Le Longxing jian (龍形劍, « L’Épée en forme de dragon ») est un manuel complet d’escrime chinoise, rédigé par Jin Yiming (金一明, natif de Yangzhou) et publié en 1931 (20ᵉ année de la République) par la librairie Xinya (新亞書店). Jin Yiming, écrivain martial prolifique, était alors responsable de l’instruction à l’Institut provincial des arts martiaux du Jiangsu (江蘇省國術館). La méthode de l’épée en forme de dragon y est présentée comme la spécialité du maître Yan Jiyun (嚴繼藴) de Yanzhou (Shandong), surnommé « Yan la Grande Lance », transmise à Tong Wenhua (童文華) ; c’est Jin Yiming qui en composa et en publia le manuel. L’ouvrage comprend quatre préfaces, un traité général sur l’escrime, une histoire des épées célèbres, l’explication des onze caractères de la méthode (劈撩斬抹掤托鈎挂提刺扎), puis les quarante-huit postures de l’enchaînement avec leurs applications au combat. Le texte chinois, publié en 1931, est dans le domaine public.

Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.

Préface de Wu Zhi (吳序)

我國劍學。古無專書。曩余好劍。求劍術。見考工記。言桃氏為劍身莖長諸制。士以等服之。及觀大戴槽劍銘曰。帶之以為服。動必行德。行德則興。倍德則崩慨然於古人佩劍有深意焉。然考其運用之法。多限於鈔存祕本。輾轉相譌。真意寖失。劍學之淪胥也久矣。金師一明。武術文章。為海內冠嵗庚午。任本館訓育。見童師文華以劍術授吾儕。金師更為講解法理。與其心得余感其循循善誘。引人入勝。深以師承得所為幸金師前著有練功秘訣。及武當拳術。六通短打諸書風行於世近復將童師之龍形劍。編成鉅製釐然秩然闡劍術之精微。定無餘藴。圗成行將付幸梓。命余為序。余不敢辭。竊以劍術。昔尚鈔傳。非盡人所能得也。是以未能普及。今吾師不憚煩勞。繪圗註解。舉以示人。其欲起我國病夫共進於武士道也。裨益豈淺鮮哉。使人手執一編。精研而習練之。功效之著。捷於影響。余於國人有厚望焉。

Notre pays n’a, depuis l’antiquité, aucun ouvrage spécial consacré à l’art de l’épée. Jadis, j’aimais l’épée et je cherchais les techniques d’épée. Je lus le Kaogong ji (考工記, « Livre des artisans ») : il y est dit que la famille Tao (桃氏) fabriquait la lame, la soie et les diverses longueurs, et que les officiers les portaient selon leur rang. Puis, en lisant l’« Inscription de l’épée » du Daidai liji (大戴禮記), je vis : « On la porte comme vêtement ; en tout mouvement, on pratique la vertu. Qui pratique la vertu prospère ; qui la trahit s’effondre. » Je soupirai : les anciens, en portant l’épée, y mettaient une profonde intention. Cependant, si l’on examine les méthodes de maniement, elles sont pour la plupart confinées à des copies de manuscrits secrets, transmises de main en main avec des erreurs, si bien que le sens véritable s’est peu à peu perdu. Voilà bien longtemps que l’art de l’épée périclite. Le maître Jin Yiming, par ses écrits sur les arts martiaux, est le premier du pays. En l’année gengwu [1930], il fut chargé de l’instruction de notre institut. Je vis le maître Tong Wenhua enseigner l’art de l’épée à nos camarades ; le maître Jin, de surcroît, en expliquait les principes et ses vues personnelles. Je fus touché de sa pédagogie patiente qui mène au plaisir d’apprendre, et je me félicitai d’avoir trouvé un bon maître. Le maître Jin avait déjà publié les Secrets de l’entraînement (練功秘訣), la Boxe du Wudang (武當拳術) et les Coups courts des six pénétrations (六通短打), ouvrages qui eurent du succès dans le monde. Récemment, il a encore composé, à partir de l’Épée en forme de dragon du maître Tong, un grand ouvrage, clair et ordonné, qui expose les raffinements de l’art de l’épée sans rien laisser dans l’ombre. Les figures achevées, l’ouvrage va être confié à l’impression, et il m’a demandé d’écrire la préface. Je n’ai pas osé refuser. Je pense en moi-même : jadis l’art de l’épée se transmettait par copies ; tous ne pouvaient l’obtenir, aussi ne s’est-il pas répandu. Aujourd’hui mon maître, sans craindre la peine, dessine les figures et rédige les annotations, et les offre au public. N’est-ce pas vouloir relever les malades de notre pays et les faire avancer tous ensemble sur la voie du guerrier (bushidō)? Le bienfait n’est-il pas mince ! Faisons en sorte que chacun tienne un exemplaire en main, l’étudie avec soin et s’y entraîne : l’efficacité sera plus prompte que l’écho. J’ai de grandes espérances pour nos compatriotes.

Vingtième année de la République, deuxième mois du printemps — votre disciple Wu Zhi (吳治) de Huai’an, préface écrite à l’Institut normal des professeurs de l’Institut provincial des arts martiaux du Jiangsu.

Préface de Tong Wenhua (童序)

余幼時身體孱弱。垂髫入塾日出而興。抱書而往。三家村裏。日落歸來。猢猻四散。輒有好勝逞强者。以侮辱弱小之輩為能事。余受其拳足蹂躙。更不知凡幾矣。雖忍辱負痛。終不肯汪然涕泣。是亦天性使然。然不甘屈伏之心。恒思設法以挫折之惜乎多數兒童。不敢與强有刀者相抗衡。又誰為余之臂助。以作不平之鳴哉。及稍長。見村中有江湖賣技者。來使拳弄棒。觀者如堵。掌聲如雷。心焉羡之。詢之先君。先君曰。拳棒一道。用以强身。兼可避免他人之欺侮者也。余聞之。喜極欲狂。始知天壤間尚有拳棒之一種技術。能為體弱者揚眉吐氣。吾願習焉。然鄉村之中。素鮮名師。不得已。先從事於舉石担摔石鎻等粗笨之行功。雖體軀不見其强。而筋肉自知有勁。及冠。至金陵。由顧汝章師兄介紹。得列嚴師繼藴門牆。先習拳而後習刀。刀既熟而後習槍。槍亦熟而後習劍。龍形劍法。師所傳也。十九年秋。金先生一明就任江蘇省國術館訓育處職。與余朝夕相處。獲益良多先生於國術法理。知之頗深。考據源流。叙述詳細。文華願以末技微長。請其表而出之。公諸同好。班門弄斧。自不免識者之譏。或青出於藍。能收效於他日。習者勉之

Dans mon enfance, j’étais faible de corps. Enfant aux cheveux pendants, j’entrais à l’école : je me levais au lever du jour et partais, mes livres sous le bras. Dans le hameau des trois familles, je rentrais au coucher du soleil ; les petits singes se dispersaient. Il y avait toujours des querelleurs qui faisaient gloire d’humilier les faibles ; je reçus leurs poings et leurs pieds un nombre incalculable de fois. Bien que j’endure l’humiliation et la douleur, je ne consentis jamais à verser des larmes — c’était aussi ma nature. Mais mon cœur, qui ne se résignait pas, pensait sans cesse à trouver un moyen de les faire reculer. Hélas ! la plupart des enfants n’osaient pas tenir tête aux forts ; et qui aurait été mon bras pour élever cette voix d’indignation ? Quand je fus un peu plus grand, je vis arriver au village un bateleur de par le monde qui faisait montre de poings et de bâton ; les spectateurs faisaient cercle comme un mur, les applaudissements roulaient comme le tonnerre. Mon cœur les envia. J’interrogeai mon père ; mon père dit : « La voie du poing et du bâton sert à fortifier le corps et, par surcroît, à éviter les brimades d’autrui. » À ces mots, ma joie faillit me rendre fou : je compris qu’il existait entre ciel et terre une technique de poings et de bâtons capable de faire relever la tête au faible. Je voulus l’étudier. Mais dans nos campagnes, il y avait rarement de vrais maîtres. À défaut, je commençai par soulever des barres de pierre, briser des cadenas de pierre, toutes grossières besognes : si mon corps n’en paraissait pas plus fort, mes muscles, je le savais, gagnaient de la vigueur. À vingt ans, je gagnai Jinling [Nankin] ; sur la recommandation du frère aîné Gu Ruzhang, je fus admis auprès du maître Yan Jiyun. D’abord le poing, puis le sabre ; le sabre maîtrisé, la lance ; la lance maîtrisée, l’épée. La méthode de l’épée en forme de dragon est ce que le maître m’a transmis. À l’automne de la dix-neuvième année [1930], M. Jin Yiming prit ses fonctions au bureau de l’instruction de l’Institut provincial des arts martiaux du Jiangsu ; je fus avec lui du matin au soir et j’en tirai grand profit. M. Jin connaît à fond les principes des arts martiaux : il examine les sources, il narre les détails. Wenhua a souhaité lui confier mon modeste talent pour qu’il le mette en lumière et le livre aux amateurs. Agiter la hache devant la porte de Lu Ban, c’est inévitablement s’exposer aux railleries des connaisseurs ; peut-être l’indigo est-il plus bleu que la plante qui le donne — puisse cet ouvrage porter ses fruits un jour. Que les pratiquants s’y encouragent !

Vingtième année de la République, deuxième mois du printemps, dernière décade — Tong Wenhua (童文華) de Huai’an, respectueusement consigné.

Seconde préface de Tong (童序)

歐陽子曰。憂勞可以興國。逸豫足以亡身。旨哉言乎。夫天賦人以圎顱方趾。五官四肢。各有所用各司其能。不能司其所能所用。則與泥塑木偶何異。以泥塑木偶之夫。逸豫終日。而欲其保身衛國。豈可得歟。故勤則有功。嬉則無益。煅煉身體之方。是在勤勞已耳。惜乎傳書甚尠。世乏師承。尤以國術中劍術之書。幾如鳳毛麟角。不可多覯。余甚苦之。十九年秋。得肄業於省立國術師範。心滋稍慰。適宗師文華任教官兼組長職。得朝夕親炙。獲益良多。師之身手。功兼內外。其堅也如銕。其柔也如綿。刀劍槍棍諸技。各極精妙。尤以龍形劍法。精勁絕倫。欽佩既極願於年假期中。與學友吳君之棻。要求補習。得師指示。術稍益進。時金師一明。任本館訓育主任。恒著國術諸書刋行於世。童師與之謀。遂得將龍形劍術編繪成篇。公諸同好。二十年春。稿成。余忝承教澤。不揣譾陋。畧述梗槪如斯。金師繪著拳書最早民國五年。中華書局即有著述出版。虚點套圗。詳加考慮譬之國術中之立法家也。童師晨昏練功。從不稍懈。教授學友。分門別次。猶之國術中之司法家也。合二美以成斯篇。積勤勞以期興國。仍不外乎歐陽子之旨而已。凡吾同志。盍興起乎。淮陰童耀宗謹識。

Maître Ouyang [Xiu] a dit : « Le souci et le labeur peuvent faire prospérer un État ; la jouissance et le laisser-aller suffisent à perdre le corps. » Paroles profondes ! Le ciel donne à l’homme un crâne rond et des pieds carrés, cinq organes et quatre membres, chacun avec son usage, chacun gouvernant sa fonction. S’il ne gouverne ni son usage ni sa fonction, en quoi diffère-t-il d’une idole d’argile ou d’un mannequin de bois ? Un homme pareil à une idole, qui passe ses jours dans la jouissance, voudrait protéger son corps et défendre l’État : le pourrait-il ? Aussi l’effort produit des résultats, le jeu ne sert à rien. Le moyen de forger le corps, c’est le labeur, rien d’autre. Hélas ! les livres transmis sont fort rares, et le monde manque de filiations de maîtres ; surtout, parmi les arts martiaux, les livres d’épée sont presque comme cornes de phénix et cornes de licorne — introuvables. J’en souffrais fort. À l’automne de la dix-neuvième année, j’eus la chance d’étudier à l’Institut normal provincial des arts martiaux, et mon cœur en fut un peu consolé. Le maître Tong Wenhua y était instructeur et chef de groupe ; je fus auprès de lui du matin au soir et j’en tirai grand profit. Le corps et la main du maître embrassent l’interne et l’externe : dur comme le fer, souple comme le coton. Sabre, épée, lance, bâton, chaque technique est d’une finesse extrême ; surtout la méthode de l’épée en forme de dragon, dont la vigueur raffinée n’a pas d’égale. Mon admiration était à son comble ; je voulus, pendant les vacances de l’année, avec mon condisciple M. Wu Zhifen, demander des leçons supplémentaires. Grâce aux indications du maître, mon art progressa un peu. Le maître Jin Yiming, directeur de l’instruction de notre institut, publie sans cesse des livres d’arts martiaux. Le maître Tong en délibéra avec lui, et l’on put compiler et illustrer l’art de l’épée en forme de dragon, pour le livrer aux amateurs. Au printemps de la vingtième année, le manuscrit fut achevé. Moi, indigne, j’ai reçu la bienveillance de l’enseignement ; sans mesurer mon ignorance, j’en expose ici l’essentiel. Le maître Jin a composé son premier livre de boxe très tôt : dès la cinquième année de la République [1916], la Compagnie du livre Zhonghua publiait déjà ses écrits. Il pèse chaque figure, chaque schéma, y réfléchit en détail — on dirait un législateur des arts martiaux. Le maître Tong s’entraîne à l’aube et au crépuscule, sans jamais se relâcher, et enseigne ses condisciples par classes et par ordre — on dirait un magistrat des arts martiaux. Ces deux perfections réunies composent cet ouvrage ; accumuler le labeur pour faire prospérer l’État, ce n’est encore que la leçon de maître Ouyang. Camarades, pourquoi ne pas vous lever et agir ? — Tong Yaozong (童耀宗) de Huaiyin, respectueusement consigné.

Préface de l’auteur (自序)

嵗庚午。余蒙內政部長鈕公惕生。命往江蘇省國術舘。擔任訓育處職務。得遇同事童組長文華者。其人短小精悍。筋骨剛勁。視之如婦。奪之如虎。精於內外家拳術凡數十種。尤以龍形劍為其特長。恒於日落之時。練不稍輟其一呑一吐。勢若游龍。伸縮自然。光如掣電。起落似風舉雲從。蟠舞似流星繚日余見舞劍之士亦夥矣。尚未覩弄鐵如轉丸若斯之甚者。久擬為新亞書局編著劍術一書。俾與孫斌權之少林拳賈如海之風波棍。邱鳴皋之單戒刀。合之共成為四册。陳邦楨君。請余編著八仙劍。八仙劍演習者雖有其人。第余以為非少林之衣缽。且不若龍形劍動作敏捷。姿勢優美。適值年假期間。師範學員童耀宗吳治隨童君補習劍術。余遂亦費半月之光陰編著此篇使龍形劍法得與世人相見。他日對書練習。持劍遙從者。南北有徒。不僅童君與余之幸。是亦國術倡明之大幸也。用述梗槪如此。聊以當序云爾。

En l’année gengwu [1930], j’eus l’honneur d’être chargé par le ministre de l’Intérieur, M. Niu Tisheng, d’assumer les fonctions du bureau de l’instruction à l’Institut provincial des arts martiaux du Jiangsu. J’y rencontrai mon collègue, le chef de groupe Tong Wenhua : petit, sec et vigoureux, les os et les muscles durs ; à le voir, une femme ; à l’empoigner, un tigre. Il possède à fond plusieurs dizaines de techniques de boxe internes et externes, et surtout l’épée en forme de dragon, sa spécialité. Toujours au coucher du soleil il s’entraîne sans répit : un repli, un déploiement, sa prestance est celle d’un dragon nageur ; extension et contraction naturelles, éclat comme l’éclair qui jaillit ; il s’élève et retombe comme le vent qui soulève les nuages, il tournoie comme une étoile filante autour du soleil. J’ai vu beaucoup d’hommes danser l’épée ; je n’en avais pas encore vu manier le fer comme une pilule qui roule, à ce point. Depuis longtemps je projetais de composer pour la librairie Xinya un livre d’art de l’épée, qui, avec la Boxe Shaolin de Sun Binquan, le Bâton des vagues de vent de Jia Ruhai et le Sabre de garde unique de Qiu Minggao, formerait quatre volumes. M. Chen Bangzhen me demanda de composer les Huit immortels à l’épée (八仙劍) ; il s’en trouve des pratiquants, mais je jugeai que ce n’était pas le véritable héritage Shaolin, et que cela ne valait pas l’épée en forme de dragon pour la rapidité des mouvements et la beauté des postures. Justement, pendant les vacances de l’année, les élèves de l’institut normal Tong Yaozong et Wu Zhi suivirent auprès de M. Tong des leçons complémentaires d’épée ; je pris donc aussi une quinzaine de jours pour composer cet ouvrage, afin que la méthode de l’épée en forme de dragon soit vue du monde. Un jour, s’exerçant sur le livre, l’épée à la main de loin en loin, élèves au nord et au sud — ce ne sera pas seulement le bonheur de M. Tong et le mien, ce sera aussi le grand bonheur de l’éclat des arts martiaux du pays. J’en expose ici l’essentiel, en guise de préface.

Dixième jour du premier mois de la vingtième année de la République — Jin Yiming (金一明) de Yangzhou, préface au bureau de l’instruction de l’Institut provincial des arts martiaux du Jiangsu.

Traité général sur l’art de l’épée (劍術總論)

世謂槍為器械中之龍。刀為器械中之虎。劍為器械中之鳳。此言槍力尚直。刀力尚猛。劍力尚斜。以言槍法。去如箭來如線。指人頭縐人面。扎人還不見。你槍扎。我槍挐。你槍不動我槍發。只見其首。不見其尾。比之為游龍。其不宜乎。以言刀法。雙刀看走。單刀看手。刀光灼灼刀風吼吼。雖有劈山砍地之能。却無旋轉雙鋒之口。猶猛虎之不能迴頭。欠劍鋒之八面能走。譬之以猛虎。不亦宜乎。以言劍法。

Le monde dit que la lance est le dragon parmi les armes, le sabre le tigre, et l’épée le phénix. Cela veut dire que la force de la lance privilégie le droit, celle du sabre le violent, celle de l’épée l’oblique. Pour la méthode de la lance : au départ, une flèche ; à l’arrivée, un fil. Elle vise la tête de l’homme, plisse son visage, et quand elle frappe, on ne voit rien. Tu lances, je saisis ; ta lance ne bouge pas, ma lance part. On n’en voit que la tête, pas la queue. La comparer à un dragon nageur, n’est-ce pas juste ? Pour la méthode du sabre : aux deux sabres, regarde la marche ; au sabre unique, regarde la main. L’éclat du sabre étincelle, le vent du sabre rugit. Bien qu’il ait le pouvoir de fendre les montagnes et de trancher la terre, il n’a pas le tranchant double qui tourne ; c’est comme le tigre féroce qui ne peut retourner la tête, il lui manque la pointe de l’épée qui peut aller dans les huit directions. Le comparer à un tigre féroce, n’est-ce pas juste ? Pour la méthode de l’épée :

左右迴環勢莫當。 一偏一閃把身藏。 烏龍擺尾鋒芒利。 丹鳳朝陽不易防。 飄搖不定點還刺。 呑吐如綿潛復藏。 兩臂平分如展翅。 斜迴側轉意悠揚。

Tourner à gauche et à droite, une puissance qu’on ne peut arrêter ; un décalage, un éclair, et le corps se cache. Le dragon noir bat de la queue, le tranchant est acéré ; le phénix vermillon salue le soleil, difficile à parer. Flottant sans se fixer, on pointe puis l’on pique ; repli et détente comme du coton, on plonge puis l’on se cache. Les deux bras se partagent égaux, comme on déploie les ailes ; oblique, tournant de côté, l’intention se déploie avec aisance.

Cela dit que l’épée est agile et commode : elle peut alléger le corps pour voler, tourner brusquement et relever en contre, lever et piquer, se replier et se déployer ; les deux faces sont tranchantes, elle peut aller dans les huit directions, si bien qu’il est difficile de se garder d’elle. Les autres armes ne l’égalent pas. La comparer à un phénix volant, n’est-ce pas juste ? Mais alors, la nommer « méthode de l’épée du phénix volant », n’est-ce pas conforme à la réalité ? Pourquoi faut-il encore l’appeler « épée en forme de dragon » ? Sachez que la méthode de l’épée du phénix volant était jadis la technique insigne de Song Gengping (宋賡平) du Shu occidental. Song la transmit à Wu Guangpei (吳廣霈) de Gu’an, surnommé le « Daoïste à l’épée fleurie » (劍華道 人), qui, avec Wu Xuelian (吳學廉) de Qianchuan, surnommé le « Reclus à l’épée de la source » (劍泉居士), composa un livre de cette méthode, déjà publié, et beaucoup dans le monde le connaissent. Quant à la méthode de l’épée en forme de dragon, le monde n’en possède pas encore de livre spécial. Et l’épée en forme de dragon diffère réellement de l’épée du phénix volant. À parler d’épée pour épée, le phénix volant n’a que huit méthodes : frapper (砍), lever (撩), essuyer (抹), piquer (刺), retirer (抽), soulever (揭), horizontal (橫), renversé (倒). L’épée en forme de dragon a onze caractères : fendre (劈), lever (撩), trancher (斬), essuyer (抹), parer en remontant (掤), soutenir (托), crocheter (鈎), accrocher (挂), lever (提), piquer (刺), frapper de pointe (扎). Pour les méthodes du corps, elles diffèrent beaucoup du phénix volant ; pour les méthodes des pas, la différence est encore plus grande.

On examine encore les méthodes de fonte des épées. Dans l’antiquité, on fondait les épées en mêlant cuivre et fer. La tradition ancienne rapporte qu’on recueillait la pierre de Kunwu (昆吾石) pour fondre le fer et faire des épées, qui tranchaient le jade comme de la boue. Sous les Han et les Wei et après, on fondait les épées surtout avec le fer du Chu, c’est-à-dire le fer fondu des Han d’aujourd’hui. Après la forge, on en prenait l’essence et l’on en rejetait la lie ; l’essence ne s’obtient pas facilement : d’une livre de fer, l’essence n’est que de deux ou trois onces. Le travail du feu demande plus ou moins de maîtrise, et la trempe à l’eau est plus difficile encore. Le travail de la trempe, sans une longue expérience de la fonte des épées, ne peut donner le secret profond. Le secret de la quintessence réside tout entier dans la chaleur convenable au moment de la trempe à l’eau. Les anciens usaient aussi de la trempe à l’huile ; mais leurs descendants n’ont pu la mettre en pratique. Sous les Tang, les barbares du Sud allaient jusqu’à tremper dans le sang de cheval ; on ne sait quelle idée ils poursuivaient. Cai Lun (蔡倫) des Han était habile à fondre les épées ; leur dureté et leur finesse servirent de modèle aux générations suivantes. Hélas, il n’a pas laissé de livre spécial, et sa méthode n’a pas été transmise. De même, Tao Hongjing (陶宏景) des Liang, pour l’empereur Wu, fondit treize épées divines en mêlant les cinq métaux — or, argent, cuivre, étain, fer —, fabriquées selon la méthode du Traité de l’art de l’épée (劍術法) ; mais ce livre, les générations suivantes ne l’ont pas non plus transmis. La méthode des anciens pour plier le fer, hélas, n’a pas de livre spécial. Les hommes d’aujourd’hui qui font des épées ne l’emportent pas sur le fin travail des anciens. Les Occidentaux excellent à affiner l’acier, mais les épées qu’ils fondent ne savent être que dures, non souples ; elles ne valent jamais les épées antiques de la Chine, qui rendent un son clair quand on les secoue, se courbent comme un hameçon quand on les plie, se redressent droites comme une corde d’arbalète quand on les relâche, et dansent comme une bande de soie : vraiment, elles réalisent la merveille du dur et du souple. Parmi les anciens habiles à juger les épées, il y eut Jun Da (君大) : les Nouveaux entretiens de Huanzi (桓子新論) disent que Jun Da connaissait parfaitement les noms des dix mille épées ; toute épée, il la reconnaissait de loin, sans même la prendre en main pour l’examiner. « Le monde n’a un Bole qu’ensuite viennent les chevaux de mille li. » Le monde n’a pas son Jun Da, aussi les épées de Wu et de Yue ne reparaissent-elles plus au monde. Même s’il existe des Ganjiang et des Moye, abandonnés dans la poussière, qui donc les regarderait comme des Ganjiang et des Moye ? Hélas ! Tout est fini.

Les Registres des sabres et des épées de Tao Hongjing des Liang (梁陶宏景刀劍 錄) consignent en détail les années, les mensurations et les inscriptions cursives des épées, et fournissent aux générations suivantes plus d’un matériau d’étude. Hélas, ceux qui ont suivi Tao sont rares. J’en extrais ici, en résumé, les origines de l’épée.

Origines de l’art de l’épée (劍術源流)

劍之源流。其最初者。管子謂葛天盧之山。發而出金。蚩尤受而制之。以為劍。似為劍之鼻祖。其後歐冶鑄劍。赤董之山。破而出錫。若耶之溪。涸而出銅。是時天地為爐。陰陽為炭。太乙下觀。鑄劍有五。一曰湛盧。二曰純鈎。三曰勝邪。四曰魚腸。五曰巨闕。劍之相傳。源流已久。古之君子。佩劍之意。劍者檢也。所以防檢非常也。有文事者必有武備。旣以衛身。兼有莊嚴高尚之旨趣已耳。故古時定有制度。考工記載。劍古兵器名。兩刄而有脊。自脊至刄謂之臘。或謂之鍔。脊刄以下與柄分隔者謂之首。首以下把握之處曰莖。莖端施環曰鐔。此亦足證古代劍式與近代劍式。名稱均有不同之處矣。周官桃氏為臘。廣二寸有半。(臘劍身)兩從半之。(從劍刄)以其臘廣為之。莖圍長倍之。(莖劍柄)中其莖。設其後。身長五。其莖長重九鋝。(按周禮六兩半為一鋝古權三當今之一)謂之上制。上士服之。身長四。其莖長重七鋝。謂之中制。中士服之。身長三。其莖重五鋝。謂之下制。下士服之。此為劍之最古制度。天子二十而冠帶劍。諸侯三十而冠帶劍。大夫四十而冠帶劍。隸人不得冠。庻人有事得帶劍。無事不得帶劍。亦均可考者也。秦代朝儀。臣不得帶劍入朝。漢代朝儀。臣得帶劍。但至殿階則解劍。下替晉代。始代之以木。貴者用玉首。賤者用蚌金銀玳瑁為雕飾。自此以後。佩劍之風。與飛鳳各異。一以輕便閃讓為主一以迴環伸屈為主。同舞一劍。而其舞法不同。同為一劍。而其戰術各異。其相同之處。總宜短兵應長用。短見長。不用忙。忙則為他所擊中。待他兵刄近我身旁。既不躱閃。亦不招架。立即提劍進擊。其劍雖短。偏身進步。一進四尺。手長二尺。劍長三尺。一進一退。一丈有餘。彼槍雖長能奈我何。况乎龍形劍尚有盤龍步。迴身劍之巧妙。則練精而後。以短勝長一進長兵之門。長兵失效。視刀槍如無物。等棍棒如弁髦。加之縱跳之能。進退之法。雖千萬人吾往也。亦目無全牛。游刄而有餘矣。龍形劍法。可不傳乎。

Pour les origines de l’épée, le plus ancien : le Guanzi (管子) dit que la montagne de Getianlu (葛天盧之山) se fendit et produisit du métal ; Chiyou (蚩尤) le reçut et en fabriqua des épées — il semble être l’ancêtre de l’épée. Ensuite Ouye (歐冶) fondit des épées : la montagne de Chidong, brisée, produisit l’étain ; le ruisseau de Ruoye, asséché, produisit le cuivre. En ce temps, le ciel et la terre servaient de fourneau, le yin et le yang de charbon, et le Grand Un (太乙) descendit pour regarder. Il fondit cinq épées : la première nommée Zhanlu (湛盧), la deuxième Chungou (純鈎), la troisième Shengxie (勝邪), la quatrième Yuchang (魚腸), la cinquième Juque (巨闕). La transmission de l’épée a donc une origine ancienne. Les gentilshommes de l’antiquité portaient l’épée dans une intention : l’épée, c’est l’inspection (劍者檢也) — elle sert à se prémunir contre l’imprévu. À toute affaire civile doit répondre une préparation militaire. Elle protège le corps, et porte en outre une noble et haute signification. Aussi l’antiquité établit-elle des règles : le Kaogong ji rapporte que l’épée est une arme ancienne, à deux tranchants avec une arête centrale ; de l’arête au tranchant, on l’appelle la (臘), ou e (鍔) ; la partie qui, sous l’arête et le tranchant, sépare de la poignée s’appelle la tête (shou, 首) ; au-dessous de la tête, l’endroit que l’on saisit s’appelle la soie (jing, 莖) ; à l’extrémité de la soie, on pose un anneau appelé tan (鐔). Cela prouve assez que les formes de l’épée antique et de l’épée moderne diffèrent jusque dans les noms. Le Zhou guan (周官) : la famille Tao (桃氏) faisait la lame, large de deux pouces et demi (la lame, 臘) ; les deux côtés en font la moitié (les tranchants, 從) ; on prenait la largeur de la lame pour la circonférence de la soie, et la longueur en faisait le double (la soie, la poignée) ; on centrait la soie et l’on fixait l’extrémité. Lame longue de cinq [pieds ?], soie longue, pesant neuf lüe (鋝 ; selon le Zhou li, six onces et demie font un lüe, et trois poids anciens valent un poids actuel) : c’est la mesure supérieure, portée par les officiers supérieurs. Lame longue de quatre, soie pesant sept lüe : c’est la mesure moyenne, portée par les officiers moyens. Lame longue de trois, soie pesant cinq lüe : c’est la mesure inférieure, portée par les officiers subalternes. Voilà la règle la plus ancienne de l’épée. Le Fils du Ciel, à vingt ans, prenait le bonnet et portait l’épée ; les feudataires à trente ans ; les grands officiers à quarante. Les serviteurs ne pouvaient prendre le bonnet ; le peuple, s’il avait une charge, pouvait porter l’épée, sinon non. Tout cela se peut vérifier. Sous les Qin, le cérémonial de cour interdisait aux ministres d’entrer à la cour avec l’épée. Sous les Han, ils pouvaient la porter, mais devaient la déposer au pied des degrés du palais. En descendant vers les Jin, on la remplaça par des épées de bois ; les nobles en avaient la tête de jade, les humbles se paraient de nacre, d’or, d’argent et d’écaille de tortue. Depuis lors, la coutume de porter l’épée [a décliné].

L’épée en forme de dragon et le phénix volant diffèrent en tout : l’une privilégie la légèreté, l’esquive et la cession ; l’autre le retournement et l’extension-contraction. On danse la même épée, mais la danse diffère ; c’est la même épée, mais la tactique diffère. Ce qu’elles ont de commun, c’est qu’en somme, une arme courte doit s’employer contre une arme longue. Le court voit le long : point de hâte ; la hâte, et l’on est frappé par lui. Attends que son arme approche de ton corps : sans esquiver ni parer, lève aussitôt l’épée et attaque. Ton épée, bien que courte, penche le corps et avance d’un pas : un pas gagne quatre pieds ; le bras a deux pieds, l’épée trois pieds. Une avance, une retraite, c’est plus d’une toise. Sa lance, si longue soit-elle, que peut-elle contre moi ? Qui plus est, l’épée en forme de dragon possède encore le pas du dragon enroulé (盤龍步) et la merveille de l’épée qui retourne le corps (迴身 劍) : une fois l’entraînement affiné, le court bat le long — on entre dans la porte de l’arme longue, et l’arme longue perd son efficacité ; on regarde sabres et lances comme inexistants, bâtons et masses comme des bonnets d’enfant. Ajoute le pouvoir de bondir et les méthodes d’avance et de retraite : « même face à des milliers et des dizaines de milliers d’hommes, j’y vais ». On ne voit plus le bœuf entier, et la lame circule avec du jeu de reste. La méthode de l’épée en forme de dragon, comment ne pas la transmettre ?

夏禹子帝啟。在位十年。以庚戌八年鑄一銅劍。長三尺九寸。後藏之秦望山。腹上刻二十八宿。文有背面。面文為星辰。背記山川日月。(按五金以銅出為最早)

Di Qi (帝啟), fils de Yu le Grand des Xia : dix ans de règne ; en la huitième année, année gengxu, il fondit une épée de cuivre, longue de trois pieds neuf pouces, cachée ensuite au mont Qinwang. Sur le ventre [de la lame] étaient gravées les vingt-huit constellations ; l’inscription a un recto et un verso : l’avers figure les astres, le revers note montagnes, fleuves, soleil et lune (des cinq métaux, le cuivre est le plus anciennement extrait).

啟太子康。在位二十九年。嵗在辛卯。三月春。鑄一銅劍。上有八方面。長三尺二寸。頭方。

Kang (康), prince héritier de Qi : vingt-neuf ans de règne ; en l’année xinmao, au troisième mois du printemps, il fondit une épée de cuivre à huit faces, longue de trois pieds deux pouces, à tête carrée.

孔甲在位三十一年。以九年嵗次甲辰。採牛首山鐵。鑄一劍。銘曰夾。古文篆書。長四尺一寸。

Kong Jia (孔甲) : trente et un ans de règne ; en la neuvième année, année jiachen, il recueillit le fer du mont Niushou, fondit une épée, portant l’inscription « Jia » (夾) en grands caractères sigillaires anciens, longue de quatre pieds un pouce.

殷太甲在位三十二年。以四年嵗次甲子。鑄一劍。長二尺。文曰定光。古文篆書。

Tai Jia (太甲) des Yin : trente-deux ans de règne ; en la quatrième année, année jiazi, il fondit une épée, longue de deux pieds, portant l’inscription « Dingguang » (定光) en grands caractères sigillaires anciens.

武丁在位五十九年。以元年嵗次戊午。鑄一劍。長三尺。銘曰照膽。古文篆書。

Wu Ding (武丁) : cinquante-neuf ans de règne ; en la première année, année wuwu, il fondit une épée, longue de trois pieds, portant l’inscription « Zhaodan » (照膽) en grands caractères sigillaires anciens.

周昭王瑕。在位五十一年。以二年嵗次壬午。鑄五劍。各投五嶽。銘曰鎮嶽。尚方。古文篆書。長五尺。

Le roi Zhao (昭王) des Zhou, Xia : cinquante et un ans de règne ; en la deuxième année, année renwu, il fondit cinq épées et les jeta chacune dans l’une des Cinq Montagnes sacrées, portant l’inscription « Zhenyue » (鎮嶽) et « Shangfang » (尚方) en grands caractères sigillaires anciens, longues de cinq pieds.

簡王夷。在位十四年。以元年嵗次癸酉。鑄一劍。長三尺。銘曰駿。大篆書。

Le roi Jian (簡王), Yi : quatorze ans de règne ; en la première année, année guichou, il fondit une épée, longue de trois pieds, portant l’inscription « Jun » (駿) en grands caractères sigillaires.

秦昭王稷。在位五十二年。以元年嵗次丙午。鑄一劍。長三尺。銘曰誡。大篆書。

Le roi Zhao (昭王) des Qin, Ji : cinquante-deux ans de règne ; en la première année, année bingwu, il fondit une épée, longue de trois pieds, portant l’inscription « Jie » (誡) en grands caractères sigillaires.

秦始皇在位三十七年。以三年嵗次丁巳。採北祗銅。鑄二劍銘曰定秦。大篆書。李斯刻。埋在阿房宫閣下。一在觀臺下。長三尺六寸。

Le premier empereur des Qin (秦始皇) : trente-sept ans de règne ; en la troisième année, année dingsi, il recueillit le cuivre de Beizhi, fondit deux épées portant l’inscription « Ding Qin » (定秦) en grands caractères sigillaires, gravées par Li Si (李斯) ; l’une fut enfouie sous la galerie du palais d’Efang, l’autre sous la terrasse d’observation ; longues de trois pieds six pouces.

前漢劉季。在位十二年。以始皇三十四年。於南山得一鐵劍。長三尺。銘曰赤霄。大篆書。常服之。此即斬蛇劍也。

Liu Ji (劉季) des Han antérieurs : douze ans de règne ; en la trente-quatrième année du premier empereur, il obtint au mont du Sud une épée de fer, longue de trois pieds, portant l’inscription « Chixiao » (赤霄) en grands caractères sigillaires ; il la portait toujours. C’est l’épée qui trancha le serpent.

文帝恒。在位二十三年。以初元十六年嵗次庚午。鑄三劍。長三尺六寸。銘曰神龜。多刻龜形。故云

L’empereur Wen (文帝), Heng : vingt-trois ans de règne ; en la seizième année de chuyuan, année gengwu, il fondit trois épées, longues de trois pieds six pouces, portant l’inscription « Shengui » (神龜) ; on y grava surtout des figures de tortues, d’où le nom.

武帝徹。在位五十四年。以元光五年嵗次乙巳。鑄八劍。長三尺六寸。銘曰八服。小篆書嵩恒霍華太山五嶽皆埋之。

L’empereur Wu (武帝), Che : cinquante-quatre ans de règne ; en la cinquième année de yuanguang, année yisi, il fondit huit épées, longues de trois pieds six pouces, portant l’inscription « Bafu » (八服) en petits caractères sigillaires ; il les enfouit toutes dans les Cinq Montagnes — Song, Heng, Huo, Hua et Tai.

宣帝詢。在位二十五年。以本始四年鑄二劍。長三尺。一曰毛。二曰貴。以足下有毛。故為之皆小篆書

L’empereur Xuan (宣帝), Xun : vingt-cinq ans de règne ; en la quatrième année de benshi, il fondit deux épées, longues de trois pieds : l’une dite « Mao » (毛), l’autre « Gui » (貴), ainsi nommées parce qu’il avait du poil sous les pieds ; toutes deux en petits caractères sigillaires.

漢光武秀。在位三十三年。未貴時。在南陽鄂山得一劍。文曰秀霸。小篆書。帝常服之。

Guangwu (光武) des Han, Xiu : trente-trois ans de règne ; avant de devenir illustre, il obtint au mont E, à Nanyang, une épée portant l’inscription « Xiuba » (秀霸) en petits caractères sigillaires ; l’empereur la portait toujours.

明帝莊。在位十八年。以永平元年嵗次戊午。鑄一劍。上作龍形。沉之於洛水中。水清時常有見之者。咸以龍形劍名之。

L’empereur Ming (明帝), Zhuang : dix-huit ans de règne ; en la première année de yongping, année wuwu, il fondit une épée dont le dessus figurait un dragon, et la plongea dans les eaux de la rivière Luo ; quand l’eau est claire, on la voit souvent, et tous l’appellent l’épée en forme de dragon.

順帝保。在位十九年。以永建元年鑄一劍。長三尺四寸。銘曰安漢。小篆書後改年號。

L’empereur Shun (順帝), Bao : dix-neuf ans de règne ; en la première année de yongjian, il fondit une épée, longue de trois pieds quatre pouces, portant l’inscription « An Han » (安漢) en petits caractères sigillaires ; le nom de l’ère fut ensuite changé.

靈帝安。在位二十二年。以建寧三年鑄四劍。文曰中興。一劍無故自失。並小篆書。

L’empereur Ling (靈帝) : vingt-deux ans de règne ; en la troisième année de jianning, il fondit quatre épées, portant l’inscription « Zhongxing » (中興) ; l’une d’elles disparut d’elle-même sans raison ; toutes en petits caractères sigillaires.

魏武帝曹操。以建安二十年。於幽谷得一劍。長三尺六寸上有金字。銘曰孟德王常服之

L’empereur Wu des Wei, Cao Cao (曹操) : en la vingtième année de jian’an, il obtint dans une vallée profonde une épée, longue de trois pieds six pouces, avec des caractères d’or, portant l’inscription « Mengde » (孟德) ; le roi la portait toujours.

蜀主劉備。以章武元年。嵗次辛丑。採金牛山鐵。鑄八劍各長三尺六寸。一帝自服一與太子禪一與梁王理。一與魯王永。一與諸葛亮。一與闗羽。一與張飛。一與趙雲

Le souverain du Shu, Liu Bei (劉備) : en la première année de zhangwu, année xinchou, il recueillit le fer du mont Jinniu et fondit huit épées, chacune longue de trois pieds six pouces : l’une portée par l’empereur lui-même, une donnée au prince héritier Shan, une au roi de Liang, Li, une au roi de Lu, Yong, une à Zhuge Liang (諸葛亮), une à Guan Yu (關羽), une à Zhang Fei (張飛), une à Zhao Yun (趙雲).

後主禪。廷熙二年。造一大劍。長一丈二尺。鎮劍口山往往人見光輝。後人求之不獲。

Le souverain postérieur, Shan (後主禪) : en la deuxième année de yanxi, il fit une grande épée, longue d’une toise deux pieds, pour garder la montagne de Jiankou ; souvent les hommes en voyaient l’éclat ; les générations suivantes la cherchèrent sans la trouver.

吳王孫權。以黃武五年。採武昌銅鐵。作千口劍。各長三尺九寸皆是南銅越炭作之。文曰大吳。小篆書又赤鳥年中。有人得淮陰侯韓信劍。帝以賜周瑜。

Le roi de Wu, Sun Quan (孫權) : en la cinquième année de huangwu, il recueillit le cuivre et le fer de Wuchang et fit mille épées, chacune longue de trois pieds neuf pouces, toutes faites de cuivre du Sud et de charbon de Yue, portant l’inscription « Da Wu » (大吳) en petits caractères sigillaires. Sous l’ère chiwu, quelqu’un obtint l’épée de Han Xin (韓信), marquis de Huaiyin, et l’empereur la donna à Zhou Yu (周瑜).

孫亮以建興二年鑄一劍。文曰流光。小篆書

Sun Liang (孫亮) : en la deuxième année de jianxing, il fondit une épée, portant l’inscription « Liuguang » (流光) en petits caractères sigillaires.

孫皓以建衡元年鑄一劍。文曰皇帝吳王。小篆書

Sun Hao (孫皓) : en la première année de jianheng, il fondit une épée, portant l’inscription « Empereur, roi de Wu » (皇帝吳王) en petits caractères sigillaires.

晉懷帝熾。以永嘉元年造一劍。長五尺銘曰步光。小篆書

L’empereur Huai des Jin (晉懷帝), Chi : en la première année de yongjia, il fit une épée, longue de cinq pieds, portant l’inscription « Buguang » (步光) en petits caractères sigillaires.

穆帝聃。以永和五年於房山造五口劍。銘曰五方單符。隸書。

L’empereur Mu (穆帝), Dan : en la cinquième année de yonghe, il fit au mont Fang cinq épées, portant l’inscription « Wufang danfu » (五方單符) en écriture des scribes.

孝武帝昌明。以大元元年。於華山頂埋一劍。銘曰神劍。隸書

L’empereur Xiaowu (孝武帝), Changming : en la première année de dayuan, il enfouit au sommet du mont Hua une épée, portant l’inscription « épée divine » (神劍) en écriture des scribes.

梁武帝蕭衍。以天監二年即位。至普通中。嵗在庚子。命陶宏景造神劍十三口。用金銀銅錫銕五色合為之。長短各依劍術法。文曰服之者。永治四方。並小篆書。此外如吳越春秋。及越絕書中。載吳王闔閭。使干將鑄劍。及越薛燭相劍二事。世人多有知者。姑不贅述。

L’empereur Wu des Liang (梁武帝), Xiao Yan : monté sur le trône en la deuxième année de tianjian ; sous l’ère putong, en l’année gengzi, il ordonna à Tao Hongjing de faire treize épées divines, en mêlant les cinq couleurs — or, argent, cuivre, étain, fer ; les longueurs suivent chacune le Traité de l’art de l’épée ; elles portent l’inscription : « Celui qui les porte gouvernera à jamais les quatre directions », en petits caractères sigillaires. D’autre part, les Printemps et automnes de Wu et Yue (吳越春秋) et le Livre de l’absolu de Yue (越絕書) rapportent que le roi Helü de Wu fit fondre une épée par Ganjiang, et l’expertise des épées par Xue Zhu (薛燭) de Yue — deux affaires que le monde connaît bien ; je n’ai pas besoin d’en dire davantage.

L’origine de l’épée en forme de dragon (龍形劍之來源)

龍形劍術。為山東兖州嚴繼藴師之絕技。嚴師世代以武術得名。至師練劍尤精。兼使大槍。故世人多以嚴大槍呼之。師亦樂人稱道。民國十二年南來。任江蘇省財政廰技擊教師。時年已六十又八。精神矍鑠。望之如四十許人。晨起練劍。午後扎槍。未嘗一日稍離。時童君文華聞師在金陵。負笈往謁。師見其短小精悍。筋骨堅實。固樂收之。因欲試其膽。怒目叱之不懼。欲騐其氣。以勢凌之不動。遂收為徒。童君字國璋。江蘇淮安城南附馬營人。幼而好弄。長負奇氣。喜馳馬試劍。平人不平。譽之毁之。君弗顧也。從嚴師習龍形劍時。年二十二。待嚴囘魯遂與同門顧汝章互相砥礪。顧君阜甯人。練掌有功。能用指錐穿磚瓦行路時常掌猛擊磚牆。掌不傷而牆或有損其掌工之堅硬。於此可知又能銕板橋。首足高擱。腹上置五百觔大石。石上再上五人。其中四人。背脊相靠。雙肘相絞。坐擔胸腹。其另一人。躍立肩上。顧君之內功。於此更可知矣。他如各種武器。幾無一不精。十七年。中央國術舘舉行第一次國術考試。顧君獲最優等獎章故其劍術工夫。加人一等。自非常人之所能及。童君亦自言實得君之益不少。後鈕公惕生在甯組織江蘇省國術分舘。開辦第一期師範研究所。童君欣往就學。術成卒業。迨至省府遷鎮。開辦師範講習所。招集現任公安水警人員來舘練習由副舘長孫祿堂先生聘君為國術教官兼訓育處組長職。余至訓育處得君之臂助良多。君天資聰慧。於國術法門。一見即能記憶不忘。除龍形劍外如提攔槍。抹眉刀。五虎尋羊棍。盤龍棍春秋刀梅花雙刀。張飛矛。月牙鏟。六合大槍提鑪劍。三才劍護手鈎雪片刀。少林闖拳。提鑪拳少林長拳。梅花拳四路查拳。六路短打。形意太極八卦等。均無不熟極而流。其中除嚴師所授拳刀槍劍而外。據童君云。有為吳沁泉老師所傳者。有為金佳福老師所傳者。金佳福老先生金陵人。為本舘少林門門長。現年七十九嵗。民國十九年終。中央國術舘舘長張之江先生。任江蘇省綏靖督辦來省。金老先生於歡迎表演時。尤舞數十斤之大刀。行走如飛。亦深得國術中三昧者也。

L’art de l’épée en forme de dragon est la technique insigne du maître Yan Jiyun (嚴繼藴) de Yanzhou, au Shandong. La famille du maître Yan s’était illustrée par les arts martiaux de génération en génération ; le maître, quant à lui, pratiquait l’épée avec un art particulier, et maniait aussi la grande lance, si bien que le monde l’appelait volontiers « Yan la Grande Lance » (嚴大 槍), et le maître se plaisait à cette réputation. En la douzième année de la République [1923], il vint dans le Sud, et fut professeur de combat au bureau des Finances de la province du Jiangsu. Il avait alors soixante-huit ans, l’esprit ardent ; à le voir, on lui eût donné quarante ans. Il pratiquait l’épée au lever du jour, frappait de la lance l’après-midi, sans jamais s’en écarter d’un seul jour. Alors M. Tong Wenhua, apprenant que le maître était à Jinling, prit son baluchon et alla le saluer. Le maître, voyant qu’il était petit, sec et vigoureux, les os et les muscles fermes, se réjouit de le recevoir ; mais, voulant éprouver son courage, il le fixa d’un regard furieux en le gourmandant : l’autre ne s’effraya point. Il voulut sonder son souffle : il le domina de toute sa prestance : l’autre ne bougea point. Il le reçut donc comme disciple. M. Tong, de nom social Guozhang (國璋), était du camp de Fuma, au sud de la ville de Huai’an, au Jiangsu. Enfant, il aimait le jeu ; en grandissant, il eut un caractère hors du commun ; il aimait galoper à cheval et essayer l’épée. Qu’on le louât ou qu’on le décriât, il n’en avait cure. Il avait vingt-deux ans quand il apprit du maître Yan l’épée en forme de dragon. Quand Yan rentra au Shandong, il s’exerça avec son condisciple Gu Ruzhang (顧汝章), s’aiguisant mutuellement. M. Gu, natif de Funing, avait fait des progrès dans la paume : il pouvait percer briques et tuiles du doigt en poinçon ; en marchant, il frappait souvent les murs de brique à pleine paume : la paume ne s’abîmait pas, mais le mur parfois s’endommageait. On voit par là la dureté de son travail de la paume. Il savait encore le pont de fer (鐵板橋) : tête et pieds haut posés, on plaçait sur son ventre une grande pierre de cinq cents livres, et sur la pierre montaient encore cinq hommes : quatre d’entre eux, dos contre dos, coudes entrelacés, s’asseyaient sur sa poitrine et son ventre, et le cinquième sautait pour se tenir debout sur leurs épaules. On voit par là mieux encore le travail interne de M. Gu. Pour toutes les autres armes, il n’en était presque aucune qu’il ne possédât à fond. En la dix-septième année [1928], l’Institut central des arts martiaux tint son premier examen d’arts martiaux, et M. Gu y obtint la récompense de la classe la plus haute ; aussi son travail de l’épée, d’un degré au-dessus des autres, n’était-il pas de ceux que le commun peut atteindre. M. Tong lui-même disait avoir tiré de lui plus d’un profit. Ensuite M. Niu Tisheng organisa à Nankin la section provinciale du Jiangsu et ouvrit le premier institut de recherche pédagogique ; M. Tong y alla étudier avec joie, acheva ses études et fut diplômé. Quand le gouvernement provincial eut déménagé à Zhenjiang et ouvert l’institut normal, qui convoquait les personnels de police et de police fluviale en fonction pour s’y entraîner, le vice-directeur M. Sun Lutang (孫祿堂) engagea M. Tong comme instructeur d’arts martiaux et chef de groupe au bureau de l’instruction. Quand j’arrivai au bureau de l’instruction, je reçus de lui une aide considérable. M. Tong est d’une intelligence remarquable : dans les méthodes des arts martiaux, un coup d’œil lui suffit pour se souvenir sans oublier. Outre l’épée en forme de dragon : la lance tilan (提攔槍), le sabre meimei (抹眉刀), le bâton « cinq tigres cherchent la brebis » (五虎尋羊棍), le bâton du dragon enroulé (盤龍棍), le sabre des Printemps et Automnes (春秋刀), les sabres doubles de la fleur de prunier (梅花雙刀), la lance de Zhang Fei (張飛矛), la bêche du croissant de lune (月牙鏟), la grande lance des six harmonies (六合大槍), l’épée tilu (提鑪劍), l’épée des trois puissances (三才劍), les crochets à garde-main (護手鈎), le sabre flocon de neige (雪片刀), la boxe d’assaut Shaolin (少林闖拳), la boxe tilu (提鑪拳), la boxe longue Shaolin (少林長拳), la boxe de la fleur de prunier (梅花拳), la boxe Cha en quatre routes (四路查拳), les coups courts en six routes (六路短打), le xingyi, le taiji, le bagua, etc. — tout cela, il le possède avec une aisance accomplie. Parmi ces arts, outre les poings, sabres, lances et épées transmis par le maître Yan, il y en a, selon M. Tong, qui lui viennent du vieux maître Wu Qinquan (吳沁泉), et d’autres du vieux maître Jin Jiafu (金佳福). Le vieux M. Jin Jiafu, natif de Jinling, est le chef de la porte Shaolin de notre institut ; il a aujourd’hui soixante-dix-neuf ans. À la fin de la dix-neuvième année de la République [1930], M. Zhang Zhijiang (張之江), directeur de l’Institut central des arts martiaux, vint dans la province comme commissaire à la pacification du Jiangsu ; à la démonstration de bienvenue, le vieux M. Jin dansa surtout un grand sabre de plusieurs dizaines de livres, marchant comme s’il volait : lui aussi a profondément pénétré le secret des arts martiaux.

Le nom de l’épée en forme de dragon (龍形劍之名稱)

龍形劍之命名。並因其劍身形狀與他劍有特異之處。亦非如漢明所鑄之劍上作龍形。因而定名。其所以以龍形為名者。不在劍身之形狀。而在舞劍之姿勢。姿勢如鳳舞。則名之為飛鳳可也。姿勢如龍蟠。則名之為龍形可也。此仍係指全路劍法而言。若其中各箇姿勢。有與他種動作相似者。則再用各箇動作姿勢之名稱以分別之。龍形劍命名之義如此。茲再將龍形劍各部之名稱及其重量。繪圗述之如下。

Le nom d’« épée en forme de dragon » ne vient pas de ce que la forme de la lame différerait des autres épées, ni de ce que, comme l’épée fondue par l’empereur Ming des Han, le dessus figurerait un dragon. Si on l’appelle « forme de dragon », ce n’est pas la forme de la lame qui compte, mais la posture de la danse : si les postures dansent comme un phénix, on peut l’appeler phénix volant ; si elles s’enroulent comme un dragon, on peut l’appeler forme de dragon. Cela concerne la méthode de tout l’enchaînement ; si certaines postures ressemblent à d’autres mouvements, on emploie alors le nom de ces mouvements pour les distinguer. Tel est le sens du nom de l’épée en forme de dragon. J’en donne maintenant les parties avec leurs noms et leurs poids, illustrés ci-dessous.

(一)為劍鐓。(二)為劍柄。(三)為護手(四)為劍身。(五)為劍鋒。(七)全身。長約二尺八寸三分。(八)劍鐓。長約一寸八分。寬一寸六分。厚六分(九)劍柄。長三寸六分。寬一寸二分。厚九分。(十)護手。長約一寸一分。寬二寸六分。厚七分。其兩耳每耳長約一寸五分。(十一)劍身。長約二尺一寸八分。寬約一寸一分。(十二)劍鋒。約七分寬。

(1) le pommeau (劍鐓) ; (2) la poignée (劍柄) ; (3) la garde (護手) ; (4) la lame (劍身) ; (5) la pointe (劍鋒). (7) L’épée entière : environ deux pieds huit pouces trois lignes. (8) Le pommeau : environ un pouce huit lignes de long, un pouce six lignes de large, six lignes d’épaisseur. (9) La poignée : trois pouces six lignes de long, un pouce deux lignes de large, neuf lignes d’épaisseur. (10) La garde : environ un pouce une ligne de long, deux pouces six lignes de large, sept lignes d’épaisseur ; ses deux oreilles, chacune d’environ un pouce cinq lignes. (11) La lame : environ deux pieds un pouce huit lignes de long, environ un pouce une ligne de large. (12) La pointe : environ sept lignes de large.

Les méthodes de l’épée en forme de dragon (龍形劍之劍法)

前漢書卷三十。藝文志第十。載劍道三十八篇。手搏六篇。蹵鞠二十五篇。右兵技巧十三家。百九十九篇技巧者。習手足。便器械。積機闗。以立攻守之勝者也。但顏師古僅删其要。而略記其篇數。亦因年代久遠。無以詳知故也。他如逢門射法二篇。蒲沮子弋法四篇。均不可考矣。由此可知吾國國術之書籍。失傳已久。固不僅劍道一種已也。然師弟相承。流傳迄今者。亦屬有人。如紀效新書末篇中之劍經。猶有圗說註解。雖吾國絕技。傳而不全。於斯可見一斑。惟彼時之所謂劍術者。係包括刀槍箭棍各種短兵器械而言。不必專指劍法而論。所謂劍法者何。盖依其當然之理。就其必然之勢。而定其來去之方。分其上下之意。是謂之法。古之劍法有與今法不同者。古之劍端有環。可繫之以繩。近則刺。遠則擲後世之劍有長至五六尺者。多雙手把握以舞之。其所舞之法。僅格洗擊刺四字雖屬簡陋不詳。然後世短劍之砍撩摸刺抽提橫倒八法。亦由此四字中化出由四字而八字而十三字而二十四劍。推而至四十四或八十八以至一百七十六劍。均能變化自如。隨心所欲故法不求多。貴在得法能練。得法不難。難在練而能用。世有讀破萬卷書。而不能冩一信柬者。比比皆是也。近今練劍之宗旨。原不在練而能用。祇求靈活身腰。冀强國强種之功效而已。但不練則已。既然練劍。仍宜揣其攻守之意。進退之方。兵可百年不用。不可一日無備。劍法可終身不用。今既練習。則不可不知。茲將龍形劍法之十一字分述如下。

Le Hanshu (前漢書), chapitre trentième, Traité des arts et lettres (藝文 志), dixième section, consigne trente-huit chapitres sur la Voie de l’épée (劍道), six chapitres sur le combat à mains nues (手搏), vingt-cinq chapitres sur le jeu de balle (蹵鞠) ; à droite : les habiles dans les armes, treize écoles, cent quatre-vingt-dix-neuf chapitres. Les « habiles » sont ceux qui exercent mains et pieds, manient les armes, accumulent les artifices, pour établir la victoire en attaque et en défense. Mais Yan Shigu (顏師古) n’en a retenu que l’essentiel, notant seulement le nombre des chapitres, faute de pouvoir en savoir davantage, tant les temps sont anciens. D’autres, comme les deux chapitres de la méthode de tir de Fengmen (逢門射法) et les quatre chapitres de la méthode de tir au fil de Puzu (蒲沮子弋法), ne se peuvent plus vérifier. On voit par là que les livres d’arts martiaux de notre pays se sont perdus depuis longtemps, et pas seulement la Voie de l’épée. Mais la transmission de maître à disciple, qui se poursuit jusqu’à nous, a bien ses hommes : ainsi le Classique de l’épée (劍經), au dernier chapitre des Nouveaux livres de la discipline efficace (紀效新書), a conservé figures et annotations. Bien que les techniques insigne de notre pays soient transmises incomplètement, on en voit ici un échantillon. Seulement, ce qu’on appelait alors l’art de l’épée englobait sabres, lances, flèches, bâtons et toutes les armes courtes ; il ne désignait pas spécialement la méthode de l’épée. Qu’appelle-t-on donc méthode de l’épée ? Suivant la raison de ce qui doit être, selon la tendance de ce qui est inévitable, fixer la direction de l’allée et de la venue, distinguer l’intention du haut et du bas : voilà ce qu’on appelle la méthode. Les méthodes d’épée antiques diffèrent des méthodes d’aujourd’hui : l’épée antique avait à sa pointe un anneau auquel on attachait une corde ; de près, on piquait ; de loin, on lançait. Chez les générations postérieures, des épées longues de cinq ou six pieds, qu’on dansait le plus souvent à deux mains ; leur méthode ne comportait que quatre caractères — parer (格), laver (洗), frapper (擊), piquer (刺) — simples et incomplètes. Mais les huit méthodes de l’épée courte des générations postérieures — frapper (砍), lever (撩), essuyer (摸), piquer (刺), retirer (抽), soulever (提), horizontal (橫), renversé (倒) — sont issues de ces quatre caractères. De quatre caractères à huit, à treize, aux vingt-quatre épées, puis aux quarante-quatre, aux quatre-vingt-huit, jusqu’aux cent soixante-seize épées : tout peut se transformer librement, comme le cœur le désire. Aussi la méthode ne demande-t-elle pas la quantité : ce qui importe, c’est d’obtenir la méthode et de savoir s’entraîner. Obtenir la méthode n’est pas difficile ; le difficile, c’est de s’entraîner et de savoir s’en servir. Il y a des hommes qui ont lu et épuisé dix mille volumes et ne savent pas écrire une lettre : on en trouve partout. Aujourd’hui, le but de la pratique de l’épée n’est pas à l’origine de savoir s’en servir : on ne cherche qu’à assouplir le corps et la taille, dans l’espoir des effets de la vigueur de la nation et de la race. Mais si l’on ne s’entraîne pas, soit ; puisque l’on s’entraîne à l’épée, il faut encore méditer le sens de l’attaque et de la défense, les manières d’avancer et de reculer. Les armes peuvent rester cent ans sans servir : on ne peut rester un jour sans préparation. La méthode de l’épée peut ne servir de toute une vie ; mais puisque nous la pratiquons, il ne faut pas l’ignorer. J’expose maintenant les onze caractères de la méthode de l’épée en forme de dragon, un à un.

Décomposition de la méthode (劍法分解)

龍形劍法。為劈撩斬抹掤托鈎挂提刺扎十一字。舞劍之時。右臂多平推平起。右腕宜搖挽生花。如是則劍柄似乎不甚動。而劍尖則迴環上下。左右前後。圓轉自如。風飛電掣。而無絲毫濡滯之勢矣。因龍形劍法。用劍尖居多。而用劍身時甚少。務宜氣發尾閭。勁貫劍尖。合伸縮為進退之法。以迴環分順逆之勢。有抑有揚。無斷無間。似開而復合。或擋後而迎前。明中有暗。暗中亦有明。既欲意先劍後。又要神寄劍身。隨其形以變化。順其勢而飛騰。劍與身法步相連。劍即是手。手即是劍。則不知手中之有劍矣。意行於筋絡之間。意即是氣。氣即是意。則絕無板笨之形矣。苟能心領神會。熟極而流。自合劍術之道覈。是在習者之慧心領悟耳。兹將十一字分別述之如下。

La méthode de l’épée en forme de dragon tient en onze caractères : fendre (劈), lever (撩), trancher (斬), essuyer (抹), parer en remontant (掤), soutenir (托), crocheter (鈎), accrocher (挂), lever (提), piquer (刺), frapper de pointe (扎). Quand on danse l’épée, le bras droit pousse et s’élève le plus souvent à l’horizontale ; le poignet droit doit se balancer et tourner en dessinant des fleurs. Ainsi la poignée semble presque immobile, tandis que la pointe tournoie en haut et en bas, à gauche et à droite, devant et derrière, pivotant à volonté, vent qui vole, éclair qui claque, sans la moindre stagnation. Parce que la méthode de l’épée en forme de dragon emploie surtout la pointe et fort peu la lame, il faut que le souffle parte du weilü (尾閭, le coccyx) et que le jin (勁) traverse la pointe. On combine extension et contraction comme méthode d’avance et de retraite ; on distingue par le retournement les tendances favorable et contraire. Il y a abaissement et élévation, sans rupture ni intervalle ; on semble s’ouvrir, puis l’on se referme ; tantôt on pare derrière et l’on accueille devant. Dans le clair il y a l’obscur, dans l’obscur il y a aussi le clair. On veut que l’intention précède l’épée, et que l’esprit loge dans la lame : suivre la forme pour se transformer, épouser la tendance pour s’envoler. L’épée, la méthode du corps et les pas sont liés : l’épée, c’est la main ; la main, c’est l’épée — alors on ne sait plus qu’il y a une épée dans la main. L’intention circule entre muscles et méridiens ; l’intention, c’est le souffle ; le souffle, c’est l’intention — alors il n’y a plus aucune raideur gauche. Si l’on peut comprendre avec le cœur et s’identifier par l’esprit, à force d’habitude couler de soi-même, on rejoint naturellement le cœur de l’art de l’épée. Cela tient à la sagacité du pratiquant. J’expose maintenant les onze caractères, chacun séparément.

劈。提勁於劍身中部。由上向下。謂之劈。有左劈右劈。前劈後劈。右手均是虎口朝前。掌心朝後。

Pi (劈), fendre. On porte le jin au milieu de la lame et, de haut en bas, on fend : c’est pi. Il y a pi à gauche, à droite, devant, derrière ; la main droite a toujours la gueule du tigre [l’angle entre pouce et index] vers l’avant et la paume vers l’arrière.

撩。提勁於劍尖前部。由下向上。謂之撩。有左撩右撩。反撩倒撩。左撩右撩均是正腕。反撩倒撩均是反腕。

Liao (撩), lever. On porte le jin à la partie antérieure de la pointe et, de bas en haut, on lève : c’est liao. Il y a liao à gauche, à droite, liao renversé, liao inversé. Les liao gauche et droit se font toujours poignet droit ; les liao renversé et inversé, toujours poignet retourné.

斬。提勁於劍身中部。由外向裏。謂之斬。如由右方向左方横斬或斜斬。均是掌心朝上。手背向下。虎口朝前。

Zhan (斬), trancher. On porte le jin au milieu de la lame et, de l’extérieur vers l’intérieur, on tranche : c’est zhan. Ainsi, de la droite vers la gauche, tranche horizontale ou tranche oblique : toujours paume vers le haut, dos de la main vers le bas, gueule du tigre vers l’avant.

抹。提勁於劍尖前中部。由裏向外。謂之抹。如由左右向外抹。亦有由左向右外抹時。用正腕。掌心朝上者。亦或用反腕。掌心朝下者。皆可。

Mo (抹), essuyer. On porte le jin à la partie antérieure et moyenne de la pointe et, de l’intérieur vers l’extérieur, on essuie : c’est mo. Ainsi, de gauche à droite, on essuie vers l’extérieur ; on peut user du poignet droit, paume vers le haut, ou du poignet retourné, paume vers le bas — l’un et l’autre conviennent.

掤。提勁於劍尖前方。陡然向上。謂之掤。如順勢上掤左掤右掤。均由正腕。虎口朝上。此係專為掤開敵械而用。

Peng (掤), parer en remontant. On porte le jin devant la pointe et, d’un coup, vers le haut : c’est peng. Suivant la tendance, peng vers le haut, à gauche, à droite : toujours poignet droit, gueule du tigre vers le haut. Cela sert spécialement à écarter l’arme de l’adversaire.

托。提勁於劍根後上方。逆勢反接。謂之托。如劍横身右。虎口朝外。掌心迎胸。由下向上。此法專為敵械近身而用。

Tuo (托), soutenir. On porte le jin au-dessus et en arrière de la racine de la lame et, contre la tendance, on reçoit en retour : c’est tuo. Ainsi, l’épée transversale à droite du corps, gueule du tigre vers l’extérieur, paume vers la poitrine, on remonte de bas en haut. Cette méthode sert spécialement quand l’arme adverse approche du corps.

鈎。提勁於劍尖之上。由後下方絞起。謂之鈎有左鈎右鈎。左鈎時掌心向右。右鈎時仰腕朝上。

Gou (鈎), crocheter. On porte le jin au-dessus de la pointe et, de l’arrière-bas, on tord en remontant : c’est gou. Il y a gou à gauche et gou à droite : au gou gauche, la paume regarde la droite ; au gou droit, le poignet se renverse vers le haut.

挂。提勁於劍尖前裏鋒。由右上方向左下方。謂之挂虎口朝左後方。掌心朝前下方。此法專為擊落敵人器械而用。

Gua (挂), accrocher. On porte le jin au tranchant intérieur avant de la pointe et, du haut-droit vers le bas-gauche, on accroche : c’est gua. Gueule du tigre vers l’arrière-gauche, paume vers l’avant-bas. Cette méthode sert spécialement à faire tomber l’arme de l’adversaire.

提。提勁於劍尖。劍柄在上。劍尖朝下謂之提。由左上方向右前下方。虎口朝下。掌心朝外。此法用截取敵人手腕。

Ti (提), lever. On porte le jin à la pointe, poignée en haut, pointe en bas : c’est ti. Du haut-gauche vers le bas-avant-droit, gueule du tigre vers le bas, paume vers l’extérieur. Cette méthode sert à couper et saisir le poignet de l’adversaire.

刺。提勁於劍身。劍鋒朝上下。勁貫劍尖。立直向前則為刺。虎口朝前。掌心朝左或朝右。分上刺喉。中刺心。下刺腹

Ci (刺), piquer. On porte le jin dans la lame, la pointe vers le haut ou le bas, le jin traversant la pointe ; dressé droit et porté en avant, c’est ci. Gueule du tigre vers l’avant, paume vers la gauche ou la droite. On distingue : piquer en haut la gorge, au milieu le cœur, en bas le ventre.

扎。提勁於劍身。鋒朝左右。勁貫劍尖。匾平向前則為扎。此係仰腕。掌心朝上。掌背朝下。

Zha (扎), frapper de pointe. On porte le jin dans la lame, la pointe vers la gauche ou la droite, le jin traversant la pointe ; à plat et porté en avant, c’est zha. C’est le poignet renversé : paume vers le haut, dos de la main vers le bas.

舞劍之法。其腕欲柔如綿絮。其活欲勢若游龍。其直欲硬如鋼鐵。其快欲疾如閃電。尤須肩腰相乘。手步相隨。心眼相照則顛之倒之。撩之斬之。伸之縮之。點之啄之無不圎轉如意矣。

La méthode pour danser l’épée : le poignet doit être souple comme l’ouate de soie, la vivacité pleine d’allant comme un dragon nageur, la droiture dure comme l’acier, la vitesse prompte comme l’éclair. Surtout, épaules et reins doivent se prêter main-forte, main et pas se suivre, cœur et œil se répondre — alors, qu’on la renverse ou qu’on la dresse, qu’on la lève ou qu’on la tranche, qu’on l’étende ou qu’on la replie, qu’on la pointe ou qu’on la picore, tout pivote comme on le veut.

劍與他種兵器不同。譬如刀有一面鋒刄。能走上下左右前後六面。而劍則能左右前後上下八面。手腕微轉。則前後能施畧一迴環。則上下皆顧。或上掤下提。或下斬平抹。得步進步。遇空即補。所謂三尺短鋒。勝是長槍大戟。古之豪傑。輒多練此以成名。即因其迴異乎凡器也。

L’épée diffère des autres armes. Par exemple, le sabre n’a qu’un tranchant et peut parcourir six faces — haut, bas, gauche, droite, avant, arrière ; l’épée, elle, peut parcourir huit faces — gauche, droite, avant, arrière, haut, bas. Que le poignet tourne un peu, et l’avant et l’arrière peuvent s’employer ; qu’il fasse un léger retour, et le haut et le bas sont tous deux couverts. Tantôt peng en haut et ti en bas, tantôt zhan en bas et mo à plat ; gagne un pas quand tu peux gagner un pas, comble la faille quand tu la rencontres. Comme dit le proverbe, « trois pieds de pointe courte battent la longue lance et la grande hallebarde ». Les héros de l’antiquité se sont souvent illustrés en la pratiquant, précisément parce qu’elle diffère des armes communes.

善舞其劍者。妙用使人不能測。伸縮使人不能防一步快一步。一劍緊一劍。其跳躍也勢若飛騰。其懸繚也形如流電。其於練劍之初。心堅志定。不避寒暑無間無斷。會精聚神。揣摩用法。研究真理。刻苦加功。於靜中求動。動中求靜。養元氣。活血脉。保精神。戒房事。慎飲食。去雜念。其愛劍也視同生命。故劍亦樂為其所用。今人未見有愛劍如己身者。故人不重視其劍。而劍亦不為人所用矣。世有伯樂而後有千里馬。世無識干將莫邪者。干將莫邪亦不為世人所見。即雖有之。凡夫肉眼。亦視同頑鐵等爾。噫。惜哉。

Celui qui sait bien danser l’épée : ses merveilles le rendent insondable, son extension et sa contraction le rendent impossible à parer. Un pas plus prompt que l’autre, une épée plus serrée que l’autre. Son saut a l’allant d’un envol ; son tournoiement a la forme d’un éclair. Au début de sa pratique, cœur ferme et volonté fixe, sans fuir ni froid ni chaleur, sans interruption ni rupture ; il concentre l’essence, rassemble l’esprit, médite les usages, étudie la vérité, travaille avec acharnement. Dans le calme, il cherche le mouvement ; dans le mouvement, le calme. Il nourrit le souffle originel, active les vaisseaux, préserve l’esprit, s’abstient des plaisirs de la chambre, est sobre de boire et de manger, écarte les pensées parasites. Il aime son épée comme sa vie ; aussi l’épée se plaît-elle à lui obéir. Les hommes d’aujourd’hui n’aiment pas leur épée comme leur propre corps ; aussi ne la tiennent-ils pas en estime, et l’épée ne leur obéit pas. Le monde n’a un Bole qu’ensuite viennent les chevaux de mille li ; si le monde n’a personne qui reconnaisse Ganjiang et Moye, Ganjiang et Moye ne sont pas vus du monde. Même s’il en existe, l’œil nu du commun les regarde comme du fer brut. Hélas ! quel dommage.

昔人有論劍法。擬之以書法者。書法有八法。用永字分剖以解之。劍法亦有八法。亦以永字比之。

Quelqu’un jadis, traitant de la méthode de l’épée, la compara à la calligraphie : la calligraphie a huit méthodes, qu’on explique en disséquant le caractère yong (永) ; la méthode de l’épée a aussi huit méthodes, qu’on compare aussi au caractère yong.

(一)丶則為刺。(二)ˊ則為撩。(三)乛則為斬。(四)一則為掤。(五)丨則為劈。(六)亅則為鈎。(七)丿則為提。(八)乀則為抹。此外如扎則與刺相同。挂則與提相若。托則與掤相似。更有以抽揭點砍橫倒削摸為字訣用法者。總不外乎八法而已。

(1) le point (丶) est ci (piquer) ; (2) la remontée (ˊ) est liao (lever) ; (3) le crochet horizontal (乛) est zhan (trancher) ; (4) le trait horizontal (一) est peng (parer en remontant) ; (5) le trait vertical (丨) est pi (fendre) ; (6) le crochet vertical (亅) est gou (crocheter) ; (7) la glissade à gauche (丿) est ti (lever) ; (8) la glissade à droite (乀) est mo (essuyer). D’autre part, zha est identique à ci, gua voisin de ti, tuo semblable à peng. Il en est même qui prennent pour formules les caractères retirer (抽), soulever (揭), pointer (點), frapper (砍), horizontal (橫), renversé (倒), racler (削), essuyer (摸) — mais tout cela ne sort pas des huit méthodes.

方今之世。以劍術著名者。莫李將軍景林若。將軍字芳宸。河北人。善武當劍劍法有十三式。以十三字名之。曰抽曰帶曰提曰格曰擊曰刺曰點曰崩曰攪曰壓曰劈曰截曰洗。亦猶之武當拳十三勢之采挒肘靠掤捋擠按前進後退左顧右盼中定也。其術劍之要點。以劍術一道。全慿乎神神足而成道。練精化氣練氣化神。練神成道。劍神合一。是近道矣。內練陰陽中和之氣。習之者當以無陋為先。保精養氣。甯神抱一。先習拳術為基礎。其步法手法須學八卦之輕靈便捷。其身法腰法須學太極之含胸拔背。沉肩曲肘。頭頂虚靈。鬆腰活腕。氣沉丹田。力由脊發。進則上下相垂退。則捷步如飛。出劍之精神。如形意拳之勇往直前。有進無退。敵劍一動。我劍已到着矣。其全路劍法之精深如此。自非稍習皮毛者所能望其頎背。是合內家各種拳術之專長而神化者也。

Dans le monde d’aujourd’hui, nul n’est plus célèbre dans l’art de l’épée que le général Li Jinglin (李景林). Le général, de nom social Fangchen (芳宸), natif du Hebei, excellait dans l’épée du Wudang. Sa méthode d’épée a treize formes, nommées par treize caractères : retirer (抽), porter (帶), lever (提), parer (格), frapper (擊), piquer (刺), pointer (點), faire éclater (崩), tourner (攪), presser (壓), fendre (劈), trancher (截), laver (洗). C’est comme les treize postures de la boxe du Wudang : arracher (采), tordre (挒), coude (肘), appui (靠), parer (掤), rouler (捋), presser (擠), pousser (按), avancer, reculer, regarder à gauche, veiller à droite, centre stable (中定). Le point essentiel de son art : la voie de l’épée repose tout entière sur l’esprit ; l’esprit suffisant, on accomplit la Voie. On affine l’essence pour la changer en souffle, on affine le souffle pour le changer en esprit, on affine l’esprit pour accomplir la Voie ; l’épée et l’esprit ne font qu’un : c’est approcher la Voie. Intérieurement, on exerce le souffle équilibré du yin et du yang. Celui qui s’y exerce doit d’abord ne rien laisser d’imparfait : préserver l’essence, nourrir le souffle, apaiser l’esprit, embrasser l’Un. D’abord, la boxe comme fondement : les méthodes de pas et de main doivent apprendre du bagua la légèreté et la rapidité ; les méthodes de corps et de reins doivent apprendre du taiji la poitrine creuse et le dos rond (含胸拔背), les épaules baissées et les coudes fléchis, le sommet de la tête vide et spirituel, les reins détendus et le poignet vivant, le souffle qui descend au dantian (氣沉丹田), la force qui part de l’épine dorsale. En avançant, le haut et le bas se répondent ; en reculant, le pas est prompt comme le vol. L’esprit qui sort l’épée, comme la boxe xingyi, va de l’avant avec courage, avance sans reculer : que l’épée de l’adversaire remue, et mon épée est déjà arrivée. Telle est la profondeur de toute sa méthode d’épée ; celui qui n’en a effleuré que la peau ne peut en espérer même le dos. C’est l’union, transfigurée par l’esprit, des talents particuliers de toutes les boxe internes.

芳宸將軍又云。練劍有五戒。

Le général Fangchen dit encore : pratiquer l’épée comporte cinq interdits.

(一)戒色慾。因學劍者首重精神。有精而後有氣。有氣而後有力。有力而後有神。故宜保精養氣。節慾養生。

(1) S’abstenir des désirs de la chair : l’élève de l’épée fait passer l’esprit avant tout ; l’essence étant là, le souffle vient ; le souffle étant là, la force vient ; la force étant là, l’esprit vient. Aussi faut-il préserver l’essence, nourrir le souffle, modérer les désirs et entretenir la vie.

(二)戒殘暴。學習者首重德行。干城衛國。除暴安良澤及當時。名留後世。切勿用於為非叛逆好勇鬬狠等事。

(2) S’abstenir de la cruauté : l’élève fait passer la vertu avant tout. Être bouclier de la cité et gardien de l’État, écarter la violence, apaiser les bons, répandre sa bienfaisance sur son temps et laisser son nom à la postérité. Garde-toi de l’employer à mal faire, à te rebeller, à aimer la bravade et la férocité.

(三)戒躐等。習劍者須由淺而深。由簡而繁。先練眼法身法手法步法。此為外四要。次練胆力內勁速力沉着。此為內四要。按級習練。先求開展。後求緊凑。循序漸進。方臻妙用。

(3) S’abstenir de brûler les étapes : l’élève de l’épée doit aller du simple au profond, du facile au complexe. D’abord exercer la méthode de l’œil, du corps, de la main et du pas : ce sont les quatre essentiels externes. Ensuite exercer le courage, le jin interne, la vitesse et le sang-froid : ce sont les quatre essentiels internes. S’entraîner par degrés : d’abord chercher le déploiement, ensuite la compacité ; progresser dans l’ordre, et seulement alors atteindre la merveille de l’usage.

(四)戒過分。人身精力有限。有練劍疲勞之時。即須有保精休養之法。精神飽滿。則功夫隨之長進。故太饑太飽之時。均非所宜。

(4) S’abstenir de l’excès : l’énergie du corps humain est limitée ; quand l’entraînement fatigue, il faut aussitôt des méthodes pour préserver l’essence et se reposer. Quand l’esprit est plein, le gongfu progresse avec lui. Aussi les moments de trop grande faim ou de trop grande satiété ne conviennent-ils pas.

(五)戒無恆。學劍者當有堅毅心。勇敢心。孔子曰。人而無恆。不可以作巫醫。況練劍乎。勿因身弱而自餒。勿因質鈍而中止。勿因事繁而中輟。勿為環境而中斷。有志者事竟成。願學者三復斯言云。

(5) S’abstenir du manque de constance : l’élève de l’épée doit avoir un cœur ferme et un cœur courageux. Confucius a dit : « Un homme sans constance ne peut même pas être médecin-chamane. » À plus forte raison pour pratiquer l’épée ! Ne te décourage pas parce que ton corps est faible, ne t’arrête pas parce que ton naturel est lent, ne t’interromps pas parce que tes affaires sont nombreuses, ne romps pas à cause du milieu. Qui a la volonté mène son affaire à bien. Je souhaite que les élèves méditent ces paroles trois fois.

此為千古不易之言。吾願習龍形劍者。亦應奉此言為圭臬。故記錄於此。非敢掠他人之美也。

Ce sont des paroles immuables à travers les âges. Je souhaite que ceux qui pratiquent l’épée en forme de dragon les tiennent pour règle ; c’est pourquoi je les consigne ici — je n’ose m’attribuer la beauté d’autrui.

余嘗聞之前輩有云。鑄劍之法。須用馬蹄鐵馬鈴鐵車輪鐵為最佳。馬蹄鐵者。騾馬蹄下極滑將穿之銕。或破壞自落之鐵也。馬鈴鐵者。驢馬頸下響鈴中搖撞之鐵胆也。車輪鐵者。車輪圈環自磨損壞之鐵也。取其久經磨鍊。火氣化盡。與運用純熟也余問何以不用鍊成之鋼鑄之。豈不較之易購乎彼云現煉之鋼條。其性脆而不柔。惟所煉之鋼。能硬能軟。兼有挺勁而不易屈。普通鑄劍之法。用銕一觔。成鋼一兩。約十五斤煉成十五兩。將劍造成之後。務宜親手持磨。方能合手而無長短輕重之弊。切不可假手他人代磨。致不應手。是為用劍者不可不知之祕法也。

J’ai entendu jadis les anciens dire : pour la fonte des épées, le meilleur est d’employer le fer de fer à cheval, le fer de clochette et le fer de roue de charrette. Le fer de fer à cheval, c’est le fer des sabots de mulets et de chevaux, tout usé et glissant, près d’être percé, ou le fer qui se détache de lui-même. Le fer de clochette, c’est le battant de fer qui s’agite dans la clochette pendue au cou des ânes et des chevaux. Le fer de roue, c’est le fer de la jante de roue usé par son propre frottement. On le prend parce que, longtemps éprouvé, son feu est entièrement éteint et son usage parfaitement rodé. Je demandai pourquoi l’on ne fondait pas l’épée avec de l’acier déjà affiné — ne serait-il pas plus facile à acheter ? Il dit : les barres d’acier fraîchement affiné sont cassantes et non souples ; seul l’acier ainsi affiné sait être dur et mou, et possède une vigueur qui ne plie pas facilement. La méthode ordinaire de fonte : une livre de fer donne une once d’acier ; environ quinze livres s’affinent en quinze onces. L’épée une fois achevée, il faut absolument la repasser soi-même de la main, pour qu’elle s’accorde à la main sans défaut de longueur, de poids ou de légèreté. Garde-toi de la confier à la main d’un autre pour le repassage, qui la rendrait rétive à la main. C’est le secret que tout manieur d’épée ne doit pas ignorer.

Table des postures illustrées (龍形劍姿勢圖解目錄)

第一動作 立正提劍 第二動作 仙人擔衣 第三動作 獅子望球 第四動作 仙人指路 第五動作 犀牛望月 第六動作 烏龍入洞 第七動作 立馬聼風 第八動作 古樹盤根 第九動作 青龍翻身 第十動作 鳳凰點頭 第十一動作 夜叉探海 第十二動作 拗步鈎挂 第十三動作 青龍探爪 第十四動作 夜叉探海 第十五動作 倒劈華山 第十六動作 烏龍擺尾 第十七動作 烏龍絞珠 第十八動作 烏龍擺尾 第十九動作 金雞獨立 第二十動作 拗步鈎挂 第二十一動作 懷中抱月 第二十二動作 夜叉探海 第二十三動作 玉女穿針 第二十四動作 就地生風 第二十五動作 白猿偷桃 第二十六動作 脇下藏劍 第二十七動作 鷂子翻身 第二十八動作 金龍盤玉柱 第二十九動作 蹲身挂立 第三十動作 仙人撩雲 第三十一動作 金雞獨立 第三十二動作 野馬奔槽 第三十三動作 金雞上樹 第三十四動作 仙人伸腰 第三十五動作 烏龍擺尾 第三十六動作 朝天一柱香 第三十七動作 丹鳳朝陽 第三十八動作 烏龍吐霧 第三十九動作 金雞獨立 第四十動作 鳳凰穿梭 第四十一動作 太公鈎魚 第四十二動作 拗步鈎挂 第四十三動作 青龍探爪 第四十四動作 夜叉探海 第四十五動作 玉女穿梭 第四十六動作 猛虎歸山 第四十七動作 龍王三潮水 第四十八動作 太子站江邊

  1. Au garde-à-vous, épée levée (立正提劍)
  2. L’immortel porte son vêtement (仙人擔衣)
  3. Le lion regarde la boule (獅子望球)
  4. L’immortel indique la route (仙人指路)
  5. Le rhinocéros contemple la lune (犀牛望月)
  6. Le dragon noir entre dans la grotte (烏龍入洞)
  7. Le cheval arrêté écoute le vent (立馬聽風)
  8. Le vieil arbre enlace ses racines (古樹盤根)
  9. Le dragon vert se retourne (青龍翻身)
  10. Le phénix hoche la tête (鳳凰點頭)
  11. Le yaksa sonde la mer (夜叉探海)
  12. Pas croisé, crochet et accrochage (拗步鈎挂)
  13. Le dragon vert tend la griffe (青龍探爪)
  14. Le yaksa sonde la mer (夜叉探海)
  15. Fendre à l’envers le mont Hua (倒劈華山)
  16. Le dragon noir bat de la queue (烏龍擺尾)
  17. Le dragon noir tord la perle (烏龍絞珠)
  18. Le dragon noir bat de la queue (烏龍擺尾)
  19. Le coq d’or se tient sur un pied (金雞獨立)
  20. Pas croisé, crochet et accrochage (拗步鈎挂)
  21. Embrasser la lune contre la poitrine (懷中抱月)
  22. Le yaksa sonde la mer (夜叉探海)
  23. La dame de jade enfile l’aiguille (玉女穿針)
  24. Susciter le vent sur place (就地生風)
  25. Le singe blanc vole la pêche (白猿偷桃)
  26. Cacher l’épée sous l’aisselle (脇下藏劍)
  27. L’épervier se retourne (鷂子翻身)
  28. Le dragon d’or s’enroule à la colonne de jade (金龍盤玉柱)
  29. Accroupi, accrocher et se dresser (蹲身挂立)
  30. L’immortel soulève les nuages (仙人撩雲)
  31. Le coq d’or se tient sur un pied (金雞獨立)
  32. Le cheval sauvage court à la mangeoire (野馬奔槽)
  33. Le coq d’or monte à l’arbre (金雞上樹)
  34. L’immortel étire les reins (仙人伸腰)
  35. Le dragon noir bat de la queue (烏龍擺尾)
  36. Un bâton d’encens vers le ciel (朝天一柱香)
  37. Le phénix vermillon salue le soleil (丹鳳朝陽)
  38. Le dragon noir crache le brouillard (烏龍吐霧)
  39. Le coq d’or se tient sur un pied (金雞獨立)
  40. Le phénix lance la navette (鳳凰穿梭)
  41. Le grand duc pêche (太公鈎魚)
  42. Pas croisé, crochet et accrochage (拗步鈎挂)
  43. Le dragon vert tend la griffe (青龍探爪)
  44. Le yaksa sonde la mer (夜叉探海)
  45. La dame de jade lance la navette (玉女穿梭)
  46. Le tigre féroce retourne à la montagne (猛虎歸山)
  47. Le roi dragon, trois marées (龍王三潮水)
  48. Le prince se tient au bord du fleuve (太子站江邊)

Explication illustrée des postures (龍形劍姿勢圖解)

第一動作 立正提劍 假定正面朝南。身體立正。左手揑訣。二指三指挺伸。大指按着四指五指。指尖屈貼掌心。手背朝上。指尖向前。兩膀垂直。右手握劍。緊貼胯旁。劍鋒朝上下。劍尖朝前。目光前視。

1ᵉʳ mouvement — Au garde-à-vous, épée levée. On suppose que l’on fait face au sud. Le corps au garde-à-vous ; la main gauche forme le jue (訣) : l’index et le majeur tendus, le pouce appuyé sur l’annulaire et l’auriculaire, le bout des doigts replié contre la paume ; dos de la main vers le haut, doigts vers l’avant ; les deux bras pendent verticalement. La main droite tient l’épée, serrée contre la hanche ; la pointe vers le haut ou le bas, la pointe de la lame vers l’avant ; le regard va droit devant.

第二動作 仙人擔衣 左足向左方旁橫進一步。同時左手由下向左旁方提平。高與肩齊。再將右足向左足併攏。同時將左手微抬。收囘胸前。目光左視。揑訣不變。再將右足向右前方一步。左足向右足併攏。左手由胸前向下向左旁方指出平抬。形如下圗。以上各動作。均要一氣呵成。

2ᵉ mouvement — L’immortel porte son vêtement. Le pied gauche fait un pas de côté vers la gauche ; en même temps, la main gauche s’élève de bas en haut sur le côté gauche, à hauteur de l’épaule. Puis le pied droit rejoint le pied gauche ; en même temps, la main gauche s’élève légèrement et revient devant la poitrine ; le regard va à gauche ; le jue ne change pas. Puis le pied droit fait un pas vers l’avant-droit, le pied gauche rejoint le pied droit, et la main gauche, de la poitrine, descend et se tend vers le côté gauche, levée à l’horizontale, comme sur la figure. Tous ces mouvements doivent s’enchaîner d’un seul souffle.

第三動作 獅子望球 右足一提。隨時落下。左腿向左旁方伸直。身體右蹲。同時左手訣指。點落右手手腕脈門之上。右手抬起。高與右額角相平。將劍鋒朝上下。手心朝前。劍尖指左。將劍橫置腦額頂上。目光左視。

3ᵉ mouvement — Le lion regarde la boule. Le pied droit se lève puis retombe aussitôt ; la jambe gauche s’étend sur le côté gauche ; le corps s’accroupit à droite. En même temps, les doigts en jue de la main gauche se posent sur le pouls du poignet droit ; la main droite se lève à hauteur de l’angle droit du front ; la pointe de l’épée vers le haut ou le bas, paume vers l’avant, pointe de la lame vers la gauche ; l’épée est posée en travers au-dessus du front ; le regard va à gauche.

第四動作 仙人指路 身腰步劍。均仍照前勢不動。將貼在右腕左訣。向左方指出。臂與肩平。目光左視。身腰微向左轉。成左弓右箭步。兩足不動。右手將劍落下。由胸前向左前方刺出。虎口朝上。左訣仍貼右手脈門。

4ᵉ mouvement — L’immortel indique la route. Corps, reins, pas et épée restent immobiles comme dans la posture précédente ; le jue gauche, qui touchait le poignet droit, se tend vers la gauche, bras à hauteur de l’épaule ; le regard va à gauche. Le corps et les reins tournent légèrement à gauche, en posture d’arc gauche et de flèche droite ; les pieds ne bougent pas. La main droite abaisse l’épée et pique vers l’avant-gauche depuis la poitrine, gueule du tigre vers le haut ; le jue gauche reste sur le pouls de la main droite.

第五動作 犀牛望月 將劍尖由上向右旁方一挂。同時身腰右轉左蹲。成右足在前伸直。左足在後蹲坐勢。力聚腰胯。目光右視劍尖。右肘緊貼右肋。劍把緊抱胸前左手訣指。仍貼右手脈門。

5ᵉ mouvement — Le rhinocéros contemple la lune. La pointe de l’épée s’accroche de haut en haut-côté droit ; en même temps, le corps et les reins tournent à droite et l’on s’accroupit à gauche, en posture du pied droit tendu devant et du pied gauche accroupi derrière ; la force se concentre dans les reins et les hanches ; le regard suit la pointe, à droite. Le coude droit serre le flanc droit ; la poignée de l’épée est serrée contre la poitrine ; les doigts en jue de la main gauche restent sur le pouls de la main droite.

第六動作 烏龍入洞 身體向右前方一移。成右弓左箭步。同時左手指訣提上。置於左額門上。右手將劍向前平刺。虎口朝上。目光前視。

6ᵉ mouvement — Le dragon noir entre dans la grotte. Le corps se déplace vers l’avant-droit, en posture d’arc droit et de flèche gauche. En même temps, la main gauche en jue s’élève et se place au-dessus du front gauche ; la main droite pique l’épée à plat vers l’avant, gueule du tigre vers le haut ; le regard va droit devant.

第七動作 立馬聼風 右足尖向右外方一磨。身腰右轉。左足向右上步。此時正面朝北。成馬襠勢蹲下。同時右臂微抬。將劍右抽。橫與眉齊。左手訣指。遙指劍尖。在劍端前下方二寸許。目光上視劍身。

7ᵉ mouvement — Le cheval arrêté écoute le vent. La pointe du pied droit pivote vers l’extérieur droit ; le corps et les reins tournent à droite ; le pied gauche fait un pas vers la droite. On fait alors face au nord, et l’on s’accroupit en posture du cavalier (馬襠勢). En même temps, le bras droit s’élève légèrement et tire l’épée vers la droite, en travers, à hauteur des sourcils ; les doigts en jue de la main gauche pointent de loin la pointe de l’épée, à environ deux pouces devant et au-dessous de la pointe ; le regard remonte vers la lame.

第八動作 古樹盤根 右足尖抬起。後跟落地。足尖向右後方一磨。左足後跟提起。足尖貼地。後跟向左後方磨。身面由北轉東向南。再向西北。足在原地未動。此時成兩腿成盤絲步。右股貼坐左小腿之上。右足在左落實。左足在後。足跟微抬。同時將劍隨身腰順勢轉向右後方下抹。劍尖朝西北方。離地二三寸許。左手訣指護腦。目光向右下方視劍尖。

8ᵉ mouvement — Le vieil arbre enlace ses racines. La pointe du pied droit se lève, le talon reste au sol ; la pointe pivote vers l’arrière-droit. Le talon gauche se soulève, la pointe reste au sol, et le talon pivote vers l’arrière-gauche. Le visage et le corps passent du nord à l’est, au sud, puis au nord-ouest ; les pieds n’ont pas quitté leur place. Les deux jambes forment alors le pas de la soie enroulée (盤絲步) : la cuisse droite s’assied sur le mollet gauche, le pied droit se pose à gauche… le pied gauche derrière, talon légèrement levé. En même temps, l’épée suit les reins et la posture pour essuyer vers l’arrière-droit, en bas ; la pointe vers le nord-ouest, à deux ou trois pouces du sol ; la main gauche en jue protège la tête ; le regard va en bas-droit vers la pointe.

第九動作 青龍翻身 身體順勢微起。仰面朝天。向左翻轉。兩足跟提起。足尖左磨。待身腰翻轉。正面仍朝西北。成左足在前。右足在後丁字步。同時將劍並不收囘。在頭頂上方。即順勢翻轉。向前下方一刺。劍鋒朝上下。左手訣指。仍貼右手脈門。目光前視劍尖。

9ᵉ mouvement — Le dragon vert se retourne. Le corps se soulève légèrement, visage tourné vers le ciel, et bascule vers la gauche ; les deux talons se lèvent, les pointes pivotent à gauche. Quand le corps et les reins ont fini de basculer, on fait toujours face au nord-ouest, en pas en T : pied gauche devant, pied droit derrière. En même temps, sans ramener l’épée, on la fait basculer au-dessus de la tête et l’on pique vers l’avant-bas ; la pointe vers le haut ou le bas ; les doigts en jue de la main gauche restent sur le pouls de la main droite ; le regard va devant, vers la pointe.

第十動作 鳳凰點頭 左手訣指。由內向外向上對劍柄劃小圎圈。叠連三個。同時右手將劍尖向前撩點三次。與左手圎圈遙遙相應。同時左足後退一步。右足隨之後退一大步。身腰在右蹬坐。左手訣指。向左旁伸出。右手將劍右拉。劍鋒朝上下劍身橫於右膝前下方。左訣指西目光左視

10ᵉ mouvement — Le phénix hoche la tête. Les doigts en jue de la main gauche tracent de petits cercles vers la poignée, de l’intérieur vers l’extérieur et vers le haut, trois cercles enchaînés. En même temps, la main droite lève et pointe la pointe de l’épée trois fois vers l’avant, en correspondance lointaine avec les cercles de la main gauche. En même temps, le pied gauche recule d’un pas, le pied droit recule d’un grand pas ; les reins s’asseyent en appui sur la droite ; les doigts en jue de la main gauche se tendent sur le côté gauche ; la main droite tire l’épée vers la droite, la pointe vers le haut ou le bas, la lame en travers devant et sous le genou droit ; le jue gauche pointe à l’ouest ; le regard va à gauche.

第十一動作 夜叉探海 身腰左移。右手將劍近地二寸許。向前刺出。右足向左足前方一步。同時身隨劍起。左足竭力上提。足尖向下。膝在胸前。左訣護腦。目光前視。此時正面朝西。

11ᵉ mouvement — Le yaksa sonde la mer. Le corps et les reins se déplacent à gauche ; la main droite pique l’épée vers l’avant, à environ deux pouces du sol. Le pied droit fait un pas devant le pied gauche ; en même temps, le corps se lève avec l’épée, le pied gauche s’élève de toute sa force, pointe vers le bas, genou devant la poitrine ; le jue gauche protège la tête ; le regard va droit devant. On fait alors face à l’ouest.

第十二動作 拗步鈎挂 左足向右足後方倒退一步。此時右足仍然未動。同時身腰右轉。右手將劍身翻轉。掌心朝外。劍尖向下。由下近腿向後一鈎。同時右足向右旁退一步。此時兩足成平行。將劍尖鈎起向上一挂。右臂微曲。劍橫頂上。訣指隨劍柄向右。貼置右脈門上。目光上視。

12ᵉ mouvement — Pas croisé, crochet et accrochage. Le pied gauche recule d’un pas derrière le pied droit ; le pied droit, lui, ne bouge pas encore. En même temps, le corps et les reins tournent à droite ; la main droite retourne la lame, paume vers l’extérieur, pointe vers le bas, et crochète vers l’arrière, en bas, près de la jambe. En même temps, le pied droit recule d’un pas sur le côté ; les deux pieds sont alors parallèles. On crochète la pointe puis on accroche vers le haut ; le bras droit légèrement fléchi, l’épée en travers au-dessus de la tête ; les doigts en jue suivent la poignée vers la droite et se posent sur le pouls droit ; le regard remonte.

第十三動作 青龍探爪 左足提起。足跟緊貼右膝。足尖向下。將左指屈藏右脇下旁。身腰左轉。同時右手將劍尖下垂。向左後下方操起絞前。左足在右膝前落成連枝交叉式。全體坐落於右足小腿之上。右足跟提起。足尖貼地此時劍把緊抱胸前。劍鋒朝左右。劍尖過額頂。身腰提起。雙足未動。右臂挺伸將劍前扎。左訣護腦。目光前視。

13ᵉ mouvement — Le dragon vert tend la griffe. Le pied gauche se lève, le talon serré contre le genou droit, pointe vers le bas ; les doigts gauches se replient et se cachent sous le flanc droit. Le corps et les reins tournent à gauche ; en même temps, la main droite laisse pendre la pointe et la fait remonter en torsade vers l’arrière-gauche, en bas. Le pied gauche retombe devant le genou droit en pas croisé entrelacé ; tout le corps s’assied sur le mollet droit ; le talon droit se lève, la pointe touche le sol. La poignée est alors serrée contre la poitrine, la pointe vers la gauche ou la droite, la pointe de la lame au-dessus du front. Le corps et les reins se soulèvent, les pieds ne bougent pas ; le bras droit se tend et frappe de pointe vers l’avant ; le jue gauche protège la tête ; le regard va droit devant.

第十四動作 夜叉探海 此時正面仍朝西。將右足向前一步。身腰左蹲。右手將劍猛然落於右足之前。劍身平地。離地約二寸許。左手訣指仍貼右手脈門。再將身腰前探。隨劍進刺。同時左足提起。置於左後方。足尖上翹。左訣護腦。目光視劍。

14ᵉ mouvement — Le yaksa sonde la mer. On fait toujours face à l’ouest. Le pied droit fait un pas en avant ; le corps et les reins s’accroupissent à gauche ; la main droite abaisse brusquement l’épée devant le pied droit, lame à plat, à environ deux pouces du sol ; les doigts en jue de la main gauche restent sur le pouls de la main droite. Puis on penche le corps et les reins en avant et l’on pique en suivant l’épée ; en même temps, le pied gauche se lève et se place en arrière-gauche, pointe relevée ; le jue gauche protège la tête ; le regard suit l’épée.

第十五動作 倒劈華山 左手訣指向左旁方一指。目光左視。左足落下。右足向左足前方點步。左足再向左一步落實。成左弓右箭勢。身腰向左轉。正面朝東。右手將劍柄拖囘右前方。劍鋒猛然前劈。左手訣指在後挺伸。目光前視。

15ᵉ mouvement — Fendre à l’envers le mont Hua. Les doigts en jue de la main gauche pointent sur le côté gauche ; le regard va à gauche. Le pied gauche retombe ; le pied droit fait un pas de pointe devant le pied gauche ; le pied gauche fait encore un pas vers la gauche et se pose fermement, en posture d’arc gauche et de flèche droite. Le corps et les reins tournent à gauche ; on fait face à l’est. La main droite ramène la poignée vers l’avant-droit et la pointe fend brusquement vers l’avant ; les doigts en jue de la main gauche se tendent en arrière ; le regard va droit devant.

第十六動作 烏龍擺尾 兩足原地不動。後跟提起。足尖右磨。身腰隨劍向右後轉。將劍由上向後反肘倒撩。虎口朝下。成右弓左箭步。目光右視。左訣貼置右肩窩上。此時上身前斜朝西南。右臂挺直。反肘一撩。人藏劍下。劍高過人。勁貫劍尖。尖朝西北。

16ᵉ mouvement — Le dragon noir bat de la queue. Les deux pieds restent sur place ; les talons se lèvent, les pointes pivotent à droite. Le corps et les reins tournent vers l’arrière-droit en suivant l’épée ; l’épée, de haut en arrière, lève en contre en retournant le coude, gueule du tigre vers le bas, en posture d’arc droit et de flèche gauche. Le regard va à droite ; le jue gauche se pose sur la cavité de l’épaule droite. Le haut du corps s’incline alors vers le sud-ouest ; le bras droit se tend, et d’un coude retourné on lève en contre : l’homme se cache sous l’épée, l’épée dépasse l’homme, le jin traverse la pointe, qui vise le nord-ouest.

第十七動作 烏龍絞珠 劍尖向下一倒。訣指引劍向左。左臂挺伸。右手將劍身貼地向左絞上。同時全身貼地。隨劍絞起。再將右足向左一旋。隨劍把絞轉。此時左足在地。獨立旋轉。劍尖由右絞起。再向左後下方絞去。俟右足落至原地。劍身仍由原處貼地。向左前方刺去左訣仍貼右手脈門。成左弓右箭步。正面朝東。目光視劍。

17ᵉ mouvement — Le dragon noir tord la perle. La pointe s’abaisse ; les doigts en jue guident l’épée vers la gauche, le bras gauche se tend ; la main droite fait tordre l’épée vers la gauche en rasant le sol. En même temps, tout le corps rase le sol et se tord avec l’épée ; puis le pied droit pivote vers la gauche, tournant avec la poignée. Le pied gauche est alors au sol, et l’on pivote sur un pied ; la pointe se tord depuis la droite puis part en torsade vers l’arrière-gauche, en bas. Quand le pied droit retombe à sa place, la lame, toujours rasant le sol à l’endroit d’origine, pique vers l’avant-gauche ; le jue gauche reste sur le pouls de la main droite, en posture d’arc gauche et de flèche droite, face à l’est ; le regard suit l’épée.

第十八動作 烏龍擺尾 左訣屈藏右脇之下。將劍身翻轉。劍尖朝下。向左下後方撩起。同時身腰左轉。左足提至右足處。隨即將右足提至左足處。雙方同時換步落實。身腰左蹲。右足在前。足尖內鈎此時劍由左後方撩起。向右前方劈下。劍身靠右足尖前方。離地約二寸許。訣指隨劍旋轉。向上護腦。目光隨劍注視。

18ᵉ mouvement — Le dragon noir bat de la queue. Le jue gauche se replie sous le flanc droit ; la lame se retourne, pointe vers le bas, et lève en contre vers le bas-arrière-gauche. En même temps, le corps et les reins tournent à gauche ; le pied gauche se lève vers le pied droit, puis le pied droit se lève vers le pied gauche : les deux pieds changent de place en même temps et se posent. Le corps et les reins s’accroupissent à gauche, pied droit devant, pointe tournée vers l’intérieur en crochet. L’épée, levée en contre depuis l’arrière-gauche, fend vers l’avant-droit ; la lame est devant la pointe du pied droit, à environ deux pouces du sol ; les doigts en jue tournent avec l’épée et protègent la tête vers le haut ; le regard suit l’épée.

第十九動作 金雞獨立 將右足收囘。足尖點地。身腰仍然蹲坐。同時將劍收囘。右臂曲貼小腹之下。劍鋒朝上下。左手訣指落下。貼於劍把之上。再將右腿向右伸出。同時劍向前刺。左足隨時一提。將足面屈貼右腿腿彎之後身腰坐落。訣指護腦。目光前視

19ᵉ mouvement — Le coq d’or se tient sur un pied. On ramène le pied droit, pointe touchant le sol ; le corps et les reins restent accroupis. En même temps, on ramène l’épée, le bras droit fléchi contre le bas-ventre, la pointe vers le haut ou le bas ; les doigts en jue de la main gauche retombent et se posent sur la poignée. Puis la jambe droite se tend vers la droite, tandis que l’épée pique vers l’avant ; le pied gauche se lève aussitôt, le cou-de-pied replié contre l’arrière du creux du genou droit, puis le corps et les reins s’asseyent ; les doigts en jue protègent la tête ; le regard va droit devant.

第二十動作 拗步鈎挂 將左足落於右足後方。身腰右轉。同時將劍身翻轉。劍尖向下。向右後倒鈎。再將右足倒退一步。此時正面朝南。成馬襠勢蹲下。將劍由右旁方向上一挂。將左訣貼落右手脈門。劍橫腦門前方。劍鋒朝上下。劍尖指東。目光視劍。

20ᵉ mouvement — Pas croisé, crochet et accrochage. Le pied gauche retombe derrière le pied droit ; le corps et les reins tournent à droite ; en même temps, la lame se retourne, pointe vers le bas, et crochète en arrière vers la droite. Puis le pied droit recule d’un pas ; on fait alors face au sud et l’on s’accroupit en posture du cavalier. L’épée accroche vers le haut depuis le côté droit ; le jue gauche se pose sur le pouls de la main droite ; l’épée est en travers devant le front, pointe vers le haut ou le bas, pointe de la lame vers l’est ; le regard suit l’épée.

第二十一動作 懷中抱月 將左足一提。左訣藏於右脥腋下。身腰左扭。將劍尖向左下後方絞起。在左旁方絞成小圎花。左膀貼於胸下。此時掌心朝上。虎口朝前。左手訣指貼落於劍柄。右手三四指中節骨之上。同時左足落下。足尖向左。足跟向右。成交叉步。身腰蹲坐於右腿小腿之上。劍鋒朝左右。劍尖高過額頂。目光前視。

21ᵉ mouvement — Embrasser la lune contre la poitrine. Le pied gauche se lève ; le jue gauche se cache sous l’aisselle droite ; le corps et les reins se tordent à gauche ; la pointe se tord en remontant vers le bas-arrière-gauche et dessine une petite fleur circulaire sur le côté gauche ; le bras gauche colle sous la poitrine, paume alors vers le haut, gueule du tigre vers l’avant ; les doigts en jue de la main gauche se posent sur la poignée, au-dessus des os des troisième et quatrième doigts de la main droite. En même temps, le pied gauche retombe, pointe vers la gauche, talon vers la droite, en pas croisé ; le corps et les reins s’asseyent sur le mollet de la jambe droite ; la pointe vers la gauche ou la droite, la pointe de la lame au-dessus du front ; le regard va droit devant.

第二十二動作 夜叉探海 身腰立起。將劍平身向前扎出。將右足向前一步。身腰向左微轉。左腿屈曲蹲下。將劍向下一劈。右手握劍柄落於襠前。離地約二寸許。將劍尖向下方直刺。身隨劍起。向右前方探出。右臂抬平。右足獨立。左足抬起。左膝貼腹。左訣上舉護腦目光右視。

22ᵉ mouvement — Le yaksa sonde la mer. Le corps et les reins se dressent ; l’épée, à plat, frappe de pointe vers l’avant. Le pied droit fait un pas en avant ; le corps et les reins tournent légèrement à gauche ; la jambe gauche se fléchit et l’on s’accroupit ; l’épée fend vers le bas, la main droite tenant la poignée retombe devant l’entrejambe, à environ deux pouces du sol ; la pointe pique droit vers le bas. Le corps se lève avec l’épée et se penche vers l’avant-droit ; le bras droit se lève à l’horizontale ; le pied droit est seul au sol ; le pied gauche se lève, le genou gauche contre le ventre ; le jue gauche s’élève pour protéger la tête ; le regard va à droite.

第二十三動作 玉女穿針 將左足偷向右足右後方落下。成交叉連枝步。身腰未動。面仍朝東。胸前朝北。右手腕底用勁。陡然翻轉向右方一掤。此時劍尖朝北。劍身橫胸。前鋒朝上下。左臂前伸。訣指上翹。在劍尖前下方二寸許。目光右視。

23ᵉ mouvement — La dame de jade enfile l’aiguille. Le pied gauche se glisse pour retomber derrière-droit du pied droit, en pas croisé entrelacé ; le corps et les reins ne bougent pas, le visage toujours à l’est, la poitrine au nord. Le dessous du poignet droit fait force et, d’un coup, se retourne pour parer (peng) vers la droite. La pointe vise alors le nord, la lame en travers de la poitrine, le tranchant vers le haut ou le bas ; le bras gauche s’étend devant, les doigts en jue relevés, à environ deux pouces devant et sous la pointe ; le regard va à droite.

第二十四動作 就地生風 劍訣不動。身體蹬下成盤絲腿。就勢將劍訣貼地磨轉向左後方。成一大圎圈。面仍朝東。此為就地生風。動作不停接演下勢。

24ᵉ mouvement — Susciter le vent sur place. L’épée et le jue ne bougent pas ; le corps s’accroupit en jambe de soie enroulée ; à la faveur de la posture, l’épée et le jue tournent en rasant le sol vers l’arrière-gauche, en un grand cercle, le visage toujours à l’est. C’est « susciter le vent sur place » ; sans arrêter le mouvement, on enchaîne la posture suivante.

第二十五動作 白猿偷桃 右足向左足前半步。身腰立起。左訣提至腦門護腦。訣指指向前下方。同時右手將劍由下向上一撩。將左腿提起。劍尖朝下。膝貼胸前。此時面仍朝東。右臂向前下方挺直。目光視劍尖。

25ᵉ mouvement — Le singe blanc vole la pêche. Le pied droit fait un demi-pas devant le pied gauche ; le corps et les reins se dressent ; le jue gauche s’élève au front pour protéger la tête, doigts pointés vers l’avant-bas. En même temps, la main droite lève l’épée de bas en haut ; la jambe gauche se soulève, pointe vers le bas, genou contre la poitrine. On fait alors toujours face à l’est ; le bras droit se tend vers l’avant-bas ; le regard suit la pointe.

第二十六動作 脇下藏劍 將左足退後。足尖朝東北落實。上身微向後仰。成右足在前丁步式。左訣向左一拉。右劍向右一拉。劍橫胸前。將劍尖由左脥窩向後一刺。雙膀緊抱胸前。左膀在上。左手貼落右肩之上。手心向外。訣向後指。頭向左轉。目光後視。

26ᵉ mouvement — Cacher l’épée sous l’aisselle. Le pied gauche recule, pointe posée vers le nord-est ; le haut du corps s’incline légèrement en arrière, en pas en T, pied droit devant. Le jue gauche tire vers la gauche, l’épée droite tire vers la droite, lame en travers de la poitrine ; la pointe pique vers l’arrière depuis le creux de l’aisselle gauche. Les deux bras s’étreignent devant la poitrine, bras gauche au-dessus, main gauche posée sur l’épaule droite, paume vers l’extérieur, doigts en jue pointés en arrière ; la tête tourne à gauche ; le regard va en arrière.

第二十七動作 鷂子翻身 將右足退後。身體後仰。面目朝天。將劍身由面上抹後。待劍尖磨至西南一斬即停。同時左訣向左平伸。訣指東北。掌心朝上。此時面對東南。目光右視。

27ᵉ mouvement — L’épervier se retourne. Le pied droit recule ; le corps s’incline en arrière, visage vers le ciel ; la lame essuie au-dessus du visage, et quand la pointe a tourné jusqu’au sud-ouest, un tranchant, puis l’arrêt. En même temps, le jue gauche s’étend à plat vers la gauche, doigts vers le nord-est, paume vers le haut. On fait alors face au sud-est ; le regard va à droite.

第二十八動作 金龍盤玉柱 將劍柄向左前方一托。再向右旁方一拉。劍尖指左。身腰立直。劍橫胸前。訣在劍尖之下。將右足一提。左足獨立。全體向左大轉身。面朝西南。訣藏右脥之下。將劍向左右挿花。挿花即是向左右倒挿絞花目光隨劍注視。

28ᵉ mouvement — Le dragon d’or s’enroule à la colonne de jade. La poignée soutient (tuo) vers l’avant-gauche, puis tire vers le côté droit ; la pointe vise la gauche. Le corps et les reins se redressent ; l’épée en travers de la poitrine, le jue sous la pointe. Le pied droit se lève, le pied gauche seul au sol ; tout le corps fait un grand tour vers la gauche, face au sud-ouest ; le jue se cache sous l’aisselle droite. L’épée « pique les fleurs » à gauche et à droite — piquer les fleurs, c’est planter et tordre des fleurs en alternance à gauche et à droite ; le regard suit l’épée.

第二十九動作 蹲身挂立 將劍尖向西南前下方一點。此時右足落下。足尖點地。再將右手向下一沉。劍尖向前上方一掤。劍鋒朝內外。劍身豎胸前。同時右足跟落實。左右兩足並齊。身體向下一沉。兩腿微曲。成蹲身挂立式。左訣貼腕。目光前視。

29ᵉ mouvement — Accroupi, accrocher et se dresser. La pointe pointe vers le sud-ouest, en avant-bas ; le pied droit retombe alors, pointe au sol. Puis la main droite s’abaisse ; la pointe pare (peng) vers le haut-avant, le tranchant vers l’intérieur et l’extérieur, la lame dressée devant la poitrine. En même temps, le talon droit se pose, les deux pieds s’alignent, le corps s’abaisse, les jambes légèrement fléchies, en posture accroupie accrochée et dressée ; le jue gauche touche le poignet ; le regard va droit devant.

第三十動作 仙人撩雲 將劍鋒磨朝左右。兩手仍在小腹前未動。上身向後微仰。將劍尖在面前上方。由左向右。磨一小圎圈。隨即左足退後一步。同時左訣向左拉出。右足再退後一大步。將劍再在面前磨一大圎圈。劍尖抹至正前方。劍柄靠近腹前。左訣收囘貼脈。目光前視。

30ᵉ mouvement — L’immortel soulève les nuages. Le tranchant s’oriente vers la gauche et la droite ; les deux mains restent devant le bas-ventre, sans bouger ; le haut du corps s’incline légèrement en arrière ; la pointe trace devant le visage, en haut, un petit cercle de gauche à droite. Aussitôt le pied gauche recule d’un pas, tandis que le jue gauche tire vers la gauche ; le pied droit recule encore d’un grand pas, et l’épée trace devant le visage un grand cercle ; la pointe essuie jusqu’au droit devant, la poignée près du ventre ; le jue gauche revient toucher le pouls ; le regard va droit devant.

第三十一動作 金雞獨立 左訣收囘護腰。手心朝上。同時右劍收囘護腰。劍尖朝前。鋒朝上下。左足跟提起。腰向後一折。胸向前一虚。成涵胸姿勢。此時人曲如弓。雙肘後屈。將腰隨劍向前一挺。劍即向前猛然扎出。左訣貼脈。隨將左右手收囘。仍然護腰。劍尖上翹。左膝上提貼腹。足尖向下。目光前視。

31ᵉ mouvement — Le coq d’or se tient sur un pied. Le jue gauche revient protéger la taille, paume vers le haut ; en même temps, l’épée droite revient protéger la taille, pointe vers l’avant, tranchant vers le haut ou le bas. Le talon gauche se lève ; les reins plient en arrière, la poitrine se creuse vers l’avant, en posture de poitrine creuse (涵胸) ; l’homme se courbe alors comme un arc, les deux coudes fléchis en arrière. Les reins se détendent vers l’avant avec l’épée, et l’épée frappe de pointe brusquement vers l’avant ; le jue gauche touche le pouls. Puis on ramène les deux mains, toujours protégeant la taille ; la pointe se relève ; le genou gauche se lève contre le ventre, pointe du pied vers le bas ; le regard va droit devant.

第三十二動作 野馬奔槽 將左足前落。右足隨向前一步。左足再向前一勢。右足再向前一踟。身腰左轉。成馬襠勢。正面朝東南蹲下。將劍向右平方猛然刺出。劍尖指西南。左臂向左平伸。訣指朝東北。目光右視劍尖。

32ᵉ mouvement — Le cheval sauvage court à la mangeoire. Le pied gauche retombe devant ; le pied droit avance d’un pas à sa suite ; le pied gauche avance encore d’un pas, le pied droit encore d’un pas traîné. Le corps et les reins tournent à gauche, en posture du cavalier, accroupi face au sud-est. L’épée pique brusquement à plat vers la droite, pointe vers le sud-ouest ; le bras gauche s’étend à plat vers la gauche, doigts en jue vers le nord-est ; le regard va à droite, vers la pointe.

第三十三動作 金雞上樹 將劍向下一點。撩劍向後一挂。右臂挺伸。抬與肩平。同時全體整箇向上一跳。雙足仍在原地落下。此係兩足齊跳齊落。身法不變。惟將劍尖挂於右臂外後方。劍尖在背後朝東北。劍柄指西南。左臂微曲。訣指朝上。目光右視。

33ᵉ mouvement — Le coq d’or monte à l’arbre. La pointe pointe vers le bas ; l’épée se lève puis accroche vers l’arrière ; le bras droit se tend et s’élève à hauteur de l’épaule. En même temps, tout le corps saute d’un bloc, les deux pieds retombant à leur place : les deux pieds sautent et retombent ensemble, la méthode du corps ne change pas ; seule la pointe accroche en arrière-extérieur du bras droit, la pointe derrière le dos vers le nord-est, la poignée vers le sud-ouest ; le bras gauche légèrement fléchi, doigts en jue vers le haut ; le regard va à droite.

第三十四動作 仙人伸腰 由上勢馬襠挂劍式。身腰立起。左足偷向右足後方一步。成拗步連枝勢。同時上身後仰。右手將劍順勢由後向右旁一斬。右臂伸直。此時劍尖朝西北。左手屈揚頂上。訣指朝北。目光右視。

34ᵉ mouvement — L’immortel étire les reins. Depuis la posture précédente du cavalier accrochant l’épée, le corps et les reins se dressent ; le pied gauche se glisse d’un pas derrière le pied droit, en pas croisé entrelacé ; en même temps, le haut du corps s’incline en arrière ; la main droite, suivant la posture, tranche de l’arrière vers le côté droit, bras droit tendu. La pointe vise alors le nord-ouest ; la main gauche se replie et s’élève au-dessus de la tête, doigts vers le nord ; le regard va à droite.

第三十五動作 烏龍擺尾 左足收囘。向左旁方一大步。身腰偏左。上身向前微斜。左訣護腦。同時將劍由上向左旁方畫弧。向右外方反撩向上。此時身腰偏右。右臂扭直。虎口朝下。掌心朝後。正面朝西南。目光視劍。劍尖指西北。訣指貼肩。

35ᵉ mouvement — Le dragon noir bat de la queue. Le pied gauche se ramène puis fait un grand pas sur le côté gauche ; le corps et les reins penchent à gauche, le haut du corps s’incline légèrement en avant ; le jue gauche protège la tête. En même temps, l’épée, de haut, trace un arc vers le côté gauche puis lève en contre vers l’extérieur droit ; le corps et les reins penchent alors à droite, le bras droit se tord et se tend, gueule du tigre vers le bas, paume vers l’arrière. On fait face au sud-ouest ; le regard suit l’épée, la pointe vise le nord-ouest ; les doigts en jue touchent l’épaule.

第三十六動作 朝天一柱香 將右足向左足後方偷進一步。成拗步連枝。全身坐落右小腿之上。右腕將劍轉成正面。抱囘懷中。左訣貼落右手三四指上。劍鋒朝左右。劍尖朝前上方。劍柄緊貼小腹。目光視劍。正面朝南。

36ᵉ mouvement — Un bâton d’encens vers le ciel. Le pied droit se glisse d’un pas derrière le pied gauche, en pas croisé entrelacé ; tout le corps s’assied sur le mollet droit. Le poignet droit ramène l’épée face à soi et l’étreint contre la poitrine ; le jue gauche se pose sur les troisième et quatrième doigts de la main droite ; le tranchant vers la gauche ou la droite, la pointe vers le haut-avant, la poignée serrée contre le bas-ventre. On fait face au sud ; le regard suit l’épée.

第三十七動作 丹鳳朝陽 左足向左旁方伸出一步。右足原地不動。身腰在右。上身前俯。同時右腕翻轉朝後。將劍向右後方反撩。左手訣指緊貼右肩骱。頭向右轉。目光右視劍尖。如擺尾式。此時劍尖朝西北。正身朝西南。兩足左東右西。再將劍尖向下一倒。由右前下方絞上成圎花。再向右一斬。斬落右足前方。劍尖離地二寸許。同時將身腰左移。左腿蹬下。左訣護腦右臂下垂。

37ᵉ mouvement — Le phénix vermillon salue le soleil. Le pied gauche fait un pas sur le côté gauche ; le pied droit reste sur place ; le corps et les reins portent à droite, le haut du corps se penche en avant ; en même temps, le poignet droit se retourne vers l’arrière et l’épée lève en contre vers l’arrière-droit ; les doigts en jue de la main gauche serrent l’articulation de l’épaule droite ; la tête tourne à droite, le regard va à droite vers la pointe, comme dans la posture de la queue battante. La pointe vise alors le nord-ouest, le corps fait face au sud-ouest, les deux pieds à l’est et à l’ouest. Puis la pointe s’abaisse, se tord en remontant depuis le bas-avant- droit en fleur circulaire, et tranche vers la droite ; le tranchant retombe devant le pied droit, la pointe à deux pouces du sol. En même temps, le corps et les reins se déplacent à gauche, la jambe gauche s’accroupit, le jue gauche protège la tête, le bras droit pend.

第三十八動作 烏龍吐霧 右足一收。上身後仰。將劍尖由右旁向上。抹至面前。兩臂在胸前交叉。左下右上。成貼抱式。再向兩旁一拉。同左足再向後一退。雙肘貼脇護腰。劍尖朝前。隨將右足向後一退。上身後仰。劍向前平刺。左訣由胸前向上一指。直豎頂上。成左前右後丁字步。左足足尖點地。正面朝西

38ᵉ mouvement — Le dragon noir crache le brouillard. Le pied droit se ramène ; le haut du corps s’incline en arrière ; la pointe, du côté droit, remonte et essuie jusqu’au visage ; les deux bras se croisent devant la poitrine, gauche en bas, droite en haut, en étreinte collée ; puis ils s’écartent des deux côtés, tandis que le pied gauche recule d’un pas. Les deux coudes collent aux flancs, protégeant la taille ; la pointe vers l’avant. Ensuite le pied droit recule d’un pas, le haut du corps s’incline en arrière, l’épée pique à plat vers l’avant ; le jue gauche, de la poitrine, pointe vers le haut, dressé verticalement au-dessus de la tête, en pas en T, gauche devant, droite derrière, pointe du pied gauche touchant le sol. On fait face à l’ouest.

第三十九動作 金雞獨立 由上勢身體立直。將劍收囘護腰。劍尖朝前。劍鋒朝上下。同時將訣一起收囘護腰。雙肘曲屈在後。虎口均是朝前。將左膝提起貼腹。足尖向下。此動作劍訣腿均要一起收囘。始成合法。目光前視。正面仍然朝西。

39ᵉ mouvement — Le coq d’or se tient sur un pied. Depuis la posture précédente, le corps se redresse ; on ramène l’épée pour protéger la taille, pointe vers l’avant, tranchant vers le haut ou le bas ; en même temps, on ramène aussi le jue pour protéger la taille ; les deux coudes fléchis en arrière, les deux gueules du tigre vers l’avant ; le genou gauche se lève contre le ventre, pointe du pied vers le bas. Dans ce mouvement, l’épée, le jue et la jambe doivent se ramener ensemble pour que la posture soit juste. Le regard va droit devant ; on fait toujours face à l’ouest.

第四十動作 鳳凰穿梭 左足落實。足尖朝西南。將右足一提。在左足前方落下。足尖點地。劍抱腰間。仍然未動。向左大轉身。隨將左足向左前方一步。成弓箭步。將劍向前平刺。左訣貼脈目光前視。正面朝西。

40ᵉ mouvement — Le phénix lance la navette. Le pied gauche se pose fermement, pointe vers le sud-ouest ; le pied droit se lève et retombe devant le pied gauche, pointe au sol ; l’épée étreinte à la taille, toujours sans bouger. Grand tour vers la gauche ; puis le pied gauche fait un pas vers l’avant-gauche, en posture d’arc et de flèche ; l’épée pique à plat vers l’avant ; le jue gauche touche le pouls ; le regard va droit devant. On fait face à l’ouest.

第四十一動作 太公鈎魚 將劍尖翻轉。向左後下方絞花向上。再反撩向右下後方。絞起成左右挿花。再將右足向前半步。左膝屈提貼腹。足尖向下。將劍由右上方向前下方一劈。上身隨勢以助其勁。此時涵胸拔背。右足獨立。左訣貼脈。劍尖下垂。目光視前下方。正面朝西。

41ᵉ mouvement — Le grand duc pêche. La pointe se retourne, tord une fleur vers le bas-arrière-gauche et remonte ; puis elle lève en contre vers le bas-arrière-droit, en torsade, formant des fleurs alternées gauche et droite. Puis le pied droit avance d’un demi-pas ; le genou gauche se fléchit et se lève contre le ventre, pointe du pied vers le bas ; l’épée fend depuis le haut-droit vers l’avant-bas, le haut du corps suivant la posture pour aider la force. On a alors la poitrine creuse et le dos rond ; le pied droit seul au sol ; le jue gauche touche le pouls ; la pointe pend ; le regard va vers l’avant-bas. On fait face à l’ouest.

第四十二動作 拗步鈎挂 將左足落向右足後方。隨將劍尖反轉向下。掌心朝上。虎口朝下。劍尖由右下方向後一鈎。右足隨劍向右後方一步。身體右轉。正面朝北。成馬襠蹬下。劍向上一挂。左訣舉貼右腕脈門。目光上視。

42ᵉ mouvement — Pas croisé, crochet et accrochage. Le pied gauche retombe derrière le pied droit ; la pointe se retourne alors vers le bas, paume vers le haut, gueule du tigre vers le bas ; la pointe crochète vers l’arrière depuis le bas-droit. Le pied droit, suivant l’épée, fait un pas vers l’arrière-droit ; le corps tourne à droite, face au nord, et s’accroupit en posture du cavalier ; l’épée accroche vers le haut ; le jue gauche se lève et touche le pouls du poignet droit ; le regard remonte.

第四十三動作 青龍探爪 將左膝向右一提。足尖向下。左訣藏於右脥下。將劍尖向下一倒。向左下後方絞起。劍柄緊抱腹前。同時身腰左紐。左足磨轉朝南。拗步落下。全身蹲坐。劍鋒朝左右。左訣貼右手三四指中節。將劍向前方扎出。身隨劍起。正面朝西。再將右腿向前伸出。左轉身。正面朝西南。上身蹲坐左腿之上。將劍向右前下方一劈。離右足尖約二寸許。右臂垂直襠下。左訣仍貼脈門。目光視劍。

43ᵉ mouvement — Le dragon vert tend la griffe. Le genou gauche se lève vers la droite, pointe du pied vers le bas ; le jue gauche se cache sous l’aisselle droite ; la pointe s’abaisse et se tord en remontant vers le bas-arrière-gauche ; la poignée serrée contre le ventre. En même temps, le corps et les reins se tordent à gauche ; le pied gauche pivote vers le sud et retombe en pas croisé ; tout le corps s’accroupit, le tranchant vers la gauche ou la droite ; le jue gauche touche les os des troisième et quatrième doigts de la main droite ; l’épée frappe de pointe vers l’avant, le corps se lève avec l’épée, face à l’ouest. Puis la jambe droite se tend vers l’avant, on tourne à gauche, face au sud-ouest ; le haut du corps s’accroupit sur la jambe gauche ; l’épée fend vers l’avant-bas-droit, à environ deux pouces de la pointe du pied droit ; le bras droit pend verticalement devant l’entrejambe ; le jue gauche reste sur le pouls ; le regard suit l’épée.

第四十四動作 夜叉探海 上身就勢右移。左訣護腦。右劍就地向前刺出。同時身轉劍起。左腿屈提貼腹。足尖上翹。身向右探。目光視劍正面朝西南。

44ᵉ mouvement — Le yaksa sonde la mer. Le haut du corps se déplace à droite à la faveur de la posture ; le jue gauche protège la tête ; l’épée droite pique vers l’avant sur place. En même temps, le corps tourne et l’épée se lève ; la jambe gauche se fléchit et se soulève contre le ventre, pointe du pied relevée ; le corps se penche vers la droite. On fait face au sud-ouest ; le regard suit l’épée.

第四十五動作 玉女穿梭 將左足向右後方偷進一步落實。成拗步連枝勢。將劍尖向懷內一掤。成劍柄在北。劍尖朝南。劍橫胸前。左訣指劍尖前下方。就勢不動。身腰向左後下紐轉。至正面朝西。將劍向前平刺。左訣貼脈。步法成左弓右箭勢。目光視劍。

45ᵉ mouvement — La dame de jade lance la navette. Le pied gauche se glisse d’un pas vers l’arrière-droit et se pose fermement, en pas croisé entrelacé. La pointe pare (peng) vers l’intérieur, la poignée au nord, la pointe au sud, la lame en travers de la poitrine ; le jue gauche pointe vers l’avant-bas de la pointe. Sans bouger, le corps et les reins se tordent vers l’arrière-gauche, en bas, jusqu’à faire face à l’ouest ; l’épée pique à plat vers l’avant ; le jue gauche touche le pouls ; les pas forment la posture d’arc gauche et de flèche droite ; le regard suit l’épée.

第四十六動作 猛虎歸山 右足向前半步。足尖朝南。將劍向懷內一掤。掌心朝外。虎口朝左。劍橫胸前。左足提起。向左旁方橫進一步。身腰左轉。正面朝東南。將劍向左旁方倒刺。左訣貼落右手腕背之上。目光前視。

46ᵉ mouvement — Le tigre féroce retourne à la montagne. Le pied droit avance d’un demi-pas, pointe vers le sud ; l’épée pare (peng) vers l’intérieur, paume vers l’extérieur, gueule du tigre vers la gauche, lame en travers de la poitrine. Le pied gauche se lève et fait un pas de côté vers la gauche ; le corps et les reins tournent à gauche, face au sud-est ; l’épée pique à l’envers vers le côté gauche ; le jue gauche se pose sur le dos du poignet droit ; le regard va droit devant.

第四十七動作 龍王三潮水 身步未動。將劍在左旁方右旁方連絞三花。左訣隨劍柄開合。待絞至劍尖反仰向前。劍把直對口鼻。左訣貼抵劍柄。大指四指五指分握劍柄兩旁。

47ᵉ mouvement — Le roi dragon, trois marées. Le corps et les pas ne bougent pas ; l’épée tord trois fleurs enchaînées à gauche puis à droite ; le jue gauche s’ouvre et se ferme avec la poignée. Quand la torsade amène la pointe renversée vers l’avant, la poignée droit devant la bouche et le nez, le jue gauche s’appuie contre la poignée, le pouce, l’annulaire et l’auriculaire se répartissant des deux côtés de la poignée.

第四十八動作 太子站江邊 右足向後一退。左足收囘。雙足並齊。右手揑訣護腦。左手垂直。劍握腕下。劍身貼肘。劍尖朝上。鋒向兩旁。正面朝東南。目光平視。

48ᵉ mouvement — Le prince se tient au bord du fleuve. Le pied droit recule d’un pas ; le pied gauche se ramène ; les deux pieds s’alignent. La main droite forme le jue et protège la tête ; la main gauche pend verticalement ; l’épée tenue sous le poignet, la lame collée au coude, la pointe vers le haut, le tranchant des deux côtés. On fait face au sud-est ; le regard est horizontal.

Explication de l’emploi de chaque posture (龍形劍各箇姿勢用法說明)

起首第一着。立正提劍。是為預備姿勢。第二着仙人擔衣。係認定敵人來處。第三着獅子望球。敵人平胸一劍刺來。我將劍向上一橫。身腰右閃。第四着仙人指路。我將敵人來劍閃過。順勢將劍向其袖底刺去。第五着西牛望月。譬如敵人由右進步斬來。我即將劍向右一掤。第六着烏龍入洞。我順勢將劍向前一扎。第七着立馬聼風。敵人用劍提我手腕。我即將劍右抹。第八着古樹盤根。大轉身。用劍下斬敵人之腿。第九着敵人在後用劍來劈我頭。我即將劍一提。翻身格過。隨即刺其足面。第十着鳳凰點頭。敵人仍然用劍找我手腕。我即退步用劍一掤。還找敵人手腕。第十一着夜叉探海。敵人後退。我即進步撩陰。第十二着。拗步鈎挂。敵人由右旁方一劍。向小腹刺來。我即將劍向右下後方一鈎。格過來劍。隨將劍上扎敵人之頂。第十三着青龍探爪。敵人左讓。用劍刺腹。我即將劍向下一提。撩出以抹敵人之咽喉。敵人底來。我再將身一底。用劍下劈。以擊其手臂。第十四着夜叉探海。敵人後退。我即上步撩陰。第十五着囘頭劈華山。前面敵人敗走。後面又來一敵人。奔來就刺。我即囘頭。翻身猛劈。第十六着烏龍擺尾。前敵復來。一劍由上下劈。我即偏身用劍反撩敵腕。第十七着烏龍絞珠。前後兩敵齊來。我即絞劍大轉身。以格其械。第十八着烏龍擺尾。前敵一劍攔腰斬來。我即提劍左鈎絞上。以劈敵人手腕。第十九着金雞獨立。又一敵人用劍斬我之腿。我即將腿收囘。隨即進步撩陰。第二十着拗步鈎挂。前敵又一劍向腰間斬來。我即身腰右紐。將劍向後方一鈎。後敵又一劍向左頸項刺來。我即順勢將劍由上向左一挂。第二十一着懷中抱月。敵劍向下斬腿。我即將劍尖向左下方一鈎。絞起。敵劍翻上。我即抱懷右掤。順勢前扎。第二十二着夜叉探海。敵人後退。我即上步撩陰。第二十三着玉女穿針。敵人從左一劍扎肋。我即身腰右讓。將劍一掤。以截敵人右腕。第二十四着就地生風。左右敵人。兩劍均從左右抹來。我即全身蹲伏。將劍橫磨。就地轉身。以找敵人之腿。第二十五着白猿偷桃。前面敵人來劍刺胸。我將上胸一呑。用劍點擊敵人心胸。第二十六着脇下藏劍。後敵用雙手來抱我腰。我即用劍由左脇向後一刺。第二十七着鷂子翻身。前敵一劍。向頂劈來。我即將劍向上一托。順勢磨斬敵人之頸。第二十八着金龍盤玉柱。敵又一劍向咽喉刺來。我即將劍向左一格。後敵又來擊我右臂。我即將劍向右一拉。第二十九着蹲身挂立。敵人用劍由上劈來。我即蹲身用劍向上一掤。以挂敵人腕底。第三十着仙人撩雲。敵劍上來。我即將劍尖由上向右外抹。順勢以斬敵人頸項。第三十一着金雞獨立。敵人後退。我將劍訣收囘護腰。左足提起。似欲向前追趕。第三十二着野馬奔槽。我即箭步向前追去。隨用劍尖前刺敵人後腰。第三十三着金雞上樹。敵人猛然向右轉身。用劍來抹我頸。我即將劍向右外後方一掤。第三十四着仙人伸腰。敵人左閃。我即拗步順勢用劍以斬敵人頸項。第三十五着烏龍擺尾。敵人用劍找我手腕。我即左足左退。反劍以撩敵人手腕。第三十六着朝天一柱香。左敵迎面一劍當胸刺來。我即抱劍左格。第三十七着丹鳳朝陽。順勢將劍尖下翻。反撩敵人手腕。敵人將劍上撩。我即將劍翻上。正找敵人手腕。第三十八着烏龍吐霧。左敵左來。我即將劍左磨。敵人右來。我即將劍右磨。一敵迎面一劍來刺我喉。我即頭面後仰。用劍轉刺來敵心胸。第三十九着金雞獨立。敵人後退。我即抱劍收囘。以觀其變。第四十着鳳凰穿梭。欲趕前敵。因防後敵。故而抱劍轉身。仍追前敵。用劍以刺其脊背。第四十一着太公釣魚。敵劍刺左。我劍左格。敵劍刺右。我劍右格。敵劍稍遲。我即隨時用劍下點敵人手腕。第四十二着拗步鈎挂。敵劍由右下來。我即將劍向下後鈎。左敵左來。我即挂劍以扎其腦。第四十三着青龍探爪。敵劍下刺我肋。我即將劍下格。敵劍一縮。我劍隨即順勢絞花。由上下劈。第四十四着夜叉探海。敵人後退。我即上步撩陰。第四十五着玉女穿梭。左敵一劍。向肋刺來。我即右閃用劍以掤敵人手腕。右敵從後又來。我即轉身用劍以刺其胸。第四十六着猛虎歸山。左敵又來。我即翻身用劍以扎其腦。第四十七着龍王三潮水。兩敵左右同時刺來。我即將劍左右絞花。第四十八着太子站江邊。雙敵齊退。我即收劍站立。

1ʳᵉ prise — Au garde-à-vous, épée levée : posture de préparation. 2ᵉ prise — L’immortel porte son vêtement : on détermine d’où vient l’adversaire. 3ᵉ prise — Le lion regarde la boule : l’adversaire pique à hauteur de la poitrine ; je porte l’épée en travers vers le haut et esquive le corps et les reins à droite. 4ᵉ prise — L’immortel indique la route : j’ai esquivé l’épée adverse et, suivant la posture, je pique sous sa manche. 5ᵉ prise — Le rhinocéros contemple la lune : si l’adversaire avance de la droite pour trancher, je pare aussitôt (peng) vers la droite. 6ᵉ prise — Le dragon noir entre dans la grotte : suivant la posture, je frappe de pointe vers l’avant. 7ᵉ prise — Le cheval arrêté écoute le vent : l’adversaire cherche mon poignet avec son épée ; j’essuie aussitôt vers la droite. 8ᵉ prise — Le vieil arbre enlace ses racines : grand tour du corps, et l’épée tranche en bas les jambes de l’adversaire. 9ᵉ prise : un adversaire derrière moi fend ma tête ; je lève l’épée, me retourne, pare, puis pique le dessus de son pied. 10ᵉ prise — Le phénix hoche la tête : l’adversaire cherche encore mon poignet ; je recule d’un pas, pare avec l’épée, et cherche à mon tour son poignet. 11ᵉ prise — Le yaksa sonde la mer : l’adversaire recule ; j’avance et lève vers son aine (liao yin). 12ᵉ prise — Pas croisé, crochet et accrochage : l’adversaire pique vers mon bas-ventre depuis le côté droit ; je crochète vers l’arrière-bas-droit, pare son épée, puis frappe de pointe vers le haut, au sommet de sa tête. 13ᵉ prise — Le dragon vert tend la griffe : l’adversaire esquive à gauche et pique mon ventre ; j’abaisse l’épée, la lève et essuie sa gorge ; s’il plonge, je plonge à mon tour et fends en bas pour frapper son bras. 14ᵉ prise — Le yaksa sonde la mer : l’adversaire recule ; j’avance d’un pas et lève vers son aine. 15ᵉ prise — Retourner et fendre le mont Hua : l’adversaire de devant s’enfuit vaincu, un autre arrive par derrière pour piquer ; je me retourne et fends avec violence. 16ᵉ prise — Le dragon noir bat de la queue : l’adversaire de devant revient et fend de haut en bas ; je penche le corps et lève en contre son poignet. 17ᵉ prise — Le dragon noir tord la perle : les deux adversaires, devant et derrière, viennent ensemble ; je tords l’épée en un grand tour pour parer leurs armes. 18ᵉ prise — Le dragon noir bat de la queue : l’adversaire de devant tranche vers ma taille ; je lève l’épée, crochète à gauche, tords et remonte pour fendre son poignet. 19ᵉ prise — Le coq d’or se tient sur un pied : un autre adversaire tranche ma jambe ; je ramène la jambe et, aussitôt, j’avance et lève vers son aine. 20ᵉ prise — Pas croisé, crochet et accrochage : l’adversaire de devant tranche encore vers ma taille ; je tords le corps et les reins à droite et crochète l’épée vers l’arrière ; l’adversaire de derrière pique vers mon cou gauche ; suivant la posture, j’accroche de haut en bas vers la gauche. 21ᵉ prise — Embrasser la lune contre la poitrine : l’épée adverse tranche en bas mes jambes ; je crochète la pointe vers le bas-gauche et la tords en remontant ; l’épée adverse se retourne vers le haut ; j’étreins et pare à droite, puis frappe de pointe suivant la posture. 22ᵉ prise — Le yaksa sonde la mer : l’adversaire recule ; j’avance d’un pas et lève vers son aine. 23ᵉ prise — La dame de jade enfile l’aiguille : l’adversaire pique mes côtes par la gauche ; je cède le corps et les reins à droite, pare avec l’épée, et tranche le poignet droit de l’adversaire. 24ᵉ prise — Susciter le vent sur place : des adversaires à gauche et à droite essuient tous deux avec leurs épées ; je m’accroupis de tout mon corps, fais tourner l’épée à l’horizontale, me retourne sur place et cherche leurs jambes. 25ᵉ prise — Le singe blanc vole la pêche : l’adversaire de devant pique ma poitrine ; je creuse la poitrine et, de la pointe, frappe son cœur. 26ᵉ prise — Cacher l’épée sous l’aisselle : un adversaire derrière m’enserre la taille à deux mains ; je pique en arrière depuis l’aisselle gauche. 27ᵉ prise — L’épervier se retourne : l’adversaire de devant fend vers mon sommet ; je soutiens (tuo) l’épée vers le haut et, suivant la posture, tranche son cou en essuyant. 28ᵉ prise — Le dragon d’or s’enroule à la colonne de jade : l’adversaire pique encore ma gorge ; je pare à gauche ; l’adversaire de derrière frappe mon bras droit ; je tire l’épée vers la droite. 29ᵉ prise — Accroupi, accrocher et se dresser : l’adversaire fend de haut en bas ; je m’accroupis et pare vers le haut pour accrocher le dessous de son poignet. 30ᵉ prise — L’immortel soulève les nuages : l’épée adverse monte ; j’essuie la pointe de haut en dehors-droit et, suivant la posture, tranche son cou. 31ᵉ prise — Le coq d’or se tient sur un pied : l’adversaire recule ; je ramène l’épée et le jue pour protéger la taille, lève le pied gauche, comme pour me lancer à sa poursuite. 32ᵉ prise — Le cheval sauvage court à la mangeoire : je m’élance d’un bond, puis pique de la pointe les reins de l’adversaire. 33ᵉ prise — Le coq d’or monte à l’arbre : l’adversaire se retourne brusquement à droite et vient essuyer mon cou ; je pare vers l’arrière-extérieur droit. 34ᵉ prise — L’immortel étire les reins : l’adversaire esquive à gauche ; en pas croisé et suivant la posture, je tranche son cou. 35ᵉ prise — Le dragon noir bat de la queue : l’adversaire cherche mon poignet avec son épée ; je recule du pied gauche et lève en contre son poignet avec l’épée retournée. 36ᵉ prise — Un bâton d’encens vers le ciel : un adversaire à gauche pique droit devant ma poitrine ; j’étreins l’épée et pare à gauche. 37ᵉ prise — Le phénix vermillon salue le soleil : suivant la posture, je retourne la pointe en bas et lève en contre le poignet de l’adversaire ; s’il lève son épée vers le haut, je retourne la mienne et cherche son poignet. 38ᵉ prise — Le dragon noir crache le brouillard : un adversaire vient de la gauche ; je fais tourner l’épée à gauche ; s’il vient de la droite, je la fais tourner à droite ; un adversaire pique droit vers ma gorge ; je renverse la tête et le visage en arrière et, de l’épée, pique en retour la poitrine de celui qui vient. 39ᵉ prise — Le coq d’or se tient sur un pied : l’adversaire recule ; j’étreins l’épée et la ramène pour observer ce qui change. 40ᵉ prise — Le phénix lance la navette : je veux poursuivre l’adversaire de devant, mais je me garde de celui de derrière ; aussi, étreignant l’épée, je me retourne, puis reprends la poursuite et pique le dos de l’adversaire. 41ᵉ prise — Le grand duc pêche : l’épée adverse pique à gauche, je pare à gauche ; elle pique à droite, je pare à droite ; si elle s’attarde, je pointe aussitôt en bas son poignet. 42ᵉ prise — Pas croisé, crochet et accrochage : l’épée adverse vient du bas-droit ; je crochète vers le bas-arrière ; un adversaire vient de la gauche ; j’accroche et frappe de pointe sa tête. 43ᵉ prise — Le dragon vert tend la griffe : l’épée adverse pique en bas mes côtes ; je pare en bas ; l’épée adverse se rétracte ; la mienne tord aussitôt une fleur suivant la posture et fend de haut en bas. 44ᵉ prise — Le yaksa sonde la mer : l’adversaire recule ; j’avance d’un pas et lève vers son aine. 45ᵉ prise — La dame de jade lance la navette : un adversaire à gauche pique mes côtes ; j’esquive à droite et pare son poignet ; un adversaire à droite survient par derrière ; je me retourne et pique sa poitrine. 46ᵉ prise — Le tigre féroce retourne à la montagne : l’adversaire de gauche revient ; je me retourne et frappe de pointe sa tête. 47ᵉ prise — Le roi dragon, trois marées : deux adversaires piquent en même temps, à gauche et à droite ; je tords des fleurs à gauche et à droite. 48ᵉ prise — Le prince se tient au bord du fleuve : les deux adversaires reculent ensemble ; je ramène l’épée et me tiens debout.


Notes du traducteur

  1. Jin Yiming (金一明) : auteur martial prolifique de l’époque républicaine, natif de Yangzhou. Ses écrits parurent dès 1916 (Compagnie du livre Zhonghua). Il fut chargé de l’instruction à l’Institut provincial des arts martiaux du Jiangsu à partir de 1930.
  2. La méthode : l’épée en forme de dragon se rattache à la tradition de Yan Jiyun (嚴繼藴), dit « Yan la Grande Lance », de Yanzhou (Shandong), transmise à Tong Wenhua (童文華), puis publiée par Jin Yiming. Le manuel, illustré de figures (non reproduites ici), décrit quarante-huit postures exécutées face au sud au départ ; les repères cardinaux (南 sud, 北 nord, 東 est, 西 ouest) y servent à fixer l’orientation de chaque mouvement.
  3. Les onze caractères (十一字) : 劈 pi (fendre), 撩 liao (lever), 斬 zhan (trancher), 抹 mo (essuyer), 掤 peng (parer en remontant), 托 tuo (soutenir), 鈎 gou (crocheter), 挂 gua (accrocher), 提 ti (lever), 刺 ci (piquer), 扎 zha (frapper de pointe). Le texte compare ces huit premières méthodes aux huit traits du caractère 永 (yong) de la calligraphie.
  4. Le jue (訣) : le « sceau » formé avec la main qui ne tient pas l’épée — index et majeur tendus, pouce appuyé sur l’annulaire et l’auriculaire — typique des exercices d’épée chinois.
  5. Les cinq interdits du général Li Jinglin (李景林) : général et escrimeur célèbre (1885–1931), promoteur de l’épée du Wudang, dont le manuel reprend ici les préceptes.
  6. L’historique des épées : la liste des épées célèbres, de Di Qi des Xia à l’empereur Wu des Liang, s’appuie sur les Registres des sabres et des épées (刀劍錄) de Tao Hongjing (456–536). L’« épée en forme de dragon » y apparaît déjà comme le nom de l’épée coulée par l’empereur Ming des Han (58–75), jetée dans la rivière Luo.

Source du texte chinois : 金一明, 《龍形劍》, 新亞書店, 1931 (20ᵉ année de la République), texte chinois reproduit sur la page de Paul Brennan, « Dragon Shape Sword », où se trouve également la traduction anglaise de l’auteur. Le texte chinois original est dans le domaine public. Traduction française : nouvelle traduction réalisée directement à partir du texte chinois pour ce site.