Le Jiaomen tantui tushuo (教門彈腿圖說, « Explications illustrées du tan tui de la porte enseignée », c’est-à-dire du tan tui de l’école musulmane) est un manuel publié à Shanghai le jour de l’An 1922 par Wu Zhiqing (吳志青, 1887-1949), figure des arts martiaux de la ville, fondateur en 1919 de l’Association chinoise des arts martiaux de Shanghai, déjà rencontré ici pour ses ouvrages sur le taiji quan, la boxe courte en six sections et la boxe-canon de l’école Zhao.
Wu Zhiqing avait découvert le tan tui en 1915 auprès de Yu Zhensheng (于振聲), alors instructeur à l’Institut d’éducation physique de la province du Jiangsu ; quatre ans plus tard, à l’Association des arts martiaux, il se forma auprès de Yang Fengzhen (楊奉真), dont l’art relevait de la tradition de la 教門 — la « porte de l’enseignement », nom sous lequel on désigne en Chine la boxe des Hui, les musulmans chinois. De là le dicton cité dans les pages qui suivent : « De Nanjing à Beijing, le tan tui nous vient de la 教門. » Jugeant leur pays affaibli pour avoir gardé leurs techniques secrètes, Yang Fengzhen et Yu Zhensheng entreprirent de les divulguer ; le présent ouvrage, rédigé après moins de trois mois d’étude, en est le fruit.
Le livre expose les dix lignes (十路) du tan tui de cette école, chacune étudiée séparément, avec pour chaque posture une photographie, les commandes numérotées (口令) qui permettent d’instruire un groupe, et, à la fin de chaque ligne, des questions-réponses sur la posture, ses effets physiologiques et son emploi martial. Un appendice traite des méthodes traditionnelles de Shaolin (附少林宗法闡微). Les 183 documents reproduits ici — le diagramme d’orientation et les 182 photographies numérotées — proviennent de l’édition de 1922 et appartiennent au domaine public.
Table des matières (目錄)
- 序 — Préface
- 例言 — Remarques liminaires
- 歌訣 — Chant
- 行拳方位圖 — Diagramme d’orientation des mouvements
- 立正式圖說 — Figure et explication : la position de garde-à-vous
- 開始式圖說 — Figures et explications : la position d’ouverture
- 第一路圖說 附研究問答 — Première ligne, suivie de questions-réponses
- 收息式圖說 — Figure et explication : la position de repos
- 休止式圖說 — Figures et explications : la position finale
- 第二路圖說 附問答 — Deuxième ligne, suivie de questions-réponses
- 第三路圖說 附問答 — Troisième ligne, suivie de questions-réponses
- 第四路圖說 附問答 — Quatrième ligne, suivie de questions-réponses
- 第五路圖說 附注意要項 — Cinquième ligne, avec points d’attention
- 第六路圖說 附注意要項 — Sixième ligne, avec points d’attention
- 第七路圖說 附注意要項 — Septième ligne, avec points d’attention
- 第八路圖說 附注意要項 — Huitième ligne, avec points d’attention
- 第九路圖說 附注意要項 — Neuvième ligne, avec points d’attention
- 第十路圖說 附注意要項 — Dixième ligne, avec points d’attention
- 附少林宗法闡徵 — Appendice : éclaircissements sur les méthodes traditionnelles de Shaolin
- 一運使 — 1. Faire circuler l’énergie
- 二呼吸 — 2. La respiration
- 三剛柔 — 3. Le dur et le souple
- 四五要說 — 4. Les cinq exigences
Préface de l’auteur (自序)
武術一科。門類極繁。雖經名師敎授。旣詳且盡。然無專藉。以資考證。無圖畫以便仿効。隨時隨地。必不能得師資。此淺顯圖說。所以頗投俗好也。彈腿一門。派别甚多。練法。試法。各有不同。即論踢腿一式。亦有分別。彈腿有不過膝之稱。而本書所演踢腿式。則不然。曰。高踢。矮試。(高踢。即練法。腿須踢平。試。即用法。須矮。何以故。即生理之變化。高踢。即胯骨可以展開。練成則運用自如。)一方對於生理上。各部肌肉。骨絡須十分開展。方能活動自如。夫然後則氣順。氣順則力足。力足。則變化自生。漸臻神妙。循循演進。功效自不可言喩。本會自聘楊奉眞。于振聲兩先生。掌敎以來。傳授斯術。悉心研究。是以不及三月。成績優美。彰彰在人耳目。鄙人不敢自秘。爰編成淺顯說明。幷繫以各圖。藉公同好。海內同志。當多嫻習於斯者。尚乞有以敎之。並繩愆糾繆焉。幸甚幸甚。
中華民國十年七月吳志靑序於上海中華武術會
En fait d’arts martiaux, les écoles sont d’une extrême diversité. Même instruit par un maître fameux, avec un luxe de détails, faute d’ouvrages spéciaux où vérifier ce que l’on reçoit et de figures à imiter, on ne saurait, en tout temps et en tout lieu, retrouver ce que donne un maître : voilà pourquoi ces explications illustrées, simples et claires, plaisent assez au commun. Le tan tui compte de nombreuses branches ; méthodes d’entraînement et d’épreuve diffèrent, jusque dans la manière de lancer le pied. On dit du tan tui que le pied ne passe pas le genou ; l’exécution proposée dans ce livre est autre : « coup de pied haut à l’entraînement, essai bas. » (Haut, c’est- à-dire pour l’entraînement : la jambe doit être lancée à l’horizontale ; l’essai, c’est-à-dire l’usage, doit être bas. Pourquoi ? Par une nécessité physiologique : le coup haut ouvre l’articulation de la hanche, et l’entraînement achevé, l’usage devient aisé.) D’autre part, au regard de la physiologie, muscles et os de chaque partie du corps doivent être amplement déployés pour que le mouvement soit libre. Alors le souffle s’ordonne ; le souffle ordonné, la force est suffisante ; la force suffisante, la transformation naît d’elle-même, et l’on atteint peu à peu au merveilleux. En progressant pas à pas, les effets dépassent toute parole. Depuis que notre association a engagé MM. Yang Fengzhen et Yu Zhensheng pour enseigner cet art, nous l’avons étudié avec le plus grand soin, et en moins de trois mois les résultats ont été brillants, au vu et au su de tous. Je n’ai pas osé me le garder : j’ai donc composé ces explications claires, en y joignant les figures, pour le commun des amateurs. Nombreux sont, dans le pays, les praticiens habiles en cet art : je les prie de vouloir bien m’instruire et corriger mes fautes — ce serait pour moi un vrai bonheur.
— Wu Zhiqing, à l’Association chinoise des arts martiaux de Shanghai, septième mois de la dixième année de la République [juillet 1921].
Remarques liminaires (例言)
一。語曰。南京到北京。彈腿出在敎門中。鄙人。民國四年春。識于師振聲。於江蘇省體育傳習所。以服膺其藝。夫及匝月。于師卽受南京高師之聘。民國八年。創辦武術會。又蒙介紹。馬先生子貞。技術隊總敎習。楊奉眞先生。來申敎授武術。楊于兩先生。目國祚之不振。受人欺侮。皆因積弱無能。何尤於人。是以遂出其敎中。秘不傳人之彈腿。廣為傳佈。以救人道於萬一耳。
一。本書。格式自左至右。因武術。練習之習慣。皆自右至左。故排姿勢照片。須自左至右。否則東西閱圖。殊非手續。不便按序演式。此編者。參攷各種技擊書藉。研究之心得。前拙著。雙人彈腿一書。亦係此式。閱者稱便焉。弗以醉心歐美。而誚編者。是所幸甚。
一本書。所編十路彈腿。皆自各路單獨演習。故每路開始。皆係自西而東。
一本書。所以用各路分開。單獨演習。使學者。專一練習不致蹈博而不專之弊。(各路練習精熟後。均可連續演習。)
一本書。每路之後。附以問答。數則。一為姿勢上之疑問。二為生理上之功用。三為武術運用之巧妙。此為編者數年研究心得一二之處。貢諸同志。
一本書。所定一。二。三。四。等口令。俾敎授多數人。不但便於記憶。而秩序上。亦收齊整之效。
一本書第一路。開始。編成三動。習熟後可改為一動。至第十路。休止式。亦如之。
一各路演習。次數之多寡。如欲休息。停止演習。須左式演完。至右式方可下停止口令。(如一。三。五。七。九。次數。均是左式)
一練習後。須緩行數百步。不可驟然坐定休息。否則。妨血液之運行。學者愼之。
« De Nanjing à Beijing, le tan tui vient de la 教門. » Au printemps de la quatrième année de la République [1915], j’ai connu M. Yu Zhensheng à l’Institut d’éducation physique de la province du Jiangsu, dont l’art m’a conquis. À peine un mois plus tard, M. Yu était engagé comme instructeur au lycée normal supérieur de Nanjing. En la huitième année [1919], j’ai fondé l’Association des arts martiaux, où l’on m’a présenté M. Ma Zizhen, instructeur en chef de l’équipe technique, et M. Yang Fengzhen, venu à Shanghai enseigner les arts martiaux. Voyant la destinée du pays décliner et la nation subir l’affront, pour avoir accumulé faiblesse et impuissance — reproche qu’on ne peut adresser qu’à soi-même —, MM. Yang et Yu ont donc livré au public le tan tui de leur école, tenu secret et jamais transmis, afin de porter secours, ne serait-ce qu’à la mesure d’un homme.
Dans ce livre, la disposition va de gauche à droite. Comme, dans la pratique des arts martiaux, on va toujours de droite à gauche, les photographies de postures doivent être rangées de gauche à droite ; autrement, regarder les figures à contresens ne faciliterait pas l’exécution dans l’ordre. Auteur de cet ouvrage, j’ai étudié divers livres d’arts de combat et consigné le fruit de mes recherches ; mon précédent opuscule, le Tan tui à deux, suivait déjà cette disposition, et les lecteurs l’ont trouvée commode. Si, sans être enivré des modes d’Europe et d’Amérique, l’on raillait l’éditeur, j’en serais fort aise.
Les dix lignes de tan tui présentées ici s’exécutent chacune isolément ; aussi chaque ligne commence-t-elle en allant de l’ouest vers l’est.
Si les lignes sont séparées et exécutées isolément, c’est pour que l’élève pratique avec concentration, sans tomber dans le défaut d’être large sans être spécialisé. (Une fois chaque ligne maîtrisée, on pourra les enchaîner.)
À la suite de chaque ligne sont jointes quelques questions-réponses : 1° les questions touchant la posture, 2° les effets physiologiques, 3° la finesse de l’emploi martial. Ce sont là quelques-uns des fruits de plusieurs années d’étude, offerts à mes camarades.
Les commandes « un, deux, trois, quatre » établies dans ce livre permettent d’instruire un grand nombre de personnes à la fois : elles facilitent la mémoire et donnent à l’ensemble un bel ordre.
Dans ce livre, l’ouverture de la première ligne est composée de trois mouvements ; une fois familiarisé, on pourra la réduire à un seul. Il en va de même de la position finale, à la dixième ligne.
Dans l’exécution de chaque ligne, quel que soit le nombre de répétitions, si l’on veut s’arrêter, il faut avoir achevé la série du côté gauche, afin que la commande d’arrêt survienne sur la série de droite. (Que l’on fasse un, trois, cinq, sept ou neuf tours, le dernier est toujours du côté gauche.)
Après l’entraînement, il faut marcher lentement quelques centaines de pas ; on ne doit pas s’asseoir brusquement pour se reposer, ce qui gênerait la circulation du sang. Que le pratiquant y prenne garde.
L’ancien chant des dix lignes de tan tui (舊有十路彈腿歌訣)
崑崙大山世界傳。名曰彈腿奧無邊。
頭路。衝掃似扁擔。
二路。十字人拉鑽。
三路。盖捶雙披打。
四路。轉磨生奇關。
五路。裁捶登來益。
六路。堪管封畢然。
七路。雙稱十字腿。
八路。庒跥如轉環。
九路。碰鎖重閃門。
十路。裁花如箭彈。
世人莫看式法單。多踢多練係根源。
臨陣。自有防身護體壯膽。十路彈腿講究十個字。蹬。彈。𢐒。踢。撑。磨。扳。盤。鈎。排。
Des grandes montagnes Kunlun, par le monde entier transmis, cet art nommé tan tui est d’une profondeur sans bornes.
Première ligne : frapper et balayer, comme une palanche.
Deuxième ligne : en croix, l’homme qui tire et qui perce.
Troisième ligne : le marteau qui couvre, la double frappe en draperie.
Quatrième ligne : tourner la meule fait naître la merveille.
Cinquième ligne : le marteau qui taille, monter pour gagner davantage.
Sixième ligne : observer, sceller, achever.
Septième ligne : double appui, la jambe en croix.
Huitième ligne : se planter et frapper du pied, comme un anneau qui tourne.
Neuvième ligne : heurter et verrouiller, forcer la porte.
Dixième ligne : tailler les fleurs, comme une flèche qui se détend.
Que le monde ne regarde pas comme simples ces postures : plus de coups de pied, plus d’entraînement, voilà la racine.
Devant l’ennemi, on a de quoi protéger son corps et s’enhardir. Le tan tui en dix lignes cultive dix mots : 蹬 (pousser du pied), 彈 (détendre), 𢐒 (faire éclater), 踢 (lancer le pied), 撑 (étayer), 磨 (meuler), 扳 (tirer à soi), 盤 (enrouler), 鈎 (crocheter), 排 (écarter).
Diagramme d’orientation des mouvements (行拳方位圖)

背面 西北 北 東北 西 東 西南 南 東南 正面
Dos (背面) au nord, face (正面) au sud : 西北 – 北 – 東北, soit nord-ouest, nord, nord-est ; 西 et 東, ouest et est ; 西南 – 南 – 東南, soit sud-ouest, sud, sud-est.
Le tan tui de la porte enseignée, expliqué en langue claire et illustré (教門彈腿白話圖說)
La position de garde-à-vous (立正式)
眼前視。頭宜正。上體及雙腿均宜伸。雙踵併齊。足尖外向。離開約九十度。雙手亦宜伸直。如第一圖面南。
Le regard porte devant, la tête est droite. Le haut du corps et les deux jambes doivent être tendus. Les talons sont joints, les pointes de pied tournées vers l’extérieur, écartées d’environ quatre-vingt-dix degrés. Les deux bras sont eux aussi tendus. Comme sur la figure 1 : face au sud.

Première ligne : frapper et balayer comme une palanche (第一路 衝掃似扁擔)
開始式
一。抱肘式(開始式其一)
聞一。兩掌握拳。四指捲緊。大指扣住四指。迅速屈肘。置於腰間。雙肘向後。收小腹。挺胸膛。眼東視。如第二圖面南。
Position d’ouverture — 1. Embrasser le coude (抱肘式, première partie de la position d’ouverture). Au commandement « un » : les deux paumes se ferment en poings, les quatre doigts serrés, le pouce verrouillant les quatre doigts ; les coudes se plient vivement et se placent aux flancs, pointés vers l’arrière. Rentrer le bas- ventre, sortir la poitrine, le regard vers l’est. Comme sur la figure 2 : face au sud.

二。雙拳平衝式。(開始式其二)
聞二。雙拳由腰間。向南平衝。手背向上。兩虎口拼緊。拳與肩齊。眼視東。如第三圖面南。
2. Double percée horizontale des poings (雙拳平衝式, deuxième partie de la position d’ouverture). Au commandement « deux » : les poings partent des flancs et percutent horizontalement vers le sud, dos des mains vers le haut, les deux gueules du tigre serrées l’une contre l’autre, les poings à hauteur d’épaule, le regard vers l’est. Comme sur la figure 3 : face au sud.

三。雙札式(開始式其三)
聞三。兩臂翻轉。由西向東下札。兩掌邊相切。兩肘貼近肋前。同時左脚向東出一步。膝屈脚尖稍向內。右脚挺直。脚尖稍向內。眼東視。成左弓右箭式。如第四圖面南。
3. Double enfoncement (雙札式, troisième partie de la position d’ouverture). Au commandement « trois » : les deux bras se retournent et s’enfoncent vers le bas, de l’ouest vers l’est ; les tranchants des deux paumes se touchent, les coudes serrés devant les côtes ; en même temps, le pied gauche avance d’un pas vers l’est, le genou fléchi, la pointe du pied légèrement rentrée, la jambe droite tendue, la pointe également rentrée, le regard vers l’est : on forme la posture « arc à gauche, flèche à droite ». Comme sur la figure 4 : face au sud.

問左弓右箭式。如何。
答簡稱弓式。卽弓箭式。左弓右箭。左脚膝屈。似弓。右脚挺直。似箭。故曰。左弓右箭式。反是。則曰。右弓左箭式。
第一次左式
一。扁擔式(左扁擔式)
聞一。雙拳收回於肩前。卽分東南衝出。似扁擔。兩拳眼斜向上。眼視左拳。腰直。肩鬆。順勢如第五圖。
Demande : que signifie la posture « arc à gauche, flèche à droite » ? Réponse : on l’appelle en abrégé « posture de l’arc », c’est-à-dire la posture « arc et flèche ». Dans « arc à gauche, flèche à droite », le genou gauche fléchit comme un arc, la jambe droite est tendue comme une flèche ; d’où ce nom. À l’inverse, on dit « arc à droite, flèche à gauche ».
Première fois, à gauche — 1. La palanche (扁擔式, à gauche). Au commandement « un » : les deux poings se retirent devant les épaules, puis partent en percée, l’un vers le sud-est, l’autre vers le nord-ouest, comme une palanche ; les yeux des poings inclinés vers le haut, le regard vers le poing gauche, les reins droits, les épaules relâchées, dans un geste coulant. Comme sur la figure 5.

二。閃肘式
聞二。左臂卽向西閃。平屈於胸前。左拳眼置於右肩前。手心向下。右臂不動。仍平舉於西。步位仍係左弓式。眼視東如第六圖。
2. Le coude qui esquive (閃肘式). Au commandement « deux » : le bras gauche file vers l’ouest et se plie à l’horizontale devant la poitrine, l’œil du poing gauche placé devant l’épaule droite, la paume vers le bas ; le bras droit reste immobile, toujours étendu à l’horizontale vers l’ouest. La position des pieds reste la posture d’arc à gauche, le regard va vers l’est. Comme sur la figure 6.

三。前掃後衝式(前掃式)
聞三。左臂伸直掃過膝前。身步仍不動如第七圖前掃式。
3. Balayer devant, percuter derrière (前掃後衝式, partie « balayage avant »). Au commandement « trois » : le bras gauche, tendu, balaie devant le genou, le corps et les pieds restant immobiles. Comme sur la figure 7, la partie « balayage avant ».

後衝式
卽轉向西平舉。拳眼斜向上。同時右拳。由西收回至肋。向東衝出。與左乳平。同時腰胯向北轉。右腿稍向東南移。順勢鬆開肩骨眼視右拳。如第八圖後衝式。
Percussion arrière (後衝式) : le bras tourne alors vers l’ouest et s’étend à l’horizontale, l’œil du poing incliné vers le haut ; en même temps, le poing droit revient de l’ouest jusqu’aux côtes, puis part en percée vers l’est, à hauteur du sein gauche ; les reins et les hanches pivotent vers le nord, la jambe droite se déplace légèrement vers le sud-est ; les omoplates se dégagent dans le mouvement, le regard va vers le poing droit. Comme sur la figure 8, la partie « percussion arrière ».

四。斫札式
聞四。右臂翩轉手背。卽往下札。上膊貼近右肋。手心向上。小臂向東斜下舉。眼平視東。如第九圖。
4. Fendre et enfoncer (斫札式). Au commandement « quatre » : le bras droit se retourne, le dos de la main s’enfonce vers le bas, le haut du bras collé aux côtes droites, la paume vers le haut, l’avant-bras étendu vers l’est en biais vers le bas, le regard horizontal vers l’est. Comme sur la figure 9.

五。踢腿式(提腿式)
聞五。兩臂姿勢不變。右腿向東提平。小腿垂直。脚尖向下護襠。眼平視東方。(如第十圖。提腿式。)
5. Lancer la jambe (踢腿式, partie « lever la jambe »). Au commandement « cinq » : la position des bras ne change pas ; la jambe droite se lève à l’horizontale vers l’est, le mollet vertical, la pointe du pied vers le bas pour protéger l’entrejambe, le regard horizontal vers l’est. (Comme sur la figure 10, la partie « lever la jambe ».)

右踢腿式
小腿迅卽向東平踢。脚背須挺。右胯盡力向東。如第十一圖。
Percussion de la jambe droite (右踢腿式) : le mollet part aussitôt en percussion horizontale vers l’est, le dessus du pied bien tendu, la hanche droite poussée de toutes ses forces vers l’est. Comme sur la figure 11.

踢腿落下式
右腿卽落下。成右弓式。面向東。身向北。如第十二圖。
Descente de la jambe (踢腿落下式) : la jambe droite redescend et forme la posture d’arc à droite, face à l’est, le corps tourné vers le nord. Comme sur la figure 12.

第二次右式
一。扁擔式(右扁擔式)
聞一。承上右弓式。右拳收囘。從腰間向東衝出。眼東視右拳。仍右弓式。兩拳眼斜向上。如第十三圖。
Deuxième fois, à droite — 1. La palanche (扁擔式, à droite). Au commandement « un », enchaînant sur la posture d’arc à droite : le poing droit se retire, puis part des flancs en percée vers l’est ; le regard va vers le poing droit ; toujours en posture d’arc à droite, les deux yeux des poings inclinés vers le haut. Comme sur la figure 13.

二。閃肘式
聞二。右臂卽向西閃。平屈於胸前。右拳眼置於左肩前。手心向下。左臂仍不動。平舉於西。眼向東平視。如第十四圖。
2. Le coude qui esquive. Au commandement « deux » : le bras droit file vers l’ouest et se plie à l’horizontale devant la poitrine, l’œil du poing droit placé devant l’épaule gauche, la paume vers le bas ; le bras gauche reste immobile, étendu à l’horizontale vers l’ouest, le regard horizontal vers l’est. Comme sur la figure 14.

三。前掃後衝式(前掃式)
聞三。右臂伸直掃過膝前。(身步仍不動如第十五圖。前掃式。)
3. Balayer devant, percuter derrière (partie « balayage avant »). Au commandement « trois » : le bras droit, tendu, balaie devant le genou. (Le corps et les pieds restant immobiles, comme sur la figure 15, la partie « balayage avant ».)

後衝式
卽轉向西平舉。拳眼斜向上。同時左拳。由西收回至肋。向東衝出與右乳平。同時胯向南轉。左腿稍向東北移。順勢鬆開肩骨。眼視左拳。如第十六圖。後衝式。
Percussion arrière : le bras tourne alors vers l’ouest et s’étend à l’horizontale, l’œil du poing incliné vers le haut ; en même temps, le poing gauche revient de l’ouest jusqu’aux côtes, puis part en percée vers l’est à hauteur du sein droit ; les hanches pivotent vers le sud, la jambe gauche se déplace légèrement vers le nord-est ; les omoplates se dégagent dans le mouvement, le regard va vers le poing gauche. Comme sur la figure 16, la partie « percussion arrière ».

四。斫札式
聞四。左臂翻轉。手背卽往下札。上膊貼近左肋。手心向上。小臂向東平舉。眼向東平視。如第十七圖。
4. Fendre et enfoncer. Au commandement « quatre » : le bras gauche se retourne, le dos de la main s’enfonce vers le bas, le haut du bras collé aux côtes gauches, la paume vers le haut, l’avant-bras étendu horizontalement vers l’est, le regard horizontal vers l’est. Comme sur la figure 17.

五。踢腿式(提腿式)
聞五。兩臂姿勢不變。左腿向東提平。小腿垂直。脚尖向下護檔。眼平視東方。(如第十八圖。提腿式。)
5. Lancer la jambe (partie « lever la jambe »). Au commandement « cinq » : la position des bras ne change pas ; la jambe gauche se lève à l’horizontale vers l’est, le mollet vertical, la pointe du pied vers le bas pour protéger l’entrejambe, le regard horizontal vers l’est. (Comme sur la figure 18, la partie « lever la jambe ».)

左踢腿式
小腿迅卽向東平踢。脚背須挺。左胯盡力向東。(如第十九圖。踢腿式。)
Percussion de la jambe gauche (左踢腿式) : le mollet part aussitôt en percussion horizontale vers l’est, le dessus du pied tendu, la hanche gauche poussée de toutes ses forces vers l’est. (Comme sur la figure 19, la partie « percussion de la jambe ».)

左弓式
左腿卽落下。成左弓式。面向東。身向南如第二十圖。
Posture d’arc à gauche (左弓式) : la jambe gauche redescend et forme la posture d’arc à gauche, le visage tourné vers l’est, le corps vers le sud. Comme sur la figure 20.

第三次左式
一。扁擔式
聞一。承上左弓式。左拳收回。從腰間向東衝出。眼東視左拳。仍左弓式。如二十一圖。
Troisième fois, à gauche — 1. La palanche. Au commandement « un », enchaînant sur la posture d’arc à gauche : le poing gauche se retire, puis part des flancs en percée vers l’est ; le regard va vers le poing gauche ; toujours en posture d’arc à gauche. Comme sur la figure 21.

二。閃肘式
聞二。動作。同第一次左式。如二十二圖。
2. Le coude qui esquive. Au commandement « deux » : mêmes mouvements que la première fois, à gauche. Comme sur la figure 22.

三。前掃後衝式
聞三。動作同第一次左式。如第二十三圖。(前掃式)二十四圖。(後衝式)
3. Balayer devant, percuter derrière. Au commandement « trois » : mêmes mouvements que la première fois, à gauche. Comme sur la figure 23 (balayage avant) et la figure 24 (percussion arrière).


四。斫札式
聞四。動作第一次。左式如第二十五圖。
4. Fendre et enfoncer. Au commandement « quatre » : mêmes mouvements que la première fois ; à gauche, comme sur la figure 25.

五。踢腿式
聞五。動作同第一。左式。如二十六圖。(提腿式)二十七圖。(踢腿式)
5. Lancer la jambe. Au commandement « cinq » : mêmes mouvements que la première fois ; à gauche, comme sur la figure 26 (lever la jambe) et la figure 27 (percussion de la jambe).


停。休息式
聞停。右拳向東平衝。同時左拳收回抱肘。於腰間。卽提平左腿。小腿垂直。眼平視右拳。如第二十八圖。
Fin — position de repos (停。休息式). Au commandement « fin » : le poing droit part en percée horizontale vers l’est ; en même temps, le poing gauche se retire et embrasse le coude au flanc ; on lève aussitôt la jambe gauche à l’horizontale, mollet vertical, le regard horizontal vers le poing droit. Comme sur la figure 28.

落連續第二路。則向西演進可也。或再演第一路。亦可向西演進。
一。休止式。(其一)
聞一。左足向西落地。成左弓式。左拳即由腰間衝出。與扁擔式同。如第二十九圖面西。
On peut alors enchaîner sur la deuxième ligne en progressant vers l’ouest, ou bien refaire la première ligne, également vers l’ouest.
1. Position finale (première partie). Au commandement « un » : le pied gauche se pose vers l’ouest pour former la posture d’arc à gauche ; le poing gauche part aussitôt des flancs en percée, comme dans la palanche. Comme sur la figure 29, face à l’ouest.

二。休止式。(其二)
聞二。左右拳向前平合。手背向上。兩虎口相切。同時左脚收回。與右脚併攏。立正。如第三十圖。
2. Position finale (deuxième partie). Au commandement « deux » : les poings droit et gauche se rejoignent à l’horizontale devant, dos des mains vers le haut, les deux gueules du tigre se touchant ; en même temps, le pied gauche se retire et se joint au droit, garde-à-vous. Comme sur la figure 30.

三。休止式。(其三)
聞三。兩臂收回抱肘。如三十一圖面北。
3. Position finale (troisième partie). Au commandement « trois » : les deux bras se retirent et embrassent les coudes. Comme sur la figure 31, face au nord.

附研究問答。
問扁擔式。前拳高低。姿勢如何。
答。左右衝拳。前拳低與乳平。攻敵人之心房。後拳稍高與頂齊。係順前拳攻勢。不然則前拳無力。則身法亦滯而不靈矣。
問。閃肘法如何。
答。與敵交手。以實出以虛入。雖機變化。即兵法云。虛則實。實則虛之謂也。閃肘。須連腰帶胯速即轉正向下蹲于左(右)脚上。練成敏捷習慣。
問。斫札。如何不畫小圈。
答。若畫小圈。徒為形式。不能實用。練拳係講實用。祗取應敵迅速。一翻卽札可耳。
問。踢腿什麼要平踢
答。練時須要踢平。則胯骨展開。筋絡伸長。則運動自如。用時則如彈弓然。一彈卽收。非一成不變之姿勢可同日而語也。
Questions et réponses (附研究問答).
Deuxième ligne : la croix, tirer et percer (第二路 十字人拉鑽)
一。抱肘式
聞一。如第一路開始式。如第三十二圖面南。
1. Embrasser le coude (抱肘式). Au commandement « un » : comme dans la position d’ouverture de la première ligne. Comme sur la figure 32, face au sud.

二。衝拳式
聞二。左拳變鈎由東向北平挪至腰間。仍握拳。抱肘於腰。同時左脚向東出一步。成左弓式。右脚向南稍移。右拳卽由腰際衝出。如第三十三圖。
2. La percée du poing (衝拳式). Au commandement « deux » : le poing gauche, en forme de crochet, se déplace horizontalement de l’est vers le nord jusqu’au flanc, la main restant fermée et le coude embrassé au flanc ; en même temps, le pied gauche avance d’un pas vers l’est pour former la posture d’arc à gauche, le pied droit se déplace légèrement vers le sud, et le poing droit part aussitôt des flancs en percée. Comme sur la figure 33.

第一次左式
一。左十字拉鑽式
聞一。右拳收回抱肘。同時左拳向東衝出。與乳平。拳眼斜向上。同時右腿提起。向東平踢卽落下。面東。腰直。眼平視。如第三十四圖
Première fois, à gauche — 1. La croix, tirer et percer à gauche (左十字拉鑽式). Au commandement « un » : le poing droit se retire et embrasse le coude ; en même temps, le poing gauche part en percée vers l’est, à hauteur du sein, l’œil du poing incliné vers le haut ; en même temps, la jambe droite se lève et part en percussion horizontale vers l’est, puis redescend. Visage à l’est, reins droits, regard horizontal. Comme sur la figure 34.

第二次右式
二。右十字拉鑽式
聞二。左拳收回抱肘。同時。右拳向東衝出。與乳平。拳眼斜向上。同時提左腿向東平踢即落地。面東。腰直。眼平視。如第三十五圖。
Deuxième fois, à droite — 2. La croix, tirer et percer à droite (右十字拉鑽式). Au commandement « deux » : le poing gauche se retire et embrasse le coude ; en même temps, le poing droit part en percée vers l’est, à hauteur du sein, l’œil du poing incliné vers le haut ; en même temps, la jambe gauche se lève et part en percussion horizontale vers l’est, puis se pose. Visage à l’est, reins droits, regard horizontal. Comme sur la figure 35.

第三次左式
一。左十字拉鑽式
聞一。令動作同第一次左式。
Troisième fois, à gauche — 1. La croix, tirer et percer à gauche. Au commandement « un » : mêmes mouvements que la première fois, à gauche.

停。休息式
聞停。口令。右拳向東衝出。與肩平。同時。左拳收回抱肘。即提左腿。眼視右拳。身向北。如第三十六圖。
Fin — position de repos. Au commandement « fin » : le poing droit part en percée vers l’est, à hauteur d’épaule ; en même temps, le poing gauche se retire et embrasse le coude ; on lève aussitôt la jambe gauche, le regard vers le poing droit, le corps tourné vers le nord. Comme sur la figure 36.

若連續第三路。則向西演進。可耳。或再演第二路。亦向西進行。欲休止。則下立正令。動作如第一路同。
附問答。
問。第二路姿勢如何。
答。不可抵頭。不可曲背不可聳肩。是為至要。
問。第二路動作如何。
答。拳之衝出。與收回及踢腿。須呵成一氣。
Si l’on enchaîne sur la troisième ligne, on progresse vers l’ouest ; ou bien, refaisant la deuxième ligne, on va également vers l’ouest. Pour s’arrêter, on donne le commandement de garde-à-vous, les mouvements étant les mêmes qu’à la première ligne.
Questions et réponses (附問答).
Demande : qu’en est-il de la posture de la deuxième ligne ? Réponse : il ne faut pas baisser la tête, ni courber le dos, ni hausser les épaules : c’est là l’essentiel.
Demande : qu’en est-il des mouvements de la deuxième ligne ? Réponse : la percée du poing, son retour et le coup de pied doivent s’exécuter d’un seul souffle.
Troisième ligne : le marteau qui couvre, la double draperie (第三路 蓋捶雙披打)
開始式
一。抱肘式(其一)
聞一。動作同第一路。開始式其一。如第三十八圖。面南。
Position d’ouverture — 1. Embrasser le coude (première partie). Au commandement « un » : mêmes mouvements que dans la première partie de la position d’ouverture de la première ligne. Comme sur la figure 38, face au sud.

二。雙拳平衝式(其二)
聞二。動作同第一路。開始式其二。如第三十九圖面南。
2. Double percée horizontale des poings (deuxième partie). Au commandement « deux » : mêmes mouvements que dans la deuxième partie de la position d’ouverture de la première ligne. Comme sur la figure 39, face au sud.

三。雙札式(其三)
聞三。動作同第一路。開始式其三。如第四十圖面南。
3. Double enfoncement (troisième partie). Au commandement « trois » : mêmes mouvements que dans la troisième partie de la position d’ouverture de la première ligne. Comme sur la figure 40, face au sud.

第三路
第一次左式
一。扁捶式(左扁擔式)
聞一動作同第一路。左扁擔式。如第四十一圖。
Première fois, à gauche — 1. La palanche (扁捶式, la palanche de gauche). Au commandement « un » : mêmes mouvements que la palanche de gauche de la première ligne. Comme sur la figure 41.

二。盖捶式(盖捶式其一)
聞二。左拳由東向上。往西盖打。同時右拳收回。置於腰間。同時卽變右弓式。眼視西。如第四十二圖。面南。
2. Le marteau qui couvre (蓋捶式, première partie). Au commandement « deux » : le poing gauche monte de l’est et vient frapper en couvrant vers l’ouest ; en même temps, le poing droit se retire et se place au flanc, et l’on passe aussitôt en posture d’arc à droite ; le regard vers l’ouest. Comme sur la figure 42, face au sud.

盖捶式其二
同時左拳。由西向下往東摔。拳眼斜向南。同時右拳卽向上冲。拳眼亦向南。面向東。眼平視。如第四十三圖。
Le marteau qui couvre (seconde partie) : en même temps, le poing gauche descend de l’ouest et vient fouetter vers l’est, l’œil du poing incliné vers le sud ; en même temps, le poing droit monte en percée, l’œil du poing tourné vers le sud également. Visage à l’est, regard horizontal. Comme sur la figure 43.

三。雙披式(其一)
聞三。左拳由下往西與右臂平行。眼視東。如第四十四圖。
3. La double draperie (雙披式, première partie). Au commandement « trois » : le poing gauche part du bas vers l’ouest, parallèlement au bras droit ; le regard vers l’est. Comme sur la figure 44.

雙披式(其二)
同時。轉身成左弓式。左拳卽由西往上。向東披。拳眼斜向上。同時。右拳由西向上。往東向下扎。手心向上。左拳平舉於西。右脚稍移向南。如第四十五圖。
La double draperie (seconde partie) : en même temps, on pivote pour former la posture d’arc à gauche ; le poing gauche monte de l’ouest et vient draper vers l’est, l’œil du poing incliné vers le haut ; en même temps, le poing droit monte de l’ouest puis s’enfonce vers l’est en descendant, la paume vers le haut ; le poing gauche s’étend à l’horizontale vers l’ouest, le pied droit se déplace légèrement vers le sud. Comme sur la figure 45.

四。踢腿式
聞四。動作第一路。右踢腿式。如第四十六圖。(右踢腿式)如第四十七圖。(踢腿落下式)
4. Lancer la jambe. Au commandement « quatre » : mêmes mouvements que la percussion de la jambe droite de la première ligne. Comme sur la figure 46 (percussion de la jambe droite) et la figure 47 (descente de la jambe).


第二次右式
一。扁擔式(右扁擔式)
聞一。動作同第一路。第二次。右式。如第四十八圖。
Deuxième fois, à droite — 1. La palanche (la palanche de droite). Au commandement « un » : mêmes mouvements que la deuxième fois, à droite, dans la première ligne. Comme sur la figure 48.

二。蓋捶式(其一)
聞二。右拳由東向上往西蓋打。同時左拳收回。置於腰間。同時卽變左弓式。眼視西。如第四十九圖。西北。
2. Le marteau qui couvre (première partie). Au commandement « deux » : le poing droit monte de l’est et vient frapper en couvrant vers l’ouest ; en même temps, le poing gauche se retire et se place au flanc, et l’on passe aussitôt en posture d’arc à gauche ; le regard vers l’ouest. Comme sur la figure 49, vers le nord-ouest.

盖捶式(其二)
同時右拳西向下。往東摔。拳眼斜向北。同時左拳卽向上冲。拳眼亦向北。面向東。眼平視。如第五十圖。
Le marteau qui couvre (seconde partie) : en même temps, le poing droit descend de l’ouest et fouette vers l’est, l’œil du poing incliné vers le nord ; en même temps, le poing gauche monte en percée, l’œil du poing tourné vers le nord également. Visage à l’est, regard horizontal. Comme sur la figure 50.

三。雙披式(其一)
聞三。右拳由下往西。與左臂平行。眼視東。如第五十一圖。
3. La double draperie (première partie). Au commandement « trois » : le poing droit part du bas vers l’ouest, parallèlement au bras gauche ; le regard vers l’est. Comme sur la figure 51.

雙披式(其二)
同時。轉身成右弓式。右拳即由西往上。向東披。拳眼斜向上。同時。左拳向上。往東向下扎。手心向上。左拳平舉於西。右脚稍移向北。如第五十二圖。
La double draperie (seconde partie) : en même temps, on pivote pour former la posture d’arc à droite ; le poing droit monte de l’ouest et vient draper vers l’est, l’œil du poing incliné vers le haut ; en même temps, le poing gauche monte puis s’enfonce vers l’est en descendant, la paume vers le haut ; le poing gauche s’étend à l’horizontale vers l’ouest, le pied droit se déplace légèrement vers le nord. Comme sur la figure 52.

四。踢腿式
聞四。動作同第一路。第二次。右式。左踢腿。如第五十三圖。(左踢腿式)如第五十四圖。(踢腿落下式)
4. Lancer la jambe. Au commandement « quatre » : mêmes mouvements que la deuxième fois, à droite, dans la première ligne, mais avec la jambe gauche : comme sur la figure 53 (percussion de la jambe gauche) et la figure 54 (descente de la jambe).


第三次左式
一。扁擔式(左扁擔式)
聞一。動作同第一路。第三次。左式。扁擔式。如第五十五圖。
Troisième fois, à gauche — 1. La palanche (la palanche de gauche). Au commandement « un » : mêmes mouvements que la troisième fois, à gauche, dans la première ligne. Comme sur la figure 55.

二。盖捶式
聞二。動作同第一次左式。盖捶式。如第五十六圖。(其一)如第五十七圖。(其二)
2. Le marteau qui couvre. Au commandement « deux » : mêmes mouvements que la première fois, à gauche : comme sur la figure 56 (première partie) et la figure 57 (seconde partie).


三。雙披式
聞三。動作同第一次。左式。雙披式。如第五十八圖。(其一)如第五十九圖。(其二)
3. La double draperie. Au commandement « trois » : mêmes mouvements que la première fois, à gauche : comme sur la figure 58 (première partie) et la figure 59 (seconde partie).


四。踢腿式
聞四。動作同第一路。第一次。右踢腿式。如第六十圖。(踢腿式)如第六十一圖。(踢腿落下式)
4. Lancer la jambe. Au commandement « quatre » : mêmes mouvements que la première fois, à droite, dans la première ligne, comme sur la figure 60 (percussion de la jambe) et la figure 61 (descente de la jambe).


停。休息式
聞停。動作同第一路。第三次左式。停如第六十二圖。
Fin — position de repos. Au commandement « fin » : mêmes mouvements que la troisième fois, à gauche, de la première ligne. Comme sur la figure 62.

若連續第四路。則向西演進。或再演第三路。亦可向西進行。如欲休止。則下立正口令。動作與第一路同。
附問答。
問。此節前後轉動。於實用上。價値如何。
答。此節主要。在前後盼顧。進能取。退能守。如前攻則後虛。而敵人則侵虛而入。故用後顧法。以首應之。兵法云。常山之蛇。擊首。則尾應。擊尾。則首應。擊中則首尾相應。此之謂也。其價値可知矣。
Si l’on enchaîne sur la quatrième ligne, on progresse vers l’ouest ; ou, refaisant la troisième ligne, on va aussi vers l’ouest. Pour s’arrêter, on donne le commandement de garde-à-vous, les mouvements étant les mêmes qu’à la première ligne.
Questions et réponses. Demande : quelle est, en usage, la valeur des rotations avant et arrière de cette section ? Réponse : l’essentiel, ici, est de regarder alternativement devant et derrière : avancer permet de prendre, reculer permet de garder. Si l’on attaque devant, l’arrière reste vide, et l’ennemi s’y insinue ; d’où la méthode du regard en arrière, où l’on répond de la tête. Les traités militaires disent du serpent du mont Chang : « Frappe-t-on la tête, la queue répond ; frappe-t-on la queue, la tête répond ; frappe-t-on le milieu, tête et queue répondent ensemble. » C’est exactement de cela qu’il s’agit, et l’on en voit la valeur.
Quatrième ligne : tourner la meule, faire naître la merveille (第四路 轉磨生奇關)
開始式 抱肘式
聞抱肘。動作同第一路。開始式。其一。如第六十三圖。
Position d’ouverture : embrasser le coude (開始式 抱肘式). À la commande « embrasser le coude » : mêmes mouvements que dans la première partie de la position d’ouverture de la première ligne. Comme sur la figure 63.

第一次左式
一。應手式
聞一。左脚向東北出一步。成左弓式。面身亦向東北。同時左拳變鈎。向東北摟至腰間。仍抱肘。同時右拳變掌。向東北出掌。右脚略向西南移。如第六十四圖。
- Première fois, à gauche — 1. La main qui répond (應手式). Au commandement « un »
- le pied gauche avance d’un pas vers le nord-est et l’on forme la posture d’arc à gauche, le visage et le corps tournés également vers le nord-est ; en même temps, le poing gauche devient crochet et vient cueillir vers le nord-est jusqu’au flanc, où il embrasse toujours le coude ; en même temps, le poing droit devient paume et pousse vers le nord-est ; le pied droit se déplace légèrement vers le sud-ouest. Comme sur la figure 64.

二。二虎登山式
聞二。右掌收回。置於腰間。同時向東北出左掌。踢右腿。如第六十五圖。卽落地於東北
2. Les deux tigres gravissent la montagne (二虎登山式). Au commandement « deux » : la paume droite se retire et se place au flanc ; en même temps, la paume gauche pousse vers le nord-est et la jambe droite part en coup de pied. Comme sur la figure 65 : elle retombe aussitôt vers le nord-est.

三。切掌式
聞三。承腿落地。卽向東北出右掌。收回左掌於腰間。如第六十六圖。面東北。
3. La paume qui tranche (切掌式). Au commandement « trois » : la jambe retombée, la paume droite pousse aussitôt vers le nord-est et la paume gauche se retire au flanc. Comme sur la figure 66, face au nord-est.

四。倒叉步式(側面向東)
聞四。左脚移至正南。倒叉於右脚。距離一脚之後。同時左掌置於右大膊下。手心向東。面身向北。右掌向南。如第六十七圖。
4. Le pas croisé en arrière (倒叉步式, le côté tourné vers l’est). Au commandement « quatre » : le pied gauche se porte au sud franc et croise derrière le pied droit, à une longueur de pied en arrière ; en même temps, la paume gauche se place sous le haut du bras droit, la paume tournée vers l’est, le visage et le corps vers le nord, la paume droite vers le sud. Comme sur la figure 67.

五。撑磨腿式
聞五。右脚向東南撑磨。成左弓式。右掌收囘。置於腰間。同時卽向西北出左掌。面向西北。如第六十八圖。
5. La jambe qui étaye et meule (撑磨腿式). Au commandement « cinq » : le pied droit étaye et meule vers le sud-est, formant la posture d’arc à gauche ; la paume droite se retire et se place au flanc ; en même temps, la paume gauche pousse vers le nord- ouest, le visage tourné vers le nord-ouest. Comme sur la figure 68.

六。切掌式
聞六。左掌收回。置於腰間。同時右掌向西北出。步位不變。仍左弓式。如第六十九圖。
6. La paume qui tranche. Au commandement « six » : la paume gauche se retire et se place au flanc ; en même temps, la paume droite pousse vers le nord-ouest, la position des pieds restant inchangée, toujours en posture d’arc à gauche. Comme sur la figure 69.

第二次右式
一。切掌式(其一)摟腿
聞一。右掌變鈎同時轉身向東南。右鈎順身沿腿摟平。如第七十圖。
Deuxième fois, à droite — 1. La paume qui tranche (première partie) : cueillir la jambe. Au commandement « un » : la paume droite devient crochet et l’on pivote en même temps vers le sud-est ; le crochet droit suit le corps et cueille à plat le long de la jambe. Comme sur la figure 70.

切掌式(其二)
同時成右弓式。卽出左掌應手。右鈎卽向後摟。左脚略向東北移。面東南。如第七十一圖。
La paume qui tranche (seconde partie) : en même temps, on forme la posture d’arc à droite ; la main gauche sort en « main qui répond » et le crochet droit cueille vers l’arrière ; le pied gauche se déplace légèrement vers le nord-est ; le visage vers le sud-est. Comme sur la figure 71.

二。二虎登山式
聞二。右掌收回置於腰間。同時向東北出右掌。踢左腿。面北。如第七十二圖。卽落於東南。
2. Les deux tigres gravissent la montagne. Au commandement « deux » : la paume droite se retire et se place au flanc ; en même temps, la paume droite pousse vers le nord-est et l’on lance la jambe gauche, le visage tourné vers le nord. Comme sur la figure 72 : la jambe retombe aussitôt vers le sud-est.

三。切掌式
聞三。承腿落地。成左弓式。即向東南出左掌。收回右掌。於腰間。面西。如第七十三圖。
3. La paume qui tranche. Au commandement « trois » : la jambe retombée, on forme la posture d’arc à gauche ; la paume gauche pousse aussitôt vers le sud-est et la paume droite se retire au flanc ; le visage vers l’ouest. Comme sur la figure 73.

四。倒叉步式(側面向西)
聞四。右脚移至正北。倒叉於左脚。距離一脚之後。同時掌置於左大膊下。手心向東。面身向南。如第七十四圖。
4. Le pas croisé en arrière (le côté tourné vers l’ouest). Au commandement « quatre » : le pied droit se porte au nord franc et croise derrière le pied gauche, à une longueur de pied en arrière ; en même temps, la paume se place sous le haut du bras gauche, la paume tournée vers l’est, le visage et le corps vers le sud. Comme sur la figure 74.

五。撑磨腿式
聞五。左脚向東北撑磨。成右弓式。左掌收回置於腰間。同時卽向西南出右掌。面向西南。如第七十五圖。
5. La jambe qui étaye et meule. Au commandement « cinq » : le pied gauche étaye et meule vers le nord-est, formant la posture d’arc à droite ; la paume gauche se retire et se place au flanc ; en même temps, la paume droite pousse vers le sud-ouest, le visage tourné vers le sud-ouest. Comme sur la figure 75.

六。切掌式
聞六。左掌收回置於腰間。左掌向西南出。步位仍不變。如第七十六圖。
6. La paume qui tranche. Au commandement « six » : la paume gauche se retire et se place au flanc ; la paume gauche pousse vers le sud-ouest, la position des pieds restant inchangée. Comme sur la figure 76.

第三次左式
一。切掌式(其一)摟腿
聞一。左掌變鈎。同時轉身向東北。左鈎順身沿腿平摟。如第七十七圖。
Troisième fois, à gauche — 1. La paume qui tranche (première partie) : cueillir la jambe. Au commandement « un » : la paume gauche devient crochet et l’on pivote en même temps vers le nord-est ; le crochet gauche suit le corps et cueille à plat le long de la jambe. Comme sur la figure 77.

切掌式(其二)
同時成左弓式。卽出應手左鈎。卽向後摟。右脚略向東南移。面東北。如第七十八圖。
La paume qui tranche (seconde partie) : en même temps, on forme la posture d’arc à gauche ; la main gauche sort en « main qui répond » puis cueille vers l’arrière ; le pied droit se déplace légèrement vers le sud-est ; le visage vers le nord-est. Comme sur la figure 78.

二。二虎登山式
聞二。動作同第一次左式。二虎登山式。如第七十九圖。
2. Les deux tigres gravissent la montagne. Au commandement « deux » : mêmes mouvements que la première fois, à gauche. Comme sur la figure 79.

停。休息式
聞停。右脚移至東落下。提左腿。同時右鈎握拳。向東平衝。左掌變拳。抱肘。眼視右拳。身向北。如第八十圖。
Fin — position de repos. Au commandement « fin » : le pied droit se porte et retombe à l’est ; on lève la jambe gauche ; en même temps, le crochet droit se referme en poing et part en percée horizontale vers l’est, tandis que la paume gauche devient poing et embrasse le coude ; le regard vers le poing droit, le corps tourné vers le nord. Comme sur la figure 80.

若連續第五路。則向西演進。或再演第四路。亦可向西進行。欲休止。則下立正口令。動作與第一路同。
附。問答
問。四路應注意何項。
答。應手式。指尖向前。不可掌心向前。五指須靠緊。指與肩齊。同時右(左)脚亦須向斜前移動。
二虎登山式。起腿須高彈。左。右。收。出。與腿。須連環一氣。
切掌式。出掌緣向前。手心略向內。五指靠緊。指尖向上。
倒叉步式。右(左)掌不變動。左(右)掌。卽置於大膊下。手掌向外。身體轉正。
撑磨腿式。腿須着地。用力掃去而掌須切近臂膊脫出。收回之掌。掌緣貼腰。手心向上。指尖向前。
Si l’on enchaîne sur la cinquième ligne, on progresse vers l’ouest ; ou, refaisant la quatrième ligne, on va aussi vers l’ouest. Pour s’arrêter, on donne le commandement de garde-à-vous, les mouvements étant les mêmes qu’à la première ligne.
Questions et réponses (附問答).
Demande : à quoi faut-il prendre garde dans la quatrième ligne ? Réponse : Pour la main qui répond (應手式), le bout des doigts va vers l’avant, non la paume ; les cinq doigts restent serrés, à hauteur d’épaule, et le pied droit (ou gauche) doit en même temps se déplacer en biais vers l’avant. — Pour les deux tigres gravissant la montagne (二虎登山式), la jambe se lève et se détend haut ; gauche, droite, retrait, sortie et jambe doivent s’enchaîner d’un seul souffle. — Pour la paume qui tranche (切掌式), la paume sort par son tranchant, vers l’avant, le creux de la main légèrement tourné vers l’intérieur, les cinq doigts serrés, les pointes vers le haut. — Pour le pas croisé en arrière (倒叉步式), la paume droite (ou gauche) ne bouge pas, et la paume gauche (ou droite) se place sous le haut du bras, la main tournée vers l’extérieur, le corps bien droit. — Pour la jambe qui étaye et meule (撑磨腿式), la jambe doit toucher le sol et l’on balaie avec force, tandis que la paume doit sortir au plus près du bras ; la paume qui se retire a son tranchant collé au flanc, le creux vers le haut, les pointes vers l’avant.
Cinquième ligne : le marteau qui taille, grimper pour s’approcher (第五路 裁捶登來益)
開始式 抱肘式
聞抱肘。動作同第一路。開始式。其一如第八十一圖。
Position d’ouverture : embrasser le coude. À la commande « embrasser le coude » : mêmes mouvements que dans la première partie de la position d’ouverture de la première ligne. Comme sur la figure 81.

第一次左式
一。裁拳式
聞一。左脚向東北出一步。成左弓式。同時左臂向東北上挑護前腦。右拳則東斜下裁。拳與乳平。身向。北眼視右拳。如第八十二圖。
- Première fois, à gauche — 1. Le poing qui taille (裁拳式). Au commandement « un »
- le pied gauche avance d’un pas vers le nord-est et l’on forme la posture d’arc à gauche ; en même temps, le bras gauche porte en relevé vers le nord-est pour protéger le devant de la tête, tandis que le poing droit taille en biais vers le bas, du côté de l’est, à hauteur du sein. Le corps vers le nord, le regard vers le poing droit. Comme sur la figure 82.

二。雙扎式
聞二。左右拳猛向下扎。手心向上。右拳扎於小腹前。右肘貼於右肋。左拳置於腰間。面東。眼平視。如第八十三圖。
2. Le double enfoncement (雙扎式). Au commandement « deux » : les poings gauche et droit s’enfoncent avec force vers le bas, la paume vers le haut ; le poing droit s’enfonce devant le bas-ventre, le coude droit collé aux côtes droites, le poing gauche placé au flanc. Visage à l’est, regard horizontal. Comme sur la figure 83.

三。登來益式
聞三。提右腿。左腿挺直。脚尖向上。用脚底向東北直踹。如第八十四圖。卽向東南落地。
3. Grimper pour s’approcher (登來益式). Au commandement « trois » : on lève la jambe droite, la jambe gauche tendue, la pointe du pied vers le haut, et l’on pousse droit de la plante du pied vers le nord-est. Comme sur la figure 84 : le pied retombe aussitôt vers le sud-est.

第二次右式
一。裁拳式
聞一。承上右腿落地。卽向東南成右弓式。同時右臂向東南上挑護前腦。左拳則東斜下裁。拳與乳平身向南。眼視左拳。如第八十五圖。
Deuxième fois, à droite — 1. Le poing qui taille. Au commandement « un », enchaînant sur la chute de la jambe droite : on forme aussitôt la posture d’arc à droite vers le sud-est ; en même temps, le bras droit porte en relevé vers le sud-est pour protéger le devant de la tête, tandis que le poing gauche taille en biais vers le bas, à hauteur du sein ; le corps vers le sud, le regard vers le poing gauche. Comme sur la figure 85.

二。雙扎式
聞二。左右拳猛向下扎。手心向上。左拳扎於小腹前。左肘貼於左肋。右拳置於腰間。面東。眼平視。如第八十六圖。
2. Le double enfoncement. Au commandement « deux » : les deux poings s’enfoncent avec force vers le bas, la paume vers le haut ; le poing gauche s’enfonce devant le bas-ventre, le coude gauche collé aux côtes gauches, le poing droit placé au flanc. Visage à l’est, regard horizontal. Comme sur la figure 86.

三。登來益式
聞三。右腿挺直。提左腿。脚尖向上。用脚底向東南直踹。如第八十七圖。即落地。
3. Grimper pour s’approcher. Au commandement « trois » : la jambe droite tendue, on lève la jambe gauche, la pointe du pied vers le haut, et l’on pousse droit de la plante vers le sud-est. Comme sur la figure 87 : le pied retombe aussitôt.

第三次左式
一。裁拳式
聞一。承上左腿落地。卽向東北。成左弓式。餘動作與第一次同。如第八十八圖。
Troisième fois, à gauche — 1. Le poing qui taille. Au commandement « un », enchaînant sur la chute de la jambe gauche : on forme aussitôt la posture d’arc à gauche vers le nord-est ; le reste des mouvements est identique à la première fois. Comme sur la figure 88.

二。雙扎式
聞二。動作與第一次。左式同。如第八十九圖。
2. Le double enfoncement. Au commandement « deux » : mêmes mouvements que la première fois, à gauche. Comme sur la figure 89.

三。登來益式
聞三。動作與第一次。左式同。如第九十圖。
3. Grimper pour s’approcher. Au commandement « trois » : mêmes mouvements que la première fois, à gauche. Comme sur la figure 90.

四。停休息式
聞停。承上右腿落地。卽衝右拳。向東。左拳護腰。提左腿。眼視右拳。如第九十一圖。
4. Fin — position de repos. Au commandement « fin », enchaînant sur la chute de la jambe droite : le poing droit part aussitôt en percée vers l’est, le poing gauche protège le flanc ; on lève la jambe gauche, le regard vers le poing droit. Comme sur la figure 91.

若連續第六路。則向西演進。或再演第五路。亦可向西進行。如欲休止。則下立正口令。動作與第一路同。
附。注意事項
一。拳衝出。須順勢移左(右)脚向前斜出。眼須前視。挑手位於腦前。與頭頂平。裁拳與挑手齊出。兪速兪妙。
二。踹腿向東北即向東南落。脚將落地迅速卽將雙拳前挑後裁。連成一氣。方為合法。
三。踹腿法。舉膝小腿平屈。足尖向上。足心向東南。或東北。直伸氣力全在於足跟上。
Si l’on enchaîne sur la sixième ligne, on progresse vers l’ouest ; ou, refaisant la cinquième ligne, on va aussi vers l’ouest. Pour s’arrêter, on donne le commandement de garde-à-vous, les mouvements étant les mêmes qu’à la première ligne.
Points d’attention (附注意事項).
1° Quand le poing part en percée, il faut suivre l’élan et avancer le pied gauche (ou droit) en biais vers l’avant ; le regard doit porter devant ; la main qui relève se tient devant la tête, à hauteur du sommet du crâne ; le poing qui taille et la main qui relève sortent ensemble : plus c’est rapide, plus c’est excellent.
2° Le coup de pied pousse vers le nord-est et retombe vers le sud-est ; au moment où le pied touche le sol, les deux poings doivent aussitôt relever devant et tailler derrière, en un seul souffle : voilà ce qui est conforme.
3° Pour le coup de pied qui pousse : on lève le genou, le mollet plié à l’horizontale, la pointe du pied vers le haut, la plante vers le sud-est ou le nord-est ; on étend droit, la force entière résidant dans le talon.
Sixième ligne : observer, sceller, clore (第六路 堪管封畢然)
開始式 抱肘式
聞抱肘。動作同第一路開始式。其一如第九十二圖。
Position d’ouverture : embrasser le coude. À la commande « embrasser le coude » : mêmes mouvements que la première partie de la position d’ouverture de la première ligne. Comme sur la figure 92.

第一次左式
一。應手式
聞一。左脚向東出一步。成左弓式。左拳變掌向東應手。右臂伸直。拳即變鈎。即向後摟。身向東。眼平視。如第九十三圖。
Première fois, à gauche — 1. La main qui répond. Au commandement « un » : le pied gauche avance d’un pas vers l’est et l’on forme la posture d’arc à gauche ; le poing gauche devient paume et répond vers l’est, le bras droit tendu, son poing devenant crochet qui cueille vers l’arrière ; le corps vers l’est, regard horizontal. Comme sur la figure 93.

二。看管式
聞二。左掌即閃回。平屈胸前。同時蹼左腿屈右膝眼平視東。右臂平放仍鈎。如第九十四圖。
2. Regarder et garder (看管式). Au commandement « deux » : la paume gauche revient vivement et se plie à l’horizontale devant la poitrine ; en même temps, la jambe gauche se replie, le genou droit fléchi, le regard horizontal vers l’est ; le bras droit, posé à l’horizontale, reste en crochet. Comme sur la figure 94.

三。前手摟後手揷(前摟式)
聞三。左臂伸直掌卽變鈎與左腿平行。面東。如第九十五圖。
3. La main avant cueille, la main arrière pique (前手摟後手揷, partie « cueillette avant »). Au commandement « trois » : le bras gauche, tendu, sa paume devient crochet parallèlement à la jambe gauche. Visage à l’est. Comme sur la figure 95.

後揷式
即向北摟至西。同時成左弓式。右鈎變掌即向東斜前揷掌。手心向下。手指向東。如第九十六圖。
La pique arrière (後揷式) : la main cueille vers le nord jusqu’à l’ouest ; en même temps, on forme la posture d’arc à gauche, le crochet droit devient paume et pique vers l’est, en biais vers l’avant, le creux de la main vers le bas, les doigts vers l’est. Comme sur la figure 96.

四。砍掌式
聞四。右掌翻轉手心向上往下砍。右肘貼於右肋前。眼前視。左臂仍鈎不動如第九十七圖。
4. La paume qui fend (砍掌式). Au commandement « quatre » : la paume droite se retourne, le creux vers le haut, et fend vers le bas, le coude droit collé devant les côtes droites, le regard devant ; le bras gauche reste en crochet, immobile. Comme sur la figure 97.

五。踢腿式
聞五。動作與第一路。第一次左式踢腿式同。如第九十八圖。即落地成左弓式。
- 5. Lancer la jambe. Au commandement « cinq » : mêmes mouvements que la percussion
- de jambe de la première fois, à gauche, dans la première ligne. Comme sur la figure 98
- le pied retombe aussitôt en posture d’arc à gauche.

第二次右式
一。應手式
聞一。承上右脚落地。卽出右掌。應手。成左弓式。如第九十九圖。
Deuxième fois, à droite — 1. La main qui répond. Au commandement « un », enchaînant sur la chute du pied droit : la paume droite sort en « main qui répond », en posture d’arc à gauche. Comme sur la figure 99.

二。看管式
聞二。右掌即閃回。平屈於胸前。同時蹼右腿屈左膝。眼平視。右鈎仍原式不動。如第一百圖。
2. Regarder et garder. Au commandement « deux » : la paume droite revient vivement et se plie à l’horizontale devant la poitrine ; en même temps, la jambe droite se replie et le genou gauche fléchit ; le regard horizontal ; le crochet gauche reste immobile, dans sa position. Comme sur la figure 100.

三。前手摟後手揷(前摟式)
聞三。右臂伸直掌即變鈎。與右腿平行。面東。如第一百零一圖。
3. La main avant cueille, la main arrière pique (partie « cueillette avant »). Au commandement « trois » : le bras droit, tendu, sa paume devient crochet parallèlement à la jambe droite. Visage à l’est. Comme sur la figure 101.

後揷式
即向南摟至西同時成左弓式。左鈎變掌。卽向東斜前揷。掌心向下。指尖向東。如第一百零二圖。
La pique arrière : la main cueille vers le sud jusqu’à l’ouest ; en même temps, on forme la posture d’arc à gauche, le crochet gauche devient paume et pique vers l’est en biais vers l’avant, le creux vers le bas, le bout des doigts vers l’est. Comme sur la figure 102.

四。砍掌式
聞四。左掌翻轉。手心向上往下砍。左肘貼於左肋前。眼前視。右臂仍鈎不動。如第一百零三圖。
4. La paume qui fend. Au commandement « quatre » : la paume gauche se retourne, le creux vers le haut, et fend vers le bas, le coude gauche collé devant les côtes gauches, le regard devant ; le bras droit reste en crochet, immobile. Comme sur la figure 103.

五。踢腿式
聞五。動作與第一路第二次右式踢腿式同如第一百零四圖。即落地成左弓式
5. Lancer la jambe. Au commandement « cinq » : mêmes mouvements que la percussion de jambe de la deuxième fois, à droite, dans la première ligne. Comme sur la figure 104 : le pied retombe aussitôt en posture d’arc à gauche.

第三次左式
一。應手式
聞一。承上腿落地。即出左掌。應手。成左弓式。如鈎仍直不變。如第一百零五圖。
Troisième fois, à gauche — 1. La main qui répond. Au commandement « un », enchaînant sur la chute de la jambe : la paume gauche sort en « main qui répond », en posture d’arc à gauche, le crochet restant tendu et inchangé. Comme sur la figure 105.

二。看管式
聞二。動作與第一次左式同。如第一百零六圖。
2. Regarder et garder. Au commandement « deux » : mêmes mouvements que la première fois, à gauche. Comme sur la figure 106.

三。前摟式後揷式
聞三。動作與第一次左式。(三)同。如第一百零七圖(前摟式)如第一百零八圖(後揷式)。
3. La cueillette avant, puis la pique arrière. Au commandement « trois » : mêmes mouvements que la troisième partie de la première fois, à gauche. Comme sur la figure 107 (cueillette avant) et la figure 108 (pique arrière).


四。斫掌式
聞四。動作與第一次左。(四)同。如第一百零九圖。
4. La paume qui fend (斫掌式). Au commandement « quatre » : mêmes mouvements que la quatrième partie de la première fois, à gauche. Comme sur la figure 109.

五。踢腿式
聞五。動作與第一次左式(五)同。如第一百十圖。
5. Lancer la jambe. Au commandement « cinq » : mêmes mouvements que la cinquième partie de la première fois, à gauche. Comme sur la figure 110.

停。休息式
聞停。動作與第一路。休息式同如第一百十一圖。
Fin — position de repos. Au commandement « fin » : mêmes mouvements que la position de repos de la première ligne. Comme sur la figure 111.

若連續第七路。則向西演進。或再演第六路。亦可向西進行。欲休止。則下立正口令。動作與第一路同。
注意要件
應手。指端向前斜下。與乳房平。左右手須連環齊出。方可得首尾相應之効。
Si l’on enchaîne sur la septième ligne, on progresse vers l’ouest ; ou, refaisant la sixième ligne, on va aussi vers l’ouest. Pour s’arrêter, on donne le commandement de garde-à-vous, les mouvements étant les mêmes qu’à la première ligne.
Points d’attention (注意要件). La main qui répond : le bout des doigts vers l’avant et en biais vers le bas, à hauteur du sein ; les mains gauche et droite doivent sortir en chaîne, l’une après l’autre, pour obtenir l’effet de la tête et de la queue qui se répondent.
Septième ligne : le double appui, la jambe en croix (第七路 雙稱十字腿)
開始式 抱肘式
聞抱肘。動作與第一路。開始式同。如第一百十二圖。
Position d’ouverture : embrasser le coude. À la commande « embrasser le coude » : mêmes mouvements que la position d’ouverture de la première ligne. Comme sur la figure 112.

第一次左式
一。前手摟。後手扎式。
聞一。左脚向東北出步。同時兩拳變掌。由西南上角。成陰陽和合掌。急向東北摟扎。左手摟至腰間成抱肘式。右掌變拳由上往下扎。手心向上。右大膊貼於肋。成左弓式。面東如第一百十三圖。
Première fois, à gauche — 1. La main avant cueille, la main arrière enfonce. Au commandement « un » : le pied gauche avance vers le nord-est ; en même temps, les deux poings deviennent paumes et, depuis l’angle sud-ouest, forment une « paume où yin et yang s’unissent », puis cueillent et enfoncent vivement vers le nord-est : la main gauche cueille jusqu’au flanc et prend la position des coudes embrassés, la paume droite devient poing et s’enfonce du haut vers le bas, le creux vers le haut, le haut du bras droit collé aux côtes ; on forme la posture d’arc à gauche. Visage à l’est. Comme sur la figure 113.

二。應面式
聞二。左拳由腰間。直向東北上角衝出。與鼻齊。同時右扎拳收回。置於左腰間。如第一百十四圖。
2. La main qui répond au visage (應面式). Au commandement « deux » : le poing gauche part du flanc et monte droit vers l’angle nord-est, en percée à hauteur du nez ; en même temps, le poing droit, qui enfonçait, se retire et se place au flanc gauche. Comme sur la figure 114.

三。黑虎搗心式
聞三。右拳向東斜下衝出。拳與心齊。同時左拳上架。面東。如第一百十五圖。
3. Le tigre noir frappe le cœur (黑虎搗心式). Au commandement « trois » : le poing droit part en percée vers l’est, en biais vers le bas, à hauteur du cœur ; en même temps, le poing gauche pare en haut. Visage à l’est. Comme sur la figure 115.

四。過頂式(其一)
聞四。雙拳變掌。右掌向上。與左掌交叉。在頭頂上。手心向外。同時轉體向左。如第一百十六圖。
4. La main qui passe au-dessus du sommet (過頂式, première partie). Au commandement « quatre » : les deux poings deviennent paumes ; la paume droite monte et croise la paume gauche au-dessus du sommet de la tête, les creux tournés vers l’extérieur ; en même temps, le corps pivote vers la gauche. Comme sur la figure 116.

過頂式(其二)
同時即向左右下落。合於臍前。兩掌緣相切。面向東。右腿提起。如第一百十七圖。
La main qui passe au-dessus du sommet (seconde partie) : en même temps, les paumes descendent à droite et à gauche et se rejoignent devant le nombril, les tranchants des deux paumes se touchant. Visage à l’est, jambe droite levée. Comme sur la figure 117.

五。雙稱腿式
聞五。雙掌向東西撑開。左掌與頭頂齊。右掌與肩平。同時左腿向東排出。腿伸直成九十度。直角。全身向左轉。眼視東。如第一百十八圖。右腿即向東落地。
5. La double jambe qui s’appuie (雙稱腿式). Au commandement « cinq » : les deux paumes s’écartent en étayant vers l’est et l’ouest, la paume gauche à hauteur du sommet de la tête, la paume droite à hauteur d’épaule ; en même temps, la jambe gauche part vers l’est, tendue à quatre-vingt-dix degrés, en angle droit, tout le corps pivotant vers la gauche, le regard vers l’est. Comme sur la figure 118 : la jambe droite retombe aussitôt vers l’est.

第二次右式
一。前手摟後手扎式
聞一。承上右腿落地。右掌卽向東南。摟至腰間成抱肘式。同時左掌握拳。即向東下扎。左膊貼於肋。手心向上。如第一百十九圖。
Deuxième fois, à droite — 1. La main avant cueille, la main arrière enfonce. Au commandement « un », enchaînant sur la chute de la jambe droite : la paume droite cueille vers le sud-est jusqu’au flanc et prend la position des coudes embrassés ; en même temps, la paume gauche se referme en poing et s’enfonce aussitôt vers l’est en descendant, le haut du bras gauche collé aux côtes, le creux vers le haut. Comme sur la figure 119.

二。應面式
聞二。右拳由腰間直向東南上角衝出。與鼻齊。同時左扎拳收回置於左腰間如第一百二十圖。
2. La main qui répond au visage. Au commandement « deux » : le poing droit part du flanc et monte droit vers l’angle sud-est, en percée à hauteur du nez ; en même temps, le poing gauche, qui enfonçait, se retire et se place au flanc gauche. Comme sur la figure 120.

三。黑虎搗心式
聞三。左拳向東斜下衝出拳與心齊。同時右拳上架。面東。如第一百二十一圖。
3. Le tigre noir frappe le cœur. Au commandement « trois » : le poing gauche part en percée vers l’est, en biais vers le bas, à hauteur du cœur ; en même temps, le poing droit pare en haut. Visage à l’est. Comme sur la figure 121.

四。過頂式(其一)
聞四。雙拳變掌。左掌向上。與右掌交叉在頭頂上。手心向外。同時轉體向右。如第一百二十二圖。
4. La main qui passe au-dessus du sommet (première partie). Au commandement « quatre » : les deux poings deviennent paumes ; la paume gauche monte et croise la paume droite au-dessus du sommet de la tête, les creux tournés vers l’extérieur ; en même temps, le corps pivote vers la droite. Comme sur la figure 122.

過頂式(其二)
即向左右下落。合於臍前。兩掌緣相切。面向東。提起左腿。如第一百二十三圖。
La main qui passe au-dessus du sommet (seconde partie) : les paumes descendent à droite et à gauche et se rejoignent devant le nombril, les tranchants se touchant. Visage à l’est, jambe gauche levée. Comme sur la figure 123.

五。雙稱腿式
聞五。雙掌向東西撑開。右掌與頭頂齊。左掌與肩平。同時左腿向東排出。腿伸直成九十度直角。全身向右轉。眼視東。如第一百二十四圖。左腿卽落地。
5. La double jambe qui s’appuie. Au commandement « cinq » : les deux paumes s’écartent en étayant vers l’est et l’ouest, la paume droite à hauteur du sommet de la tête, la paume gauche à hauteur d’épaule ; en même temps, la jambe gauche part vers l’est, tendue à quatre-vingt-dix degrés, en angle droit, tout le corps pivotant vers la droite, le regard vers l’est. Comme sur la figure 124 : la jambe gauche retombe aussitôt.

第三次左式
一。前手摟後手扎式
聞一。承上左腿落地。左掌即向東北。摟至腰間。成抱肘式。同時右掌握拳即向東下扎。右膊貼於肋前。手心向上。如第一百二十五圖。
Troisième fois, à gauche — 1. La main avant cueille, la main arrière enfonce. Au commandement « un », enchaînant sur la chute de la jambe gauche : la paume gauche cueille vers le nord-est jusqu’au flanc et prend la position des coudes embrassés ; en même temps, la paume droite se referme en poing et s’enfonce vers l’est en descendant, le haut du bras droit collé devant les côtes, le creux vers le haut. Comme sur la figure 125.

二。應面式
聞二。動作。與第一次。左式二同。如第一百二十六圖。
2. La main qui répond au visage. Au commandement « deux » : mêmes mouvements que la deuxième partie de la première fois, à gauche. Comme sur la figure 126.

三。黑虎搗心式
聞三。動作與第一次左式三同。如第一百二十七圖。
3. Le tigre noir frappe le cœur. Au commandement « trois » : mêmes mouvements que la troisième partie de la première fois, à gauche. Comme sur la figure 127.

四。過頂式
聞四。動作與第一次左式四同。如第一百二十八圖。(其一)如第一百二十九圖。(其二)
4. La main qui passe au-dessus du sommet. Au commandement « quatre » : mêmes mouvements que la quatrième partie de la première fois, à gauche. Comme sur la figure 128 (première partie) et la figure 129 (seconde partie).


五。雙稱十字腿式
聞五。動作與第一次左式五同。如第一百三十圖。
5. La double jambe en croix qui s’appuie (雙稱十字腿式). Au commandement « cinq » : mêmes mouvements que la cinquième partie de la première fois, à gauche. Comme sur la figure 130.

停。休息式
聞停。動作與第一路休息式同。如第一百三十一圖
Fin — position de repos. Au commandement « fin » : mêmes mouvements que la position de repos de la première ligne. Comme sur la figure 131.

若連續第八路。則向西演進。或再演第七路。亦可向西練習。如欲休止。則下立正口令。動作與第一路同。
注意要件
武術致勝。多在進退。且進退之要。必須腰腿一致以拳脚之動作為轉移。所行之動作。貴速。以不悞拳脚致勝之機為合法。此節拳脚。務須全體一致。其發拳脚須有抨簧之靈始收致勝之功也。
Si l’on enchaîne sur la huitième ligne, on progresse vers l’ouest ; ou, refaisant la septième ligne, on s’exerce aussi vers l’ouest. Pour s’arrêter, on donne le commandement de garde-à-vous, les mouvements étant les mêmes qu’à la première ligne.
Points d’attention (注意要件). À la guerre, la victoire tient le plus souvent à l’avance et au recul ; or l’essentiel, dans l’avance et le recul, est que reins et jambes soient solidaires et se règlent sur le mouvement des poings et des pieds. Le mouvement exécuté doit être rapide, afin que l’occasion de vaincre par le poing ou le pied ne soit pas manquée : voilà ce qui est conforme. Dans cette section, poings et pieds doivent agir d’un seul corps, et leur sortie doit avoir la vivacité d’un ressort pour que le mérite de la victoire soit acquis.
Huitième ligne : se planter et frapper du pied comme une roue qui tourne (第八路 庄跥如轉環)
預備
立正。抱肘。面南。如第二圖。
第一次左式
一。右衝拳
聞一。左脚向東出一步。成左弓式。同時左拳變掌。向東平摟至腰間抱肘。同時右拳向東衝出。右脚稍向西南移。面身均向東。如第一百三十二圖。
Préparation (預備) : garde-à-vous, coudes embrassés, face au sud. Comme sur la figure 2.
Première fois, à gauche — 1. La percée du poing droit (右衝拳). Au commandement « un » : le pied gauche avance d’un pas vers l’est et l’on forme la posture d’arc à gauche ; en même temps, le poing gauche devient paume et cueille à l’horizontale vers l’est jusqu’au flanc, en embrassant le coude ; en même temps, le poing droit part en percée vers l’est et le pied droit se déplace légèrement vers le sud-ouest ; visage et corps tournés vers l’est. Comme sur la figure 132.

二。踢腿揷掌
聞二。提右腿向東平踢。同時右拳收回抱肘。左拳變掌。即向東揷掌。面身均向東。如第一百三十三圖。
2. Coup de pied et pique de la paume (踢腿揷掌). Au commandement « deux » : on lève la jambe droite et on la lance en percussion horizontale vers l’est ; en même temps, le poing droit se retire et embrasse le coude, tandis que le poing gauche devient paume et pique aussitôt vers l’est ; visage et corps tournés vers l’est. Comme sur la figure 133.

三。逢身打
聞三。承上踢腿揷掌腿落地。即出右拳。向東直衝。右掌置於右肩前。手心向東。成右弓式。面向東。眼視右拳。如第一百三十四圖。
3. La frappe qui suit le corps (逢身打). Au commandement « trois », enchaînant sur la chute de la jambe : le poing droit sort aussitôt et frappe droit vers l’est, la paume droite placée devant l’épaule droite, le creux tourné vers l’est ; on forme la posture d’arc à droite. Visage à l’est, regard vers le poing droit. Comme sur la figure 134.

四。雙手過頂
聞四。右拳變掌及左拳同時向上。成弧形。於頂前。左脚卽收回成丁式。身向北。眼視西。如第一百三十五圖。
4. Les deux mains au-dessus du sommet (雙手過頂). Au commandement « quatre » : le poing droit devient paume et, avec le poing gauche, monte en même temps en décrivant un arc devant le sommet de la tête ; le pied gauche se retire aussitôt pour former la position en « T » ; le corps vers le nord, le regard vers l’ouest. Comme sur la figure 135.

五。雙稱十字腿(其一)
聞一兩掌由左右落下。相切於臍前。手心向上兩肘貼於肋。身北向。眼視西。腰直。如第一百三十六圖。
5. La double jambe en croix qui s’appuie (première partie). Au commandement « cinq » : les deux paumes descendent de droite et de gauche et se touchent devant le nombril, les creux vers le haut, les deux coudes collés aux côtes ; le corps tourné au nord, le regard vers l’ouest, les reins droits. Comme sur la figure 136.

雙稱十字腿(其二)
雙手旣相切即提左腿。身卽直立。如第一百三十七圖。
La double jambe en croix qui s’appuie (seconde partie) : les mains s’étant jointes, on lève aussitôt la jambe gauche et le corps se redresse. Comme sur la figure 137.

雙稱十字腿(其三)
雙掌卽向東西平展。左腿卽向西排出。右掌略高與頂齊。左掌略低與肩平。指尖均向前。腿須平。眼視西。如第一百三十八圖。卽落地。
La double jambe en croix qui s’appuie (troisième partie) : les deux paumes s’étendent à l’horizontale, l’une vers l’est, l’autre vers l’ouest, et la jambe gauche part vers l’ouest ; la paume droite est un peu plus haute, à hauteur du sommet de la tête, la paume gauche un peu plus basse, à hauteur d’épaule, les pointes des doigts vers l’avant ; la jambe doit être horizontale, le regard vers l’ouest. Comme sur la figure 138 : le pied retombe aussitôt.

第二次轉式
一。右衝拳
聞一。承腿落地左掌收回抱肘。右掌握拳向西衝膝曲成左弓式。面身均向西。如第一百三十九圖。
Deuxième fois, en pivotant (第二次轉式) — 1. La percée du poing droit. Au commandement « un », enchaînant sur la chute de la jambe : la paume gauche se retire et embrasse le coude ; le poing droit part en percée vers l’ouest, le genou fléchi, formant la posture d’arc à gauche ; visage et corps tournés vers l’ouest. Comme sur la figure 139.

二。反踢腿
聞二。右拳收回抱肘。出左掌同時向西踢右腿。腰直胸挺眼前視如第一百四十圖。
2. Le coup de pied inversé (反踢腿). Au commandement « deux » : le poing droit se retire et embrasse le coude, la paume gauche sort et, en même temps, la jambe droite part en coup de pied vers l’ouest ; reins droits, poitrine ouverte, regard devant. Comme sur la figure 140.

三。回腿式
聞三。承右腿踢出卽向東回腿。同時左掌收回抱肘卽出右拳。向西衝出。眼前視如第一百四十一圖。
3. Le retour de la jambe (回腿式). Au commandement « trois », enchaînant sur le coup de pied droit : la jambe revient aussitôt vers l’est ; en même temps, la paume gauche se retire et embrasse le coude, et le poing droit sort en percée vers l’ouest ; le regard devant. Comme sur la figure 141.

四。雙手過頂轉環式(其一)
聞四。兩拳變掌同時由內向上成弧形。於頂前。身卽向南轉正。灣膝盤腿眼視東。如第一百四十二圖。
4. Les deux mains au-dessus du sommet, en tournant l’anneau (雙手過頂轉環式, première partie). Au commandement « quatre » : les deux poings deviennent paumes et montent en même temps de l’intérieur, en décrivant un arc devant le sommet de la tête ; le corps se redresse aussitôt en pivotant vers le sud ; genoux fléchis, jambes croisées, regard vers l’est. Comme sur la figure 142.

雙手過頂轉環式(其二)
即將雙掌由東西落下。會於懷中。如第一百四十三圖。(其二)
Les deux mains au-dessus du sommet, en tournant l’anneau (seconde partie) : les deux paumes descendent aussitôt, l’une de l’est, l’autre de l’ouest, et se rejoignent dans le giron. Comme sur la figure 143 (seconde partie).

五。雙稱十字腿(其一)
聞五。起身提左腿。眼視東。如第一百四十四圖。
5. La double jambe en croix qui s’appuie (première partie). Au commandement « cinq » : on se relève et l’on lève la jambe gauche, le regard vers l’est. Comme sur la figure 144.

雙稱十字腿(其二)
同時雙掌向東西平展。腿亦即向東西排出。如第一百四十五圖。
La double jambe en croix qui s’appuie (seconde partie) : en même temps, les deux paumes s’étendent à l’horizontale vers l’est et l’ouest, et la jambe part aussitôt, vers l’est puis vers l’ouest. Comme sur la figure 145.

第三次左式
一。右衝拳
聞一。左脚向東出一步。成左弓式。同時左掌向東。平摟至腰間抱肘。同時右拳向東衝出。右脚稍向東南移。面身均向東如第一百四十六圖。
- Troisième fois, à gauche — 1. La percée du poing droit. Au commandement « un »
- le pied gauche avance d’un pas vers l’est et l’on forme la posture d’arc à gauche ; en même temps, la paume gauche cueille à l’horizontale vers l’est jusqu’au flanc, en embrassant le coude ; en même temps, le poing droit part en percée vers l’est et le pied droit se déplace légèrement vers le sud-est ; visage et corps tournés vers l’est. Comme sur la figure 146.

二。踢腿揷掌
聞二。提右腿平踢。同時右拳收回抱肘。左拳變掌卽向東揷掌。面身均向東。如第一百四十七圖。
2. Coup de pied et pique de la paume. Au commandement « deux » : on lève la jambe droite et on la lance en percussion horizontale ; en même temps, le poing droit se retire et embrasse le coude, le poing gauche devient paume et pique aussitôt vers l’est ; visage et corps tournés vers l’est. Comme sur la figure 147.

停。休息式
聞停。動作與第一路。休息式同。如第一百四十八圖。
Fin — position de repos. Au commandement « fin » : mêmes mouvements que la position de repos de la première ligne. Comme sur la figure 148.

若連續第九路。則向西演進。或再演第八路。亦可向西練習。如欲休止。則下立正口令。動作與第一路同。
注意要項
第八路腿。重在轉環一式。關於生理與技術及姿勢上均有莫大關係。茲說其三者大端如下。
一生理上。關於轉體之動作屬腹腰兩部肌肉。內臟。及腸胃之運動均賴之。故此種轉環動作能助消化。幷能鍛鍊腹部肌肉。收效甚鉅。
二。技術上。練習身段。轉動自如。眼則前顧後盼致不失制勝之機。洵為技術上必要之技能。其他長處甚多。無容道及也。
三。姿勢之難亦以此節為最。如雙稱腿。轉環。盤腿等式。稍不注意。則生理上。技術上。不但無益。反而有害。何以故。姿勢不準確。則生理各部不得舒暢。反受壓迫之害。技術上。深恐悞入岐途。難求進步。倘使。姿勢不確。實用時。定必發生自縳之弊。其害更大矣。
Si l’on enchaîne sur la neuvième ligne, on progresse vers l’ouest ; ou, refaisant la huitième ligne, on s’exerce aussi vers l’ouest. Pour s’arrêter, on donne le commandement de garde-à-vous, les mouvements étant les mêmes qu’à la première ligne.
Points d’attention (注意要項). Dans la huitième ligne, tout repose sur la figure dite « l’anneau qui tourne ». Elle a la plus grande importance, tant au regard de la physiologie que de la technique et de la posture. En voici les trois aspects principaux.
1° Au regard de la physiologie, les mouvements de rotation du corps intéressent les muscles des flancs et des reins ; les viscères, ainsi que les mouvements de l’estomac et des intestins, en dépendent. Ces rotations aident donc à la digestion et fortifient les muscles abdominaux : les effets sont considérables.
2° Au regard de la technique, elles entraînent la posture et rendent le corps libre dans ses rotations ; le regard va alternativement devant et derrière, de sorte que l’occasion de vaincre n’est pas perdue : c’est là une aptitude indispensable. Ses autres mérites sont nombreux ; inutile de les énumérer.
3° C’est aussi dans cette section que la difficulté de posture est la plus grande : double appui des jambes, anneau qui tourne, jambes croisées, etc. Un rien d’inattention, et loin d’être utile, elle nuit à la physiologie comme à la technique. Pourquoi ? Si la posture n’est pas exacte, les parties du corps ne sont pas à l’aise et souffrent au contraire d’être comprimées ; et l’on craindra fort, en technique, de s’égarer et de ne plus progresser. Qui plus est, une posture inexacte, dans l’application, produit à coup sûr l’effet de se ligoter soi-même : le mal est plus grand encore.
Neuvième ligne : heurter et verrouiller, forcer la porte (第九路 碰鎖重閃門)
撩掌丁式
聞預備。由立正抱肘式。即出左腿。向東足指點地。同時兩拳變掌。左掌由左胯外向東上撩掌。右掌由右腿前向西上撩掌。兩肘內扣。左掌指尖與鼻齊。右掌指尖與耳齊。右腿微曲。左脚丁。眼前視。如第一百四十九圖。
La paume qui relève, position en T (撩掌丁式). À la commande « préparation » : de la position garde-à-vous, coudes embrassés, on avance la jambe gauche vers l’est, la pointe du pied touchant le sol ; en même temps, les deux poings deviennent paumes : la paume gauche relève vers l’est, depuis l’extérieur de la hanche gauche, la paume droite relève vers l’ouest depuis l’avant de la jambe droite ; les deux coudes rentrés ; le bout des doigts de la paume gauche à hauteur du nez, ceux de la paume droite à hauteur de l’oreille ; la jambe droite légèrement fléchie, le pied gauche en « T ». Le regard devant. Comme sur la figure 149.

第一次左式
一。碰鎖跥步 碰鎖抄掌(其一)
聞一。左掌收回。屈平胸前同時右掌由左臂外緣上抄過身體畧轉向東。兩掌成鈎形。眼前視東。如第一百五十圖。
- Première fois, à gauche — 1. Heurter et verrouiller, frapper du pied (碰鎖跥步) :
- heurter, verrouiller et cueillir de la paume (première partie). Au commandement « un »
- la paume gauche se retire et se plie à l’horizontale devant la poitrine ; en même temps, la paume droite passe au-dessus du bord extérieur du bras gauche et cueille, le corps pivotant légèrement vers l’est ; les deux paumes prennent la forme d’un crochet ; le regard devant, vers l’est. Comme sur la figure 150.

碰鎖跥步(其二)(其三)
右掌即由上往下畫一弧形。左掌由下往上畫一弧形。相交於胸前。同時右脚移向東南。提腿即往下跥。同時身體蹲下。兩脚曲成九十度。腰直胸挺眼視東。如第一百五十一圖。如第一百五十二圖。
Heurter et verrouiller, frapper du pied (deuxième et troisième parties) : la paume droite décrit aussitôt un arc de haut en bas, la paume gauche un arc de bas en haut, et les deux se croisent devant la poitrine ; en même temps, le pied droit se porte vers le sud-est, la jambe se lève puis frappe vers le bas, et le corps s’accroupit, les deux jambes fléchies à quatre-vingt-dix degrés ; reins droits, poitrine ouverte, regard vers l’est. Comme sur la figure 151 et la figure 152.


二。蹤閃門(其一)
聞二。雙掌上架。即提左腿。身體直立眼前視如第一百五十三圖。
2. Bondir et forcer la porte (蹤閃門, première partie). Au commandement « deux » : les deux paumes parent au-dessus de la tête, on lève aussitôt la jambe gauche, le corps bien droit, le regard devant. Comme sur la figure 153.

蹤起空中(其二)
卽落下迅起右腿。蹤身向上騰空。雙掌即南北閃開。手心向前。是時胸須挺腰宜直。眼視東。如第一百五十四圖。
Bondir et s’élever dans les airs (seconde partie) : la jambe retombe, et aussitôt la jambe droite se relève pour bondir en s’élevant dans les airs ; les deux paumes s’écartent aussitôt, l’une au sud, l’autre au nord, les creux tournés vers l’avant. À ce moment, la poitrine doit s’ouvrir et les reins rester droits ; le regard vers l’est. Comme sur la figure 154.

落地撩掌(其三)
即落右腿在前。左腿在後。惟右掌須由右腿外向東上撩掌。掌尖正對肩頭。左掌正對耳門。两肘內扣。左膝微曲。右足尖點地。與左足成丁字形。腰直胸挺。眼視前。身向北。如第一百五十五圖。
Retomber en relevant les paumes (troisième partie) : la jambe droite retombe en avant, la gauche en arrière ; la paume droite doit relever vers l’est depuis l’extérieur de la jambe droite, la pointe de la paume face à l’épaule, la paume gauche face à la porte de l’oreille ; les deux coudes rentrés, le genou gauche légèrement fléchi, la pointe du pied droit touchant le sol et formant un « T » avec le pied gauche ; reins droits, poitrine ouverte, le regard devant, le corps tourné vers le nord. Comme sur la figure 155.

第二次右式
一。碰鎖跥步 碰鎖抄掌(其一)
聞一。右掌收回平屈胸前。同時左掌由右臂外緣上抄過。身體略轉向東。兩掌成鈎形。眼前視。如第一百五十六圖。
- Deuxième fois, à droite — 1. Heurter et verrouiller, frapper du pied :
- heurter, verrouiller et cueillir de la paume (première partie). Au commandement « un »
- la paume droite se retire et se plie à l’horizontale devant la poitrine ; en même temps, la paume gauche passe au-dessus du bord extérieur du bras droit et cueille, le corps pivotant légèrement vers l’est ; les deux paumes prennent la forme d’un crochet ; le regard devant. Comme sur la figure 156.

碰鎖跥步(其二)(其三)
左掌即由上往下畫一弧形。右掌由下往上畫一弧形。相交於胸前。同時身體蹲下。兩脚曲成九十度。腰直挺胸眼視東。如第一百五十七圖。如第一百五十八圖。
Heurter et verrouiller, frapper du pied (deuxième et troisième parties) : la paume gauche décrit aussitôt un arc de haut en bas, la paume droite un arc de bas en haut, et les deux se croisent devant la poitrine ; en même temps, le corps s’accroupit et les deux jambes se fléchissent à quatre-vingt-dix degrés ; reins droits, poitrine ouverte, regard vers l’est. Comme sur la figure 157 et la figure 158.


二。蹤閃門(其一)
聞二。雙掌上架。卽提右腿。身體直立。眼前視。如第一百五十九圖。
2. Bondir et forcer la porte (première partie). Au commandement « deux » : les deux paumes parent au-dessus de la tête, on lève aussitôt la jambe droite, le corps bien droit, le regard devant. Comme sur la figure 159.

蹤起空中(其二)
即落下。迅起左腿。蹤身向上騰空雙掌即南北閃開手心向前。是時胸須挺腰須直。眼視東。如第一百六十圖。
Bondir et s’élever dans les airs (seconde partie) : la jambe retombe, et aussitôt la jambe gauche se relève pour bondir en s’élevant dans les airs ; les deux paumes s’écartent, l’une au sud, l’autre au nord, les creux tournés vers l’avant. À ce moment, la poitrine doit s’ouvrir et les reins rester droits ; le regard vers l’est. Comme sur la figure 160.

落地撩掌(其三)
即落左腿在前右腿在後。惟左掌須由左腿外向東上撩掌。掌尖正對肩頭。右掌尖正對耳門。兩肘內扣。右膝微曲。左足尖點地。與左足成丁字形。腰直胸挺。眼視前。身向北。如第一百六十一圖。
Retomber en relevant les paumes (troisième partie) : la jambe gauche retombe en avant, la droite en arrière ; la paume gauche doit relever vers l’est depuis l’extérieur de la jambe gauche, la pointe de la paume face à l’épaule, la pointe de la paume droite face à la porte de l’oreille ; les deux coudes rentrés, le genou droit légèrement fléchi, la pointe du pied gauche touchant le sol et formant un « T » avec le pied gauche ; reins droits, poitrine ouverte, le regard devant, le corps tourné vers le nord. Comme sur la figure 161.

第三次左式
一。碰鎖跥步 碰鎖掌(其一)
聞一。左掌收回。屈平胸前。同時右掌由左臂外緣上抄過。身體略轉向東。兩掌成鈎形。眼前視如第一百六十二圖。
Troisième fois, à gauche — 1. Heurter et verrouiller, frapper du pied : heurter et verrouiller de la paume (première partie). Au commandement « un » : la paume gauche se retire et se plie à l’horizontale devant la poitrine ; en même temps, la paume droite passe au-dessus du bord extérieur du bras gauche et cueille, le corps pivotant légèrement vers l’est ; les deux paumes prennent la forme d’un crochet ; le regard devant. Comme sur la figure 162.

碰鎖步(其二)(其三)
右掌卽由上往下畫一弧形。左拳由下往上畫一弧形相交於胸前。同時右脚移向東南。提腿即往下跥。同時身體蹲下。兩脚曲成九十度。腰直胸挺。眼視東。如第一百六十三圖。與第一百六十四圖。
Heurter et verrouiller, frapper du pied (deuxième et troisième parties) : la paume droite décrit aussitôt un arc de haut en bas, le poing gauche un arc de bas en haut, et ils se croisent devant la poitrine ; en même temps, le pied droit se porte vers le sud-est, la jambe se lève puis frappe vers le bas, et le corps s’accroupit, les deux jambes fléchies à quatre-vingt-dix degrés ; reins droits, poitrine ouverte, regard vers l’est. Comme sur la figure 163 et la figure 164.


二。蹤閃門(其一)
聞二。雙掌上架。卽提左腿。身體直立。眼前視。如第一百六十五圖。
2. Bondir et forcer la porte (première partie). Au commandement « deux » : les deux paumes parent au-dessus de la tête, on lève aussitôt la jambe gauche, le corps bien droit, le regard devant. Comme sur la figure 165.

蹤起空中(其二)
卽落下。迅起右腿。蹤身向上騰空雙掌卽南北閃開。手心向前。是時胸須挺。腰宜直。眼視東。如第一百六十六圖。
Bondir et s’élever dans les airs (seconde partie) : la jambe retombe, et aussitôt la jambe droite se relève pour bondir en s’élevant dans les airs ; les deux paumes s’écartent, l’une au sud, l’autre au nord, les creux tournés vers l’avant. À ce moment, la poitrine doit s’ouvrir et les reins rester droit ; le regard vers l’est. Comme sur la figure 166.

落地撩掌(其三)
卽落右腿在前。左腿在後。惟右掌須由右腿外向東上撩掌。掌尖正對肩頭。左掌正對耳門。兩肘裡扣。左膝微曲。右足尖點地與左足成丁字形腰直胸挺。眼視前。身向北。如第一百六十七圖
Retomber en relevant les paumes (troisième partie) : la jambe droite retombe en avant, la gauche en arrière ; la paume droite relève vers l’est depuis l’extérieur de la jambe droite, la pointe de la paume face à l’épaule, la paume gauche face à la porte de l’oreille ; les deux coudes rentrés, le genou gauche légèrement fléchi, la pointe du pied droit touchant le sol et formant un « T » avec le pied gauche ; reins droits, poitrine ouverte, le regard devant, le corps tourné vers le nord. Comme sur la figure 167.

停。休息式
聞停。動作。與第一路。休息式同。惟掌變拳。稍異耳。如第一百六十八圖。
Fin — position de repos. Au commandement « fin » : mêmes mouvements que la position de repos de la première ligne, à cela près que les paumes deviennent poings. Comme sur la figure 168.

若連續第十路。則向西演進。或再演第九路。亦可向西練習。如欲休止。則下立正口令。動作與第一路同。
注意要項
此節關於技術上。重在騰躍升降閃轉之技能。生理上。關於騰躍升降閃轉皆能激刺內臟器官之能力。並能輔助消化之功。洵為生理上。必需之運動也。
Si l’on enchaîne sur la dixième ligne, on progresse vers l’ouest ; ou, refaisant la neuvième ligne, on s’exerce aussi vers l’ouest. Pour s’arrêter, on donne le commandement de garde-à-vous, les mouvements étant les mêmes qu’à la première ligne.
Points d’attention (注意要項). Cette section repose, techniquement, sur l’art de bondir, de s’élever et de descendre, d’esquiver et de tourner. Sur le plan physiologique, ces bonds, élévations, descentes, esquives et rotations stimulent la capacité des organes internes et secondent la digestion : c’est bien là un exercice nécessaire.
Dixième ligne : tailler les fleurs comme une flèche qui part (第十路 裁花如箭彈)
開始式 預備。撩掌丁式
聞預備。由立正抱肘式。即出左腿向東。足指點地。同時兩拳變掌。由左胯外。向東上撩掌。右掌由右腿前。向西上撩掌。兩肘內扣。左掌尖與肩齊右掌尖與頂齊。右腿微曲。左脚丁。眼前視如第一百六十九圖。
Position d’ouverture : préparation. La paume qui relève, position en T (開始式 預備 撩掌丁式). À la commande « préparation » : de la position garde-à-vous, coudes embrassés, on avance la jambe gauche vers l’est, la pointe du pied touchant le sol ; en même temps, les deux poings deviennent paumes : depuis l’extérieur de la hanche gauche, on relève la paume vers l’est, la paume droite relevant vers l’ouest depuis l’avant de la jambe droite ; les deux coudes rentrés ; la pointe de la paume gauche à hauteur d’épaule, celle de la paume droite à hauteur du sommet de la tête ; la jambe droite légèrement fléchie, le pied gauche en « T ». Le regard devant. Comme sur la figure 169.

第一次左式
一。裁花式(其一)
聞一。左掌收回平屈右肩前。提左腿。眼視東。如第一百七十圖。
Première fois, à gauche — 1. Tailler les fleurs (裁花式, première partie). Au commandement « un » : la paume gauche se retire et se plie à l’horizontale devant l’épaule droite ; on lève la jambe gauche, le regard vers l’est. Comme sur la figure 170.

二。裁花式(其二)
聞二。左腿即落地。向東前進一步。左掌隨腿落下。右脚再進一步。同時左掌由下往上挑。提左腿。右臂收回。置於腰間。如第一百七十一圖。
2. Tailler les fleurs (seconde partie). Au commandement « deux » : la jambe gauche retombe et avance d’un pas vers l’est, la paume gauche descendant avec la jambe ; le pied droit avance d’un nouveau pas ; en même temps, la paume gauche relève de bas en haut et l’on lève la jambe gauche, tandis que le bras droit se retire et se place au flanc. Comme sur la figure 171.

三。箭彈腿
聞三。左腿卽落下。未着地時。卽蹤身向上。飛起右腿向東彈出。同時右掌卽由腰間射出。如第一百七十二圖。右腿着地。繼續第二次裁花式。
3. La jambe-flèche qui se détend (箭彈腿). Au commandement « trois » : la jambe gauche retombe ; avant qu’elle ait touché le sol, on bondit vers le haut et la jambe droite s’envole en se détendant vers l’est ; en même temps, la paume droite jaillit du flanc. Comme sur la figure 172 : la jambe droite touche le sol et l’on poursuit avec la deuxième série de la taille des fleurs.

第二次右式
一。裁花式(其一)
聞一。右掌收回平屈右肩前。提右腿。眼視東。如第一百七十三圖。
Deuxième fois, à droite — 1. Tailler les fleurs (première partie). Au commandement « un » : la paume droite se retire et se plie à l’horizontale devant l’épaule droite ; on lève la jambe droite, le regard vers l’est. Comme sur la figure 173.

二。裁花式(其二)
聞二。右脚卽落地向東前進一步。右掌隨腿落下。左脚再進一步。同時右掌由下往上挑。提右腿。左臂收回置於腰間。如第一百七十四圖。
2. Tailler les fleurs (seconde partie). Au commandement « deux » : le pied droit retombe et avance d’un pas vers l’est, la paume droite descendant avec la jambe ; le pied gauche avance d’un nouveau pas ; en même temps, la paume droite relève de bas en haut et l’on lève la jambe droite, tandis que le bras gauche se retire et se place au flanc. Comme sur la figure 174.

三。箭彈腿
聞三。左腿卽落下未着地時。卽蹤身向上。飛起左腿。向東彈出。同時左掌即由腰間射出。如第一百七十五圖。繼續第三次裁花式。
3. La jambe-flèche qui se détend. Au commandement « trois » : la jambe gauche retombe ; avant qu’elle ait touché le sol, on bondit vers le haut et la jambe gauche s’envole en se détendant vers l’est ; en même temps, la paume gauche jaillit du flanc. Comme sur la figure 175 : on poursuit avec la troisième série de la taille des fleurs.

第三次左式
一。裁花(其一)
聞一。左掌收回平屈右肩前。提左腿。眼視東。如第一百七十六圖。
Troisième fois, à gauche — 1. Tailler les fleurs (première partie). Au commandement « un » : la paume gauche se retire et se plie à l’horizontale devant l’épaule droite ; on lève la jambe gauche, le regard vers l’est. Comme sur la figure 176.

二。裁花式(其二)
聞二。左腿卽落地向東前進一步。左掌隨腿落下。右脚再進一步。同時左掌由下往上挑。提左腿。右臂收回。置於腰間。如第一百七十七圖。
2. Tailler les fleurs (seconde partie). Au commandement « deux » : la jambe gauche retombe et avance d’un pas vers l’est, la paume gauche descendant avec la jambe ; le pied droit avance d’un nouveau pas ; en même temps, la paume gauche relève de bas en haut et l’on lève la jambe gauche, tandis que le bras droit se retire et se place au flanc. Comme sur la figure 177.

三。箭彈腿
聞三。左腿即落下。未着地時。即蹤身向上。飛起右腿。向東彈出。同時右掌。即由腰間射出。如第一百七十八圖。右腿着地右撩掌丁式。
3. La jambe-flèche qui se détend. Au commandement « trois » : la jambe gauche retombe ; avant qu’elle ait touché le sol, on bondit vers le haut et la jambe droite s’envole en se détendant vers l’est ; en même temps, la paume droite jaillit du flanc. Comme sur la figure 178 : la jambe droite touche le sol, la paume droite relevée, le pied en « T ».

停。休息式
聞停。右掌變拳。向東平衝。同時掌收回抱肘於腰間。即提平左腿。小腿垂直。眼平視右拳。如第一百七十九圖。
Fin — position de repos. Au commandement « fin » : la paume droite devient poing et part en percée horizontale vers l’est ; en même temps, la paume se retire et embrasse le coude au flanc ; on lève aussitôt la jambe gauche à l’horizontale, le mollet vertical, le regard horizontal vers le poing droit. Comme sur la figure 179.

若連續演進。亦可向西演進。或演其他各路均可。
總休止式 立正
一。休止式(其一)
聞一。左足向西落地。成左弓式。左拳卽由腰衝出。與扁擔式同。如第一百八十圖。
On peut poursuivre l’enchaînement, en progressant vers l’ouest, ou bien exécuter telle autre ligne que l’on voudra.
Position finale : garde-à-vous (總休止式 立正) — 1. Position finale (première partie). Au commandement « un » : le pied gauche retombe vers l’ouest et forme la posture d’arc à gauche ; le poing gauche part aussitôt des flancs en percée, comme dans la palanche. Comme sur la figure 180.

二。休止式(其二)
聞二。左右拳向前平合。手背向上兩虎口相切。同時左腿收回。與右脚併攏立正。如第一百八十一圖。
2. Position finale (seconde partie). Au commandement « deux » : les poings gauche et droit se rejoignent à l’horizontale devant, dos des mains vers le haut, les deux gueules du tigre se touchant ; en même temps, la jambe gauche se retire et se joint au pied droit, garde-à-vous. Comme sur la figure 181.

三。休止式(其三)
聞三。雙拳收回抱肘如第一百八十二圖。
3. Position finale (troisième partie). Au commandement « trois » : les deux poings se retirent et embrassent les coudes. Comme sur la figure 182.

注意要件
此節動作。初學時分三動。習熟可合為一動。於技術上大有關係。略分數端如下以供研究斯道者。有所指正焉。
一。此種演習。為養成矯捷之技能。如猫竄狗閃鷹翻等為此節之主腦。亦為技術上之要件。進能騰空竄進。避則左右閃轉。迎則鷹翻應敵。故不可拘於一二三。之口令。習貴熟。學貴精。如是則合於武術之旨矣。
二。關於生理上。此種行進。騰躍。翻身轉體。為生理上自然之動作。能增進全身彈力實為衞生必備之運動也。
三。關於姿勢上。全部彈腿。以此路。為最自然活潑。惟欲姿勢之準確。非苦下功夫。難得其中三昧。
Points d’attention (注意要件). Les mouvements de cette section se divisent, pour le débutant, en trois temps ; une fois familiarisé, on peut les réunir en un seul. Cela a grande importance au point de vue technique. En voici quelques aspects, offerts à l’examen de ceux qui étudient cette voie, afin qu’ils veuillent bien me corriger.
1° Cet exercice sert à former une habileté alerte et prompte : le bond du chat, l’esquive du chien, le retournement de l’épervier en sont l’âme, et il est un point essentiel de la technique. En avançant, on bondit dans l’espace ; en évitant, on esquive et pivote à droite et à gauche ; en accueillant l’ennemi, on se retourne comme l’épervier. Aussi ne faut-il pas se ligoter aux commandes « un, deux, trois ». La pratique se fait habitude, l’étude veut la finesse : voilà comment on s’accorde avec l’esprit de l’art martial.
2° Sur le plan physiologique : ces marches, bonds, retournements et rotations du corps sont des mouvements naturels ; ils accroissent l’élasticité de tout le corps et constituent un exercice indispensable à l’hygiène.
3° Sur le plan de la posture : de tout le tan tui, c’est cette ligne qui est la plus naturelle et la plus vive. Mais pour que la posture soit exacte, il faut peiner au travail ; sans cela, il est difficile d’en saisir l’essence.
Appendice : éclaircissements sur les méthodes traditionnelles de Shaolin (附少林宗法闡微)
柔術之派別。習尚甚繁。而要以氣功。為始終之則。神功為造詣之精究。其極致所歸。終以參貫禪機。超脫於恐佈生死之域。而後大敵在前。槍戟在後。心不為之動搖。氣始可以壯往。此所謂泰山壓我側。東海傾我右。心仍泰然處之。若平素也。雖然。是豈易言哉。每見沉心。求道之士。平日養氣之言不離於口。靜悟之旨懷之在心。苟一旦臨以稍可駭愕之事。則面目改觀。手足失措。神魂乃振蕩出舍。不知歸於無何有之鄕。如是而求其能靜。以禦敵。眞有戞戞乎。其難之勢。然高尚者。且若是。至於一般浮動輕躁者。其氣之易搖。心易亂。乃或芸芸衆生。之固有性質。故誠舉目望氣功之微妙。變化空谷中。幾無跫然。嗣響之音。吾道之所以日益衰也。
氣功之說有二。一養氣。一練氣。養氣而後氣不動。氣不動。而後神淸。神淸而後操蹤進退。得其宜。如是。始可言命中。制敵之方。顧養氣之學。乃聖學之繫要關鍵。豈僅此邈爾。柔術所能範圍乎。不過柔術之功用。多在於取敵制勝之中。故於養氣為尤。不可緩也。正以此也。
練氣與養氣雖同。出一氣之源。覺有虛實。動靜及有形無形之別。養氣之學。以道為歸。以集氣為宗法。練氣之法。以運使為效。以呼吸為功。以柔而剛為主旨。以剛而柔為極致。及其妙用。則時剛時柔。半剛半柔。遇虛則柔。遇實則剛。柔退而剛進。剛左而柔右。此所謂剛柔相濟。虛實同進者也。
注曰。以上練氣之說。中有玄妙不可思議。若泛觀之。幾如贅語。重疊無關宏旨。不審此間。有急須注釋者。而精微乃見。否則以文字而墮入玩弄光景之障。則宜嫌詞費耳。今釋之如下。
Les styles de l’art souple sont nombreux et leurs usages multiples ; l’essentiel est que le travail de l’énergie (氣功) en soit la règle du début à la fin, et le travail spirituel (神功) le fin aboutissement. Leur terme ultime mène à pénétrer l’occasion du chan et à s’affranchir du domaine de la terreur et de la mort. Alors, eût-on un ennemi puissant devant soi et les lances dans le dos, le cœur n’en est pas ébranlé et l’énergie peut s’élancer vaillamment. C’est ce qu’on appelle : « Que le mont Tai s’abatte à mon flanc et que la mer Orientale se déverse à ma droite, le cœur reste aussi tranquille qu’à l’ordinaire. » Pourtant, est-ce là chose facile à dire ! On voit sans cesse des hommes au cœur profond, en quête de la Voie, qui ont la bouche pleine de propos sur la culture de l’énergie et portent au cœur les maximes de la méditation silencieuse : qu’un événement un peu effrayant survienne, et leur visage change, leurs mains et leurs pieds perdent contenance, leur âme s’agite et sort de sa demeure sans savoir revenir au pays de nulle part. Vouloir, dans cet état, obtenir le calme pour repousser l’ennemi, c’est vraiment chose d’une difficulté extrême. Et si les hommes élevés en sont là, que dire des étourdis et des emportés, dont l’énergie se laisse si aisément ébranler et le cœur si vite troubler — c’est du reste le fonds de la foule. Aussi, quand on lève les yeux vers la subtilité du travail de l’énergie, on voit que dans la vallée vide il n’y a presque plus de pas qui résonnent : voilà pourquoi notre voie décline de jour en jour.
Les théories du travail de l’énergie sont de deux sortes : nourrir l’énergie (養氣) et entraîner l’énergie (練氣). Quand l’énergie est nourrie, elle ne s’agite plus ; quand elle ne s’agite plus, l’esprit est limpide ; l’esprit limpide, l’avance et le recul peuvent être conduits avec justesse. Alors seulement on peut parler de porter juste et de vaincre l’ennemi. Or la science de nourrir l’énergie touche au cœur de l’enseignement des sages : comment serait-elle circonscrite à l’art souple ? Simplement, l’usage de l’art souple consistant surtout à prendre et à vaincre l’ennemi, on ne peut sur ce point différer la culture de l’énergie — voilà pourquoi.
Entraîner l’énergie et la nourrir procèdent d’une même source, mais l’on y distingue le vide et le plein, le mouvement et le repos, le visible et l’invisible. La science de nourrir l’énergie a la Voie pour but et la concentration de l’énergie pour règle ; la méthode d’entraîner l’énergie se mesure à la mise en circulation (運使), se travaille par la respiration, et a pour principe le mou dans le dur, pour aboutissement le dur dans le mou. Dans son usage merveilleux, elle est tantôt dure, tantôt molle, à demi l’une et l’autre : devant le vide, molle ; devant le plein, dure ; elle recule en souplesse et avance en dureté, dure à gauche et souple à droite. C’est ce qu’on appelle « le dur et le souple qui se secourent » et « vide et plein qui avancent ensemble ».
Note : ce qui précède sur l’entraînement de l’énergie renferme des mystères qui dépassent la pensée ; à qui les lit distraitement, cela paraît presque des redites et des mots superflus. Or il est ici des points qui exigent impérieusement d’être expliqués pour que la finesse apparaisse ; autrement, par le texte, on tomberait dans le travers de jouer avec les apparences, et l’on serait en droit de me reprocher ce bavardage. Voici donc l’explication.
1. Faire circuler l’énergie (運使)
旣云練氣。則重宜於運使。至於運使之法。以馬步為先。(又名站步或站𨀵)以身之上下伸縮為次。(如是則腰腎堅强起落靈捷將來練習拳法無腰痠腿戰之病)以足掌前後蹈地。能站立危狹之處。而推挽不墜為效果。究其練成功後時足二寸在危厓而堅立不能搖動也。(足掌前後蹈地須練習久使能平。常人之足前後不相應故一推挽即傾跌也)
以上乃練足之法。蓋以尋常未經練習之人。則多上浮。故上重而下輕。足踵又虛。蹈而鮮實力。倘一經他人推挽。則無根槁木。隨手即去。此氣之不練所致也。故運使之入手法門。即以馬步為先着。俗云未習打先練𨀵。即此意也。苟能於馬步練得好。則氣貫丹田。强若不倒翁。而後一切柔術。單行手法。及宗門拳術。可與日月漸進矣。
初練馬步時。如散懶之人。忽騎乘終日則腰足背腎必痠痛異常。反覺練過時其力較未練以前减退。殆盡此名為換力。凡從前之浮力虛氣。必須全行改換。但到此不可畏難。宜猛勇以進加。初夜能站一小時。次夜即加增數分。總以逐漸而進為最關緊要。又站覺得腿痠難忍。可以稍為休息。其功效總要以兩腿久站不痛。覺氣往丹田。足踵堅强為有得耳。
足旣堅矣。則練手尚焉。練手之法。以運使腋力令其氣由肩窩腋下運至指顚。如是而後全身之力。得以貫注乎手之用力。久則手足兩心相應。筋骨之血氣遂活潑聚一。任練習之使用無碍也。
Puisqu’il est question d’entraîner l’énergie, l’important est de la mettre en circulation. Dans cette mise en circulation, la première place revient à la position du cheval (馬步, aussi appelée « position debout »). Vient ensuite l’allongement et le raccourcissement du corps, vers le haut et vers le bas. (Ainsi les reins et les lombes se raffermissent, les élévations et les descentes deviennent lestes, et plus tard, dans la pratique de la boxe, on n’aura ni reins endoloris ni jambes tremblantes.) Le résultat à obtenir est de savoir poser la plante du pied en avant et en arrière, de pouvoir se tenir sur un espace étroit et dangereux, et de ne pas tomber lorsqu’on vous pousse ou vous tire. Au bout du compte, une fois l’entraînement achevé, on se tient ferme, sur deux pouces de pied, au bord d’un précipice, sans être ébranlé. (Il faut s’exercer longtemps à poser la plante en avant et en arrière pour y parvenir. Chez l’homme ordinaire, l’avant et l’arrière du pied ne se répondent pas, aussi tombe-t-il au premier qui le pousse ou le tire.)
Voilà pour la méthode d’entraîner les pieds. L’homme qui ne s’est jamais exercé flotte vers le haut : il a le haut lourd et le bas léger, le talon vide, et foule le sol sans force réelle ; pour peu qu’on le pousse ou le tire, il part comme un bois mort sans racines. C’est que l’énergie n’a pas été entraînée. Aussi l’entrée en matière de la mise en circulation est-elle la position du cheval : comme on dit vulgairement, « avant d’apprendre à frapper, entraîne tes jambes ». Si l’on réussit la position du cheval, l’énergie pénètre au champ du cinabre (丹田) et l’on devient solide comme un culbuto ; ensuite, tout l’art souple, les méthodes isolées et la boxe des écoles peuvent progresser avec les jours et les mois.
Au début de la pratique de la position du cheval, on est comme un paresseux qui passerait soudain la journée entière à cheval : reins, jambes, dos et lombes deviennent douloureux à l’extrême, et l’on croit même que sa force a diminué plutôt qu’augmenté. Cela s’appelle « changer de force » : la force flottante et l’énergie creuse d’autrefois doivent être entièrement remplacées. Que l’on ne s’effraie pas de la difficulté : il faut avancer avec ardeur. Si la première nuit on peut tenir une heure, la seconde on ajoute quelques minutes ; le tout est que la progression soit graduelle. Si les jambes font mal au point d’être intolérables, on peut se reposer un peu. Le résultat se juge à ceci : tenir longtemps debout sans douleur aux deux jambes, sentir l’énergie aller au champ du cinabre et les talons se raffermir.
Une fois les pieds affermis, on passe aux mains. Dans la méthode des mains, on met en circulation la force de l’aisselle, de sorte que l’énergie passe de la fosse de l’épaule et du creux de l’aisselle jusqu’au bout des doigts. Alors la force de tout le corps peut se déverser dans l’usage des mains ; avec le temps, les deux « cœurs » — de la main et du pied — se répondent, le sang et l’énergie des tendons et des os s’animent et se rassemblent, et rien ne gêne plus l’usage que l’on veut en faire.
2. La respiration (呼吸)
肺為氣之府。氣乃力之君。故言力萬不能離氣。此古今一定之理。大凡肺强之人。其力必强。肺弱之人。其力必弱。何則。其呼吸之力微也。北派之柔術數十年前。乃有專習練呼吸以增益其氣力者。其成功頗覺可驚。因先本寡力之夫。十年呼吸練習之功。已增至兩手能舉七百數十斤之物。南派則練運使之法多。練習呼吸之法少。蓋以呼吸之功。雖能擴加血氣。有時不愼反以傷身。後以慧猛禪師挈錫南來。始傳呼吸之妙訣。於是南派亦有練習此術者。但不盛耳。未幾南派以呼吸為練習氣之良術。遂於運使之時益習呼吸。南派柔術。乃因之一變。兹將慧猛禪師口傳祕訣。記之如下。
呼吸有四忌。
(一)忌初進時太猛。
初時呼吸以四九度為定。後乃緩緩加增。但不可一次呼吸至百度外也。
(二)忌塵烟汚雜之地。
宜於淸晨或曠寂幽靜之地。晚間練習宜庭外。不可緊閉一室也。
(三)忌呼吸時以口出氣。
初呼時不妨稍以口吐肺胃之惡氣。以三度為止。向後之呼吸。須使氣從鼻孔中出入方免濁氣侵襲肺部之害。又呼吸時宜用力一氣到底。而後肺袋之漲縮。得以盡吐舊納新之用。而氣力生矣。
(四)忌呼吸時忽思亂想。
大凡人身之氣血。行於虛而滯於實。如思想散馳。氣必凝結障害。久之則成氣痞之病。學者宜愼之。
以上四忌。須謹愼避之。自無後患。迨至成功時。則週身之筋脈靈活。骨肉堅實血氣行動。可以隨呼吸以為貫注。如欲運氣於指尖。臂膊。胸肋。腰腎之間。意之所動。氣卽赴之。倘與人搏。則手足到處。傷及膚裡。不可救療。氣之為功用神矣哉。惟萬不可輕於鬥很。戒之戒之。
洪惠禪師曰。呼吸之功。可以使氣貫週身。故有鼓氣胸肋腹首等處。令人用堅木鐵棍猛擊。而不覺其痛苦者。由於氣之鼓注包羅故也。但有一處為氣之所不能者。卽面部之兩頰處是也。他部雖不痛此部相反也。
呼吸之術。當時北派最盛。而江西河南兩派則以長呼短吸為不傳之秘法。河南派則名此為丹田提氣術。江西派則名之為提桶子勁。(勁即氣力之俗稱)究之名雖異而實則無甚差別。其法直身兩足平立。先呼出濁氣三口。然後曲腰以兩手直下而握固提上。其意以為若提携千斤者。然使氣貫丹田臂指間。迨腰直時。急左右手次第向前冲出而氣卽隨手而出。不可遲緩。惟冲出時須發聲喊放。方免意外之病。自此以後。手或向上冲。或左右手分提。仍須曲腰與前同。總以氣血能貫注流通為要也。又向上冲時。覺氣滿腋肋之間。左右分提時。仍伸指出。而握拳歸。儼如千萬斤在手。則丹田之氣不期貫而自貫矣。但提氣時須漸漸而進。有恆不斷。為成功之效果。學者須盡心求之。勿視為小道野術也。
Les poumons sont le magasin de l’énergie, et l’énergie est le souverain de la force : aussi ne peut-on jamais, en parlant de force, la séparer de l’énergie — vérité constante de tous les temps. En règle générale, un homme aux poumons forts a la force forte, un homme aux poumons faibles la force faible. Pourquoi ? Parce que la puissance de sa respiration est mince. Dans la boxe du Nord, il y a quelques dizaines d’années, certains s’entraînaient spécialement à la respiration pour accroître leur force d’énergie, avec des résultats assez surprenants : un homme d’abord fort peu vigoureux, après dix ans de respiration, en vint à soulever de ses deux mains plus de sept cents livres. La boxe du Sud pratique davantage la mise en circulation et moins la respiration ; car si la respiration développe le sang et l’énergie, elle nuit parfois au corps faute de prudence. Plus tard, le maître de méditation Huimeng vint dans le Sud portant son bâton et transmit les secrets de la respiration : dès lors, la boxe du Sud s’y exerça aussi, mais sans grand succès. Peu après, tenant la respiration pour un excellent moyen d’entraîner l’énergie, la boxe du Sud la joignit à la mise en circulation, et l’art souple du Sud en fut transformé. Voici les secrets oraux du maître Huimeng, notés ci-dessous.
Il y a quatre prohibitions dans la respiration.
1° Prohibition de forcer au début. Au commencement, on fixe la respiration à quarante- neuf ; ensuite on augmente lentement, sans jamais dépasser cent d’un seul souffle.
2° Prohibition des lieux enfumés et souillés. Il convient de pratiquer au petit matin ou dans un lieu vaste, silencieux et retiré ; le soir, pratiquer dans une cour, non dans une pièce hermétiquement close.
3° Prohibition de laisser sortir l’air par la bouche. Au premier souffle, on peut bien expulser un peu par la bouche les mauvaises vapeurs des poumons et de l’estomac, trois fois au plus ; ensuite, la respiration doit se faire par les narines, afin d’éviter que l’air trouble ne blesse les poumons. Il faut aussi respirer d’un souffle vigoureux, jusqu’au bout, afin que la dilatation et la contraction des alvéoles accomplissent pleinement leur office d’expulser l’ancien et d’accueillir le neuf : alors naît la force d’énergie.
4° Prohibition de pensées désordonnées pendant la respiration. En général, le sang et l’énergie du corps passent là où c’est vide et stagnent là où c’est plein ; si les pensées se dispersent, l’énergie se fige et s’entrave, et à la longue s’ensuit la maladie dite « masse d’énergie ». Que le pratiquant y prenne garde.
Ces quatre prohibitions doivent être évitées avec soin, et l’on n’aura point de suites fâcheuses. Le succès venu, les méridiens et les vaisseaux de tout le corps deviennent agiles, os et chair fermes, le sang et l’énergie en mouvement, capables de se répandre au gré de la respiration. Si l’on veut conduire l’énergie au bout des doigts, aux bras, à la poitrine et aux côtes, aux reins et aux lombes, elle s’y rend dès que l’intention se met en mouvement. Affrontant un homme, où que le pied et la main frappent, la peau et l’intérieur sont atteints, sans remède possible. Quelle merveille que le pouvoir de l’énergie ! Mais il ne faut jamais en abuser pour se battre : garde-t’y, garde-t’y.
Le maître de méditation Hong Hui disait : le travail de la respiration fait circuler l’énergie par tout le corps ; aussi des hommes gonflent-ils d’énergie la poitrine, les côtes, le ventre et la tête, et l’on a beau les frapper à coups violents de bois dur ou de barre de fer sans qu’ils ressentent la douleur : c’est que l’énergie, gonflant et se répandant, enveloppe le tout. Un seul endroit échappe à l’énergie : les deux joues du visage ; les autres parties ne souffrent pas, celles-ci font le contraire.
Du temps de l’auteur, l’art de la respiration fleurissait surtout dans l’école du Nord, tandis que les écoles du Jiangxi et du Henan tenaient la « longue expiration et courte inspiration » pour une méthode secrète, jamais transmise. Les gens du Henan l’appellent travail de l’élévation de l’énergie au champ du cinabre, ceux du Jiangxi le nomment force du « porteur de seau ». (勁, jing, est le mot populaire pour la force d’énergie.) Au fond, les noms diffèrent mais la réalité guère : le corps droit, les deux pieds joints côte à côte, on expire d’abord trois bouffées d’air trouble ; puis on courbe la taille et, des deux mains tendues vers le bas, on saisit fermement et l’on tire vers le haut, comme si l’on portait mille livres, faisant passer l’énergie au champ du cinabre, aux bras et aux doigts. Lorsque la taille se redresse, les mains jaillissent l’une après l’autre vers l’avant, et l’énergie sort avec elles sans délai ; mais il faut pousser un cri au moment de la sortie, sous peine de fâcheuses suites. Ensuite, les mains montent vers le haut, ou bien se séparent, l’une à gauche, l’autre à droite, pour tirer, toujours en courbant la taille comme devant, l’essentiel étant que le sang et l’énergie puissent se répandre et circuler. Quand on pousse vers le haut, on sent l’énergie emplir l’aisselle et les côtes ; quand on tire des deux côtés, les doigts s’étendent et les poings reviennent, comme si l’on tenait mille livres : l’énergie du champ du cinabre se répand sans qu’on y pense. Mais dans l’élévation de l’énergie, il faut progresser peu à peu, avec constance et sans interruption, pour obtenir le succès. Que l’étudiant y applique tout son cœur et ne prenne pas cela pour un petit art de campagne.
3. Le dur et le souple (剛柔)
柔術雖小道精而言之亦如佛釋有上中下三乘之別。三乘維何。卽剛柔變化三者而已。其宗派法門千差萬異。雖各其專家獨造之功。而剛柔變化之深淺。而上中下三乘。於是判焉。上乘者運柔而成剛。及其至也不剛不柔。亦柔亦剛。如猝然遇敵。隨機而動。變化無窮。指柔也。遇之則剛。若金錐身。似呆也變之則捷若猿兎。敵之遇之其受傷也。亦不知其何以傷。其傾跌也亦不知其何以傾跌。神龍矯夭莫測端倪。此技之神者矣。但柔而成剛一段。非朝夕所能奏效。此上乘之技術也。
中乘柔術。所謂中乘者何。即別於上乘之謂也。其故因學者初學步時。走入備道傍門。不得名師為之傳授指點。流於强使氣力。剛柔無相濟互用之效。或用藥力。或猛力强練手掌臂腿之專技。不辭痛楚。朝夕冲揭蠻習。遂致週身一部分之肌肉氣血。由活動而變為堅凝死壞。或致受他種之痛害。此等人頗覺不少。其與人搏焉。尋常人睹其形狀而生畏懼之心。不敢與較若遇上乘名家。則以柔術克之。雖剛亦何所用。俗云泰山雖重。其如壓不着我何。此剛多柔少之所以非上乘也。
下乘拳技術以柔為貴。至於專使氣力蠻野粗劣。出手不知師法。動步全無規則。旣昧於呼吸運使之精復不解剛柔虛實之妙。乃以兩臂血氣之力。習於一拳半腿之方。遂自命個中專家。此下乘之拳技。不得混以柔術稱之學者所宜明辨也。中乘之術。不過偏於剛多柔少之弊。然尚有師法。而不難趨入上乘之境界。惟下乘者無名師益友之指授。日從事於插沙。(鄕鄙之拳師敎人木桶乘沙使堅每日以手指頻頻插之使指如鐵石)打椿抓釘磨掌之事。(打樁者即用圓木一段釘入地中。每日朝夕用足左右打之。初淺而後次第加深。如打入地中二三尺之椿。則足力能經遇之必傷折。此拳師敎人練習足力之法。當時潮州嘉應肇慶等處多愛習之)
(抓釘者。敲打於板壁中。每日用手指抓之。以能抓出最深之釘為功效。如與人鬥。指力到皮膚為之破裂。此亦江西派所最愛練習者也)
磨掌之法。每日將掌邊向桌緣几側等處。頻頻擦磨。至外皮老結堅硬時。再以沙石勤擦。並以桐油等物塗之。總以掌緣堅皮高起。剛硬如鐵為止。故人遇其掌骨斫落。無異金石之器也)究其所到。不過與全未練習之人。遇則頗堪恐怖。如一旦遇柔術名家。鮮有不敗者也。
從此觀之。斯道以剛柔變化。能達於極品者為上乘。剛多柔少。謹守師法者為中乘。至於一拳一技之長。有剛而無柔。徒事於血氣之私者。於斯為下矣。嗟爾後學可以鑒也。
Bien que l’art souple soit une voie mineure, à l’examiner finement, il se divise, comme le bouddhisme, en trois véhicules : supérieur, moyen, inférieur. Ces trois véhicules, quels sont-ils ? Le dur, le souple et la transformation — rien de plus. Les écoles et les méthodes diffèrent à l’infini ; chacune a ses propres réussites, mais c’est selon la profondeur du dur, du souple et de la transformation que les trois véhicules se distinguent.
Le véhicule supérieur : on met en œuvre le souple pour accomplir le dur, et à son sommet, ni dur ni souple, à la fois souple et dur. Rencontrant soudain un ennemi, on agit selon l’occasion, les transformations sont infinies. On le dit souple : touchez- le, il est dur comme une alêne d’or. On le croit gauche : changez, il est prompt comme le singe ou le lièvre. Son adversaire est blessé sans savoir comment il l’a été, renversé sans savoir comment. Comme le dragon divin qui se replie et disparaît, on n’en saisit ni les débuts ni la fin : voilà la divinité de cet art. Mais ce passage du souple au dur ne s’accomplit pas en un jour : c’est là la technique du véhicule supérieur.
Le véhicule moyen : pourquoi « moyen » ? Parce qu’il se distingue du supérieur. L’élève, au début, s’est fourvoyé dans des chemins de traverse ; faute d’un maître pour l’instruire et le diriger, il en est venu à forcer la force, sans l’effet de secours mutuel du dur et du souple. Il use de drogues, ou s’entraîne rudement aux techniques spéciales des paumes, des bras et des jambes, sans reculer devant la souffrance, s’acharnant jour et nuit : certains muscles, ou le sang et l’énergie d’une partie du corps, passent alors de la mobilité à une dureté figée et morte, ou bien il en résulte d’autres maux douloureux. Ces gens sont assez nombreux. Lorsqu’ils se battent, le commun, voyant leur aspect, en conçoit de la crainte et n’ose se mesurer à eux ; mais affrontent-ils un maître du véhicule supérieur, celui-ci les vainc par la souplesse, et leur dureté même ne leur sert de rien. Comme on dit, le mont Tai fût-il lourd, que peut-il contre celui qu’il n’écrase pas ? Voilà pourquoi le dur en plus et le souple en moins n’est pas le véhicule supérieur.
Le véhicule inférieur : dans cette technique, on prise la souplesse ; mais pour ce qui est de n’employer que la force brutale et grossière, de frapper sans méthode, de bouger sans règle, d’ignorer les finesses de la respiration et de la mise en circulation, de ne rien comprendre aux merveilles du dur et du souple, du vide et du plein, et de se croire expert pour l’unique art d’un poing et d’une demi-jambe sur la force du sang et de l’énergie des deux bras : voilà la technique du véhicule inférieur, qu’il ne faut pas confondre avec l’art souple. Le pratiquant doit faire nettement la distinction. Le véhicule moyen pèche seulement par un dur en excès et un souple en défaut ; il garde encore une méthode et il ne lui est pas difficile d’entrer dans le domaine supérieur. Le véhicule inférieur, lui, sans maître ni camarade pour l’instruire, s’occupe chaque jour de piquer le sable (les maîtres de village enseignent à remplir un baquet de sable durci et à y enfoncer les doigts sans relâche, jusqu’à les rendre durs comme fer et pierre), de frapper le pieu, d’arracher les clous et de frotter les paumes. (Frapper le pieu : on enfonce un tronc rond dans la terre et, chaque jour, on le frappe du pied, à droite et à gauche ; d’abord peu profond, puis toujours plus ; un pieu enfoncé de deux ou trois pieds dans le sol, un coup de pied qui l’atteint doit forcément blesser l’adversaire. C’est la méthode dont les maîtres se servaient pour entraîner la force des jambes, fort en usage alors à Chaozhou, Jiaying et Zhaoqing.)
(Arracher les clous : on enfonce des clous dans une planche et, chaque jour, on les tire avec les doigts, le mérite consistant à arracher les clous les plus profonds ; affrontant un homme, la force des doigts fait éclater la peau. C’est aussi l’exercice préféré de l’école du Jiangxi.)
Quant à frotter les paumes, chaque jour on en frotte le bord sur le rebord d’une table ou le côté d’un siège, jusqu’à ce que la peau soit calleuse et dure ; puis on frotte avec du sable et des pierres, en enduisant d’huile d’abrasin et d’autres produits, jusqu’à ce que le bord de la paume porte une callosité saillante, dure comme fer : qui reçoit le tranchant de cette main est comme frappé par un instrument de métal ou de pierre. Au bout du compte, ces gens n’effraient que celui qui ne s’est jamais entraîné ; rencontrent-ils un maître de l’art souple, rares sont ceux qui ne sont pas vaincus.
À voir cela, l’art atteint le rang suprême quand la transformation du dur et du souple est portée à son comble ; celui qui, dur en excès et souple en défaut, garde fidèlement la méthode, est du véhicule moyen ; quant à celui dont le mérite tient à un poing ou à une technique, dur sans souple et uniquement livré à la violence de son sang et de son énergie, il est au rang inférieur. Hélas, que les étudiants à venir y prennent exemple.
4. Les cinq exigences (五要說)
術旣有剛柔之判。而利害亦隨剛柔而相生。練習者須識之於始。愼之於終。而後可以無傷身意外之患。此剛柔之術所宜擇。五要之說所由生焉。
(一)初練習時漸進不可猛進。
大凡平日未經練習之人。或已練習過而因故輟棄太久者。其周身之脈絡筋骨不甚靈活。倘遽爾用力過猛。輕則筋絡有漲弛之痛苦。重則臟腑起震裂之大患。數十年來士大夫。皆以採習柔術為規戒。蓋因少年愛習此道者。多罹殘與夭折之害。推求其故。實由於不知用力漸進之方。而又好逞血氣鬥搏之事。且以不遇名人。從事於下乘拳技。其受害大可驚嘆。定性禪師謂此為長生之術。今練習者。竟與此相背戾。此所謂操術不良。豈斯道之咎也哉。
(二)旣得方術。要以恆心赴之。勤敏持之。不可中道停輟也。
萬事皆須有恆。柔術為尤要。吾嘗與人談及此道。愛之者十常八九。惟能始終不懈達成功之境者。千百中難得一人。皆因無恆心所致。大可嘆息也。此道朝夕不輟。則三年小成。十年大成。獲畢生之益。無一朝之患。旣保一身。又可扶危救弱。而長生猶其餘事也。
(三)練習要節。戒色慾及狂飲。
人身之血氣。未鍛鍊則虛浮。而無力。旣鍛鍊則靈活而易動。倘於斯時不知節制愼守。則全副精華。必有如決江河一潰。而不可復之害。反不若不着手練習為佳。然此乃人生之大防。不僅為斯道所宜。然爾少年諸生。謹守先聖之古訓。而終身行之者也。
(四)已成功時。要靜氣凝神。涵養謹愼。不可有恃術凌人。與好勇鬥很之事。
吾宗旨習練此術。乃有深仇隱痛存乎其間。念故國山河已墮。披髮為奴之刼。懼筋肉弛廢勉奮鷄鳴舞劍之心。東海可移。此恨難消。磨精煉骨。留以有待故吾人夙夜孜孜於此。非一人一家之微。假使天不亡漢。成功終有其時。宜默識此意。不可懷一毫凌侮他人之心。為吾宗之罪人也。戒之戒之。
(五)出外遊行時。要謹遵宗法。皈依十戒傳授他人。亦宜以此誥勉之。
吾宗之術法。雖創始於達摩禪師。而推闡變化以臻厥大成者。則以圓性禪師為首屈一指。(師生於晚明別創擊劍術及十戒規則)至明末諸故老。避難南來。更欲以此為磨襲筋骨之具。斯道乃重放一大光明。其開始以第一手以左右握拳。右手拊其背國仇之意。不知者祇以為開手作禮式也。地盤則以踏入中宮。亦為不忘祖國之意。不忘中國之意。凡在外如遇敵欲搏鬥。則先退三步。再進一步半。此為踏入中宫再舉手。如第一圖式。(從畧)若敵人係同宗派停手不交。此為少林最要之宗法。違之則犯大不敬。同人必有以滅除之。十戒之約始於圓性禪師。後經痛禪上人稍為增易。明不忘祖國也。(痛禪上人。即明皇族朱德疇剃度後之名也。上人傳聞係福王之堂叔。後數年復蓄髮往粤西。謀舉兵恢復不成。又復歸少林。旋為人偵悉。謀捕之。上人乃遁於台灣。依延平王之子。欲有所陳不聽遂鬱之。還至淡水死焉。聞上人柔術最精。當其在梧州時捕者十餘人。悉被次第拋至街心。上人乃得潜逃出險云)
L’art ayant établi la distinction du dur et du souple, les dommages et les bienfaits naissent de l’un et de l’autre. Le pratiquant doit le savoir au commencement et y prendre garde jusqu’à la fin, pour n’avoir à craindre ni blessure ni accident. C’est pourquoi il faut choisir entre le dur et le souple : d’où naissent ces cinq exigences.
Au début de l’entraînement, progresser par degrés, sans forcer. En règle générale, l’homme qui ne s’est jamais entraîné, ou qui, l’ayant fait, a interrompu longtemps pour une raison ou une autre, a les méridiens et les tendons peu agiles ; si l’on force d’emblée, on souffre dans les tendons comme d’un tiraillement, ou, plus grave, les viscères en subissent de fâcheuses ruptures. Depuis des dizaines d’années, dans le monde lettré, on conseille la prudence à l’égard de la pratique de l’art souple, car beaucoup de jeunes qui s’y adonnaient ont connu la mutilation et la mort prématurée. À chercher la raison, elle vient de ce qu’ils ignoraient la manière de progresser par degrés dans la force, de ce qu’ils se plaisaient à faire montre de sang et d’énergie en combattant, et de ce que, faute de rencontrer un maître éclairé, ils s’adonnaient aux techniques du véhicule inférieur : le dommage est saisissant. Le maître de méditation Dingxing appelait cet art « l’art de la longue vie » ; or voici que les pratiquants le contredisent ouvertement. C’est là ce qu’on appelle « appliquer l’art sans mesure » : comment serait-ce la faute de cette voie ?
Ayant obtenu la méthode, y aller d’un cœur constant et la tenir avec diligence et promptitude, sans interruption en route. Toutes choses demandent constance, l’art souple plus que tout. J’ai souvent causé de cette voie avec les gens : dix sur dix l’aiment ; mais tenir jusqu’au bout sans relâche et atteindre le succès, un sur mille à peine. Tous, faute de constance : voilà de quoi soupirer. Sans relâche, matin et soir, trois ans donnent un petit accomplissement, dix ans un grand ; on en recueille le bien toute sa vie et l’on n’a pas à craindre d’accident. On garde son corps, on peut aussi secourir le faible et le menacé ; et la longue vie est le moindre des bénéfices.
L’entraînement exige de la mesure : garder ses distances avec le plaisir charnel et l’ivresse. Le sang et l’énergie du corps, non entraînés, sont creux et sans force ; entraînés, ils sont agiles et prompts à s’émouvoir. Si, en cet état, l’on ne sait se contenir et se garder, la totalité de l’essence s’écoule comme un fleuve qui rompt ses digues, d’un irréparable mal : alors il eût mieux valu ne pas commencer. C’est là une grande barrière de la vie humaine, et non seulement une exigence de cet art. Que les jeunes étudiants observent la vieille leçon des saints et la suivent leur vie durant.
Le succès venu, apaiser l’énergie et concentrer l’esprit, cultiver la retenue et la prudence ; on ne doit ni s’appuyer sur l’art pour dominer autrui, ni se livrer aux disputes des querelleurs. L’ambition qui préside à la pratique de cet art abrite une rancune profonde et une douleur secrète : la pensée que les monts et les fleuves de la patrie sont tombés, qu’il faut subir le sort du serviteur aux cheveux dénoués ; la crainte aussi de voir muscles et tendons se relâcher, et l’ardeur de celui qui, au chant du coq, se lève pour aiguiser son épée. La mer Orientale fût-elle déplacée, cette haine ne s’apaiserait pas. On use ses os et consume son essence, à garder quelque chose pour plus tard. Aussi, nuit et jour, nous y travaillons avec acharnement, et ce n’est pas pour un homme ni pour une famille. Si le Ciel n’abandonne pas les Han, le succès viendra un jour : qu’on médite secrètement cela, et qu’on n’entretienne pas l’ombre d’un désir de rudoyer autrui, pour ne pas être un pécheur envers notre école. Garde-t’y, garde-t’y.
Dans ses sorties, il faut observer avec soin la règle de l’école et embrasser la discipline des dix préceptes ; à qui l’on enseigne, il faut aussi transmettre ces commandements.
Les méthodes de notre école, bien qu’elles aient été fondées par le maître de méditation Damo, eurent pour premier et plus éminent rénovateur, qui les poussa à leur plein accomplissement, le maître de méditation Yuanxing. (Né à la fin des Ming, il créa l’art de frapper de l’épée et la règle des dix préceptes.) Vers la fin des Ming, les anciens qui s’étaient réfugiés dans le Sud voulurent en faire aussi un moyen d’endurcir leurs tendons et leurs os : l’art en reçut une grande lumière. En commençant, la première main ferme les poings à droite et à gauche, la main droite frappant le dos : c’est la haine du pays ennemi ; qui l’ignore ne voit là qu’un geste de salut rituel. On entre ensuite « au palais central », pour ne pas oublier la patrie, pour ne pas oublier la Chine. Si, dehors, on rencontre un ennemi qui veut se battre, on recule d’abord de trois pas, puis on avance d’un pas et demi : c’est entrer au palais central et lever la main, comme sur la figure 1. (Abrégé.) Si l’adversaire appartient à la même école, on s’arrête sans se battre : c’est la plus importante règle d’école de Shaolin ; qui la transgresse commet un grand manquement, et les membres de la confrérie le supprimeraient. L’engagement des dix préceptes commence avec le maître Yuanxing ; plus tard, le supérieur Tongchan y fit de légères additions et modifications, afin de ne pas oublier la patrie. (Le supérieur Tongchan est le nom que prit, après son ordination, Zhu Dechou, de la famille impériale des Ming. On rapporte qu’il était l’oncle du prince Fu ; quelques années plus tard, il reprit la chevelure et partit dans l’ouest du Guangdong pour lever des troupes et restaurer [les Ming], en vain, puis revint à Shaolin. Ayant été découvert, on complota de l’arrêter ; il s’enfuit alors à Taïwan, auprès du fils du prince de Yanping, voulut lui exposer ses projets et ne fut pas écouté, en conçut du chagrin, revint et mourut à Danshui. On dit que sa maîtrise de l’art souple était la plus haute : tandis qu’il se trouvait à Wuzhou, une dizaine d’hommes vinrent l’arrêter et furent jetés l’un après l’autre au milieu de la rue, ce qui lui permit de s’échapper du danger.)
Traduction française établie d’après le texte chinois original de 教門彈腿圖說 (« Explications illustrées du tan tui de la porte enseignée ») de 吳志青 (Wu Zhiqing), publié à Shanghai le premier jour de l’année 1922. Le texte chinois — préfaces, remarques liminaires, chant, description des dix lignes de l’enchaînement, points d’attention et appendice sur les méthodes traditionnelles de Shaolin — a été traduit directement du chinois ; aucune traduction anglaise n’en a été reproduite ni adaptée. Les photographies et le diagramme reproduits dans cet article sont les planches de l’édition originale de 1922, tombées dans le domaine public avec l’œuvre. Le texte chinois et les images proviennent de la page de Paul Brennan : « A Handbook for the Muslim Art of Tantui », où le texte chinois est accompagné de sa traduction anglaise (© Paul Brennan, consultée seulement pour la compréhension du sens). Wu Zhiqing est mort en 1949 : l’œuvre est dans le domaine public.