifier le cœur et harmoniser le souffle » (淸心和氣湯), à employer après que le blessé grave a craché du sang. Ophiopogon (麥冬), lis (百合), zeste d’orange (橘紅), aster (紫苑), écorce de racine de pivoine (丹皮), bois de sappan (蘇木) : un qian de chacun ; igname de Chine (山藥) : deux qian ; fleur de sophora (槐花) : deux qian ; écorce de magnolia (厚朴) : huit fen ; cyperus (香附) : huit fen ; écorce verte de mandarine (靑皮) : huit fen ; réglisse (甘草) : trois fen. On ajoute vingt mèches de moelle de jonc (燈心), on met le tout dans un bol d’eau de rivière et l’on fait bien bouillir. On en prend deux fois par jour.
治跌打損傷重者速用 二便不通 汙血不散 肚臌氣脹 上攻心胸 悶幾死者 先用此藥方行之 生軍及陳酒先煎一兩〔生軍一兩用陳酒先煎〕 歸尾五錢 桃仁去皮尖七粒打 加酒一兩共煎 鷄鳴時服 每天上午下午二次〔每天二次〕
(3) Pour un prompt rétablissement après une blessure grave par choc ou chute. En cas d’obstruction des deux évacuations, de sang corrompu qui ne se disperse pas, de ballonnement du ventre, de souffle qui monte attaquer le cœur, de suffocation qui met aux portes de la mort, employer d’abord cette ordonnance. Racine de rhubarbe crue (生軍), un qian à faire bouillir d’abord dans du vieux vin ; extrémité de racine d’angélique (歸尾) : cinq qian ; sept noyaux de pêche (桃仁) dépouillés de la peau et de la pointe, écrasés ; on ajoute une once de vin et l’on fait bouillir le tout ensemble. À prendre au chant du coq, deux fois par jour, le matin et l’après-midi.
如聖散 治手足別傷 川草烏去皮各三錢 蒼朮 白芷 細辛 川芎 防風各一錢 共研末重者吃一錢 中者吃五分 下者吃三分 此藥不可多吃陳酒送下〔用陳酒送下服後避風〕
(4) La poudre « comme un saint » (如聖散), pour les blessures des membres. Aconit du Sichuan et aconit commun (川草烏), écorcés : trois qian de chacun ; atractylodes noir (蒼朮), racine d’angélique (白芷), asaret (細辛), ligusticum (川芎), racine de berce (防風) : un qian de chacun. On pulvérise ; le blessé grave en prend un qian, le cas moyen cinq fen, le cas léger trois fen. Ce remède ne doit pas être pris souvent ; on l’avale avec du vieux vin, et après la prise on évitera le vent.
傷敷藥 生川草烏各五錢 白茄子一兩 乳香沒藥各五錢去油 元寸香一分 樟冰四錢 白芷五錢 南桂三錢 五茄皮一兩 生半夏五錢 生錦紋七錢 共研細 陳白小粉半斤炒焦 共研和用滴花燒酒調敷 每天上午七時 下午九時 敷之可也 重者敷五六天 中者敷三四天 輕者敷二天
(5) Le remède à appliquer sur les blessures. Aconit du Sichuan et aconit commun crus (生川草烏) : cinq qian de chacun ; aubergine blanche (白茄子) : une once ; encens et myrrhe dégraissés (乳香沒藥) : cinq qian de chacun ; musc (元寸香) : un fen ; camphre (樟冰) : quatre qian ; racine d’angélique (白芷) : cinq qian ; cannelle du Sud (南桂) : trois qian ; écorce d’« acanthopanax » (五茄皮) : une once ; pinellia cru (生半夏) : cinq qian ; rhubarbe crue (生錦紋) : sept qian. On pulvérise finement ; on ajoute une demi-livre de fécule blanche séchée (陳白小粉) grillée jusqu’à roussir ; on pulvérise de nouveau le tout et l’on délaye avec de l’alcool de riz distillé (滴花燒酒) pour en faire une application. On peut l’appliquer à sept heures du matin et à neuf heures du soir : pour les cas graves cinq ou six jours, pour les cas moyens trois ou quatre jours, pour les cas légers deux jours.
刀傷出血方 此桑藤香(卽好桻香)五錢 用碗片刮下 眞象皮一兩 生研又加三百年成血灰半斤(卽棺木內的石灰) 兩共研和次藥槮之血卽止也
(6) Recette contre les saignements des plaies d’arme blanche. « Encens de liane de mûrier » (桑藤香, c’est-à-dire le bon encens feng), cinq qian, gratté avec un tesson de bol ; véritable peau d’éléphant (眞象皮) : une once. On pulvérise cru, on ajoute une demi-livre de « cendre de sang vieille de trois cents ans » (三百年成血灰, c’est-à-dire la chaux tirée des cercueils), on pulvérise les deux ensemble et l’on en saupoudre la plaie : le sang s’arrête aussitôt.
Notes du traducteur
- Xu Taihe (許太和) : natif de Beiguo (北漍), dans le district de Jiangyin (江陰) au Jiangsu, il était âgé d’une cinquantaine d’années lors du premier Congrès national des arts martiaux de Shanghai, au printemps 1923, ce qui place sa naissance vers 1873. Les trois préfaces de ses amis et parents le montrent enseignant l’éducation physique et les arts nationaux à Changshu, Wujiang, Shanghai et Chengjiang, cumulant les fonctions de directeur d’école, et rédigeant son manuel pendant près de dix ans avant de le publier en 1926.
- L’école Renhe (仁和派) : selon les dires de l’auteur rapportés dans ce livre, les douze méthodes défensives lui viennent de son septième ancêtre, Renhe, qui les avait reçues au temple Shaolin du mont Song. L’école Renhe est ici présentée comme une branche de la boxe du Sud (南拳, nan quan), elle-même rattachée à la tradition Shaolin dite « externe » (外家).
- Les termes techniques : la traduction suit le texte chinois, qui n’emploie pas de vocabulaire sanskrit ou taoïste mais un lexique technique propre au Sud. Les noms de techniques sont donnés en français après leur première occurrence, avec le chinois entre parenthèses ; jin (勁, force interne) et dantian restent en pinyin, comme dans les autres traductions de ce site.
- Les unités de poids des ordonnances : le texte emploie les mesures anciennes — la livre (jin, 斤 = 16 onces), l’once (liang, 兩 ≈ 37 g), le qian (錢 = 1/10 d’once ≈ 3,7 g) et le fen (分 = 1/10 de qian). Elles ont été conservées telles quelles, le texte chinois étant seul faisant foi ; les six ordonnances sont reproduites ici à titre documentaire et ne constituent pas une prescription médicale.
- Les illustrations : les 225 images reproduites dans cet article proviennent de l’édition originale de 1926 et sont des scans des pages du manuel lui‑même — le portrait de Xu Taihe à cinquante ans et la photographie le montrant en duo avec son fils Xu Yuancai, puis la suite des figures au trait numérotées du livre (postures, exercices de base, méthodes défensives, techniques d’application, exercices spéciaux et suite des trente‑six premières postures du poing de la Grande Ourse).
- Le texte chinois de cette page a été transcrit à partir de sa reproduction dans l’article de Paul Brennan cité ci‑dessous ; la traduction française a été faite directement sur le chinois. Les crochets 〔 〕 signalent les ajouts ou corrections du texte chinois lui‑même (par exemple 〔右〕 pour un caractère manifestement fautif).
Texte original chinois : Nan quan rumen (南拳入門, « Les Fondamentaux de la boxe du Sud ») de Xu Taihe (許太和), Jiangyin, préfaces de 1923 à 1926, édition de 1926. Œuvre du domaine public. La transcription du texte chinois et les illustrations reproduites ici proviennent de l’article de Paul Brennan « Xu Taihe’s Fundamentals of Southern Boxing Arts, 南拳入門, 1926 » : https://brennantranslation.wordpress.com/2016/11/30/renhe-style-shaolin/ . Les images sont des scans des pages du manuel chinois original ; la traduction anglaise de ce manuel qui accompagne ces documents dans l’article source est l’œuvre de Paul Brennan et n’a pas été utilisée. Traduction française : nouvelle traduction réalisée à partir de l’original chinois pour ce site.