Le Lian bu quan tu shuo (練步拳圖說, « Explication illustrée de la boxe du pas lié ») est un manuel de boxe de Shaolin compilé par Wu Zhiqing (吳志青, 1887–1949), éducateur et écrivain martial de l’époque républicaine, et publié en mars 1931 par la Grande librairie de l’Est (大東書局) à Shanghai, dans la collection de la tour Shangwu (尚武樓叢書). L’enchaînement qu’il décrit — rebaptisé « lian bu quan » (« boxe du pas lié ») — est la boxe du dragon (龍拳), l’une des cinq boxe de Shaolin (五拳 : dragon, tigre, léopard, serpent, grue), telle que la transmettait Liu Chongjun (劉崇峻) de Guanghan (Sichuan), président de l’Association des guerriers du Sichuan (四川武士會), qui l’enseigna à l’Institut central des arts martiaux (中央國術館) — où Wu Zhiqing, son collègue au printemps 1930, l’apprit de lui. L’ouvrage comprend la préface de l’auteur, des règles rédactionnelles, un traité d’introduction sur l’essence des arts martiaux (onze essais : origine de la boxe, force yin et force yang, cinq harmonies et trois impulsions, « quatre onces déplacent mille livres », etc.), un poème mnémotechnique, puis l’explication illustrée des trente-six postures de l’enchaînement, chacune avec son application au combat, sa description pas à pas et son analyse technique. Le texte chinois, publié en 1931, est dans le domaine public.

Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.

Préface de l’auteur (自序)

溯夫少林拳創始。為達摩禪師之十入手。(卽十八羅漢手是也)達摩旣化其徒曇宗等。佐唐太平王世充。有功者十三人。皆能習此十八手。運用精巧。變化無窮。嗣後宋太祖趙匡胤。研習最深。堪稱此中能者。精三十六長拳。六步猴拳。囮拳等。定鼎以後。庋其書於嵩山少林寺。後世傳習太祖之拳者。稱太祖門。及金元之時。有白玉峯者。剃度入山。實得少林之衣缽。以傳覺遠上人。變化增益。十八手為七十二手。化散為整。錯綜參互。盡其體用。復從七十二手。增為一百七十三手。遂有五拳之流。五拳者。龍虎豹蛇鶴。所以練神骨力氣精者也。蓋漢華陀氏之五禽戲拳。曰虎鹿熊猿鳥。白氏師承其意。改為龍虎豹蛇鶴焉。而與白氏同時之李叟。所傳大小洪拳。陜洛川楚。至今多宗之。

Si l’on remonte à l’origine de la boxe de Shaolin, elle commence avec les dix techniques du maître zen Bodhidharma (il s’agit en l’occurrence des dix-huit techniques des luohan, 十八羅漢手). Bodhidharma convertit ses disciples, Tan Zong (曇宗) et les autres, qui assistèrent la dynastie Tang à pacifier Wang Shichong (王世充) : treize hommes s’y distinguèrent, tous capables de pratiquer ces dix-huit techniques, les appliquant avec finesse et d’innombrables variations. Par la suite, Zhao Kuangyin (趙匡胤), le premier empereur des Song, les étudia le plus profondément et peut être dit le plus habile en la matière : il maîtrisait la longue boxe en trente-six (三十六長拳), la boxe du singe en six pas (六步猴拳), la boxe de l’appât (囮拳), etc. Après avoir établi sa dynastie, il déposa ses livres au temple Shaolin du mont Song (嵩山少林寺). Les générations suivantes qui transmirent la boxe de l’empereur fondateur furent appelées l’école Taizu (« premier empereur »). À l’époque des Jin et des Yuan, il y eut Bai Yufeng (白玉峯) : il se rasa la tête et entra en montagne, reçut réellement le manteau de Shaolin et le transmit au vénérable Jueyuan (覺遠), qui le transforma et l’enrichit : les dix-huit techniques devinrent soixante-douze ; le dispersé se fondit en un ensemble, entrelacé et combiné, épuisant la forme et la fonction. Puis, des soixante-douze techniques, on passa à cent soixante-treize, et il en naquit le courant des cinq boxe (五拳). Les cinq boxe sont le dragon, le tigre, le léopard, le serpent et la grue, qui servent à entraîner respectivement l’esprit, les os, la force, le souffle et l’essence. Il y avait eu la boxe des cinq jeux des animaux de Hua Tuo (華陀) des Han — le tigre, le cerf, l’ours, le singe et l’oiseau. Bai en hérita l’intention et les changea en dragon, tigre, léopard, serpent et grue. Quant au vieux Li, contemporain de Bai, il transmit les grandes et petites boxe hong (洪拳), que le Shaanxi (陜), le Henan (洛), le Sichuan (川) et le Chu (楚) suivent encore aujourd’hui en grand nombre.

若本編之練步拳。卽少林五拳之一。龍拳是也。取其神化無窮。在今科學時代。已成過去之名詞。今復更名為練步拳。亦練神練骨之意也。此拳傳自川人武士會會長劉崇峻君。蓋劉君久歷秦隴河洛。探訪名師益友。專研少林五拳。及岳門短打。經三十餘年之旁搜博探。確認此拳為龍拳而無疑。去春同事中央國術館。公餘之暇。以龍拳示我。並述其顛末。余歎未曾前聞。見習一過。覺與他拳相異。且剛柔相濟。無太過亦無不及。恰似黃庭初寫。始信龍拳之神妙也。退而默念此路拳式。簡而明。精而約。不若其他之拳式繁蕪亢長。實可稱為少林上乘之拳法也。

Quant au lian bu quan (練步拳, « boxe du pas lié ») du présent ouvrage, c’est l’une des cinq boxe de Shaolin, à savoir la boxe du dragon. On en retient la transformation spirituelle sans fin. À l’ère scientifique d’aujourd’hui, ce nom appartient au passé ; on l’a donc rebaptisée « lian bu quan », dans l’intention d’y entraîner l’esprit et les os. Cette boxe fut transmise par M. Liu Chongjun (劉崇峻), président de l’Association des guerriers du Sichuan (四川武士會). M. Liu a longtemps parcouru le Qin (秦), le Long (隴) et le Heluo (河洛), visitant des maîtres renommés et des amis éclairés, se consacrant à l’étude des cinq boxe de Shaolin et des coups courts de l’école Yue (岳門短打). Après plus de trente ans de recherches menées de toutes parts, il a reconnu sans aucun doute que cette boxe est la boxe du dragon. Au printemps dernier, alors que nous étions collègues à l’Institut central des arts martiaux (中央國術館), il me montra la boxe du dragon dans ses moments de loisir et m’en raconta tout le détail. Je m’étonnai de n’en avoir jamais entendu parler. Après l’avoir vue et pratiquée une fois, je la trouvai différente des autres boxe : la dureté et la souplesse s’y secourent mutuellement, sans excès ni défaut, comme le Huangting écrit d’un premier trait — je commençai alors à croire à la merveille de la boxe du dragon. Rentré chez moi, je méditai en silence sur cet enchaînement : simple et clair, raffiné et concis, sans la prolixité encombrante des autres formes de boxe — on peut véritablement l’appeler une boxe supérieure de Shaolin.

今春休暇滬上。檢閱舊篋。得劉君口述大意。及岳門嫡派之聯成拳。加以整理。分別製圖。以期就正於劉君。早付剞劂。公諸同好。使少林之真諦。不為私人所祕。庶以廣流傳於永遠云爾。是為序。

十九年三月吳志靑記於海上尚武樓

Ce printemps, en congé à Shanghai (滬), je feuilletai mes vieux coffres et j’y retrouvai l’essentiel de ce que M. Liu m’avait exposé de vive voix, ainsi que la boxe enchaînée (聯成拳) de la lignée directe de l’école Yue. Je les ai mis en ordre et fait dessiner les figures, dans l’espoir de les soumettre à M. Liu et de les confier sans tarder à la gravure, pour les offrir à tous les amateurs, afin que le sens véritable de Shaolin ne reste pas le secret de quelques particuliers et puisse se transmettre largement à jamais. Voilà la préface.

Troisième mois de la dix-neuvième année [1930] — Wu Zhiqing, consigné à la tour Shangwu (尚武樓) de Shanghai.

Règles de l’ouvrage (凡例)

一 本編取材少林正宗五拳之龍拳更改。今名為練步拳。此拳為四川廣漢劉崇峻君所傳述。志靑愛而好之。編為教本。以供國術同志參考。茲分二章。第一章。緒論、武術精義概要。第二章。詳解圖說應用教學諸法。

  1. Le présent ouvrage puise sa matière dans la boxe du dragon, l’une des cinq boxe orthodoxes de Shaolin, modifiée et nommée aujourd’hui « lian bu quan ». Cette boxe fut transmise et exposée par M. Liu Chongjun de Guanghan (Sichuan). Zhiqing, qui l’a aimée et goûtée, l’a compilée en manuel d’enseignement, pour la référence des camarades des arts martiaux. Il se divise en deux chapitres : le premier, introduction — l’essence de l’art martial ; le deuxième — explications détaillées, figures, applications et méthodes d’enseignement.

二 本編按教育程序。分二章、四節、九段、三十六式。每段分四式。每式又附以術名、用法、說明、術解、式圖。使學者一目了然。易於練習。

  1. Le présent ouvrage, suivant la procédure pédagogique, se divise en deux chapitres, quatre sections, neuf séquences et trente-six postures. Chaque séquence compte quatre postures ; chaque posture est accompagnée de son nom technique, de son application, de sa description, de son analyse technique et d’une figure, afin que l’étudiant voie tout d’un coup d’œil et s’exerce facilement.

三 本編教授團體操。可參考軍事分排分隊法。

  1. Pour l’enseignement en exercices de groupe, on peut se référer à la méthode militaire de division en sections et en escouades.

四 本編各式有口令。原為初學者便利起見。習熟後可删繁就簡。一氣呵成。以不違古人定法。及近代教育程序為原則。

  1. Chaque posture du présent ouvrage possède une commande, prévue à l’origine pour la commodité des débutants. Une fois familiarisé, on peut supprimer le superflu pour ne garder que l’essentiel et accomplir le tout d’un seul souffle, en prenant pour principe de ne pas violer les règles fixes des anciens ni la procédure pédagogique moderne.

五 本編假定行拳方位。為初學者便於記憶而設。練熟後則不拘方向。

  1. L’orientation de pratique supposée par le présent ouvrage est établie pour faciliter la mémoire des débutants ; une fois entraîné, on n’est plus contraint par la direction.

六 本編謌譜。失傳已久。今按實用名詞。編定術名。集各式術名。編成謌訣。使學者口誦身行。為補助記憶之法也。

  1. La partition chantée de cet enchaînement s’était perdue depuis longtemps. Aujourd’hui, suivant les termes d’usage, on a fixé les noms techniques et, réunissant les noms de toutes les postures, composé une formule chantée (謌訣), afin que l’étudiant la récite de bouche tandis que le corps l’exécute : c’est un moyen d’aider la mémoire.

七 本編為劉先生得意之看家拳。曾在中央國術館教授全館生員。志靑朝夕研究。一得之愚。編輯成册。供獻國術同志。作為研究資料也可。幷希指正。幸甚。

  1. Le présent ouvrage est la boxe de prédilection, la « boxe qui garde la maison », de M. Liu ; il l’enseigna jadis à tous les élèves de l’Institut central des arts martiaux. Zhiqing, qui l’étudia matin et soir, l’a, dans la futilité d’une seule de ses idées, réunie en volume et offerte aux camarades des arts martiaux, en guise de matériau d’étude. Il espère en outre vos corrections : ce serait un grand bonheur.

Chapitre premier — Introduction (第一章 緒論)

Première section — L’essence de l’art martial (第一節 武術精義概要)

(一) S’accrocher aux vestiges (抱殘守缺).

嘗閱向愷然先生見聞錄。明戚繼光著紀效新書。中列拳經一卷。吾國拳術。始有專書。早歲嘗一讀之。觀其所傳三十二式。有法無理。有用無體。精技擊者閱之。無裨其長。初學者研之。莫發其蒙。當世蓋用之以訓練士卒。故無取乎妙理焉。其他散見於雜書者。如武備志之類。擇焉不精。語焉不詳。而為小說家言者。又往往誕夸不經以衒奇。其離乎拳術之真相遠矣。近世大抵跳竄排撻鹵莽之事。非文人學士之所優焉。不能以文意達其所知。抱殘守缺。支離滅裂。其由來久矣。

J’ai lu jadis les Récits de ce que j’ai vu et entendu (見聞錄) de M. Xiang Kairan (向愷然). Le Nouveau livre de l’efficacité militaire (紀效新書) de Qi Jiguang (戚繼光) des Ming renferme un chapitre intitulé « Classique de la boxe » (拳經) : c’est alors que la boxe de notre pays eut pour la première fois un ouvrage qui lui fût propre. Dans ma jeunesse, je l’ai lu : les trente-deux postures qu’il transmet ont des méthodes sans principes, des usages sans substance. Le technicien consommé qui le lit n’en retire aucun profit pour ses talents ; le débutant qui l’étudie n’en reçoit aucune illumination. En ce temps-là, on s’en servait pour entraîner les soldats : aussi n’y cherchait-on pas de merveilleux principes. Quant aux autres textes dispersés dans des ouvrages divers, comme le Wubei zhi (武備志, « Traité de l’armement »), ils choisissent sans discernement et parlent sans précision ; et ce que rapportent les romanciers est le plus souvent extravagant et sans fondement, pour faire admirer le bizarre : c’est bien loin de la vérité de la boxe. De nos jours, c’est pour l’essentiel une affaire de sauts, d’esquives, de poussées et de frappes brutales — ce en quoi les lettrés n’excellent pas, eux qui ne savent exprimer par l’écrit ce qu’ils connaissent. S’accrocher aux vestiges, garder les lacunes, morceler et disloquer : cela vient de loin.

(二) L’origine de la boxe (拳術源流).

蓋拳術之為物。不多見於經史。莫能道其沿革者。穿鑿附會以求之。無益於技術。誠多事耳。大抵人類初生。與羣動同居。飛不如禽。走不如獸。其自衞者。豈徒智哉。蓋亦有其技矣。或以羣鬭之經驗。或師鳥獸之特長。以長百物。以雄醜類。而拳術於是乎興。弓矢出。戈矛成。蓋後世聖人製之。以補拳術之不逮。非械鬭起而後、有拳術也。(此則參看理論篇第一章第一節)

La boxe, en tant que chose, apparaît rarement dans les Classiques et les Histoires, et nul n’en peut exposer l’évolution. La chercher par des conjectures forcées et des rapprochements arbitraires n’apporte rien à la technique : c’est vraiment s’embarrasser. En somme, aux origines, l’humanité vivait parmi la multitude des animaux : elle ne volait pas comme les oiseaux, ne courait pas comme les fauves. Sa défense d’elle-même reposait-elle seulement sur l’intelligence ? Elle avait aussi ses techniques : tantôt l’expérience des combats de groupe, tantôt le modèle des aptitudes des oiseaux et des fauves, pour surpasser les dix mille créatures et dominer les espèces inférieures — et c’est ainsi que la boxe prit son essor. L’arc et la flèche parurent, la hallebarde et la lance furent achevées : les sages des générations suivantes les fabriquèrent pour suppléer à ce que la boxe n’atteignait pas. Ce n’est pas après l’apparition des combats armés que la boxe est née. (Cf. la première section du premier chapitre de la partie théorique.)

(三) La ligne de partage entre éduquer et tuer (育人殺人之分野).

近世戰鬭之械日精。拳術之用已失。縱使十年練臂。十年練眼。力如賁育。捷若慶忌。以三寸手槍當之足矣。而歷觀物質文明。極端之邦。尚兢兢研求不遑者何也。蓋近世提倡拳術之目的。與拳術最初之目的殊。古之拳術以殺人。今之拳術以育人。人之百為基於其躬。練拳術則身健。身健則魄力雄。意志强。魄力雄、意志强。天下事不足為也。故余之所述者。本諸見聞。求取實用。不張怪誕。以與邦人君子商榷之。

De nos jours, les armes de combat se font chaque jour plus précises et l’usage de la boxe s’est perdu. Même si l’on entraîne ses bras dix ans et ses yeux dix ans, avec la force d’un Meng Ben ou d’un Xia Yu (賁育) et la rapidité d’un Qing Ji (慶忌), un pistolet de trois pouces suffit pour y faire face. Et pourtant, en parcourant les pays à la civilisation matérielle la plus extrême, on y voit encore chercher et étudier avec un zèle sans répit : pourquoi ? C’est que le but pour lequel on promeut la boxe aujourd’hui diffère de son but premier. La boxe d’autrefois servait à tuer ; la boxe d’aujourd’hui sert à éduquer l’homme. Toutes les entreprises de l’homme prennent appui sur sa propre personne : pratique-t-on la boxe, le corps se fortifie ; le corps fort, la vigueur est puissante et la volonté ferme. Vigueur puissante et volonté ferme, il n’est rien sous le ciel qui ne puisse être accompli. Aussi ce que j’expose ici se fonde sur ce que j’ai vu et entendu, vise l’utilité pratique et n’enfle pas le bizarre, afin d’en délibérer avec les gentilshommes de notre pays.

(四) La force yin et la force yang (陰陽勁).

間訪吾國拳術至雜。省與省殊。縣與縣殊。人與人殊。一師各傳其弟子。弟子各守其心得。其傳術之式。變動不拘。美惡並見。不能集海內之拳師而合閱之。則不能知其技之短長。與其術之優劣。惟恆人所言者。為內外兩家。能內家者。如鳳毛麟角。余未之知也。外家雖雜。大抵分陰陽勁之二派。陽勁以剛勝。陰勁以柔勝。各臻其極。無所為優劣也。惟以身體發育而論。則陰勁不如陽勁。陰勁束身以避敵。猴胸短肋。氣歛局緊。陽勁挺膊舒筋。發揚蹈厲。以今日而倡拳術。實以陽勁為宜。

En interrogeant çà et là, la boxe de notre pays est des plus mêlées : elle diffère de province en province, de district en district, de personne en personne. Chaque maître transmet à ses disciples, chaque disciple garde ce qu’il a acquis ; les formes transmises varient sans se fixer, belles et laides s’y coudoient. Si l’on ne peut réunir tous les boxeurs du pays pour les examiner ensemble, on ne peut connaître le fort et le faible de leurs techniques ni l’excellence et la médiocrité de leurs méthodes. Seul ce que disent les gens ordinaires distingue deux écoles : l’interne et l’externe. Ceux qui excellent dans l’école interne sont aussi rares que la corne de la licorne et la plume du phénix — je n’en ai pas connu. L’école externe, bien que mêlée, se divise en gros en deux branches : la force yin (陰勁) et la force yang (陽勁). La force yang vainc par la dureté, la force yin vainc par la souplesse ; chacune atteint son extrême, sans qu’il y ait d’excellence ou de médiocrité. Mais si l’on considère le développement du corps, la force yin ne vaut pas la force yang. La force yin lie le corps pour éviter l’adversaire — poitrine de singe, côtes courtes, souffle rassemblé, carrure resserrée ; la force yang tend les épaules, déploie les tendons, s’élance et frappe avec fougue. Pour promouvoir la boxe aujourd’hui, c’est vraiment la force yang qui convient.

(五) Les cinq harmonies et les trois impulsions (五合三催).

拳無論陰陽勁。一身之前後左右上下。皆有攻守之手。非然者。為不完全之拳式。初學必演拳式者。欲知其五合三催之理也。何謂五合。手與眼合。眼與心合。肩與腰合。身與步合。上與下合是也。何謂三催。手催、身催、步催、是也。

Quelle que soit la boxe, force yin ou force yang, tout le corps — devant, derrière, gauche, droite, haut, bas — doit avoir des mains qui attaquent et qui défendent. Sans cela, c’est une forme de boxe incomplète. Si le débutant doit absolument dérouler les formes, c’est pour connaître le principe des cinq harmonies et des trois impulsions (五合三催). Qu’appelle-t-on les cinq harmonies ? La main s’accorde à l’œil, l’œil s’accorde au cœur, l’épaule s’accorde aux reins, le corps s’accorde au pas, le haut s’accorde au bas — voilà. Qu’appelle-t-on les trois impulsions ? L’impulsion de la main, l’impulsion du corps, l’impulsion du pas — voilà.

(六) Éviter le front (避正面).

拳術以避正面攻擊。為第一要義。陰勁之猴胸。陽勁之側身。皆所以殺之正力也。

Pour la boxe, éviter l’attaque de front est la première exigence. La poitrine de singe de la force yin, le corps de côté de la force yang : tout cela sert à neutraliser la force frontale.

(七) Du mouvement (說動).

王志羣曰。敵不動時我不動。敵欲動時我先動。兵法云其靜如山。其動如風。守如處女。出如脫兔。

Wang Zhiqun (王志羣) dit : « Quand l’adversaire ne bouge pas, je ne bouge pas ; quand l’adversaire veut bouger, je bouge le premier. » L’Art de la guerre dit : « Au repos, comme une montagne ; en mouvement, comme le vent. En défense, comme une vierge ; en sortie, comme un lièvre qui s’échappe. »

(八) Examiner la situation (審勢).

拳術貴審勢。勢之義有二。在己曰蓄勢。在敵曰乘勢。初學者、先學蓄勢。如鷙之將擊。卑飛歛翼。如猛獸之將搏。縮爪張牙。乘勢則神定而眼捷。以待敵隙。非老於技擊者不能也。

La boxe prise l’examen de la situation (審勢). Le sens de « situation » (勢) est double : en soi, on l’appelle « accumuler la posture » (蓄勢) ; chez l’adversaire, « saisir la posture » (乘勢). Le débutant apprend d’abord à accumuler la posture : comme le rapace qui va fondre vole bas, ailes repliées ; comme la bête féroce qui va bondir rentre les griffes et montre les crocs. Saisir la posture, c’est avoir l’esprit calme et l’œil prompt, pour attendre la faille de l’adversaire — seul celui qui est vieilli dans l’art du combat le peut.

(九) Quatre onces déplacent mille livres (四兩撥千斤).

蓋拳術較勝。以蠻力不如以法理。以法理須有精練純熟之工夫。始能運用其巧妙之技術。則勝算可操也。或問拳術尚方不尚巧。我以不尚蠢不如尚智力。術曰、「借人之力。順人之勢。」卽是四兩撥千斤的意思。何謂四兩撥千斤。譬如槓杆平放。力點在中心。槓竿直豎。力點在極下。若兩人鬭拳。甲方出拳。如有千斤之蠢力衝來。銳不可當。而乙方只須增加四兩引力。順著來勢。向後牽引。則甲方之力。非其所自有。卽為乙方所借矣。或甲方用千斤之力。向懷中猛拉。而乙方亦只須增加四兩送力。順勢推之。則甲方亦必失其重心而倒矣。又如人直立地上。兩腳穩如千斤鑄鼎。亦只須稍出微力。撥其腳踵。其人亦必立覆。是之所謂四兩撥千斤也。

Dans la compétition de boxe, la force brutale ne vaut pas la méthode et le principe. Mais la méthode et le principe exigent un travail raffiné et consommé : alors seulement on peut déployer sa technique ingénieuse et tenir la victoire en main. Si l’on demande : « La boxe prise-t-elle la force et non l’habileté ? » — je réponds : plutôt que de priser la sottise, mieux vaut priser l’intelligence et la force d’esprit. L’art dit : « Emprunte la force de l’homme, suis la tendance de l’homme » : c’est cela, « quatre onces déplacent mille livres » (四兩撥千斤). Qu’appelle-t-on « quatre onces déplacent mille livres » ? Par exemple, un levier posé à plat, le point de force au centre ; un levier dressé à la verticale, le point de force tout en bas [l’original intercale ici de petites légendes de figure : « point de force », 力點]. Si deux hommes se battent au poing et que le parti A lance un coup, chargeant comme mille livres de force stupide, d’une acuité irrésistible, le parti B n’a qu’à ajouter quatre onces de force d’attraction, suivre la venue de l’élan et tirer vers l’arrière : la force de A, n’étant plus sienne, se trouve empruntée par B. Ou bien A, de toute sa force de mille livres, tire violemment vers son propre corps ; B n’a qu’à ajouter quatre onces de force d’accompagnement et pousser dans le sens de l’élan : A perdra certainement son centre de gravité et tombera. Autre exemple : un homme se tient droit sur le sol, les deux pieds stables comme un trépied fondu de mille livres ; il suffit d’exercer une force minuscule et de faire basculer ses talons : l’homme tombera sur-le-champ. Voilà ce qu’on appelle « quatre onces déplacent mille livres ».

(十) La force d’équilibre (平均力).

夫人之行立坐臥。得其平則安穩。失其平則攲斜。而不穩者皆平均力失其中庸所使然也。而練南派拳術。初入門者。以練習四平樁為不二法門。實得科學之真理。然四平工夫。練到深處。伸拳踢腿。輕若驚鴻。穩似泰山。一舉一動。係得重心之運用。則無往而不安穩矣。平常人未曾習練平均力者。除行立坐臥外。欲試非素習之動作。在在均有傾跌之處也。又如習舟楫者。舟行風浪之中。任其顛簸。如履平地。而不傾覆者、何也。蓋得平均力故也。

Dans la marche, la station, l’assise et le coucher de l’homme, l’équilibre obtenu donne la stabilité ; l’équilibre perdu donne l’inclinaison ; et toute instabilité vient de ce que la force d’équilibre (平均力) a perdu son juste milieu. Dans la boxe de l’école du Sud, le débutant prend pour porte unique l’exercice de la posture des quatre niveaux (四平樁) : cela saisit réellement la vérité scientifique. Mais lorsque le travail des quatre niveaux est mené à son comble — étendre le poing, lancer la jambe, léger comme l’oie sauvage qui s’effraie, stable comme le mont Tai — chaque geste, chaque mouvement tient à l’emploi du centre de gravité, et l’on n’est jamais rien moins que stable. L’homme ordinaire qui n’a jamais exercé la force d’équilibre, hors marcher, se tenir, s’asseoir et se coucher, s’il veut tenter un mouvement qu’il n’a pas l’habitude de faire, trouve partout de quoi chanceler et tomber. Autre exemple : ceux qui manient la barque — la barque avance au milieu du vent et des vagues, livrée au roulis et au tangage, comme sur un sol plat, sans chavirer. Pourquoi ? Parce qu’ils ont acquis la force d’équilibre.

(十一) L’âge d’or de la pratique de la boxe (練拳黃金時代).

習拳術者。以三伏三九。為練工夫之黃金時代。其說如何。蓋三伏之天。太陽行近赤道。為一年中與地球最接近之期。地球受太陽所罩。則熱度亦因之驟增。而人之生理。亦因之變化。按全部骨骼筋肉。含膠質部分。均有弛懈之象徵。然習練工夫者。在此時期。加工鍛練。則能深入骨髓。其功必深。又因天熱骨柔。易於矯正姿勢。並且內臟所積之老廢物。由汗線盡量而洩。在熱天所受之暑氣。則排除淨盡。不但技術深入骨髓。關係身體之康强。亦有莫大之效用。至三九之天。因太陽離赤道遠。天氣至斯為最寒冷之期。人之全身骨骼筋肉。均有緊縮之象。習工夫者。以此時亦為黃金時代。蓋人身旣受嚴寒而萎縮。當在斯時加工鍛練。則體內熱力。乃充滿四肢。氣候雖至極寒。亦必出汗如瀋。一若三伏時也。然人之體魄因鍛練而强壯。精神因之而充足。事業因之而日進。豈僅關於身體而已哉。

Ceux qui pratiquent la boxe tiennent les trois décades de chaleur (三伏) et les trois décades de froid (三九) pour l’âge d’or du travail. Quelle en est la raison ? Aux jours des trois décades de chaleur, le soleil chemine près de l’équateur : c’est la période de l’année où il est le plus proche de la terre ; la terre, couverte par le soleil, voit sa chaleur monter soudain, et la physiologie de l’homme s’en trouve changée. Dans tous les os et les muscles, les parties qui contiennent de la substance gélatineuse montrent des signes de relâchement. Mais celui qui s’entraîne, en redoublant d’efforts en cette période, peut pénétrer jusqu’à la moelle des os : son travail sera certainement profond. En outre, la chaleur rend les os souples et les postures faciles à corriger ; et les déchets accumulés dans les viscères s’évacuent au maximum par les pores de la sueur, tandis que l’ardeur estivale reçue pendant les jours chauds s’élimine entièrement. Non seulement la technique pénètre jusqu’à la moelle, mais pour la santé et la vigueur du corps, l’effet est immense. Quant aux trois décades de froid, le soleil étant loin de l’équateur, le temps atteint alors sa période la plus froide : tous les os et muscles du corps montrent des signes de contraction. Ceux qui s’entraînent tiennent aussi cette époque pour un âge d’or : le corps, saisi par le froid rigoureux, se ratatine ; si l’on redouble d’efforts en ce moment, la chaleur interne du corps remplit les quatre membres, et même par le climat le plus extrême, on transpire comme trempé — exactement comme aux trois décades de chaleur. Ainsi le corps et le souffle de l’homme, par l’entraînement, deviennent forts ; l’esprit s’en trouve plein ; les affaires y gagnent chaque jour. Est-ce donc seulement une affaire de corps ?

Deuxième section — La formule chantée (第二節 歌訣)

懷抱太極本心掌 斷肘觸拳連掌搶 反擒子午趕肘還 挂肘子午加搶掌 邊捶斷肘暗地藏 進步鴛鴦中門搶 攔肘撩陰趕肘還 上步加封先搶掌 攔肘封門又大閉 上步加封單邊掌 滚頂連肘雙披挂 雙推轉身又撩陰 退步趕肘加封進 上步加封勾絆急 加封退步分左右 雙推太極復歸真

Embrasser le Taiji, la paume du cœur originel ; briser le coude, toucher le poing, la paume ravie d’affilée ; saisie retournée ziwu, le coude qui chasse revient ; coude accroché ziwu, s’y ajoute la paume qui ravit ; le marteau de côté, le coude brisé se cache dans l’ombre ; avancer, les coudes mandarins ravissent la porte centrale ; barrer du coude, soulever le yin, le coude qui chasse revient ; pas en avant et scellement ajouté, d’abord la paume qui ravit ; barrer du coude, sceller la porte, puis la grande clôture ; pas en avant et scellement ajouté, la paume d’un seul côté ; rouler, pousser du sommet, coudes enchaînés, double écartement ; double poussée, corps retourné, encore soulever le yin ; reculer, chasser le coude, scellement ajouté, avancer ; pas en avant et scellement ajouté, crochet et trébuchement pressés ; scellement ajouté en reculant, à gauche et à droite ; double poussée, et le Taiji retourne à la vérité.

Ces seize vers de sept caractères récapitulent, dans l’ordre, les noms des trente-six postures de l’enchaînement (avec quelques variantes, dont « paume du cœur originel » pour « paume du cœur tranquille ») : c’est le poème mnémotechnique annoncé dans les règles de l’ouvrage.

Chapitre deuxième — L’explication illustrée du lian bu quan (第二章 練步拳圖說)

Première section — L’orientation de la pratique (第一節 行拳方位圖說)

北 西 – 東 南

Le manuel donne d’abord le diagramme des directions : nord en haut, sud en bas, ouest à gauche, est à droite.

初學習國術。首須記淸方位。然後開始練習。或複習時。或自習時。庶不致盲然無所措手足。或偶遺忘。視方向便於追憶。所以初學者。首須識別方位。例如假定東南西北。習熟後。則不拘何方均可。此路拳假定由東往西。面南背北。如上圖。

Pour commencer l’étude des arts martiaux, il faut d’abord se souvenir nettement des directions, puis commencer la pratique — que ce soit en révisant ou en s’entraînant seul — afin de ne pas rester aveugle, sans savoir où mettre les mains ni les pieds ; et si l’on vient à oublier, on regarde la direction et l’on se remémore aisément. C’est pourquoi le débutant doit d’abord reconnaître les directions. Par exemple, on suppose l’est, le sud, l’ouest et le nord ; une fois familiarisé, n’importe quelle direction convient. Cet enchaînement suppose que l’on aille de l’est vers l’ouest, face au sud, dos au nord, comme sur la figure ci-dessus.

La position d’attention (立正式說明)

兩足跟宜在一線上靠攏並齊。兩足尖向外撇開。約六十度。兩腿自然伸直。上體體重平置於腰上。脊背伸直。微向前傾。兩肩宜平。稍向後張。兩臂自然下垂。兩手貼於股際。五指拼攏而微屈。頭宜正。頸宜直。口宜閉。由鼻呼吸。兩眼向南平視。如第一圖。

Les deux talons doivent être sur une même ligne, rapprochés et alignés ; les deux pointes des pieds s’ouvrent vers l’extérieur à environ soixante degrés ; les deux jambes s’étendent naturellement ; le poids du haut du corps se pose à plat sur les reins ; la colonne s’étire, légèrement inclinée vers l’avant ; les deux épaules doivent être de niveau, légèrement tirées en arrière ; les deux bras pendent naturellement, les deux mains collées aux cuisses, les cinq doigts réunis et légèrement fléchis ; la tête doit être droite, le cou droit, la bouche close, et l’on respire par le nez ; les deux yeux regardent à plat vers le sud, comme à la première figure.

Deuxième section — La méthode d’enseignement (第二節 教學法圖說)

Chaque posture se déroule en quatre commandes (口令), de un à quatre. Le manuel donne pour chacune le nom technique (術名), l’application (用法), la description du mouvement (說明) et l’analyse technique (術解) ; les figures ne sont pas reproduites ici.

Première séquence (第一段)

1ʳᵉ posture — Embrasser le Taiji (懷抱太極). Application : ouvrir le mouvement en faisant naître le Taiji du Wuji.

開始動作由無極化太極之法。 聞令數一。由立正式全身不動。眼仍視南。左臂上提。小臂平舉於胸前。掌心向下。五指拼而微屈。同時右臂微提。小臂平橫於臍前。五指拼而微屈。掌心向上。與左掌心上下相印。中間相距約二十五生的。兩手形似太極。名曰懷抱。太極定式如第二圖。 此式開始。恰符生理次序。準備運動之動作。先行四肢。而後漸及於軀幹。循序漸進。極合衞生之需要。對於技術上之應用。以此式為變化之始。中藏莫測之機。為國術之要旨也。

Au commandement « un », depuis la position d’attention, tout le corps immobile, le regard toujours vers le sud : le bras gauche se lève, l’avant-bras se tenant à plat devant la poitrine, paume vers le bas, les cinq doigts réunis et légèrement fléchis ; en même temps, le bras droit se soulève légèrement, l’avant-bras en travers à plat devant le nombril, les cinq doigts réunis et légèrement fléchis, paume vers le haut, en vis-à-vis de haut en bas avec la paume gauche, à environ vingt-cinq centimètres l’une de l’autre. Les deux mains figurent le Taiji ; cela s’appelle « embrasser » ; la posture fixe du Taiji est comme à la deuxième figure.

Cette posture initiale correspond exactement à l’ordre physiologique des mouvements préparatoires : d’abord les quatre membres, puis progressivement le tronc, par degrés successifs — ce qui répond parfaitement aux besoins de l’hygiène. Quant à l’application technique, cette posture est le commencement des transformations ; elle recèle des mécanismes insondables — c’est l’essence des arts martiaux.

2ᵉ posture — La paume du cœur tranquille (平心掌). Application : parer à gauche et défendre à droite.

此為禦左防右之法。 聞令數二。由上式左腳向東出一步。左膝彎似弓。右腳直似箭。簡稱左弓式。反是則稱右弓式。或稱前後弓式。下稱倣此。同時左掌往下按。卽向東平推。左臂平舉於左。指尖向南。掌心向東。右掌卽向上托。(一按一托。同時並舉。)握拳收囘於右肋前。拳心向上。小臂平屈。肘尖正向西。眼卽順左掌平視東方。腰直胸挺。如第三圖。 此式設敵由前直入。伸拳衝來。不動聲色。幾為我太極式所破矣。妙處卽在一托一按。深望研究斯道。三注意焉。平心掌為禦敵之掌。其功用全在掌根。使用腕勁。擊敵心房。此為技術之動式也。一式之中。含有無窮之變化。在善用者神而明之。

Au commandement « deux », depuis la posture précédente, le pied gauche fait un pas vers l’est ; le genou gauche fléchit comme un arc, la jambe droite tendue comme une flèche — en abrégé « posture de l’arc gauche » ; l’inverse s’appelle « posture de l’arc droit », ou « posture d’arc avant-arrière » ; ci-après, on suit ce modèle. En même temps, la paume gauche presse vers le bas puis pousse à plat vers l’est ; le bras gauche se tient à plat sur la gauche, le bout des doigts vers le sud, la paume vers l’est. La paume droite soutient aussitôt vers le haut (une pression et un soutien, levés en même temps), puis se ferme en poing et revient devant les côtes droites, creux du poing vers le haut, avant-bras replié à plat, la pointe du coude exactement vers l’ouest. L’œil suit la paume gauche, regardant à plat vers l’est. Reins droits, poitrine ouverte, comme à la troisième figure.

Cette posture suppose que l’adversaire entre droit devant, poing étendu, chargeant sans bruit ni signe : il est presque déjà brisé par ma posture du Taiji. La merveille tient en un soutien et une pression — j’espère vivement que ceux qui étudient cette voie y prêteront une triple attention. La paume du cœur tranquille est la paume qui repousse l’adversaire : sa fonction tient tout entière dans le talon de la paume, employant la force du poignet (腕勁) pour frapper le cœur de l’adversaire. C’est la forme active de la technique ; dans une seule posture se trouvent d’innombrables transformations, et il appartient à celui qui sait en user de les éclairer par l’esprit.

3ᵉ posture — Se retourner et briser le coude (反身斷肘). Application : si l’adversaire attaque mon arrière, se retourner pour le repousser.

設敵攻我後方。反身拒敵之法。 聞令數三。由上式翻身向西。左腳不動。右腳收囘半步。腳尖點地。膝微屈。同時右拳由懷中往西平摔。拳眼朝上。大臂與小臂成曲尺形。左臂同時由上繞半圜向右。而掌卽護於右肩前。指端向上。小臂貼於胸前。頭向右轉。眼平視西。如第四圖。 此式為敵襲我後方。則反身以應之。而敵迫近我身。以肘斷其勢。使敵無隙可侵。則自衞固。然後乘機克敵。此為翻身斷敵之法術也。

Au commandement « trois », depuis la posture précédente, on pivote face à l’ouest ; le pied gauche ne bouge pas ; le pied droit revient d’un demi-pas, la pointe touchant le sol, le genou légèrement fléchi. En même temps, le poing droit, depuis la poitrine, s’abat à plat vers l’ouest, l’œil du poing vers le haut, le grand bras et l’avant-bras formant une équerre. Le bras gauche, en même temps, décrit un demi-cercle par le haut vers la droite, et la paume protège devant l’épaule droite, le bout des doigts vers le haut, l’avant-bras collé à la poitrine. La tête tourne à droite, le regard à plat vers l’ouest, comme à la quatrième figure.

Cette posture répond à l’adversaire qui m’attaque par-derrière : on se retourne pour lui faire face. Quand l’adversaire presse contre mon corps, on brise son élan avec le coude, si bien qu’il ne trouve aucune faille à exploiter : la défense de soi est solide. Ensuite, on saisit l’occasion pour le vaincre. C’est la technique de se retourner pour briser l’adversaire.

4ᵉ posture — Le poing qui touche (觸拳). Application : entrer en contact avec l’adversaire en suivant la venue de son élan.

此為順敵來勢以接觸敵之法。 聞令數四。由上式右腳向西出半步成弓。同時左腳直為箭。稱曰右弓式。右斷肘卽向西伸直。作衝擊之狀。拳眼斜向上。左掌乃護於右肩前。腰直胸挺。眼平視西。如第五圖。 此式設敵伸拳擊來。我卽沿接其手。以拳觸之。此所謂將計就計法。使其無囘旋餘地。受制於頃刻之間。此拳有迅雷不及掩耳之妙用。

Au commandement « quatre », depuis la posture précédente, le pied droit fait un demi-pas vers l’ouest en arc, la jambe gauche tendue en flèche : c’est la posture de l’arc droit. Le coude brisé droit s’étend aussitôt vers l’ouest, en geste de frappe, l’œil du poing obliquement vers le haut ; la paume gauche protège devant l’épaule droite. Reins droits, poitrine ouverte, regard à plat vers l’ouest, comme à la cinquième figure.

Cette posture suppose que l’adversaire étend le poing pour frapper : je longe et saisis sa main, puis le touche avec mon poing. C’est ce qu’on appelle « retourner son propre stratagème contre lui » : on ne lui laisse aucun espace pour se retourner, et il est maîtrisé en un instant. Ce poing a la merveille du tonnerre qui ne laisse pas le temps de se boucher les oreilles.

Deuxième séquence (第二段)

5ᵉ posture — Pas en avant, la paume qui ravit (上步搶掌). Application : faire face à l’adversaire de côté, guetter la faille et attendre le relâchement.

此為側面應敵。伺隙待懈之法。 聞令數一。由上式左腳向正南上前一步。成左弓式。卽左腳彎。右腳直。同時右拳變掌。向前平擄。繞四分之一週。至右肋前。卽握拳。手心向上。同時左掌卽向南平搶出。指端向西。掌心向南。右臂平舉於前。眼向南正視。腰直胸挺。如第六圖。 此式手、眼、身、步法。要處處相合。不可須臾相拗。所謂五合三催是也。何謂五合三催之理見緒論。此式兩手動作。均須齊一。不能有此快彼遲之弊。庶幾於拳理近矣。

Au commandement « un », depuis la posture précédente, le pied gauche fait un pas vers le plein sud, en posture d’arc gauche — le pied gauche fléchi, le pied droit tendu. En même temps, le poing droit se change en paume qui balaie à plat vers l’avant, décrit un quart de cercle jusqu’au-devant des côtes droites, puis se referme en poing, paume vers le haut. En même temps, la paume gauche ravit à plat vers le sud, le bout des doigts vers l’ouest, la paume vers le sud ; le bras droit se tient à plat devant. Le regard droit au sud. Reins droits, poitrine ouverte, comme à la sixième figure.

Dans cette posture, main, œil, corps et pas doivent s’accorder en tout point, sans jamais se contrarier un instant : c’est ce qu’on appelle les cinq harmonies et les trois impulsions, dont le principe se voit dans l’introduction. Dans cette posture, les mouvements des deux mains doivent être parfaitement simultanés, sans le défaut de l’une rapide et l’autre lente : alors seulement on approche du principe de la boxe.

6ᵉ posture — La saisie retournée ziwu (反擒子午). Application : pas en avant, saisie à gauche, frappe à droite.

此為進步左擒右擊法。 聞令數二。由上式右脚上正南再出一步。成右弓式。同時左掌變拳作擒拿狀。卽向左肩前帶囘。拳與左耳齊。拳心向後。同時右拳由右肋前向南衝出。平舉於前。拳眼向東。眼視拳。腰直胸挺。如第七圖。(側面圖) 此式左掌反擒敵手。右拳隨擒而出。擊敵正面。名曰平心子午拳。敵不動時。我不動。敵欲動。而我先動。兵法云。其靜如山其動如風是也。

Au commandement « deux », depuis la posture précédente, le pied droit fait encore un pas vers le plein sud, en posture d’arc droit. En même temps, la paume gauche se change en poing en geste de saisie et se ramène devant l’épaule gauche, le poing à la hauteur de l’oreille gauche, le creux du poing vers l’arrière. En même temps, le poing droit, depuis le-devant des côtes droites, jaillit vers le sud, tenu à plat devant, l’œil du poing vers l’est. L’œil regarde le poing. Reins droits, poitrine ouverte, comme à la septième figure (vue de côté).

Dans cette posture, la paume gauche saisit en retournant la main de l’adversaire ; le poing droit suit la saisie et sort frapper le front de l’adversaire ; cela s’appelle le « poing ziwu du cœur tranquille ». Quand l’adversaire ne bouge pas, je ne bouge pas ; quand l’adversaire veut bouger, je bouge le premier. L’Art de la guerre dit : « Au repos, comme une montagne ; en mouvement, comme le vent » — c’est cela.

7ᵉ posture — Reculer et chasser le coude (退步趕肘). Application : attirer l’adversaire en profondeur, puis le chasser avec le coude.

為誘敵深入。以肘逐敵之法。 聞令數三。由上式右腳向北。後退一步。成左弓式。同時右拳上翻。乘勢下降。左拳卽靠於右臂上。腰直。眼南視。如第八圖。(側面圖)同時左腳收囘半步。膝彎。腳尖點地。右膝稍曲。成丁字式。右拳卽收囘於懷中。拳心向上。左臂順右臂收囘之勢。向前下趕出。拳心向下。身向前傾。腰腹後吞。胸挺。眼仍視南。如第九圖。(側面圖) 此式誘敵。使其深入重圍。我則乘機以克之。又設我臂被敵所封。則使趕肘以逐之。雖兩臂一伸一縮。須與全身進退。取一致動作。方為有效。否則無功而有害。

Au commandement « trois », depuis la posture précédente, le pied droit recule d’un pas vers le nord, en posture d’arc gauche. En même temps, le poing droit se retourne vers le haut puis, à la faveur de l’élan, descend ; le poing gauche s’appuie aussitôt sur le bras droit. Reins droits, regard vers le sud, comme à la huitième figure (vue de côté). En même temps, le pied gauche revient d’un demi-pas, genou fléchi, pointe touchant le sol ; le genou droit se plie légèrement, en posture du caractère ding (丁). Le poing droit se ramène aussitôt dans la poitrine, creux du poing vers le haut ; le bras gauche, suivant l’élan du retour du bras droit, chasse vers l’avant-bas, creux du poing vers le bas. Le corps s’incline vers l’avant ; les reins et le ventre se retirent en arrière ; la poitrine s’ouvre ; l’œil regarde toujours au sud, comme à la neuvième figure (vue de côté).

Cette posture attire l’adversaire pour le faire pénétrer profondément dans l’encerclement, puis je saisis l’occasion de le vaincre. Si mon bras est scellé par l’adversaire, je déploie le coude qui chasse pour le repousser. Bien que les deux bras s’étendent et se replient, ils doivent agir de concert avec l’avancée et le recul de tout le corps : alors seulement c’est efficace. Autrement, point de résultat, et même du dommage.

8ᵉ posture — Le coude accroché ziwu (挂肘子午). Application : protection et poursuite.

為護衞追擊法 聞令數四。由上式左腳向南半步。右腳跟蹤再上一步。成右弓式。同時左小臂上挂於左肩前。拳心向北。右拳卽由懷中向南衝出。平舉於前。拳心向下。腰直胸挺。眼仍視南。如第十圖。(側面圖) 此為追擊之術。然敵不動。我亦不動。觀其欲動。我則順其來勢。乘機進攻。兵法云。出其不意攻其無備是也。然而攻人者。反為人所攻。何也。夫人心之所欲。必現諸形色。自己不覺。而他人則洞若觀火。所以反為人攻。譬如觀他人欲舉何手。其肩必預為之準備。欲與人談話。眼必先注。此為觀察敵情之一也。

Au commandement « quatre », depuis la posture précédente, le pied gauche fait un demi-pas vers le sud ; le pied droit suit de près et fait encore un pas, en posture d’arc droit. En même temps, l’avant-bras gauche accroche vers le haut devant l’épaule gauche, creux du poing vers le nord ; le poing droit jaillit aussitôt depuis la poitrine vers le sud, tenu à plat devant, creux du poing vers le bas. Reins droits, poitrine ouverte, regard toujours au sud, comme à la dixième figure (vue de côté).

C’est l’art de la poursuite. Mais si l’adversaire ne bouge pas, je ne bouge pas non plus ; je guette son envie de bouger, puis, suivant la venue de son élan, je saisis l’occasion d’attaquer. L’Art de la guerre dit : « Surgir là où il ne s’y attend pas, attaquer là où il n’est pas préparé » — c’est cela. Cependant, pourquoi celui qui attaque se fait-il parfois attaquer par autrui ? Parce que ce que le cœur de l’homme désire se manifeste toujours dans son attitude et sur son visage : soi-même ne s’en aperçoit pas, mais autrui le voit clairement comme le feu — voilà pourquoi on est attaqué à son tour. Par exemple, quand on voit qu’autrui veut lever une main, son épaule se prépare à l’avance ; quand on veut parler à quelqu’un, les yeux se fixent d’abord. C’est l’un des moyens d’observer la situation de l’adversaire.

Troisième séquence (第三段)

9ᵉ posture — Sceller la porte, la paume qui ravit (封門搶掌). Application : l’attaque feinte pour attirer l’adversaire.

為佯攻誘敵法。 聞令數一。由上式左腳向南上步。兩膝彎成騎馬式。同時左臂由左肩前向南下。平斷。微曲於左。右拳卽收囘。護於腰間。眼視南。如第十一圖。(側面圖)同時右腳伸直。左膝仍彎成左弓式。同時右拳變掌。搶向南出。指尖斜向上。左拳亦變掌。隨右臂下囘。護於右腋。掌心向下。眼仍視南。胸挺腰直。如第十二圖。(側面圖) 此式先以肘封敵之門戶。迅卽出掌擊敵之胸部以為餌。此為佯攻誘敵之法。俟其出手防我。恰中我邊捶之計矣。

Au commandement « un », depuis la posture précédente, le pied gauche fait un pas vers le sud ; les deux genoux fléchissent en posture du cavalier. En même temps, le bras gauche, depuis le-devant de l’épaule gauche, tranche à plat vers le sud-bas, légèrement fléchi sur la gauche ; le poing droit se ramène aussitôt, protégeant la taille. Regard vers le sud, comme à la onzième figure (vue de côté). En même temps, la jambe droite s’étend, le genou gauche reste fléchi, en posture d’arc gauche ; le poing droit se change en paume qui ravit vers le sud, le bout des doigts obliquement vers le haut ; le poing gauche se change aussi en paume, qui suit le bras droit dans sa descente et protège sous l’aisselle droite, paume vers le bas. Regard toujours au sud. Poitrine ouverte, reins droits, comme à la douzième figure (vue de côté).

Dans cette posture, on scelle d’abord la porte de l’adversaire avec le coude, puis on sort aussitôt la paume frapper sa poitrine comme appât. C’est la méthode de l’attaque feinte pour attirer l’adversaire : quand il sort la main pour se défendre, il tombe juste dans le piège de mon marteau de côté.

10ᵉ posture — Le marteau de côté (邊捶). Application : surprendre l’adversaire.

為出其不意之法。 聞令數二。由上式右腳復彎。成騎馬式。同時左掌變拳。向南橫掃。拳眼向上。右掌卽收囘於右肋前。拳心向上。眼視左拳。胸張向東。腰直。如第十三圖。(側面圖) 此式以上式。誘敵暗藏邊捶。乘敵忙於招架。出其不意。左臂猛然收囘。右臂乘勢橫掃。以拳脊背驟然擊之。猶如軍艦上之邊礟猝發也。

Au commandement « deux », depuis la posture précédente, le pied droit se fléchit de nouveau, en posture du cavalier. En même temps, la paume gauche se change en poing qui balaie en travers vers le sud, l’œil du poing vers le haut ; la paume droite se ramène aussitôt devant les côtes droites, creux du poing vers le haut. L’œil regarde le poing gauche ; la poitrine s’ouvre vers l’est ; reins droits, comme à la treizième figure (vue de côté).

Cette posture, partant de la précédente, attire l’adversaire tout en cachant le marteau de côté ; profitant de ce que l’adversaire est occupé à parer, sans qu’il s’y attende, le bras gauche se retire brusquement et le bras droit balaie en travers à la faveur de l’élan, frappant soudain avec le dos du poing — comme le canon de bord d’un navire de guerre qui part tout à coup.

11ᵉ posture — Pas en avant, briser le coude (上步斷肘). Application : parer l’attaque surprise de l’adversaire.

為禦敵襲擊之法 聞令數三。由上式右腳向南出一步。膝彎。左膝微彎。成側馬式。同時右拳由右向左繞半圜。臂微曲。以肘橫斷於前。拳眼斜朝上。左拳卽變掌。囘護於右肩前。身軀隨步往左旋轉。上體略向前傾。眼平視南。如第十四圖。(側面圖) 此式設敵來襲我。則以肘斷其勢。使敵無懈可侵。則我乘機以使下式之鴛鴦肘。蓋拳術路子。均係一攻、一守、一進、一退。為全套之網領。應如何設計防禦。及攻克之技術。均視當時環境而變化。在學者善用時機耳。

Au commandement « trois », depuis la posture précédente, le pied droit fait un pas vers le sud, genou fléchi ; le genou gauche légèrement fléchi, en posture de cavalier de côté. En même temps, le poing droit décrit un demi-cercle de droite à gauche, le bras légèrement fléchi, le coude tranchant en travers devant ; l’œil du poing obliquement vers le haut. Le poing gauche se change aussitôt en paume qui revient protéger devant l’épaule droite. Le torse tourne à gauche avec le pas, le haut du corps s’incline légèrement vers l’avant. Regard à plat vers le sud, comme à la quatorzième figure (vue de côté).

Cette posture suppose que l’adversaire vient m’attaquer : je brise son élan avec le coude, si bien qu’il ne trouve aucun relâchement à exploiter ; alors je saisis l’occasion d’enchaîner sur les coudes mandarins de la posture suivante. Les chemins de la boxe sont tous une attaque, une défense, une avance, une retraite : c’est le fil conducteur de tout l’enchaînement. Comment concevoir les techniques de défense et de conquête dépend des circonstances du moment ; il appartient à l’étudiant de bien saisir l’occasion.

12ᵉ posture — Les coudes mandarins (鴛鴦肘). Application : saisir l’occasion, pénétrer les lignes et vaincre l’adversaire.

此為乘機陷陣克敵法。 聞令數四。由上式左腳上前一步。成半馬式。同時左掌由右臂下沿右拳向南上繞抄。右拳卽變掌。上體順勢隨步滚進。左掌尖與鼻平行。左掌尖與下腭齊。一身傾東南。眼仍視前。如第十五圖。(側面圖) 此式名曰鴛鴦肘。卽左右兩臂同時並用挾攻之意。惟身體須活潑。順乎手步之法。旋身滚入。勢若游龍。深入敵境。出全力以制之。則勝算自操矣。

Au commandement « quatre », depuis la posture précédente, le pied gauche fait un pas en avant, en demi-posture du cavalier. En même temps, la paume gauche, passant sous le bras droit le long du poing droit, contourne et saisit vers le sud-haut ; le poing droit se change aussitôt en paume. Le haut du corps, à la faveur de l’élan, roule en avant avec le pas ; la pointe de la paume gauche est au niveau du nez, la pointe de la paume gauche à hauteur du menton. Le corps tout entier s’incline vers le sud-est ; l’œil regarde toujours devant, comme à la quinzième figure (vue de côté).

Cette posture s’appelle « coudes mandarins » : les deux bras, gauche et droit, agissent en même temps, dans l’intention d’attaquer en tenaille. Le corps doit être vif et suivre la loi des mains et des pas : on pivote et l’on roule pour pénétrer, l’allure d’un dragon qui nage, s’enfonçant profondément dans le territoire ennemi, déployant toute sa force pour le maîtriser : alors la victoire est en main.

Quatrième séquence (第四段)

13ᵉ posture — Sceller la porte, la paume qui ravit (封門搶掌). Application : feindre en haut, prendre en bas.

為上佯下取之法。 聞令數一。由上式右腳向南上一步。膝彎。左腳直。成右弓式。同時右掌向南斜上搶出。指尖與眼成平行線。手心向上。左掌囘護於右腋下。眼平視南。腰直胸挺。如第十六圖。(側面圖) 此式以左掌封敵之門戶。右掌搶出擊、敵之咽喉與眼。倘敵設防於上。我取其下。或取於中。隨機變化。不拘一格。

Au commandement « un », depuis la posture précédente, le pied droit fait un pas vers le sud, genou fléchi, jambe gauche tendue, en posture d’arc droit. En même temps, la paume droite ravit obliquement vers le sud-haut, le bout des doigts sur une ligne parallèle aux yeux, paume vers le haut ; la paume gauche revient protéger sous l’aisselle droite. Regard à plat vers le sud. Reins droits, poitrine ouverte, comme à la seizième figure (vue de côté).

Dans cette posture, la paume gauche scelle la porte de l’adversaire ; la paume droite ravit et frappe sa gorge et ses yeux. Si l’adversaire se défend en haut, je prends en bas, ou au milieu : on varie selon l’occasion, sans s’en tenir à une seule formule.

14ᵉ posture — Le coude qui barre (攔肘). Application : se ramasser et résister en haut et en bas.

為縮身上下抗敵法。 聞令數二。由上式兩腿下彎。成騎馬式。同時左掌由右腋下托護於頭頂之前面。右掌握由內繞半圜下攔於右腿之外。拳眼斜向西南。眼平視南。身軀面西。腰直胸挺。如第十七圖。(側面圖) 此式為護頂攔敵之法。亦為守勢之基礎。兩手一上一下。如撕綿然。不分輕重遲鈍。動作齊一。用力均匀。則守基自固矣。

Au commandement « deux », depuis la posture précédente, les deux jambes fléchissent vers le bas, en posture du cavalier. En même temps, la paume gauche, depuis sous l’aisselle droite, soutient et protège devant le sommet de la tête ; le poing droit décrit un demi-cercle par l’intérieur et barre vers le bas à l’extérieur de la jambe droite, l’œil du poing obliquement vers le sud-ouest. Regard à plat vers le sud ; le torse fait face à l’ouest. Reins droits, poitrine ouverte, comme à la dix-septième figure (vue de côté).

Cette posture protège le sommet de la tête et barre l’adversaire ; c’est aussi le fondement de la posture défensive. Les deux mains, l’une en haut, l’autre en bas, comme si l’on déchirait de la soie, sans distinguer lourd ou léger, lent ou engourdi : les mouvements unis, la force répartie également, et la base de la défense est d’elle-même solide.

15ᵉ posture — La paume qui soulève le yin (撩陰掌). Application : attaquer l’adversaire en changeant de direction.

為變更方位襲敵法。 聞令數三。由上式轉身向左。左膝仍彎。右腳蹬直。成左弓式。同時右拳變掌。由南向北下上撩掌心向上。五指微曲。左掌下降。護於右肩前。身軀向北。眼亦朝北平視。如第十八圖。(側面圖) 此式為襲擊敵人下部。此卽攻其無備之意。而身轉變。步亦隨之。不可遲滯。至失機會。是為拳術之要旨也。

Au commandement « trois », depuis la posture précédente, on tourne le corps vers la gauche ; le genou gauche reste fléchi, la jambe droite se tend en poussant, en posture d’arc gauche. En même temps, le poing droit se change en paume qui, du sud vers le nord, soulève de bas en haut, paume vers le haut, les cinq doigts légèrement fléchis ; la paume gauche descend protéger devant l’épaule droite. Le torse fait face au nord ; l’œil regarde aussi à plat vers le nord, comme à la dix-huitième figure (vue de côté).

Cette posture attaque la partie basse de l’adversaire — c’est l’intention de frapper là où il n’est pas préparé. Le corps se retourne, le pas le suit : il ne faut ni tarder ni s’attarder, au point de perdre l’occasion. C’est l’essentiel de la boxe.

16ᵉ posture — Reculer et chasser le coude (退步趕肘). Application : reculer en feinte, refuser en réalité.

為佯退實拒法。 聞令數四。由上式左腳收囘半步。腳尖點地。右腿下蹲。同時右掌握拳。收囘於肋前。左掌卽變拳。沿右臂向北斜下趕出。拳與左膝平行。拳眼斜向上。腰直胸挺。眼平視北。如第十九圖。(側面圖) 此式以上式之掌。設被敵所封。我則以肘逐之。而抽身後退。伺迎敵來。復再乘勢以攻之。

Au commandement « quatre », depuis la posture précédente, le pied gauche revient d’un demi-pas, pointe touchant le sol ; la jambe droite s’accroupit. En même temps, la paume droite se ferme en poing et se ramène devant les côtes ; la paume gauche se change aussitôt en poing qui, le long du bras droit, chasse obliquement vers le nord-bas, le poing parallèle au genou gauche, l’œil du poing obliquement vers le haut. Reins droits, poitrine ouverte, regard à plat vers le nord, comme à la dix-neuvième figure (vue de côté).

Dans cette posture, si la paume de la posture précédente est scellée par l’adversaire, je le chasse avec le coude, puis je retire le corps en arrière, guettant la venue de l’adversaire pour, à nouveau, profiter de l’élan et l’attaquer.

Cinquième séquence (第五段)

17ᵉ posture — Pas en avant, ajouter le scellement (上步加封). Application : avancer pour poursuivre.

為進步追擊之法。 聞令數一。由上式右腳向北出一步。膝彎。左腳伸直。成右弓式。同時右拳由肋前向西北上斜方繞擊。拳眼斜向上。左拳卽變掌。由前下往上繞腕。作反擒狀。卽護於右肩前。指尖向上。眼視右拳。身稍前傾。如第二十圖。(側面圖) 此式設敵乘我後退。再逼一步。我卽上右腳。封其左腳。出左手擒其臂。右拳順勢繞擊其耳門。

Au commandement « un », depuis la posture précédente, le pied droit fait un pas vers le nord, genou fléchi, jambe gauche tendue, en posture d’arc droit. En même temps, le poing droit, depuis le-devant des côtes, contourne pour frapper obliquement vers le nord-ouest-haut, l’œil du poing obliquement vers le haut ; le poing gauche se change aussitôt en paume qui, de l’avant-bas, remonte en tournant le poignet, en geste de saisie retournée, puis protège devant l’épaule droite, doigts vers le haut. L’œil regarde le poing droit ; le corps s’incline légèrement vers l’avant, comme à la vingtième figure (vue de côté).

Cette posture suppose que l’adversaire, profitant de mon recul, me presse d’un pas de plus : j’avance aussitôt le pied droit pour sceller son pied gauche, sors la main gauche pour saisir son bras, et le poing droit, à la faveur de l’élan, contourne pour frapper la porte de son oreille.

18ᵉ posture — Sceller la porte, la paume qui ravit (封門搶掌). Application : sceller l’adversaire et manœuvrer la paume.

為封敵運掌法。 聞令數二。由上式身樁不動。右拳收囘於腋下。復變掌。卽向北斜上搶出。掌心向上。五指拼齊。微曲。同時左手由前往繞一周。卽封於右腋下。掌心向下。眼視右掌。如第二十一圖。(側面圖) 此式與上式連環使用。為變化之手。不落恆蹊。使敵莫測其由來。則拳術之術字。其義廣矣。

Au commandement « deux », depuis la posture précédente, la base du corps ne bouge pas ; le poing droit se ramène sous l’aisselle, redevient paume et ravit aussitôt obliquement vers le nord-haut, paume vers le haut, les cinq doigts réunis et légèrement fléchis. En même temps, la main gauche décrit un tour par l’avant et scelle sous l’aisselle droite, paume vers le bas. L’œil regarde la paume droite, comme à la vingt et unième figure (vue de côté).

Cette posture s’emploie en chaîne avec la précédente : c’est la main des transformations, qui ne tombe pas dans les sentiers battus, si bien que l’adversaire ne peut deviner d’où elle vient. Le caractère « technique » (術) de la boxe a vraiment un sens vaste.

19ᵉ posture — Le coude qui barre (攔肘). Application : protéger en haut et en bas.

為上下防護法。 聞令數三。由上式兩腿下彎。成騎馬式。身軀朝東。同時右掌抽囘變拳。乘勢向外攔肘。拳眼向東。左掌上托護頂。掌心斜向上。眼向北平視。腰直胸挺。如第二十二圖。(側面圖) 設敵乘虛攻我下部。我卽閃身以避之。囘手以抗之。夫國術貴乎自衞。不以攻人為能。始達體育之本旨矣。

Au commandement « trois », depuis la posture précédente, les deux jambes fléchissent, en posture du cavalier, le torse face à l’est. En même temps, la paume droite se retire et redevient poing ; à la faveur de l’élan, le coude barre vers l’extérieur, l’œil du poing vers l’est. La paume gauche soutient vers le haut, protégeant le sommet de la tête, paume obliquement vers le haut. Regard à plat vers le nord. Reins droits, poitrine ouverte, comme à la vingt-deuxième figure (vue de côté).

Si l’adversaire, profitant d’une faille, attaque ma partie basse, j’esquive aussitôt le corps pour l’éviter et reviens la main pour lui résister. Les arts martiaux prisent la défense de soi : ce n’est pas en sachant attaquer autrui, mais en atteignant l’esprit même de l’éducation physique.

20ᵉ posture — Sceller la porte, la grande clôture (封門大閉). Application : maîtriser l’adversaire.

此為伏敵之法。 聞令數四。由上式右腳繞至左腳前一步站地。腳尖旋轉。左腳隨旋身時。卽向北出一大步。右膝深彎。伏地。成左撲腿式。身軀朝正西。同時右拳變掌。由下往上繞轉。卽下按伏。左掌同時亦下按。身軀稍左傾。眼視北。腰直胸挺。如第二十三圖。(側面圖) 此式設敵攻我中部。我以右手封其左臂。而左手卽乘勢下按。身體閃開繞過敵後。此所謂封門大閉是也。

Au commandement « quatre », depuis la posture précédente, le pied droit contourne pour se poser un pas devant le pied gauche, la pointe pivotant ; le pied gauche, pendant que le corps pivote, fait aussitôt un grand pas vers le nord ; le genou droit se fléchit profondément, le corps descend, en posture de jambe qui se jette à gauche. Le torse fait face au plein ouest. En même temps, le poing droit se change en paume qui tourne de bas en haut puis presse aussitôt vers le bas en se couchant ; la paume gauche presse aussi vers le bas en même temps. Le torse s’incline légèrement à gauche ; regard vers le nord. Reins droits, poitrine ouverte, comme à la vingt-troisième figure (vue de côté).

Cette posture suppose que l’adversaire attaque mon centre : je scelle son bras gauche avec la main droite, tandis que la main gauche presse aussitôt vers le bas à la faveur de l’élan ; le corps esquive et contourne pour passer derrière l’adversaire. C’est ce qu’on appelle « sceller la porte, grande clôture ».

Sixième séquence (第六段)

21ᵉ posture — Pas en avant, ajouter le scellement (上步加封). Application : protection et contre-attaque.

為防護反擊法。 聞令數一。由上式左腳繞至右腳前。向西出一步。身體向左旋轉。同時右腳順身繞半周。向北出一步。胸脯朝東。同時左掌由下向胸前繞轉一周。作反擒勢。卽護於右肩前。同時左掌卽變拳。由身前向外繞至右斜上方橫擊。拳眼向外。眼視北。腰直。如第二十四圖。(側面圖) 此式以身法旋轉。勢若游魚。步隨身進。盡其騰竄之能事。手法則出其上下相應之技術。眼則監視敵方形情舉動。不失其機。始可得尺寸之功。

Au commandement « un », depuis la posture précédente, le pied gauche contourne devant le pied droit et fait un pas vers l’ouest ; le corps pivote vers la gauche. En même temps, le pied droit, suivant le corps, contourne un demi-tour et fait un pas vers le nord ; la poitrine fait face à l’est. En même temps, la paume gauche, de bas en haut, décrit un tour devant la poitrine, en geste de saisie retournée, puis protège devant l’épaule droite ; en même temps, la paume gauche se change en poing qui, de devant le corps, contourne vers l’extérieur jusqu’au-dessus-oblique droit et frappe en travers, l’œil du poing vers l’extérieur. Regard vers le nord ; reins droits, comme à la vingt-quatrième figure (vue de côté).

Cette posture fait pivoter la méthode du corps, l’allure d’un poisson qui nage ; le pas avance avec le corps, épuisant les talents de bond et de fuite. Pour les mains, on déploie la technique où le haut et le bas se répondent ; pour les yeux, on surveille la situation et les gestes du camp adverse, sans manquer l’occasion : alors seulement on peut obtenir des gains à la mesure d’un pouce.

22ᵉ posture — La paume d’un seul côté (單邊掌). Application : profiter de la faille et frapper l’adversaire.

為乘隙擊敵法。 聞令數二。由上式步位不動。右拳收囘。護於右肋前。同時左掌乘勢向北撐去。上體順勢向左轉。下步成右拗步。眼視掌指端。斜向上。掌心向北。定式如第二十五圖。(側面圖) 此式出敵不意。以連珠法乘懈以擊之。步法雖不動。而身法一閃。亦隨之而變動。身體閃轉。亦隨手勢而行。總而言之。伸屈閃轉。均須一氣到底。不卽不離是也。

Au commandement « deux », depuis la posture précédente, la position des pieds ne bouge pas ; le poing droit se ramène, protégeant devant les côtes droites. En même temps, la paume gauche, à la faveur de l’élan, pousse vers le nord ; le haut du corps tourne à gauche suivant l’élan ; le bas fait un pas croisé droit (拗步). L’œil regarde le bout des doigts de la paume, obliquement vers le haut ; la paume vers le nord. Posture fixe comme à la vingt-cinquième figure (vue de côté).

Cette posture surprend l’adversaire : par la méthode des perles enchaînées, on profite de son relâchement pour frapper. Le pas ne bouge pas, mais la méthode du corps, d’un éclair, change avec lui ; les esquives et les rotations du corps suivent le geste des mains. En un mot : étendre, fléchir, esquiver, pivoter, tout doit aller d’un seul souffle jusqu’au bout — ni trop près, ni trop loin.

23ᵉ posture — Le coude qui roule (滚肘). Application : contraindre l’adversaire à battre en retraite.

為迫敵退卻法。 聞令數三。由上式右腿伸。左腿彎。同時右臂曲彎。以肘向左滚。左掌卽護於右拳上。上體順肘勢。向左猛滚。下樁成拗步。眼亦隨肘向南平視。定式如第二十六圖(側面圖) 此式設敵近我身旁。利於短兵相接之時。當以肘克之。因伸拳出掌。失其效用故也。此肘以滚命名。係出肘時注全力連身帶滚。始可制勝。惟步武須穩。不然。下部一鬆。全功盡棄。

Au commandement « trois », depuis la posture précédente, la jambe droite s’étend, la jambe gauche fléchit. En même temps, le bras droit se replie et le coude roule vers la gauche ; la paume gauche protège aussitôt sur le poing droit. Le haut du corps, suivant l’élan du coude, roule brusquement vers la gauche ; la base devient un pas croisé. L’œil, suivant le coude, regarde à plat vers le sud. Posture fixe comme à la vingt-sixième figure (vue de côté).

Cette posture suppose l’adversaire tout près de mon corps, au moment où le combat au corps à corps est favorable : il faut le vaincre avec le coude, car étendre le poing ou sortir la paume y perd son utilité. Ce coude est nommé « roulant » parce qu’au moment de le sortir on concentre toute la force et que le corps entier roule avec lui : alors seulement on peut remporter la victoire. Seulement, la base des pas doit être stable ; sinon, si le bas se relâche, tout le travail est perdu.

24ᵉ posture — Le coude qui pousse du sommet (頂肘). Application : répondre à l’adversaire et le maîtriser.

為應敵制敵法。 聞令數四。由上式左腿伸。右腿曲。部位不動。惟兩腳尖轉動。兩腿伸曲。同時右肘往北向上高頂。左掌托護右拳。上體旋轉。向左側傾。頭順肘勢。卽向右轉仰面向上。眼視肘尖。定式如第二十七圖。(側面圖) 此式設敵由高撲下。以肘承之。順搗其胸部。夫拳術欲操勝算。捨短兵肉搏。無由成功。用肘亦用臂。用肩用膝。均係短兵之法也。

Au commandement « quatre », depuis la posture précédente, la jambe gauche s’étend, la jambe droite fléchit ; les emplacements ne bougent pas, seules les pointes des pieds pivotent, les jambes s’étendant et fléchissant. En même temps, le coude droit pousse haut vers le nord ; la paume gauche soutient et protège le poing droit. Le haut du corps pivote et s’incline sur le côté gauche ; la tête, suivant l’élan du coude, tourne à droite, le visage levé vers le haut. L’œil regarde la pointe du coude. Posture fixe comme à la vingt-septième figure (vue de côté).

Cette posture suppose l’adversaire qui fond d’en haut : on le reçoit avec le coude et, suivant l’élan, on martèle sa poitrine. Pour tenir la victoire en main dans la boxe, hors le corps à corps à armes courtes, il n’est pas de chemin vers le succès. Employer le coude, employer aussi le bras, l’épaule, le genou : ce sont toutes des méthodes d’armes courtes.

Septième séquence (第七段)

25ᵉ posture — Le double écartement (雙披挂). Application : dénouer le danger et se protéger.

此為解危防護法。 聞令數一。由上式左腳向北一步。兩腿下彎。成馬式。腰直胸挺。同時兩臂往上。左右分披開。掌心斜向東。全身面東。如第二十八圖。(側面圖)同時兩掌由上經胸前下按。身樁不動。兩腿稍下沉。如第二十九圖。(側面圖) 此式為上抗下禦。例如敵以雙封貫耳。擊我太陽穴我以雙披手解之。又以腿撩我陰。則以雙按手以禦之。此為防護之要法也。

Au commandement « un », depuis la posture précédente, le pied gauche fait un pas vers le nord ; les deux jambes fléchissent en posture du cavalier. Reins droits, poitrine ouverte. En même temps, les deux bras montent et s’écartent à gauche et à droite, paumes obliquement vers l’est ; tout le corps fait face à l’est, comme à la vingt-huitième figure (vue de côté). En même temps, les deux paumes, du haut en passant devant la poitrine, pressent vers le bas ; la base du corps ne bouge pas, les deux jambes s’abaissent légèrement, comme à la vingt-neuvième figure (vue de côté).

Cette posture résiste en haut et pare en bas. Par exemple, si l’adversaire frappe mes tempes en double coup perçant les oreilles, je le dénoue avec les mains qui écartent ; s’il soulève mon aine avec la jambe, je m’en défends avec les mains qui pressent. C’est une méthode capitale de protection.

26ᵉ posture — La double poussée (雙推). Application : repousser une attaque par-derrière.

此為後拒襲擊法。 聞令數二。由上式右腳由東往西出一步。右膝彎。左腳直。成右弓式。同時兩臂翻轉並行。用雙掌向東推出。指端斜向下。掌心仰上。同時身體順步法。右向後轉。腰直胸挺。眼平視西。如第三十圖。 此式設敵由後方襲擊我。則轉身以應之。雙掌托敵之小腹。以用掌根勁則傷腹。用手腕勁則傾敵。此式不著則已。著則非跌卽傷。學者不可輕試。慎之慎之。

Au commandement « deux », depuis la posture précédente, le pied droit fait un pas de l’est vers l’ouest ; le genou droit fléchit, la jambe gauche tendue, en posture d’arc droit. En même temps, les deux bras se retournent et avancent côte à côte, les deux paumes poussant vers l’est, le bout des doigts obliquement vers le bas, les paumes tournées vers le haut. En même temps, le corps, suivant la loi du pas, pivote vers l’arrière-droit. Reins droits, poitrine ouverte, regard à plat vers l’ouest, comme à la trentième figure.

Cette posture suppose l’adversaire qui m’attaque par-derrière : je pivote pour lui répondre. Les deux paumes soutiennent le bas-ventre de l’adversaire ; avec la force du talon de la paume, on blesse le ventre ; avec la force du poignet, on fait basculer l’adversaire. Cette posture, si elle ne touche pas, tant mieux ; si elle touche, c’est la chute ou la blessure. L’étudiant ne doit pas la tenter à la légère. Prudence, prudence.

27ᵉ posture — Pivoter et soulever le yin (轉身撩陰). Application : pivoter et contre-attaquer.

為轉身反攻法。 聞令數三。由上式身向左後轉。右腳伸直。左腳彎曲。成左拗步。同時右掌向東下撩掌。左掌卽護於右膊上。胸挺。眼平視東。如第三十一圖。 此式與上式為連環變化攻敵之法。欲其有效。須身體轉動自如。心靈手快。無半點乾澀之狀。則得心應手矣。

Au commandement « trois », depuis la posture précédente, le corps pivote vers l’arrière-gauche ; la jambe droite s’étend, la jambe gauche fléchit, en pas croisé gauche. En même temps, la paume droite soulève vers le bas-est ; la paume gauche protège aussitôt sur le bras droit. Poitrine ouverte, regard à plat vers l’est, comme à la trente et unième figure.

Cette posture et la précédente forment une chaîne de transformations pour attaquer l’adversaire. Pour qu’elle soit efficace, le corps doit pivoter avec aisance, l’esprit vif et les mains rapides, sans la moindre raideur : alors la main répond au cœur.

28ᵉ posture — Reculer et chasser le coude (退步趕肘). Application : reculer en feinte pour repousser l’adversaire.

為佯退禦敵法。 聞令數四。由上式右腳曲。左腳卽收囘半步。腳尖點地。同時左右兩掌卽握拳。左臂向前下趕肘。右臂卽收囘。護於右肋旁。眼仍視東。如第三十二圖。 此式設敵擒住我右手。我以左臂肘驅趕之。禦敵之法。全憑一進一退一伸一縮之間。得以化險為夷。否則不堪設想。

Au commandement « quatre », depuis la posture précédente, la jambe droite fléchit ; le pied gauche revient aussitôt d’un demi-pas, pointe touchant le sol. En même temps, les deux paumes se ferment en poings ; le bras gauche chasse le coude vers l’avant-bas ; le bras droit se ramène aussitôt, protégeant le côté des côtes droites. L’œil regarde toujours vers l’est, comme à la trente-deuxième figure.

Cette posture suppose l’adversaire qui saisit ma main droite : avec le coude du bras gauche, je le chasse. La méthode de repousser l’adversaire tient tout entière dans une avance et un recul, une extension et une contraction : c’est par là qu’on change le danger en sécurité. Autrement, il n’y a rien à imaginer de bon.

Huitième séquence (第八段)

29ᵉ posture — Pas en avant, ajouter le scellement (上步加封). Application : avancer pour poursuivre.

為進步追擊法。 聞令數一。由上式左腳向南踏出一步。右腳卽跟隨再出一步。膝彎。左腿伸直。成右弓式。同時左拳變掌。小臂由左繞小環一周。似擒拿之狀。同時右臂伸直。卽向南斜上橫擊。拳心仰向。左掌護於右肩前。眼平視拳。如第三十三圖。(右側面圖) 此式設敵擊我上部。我以擒拿封其手。出右拳橫摧其太陽穴。惟左右腳步法須活。不宜呆。出步處處須走外圈。由側面而擊之。否則無效也。

Au commandement « un », depuis la posture précédente, le pied gauche fait un pas vers le sud ; le pied droit suit aussitôt d’un pas de plus, genou fléchi, jambe gauche tendue, en posture d’arc droit. En même temps, le poing gauche se change en paume ; l’avant-bras décrit un petit cercle par la gauche, en geste de saisie ; en même temps, le bras droit s’étend et frappe en travers obliquement vers le sud-haut, creux du poing vers le haut ; la paume gauche protège devant l’épaule droite. Regard à plat sur le poing, comme à la trente-troisième figure (vue du côté droit).

Cette posture suppose l’adversaire qui frappe ma partie haute : je scelle sa main par la saisie et sors le poing droit pour briser en travers sa tempe. Seulement, les pas des pieds gauche et droit doivent être souples, non figés ; à chaque pas, il faut cheminer par le cercle extérieur et frapper de côté. Sinon, rien d’efficace.

30ᵉ posture — Pas en avant, ajouter le scellement (上步加封). Application : avancer encore d’un pas.

此為再進一步之法。 聞令數二。由上式右腳由東向南活一步。左腳卽跟隨向南進一步。左膝彎。右腳伸直。成右弓式。同時右拳變掌。用臂腕由左繞一圈作擒拿狀同時左掌變拳伸臂由東向南前橫擊太陽穴。右掌卽護於右肩前。左臂斜上舉。眼視拳。腰直胸挺。如第三十四圖。(左側圖) 此式與上式同功異曲。雖是如此。然其變化殊妙。非比平常。皆因其左右逢源。不落恆蹊故也。

Au commandement « deux », depuis la posture précédente, le pied droit glisse d’un pas de l’est vers le sud ; le pied gauche suit aussitôt d’un pas vers le sud ; le genou gauche fléchit, la jambe droite tendue, en posture d’arc droit. En même temps, le poing droit se change en paume ; le bras et le poignet décrivent un cercle par la gauche, en geste de saisie ; en même temps, la paume gauche se change en poing, le bras s’étend et frappe en travers, de l’est vers l’avant-sud, visant la tempe ; la paume droite protège aussitôt devant l’épaule droite ; le bras gauche s’élève obliquement. L’œil regarde le poing. Reins droits, poitrine ouverte, comme à la trente-quatrième figure (vue du côté gauche).

Cette posture et la précédente remplissent la même fonction par des moyens différents. Même ainsi, ses transformations sont d’une merveille hors du commun, parce qu’elle trouve sa source à gauche comme à droite et ne tombe pas dans les sentiers battus.

31ᵉ posture — Le crochet et le trébuchement (勾絆). Application : les trois poursuites pour vaincre l’adversaire.

為三追克敵法。 聞令數三。由上式右腳向南出半步。膝稍彎。左腳卽向南橫掃。腳尖往內勾絆敵足。腿伸直。小腹歛。胸挺。眼平視南。同時左拳變掌。反擒繞半環於右腋下。卽變勾同時兩手各向東西平擄。掌心朝北。如第三十五圖。(右側圖) 此式右手扳敵脖。左手勾敵頸。右腳管敵足。左足掃敵腿。上勾下絆。同時並舉克敵。尤易於摧枯拉朽。法雖如此。非有真實功夫者。不克臻此學者宜勉之

Au commandement « trois », depuis la posture précédente, le pied droit fait un demi-pas vers le sud, genou légèrement fléchi ; le pied gauche balaie aussitôt en travers vers le sud, la pointe crochetant et trébuchant le pied de l’adversaire, la jambe tendue. Le bas-ventre se rassemble, la poitrine s’ouvre, regard à plat vers le sud. En même temps, le poing gauche se change en paume qui, en saisie retournée, décrit un demi-cercle sous l’aisselle droite puis se change en crochet ; en même temps, les deux mains balaient à plat chacune vers l’est et l’ouest, paumes vers le nord, comme à la trente-cinquième figure (vue du côté droit).

Dans cette posture, la main droite tire le cou de l’adversaire, la main gauche crochète sa nuque, le pied droit enserre son pied, le pied gauche balaie sa jambe : crocheter en haut, trébucher en bas, tout se lève en même temps pour vaincre l’adversaire — d’autant plus facilement que c’est comme briser du bois pourri. La méthode est ainsi, mais sans un travail réel, on ne peut y parvenir ; que l’étudiant s’y encourage.

32ᵉ posture — Reculer et ajouter le scellement (退步加封). Application : faire du recul une défense.

此為以退為守之法。 聞令數四。由上式右腳活半步向北。左腳同時倒退一步。腿伸直。右膝彎。成右弓式。同時左手由內繞半環反擒。護於右肩前。右勾卽變拳。橫擊於身前。手心仰上。拳與眼平。胸挺腰直。眼視拳。如第三十六圖。(側面圖) 此式為步步撤退之法。以架為守。不為敵所侵。自古作戰。攻堅不易。退守尤難。能進退自如。則勝算可操矣。

Au commandement « quatre », depuis la posture précédente, le pied droit glisse d’un demi-pas vers le nord ; le pied gauche recule en même temps d’un pas, jambe tendue, genou droit fléchi, en posture d’arc droit. En même temps, la main gauche décrit un demi-cercle par l’intérieur, en saisie retournée, protégeant devant l’épaule droite ; le crochet droit se change aussitôt en poing qui frappe en travers devant le corps, creux de la main vers le haut, le poing à hauteur des yeux. Poitrine ouverte, reins droits. L’œil regarde le poing, comme à la trente-sixième figure (vue de côté).

Cette posture est la méthode de la retraite pas à pas : avec la charpente on se défend, sans être envahi par l’adversaire. Depuis l’antiquité, dans les combats, attaquer une place forte n’est pas facile, mais reculer en défendant est encore plus difficile. Si l’on sait avancer et reculer à volonté, la victoire est en main.

Neuvième séquence (第九段)

33ᵉ posture — Reculer et ajouter le scellement (退步加封). Application : défendre pas à pas.

此為步步防守法。 聞令數一。由上式左腳先活半步。膝彎。同時右腳向北退後一大步。腿伸直。成左弓式。同時右拳變掌。向內繞半環。作反擒狀。左掌卽握拳。由外橫擊太陽穴。右掌護於左肩前。拳與眼齊。腰直胸挺。如第三十七圖。 此式連上式。步步撤退。而手之招架與進攻無殊。而步法須要穩固。不宜紊亂。手法須要敏捷。不宜遲鈍。身心須要鎮靜而活潑。不宜浮燥而輕滑。庶幾稍得此中三昧矣。

Au commandement « un », depuis la posture précédente, le pied gauche glisse d’abord d’un demi-pas, genou fléchi ; en même temps, le pied droit recule d’un grand pas vers le nord, jambe tendue, en posture d’arc gauche. En même temps, le poing droit se change en paume qui décrit un demi-cercle par l’intérieur, en geste de saisie retournée ; la paume gauche se ferme aussitôt en poing qui frappe en travers la tempe depuis l’extérieur ; la paume droite protège devant l’épaule gauche ; le poing à hauteur des yeux. Reins droits, poitrine ouverte, comme à la trente-septième figure.

Cette posture, enchaînée avec la précédente, recule pas à pas, mais les parades des mains ne diffèrent en rien d’une attaque. Le pas doit être ferme et stable, sans désordre ; les mains promptes, sans lenteur ; le corps et l’esprit calmes et vifs, sans agitation ni légèreté glissante. Ainsi peut-on saisir un peu le triple mystère de cet art.

34ᵉ posture — Pivoter et double poussée (轉身雙推). Application : balayer les adversaires restants.

為肅淸餘敵法。 聞令數二。由上式兩腳部位不動。而腳尖轉向北。右膝彎。左腳直。成右弓式。同時左拳變掌。收囘於腹前。兩掌齊出。推敵小腹。指端斜向下。掌心仰起。眼平視北。胸挺腰直。如第三十八圖。(側圖) 此式為囘顧後方。防敵襲擊。轉身雙推。惟轉字須要十分注意。而若轉動不靈。則四方空虛。不能照顧。遂有顧此失彼之虞矣。

Au commandement « deux », depuis la posture précédente, les emplacements des deux pieds ne bougent pas, mais les pointes pivotent vers le nord ; le genou droit fléchit, la jambe gauche tendue, en posture d’arc droit. En même temps, le poing gauche se change en paume et se ramène devant le ventre ; les deux paumes sortent ensemble pour pousser le bas-ventre de l’adversaire, le bout des doigts obliquement vers le bas, les paumes levées. Regard à plat vers le nord. Poitrine ouverte, reins droits, comme à la trente-huitième figure (vue de côté).

Cette posture regarde en arrière, vers l’arrière, pour prévenir l’attaque surprise de l’adversaire : on pivote et l’on pousse des deux mains. Seulement, au caractère « pivoter », il faut prêter une extrême attention : si la rotation n’est pas souple, les quatre directions sont vides, on ne peut tout couvrir, et l’on risque de veiller sur un point tout en perdant l’autre.

35ᵉ posture — Retourner le corps et double poussée (返身雙推). Application : consolider le fondement initial.

此為鞏固初基法。 聞令數三。由上式兩腳部位仍不動。惟兩腳尖移動朝南。右腳伸直。左膝彎。成左弓式。同時身體向左後轉。兩臂隨轉。卽將兩掌收囘於懷中。向前下斜推出。掌微屈。手心仰向。指端斜下。眼平視南。胸挺腰直。如第三十九圖。(側面) 此式為預備收式。返本歸原之法。亦為卻敵之一法也。

Au commandement « trois », depuis la posture précédente, les emplacements des deux pieds ne bougent toujours pas ; seules les pointes des deux pieds se déplacent vers le sud ; la jambe droite s’étend, le genou gauche fléchit, en posture d’arc gauche. En même temps, le corps pivote vers l’arrière-gauche ; les deux bras suivent la rotation, puis les deux paumes se ramènent dans la poitrine et poussent obliquement vers l’avant-bas, paumes légèrement fléchies, creux des mains vers le haut, bout des doigts obliquement vers le bas. Regard à plat vers le sud. Poitrine ouverte, reins droits, comme à la trente-neuvième figure (vue de côté).

Cette posture prépare la posture de clôture : c’est la méthode pour revenir à la racine et retourner à l’origine ; c’est aussi l’une des méthodes pour repousser l’adversaire.

36ᵉ posture — Le Taiji retourne à la vérité (太極歸真). Application : revenir à la racine et retourner à la vérité.

此為返本歸真法。 聞令數四。由上式左腳收囘。與右腳靠攏。成立正式。同時兩臂收囘。左臂橫於胸前。掌心向下。右臂橫於臍上。掌心向上。兩掌心相印心前。似懷抱太極圖然。眼平視南。如第四十圖。欲休止運動。兩臂下垂。還立正式。 此式為拳之終止式。亦卽起始式。無終無始。無起無止。歸於太極。變化莫測。此卽太極之意歟。

Au commandement « quatre », depuis la posture précédente, le pied gauche se ramène, rejoint le pied droit, en position d’attention. En même temps, les deux bras se ramènent : le bras gauche en travers devant la poitrine, paume vers le bas ; le bras droit en travers au-dessus du nombril, paume vers le haut ; les deux paumes se font face devant la poitrine, comme si l’on embrassait le diagramme du Taiji. Regard à plat vers le sud, comme à la quarantième figure. Pour cesser l’exercice, on laisse retomber les deux bras et l’on revient à la position d’attention.

Cette posture est la posture finale de la boxe, et en même temps la posture initiale : sans fin ni commencement, sans lever ni cesser, tout retourne au Taiji, aux transformations insondables. N’est-ce pas là le sens du Taiji ?


Notes du traducteur

  1. Wu Zhiqing (吳志青, 1887–1949) : éducateur et écrivain martial de l’époque républicaine, proche du mouvement Jingwu (精武體育會) et instructeur à l’Institut central des arts martiaux (中央國術館) de Nankin, où il connut Liu Chongjun au printemps 1930. La préface est datée du troisième mois de la dix-neuvième année de la République (mars 1930) ; l’ouvrage parut en mars 1931 à la Grande librairie de l’Est (大東書局). Les pages de titre portent des calligraphies de Ma Gongyu (馬公愚), Wang Zhen (王震), Liu Fengchi (劉鳳池) et Niu Yongjian (鈕永建).
  2. Le lian bu quan (練步拳) : « boxe du pas lié » — nom donné par Wu Zhiqing à la boxe du dragon (龍拳), l’une des cinq boxe de Shaolin (五拳 : dragon, tigre, léopard, serpent, grue), que lui transmit Liu Chongjun (劉崇峻) de Guanghan (Sichuan), président de l’Association des guerriers du Sichuan (四川武士會). L’enchaînement compte neuf séquences (段) de quatre postures (式), soit trente-six postures, exécutées en principe de l’est vers l’ouest, face au sud ; chaque posture se déroule en quatre commandes (口令).
  3. Les cinq harmonies et les trois impulsions (五合三催) : la main s’accorde à l’œil, l’œil au cœur, les épaules aux reins, le corps au pas, le haut au bas ; impulsions de la main, du corps et du pas.
  4. Quatre onces déplacent mille livres (四兩撥千斤) : le principe du levier qui consiste à emprunter la force de l’adversaire et à suivre son élan — formule classique que l’on retrouve au cœur de la théorie du taiji quan.
  5. Force yin et force yang (陰陽勁) : selon Wu Zhiqing, deux grands courants de l’école externe — la force yang, dure et déployée, et la force yin, souple et contractée.
  6. « Comme le Huangting écrit d’un premier trait » : allusion à la calligraphie du Huangting jing (黃庭經) attribuée à Wang Xizhi, tenue pour parfaite — l’image désigne ici une boxe sans excès ni défaut.
  7. Coquilles probables du texte : à la douzième posture, l’original répète « pointe de la paume gauche » (左掌尖) ; à la vingt et unième, il répète « paume gauche » (左掌) — on lira vraisemblablement « droite » (右) la seconde fois. Le premier couplet de la chanson porte « paume du cœur originel » (本心掌), variante probable de « paume du cœur tranquille » (平心掌).

Source du texte chinois : 吳志青, 《練步拳圖說》, 大東書局, Shanghai, mars 1931 (20ᵉ année de la République), texte chinois reproduit sur la page de Paul Brennan, « Lian Bu Quan », où se trouve également la traduction anglaise de l’auteur. Le texte chinois original est dans le domaine public. Traduction française : nouvelle traduction réalisée directement à partir du texte chinois pour ce site.