Le Beng bu quan (崩步拳, « la boxe des pas d’avalanche ») est, dans la boxe de la mante (螳螂拳), le second set fondamental après le Tan tui en douze lignes, et le premier enchaînement d’assaut que l’on enseigne aux débutants. Publié à Hong Kong en juin 1947 par l’Institut des arts martiaux de la mante (螳螂國術館), il fut compilé par Huang Hanxun (黃漢勛, 1915-1974) de Shunde, élève de Luo Guangyu (羅光玉, 1888-1944) de Penglai, au Shandong, quelques mois à peine après la mort de son maître ; les photographies sont de Tan Yiren (譚以仁).

Le livre est moins un traité qu’un manuel de transmission : il s’ouvre sur une brève anthologie d’hommages — les réflexions de Xie Junshi sur la boxe de la mante, une histoire de l’école par Shi Jichu, un portrait de Luo Guangyu par Guan Zhuo — puis vient la préface où Huang Hanxun raconte comment il a décidé de publier, le court essai « Du beng bu », les conseils de pratique, la nomenclature des postures et le plan d’orientation. Le corps de l’ouvrage donne ensuite les quarante-sept postures de l’enchaînement, chacune décomposée en une explication (說明) qui décrit les pas, les mains et le regard, et une application (功用) qui donne la réponse à l’adversaire. L’ensemble est un aller et retour sur deux circuits — vers l’ouest, puis vers l’est, puis de nouveau — et chaque section s’achève sur une posture qui marque le demi-tour.

Huang Hanxun est mort le 23 décembre 1974 ; le texte chinois appartient donc au domaine public depuis le 1er janvier 2025.

Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.

Page de titre (書名頁)

崩步拳

編者:黄漢勛

攝影者:譚以仁

出版者:螳螂國術館 中華民國卅六年六月初版

« La boxe des pas d’avalanche » (崩步拳).

Compilé par Huang Hanxun (黃漢勛). Photographies : Tan Yiren (譚以仁).

Éditeur : l’Institut des arts martiaux de la mante (螳螂國術館). Première édition, sixième mois de la trente-sixième année de la République de Chine (juin 1947).

Calligraphie liminaire (題字)

黃漢勛編

崩步拳

胡劍魔題

Compilé par Huang Hanxun (黃漢勛) ; « La boxe des pas d’avalanche » (崩步拳) ; inscription de Hu Jianmo (胡劍魔).

Calligraphie liminaire de l’édition de 1947 : le titre 崩步拳, « la boxe des pas d’avalanche », dû à Hu Jianmo

Quelques réflexions sur la boxe de la mante (螳螂拳的感想)

黃漢勛師兄自香港來示。囑我寫一篇關於螳螂拳的文章。叫我打一套螳螂拳給別人看倒還可『將就』。要我寫文章實在要命了。可是黃君提倡國術之熱忱。和遙遠來示之誠意。卻之未免太不恭敬和冷酷了。好在無題也是有題。我只有用寫實的手法紀錄點出來聊供參考。

Mon frère aîné Huang Hanxun m’a écrit depuis Hong Kong pour me demander un article sur la boxe de la mante. Me demander de présenter un enchaînement de mante devant des gens, à la rigueur je peux encore « faire avec » ; mais me demander un article, c’est proprement me condamner. Pourtant, l’ardeur que met M. Huang à promouvoir les arts martiaux nationaux et la sincérité d’une lettre venue de si loin : refuser serait par trop impoli et froid. Heureusement, « sans titre » est encore un titre ; je n’ai qu’à noter quelques observations d’une plume réaliste, pour servir de référence.

我覺得時代是進步了。而進步的時代是誠實不虛的。只有落伍的時代是虛偽的。謊騙的。現代的文藝。戲劇。圖畫等藝術都需要面臨現實。用寫生的切于實際的手法。把它發揮出來。而起良好作用。因為空想。空論的東西一定是有錯誤的。是沒用的。法國的大畫家被一個看馬的牧童駁倒。因為他畫得一手好馬。但沒有畫出馬在跑時口涎沬。不夠眞實。豐子愷先生他在牧羊群的時候把每一隻羊都牽上一根繩。但他後來去看看羊群。發現一群羊只有第一隻牽一根繩。其餘的都全跟著走到甚麼地方去。于是紏正了他的錯誤。這都是很好的例子。『國術』的每一動作都是有根據的。是從大自然中學習來的。讀了『螳螂拳源起』就是一個明證。螳螂拳的創者王朗。就是用寫生的方法。從動物昆蟲群中學來的。王朗是個虛心好學者。他不但向人學習。更能向動物昆蟲去學習。這決不是瘋話。蜜蜂。螞蟻的儲藏精神。以及鳥獸的愛護同類精神。不是給我們許多啓示我嗎。覺得法西斯好戰者的殘酷屠殺同類。與一般窮奢極欲不知儲蓄者。實不及蟲蟻鳥戰多矣。

Il me semble que l’époque a progressé, et qu’une époque qui progresse est honnête et sans faux-semblants ; seules les époques attardées sont hypocrites et mensongères. Les arts d’aujourd’hui — littérature, théâtre, peinture — ont tous à faire face au réel : ils doivent le rendre par des moyens pris sur le vif, proches du concret, et produire ainsi un effet salutaire ; car ce qui est chimérique et creux est forcément erroné et inutile. Un grand peintre français fut réfuté par un jeune berger qui gardait des chevaux : il peignait admirablement le cheval, mais n’avait pas représenté l’écume qui sort de sa bouche quand il court — ce n’était pas assez vrai. M. Feng Zikai, de son côté, dans ses bergeries, attachait chaque mouton à une corde ; mais quand il alla voir des troupeaux, il découvrit que, dans un troupeau, seul le premier mouton est tenu par une corde, tous les autres suivant partout où il va. Il corrigea donc son erreur. Ce sont là de bons exemples. Chaque mouvement des « arts martiaux nationaux » a sa raison d’être : il est appris dans la grande nature. Lire les « origines de la boxe de la mante » en est une preuve éclatante. Le créateur de la boxe de la mante, Wang Lang, procédait précisément d’après nature : c’est parmi les animaux et les insectes qu’il apprit. Wang Lang était un homme modeste et avide de savoir : non content d’apprendre des hommes, il sut apprendre des bêtes et des insectes. Ce ne sont pas là paroles de fou. L’esprit de prévoyance des abeilles et des fourmis, l’esprit de sollicitude des oiseaux et des bêtes pour leurs semblables, ne nous donnent-ils pas bien des leçons ? Pour ma part, je trouve que la cruauté des bellicistes fascistes massacrant leurs semblables, comme celle de ces gens qui, dans un luxe effréné, ne savent rien épargner, sont bien au-dessous de celles des insectes, des fourmis et des oiseaux.

螳螂拳的手法。都是拳術的精華所集成。攻擊敵人是有迅疾與連環性打擊的長處。往往會使被襲者措手不及。而其始創者之精神。尤為我儕敬佩與楷模。更能予一般驕傲自滿者一個良好敎訓。所謂『孔師項橐』『三人行必有吾師』這都是古賢好學的明示。鼓勵我們眼睛向下去學習。而吾師羅光玉先生之能將秘學公開傳授尤可推崇與欽佩。筆者與黃漢勛兄一同求敎於羅師門下。春風化雨。獲益匪淺。尤以黃君天賦獨厚。穎異過人。得以盡傳羅師衣鉢。令人欽慕。聊書數語。尚祈高明指正。

Les techniques de main de la boxe de la mante sont un condensé de l’essence des arts du poing. Attaquer l’ennemi y a l’avantage de la rapidité et de la frappe en chaîne : souvent l’adversaire est pris au dépourvu. L’esprit de son fondateur mérite notre admiration et nous sert de modèle ; il donne aussi une bonne leçon aux orgueilleux et aux suffisants. Ce qu’on appelle « Confucius prit pour maître l’enfant Xiang Tuo » et « parmi trois hommes qui marchent, il y en a forcément un qui peut être mon maître » : voilà des enseignements clairs des sages anciens sur l’amour du savoir, qui nous encouragent à baisser les yeux pour apprendre. Et que mon maître Luo Guangyu ait pu rendre publiques des études tenues secrètes est particulièrement digne de louange et d’admiration. L’auteur de ces lignes et mon frère Huang Hanxun furent tous deux élèves de maître Luo ; sous un enseignement fécond comme la brise du printemps, nous avons beaucoup gagné. M. Huang surtout, doué d’une nature exceptionnelle et d’une intelligence peu commune, put recevoir tout l’héritage du maître — ce qui force l’admiration. J’écris ces quelques mots et prie les connaisseurs de bien vouloir me corriger.

上海精武體育會 謝君實

— écrit par Xie Junshi (謝君實) à l’Association athlétique Jingwu de Shanghai.

Préface de l’auteur (自序)

漢勛生本庸愚。復缺學術修養。蒙羅師授以拳術。方欲圖報。豈料敵陷香江。羅師北歸。臨行猶叮嚀致囑。倘能生存於離亂。使衣食毋缺。仍須繼續練技。以俟淸平之日以罄未完之學。漢勛一本斯旨。雖捱飢寒唯此志弗渝。不意和平在望。勝利將臨之候。羅師抱藝以歿。使漢勛畢生遺憾。永世難償。蓋在恩以言萬未報一。在技以言百不拾一。日夕思維。將何以補吾愆。默念羅師一生。嚴謹處世。盡粹國術。其言行足為後輩之楷。漢勛久抱表揚之志。惜以半生練武。畧於經文。雖欲將傳技纂輯。印刋問世。惟遲遲未果。至昨夏乃毅然決然。先將螳螂拳術法則。編成闡秘一書。今春疊奉上海。澳門。廣州。檳城。星洲。梧州各地同志來函催促。將崩步拳編印成冊。但以羅師生前拍成該拳圖片。盡被親友取去。迫得另拍一套。然漢勛之姿態佈式不及羅師遠矣。兼且前遺之名稱拳譜。多有連續之弊。是故畧為修正。凡我海內外同志。至希諒之。則漢勛之幸也。

Je suis né médiocre et sot, et il me manque même la culture des lettres. Le maître Luo m’enseigna l’art du poing ; je comptais trouver le moyen de le lui rendre, quand survint la chute de Hong Kong sous l’ennemi et le retour du maître vers le Nord. À son départ, il m’exhorta encore : « Si tu survis au désordre, et pourvu que tu ne manques ni de vêtements ni de nourriture, continue à exercer ta technique, afin qu’au jour de la paix tu achèves l’étude inachevée. » Je me suis tenu à ce précepte : j’ai enduré la faim et le froid, mais cette volonté ne s’est jamais démentie. Je n’aurais pas cru qu’à l’heure où la paix se laissait espérer et la victoire approcher, le maître emporterait son art dans la mort, me laissant un regret de toute une vie, à jamais inexpiable. En fait de bienfaits, j’ai reçu dix mille fois et n’ai pas rendu une fois ; en fait de technique, j’ai ramassé une part sur cent. Nuit et jour j’y pense : comment réparer ma faute ? Le maître, en silence, fut toute sa vie d’une conduite rigoureuse et se dépensa tout entier pour les arts martiaux nationaux ; ses paroles et ses actes suffisent à faire modèle pour la postérité. J’ai longtemps caressé le dessein de le faire connaître ; mais, ayant passé la moitié de ma vie à m’exercer au combat, j’ai négligé les lettres. Je voulais rassembler et imprimer ce qu’il m’avait transmis, et j’ai toujours tardé sans y parvenir. L’été dernier, je m’y suis enfin résolu : je composai d’abord, mettant en forme les règles de la boxe de la mante, un livre intitulé Chan mi (闡秘, « Révélation des secrets »). Ce printemps, des lettres de camarades de Shanghai, de Macao, de Canton, de Penang, de Singapour et de Wuzhou sont venues tour à tour me presser de faire paraître le beng bu quan en un volume. Mais les photographies de ce set prises du vivant du maître Luo ont toutes été emportées par parents et amis ; il a fallu en refaire une série. Or ma posture et ma disposition ne sont pas à la hauteur de celles du maître, tant s’en faut ; en outre, les noms et la notation du recueil que j’avais hérité présentaient bien des reprises continues ; je les ai donc un peu corrigés. Que tous mes camarades, au pays comme outre-mer, veuillent bien me le pardonner : ce sera mon bonheur.

建國三十六年六月十日 黃漢勛序於香江精武

Le dixième jour du sixième mois de la trente-sixième année de la fondation de la République (10 juin 1947), préface de Huang Hanxun à l’Association Jingwu de Hong Kong.

Brève histoire de la boxe de la mante (螳螂拳簡史)

明末山東卽墨縣王朗氏。棄萬貫家資。投少林習技。以期為國効力。詎技成已版圖變色。不復為朱明天下。憤而長居山中。日與同門練技。大師兄某技甚高。王數與角技。均為所敗。後發現螳螂捕蟬。觀其出手敏捷。乃捕之返寺。以草桿戱之。藉仿其法。復取猿猴步相輔為用。久之遂化出八式十二字。八剛十二柔。八打八不打。因而閃賺騰挪。封閉開合。俱臻妙境。重與師兄較。甫交手。師兄卽跌尋丈外。驚而問之。王乃舉以實告。從此螳螂拳遂被視為鎭寺之寶。外人無從問津。後有游僧升霄道人得傳此技。再傳海揚李三剪。李為鑣師。名馳大江南北。人皆以閃電手呼之。李傳福山王榮生。王傳古育范旭東。范傳蓬萊羅光玉。技傳數世。亦在山東境內。自羅氏南下任職上海精武。南方人士始得一覩。今則羅氏門人遍於海內外矣。

À la fin des Ming, un nommé Wang Lang, du district de Jimo au Shandong, abandonna une fortune de dix mille pièces pour entrer à Shaolin et y apprendre la technique, dans l’espoir de servir son pays. Mais quand il eut achevé son apprentissage, la carte avait changé de couleurs : ce n’était plus le monde des Zhu Ming. Plein de dépit, il demeura longtemps dans la montagne, s’exerçant chaque jour avec ses condisciples. L’un de ses aînés avait une technique fort haute ; Wang l’affronta plusieurs fois et fut toujours vaincu. Puis il vit une mante saisir une cigale et remarqua la vivacité de son attaque : il la captura et la rapporta au temple, la taquina avec un brin de paille pour imiter ses procédés, y joignit la démarche du singe et s’en servit en complément. À la longue, il en tira huit formes et douze mots, huit duretés et douze souplesses, huit cibles permises et huit cibles défendues ; d’où les esquives, les feintes, les bonds et les glissements, les fermetures et les ouvertures, tous portés à la perfection. Il affronta de nouveau son aîné : à peine les mains s’étaient-elles jointes que celui-ci volait à plusieurs toises. Stupéfait, il l’interrogea ; Wang lui dit la vérité. Dès lors la boxe de la mante fut regardée comme le trésor du temple, auquel les étrangers n’avaient point part. Plus tard, un moine errant, le taoïste Shengxiao, reçut la transmission ; il la transmit à Li Sanjian de Haiyang. Li était garde-convoi ; son nom courait au nord et au sud du fleuve Bleu, et on l’appelait « la Main-éclair » (閃電手). Li transmit à Wang Rongsheng de Fushan, Wang à Fan Xudong de Guyu, Fan à Luo Guangyu de Penglai. La technique s’est ainsi transmise pendant plusieurs générations, toujours dans les limites du Shandong. Depuis que Luo est descendu dans le Sud pour enseigner au Jingwu de Shanghai, les gens du Sud ont pu la voir de leurs yeux ; aujourd’hui, les élèves de Luo sont répandus au pays et outre-mer.

上海精武國術研究團團員 施積初於滬

— écrit par Shi Jichu (施積初), membre du groupe d’étude des arts martiaux Jingwu de Shanghai, à Shanghai.

Du beng bu (論崩步)

崩步乃螳螂拳之第二基本拳。全拳凡四十八式。惟螳螂拳之練法與別有異。連貫一致。全路呵成。發手盡勁。是其別點。與夫每拳輒百餘式。或數百式者不同。螳螂拳以八剛十二柔為原則。惟崩步是基本拳。故側重剛手。取其易習也。客有問余曰。螳螂拳出手輙迫卜作響。或左右手相碰者。作何理解。余乃憶及每到一地。各同志多以此為詢。今藉此機會當為釋之。按螳螂拳出手。放盡腰馬拳腿。若練技未深者。全身每被牽動。以至浮蕩不定姿勢傾斜。假如左拳打出而以右掌抵之。可使左拳伸出凖繩。勁達定點。重心鞏固。是其練技時之特處。亦卽所以防其缺也。至兩手相碰之意欲互增其力也。或作另一解釋。則左手出以右手為假想敵。右手亦如之。目標旣集變化自易。斯為螳螂拳之主張。非祇崩步一拳如是。崩步出手簡潔。左右平衡。虛實相等。最適合於團體敎練。蹤躍跌蕩兼而有之。倘能練之純熟。可作兩人相對。全路手法腿法盡量解拆。旣能使習者得了解功用。又可作登台表演。羅師嘗言螳螂拳皆可如是對拆。惟崩步尤能作三種解法。一曰領。二曰劈。三曰拆。領者領會其全路動作。每式之功用。均作迎拒之勢。使盡量表現其拳法之眞諦。劈者由反面而出。按法演進。比之領會更切實用。拆者分式解拆。不能連貫為用。由一式而化出別式。以一腳而牽及他腳。總言之領是知其意。劈是實其用。拆而解之變化萬端矣。

Le beng bu est le second set fondamental de la boxe de la mante ; la boxe entière compte quarante-huit postures. Or la méthode de travail de la boxe de la mante diffère des autres : tout s’y tient d’un seul tenant, la route entière s’y achève d’un seul souffle, et la main qui part y épuise sa force — c’est là sa marque propre, et ce qui la sépare des boxes qui comptent chaque fois cent ou plusieurs centaines de postures. La boxe de la mante prend pour principe les huit duretés et les douze souplesses ; mais le beng bu étant un set fondamental, il fait la part belle aux mains dures, parce qu’elles sont plus faciles à apprendre. Un hôte m’a demandé : « Dans la boxe de la mante, les mains partent avec un bruit sec, ou bien la gauche et la droite se heurtent : comment l’entendre ? » Je me suis rappelé que, partout où j’allais, les camarades m’interrogeaient là-dessus ; je saisis donc l’occasion pour m’en expliquer. Dans la boxe de la mante, quand on lance la main, on déploie ensemble la taille, la position, le poing et la jambe ; si la technique n’est pas encore profonde, tout le corps est entraîné, on flotte et l’on vacille, la posture penche. Si, au moment où le poing gauche part, la paume droite vient l’étayer, cela permet au poing gauche de filer droit vers sa cible, à la force d’atteindre exactement le point fixé et au centre de gravité de rester ferme : c’est là un point particulier de son entraînement, et aussi le moyen de prévenir ce défaut. Quant au heurt des deux mains, l’intention est d’accroître réciproquement leur force ; on peut aussi l’expliquer autrement : la main gauche part et prend la droite pour ennemi imaginaire, et réciproquement. Une fois la cible ainsi rassemblée, la transformation devient aisée : c’est là la doctrine de la boxe de la mante, et pas seulement du beng bu. Les mains du beng bu sont simples et nettes, la gauche et la droite s’équilibrent, le vide et le plein à parts égales : il convient au plus haut point à l’enseignement collectif, et réunit bonds et envolées. Si on le travaille jusqu’à la maîtrise, on peut le pratiquer à deux, face à face, en démontant autant qu’on veut toutes les techniques de main et de jambe de la route entière : le pratiquant comprend alors l’usage de chaque mouvement, et l’on peut aussi en faire un spectacle sur scène. Le maître Luo disait que tous les sets de la mante peuvent se démonter ainsi, mais que le beng bu se prête en outre à trois modes de solution : le premier s’appelle « recevoir » (領), le second « fendre » (劈), le troisième « démonter » (拆). « Recevoir », c’est saisir l’ensemble des mouvements de la route et faire de l’usage de chaque posture une attitude d’accueil et de refus, en manifestant autant qu’il se peut la véritable essence de la boxe. « Fendre », c’est partir de l’autre face et progresser selon la méthode : c’est plus réellement utile que « recevoir ». « Démonter », c’est démonter posture par posture, sans liaison d’ensemble : d’une posture on tire une autre, d’une jambe on entraîne l’autre. En somme, « recevoir » c’est connaître son intention, « fendre » c’est en éprouver l’usage, et « démonter » en déploie les transformations à l’infini.

Les succès remportés par le beng bu (崩步曾獲之成績)

一二八之役。上海精武總會。位連戰線。致為炮火所傷。一切設備遭受損毀。停戰後雖欲極力恢復。然一時未易經營。各敎師多歸里暫息。惟羅師應港精武之聘。乃南來主敎。迨開班未久。適逢港九各體育機關。聯合舉辦首次國術表演比賽。精武乃主辦之一。例須派員參加。但羅師僅授課一星期耳。安能應命。主事姑且與羅師商之。羅師未加考慮。卽允屆時派團體操一類出塲。主事尚疑信參牢。迨比賽結果幸不辱命。精武獲得男子組團體冠軍。斯為崩步拳初與闔港人士之見面禮。足證羅師訓導有方。抑亦此拳法精美有以致之

Lors de l’incident du 28 janvier, le siège de l’Association Jingwu de Shanghai se trouvait sur la ligne même des combats et fut endommagé par le feu de l’artillerie ; toutes ses installations furent détruites. Après l’armistice, on voulut de toutes ses forces restaurer l’œuvre, mais il n’était pas aisé de la remettre sur pied en un moment : la plupart des instructeurs rentrèrent quelque temps dans leurs foyers. Seul le maître Luo, invité par le Jingwu de Hong Kong, vint dans le Sud pour y diriger l’enseignement. Peu après l’ouverture des cours se présenta la première rencontre et compétition d’arts martiaux nationaux organisée conjointement par les divers organismes sportifs de Hong Kong et de Kowloon. Le Jingwu en était l’un des organisateurs : selon le règlement, il devait envoyer des participants. Mais le maître Luo n’avait enseigné qu’une semaine : comment eût-il répondu à l’appel ? Le responsable en délibéra avec lui ; sans même y réfléchir, le maître accepta d’envoyer sur-le-champ une troupe présenter un exercice de groupe. Le responsable restait à moitié incrédule ; au résultat de la compétition, l’honneur fut sauf : le Jingwu enleva le championnat par équipes masculines. Ce fut la première présentation du beng bu quan au public de toute la colonie — preuve suffisante de la direction habile du maître Luo, et aussi de la beauté de cette boxe.

翌年夏間我粵亦舉行全省運動會。港精武亦以華僑地位。返穗參與斯會。深受市民之歡迎。崩步拳在健兒努力合作之下又獲首選。粵港各報紛予贊揚。至後數年間同門陳震儀在穗參與運動會。桂之鄒喜功領導四十四師部隊。參加國術比賽。檳城黃錦洪領隊參加全馬來亞精武聯合大會。福建林伯叟在閩南運動大會。以及編者在漢口精武任內。迭次出席表演。俱以崩步團體操姿態演出。一致獲得好評。由斯足證絕非一次之僥倖。亦非妄自誇大。蓋崩步者乃螳螂拳之基本拳而已。人皆可習。非為個人之獨有。曾習此拳者以滬濟為最普遍。港粵禪次之。如以非正式之統計約五六萬衆。今將廿年來之事實畧如上述。

L’été suivant, notre province du Guangdong tint à son tour ses jeux provinciaux. Le Jingwu de Hong Kong, au titre d’organisation d’outre-mer, rentra à Canton pour y participer et fut fort bien accueilli par la population. Le beng bu quan, grâce à l’effort concerté des jeunes gens, y obtint encore la première place, et les journaux de Canton et de Hong Kong le louèrent à l’envi. Dans les années qui suivirent, nos condisciples allèrent avec ce set de compétition en compétition : Chen Zhenyi aux jeux de Canton, Zou Xigong du Guangxi conduisant les troupes de la 44e division, Huang Jinhong de Penang à la tête de son équipe à la grande réunion des Jingwu de toute la Malaisie, Lin Bosou du Fujian aux jeux du sud du Fujian, et l’auteur lui-même, durant son mandat au Jingwu de Hankou, y parut à plusieurs reprises : tous le présentèrent en exercice de groupe, et tous furent également bien accueillis. C’est assez pour prouver qu’il ne s’agit nullement d’un heureux hasard, ni d’une vaine vantardise. Le beng bu n’est après tout que le set fondamental de la boxe de la mante : chacun peut l’apprendre, il n’est la propriété de personne. Ceux qui l’ont pratiqué sont les plus nombreux à Shanghai et à Jinan ; viennent ensuite Hong Kong, le Guangdong et Foshan. Si l’on en croit une statistique officieuse, ils seraient cinquante ou soixante mille. Voilà, en gros, les faits de ces vingt dernières années.

Petite histoire du maître Luo (羅師小史)

羅師諱光玉。山東之蓬萊人。少隨父經商津門。困於疾。屢治罔效。迫得歸里暫息。友勸其習拳療病。乃從范公旭東遊。期年疾瘥。益勤於技。未十年已盡秘奧。方養技師門。適滬濱精武仰范公名。派員北上體聘。公以年邁卻之。幾經專員敦促。仍未果行。乃轉介羅師代行。南下就職。為精武造就人才甚夥。民十八派其高足馬成鑫出席首都全運會。及同年滬市運動會。又派其弟子陳震儀參加。均獲國術動手比賽之有選。由斯螳螂拳聲名遠播。嗣後春申人仕靡不知羅四爺之名。目為精武三大拳師之一。羅師雖負盛名。惟毫無陋習。雖酒煙之微亦不沾染。待人和靄。接物忠誠。授技尤崇正不阿。非可以金錢奪其志。凡勤於用功者其技可傳。淞滬戰後羅師南下香江。更造就不少粵籍健兒。如黃錦洪之參加桂省全運會三戰三捷。榮獲德隣杯。與夫黃漢勛同志歷任澳門。漢口。香江各社團學校職。現更主持港精武國術部之責為其最著。抑亦羅師十年薰陶所得之心血結晶也。羅師不幸年前病逝春申。此一代國術宗師。撒手人寰。非祇螳螂拳技缺一領袖。抑亦國術界損一導師。今藉漢勛同志出版崩步拳書。畧述羅師生平行誼以為識者告。

Le maître Luo avait pour nom personnel Guangyu ; il était de Penglai, au Shandong. Jeune, il suivit son père dans ses affaires à Tianjin. Tourmenté par la maladie, soigné maintes fois sans effet, il fut contraint de rentrer au pays pour se reposer. Des amis lui conseillèrent d’apprendre la boxe pour guérir ; il entra donc dans l’école de M. Fan Xudong. Au bout d’un an, la maladie avait passé, et il s’appliqua de plus belle à la technique : en moins de dix ans il en avait épuisé les secrets. Il vivait encore auprès de son maître quand le Jingwu de Shanghai, sur la renommée de M. Fan, envoya des gens dans le Nord pour l’engager. Celui-ci, se disant trop vieux, refusa ; après bien des instances des émissaires, il ne partit toujours pas, mais recommanda le maître Luo pour le remplacer. Celui-ci descendit donc dans le Sud prendre son poste et forma au Jingwu un grand nombre de talents. La dix-huitième année de la République, il envoya son meilleur élève, Ma Chengxin, aux jeux nationaux de la capitale, puis aux jeux de Shanghai la même année ; il y envoya également son disciple Chen Zhenyi : tous deux se qualifièrent dans les épreuves de combat. Dès lors la renommée de la boxe de la mante se répandit au loin, et les gens de Shanghai ne connurent plus que le nom du « quatrième seigneur Luo » (羅四爺), le tenant pour l’un des trois grands boxeurs du Jingwu. Malgré sa gloire, le maître n’avait aucun des vices d’usage : il ne touchait ni au vin ni même au tabac ; il était affable avec tous, loyal dans ses rapports, et d’une droiture inflexible dans l’enseignement de la technique : l’argent ne pouvait détourner sa volonté. Seuls ceux qui travaillaient avec ardeur recevaient l’art. Après la guerre de Shanghai, il descendit à Hong Kong et y forma encore bien des jeunes gens du Guangdong : ainsi Huang Jinhong, qui participa aux jeux provinciaux du Guangxi et y remporta trois victoires en trois combats, emportant la coupe Delin ; ainsi notre camarade Huang Hanxun, qui occupa successivement des postes à Macao, à Hankou et dans diverses associations et écoles de Hong Kong, et dirige aujourd’hui le département des arts martiaux du Jingwu de Hong Kong — son élève le plus illustre, et le fruit de dix ans de soins du maître. Le maître Luo est malheureusement mort de maladie l’an dernier à Shanghai. Ce grand maître des arts nationaux a quitté le monde ; ce n’est pas seulement la boxe de la mante qui perd un chef, c’est le monde des arts martiaux qui perd un guide. Aujourd’hui, à l’occasion de la publication par notre camarade Hanxun du livre du beng bu quan, j’esquisse la vie et la conduite du maître pour les faire connaître aux connaisseurs.

香港精武會友 關卓

— écrit par Guan Zhuo (關卓), compagnon du Jingwu de Hong Kong.

La voie de l’entraînement du poing (練拳之道)

貪多貪快是初入門徑者之通病。尤其靑年人常犯好勝心理。倘有人稱讚一語則妄自發力。以逞英雄。習之旣久。雖有名師難以改善。凡拳技靡論何派皆由淺入深。斯為不易之理。初習者多忽畧此點。以簡淺之法至易練習。因而輕之。至於繁複之手法。反又惡之。終至因簡而輕。因複而惡。不知練拳之道與其他學術殊無二理。例如小學生初習算術由加減而乘除。由單位與單位尚覺困難。以至中大學則三角比例。量上蒼之浩蕩。度陸地之遙遠。尚有規可循。練拳明乎斯理。按序就班。由簡而繁。矯正姿勢。依固有之力而發。倘能遵此矩範則成功何難。世有拳師嘗以絕技自炫。編者以為天下無所謂絕技。祇因深染陋習之拳師以之生財而已。

La boulimie d’apprendre et la hâte sont le défaut commun de ceux qui abordent la pratique. Les jeunes surtout cèdent à l’esprit de rivalité : qu’on les loue d’un mot, et ils dépensent follement leur force pour jouer au héros. Une fois l’habitude prise, même un maître renommé aura peine à la corriger. Toutes les techniques de poing, quelle que soit l’école, vont du simple au complexe : c’est là une règle immuable. Les débutants l’oublient souvent : trouvant les méthodes simples trop faciles, ils les méprisent, et les techniques compliquées leur répugnent, si bien qu’à la fin ils méprisent par simplicité et repoussent par complication. Ils ne savent pas que la voie de l’entraînement n’a pas d’autre principe que les autres disciplines. Ainsi l’écolier commence l’arithmétique par l’addition et la soustraction, puis vient la multiplication et la division ; au primaire, les unités le rebutent, et au lycée et à l’université il en est à la trigonométrie et aux proportions, mesurant l’immensité du ciel et l’étendue des terres — et il y a encore des règles à suivre. Si l’on comprend ce principe dans l’entraînement, qu’on avance par étapes, du simple au complexe, corrigeant les postures et s’appuyant sur la force que l’on a, comment le succès serait-il difficile ? Il y a par le monde des maîtres qui se targuent de techniques absolues ; pour ma part, je pense qu’il n’existe pas de technique absolue : c’est seulement que certains maîtres, profondément gangrenés par les mauvaises habitudes, en font un gagne-pain.

練拳求其健康也。尤須注意生理與衛生以為趨避。北方人練拳多於未練習之前。先將腿伸舒及踢高。以鬆其肩腰。使血脈受有感覺。然後開始操演。練後步行塲地數匝。俾血脈歸源。拭汗至乾全身溫和之後。洗澡以潔餘污。飽食之後不宜練習。恐腸胃受漲隔之痛。氣無排洩之道。於內臟頗受刺激。練拳有疾聲呼喝者。有閉口不張者。有人以為矛盾。其實各有道理。其以聲助勢者恆為短手家數。蓋短拳其放不盡。其收不速。苟不賴呼喝排解其氣。積久反為所害。閉口者多為長拳。如練螳螂拳是一氣貫丹田者。口一張其氣卽洩。其洩也無能復收。二者之間因其拳法速慢與長短而別。

L’entraînement vise la santé : il faut surtout prendre garde à la physiologie et à l’hygiène, pour savoir ce qu’il faut éviter. Les gens du Nord, avant de s’exercer, étirent d’abord les jambes et les lancent haut pour assouplir épaules et reins, jusqu’à sentir le sang circuler, puis commencent l’enchaînement ; après quoi ils font quelques tours de la salle à pied pour que le sang revienne à sa source, essuient leur sueur jusqu’à ce que tout le corps soit tiède, et prennent un bain pour laver les souillures restantes. Il ne convient pas de s’exercer après un repas copieux : on craindrait que l’estomac gonflé ne souffre d’un blocage, que l’air ne trouve plus d’issue et que les viscères en soient irrités. Certains poussent des cris perçants en s’exerçant, d’autres gardent la bouche close : on croirait là une contradiction, mais chacun a ses raisons. Ceux qui soutiennent leur force par la voix sont d’ordinaire des écoles de poings courts : dans un poing court, la détente n’est jamais complète et le repli n’est pas rapide ; si l’on ne s’aide pas du cri pour évacuer le souffle, à la longue il devient nuisible. Les bouches closes sont le plus souvent celles des poings longs — la boxe de la mante, par exemple, dont le souffle traverse le dantian d’un seul trait : la bouche s’ouvre-t-elle, et le souffle s’échappe ; et une fois échappé, il ne se ramasse plus. Entre les deux, la différence tient à la lenteur ou à la rapidité de la boxe et à sa longueur.

縱跳之姿勢雖難。然有跡可尋。然躍高著地時以獨立式站定者。每有搖搖欲僕之弊。倘能覓得重心所在。便足以克此毛病。

Les postures de saut sont difficiles, mais il y a des traces à suivre. Celui qui bondit haut et se fige à l’atterrissage en posture sur une jambe risque fort de vaciller et de tomber ; s’il sait trouver où se tient son centre de gravité, cela suffit à corriger ce défaut.

好勇鬭狠是不良之行。吾人旣為保存國粹。強健國民為職志。應該勵己勵人。使毋干法紀。蓋打鬭之事。小則危害生命。大則妨礙社會治安。徒資人以話柄。則國術奚能發揚光大。編者不敏。願我海內外同道深省斯旨。以此為戒。則國術昌明可期。國家興隆就在目前。

Le goût de la bravoure et de la rixe est une mauvaise conduite. Puisque nous avons pour tâche de conserver le trésor national et de fortifier la population, nous devons nous exhorter les uns les autres à ne pas contrevenir aux lois. Les rixes, en petit, mettent la vie en danger ; en grand, elles troublent la paix publique, et ne font que fournir des prétextes contre nous : comment les arts nationaux pourraient-ils alors s’épanouir ? Je ne suis pas habile, mais je souhaite que mes confrères du pays et d’outre-mer pèsent cette intention dans leur cœur et s’en gardent en avertissement ; alors on peut attendre l’éclat des arts nationaux, et la prospérité du pays est pour demain.

Explication abrégée des positions (步法簡釋)

騎馬式:卽馬式。又曰四平馬。

登山式:卽弓式。又曰子午馬。

呑塌式:卽反弓式。

跨虎式:卽丁式。又曰吊馬。

入環式:卽跪馬。

獨立式:卽金鷄獨立。

七星式:卽不知其他稱謂故畧之。

Position du cheval (騎馬式) : c’est la « posture du cheval » (馬式), appelée encore « cheval aux quatre coins égaux » (四平馬).

Position de l’ascension (登山式) : c’est la « posture de l’arc » (弓式), dite encore « cheval ziwu » (子午馬).

Position de l’avalement et de l’affaissement (呑塌式) : c’est la « posture de l’arc renversé » (反弓式).

Position du tigre enjambé (跨虎式) : c’est la « posture en T » (丁式), dite encore « cheval suspendu » (吊馬).

Position de l’anneau (入環式) : c’est le « cheval agenouillé » (跪馬).

Position sur une jambe (獨立式) : c’est le « coq d’or se tient sur une patte » (金鷄獨立).

Position de la Grande Ourse (七星式) : je n’en connais pas d’autre appellation, je la laisse donc de côté.

Portrait de l’auteur (編者近照)

編者近照

螳螂迎面刁手式

虎尾棍之渭水垂釣式。 虎尾棍之一柱擎天式。

Portrait récent de l’auteur exécutant la technique de la mante dite « la mante présente ses mains en crochet » (螳螂迎面刁手式, qui est, dans la terminologie de l’école, « la griffe cachée sous le coude droit, la droite regardant », 肘底右看爪), et deux positions du bâton queue de tigre : « pêcher dans la rivière Wei » (渭水垂釣式) et « un pilier soutient le ciel » (一柱擎天式).

Portrait de l’auteur et deux positions du bâton queue de tigre — planche de l’édition de 1947

Noms des postures (名稱)

立正中平 中平蓄勢 海底取珠 螳螂捕蟬 踏進推窗 順步補捶 虎躍龍騰 入環疊肘 迎面崩捶 掠翼鶴膝 封手牽羊 泰山壓頂 抅摟採手 踏步翻車 踏進推窗 順步補捶 霸王請客 反彈腰斬 馬式崩捶 提步抅腿 反手摟腿 反彈劈頂 扭步黏肘 靠身拐肘 順步推窗 正門補捶 左翼揪腿 右翼揪腿 騰撲雙綑 抹眉啄睛 陰陽擊掌 力撞肺腑 指星換月 提腿截捶 挑手截捶 橫掌封擊 反封左措 迎封右措 掛手頂臍 呑塌扇風 反身扇風 進步扇風 引針腰斬 圈打太陽 登山崩捶 七星刁手 七星補捶 螳螂捕蟬

Le livre numérote les deux postures d’ouverture 1.1 et 1.2, puis poursuit de 2 à 47 ; la posture finale, identique à la première, est reprise à la fin du corps de l’ouvrage. Les noms se suivent ainsi :

1.1. 立正中平 — debout, droit et centré 1.2. 中平蓄勢 — les poings emmagasinent leur force, au centre et de niveau 2. 海底取珠 — saisir la perle au fond de la mer 3. 螳螂捕蟬 — la mante saisit la cigale 4. 踏進推窗 — fouler et avancer, pousser une fenêtre 5. 順步補捶 — pas suivi, poing de complément 6. 虎躍龍騰 — le tigre bondit, le dragon s’élève 7. 入環疊肘 — pas de l’anneau, coude qui empile 8. 迎面崩捶 — poing d’avalanche en pleine face 9. 掠翼鶴膝 — ailes qui balaient, genou de grue 10. 封手牽羊 — mains qui scellent, tirer la brebis 11. 泰山壓頂 — le mont Tai écrase le sommet 12. 抅摟採手 — crochet, enlacement, main qui saisit 13. 踏步翻車 — fouler, la roue qui bascule 14. 踏進推窗 — fouler et avancer, pousser une fenêtre 15. 順步補捶 — pas suivi, poing de complément 16. 霸王請客 — le tyran invite un hôte 17. 反彈腰斬 — jambe qui rebondit, tranche dans la taille 18. 馬式崩捶 — position du cheval, poing d’avalanche 19. 提步抅腿 — lever le pas, jambe en crochet 20. 反手摟腿 — main en revers, jambe enlacée 21. 反彈劈頂 — jambe qui rebondit, fendre le sommet 22. 扭步黏肘 — pas tordu, coude qui colle 23. 靠身拐肘 — corps qui se presse, coude qui frappe de biais 24. 順步推窗 — pas suivi, pousser la fenêtre 25. 正門補捶 — de face, poing de complément 26. 左翼揪腿 — aile gauche, jambe qui arrache 27. 右翼揪腿 — aile droite, jambe qui arrache 28. 騰撲雙綑 — bond et plongeon, double lien 29. 抹眉啄睛 — essuyer le sourcil, picorer l’œil 30. 陰陽擊掌 — yin et yang, les paumes se frappent 31. 力撞肺腑 — heurter de toute sa force les poumons 32. 指星換月 — montrer l’étoile, changer la lune 33. 提腿截捶 — jambe levée, poing qui intercepte 34. 挑手截捶 — main qui relève, poing qui intercepte 35. 橫掌封擊 — paume transversale qui scelle et frappe 36. 反封左措 — scellement en revers, torsion à gauche 37. 迎封右措 — scellement d’accueil, torsion à droite 38. 掛手頂臍 — main suspendue, poing qui frappe le nombril 39. 呑塌扇風 — avaler et s’affaisser, l’éventail 40. 反身扇風 — se retourner, l’éventail 41. 進步扇風 — avancer, l’éventail 42. 引針腰斬 — tirer l’aiguille, tranche dans la taille 43. 圈打太陽 — cercle et frappe à la tempe 44. 登山崩捶 — ascension, poing d’avalanche 45. 七星刁手 — Grande Ourse, main en crochet 46. 七星補捶 — Grande Ourse, poing de complément 47. 螳螂捕蟬 — la mante saisit la cigale

Orientation du beng bu quan (崩步拳之形勢方向)

崩步拳之形式乃一去一返。復去復返。循迴二次。假定由東方為起點。由海底取珠之動式向西方攻擊。至第八式止。復由第九式反向東方打返。至第二十三式為一循環。從第弍拾肆式轉向西方打去。至第叄拾玖式止。再從第四十式折而返東。至第四十七式。則全拳完畢。

La forme du beng bu quan est un aller et retour, puis encore un aller et retour : deux circuits. Supposons que l’on parte de l’est : dès le mouvement de « saisir la perle au fond de la mer », on attaque vers l’ouest jusqu’à la huitième posture ; puis, à partir de la neuvième, on repart en sens inverse vers l’est jusqu’à la vingt-troisième, ce qui fait un cycle. De la vingt-quatrième on repart vers l’ouest jusqu’à la trente-neuvième ; de la quarantième on revient vers l’est, et à la quarante-septième l’ensemble s’achève.

中平蓄勢起

螳螂捕蟬止

L’on part de « les poings emmagasinent leur force » (中平蓄勢) et l’on s’arrête à « la mante saisit la cigale » (螳螂捕蟬).

Le plan d’orientation joint à l’article de Brennan n’est pas repris ici : c’est un schéma moderne, de sa main, et non une page du livre de 1947.

Posture d’ouverture — 立正中平 (1.1) : debout, droit et centré

『口令』立正

Commandement : « Garde-à-vous ! »

說明 Explication : 凡登臺表演須與觀衆為禮。此式卽由出塲後踏前三步。對觀衆立正。行鞠躬禮。未行之前固須正身平視。旣禮畢。亦須平正全身。然後展式出手。

Quand on se produit sur une scène, il faut saluer le public. Cette posture consiste, après être entré en scène, à faire trois pas en avant, à se tenir droit face au public et à s’incliner. Avant de saluer, il faut déjà tenir le corps droit et le regard de niveau ; la salutation achevée, il faut encore redresser tout le corps, puis déployer la forme et faire partir les mains.

Posture d’ouverture : debout à l’attention, face au public — planche 1a de l’édition de 1947

功用 Application : 拳家最重者精神。禮貌。此式為表示精神健盛。必須全身緊張。四平八正站立中塲。彎腰至七十角度。首微仰。目注視。式定卽起。復本來之狀。退囘三步展開動作。此無技術上之功用。

Ce qui compte le plus pour un praticien, c’est l’esprit et la politesse. Cette posture exprime la vigueur de l’esprit : il faut que tout le corps soit tendu, debout au milieu de la salle, bien d’aplomb de tous côtés, le buste incliné jusqu’à soixante-dix degrés, la tête légèrement relevée, le regard fixé. La posture tenue, on se relève aussitôt, on reprend son état naturel, on recule de trois pas et l’on déploie le mouvement. Cela n’a aucune fonction technique.

第一式 中平蓄勢 — Posture 1 : les poings emmagasinent leur force, au centre et de niveau

『口令』預備

Commandement : « Préparez-vous ! »

說明 Explication : 兩足靠櫳。站定東方。首偏向西。雙目注視。兩手握拳放腰部。拳鋒向外。拳心朝上。拳鋒與體平衡。閉口蓄氣。以養拳神。

Les deux pieds se joignent. On se place à l’est. La tête se tourne vers l’ouest, les deux yeux fixent. Les deux mains se serrent en poings et se posent à la taille, la pointe des poings vers l’extérieur, le creux des poings tourné vers le haut, la ligne des poings de niveau avec le corps. Bouche close, on emmagasine le souffle, pour nourrir l’esprit du poing.

Posture 1 : les poings aux reins, le regard tourné vers l’ouest — planche 1b de l’édition de 1947

功用 Application : 假定此拳。由東而西。由西復東為經緯。則起首之處為東方。故須注視西方。以防敵人由西侵我。緊握雙拳使其力固。準備攻擊之開始。此為待勞之勢也。

Ce set a pour trame d’aller de l’est à l’ouest, puis de l’ouest à l’est : aussi le point de départ est-il à l’est, et faut-il fixer du regard l’ouest, pour prévenir une attaque ennemie venue de là. On serre les deux poings de façon que la force y soit ferme, prêt à commencer l’attaque. C’est là une posture où l’on attend de pied ferme.

第二式 海底取珠 — Posture 2 : saisir la perle au fond de la mer

『口令』一

Compte : « Un ! »

說明 Explication : 邁開左步。平向後移約一尺二寸。右足向前踏出。成三角線。變步為跨虎式。右拳由腰間發出。將至定點之時。使與左掌相碰。互增力量。此為本門拳術之特式。

On écarte le pied gauche et on le porte horizontalement vers l’arrière d’environ un pied deux pouces ; le pied droit foule vers l’avant, formant une ligne triangulaire ; le pas se change en position du tigre enjambé. Le poing droit part de la taille et, comme il va atteindre son point fixe, on le fait heurter la paume gauche, pour accroître réciproquement la force. C’est là une posture particulière à notre école.

Posture 2 : saisir la perle au fond de la mer — planche 2 de l’édition de 1947

功用 Application : 當敵以上門手進擊時。我偏首卸之。移步換形以反擊之。其拳將到時。我先以左掌向其臂肘拍去。乘便施以海底取珠之法。使難防備。斯為偷打之法。亦卽連招代打捷徑之一。

Quand l’ennemi attaque d’une main du haut, je détourne la tête pour l’esquiver, je déplace les pas et change de forme pour riposter. Comme son poing approche, je frappe d’abord de la paume gauche sur son bras, à hauteur du coude, et, profitant de l’occasion, j’applique la méthode de « saisir la perle au fond de la mer », pour qu’il ne puisse se garder. C’est une méthode de frappe dérobée, et l’un des raccourcis qui font qu’un mouvement en appelle un autre.

第三式 螳螂捕蟬 — Posture 3 : la mante saisit la cigale

『口令』二

Compte : « Deux ! »

說明 Explication : 前步退囘原位。左腿補其位置。其來往之法亦三角形。變為左跨虎式。將取珠之手沉下。使兩手交柯轉而上下圈返。以封閉來手。前手與體為一齊線。後手貼身沉肘。則螳螂補蟬之法成矣。

Le pas de devant revient à sa place d’origine et la jambe gauche complète sa position ; l’aller et retour se fait, là aussi, en triangle, et l’on passe au tigre enjambé à gauche. On abaisse la main qui prenait la perle, on fait que les deux mains s’échangent et tournent, allant et revenant en cercle de haut en bas, pour sceller la main qui vient. La main avant fait une seule ligne avec le corps, la main arrière reste collée au corps et le coude abaissé : la méthode de « la mante saisit la cigale » est achevée.

Posture 3 : la mante saisit la cigale — planche 3 de l’édition de 1947

功用 Application : 斯為虛著。亦卽純柔之手。形類擒拿。實則隨時可縱。虛實無定之法門。當擒之也。倘對方力求解脫之時。我則縱之。順起前腿以撩其陰。故其著手處。實無牢固之必要。

C’est un mouvement vide, une main de pure souplesse. Elle a l’apparence d’une saisie, mais en réalité on peut relâcher à tout moment : c’est la porte des méthodes où le vide et le plein n’ont point de fixité. Quand on saisit, si l’autre cherche de toutes ses forces à se dégager, je le lâche et, profitant du mouvement, je lève la jambe avant pour lui lancer un coup de pied relevé à l’aine. Aussi le point d’application n’a-t-il nul besoin d’être solidement tenu.

第四式 踏進推窗 — Posture 4 : fouler et avancer, pousser une fenêtre

『口令』三

Compte : « Trois ! »

說明 Explication : 將前跨虎之步向前放下。後腿貼近前腿。猛力踏下。前腿續前進為登山式。此是由後推進之法。左手從腰際伸出。大指緊彎。其餘四指順序微彎。

On pose en avant le pas du tigre enjambé ; la jambe arrière s’approche de la jambe avant et foule avec force ; la jambe avant continue d’avancer en position de l’ascension. C’est la méthode pour pousser depuis l’arrière. La main gauche sort de la ceinture, le pouce bien replié, les quatre autres doigts légèrement courbés l’un après l’autre.

Posture 4 : fouler et avancer, les doigts de la paume gauche se plantent en avant — planche 4 de l’édition de 1947

功用 Application : 踏進者遠取之意也。倘若敵方遙遙距離。吾欲攻之。若非踏進則難奏效。其用掌須指向上。從側揷出。若刀之形狀。則著力處可代表吾之所有。

« Fouler et avancer » veut dire prendre au loin. Si l’ennemi est à distance et que je veuille l’attaquer, sans fouler et avancer il est malaise d’y parvenir. Pour la paume, les doigts doivent pointer vers le haut et la main s’insérer de côté, en forme de lame : le point d’application peut alors représenter tout ce que je suis.

第伍式 順步補捶 — Posture 5 : pas suivi, poing de complément

『口令』肆

Compte : « Quatre ! »

說明 Explication : 後右腳從後上前一步。變為右登山式。右拳從腰間打出。沿左掌擦過。左掌收囘右肩前。以換囘推窗之法。斯則換步移勢之捷法也。

Le pied droit, derrière, avance d’un pas et l’on passe à l’ascension à droite. Le poing droit part de la taille en rasant la paume gauche, qui se retire devant l’épaule droite, pour revenir à la méthode de « pousser la fenêtre ». C’est là un moyen rapide de changer de pas et de déplacer la posture.

Posture 5 : pas suivi, le poing droit rase la paume gauche — planche 5 de l’édition de 1947

功用 Application : 我以推窗法襲擊。右面感受空虛。設為敵所乘。由招吾推窗之頃刻。從右方擊進。則吾勢危殆。乃有補捶之為用。是補其漏洞也。因勢利導。先以前掌向右一拍。補捶繼之而出。可補吾缺。

J’attaque par la méthode de « pousser la fenêtre », et mon côté droit se sent vide. Si l’ennemi en profite — à l’instant où j’appelle par « pousser la fenêtre », il frappe en venant de la droite — ma situation devient périlleuse ; d’où l’usage du poing de complément, qui bouche cette fissure. Suivant la pente de la situation, je fais d’abord claquer la paume avant vers la droite, et le poing de complément part derrière elle : il comble mon manque.

第六式 虎躍龍騰 — Posture 6 : le tigre bondit, le dragon s’élève

『口令』五

Compte : « Cinq ! »

說明 Explication : 凡欲跳前須先提後腳。前腳一翹。身向上一縱卽能躍進。愈遠愈佳。落地無聲且成獨立式。右手前封若摟手無異。同時以左拳迎面打出。

Pour sauter en avant, il faut d’abord lever le pied arrière ; le pied avant se soulève, le corps se détend vers le haut et l’on bondit. Plus loin, mieux cela vaut. On atterrit sans bruit, en position sur une jambe. La main droite scelle devant comme une main qui enlace ; en même temps le poing gauche frappe en pleine face.

Posture 6 : le tigre bondit, le dragon s’élève — planche 6 de l’édition de 1947

功用 Application : 捨近圖遠是不智極矣。然偏因環境造成。不得不爾也。上式之漏洞旣補。但敵殊巧妙。以遠招之法破我。我卽縱身直往使難避免。前手一封。乘牽纏之勢。則我左拳。可施突擊。亦抓打之法也。

Renoncer au proche pour viser le lointain est d’une insigne sottise ; mais si les circonstances l’imposent, on n’y peut rien. La fissure de la posture précédente est bouchée ; mais l’ennemi est fort habile : il brise mon attaque par une technique de loin. Je bondis alors droit sur lui, pour qu’il ne puisse éviter ; la main avant scelle, et, profitant de l’élan de l’enlacement, mon poing gauche peut frapper d’un coup sec : c’est aussi la méthode de « saisir et frapper ».

第七式 入環疊肘 — Posture 7 : pas de l’anneau, coude qui empile

『口令』一

Compte : « Un ! »

說明 Explication : 前腿踏下。如登山之微曲。後腿離跟踏下。是為入環。欲前可為登山式。欲退則七星。中式皆可。是善變之步法也。以左掌從下托上。右手曲肘壓下。使兩手接觸相碰之時辟拍有聲為準。

La jambe avant foule vers le bas, légèrement fléchie comme pour l’ascension ; la jambe arrière foule en décollant le talon : c’est le pas de l’anneau. Vers l’avant, on peut faire l’ascension ; vers l’arrière, la Grande Ourse ; la position centrale convient aussi : c’est un pas très changeant. La paume gauche soutient de bas en haut, le bras droit se plie et le coude presse vers le bas, de sorte que les deux mains se touchent et se heurtent avec un claquement sec.

Posture 7 : pas de l’anneau, le coude droit empile sur la main gauche — planche 7 de l’édition de 1947

功用 Application : 疊肘乃純剛之手。多由上反下之法。左手力捉其腕。迅卽加右肘於其臂肘之間。使受吾千鈎壓力。無由卸卻。是為破骨千斤之要著。

Le coude qui empile est une main de pure dureté, le plus souvent une méthode qui va du haut vers le bas. La main gauche saisit avec force le poignet, et aussitôt le coude droit s’ajoute entre son bras et son coude, pour qu’il subisse la pression de mes mille livres sans pouvoir s’en dégager. C’est le coup essentiel qui brise l’os sous un poids de mille livres.

第八式 迎面崩捶 — Posture 8 : poing d’avalanche en pleine face

『口令』二

Compte : « Deux ! »

說明 Explication : 步如上式。左手仍握著敵手。反以疊下之拳由內向外。迎面打下。崩步至此式。為由東而西之第一節盡處。

Le pas est comme dans la posture précédente. La main gauche tient toujours la main de l’ennemi ; le poing, ramené de l’empilement, part de l’intérieur vers l’extérieur et frappe en pleine face. Le beng bu, à cette posture, est au bout de sa première section, celle qui va de l’est à l’ouest.

Posture 8 : poing d’avalanche en pleine face — planche 8 de l’édition de 1947

功用 Application : 旣施疊肘之法。倘對方瞬卽沉肘相抗。吾若不立換形勢。徒費相持之力。故宜以疊下之肘反內抽出。就迎面崩下。是為裏外相應之法。

Ayant appliqué le coude qui empile, si l’autre abaisse aussitôt son coude pour résister, et que je ne change pas de posture sur-le-champ, je dépense en vain ma force dans un bras de fer. Il faut donc tirer de l’intérieur le coude ainsi empilé, et faire s’effondrer le poing en pleine face : c’est la méthode où le dedans et le dehors se répondent.

第玖式 掠翼鶴膝 — Posture 9 : ailes qui balaient, genou de grue

『口令』叄

Compte : « Trois ! »

說明 Explication : 是式為本拳之第二節開端。卽由西復東之第一節也。先以後步站穩。右腳平放從後掃出。兩手向左方同時撥去。惟其側身則有長短之分。短者消其來勢。長者與掃腳同出。上下呼應手腳齊施。

Cette posture ouvre la seconde section du set, celle qui revient de l’ouest vers l’est. On s’affermit d’abord sur la jambe arrière ; le pied droit, à plat, balaie en partant de l’arrière ; les deux mains écartent en même temps vers la gauche. Mais le corps de côté comporte une longue et une courte : la courte amortit ce qui vient, la longue part en même temps que le balayage du pied, le haut et le bas se répondant, mains et pieds agissant ensemble.

Posture 9 : ailes qui balaient, genou de grue — planche 9 de l’édition de 1947

功用 Application : 聲東擊西。圍魏救趙。斯為戰畧上之空氣。亦兵行詭道是矣。攻前取後。使人有顧此失彼之效。如我祇顧向前攻取。突然偷襲吾後。則非反身圖救不可。掠翼之法可前可後。加之以軋膝之腿。當易奏功。亦攻守齊施之法。

« Faire du bruit à l’est pour frapper à l’ouest », « assiéger Wei pour secourir Zhao » : c’est là l’air que respire la stratégie, et l’art de la guerre par voies détournées. Attaquer devant et prendre derrière, pour que l’autre, regardant d’un côté, perde de l’autre. Si je ne regarde qu’à attaquer en avant et qu’on me surprenne tout à coup par-derrière, il me faut bien me retourner pour me sauver. La méthode des ailes qui balaient va devant et derrière ; jointe au coup de pied qui écrase le genou, elle réussit aisément : c’est aussi la méthode où attaque et défense agissent ensemble.

第十式 封手牽羊 — Posture 10 : mains qui scellent, tirer la brebis

『口令』四

Compte : « Quatre ! »

說明 Explication : 後軋出之腳退囘原地。成騎馬式。掠去雙掌力握來手。順勢牽來。由背面反為正面。使身離危境。易於攻守。佔有上風是也。

Le pied qui a frappé en écrasant revient à sa place et l’on forme la position du cheval. Les deux paumes, après avoir balayé, saisissent avec force la main qui vient et tirent dans le fil de son élan, de sorte que l’on passe du dos à la face : le corps quitte le danger, il devient aisé d’attaquer et de défendre, et l’on a le dessus.

Posture 10 : mains qui scellent, tirer la brebis — planche 10 de l’édition de 1947

功用 Application : 以背身相向能挽不敗足矣。安望佔得勝利。對方一提一讓。吾勢瓦解。若加以反擊。則非用封手牽羊之法不可。如敵人企圖以手由正門還擊之時。我卽退囘原步。封其手而牽纏就範。

Faire face de dos suffit à éviter la défaite, mais comment espérer la victoire ? L’autre lève le pied et lâche prise : mon attaque s’effondre. S’il contre-attaque, il n’y a plus qu’à employer la méthode de « mains qui scellent, tirer la brebis ». Si l’ennemi tente de riposter de la main par la porte principale, je reviens au pas d’origine, je scelle sa main et je le tire pour le faire entrer dans le cadre.

第十一式 泰山壓頂 — Posture 11 : le mont Tai écrase le sommet

『口令』五

Compte : « Cinq ! »

說明 Explication : 由騎馬式轉登山。左手向外刁出。右手以捶劈下。到相接之時。左手忽化為掌。力托劈下之拳。使定點凖確。互增力量。

De la position du cheval on passe à l’ascension. La main gauche sort en crochet vers l’extérieur ; la main droite fend du poing vers le bas. Quand elles se rencontrent, la main gauche se change soudain en paume et soutient avec force le poing qui s’abat, pour que le point fixe soit exact et que la force s’accroisse de part et d’autre.

Posture 11 : le mont Tai écrase le sommet — planche 11 de l’édition de 1947

功用 Application : 牽羊之法。祇封其一手耳。其餘一手隨時可向吾進攻者。其拳一來。吾卽移步轉為登山式。左手向上一迎。順勢一刁。則我泰山之勢。就其空間劈下。是為八剛之首。

La méthode de « tirer la brebis » ne scelle qu’une seule main ; l’autre peut à tout moment attaquer. Dès que le poing vient, je déplace le pas et passe à l’ascension, la main gauche va à sa rencontre et l’accroche au passage : ma posture du mont Tai peut alors s’abattre dans l’espace ainsi ouvert. C’est la première des huit duretés.

第十二式 抅摟採手 — Posture 12 : crochet, enlacement, main qui saisit

『口令』一

Compte : « Un ! »

說明 Explication : 沿上式不變。壓頂之手向外一刁。左手向裏一摟。同以一手為目標。後手代前手。接連三手。至末之一手。以捶打出。此為螳螂十二字要訣。四份之一也。

Sans changer la posture précédente, la main qui a pressé le sommet sort en crochet vers l’extérieur, la main gauche enlace vers l’intérieur, toutes deux visant la même main pour cible ; la main arrière prend la place de la main avant ; trois mains de suite ; la dernière part en poing. C’est un quart des douze mots essentiels de la mante.

Posture 12 : crochet, enlacement et saisie — planche 12 de l’édition de 1947

功用 Application : 向外為刁。從裏為摟。接連不斷是為採。再加一拳。卽上乘之手法也。斯為螳螂拳法中之特有。由右而左。由左而右。綿亘不絕。纏繞難分。得機卽打。

Vers l’extérieur, c’est le crochet ; de l’intérieur, c’est l’enlacement ; sans interruption, c’est la saisie ; on y ajoute un poing : voilà une technique de premier ordre. C’est le propre de la boxe de la mante : de droite à gauche, de gauche à droite, en un flux continu, un enroulement où l’on ne distingue plus les parties ; dès qu’on trouve l’occasion, on frappe.

第十三式 踏步翻車 — Posture 13 : fouler, la roue qui bascule

『口令』二

Compte : « Deux ! »

說明 Explication : 後腳踏前靠緊前足。再開出前足。成跨虎式。右手擒緊敵手。向上一提。同時以左手沉肘。拳鋒反內向上力抽。兩拳須前後相對。角度凖繩。

Le pied arrière foule devant, serré contre le pied avant ; puis le pied avant s’ouvre de nouveau, et l’on forme le tigre enjambé. La main droite saisit fermement la main de l’ennemi et la soulève ; en même temps la main gauche abaisse le coude, la pointe du poing se retourne vers l’intérieur et tire avec force vers le haut. Les deux poings doivent se faire face, l’un devant, l’autre derrière, selon un angle exact.

Posture 13 : fouler, la roue qui bascule — planche 13 de l’édition de 1947

功用 Application : 拳經云。翻車遠。而螳螂近。翻車速。而螳螂密。翻車之法頗多。有順翻。逆翻。斜翻。倒翻。是皆連續之翻。惟此式祇一翻便止。

Le classique dit : « La roue qui bascule va loin, la mante va près ; la roue est rapide, la mante est dense. » Les méthodes de la roue sont nombreuses : roue directe, roue inverse, roue oblique, roue renversée — toutes roues en série. Cette posture-ci ne fait qu’une seule rotation et s’arrête.

第十四式 踏進推窗 — Posture 14 : fouler et avancer, pousser une fenêtre

『口令』三

Compte : « Trois ! »

說明 Explication : 與第四式相同祇方向畧別而已

Identique à la quatrième posture, à la direction près.

Posture 14 : fouler et avancer, en sens inverse — planche 14 de l’édition de 1947

功用 Application : 與第四式相同

Identique à la quatrième posture.

第十五式 順步補捶 — Posture 15 : pas suivi, poing de complément

『口令』肆

Compte : « Quatre ! »

說明 Explication : 與第五式相同祇方向畧別

Identique à la cinquième posture, à la direction près.

Posture 15 : pas suivi, en sens inverse — planche 15 de l’édition de 1947

功用 Application : 與第五式相同

Identique à la cinquième posture.

第十六式 霸王請客 — Posture 16 : le tyran invite un hôte

『口令』五

Compte : « Cinq ! »

說明 Explication : 定式與封手牽羊無異。惟其分別之處。則前者從後抽步而返。此乃由前撤步而囘。用右手先封來手。繼以左手托其肘而拖囘。

La posture finale ne diffère pas de « mains qui scellent, tirer la brebis » (on reprend d’ailleurs la photographie de la dixième posture) ; la différence est que la précédente recule en tirant le pas de derrière, tandis que celle-ci recule en retirant le pas de devant. La main droite scelle d’abord la main qui vient, puis la main gauche soutient son coude et le tire en arrière.

Posture 16 : le tyran invite un hôte — planche 16 de l’édition de 1947

功用 Application : 右手乘牽擒之勢力捉敵腕。左手向其肘底托上反而拏之。倒退一步。若敬酒之狀。取其意若強留人客一般神態。

La main droite, profitant de l’élan de la saisie, prend le poignet de l’ennemi ; la main gauche soutient sous son coude et, se retournant, le saisit. On recule d’un pas, comme pour offrir du vin : l’intention est celle d’un hôte que l’on retient de force.

第十七式 反彈腰斬 — Posture 17 : jambe qui rebondit, tranche dans la taille

『口令』一

Compte : « Un ! »

說明 Explication : 逢踏步但欲先振聲威。然後俟機進迫者。是式先力踏後步。替代前足。使能直抵敵陣。向後偷入。左手封閉來手。右手從腰部橫切。偷入之步復加一彈。彼則重心傾斜。為吾所乘矣。

Quand on foule, c’est d’abord pour affirmer sa puissance par le bruit, puis guetter l’occasion de presser. Dans cette posture, on foule d’abord avec force du pied arrière, qui remplace le pied avant, afin d’aller droit au camp ennemi et de s’y glisser par-derrière. La main gauche scelle la main qui vient, la main droite tranche transversalement depuis la taille ; le pas glissé ajoute encore une détente de la jambe : l’autre, son centre de gravité basculé, tombe en mon pouvoir.

Posture 17 : jambe qui rebondit en arrière, tranche dans la taille — planche 17 de l’édition de 1947

功用 Application : 拳法有前後抅彈之備。惟用反彈者殊少。此法畧帶冒險成份。然能手足齊施。始能奏效。否則形成此彈彼斬。徒費氣力而已。

L’art du poing prévoit des crochets de jambe en avant et en arrière, mais on use rarement du rebond arrière. Cette méthode comporte une part de risque ; elle ne réussit que si main et pied agissent ensemble ; autrement, l’un crochète et l’autre tranche, et l’on dépense sa force pour rien.

第十八式 馬式崩捶 — Posture 18 : position du cheval, poing d’avalanche

『口令』二

Compte : « Deux ! »

說明 Explication : 由登山式。移正後步。為騎馬式。腰斬之手反由上摟下。使封來手。左拳反而打下。與第八式之崩無異。祇步法不同耳。

De l’ascension, on redresse le pas arrière pour faire la position du cheval. La main qui tranchait dans la taille enlace au contraire de haut en bas pour sceller la main qui vient ; le poing gauche frappe en s’abattant : c’est le même effondrement qu’à la huitième posture, seule la position diffère.

Posture 18 : position du cheval, poing d’avalanche — planche 18 de l’édition de 1947

功用 Application : 崩打乃螳螂總法之一。其中有馬式者。登山者。入環者。拳法一也。惟因當前形勢而變其形。亦有崩卽踢腿。踢腿而撤退者。為腳去身離之奇妙。但俱以封得來手。然後始施以崩打之法。則不至太於犯險也。

Le poing qui s’effondre est l’une des méthodes générales de la mante : il y en a en position du cheval, en ascension, en pas de l’anneau — la technique du poing est une ; seule la forme change selon la situation présente. Il y a aussi le cas où l’on s’effondre en lançant la jambe, et celui où l’on se retire en lançant la jambe : merveille que le pied parte et que le corps s’éloigne. Mais toujours on scelle d’abord la main qui vient, puis on applique l’effondrement : on n’encourt ainsi pas trop de risque.

第十九式 提步抅腿 — Posture 19 : lever le pas, jambe en crochet

『口令』三

Compte : « Trois ! »

說明 Explication : 提前步若獨立式。後手貼收腰部。左前手。以刁手法靠身抅下。惟勿太後。

Le pas avant se lève comme pour la position sur une jambe ; la main arrière se retire collée à la taille ; la main gauche, devant, en crochet, accroche vers le bas en s’appuyant au corps. Qu’elle n’aille pas trop en arrière.

Posture 19 : lever le pas, la main gauche accroche la jambe qui vient — planche 19 de l’édition de 1947

功用 Application : 世有連環腳。其勢速且難防。提前步以消來勢。抅手而下。以取其腿。是雙重之法。惟勿使過後。以待下式之展開。

Il est au monde des coups de pied en chaîne, rapides et difficiles à parer. On lève le pas avant pour amortir ce qui vient, et la main en crochet descend pour prendre la jambe : c’est une méthode double. Qu’elle n’aille pas trop en arrière, afin de préparer le déploiement de la posture suivante.

第二十式 反手摟腿 — Posture 20 : main en revers, jambe enlacée

『口令』三

Compte : « Trois et demi ! »

說明 Explication : 步與上式同。後手不動。前手由下反行而上。其手勿挑之過高。

Le pas est le même que dans la posture précédente ; la main arrière ne bouge pas ; la main avant remonte du bas en sens inverse. Que la main ne relève pas trop haut.

Posture 20 : main en revers, jambe enlacée — planche 20 de l’édition de 1947

功用 Application : 攻吾者用連環腿。我守者亦當以連環之法破之。使不得逞。此法與第十九式實為連繫。一落一上。乃對彼去此來之法。

L’ennemi attaque avec des coups de pied en chaîne ; moi qui défends, je dois briser cela par une méthode en chaîne aussi, pour qu’il n’aboutisse point. Cette méthode est liée à la dix-neuvième : l’une descend, l’autre monte — c’est la réponse à son aller et à son retour.

第廿一式 反彈劈頂 — Posture 21 : jambe qui rebondit, fendre le sommet

『口令』肆

Compte : « Quatre ! »

說明 Explication : 放下獨立之腳。左手向前刁去。右腳進前一步。偷入敵前鋒。右拳向敵頸部劈下。偷入之步。同時施以反彈之法。使其上下牽制。

On abaisse le pied de la position sur une jambe ; la main gauche accroche vers l’avant ; le pied droit avance d’un pas et se glisse derrière l’avant-garde ennemie ; le poing droit fend vers le bas, vers la nuque de l’ennemi ; le pas glissé applique en même temps le rebond arrière, pour le tenir en échec en haut et en bas.

Posture 21 : jambe qui rebondit, fendre vers la nuque — planche 21 de l’édition de 1947

功用 Application : 反彈卽從後彈出者是也。加以劈頂之勢。則全局為吾把握矣。惟吾步深入。須防下部被突擊。到此境地不容猶豫。免授敵以𨻶。

Le rebond, c’est la détente qui part de derrière. Ajouté au fendre le sommet, il met toute la situation en ma main. Mais mon pas s’enfonce loin : il faut craindre une attaque brusquée sur le bas. Arrivé là, point d’hésitation, de peur d’offrir une fissure à l’ennemi.

第廿二式 扭步黏肘 — Posture 22 : pas tordu, coude qui colle

『口令』伍

Compte : « Cinq ! »

說明 Explication : 從騎馬式。向右一扭以成坐盤式。右手順一刁之勢向後力牽。左手曲肘。朝上將臂肘托起。

De la position du cheval, on se tord vers la droite pour faire la position assise en croisé. La main droite, suivant l’élan du crochet, tire avec force vers l’arrière ; le bras gauche se plie et, vers le haut, soutient le bras et le coude.

Posture 22 : pas tordu, coude qui colle — planche 22 de l’édition de 1947

功用 Application : 扭步乃乘勢。黏肘則順形。拳法中能利用形勢者謂為神著。其肘直吾以曲制之。其勢正吾以側而攻之。因形度勢。判別虛實。乘機取利。則成敗之數立判。

Le pas tordu profite de l’élan ; le coude qui colle suit la forme. Qui sait user des circonstances dans l’art du poing fait ce qu’on appelle un coup divin. Son coude est droit, je le domine par la courbe ; sa posture est de face, j’attaque de biais. Épouser la forme, mesurer la force, discerner le vide du plein, saisir l’occasion d’en tirer profit : le succès ou l’échec se décide aussitôt.

第廿叄式 靠身拐肘 — Posture 23 : corps qui se presse, coude qui frappe de biais

『口令』一

Compte : « Un ! »

說明 Explication : 將坐盤之法解去。左步邁開進前為登山式。托起之肘沉下放平。就進馬之便。從脅下直撞而入。

On défait la position assise en croisé ; le pied gauche s’ouvre et avance en ascension ; le coude qui soutenait s’abaisse et s’aplatit ; profitant de l’entrée du cheval, il frappe droit depuis les côtes.

Posture 23 : corps qui se presse, coude qui frappe de biais — planche 23 de l’édition de 1947

功用 Application : 黏肘被對方橫肘沉下。直壓吾手。此時兩身接近。勝敗在此一舉。吾須犯險以貼靠之法逼之。將托上之肘橫撞。斯法雖險。然善用者反能以之化險。亦擒賊擒王之意。

Mon coude collant est abaissé par le coude transversal de l’autre, qui presse droit sur ma main. Les deux corps sont alors tout proches ; la victoire se joue sur ce seul coup. Il me faut risquer et le presser par la méthode du corps collé, en frappant de biais avec le coude qui soutenait. La méthode est risquée, mais qui sait l’employer change le risque en sûreté : c’est aussi l’idée de « prendre le chef pour prendre la bande ».

第廿肆式 順步推窗 — Posture 24 : pas suivi, pousser la fenêtre

『口令』二

Compte : « Deux ! »

說明 Explication : 步與上式同。右掌向斜面揷出。與右手之曲肘成一直線。

Le pas est comme dans la posture précédente. La paume droite s’insère en oblique, en ligne droite avec le bras droit fléchi.

Posture 24 : pas suivi, la paume droite s’insère en oblique — planche 24 de l’édition de 1947

功用 Application : 此法由正面移向側面。我欲待轉移方向。惟環境所不許。逼得側馬偏身應戰。拐肘旣為所卸。苟其從卸脫之時早懷反攻者。則我側面當受此威脅矣。故宜卽以順步之法以資抵禦。亦可暫救危險。

Cette méthode fait passer de la face au côté. Je veux changer d’orientation, mais les circonstances ne le permettent pas ; me voilà réduit à combattre de biais, le corps tourné. Le coude de biais une fois esquivé, si l’autre nourrissait depuis cet instant l’intention de contre-attaquer, mon flanc subirait la menace. Il convient donc de parer aussitôt par la méthode du pas suivi, ce qui sauve provisoirement du danger.

第廿五式 正門補捶 — Posture 25 : de face, poing de complément

『口令』叄

Compte : « Trois ! »

說明 Explication : 此為由西返東。再由東而西之轉點。由登山而轉騎馬式。右掌撥開敵手。用補捶以塡其𨻶。

C’est ici le point de retour : de l’ouest on revient à l’est, puis de l’est on repart vers l’ouest. On passe de l’ascension à la position du cheval ; la paume droite écarte la main de l’ennemi et le poing de complément bouche la fissure.

Posture 25 : de face, poing de complément — planche 25 de l’édition de 1947

功用 Application : 由側而正。由正反側。拳無所謂正與側。惟順其勢而已。推窗之法乃應急之需。然此法實補推窗之不足。是故螳螂拳法。多推窗之後。卽以補捶。是塡其卸也。

Du côté à la face, de la face au côté : dans le poing il n’y a ni face ni côté, il n’y a que suivre la situation. La méthode de « pousser la fenêtre » répond à l’urgence ; celle-ci complète ce qui lui manque. Aussi, dans la boxe de la mante, fait-on souvent suivre « pousser la fenêtre » du poing de complément : c’est boucher ce qui s’est ouvert.

第廿六式 左翼揪腿 — Posture 26 : aile gauche, jambe qui arrache

『口令』肆

Compte : « Quatre ! »

說明 Explication : 由騎馬式轉向右方刁手。左刁沿上抅出。同時左腿如七星步法向右揪去。使上下相反以擊敵重心。

De la position du cheval, on tourne vers la droite en crochet. Le crochet gauche sort le long du bras vers le haut ; en même temps la jambe gauche, comme dans le pas de la Grande Ourse, arrache vers la droite, pour que le haut et le bas aillent en sens contraire et frappent le centre de gravité de l’ennemi.

Posture 26 : aile gauche, jambe qui arrache — planche 26 de l’édition de 1947

功用 Application : 揪腿之法無異是前彈腿法。但彈則暗偷而用。揪腿則從正面明入。雖為敵所防。惟吾依法而用。是其分別處也。然手腳不能先後。亦不能遲疑。招之之法。可提腿而擊其上。則可解斯危。

La jambe qui arrache ne diffère pas du coup de pied qui se détend vers l’avant ; mais la détente se prend en secret, tandis que l’arrachement entre de face, ouvertement. L’ennemi le pare, mais je l’emploie selon la méthode : c’est là la différence. Main et pied toutefois ne peuvent aller l’un après l’autre, ni hésiter. Pour le parer, on peut lever la jambe et frapper le haut : on échappe ainsi au danger.

第廿七式 右翼揪腿 — Posture 27 : aile droite, jambe qui arrache

『口令』伍

Compte : « Cinq ! »

說明 Explication : 循左揪之勢以左手刁之。右手沿上抅出。同時以右七星腳向左揪去。與上式同一法門。所別者左右而已。

Suivant l’élan de l’arrachement à gauche, la main gauche crochète ; la main droite sort le long du bras vers le haut ; en même temps le pied droit, en Grande Ourse, arrache vers la gauche. C’est la même porte que la posture précédente ; seule la gauche et la droite diffèrent.

Posture 27 : aile droite, jambe qui arrache — planche 27 de l’édition de 1947

功用 Application : 原則上與左翼相同。但左揪彼提腿所消。我卽連續以右揪進擊。使敵無喘息及提備機會。

En principe, c’est la même que l’aile gauche. Mais si l’ennemi amortit mon arrachement de gauche en levant la jambe, j’enchaîne aussitôt par l’arrachement de droite, pour qu’il n’ait ni le temps de respirer ni celui de se préparer.

第廿八式 騰撲雙綑 — Posture 28 : bond et plongeon, double lien

『口令』一

Compte : « Un ! »

說明 Explication : 先提前腿。以使全身躍進。凡躍跳過高。著地處。以虛式為宜。故撲下之時為左跨虎式。雙手如捕蟬之法。從上橫下以封敵手。

On lève d’abord la jambe avant, pour que tout le corps bondisse en avant. Quand on saute haut, il convient d’atterrir en position vide ; aussi, en s’abattant, prend-on le tigre enjambé à gauche. Les deux mains, comme pour saisir la cigale, scellent de haut en bas, transversalement, la main de l’ennemi.

Posture 28 : bond et plongeon, les deux mains lient l’adversaire — planche 28 de l’édition de 1947

功用 Application : 騰空撲下其勢固猛。加以雙綑復何患封之不牢耶。當我以上下夾擊攻敵之時。彼以法解救之後。乘吾中路空虛之際。施以中心之法。吾便以騰起之勢。卸去目標。繼撲下而用雙綑緊扣其手。

S’élever dans les airs et s’abattre a déjà de la fougue ; avec le double lien, comment la prise ne serait-elle pas solide ? Tandis que j’attaque en tenaille, haut et bas, l’autre, après s’être dégagé, profite du vide de mon centre pour frapper au milieu. Je me dérobe alors d’un bond, laissant la cible vide, puis je m’abats et lie ses mains d’un double lien serré.

第廿九式 抹眉啄睛 — Posture 29 : essuyer le sourcil, picorer l’œil

『口令』二

Compte : « Deux ! »

說明 Explication : 先以左刁手抅去敵取吾睛之手。提前步縱身直往。右腿以撩陰之法踢出。右手以兩指取睛。同線同出。使難躱避。

La main gauche, en crochet, accroche d’abord la main qui vise mes yeux ; on lève le pas et l’on bondit droit sur l’autre ; la jambe droite lance un coup relevé vers l’aine, la main droite, de deux doigts, vise l’œil : les deux partent sur la même ligne, pour qu’il soit difficile d’éviter.

Posture 29 : essuyer le sourcil, picorer l’œil — planche 29 de l’édition de 1947

功用 Application : 抹眉而啄睛不祇難用。而且難練。求能以一線齊出。並能集其全力者不易一見。此是險著也。啄睛使人盲其目。加以撩陰一腳。性命可虞。練技旨在明其用法耳。愼毋輕於一試。

Essuyer le sourcil et picorer l’œil n’est pas seulement d’un emploi malaisé, c’est aussi malaisé à travailler : trouver quelqu’un qui fasse partir les deux sur une seule ligne et y rassemble toute sa force est rare. C’est un coup périlleux : picorer l’œil aveugle, et le coup de pied à l’aine met la vie en jeu. L’entraînement n’a d’autre but que de faire comprendre l’usage ; gardez-vous de l’essayer à la légère.

第三十式 陰陽擊掌 — Posture 30 : yin et yang, les paumes se frappent

『口令』三

Compte : « Trois ! »

說明 Explication : 上式踢出之腳收囘而成獨立式。左掌迎敵襲我之掌。我啄睛之手立卽抽囘。成正側之勢而互擊敵掌。

Le pied lancé dans la posture précédente se retire et l’on prend la position sur une jambe. La paume gauche va au-devant de la paume qui m’attaque ; la main qui picorait l’œil se retire aussitôt, et l’on frappe les paumes de l’ennemi l’une contre l’autre, en posture droite et de biais.

Posture 30 : les deux paumes se frappent autour de la main adverse — planche 30 de l’édition de 1947

功用 Application : 我旣騰身而起。重心當隨之而離。若敵突由我左方面部一掌拍來。我卽以左手迎而托之。復抽囘右手使與左手平衡。藉互擊之力使夾在當中之敵手蒙其損害。

M’étant élevé d’un bond, mon centre de gravité s’en est allé avec moi. Si l’ennemi, soudain, m’envoie une paume au visage depuis ma gauche, je vais à sa rencontre de la main gauche et la soutiens, puis je retire la droite pour l’égaler à la gauche : par la force du heurt réciproque, la main ennemie prise entre les deux en souffre.

第卅一式 力撞肺腑 — Posture 31 : heurter de toute sa force les poumons

『口令』伍

Compte : « Quatre ! »

說明 Explication : 左手刁開來拳。落下前腳為登山式。右手以刁內形狀。用腕尖骨沿左手之下向其肋下頂去。

La main gauche crochète et écarte le poing qui vient ; on abaisse la jambe avant en ascension. La main droite, en forme de crochet retourné, frappe du bout de l’os du poignet, le long du dessous de la main gauche, et pousse vers les côtes.

Posture 31 : heurter les poumons du bout de l’os du poignet — planche 31 de l’édition de 1947

功用 Application : 肺腑乃八打之一。惟範圍甚小。倘以拳擊之則無異隔靴搔癢。以指揷之似感力之不足。故而二者不用。改以反刁手之尖形。利其小而著力也。

Les poumons sous les côtes sont l’une des huit cibles permises, mais la surface en est fort petite : y frapper du poing, c’est gratter une démangeaison à travers sa botte ; y piquer des doigts, on sent que la force ne suffit pas. Aussi n’emploie-t-on ni l’un ni l’autre : on prend la forme pointue du crochet renversé, avantageuse pour cette petite surface où la force se concentre.

第卅二式 指星換月 — Posture 32 : montrer l’étoile, changer la lune

『口令』伍

Compte : « Cinq ! »

說明 Explication : 因距離關係進一步過於逼近。不動式又離之太遠。故祇得將後腳移貼前腳成靠櫳式。右拳由外反內成圈狀。將至定點處以左掌迎托之。

À cause de la distance, un pas de plus serait trop près, et ne pas bouger laisse trop loin : il ne reste qu’à rapprocher le pied arrière du pied avant pour faire la position des pieds joints. Le poing droit, de l’extérieur, revient vers l’intérieur en cercle et, comme il va atteindre son point fixe, la paume gauche vient le soutenir en avant.

Posture 32 : montrer l’étoile, changer la lune — planche 32 de l’édition de 1947

功用 Application : 戰爭之道。爭取時間。利用形勢。然後施以戰術。抑亦戰畧配以戰術也。為爭時間不克換步換形。逼得靠埋後腳。左掌沿右臂之上削下。以脫纏我之手。右拳從而圈內。取其太陽。雖為權宜之法。但無牽強之態。

L’art de la guerre, c’est gagner du temps, user de la situation, puis appliquer la tactique — ou plutôt accorder la stratégie à la tactique. Faute de temps, je ne puis changer de pas ni de forme : me voilà contraint de ramener le pied arrière. La paume gauche racle vers le bas le long du dessus du bras droit pour défaire la main qui m’enlace, et le poing droit revient en cercle chercher la tempe. C’est une méthode de circonstance, mais sans rien de forcé.

第卅叄式 提腿截捶 — Posture 33 : jambe levée, poing qui intercepte

『口令』一

Compte : « Un ! »

說明 Explication : 提右腳為獨立式。左掌按肩。右拳貼身橫削而下。惟掌拳相擦之時。必拍然作響。此為螳螂拳之特處。考其用意乃互相增強力量。

On lève le pied droit en position sur une jambe ; la paume gauche presse l’épaule ; le poing droit, collé au corps, tranche transversalement vers le bas. Quand la paume et le poing se frottent, il en sort forcément un claquement : c’est là un trait particulier de la boxe de la mante, dont l’intention est de renforcer réciproquement la force.

Posture 33 : jambe levée, le poing tranche vers le bas — planche 33 de l’édition de 1947

功用 Application : 拳術之道詭計多端。有先以上擊。然後反而打下。彼虛此實。連環偷漏。法至難防。設有以窩肚捶法。向我突進一捶。吾卽提步削下。取雙重防禦以保不測。

L’art du poing est fertile en ruses : on frappe d’abord en haut, puis on s’abat en bas ; ceci est vide, cela est plein ; les enchaînements se dérobent, et la méthode est fort difficile à parer. Si quelqu’un, par la méthode du poing au ventre, m’envoie soudain un coup, je lève le pas et je tranche vers le bas : double défense contre l’imprévu.

第卅肆式 挑手截捶 — Posture 34 : main qui relève, poing qui intercepte

『口令』二

Compte : « Deux ! »

說明 Explication : 步同前法。將削下之橫捶反挑而上。但勿過肩。

Le pas est comme dans la méthode précédente. Le poing transversal qui tranchait vers le bas relève en sens inverse, mais sans passer l’épaule.

Posture 34 : main qui relève, le poing revient vers le haut — planche 34 de l’édition de 1947

功用 Application : 與上式實為聯繫之手法。劈下攔去窩肚捶反挑而抅上打之手。所謂低攔上挑是也。其中上連進。則我相輔為用。若祇上打。此法亦善。

C’est en fait une technique liée à la précédente : fendre vers le bas pour barrer le poing au ventre, puis relever en accrochant la main qui frappe en haut — ce qu’on appelle « barrer en bas, relever en haut ». Si l’on enchaîne encore en avançant, les deux se prêtent secours ; à ne frapper qu’en haut, la méthode est encore bonne.

第卅伍式 橫掌封擊 — Posture 35 : paume transversale qui scelle et frappe

『口令』叄

Compte : « Trois ! »

說明 Explication : 左手從內穿出。順而封閉其手。右掌平橫。直削而入。步亦由獨立式而落為登山式。

La main gauche sort en perçant de l’intérieur et scelle la main au passage ; la paume droite, à plat et transversale, tranche droit devant. Le pas, de la position sur une jambe, retombe en ascension.

Posture 35 : paume transversale qui scelle et frappe — planche 35 de l’édition de 1947

功用 Application : 掌有橫。齊。反。漏。切之別。然須因勢利導。橫而封擊勢所使也。用掌比拳為難。因其法至繁也。

Les paumes se distinguent en transversale, égalisante, en revers, glissante et tranchante ; mais il faut suivre la pente de la situation — transversale pour sceller et frapper, c’est la situation qui l’impose. User de la paume est plus malaise que du poing, parce que la méthode en est fort complexe.

第卅六式 反封左措 — Posture 36 : scellement en revers, torsion à gauche

『口令』肆

Compte : « Quatre ! »

說明 Explication : 仍如上登山式。橫出之掌被捉。我卽反而擒之。倒以反上。加左手於其上。力措其腕。

Toujours en ascension comme plus haut. La paume lancée de biais est saisie : je la retourne et saisis à mon tour ; renversant par en dessous pour remonter, j’ajoute la main gauche par-dessus et tords avec force le poignet.

Posture 36 : scellement en revers, torsion du poignet — planche 36 de l’édition de 1947

功用 Application : 拳經之截脈。點穴。纏筋。措骨為神妙。措骨者反其順而逆之。反封者旣為所封。立反封之。提而從左方措其腕骨。

Sectionner le pouls, piquer les points, enrouler les tendons, tordre les os : voilà ce que le classique tient pour merveilleux. Tordre l’os, c’est renverser le sens suivi pour le faire aller à contresens. Le scellement en revers : puisque l’on a été scellé, on scelle aussitôt en retour ; on soulève et l’on tord l’os du poignet par la gauche.

第卅七式 迎封右措 — Posture 37 : scellement d’accueil, torsion à droite

『口令』五

Compte : « Cinq ! »

說明 Explication : 仍用右登山式。以措捶之法纏其右手。對方反以左拳劈下。則逆而托之。加右手轉左措之。法與上式畧同。

On reste en ascension à droite. Par la méthode du poing qui tord, on enroule la main droite de l’autre ; celui-ci fend vers le bas du poing gauche : on le soutient à contresens et, ajoutant la droite, on tord vers la gauche. La méthode est à peu près la même que ci-dessus.

Posture 37 : scellement d’accueil, torsion à droite — planche 37 de l’édition de 1947

功用 Application : 纏絲之法。為拳家之秘。惟得傳者推而行之。亦何難乎。左右措捶與纏絲法殊途同歸矣。

La méthode du fil enroulé est un secret de maître ; mais à qui l’a reçue, la pousser et l’appliquer n’est pas si difficile. Les poings qui tordent, à gauche et à droite, et la méthode du fil enroulé mènent au même point par des chemins différents.

第卅八式 掛手頂臍 — Posture 38 : main suspendue, poing qui frappe le nombril

『口令』一

Compte : « Un ! »

說明 Explication : 前右步猛向地力踏。使聲雄而壯其勢。左手從下橫架而上。右捶反由下衝上。力撞其臍。

Le pas droit devant foule avec force contre le sol, pour que le bruit soit puissant et la posture imposante ; la main gauche monte en travers comme un chevalet ; le poing droit, en sens inverse, monte du bas et frappe avec force le nombril.

Posture 38 : main suspendue, le poing frappe le nombril — planche 38 de l’édition de 1947

功用 Application : 掛手者向上橫攔是也。螳螂拳多掛手統捶。然此一著則捨統捶不用。反拳抽上取其肚臍。順流拋捎而上。掛而拋捎是剛著也。

La main suspendue, c’est la barre transversale vers le haut. Dans la boxe de la mante, on fait souvent main suspendue et poing qui perce ; cette fois, on laisse le poing qui perce et, retournant le poing, on tire vers le haut chercher le nombril : on suit le courant et l’on remonte en jetant. Suspendre puis jeter : c’est une action dure.

第卅九式 呑塌扇風 — Posture 39 : avaler et s’affaisser, l’éventail

『口令』二

Compte : « Deux ! »

說明 Explication : 呑塌式與反登山式相同。惟用意殊別。呑塌步橫扣敵馬。扇風手兩手曲指如鈎之狀。下封其手。上取耳朵。腳扣其馬。發以相反之力。吾功成矣。

La position de l’avalement et de l’affaissement est la même que l’ascension inversée, mais l’intention est tout autre. Le pas avale et s’affaisse en barrant de biais la position du cheval de l’ennemi. La main de l’éventail : les deux mains, doigts courbés en crochet, scellent en bas la main et prennent en haut l’oreille ; le pied barre sa position et l’on émet une force contraire : l’œuvre est accomplie.

Posture 39 : avaler et s’affaisser, la main de l’éventail — planche 39 de l’édition de 1947

功用 Application : 呑而塌之。呑者入其步。塌者跌之是也。與揪腿法大同小異。扇風者封擊耳朵之謂。

Avaler et s’affaisser : avaler, c’est entrer dans son pas ; s’affaisser, c’est le faire choir. Cela ne diffère pas beaucoup de la jambe qui arrache. L’éventail, c’est le nom du scellement et de la frappe à l’oreille.

第四十式 反身扇風 — Posture 40 : se retourner, l’éventail

『口令』叄

Compte : « Trois ! »

說明 Explication : 是式為再由西復東之起點。先踏右步拍貼左步。替左步向後開出一步。兩手從下反上封閉。左步偷入拖而跌之。

Cette posture est le point de départ du retour de l’ouest vers l’est. On foule d’abord du pied droit en le collant au pied gauche, puis on ouvre le pied gauche d’un pas vers l’arrière ; les deux mains, du bas, remontent en sens inverse et scellent ; le pas gauche se glisse et l’on tire pour faire tomber.

Posture 40 : se retourner, l’éventail — planche 40 de l’édition de 1947

功用 Application : 踏步翻身之法。較勝於進步換形。以利其簡快也。乘一踏之勢隨而偷入。手足並加。牽而倒之。亦牽纏倒掛偷彈封閉之妙也。

La méthode de fouler et de se retourner vaut mieux que celle d’avancer en changeant de forme, parce qu’elle est plus simple et plus rapide. Profitant de l’élan d’un seul fouler, on se glisse ; main et pied s’ajoutent ensemble ; on tire et l’on fait choir : c’est encore la merveille de l’enlacement suspendu, du rebond dérobé et du scellement.

第肆一式 進步扇風 — Posture 41 : avancer, l’éventail

『口令』四

Compte : « Quatre ! »

說明 Explication : 以呑塌步。再進一步。亦呑塌步。反手而封。進亦扇風。務使綿亘不絕。進而反身。反身而再進。前後左右連續之扇風。相機而行。

En pas de l’avalement et de l’affaissement, on avance encore d’un pas, toujours en avalement et affaissement ; la main se retourne et scelle ; en avançant, on fait encore l’éventail. Il faut que cela coule sans interruption : avancer puis se retourner, se retourner puis avancer de nouveau, éventails continus de devant, de derrière, à gauche et à droite, selon l’occasion.

Posture 41 : avancer, l’éventail — planche 41 de l’édition de 1947

功用 Application : 螳螂拳法論曰。不招不架實是能家。若還招架。眞是空家。本是一扇風耳。若招其一。反引而再。再而三。連續不斷。

Le traité de la boxe de la mante dit : « Ne pas appeler, ne pas parer : voilà l’habile. Si l’on en vient à parer, on n’est qu’un vain. » Il n’y a ici qu’un seul éventail ; si l’on en pare un, on en attire un second, puis un troisième, sans interruption.

第四二式 引針腰斬 — Posture 42 : tirer l’aiguille, tranche dans la taille

『口令』五

Compte : « Cinq ! »

說明 Explication : 由扇風之手。穿而進之。引手封之。進左步鈎其足。反掌切出。抅封纏斬。此之謂也。

Depuis la main de l’éventail, on perce et l’on avance ; la main tire et scelle ; le pied gauche avance et crochète son pied ; la paume en revers tranche : accrocher, sceller, enrouler, trancher — c’est de cela qu’il s’agit.

Posture 42 : tirer l’aiguille, tranche dans la taille — planche 42 de l’édition de 1947

功用 Application : 引針者言其小也。然每事物俱從小做大。由引針之小可致腰斬之害。引針者穿手而復封。封而入步。入步然後近其腰而斬之。腰乃中心所寄。設為所斬。其不倒者幾希。

« Tirer l’aiguille » dit la petitesse ; mais toute chose va du petit au grand : de la petitesse de l’aiguille tirée peut venir le mal de la tranche dans la taille. Tirer l’aiguille, c’est percer de la main puis sceller ; sceller puis entrer du pas ; une fois entré, on s’approche de sa taille et l’on tranche. La taille est le siège du centre : qui y est tranché ne se relève guère.

第四三式 圈打太陽 — Posture 43 : cercle et frappe à la tempe

『口令』一

Compte : « Un ! »

說明 Explication : 從七星步。落而轉登山式。左拳由外橫圈返內。橫打太陽穴。

Du pas de la Grande Ourse, on s’abaisse et l’on passe en ascension ; le poing gauche, de l’extérieur, revient en cercle transversal vers l’intérieur et frappe de biais la tempe.

Posture 43 : cercle et frappe à la tempe — planche 43 de l’édition de 1947

功用 Application : 太陽者乃八不打之首。亦為人之首要。圈而打之。勢速而盛。惟其法高。低首避之容易卸去。

La tempe est la première des huit cibles défendues, et c’est aussi une tête de l’homme. Frapper en cercle a de la vitesse et de la fougue ; mais la méthode est haute : en baissant la tête on l’esquive aisément.

第四肆式 登山崩捶 — Posture 44 : ascension, poing d’avalanche

『口令』二

Compte : « Deux ! »

說明 Explication : 與上登山式不變。由外圈內之拳。反由內而外。封而崩之。

Sans changer l’ascension ci-dessus, le poing qui allait de l’extérieur vers l’intérieur repart de l’intérieur vers l’extérieur : on scelle et l’on s’effondre.

Posture 44 : ascension, poing d’avalanche — planche 44 de l’édition de 1947

功用 Application : 崩捶與挫捶若以定式觀之實無二致。惟崩捶則由上打下。挫捶由下衝上。崩捶利於出腳。挫捶利進逼。其未來之趨勢不同也。

Le poing qui s’effondre et le poing qui broie ont, à voir les postures finales, exactement le même aspect ; mais l’effondrement frappe du haut vers le bas, le broiement monte du bas vers le haut. L’effondrement favorise la sortie de la jambe, le broiement la pression de près : leurs tendances à venir diffèrent.

第四五式 七星刁手 — Posture 45 : Grande Ourse, main en crochet

『口令』三

Compte : « Trois ! »

說明 Explication : 登山式反坐後腿。前腿往後一仰則七星勢成矣。右手收貼腰部。左手向前刁出。

De la position de l’ascension, on s’assied en arrière sur la jambe arrière ; la jambe avant se renverse en arrière et la position de la Grande Ourse est faite. La main droite se retire collée à la taille ; la main gauche sort en crochet devant.

Posture 45 : Grande Ourse, main en crochet — planche 45 de l’édition de 1947

功用 Application : 拳擊之戰與鎗炮之戰。其分別處在距離。以登山式移後作七星式。一前一後約差尺餘。假若為敵逼近。無法可解之時。退而讓之之妙法也。

Entre le combat à coups de poing et le combat au fusil et au canon, la différence est dans la distance. Passer de l’ascension à la Grande Ourse en reculant met un pied ou plus d’écart entre l’avant et l’arrière. Si l’ennemi presse et qu’il n’y ait plus moyen de s’en tirer, c’est là une merveilleuse méthode pour reculer et lui céder.

第四六式 七星補捶 — Posture 46 : Grande Ourse, poing de complément

『口令』四

Compte : « Quatre ! »

說明 Explication : 左前七星步。進一步為右前七星步。其捶法與順步補捶相同。

Du pas de la Grande Ourse à gauche devant, on avance d’un pas pour la Grande Ourse à droite devant. La méthode du poing est la même que celle du poing de complément au pas suivi.

Posture 46 : Grande Ourse, poing de complément — planche 46 de l’édition de 1947

功用 Application : 七星式為螳螂拳常步。因其虛實各半。進退自如。故多用之。刁手為卸讓之法。補捶亦塡其缺漏而已。

La position de la Grande Ourse est le pas ordinaire de la boxe de la mante : comme le vide et le plein y sont par moitié, on avance et recule à son aise, aussi l’emploie-t-on souvent. La main en crochet est la méthode pour se dérober et céder ; le poing de complément ne fait que combler le manque.

第四七式 螳螂捕蟬 — Posture 47 : la mante saisit la cigale

『口令』五

Compte : « Cinq ! »

說明 Explication : 由七星步踏下。反身而捕蟬。與第三式相同。惟換步與反身有別耳。

Du pas de la Grande Ourse, on foule vers le bas et l’on se retourne pour saisir la cigale : c’est la même chose que la troisième posture, à cela près que le changement de pas et le retournement diffèrent.

Posture 47 : la mante saisit la cigale, en se retournant — planche 47 de l’édition de 1947

功用 Application : 倘為敵從後追來。則反封之。若捕蟬之狀。起腳閉之使難躱避。

Si l’ennemi me poursuit par-derrière, je scelle en me retournant, comme pour saisir la cigale ; je lève le pied et je ferme, pour qu’il ne puisse esquiver.

Posture finale — 立正中平 (48) : debout, droit et centré

『口令』立正

Commandement : « Garde-à-vous ! »

說明 Explication : 此式為全拳完畢之後返本還原。氣貫丹田。調和呼吸。以備向觀者致禮。

Cette posture ramène à l’origine après l’achèvement du set : le souffle traverse le dantian, on harmonise la respiration, en attendant de saluer les spectateurs.

La planche qui accompagne cette posture finale est la même que la planche 1a, reproduite plus haut ; elle n’est donc pas répétée ici.

功用 Application : 動作未開始之時先集精神。全式旣完亦須歛氣端立。臉現寬容之態以表自然。

Avant que le mouvement ne commence, on rassemble d’abord l’esprit ; le set achevé, il faut encore rentrer son souffle et se tenir droit, le visage ouvert et affable pour marquer le naturel.

Formule finale

練拳不練功

到老一塲空

捱得苦中苦

方成強上強

Pratiquer la boxe sans travailler la maîtrise,

et jusqu’à la vieillesse tout sera vide.

Endurer l’amertume au sein de l’amertume,

alors seulement devient-on fort entre les forts.


Notes

  1. Wang Lang et les origines de la boxe de la mante : le personnage de Wang Lang (王朗), de Jimo au Shandong, est traditionnellement donné pour le créateur de l’école à la fin des Ming, après l’observation d’une mante saisissant une cigale ; les traités de l’école y joignent l’imitation de la démarche du singe. La chaîne de transmission citée ici — Wang Lang, le taoïste Shengxiao, Li Sanjian, Wang Rongsheng, Fan Xudong, Luo Guangyu — est celle que rapporte l’école de Luo Guangyu.
  2. Les huit duretés et douze souplesses (八剛十二柔) et les huit cibles permises et huit cibles défendues (八打八不打) sont les deux grilles classiques du travail de la mante : la première répartit les techniques en huit actions de force et douze de souplesse, la seconde énumère les zones du corps que l’on peut frapper et celles que l’on doit épargner. La tempe est citée plus loin comme la première des zones défendues.
  3. Les douze mots essentiels : l’auteur signale au passage que « crochet, enlacement, saisie » (抅摟採) constituent un quart des douze mots (十二字) qui résument les techniques de main de l’école.
  4. Les trois modes de travail à deux (領 recevoir, 劈 fendre, 拆 démonter) exposés dans l’essai « Du beng bu » sont la clef pédagogique du set : on le joue d’abord en répondant à un partenaire qui attaque chaque posture, puis en inversant les rôles, enfin en démontant les techniques une à une hors de l’enchaînement.
  5. Les photographies : l’auteur explique dans sa préface que les clichés du maître Luo exécutant ce set avaient été dispersés après sa mort, et qu’il a fallu refaire une série : les planches numérotées montrent donc Huang Hanxun lui-même, photographié par Tan Yiren, et non Luo Guangyu. Le portrait de Luo Guangyu en « saisir la perle au fond de la mer » (羅師遺像), joint par Brennan, provient d’un volume commémoratif de 1972 et non du livre de 1947 : il n’a pas été reproduit ici. Le plan d’orientation (形勢方向) est en revanche bien du livre, mais le schéma circulaire qui l’accompagne dans l’article de Brennan est un dessin moderne de sa main, également écarté.
  6. Caractères du texte reproduit : le texte comporte plusieurs variantes graphiques conservées telles quelles dans les citations : 卽 pour 即, 呑 pour 吞, 鷄 pour 雞, 靑 pour 青, 畧 pour 略, 塡 pour 填, 躱 pour 躲, 脚 pour 腳, 麪 et 麵, 塲 pour 場, 敎 pour 教, 份 pour 分 (dans 四份之一), 弍 pour 二, 叄 pour 三, 卅 pour 三十, 廿 pour 二十, 肆 pour 四, 伍 pour 五, 陸 pour 六, 柒 pour 七, 玖 pour 九. Le numéro de la posture 16 (« 霸王請客 ») s’écrit ici en caractères ordinaires, alors que la liste des noms le range entre la quinzième et la dix-septième. La trente-deuxième et la trente-cinquième posture portent toutes deux le commandement « 五 » dans l’original ; la traduction suit le texte tel qu’il est.
  7. Les images : les cinquante planches reproduites ici — la calligraphie liminaire de Hu Jianmo, la planche du portrait de l’auteur avec deux positions du bâton queue de tigre, et les quarante-huit photographies de postures (1a, 1b, puis 2 à 47) — proviennent du livre de 1947 tel qu’il est reproduit dans l’article de Brennan. Ce sont des documents figurant dans l’édition originale du texte chinois, donc dans le domaine public ; ce ne sont ni des créations graphiques modernes ni des photographies de l’éditeur du blog.

Source du texte chinois : 《崩步拳》 (« La boxe des pas d’avalanche »), compilé par Huang Hanxun (黃漢勛, 1915-1974) de Shunde, d’après l’enseignement du maître Luo Guangyu (羅光玉, 1888-1944) de Penglai, au Shandong ; photographies de Tan Yiren (譚以仁) ; publié par l’Institut des arts martiaux de la mante (螳螂國術館), Hong Kong, sixième mois de la trente-sixième année de la République (juin 1947) ; texte relevé dans l’article « Avalanche Steps Boxing Set (Beng Bu Quan) » de Paul Brennan (https://brennantranslation.wordpress.com/2020/01/26/avalanche-steps-boxing-set-beng-bu-quan/), dont la traduction anglaise n’a pas été utilisée. Texte chinois et planches du livre dans le domaine public (Huang Hanxun, mort le 23 décembre 1974). Les cinquante images reproduites ici sont les planches de l’édition chinoise d’origine. Traduction française : nouvelle traduction réalisée à partir de l’original chinois pour ce site.