Le Zhenben Yue Fei baduanjin (真本岳飛八段錦, « Le véritable Baduanjin de Yue Fei ») est un petit manuel publié à Shanghai en septembre 1936 par Jin Ti’an (金倜盦, également transcrit Jin Tisheng), qui signe de son sobriquet, Ti’an (倜庵). L’auteur y raconte comment, enfant chétif et maladif, il reçut l’enseignement du baduanjin (八段錦, « huit pièces de brocart ») d’un vieux serviteur de sa famille nommé Gui, expert en arts de combat ; les effets furent tels qu’il s’y consacra toute sa vie. Constatant que les livrets vendus dans les boutiques de livres présentaient une méthode toute différente, réduite à une gymnastique molle sans intention, il décida de publier le manuscrit original de son maître, accompagné de ses propres commentaires (按語).
Le baduanjin est le plus célèbre des ensembles de daoyin (導引, exercices respiratoires et posturaux) chinois. La tradition l’attribue à Yue Fei (岳飛, 1103-1142, dit Yue Wumu 岳武穆), le général de la dynastie Song du Sud devenu figure exemplaire du patriotisme ; les huit « pièces de brocart » sont huit exercices enchaînés, chacun travaillant une région du corps et un aspect de la circulation du souffle. Le texte ici traduit — d’environ 3 350 caractères chinois — décrit chaque mouvement posture par posture, puis, dans un commentaire final, en explique le principe physiologique et les exigences de pratique.
Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.
強身不死之道 岳飛
« La voie qui fortifie le corps et écarte la mort. » — Yue Fei

Préface (序)
八段錦之法。創自岳武穆。盛傳于北方。實為强健身體。鍛煉筋骨之良法。與易筋經有異曲同工之妙。予之得授其法也。猶在幼時。
La méthode du baduanjin a été créée par Yue Wumu [Yue Fei]. Elle s’est largement répandue dans le Nord ; c’est véritablement un excellent moyen de fortifier le corps et de tremper tendons et os. Du Yijin jing elle procède d’une voie différente, mais les deux arts produisent les mêmes effets.
傭叟歸姓者能技擊。以予之體弱多病也。請于予祖父。願以八段錦之法相授。時重文輕武之見猶深。祖父心頗不然。而姑命試習之。一年而効乃大著。飲食驟增。身體大健。乃信其術之驗。益勤習之。從此不復如前之孱弱多病矣。
Un vieil homme à notre service, du nom de Gui, savait se battre. Me voyant faible et souvent malade, il demanda à mon grand-père la permission de m’enseigner le baduanjin. À cette époque, le préjugé qui honore les lettres et méprise les armes était encore profondément ancré. Mon grand-père n’était nullement de cet avis, mais il me fit néanmoins essayer. Au bout d’un an, les effets furent considérables : mon appétit s’accrut d’un coup, mon corps devint vigoureux. Je fus alors convaincu de l’efficacité de l’art et m’y appliquai avec plus d’ardeur ; depuis, je n’ai jamais retrouvé ma faiblesse et mes maladies d’autrefois.
後于坊間購得八段錦小册子一本。歸而演之。法乃大異。其動作竟如柔枝嫩葉。弱不禁風者。且絲毫無着力之處。竟如今日小學校中所授之柔輭體操。于是始知坊本乃東擷其蘿。西挽其葛。拉雜凑合而成。借以欺人。藉以漁利而已。
Il m’arriva ensuite d’acheter chez un libraire de rue un petit livret de baduanjin. De retour chez moi, je l’exécutai : la méthode en était tout autre. Ses mouvements étaient comme des branches souples et des feuilles tendres, ployant au moindre vent, sans le moindre point où s’appuyer ; c’était la gymnastique molle qu’on enseigne aujourd’hui dans les écoles primaires. Je compris alors que ces livrets de colportage cueillent ici une racine et tirent là une liane, et ne font qu’un assemblage hétéroclite, bon à tromper les gens et à en tirer profit.
若或詢以授此者。則彼必曰。派有南北。拳有短長。子之所能。非可過人。而强人同于子也。此不通之論也。夫岳武穆為北人。八段錦為岳武穆所創。則其為北派無疑。何從而南北哉。于此亦可見坊間俗本之誤人矣。
Si on leur demande qui leur a transmis cela, ils répondront à coup sûr : « Il y a une école du Nord et une école du Sud ; les boxes ont leurs formes courtes et longues ; ce que vous savez faire ne saurait vous élever au-dessus des autres, et l’on ne peut forcer chacun à vous ressembler. » Voilà des propos sans fondement. Yue Wumu était du Nord, et le baduanjin est de lui : il est donc à l’évidence de l’école du Nord. D’où viendrait cette division entre Nord et Sud ? On voit par là combien les vulgaires livrets de boutique égarent les gens.
茲特將昔者歸叟授予之原鈔本。加以按語。刊行于世。一以正坊本之誤。一以使學武者得此眞本。庶可收其實益。不至走入迷途。空費光陰也。八段錦與易筋經。雖完全不同。然功効則相等。若能並習之。則獲益當不止于却病健飯而已也。倜庵識于海上寄廬
Je publie donc ici le manuscrit original que le vieux Gui m’avait remis autrefois, augmenté de mes propres remarques, afin, d’une part, de corriger les erreurs des livrets de colportage et, d’autre part, de permettre à ceux qui étudient les arts martiaux d’obtenir ce texte authentique et d’en recueillir le bénéfice réel, sans s’égarer en chemin ni perdre leur temps. Le baduanjin et le Yijin jing, bien que tout à fait différents, ont des effets égaux ; si l’on peut pratiquer les deux, les bienfaits iront bien au-delà du simple fait d’écarter la maladie et de fortifier l’appétit.
— Signé Ti’an, dans son logis de passage à Shanghai [Haishang].
Le véritable Baduanjin de Yue Fei (眞本岳飛八段錦)
Première section : arracher la terre et soulever le ciel régularise les trois foyers (△第一段 拔地擎天理三焦)
Première posture (第一勢)
先將兩足分開。相離一大步。膝屈身下沉作坐馬勢。兩手握拳。直垂于後。式如第一圖。此為起手前之勢。
D’abord, écartez les pieds d’un grand pas ; pliez les genoux, laissez le corps s’abaisser et prenez la posture du cavalier assis (zuo ma shi, 坐馬勢). Les deux mains se ferment en poings et tombent verticalement derrière vous, comme sur la première figure. C’est là la posture qui précède le lever des mains.

然後兩拳鬆開成掌。後屈肘從前面向上提起。手掌向下。指尖相對。舉至齊眉。式如第二圖。
Ensuite, les poings s’ouvrent et deviennent paumes ; les coudes se plient vers l’arrière et les mains se lèvent devant le visage, paumes tournées vers le bas, les extrémités des doigts se faisant face, jusqu’à la hauteur des sourcils, comme sur la deuxième figure.

更運足全力于腕臂。兩掌向下緩緩用力捺下。兩膝挺直。身卽乘勢下壓。以兩掌及地為度。頭頂向前。左右兩手。指尖相向。兩足跟不宜上提。氣須凝固。呼吸宜輕緩。因胸腹緊壓。內部受逼故也。式如第三圖。
Portez alors toute votre force dans les poignets et les avant-bras, et pressez lentement les deux paumes vers le bas ; les genoux se tendent et le corps s’abaisse en profitant de l’élan, jusqu’à ce que les deux paumes touchent le sol. Le sommet de la tête pointe vers l’avant, les doigts des deux mains se font face. Les talons ne doivent pas se soulever : le souffle (qi, 氣) doit rester figé et stable. La respiration sera légère et lente, car la poitrine et le ventre étant fortement comprimés, les organes internes sont à l’étroit. Comme sur la troisième figure.

Deuxième posture (第二勢)
雙掌下捺及地時。卽屈指緊緊握拳。拇指第二節。與餘四指之第一節相扣。上身卽緩緩收起。復坐馬勢。兩臂用力挺直于前。拳宜緊緊如握重物。式如第四圖。
Au moment où les paumes ont pressé jusqu’au sol, les doigts se plient et se serrent en poings, la deuxième phalange du pouce venant se crocheter sur la première phalange des quatre autres doigts. Le haut du corps se redresse alors lentement et reprend la posture du cavalier, les deux bras tendus avec force devant vous, les poings serrés comme s’ils tenaient un objet pesant. Comme sur la quatrième figure.

然後更屈肘兩拳向上緩緩提起。須用十分氣力。提至齊脅為度。式如第五圖。
Puis, pliant les coudes, levez lentement les deux poings vers le haut en y employant toutes vos forces, jusqu’à ce qu’ils arrivent à la hauteur des côtes. Comme sur la cinquième figure.

Troisième posture (第三勢)
兩拳提至脅際時。卽撒拳成掌。掌心向下。指尖相向。然後用力將肘下扎。小臂及腕掌。由外向內翻起。至掌心翻至向上時。用足全力。將兩掌向上徐徐托起。如托千斤重閘。至臂直為度。兩手上托時。頭向後仰。目視指尖。式如第六圖。
Quand les poings sont parvenus à hauteur des côtes, ouvrez-les et faites-en des paumes, paumes vers le bas, doigts se faisant face. Puis enfoncez les coudes vers le bas avec force ; les avant-bras, les poignets et les paumes se retournent de l’extérieur vers l’intérieur, et lorsque les paumes sont tournées vers le haut, employez toute votre force à soulever lentement les deux paumes, comme si vous souteniez une écluse pesant mille livres (qian jin, 千斤), jusqu’à ce que les bras soient tendus. Pendant ce soutien, la tête se renverse en arrière et le regard se porte sur le bout des doigts. Comme sur la sixième figure.

托一炊時。手從左右落下。復第一圖勢
Après le temps d’une cuisson de riz (yi chui shi, 一炊時), les mains retombent de chaque côté et l’on revient à la posture de la première figure.
Remarque de Ti’an (倜按)
此段三盤俱至。為淸三焦鬱熱之法。兩手下按。上身俯壓。此屬下盤。兩拳上提。齊脅而止。此屬中盤。翻掌上托。如舉泰山。此屬上盤。上中下三盤。合上中下三焦也。
Cette section met en jeu les trois plateaux (san pan, 三盤) et constitue une méthode pour clarifier la chaleur stagnante des trois foyers (sanjiao, 三焦). Les deux mains qui pressent vers le bas et le haut du corps qui s’incline : c’est le plateau inférieur. Les deux poings qui se lèvent et s’arrêtent à hauteur des côtes : c’est le plateau moyen. Les paumes retournées qui soutiennent vers le haut, comme si l’on soulevait le mont Tai : c’est le plateau supérieur. Les trois plateaux — haut, moyen, bas — correspondent aux trois foyers — haut, moyen, bas.
坊本有但以兩掌舉頭上。向上微伸者。中下兩盤。皆不顧及。祗見其謬妄耳。學者宜審思明辨之。
Certains livrets de colportage ne font que lever les deux paumes au-dessus de la tête en s’étirant légèrement vers le haut, sans aucunement s’occuper des plateaux moyen et inférieur : on n’y voit qu’absurdité et vanité. L’étudiant doit y réfléchir mûrement et savoir discerner.
Deuxième section : tendre l’arc comme si l’on visait l’aigle (△第二段 開弓勢須如射雕)
Première posture (第一勢)
亦作坐馬勢如第一圖。
Prenez de nouveau la posture du cavalier, comme sur la première figure.
兩拳上提。右拳置左肩下。肘屈當胸而平于肩。拳背向前。拳口向上。左肘微屈向後。左拳斜舉肩尖前。與右拳相對。亦拳背向外。拳口向上。上身略偏于左。頭因之。目直視雙拳。式如第七圖。
Les deux poings se lèvent : le poing droit vient sous l’épaule gauche, l’avant-bras plié devant la poitrine et à hauteur des épaules ; le dos du poing regarde vers l’avant et l’ouverture du poing (拳口) vers le haut. Le coude gauche se fléchit légèrement vers l’arrière et le poing gauche se lève en diagonale devant la pointe de l’épaule, en vis-à-vis du poing droit, le dos du poing tourné vers l’extérieur et l’ouverture vers le haut. Le haut du corps est légèrement incliné vers la gauche, la tête suit, le regard fixe les deux poings. Comme sur la septième figure.

然後左手向外托出。右手向右猛拉。右肘力向後逼。至左臂挺直。右拳至右肩前。高與肩齊為度。此時上身仍向前。而頭轉于左。目視左拳。式如第八圖。
Alors la main gauche pousse vers l’extérieur en soutenant, tandis que la main droite tire brusquement vers la droite et que le coude droit presse avec force vers l’arrière, jusqu’à ce que le bras gauche soit tendu et que le poing droit soit arrivé devant l’épaule droite, à hauteur d’épaule. Le buste reste alors tourné vers l’avant, mais la tête se tourne vers la gauche et le regard se porte sur le poing gauche. Comme sur la huitième figure.

至左臂挺直。右臂拉足。後一呼吸後。頭卽緩緩向右旋去。式如第九圖。然旋卽收囘復第八圖勢。
Une fois le bras gauche tendu et le bras droit complètement amené en arrière, après une respiration entière, la tête tourne lentement vers la droite (figure 9 ci-dessous), puis revient aussitôt à la posture de la huitième figure.

更隔一呼吸時。手落下復第一圖勢。
Après une nouvelle respiration, les mains retombent et l’on revient à la posture de la première figure.
Deuxième posture (第二勢)
與第一勢相同。但左右易位行之耳。左拳置右肩下。肘屈當胸而平于肩。右肘微屈向後。右拳斜舉肩尖前。與左拳對相。
Identique à la première posture, mais exécutée en échangeant droite et gauche. Le poing gauche se place sous l’épaule droite, l’avant-bras plié devant la poitrine et à hauteur d’épaule ; le coude droit se fléchit légèrement vers l’arrière et le poing droit se lève en diagonale devant la pointe de l’épaule, en vis-à-vis du poing gauche.

然後右拳外托。左拳內引。頭先偏右。
Puis le poing droit soutient vers l’extérieur, le poing gauche attire vers l’intérieur, la tête s’inclinant d’abord à droite.

更向左一旋視。緩緩旋囘。餘與第一勢完全相同。圖可參看。
Puis l’on fait un tour de tête vers la gauche, avec un regard, et l’on revient lentement. Le reste est absolument identique à la première posture ; on se reportera aux figures.

Remarque de Ti’an (倜按)
開弓之勢。古有一手托泰山。一手抱嬰孩之訓。此段雖非眞執弓抉射。亦宜體會其意而行。庶名實之相符。故外托之手。宜用十二分力量。緩緩伸出。如執弓背。
La posture de « tendre l’arc » reçoit un ancien enseignement : « une main soutient le mont Tai, l’autre berce un nouveau-né. » Bien que l’on ne tienne pas ici réellement un arc pour tirer, il faut en éprouver l’intention dans l’exécution, afin que le nom réponde à la réalité. La main qui soutient vers l’extérieur doit employer toute sa force et s’étendre lentement, comme si elle pressait le dos de l’arc.
後拉之手。宜拳肘肩三部相平作抱物狀。如引弓絃。外托之拳。宜略向上斜。惟臂須直。符射雕意也。頭旋視後方者。察引絃之手。果相平否也。
La main qui tire en arrière doit tenir poing, coude et épaule sur un même plan, dans l’attitude d’embrasser un objet, comme si elle amenait la corde de l’arc. Le poing qui soutient se redresse légèrement en oblique, mais le bras doit rester tendu, conformément à l’intention de viser l’aigle. Si la tête se tourne pour regarder vers l’arrière, c’est afin de vérifier que la main qui amène la corde se trouve bien sur le même plan.
坊本外托之手。有以指掌行之者。殊不合開弓之勢。徒見其拙耳。
Certains livrets de colportage font ce soutien avec les doigts ou la paume ouverte : cela ne convient nullement à la posture de l’arc tendu et ne fait que montrer leur maladresse.
Troisième section : régler la rate et l’estomac d’une seule main qui soutient (△第三段 調理脾胃手單托)
Première posture (第一勢)
初亦作坐馬勢如第一圖。
On commence également par la posture du cavalier, comme sur la première figure.
兩拳上提。右拳及腰而止。拳口向外。掌心向上。近小指處。緊貼腰部。左拳高與肩平。而伸出于右肩之外約半尺處。拳口向上。掌心向外。上身徧右。目視左拳。式如第十圖。
Les deux poings se lèvent : le poing droit s’arrête à la taille, l’ouverture du poing vers l’extérieur, la paume tournée vers le haut, le bord du petit doigt collé à la taille ; le poing gauche monte à hauteur d’épaule et s’étend à environ un demi-pied (chi, 尺) à l’extérieur de l’épaule droite, l’ouverture du poing vers le haut, la paume vers l’extérieur. Le haut du corps est incliné vers la droite, le regard se porte sur le poing gauche. Comme sur la dixième figure.

然後貼身下壓。兩腿挺直。左拳斜垂于右足尖外二三寸處。式如第十一圖。
Puis on presse vers le bas en restant près du corps ; les deux jambes se tendent et le poing gauche descend en oblique jusqu’à deux ou trois pouces (cun, 寸) à l’extérieur de la pointe du pied droit. Comme sur la onzième figure.

更將左拳從下向左宕轉。齊下半身畫一半大圜。上身亦因之扭繞至左方。徐徐升起。至直立時。上身向正左。左拳變掌屈置左肩前。掌心向外。指尖向上。右拳亦變掌置腰間。翻掌向下。指尖向前。式如第十二圖。
Le poing gauche décrit alors un arc depuis le bas vers la gauche, traçant un grand demi-cercle à la hauteur du bas du corps, tandis que le haut du corps se tord vers la gauche et se relève lentement. Quand on est debout, le buste est tourné franchement à gauche ; le poing gauche devient paume et vient, le bras plié, devant l’épaule gauche, la paume vers l’extérieur, les doigts vers le haut. Le poing droit devient lui aussi paume et se place à la taille, retournée paume vers le bas, doigts vers l’avant. Comme sur la douzième figure.

更將左掌用力緩緩向上托。右掌用力緩緩向下捺。以臂直為度。式如第十三圖。
Puis la paume gauche soutient lentement vers le haut avec force, tandis que la paume droite presse lentement vers le bas avec force, jusqu’à ce que les bras soient tendus. Comme sur la treizième figure.

Deuxième posture (第二勢)
與第一勢相同。惟左右易位行之耳。先左拳仰置腰間。右拳舉至左肩外。身偏于右。
Identique à la première posture, mais exécutée en échangeant droite et gauche. D’abord le poing gauche se place, paume vers le haut, à la taille, tandis que le poing droit se lève à l’extérieur de l’épaule gauche, le corps incliné sur le côté.

然後貼身下壓。
Puis on presse vers le bas en restant près du corps.

右拳向右拖轉。畫一下半身半大圜。上身緩緩升起。偏向右方。右掌屈右肩前。左掌置左腰下。
Le poing droit décrit un arc vers la droite, traçant un grand demi-cercle au bas du corps ; le haut du corps se relève lentement, incliné vers la droite ; la paume droite vient, le bras plié, devant l’épaule droite, et la paume gauche se place au côté gauche de la taille.

更將右掌用力緩緩上托。左掌向下用力緩緩下按。臂直為度。參看第十第十一第十二第十三各圖。
Puis la paume droite soutient lentement vers le haut avec force et la paume gauche presse lentement vers le bas, jusqu’à ce que les bras soient tendus. Voir les figures 10, 11, 12 et 13.

Remarque de Ti’an (倜按)
此段乃淸理脾胃垢熱之法。故必將上體俯仰旋轉。使胸廓開展。脾胃翕張。而獲調和之益。俯身向下時。兩膝宜直。
Cette section est une méthode pour clarifier la chaleur et les souillures de la rate et de l’estomac. Il faut donc faire ployer, redresser et tourner le haut du corps, afin d’ouvrir la cage thoracique, de faire s’ouvrir et se refermer la rate et l’estomac, et d’en tirer un bienfait d’harmonie. Quand on se penche vers le bas, les deux genoux doivent rester tendus.
至蓄掌待發時。左掌在上。則身偏于左。略向下傾。目視指尖。至兩臂舉直時。身直。頭略向後仰。目視手背。兩臂皆斜直。左行則左膝微向前屈。右行則右膝微向前屈。惟在後之腿宜伸直。
Au moment où la paume est retenue, prête à partir — la paume gauche étant en haut — le corps s’incline vers la gauche et penche légèrement vers le bas, le regard sur le bout des doigts. Quand les deux bras se tendent vers le haut, le corps est droit, la tête légèrement renversée en arrière, le regard sur le dos de la main, les deux bras tendus en oblique. En allant à gauche, le genou gauche se fléchit légèrement vers l’avant ; en allant à droite, le genou droit se fléchit légèrement vers l’avant ; seule la jambe arrière doit rester tendue.
坊本有以兩手交替上托。而直立之者。似與調理脾胃。未盡合也。
Certains livrets de colportage font alterner les deux mains qui soutiennent vers le haut en restant simplement debout : cela ne semble pas répondre pleinement au « réglage de la rate et de l’estomac ».
Quatrième section : pour guérir l’épuisement, regardez derrière vous (△第四段 欲治勞傷向後瞧)
Première posture (第一勢)
亦先作坐馬勢。兩手握拳。
On commence également par la posture du cavalier, les deux mains serrées en poings.

提至胸次。折肘翻拳上向。交叉成十字形。拳口向上。左拳在外。右拳在內。式如第十四圖。
Les poings montent devant la poitrine ; les coudes se plient, les poings se retournent vers le haut et se croisent en forme de croix, l’ouverture des poings vers le haut, le poing gauche à l’extérieur, le poing droit à l’intérieur. Comme sur la quatorzième figure.

然後將兩腿緩緩直立。上身抝向左面。兩拳撒開。兩臂外分。右掌向上托。左掌向下捺。頭旋轉向後。與左肩平。不宜傾側。目向後下視。以能見右踵為止。式如第十五圖。
Ensuite les jambes se redressent lentement, le haut du corps se tord vers la gauche, les deux poings s’ouvrent et les deux bras se séparent vers l’extérieur ; la paume droite soutient vers le haut, la paume gauche presse vers le bas. La tête pivote vers l’arrière jusqu’à venir à hauteur de l’épaule gauche ; elle ne doit pas s’incliner sur le côté. Le regard descend vers l’arrière, jusqu’à ce que l’on puisse apercevoir le talon droit. Comme sur la quinzième figure.

Deuxième posture (第二勢)
與第一勢圖相同。惟方位互易耳。兩拳交胸時。右拳在外。左拳在內。
Identique à la figure de la première posture, seules les directions sont échangées. Quand les poings se croisent devant la poitrine, le poing droit est à l’extérieur, le poing gauche à l’intérieur.

身向右抝。左掌上托。右掌下捺。頭亦右旋。以目能自視左足跟為止。參看第十四第十五兩圖。
Le corps se tord vers la droite, la paume gauche soutient vers le haut, la paume droite presse vers le bas ; la tête pivote elle aussi vers la droite, le regard devant aller jusqu’à apercevoir le talon gauche. Voir les figures 14 et 15.

Remarque de Ti’an (倜按)
五勞七傷。患在腎部。故此段當重于腰。抝身轉腰。卽所以使腰腎伸舒收縮。而調理其內部也。目後顧自視其踵者。所以淸相火。去邪濁也。左右互行。使無偏倚之弊。而均其力也。
Les « cinq fatigues et les sept blessures » (五勞七傷) ont leur siège dans les reins ; c’est pourquoi cette section doit insister sur la taille. Tordre le corps et faire tourner la taille, c’est précisément ce qui permet d’étirer et de contracter la taille et les reins, et d’en régler l’intérieur. Tourner le regard en arrière pour apercevoir son talon sert à clarifier le « feu ministre » (相火) et à chasser les impuretés perverses. L’alternance droite-gauche évite le défaut de la dissymétrie et égalise la force.
行此段者。為時宜稍長。著力練之。必獲奇効。如初學者每以時久為苦。則可逐漸加長。亦不必過事勉强。以致疲乏。反失其効。宜愼之。
Celui qui pratique cette section doit la tenir un peu longtemps et la travailler avec application : il en obtiendra à coup sûr des effets merveilleux. Si le débutant souffre de la durée, il pourra l’allonger progressivement ; il n’est pas nécessaire de se forcer outre mesure jusqu’à la fatigue, ce qui ferait au contraire perdre l’efficacité. Il faut y prendre garde.
Cinquième section : poings serrés et regard fixe accroissent la force (△第五段 固握定睛增齊力)
Posture unique (第一勢)
亦作坐馬勢。兩手握拳。
Prenez également la posture du cavalier, les deux mains serrées en poings.

上提齊腰而止。拳背向下。拳口向外。近小指處。緊貼腰間。肘突于後。宜緊合。不能向兩旁澎出。頭略上昻。兩眦須睜至極度。目睛突出前視。須如金剛努目。
Levez-les jusqu’à hauteur de taille et arrêtez-vous : le dos des poings vers le bas, l’ouverture des poings vers l’extérieur, le bord du petit doigt collé à la taille. Les coudes pointent en arrière et doivent se serrer l’un contre l’autre sans déborder sur les côtés. La tête se relève légèrement ; les deux coins des yeux doivent s’écarquiller au maximum et les prunelles jaillir en regardant devant, comme les yeux courroucés d’un gardien de temple (金剛, jingang).
然後將雙拳用十二分力量。緊緊固握。兩肘極力向後挫。須後引至不能再向後時為止。如是運力約四十九呼吸時。鬆拳下眦復第一圖勢。惟行時能延長則更妙。初學如力不能支。卽不及四十九呼吸。亦可逐漸增長。式如第十六圖。
Ensuite, serrez les deux poings de toute votre force, et tirez les deux coudes en arrière de toutes vos forces, jusqu’à ne plus pouvoir reculer davantage. Tenez l’effort ainsi pendant environ quarante-neuf respirations, puis relâchez les poings et abaissez les yeux et revenez à la posture de la première figure. Il est encore meilleur de prolonger la durée ; si le débutant ne peut tenir, il peut ne pas atteindre quarante-neuf respirations et augmenter peu à peu. Comme sur la seizième figure.

Remarque de Ti’an (倜按)
此段完全練兩臂及腿足之力。行時宜用十二分氣力。且須鎭定下盤。使全身不至動搖。目怒視如臨大敵者。所以凝神攝氣。固全身也。
Cette section entraîne entièrement la force des deux bras et des jambes. À l’exécution, employez toute votre force, et raffermissez la base afin que le corps entier ne vacille pas. Le regard courroucé, comme devant un ennemi puissant, sert à concentrer l’esprit, à recueillir le souffle et à affermir le corps entier.
行時呼吸宜照常。不宜拼氣。否則行功未畢。而喘息因之。則氣散而神亦耗矣。于此而欲求獲其益。不待智者而知其决不能也。切宜愼之。
Pendant l’exercice, la respiration doit rester normale ; il ne faut pas forcer le souffle, sinon, avant d’avoir achevé l’exercice, on se mettra à haleter, le souffle se dispersera et l’esprit s’épuisera. Vouloir alors en tirer profit, il n’est pas besoin d’être sage pour savoir que c’est impossible. Prenez-y grand garde.
Sixième section : saisir ses orteils et se balancer fortifie les reins et la taille (△第六段 攀趾搖擺實腎腰)
Première posture (第一勢)
亦作坐馬勢。先將兩手握拳。
Prenez également la posture du cavalier, les deux mains d’abord serrées en poings.

上提至脅際。上身卽因之上升。兩腿卽直立。然後貼身下壓。兩拳變掌。亦隨之下按。至上身平置為止。式略如第三圖。惟彼以兩掌下按。此則兩手攀住足尖。為稍異耳。更將頭向左搖。臀尾卽亦向右擺動。式如第十七圖。
Levez-les jusqu’à hauteur des côtes : le haut du corps s’élève en même temps et les jambes se redressent. Puis on presse vers le bas en restant près du corps ; les poings deviennent paumes et descendent avec le mouvement, jusqu’à ce que le haut du corps soit horizontal. La posture est à peu près celle de la troisième figure, à cette différence près que là, les deux paumes pressaient vers le bas, tandis qu’ici les deux mains saisissent la pointe des pieds. Ensuite, la tête se balance vers la gauche et, en même temps, les fesses et la « queue » se balancent vers la droite, comme sur la dix-septième figure.

Deuxième posture (第二勢)
與第一勢相同。惟左右互易方位耳。待頭搖臀左擺至極度時。卽搖頭向右。擺臀至右方極度處。更向左行之。圖參看。左右各行二十四次。然後復原勢。
Identique à la première posture, seuls les directions sont échangées. Lorsque le balancement de la tête et des fesses atteint sa limite, on balance aussitôt la tête vers la droite et les fesses jusqu’à leur limite à gauche, puis l’on repart vers la gauche. Voir les figures. On exécute ainsi vingt-quatre fois de chaque côté, puis l’on revient à la posture initiale.
Remarque de Ti’an (倜按)
此段實為練腰腎無上妙法。夫搖擺者。搖其頭。擺其尾也。搖頭擺尾。走獸類善為之。而其筋骨。實較人為强。良亦有故。今俯身攀足。所以象獸形也。
Cette section est véritablement la méthode suprême pour entraîner la taille et les reins. « Se balancer » (搖擺), c’est balancer la tête et balancer la queue. Balancer la tête et la queue, les bêtes sauvages le font excellemment, et leurs tendons et leurs os sont en vérité plus forts que ceux de l’homme — et il y a bien une raison à cela. Se pencher et saisir ses pieds, c’est donc imiter la forme de l’animal.
如是則全身之筋絡血脉。皆緊張之極。然後更搖其頭而擺其尾。則開展舒適。自得其益。且頭尾向左。而腰腎之部。必突向右。頭尾向右。腰腎必突向左。左右交互行之。使無偏倚之病。故曰此練腎腰之無上法也。
Ainsi tous les tendons, vaisseaux et méridiens du corps se tendent-ils à l’extrême ; puis, en balançant la tête et la queue, on s’ouvre et l’on s’aise, et l’on en tire naturellement profit. De plus, quand la tête et la queue vont à gauche, la région des reins et de la taille ressort nécessairement vers la droite ; quand la tête et la queue vont à droite, les reins ressortent vers la gauche. En alternant gauche et droite, on évite le défaut de la dissymétrie : c’est pourquoi l’on dit que c’est la méthode suprême pour entraîner les reins et la taille.
Septième section : soulever le pied et se tenir droit chasse le feu du cœur (△第七段 搬足矗立去心火)
Première posture (第一勢)
全身直立。兩足緊並。雙掌垂股際。兩腿須用足全力。務使下盤堅實。切忌動搖。然後將左足緩緩向上舉起。兩手卽從左右向前挽去。攀住左足。此時右足單足着力。左足前舉。膝微屈。小腿平直。兩臂直舉于前。握住足趾。用力向內扳。而足則須用力向外蹬。式如第十八圖。
Tenez-vous droit, les deux pieds serrés l’un contre l’autre, les deux paumes pendant le long des cuisses. Les jambes doivent employer toute leur force afin que la base soit ferme et stable ; gardez-vous surtout de vaciller. Ensuite, le pied gauche se lève lentement ; les deux mains vont de chaque côté vers l’avant et viennent saisir le pied gauche. Le pied droit porte alors seul le poids, le pied gauche levé devant, le genou légèrement fléchi, le tibia horizontal, les deux bras tendus devant vous ; on empoigne les orteils et l’on tire avec force vers soi, tandis que le pied pousse avec force vers l’extérieur. Comme sur la dix-huitième figure.

Deuxième posture (第二勢)
如上式舉約十二呼吸時。兩手撒開。與腿皆緩緩放下。然後右足前舉。兩手緊攀。左足單足矗立。第一勢相同。
Après avoir tenu la posture ci-dessus pendant environ douze respirations, les mains s’ouvrent et, avec la jambe, descendent lentement. Puis le pied droit se lève devant, les deux mains le saisissent fermement et le pied gauche reste seul à porter : c’est la même chose que dans la première posture.

及舉至十二呼吸後。更緩緩放下。如是左右交替行之。各行十二次而止。行時呼吸宜如常。圖參看。
Après l’avoir tenu douze respirations, on le repose lentement. On alterne ainsi droite et gauche, douze fois de chaque côté. Pendant l’exercice, la respiration reste normale. Voir les figures.
Remarque de Ti’an (倜按)
此段較以上六段為難。蓋一足矗立。非具有極大力量。實不易穩固。足上舉宜緩。下落宜輕。上身最忌俯仰傾側。足矗立。正所以鎭其中。持其平。人得中平之道。則心火自去矣。
Cette section est plus difficile que les six précédentes : se tenir debout sur un seul pied n’est pas aisé à stabiliser sans une très grande force. Le pied doit monter lentement et descendre légèrement. Pour le haut du corps, rien n’est plus à éviter que de se pencher en avant, en arrière ou sur le côté. Se tenir sur un pied, c’est précisément ce qui raffermit le centre et maintient l’équilibre. Quand l’homme atteint la voie du juste milieu et de l’équilibre, le feu du cœur s’en va de lui-même.
心火旣去。則百病不生。一切邪魔自遠。故心平氣和。為養生之要訣。行時宜徐緩。若急驟行之。則非但足跟容易搖動。且神不能凝。氣不能聚。决不能收其功效也。習者宜注意之。
Le feu du cœur parti, les cent maladies ne naissent plus et tout démon pervers s’éloigne de soi. Ainsi le cœur apaisé et le souffle harmonieux sont-ils le secret essentiel de la conservation de la vie. L’exécution doit être lente et posée ; si on la fait avec précipitation, non seulement les talons vacilleront facilement, mais l’esprit ne pourra se concentrer ni le souffle se rassembler, et l’on n’obtiendra absolument aucun effet. Le pratiquant doit y prendre garde.
Huitième section : s’incliner et se redresser sept fois dissipe les cent maladies (△第八段 俯仰七顚百病消)
Première posture (第一勢)
亦作坐馬勢。拳變掌。上擡置腎際。掌心向上。手指相對。式如第十九圖。
Prenez également la posture du cavalier. Les poings deviennent paumes, qui se lèvent et se placent à hauteur des reins, les paumes tournées vers le haut, les doigts se faisant face, comme sur la dix-neuvième figure.

然後將雙掌齊心向外推出。以臂直為止。此時須將掌心翻向外方。而雙掌推出時。兩踵卽離地上舉。足尖着地。上身亦乘勢向前略俯。式如第二十圖。
Alors les deux paumes poussent ensemble vers l’extérieur, à hauteur du creux de l’estomac (齊心), jusqu’à ce que les bras soient tendus ; les paumes se retournent alors vers l’extérieur. Au moment où elles poussent, les deux talons quittent le sol et se soulèvent, seules les pointes de pieds restant au sol, et le haut du corps profite de l’élan pour s’incliner légèrement en avant. Comme sur la vingtième figure.

Deuxième posture (第二勢)
後兩臂推直後。略一頓挫。卽反掌向內。屈指握拳。猛力向內拉引。兩踵着地。使足尖上翹。上身卽略後仰至正平而止。此時兩手緊緊握拳置胸旁。兩肘緊合。用力向後挫。至極度而止。如是一俯一仰為一顚。共行七顚而止。式如第二十一圖。
Une fois les deux bras tendus, on marque un léger temps d’arrêt, puis les paumes se retournent vers l’intérieur, les doigts se plient en poings et l’on tire brusquement vers soi ; les deux talons retombent au sol et les pointes de pieds se relèvent, le haut du corps se renversant légèrement en arrière jusqu’à revenir d’aplomb. Les deux mains, en poings serrés, se placent alors aux côtés de la poitrine, les deux coudes serrés l’un contre l’autre et poussés en arrière avec force jusqu’à l’extrême. Ainsi une inclination et un redressement font un « cahot » (dian, 顚) ; on en exécute sept en tout, comme sur la vingt et unième figure.

Remarque de Ti’an (倜按)
八段之中。惟此段最難。而功効亦最巨。行時全身各部。莫不受震撼。血脉筋絡內臟等部。乃得因之而調和。故可消百病也。
De toutes les huit sections, c’est celle-ci qui est la plus difficile, et c’est aussi celle dont l’effet est le plus grand. À l’exécution, toutes les parties du corps sont secouées, et les vaisseaux, les tendons, les méridiens et les organes internes en viennent à s’harmoniser : c’est pourquoi elle peut dissiper les cent maladies.
其難處全在于第二勢猛力拉引。身又仰後。又須以足跟着地。足尖上翹。若氣充力聚。于此一拉引。鮮有不傾跌者。學者于行此段時。千萬提心為要。
La difficulté réside tout entière dans la deuxième posture : la traction brusque, alors que le corps se renverse en arrière et qu’il faut en même temps poser les talons et relever les pointes de pieds. Si le souffle est plein et la force concentrée, il est rare que, dans cette traction, on ne bascule pas. Que l’étudiant, en exécutant cette section, prenne mille précautions : c’est là l’essentiel.
Notes du traducteur
- Yue Fei (岳飛, 1103-1142), dit Yue Wumu (岳武穆), général des Song du Sud devenu le modèle du loyalisme et du patriotisme chinois. La tradition lui attribue la création du baduanjin comme du xingyi quan ; l’attribution est légendaire, mais elle est constante dans les manuels de l’époque républicaine.
- Baduanjin (八段錦), « huit pièces de brocart » : ensemble de huit exercices de daoyin (導引), pratiqué debout ou assis, dont il existe de nombreuses versions. Le texte ici traduit appartient à la version « du Nord », la plus dynamique, et se distingue par l’absence de tout relâchement mou — l’auteur y insiste à plusieurs reprises.
- Trois foyers (三焦, sanjiao) : en médecine chinoise, les trois régions fonctionnelles du tronc (supérieure, moyenne, inférieure), chargées de la circulation du souffle et des liquides. D’où l’équivalence posée par l’auteur entre les « trois plateaux » du corps et les trois foyers.
- Cinq fatigues et sept blessures (五勞七傷) : formule médicale ancienne désignant l’épuisement causé par l’excès d’activité des cinq viscères et les sept dommages infligés au corps (colère, tristesse, excès de table, froid, etc.).
- Feu ministre (相火) : feu physiologique logé, selon la théorie médicale, dans les reins et le foie, par opposition au « feu souverain » (君火) du cœur ; son dérèglement est tenu pour cause de chaleur interne.
- Ouverture du poing (拳口) : la partie du poing fermé où les doigts s’enroulent, entre le pouce et l’index ; l’orientation de cette « bouche » détermine l’axe du poing dans les descriptions classiques.
- « Douze parts de force » (十二分力量) : expression courante pour désigner l’emploi de la totalité de la force disponible, « douze » étant la mesure complète dans le comput traditionnel.
- Mesures : le chi (尺, « pied ») vaut environ 32 cm sous la République ; le cun (寸, « pouce ») en est le dixième. Les valeurs données par l’auteur sont donc approximatives.
Traduction française établie d’après le texte chinois original de 真本岳飛八段錦 (« Le véritable Baduanjin de Yue Fei ») de 金倜盦 (Jin Ti’an, dit Tisheng), publié à Shanghai en septembre 1936. Le texte chinois — préface, huit sections avec leurs postures et leurs commentaires — a été traduit directement du chinois ; aucune traduction anglaise n’en a été reproduite ni adaptée. Les dessins et la calligraphie liminaire reproduits dans cet article sont les planches de l’édition originale de 1936. Le texte chinois et les images proviennent de la page de Paul Brennan : « The Baduanjin Manual of Jin Tisheng », où le texte chinois est accompagné de sa traduction anglaise (© Paul Brennan, consultée seulement pour la compréhension du sens).