Le Si lu ben da quan (四路奔打拳) de Huang Hanxun : la boxe de la charge aux quatre directions

Le Si lu ben da quan (四路奔打拳, « la boxe de la charge aux quatre directions ») est un enchaînement de boxe de la mante (螳螂拳) en cinquante-neuf postures, composé par Huang Hanxun (黃漢勛, 1915-1974) de Shunde (順德) au Guangdong et publié à Hong Kong en octobre 1973. C’est l’une de ses dernières compositions : l’auteur est mort le 23 décembre 1974 et le texte appartient au domaine public depuis le 1er janvier 2025. Le set est réputé, dans l’œuvre de Huang Hanxun, pour deux choses que sa préface met en avant : l’exigence de justesse des postures, et l’emploi massif des coups de pied — ouverture de jambe, tourbillon, lotus balancé, jambes volantes en chaîne, jambes écrasantes. Le livre se présente comme tous ceux de la série : une préface, la nomenclature des postures, puis, pour chacune, une explication du mouvement (說明) et son application (功用). Il est suivi ici de quatre courts essais que l’auteur avait joints au volume : sur l’art de se dégager quand l’adversaire vous saisit le pied, sur la nécessité de faire travailler l’esprit, sur la conquête du premier temps, et sur les coups reçus comme voie la plus rapide du progrès. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...

17 octobre 2026 · 58 min · 12180 mots

Le Taiji quan expliqué (太極拳釋義) de Dong Yingjie : préfaces, origine et transmission

Le Taiji quan shiyi (太極拳釋義, « Le Taiji quan expliqué ») est l’un des manuels de taiji quan les plus diffusés du monde chinois. Son auteur, Dong Yingjie (董英傑, 1897-1961), originaire du district de Ren (任縣) dans le Hebei, fut l’un des derniers grands disciples de Yang Chengfu (楊澄甫, 1883-1936), qu’il suivit plus de dix ans ; il enseigna ensuite à Guangzhou, à Hong Kong et à Macao, où son école forma une partie importante du taiji quan de style Yang pratiqué en Asie du Sud-Est. L’ouvrage parut à Hong Kong en août 1948, puis fut révisé en octobre 1950 ; il compte deux cent soixante illustrations, dont deux cent cinquante-huit photographies de postures prises par Wang Xiyi (王希逸). Le volume s’ouvre sur un ensemble de dix préfaces — celle du lettré Huang Zunsheng, puis celles de ses élèves, et enfin la sienne — suivies d’une notice sur le tableau du fondateur, de sa biographie, de dix remarques liminaires, d’un essai sur les origines et d’un extrait du manuscrit de la famille Song. Viennent ensuite les commentaires des classiques, les descriptions posture par posture, la poussée des mains et les armes. La présente traduction donne la partie liminaire et théorique initiale, qui contient l’essentiel de ce que le livre apporte sur la lignée, l’esprit de l’art et la manière de l’étudier. Dong Yingjie étant mort en 1961, son œuvre est dans le domaine public depuis le 1er janvier 2012. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...

17 octobre 2026 · 43 min · 9152 mots

Le Tanglang toutao (螳螂偷桃) de Huang Hanxun : la mante vole la pêche

Le Tanglang toutao (螳螂偷桃, « la mante vole la pêche ») est l’un des enchaînements que Huang Hanxun (黃漢勛, 1915-1974) de Shunde tenait de son maître Luo Guangyu (羅光玉) de Penglai, et sans doute celui auquel il attachait le plus de prix : c’est l’ensemble que Luo Guangyu montrait lui-même à mains nues lors des démonstrations. Le volume parut à Hong Kong en 1972, mais la préface qu’on lira ci-dessous est datée du 20 décembre 1960 — Huang Hanxun laissa donc mûrir son texte une douzaine d’années avant de le livrer. Les postures sont exécutées par l’auteur (主編演式 : « mise en forme et démonstration par le rédacteur en chef »), et les photographies de l’édition sont reprises ici telles qu’elles y figurent. ...

17 octobre 2026 · 56 min · 11726 mots

Le Tantui en quatorze lignes (十四路彈腿圖解) de Huang Hanxun : les fondamentaux de la mante du Nord

Le Tantui en quatorze lignes (十四路彈腿圖解, « explications illustrées du tantui en quatorze lignes ») est l’ensemble de base de la boxe de la mante du Nord (北方螳螂派基本拳), composé par Huang Hanxun (黃漢勛, 1915-1974) de Shunde et publié à Hong Kong en 1973 — l’auteur le présente comme l’« œuvre commémorative de ses quarante années d’enseignement ». Il y raconte comment le set naquit : l’Association Jingwu, après la mort de Huo Yuanjia (霍元甲), avait adopté le tantui de Shaolin comme discipline principale, et chacune des grandes écoles devait fournir une série de base pour ses dix ensembles fondamentaux. L’école de la mante, elle, n’en avait pas ; pressé de la fournir, Luo Guangyu (羅光玉, 1888-1944) de Penglai composa en une nuit cette suite de quatorze lignes, qui reprend les mains caractéristiques de la mante — crochet, cueillette, main furtive, main de meule, « le tigre noir vole le cœur » — et y ajoute le « coup de pied broyeur » (軋腿) propre à l’école. Le livre ne comporte pas de théorie générale : après la calligraphie du titre et la préface, il donne les quatorze lignes, chacune divisée en sections et décrite en deux temps — une explication (說明) qui suit pas à pas les mains, les pas et l’orientation, puis une application (功用) qui en expose l’usage contre un adversaire. Les cent vingt et une photographies de l’édition originale montrent l’ensemble exécuté par Huang Yiying (黃毅英) pour les lignes 1 à 7 et par Huang Pengying (黃鵬英) pour les lignes 8 à 14. Huang Hanxun est mort le 23 décembre 1974 ; le texte chinois appartient donc au domaine public depuis le 1er janvier 2025. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...

17 octobre 2026 · 31 min · 6413 mots

Le Tantui expliqué (彈腿講義) de Ma Yongsheng, 1935

Le Tantui jiangyi (彈腿講義, « Le tan tui expliqué ») est un manuel publié en juin 1935 par Ma Yongsheng (馬永勝, de son appellation Yushan 鈺山), natif de Liaocheng 聊城 au Shandong (山左), qui enseignait alors à Suzhou (姑蘇). Passé par l’Institut central des arts martiaux nationaux (中央國術館) de Nanjing, il y avait vu le directeur Zhang Zhijiang (張之江) faire de son tan tui un cours obligatoire de l’établissement. C’est cette version — le tan tui en dix lignes (十路) de la 教門, c’est-à-dire de la « porte de l’enseignement », nom sous lequel on désigne en Chine la boxe des Hui — qu’il expose ici. Le livre est à la fois un traité et un manuel d’enseignement. Ma Yongsheng y défend une définition précise du genre : les coups de pied partent à hauteur horizontale, à mi-chemin entre les « écoles hautes » qui frappent au visage et les « écoles basses » qui ne dépassent pas le genou ; ils sont directs, portés aux points vitaux, et doués d’une détente élastique (tan 彈, « détendre comme un ressort »), d’où le nom retenu parmi les trois graphies concurrentes 彈腿, 潭腿 et 譚腿. L’ouvrage donne les cinq exigences du corps, une méthode d’enseignement par commandements numériques destinée aux groupes, une grande planche de cinquante-quatre figures tracée par l’auteur lui-même pour régler la circulation dans la cour d’entraînement, puis la description pas à pas des dix lignes, chaque mouvement étant suivi de son emploi (用法) martial. Les 55 planches reproduites ici — calligraphie liminaire de Ding Chaowu, portrait de l’auteur, photographie du groupe d’arts martiaux de l’École technique publique du Jiangsu en mai 1923, la grande planche des cinquante-quatre figures et les 51 photographies numérotées — proviennent de l’édition de 1935 et appartiennent au domaine public. Les figures que le livre répète d’un mouvement à l’autre (les postures de base réutilisées comme repères) ne sont reproduites qu’une fois. ...

17 octobre 2026 · 67 min · 14244 mots

Le Tigre noir croise la route (黑虎交叉) de Huang Hanxun

Le Hei hu jiao cha (黑虎交叉, « le tigre noir croise la route ») est un enchaînement de la boxe de la mante (螳螂拳) publié par Huang Hanxun (黃漢勛, 1915-1974) de Shunde en janvier 1972, sur des photographies de Huang Pengying (黃鵬英) montrant son disciple Su Shimin (蘇世民) en démonstration. Auteur prolifique — plus d’une trentaine de titres en vingt-cinq ans d’enseignement —, Huang Hanxun compilait alors les enchaînements reçus de son maître Luo Guangyu (羅光玉, 1888-1944) de Penglai, au Shandong. Ce livret-ci est un cas particulier dans son œuvre : c’est, avec les Dix-huit vieillards et les Quatorze routes de base, l’un des rares enchaînements de la mante qui travaillent les deux côtés du corps de façon à peu près égale — d’où la longue étude sur l’équilibre droite/gauche placée à la suite des postures, et les deux essais sur l’âge et sur la taille qui la complètent. La matière est celle de tous ses manuels : après la page de titre et la préface de l’auteur, les trente-huit postures de l’enchaînement, chacune décomposée en une explication (說明) qui décrit les pas, les mains et l’orientation, et une application (功用) qui donne la réponse à l’adversaire. Huang Hanxun est mort le 23 décembre 1974 ; le texte chinois appartient donc au domaine public depuis le 1er janvier 2025. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...

17 octobre 2026 · 35 min · 7340 mots

Le Véritable Baduanjin de Yue Fei (真本岳飛八段錦) de Jin Ti'an

Le Zhenben Yue Fei baduanjin (真本岳飛八段錦, « Le véritable Baduanjin de Yue Fei ») est un petit manuel publié à Shanghai en septembre 1936 par Jin Ti’an (金倜盦, également transcrit Jin Tisheng), qui signe de son sobriquet, Ti’an (倜庵). L’auteur y raconte comment, enfant chétif et maladif, il reçut l’enseignement du baduanjin (八段錦, « huit pièces de brocart ») d’un vieux serviteur de sa famille nommé Gui, expert en arts de combat ; les effets furent tels qu’il s’y consacra toute sa vie. Constatant que les livrets vendus dans les boutiques de livres présentaient une méthode toute différente, réduite à une gymnastique molle sans intention, il décida de publier le manuscrit original de son maître, accompagné de ses propres commentaires (按語). Le baduanjin est le plus célèbre des ensembles de daoyin (導引, exercices respiratoires et posturaux) chinois. La tradition l’attribue à Yue Fei (岳飛, 1103-1142, dit Yue Wumu 岳武穆), le général de la dynastie Song du Sud devenu figure exemplaire du patriotisme ; les huit « pièces de brocart » sont huit exercices enchaînés, chacun travaillant une région du corps et un aspect de la circulation du souffle. Le texte ici traduit — d’environ 3 350 caractères chinois — décrit chaque mouvement posture par posture, puis, dans un commentaire final, en explique le principe physiologique et les exigences de pratique. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...

17 octobre 2026 · 23 min · 4866 mots

Le Vrai Sens de l'obtention de la Voie par les luohan d'Occident (西域羅漢得道真詮) du Daoïste Shengxiao : les dix-huit exercices du Luohan

Le Xiyu luohan dedao zhenquan (西域羅漢得道真詮, « Explication véritable de l’obtention de la Voie par les luohan d’Occident ») est un court traité d’exercices de daoyin (導引, travail du corps et du souffle) transmis sous le nom d’un certain Daoïste Shengxiao (升霄道人, « le Daoïste qui s’élève au firmament »). Le texte n’a pas circulé de son temps comme un livre imprimé : il fait partie du recueil manuscrit Shaolin yibo zhenzhuan (少林衣缽真傳, « La Véritable Transmission du vêtement et du bol de Shaolin »), dont la rédaction est datée aux environs de 1800. Le traité décrit dix-huit exercices (十八勢), chacun divisé en deux à cinq « postures » (勢), soit soixante-neuf postures en tout, suivies d’un tableau anatomique de contemplation interne, d’un poème de clôture et d’une « clef » de la pratique. La prose n’y tient presque aucune place : chaque posture est donnée sous la forme d’un petit poème de six à douze vers de sept caractères, où le geste, la respiration et l’imagerie taoïste — dantian, petite révolution céleste, union de l’eau et du feu, cœur et reins, heures zi et wu — s’entremêlent. Les noms des postures sont ceux des vieux récits et des vieilles images : Xiang Yu soulevant le chaudron, Weituo présentant son sceptre, le tigre bondissant sur l’homme, le vieux moine entrant en méditation, Chen Tuan dormant d’un sommeil de huit cents ans. Le texte chinois compte environ 5 300 caractères et il est dans le domaine public : manuscrit du début du XIXe siècle, antérieur de plus d’un siècle à toute littérature martiale moderne. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...

17 octobre 2026 · 42 min · 8877 mots

Le Yijin jing externe (眞本達摩易筋經外經) de Jin Ti'an : les douze sections de force

Le Zhenben Damo Yijin jing waijing (眞本達摩易筋經外經, « Le véritable Yijin jing de Damo : le classique externe ») est la seconde partie du petit manuel publié à Shanghai en septembre 1936 par Jin Ti’an (金倜盦, également transcrit Jin Tisheng), qui signe de son sobriquet Ti’an (倜庵). L’auteur y livre, après le baduanjin de son maître, l’ensemble d’exercices de force qu’il tenait d’un marchand de remèdes du Shanxi, Zou Zhongda, présenté comme la transmission authentique de la branche de Shaolin établie au Shanxi et au Shaanxi. Le Yijin jing (易筋經, « Classique du changement des tendons ») est, dans la tradition, attribué au moine Damo (達摩, Bodhidharma), patriarche fondateur légendaire des arts martiaux de Shaolin. Le livre se partage en deux : un « classique interne » (內經) voué à la méditation assise et à la circulation du souffle, réservé aux disciples, et un « classique externe » (外經) voué au durcissement des tendons et au développement de la force, largement répandu mais rarement transmis dans une version fidèle. C’est cette seconde partie, d’environ 3 600 caractères chinois, que traduit l’article ci-dessous : douze sections numérotées, chacune avec sa description posturale, son compte de répétitions, son dessin d’origine et le commentaire de l’auteur. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...

17 octobre 2026 · 25 min · 5235 mots

Les Annales du Jingwu (精武本紀, 1919) : préfaces, doctrine et organisation — parties I et II

Le Jingwu benji (精武本紀, « Annales du Jingwu ») est le grand recueil commémoratif publié à Shanghai en décembre 1919 par l’Association athlétique chinoise Jingwu (中國精武體育會), née en 1910 dans le sillage de la mort de Huo Yuanjia (霍元甲, 1868-1910) et devenue en une décennie la plus grande société chinoise d’arts martiaux et d’éducation physique. Composé par Chen Tiesheng (陳鐵生, nom social Zhuomei 卓枚), journaliste originaire de Xinhui, et illustré par Chen Gongzhe (陳公哲), qui en fut le photographe, le volume se voulait à la fois l’archive et le manifeste de l’association : il en raconte l’histoire, en expose la doctrine, décrit ses cérémonies, ses corps d’entraînement et ses écoles, et rassemble les textes et les poèmes offerts par ses amis. La page de source reproduit, à l’occasion du centenaire du volume, la couverture et les pages liminaires, puis les deux premières parties. Ce sont ces textes qui sont traduits ici : les trois préfaces : celle de Sun Yat-sen (孫文, 20 octobre 1919), la calligraphie d’Hu Hanmin (胡漢民) et la préface de Zhu Zhixin (朱執信, novembre 1919) ; la première partie, 言論 (« propos ») : la Grande Doctrine Jingwu (大精武主義) de Chen Tiesheng — son but, sa nature, son organisation et son histoire —, « Le véritable esprit de Jingwu » (精武之眞精神) de Chen Gongzhe, et les « Félicitations à l’Association athlétique Jingwu » (祝精武體育會) de Wu Rongxu (吳榮煦) ; la deuxième partie, 事實 (« les faits ») : l’histoire des locaux, les drapeaux, l’uniforme, les insignes, le bouclier d’honneur et sa liste de récipiendaires, les trois succursales de Shanghai, le projet de jardin public et celui du « village Jingwu ». Les parties III à VI (arts de combat, exercice militaire, lettres, arts d’agrément) et les annexes du recueil sont traduites dans d’autres articles de ce site. La table des matières complète du volume — quelque cent quarante entrées — n’a pas été reprise ici ; ses douze sections sont 言論 (les propos), 事實 (les faits), 技擊 (les arts de combat), 兵操 (l’exercice militaire), 文事 (les lettres), 游藝 (les arts d’agrément), 文苑 (les belles-lettres), 雜俎 (les miscellanées), 題贈 (les calligraphies offertes), 頌祝 (les poèmes de félicitations), 表 (les listes de membres) et 外篇 (les succursales lointaines), suivies de deux appendices, 課卷彙刊 et 補篇. ...

17 octobre 2026 · 55 min · 11642 mots