Le Ling bengbu (領崩步) est un manuel publié à Hong Kong en 1955 par Huang Hanxun (黃漢勛, 1915-1974), de Shunde (順德), au Guangdong, l’un des principaux passeurs de la boxe de la mante (螳螂拳) à Hong Kong et l’auteur d’une longue série d’ouvrages sur cet art. Comme tous les livres de sa série, celui-ci transmet l’enseignement de son maître Luo Guangyu (羅光玉) de Penglai (蓬萊), au Shandong, qui fut plus de vingt ans au service de l’Association athlétique Jingwu (精武體育會). Les postures sont ici exécutées par Mai Huayong (麥華永) et Dai Jincheng (戴金城), photographiées par Tan Yili (譚以禮) et relues par Tan Yiren (譚以仁).

Le titre demande une explication. Beng bu (崩步, « pas d’avalanche ») est le nom d’un enchaînement fondamental de l’école ; le verbe ling (領, « conduire, mener, prendre en main ») désigne, dans le vocabulaire de la mante, le travail à deux par lequel un partenaire rejoue chaque mouvement de l’enchaînement pour en éprouver l’usage : l’un « frappe le bengbu » (打崩步), l’autre « conduit le poing » (領拳), et les rôles s’échangent. Le Ling bengbu est donc la mise en scène, photographie par photographie, de ces applications : non pas un enchaînement nouveau, mais le même enchaînement vu du côté de l’adversaire.

L’ouvrage s’ouvre sur une calligraphie de Guan Zhuo (關卓), la liste des postures, une préface et un essai sur la méthode du ling quan, puis déroule les quarante-sept postures de l’ensemble à deux, chacune avec ses explications (說明) et, le plus souvent, un commentaire technique de l’auteur. Il se clôt sur un « Avis général aux frères de la boxe de la mante ».

Huang Hanxun est mort le 23 décembre 1974 ; le texte chinois appartient donc au domaine public depuis le 1ᵉʳ janvier 2025.

Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.

Page de titre (書名頁)

領崩步

順德黃漢勛編述

山東蓬萊羅光玉老師授

演式者:麥華永 戴金城

攝影者:譚以禮

校對者:譚以仁

« Conduire le pas d’avalanche » (領崩步).

Compilé et rédigé par Huang Hanxun de Shunde.

Enseigné par le maître Luo Guangyu de Penglai, au Shandong.

Exécution des postures : Mai Huayong et Dai Jincheng.

Photographies : Tan Yili.

Relecture : Tan Yiren.

[Publié à Hong Kong, 1955.]

Calligraphie liminaire (題字)

領崩步

關卓題

« Conduire le pas d’avalanche » (領崩步), calligraphie de Guan Zhuo.

Calligraphie liminaire de l’édition de 1955 : le titre 領崩步 (« conduire le pas d’avalanche ») dû à Guan Zhuo

Ordre des postures (演式次序)

  1. 中平雙蓄勢 — Position centrale et égale, double réserve
  2. 跨虎斜補捶 — Posture du tigre assis, poing de complément en diagonale
  3. 跨虎捕蟬式 — Posture du tigre assis, saisir la cigale
  4. 登山左揷掌 — Posture de l’ascension, paume pénétrante gauche
  5. 登山右補捶 — Posture de l’ascension, poing de complément droit
  6. 蹤跳封統捶 — Bond, poing qui scelle et transperce
  7. 入環右撥肘 — Posture du genou en anneau, coude qui écarte à droite
  8. 入環右崩捶 — Posture du genou en anneau, poing d’avalanche droit
  9. 背踢雙撥掌 — Coup de pied arrière, double paume qui écarte
  10. 馬式雙封手 — Posture du cavalier, double main qui scelle
  11. 登山刁劈捶 — Posture de l’ascension, main crochetante et poing qui fend
  12. 右抅摟採手 — Saisie de la main droite qui accroche et cueille
  13. 跨虎番車式 — Posture du tigre assis, la roue qui tourne
  14. 登山左揷掌 — Posture de l’ascension, paume pénétrante gauche
  15. 登山右補捶 — Posture de l’ascension, poing de complément droit
  16. 馬式雙封手 — Posture du cavalier, double main qui scelle
  17. 登山右腰斬 — Posture de l’ascension, tranche à la taille à droite
  18. 馬式左崩捶 — Posture du cavalier, poing d’avalanche gauche
  19. 提腿左刁手 — Jambe levée, main crochetante gauche
  20. 提腿反提刁 — Jambe levée, crochet inversé qui relève
  21. 馬式右劈軋 — Posture du cavalier, fendre et écraser à droite
  22. 扭步左黏肘 — Pas tordu, coude collant gauche
  23. 登山左拐肘 — Posture de l’ascension, coude qui frappe à gauche
  24. 登山右斜掌 — Posture de l’ascension, paume oblique droite
  25. 馬式正補捶 — Posture du cavalier, poing de complément frontal
  26. 雙刁左揪腿 — Double crochet, jambe accrochée à gauche
  27. 雙刁右揪腿 — Double crochet, jambe accrochée à droite
  28. 跨虎雙捆手 — Posture du tigre assis, double main qui ligote
  29. 踢腿刁取眼 — Coup de pied, crochet pour crever l’œil
  30. 提腿雙擊掌 — Jambe levée, double paume qui frappe
  31. 刁手反衝爪 — Main crochetante, griffe qui contre
  32. 拼腿上圈捶 — Jambes jointes, poing en cercle haut
  33. 提腿下截捶 — Jambe levée, poing qui coupe vers le bas
  34. 提腿上挑捶 — Jambe levée, poing qui relève vers le haut
  35. 登山封齊掌 — Posture de l’ascension, paume qui scelle de front
  36. 反封左措捶 — Contre-scellement, poing qui presse à gauche
  37. 迎封右措捶 — Scellement d’accueil, poing qui presse à droite
  38. 掛手頂臍捶 — Main qui suspend, poing qui presse au nombril
  39. 吞塌右扇風 — Effondrement avalé, éventail à droite
  40. 吞塌左扇風 — Effondrement avalé, éventail à gauche
  41. 吞塌右扇風 — Effondrement avalé, éventail à droite
  42. 引針右腰斬 — Aiguille guidée, tranche à la taille à droite
  43. 登山左圈捶 — Posture de l’ascension, poing en cercle gauche
  44. 登山左崩捶 — Posture de l’ascension, poing d’avalanche gauche
  45. 七星左刁手 — Posture des sept étoiles, main crochetante gauche
  46. 七星右補捶 — Posture des sept étoiles, poing de complément droit
  47. 跨虎捕蟬式 — Posture du tigre assis, saisir la cigale

Préface de l’auteur (序)

螳螂拳發明迄今達三百年歷七傳,論歷史不為暫矣,然歷代相傳俱藉手抄本之記載而述其綱要耳!以是而世之非螳螂拳門弟子便得其名而不知拳藝之所自來矣,先師生時,余亦屢屢縷述出書行世之志,師亦允助余成之,當着手編寫時適太平洋戰起,師乃作北歸之計,臨行乃將得自范公之遺著授余,囑發揚光大之,迨翌年師逝於春申,余對叮嚀致囑之言未敢時刻或忘也。

Depuis l’invention de la boxe de la mante, trois cents années se sont écoulées et sept transmissions se sont succédé : son histoire n’est donc pas récente. Mais, de génération en génération, la transmission s’est faite par des cahiers manuscrits qui n’en exposaient que les grandes lignes ; aussi ceux qui ne sont pas disciples de la boxe de la mante en connaissent-ils le nom sans savoir d’où cet art est venu. Du vivant de mon défunt maître, je lui exposai à plusieurs reprises mon désir de publier un livre ; il consentit à m’aider à le mener à bien. Au moment où je me mis à la rédaction, la guerre du Pacifique éclata : mon maître forma le projet de retourner dans le Nord et, sur le point de partir, il me remit les écrits laissés par le vénérable Fan (范公), en me recommandant de les faire connaître et de les développer. L’année suivante, il mourait à Shanghai ; je n’ai jamais osé oublier un seul instant ses recommandations instantes.

勝利後即重輯舊稿,於翌三十五年刋行螳螂拳術闡秘一書,初版弍千本,迨昨春售罄,於同年初冬再版之,三十六年出崩步拳,初版弍千本,亦於昨秋售罄,乃將羅師遺式僅四十幀(次七張,內余補攝塡足。)更名為(重訂崩步拳)是為拙著中之第八種矣,前承各地讀者諸君垂愛,囑編印(領崩步)一書,因此乃編成此冊,至佳劣與否?非余所計也,祗瘁其心力勉應,拳拳雅意而已。

Après la victoire, je remis en ordre mes anciens manuscrits et publiai l’année suivante — la trente-cinquième de la République [1946] — l’ouvrage Tanglang quanshu chanmi (« Révélation des secrets de la boxe de la mante », 螳螂拳術闡秘) ; le premier tirage de deux mille exemplaires fut épuisé au printemps dernier, et l’ouvrage fut réimprimé au début de l’hiver de la même année. En la trente-sixième année [1947] parut le Beng bu quan, dont le premier tirage de deux mille exemplaires fut également épuisé l’automne dernier. Comme il ne restait de mon maître Luo que quarante clichés (plus sept autres, complétés par des prises de vue que j’ai faites moi-même), je le republiai sous le titre Beng bu quan révisé (重訂崩步拳), qui est le huitième de mes ouvrages. Encouragé par l’affection que m’ont témoignée de toutes parts mes lecteurs — qui me demandaient de composer un Ling bengbu —, j’ai donc rédigé ce volume. Qu’il soit bon ou médiocre, ce n’est pas ce dont je me soucie : je n’ai fait qu’y employer toutes mes forces pour répondre à leur empressement.

Du « ling quan » (論領拳)

螳螂拳術乃近三百年來武林同道中所公認之剛柔互濟,長短相等,快而不浮,穩而不滯之最新發現,自王朗氏發明以迄范旭東氏俱大盛於山東各地,近自羅師光玉及楊維新師伯蒞臨滬濱傳技,始漸為後南方人仕所重,迨後羅師更親臨香島傳揚,益為百粵武壇所仰止也。

Depuis près de trois cents ans, la boxe de la mante est reconnue par tous les compagnons des cercles martiaux comme la plus récente des découvertes : le dur et le souple s’y soutiennent, le long et le court s’y égalent, la rapidité ne s’y fait pas légère, la solidité ne s’y fait pas lourde. Depuis son invention par Wang Lang (王朗) jusqu’à Fan Xudong (范旭東), elle a fleuri dans tout le Shandong ; plus récemment, lorsque mon maître Luo Guangyu et mon oncle-maître Yang Weixin (楊維新) vinrent enseigner au bord de la Hu, à Shanghai, elle commença d’être tenue en estime par les gens du Sud, et plus tard, mon maître venu lui-même la répandre à Hong Kong, elle fut d’autant plus vénérée par les cercles martiaux des cent Yue.

吾人素習知之拳術多是祗就拳套鍛練以達成技力上之修養,惟螳螂拳則有其特異之點曰:(領拳)者,即是其所傳授之拳,俱可照原來之動作上,整套作對拆式之領畧其作用,以是而使習之者乃有舉一反三之迅速成效,不致學而不知其用之困難矣,譬喻吾人習崩步拳至熟極時可尋一同練者依法演進,使全拳得一瞭然於用途之確切答案,進而互換其位置,更可彼此獲得同樣之成果矣,不但動作上獲得偉大之實效,且可操演成熟後作為一般(串子)式之表演亦美觀而緊凑,進而(躱剛拳)(揷捶)(十八叟拳)等基本拳均可作如是之練習,迨經此一過程,對其他較高級之拳術可不矣(領)已知大畧之八九矣,以是習螳螂拳而未經(領)者實為其最大之損失,因此余乃先將崩步對領圖解付印成書,俾習斯拳者得確切之認識,未習者亦可得覩螳螂拳之輪廓,且繼此而將其他各拳續以刋出,俾有志研究螳螂拳者得一眞面目也。

Les arts de combat que nous connaissons d’ordinaire ne se travaillent guère que sous forme d’enchaînements, afin d’atteindre par là une certaine maîtrise technique. La boxe de la mante a là-dessus un point tout particulier, qu’elle nomme ling quan (領拳, « conduire le poing ») : chacun des enchaînements qu’elle transmet peut, en suivant exactement les mouvements d’origine, être repris de bout en bout sous la forme d’un « démontage à deux » (對拆) qui en fait saisir l’usage. Par là, celui qui étudie obtient des résultats rapides — « d’une chose comprise, trois devinées » — et n’a plus ce tourment d’avoir appris sans savoir à quoi cela sert. Supposons par exemple que, parvenu à une parfaite aisance dans le bengbu, on cherche un compagnon de travail et qu’on déroule le set avec lui selon la méthode : l’ensemble du poing reçoit alors une réponse exacte et limpide sur son usage ; puis, en échangeant les rôles, chacun obtient le même résultat. Non seulement on tire de grands effets réels du mouvement, mais, l’ensemble une fois maîtrisé, on peut aussi le présenter comme ces démonstrations dites chuanzi (串子), belles à voir et bien serrées. Et les autres poings de base — le Duo gang quan (躱剛拳), le Cha chui (揷捶), le Shiba sou quan (十八叟拳) — peuvent tous se travailler de la même façon. Une fois passé par cette épreuve, on connaît déjà les huit ou neuf dixièmes du « ling » pour ce qui est des enchaînements plus avancés. Aussi celui qui pratique la boxe de la mante sans être passé par le « ling » subit-il sa plus grande perte. C’est pourquoi j’ai d’abord fait imprimer le bengbu en démontage à deux, illustré et commenté, afin que ceux qui pratiquent cet art en aient une connaissance exacte et que ceux qui ne le pratiquent pas encore puissent en voir le contour ; et je publierai ensuite les autres poings l’un après l’autre, afin que ceux qui veulent étudier la boxe de la mante en voient le vrai visage.

Les quarante-sept postures

Deux hommes sont en présence. Celui qui porte la tenue entièrement noire est Mai Huayong, désigné par « B » ; celui qui porte la veste bleue et le pantalon noir est Dai Jincheng, appelé « A ». A est celui qui exécute le bengbu, B celui qui « conduit le poing ».

Première posture : 中平雙蓄勢 (zhong ping shuang xu shi) — position centrale et égale, double réserve

全黑制服者為麥華永,簡稱為乙方,藍服黑褲者為戴金城,稱為甲方,甲方乃打崩步者,乙方乃領拳者,雙方立正,甲站東方,乙站西方,如上圖,

Celui qui porte la tenue entièrement noire est Mai Huayong, appelé ici « B » ; celui qui porte la veste bleue et le pantalon noir est Dai Jincheng, appelé « A ». A est celui qui frappe le bengbu, B celui qui conduit le poing. Les deux se tiennent au garde-à-vous, A tourné vers l’est, B vers l’ouest, comme sur la figure ci-dessus.

Posture 1a : les deux partenaires face à face, A à l’est (à gauche), B à l’ouest (à droite), en position de garde-à-vous

循上圖各握拳收於腰以上,互相注視,中間相距約有三英尺之遙,惟身材有高矮之分,其指三尺者,乃指一般而論耳!若有特殊情形,當又作別論也,如下圖。

Comme sur la figure, chacun serre les poings et les ramène au-dessus de la taille, et les regards se croisent. Entre eux, l’écart est d’environ trois pieds anglais [≈ 90 cm], encore que la taille des partenaires varie : ces trois pieds ne valent que dans le cas général, et il faut évidemment en juger autrement si les circonstances sont particulières — figure ci-dessous.

Posture 1b : les deux poings ramenés à la taille, les partenaires se faisant face

Deuxième posture : 跨虎斜補捶 (kua hu xie bu chui) — tigre assis, poing de complément en diagonale

乙方先進右脚為登山步,出右掌攻甲方之面部,甲方仍未動,如上圖。

B avance d’abord le pied droit en posture de l’ascension et porte sa paume droite au visage de A, qui ne bouge pas encore — figure ci-dessus.

Posture 2a : B avance le pied droit et lance sa paume droite au visage de A

甲方先移左脚向後方,出右脚以成斜勢跨虎步,右掌撥去來掌,右拳直取乙方之腋下,此即補捶也,

A recule d’abord le pied gauche, sort le pied droit et prend en biais la posture du tigre assis ; sa paume droite écarte la paume venue, et son poing droit va droit sous l’aisselle de B : c’est là ce qu’on nomme le « poing de complément » (補捶).

Posture 2b : A en tigre assis, paume droite qui écarte, poing droit sous l’aisselle de B

乙方仍照甲圖不動,此式又有人呼之為「海底取珠」者,乃即指腋窩凹處,為我拳擊入如珠狀也,且跨虎為虛步而打補捶者為螳螂拳中之少見也,惟虛步而用實打者亦有佳處,蓋上用實打下用虛步乃易於變化也如下圖。

B reste immobile, comme sur la figure du haut. Certains nomment aussi cette posture « prendre la perle au fond de la mer » (海底取珠) : le creux de l’aisselle est comparé à une perle dans laquelle le poing s’enfonce. Le tigre assis est un pas vide (虛步) et frapper de là un poing de complément est chose rare dans la boxe de la mante ; mais frapper réellement depuis un pas vide a aussi son mérite : le haut agit en plein, le bas reste vide, et les changements s’en trouvent facilités — figure ci-dessous.

Troisième posture : 跨虎捕蟬式 (kua hu bu chan shi) — tigre assis, saisir la cigale

乙方先漏右掌直落封閉來拳,再換步成左登山式,同時以左掌擊甲方面部,甲方不動如上圖。

B laisse d’abord filer sa paume droite, qui tombe droit pour sceller le poing venu, puis change de pas en posture de l’ascension gauche et, en même temps, frappe de la paume gauche le visage de A, qui ne bouge pas — figure ci-dessus.

Posture 3a : B en ascension gauche, paume gauche au visage de A

甲方先退右脚,並以雙手用捕蟬法封乙方腕肘兩部,同時起左脚撩陰,乙方即漏右手以掌殺落以消來腿,

A recule d’abord le pied droit et, des deux mains, applique la méthode « saisir la cigale » pour sceller le poignet et le coude de B ; en même temps il lève le pied gauche pour frapper l’aine. B laisse alors filer sa main droite et abat sa paume pour annuler la jambe venue.

Posture 3b : A scelle de ses deux mains le poignet et le coude de B tout en levant le pied gauche

此螳螂捕蟬式者,乃螳螂拳中之常見常用者,惟祗以跨虎步為居多,並不起脚者,但先師常訓廸吾人曰:凡跨虎步者即預備出脚矣,此式之領法亦以起脚作實驗者,即寓意於此也如下圖。

Cette posture de la mante qui saisit la cigale est l’une des plus fréquentes et des plus usitées de la boxe de la mante ; mais on la donne le plus souvent depuis le tigre assis sans lever le pied. Notre défunt maître nous enseignait pourtant que tout tigre assis est déjà la préparation d’un coup de pied : c’est pourquoi, dans le « ling » de cette posture, on expérimente aussi le lever de jambe — voilà ce qu’elle veut dire.

Quatrième posture : 登山左揷掌 (deng shan zuo cha zhang) — ascension, paume pénétrante gauche

乙方先掙脫封閉之手,退馬以右掌襲擊甲方面部,甲方未動如上圖,

B se dégage d’abord des mains qui le scellent, recule son pas du cavalier et attaque le visage de A de sa paume droite ; A ne bouge pas — figure ci-dessus.

Posture 4a : B recule en pas du cavalier et frappe de la paume droite

甲方用殿步法標前仍成左登山步,先出左掌撥去來掌,如中圖。再順掌直揷乙方胸部如下圖。

A, par un pas d’appui (殿步), gagne le devant et se retrouve en posture de l’ascension gauche ; sa paume gauche sort d’abord pour écarter la paume venue (figure du milieu), puis, sans rompre le geste, la paume pique droit dans la poitrine de B (figure du bas).

Posture 4b : la paume gauche de A écarte la paume venue

Posture 4c : la paume gauche de A pique dans la poitrine de B

Cinquième posture : 登山右補捶 (deng shan you bu chui) — ascension, poing de complément droit

乙方先沉右掌封去甲方之揷掌,再退步以左掌擊之如上圖。

B abaisse d’abord sa paume droite pour sceller la paume pénétrante de A, puis recule d’un pas et frappe de la paume gauche — figure ci-dessus.

Posture 5a : B abaisse la paume droite et frappe de la paume gauche

甲方抽出左掌撥去來手,再進右步而以拳衝前如中圖。

A retire sa paume gauche, écarte la main venue, avance le pied droit et pousse son poing vers l’avant — figure du milieu.

Posture 5b : A avance le pied droit et pousse le poing

乙方往後退步以右掌自下挑上架開來拳如下圖。

B recule d’un pas et, de sa paume droite, relève de bas en haut pour écarter le poing venu — figure du bas.

Posture 5c : B relève la paume droite pour parer le poing de A

Sixième posture : 蹤跳封統捶 (zong tiao feng tong chui) — bond, poing qui scelle et transperce

甲方先化右拳為封手以封閉乙方之手,乘勢躍進成獨立式,左拳照口面攻進乙方如上圖。

A transforme d’abord son poing droit en main qui scelle, scelle la main de B, et saisit l’occasion pour bondir en avant en posture sur une jambe, son poing gauche allant frapper la bouche et le visage de B — figure ci-dessus.

Posture 6a : A bondit en posture sur une jambe, poing gauche vers le visage de B

乙方以左掌穿上以迎架甲方之來拳如下圖。

B fait passer sa paume gauche par-dessous pour aller à la rencontre du poing de A et le parer — figure ci-dessous.

Posture 6b : B pare de la paume gauche en la faisant passer par-dessous

附識:舉凡拳術上之蹤跳式者須越遠越高為佳,當着地時又須重心力隨步而堅穩,若搖搖欲墜者是功夫膺淺之表徵也,其遠而高者則是減少敵我之距離及取得居高臨下之優勢而已!惟輕身而出者必須賴重心力之支持方不致授敵以𨻶也。

Note. Dans tous les bonds que comporte un art de combat, il faut viser loin et haut ; mais à l’atterrissage, le centre de gravité doit suivre le pas et se poser ferme. Vaciller comme si l’on allait choir est la marque d’une pratique superficielle. Sauter loin et haut ne sert qu’à réduire la distance entre l’adversaire et soi et à gagner l’avantage du haut ; mais celui qui s’élance légèrement doit s’appuyer sur son centre de gravité, faute de quoi il offre une faille à l’ennemi.

Septième posture : 入環右撥肘 (ru huan you bo zhou) — genou en anneau, coude qui écarte à droite

甲方先落右脚,再跟進左脚以成入環步,同時以左拳順勢封閉乙方之右手,趁落步之勢曲右肘向乙方左臂部叠壓之,乙方亦退馬成左入環步以就其勢,右掌護於左肩上,曲左臂以卸被叠之肘,

A pose d’abord le pied droit, puis amène le pied gauche pour former le pas « en anneau » (入環步) ; en même temps, son poing gauche scelle, dans le fil du mouvement, la main droite de B ; profitant de la chute du pas, il plie le coude droit et vient empiler sa pression sur le bras gauche de B. B recule aussi son pas du cavalier en anneau gauche pour accompagner la force, sa paume droite protégeant son épaule gauche, et plie le bras gauche pour dérober le coude qui l’écrase.

Posture 7 : A en genou en anneau écrase du coude droit le bras gauche de B

攻者以經叠於上是居高臨下也,其勢有若千鈞,即使曾痛下苦功者亦難抵禦,是以惟曲肘卸之以減其勢復可由曲肘尖向上而將壓力消失也,苟不此之圖則有臂斷之危矣,幸練此者留意焉。

L’attaquant, empilé par-dessus, est comme du haut d’une montagne : sa force pèse de tout son poids, et même un pratiquant endurci aurait peine à la soutenir. Aussi ne peut-on que plier le coude pour la dérober et en réduire la portée, puis faire remonter la pointe du coude plié afin que la pression se dissipe. Faute de quoi le bras risque d’être brisé : que ceux qui travaillent cette posture y prennent garde.

Huitième posture : 入環右崩捶 (ru huan you beng chui) — genou en anneau, poing d’avalanche droit

甲乙兩方俱不變原來步法,甲方以對方旣曲肘消去叠肘之勢,乃即捨下圖上,就原手反上照乙方口面崩打而下,乙方亦以護於肩部之右手橫架而上,使崩捶不得下,

Ni A ni B ne changent leur pas. Comme l’adversaire a plié le coude et dissipé l’écrasement, A abandonne le bas pour aller vers le haut : du même geste, renversé vers le haut, il frappe en avalanche sur la bouche et le visage de B. B, de sa main droite restée à l’épaule, pare latéralement vers le haut, empêchant le poing d’avalanche de descendre.

Posture 8 : A frappe en avalanche du poing droit, B pare de la main droite

崩捶者即嶺南拳術之掛捶耳!為勢至雄勁,因先叠肘而以此捶為繼者,實增其自然而勢順,且迎面打落者,亦為拳擊中雄猛之着,遇此攻擊能不小心應付乎哉。

Le « poing d’avalanche » n’est autre que le « poing suspendu » (掛捶) des boxes du sud de la Chine : sa force est des plus puissantes. Venant après l’écrasement du coude, il gagne en naturel et en fluidité ; et frapper ainsi de face en descendant est l’un des coups les plus farouches de la boxe : comment ne pas y répondre avec soin ?

Neuvième posture : 背踢雙撥掌 (bei ti shuang bo zhang) — coup de pied arrière, double paume qui écarte

上式旣成對峙之勢,乙方俟機走過甲方之左後方以掌打其腦後,甲方未動如上圖。

La posture précédente ayant abouti à un face-à-face, B guette l’occasion, passe derrière l’épaule gauche de A et frappe de la paume l’arrière de sa tête ; A ne bouge pas — figure ci-dessus.

Posture 9a : B passe dans le dos de A et frappe l’arrière de sa tête

甲方將前右脚自後撥歸,同時更以雙掌分長短返後而打如中圖,

A ramène par-derrière son pied droit avancé et, en même temps, renvoie en arrière ses deux paumes, l’une longue, l’autre courte — figure du milieu.

Posture 9b : A ramène le pied droit et renvoie ses deux paumes en arrière

乙方乃提步避去背踢之脚,再漏右掌攔去來手,如下圖。

B lève le pas pour esquiver le coup de pied arrière, puis laisse filer sa paume droite pour barrer la main venue — figure du bas.

Posture 9c : B lève le pas et barre de la paume droite

Dixième posture : 馬式雙封手 (ma shi shuang feng shou) — cavalier, double main qui scelle

乙方旣消去甲方上下齊擊之法,乃即向甲方面前進馬,更以左手橫撥之,甲方仍未動,如上圖,

B, ayant annulé l’attaque simultanée du haut et du bas, avance son pas du cavalier droit sur A et écarte de sa main gauche, latéralement ; A ne bouge toujours pas — figure ci-dessus.

Posture 10a : B avance en pas du cavalier et écarte de la main gauche

甲方將背踢之脚,迅即收囘,以成騎馬式,再合雙手分陰陽向乙方腕部及肘上力封之,

A ramène aussitôt le pied qui avait frappé en arrière et prend la posture du cavalier ; puis, joignant les deux mains, il les répartit en yin et yang pour sceller avec force le poignet et le coude de B.

Posture 10b : A en cavalier scelle de ses deux mains le poignet et le coude de B

此式原名為(順手牽羊)攻者分陰陽二手合牽對方肘腕兩部是寓有折斷之意矣,且其撤步順退之勢至順,我若受其牽制,當先曲肘以解其勢,再順其牽纏而入,另尋弱點而予以反擊,斯為上着也。

Cette posture s’appelait à l’origine « tirer la brebis en suivant la main » (順手牽羊) : l’attaquant, divisant ses deux mains en yin et yang, tire ensemble le coude et le poignet de l’adversaire, avec l’intention d’y briser l’articulation ; et le retrait du pas accompagne si bien la force que tout y est fluide. Si l’on est ainsi entraîné, il faut d’abord plier le coude pour déjouer la traction, puis entrer en suivant l’enroulement, chercher ailleurs le point faible et contre-attaquer : c’est là le coup supérieur.

Onzième posture : 登山刁劈捶 (deng shan diao pi chui) — ascension, crochet et poing qui fend

乙方原步出右拳迎頭劈落,甲方仍未動如上圖。

B, sans changer de pas, lance son poing droit qui fend en descendant sur la tête ; A ne bouge pas — figure ci-dessus.

Posture 11a : B fend du poing droit sur la tête de A

甲方由馬式轉為登山式,先以左手刁去來手,同時以右拳反劈乙方頂上如中圖。

A passe du cavalier à la posture de l’ascension, écarte d’abord de sa main gauche, en crochet, la main venue, et en même temps fait fendre son poing droit, renversé, sur le sommet du crâne de B — figure du milieu.

Posture 11b : A écarte en crochet et fend du poing droit sur le crâne de B

乙方提左手向上橫架以遮去來手,如下圖。

B lève la main gauche pour parer latéralement vers le haut et couvrir la main venue — figure du bas.

Posture 11c : B lève la main gauche en parade haute

Douzième posture : 右抅摟採手 (you gou lou cai shou) — la main droite qui accroche et cueille

甲方以去拳被招乃即化拳作刁手向下一扣以封來手如上圖。

Le poing de A ayant été paré, il le transforme aussitôt en main crochetante qui se referme vers le bas pour sceller la main venue — figure ci-dessus.

Posture 12a : A transforme son poing en crochet et scelle vers le bas

再循上圖,甲方再搭左手過右方,以替代右手,使右拳直統而入,乙方未予招架如中圖,

Puis, comme sur la figure, A fait passer sa main gauche par-dessus vers la droite pour relever la droite, et son poing droit pousse droit devant lui sans que B le pare — figure du milieu.

Posture 12b : le poing droit de A pousse droit devant lui

乙方自腰部出右拳向上一迎如下圖。

B lance de la taille son poing droit vers le haut à sa rencontre — figure du bas.

Posture 12c : B lance son poing droit depuis la taille

Treizième posture : 跨虎番車式 (kua hu fan che shi) — tigre assis, la roue qui tourne

甲方右拳被招,隨即化成封手,反將來手封閉,隨而踏步深入以成跨虎步,左拳由下反手穿上衝擊乙方下頷如上圖。

Le poing droit de A ayant été paré, il se change aussitôt en main qui scelle et scelle à son tour la main venue ; puis, avançant le pas en profondeur, il prend la posture du tigre assis et, de son poing gauche remonté par-dessous en revers, il frappe le menton de B — figure ci-dessus.

Posture 13a : A en tigre assis, poing gauche remonté sous le menton de B

乙方退一步乃成右登山式,同時左掌自腋下穿,右拳往下一沉,俾解被封纏之手。(如下圖)

B recule d’un pas et prend la posture de l’ascension droite ; en même temps sa paume gauche passe sous l’aisselle et son poing droit s’enfonce vers le bas, afin de dégager la main scellée et enroulée — figure ci-dessous.

Posture 13b : B recule en ascension droite, paume gauche sous l’aisselle

此式原名為(崩步)是以此式作為全拳術之代名也,惟余以許多拳套中頗有同式而異名者,因此於作「拳譜」時統一之,其兩手分先後而以一封一抽俱由下逆上者為富有意義也。

Cette posture s’appelait à l’origine « pas d’avalanche » (崩步) : c’est elle qui a donné son nom à tout l’ensemble. Mais, comme beaucoup d’enchaînements comportent des postures identiques sous des noms différents, je les ai unifiées en rédigeant le « recueil des postures » (拳譜). Les deux mains y agissent l’une après l’autre, l’une scellant, l’autre tirant, toutes deux remontant du bas à contresens : c’est là ce qui lui donne son sens.

Quatorzième posture : 登山左揷掌 (deng shan zuo cha zhang) — ascension, paume pénétrante gauche

乙方旣解去糾纏,題即原步揮右掌打甲方左面部,而甲方未動如上圖。

B, ayant dénoué l’enroulement, lance aussitôt, sans changer de pas, sa paume droite contre le côté gauche du visage de A, qui ne bouge pas — figure ci-dessus.

Posture 14a : B lance sa paume droite au côté gauche du visage de A

甲即踏步而前以成左登山式,出左掌撥向來手如中圖。

A avance d’un pas et prend la posture de l’ascension gauche ; sa paume gauche sort et écarte la main venue — figure du milieu.

Posture 14b : la paume gauche de A écarte la main venue

再沿臂而入,乙方未動如下圖。

Puis, glissant le long du bras, elle pénètre ; B ne bouge pas — figure du bas.

Posture 14c : la paume de A pénètre le long du bras de B

Quinzième posture : 登山右補捶 (deng shan you bu chui) — ascension, poing de complément droit

乙方先退步漏右掌撇消來掌,另以左掌反擊甲方,如上圖。

B recule d’abord d’un pas, laisse filer sa paume droite pour effacer la paume venue, et riposte de sa paume gauche — figure ci-dessus.

Posture 15a : B laisse filer la paume droite et riposte de la gauche

甲方進右脚以成右登山步,而以左掌撥歸右方俾將來手拍去,右拳再自腰部直入以取乙方中路,

A avance le pied droit en posture de l’ascension droite et, de sa paume gauche, écarte vers la droite pour chasser la main venue ; puis son poing droit, parti de la taille, entre droit dans la ligne médiane de B.

Posture 15b : A en ascension droite, poing droit dans la ligne médiane

補捶者乃見空而補之意,此揷掌然後補捶者,除見空而補外復具先左招右打之作用,我左掌旣消去來勢,其右方必疏於防備矣,因此我以右捶補其空缺則恰到好處矣,毋以螳螂拳多此類拳法而輕視之也。

Le « poing de complément » signifie : combler le vide qu’on a vu. Ici, la paume pénétrante précède le poing de complément : outre qu’il comble un vide, ce schéma a pour fonction de parer de la gauche et de frapper de la droite. Ma paume gauche ayant annulé l’attaque, la droite de l’adversaire est forcément moins gardée : mon poing droit vient donc combler ce vide tout à point. Que l’on ne méprise pas ce genre de technique sous prétexte qu’elle est fréquente dans la boxe de la mante.

Seizième posture : 馬式雙封手 (ma shi shuang feng shou) — cavalier, double main qui scelle

乙方退步以成右登山步,出右掌自下挑上以消去來拳,甲方仍照前式不變如上圖。

B recule d’un pas en posture de l’ascension droite et, de sa paume droite, relève de bas en haut pour annuler le poing venu ; A reste dans la posture précédente — figure ci-dessus.

Posture 16a : B en ascension droite relève la paume droite

甲方將右拳化作封手以封乙方之右腕,左掌繼自下穿出以封乙方近肩之臂部,再往後一拖,退步成騎馬式,乙方亦被拖而變成騎馬式,

A transforme son poing droit en main qui scelle le poignet droit de B, sa paume gauche passe ensuite par-dessous pour sceller le haut de son bras près de l’épaule ; puis il tire en arrière et recule le pas en posture du cavalier, et B, entraîné, se retrouve lui aussi en cavalier.

Posture 16b : A tire en arrière et se range en cavalier, entraînant B

在定式觀是與第十式相同,惟前者是由背踢而退步以成馬式,此式則是由正面退馬者為勢至强,是以其原名以(霸王請客)名之者即寓有强行之意,是不能相提並論也。

À l’arrêt, la posture paraît identique à la dixième ; mais la première vient d’un coup de pied arrière suivi d’un recul en cavalier, tandis que celle-ci recule en cavalier de face, ce qui rend sa force très grande — aussi son nom d’origine, « le roi hégémon invite à dîner » (霸王請客), implique-t-il une contrainte : les deux ne peuvent être mises sur le même plan.

Dix-septième posture : 登山右腰斬 (deng shan you yao zhan) — ascension, tranche à la taille à droite

乙方先轉馬右為登山步,出左拳打甲方之面部,如上圖。

B tourne d’abord son pas du cavalier vers la droite en posture de l’ascension et frappe du poing gauche le visage de A — figure ci-dessus.

Posture 17a : B en ascension, poing gauche au visage de A

甲方右手仍緊握乙方之右手,放開左手以封其左手,如中圖。

A, sa main droite serrant toujours la droite de B, libère sa main gauche pour sceller la gauche — figure du milieu.

Posture 17b : A scelle de la main gauche la main gauche de B

再踏步進前變成左登山式,以扣乙方之馬,放開右手化掌斜切乙方之腰部如下圖。

Puis il avance d’un pas, passe en ascension gauche pour verrouiller le pas du cavalier de B, lâche sa main droite et, la changeant en paume, tranche en biais à la taille de B — figure du bas.

Posture 17c : A tranche en biais à la taille de B

Dix-huitième posture : 馬式左崩捶 (ma shi zuo beng chui) — cavalier, poing d’avalanche gauche

乙方先往後一跳,以避開扣馬,復以右手拍落甲之腕,如上圖。

B saute d’abord en arrière pour échapper au verrouillage du cavalier, puis abat sa main droite sur le poignet de A — figure ci-dessus.

Posture 18a : B saute en arrière et abat la main droite sur le poignet de A

因而封得甲方之手如中圖。

Il scelle ainsi la main de A — figure du milieu.

Posture 18b : la main de A se trouve scellée

甲方再出右手封去乙方之手,替出左拳迎頭崩落如下圖。

A sort alors sa main droite pour sceller celle de B et dégage son poing gauche, qui frappe en avalanche sur la tête — figure du bas.

Posture 18c : A dégage le poing gauche et frappe en avalanche

Dix-neuvième posture : 提腿左刁手 (ti tui zuo diao shou) — jambe levée, crochet gauche

乙方先以左拳往迎上攔崩下之捶,如上圖。

B va d’abord au-devant, du poing gauche, pour barrer en haut le poing qui tombe en avalanche — figure ci-dessus.

Posture 19a : B barre en haut du poing gauche

再出右脚自後踢向甲方如中圖。

Puis il lance son pied droit qui frappe A par-derrière — figure du milieu.

Posture 19b : B lance le pied droit en frappant par-derrière

甲方即收右拳,提左脚,以左刁手貼身抅下如下圖。

A retire aussitôt son poing droit, lève le pied gauche et, de sa main gauche en crochet collée au corps, accroche vers le bas — figure du bas.

Posture 19c : A lève le pied gauche et accroche vers le bas du crochet

Vingtième posture : 提腿反提刁 (ti tui fan ti diao) — jambe levée, crochet inversé qui relève

乙方以甲方提腿避之,更復用手抅之,若不求迅速變勢不難為甲所制也,於是乃即以蹤跳連環之法,不俟右脚落地即疾起左脚,以擊甲方之前面,甲方亦順手反刁向前挑上,旣使乙方無法踢到,又可乘勢再挑高之,因貼腿而落之故為勢至速,苟能挑高至水平線上,則乙方可能因此而失去重心之平衡而有什倒之危,若能急求解禳,當又作別論也。如圖。

B, que A esquive en levant la jambe, accroche de nouveau avec la main ; mais s’il ne change pas de posture avec promptitude, il risque fort d’être dominé. Aussi recourt-il au bond en chaîne : sans attendre que le pied droit touche le sol, il lève vivement le pied gauche pour frapper l’avant de A. A, du même geste, renverse son crochet et relève vers l’avant : non seulement B ne peut plus atteindre, mais A profite de l’élan pour relever plus haut encore. Comme le geste tombe en collant à la jambe, sa vitesse est extrême ; si le relèvement atteint la ligne horizontale, B peut y perdre l’équilibre et basculer. Qu’il trouve à se dégager sur-le-champ, c’est une autre affaire. Voir la figure.

Posture 20 : la jambe levée de B écartée par le crochet relevé de A

Vingt et unième posture : 馬式右劈軋 (ma shi you pi ya) — cavalier, fendre et écraser à droite

乙方以連續兩脚俱為甲方所破,乃即落步成馬式,出左拳直取甲腰如上圖。

Ses deux coups de pied successifs ayant été brisés par A, B pose le pied en posture du cavalier et lance son poing gauche droit à la taille de A — figure ci-dessus.

Posture 21a : B en cavalier, poing gauche à la taille de A

甲方即用左手封去來手,再落步進馬扣其馬而以右拳橫殺其項如中圖。

A scelle la main venue de sa main gauche, puis pose le pied, avance son cavalier en verrouillant celui de B et, du poing droit, frappe latéralement à la nuque — figure du milieu.

Posture 21b : A verrouille le cavalier de B et frappe à la nuque du poing droit

乙方即以右掌自左肩穿出架開橫劈之拳如上圖。

B fait alors passer sa paume droite de dessous l’épaule gauche et écarte le poing qui tranche latéralement — voir la figure.

Posture 21c : B écarte de la paume droite le poing qui tranche

Vingt-deuxième posture : 扭步左黏肘 (niu bu zuo nian zhou) — pas tordu, coude collant gauche

甲方以劈捶為乙方消去,乃即化捶封其腕,再向右扭步,曲左肘自下托上以折乙方之肘部,如上圖。

Son poing qui fend ayant été annulé par B, A le change en main qui scelle le poignet adverse ; puis, tournant le pas vers la droite, il plie le coude gauche et pousse de bas en haut pour casser le coude de B — figure ci-dessus.

Posture 22a : A en pas tordu, coude gauche qui pousse de bas en haut

乙方化馬式為登山式,同時將右拳沉時以卸去甲方之攻勢,雖扭步因順勢之故頗為迅速,復以短手中之黏肘法更為緊凑沉雄,因此除用以肘破肘之外恐無他法矣,乙方先退馬者是避其鋒銳,再用沉肘法架拒為最適當而有效之法則矣,如圖。

B transforme son cavalier en ascension et, en même temps, enfonce son poing droit pour dérober l’attaque de A. Le pas tordu, qui suit la force, est fort rapide ; et la méthode du « coude collant » (黏肘) des techniques courtes est plus serrée et plus dense encore. Aussi n’y a-t-il guère d’autre moyen que d’opposer un coude à un coude. Que B ait d’abord reculé son cavalier, c’est pour éviter la pointe ; puis parer en enfonçant le coude est la règle la plus juste et la plus efficace. Voir la figure.

Posture 22b : B enfonce le poing droit et dérobe l’attaque de A

Vingt-troisième posture : 登山左拐肘 (deng shan zuo guai zhou) — ascension, coude qui frappe à gauche

甲方以黏肘法已為乙方所解,乃即進馬成登山式,右手仍緊封來手,向上之左肘順勢滑下撞入乙方腋窩之內如上圖。

Sa méthode du coude collant ayant été déjouée par B, A avance son cavalier en posture de l’ascension, sa main droite scellant toujours la main venue, tandis que son coude gauche, levé, glisse le long du bras et vient frapper dans l’aisselle de B — figure ci-dessus.

Posture 23a : le coude gauche de A glisse et frappe l’aisselle de B

乙方以來勢兇猛亦即退步躱之,再沉右肘壓下,使來勢蹤猛亦無法得再進分毫也,雖然暫遏止拐肘之法,惟甲方旣已連續使用黏肘,拐兩法進逼,難保其不再使用更多之肘法也,於是乙方乃用斜跨步法轉移甲方目標,雖欲更進亦無由矣,如下圖。

Devant la violence de l’attaque, B recule d’un pas pour l’esquiver, puis enfonce le coude droit et presse vers le bas : si farouche que soit la venue, elle ne peut plus avancer d’un pouce. Mais ce n’est là qu’une suspension provisoire de la méthode du « coude qui frappe » (拐肘) ; comme A a déjà employé coup sur coup le coude collant et le coude frappant, rien ne garantit qu’il n’en emploiera pas d’autres. Aussi B use-t-il d’un pas de côté en biais pour déplacer la cible de A : celui-ci voudrait avancer qu’il n’en aurait plus les moyens — figure ci-dessous.

Posture 23b : B enfonce le coude et déplace la cible par un pas de biais

Vingt-quatrième posture : 登山右斜掌 (deng shan you xie zhang) — ascension, paume oblique droite

乙方乘沉肘之勢跨進右脚以成彼此對面之勢,再以右掌攻入如上圖。

Profitant de l’élan de son coude enfoncé, B avance le pied droit de biais jusqu’à se retrouver face à face, puis attaque de sa paume droite — figure ci-dessus.

Posture 24a : B avance le pied droit de biais et attaque de la paume droite

甲方即以右掌撥去來掌如中圖。

A écarte aussitôt la paume venue de sa paume droite — figure du milieu.

Posture 24b : A écarte la paume venue

再沿臂直揷乙方之胸,左拳轉而收於腰部如下圖。

Puis, glissant le long du bras, il pique droit dans la poitrine de B, tandis que son poing gauche se replie et se range à la taille — figure du bas.

Posture 24c : la paume de A pique dans la poitrine, le poing gauche revient à la taille

Vingt-cinquième posture : 馬式正補捶 (ma shi zheng bu chui) — cavalier, poing de complément frontal

乙先漏下左掌撥去甲掌,再出右掌打向甲方如上圖。

B laisse d’abord descendre sa paume gauche pour écarter la paume de A, puis lance sa paume droite contre lui — figure ci-dessus.

Posture 25a : B écarte de la paume gauche et lance la droite

甲轉右掌過左方拍開來掌,右拳從腰直出如中圖。

A fait passer sa paume droite vers la gauche pour chasser la paume venue, et son poing droit sort droit de la taille — figure du milieu.

Posture 25b : A chasse la paume venue et lance le poing droit

乙乃合右長左短兩掌照凖來拳之上殺落如下圖。

B joint alors ses deux paumes — la droite longue, la gauche courte — et les abat sur le dessus du poing venu — figure du bas.

Posture 25c : B abat ses deux paumes sur le poing de A

Vingt-sixième posture : 雙刁左揪腿 (shuang diao zuo jiu tui) — double crochet, jambe accrochée à gauche

乙先旣已消去來拳乃即疾走甲之右斜方用掌自腦後擊來如上圖。

Ayant annulé le poing venu, B file vivement en diagonale sur la droite de A et frappe de la paume l’arrière de sa tête — figure ci-dessus.

Posture 26a : B file en diagonale et frappe l’arrière de la tête de A

乙先用右刁手封住來手之腕,再轉身抅入左脚,左刁手直搶其喉部如中圖。

B scelle d’abord de son crochet droit le poignet de la main venue, puis, se retournant, accroche de son pied gauche et, du crochet gauche, va saisir la gorge — figure du milieu.

Posture 26b : B accroche de la jambe gauche et saisit la gorge du crochet gauche

乙方提右脚以解除揪腿威脅,再出左手消去鎖喉法如下圖。

B lève le pied droit pour écarter la menace de la jambe accrochée, puis sort sa main gauche pour annuler la prise de gorge — figure du bas.

Posture 26c : B lève le pied droit et dénoue la prise de gorge

Vingt-septième posture : 雙刁右揪腿 (shuang diao you jiu tui) — double crochet, jambe accrochée à droite

甲方再乘緊封來手腕部之利,立即進右脚揪其前鋒馬,右手直搶其喉部如上圖。

Fort de tenir fermement scellé le poignet adverse, A avance aussitôt le pied droit pour accrocher le cavalier avancé de B et, de sa main droite, va saisir sa gorge — figure ci-dessus.

Posture 27a : A accroche le cavalier avancé et saisit la gorge

乙方乃提左脚,穿右手,同時解去甲方上下之威脅,

B lève alors le pied gauche et fait passer sa main droite, dénouant d’un seul coup les menaces du haut et du bas.

Posture 27b : B lève le pied gauche et fait passer la main droite

揪腿者乃螳螂拳獨特腿法之一,凡用此腿法必先封得對方來手始行之,復以另一手搶鎖其喉,使其傾意於上部,我乃可遂行下路之襲擊,否則單獨進行揪腿者必為對方從容禳解也,如下圖。

La jambe accrochée (揪腿) est l’un des coups de pied propres à la boxe de la mante. Pour l’employer, il faut d’abord avoir scellé la main adverse, puis, de l’autre main, saisir et verrouiller sa gorge afin d’attirer son attention vers le haut : l’attaque du bas peut alors s’accomplir. Autrement, qui accroche la jambe à découvert se la fera dénouer sans peine — figure ci-dessous.

Vingt-huitième posture : 跨虎雙捆手 (kua hu shuang kun shou) — tigre assis, double main qui ligote

乙方先退提起之左脚,以成右登山式,擬以另一手法攻擊甲方,甲方為把握主動機先,乃即先起右脚伸得全身凌空而起,乘凌空而有全身力道之勢,向乙方撲進,雙手向乙之右手腕臂之間,自上撲封之,使其臂部有被斷之可能,

B repose d’abord son pied gauche levé et prend la posture de l’ascension droite, se proposant d’attaquer A d’une autre technique. Pour garder l’initiative, A lève aussitôt le pied droit et, d’un saut, se suspend tout entier dans l’air ; profitant de ce que tout le corps pèse dans cet élan, il se jette sur B et, des deux mains, vient sceller d’en haut le poignet et l’avant-bras droits de B, au point que son bras pourrait bien y être brisé.

Posture 28 : A se jette sur B et scelle des deux mains le bras droit

乙方旣處劣勢之下,當以解救被封之手是務,當甲方手到之時,即先曲肘坐馬以消解之,再以空置之左手反擊甲方,使其被逼而放棄雙手捆封我手之勢,斯為圍魏救趙之法也,如圖。

Placé en position inférieure, B n’a qu’un souci : dégager sa main scellée. Dès que les mains de A arrivent, il plie le coude et s’assied en cavalier pour les dissoudre, puis riposte de sa main gauche restée libre, contraignant A à abandonner la ligature de ses deux mains : c’est la méthode dite « assiéger Wei pour secourir Zhao » (圍魏救趙). Voir la figure.

Vingt-neuvième posture : 踢腿刁取眼 (ti tui diao qu yan) — coup de pied, crochet pour crever l’œil

乙方以臂被撲,乃採圍魏救趙之法,拼兩指直取甲眼部如上圖。

Son bras ainsi chargé, B recourt à la ruse « assiéger Wei pour secourir Zhao » : joignant deux doigts, il va droit à l’œil de A — figure ci-dessus.

Posture 29a : B joint deux doigts et va droit à l’œil de A

甲亦採以牙還牙方式,先以左手封去來手,再用蹤跳方式,取眼撩陰同時並進如中圖。

A rend œil pour œil : il scelle d’abord de sa main gauche la main venue, puis, d’un bond, porte en même temps l’attaque à l’œil et au bas-ventre — figure du milieu.

Posture 29b : A scelle et, d’un bond, attaque l’œil et le bas-ventre

乙方亦用右上左下分迎來勢如下圖。

B, de son côté, sépare ses mains — la droite en haut, la gauche en bas — pour aller au-devant des deux attaques — figure du bas.

Posture 29c : B sépare ses mains, l’une haute, l’autre basse

Trentième posture : 提腿雙擊掌 (ti tui shuang ji zhang) — jambe levée, double paume qui frappe

乙方搶先用右掌漏進以打甲方面之左便如上圖。

B prend les devants : sa paume droite se glisse et frappe le côté gauche du visage de A — figure ci-dessus.

Posture 30a : la paume droite de B frappe le côté gauche du visage de A

甲方先將踢出之脚收囘以成獨立之勢,再以左手反封來手,前手復歸後,合雙掌之勢以擊來掌,

A ramène d’abord la jambe qu’il avait lancée et se tient sur un pied, puis renvoie sa main gauche qui scelle la main venue ; la main de devant revenue en arrière, il joint ses deux paumes pour frapper la paume adverse.

Posture 30b : A ramène la jambe, scelle de la main gauche et joint ses deux paumes

斯為射人先射馬,打人先打手之着,幸毋以打手而輕視之,彼手旣為我擊着,不但可遏制其攻勢,且可循此以反擊之,在不得已時而採用此法每能奏意想不到之奇效,吾人練拳用功焉可不注意及之耶!如下圖。

C’est le principe : « pour tirer sur l’homme, tire d’abord sur son cheval ; pour frapper l’homme, frappe d’abord sa main ». Que l’on ne méprise pas ce coup pour la seule raison qu’il vise la main : une fois la main adverse atteinte, non seulement on enraye son attaque, mais on peut encore enchaîner là-dessus pour riposter. Employé faute de mieux, ce moyen produit souvent des effets inattendus : comment, en s’exerçant, ne pas y prêter attention ? — voir les figures ci-dessus.

Trente et unième posture : 刁手反衝爪 (diao shou fan chong zhua) — crochet, griffe qui contre

甲方旣截擊來掌,右刁手反沿乙方臂下直銜入腋下如上圖,

A, ayant intercepté la paume venue, renverse son crochet droit qui, glissant sous le bras de B, va se ficher dans son aisselle — figure ci-dessus.

Posture 31a : le crochet droit de A se fiche sous le bras de B

乙為甲一擊再擊乃突即以蹤跳方式向後撤退以解連續被擊之危,

Frappé coup sur coup, B se retire brusquement d’un bond en arrière pour échapper au danger de ces attaques en série.

Posture 31b : B se retire d’un bond en arrière

甲且乘乙方末及收囘出手之時,順手封之,再以反爪衝入,其捨拳掌而用反爪者亦含有至理在,蓋人之腋窩位置至小,若以拳擊之必在肌肉層外,對寓有攻擊性之作用將消失矣,於是我乃利用反爪之位置小而尖銳,方可撞入透達其內部也,如下圖。

A profite de ce que B n’a pas encore ramené sa main pour la sceller au passage, puis enfonce sa griffe renversée. Qu’il abandonne poing et paume pour la griffe renversée n’est pas sans raison profonde : l’aisselle est un endroit fort étroit, et un poing qui la frappe reste en deçà de la couche musculaire, de sorte que la portée offensive s’y perd ; la griffe renversée, étroite et pointue, peut au contraire s’y enfoncer et atteindre l’intérieur — figure ci-dessous.

Trente-deuxième posture : 拼腿上圈捶 (pin tui shang quan chui) — jambes jointes, poing en cercle haut

甲方將左後脚拍前以成立平之狀,右手拍落封來之手,且由此而反封之,替出右拳以橫圈乙方之太陽穴如上圖。

A amène en avant son pied gauche resté derrière et l’aplatit ; il abat sa main droite pour sceller la main venue et, de là, la scelle à son tour. Dégageant alors son poing droit, il décrit un cercle latéral vers la tempe de B — figure ci-dessus.

Posture 32a : A décrit un cercle latéral du poing droit vers la tempe de B

乙方將被封之手往後一抽俾便脫去封纏,再轉成騎馬式,向下一坐以免頭部有擊被之險如下圖。

B tire en arrière sa main scellée pour se dégager de l’étreinte, puis tourne en posture du cavalier et s’assied vers le bas, afin que sa tête ne risque plus d’être frappée — figure ci-dessous.

Posture 32b : B tire sa main en arrière et s’assied en cavalier

漢註:此式依照先師遺照中是提腿而圈捶者,而漢則立正式而圈捶,客或於此有其疑感矣,蓋圈捶為硬打之剛手,提腿獨立則成虛步,於此便成上實下虛反常之勢矣,且下式下截捶亦為提脚,若此豈非連續兩式俱為同一步法乎?因此乃以先後兩式分別之,非有不同之處也,如下圖。

Note de Hanxun. D’après les photographies laissées par mon défunt maître, cette posture se donne jambe levée, avec le poing en cercle ; pour ma part, je la donne debout, en posture régulière. Le lecteur s’en étonnera peut-être : le poing en cercle est une main dure, qui frappe de force, et lever la jambe pour se tenir sur un pied, c’est prendre un pas vide, ce qui produirait ici une situation contre nature — du plein en haut, du vide en bas. Et comme la posture suivante, le poing qui coupe vers le bas, se donne elle aussi jambe levée, n’aurait-on pas alors deux postures de suite dans le même pas ? C’est pourquoi j’ai distingué les deux, l’une après l’autre : ce n’est pas qu’elles diffèrent.

Trente-troisième posture : 提腿下截捶 (ti tui xia jie chui) — jambe levée, poing qui coupe vers le bas

乙方以甲方旣已集中攻擊我上部,其下路當有𨻶可乘矣,於是乃乘坐馬閃過圈捶之便順勢自腰衝出右拳直取甲方之腰部,此坐馬衝拳為勢至盛也,非等閒可能招迎,甲方先提步以讓其勢,再以上圈之右拳順勢橫截而下,更以左掌護於肩部以防不測如圖。

B, puisque A concentre son attaque en haut, juge que le bas doit offrir une faille : profitant de ce que son cavalier s’assied et esquive le poing en cercle, il pousse de la taille son poing droit droit à la hanche de A. Ce poing jailli du cavalier assis a une force immense, que l’on ne pare pas à la légère. A lève d’abord le pas pour laisser passer la force, puis, de son poing droit resté en cercle au-dessus, il coupe latéralement vers le bas, sa paume gauche protégeant l’épaule contre l’imprévu. Voir la figure.

Posture 33 : A lève le pas et coupe vers le bas du poing droit

Trente-quatrième posture : 提腿上挑捶 (ti tui shang tiao chui) — jambe levée, poing qui relève

乙方以右拳被截,若不急求他法,將為甲方所乘矣,於是即將前出之拳收囘,再向甲方上部作二次之衝擊,甲方原步不變,就將橫截之手再向上橫挑,使來手失去攻擊目標,反而造成甲方有利之勢,且以左掌掩於腰腹之間藉防再有攻擊也,如圖。

Son poing droit coupé, B n’a d’autre ressource que de le retirer et de lancer une seconde poussée vers le haut de A. A, sans changer de pas, relève latéralement la main qui avait coupé, si bien que la main venue perd sa cible et que la situation tourne à son avantage ; sa paume gauche reste en couverture devant la taille et l’abdomen, contre une nouvelle attaque. Voir la figure.

Posture 34 : A relève latéralement la main qui avait coupé

Trente-cinquième posture : 登山封齊掌 (deng shan feng qi zhang) — ascension, paume qui scelle de front

甲方先以左手自肘下穿出,由內反外封閉乙方之腕部如上圖。

A fait d’abord passer sa main gauche sous son coude, de l’intérieur vers l’extérieur, et scelle le poignet de B — figure ci-dessus.

Posture 35a : la main gauche de A scelle le poignet de B

再落提起之右脚以成右登山式,將替出之右拳化掌自乙方臂下橫掌直撇乙方腰肋之部,乙方連續兩圖仍未變動,

Puis il repose le pied droit levé en posture de l’ascension droite ; le poing droit ainsi dégagé se change en paume qui, passant sous le bras de B, balaie latéralement ses côtes et sa taille. Sur les deux figures précédentes, B n’a pas bougé.

Posture 35b : la paume droite de A balaie les côtes de B

此式與三十一式頗有相似之處,前者是以反爪作衝擊,此式即改用橫掌切入乙方腰部,使習螳螂拳者多一類似之攻勢,不至墨守一法而不知變幻莫測之神妙也,如下圖。

Cette posture ressemble beaucoup à la trente et unième : la première frappait de la griffe renversée, celle-ci emploie la paume latérale pour trancher dans la taille de B. Ainsi celui qui pratique la boxe de la mante dispose d’une attaque de plus, du même genre, et ne s’en tient pas à une seule méthode sans connaître l’étonnante diversité des transformations — figure ci-dessous.

Trente-sixième posture : 反封左措捶 (fan feng zuo cuo chui) — contre-scellement, poing qui presse à gauche

乙方以被連續攻擊,乃以蹤跳返身之法往後撤退,當退至相當遙遠時以右手反封甲方之手,甲方不俟其封得即自下反封而上如上圖。

Attaqué coup sur coup, B se retire en se retournant d’un bond ; parvenu assez loin, il renverse sa main droite pour sceller celle de A. Mais A ne l’attend pas : par-dessous, il scelle à son tour en remontant — figure ci-dessus.

Posture 36a : B se retire et renverse sa main droite pour sceller

甲旣封得來手,且反其腕向上,若再施用右手措其腕則擒拏纏絲之手法乃成,

A ayant scellé la main venue et retourné le poignet vers le haut, il n’y a qu’à appliquer la main droite en pression sur ce poignet pour que s’achève la méthode de la saisie et de l’enroulement du fil de soie.

Posture 36b : A retourne le poignet et applique la pression de la main droite

因此機不可失,隨出出右手合成上下反措之勢,措骨截穴俱為拳術上之重要法則,稍有研究無不知其利弊,而截穴則玄妙莫測,非對此道有深刻之研練不易致用,惟措骨措筋之法至為現實,凡四肢之能彎曲及可活動之處皆成目標矣,如下圖。

Aussi l’occasion ne doit-elle pas se perdre : il sort sa main droite et forme avec l’autre une pression opposée, l’une en haut, l’autre en bas. Presser l’os (措骨) et couper le point (截穴) sont l’un et l’autre d’importantes règles de la boxe ; pour peu qu’on s’y soit appliqué, on en connaît les avantages et les risques. Couper le point est d’une subtilité insondable et ne s’emploie pas sans une étude approfondie ; mais la pression sur les os et sur les tendons est chose très concrète : partout où un membre peut se plier et se mouvoir, il y a une cible — figure ci-dessous.

Trente-septième posture : 迎封右措捶 (ying feng you cuo chui) — scellement d’accueil, poing qui presse à droite

乙方以腕為甲所握制,若不急求解脫當有斷腕之危矣,於是循左轉身以左拳迎頭打落如上圖。

Son poignet tenu par A, B court le risque de l’avoir brisé s’il ne se dégage sur-le-champ : il se retourne donc vers la gauche et abat son poing gauche sur la tête — figure ci-dessus.

Posture 37a : B se retourne et abat son poing gauche

甲乃先放左手反封之如中圖。

A lâche alors sa main gauche, qui renverse son scellement — figure du milieu.

Posture 37b : la main gauche de A renverse son scellement

再以右手反措之如下圖。

Puis il applique sa main droite en pression renversée — figure du bas.

Posture 37c : la main droite de A applique la pression renversée

Trente-huitième posture : 掛手頂臍捶 (gua shou ding qi chui) — main qui suspend, poing qui presse au nombril

乙方換步返身用右捶劈向甲方頭上如上圖。

B change de pas, se retourne et fend du poing droit sur la tête de A — figure ci-dessus.

Posture 38a : B se retourne et fend du poing droit

甲方踏右脚進左脚成左登山步,左手向上架去來手,右拳反手自下抽上至臍而止如中圖。

A frappe du pied droit, avance le gauche en posture de l’ascension gauche, lève la main gauche pour parer la main venue, et son poing droit, en revers, remonte du bas en tirant jusqu’au nombril, où il s’arrête — figure du milieu.

Posture 38b : le poing droit de A remonte jusqu’au nombril

乙方退左脚為左登山步,右拳橫穿而止以攔去來拳如下圖。

B recule le pied gauche en ascension gauche et, de son poing droit passé latéralement, arrête et barre le poing venu — figure du bas.

Posture 38c : B barre de son poing droit passé latéralement

Trente-neuvième posture : 吞塌右扇風 (tun ta you shan feng) — effondrement, éventail à droite

甲方以頂臍被攔,乃即以左上手自下穿封乙方之左腕,進右脚為吞塌式以扣乙方之馬,右手拼五指抓向乙方之右耳如上圖。

Son poing arrêté au nombril, A fait passer sa main gauche, qui était en haut, par-dessous, pour sceller le poignet gauche de B ; il avance le pied droit en posture d’effondrement (吞塌) pour verrouiller le cavalier de B, et sa main droite, les cinq doigts joints, griffe l’oreille droite de B — figure ci-dessus.

Posture 39a : A en effondrement griffe l’oreille droite de B

乙方即提左脚以卸去甲方之扣馬,右拳自後穿出俾消來手,

B lève aussitôt le pied gauche pour dérober le verrouillage du cavalier, et son poing droit sort par-derrière pour annuler la main venue.

Posture 39b : B lève le pied gauche et fait sortir le poing droit par-derrière

左右揪腿為封手然後用剛性之揪法,斯吞塌扇風者亦頗類於揪腿,祗是前者為明攻硬打,此式即是暗入而帶柔性耳!常使對方被扑尚不知其所以致扑之原由,是其佳妙之處也,如下圖。

Les jambes accrochées, à gauche et à droite, scellent d’abord la main puis emploient une méthode d’accroche toute de dureté ; l’« éventail » en effondrement ressemble assez à la jambe accrochée, sinon que la première attaque à découvert et frappe de force, tandis que celle-ci entre en secret et garde de la souplesse : souvent l’adversaire est abattu sans même savoir pourquoi. C’est là son excellence — figure ci-dessous.

Quarantième posture : 吞塌左扇風 (tun ta zuo shan feng) — effondrement, éventail à gauche

乙自甲後走過其左以掌突攻其面部如上圖。

B passe derrière A, sur sa gauche, et attaque soudain son visage de la paume — figure ci-dessus.

Posture 40a : B passe à gauche de A et attaque le visage

甲即返身用右手封去來手如中圖。

A se retourne aussitôt et scelle de sa main droite la main venue — figure du milieu.

Posture 40b : A se retourne et scelle de la main droite

再踏右脚開左脚以成左吞塌步,左手抓乙之左耳,乙方提右脚,穿左掌以卸其上下夾擊之法如下圖。

Puis il frappe du pied droit et ouvre le gauche en pas d’effondrement gauche, griffant de sa main gauche l’oreille gauche de B ; B lève le pied droit et fait passer sa paume gauche pour dérober l’attaque qui le prend en tenaille, en haut et en bas — figure du bas.

Posture 40c : B lève le pied droit et dérobe la tenaille

Quarante et unième posture : 吞塌右扇風 (tun ta you shan feng) — effondrement, éventail à droite

乙方退右脚成左登山式,甲方以左手封去架來之手,再進右脚成右吞塌步,轉以右手向乙右便抓去,乙方亦以手來招,如上圖。

B recule le pied droit en ascension gauche ; A scelle de sa main gauche la main qui pare, avance le pied droit en pas d’effondrement droit et, se tournant, griffe du côté droit de B, qui vient lui aussi parer de la main — figure ci-dessus.

Posture 41a : A griffe du côté droit, B pare de la main

乙方旣招去來手復提步避過扣馬之法,

B, ayant paré la main venue, lève en outre le pas pour échapper au verrouillage du cavalier.

Posture 41b : B lève le pas pour échapper au verrouillage

吞塌頗肖掃膛腿法,惟掃膛腿則深入而低,因低而力稍弱,吞塌法則淺入而畧高,進旣迅速,退亦容易,且其初進為輕,至緊扣時則可用大力,可輕可重中和於掃膛腿與揪腿之間,用此着者祈注意焉,如下圖。

L’effondrement ressemble assez au balayage (掃膛腿), sinon que le balayage entre profond et bas, et que, plus bas, sa force est un peu moindre ; l’effondrement, lui, entre peu profond et un peu plus haut : il avance vite et se retire aisément ; son entrée est d’abord légère, mais à l’instant où il verrouille serré, il peut déployer une grande force. Léger ou lourd, il tient le milieu entre le balayage et la jambe accrochée : que ceux qui emploient ce coup y prennent garde — figure ci-dessous.

Quarante-deuxième posture : 引針右腰斬 (yin zhen you yao zhan) — aiguille guidée, tranche à la taille à droite

乙方先退提起之右脚以成右登山式,甲方左手仍緊握乙方之左手不放,當乙方退步時即跟步以七星勢抅住乙方之前鋒馬,右手化掌自下斜漏過右方,切向乙方之腰部,同時更以左手向握乙方一牽,合封手,抅馬,切掌三紀動作於齊一運用,使乙方重心失去均衡而至扑倒,勢至柔而其效實至大也,

B repose d’abord son pied droit levé et prend la posture de l’ascension droite ; A, dont la main gauche tient toujours serrée la gauche de B, suit le pas au moment où B recule, accroche en posture des sept étoiles le cavalier avancé de B, et sa main droite, changée en paume, glisse en biais sous le bras vers la droite pour trancher à la taille de B ; en même temps, sa main gauche tire sur celle qu’elle tient. Scellement de la main, accroche du cavalier, tranche de la paume : trois actions menées d’un seul élan, qui font perdre à B l’équilibre de son centre de gravité et le renversent. La force est tout en souplesse, mais l’effet est très grand.

Posture 42 : A accroche le cavalier et tranche à la taille de B

螳螂拳技是以八剛十二柔為主,此引針腰斬之法不啻是柔中至柔,初練拳者認識不深,對各動作多强自發力,不但對法不合,尋且埋沒靈活之法,轉為呆滯矣,如圖。

L’art de la boxe de la mante repose sur huit duretés et douze souplesses : cette méthode de l’« aiguille guidée et de la tranche à la taille » n’est rien moins que le plus souple du souple. Ceux qui débutent, dont la compréhension est encore courte, forcent presque toujours la force dans chaque mouvement : non seulement cela ne répond pas à la méthode, mais cela étouffe la souplesse et la change en raideur. Voir la figure.

Quarante-troisième posture : 登山左圈捶 (deng shan zuo quan chui) — ascension, poing en cercle gauche

乙方以左右上下俱受制於甲方,偶一不愼便有傾撲之可能,於是乃全身蹤起往後跳去,當跳起時,順勢以右手反封甲方如上圖。

De tous côtés — à gauche et à droite, en haut et en bas — B se sent contraint par A, et le moindre faux pas peut le faire basculer : aussi s’élance-t-il tout entier d’un bond en arrière et, dans l’élan, renverse-t-il sa main droite pour sceller A — figure ci-dessus.

Posture 43a : B s’élance en arrière et renverse sa main droite pour sceller

甲即落步成登山式,更用右手拍消被封之手,反而因此封之,替出左拳向乙方頂上橫揮,欲擊其太陽穴位,乙方乃坐馬低首避過,

A pose le pied en posture de l’ascension, abat sa main droite pour effacer la main qui le scelle et, de là, la scelle à son tour ; dégageant son poing gauche, il le lance latéralement au sommet du crâne de B, visant le point de la tempe. B s’assied en cavalier et baisse la tête pour l’éviter.

Posture 43b : B s’assied en cavalier et baisse la tête

練螳螂拳之不易者莫如一剛一柔之分析與致用,例如上式是用柔中至柔之法,此式則瞬息之間改為剛中至剛,若隨便用之,不但對螳螂拳技無深刻之認識,且將去實用之道遠矣,如下圖。

Ce qu’il y a de plus malaisé dans la boxe de la mante, c’est de démêler le dur et le souple et de les employer à propos : la posture précédente usait du plus souple du souple, celle-ci passe en un instant au plus dur du dur. Qui les emploie au hasard non seulement n’a pas de la boxe de la mante une connaissance profonde, mais s’éloigne du chemin de l’usage réel — figure ci-dessous.

Quarante-quatrième posture : 登山左崩捶 (deng shan zuo beng chui) — ascension, poing d’avalanche gauche

乙方俟甲拳過後隨即轉為右登山式,掙脫被封之右手反而搭上再封甲方右手如上圖。

B, après le passage du poing de A, se tourne aussitôt en posture de l’ascension droite, dégage sa main droite scellée pour la poser à son tour sur la main droite de A et la sceller — figure ci-dessus.

Posture 44a : B se tourne et scelle la main droite de A

甲方以右手拍落,旣可脫去右手又可趁勢反封之,反左拳曲肘迎頭打落,乙方用左手橫架而上,

A abat sa main droite, ce qui le dégage et lui permet de sceller à son tour ; renversant son poing gauche, il l’abat, coude plié, sur la tête. B pare de sa main gauche, latéralement vers le haut.

Posture 44b : A abat le poing gauche coude plié, B pare de la main gauche

螳螂拳中祗有圈捶,而崩捶,斷無崩然後圈者,此為順序而行,蓋圈乃橫掃對方上部者,對方必低頭避之,若不低頭亦必謀架格者矣,旣架格當自兩傍,於此我乃改用正面崩下之法為正常,否則便成反常之逆勢矣,如下圖。

Dans la boxe de la mante, il y a le poing en cercle puis le poing d’avalanche ; il n’y a jamais le poing d’avalanche suivi du cercle. C’est l’ordre naturel : le cercle balaie latéralement le haut de l’adversaire, qui baisse forcément la tête pour l’éviter ; s’il ne la baisse pas, il cherchera à parer, et la parade viendra des deux côtés. Dès lors, repasser à l’attaque frontale en avalanche est la règle normale ; autrement, on irait à contresens — figure ci-dessous.

Quarante-cinquième posture : 七星左刁手 (qi xing zuo diao shou) — sept étoiles, main crochetante gauche

乙方先以橫架之左手刁住甲方之左腕,同時以右掌反上打向甲方之左便,如上圖。

B, de sa main gauche qui venait de parer, crochète le poignet gauche de A et, en même temps, renverse sa paume droite vers le haut, frappant le côté gauche de A — figure ci-dessus.

Posture 45a : B crochète le poignet gauche et renverse la paume droite

甲方往後坐馬以成左七星式,再乘抽脫之左手向來手之腕部刁去,

A recule en s’asseyant en cavalier et prend la posture des sept étoiles gauche ; puis, profitant du retrait de sa main gauche, il la lance en crochet sur le poignet de la main venue.

Posture 45b : A lance sa main gauche en crochet sur le poignet

此乃寓迎攔於封閉,若能封閉對方來手是即主動操於我手,搏擊之道主動者為操勝算之先决傑件,若易主動為被動則處處居下風,其不立敗者幾稀!是以螳螂拳之多用刁手者即把握主動之意也,如下圖。

C’est enfermer l’accueil et le barrage dans le scellement : tenir scellée la main adverse, c’est avoir l’initiative en main. Dans l’art du combat, l’initiative est la condition première de la victoire ; qui la cède et devient passif se retrouve partout en position basse et manque rarement d’être aussitôt défait. Si la boxe de la mante emploie si souvent le crochet, c’est justement pour saisir l’initiative — figure ci-dessous.

Quarante-sixième posture : 七星右補捶 (qi xing you bu chui) — sept étoiles, poing de complément droit

甲方不俟乙方變式,即進右脚成七星式,右拳自腰衝出如上圖。

Sans attendre que B change de posture, A avance le pied droit en posture des sept étoiles et pousse son poing droit depuis la taille — figure ci-dessus.

Posture 46a : A en sept étoiles, poing droit parti de la taille

乙方原步往後一撤,同時以左掌橫壓來手,反右掌從甲方頭頂打下,

B, sans changer de pas, recule d’un trait, presse latéralement de sa paume gauche la main venue et, de sa paume droite renversée, frappe en descendant sur le sommet du crâne de A.

Posture 46b : B presse de la paume gauche et frappe du haut de la paume droite

登山補捶,馬式補捶,跨虎補捶皆於前式見之,登山騎馬兩法為穩健而實打之法,跨虎乃虛步法而用實打,斯七星步打法為虛實剛柔之大成,至適用何法須俟實際使用者臨陣方能作最後之決定,否則便有紙上談兵之嫌矣,如下圖。

Le poing de complément en ascension, en cavalier et en tigre assis, on les a vus dans les postures précédentes. L’ascension et le cavalier sont des méthodes stables, qui frappent en plein ; le tigre assis est un pas vide employé pour frapper réellement. La frappe depuis le pas des sept étoiles est la synthèse du vide et du plein, du dur et du souple ; quant à savoir laquelle appliquer, il faut attendre que celui qui l’emploie soit face à l’adversaire pour en décider : autrement, on risque de « disserter sur la guerre sur le papier » — figure ci-dessous.

Quarante-septième posture : 跨虎捕蟬式 (kua hu bu chan shi) — tigre assis, saisir la cigale

甲方以右拳橫撇來掌如上圖。

A balaie de son poing droit la paume venue — figure ci-dessus.

Posture 47a : A balaie de son poing droit la paume venue

甲方向左後方轉身,乙方退右脚,同時轉為捕蟬式以結束此拳如中圖。

A se retourne vers l’arrière gauche ; B recule le pied droit et, en même temps, se tourne en posture « saisir la cigale » pour clore l’ensemble — figure du milieu.

Posture 47b : B recule le pied droit et se tourne en « saisir la cigale »

全拳旣完,雙方俱立正,如下圖。

L’ensemble achevé, les deux partenaires se remettent au garde-à-vous — figure du bas.

Posture 47c : les deux partenaires au garde-à-vous, l’ensemble achevé

Avis général aux frères de la boxe de la mante (為螳螂拳同道普言)

螳螂者乃動物類中之昆虫耳!假使有人尊之為神為仙,吾並不反對,但發明人王朗氏當日發明斯拳時,純採像形,且配以猿猴步以接近其快速之出手,兼集十二字訣,八剛十二柔,八打八不打之中和方式,若祗知螳螂為神物,而對像形中而具備剛柔,手步齊全之拳技而茫無所知,則其相去於螳螂拳技眞不知以道里計矣。

La mante n’est qu’un insecte parmi les animaux. Si certains la vénèrent comme un dieu ou un immortel, je n’y vois pas d’objection ; mais lorsque Wang Lang inventa cet art, il prit purement et simplement l’imitation de la forme, y joignit le pas du singe pour approcher la vivacité de ses sorties de main, et y réunit la formule en douze caractères, les huit duretés et douze souplesses, les huit frappes et les huit non-frappes — tout un système de juste milieu. Ne connaître la mante que comme une créature divine, et rester dans l’ignorance totale de cet art qui imite la forme en y faisant tenir dur et souple, mains et pas, c’est s’en écarter d’une distance qu’on ne saurait mesurer.

若夫祗求形式上維肖維妙於一隻活螳螂,但其對揮拳動足中有疾徐,有姿態,有剛柔,有合多手為一組拳法,或手足並用者為一組,或單拳一足作運用者,吾人應先有所認識,然後加以推研,加以練習,按途程當以三年小成,五年大成,惟人有慧拙之分,功有動惰之別,迨又非限之以歲月矣。

Si l’on ne cherche qu’à ressembler trait pour trait, dans la forme, à une mante vivante, sans voir que dans le jeu des poings et des jambes il y a du rapide et du lent, des attitudes, du dur et du souple, que plusieurs mains forment un groupe, ou que mains et pieds s’emploient ensemble, ou qu’un seul poing et une seule jambe s’emploient à part — il faut d’abord en prendre connaissance, puis y réfléchir et s’y exercer. Le chemin demande trois ans pour un petit accomplissement, cinq ans pour un grand ; mais les hommes diffèrent par l’intelligence, et le travail par l’application ou la paresse : aussi ne saurait-on le mesurer en années et en mois.

先師在日常斥責一般循不正途軌而欲急於成就者曰:(亂七八糟)蓋在學技途中任誰俱欲於短期內超越前輩同學之心,且多數以為多習幾套拳而以為榮,實不知拳技亦等如一般藝術(欲速不達也)尤以領拳一道為螳螂門中之最重要者,若不領拳則不知既學之拳作何解拆,如是匪但多學無益,且枉費心血氣力也,至若領拳亦必先擇得與性格,技術相等者為理想,若對方技術幼稚者必拖累本身進步緩滯,對方超越於己者則力求配合其速度而致彼此皆感困難進而減低興趣,卒至一無所成,是以領拳雖似易實難也,今當領崩步刋成之日不得不向先後同道致其衷誠,尚希鑒其愚誠而加以指導也。

Mon défunt maître gourmandait chaque jour ceux qui, sans suivre la bonne voie, veulent des résultats hâtifs : « quel gâchis ! ». Car, en cours d’apprentissage, chacun veut dépasser en peu de temps ses aînés et ses condisciples, et la plupart croient à la gloire d’apprendre beaucoup d’enchaînements, sans savoir que l’art du poing est comme tout autre art : qui veut aller vite n’arrive pas. Et le ling quan est, dans l’école de la mante, ce qu’il y a de plus important : sans lui, on ne sait comment démonter et expliquer l’enchaînement appris ; ainsi, non seulement apprendre beaucoup ne sert à rien, mais on y perd son cœur, son souffle et sa peine. Encore faut-il, pour le ling quan, choisir idéalement un partenaire de caractère et de niveau égaux : un partenaire trop novice retarde votre progrès, un partenaire qui vous dépasse vous force à suivre sa vitesse, si bien que tous deux peinent, que l’intérêt s’émousse et qu’on finit par n’arriver à rien. Aussi le ling quan, qui paraît facile, est-il en vérité difficile. Au jour où paraît ce Ling bengbu, je ne puis que dire ma sincérité à mes compagnons d’hier et d’aujourd’hui, en espérant qu’ils verront ma bonne volonté et voudront bien me guider.

Notes du traducteur

  1. Le vocabulaire du « ling » : ling (領) n’a pas ici son sens ordinaire de « col » ou de « recevoir » ; dans la boxe de la mante de Hong Kong, il désigne le travail à deux où l’un joue l’enchaînement et l’autre en éprouve les applications, en alternance. J’ai rendu ling quan par « conduire le poing » et ling bengbu par « conduire le pas d’avalanche », en conservant les caractères à chaque première occurrence.
  2. Les pas et les postures : deng shan bu (登山步) est rendu par « pas / posture de l’ascension », ma shi (馬式) par « posture du cavalier », kua hu bu (跨虎步) par « posture du tigre assis », ru huan bu (入環步) par « pas en anneau », qi xing (七星) par « sept étoiles », tun ta (吞塌) par « effondrement », xu bu (虛步) par « pas vide ».
  3. Numérotation : l’édition originale imprime trois titres sous les formes fautives 第十六:式, 第四十伍式 et 第四十六: ; j’ai rétabli la série régulière de 1 à 47. Dans la liste des postures, la quarante-quatrième est répétée à l’identique de la quarante-troisième (« 登山左圈捶 »), alors que son titre, plus loin, est bien « 登山左崩捶 » (poing d’avalanche) : c’est cette dernière leçon que j’ai suivie.
  4. Les renvois aux figures : le texte chinois dit « 如上圖 / 如中圖 / 如下圖 » (figure du haut, du milieu, du bas) selon la place des clichés dans la page d’origine. Comme certaines postures n’ont qu’une ou deux photographies, ces renvois ne coïncident pas toujours ; je les ai conservés tels quels, en les rattachant à l’image effectivement reproduite.
  5. Le texte chinois : la préface et l’avis final comportent plusieurs coquilles d’imprimerie (par exemple 題 pour 遂, 末及 pour 未及, 踪猛 pour 凶猛) ; la traduction suit le sens évident. La ponctuation d’origine, souvent réduite à la virgule et au point final, a été développée dans les citations pour la lisibilité.
  6. La traduction a été faite directement sur le texte chinois reproduit par Brennan ; sa traduction anglaise n’a pas été utilisée.
  7. Les images : les cent six planches reproduites ici — la calligraphie liminaire de Guan Zhuo et les cent cinq photographies de postures — sont les planches de l’édition de 1955 telles qu’elles figurent dans l’article de Brennan. Ce sont des documents de l’édition originale du texte chinois, donc dans le domaine public ; ce ne sont ni des créations graphiques modernes ni des photographies de l’éditeur du blog.

Source du texte chinois : 《領崩步》 (« Conduire le pas d’avalanche »), compilé et rédigé par Huang Hanxun (黃漢勛, 1915-1974) de Shunde, d’après l’enseignement de Luo Guangyu (羅光玉) de Penglai, postures exécutées par Mai Huayong et Dai Jincheng, photographies de Tan Yili, relecture de Tan Yiren, publié à Hong Kong en 1955 ; texte relevé dans l’article « Two-Person Avalanche Steps Boxing Set » de Paul Brennan (https://brennantranslation.wordpress.com/2020/05/04/two-person-avalanche-steps-boxing-set/), dont la traduction anglaise n’a pas été utilisée. Texte chinois et planches du livre dans le domaine public (Huang Hanxun, mort le 23 décembre 1974). Les cent six images reproduites ici sont les planches de l’édition chinoise d’origine. Traduction française : nouvelle traduction réalisée à partir de l’original chinois pour ce site.