Le Guoshu jiaofan chaquan (國術教範查拳, « Manuel d’enseignement des arts martiaux : le chaquan ») est un manuel compilé par Wu Zhiqing (吳志青, 1887–1949), officier et éducateur martial, chef du service de rédaction et de révision de l’Institut central des arts martiaux (中央國術館) de Nanjing. Il fut publié par la Grande Librairie de l’Est (大東書局) à Shanghai en septembre 1929, avec l’approbation de l’Institut central ; le titre est calligraphié par Yu Youren (于右任, 1879–1964), et les postures sont exécutées par Zhang Benyuan (張本源). L’ouvrage traite de la quatrième route (第四路) du chaquan (查拳), la boxe de la famille Cha, art du Nord traditionnellement rattaché à l’école des « longues poings » et associé aux communautés Hui.
Le livre se compose d’un chapitre d’introduction et d’un chapitre de pratique solitaire présentant, sans omission, les quarante-huit postures de l’enchaînement : nom de la technique, application, puis description numérotée du mouvement commande par commande. Le texte chinois, publié il y a près d’un siècle, est dans le domaine public ; il est traduit ici intégralement, avec les cinquante-trois planches de l’édition de 1929.
Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.

Portrait de l’auteur et du directeur de l’Institut
編者吳志靑先生
L’auteur, M. Wu Zhiqing.

館長張之江先生玉照
Portrait de M. Zhang Zhijiang, directeur de l’Institut [central des arts martiaux].

Préface liminaire (國術敎範弁言)
居恆見國人稱日人為矮奴以其身軀之短小猥瑣名之以示輕蔑耳然日本自維新以還致力柔術提倡體育昔之短且小者今已頎而長矣反觀吾國以國人之體格與日人較恐將自慚弗如徵之每歲國人投考日本士官學校以檢驗體格而致落選者十之七八他國以東亞病夫譏我者今尚不能稍湔此恥國內學校雖間有摹擬西土體育如田徑球類乃衡之全民適形成其為少數人之貴族體育而吾國固有鍛鍊體魄之武術反漸次頹廢將成絕響吾人偶思及國民體育之現象撫今憶昔未嘗不惄然憂之夫我國國術上溯秦漢下迄明淸雖乏詳載之專書而其價値蓋已久彰普通拳術雖婦人稚子老叟病夫苟能稍嫺卽可化衰病為壯健易萎靡為英武惟以歷來武術家之秘密自封各宗派之鬥爭分裂重以離迷玄奧之神道思想重文輕武之社會觀念種種摧蝕遂致久積畧備之武術逐漸退化幾垂於絕或曰昔之武術僅備戰陣之用今則科學進步火器昌明雖十年煉臂十年煉目將焉所用轉質之歐洲治軍者乃云鐵彈之堅不如肉彈更察晚近世界之各大戰其最後勝利亦皆賴白兵肉搏而獲得衝鋒之江亦常待罪行間深悉突擊遠戰固需火器近接則嫺刺擊者常操勝算國術在軍事上之效用於斯益徵本館編國術教範查拳一書事蕆序此誌感研究而練習之尚期諸吾偉大之國民敢為弁言
J’ai toujours vu mes compatriotes appeler les Japonais les « esclaves de petite taille », les désignant ainsi par mépris à cause de leur corps court et chétif. Or, depuis la Restauration [Meiji], le Japon se consacre au jujitsu et promeut l’éducation physique : ceux qui étaient jadis petits et courts sont aujourd’hui grands et élancés. Si nous regardons notre propre pays et comparons la constitution de nos compatriotes à celle des Japonais, nous risquons d’avoir honte de nous découvrir inférieurs. La preuve : chaque année, parmi nos compatriotes qui se présentent aux examens de l’École militaire du Japon, sept ou huit sur dix sont écartés au moment de l’examen médical. Nous n’avons pas encore pu laver tant soit peu la honte dont les autres nations nous accablent en nous appelant « les malades de l’Asie de l’Est ». Dans les écoles du pays, on imite bien çà et là l’éducation physique occidentale — athlétisme, sports de ballon — mais, rapportée à l’ensemble de la population, elle ne constitue en fait qu’un sport aristocratique réservé à une minorité, tandis que les arts martiaux qui nous sont propres et qui trempent le corps tombent peu à peu en décadence et menacent de devenir lettre morte. Chaque fois que nous réfléchissons à l’état de l’éducation physique du peuple, comparant le présent au passé, nous ne pouvons nous défendre d’une profonde inquiétude.
Nos arts martiaux nationaux remontent aux Qin et aux Han et descendent jusqu’aux Ming et aux Qing ; bien qu’ils manquent d’ouvrages complets qui les consignent en détail, leur valeur est depuis longtemps manifeste. Dans la boxe ordinaire, même une femme, un jeune enfant, un vieillard ou un malade, pour peu qu’il s’y exerce un tant soit peu, peut transformer la langueur et la maladie en vigueur, et la mollesse en vaillance. Mais parce que, de tout temps, les maîtres se sont enfermés dans le secret, parce que les écoles se sont combattues et divisées, et par-dessus tout à cause des idées mystiques et déroutantes héritées des croyances chamaniques et du préjugé social qui honore les lettres et méprise les armes, toutes ces érosions ont fait que cette boxe, accumulée pendant si longtemps et presque complète, s’est dégradée peu à peu et a failli disparaître.
Quelqu’un dira : autrefois, les arts martiaux ne servaient qu’à préparer la guerre ; aujourd’hui, la science a progressé et les armes à feu sont éclatantes — à quoi bon dix ans à forger ses bras et dix ans à forger son regard ? J’ai posé la question à des officiers européens : ils répondent que le projectile de fer est moins solide que le projectile de chair. Si l’on observe de plus près les grandes guerres récentes, la victoire finale a toujours été obtenue grâce au corps à corps à l’arme blanche. Moi, Jiang [Zhang Zhijiang, qui se désigne par son prénom], qui ai mené la charge, j’ai aussi souvent eu à sévir contre des hommes apeurés dans les rangs, et je connais bien l’assaut : si le combat à distance exige certes les armes à feu, au corps à corps c’est l’homme habile à frapper et à piquer qui l’emporte. L’utilité militaire des arts martiaux s’en trouve ainsi mieux démontrée. Notre institut a compilé le livre « Manuel d’enseignement des arts martiaux : le chaquan », travail désormais achevé ; j’écris ces mots pour marquer ce que j’en ressens. Qu’on l’étudie et qu’on le pratique : c’est ce que j’attends de notre grand peuple. J’ose en écrire la préface.
中華民國十八年六月 張之江
— Zhang Zhijiang, juin de la dix-huitième année de la République de Chine [1929].
Préface (國術敎範序)
古之言治禮樂尚已。禮以射為重。樂以舞為主。射者必志正體直。神定思閒。然後命中。可以觀德。可以上功。其後騎射之術。流為兵家。安邊禦侮。代有聞人。至近世火器發明而寖衰。舞有干舞、羽舞、旄舞、帗舞之別。投步赴節。垂手側弁。亦將以明德象功也。其後雅樂不作。鄭聲雜奏。而驚鴻飛燕之舞姿。猶傳於樂府。余觀於此。而知古人於雍容揖讓之間。不忘武事。小心翼翼。良士瞿瞿。陶情淑性之節文。不離乎易筋洗髓之法則。此殆拳術之權輿也。今世拳術派別。不外內外二家。外家稱少林。祖高僧達摩。達摩以前無聞焉。內家稱太極。祖丹士張三丰。三丰以前無聞焉。二子者。近則宋。遠則梁。洵如寧波府志所載。得自神授耶。抑拳法亦與佛法同來自天竺耶。何以孟子所引北宮黝、孟施舍之養勇。一則不膚撓。不目逃。刺萬乘君若刺褐夫。一則不能必勝。而能無懼耶。又何以漢書藝文志。有手搏六篇。列入兵家。而司馬遷傳。有張空拳冒白刃語。皇甫嵩傳。又有雖兒童可使奮拳以致力語耶。北宮黝之勇近外家。孟施舍之勇近內家。惜其養勇之術無傳焉。手搏六篇。亦屬逸書。顧名思義。搏訓擊取。是達摩三丰之前。吾國確有拳術專家與專書矣。彼二子不過精於斯道。後人不能溯師承所自。遂奉為不祧之祖耳。夫以神明華胄之裔。文物禮制。郁郁彬彬。而顧無行健自強之術。以養吾勇而作吾氣。則華夏早淪於夷虜。民族早歸於凋喪矣。是故射為君子所必爭。舞為周禮所備載。發揚蹈厲。有勇知方。古本無重文輕武之弊也。慨自後世學術傳授。恆出祕密。不輕著述。昭示衆人。於拳技尤甚。以不公開討論之故。自不如近代科學有原則定律。足供尋繹日進不已。往往得自天才。傳以口訣。精微奧妙。與人俱亡。其糟粕之矢石刀馬。徒為莽夫博取功名之資。甚則短打長把。舞臺伶工。猶模仿一二表演英烈。此外則拳師鏢客。私相受授而已。學士大夫輒羞為之。陳亮序酌古論曰。文武之道一也。後世始歧而為二。文士專鉛槧。武夫事劍楯。彼此相笑。求以相勝。各有所長。時有所用。豈二者卒不可合耶。余少喜外家拳。長治文史。漸不屑為。及游東瀛。覩彼國人對於柔道。劍術之勘摯不懈。乃恍然其强國之故。鍛鍊國家。固應自鍛鍊國民始。且其鍛鍊之術。多由吾國襲取而得。彼羅拜歐化之流。並以西式體操為已滿足。而遺棄吾國固有之武術者。不已更足誚乎。今國民政府為發揚吾族固有之文明。首開國術館於新都。並徧設分館於全國。請張子薑先生掌其事。聚海內名家講求國術。期年而風氣丕變。街談巷議。不出拳脚。文人韻士。亦寖知讀拳譜習步法矣。該館編審處處長吳君志靑。更就平日實際教授所得。編為國術教範。附以圖解。撮其用法。定位行拳。瞭如指掌。將以第一編刊行問世。而徵余序之。余於此術荒疎實甚。第知此為强種强國之布帛菽粟。固未可須臾離者也。謂宜以公開研究。變革祕傳。以科學方法。推演拳技。尤宜使智體俱進。文武一道。教範之作。庶幾大輅之輪椎也歟。
Dans l’Antiquité, lorsqu’on parlait de gouverner, on prisait le rituel et la musique. Dans le rituel, la première place revenait au tir à l’arc ; dans la musique, c’était la danse qui dominait. L’archer devait avoir la volonté droite et le corps droit, l’esprit calme et la pensée libre, et c’est alors seulement qu’il touchait la cible : l’on pouvait y observer sa vertu et y mesurer son mérite. Par la suite, l’art de l’arc à cheval passa aux gens de guerre ; pacifier les frontières et repousser l’insulte, chaque époque eut ses hommes illustres, jusqu’à ce qu’aux temps modernes l’invention des armes à feu le fît décliner peu à peu. Les danses se distinguaient en danse du bouclier, danse des plumes, danse des bannières de poils et danse des ornements : marcher en cadence, les mains basses et la coiffe inclinée, tout cela servait aussi à manifester la vertu et à figurer le mérite. Par la suite, la musique noble ne fut plus jouée et les airs licencieux de Zheng se mêlèrent aux concerts ; pourtant, les attitudes de danse de l’oie sauvage surprise et de l’hirondelle en vol se transmirent encore au Bureau de la musique. En considérant cela, je comprends que les anciens, au milieu de la grâce des salutations et des politesses, n’oubliaient pas les affaires martiales. « Avec grand soin, les bons serviteurs sont attentifs » : dans les règles qui forment le caractère et affinent la nature, on ne s’écartait pas des principes du « changement des tendons » et du « lavage de la moelle ». Voilà sans doute l’origine de la boxe.
Les écoles de boxe d’aujourd’hui ne dépassent pas deux familles : l’interne et l’externe. L’externe s’appelle Shaolin et prend pour ancêtre le grand moine Damo ; avant Damo, on n’en sait rien. L’interne s’appelle Taiji et prend pour ancêtre l’alchimiste Zhang Sanfeng ; avant Sanfeng, on n’en sait rien. Ces deux personnages : le plus récent sous les Song, le plus ancien sous les Liang. Est-ce vraiment, comme le rapporte la Monographie de la préfecture de Ningbo (寧波府志), qu’ils reçurent [l’art] d’un être divin ? Ou bien la boxe est-elle venue de l’Inde, comme le bouddhisme ? Pourquoi Mencius cite-t-il Bei Gongyou et Meng Shishe nourrissant leur courage — l’un qui ne se laissait pas écorcher la peau ni ne détournait les yeux, poignardant un prince aux mille chars comme il aurait poignardé un homme en haillons ; l’autre qui ne pouvait être assuré de vaincre mais pouvait être sans peur ? Et pourquoi le « Traité des arts et lettres » du Livre des Han mentionne-t-il « Six chapitres sur le combat à mains nues », classés parmi les écrits des stratèges ? Pourquoi la biographie de Sima Qian contient-elle la phrase « bander l’arc de la main vide et affronter les lames nues » ? Et pourquoi celle de Huangfu Song contient-elle celle-ci : « même un enfant, on peut lui faire serrer les poings et y puiser de la force » ? Le courage de Bei Gongyou est proche de l’école externe, celui de Meng Shishe de l’école interne. Hélas, leurs méthodes pour nourrir le courage ne nous sont pas parvenues, et les « Six chapitres sur le combat à mains nues » sont aussi un livre perdu. Si l’on considère le titre et son sens — bo (搏) signifie frapper et s’emparer — alors, avant Damo et Sanfeng, notre pays avait assurément des experts en boxe et des ouvrages spécialisés. Ces deux hommes n’étaient que des maîtres éminents de cette voie ; la postérité, incapable de remonter à l’origine de la transmission, les a honorés comme des ancêtres inamovibles.
Pour un peuple issu de la noble lignée des Xia, riche en culture et en institutions, éclatant et raffiné, s’il n’avait eu l’art de « faire toujours plus fort » et de se fortifier soi-même, afin de nourrir son courage et de stimuler son souffle, la Chine eût depuis longtemps sombré sous les barbares et la nation eût depuis longtemps péri. C’est pourquoi le tir à l’arc était ce que le gentilhomme disputait par-dessus tout, et la danse figure en détail dans le Rituel des Zhou. S’élancer avec ardeur, avoir du courage et connaître la règle : dans l’Antiquité, il n’y avait nulle habitude de vénérer les lettres et de mépriser les armes. Hélas, depuis les temps tardifs, la transmission du savoir s’est toujours faite dans le secret, sans qu’on écrive volontiers des traités pour l’exposer à tous — en matière de boxe plus encore qu’ailleurs. Faute de discussion ouverte, cet art n’a pas, comme la science moderne, des principes et des lois permettant de progresser sans cesse par la recherche ; souvent l’on tient [l’art] d’un génie, on le transmet par des formules orales, et le subtil et le mystérieux meurent avec l’homme. Ce qui en reste de grossier — flèches, pierres, sabres, chevaux — ne sert plus qu’aux brutes en quête de titres et de gloire ; pis, dans les techniques de combat court et de bâton long, les comédiens de théâtre en imitent quelques gestes pour représenter les héros. Pour le reste, maîtres de boxe et escorteurs de convois ne font que se le transmettre en privé, et les lettrés en ont honte. Chen Liang, dans sa préface au « Discours sur l’examen de l’antiquité », dit : « La voie du civil et du militaire n’est qu’une ; c’est la postérité qui l’a scindée en deux. Les lettrés se consacrent au pinceau et à la planche à écrire, les hommes d’armes à l’épée et au bouclier ; ils se moquent l’un de l’autre et cherchent à l’emporter l’un sur l’autre. Chacun a son excellence, chacune est utile en son temps : comment ces deux choses pourraient-elles finalement ne pas se rejoindre ? »
Dans ma jeunesse, j’aimais la boxe de l’école externe ; devenu grand, je m’adonnai aux lettres et à l’histoire et en vins peu à peu à la dédaigner. Puis, ayant voyagé au Japon, j’ai vu avec quelle ardeur constante ses gens s’attachent au judo et à l’escrime, et j’ai compris soudain la raison de sa puissance. Former la nation, c’est assurément par former les citoyens qu’il faut commencer ; et d’ailleurs, leurs méthodes d’entraînement, ils les ont pour la plupart prises chez nous. Quant à ceux qui s’inclinent devant l’occidentalisation, se contentent de la gymnastique à l’occidentale et abandonnent les arts martiaux propres à notre pays, ne méritent-ils pas plus encore le blâme ? Aujourd’hui, le gouvernement national, pour faire briller la civilisation propre à notre peuple, a d’abord ouvert un Institut d’arts martiaux dans la nouvelle capitale et établi partout des succursales dans le pays tout entier. Il a prié M. Zhang Zijiang [Zhang Zhijiang] d’en assumer la direction, rassemblant les maîtres célèbres du pays pour étudier les arts martiaux. Au bout d’un an, le climat a changé du tout au tout : dans les conversations des rues et des places, on ne parle plus que de poings et de pieds, et les lettrés et les beaux esprits en viennent peu à peu à lire les manuels de boxe et à étudier les pas. M. Wu Zhiqing, chef du service de rédaction et de révision de l’Institut, a de plus compilé, à partir de ce que son enseignement pratique lui a donné au quotidien, un « Manuel d’enseignement des arts martiaux », avec figures explicatives, résumant les applications et fixant l’orientation de la pratique : clair comme le creux de la main. Il s’apprête à publier la première partie et m’a demandé d’en écrire la préface. Je suis, en cet art, fort ignorant ; je sais seulement qu’il est, pour fortifier la race et le pays, ce que sont le tissu et les grains : on ne saurait s’en passer un instant. Aussi conviendrait-il de l’étudier ouvertement, de réformer la transmission secrète, de développer la technique par des méthodes scientifiques, et surtout de faire progresser ensemble l’intelligence et le corps, la voie civile et la voie militaire n’en faisant qu’une. Cet ouvrage d’enseignement est peut-être, pour ce grand char [de l’État], ce que sont la roue et le moyeu.
民國十八年五月十八日山右王用賓序於南京立法院
— Préface de Wang Yongbin, de Shanyou [Shanxi], au Yuan législatif de Nanjing, le 18 mai de la dix-huitième année de la République [1929].
Préface de l’auteur (自序)
世界原無新物。特本諸原質,各盡其發明製造之能事而已。世界亦無新理。特本諸自然,各盡其尋繹推演之心力而已。一代之技能,有一代之應用。一國之技能,有一國之特性。古代之技能,或不適用於今世。歐美之技術,亦未竟適於中國。其環境不同,思想各異故也。革命以還,凡百建設。將次頽廢之國術,亦得復興。本館乘時而起。張公子薑,主持其間。慘淡經營,以期達强種救國之目的。草創迄今,成績斐然。各省市縣分支各館,爭先成立者,已達全國三分之二有强。但欲作普遍之運動,非藉文字之宣傳不為功。依照吾國民族之特性,及歷史與環境之背景;苟欲達到强種救國之途:將藉重西洋之體操乎?抑恢復固有之國術乎?詳加究察,不問可知。雖然:處此科學昌明之二十世紀,非講實用,不能圖存。國術之所以日見式微者,卽在缺乏尋繹推演之心力,墨守成法,不知改進故耳!
Il n’y a au monde, à l’origine, rien de nouveau : à partir des éléments premiers, on ne fait qu’épuiser les possibilités de l’invention et de la fabrication. Il n’y a pas non plus de principe nouveau : à partir de la nature, on ne fait qu’épuiser la force de l’esprit à rechercher et à déduire. Chaque époque a ses techniques et leurs applications ; chaque pays a ses techniques et leur caractère propre. Les techniques de l’Antiquité ne conviennent peut-être pas au monde actuel, et celles de l’Europe et de l’Amérique ne conviennent pas forcément à la Chine : c’est que le milieu diffère et que les pensées sont diverses. Depuis la Révolution [de 1911], tout est à construire ; les arts martiaux nationaux, près de tomber en décadence, ont pu eux aussi renaître. Notre institut s’est levé au bon moment, et M. Zhang Zijiang en a assumé la direction, œuvrant avec peine afin d’atteindre le but de fortifier la race et de sauver le pays. Depuis les débuts jusqu’à aujourd’hui, les résultats sont éclatants : les succursales établies dans les provinces, villes et districts, rivalisant d’ardeur, atteignent déjà plus des deux tiers du pays. Mais pour en faire un mouvement universel, rien ne peut réussir sans la propagande par l’écrit. Si l’on tient compte du caractère propre de notre peuple, du contexte de son histoire et de son milieu, et si l’on veut atteindre la voie qui fortifie la race et sauve le pays : faut-il s’appuyer sur la gymnastique occidentale, ou restaurer les arts martiaux qui nous sont propres ? Un examen attentif le dit sans qu’on ait à le demander. Cependant : en ce vingtième siècle où la science est éclatante, sans souci du pratique, on ne peut survivre. Si les arts martiaux déclinent de jour en jour, c’est précisément parce qu’ils manquent de cet effort de l’esprit à rechercher et à déduire, qu’ils gardent pieusement les méthodes établies et ne savent pas s’améliorer !
幸明達之士,有鑒於斯,竭力提倡。各家各派,風起雲湧,各展所長,力求改進。一派以考據名於世。一派以玄理炫於時。一派以科學相號召。一派以折衷為提倡。而詳察考據之新著,殊不多覯。間有圖說,尚闕理論。玄理派以孫祿堂先生之太極拳等書,為最近之表現。科學派以章乃器先生所著之內功拳的科學基礎一書,詳說理論。及拙著中國新體操為理法幷論之創作。折衷派以馬子貞先生所著之中華新武術為調劑各派之著述。
Par bonheur, des hommes éclairés, voyant cela, les promeuvent de toutes leurs forces. Chaque école, chaque courant se lève comme le vent et monte comme les nuées, déployant ses qualités et s’efforçant de s’améliorer. Une tendance se fait un nom par l’érudition critique, une autre brille par les principes mystérieux, une autre se réclame de la science, une autre prône le compromis. Mais si l’on examine de près les nouveaux ouvrages de la tendance érudite, ils sont rares ; il existe bien çà et là des traités illustrés, mais ils manquent encore de théorie. La tendance des principes mystérieux s’exprime le plus récemment par les livres de M. Sun Lutang, comme son Taiji quan. La tendance scientifique expose en détail la théorie dans l’ouvrage de M. Zhang Naiqi, « Les fondements scientifiques de la boxe interne », ainsi que dans ma propre « Gymnastique nouvelle de Chine », qui traite à la fois des principes et des méthodes. La tendance du compromis trouve dans le « Nouvel art martial chinois » de M. Ma Zizhen un ouvrage qui concilie les diverses écoles.
以上僅舉其略,以供國術同志之研究。唯按之科學原理,陳義太高者,不切於事實。使人目眩神移,頗難循序而進。而不顧生理之需要,近於矯作之運動者,尤為現代教育所不取。
Ce qui précède n’est qu’un aperçu sommaire, offert à l’étude de nos camarades des arts martiaux. Or, au regard des principes scientifiques, ce qui place l’exposé trop haut ne répond pas aux faits : cela éblouit et trouble l’esprit, et il est bien difficile de progresser pas à pas. Quant aux exercices qui ne tiennent pas compte des besoins de la physiologie et tiennent de l’artifice, l’éducation moderne les rejette plus encore.
是以承館長張公之命,編輯此書。每式附以用法,圖說,式定名詞,法釋應用,圖明動作,說解意義。順次推進,以圖適世界之潮流,作研究之借鏡;鍛我體魄,强我國魂。志靑雖不才,是為厚望!
Aussi, sur l’ordre du directeur Zhang, ai-je compilé ce livre : chaque posture est accompagnée de son usage et d’une figure explicative ; la posture reçoit un nom, la méthode expose l’application, la figure éclaire le mouvement, l’exposé explique le sens. On avance dans l’ordre, afin de s’adapter au courant du monde et d’offrir un miroir à l’étude : tremper notre corps, fortifier l’âme de notre pays. Si peu doué que soit Zhiqing, tel est son ardent espoir !
中華民國十八年四月古歙吳志靑序於中央國術館編審處
— Préface de Wu Zhiqing, de l’ancienne préfecture de She [Anhui], au service de rédaction et de révision de l’Institut central des arts martiaux, avril de la dix-huitième année de la République [1929].
Remarques générales (凡例)
一此編取材於查拳第四路,分為二章。第一章緒論。第二章單練。
- Cet ouvrage prend pour matière la quatrième route du chaquan et se divise en deux chapitres : premier chapitre, introduction ; second chapitre, pratique solitaire.
一此編依教育程序。一章分四節。每節分三段。每段分四式。每式附以用法,圖說,式定名詞,法釋應用,圖明動作,說解意義。使學者一目了然,易於練習。
- Cet ouvrage suit l’ordre pédagogique : un chapitre se divise en quatre sections, chaque section en trois segments, chaque segment en quatre postures. Chaque posture est accompagnée de son usage et d’une figure explicative : la posture reçoit un nom, la méthode expose l’application, la figure éclaire le mouvement, l’exposé explique le sens — de sorte que l’élève voit tout d’un coup d’œil et s’entraîne avec facilité.
一此編教授團體,可參照軍事教育法行之。
- Pour l’enseignement en groupe, on peut procéder selon les méthodes de l’instruction militaire.
一此編各式有口令,原為初學便利起見。習熟後,可由繁入簡,一氣呵成。以不違古人定法,近代教育程序為原則。
- Chaque posture comporte une commande, d’abord pour faciliter le travail des débutants. Une fois familiarisé, on peut aller du complexe au simple et exécuter l’ensemble d’un seul souffle, le principe étant de ne pas s’écarter des règles fixées par les anciens tout en suivant l’ordre pédagogique moderne.
一此編假定行拳方位,為初學便於記憶而設。練熟後,則不拘方向。
- L’orientation fixée pour la pratique est établie afin de faciliter la mémoire des débutants. Une fois l’entraînement maîtrisé, on ne s’astreint plus à la direction.
一此編謌譜為自昔所傳,讀其語句,多費索解。但因尊重原著起見,未便擅改,致失其眞。
- Les chants et notations de cet ouvrage sont transmis depuis l’Antiquité ; leurs phrases demandent souvent beaucoup d’effort pour être comprises. Mais, par respect pour l’original, il n’était pas loisible de les modifier à la légère et d’en altérer la vérité.
一此編所定術名,或因便句讀,或切於實用,或想像形式以定之。考我國武術名詞,各家各派,分歧不同,或各套動作同,而名詞則異。此為深中祕密之害,實武術界一大缺點也!用特聲明。
- Les noms de techniques fixés ici le sont soit pour faciliter la ponctuation des phrases, soit parce qu’ils conviennent à l’usage, soit d’après l’imagination de la forme. Si l’on examine la terminologie martiale de notre pays, elle diffère d’une école à l’autre : parfois les mouvements d’un enchaînement sont identiques et les noms différents. C’est là un mal profondément enraciné dans le goût du secret, et vraiment un grand défaut du monde des arts martiaux ! Qu’il soit ici expressément déclaré.
一此編為本館教授班之講義,並以供諸同志之參考。
- Cet ouvrage est le cours polycopié de la classe d’enseignement de notre institut ; il est aussi offert à la consultation de tous les camarades.
一此編掛漏之處,在所不免。尚祈國術同志,加以指正!
- Il est inévitable que cet ouvrage comporte des omissions et des lacunes. Je prie instamment les camarades des arts martiaux de bien vouloir m’indiquer mes erreurs !
四路查拳 — La quatrième route du chaquan
第一章 緒論 — Chapitre premier : Introduction
第一節 國術之替興 — 1. Déclin et essor des arts martiaux nationaux
國術一道,湮沒不彰者久矣!憶及庚子一役,國人曾病帝國主義之壓迫,國勢因之日削。於是義憤塡膺,聯絡武術界,組織義和團。挾紅燈白蓮諸邪術,假神道之名,以扶淸滅洋相號召。遂召八國聯軍之禍。至使外人反以拳匪目之!詎知紅燈白蓮,皆係左道感人,與武術風馬牛不相及。未可以邪誣正。嗣武術界同志,積不能平。深信術有眞傳,足以强國禦敵,不甘受外人之蔑視。北方則有李存義李景林諸先生。設武士會於天津。許禹生孫祿堂吳鑑泉劉月亭諸先生。先後設體育研究社,及國技研究社於北平。馬子貞先生,設武術傳習所於濟南。霍元甲陳公哲諸先生,設精武體育會於上海。劉崇峻先生,設武士會,及國技學校於成都。志靑不敏,亦糾合同志,創辦中華武術會,及體育專門學校於上海。撮其大略:二十餘年,改良提倡,風行全國,已具相當成績。此為武術之復興時代。迨民十六,中央奠都南京。黨國領袖,以武術為强種救國之要素,羣力倡辦,於去年春,成立中央國術館於首都。博延國術人材,共同研究。復以科學方式,詳加整理。力求適合教育之原理,衞生之需要,且本心理學功用以支配。其剛柔繁簡,期與學者年齡,不相違背。他如廣發刊物,以資宣傳;招班教授,以廣後進;舉行國考,以拔眞才:迄至於今,省市分館,逐報成立者,已幾有全國之半。國術普及,可立而待。茲為國術教育統一起見,審愼教材,編輯教範,暫作過渡之範本。惟是素無專書,苦乏參考。挂漏之誚,所不免焉!
Il y a longtemps que la voie des arts martiaux nationaux est ensevelie et ne brille plus ! Je me souviens de l’épisode de l’année gengzi [1900] : nos compatriotes souffraient alors de l’oppression de l’impérialisme et la puissance du pays déclinait de jour en jour. Aussi, le cœur plein d’une juste indignation, ils s’unirent au monde des arts martiaux et formèrent les Boxers. S’appuyant sur des arts pervers comme la Lanterne rouge et le Lotus blanc, prenant le nom de la voie divine, ils lancèrent l’appel « soutenir les Qing, anéantir les étrangers ». Il en résulta le désastre de l’expédition des huit nations alliées, au point que les étrangers nous désignèrent du nom de « bandits boxeurs » ! Savait-on pourtant que la Lanterne rouge et le Lotus blanc n’étaient que des voies hétérodoxes bonnes à tromper les gens, et n’avaient rien à voir avec les arts martiaux ? On ne peut, par le faux, calomnier le vrai. Par la suite, les camarades du monde des arts martiaux, l’amertume accumulée, ne purent s’en tenir là : ils croyaient fermement qu’un art véritablement transmis suffit à fortifier le pays et à repousser l’ennemi, et ils n’acceptaient pas le mépris des étrangers. Au nord, il y eut MM. Li Cunyi et Li Jinglin, qui fondèrent la Société des guerriers (武士會) à Tianjin ; MM. Xu Yusheng, Sun Lutang, Wu Jianquan et Liu Yueting, qui établirent successivement la Société d’études d’éducation physique (體育研究社) et la Société d’études des techniques nationales (國技研究社) à Beiping ; M. Ma Zizhen, qui fonda l’Institut de transmission des arts martiaux à Jinan ; MM. Huo Yuanjia et Chen Gongzhe, qui fondèrent l’Association d’éducation physique Jingwu (精武體育會) à Shanghai ; M. Liu Chongjun, qui fonda la Société des guerriers et l’École des techniques nationales à Chengdu. Pour ma part, si peu doué que je sois, j’ai moi aussi rassemblé des camarades pour fonder l’Association chinoise des arts martiaux et l’École spécialisée d’éducation physique à Shanghai. Pour résumer à grands traits : en plus de vingt ans, réforme et promotion ont gagné tout le pays et abouti à des résultats appréciables. C’est l’époque de la renaissance des arts martiaux. En la seizième année de la République [1927], le gouvernement central établit sa capitale à Nanjing. Les dirigeants du Parti et de l’État, tenant les arts martiaux pour un élément essentiel de la fortification de la race et du salut du pays, les promurent de toutes leurs forces et, au printemps de l’année dernière, fondèrent l’Institut central des arts martiaux dans la capitale. Ils recrutèrent largement des talents des arts martiaux pour étudier en commun, et les organisèrent en détail selon des procédés scientifiques, en s’efforçant de les adapter aux principes de l’éducation et aux besoins de l’hygiène, et en les réglant sur les applications de la psychologie. Quant au dur et au souple, au complexe et au simple, on s’efforce qu’ils ne soient pas en contradiction avec l’âge de l’élève. Il y a encore la diffusion massive de publications pour la propagande, l’ouverture de classes d’enseignement pour élargir la relève, l’organisation d’examens nationaux pour distinguer les vrais talents : à ce jour, les succursales établies et signalées dans les provinces et villes atteignent presque la moitié du pays. La vulgarisation des arts martiaux se laisse attendre debout. Désormais, en vue d’unifier l’enseignement des arts martiaux, on choisit avec soin les matières et l’on compile des manuels, à titre provisoire de modèles de transition. Mais comme il n’y a jamais eu d’ouvrage spécialisé, la référence manque douloureusement ; les reproches d’omissions sont inévitables !
第二節 國術性質之分析與本館職責之貢獻 — 2. Analyse de la nature des arts martiaux et contribution de notre institut
吾人研究國術,必先識別,何項屬於技擊?何項屬於運動?何項屬於藝術?茲將各項之國術,分析列表,以供研究:
Pour étudier les arts martiaux nationaux, il faut d’abord distinguer ce qui relève du combat, ce qui relève de l’exercice physique et ce qui relève de l’art. Voici donc, analysés et mis en tableau, les divers aspects des arts martiaux, à l’intention des chercheurs :
國術技擊的 練法―少林十八法―雙推手―三十六合鎖―七十二手拿法 練勁――打樁―打沙包―打木人 練身――各門派之長短拳 練力――石砘―――石擔
Arts martiaux de combat (技擊) — Méthodes d’entraînement : les Dix-Huit méthodes de Shaolin, la poussée des mains à deux, les Trente-Six verrous, les Soixante-Douze saisies de main. — Entraînement du jin [énergie] : frapper le poteau, frapper le sac de sable, frapper l’homme de bois. — Entraînement du corps : les boxes longues et courtes des diverses écoles. — Entraînement de la force : les poids de pierre et la barre de pierre.
國術運動的 療病健身―洗髓經――易筋經――八段錦
Arts martiaux comme exercice (運動) — Guérir la maladie et fortifier le corps : le Classique du lavage de la moelle (洗髓經), le Classique du changement des tendons (易筋經), le Baduanjin (八段錦, « les Huit Pièces de brocart »).
國術藝術的 遊藝―表情式的演武滚叉 戲技―舞臺式的各種表演 目的―健身自衞
Arts martiaux comme art (藝術) — Divertissement : démonstrations martiales et fourche roulante aux attitudes expressives. — Techniques de théâtre : les diverses représentations de style scénique. — But : fortifier le corps et se défendre.
上表國術分析,雖不一類。而目的總不外於健身自衞。考國術分析之原來,因環境之不同,趨向不歸一致。或專以延年健體,獨善其身,或迫於生活,江湖賣藝,甚至不存身份,以博觀衆之歡心。由是遂喪失武術之眞面目矣!且有所謂發狉之勇者,抱狹隘思想,以武術作私鬭利器,每為世人所詬病,以上種種,均係不明教育原理,以至躐入岐途。本館有鑒於此,急為矯正,以圖進展。(一)打破門戶之見,不容狹隘思想,參於其間,總其名曰國術。俾其成為科學化。(二)提高武術同志地位,先以灌輸教育為原則。(三)將祕不傳人之高尚武術,編著專書,以期公諸於全國。並聘請專家,共同研究,積極進行。務民衆均國術化。(四)不背古訓,亦不為時代之落伍,參合教育原理,及方法。編輯各種教範以問世。此為本館最低限度之工作,業已次第實現,嗣後更當積極研究,務求適合時代之國術,取諸教育原理與方法。及心理,生理,衞生,生物各科學為標凖。俾國術在理論上有系統,在科學上有根據,在練習上有程序。此本館責無旁貸,亦編者所應注意也!
Bien que l’analyse ci-dessus montre des arts martiaux de diverses sortes, le but ne sort jamais de la fortification du corps et de la défense de soi. Si l’on remonte à l’origine de cette diversification, c’est que, selon les milieux, les orientations n’allaient pas de même : tel se consacrait uniquement à prolonger la vie et à fortifier le corps, à cultiver seul sa personne ; tel, poussé par la nécessité de vivre, gagnait son pain en montrant son art sur les places ; tel, perdant toute dignité, cherchait à gagner le plaisir des spectateurs. Par là, la véritable figure des arts martiaux se perd ! Et il y a encore ceux qui, d’une bravoure impétueuse et d’un esprit étroit, font des arts martiaux une arme de querelle privée, ce dont le monde les blâme toujours. Toutes ces manières procèdent d’une méconnaissance des principes de l’éducation, au point de s’engager dans de fausses routes. Notre institut, voyant cela, s’empresse de les redresser pour progresser :
(1) Abattre les préjugés de chapelle, ne pas tolérer que des pensées étroites s’y mêlent, et réunir le tout sous le nom d’« arts martiaux nationaux », de manière à les rendre scientifiques. (2) Élever la position des camarades d’arts martiaux, en commençant par leur inculquer l’éducation comme principe. (3) Rédiger des ouvrages spéciaux pour les arts martiaux élevés qui étaient tenus secrets et non transmis, afin de les livrer à tout le pays ; inviter en outre des experts à étudier en commun et à avancer avec ardeur, de sorte que le peuple tout entier s’imprègne des arts martiaux. (4) Ne pas trahir les leçons des anciens, sans pour autant être en retard sur son temps, en joignant les principes et les méthodes de l’éducation ; compiler divers manuels d’enseignement et les publier.
Tel est le travail minimal de notre institut, déjà réalisé l’un après l’autre ; par la suite, il conviendra de pousser plus activement la recherche, en visant des arts martiaux adaptés à leur temps et prenant pour critères les principes et méthodes de l’éducation ainsi que les sciences psychologiques, physiologiques, hygiéniques et biologiques — afin que les arts martiaux aient un système en théorie, une base en science et une progression dans la pratique. Tel est le devoir dont notre institut ne peut se décharger, et à quoi le compilateur doit lui aussi prendre garde !
第三節 行拳方位圖 — 3. Figure d’orientation pour la pratique
說明:初開始時―站於場之東面,向正北。如立正姿勢圖。
Explication : au tout début, on se tient sur le côté est de la salle, face au nord, comme sur la figure de la position de garde-à-vous.


第四節 四路查拳謌訣 — 4. Chant de la quatrième route du chaquan
四路查拳藝人傳。奧妙無窮用無邊。 六人八解捲上手。藝人傳妙妙人傳。
La quatrième route du chaquan, transmise par les hommes de l’art, a des subtilités sans limite et des usages sans borne. Par les huit délivrances, l’homme des six [facultés] enroule sa main ; les hommes de l’art ont transmis la merveille, la merveille se transmet à son tour.
第五節 四路查拳譜 — 5. Notation de la quatrième route du chaquan
變化無窮四路拳。扶按撩陰腿當先。 抽手撩襟鞍占跨。套步冲捶右足彈。 上步夜叉探海式。掀掌撩步跨雕鞍。 擠步箭起黃鶯架。套步冲捶勢朝天。 陸海迎門三不顧。提步箭踢栽捶勢。 抽捶撤步跨雙拳。轉身接打騎馬勢。 把捶立掌左腿懸。引手劈掌挨身靠。 白鶴亮翅貫兩肩。鯨魚合口敗勢奇。 敗人誘敵回頭觀。轉身接打回馬腿。 撩掌及胯穩如山。活步二虎登山勢。 劈掌挑打不容寬。套步鷂子抓肩勢。 霧雲接打在裏邊。提步跨虎登山勢。 上步單臂擒方臘。撤步五子對雙拳。 開步托掌頂心肘。迎面接掌不容寬。 套步顚筋多勇猛。提步護膝雙手展。 瀉步順掌攔正面。穿掌護膝把腿捲。 上步接打順步腿。側身左刴右足彈。 穿袖蓋步護肩掌。敗勢跌打勢冲天。 抽樑換柱急震步。穿袖定心十字拳。 手按七星忙撤步。順風擺柳勢法全。
La quatrième route de boxe se transforme sans fin. Soutenir et presser, puis le coup de pied qui relève vers l’aine, passent en premier. Retirer la main et relever le pan [de la veste], s’asseoir sur la selle à califourchon. Pas d’enfilade, poing qui transperce, puis détente du pied droit. Avancer d’un pas : la posture du Yecha [génie nocturne] qui sonde la mer. Soulever la paume d’un pas relevé, à califourchon sur la selle sculptée. Pas pressé comme une flèche qui s’élève, l’attitude du loriot perché. Pas d’enfilade, poing qui transperce, posture tournée vers le ciel. Sur terre et sur mer, accueillir à la porte sans trois regards. Lever le pas, coup de pied en flèche, posture du poing qui plante. Retirer le poing d’un pas de recul, à califourchon sur les deux poings. Tourner le corps et enchaîner la frappe, posture du cavalier. Tenir le poing, paume dressée, la jambe gauche suspendue. Main qui attire, paume qui fend, et le corps qui s’approche pour le contact. La grue blanche déploie ses ailes, traversant les deux épaules. La baleine ferme la gueule : posture de défaite étrange. Se montrer vaincu pour attirer l’ennemi, et regarder derrière soi. Tourner le corps et enchaîner la frappe, coup de pied du cheval qui revient. Paume qui relève jusqu’à la hanche, aussi stable qu’une montagne. Pas vif : deux tigres gravissent la montagne. Paume qui fend, frappe qui écarte, sans rien accorder. Pas d’enfilade : l’épervier saisit l’épaule. Nuée et brume, enchaîner la frappe à l’intérieur. Lever le pas, enjamber le tigre et gravir la montagne. Avancer d’un pas, un seul bras pour capturer Fang La. Reculer d’un pas : les Cinq Enfants face aux deux poings. Ouvrir le pas et soutenir la paume, coup de coude au plexus. Enchaîner la paume de face, sans rien accorder. Pas d’enfilade, tendons tendus, plein de vaillance. Lever le pas, protéger les genoux, les deux mains déployées. Pas qui s’écoule, paume dans le sens, barrer de face. Paume qui traverse, protéger le genou et replier la jambe. Avancer d’un pas et enchaîner la frappe, jambe dans le sens du pas. Corps de côté : tailler à gauche, détente du pied droit. Enfiler la manche et couvrir le pas, paume qui protège l’épaule. Posture de défaite, frapper en tombant, posture qui s’élance vers le ciel. Retirer la poutre et changer le pilier, pas qui secoue brusquement. Enfiler la manche, fixer le cœur, le poing en croix. La main presse les Sept Étoiles et se retire en hâte d’un pas. Le saule se balance au gré du vent : la posture et la méthode sont complètes.
第二章 單練 — Chapitre deux : Pratique solitaire
第一節 拳譜 — Section 1 : notation
變化無窮四路拳。扶按撩陰腿當先。 抽手撩襟鞍占跨。套步冲捶右足彈。 上步夜叉探海式。掀掌撩步跨刁鞍。 擠步箭起黃鶯架。套步冲捶勢朝天。
La quatrième route de boxe se transforme sans fin. Soutenir et presser, puis le coup de pied qui relève vers l’aine, passent en premier. Retirer la main et relever le pan [de la veste], s’asseoir sur la selle à califourchon. Pas d’enfilade, poing qui transperce, puis détente du pied droit. Avancer d’un pas : la posture du Yecha qui sonde la mer. Soulever la paume d’un pas relevé, à califourchon sur la selle sculptée [跨刁鞍 ici, pour 跨雕鞍 dans le chant complet]. Pas pressé comme une flèche qui s’élève, l’attitude du loriot perché. Pas d’enfilade, poing qui transperce, posture tournée vers le ciel.
第一段 口令數一二三四 — Segment 1 (commandes « un… deux… trois… quatre »)
第一式 對拳 — Posture 1 : les poings face à face
此式為開始之起手法
Usage : cette posture est la méthode d’ouverture pour commencer.
聞令數一,卽由立正式,兩手由左右向中相對。位於腹前。同時身向右轉,右脚出一步,左脚卽跟上靠攏。向北成正立。如第一圖。
À la commande « un ! », partant de la position de garde-à-vous, les deux mains, venant de gauche et de droite, se font face au milieu, placées devant l’abdomen. En même temps, le corps tourne vers la droite, le pied droit fait un pas, et le pied gauche suit aussitôt pour se rapprocher. On se tient droit, face au nord. Voir la figure 1.

第二式 引手 — Posture 2 : la main qui attire
此式為防禦之法
Usage : cette posture est une méthode de défense.
聞令數二,卽由上式,右拳變掌。手垂。由胯前繞一圈四分之三。至左肩前。手心向西。左手仍握拳,垂於左。身軀不動。頭轉向左。眼平視西。同時左脚向左移半步,右脚迅卽跟上站立。如第二圖。
À la commande « deux ! », depuis la posture précédente, le poing droit se change en paume ; la main pend, décrit les trois quarts d’un cercle devant la hanche et parvient devant l’épaule gauche, la paume tournée vers l’ouest, tandis que la main gauche, toujours fermée en poing, pend du côté gauche. Le tronc ne bouge pas, mais la tête tourne à gauche, le regard horizontal vers l’ouest. En même temps, le pied gauche se déplace d’un demi-pas vers la gauche et le pied droit suit aussitôt pour venir se tenir debout. Voir la figure 2.

第三式 撩陰掌 — Posture 3 : la paume qui relève vers l’aine
此式為應敵還敵之法。腿為撩敵之陰,掌為應敵之手。掌為虛,腿為實。卽所謂避實冲虛之法也。
Usage : c’est une méthode pour répondre à l’adversaire et lui rendre la pareille. La jambe sert à relever vers l’aine de l’adversaire, la paume à répondre à sa main. La paume est le vide, la jambe est le plein : c’est ce qu’on appelle éviter le plein et frapper dans le vide.
聞令數三,由上式左脚向西出一步,成左弓箭式。同時左拳變掌,扶按於左膝上。虎口向內,右掌垂直。速卽向西,往上撩。如第三圖。
À la commande « trois ! », depuis la posture précédente, le pied gauche fait un pas vers l’ouest en posture d’arc et de flèche gauche. En même temps, le poing gauche devient paume et vient s’appuyer sur le genou gauche, la gueule du tigre vers l’intérieur, tandis que la paume droite pend verticalement puis remonte rapidement vers l’ouest. Voir la figure 3.

第四式 撩陰腿 — Posture 4 : la jambe qui relève vers l’aine
此式以掌應敵,乘其不備。出右腿撩其陰之法也。
Usage : cette posture répond à l’adversaire par la paume, puis, profitant de son manque de garde, projette la jambe droite pour relever vers son aine.
聞令數四,由上式,左脚不動,右脚向西踢。腿同時。左拳變掌,往西,向前撩掌。右掌變拳,卽收回置右脅下。如第四圖。
À la commande « quatre ! », depuis la posture précédente, le pied gauche ne bouge pas et le pied droit donne un coup de pied vers l’ouest ; en même temps, le poing gauche devient paume, qui relève vers l’avant à l’ouest, et la paume droite devient poing, revenant aussitôt se placer sous les côtes droites. Voir la figure 4.

同時右脚仍回原地,成左弓式。左掌卽變拳,收回置於腰間。右掌仍向西撑出,與第三圖同。惟前係左掌按膝,於此係抱拳於腰。
En même temps, le pied droit revient à sa place, la posture redevenant un arc gauche ; la paume gauche devient aussitôt poing et revient se placer au creux des reins, tandis que la paume droite s’étend toujours vers l’ouest, comme sur la figure 3, à cette différence près qu’auparavant la paume gauche pressait le genou, alors qu’ici le poing est ramené contre les reins.
第二段 口令一二三四 — Segment 2 (commandes « un… deux… trois… quatre »)
第五式 穿掌撩襟 — Posture 5 : la paume qui traverse, le pan relevé
此式為脫險致勝後,復欲侵隙進取之法。
Usage : c’est, après avoir échappé au danger et remporté l’avantage, une méthode pour pénétrer la faille et avancer.
聞令數一,右掌翻轉。手心向上。卽向後抽,撩至右上方。掌心向外。左拳變掌。緣右袖穿出。卽變鈎手。由前平擄至左方。與肩平行。同時右脚不動。膝彎。左脚收回,成寒鷄勢。面向正西。如第五圖。此圖按拳路向西側面,因恐閱者不易了然,改照正面。(又注。)
À la commande « un ! », la paume droite se retourne, paume vers le haut, puis se retire vers l’arrière et relève jusqu’en haut à droite, la paume vers l’extérieur ; le poing gauche devient paume, sort en longeant la manche droite, puis devient main en crochet et ramène horizontalement vers la gauche, à hauteur d’épaule. En même temps, le pied droit ne bouge pas, le genou se fléchit, et le pied gauche se retire pour former la posture du « poulet transi » (寒鷄勢). On fait face plein ouest. Voir la figure 5 (cette posture, dans l’enchaînement, se présente de profil vers l’ouest ; comme le lecteur aurait peine à la comprendre, on l’a photographiée de face. — Note de l’auteur.)

第六式 冲捶 — Posture 6 : le poing qui transperce
此式為閃轉之法,有冲擊敵方上中下三部之妙用。
Usage : c’est une méthode d’esquive et de rotation, dont la subtilité est de frapper l’adversaire en haut, au milieu ou en bas.
聞令數二,左脚向南,出一步,成右弓式。面向東。右脚卽插於左脚後。交扠身,略向右轉。面向北,左脚再向西,出一步,成騎馬式。兩脚尖俱向北。同時右掌由左額前下,蓋至脇前。卽變拳往右腰間帶。同時左鈎變拳,收回至腰間。向西平冲。眼視左拳。兩脚復再直立。右脚卽時靠左脚站立。脚尖向西。同時左拳變掌,護於右肩前。右拳同時向西冲出。面向西。如第六圖。
À la commande « deux ! », le pied gauche fait un pas vers le sud, en posture d’arc droit, face à l’est ; le pied droit vient alors s’insérer derrière le pied gauche en posture croisée, le corps se tourne légèrement vers la droite pour faire face au nord, puis le pied gauche fait un pas vers l’ouest en posture du cavalier, les pointes des deux pieds vers le nord. En même temps, la paume droite descend du devant du front gauche et couvre jusqu’au devant des côtes, puis se change en poing et revient à la taille droite, tandis que le crochet gauche devient poing, revient à la taille et transperce horizontalement vers l’ouest ; le regard est posé sur le poing gauche. Les deux pieds se redressent alors, le pied droit venant aussitôt se placer près du pied gauche, pointes vers l’ouest ; en même temps, le poing gauche devient paume pour protéger devant l’épaule droite, tandis que le poing droit transperce vers l’ouest. On fait face à l’ouest. Voir la figure 6.

第七式 彈腿 — Posture 7 : la jambe qui détend
此式敵擊我上部,我卽取其下部之法也。
Usage : l’adversaire frappe ma partie supérieure, j’attaque donc sa partie inférieure.
聞令數、三由上,式左脚向西、出一步。右腿提起,向西彈出。同時右手收囘於腰間,左掌卽向西平撑。如第七圖。
À la commande « trois ! », depuis la posture précédente, le pied gauche fait un pas vers l’ouest et la jambe droite se lève pour détendre vers l’ouest, tandis que la main droite revient à la taille et que la paume gauche s’étend horizontalement vers l’ouest. Voir la figure 7.

第八式 探海勢 — Posture 8 : la posture qui sonde la mer
此式為抅擄敵手,直探敵腹之法。
Usage : c’est une méthode pour accrocher et tirer la main de l’adversaire, puis sonder droit vers son ventre.
聞令數四、由上式,右腿落地。左脚卽向東南出一步,成左弓式。同時左掌變鈎,平擄至左側方。復由右上方,向前下按,掌置於右膊下。右拳變掌,卽向前插掌。成手心向上四十五度角。眼視右掌。身稍前傾。如第八圖。
À la commande « quatre ! », depuis la posture précédente, la jambe droite se pose au sol et le pied gauche fait aussitôt un pas vers le sud-est en posture d’arc gauche. En même temps, la paume gauche devient crochet, ramène horizontalement vers la gauche, puis revient en haut à droite et presse vers l’avant et le bas, la main placée sous le bras droit ; le poing droit devient paume et lance une paume qui pique vers l’avant, la paume orientée à quarante-cinq degrés vers le haut. Le regard est posé sur la paume droite, le corps légèrement penché en avant. Voir la figure 8.

第三段 口令數一二三四 — Segment 3 (commandes « un… deux… trois… quatre »)
第九式 翻身蓋掌 — Posture 9 : se retourner, la paume qui couvre
此式為轉變應敵防禦之法。
Usage : c’est une méthode pour changer de position et parer l’adversaire.
聞令數一、由上式,右掌翻轉。手心向上。左鈎變掌。手心向上。卽緣右手掌向前穿出。右掌卽由上往下蓋。左手變鈎,平按於前。右掌置於左肩前。手心向北。同時右脚踵提起。用脚尖右向後轉。左脚卽提起。隨身轉向東北。成提零式。如第九圖。
À la commande « un ! », depuis la posture précédente, la paume droite se retourne, paume vers le haut, et le crochet gauche devient paume, paume vers le haut, qui sort vers l’avant le long de la paume droite ; la paume droite couvre aussitôt de haut en bas, la main gauche devient crochet et presse horizontalement vers l’avant, la paume droite venant devant l’épaule gauche, paume vers le nord. En même temps, le talon droit se lève et l’on pivote sur la pointe du pied pour se retourner vers l’arrière droit ; le pied gauche se lève et, suivant le corps, se tourne vers le nord-est, formant la posture du « vide suspendu » (提零式, c’est-à-dire l’appui sur une seule jambe). Voir la figure 9.

第十式 掀掌 — Posture 10 : la paume qui soulève
此式為追擊進取凖備之法。
Usage : cette posture est une méthode de préparation à la poursuite et à l’attaque.
聞令數二,由上式,右腿直立。左腿提起。大腿平。小腿垂直。左鈎,向左平擄。右掌向右展,手心向前指,端向上。腰直。胸挺。眼平視西北方。如第十圖。
À la commande « deux ! », depuis la posture précédente, la jambe droite se dresse et la jambe gauche se lève, la cuisse horizontale et le bas de la jambe vertical ; le crochet gauche ramène horizontalement vers la gauche et la paume droite s’étend vers la droite, paume vers l’avant, doigts vers le haut. La taille est droite, la poitrine ouverte, le regard horizontal vers le nord-ouest. Voir la figure 10.

第十一式 擠步應掌 — Posture 11 : le pas pressé, la paume qui répond
此式為敵左右閃避,乘機追擊之法。
Usage : l’adversaire esquive à droite et à gauche : c’est une méthode pour saisir l’occasion et poursuivre.
聞令數三,由上式,左脚向西北落地。右脚卽跟於左脚後。同時左脚卽向西北,再出半步,兩脚直立。右脚再向西北出一步,直立。左脚提起,脚背卽貼於右小腿後。同時右掌向內,繞一圈,仍向右平,掌右鈎。手由身前,向上繞半圈,變掌,置於肩前。面向正北,復再左。脚落下,向左出一步。右脚卽向左靠攏,兩腿竝立,脚尖向北。同時右手不動,掌卽向下變鈎,右掌卽向西撑開。如第十一圖。
À la commande « trois ! », depuis la posture précédente, le pied gauche se pose au nord-ouest et le pied droit suit aussitôt derrière le pied gauche, puis le pied gauche avance encore d’un demi-pas vers le nord-ouest et les deux pieds se dressent ; le pied droit fait encore un pas vers le nord-ouest et l’on se tient droit, le pied gauche se levant, le dessus du pied venant contre l’arrière du mollet droit. En même temps, la paume droite décrit un cercle vers l’intérieur et s’étend de nouveau horizontalement vers la droite ; puis la main [gauche], depuis le devant du corps, décrit un demi-cercle vers le haut, devient paume et se place devant l’épaule. On fait face au nord, puis de nouveau vers la gauche : le pied se pose et fait un pas vers la gauche, le pied droit se rapproche aussitôt vers la gauche, les deux jambes debout côte à côte, pointes vers le nord. En même temps, la main droite ne bouge pas, la paume descend et devient crochet, tandis que l’autre paume s’étend vers l’ouest. Voir la figure 11.

第十二式 托天勢 — Posture 12 : la posture qui soutient le ciel
此式為敵由高撲擊我上部,我則以托天勢以應之。
Usage : l’adversaire bondit d’en haut pour frapper ma partie supérieure : je réponds par la posture qui soutient le ciel.
聞令數四,由上式,左脚向西南出一步。右脚卽揷於左脚後。左脚卽與右脚竝立。同時左掌由左上方,繞半圈,至肩前,手心向下。右鉤變掌,由下方收至腰間,由內卽上托掌。如第十二圖。
À la commande « quatre ! », depuis la posture précédente, le pied gauche fait un pas vers le sud-ouest et le pied droit s’insère aussitôt derrière le pied gauche, puis le pied gauche se place debout près du pied droit. En même temps, la paume gauche, venant du haut à gauche, décrit un demi-cercle jusqu’au devant de l’épaule, paume vers le bas ; le crochet droit devient paume, revient par le bas jusqu’à la taille, puis, de l’intérieur, soutient vers le haut. Voir la figure 12.

第二節 拳譜 — Section 2 : notation
陸海迎門三不顧 提步箭踢裁捶勢 抽捶撤步跨雙拳 轉身接打騎馬勢 把捶立掌左腿懸 引手劈掌挨身靠 白鶴亮翅貫兩肩 鯨魚合口敗勢奇 敗人誘敵回頭觀 轉身接打回馬腿
Sur terre et sur mer, accueillir à la porte sans trois regards ; lever le pas, coup de pied en flèche, posture du poing qui plante. Retirer le poing d’un pas de recul, à califourchon sur les deux poings ; tourner le corps et enchaîner la frappe, posture du cavalier. Tenir le poing, paume dressée, la jambe gauche suspendue ; main qui attire, paume qui fend, et le corps qui s’approche pour le contact. La grue blanche déploie ses ailes, traversant les deux épaules ; la baleine ferme la gueule : posture de défaite étrange. Se montrer vaincu pour attirer l’ennemi, et regarder derrière soi ; tourner le corps et enchaîner la frappe, coup de pied du cheval qui revient.
第四段 口令數一二三四 — Segment 4 (commandes « un… deux… trois… quatre »)
第十三式 迎門掌 — Posture 13 : la paume qui accueille à la porte
此式用抄掌蹼腿誘敵之法,
Usage : cette posture utilise la paume qui cueille et la jambe qui bat, afin d’attirer l’adversaire.
聞令數一,由上式,向西南蹼左腿。右膝彎。右拳變鈎,向東,往下擄。左掌伸直下垂,隨身沿左脚向上抄。同時右脚向西南出一步,成右弓式。右鈎手變掌,卽隨右腿向前迎左掌,卽護於右肩前。身稍向前傾。眼視右掌。如第十三圖。
À la commande « un ! », depuis la posture précédente, la jambe gauche bat vers le sud-ouest, le genou droit se fléchit ; le poing droit devient crochet, qui ramène vers l’est et vers le bas, tandis que la paume gauche, tendue et pendante, cueille vers le haut le long de la jambe gauche en suivant le corps. En même temps, le pied droit fait un pas vers le sud-ouest en posture d’arc droit ; le crochet droit devient paume et vient, le long de la jambe droite, accueillir vers l’avant la paume gauche, puis protège devant l’épaule droite. Le corps est légèrement penché en avant, le regard posé sur la paume droite. Voir la figure 13.

第十四式 裁捶勢 — Posture 14 : la posture du poing qui plante
此式為敵人取我之上部,我卽用應手踢打之法以應之,敵避讓,我卽進步擊敵之下部。
Usage : l’adversaire attaque ma partie supérieure : je réponds par la paume qui répond et le coup de pied ; s’il esquive, j’avance d’un pas et frappe sa partie inférieure.
聞令數二,由上式,左腿提起。右掌由前上方挑擺於左上方。同時左腿未落地前,卽起右腿,向西南踢出。左手向前應掌。同時右腿落地。左掌變拳,護於額前。右拳卽向西南斜下裁捶。眼視右拳,成右弓式。如第十四圖。
À la commande « deux ! », depuis la posture précédente, la jambe gauche se lève et la paume droite, venant de l’avant-haut, écarte et balance vers le haut à gauche. En même temps, avant que la jambe gauche ne touche le sol, la jambe droite se lève et frappe vers le sud-ouest, la main gauche répondant vers l’avant par une paume ; puis la jambe droite se pose, la paume gauche devient poing et protège devant le front, tandis que le poing droit plante obliquement vers le bas au sud-ouest. Le regard est posé sur le poing droit, en posture d’arc droit. Voir la figure 14.

第十五式 撤步拳 — Posture 15 : le poing du pas de retrait
此式敵擊我中部,我用封閉之法以禦之。
Usage : l’adversaire frappe ma partie médiane : j’utilise une méthode de fermeture et de blocage pour parer.
聞令數三,由上式左拳收回於腰間。右拳一翻,手心向內,肘稍出。同時右脚收回,脚尖點地,左膝下彎,成寒鷄勢。面向西南,眼平視。如第十五圖。
À la commande « trois ! », depuis la posture précédente, le poing gauche revient à la taille ; le poing droit se retourne, paume vers l’intérieur, le coude légèrement sorti. En même temps, le pied droit se retire, la pointe du pied touchant le sol, le genou gauche se fléchit, formant la posture du poulet transi. On fait face au sud-ouest, le regard horizontal. Voir la figure 15.

第十六式 轉身接打 — Posture 16 : tourner le corps et enchaîner la frappe
此式敵由側方擊我上部,我卽用轉身架打之法。
Usage : l’adversaire frappe ma partie supérieure de côté : j’utilise la méthode du corps qui tourne, de la parade haute et de la frappe.
聞令數四,由上式右脚向東北,出一步。同時右臂仍握拳上架。左脚卽向西南上步。左拳卽由腰間向西南平冲,成騎馬勢。兩脚尖斜向東北,眼視西南如第十六圖。
À la commande « quatre ! », depuis la posture précédente, le pied droit fait un pas vers le nord-est, tandis que le bras droit, toujours en poing, pare vers le haut ; le pied gauche avance aussitôt d’un pas vers le sud-ouest et le poing gauche transperce horizontalement depuis la taille vers le sud-ouest, en posture du cavalier, les pointes des pieds obliquant vers le nord-est, le regard vers le sud-ouest. Voir la figure 16.

第五段 口令數一二三四 — Segment 5 (commandes « un… deux… trois… quatre »)
第十七式 立掌 — Posture 17 : la paume dressée
此式為敵擊我中部,我卽以撩掌以應之,
Usage : l’adversaire frappe ma partie médiane : je réponds par une paume qui relève.
聞令數一,由上式,右脚原地不動,腿卽伸直。左脚收回,脚尖指地,懸於左,與右脚成丁式。同時右拳由後,往前撩掌一週,仍抱拳於腰間。左拳變掌收回,由右肩前,向西北應掌。眼仍視西北。如第十七圖。
À la commande « un ! », depuis la posture précédente, le pied droit reste sur place et la jambe se tend ; le pied gauche se retire, pointe vers le sol, suspendu à gauche, formant avec le pied droit la posture en « T » (丁式). En même temps, le poing droit, venant de l’arrière, relève une fois en paume vers l’avant, puis revient serré en poing à la taille ; le poing gauche devient paume, se retire et, passant devant l’épaule droite, répond vers le nord-ouest. Le regard reste vers le nord-ouest. Voir la figure 17.

第十八式 引手劈掌 — Posture 18 : la main qui attire, la paume qui fend
此式為擒拿之法。接左手,管左腿,劈右掌,將身挨近敵側,此為近身破敵之法也。
Usage : c’est une méthode de saisie et de contrôle : on accueille la main gauche, on contrôle la jambe gauche, on fend de la paume droite, en rapprochant le corps du flanc de l’adversaire — c’est une méthode pour le vaincre de près.
聞令數二,由上式,左掌應手。右拳變掌,由後上方下劈。連肩帶胯,向前挨靠於敵身。右脚向西北上一大步,管住敵脚,成右弓式。左掌由下方繞半圈置於右肩前。脚向西南。眼仍視西北,如第十八圖。
À la commande « deux ! », depuis la posture précédente, la paume gauche répond, le poing droit devient paume et fend de haut en bas vers l’avant, épaule et hanche ensemble venant s’appuyer contre le corps de l’adversaire ; le pied droit avance d’un grand pas vers le nord-ouest et contrôle son pied, en posture d’arc droit ; la paume gauche décrit un demi-cercle par le bas et vient devant l’épaule droite. Le corps est orienté vers le sud-ouest, le regard toujours vers le nord-ouest. Voir la figure 18.

第十九式 白鶴亮翅 — Posture 19 : la grue blanche déploie ses ailes
此式連上法而成。若敵右手仍向我上部擊打,則我用此式以制之。
Usage : cette posture s’enchaîne à la précédente. Si l’adversaire frappe encore de la main droite ma partie supérieure, j’utilise cette posture pour le maîtriser.
聞令數三,由上式,兩脚原地不動。右膀向西北上挑。左膀向東南後撇,掌心向後。右掌心向前。眼回視東南。如第十九圖。
À la commande « trois ! », depuis la posture précédente, les deux pieds restent sur place ; l’épaule droite écarte vers le haut au nord-ouest, l’épaule gauche s’écarte vers l’arrière au sud-est, paume vers l’arrière, la paume droite vers l’avant. Le regard se retourne vers le sud-est. Voir la figure 19.

第二十式 鯨魚合口 — Posture 20 : la baleine ferme la gueule
此式敵由中門擊我中部,我以鯨魚合口之法接住,往後吞擰以制之。
Usage : l’adversaire attaque ma partie médiane par la porte du milieu : je l’accueille par la méthode de la baleine qui ferme la gueule, puis j’avale vers l’arrière et je tords pour le maîtriser.
聞令數四,由上式,右脚跟向西北移動。左脚收回,足尖點地,兩膝彎成寒鷄勢。同時右掌由右上方,往東南蓋下。左掌翻轉,向內上托。兩手腕相接於身前。復將兩手握住敵拳,由左向右擰,左手在下,指端向前,右手在上,指端向上。眼視東南。如第二十圖。
À la commande « quatre ! », depuis la posture précédente, le talon droit se déplace vers le nord-ouest ; le pied gauche se retire, pointe au sol, les deux genoux fléchis en posture du poulet transi. En même temps, la paume droite couvre du haut à droite vers le sud-est et la paume gauche se retourne et soutient vers le haut à l’intérieur, les deux poignets se joignant devant le corps. Puis les deux mains saisissent le poing de l’adversaire et tordent de gauche à droite, la main gauche en dessous, doigts vers l’avant, la main droite au-dessus, doigts vers le haut. Le regard vers le sud-est. Voir la figure 20.

第六段 口令數一二三四 — Segment 6 (commandes « un… deux… trois… quatre »)
第二十一式 敗勢 — Posture 21 : la posture de défaite
此式為敵變更戰略,我卽乘勢詐敗以誘之法也。
Usage : l’adversaire change de tactique : c’est une méthode pour faire semblant d’être vaincu et l’attirer.
聞令數一,由上式,右掌由下,往後上方繞一週,仍蓋於左手不動。惟掌變鈎,手心向下。同時左腿提平。右脚伸直。右掌復再沿左大腿外,由下向前上挑,揚掌於右上方。左鈎順擄至左側方。眼平視東南。如第二十一圖。
À la commande « un ! », depuis la posture précédente, la paume droite décrit un cercle par le bas vers l’arrière-haut, puis couvre de nouveau la main gauche sans bouger, mais la paume devient crochet, paume vers le bas. En même temps, la jambe gauche se lève à l’horizontale et la jambe droite se tend ; la paume droite, longeant l’extérieur de la cuisse gauche, écarte du bas vers l’avant-haut et se dresse en haut à droite, tandis que le crochet gauche ramène vers la gauche. Le regard horizontal vers le sud-est. Voir la figure 21.

第二十二式 回頭觀 — Posture 22 : regarder derrière soi
此式為誘敵追我,回顧後方之法也。
Usage : c’est une méthode pour attirer l’adversaire à sa poursuite et jeter un regard en arrière.
聞令數二,由上式,左腿向東北出一步。右脚繼續前進。走(弧線)六步。走時,兩脚踵提起,膝略彎。同時頭部右後轉,作回頭觀。兩臂姿勢,仍上式,不變。如第二十二圖。
À la commande « deux ! », depuis la posture précédente, la jambe gauche fait un pas vers le nord-est et le pied droit continue d’avancer : on marche six pas en arc de cercle, les talons levés et les genoux légèrement fléchis, tandis que la tête se tourne vers l’arrière droit pour regarder derrière soi. La position des deux bras reste inchangée. Voir la figure 22.

第二十三式 回馬腿 — Posture 23 : la jambe du cheval qui revient
此式為敵已入我有效攻擊之地,卽我用回馬腿以取之。
Usage : l’adversaire est entré dans la zone où mon attaque porte : j’utilise alors le coup de pied du cheval qui revient pour l’atteindre.
聞令數三。由上式。卽提左腿蹤,身向上,卽速由右向後轉。同時右腿乘勢蹤身轉動時,卽向正西踢腿。兩手隨身轉左。鉤變掌。右手由後往前,用掌背乘勢接拍左掌,卽復拍右脚面。同時兩脚落地,向北成右弓式。兩脚向左右平展,如白鶴亮翅然,眼視西。如第二十三圖。此圖,係預備拍掌,踢腿之勢。(又注)
À la commande « trois ! », depuis la posture précédente, la jambe gauche se lève, le corps monte, puis se retourne prestement de droite vers l’arrière. En même temps, tandis que le corps tourne, la jambe droite saisit l’occasion et frappe tout droit vers l’ouest ; les deux mains suivent le corps vers la gauche, le crochet devient paume, la main droite va de l’arrière vers l’avant et, profitant du mouvement, frappe du dos de la paume contre la paume gauche, puis de nouveau contre le dessus du pied droit. En même temps, les deux pieds se posent, vers le nord, en posture d’arc droit, les pieds étendus à gauche et à droite comme dans « la grue blanche déploie ses ailes », le regard vers l’ouest. Voir la figure 23 (cette figure montre la préparation de la frappe de paume et du coup de pied. — Note de l’auteur.)

第二十四式 翻掌撩陰 — Posture 24 : la paume retournée qui relève vers l’aine
此式為應手防禦之法。
Usage : c’est une méthode de défense par la paume qui répond.
聞令數四,由上式,右腿不動。左脚向北上半步,脚尖點地,成寒鷄勢。同時右掌翻轉,由前上方往後勾擄,至右側上方。高舉左拳,順左腿向北上前,用撩陰掌。如第二十四圖。
À la commande « quatre ! », depuis la posture précédente, la jambe droite ne bouge pas et le pied gauche avance d’un demi-pas vers le nord, pointe au sol, en posture du poulet transi. En même temps, la paume droite se retourne et ramène en accrochant du haut de l’avant vers l’arrière, jusqu’en haut à droite, tandis que le poing gauche, levé haut, suit la jambe gauche vers l’avant au nord, et l’on emploie la paume qui relève vers l’aine. Voir la figure 24.

第三節 拳譜 — Section 3 : notation
撩掌及胯穩如山 活步二虎登山勢 披掌挑打不容寬 套步鷂子抓肩勢 霧雲接打在裏邊 提步跨虎登山勢 上步單臂擒方臘 撤步五子對雙拳 開步托掌頂心肘 迎面接掌不容寬 套步顚筋多勇猛 提步護膝雙手展
Paume qui relève jusqu’à la hanche, aussi stable qu’une montagne ; pas vif, deux tigres gravissent la montagne. Paume qui fend, frappe qui écarte, sans rien accorder ; pas d’enfilade, l’épervier saisit l’épaule. Nuée et brume, enchaîner la frappe à l’intérieur ; lever le pas, enjamber le tigre et gravir la montagne. Avancer d’un pas, un seul bras pour capturer Fang La ; reculer d’un pas, les Cinq Enfants face aux deux poings. Ouvrir le pas et soutenir la paume, coup de coude au plexus ; enchaîner la paume de face, sans rien accorder. Pas d’enfilade, tendons tendus, plein de vaillance ; lever le pas, protéger les genoux, les deux mains déployées.
第七段 口令數一二三四 — Segment 7 (commandes « un… deux… trois… quatre »)
第二十五式 踢腿 — Posture 25 : le coup de pied
此式為取敵下部,先我用左脚活步,是虛用,用右脚踢腿,是實法,所謂聲東擊西之法也。
Usage : pour atteindre la partie inférieure de l’adversaire : le pied gauche fait d’abord un pas vif, qui est un leurre, puis le pied droit frappe, qui est la vraie attaque — c’est ce qu’on appelle « crier à l’est et frapper à l’ouest ».
聞令數一,由上式,右掌應手,復由前上方至後方變鈎。同時右脚向左脚後,擠步。左脚(卽向前活半步)同時,兩臂仍是上式不變。右脚向北踹腿,脚尖斜向右。(踹腿係用足跟力)如第二十五圖。
À la commande « un ! », depuis la posture précédente, la paume droite répond, puis revient du haut de l’avant vers l’arrière et devient crochet ; en même temps, le pied droit fait un pas pressé derrière le pied gauche et le pied gauche avance d’un demi-pas vif, les deux bras restant dans leur position. Le pied droit frappe vers le nord en poussant, la pointe du pied obliquant vers la droite. (Le coup de pied poussé s’exécute avec la force du talon.) Voir la figure 25.

第二十六式 披掌 — Posture 26 : la paume qui fend
此式為敵嚴防下部,我卽出其不意,乘虛而入,由上下劈之法也。
Usage : l’adversaire garde sévèrement sa partie inférieure : je le prends au dépourvu et, profitant du vide, j’entre en fendant du haut vers le bas.
聞令數二,由上式,右腿落地,成右弓式。右鈎手,由後上方向前劈蓋。左掌托住右臂。眼正視北。如第二十六圖。
À la commande « deux ! », depuis la posture précédente, la jambe droite se pose en posture d’arc droit ; le crochet droit fend et couvre de l’arrière-haut vers l’avant, la paume gauche soutenant le bras droit. Le regard droit vers le nord. Voir la figure 26.

第二十七式 挑打 — Posture 27 : écarter et frapper
此式敵防於上,我則取於中,出奇致勝,在此其中矣。
Usage : l’adversaire se garde en haut, j’attaque au milieu : surprendre et vaincre, c’est là que cela se joue.
聞令數三,由上式,右脚原地不變。左脚上步,與右脚平行,成騎勢。同時左掌上挑收回,護於右肩前。右拳收回,復由腰間,向北出打子午拳。兩脚尖正向北。眼平視。如第二十七圖。
À la commande « trois ! », depuis la posture précédente, le pied droit reste sur place ; le pied gauche avance d’un pas, parallèle au pied droit, en posture du cavalier. En même temps, la paume gauche écarte vers le haut puis se retire pour protéger devant l’épaule droite ; le poing droit se retire, puis sort de la taille et frappe vers le nord du poing « ziwu » (子午拳, le poing de l’axe nord-sud). Les pointes des deux pieds sont exactement au nord ; le regard horizontal. Voir la figure 27.

第二十八式 抓肩勢 — Posture 28 : la posture qui saisit l’épaule
此式為敵取我左側部,我卽借其之勢以乘之,
Usage : l’adversaire attaque mon flanc gauche : j’emprunte son élan et le chevauche.
聞令數四,由上式,左脚原地,彎膝。右脚套步,卽插於左脚後。同時左手握拳,順勢垂於左側。右拳變掌,抓於左肩。兩腿成坐勢。如第二十八圖。
À la commande « quatre ! », depuis la posture précédente, le pied gauche reste sur place, le genou fléchi, et le pied droit fait un pas d’enfilade en s’insérant derrière le pied gauche. En même temps, la main gauche se ferme en poing et pend le long du flanc gauche, tandis que le poing droit devient paume et saisit l’épaule gauche. Les deux jambes forment une posture assise. Voir la figure 28.

第八段 口令數一二三四 — Segment 8 (commandes « un… deux… trois… quatre »)
第二十九式 接打勢 — Posture 29 : la posture de l’enchaînement de frappe
此式為上法之借勢,取敵中部,使用連環接打之法。
Usage : cette posture emprunte l’élan de la précédente pour atteindre la partie médiane de l’adversaire, par une méthode d’enchaînements de frappes successives.
聞令數一,由上式,右手不動。左拳變掌,向左下繞一週,仍至胸前。同時左脚向西出一步,成右弓式。右掌卽向正西插掌。左拳卽收至腰間,復緣右掌向西冲出。右掌卽向上方右架。同時右腿彎成騎馬勢。如第二十九圖。
À la commande « un ! », depuis la posture précédente, la main droite ne bouge pas ; le poing gauche devient paume, décrit un cercle vers le bas à gauche et revient devant la poitrine. En même temps, le pied gauche fait un pas vers l’ouest en posture d’arc droit, la paume droite pique droit vers l’ouest, le poing gauche revient à la taille puis ressort vers l’ouest en longeant la paume droite, tandis que la paume droite pare vers le haut à droite. En même temps, la jambe droite se fléchit en posture du cavalier. Voir la figure 29.

第三十式 登山勢 — Posture 30 : la posture de la montée à la montagne
此式為我欲擒而故縱之法。
Usage : c’est une méthode où l’on feint de relâcher celui que l’on veut capturer.
聞令數二,由上式,右腿高提,脚尖向西。右脚直立。左肘上挂,肘尖接迎左膝蓋。右掌變拳,由上向下劈。眼視左拳,面向西。如第三十圖。
À la commande « deux ! », depuis la posture précédente, la jambe droite se lève haut, la pointe du pied vers l’ouest, et la jambe droite se tient droite ; le coude gauche se suspend vers le haut, la pointe du coude venant à la rencontre du genou gauche. La paume droite devient poing et fend du haut vers le bas. Le regard est posé sur le poing gauche, le visage vers l’ouest. Voir la figure 30.

第三十一式 橫捶 — Posture 31 : le poing latéral
此式為取敵之側面,擒而擊之。
Usage : c’est pour atteindre le flanc de l’adversaire, le saisir et le frapper.
聞令數三,由上式,左脚向西北落地。右脚再向西北上一大步,成右弓式。同時右掌變拳,由側方橫擊,肘稍彎,手心向上。左拳卽變掌,托右臂於身前。如第三十一圖。
À la commande « trois ! », depuis la posture précédente, le pied gauche se pose au nord-ouest et le pied droit avance d’un grand pas vers le nord-ouest en posture d’arc droit. En même temps, la paume droite devient poing et frappe latéralement de côté, le coude légèrement fléchi, le poing vers le haut ; le poing gauche devient paume et soutient le bras droit devant le corps. Voir la figure 31.

第三十二式 撤步雙拳 — Posture 32 : le pas de retrait et les deux poings
此式為收容陣地,伺機以待之法也。
Usage : c’est une méthode pour resserrer le dispositif et guetter l’occasion.
聞令數四,由上式,右脚向東北撤一大步。同時左脚收回,與右脚竝立。右拳變掌。兩手由右脚撤回時,下垂至兩脚靠攏時,兩手握拳,相對於腹前。如第三十二圖。
À la commande « quatre ! », depuis la posture précédente, le pied droit recule d’un grand pas vers le nord-est tandis que le pied gauche se retire pour se placer debout près du pied droit, et le poing droit devient paume. Quand les deux mains se retirent avec le pied droit, elles pendent ; quand les deux pieds se rapprochent, les deux mains se ferment en poings qui se font face devant l’abdomen. Voir la figure 32.

第九段 口令數一二三四 — Segment 9 (commandes « un… deux… trois… quatre »)
第三十三式 頂心肘 — Posture 33 : le coude au plexus
此式為敵擊我左側,我托掌以應之,出肘以取之,因勢克敵之法也。
Usage : l’adversaire frappe mon flanc gauche : je réponds par une paume qui soutient et j’attaque du coude — une méthode où l’on profite de l’élan pour vaincre.
聞令數一,由上式。左脚向西南出一步,成左弓式,同時左拳變掌,向左上方托掌。右拳盤肘,向西南,使頂心肘。眼視右掌。如第三十三圖。
À la commande « un ! », depuis la posture précédente, le pied gauche fait un pas vers le sud-ouest en posture d’arc gauche, et en même temps le poing gauche devient paume qui soutient vers le haut à gauche ; le poing droit ramène le coude et, vers le sud-ouest, exécute le coude au plexus. Le regard est posé sur la paume droite. Voir la figure 33.

第三十四式 迎面掌 — Posture 34 : la paume de face
此式為敵擊我側方,而我用左蓋右劈之法,以擊敵之上部。
Usage : l’adversaire frappe de flanc : j’emploie la méthode de la main gauche qui couvre et de la droite qui fend, afin de frapper sa partie supérieure.
聞令數二,由上式,右脚向西北出一步,成右弓式。同時右拳變掌,向西北上劈下。左掌先由右肘前蓋下,卽托住右肘。身稍前傾。眼視右掌。如第三十四圖。
À la commande « deux ! », depuis la posture précédente, le pied droit fait un pas vers le nord-ouest en posture d’arc droit. En même temps, le poing droit devient paume et fend vers le nord-ouest, du haut vers le bas, tandis que la paume gauche, passant d’abord devant le coude droit, couvre vers le bas puis soutient le coude droit. Le corps est légèrement penché en avant, le regard posé sur la paume droite. Voir la figure 34.

第三十五式 抽掌冲捶 — Posture 35 : la paume qui se retire, le poing qui transperce
此式銜接上法,以挑打之法,以擊敵人之中部。
Usage : cette posture s’enchaîne à la précédente et, par la méthode de l’écartement et de la frappe, atteint la partie médiane de l’adversaire.
聞令數三,由上式,右脚不動。左脚向右脚後,插成交叉步。同時右掌抽囘,握拳於腰間。左掌同時向西北上托,卽架於額前。右拳卽由腰間向西北平冲。同時右脚再向西北出一步,成騎馬式。眼視右拳。如第三十五圖。
À la commande « trois ! », depuis la posture précédente, le pied droit ne bouge pas et le pied gauche s’insère derrière le pied droit en pas croisé. En même temps, la paume droite se retire et se ferme en poing à la taille, tandis que la paume gauche soutient vers le haut au nord-ouest et pare devant le front ; le poing droit transperce alors horizontalement depuis la taille vers le nord-ouest. En même temps, le pied droit fait un pas de plus vers le nord-ouest en posture du cavalier. Le regard est posé sur le poing droit. Voir la figure 35.

第三十六式 雙展手 — Posture 36 : les deux mains déployées
此式為敵取我下部,我則提腿以避之,出掌以取之。
Usage : l’adversaire attaque ma partie inférieure : je lève la jambe pour l’éviter et j’attaque par la paume.
聞令數四,由上式,轉身向北。右腿提起。左脚伸直。同時兩臂下垂,拳卽變鈎,向後擄。兩手復由鈎變掌,雙掌向前上抄。兩臂稍彎,兩掌相距與肩平行,指端向上。同時右腿向北,落地成右弓式。雙掌向懷中一帶,卽向北推出。眼平視北。如第三十六圖。此圖面應向南攝背面,則手法被掩,改攝側面。(又註)
À la commande « quatre ! », depuis la posture précédente, on tourne le corps vers le nord ; la jambe droite se lève et la jambe gauche se tend. En même temps, les deux bras pendent, les poings deviennent crochets et ramènent vers l’arrière, puis les deux mains, de crochets, redeviennent paumes et cueillent vers l’avant et le haut, les bras légèrement fléchis, les deux paumes à une distance parallèle aux épaules, les doigts vers le haut. En même temps, la jambe droite se pose vers le nord en posture d’arc droit, les deux paumes ramènent vers la poitrine puis poussent vers le nord. Le regard horizontal vers le nord. Voir la figure 36 (cette posture, prise de face, aurait caché le travail des mains ; on l’a donc photographiée de profil. — Note de l’auteur.)

第四節 拳譜 — Section 4 : notation
瀉步順撑攔正面 穿掌護膝把腿捲 上步接打順步腿 側身左剁右足彈 穿袖蓋步護肩掌 敗勢跌打勢冲天 抽樑換柱急震步 穿袖定心十字拳 手按七星忙撤步 順風擺柳勢法全
Pas qui s’écoule, appui dans le sens, barrer de face ; paume qui traverse, protéger le genou et replier la jambe. Avancer d’un pas et enchaîner la frappe, jambe dans le sens du pas ; corps de côté, tailler à gauche, détente du pied droit. Enfiler la manche et couvrir le pas, paume qui protège l’épaule ; posture de défaite, frapper en tombant, posture qui s’élance vers le ciel. Retirer la poutre et changer le pilier, pas qui secoue brusquement ; enfiler la manche, fixer le cœur, le poing en croix. La main presse les Sept Étoiles et se retire en hâte d’un pas ; le saule se balance au gré du vent : la posture et la méthode sont complètes.
第十段 口令數一二三四 — Segment 10 (commandes « un… deux… trois… quatre »)
第三十七式 順撑掃腿 — Posture 37 : l’appui dans le sens, la jambe qui balaie
此式右側面,受敵襲擊,我順勢抽撑以破之。
Usage : sur mon flanc droit, attaqué par l’adversaire, je retire et j’appuie en suivant son élan pour le briser.
聞令數一,由上式,右脚不動。左脚倒插於右脚後。兩膝稍彎。左掌卽套於右膊下。身略向左轉。同時右腿向西掃。左脚不動。成右弓式。右掌抽回腰間。左掌乘勢向東撑出,速變鈎,擄至左後方。而右掌復由腰間向東撑出。兩脚仍左弓式。眼視東。如第三十七圖。
À la commande « un ! », depuis la posture précédente, le pied droit ne bouge pas et le pied gauche s’insère en croisé derrière le pied droit, les genoux légèrement fléchis, la paume gauche passant sous le bras droit ; le corps se tourne légèrement vers la gauche, tandis que la jambe droite balaie vers l’ouest, le pied gauche ne bougeant pas, puis l’on forme la posture d’arc droit. La paume droite se retire à la taille et la paume gauche, saisissant l’occasion, s’étend vers l’est puis devient aussitôt crochet et ramène vers l’arrière gauche, tandis que la paume droite s’étend de nouveau vers l’est depuis la taille, les deux pieds restant en arc gauche. Le regard vers l’est. Voir la figure 37.

第三十八式 穿掌 — Posture 38 : la paume qui traverse
此式為防護敵襲之法也。
Usage : c’est une méthode pour parer l’attaque de l’adversaire.
聞令數二,由上式,右脚不動,膝稍彎。左脚收回,脚尖點地,成寒鷄勢。同時右掌由前下方至右後上方,繞一圈,向前蓋下,接近左腕。左鈎手卽變掌,向前伸穿。右掌復變鈎,平舉於前,掌心向下。如第三十八圖。
À la commande « deux ! », depuis la posture précédente, le pied droit ne bouge pas, le genou légèrement fléchi ; le pied gauche se retire, pointe au sol, en posture du poulet transi. En même temps, la paume droite, de l’avant-bas vers l’arrière-haut droit, décrit un cercle, couvre vers l’avant et s’approche du poignet gauche, tandis que le crochet gauche devient paume et s’étend en traversant vers l’avant ; la paume droite redevient crochet, levée horizontalement devant, paume vers le bas. Voir la figure 38.

第三十九式 順步腿 — Posture 39 : la jambe dans le sens du pas
此式攻敵中部為體,取敵下部為用,一虛一實,運用不拘格調,隨機變化可也。
Usage : dans cette posture, attaquer la partie médiane est le corps [la substance], atteindre la partie inférieure en est l’usage : un vide et un plein, à employer sans s’astreindre à un schéma, en variant selon l’occasion.
聞令數三,由上式,左脚向東探半步。左鉤變掌,穿右掌,抽回於胸前。同時右脚上步。左脚再上一步。左掌卽變拳收於腰間右掌由胸前上提。右脚卽向東踢腿。右掌下拍右脚面。同時右腿落地,成右弓式。右掌卽在右膝前向東切掌。左手仍抱拳於腰間。眼視東。如第三十九圖。
À la commande « trois ! », depuis la posture précédente, le pied gauche sonde vers l’est d’un demi-pas ; le crochet gauche devient paume, traverse la paume droite et se retire devant la poitrine. En même temps, le pied droit avance, puis le pied gauche avance encore ; la paume gauche devient poing et revient à la taille, tandis que la paume droite monte depuis la poitrine. Le pied droit frappe alors vers l’est et la paume droite vient frapper vers le bas le dessus du pied droit. En même temps, la jambe droite se pose en posture d’arc droit et la paume droite tranche vers l’est devant le genou droit, la main gauche restant serrée en poing à la taille. Le regard vers l’est. Voir la figure 39.

第四十式 蹬脚 — Posture 40 : le pied qui pousse
此式為敵由後逆擊我上部,而我側轉以應之。
Usage : l’adversaire contre-attaque par-derrière ma partie supérieure : je me tourne de côté pour répondre.
聞令數四,由上式,左脚不動,膝稍彎。右脚卽倒叉於左脚後。同時左拳變掌。兩掌向胸前,抄合成交叉手。右臂在內。左臂在外。身稍向右側彎。同時左腿提起,向西蹬出。兩掌卽向左右平展。身向右側彎。眼視左腿。如第四十圖。
À la commande « quatre ! », depuis la posture précédente, le pied gauche ne bouge pas, le genou légèrement fléchi, et le pied droit se croise en arrière derrière le pied gauche. En même temps, le poing gauche devient paume, et les deux paumes cueillent devant la poitrine pour se joindre en mains croisées, le bras droit à l’intérieur et le bras gauche à l’extérieur, le corps légèrement incliné vers la droite. En même temps, la jambe gauche se lève et pousse vers l’ouest, tandis que les deux paumes s’étendent horizontalement à gauche et à droite, le corps incliné du côté droit. Le regard est posé sur la jambe gauche. Voir la figure 40.

第十一段 口令數一二三四 — Segment 11 (commandes « un… deux… trois… quatre »)
第四十一式 彈腿 — Posture 41 : la jambe qui détend
此式銜接上法,拘擄敵手,用冲捶踢腿以攻之。
Usage : cette posture s’enchaîne à la précédente : on accroche et tire la main de l’adversaire, puis on l’attaque par le poing qui transperce et le coup de pied.
聞令數一,由上式,左掌向左拘擄,握拳收回於腰間。右拳變掌,由腰間向西平冲。同時左腿向西落地,成左弓式。收回右拳於腰間。復同時左掌向前撑。右腿卽向西踢。左脚不動。同時左掌收回,握拳於腰間,右拳卽變掌,仍向西撑出。右脚同時收回,仍成左弓式。眼平視西。如第四十一圖。
À la commande « un ! », depuis la posture précédente, la paume gauche accroche et tire vers la gauche, puis se ferme en poing et revient à la taille ; le poing droit devient paume et transperce horizontalement depuis la taille vers l’ouest, tandis que la jambe gauche se pose à l’ouest en posture d’arc gauche. Le poing droit revient à la taille et, en même temps, la paume gauche pousse vers l’avant ; la jambe droite frappe alors vers l’ouest, le pied gauche ne bougeant pas. En même temps, la paume gauche revient et se ferme en poing à la taille, le poing droit devient paume et s’étend toujours vers l’ouest, tandis que le pied droit revient, la posture restant un arc gauche. Le regard horizontal vers l’ouest. Voir la figure 41.

第四十二式 護肩掌 — Posture 42 : la paume qui protège l’épaule
此式銜上法,舍攻為守之法也。
Usage : cette posture s’enchaîne à la précédente : on abandonne l’attaque pour la défense.
聞令數二,由上式,右脚原地,右向後轉。左脚提起,脚尖點地,卽向東,成寒鷄勢。同時左拳變掌,卽向右掌上穿出。右掌卽由下往後,右上方向前下蓋掌。左掌卽變鈎,由左後上方向前下鈎。眼視東。如第四十二圖。
À la commande « deux ! », depuis la posture précédente, le pied droit reste sur place et l’on pivote vers l’arrière droit ; le pied gauche se lève, pointe au sol, et se tourne vers l’est en posture du poulet transi. En même temps, le poing gauche devient paume et traverse vers le haut par-dessus la paume droite, tandis que la paume droite, du bas vers l’arrière puis du haut à droite, vient couvrir vers l’avant et le bas. La paume gauche devient alors crochet et, du haut arrière-gauche, vient crocheter vers l’avant et le bas. Le regard vers l’est. Voir la figure 42.

第四十三式 冲捶 — Posture 43 : le poing qui transperce
此式為追敵擒拿之法,復用震步跥其脚面以制之。
Usage : c’est une méthode pour poursuivre, saisir et maîtriser l’adversaire, en achevant de le contrôler par un pas qui ébranle et frappe le dessus de son pied.
聞令數三,由上式,右脚原地不動,右腿伸直。左腿提平,小腿垂直,脚尖向南,左鈎手向左側方平擄。右掌向右側方平展,指端向上。眼視東。同時左脚向東北落地。右脚再上一步,如斯繼續上五步,(走弧形,至開始時之原地。)同時走至第四步時,右掌向前應手,至第五步。左脚由右脚前繞至右方,同時身體向右後轉,右脚卽竝立於左脚,兩腿稍彎。同時右臂伸直平舉,隨身磨轉一週。右掌變拳,收回於腰間,卽向上冲捶。左鈎變拳,由右上方蓋下,至膊下。同時右脚提起,卽速往下震地。兩脚尖向北。身體直立。眼仰視北。如第四十三圖。
À la commande « trois ! », depuis la posture précédente, le pied droit reste sur place et la jambe droite se tend, la jambe gauche se lève à l’horizontale, le bas de jambe vertical, la pointe du pied vers le sud ; le crochet gauche ramène horizontalement vers la gauche et la paume droite s’étend horizontalement vers la droite, doigts vers le haut. Le regard vers l’est. En même temps, le pied gauche se pose au nord-est et le pied droit avance d’un pas ; on continue ainsi sur cinq pas (en décrivant un arc jusqu’à l’endroit du départ). Au quatrième pas, la paume droite répond vers l’avant ; au cinquième pas, le pied gauche passe en croisant devant le pied droit vers la droite, tandis que le corps se retourne vers l’arrière droit et que le pied droit vient se placer debout près du pied gauche, les deux jambes légèrement fléchies. En même temps, le bras droit, tendu et levé horizontalement, accomplit un tour complet en pivotant avec le corps ; la paume droite devient poing, revient à la taille puis transperce vers le haut, tandis que le crochet gauche devient poing et couvre du haut à droite jusqu’au-dessous du bras. En même temps, le pied droit se lève et vient aussitôt ébranler le sol vers le bas. Les pointes des deux pieds sont au nord, le corps droit, le regard levé vers le nord. Voir la figure 43.

第四十四式 抽樑換柱 — Posture 44 : retirer la poutre, changer le pilier
此式為誘敵接近我身,而用依接着法以制之。
Usage : c’est pour attirer l’adversaire près de soi et le maîtriser par une méthode d’adhérence et de contact.
聞令數四,由上式,左脚向東出一步,腿下彎。右脚伸直,成左弓式。同時左拳收回懷中。兩拳卽向左右冲出。右拳稍高。左拳略低。虎口斜向上。右拳卽變掌,由上方向左下蓋於左腕。同時左拳後抽。上體略向左閃身。右掌卽由左拳下,向前向上挑。左拳復向前冲。右掌再由上往下蓋。同時左拳抽回左脇旁。同時上體復右閃身,卽向前冲出。眼平視西。如第四十四圖。
À la commande « quatre ! », depuis la posture précédente, le pied gauche fait un pas vers l’est, la jambe fléchie, la jambe droite tendue, en posture d’arc gauche. En même temps, le poing gauche revient au creux de la poitrine, puis les deux poings fusent à gauche et à droite, le poing droit un peu plus haut, le poing gauche un peu plus bas, les gueules du tigre obliquant vers le haut. Le poing droit devient alors paume et couvre du haut vers le bas à gauche sur le poignet gauche, tandis que le poing gauche se retire vers l’arrière et que le haut du corps esquive légèrement vers la gauche ; la paume droite, sous le poing gauche, écarte vers l’avant et le haut, le poing gauche fuse de nouveau vers l’avant, la paume droite couvre encore du haut vers le bas, le poing gauche se retire le long des côtes gauches, le haut du corps esquive de nouveau vers la droite, puis fuse vers l’avant. Le regard horizontal vers l’ouest. Voir la figure 44.

第十二段 口領數一二三四 — Segment 12 (commandes « un… deux… trois… quatre »)
第四十五式 七星拳 — Posture 45 : le poing des Sept Étoiles
此式為收勢之準備法。
Usage : cette posture sert de préparation au mouvement de clôture.
聞令數一,由上式,左脚撤回,與右脚竝立,脚尖北向。左臂平屈,仍握拳。右臂仍按掌於左腕。兩臂成環形。眼平視北。如第四十五圖。此圖係正面拍照,改攝側面,使閱者易明手法故耳,(又註)
À la commande « un ! », depuis la posture précédente, le pied gauche se retire et se place debout près du pied droit, les pointes vers le nord ; le bras gauche se plie à l’horizontale, toujours en poing, et le bras droit presse sa paume contre le poignet gauche, les deux bras formant un anneau. Le regard horizontal vers le nord. Voir la figure 45 (comme elle avait d’abord été photographiée de face, on l’a reprise de profil afin que le lecteur comprenne mieux le travail des mains. — Note de l’auteur.)

第四十六式 順風擺柳 — Posture 46 : le saule qui se balance au gré du vent
此式為演式告終之法式。
Usage : cette posture est la méthode qui conclut l’exécution de l’enchaînement.
聞令數二,由上式兩脚仍竝立不動。上體轉向西。同時左拳變鈎。右掌豎起,隨上體向左轉。兩臂復向左右展開。眼平視西。如第四十六圖。
À la commande « deux ! », depuis la posture précédente, les deux pieds restent debout côte à côte sans bouger et le haut du corps se tourne vers l’ouest. En même temps, le poing gauche devient crochet et la paume droite se dresse, suivant la rotation du haut du corps vers la gauche, tandis que les deux bras se déploient de nouveau à gauche et à droite. Le regard horizontal vers l’ouest. Voir la figure 46.

第四十七式 式法全 — Posture 47 : la méthode complète
此式為體止式。
Usage : c’est la posture d’arrêt du corps.
聞令數三,由上式,兩脚仍竝立不動。上體向右轉,正面向北。同時兩臂左右下垂,變掌,經腰間兩掌卽分向左右後轉,卽握拳會於身前。兩臂成環形。眼正視北。如第四十七圖。
À la commande « trois ! », depuis la posture précédente, les deux pieds restent debout côte à côte sans bouger et le haut du corps se tourne vers la droite, le visage vers le nord. En même temps, les deux bras pendent à gauche et à droite, deviennent paumes, et, passant par la taille, se séparent vers la gauche et la droite puis se retournent vers l’arrière pour se rejoindre en poings devant le corps, les deux bras formant un anneau. Le regard droit vers le nord. Voir la figure 47.

第四十八式 還原 — Posture 48 : le retour à l’état originel
此式為全章之恢復原狀之法。
Usage : c’est la méthode qui rétablit l’état initial pour tout le chapitre.
聞令數四,由上式,全身不動。兩拳撒開,抱肘於腰間,卽變掌,翻腕,徐徐緣大腿下按,垂於兩旁,恢復原來立正姿勢。如第四十八圖。
À la commande « quatre ! », depuis la posture précédente, sans bouger le reste du corps, les deux poings s’ouvrent, les coudes se ramènent près de la taille, puis les poings deviennent paumes, les poignets se retournent et pressent lentement vers le bas le long des cuisses pour pendre aux deux côtés, retrouvant la position originelle de garde-à-vous. Voir la figure 48.

Notes du traducteur
- Le chaquan (查拳) est un art de boxe du Nord, traditionnellement attribué à un certain Cha Mi’er (查密爾) et transmis au sein des communautés musulmanes (Hui) de Shandong et du Hebei. Il se compose de dix « routes » (路) ou enchaînements ; ce manuel ne traite que de la quatrième.
- Noms des techniques : le compilateur lui-même avertit (remarque 7) que la terminologie martiale chinoise est instable d’une école à l’autre. Les noms français proposés ici sont donc des traductions littérales, non des appellations consacrées ; le lecteur se reportera au terme chinois.
- Posture 30 : le texte dit à la fois que « la jambe droite se lève haut » et que « la jambe droite se tient droite » — inversion gauche/droite que l’on retrouve aussi à la posture 11. Ces inadvertances sont fréquentes dans la littérature martiale de l’époque ; le compilateur les déplore lui-même dans ses remarques générales. Le texte chinois est reproduit tel quel.
- Posture 42 : dans l’édition originale, ce paragraphe porte par erreur le titre « 第四十二圖 » (figure 42) au lieu de « 第四十二式 » (posture 42) ; il s’agit bien de la quarante-deuxième posture de l’enchaînement.
- Ziwu quan (子午拳, posture 27) : littéralement « poing de la onzième et de la première heure », c’est-à-dire le poing frappé dans l’axe nord-sud, de face.
- Chants et notations : la « notation » (譜) de la quatrième route compte vingt distiques ; les quatre sections du chapitre deux en reprennent chacune un fragment, avec quelques variantes de caractères (par exemple 跨刁鞍 pour 跨雕鞍, 披掌 pour 劈掌, 順撑 pour 順掌, 左剁 pour 左刴). Les variantes sont signalées au passage.
- Images : les cinquante-trois planches reproduites ici sont des scans de l’édition originale de 1929 — calligraphie liminaire de Yu Youren, portrait de l’auteur, portrait du directeur Zhang Zhijiang, figure d’orientation, position de garde-à-vous et les quarante-huit figures de postures. Elles appartiennent au texte chinois du domaine public.
Source du texte chinois : « Guoshu jiaofan chaquan » (國術教範查拳) de Wu Zhiqing (吳志青), Grande Librairie de l’Est (大東書局), Shanghai, septembre 1929, examiné et approuvé par l’Institut central des arts martiaux ; texte relevé sur la page « CHAQUAN #4 » du blog de traductions de Paul Brennan. Le texte chinois est dans le domaine public ; les cinquante-trois images sont des scans des pages de l’édition originale de 1929, elles aussi dans le domaine public. Traduction française : nouvelle traduction réalisée directement à partir de l’original chinois pour ce site.