[{"content":"Le Quanyi shu zhen (拳意述真, « Explications authentiques des concepts des arts martiaux ») est l\u0026rsquo;ouvrage que Sun Lutang (孫祿堂, de son nom Sun Fuquan 孫福全, 1860-1933) fit paraître en mars 1924. Maître des trois systèmes internes — xingyi, bagua et taiji —, Sun y recueille de mémoire les paroles des anciens qu\u0026rsquo;il a fréquentés et qu\u0026rsquo;il craignait de voir se perdre. Le chapitre quatre, consacré à la boxe xingyi, s\u0026rsquo;ouvre sur le long enseignement de son maître Guo Yunshen (郭雲深, 1820-1900), élève de Li Nengran et l\u0026rsquo;un des grands noms de l\u0026rsquo;école. En quatorze entretiens, Guo déploie la théorie des trois étages de principe, des trois étapes de travail et des trois méthodes de pratique, puis les applications au combat, avant de conclure par le procédé des « Neuf Palais volants » (飛九宮), dont les deux planches originales du livre sont reproduites ci-dessous. Le texte chinois de 1924 est dans le domaine public ; la traduction française est nouvelle et établie directement à partir du chinois.\nChapitre quatre — Boxe Xingyi (第四章形意拳) Guo Yunshen dit… — Première partie (一則) 郭雲深先生云。形意拳術。有三層道理有。三步工夫。有三種練法。\nMaître Guo Yunshen dit : l\u0026rsquo;art de la boxe xingyi comporte trois niveaux de principe, trois étapes de travail et trois méthodes de pratique.\nLes trois niveaux de principe (三層道理)\n一練精化氣。二練氣化神。三練神還虛。練之以變化人之氣質復其本然之真也\nPremièrement, entraîner l\u0026rsquo;essence pour la transformer en qi ; deuxièmement, entraîner le qi pour le transformer en esprit ; troisièmement, entraîner l\u0026rsquo;esprit pour revenir au vide. On pratique afin de transformer le tempérament de l\u0026rsquo;homme et de lui faire recouvrer la vérité de sa nature originelle.\nLes trois étapes de travail (三步工夫)\n一易骨。練之以築其基。以壯其體。骨體堅如鐵石。而形式氣質。威嚴狀似泰山。\nPremièrement, transformer les os : on pratique pour en bâtir la fondation et fortifier le corps. Les os deviennent durs comme le fer et la pierre, et la forme et le tempérament prennent la majesté du mont Tai.\n一易筋。練之以騰其膜。以長其筋。俗云筋長力大其勁縱橫聯絡。生長而無窮也。\nDeuxièmement, transformer les tendons : on pratique pour faire se soulever les membranes et allonger les tendons. Comme on dit, tendons allongés, force accrue ; cette force interne (jin) se relie en tous sens et se développe sans fin.\n三洗髓。練之以清虛其內。以輕鬆其體。內中清虛之象神氣運用。圓活無滯。身體動轉。其輕如羽。（拳經云。三回九轉是一式。即此意義也。）\nTroisièmement, laver la moelle : on pratique pour clarifier l\u0026rsquo;intérieur et alléger le corps. L\u0026rsquo;intérieur étant vide et clair, l\u0026rsquo;esprit et le souffle se meuvent avec une rondeur vivante, sans stagnation ; le corps tourne et se meut, léger comme une plume. (Le Classique de la boxe dit : « trois allers, neuf retours forment une seule figure » — c\u0026rsquo;est bien là ce sens.)\nLes trois méthodes de pratique (三種練法)\n一明勁。練之總以規矩不可易。身體動轉要和順而不可乖戾。手足起落要整齊。而不可散乱。拳經云。方者以正其中。即此意也。\nPremièrement, la force apparente (ming jin, 明勁) : on la pratique en s\u0026rsquo;en tenant à une règle qui ne saurait changer. Les mouvements du corps doivent être harmonieux et non revêches ; le lever et le baisser des mains et des pieds doivent être réglés et non dispersés. Le Classique de la boxe dit : « le carré sert à redresser le dedans » — c\u0026rsquo;est ce sens.\n二暗勁。練之神氣要舒展而不可拘。運用圓通活潑而不可滯。拳經云圓者以應其外。即此意也。\nDeuxièmement, la force cachée (an jin, 暗勁) : en la pratiquant, l\u0026rsquo;esprit et le souffle doivent être déployés, non contractés ; l\u0026rsquo;application doit être ronde et vivante, non figée. Le Classique de la boxe dit : « le cercle sert à répondre à l\u0026rsquo;extérieur » — c\u0026rsquo;est ce sens.\n三化勁。練之周身四肢動轉。起落進退皆不可着力。專以神意運用之。雖是神意運用。惟形式規矩仍如前二種不可改移。雖然周身動轉不着力。亦不能全不着力。總在神意之貫通耳。拳經云。三回九轉是一式。亦即此意義也。\nTroisièmement, la force neutre (hua jin, 化勁) : en la pratiquant, les mouvements du corps entier et des quatre membres — lever et baisser, avancer et reculer — ne doivent pas employer de force, mais uniquement se laisser conduire par l\u0026rsquo;esprit et l\u0026rsquo;intention. Bien que ce soit l\u0026rsquo;esprit et l\u0026rsquo;intention qui conduisent, les formes et les règles demeurent celles des deux premières méthodes, sans s\u0026rsquo;y soustraire. Et si les mouvements du corps n\u0026rsquo;emploient pas de force, ils ne peuvent pas non plus l\u0026rsquo;écarter absolument : tout est dans la pénétration continue de l\u0026rsquo;esprit et de l\u0026rsquo;intention. Le Classique de la boxe dit : « trois allers, neuf retours forment une seule figure » — c\u0026rsquo;est encore ce sens.\nA. La force apparente (一節 明勁)\n明勁者。即拳之剛勁也。易骨者即煉精化氣易骨之道也。因人身中先天之氣與後天之氣不合。體質不堅。故發明其道。大凡人之初。生性無不。善體無不。健根無不固。純是先天。以後知識一開。靈竅一閉。先後不合。陰陽不交。皆是後天血氣用事。故血氣盛行。正氣衰弱。以致身體筋骨不能健壯。故昔達摩大師。傳下易筋洗髓二經。習之以強壯人之身體。還其人之初生。本來面目。後宋岳武穆王。擴充二經之義。作為三經。易骨。易筋。洗髓也。將三經又制成拳術。發明此經道理之用。拳經云。靜為本體。動為作用。與古之五禽。八段。練法有體而無用者不同矣。因拳術。有無窮之妙用。故先有易骨易筋洗髓。陰陽混成。剛柔悉化。無聲無臭。虛空靈通之全體。所以有其虛空靈通之全體。方有神化不測之妙用。故因此拳是內外一氣。動靜一源。體用一道。所以靜為本體。動為作用也。因人為一小天地。無不與天地之理相合。惟是天地之陰陽變化皆有更易。人之一身。旣與天地道理相合。身體虛弱。剛戾之氣。豈不能易乎。故更易之道。弱者易之強。柔者易之剛。悖者易之和。所以三經者。皆是變化人之氣質。以復其初也。易骨者。是拳中之明勁。練精化氣之道也。將人身中散亂之氣。收納於丹田之內。不偏不倚。和而不流。用九要之規模煆練。練至於六陽純全。剛健之至。即拳中上下相連。手足相顧。內外如一。至此拳中明勁之功盡。易骨之勁全。練精化氣之功亦畢矣。\nLa force apparente est la force dure de la boxe. Transformer les os, c\u0026rsquo;est suivre la voie qui transforme l\u0026rsquo;essence en qi et qui transforme les os. Parce que le qi inné et le qi acquis du corps humain ne s\u0026rsquo;accordent pas, et que la constitution n\u0026rsquo;est pas ferme, on expose ici cette voie. En règle générale, à la naissance l\u0026rsquo;homme possède une nature entièrement bonne, un corps entièrement sain, des racines entièrement solides : tout est inné. Mais dès que la connaissance s\u0026rsquo;ouvre et que les orifices de l\u0026rsquo;esprit se ferment, l\u0026rsquo;inné et l\u0026rsquo;acquis ne s\u0026rsquo;accordent plus, le yin et le yang ne s\u0026rsquo;unissent plus, et c\u0026rsquo;est le sang et le qi acquis qui gouvernent. Dès lors le sang et le qi prédominent, la juste énergie décline, et les tendons et les os du corps ne peuvent plus être vigoureux. C\u0026rsquo;est pourquoi le grand maître Bodhidharma (Damo) transmit jadis les deux canons de la Transformation des tendons (易筋經) et du Lavage de la moelle (洗髓經), qu\u0026rsquo;on pratique pour fortifier le corps et rendre à l\u0026rsquo;homme le visage originel de sa naissance. Plus tard, le roi Yue Wu Mu (Yue Fei) étendit la signification des deux canons pour en faire trois : transformer les os, transformer les tendons, laver la moelle. Il tira de ces trois canons l\u0026rsquo;art de la boxe, afin de montrer l\u0026rsquo;usage de ce principe. Le Classique de la boxe dit : « l\u0026rsquo;immobilité est le corps, le mouvement est la fonction » — ce qui diffère des anciennes méthodes de l\u0026rsquo;oiseau et de la grue et des Huit Pièces de brocart, qui possédaient la forme mais non la fonction. Car la boxe a des applications sans fin. C\u0026rsquo;est pourquoi il faut d\u0026rsquo;abord ces trois étapes — transformer les os, transformer les tendons, laver la moelle —, yin et yang mêlés, dur et souple entièrement fondus, sans bruit ni odeur, en un corps vide, creux et pénétrant. C\u0026rsquo;est parce qu\u0026rsquo;on a ce corps vide, creux et pénétrant qu\u0026rsquo;on peut avoir les applications insondables de la transformation spirituelle. Cette boxe est donc souffle interne et externe, immobilité et mouvement d\u0026rsquo;une seule source, corps et fonction d\u0026rsquo;une seule voie. L\u0026rsquo;immobilité est le corps, le mouvement est la fonction. L\u0026rsquo;homme étant un petit ciel et une petite terre, rien en lui ne va contre le principe du ciel et de la terre. Or les transformations du yin et du yang du ciel et de la terre sont toutes soumises au changement. Puisque le corps de l\u0026rsquo;homme s\u0026rsquo;accorde au principe du ciel et de la terre, comment le souffle faible et revêche du corps ne pourrait-il pas se transformer ? Aussi, selon la voie de la transformation : le faible se change en fort, le souple en dur, le contraire en harmonie. Ainsi ces trois étapes ne font que transformer le tempérament de l\u0026rsquo;homme pour le ramener à son origine. Transformer les os, c\u0026rsquo;est la force apparente de la boxe, la voie qui transforme l\u0026rsquo;essence en qi. On rassemble le souffle dispersé du corps au-dedans du dantian, ni incliné ni appuyé, harmonieux sans s\u0026rsquo;écouler au loin, et l\u0026rsquo;on forge selon les mesures des « Neuf Exigences », jusqu\u0026rsquo;à ce que les six yang soient purs et complets, en la plénitude de la vigueur — c\u0026rsquo;est-à-dire, dans la boxe, le haut et le bas liés, les mains et les pieds attentifs l\u0026rsquo;un à l\u0026rsquo;autre, l\u0026rsquo;intérieur et l\u0026rsquo;extérieur comme un seul. À ce point l\u0026rsquo;œuvre de la force apparente est achevée, la force de la transformation des os est entière, et l\u0026rsquo;œuvre de transformer l\u0026rsquo;essence en qi est accomplie.\nB. La force cachée (二節 暗勁)\n暗勁者。拳中之柔勁也柔勁與軟不同。軟中無力柔非無力也。卽練氣化神易筋之道也。先練明勁而後練暗勁即丹道小周天止火再用大周天功夫之意。明勁停手。即小周天之沐浴也。暗勁手足停而未停。即大周天四正之沐浴也拳中所用之勁。是將形氣神。神即意也合住。兩手往後用力拉回。（內中有縮力）其意如拔鋼絲兩手前後用勁。左手往前推。右手往回拉。或右手往前推。左手往回拉。其意如撕絲緜。又如兩手拉硬弓。要用力徐徐拉開之意。兩手或右手往外翻橫。左手往裏裹勁。或左手往外翻橫。右手往裏裹勁。如同練鼍形之兩手。或是練連環拳之包裹拳。拳經云。裹者如包裹之不露。兩手往前推勁。如同推有輪之重物。往前推不動之意。又似推動而不動之意。兩足用力。前足落地時。足根先着地。不可有聲。然後再滿足着地。所用之勁。如同手往前往下按物一般。後足用力蹬勁。如同邁大步過水溝之意。拳經云。脚打採意不落空。是前足。消息全憑後脚蹬。是後足。馬有蹟蹄之功。皆是言兩足之意也。兩足進退。明勁暗勁。兩段之步法相同。惟是明勁則有聲。暗勁則無聲耳。\nLa force cachée est la force souple de la boxe. La force souple diffère de la mollesse : dans la mollesse il n\u0026rsquo;y a pas de force, tandis que la souplesse n\u0026rsquo;est pas absence de force. C\u0026rsquo;est la voie qui transforme le qi en esprit et transforme les tendons. On pratique d\u0026rsquo;abord la force apparente, puis la force cachée — c\u0026rsquo;est le sens de la méthode alchimique de la petite circulation céleste (xiao zhou tian) qui éteint le feu, puis du travail de la grande circulation céleste. L\u0026rsquo;arrêt des mains dans la force apparente correspond au bain de la petite circulation céleste ; l\u0026rsquo;arrêt sans arrêt des mains et des pieds dans la force cachée correspond au bain des quatre orients de la grande circulation céleste. La force employée dans la boxe réunit la forme, le souffle et l\u0026rsquo;esprit — l\u0026rsquo;esprit, c\u0026rsquo;est-à-dire l\u0026rsquo;intention. Les deux mains tirent en arrière avec force (il y a en elles une force de contraction), l\u0026rsquo;intention comme si l\u0026rsquo;on arrachait un fil d\u0026rsquo;acier ; les deux mains travaillent l\u0026rsquo;une contre l\u0026rsquo;autre — la gauche pousse en avant tandis que la droite ramène en arrière, ou la droite pousse en avant tandis que la gauche ramène en arrière — avec l\u0026rsquo;intention de déchirer un tissu de soie, ou comme si les deux mains tendaient un arc puissant, qu\u0026rsquo;on ouvre peu à peu avec effort. Ou bien la main droite se tourne vers l\u0026rsquo;extérieur, en travers, pendant que la gauche enveloppe et enserre, ou la gauche se tourne vers l\u0026rsquo;extérieur pendant que la droite enveloppe : c\u0026rsquo;est comme les deux mains du mouvement du reptile, ou le poing qui enveloppe de la boxe \u0026ldquo;enchaînée\u0026rdquo;. Le Classique de la boxe dit : « qu\u0026rsquo;envelopper, c\u0026rsquo;est ne pas laisser apparaître, comme un paquet ». Les deux mains poussent en avant comme si elles poussaient un lourd véhicule sur des roues, l\u0026rsquo;intention de pousser sans que cela bouge, et pourtant de faire bouger ce qui semblait immobile. Pour les deux pieds : quand le pied avant touche le sol, c\u0026rsquo;est le talon qui atteint le sol d\u0026rsquo;abord, sans bruit, puis toute la plante se pose ; la force employée est comme celle de la main qui presse un objet en avant et en bas. Le pied arrière pousse en force, comme le sens d\u0026rsquo;un grand pas qui enjambe un fossé. Le Classique de la boxe dit : « le pied frappe en cueillant, l\u0026rsquo;intention ne retombe pas à vide » — c\u0026rsquo;est le pied avant ; « tout le secret vient du pied arrière qui pousse » — c\u0026rsquo;est le pied arrière. Le cheval a la vertu de frapper du sabot : tout cela parle de l\u0026rsquo;intention des deux pieds. Pour les deux pieds, qu\u0026rsquo;on avance ou qu\u0026rsquo;on recule, le pas de la force apparente et celui de la force cachée sont identiques — mais la force apparente fait du bruit, et la force cachée n\u0026rsquo;en fait point.\nC. La force neutre (三節 化勁)\n化勁者。即練神還虛。亦謂之洗髓之功夫也。是將暗勁練到至柔至順。謂之柔順之極處。暗勁之終也。丹經云陰陽混成。剛柔悉化。謂之丹熟。柔勁之終。是化勁之始也。所以再加向上工夫。用練神還虛。至形神俱杳。與道合真。以至於無聲無臭。謂之脱丹矣。拳經謂之拳無拳。意無意。無意之中。是真意。是謂之化勁。練神還虛。洗髓之工畢矣。化勁者。與練划勁不同。明勁暗勁。亦皆有划勁。划勁是兩手出入起落俱短。亦謂之短勁。如同手往着墻抓去。往下一划。手仍回在自己身上來。故謂之划勁。練化勁者。與前兩步工夫之形式無異。所用之勁不同耳。拳經云。三回九轉是一式。是此意也。三回者。練精化氣。練氣化神。練神還虛。即明勁暗勁化勁是也。三回者。明暗化勁是一式。九轉者。九轉純陽也。化至虛無。而還於純陽。是此理也。所練之時。將手足動作。順其前兩步之形式。皆不要用力。並非頑空不用力。周身內外。全用真意運用耳。手足動作。所用之力。有而若無。實而若虛。腹內之氣。所用亦不着意。亦非不着意。意在積蓄虛靈之神耳。呼吸似有似無。與丹道工夫。陽生至足。探取歸爐。封固停息。沐浴之時。呼吸相同。因此似有而無。皆是真息。是一神之妙用。也莊子云。真人之呼吸以踵。即是此意。非閉氣也。用工練去。不要間斷。練到至虛。身無其身。心無其心。方是形神俱妙。與道合真之境。此時能與太虛同體矣。以後練虛合道。能至寂然不動。感而遂通。無入而不自得。無往而不得其道。無可無不可也。拳經云。固靈根而動心者。武藝也。養靈根而靜心者。修道也。所以形意拳術。與丹道合而為一者也。\nLa force neutre, c\u0026rsquo;est entraîner l\u0026rsquo;esprit pour revenir au vide, ce qu\u0026rsquo;on appelle encore le travail du lavage de la moelle. C\u0026rsquo;est amener la force cachée jusqu\u0026rsquo;à la souplesse et à la docilité parfaites — l\u0026rsquo;extrême du souple et du docile, la fin de la force cachée. Le canon alchimique dit : « yin et yang mêlés, dur et souple entièrement fondus » — cela s\u0026rsquo;appelle l\u0026rsquo;élixir mûr. La fin de la force souple est le commencement de la force neutre. On poursuit donc encore le travail : entraîner l\u0026rsquo;esprit pour revenir au vide, jusqu\u0026rsquo;à ce que forme et esprit soient tous deux évanouis, et que l\u0026rsquo;on soit uni à la vérité de la Voie, jusqu\u0026rsquo;à être sans bruit et sans odeur — on appelle cela « se dégager de l\u0026rsquo;élixir ». Le Classique de la boxe l\u0026rsquo;appelle : « la boxe sans boxe, l\u0026rsquo;idée sans idée, et dans la non-idée réside l\u0026rsquo;idée vraie » — c\u0026rsquo;est cela la force neutre. Là, l\u0026rsquo;œuvre d\u0026rsquo;entraîner l\u0026rsquo;esprit pour revenir au vide et de laver la moelle est achevée. La force neutre diffère de la force qui gratte (hua jin, au sens de « racler ») : la force apparente et la force cachée possèdent aussi cette force qui gratte — aller et venir, se lever et s\u0026rsquo;abaisser, tout est bref, on l\u0026rsquo;appelle aussi la force brève, comme la main qui se saisit d\u0026rsquo;un mur, racle vers le bas, puis revient sur son propre corps. La force neutre, elle, ne diffère pas dans les formes des deux étapes précédentes ; seule diffère la force employée. Le Classique de la boxe dit : « trois allers, neuf retours forment une seule figure » — c\u0026rsquo;est ce sens. « Trois allers » : transformer l\u0026rsquo;essence en qi, le qi en esprit, l\u0026rsquo;esprit en vide — c\u0026rsquo;est-à-dire forces apparente, cachée et neutre : les trois sont une seule figure. « Neuf retours » : neuf retournements du yang pur ; on se change jusqu\u0026rsquo;au néant, puis l\u0026rsquo;on revient au yang pur. Telle est cette raison. En pratiquant, on fait mouvoir mains et pieds en suivant les formes des deux étapes précédentes, sans employer de force — non pas la force d\u0026rsquo;un vide têtu, mais tout l\u0026rsquo;intérieur et l\u0026rsquo;extérieur du corps conduits par la seule intention vraie. Dans les mouvements des mains et des pieds, la force employée est présente comme absente, pleine comme vide ; le qi du ventre, lui non plus, n\u0026rsquo;est pas visé, ni réellement invisé : l\u0026rsquo;intention est d\u0026rsquo;accumuler un esprit vide et subtil. La respiration est comme présente et comme absente, semblable au travail de l\u0026rsquo;alchimie : le yang s\u0026rsquo;éveille jusqu\u0026rsquo;à l\u0026rsquo;abondance, on le cueille et on le ramène au fourneau, on scelle et l\u0026rsquo;on suspend le souffle, au moment du bain la respiration est la même — de sorte qu\u0026rsquo;elle est présente comme absente : tout est un souffle vrai, l\u0026rsquo;usage subtil de l\u0026rsquo;unique esprit. Zhuangzi dit : « le véritable homme respire par les talons » — c\u0026rsquo;est ce sens, et non point retenir son souffle. On pratique assidûment sans interruption jusqu\u0026rsquo;au vide achevé : le corps n\u0026rsquo;a plus son corps, le cœur n\u0026rsquo;a plus son cœur, alors seulement forme et esprit sont tous deux merveilleux, dans l\u0026rsquo;état d\u0026rsquo;union à la vérité de la Voie. À ce moment-là, on peut être de même substance que le Grand Vide. Ensuite, en pratiquant le vide et en s\u0026rsquo;unissant à la Voie, on parvient au calme immobile où, dès qu\u0026rsquo;on est ému, on pénètre : dans aucune situation l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;est sans trouver la Voie. Le Classique de la boxe dit : « affermir la racine d\u0026rsquo;esprit et mouvoir le cœur, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;art guerrier ; nourrir la racine d\u0026rsquo;esprit et apaiser le cœur, c\u0026rsquo;est la cultivation de la Voie. » Ainsi la boxe xingyi et la voie de l\u0026rsquo;élixir ne font qu\u0026rsquo;un.\nDeuxième partie (二則) 形意拳。起點三體式。兩足要單重。不可雙重。單重者。非一足着地。一足懸起。不過前足可虛可實。着重在於後足耳。以後練各形式。亦有雙重之式。雖然是雙重之式。亦不離單重之重心。以至極高。極俯。極矮。極仰之形式。亦總不離三體式單重之中心。故三體式。為萬形之基礎也。三體式單重者。得其中和之起點。動作靈活。形式一氣。無有間斷耳。雙重三體式者。形式沉重力氣極大惟。是陰陽不分。乾坤不辨。奇偶不顯。剛柔不判。虛實不明。內開外合不清。進退起落動作不靈活。所以形意拳三體式。不得其單重之中和。先後天亦不交。剛多柔少。失却中和。道理亦不明。變化亦不通。自被血氣所拘。拙勁所捆。此皆是被三體式雙重之所拘也。若得着單重三體式中和之道理以後行之。無論單重雙重各形之式。無可無不可也\nDans la boxe xingyi, la posture de départ est la forme des trois corps (santishi). Les deux pieds doivent être en poids unique (單重), non en double poids (雙重). Poids unique ne veut pas dire un pied au sol et l\u0026rsquo;autre suspendu : simplement, le pied avant peut être vide ou plein, tandis que l\u0026rsquo;appui porte sur le pied arrière. Dans les formes que l\u0026rsquo;on pratique ensuite, il y a aussi des postures en double poids ; mais même en double poids, on ne s\u0026rsquo;écarte pas du centre de gravité du poids unique — et les postures les plus hautes, les plus penchées, les plus basses, les plus renversées n\u0026rsquo;abandonnent jamais le centre du poids unique de la forme des trois corps. Aussi la forme des trois corps est-elle la fondation de toutes les formes. La forme des trois corps en poids unique donne le point de départ de l\u0026rsquo;harmonie centrale : les mouvements sont agiles, les formes sont un seul souffle, sans rupture. La forme des trois corps en double poids, elle, est lourde et d\u0026rsquo;une force extrême, mais yin et yang n\u0026rsquo;y sont point départagés, ciel et terre (qian et kun) non distingués, impair et pair non manifestés, dur et souple non départagés, vide et plein non éclaircis, l\u0026rsquo;ouverture intérieure et la fermeture extérieure confuses ; avance et recul, se lever et s\u0026rsquo;abaisser ne sont pas agiles. C\u0026rsquo;est pourquoi, si la forme des trois corps de la boxe xingyi n\u0026rsquo;obtient pas l\u0026rsquo;harmonie centrale du poids unique, l\u0026rsquo;inné et l\u0026rsquo;acquis ne s\u0026rsquo;unissent pas, il y a trop de dur et pas assez de souple, l\u0026rsquo;harmonie centrale est perdue, le principe n\u0026rsquo;est pas éclairci, les transformations ne circulent pas ; on est prisonnier du sang et du qi, lié par la force brute. Tout cela vient de l\u0026rsquo;entrave qu\u0026rsquo;est le double poids de la forme des trois corps. Si l\u0026rsquo;on a saisi le principe de l\u0026rsquo;harmonie centrale du poids unique, on peut ensuite pratiquer toutes les formes, en poids unique comme en double poids : rien n\u0026rsquo;est impossible.\nTroisième partie (三則) 形意拳術之道。練之極易。亦極難。易者。是拳術之形式。至易。至簡。而不繁亂。其拳術之始終。動作運用。皆人之所不慮而知。不學而能者也。周身動作運用。亦皆平常之理。惟人之未學時。手足動作運用。無有規矩。而不能整齊。所教授者。不過將人之不慮而知。不學而能。平常所運用之形式。入於規矩之中。四肢動作。而不散亂者也。果練之有恆。而不間斷。可以至於至善矣。若到至善處。諸形之運用。無不合道矣。以他人觀之。有一動一靜。一言一默之運用。奧妙不測之神氣。然而自己並不知其善於拳術也因。動作運用皆。是平常之道理。無強人之所難。所以拳術練之極易也。中庸云。人莫不飲食也。鮮能知味也。難者是練者厭其拳之形式簡淡。而不良於觀。以致半途而廢者有之。或是練者惡其道理平常。而無有奇妙之法則。自己專好剛勁之氣。身外又務奇異之形。故終身練之而不能得着形意拳術中和之道也。因此好高務遠。看理偏僻。所以拳術之道理。得之甚難。中庸云。道不遠人。人之為道而遠人。即此意義也。\nLa Voie de la boxe xingyi est à la fois très facile et très difficile à pratiquer. Facile : les formes de la boxe sont très simples, très sobres, sans complication. Du commencement à la fin, les mouvements et leurs applications sont ce que chacun sait sans réfléchir et sait faire sans apprendre. Le mouvement du corps entier relève aussi du principe ordinaire. Simplement, avant d\u0026rsquo;avoir appris, les mouvements des mains et des pieds sont sans règle et manquent de réglage. Ce qu\u0026rsquo;on enseigne, ce n\u0026rsquo;est rien d\u0026rsquo;autre que ramener dans la règle les formes que chacun emploie naturellement, sans réfléchir et sans apprendre, afin que les quatre membres s\u0026rsquo;accordent sans se disperser. Si l\u0026rsquo;on pratique avec constance, sans relâche, on peut atteindre la perfection. Et arrivé à la perfection, les applications de toutes les formes ne s\u0026rsquo;écartent plus de la Voie. Aux yeux d\u0026rsquo;autrui, il y a là un mouvement et une immobilité, une parole et un silence pleins d\u0026rsquo;application, un esprit et un souffle d\u0026rsquo;une subtilité insondable — et pourtant on ne se sait même pas habile en boxe, car les mouvements et leurs applications ne sont que le principe ordinaire, sans rien qui force les gens vers le difficile : voilà pourquoi la boxe est très facile à pratiquer. Le Zhongyong dit : « personne ne manque de boire et de manger, mais peu savent en goûter la saveur. » Difficile : il y a celui qui se lasse de la simplicité des formes de la boxe, peu agréables à regarder, et abandonne en chemin ; il y a celui qui dédaigne un principe si ordinaire, sans règles merveilleuses, ne se plaît qu\u0026rsquo;au souffle dur et ne cherche que des formes étranges — aussi sa vie durant pratique-t-il sans jamais atteindre la Voie de l\u0026rsquo;harmonie centrale du xingyi. C\u0026rsquo;est aimer le haut et courir au loin, regarder le principe de travers : la Voie de la boxe est donc très difficile à obtenir. Le Zhongyong dit : « la Voie n\u0026rsquo;est pas loin de l\u0026rsquo;homme ; c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;homme qui, en cherchant la Voie, s\u0026rsquo;en éloigne » — c\u0026rsquo;est précisément ce sens.\nQuatrième partie (四則) 形意拳術之道無他。神氣二者而已。丹道始終全丈呼吸。起初大小周天。以及還虛之功者。皆是呼吸之變化耳。拳術之道亦然。惟有煅煉形體。與筋骨之功。丹道是靜中求動。動極而復靜也。拳術是動中求靜。靜極而復動也。其初練之似異。以至還虛。則同。形意拳經云。固靈根而動心者。敵將也。養靈根而靜心者。修道也。所以形意拳之道。即丹道之學也。丹道有三易。煉精化氣。煉氣化神煉神還虛。拳術亦有三易。易骨。易筋。洗髓。三易即拳中。明勁。暗勁。化勁也。練至拳無拳。意無意。無意之中。是真意。亦與丹道。煉虛合道相合也。丹道有最初還虛之功。以至虛極靜篤之時。下元真陽發動。即速回光返照。凝神入氣穴。息息歸根。神氣未交之時。存神用息。緜緜若存。念茲在茲。此武火之謂也。至神氣已交。又當忘息。以致採取歸爐。封固。停息。沐浴。起火。進退升降歸根。俟動而復煉。煉至不動。為限數足滿。止火。謂之坎離交妒。此為小周天。以至大周天之工夫。無非自無而生有。由微而至著。由小而至大。由虛而積累。皆呼吸火候之變化。文武剛柔。隨時消息。此皆是順中用逆。逆中行順。用其無過不及中和之道也。此不過略言丹道之概耳。丹道與拳術並行不悖。故形意拳術。非粗率之武藝。余恐後來。練形意拳術之人。只用其後天血氣之力。不知有先天真陽之氣。故發明形意拳術之道。只此神氣二者而已。故此先言丹道之大概。後再論拳術之詳情。\nLa Voie de la boxe xingyi n\u0026rsquo;est autre que l\u0026rsquo;esprit et le souffle, ces deux choses. La voie de l\u0026rsquo;élixir, du commencement à la fin, ne fait que travailler la respiration : la petite et la grande circulation céleste, puis le retour au vide — tout n\u0026rsquo;est que transformation de la respiration. Il en va de même pour la Voie de la boxe, qui seule ajoute le travail de forger le corps et la chair, les tendons et les os. La voie de l\u0026rsquo;élixir cherche le mouvement dans l\u0026rsquo;immobilité : le mouvement poussé à l\u0026rsquo;extrême revient à l\u0026rsquo;immobilité. La boxe cherche l\u0026rsquo;immobilité dans le mouvement : l\u0026rsquo;immobilité poussée à l\u0026rsquo;extrême revient au mouvement. Au début, la pratique semble différer ; jusqu\u0026rsquo;au retour au vide, elle est identique. Le Classique de la boxe xingyi dit : « affermir la racine d\u0026rsquo;esprit et mouvoir le cœur, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;art du général ; nourrir la racine d\u0026rsquo;esprit et apaiser le cœur, c\u0026rsquo;est la cultivation de la Voie. » La Voie de la boxe xingyi est donc la science de l\u0026rsquo;élixir. L\u0026rsquo;alchimie a trois changements : transformer l\u0026rsquo;essence en qi, transformer le qi en esprit, transformer l\u0026rsquo;esprit pour revenir au vide. La boxe a aussi trois changements : transformer les os, transformer les tendons, laver la moelle. Ces trois changements sont les trois forces de la boxe — apparente, cachée, neutre. Pratiquer jusqu\u0026rsquo;à « la boxe sans boxe, l\u0026rsquo;idée sans idée, et dans la non-idée réside l\u0026rsquo;idée vraie » s\u0026rsquo;accorde aussi à l\u0026rsquo;alchimie qui, en pratiquant le vide, s\u0026rsquo;unit à la Voie. L\u0026rsquo;alchimie a l\u0026rsquo;œuvre de retour initial au vide : quand on parvient au vide extrême et à l\u0026rsquo;immobilité pleine, le vrai yang du foyer inférieur s\u0026rsquo;éveille ; alors, aussitôt, renverser la lumière et la ramener, condenser l\u0026rsquo;esprit et l\u0026rsquo;entrer dans le champ de souffle, chaque souffle revenant à sa racine. Quand l\u0026rsquo;esprit et le souffle ne sont pas encore unis, on conserve l\u0026rsquo;esprit et l\u0026rsquo;on travaille la respiration, « si ténue qu\u0026rsquo;on la garde en la faisant semblant exister », l\u0026rsquo;objet présent à l\u0026rsquo;idée : c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle le feu guerrier. Quand l\u0026rsquo;esprit et le souffle sont unis, on oublie alors la respiration, jusqu\u0026rsquo;à « cueillir et ramener au fourneau », sceller et fixer, suspendre le souffle, prendre le bain, allumer le feu, avancer et reculer, monter et descendre pour revenir à la racine, attendre le mouvement puis pratiquer de nouveau, jusqu\u0026rsquo;à l\u0026rsquo;immobilité, la mesure du temps étant accomplie : alors on éteint le feu — on appelle cela « Kan et Li s\u0026rsquo;embrasent » : c\u0026rsquo;est la petite circulation céleste. Puis le travail de la grande circulation céleste. Rien d\u0026rsquo;autre que faire naître l\u0026rsquo;être du néant, de l\u0026rsquo;imperceptible à l\u0026rsquo;évident, du petit au grand, du vide à l\u0026rsquo;accumulation — tout est transformation de la respiration et des degrés de feu : guerrier ou civil, dur ou souple, qui croissent et décroissent selon le moment. Tout cela, c\u0026rsquo;est, dans le sens, employer l\u0026rsquo;inverse, et dans l\u0026rsquo;inverse, marcher dans le sens — employer la Voie de l\u0026rsquo;harmonie centrale qui ne connaît ni excès ni manque. Ce sont là quelques mots généraux sur l\u0026rsquo;alchimie. L\u0026rsquo;alchimie et la boxe vont de front sans se contredire ; la boxe xingyi n\u0026rsquo;est donc point un art guerrier grossier. Je crains que les pratiquants à venir n\u0026rsquo;emploient que la force du sang et du souffle acquis, sans connaître le souffle du vrai yang inné. C\u0026rsquo;est pourquoi j\u0026rsquo;expose la Voie de la boxe xingyi : elle n\u0026rsquo;est que ces deux choses, l\u0026rsquo;esprit et le souffle. J\u0026rsquo;ai donc d\u0026rsquo;abord dit l\u0026rsquo;essentiel de l\u0026rsquo;alchimie, puis je traiterai des détails de la boxe.\nCinquième partie (五則) 郭雲深先生言。練形意拳術。有三層之呼吸。 第一層練拳術之呼吸。將舌捲回。頂住上腭。口似開非開。似合非合。呼吸任其自然。不可着意於呼吸。因手足動作合於規矩。是為調息之法則。亦即練精化氣之工夫也。 第二層練拳術之呼吸。口之開合。舌頂上腭。等規則照前。惟呼吸與前一層不同。前者手足動作。是調息之法則。此是息調也。前者口鼻之呼吸。不過借此以通乎內外也。此二層之呼吸。著意於丹田之內呼吸也。又名胎息。是為練氣化神之理也。 第三層練拳術之呼吸。與上兩層之意又不同。前一層是明勁。有形於外。二層是暗勁。有形於內。此呼吸雖有。而若無。勿忘勿助之意思。即是神化之妙用也。心中空空洞洞。不有不無。非有非無。是為無聲無臭。還虛之道也。此三種呼吸。為練拳術始終本末之次序。即一氣貫通之理。自有而化無之道也。\nMaître Guo Yunshen dit : dans la pratique de la boxe xingyi, il y a trois niveaux de respiration. Au premier niveau, on enroule la langue en arrière, la pointe contre le palais supérieur ; la bouche semble ouverte sans l\u0026rsquo;être, fermée sans l\u0026rsquo;être ; la respiration est laissée à la nature, sans qu\u0026rsquo;on y prête attention, car ce sont les mouvements des mains et des pieds qui s\u0026rsquo;accordent à la règle : c\u0026rsquo;est la règle de la régulation du souffle, et c\u0026rsquo;est le travail qui transforme l\u0026rsquo;essence en qi. Au deuxième niveau, l\u0026rsquo;ouverture et la fermeture de la bouche, la langue contre le palais, toutes les règles sont les mêmes qu\u0026rsquo;avant ; seule la respiration diffère. Au niveau précédent, les mouvements des mains et des pieds étaient la règle de la régulation du souffle ; ici, c\u0026rsquo;est le souffle qui se règle lui-même. Auparavant, la respiration par la bouche et le nez ne faisait que communiquer l\u0026rsquo;intérieur et l\u0026rsquo;extérieur ; ce deuxième niveau, lui, s\u0026rsquo;attache à la respiration interne du dantian, qu\u0026rsquo;on appelle aussi la respiration fœtale : c\u0026rsquo;est le principe qui transforme le qi en esprit. Au troisième niveau, le sens diffère encore des deux précédents. Le premier niveau est la force apparente, qui a une forme à l\u0026rsquo;extérieur ; le deuxième est la force cachée, qui a une forme à l\u0026rsquo;intérieur. Ici, cette respiration existe mais comme tellement absente — l\u0026rsquo;idée de « ne pas l\u0026rsquo;oublier, ne pas l\u0026rsquo;aider » —, et c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;usage merveilleux de la transformation spirituelle. Le cœur intérieur est vide et creux : ni être ni non-être, ni l\u0026rsquo;un ni l\u0026rsquo;autre — c\u0026rsquo;est la Voie du retour au vide, sans bruit ni odeur. Ces trois respirations sont la séquence du commencement et de la fin, de la racine et de la cime, de la pratique de la boxe : elles sont le principe d\u0026rsquo;un seul souffle qui traverse tout, la Voie par laquelle l\u0026rsquo;être se change en non-être.\nSixième partie (六則) 人未練拳術之先。手足動作。順其後天自然之性。由壯而老以至于死。通家逆運先天。轉乾坤扭氣機。以求長生之術。拳術亦然。起點。從平常之自然之道逆轉。其機由靜而動。再由動而靜。成為三體式。其姿式。兩足要前虛後實。不俯不仰。不左斜。不右歪。心中要虛空。至靜無物。一毫之血氣。不能加於其內。要純任自然虛靈之本體。由着本體。而再萌動練去。是為拳中純任自然之真勁。亦謂人之本性。又謂之丹道最初還虛之理。亦謂之明善復初之道。其三體式中之靈妙。非有真傳不能知也。內中之意思。猶丹道之點玄關大學之言明德。孟子所謂養浩然之氣。又與河圖中五之一點。太極先天之氣。相合也。其姿式之中。非身體兩腿站均當中之中也。其中。是用規矩之法則。縮回身中散亂馳外之靈氣。返歸於內。正氣復初。血氣自然不加於其內。心中虛空。是之謂中。亦謂之道心。因此再動。丹書云。靜則為性。動則為意。妙用則為神。所以拳術再動。練去謂之先天之真意。則身體手足動作。即有形之物。謂之後天。以後天合着規矩法則。形容先天之真意。自最初還虛。以致末後還虛。循環無端之理。無聲無臭之德。此皆名為形意拳之道也。其拳術。最初積蓄之真意與氣。以致滿足。中立而不倚。和而不流。無形無相。此謂拳中之內勁也。內家拳術之名即此理也其拳中之內勁。最初練之。人不知其所以然之理。因其理最微妙。不能不詳言之。免後學入於崎途。初學入門。有三害。九要之規矩。三害莫犯。九要不失其理。八卦拳學詳之矣手足動作。合於規矩。不失三體式。之本體。謂之調息。練時口要似開非開。似合非合。純任自然。舌頂上腭。要鼻孔出氣。平常不練時。以至方練完收式時。口要閉不。可開。要時時令鼻孔出氣。説話。吃飯。喝茶時。可開口。除此之外。總要舌頂上腭。閉口。令鼻孔出氣。謹要。至於睡臥時。亦是如此。練至手足相合。起落進退如一。謂之息調。手足動作。要不合於規矩。上下不齊。進退步法錯亂。撁動呼吸之氣不均。出氣甚粗。以致胸間發悶。皆是起落進退。手足步法。不合規矩之故也。此謂之息不調。因息不調。拳法身體不能順也。拳中之內勁。是將人之散亂於外之神氣。用拳中之規矩。手足身體動作。順中用逆。縮回於丹田之內。與丹田之元氣相交。自無而有。自微而著。自虛而實。皆是漸漸積蓄而成。此謂拳之內勁也。丹書云。以凡人之呼吸。尋真人之呼處。莊子云真人呼吸以踵。亦是此意也。拳術調呼吸從後天陰氣所積。若致小腹堅硬如石。此乃後天之氣勉強積蓄而有也。總要呼吸純任自然。用真意之元神。引之於丹田。腹雖實而若虛。有而若無。老子云綿綿若存。又云虛其心。而靈性不昧。振道心。正氣常存。亦此意也。此理即拳中內勁之意義也\nAvant d\u0026rsquo;avoir pratiqué la boxe, les mouvements des mains et des pieds suivent la nature acquise : de la vigueur au vieillissement, jusqu\u0026rsquo;à la mort. L\u0026rsquo;homme accompli renverse ce cours et fait circuler l\u0026rsquo;inné, tournant le ciel et la terre, tordant le mécanisme du souffle, pour chercher l\u0026rsquo;art de la longue vie. La boxe fait de même. Son point de départ se renverse à partir de la voie ordinaire de la nature : le mécanisme passe de l\u0026rsquo;immobilité au mouvement, puis du mouvement à l\u0026rsquo;immobilité, et devient la forme des trois corps. Dans cette posture, les deux pieds doivent être vides devant, pleins derrière ; on ne se penche ni en avant ni en arrière, on ne s\u0026rsquo;incline ni à gauche ni à droite. Dans le cœur, il faut le vide : l\u0026rsquo;immobilité parfaite, sans objet, pas un atome de sang et de souffle ne peut s\u0026rsquo;y ajouter ; il faut laisser entièrement agir la substance naturelle, vide et subtile. C\u0026rsquo;est à partir de cette substance que l\u0026rsquo;entraînement germe à nouveau : c\u0026rsquo;est la force vraie, purement naturelle, de la boxe — ce qu\u0026rsquo;on appelle aussi la nature humaine, ou encore le principe du retour initial au vide de la voie de l\u0026rsquo;élixir, ou la Voie qui éclaire le bon et revient à l\u0026rsquo;origine. La subtilité de la forme des trois corps ne peut être connue sans la transmission vraie. L\u0026rsquo;intention intérieure ressemble au point de l\u0026rsquo;alcôve obscure de la voie de l\u0026rsquo;élixir, à la « vertu lumineuse » qu\u0026rsquo;enseigne la Grande Étude, à ce que Mencius appelle « nourrir le souffle immense », et s\u0026rsquo;accorde au point central du Diagramme du Fleuve (Hetu), le souffle inné du faîte suprême (taiji). Dans cette posture, le milieu n\u0026rsquo;est pas d\u0026rsquo;avoir les deux jambes également plantées : ce milieu s\u0026rsquo;obtient par la règle. On ramène en soi le souffle subtil dispersé qui s\u0026rsquo;éparpille au-dehors, on le fait revenir à l\u0026rsquo;intérieur, la juste énergie revient à son origine et le sang et le souffle ne s\u0026rsquo;y ajoutent plus. L\u0026rsquo;intérieur étant vide, voilà ce qu\u0026rsquo;on appelle le milieu, voilà ce qu\u0026rsquo;on appelle le cœur de la Voie. C\u0026rsquo;est de là que l\u0026rsquo;on se meut. Le livre d\u0026rsquo;élixir dit : « immobile, c\u0026rsquo;est la nature ; mû, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;intention ; le secret, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;esprit. » Ainsi, dans la boxe, ce qui se meut et qu\u0026rsquo;on pratique s\u0026rsquo;appelle l\u0026rsquo;intention vraie innée ; le corps, les mains, les pieds qui se meuvent sont la forme visible, ce qu\u0026rsquo;on appelle l\u0026rsquo;acquis. Par l\u0026rsquo;acquis, on s\u0026rsquo;accorde à la règle pour exprimer l\u0026rsquo;intention vraie innée. Du retour initial au vide jusqu\u0026rsquo;au retour final au vide, le principe de la roue sans fin, la vertu sans bruit et sans odeur — voilà tout ce qu\u0026rsquo;on nomme la Voie de la boxe xingyi. Cette boxe, au début, accumule l\u0026rsquo;intention vraie et le souffle jusqu\u0026rsquo;à l\u0026rsquo;abondance : dressé sans s\u0026rsquo;appuyer, harmonieux sans s\u0026rsquo;écouler, sans forme et sans figure — c\u0026rsquo;est là ce qu\u0026rsquo;on appelle la force interne de la boxe (nei jin). C\u0026rsquo;est pour ce principe que l\u0026rsquo;on nomme les écoles internes. La force interne de la boxe, au début de la pratique, on n\u0026rsquo;en connaît pas la raison, tant le principe en est subtil ; il faut l\u0026rsquo;expliquer en détail, de crainte que les élèves ne s\u0026rsquo;engagent dans un sentier tortueux. Au seuil de l\u0026rsquo;apprentissage, il y a les règles des trois nuisances et des neuf exigences : ne point commettre les trois nuisances, ne point perdre la règle des neuf exigences — comme l\u0026rsquo;enseigne en détail la Science de la boxe des huit trigrammes. Quand les mouvements des mains et des pieds s\u0026rsquo;accordent à la règle et ne quittent pas la substance de la forme des trois corps, cela s\u0026rsquo;appelle réguler le souffle. En pratiquant, la bouche semble ouverte sans l\u0026rsquo;être, fermée sans l\u0026rsquo;être, toute naturelle, la langue contre le palais ; on doit respirer par le nez. Hors de la pratique, et jusque dans les gestes de conclusion, la bouche doit rester fermée, toujours respirer par le nez. En parlant, en mangeant, en buvant, on peut l\u0026rsquo;ouvrir ; en dehors de cela, il faut toujours la langue contre le palais, la bouche close, respirer par le nez. Soyez-y attentif : il en va de même jusque dans le sommeil. Quand on a pratiqué jusqu\u0026rsquo;à ce que les mains et les pieds s\u0026rsquo;accordent, se lever et s\u0026rsquo;abaisser, avancer et reculer comme un seul, cela s\u0026rsquo;appelle le souffle réglé. Mais si les mouvements des mains et des pieds ne s\u0026rsquo;accordent pas à la règle, si le haut et le bas ne sont pas égaux, si le rythme du pas est confus et trouble la respiration au point qu\u0026rsquo;elle devient inégale et très rude, jusqu\u0026rsquo;à gêner la poitrine, tout cela vient de ce que se lever et s\u0026rsquo;abaisser, avancer et reculer, les pas des mains et des pieds n\u0026rsquo;obéissent pas à la règle : c\u0026rsquo;est le souffle non réglé. Parce que le souffle est non réglé, la boxe et le corps ne peuvent être fluides. La force interne de la boxe consiste à prendre le souffle et l\u0026rsquo;esprit dispersés au-dehors et, par la règle de la boxe, par les mouvements des mains, des pieds et du corps, dans le sens à employer l\u0026rsquo;inverse, à les ramener au-dedans du dantian, où ils s\u0026rsquo;unissent au souffle originel : du néant vient l\u0026rsquo;être, du subtil l\u0026rsquo;évident, du vide le plein — tout se forge peu à peu par accumulation. Voilà la force interne de la boxe. Le livre d\u0026rsquo;élixir dit : « par la respiration des hommes ordinaires, cherche l\u0026rsquo;endroit où respire l\u0026rsquo;homme vrai. » Zhuangzi dit : « le véritable homme respire par les talons » — c\u0026rsquo;est ce sens. Régler sa respiration dans la boxe, en procédant par accumulation du souffle d\u0026rsquo;abord acquis, si l\u0026rsquo;on en vient à un bas-ventre dur comme la pierre, c\u0026rsquo;est là le souffle acquis accumulé de force. Il faut toujours une respiration purement naturelle, conduite à l\u0026rsquo;aide du véritable esprit de l\u0026rsquo;intention vraie jusqu\u0026rsquo;au dantian. Le ventre, bien que plein, est comme vide ; quoique ayant, comme n\u0026rsquo;ayant rien. Laozi dit : « si ténu, on le garde comme présent » ; et encore : « vide ton cœur, et l\u0026rsquo;esprit natif n\u0026rsquo;est plus obscurci ; éveille le cœur de la Voie, et la juste énergie demeure » — c\u0026rsquo;est encore ce sens. Voilà la signification de la force interne dans la boxe.\nSeptième partie (七則) 形意拳之用法。有三層。有有形有像之用。有有名有相無迹之用。有有聲有名無形之用。有無形無相無聲無臭之用。拳經云。起如鋼銼。起者去也。落如鈎竿。落者回也。未起如摘子。未落如墜子。起如箭。落如風。追風趕月不放鬆。起如風。落如箭。打倒還嫌慢。足打七分。手打三。五行四稍要合全。氣連心意隨時用。硬打硬進無遮攔。打人如走路。看人如嵩草。胆上如風響。起落似箭鑽。進步不勝。必有寒食之心。此是初步明勁。有形有相之用也。到暗勁之時。用法更妙。起似伏龍登天。落如霹雷擊地。起無形。落無踪。起意好似捲地風。起不起。何用再起落不落。何用再落。低之中望為高。高之中望為低。打起落如水之翻浪。不翻不躦。一寸為先。脚打七分手打三。五行四稍要合全。氣連心意隨時用。打破身式無遮攔。此是二步暗勁形迹有無之用也。拳無拳。意無意。無意之中。是真意。拳打三節不見形。如見形影不為能。隨時而發。一言一默。一舉一動。行止坐臥。以致飲食茶水之間。皆是用。或有人處。或無人處。無處不是用。所以無入而不自得。無往而不得其道。以致寂然不動。感而遂通也。此皆是化勁神化之用也。然而所用之虛實奇正。亦不可專有意。用於奇正虛實。虛者。並非專用虛於彼。己手在彼手之上。用勁拉回。落如鈎竿。謂之實。已手在彼手之下。亦用勁拉回。彼之手挨不着我的手。謂之虛。並非專有意於虛實。是在彼之形式感觸耳。奇正之理亦然。奇無不正。正無不奇。奇中有正。正中有奇。奇正之變。如循環之無端。所用不窮也。拳經云。拳去不空回。空回總不奇。是此意也。\nDans la boxe xingyi, il y a trois niveaux d\u0026rsquo;application : l\u0026rsquo;application qui a une forme et une image ; celle qui a un nom et une figure mais laisse aucune trace ; celle qui a une voix et un nom mais point de forme ; celle qui n\u0026rsquo;a ni forme ni figure, ni voix ni odeur. Le Classique de la boxe dit : « Se lever comme une lime d\u0026rsquo;acier — se lever, c\u0026rsquo;est aller ; s\u0026rsquo;abaisser comme une gaffe — s\u0026rsquo;abaisser, c\u0026rsquo;est revenir ; avant de se lever, comme qui cueille un fruit ; avant de s\u0026rsquo;abaisser, comme qui laisse tomber. Se lever comme une flèche, s\u0026rsquo;abaisser comme le vent. Poursuivre le vent, courir après la lune sans relâcher. Se lever comme le vent, s\u0026rsquo;abaisser comme une flèche, et l\u0026rsquo;on trouve encore qu\u0026rsquo;abattre est lent. Les pieds frappent à sept dixièmes, les mains à trois dixèmes. Les cinq éléments et les quatre extrémités doivent être complets et unis. Le souffle lié à l\u0026rsquo;idée et au cœur, utilisé selon l\u0026rsquo;instant. Frapper dur et avancer dur, sans obstacle ni voile. Frapper un homme comme on se promène. Voir un homme comme des herbes folles. Le courage qui surgit, comme le vent qui siffle. Se lever et s\u0026rsquo;abaisser comme des flèches qui percent. Si l\u0026rsquo;on avance et ne vaine pas, c\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;il y a un cœur refroidi [craintif]. » Voilà le premier niveau, la force apparente, qui a une forme et une image. Quand on en vient à la force cachée, l\u0026rsquo;application est plus merveilleuse encore : « Se lever comme un dragon tapi qui monte au ciel ; s\u0026rsquo;abaisser comme la foudre qui frappe la terre. Se lever sans forme, s\u0026rsquo;abaisser sans trace. Envoyer l\u0026rsquo;intention comme le vent qui roule sur le sol. Le lever qui ne se lève pas, à quoi bon se lever encore ? L\u0026rsquo;abaisser qui ne s\u0026rsquo;abaisse pas, à quoi bon s\u0026rsquo;abaisser encore ? Dans le bas, regarder vers le haut ; dans le haut, regarder vers le bas. Frappant le lever et l\u0026rsquo;abaisser comme des vagues qui se renversent — sans se renverser ni percer, le premier pouce d\u0026rsquo;avance est le principal. Les pieds frappent à sept dixièmes, les mains à trois dixèmes. Les cinq éléments et les quatre extrémités doivent être complets et unis. Le souffle lié à l\u0026rsquo;idée et au cœur, utilisé selon l\u0026rsquo;instant. Briser la posture du corps, sans obstacle ni voile. » Voilà le second niveau, la force cachée, dont la trace est entre l\u0026rsquo;être et le néant. « La boxe sans boxe, l\u0026rsquo;idée sans idée, et dans la non-idée réside l\u0026rsquo;idée vraie. Frappant des trois articulations sans montrer de forme — montrer la moindre silhouette, ce n\u0026rsquo;est point l\u0026rsquo;habileté. » Il s\u0026rsquo;émet selon l\u0026rsquo;instant : dans chaque parole et chaque silence, chaque geste et chaque mouvement, en marchant, en s\u0026rsquo;arrêtant, en s\u0026rsquo;asseyant, en dormant, jusque dans le boire et le manger, tout est application ; qu\u0026rsquo;il y ait quelqu\u0026rsquo;un ou personne, il n\u0026rsquo;est point d\u0026rsquo;endroit qui ne soit application. De sorte qu\u0026rsquo;aucune situation où l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;est pas satisfait de soi, aucun lieu où l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;obtienne la Voie, jusqu\u0026rsquo;à la quiétude immobile où, dès qu\u0026rsquo;on est ému, on pénètre : voilà l\u0026rsquo;application de la force neutre, la transformation spirituelle. Cependant, dans le vide et le plein, l\u0026rsquo;irrégulier et le régulier, on ne doit pas non plus y mettre une intention particulière. Le vide n\u0026rsquo;est pas d\u0026rsquo;appliquer le vide sur l\u0026rsquo;adversaire : quand ma main est au-dessus de la sienne et que je tire en arrière en force, m\u0026rsquo;abaissant comme une gaffe, cela s\u0026rsquo;appelle le plein ; quand ma main est au-dessous de la sienne et que je tire encore en force, si bien que sa main ne peut toucher la mienne, cela s\u0026rsquo;appelle le vide. Ce n\u0026rsquo;est pas qu\u0026rsquo;on vise le vide ou le plein : c\u0026rsquo;est selon le contact de la posture de l\u0026rsquo;adversaire. Il en va de même pour l\u0026rsquo;irrégulier et le régulier : l\u0026rsquo;irrégulier n\u0026rsquo;est pas sans le régulier, le régulier n\u0026rsquo;est pas sans l\u0026rsquo;irrégulier ; dans l\u0026rsquo;irrégulier est le régulier, dans le régulier est l\u0026rsquo;irrégulier, et leurs alternances sont comme une roue sans bout : leurs applications sont inépuisables. Le Classique de la boxe dit : « un poing partant ne doit pas revenir à vide, car revenir à vide n\u0026rsquo;est jamais l\u0026rsquo;irrégulier » — c\u0026rsquo;est ce sens.\nHuitième partie (八則) 形意拳術。明勁是小學工夫。進退起落。左轉右旋。形式有間斷。故謂之小學。暗勁是大學之道。上下相連。手足相顧。內外如一。循環無端。形式無有間斷。故謂之大學。此喻是發明其拳所以然之理也。論語云。一以貫之。此拳亦是求一以貫之道也。陰陽混成。剛柔相合。內外如一謂之化勁。用神化去。至於無聲無臭之德也。孟子云。大而化之。之謂聖。聖而不可知之。之謂神。丹書云。形神具杳。乃與道合真之境。拳經云。拳無拳。意無意。無意之中。是真意。如此者。不見而章。不動而變。無為而成。寂然不動。感而遂通也。老子云。得其一而萬事畢人得其一謂之大拳中內外如一之勁用之於敵。當剛則剛。當柔則柔。飛騰變化。無入而不自得。亦無可無不可也。此之謂一以貫之。一之為用。雖然純熟。總是有一之形迹也。尚未到至妙處。因此要將一化去。化到至虛無之境。謂之至誠。至虛至空也。如此大而化之之謂聖。聖而不可知之之謂神之道理。得矣。\nDans la boxe xingyi, la force apparente est l\u0026rsquo;œuvre de la petite étude : en avançant et reculant, en se levant et s\u0026rsquo;abaissant, en tournant à gauche et à droite, les formes comportent des interruptions — on l\u0026rsquo;appelle donc petite étude. La force cachée est la Voie de la grande étude : « le haut et le bas se lient, les mains et les pieds veillent l\u0026rsquo;un sur l\u0026rsquo;autre, l\u0026rsquo;intérieur et l\u0026rsquo;extérieur sont comme un seul » ; la roue est sans bout, les formes sans interruption — on l\u0026rsquo;appelle donc grande étude. Ces images expliquent la raison intime de la boxe. Les Entretiens disent : « une seule idée traverse tout. » Cette boxe aussi cherche la Voie où une seule idée traverse tout. Yin et yang mêlés, dur et souple unis, intérieur et extérieur comme un seul : voilà la force neutre. En la laissant se transformer par l\u0026rsquo;esprit, on atteint la vertu sans bruit ni odeur. Mencius dit : « ce qui élargit et transforme, on l\u0026rsquo;appelle sage ; ce qui est sage et ne peut être connu, on l\u0026rsquo;appelle divin. » Le livre d\u0026rsquo;élixir dit : « forme et esprit tous deux évanouis : voilà l\u0026rsquo;état d\u0026rsquo;union à la vérité de la Voie. » Le Classique de la boxe dit : « la boxe sans boxe, l\u0026rsquo;idée sans idée, et dans la non-idée réside l\u0026rsquo;idée vraie. » En cet état : sans être vu, on marque ; sans se mouvoir, on change ; sans agir, on accomplit ; immobile et calme, dès qu\u0026rsquo;on est ému, on pénètre. Laozi dit : « obtenir l\u0026rsquo;Un, et toutes choses sont accomplies. Quand l\u0026rsquo;homme obtient l\u0026rsquo;Un, on l\u0026rsquo;appelle grand. » Dans la boxe, la force où « intérieur et extérieur sont comme un seul » appliquée à l\u0026rsquo;adversaire : quand il faut du dur, il y a le dur ; quand il faut du souple, le souple ; s\u0026rsquo;élever et se transformer, aucune situation où l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;est satisfait, rien d\u0026rsquo;impossible ni de non-admissible. Voilà ce qu\u0026rsquo;on appelle une seule idée qui traverse tout. Pour la fonction de l\u0026rsquo;Un, si accomplie qu\u0026rsquo;elle soit, il y a encore en elle la trace d\u0026rsquo;un « un » : elle n\u0026rsquo;est pas encore à l\u0026rsquo;extrême subtilité. Il faut donc dissoudre cet Un, le changer jusqu\u0026rsquo;à l\u0026rsquo;état du néant le plus vide — ce qu\u0026rsquo;on appelle la sincérité parfaite, le vide parfait. Ainsi réalise-t-on le principe : ce qui élargit et transforme s\u0026rsquo;appelle sage ; ce qui est sage et inconnaissable s\u0026rsquo;appelle divin.\nNeuvième partie (九則) 拳術之道。要自己煅練身體。以却病延年。無大難法。若與人相較。則非易事。第一存心謹慎。要知己知彼。不可驕矜。驕矜必敗。若相識之人。久在一處。所練何拳。藝之深淺。彼此皆知。或喜用脚。或善用手。皆知其大概。誰勝誰負。尚不易言。若與不相識之人。初次見面。彼此不知所練何種拳術。所用何法。若一交手其藝淺者自立時相形見絀。若皆是明手。兩人相較。則頗不易言勝。所宜知者一覿面先察其人。精神是否虛靈氣。質是否雄厚。身軀是否活潑。再察其言論。或謙或矜。其所言與其人之神氣。形體動作。是否相符。觀此三者。彼之藝能。知其大概矣。及相較之時。或彼先動。或己先動。務要辨地勢之遠近。險隘廣狹死生。若二人相離極近。彼或發拳。或發足。皆能傷及吾身。則當如拳經云。眼要毒手要奸。奸即巧也脚踏中門雖裏躦。眼有監察之精。手有撥轉之能。足有行程之功。兩肘不離肋。兩手不離心。出洞入洞緊隨身。乘其無備而攻之。由其不意而出之。此是近地以速之意也。兩人相離之地遠。或三四步。或五六步不等。不可直上。恐彼以逸待勞。不等己發拳。而彼先發之矣。所以方動之時。不要將神氣顯露於外。似無意之情形。緩緩走至彼相近處。相機而用。彼動機方露。己即速撲上去。或掌或拳。隨左打左。隨右打右。彼之剛柔。己之進退。起落變化。總相機而行之。此謂遠地以緩也。己所立之地勢。有利不利。亦得因敵人而用之。不可拘着。程廷華先生亦云。與彼相較之時。看彼之剛柔。或力大。或奸巧。彼剛吾柔。彼柔吾剛。彼高吾低。彼低吾高。彼長吾短。彼短吾長。彼開吾合。彼合吾開。或吾忽開忽合。忽剛忽柔。忽上忽下。忽短忽長。忽來忽去。不可拘使成法。須相敵之情形。而行之。雖不能取勝于敵。亦不能驟然敗於敵也。總以謹慎為要。\nLa Voie de la boxe, c\u0026rsquo;est d\u0026rsquo;abord de forger son propre corps pour écarter les maladies et prolonger la vie : point là de grande méthode difficile. Mais se mesurer à autrui n\u0026rsquo;est pas une chose aisée. D\u0026rsquo;abord, garder un cœur prudent : il faut connaître soi et connaître l\u0026rsquo;autre, sans orgueil ni présomption, car la présomption apporte la défaite. Si l\u0026rsquo;on connaît bien quelqu\u0026rsquo;un pour avoir été longtemps ensemble, on sait quelle boxe il pratique et la profondeur de son art ; on sait l\u0026rsquo;un de l\u0026rsquo;autre à peu près s\u0026rsquo;il aime se servir des pieds ou excelle des mains — et qui vaincra, il est encore difficile de le dire. Avec un inconnu, à la première rencontre, chacun ignore la boxe de l\u0026rsquo;autre et la méthode qu\u0026rsquo;il emploie ; dès les premiers échanges, celui dont l\u0026rsquo;art est superficiel se montre aussitôt inférieur. Si tous deux sont des experts, c\u0026rsquo;est bien difficile à dire. Ce qu\u0026rsquo;il faut savoir : à première vue, examiner si son esprit est vide et subtil, si son énergie est abondante, si son corps est vif. Examiner ensuite son langage — modeste ou présomptueux — et voir si ce qu\u0026rsquo;il dit s\u0026rsquo;accorde avec son esprit et son souffle, sa forme et ses mouvements. Par ces trois observations, on sait à peu près ses talents. À l\u0026rsquo;instant du combat, que l\u0026rsquo;autre se meuve d\u0026rsquo;abord ou que je me meuve d\u0026rsquo;abord, il faut discerner la distance du terrain, sa dangerosité, son resserrement, sa largeur ou son étroitesse, ce qui fait vivre ou tuer. Si les deux hommes sont tout près l\u0026rsquo;un de l\u0026rsquo;autre, que l\u0026rsquo;autre envoie le poing ou le pied, il peut blesser mon corps. Alors, comme le dit le Classique de la boxe : « les yeux doivent être venimeux, les mains retorses — retors veut dire habile —, le pied foule la porte centrale et perce au-dedans ; les yeux ont la finesse d\u0026rsquo;inspection, les mains la capacité d\u0026rsquo;écarter et de retourner, les pieds l\u0026rsquo;œuvre de couvrir la distance ; les coudes ne quittent pas les côtes, les mains ne quittent pas le cœur ; sortant de la grotte et rentrant dans la grotte, tout suit le corps ; attaquer là où l\u0026rsquo;autre n\u0026rsquo;est pas préparé, sortir là où il ne s\u0026rsquo;y attend pas. » C\u0026rsquo;est le sens de la vitesse quand on est proche. Quand les deux hommes sont éloignés — de trois ou quatre pas, de cinq ou six, peu importe — on ne doit pas marcher droit dessus, de peur que l\u0026rsquo;autre, au repos, n\u0026rsquo;attende la fatigue ; et avant même que j\u0026rsquo;envoie le poing, il l\u0026rsquo;enverra le premier. C\u0026rsquo;est pourquoi, au moment d\u0026rsquo;agir, ne pas laisser paraître l\u0026rsquo;esprit et le souffle au dehors, comme sans intention : avancer lentement jusqu\u0026rsquo;à l\u0026rsquo;approcher, puis agir selon l\u0026rsquo;occasion. Dès que l\u0026rsquo;intention de l\u0026rsquo;autre se révèle, je me précipite aussitôt : palme ou poing, porter à gauche ce qui vient à gauche, à droite ce qui vient à droite ; selon le dur et le souple de l\u0026rsquo;autre, mon avancer et mon reculer, mes lever et m\u0026rsquo;abaisser — toujours agir selon l\u0026rsquo;occasion. C\u0026rsquo;est le sens de la lenteur quand on est à distance. Le terrain où je me tiens, favorable ou non, je dois aussi l\u0026rsquo;employer selon l\u0026rsquo;adversaire, sans m\u0026rsquo;y attacher. Maître Cheng Tinghua disait aussi : « En mesurant à l\u0026rsquo;autre, regarde son dur et son souple, sa grande force ou son habileté retorse. Il est dur, je suis souple ; il est souple, je suis dur ; il monte, je descends ; il descend, je monte ; il s\u0026rsquo;allonge, je me raccourcis ; il se raccourcit, je m\u0026rsquo;allonge ; il ouvre, je ferme ; il ferme, j\u0026rsquo;ouvre. Ou encore je m\u0026rsquo;ouvre et me ferme soudain, dur et souple soudain, dessus et dessous soudain, long et court soudain, venant et partant soudain — sans me limiter à des techniques fixées, je dois considérer la situation de l\u0026rsquo;adversaire et agir selon elle. Alors, même si je ne puis le vaincre, du moins ne puis-je être soudainement vaincu par lui. La prudence est toujours essentielle. »\nDixième partie (十則) 拳經云。上下相連。內外合一。俗云上下是頭足也。亦云手足也。按拳中道理言之。是上呼吸之氣。與下呼吸之氣相接也。此是上下相連。心腎相交也。內外合一者。是心中神意下照於海底。腹內靜極而動。海底之氣。微微自下而上。與神意相交。歸於丹田之中。運貫於周身。暢達於四肢。融融和和。如此方是上下相連。手足自然相顧。合內外而為一者也\nLe Classique de la boxe dit : « le haut et le bas se lient, l\u0026rsquo;intérieur et l\u0026rsquo;extérieur sont unis. » Le vulgaire entend par haut et bas la tête et les pieds, ou encore les mains et les pieds. Selon le principe de la boxe, c\u0026rsquo;est le souffle respiré en haut et le souffle respiré en bas qui se rejoignent : voilà « le haut et le bas se lient », le cœur et les reins qui s\u0026rsquo;unissent. « L\u0026rsquo;intérieur et l\u0026rsquo;extérieur unis » : le cœur de l\u0026rsquo;intérieur laisse l\u0026rsquo;esprit et l\u0026rsquo;intention rayonner vers le fond de la mer (le périnée), et au-dedans du ventre, l\u0026rsquo;immobilité poussée à l\u0026rsquo;extrême s\u0026rsquo;émeut ; le souffle du fond de la mer remonte doucement de bas en haut, s\u0026rsquo;unit à l\u0026rsquo;esprit et à l\u0026rsquo;intention, et revient au centre du dantian ; de là il circule à travers tout le corps, s\u0026rsquo;épanche jusqu\u0026rsquo;aux quatre membres, chaud et harmonieux. C\u0026rsquo;est ainsi seulement que le haut et le bas se lient, que les mains et les pieds veillent naturellement l\u0026rsquo;un sur l\u0026rsquo;autre, et que l\u0026rsquo;intérieur et l\u0026rsquo;extérieur, unis, ne font qu\u0026rsquo;un.\nOnzième partie (十一則) 練拳術不可固執不通。若專以求力。即被力所拘。專以求氣。即被氣所拘。若專以求沉重。即為沉重所捆墜。若專以求輕浮。神氣則被輕浮所散。所以然者。練之形式順者。自有力。內裏中和者。自生氣。神意歸於丹田者。身自然重如泰山。將神氣合一化成虛空者。自然身輕如羽。故此不可以專求。雖然求之有所得焉。亦是有若無實若虛。勿忘勿助。不勉而中。不思而得。從容中道而已\nPratiquer la boxe sans s\u0026rsquo;y cramponner. Si l\u0026rsquo;on ne cherche que la force, on est aussitôt prisonnier de la force ; que le souffle, prisonnier du souffle ; que le lourd, on est lié et précipité par le lourd ; que le léger et le flottant, l\u0026rsquo;ésprit et le souffle en sont dispersés. La raison : qui a des formes fluides a naturellement de la force ; qui a l\u0026rsquo;harmonie centrale intérieure fait naître naturellement le souffle ; qui ramène l\u0026rsquo;esprit et l\u0026rsquo;intention au dantian a naturellement le corps lourd comme le mont Tai ; qui unit et dissout l\u0026rsquo;esprit et le souffle dans le vide a naturellement le corps léger comme une plume. On ne doit donc point chercher une seule de ces qualités. Même si l\u0026rsquo;on obtient quelque chose, c\u0026rsquo;est encore comme avoir et n\u0026rsquo;avoir pas, comme plein et pourtant vide : ne pas oublier, ne pas aider, parvenir au juste sans effort, obtenir sans penser, et s\u0026rsquo;avancer avec aplomb dans la voie médiane — rien de plus.\nDouzième partie (十二則) 形意拳術之橫拳。有先天之橫。有後天之橫。有一行之橫。先天之橫者。由靜而動。為無形之橫拳也。橫者中也。易云黃中通理。正位居體。即此意也。拳經云。起無形。起為橫。皆是也。此起字是內中之起。自虛無而生有。真意發萌之時。在拳中謂之橫。亦謂之起。此橫有名無形。為諸形之母也。萬物即含育於其中矣。其橫則為拳中之太極也。後天之橫者。是拳中外形手足。以動即名為橫也。此橫有名有式。無有橫之相也。因頭手足。肩肘胯膝名七拳外形七拳。以動即名為橫。亦為諸式之幹也。萬法亦皆生於其內也。\nLe poing horizontal (heng quan) de la boxe xingyi a un heng inné, un heng acquis, et un heng propre à chaque ligne. Le heng inné va de l\u0026rsquo;immobilité au mouvement : c\u0026rsquo;est le poing horizontal sans forme. « Horizontal » veut dire le centre. Le Livre des Mutations dit : « la couleur jaune (le centre) pénètre et ordonne, et la position droite régit le corps » — c\u0026rsquo;est ce sens. Le Classique de la boxe dit : « se lever sans forme ; se lever, c\u0026rsquo;est le horizontal » — tout cela. Ce « se lever » est le lever intérieur : du néant naît l\u0026rsquo;être ; à l\u0026rsquo;instant où l\u0026rsquo;intention vraie germe, dans la boxe on l\u0026rsquo;appelle le horizontal, on l\u0026rsquo;appelle aussi le lever. Ce horizontal a un nom mais point de forme ; il est le mère de toutes les formes — les dix mille êtres sont contenus en lui. Ce horizontal est le taiji de la boxe. Le heng acquis, lui, est la forme extérieure des mains et des pieds de la boxe : dès qu\u0026rsquo;il y a mouvement, on l\u0026rsquo;appelle horizontal. Ce horizontal a un nom et une posture, mais nul aspect propre de travers : la tête, les mains, les pieds, les épaules, les coudes, les hanches et les genoux — les sept poings —, dès qu\u0026rsquo;ils se meuvent, cela s\u0026rsquo;appelle le horizontal, et il est la tige de toutes les postures : les dix mille méthodes naissent en lui.\nTreizième partie (十三則) 形意拳術。頭層明勁。謂之練精化氣。為丹道中之武火也。第二層暗勁。謂之練氣化神。為丹道中之文火也。三層化勁。謂之練神還虛。為丹道中火候純也。火候純而內外一氣成矣。再練亦無勁。亦無火。謂之練虛合道。以致行止坐臥。一言一默。無往而不合其道也。拳經云。拳無拳。意無意。無意之中是真意。至此無聲無臭之德至矣。先人詩曰道本自然一氣遊。空空靜靜最難求。得來萬法皆無用。身形應當似水流。\nDans la boxe xingyi, le premier niveau, la force apparente, s\u0026rsquo;appelle « transformer l\u0026rsquo;essence en qi » — c\u0026rsquo;est le feu guerrier de la voie de l\u0026rsquo;élixir. Le deuxième niveau, la force cachée, s\u0026rsquo;appelle « transformer le qi en esprit » — c\u0026rsquo;est le feu civil de la voie de l\u0026rsquo;élixir. Le troisième niveau, la force neutre, s\u0026rsquo;appelle « entraîner l\u0026rsquo;esprit pour revenir au vide » — c\u0026rsquo;est la cuisson parfaite de la voie de l\u0026rsquo;élixir. La cuisson étant parfaite, le souffle intérieur et extérieur se fait un ; en pratiquant encore, il n\u0026rsquo;y a plus ni force ni feu — cela s\u0026rsquo;appelle « pratiquer le vide et s\u0026rsquo;unir à la Voie », si bien qu\u0026rsquo;en marchant, en s\u0026rsquo;arrêtant, en s\u0026rsquo;asseyant, en dormant, en chaque parole et chaque silence, rien qui ne s\u0026rsquo;accorde à la Voie. Le Classique de la boxe dit : « la boxe sans boxe, l\u0026rsquo;idée sans idée, et dans la non-idée réside l\u0026rsquo;idée vraie. » Là s\u0026rsquo;accomplit la vertu sans bruit ni odeur. Les anciens ont un poème : « La Voie est par nature un souffle unique qui voyage ; le vide et le calme sont les plus difficiles à obtenir. Quand on a saisi toutes les méthodes, elles ne servent plus : la forme du corps doit être comme l\u0026rsquo;eau qui s\u0026rsquo;écoule. »\nQuatorzième partie (十四則) 拳意之道。大槪皆是河洛之理。以之取象命名。數理兼該。順其人之動作之自然。制成法則。而人身體力行之。古人云。天有八風。易有八卦。人有八脉。拳有八勢。是以拳術。有八卦之變化。八卦者。有圓之象焉。天有九天。星有九野。地有九泉。人有九竅九數。拳有九宮。故拳術有九宮之方位。九宮者。有方之義焉。古人以九府而作圜法。以九室而作明堂。以九區而作貢賦。以九軍而作陣法。以九竅九數。九數者即九節也頭為稍節心為中節丹田為根節手為稍節肘為中節肩為根節足為稍節膝為中節胯為根節三三共九節也而作拳術。無非用九。其理亦妙矣。河之圖。洛之書。皆出於天地自然之數。禹之範。大撓之歷。皆聖人得於天地之心法。余蒙老農先生。所授之九宮圖。其理亦出於此而運用之神妙。變化莫測此圖之道。夫婦之愚。可以與知與能。及其至也。雖聖人亦有所不知不能矣。其圖之形式。是飛九宮之道。一至九。\nLa Voie des concepts de la boxe repose en grande partie sur le principe du Diagramme du Fleuve (Hetu) et de l\u0026rsquo;Écrit de la Rivière Luo (Luoshu). On s\u0026rsquo;en sert pour prendre des images et donner des noms, pour embrasser nombre et principe, et l\u0026rsquo;on façonne des règles en suivant le naturel du mouvement humain, que le corps met en pratique. Les anciens disent : le ciel a les huit vents, le Livre des Mutations a les huit trigrammes, l\u0026rsquo;homme a les huit vaisseaux, la boxe a les huit postures. Ainsi la boxe a-t-elle les transformations des huit trigrammes, lesquels ont l\u0026rsquo;image du cercle. Le ciel a les neuf ciels, les astres ont les neuf champs, la terre a les neuf sources, l\u0026rsquo;homme a les neuf orifices et les neuf nombres, la boxe a les neuf palais (九宮). De là la boxe a ses directions des neuf palais, lesquels ont la signification du carré. Les anciens firent, selon neuf bureaux, la méthode du fouet ; selon neuf chambres, la salle de la lumière ; selon neuf districts, le tribut ; selon neuf armées, les formations de combat ; et selon les neuf orifices, les neuf nombres. Les neuf nombres sont les neuf articulations : la tête est l\u0026rsquo;articulation-sommet, le cœur l\u0026rsquo;articulation-médiane, le dantian l\u0026rsquo;articulation-racine ; la main est l\u0026rsquo;articulation-sommet, le coude l\u0026rsquo;articulation-médiane, l\u0026rsquo;épaule l\u0026rsquo;articulation-racine ; le pied est l\u0026rsquo;articulation-sommet, le genou l\u0026rsquo;articulation-médiane, la hanche l\u0026rsquo;articulation-racine ; trois fois trois, voilà neuf articulations. Dans la boxe, tout n\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;usage du neuf, et le principe en est merveilleux. Le Diagramme du Fleuve et l\u0026rsquo;Écrit de la Rivière Luo procèdent tous deux des nombres naturels du ciel et de la terre ; les neuf divisions de Yu et le calendrier de Da Nao sont les méthodes de cœur que les sages reçurent du ciel et de la terre. Le diagramme des neuf palars que j\u0026rsquo;ai reçu de Maître Vieux-Laboureur [Li Nengran] procède de là aussi ; l\u0026rsquo;usage en est subtil et merveilleux, et ses transformations ne se laissent pas sonder. En sa Voie, la femme et l\u0026rsquo;homme les plus simples peuvent en connaître et en faire un peu ; et à l\u0026rsquo;extrême, même le sage n\u0026rsquo;est pas sans ignorer et sans être capable d\u0026rsquo;aucune. La forme de ce diagramme est la Voie des neuf palais volants (飛九宮), de un à neuf.\n九還一之理。\npuis le principe du retour de neuf à un :\n用竿九根布之。四正四根。四隅四根。當中一根。竿不拘粗細。起初練之。地方要寬大。竿相離要遠。大約或一丈之方形。或一丈有餘。或兩丈。不拘尺寸。練之已熟。漸漸而縮小。縮至兩竿相離之遠近。僅能容身穿行往來形如流水。旋轉自如。而不礙所立之竿。繞轉之形式。用十二形。或如鷂子入林翻身之巧。或如蛇撥草入穴之妙。或如猿猴蹤跳之靈活。各形之巧妙。無所不有也。此圖之效力。不會拳術者。按法走之可以消食。血脉流通。若練拳術而步法不活動者。走之可以能活動。練拳術身體發拘者。走之身體可以能靈通。練拳術心中固執者。走之可以能靈妙。無論男女老少。皆可行之。可以却病延年。強健身體。等等妙術。不可言宣。拳經云。打拳如走路。看人如蒿草。武藝都道無正經。任意變化是無窮。豈知吾得嬰兒玩。打法天下是真形。三回九轉是一式之理。亦皆在其中矣。此圖明數學者。能曉此圖之理。練八卦拳者。能通此圖之道也。此圖亦可作為遊戲運動。走練之時。舌頂上腭。不會練拳術者。行走之時兩手曲伸。可以隨便。要會拳術者。按自己所會之法則運動可也。無論如何運動。左旋右轉兩手身體。不能動着所立之竿為要。此圖不只運動身體已也。而劍術之法。亦含藏於其中矣。此九根竿之高矮。總要比人略高可以九個泥塾。或木塾。將竿插在內。可以移動練。用時可分布九宮。不練時可收在一處。若地基方便。不動亦可。若實在無有竿之時。磚石分布九宮亦可。若無磚石畫九個小圈。走之亦無不可。總而言之。總是有竿練之為最妙。此法走練。起初按一二三四五六七八九之路。反之九八七六五四三二一。此圖外四正四隅八根竿。比喻八卦。當中一根。又共比喻九個門。要練純熟。無論何門。亦可以起點。要之歸原。不能離開中門。即中五宮也走之按一至二。二至三。至九。返之九至八。八至七。叉還於一之數。此圖一圈一根竿也。一至九九返。一卽所行之路也。名為飛九宮也。亦名陰八卦也。河圖之理藏之於內。洛書之道形之於外也。所以拳術之道。體用具備。數理兼該。性命雙修。乾坤相交。合內外而為一者也。走練此圖之意。九竿如同九人。如一人之敵九左右旋轉。曲伸往來。飛躍變化。閃展騰挪。其中之法則。按着規矩。其中而〔中之〕妙用。亦得要自己悟會耳。其圖之道。亦合於乾坤二卦之理。六十四卦之式。皆含在其中矣。在人賢者。識其大者。不賢者識其小者。得之莫不有拳術奥妙之道焉。\nOn dispose neuf perches : quatre aux quatre orients, quatre aux quatre coins, et une au centre. Leur grosseur importe peu. Au début de la pratique, le terrain doit être vaste et les perches bien écartées — environ un carré de dix pieds, ou un peu plus, ou même vingt pieds, peu importe la mesure. Une fois la pratique connue, on resserre peu à peu, jusqu\u0026rsquo;à ce que l\u0026rsquo;espace entre deux perches ne laisse qu\u0026rsquo;à peine passer le corps qui circule, comme un courant d\u0026rsquo;eau, tournant librement sans heurter les perches plantées. Pour la forme des circuits, on emploie les douze formes [animaux] : tantôt l\u0026rsquo;habileté de l\u0026rsquo;épervier qui entre dans la forêt et se retourne, tantôt la finesse du serpent qui fend l\u0026rsquo;herbe et entre au terrier, tantôt la vivacité du singe qui bondit et saute — les subtilités de chaque forme, on y trouve tout. Les effets de ce diagramme : qui ne sait pas la boxe, en le parcourant selon la méthode, digère mieux ; le sang et les vaisseaux circulent. Qui pratique la boxe mais a des pas engourdis, en le pratiquant devient mobile. Qui pratique la boxe avec un corps crispé, en le pratiquant devient fluide et pénétrant. Qui pratique la boxe avec un cœur buté, en le pratiquant devient subtil et souple. Homme ou femme, vieux ou jeune, tous peuvent le faire. On peut écarter les maladies et prolonger la vie, fortifier le corps : tant de merveilles impossibles à dire. Le Classique de la boxe dit : « frapper un homme comme on se promène, voir un homme comme des herbes folles ; les arts guerriers, dit-on tous, sans rigueur, et leurs transformations sans fin ; sais-tu que j\u0026rsquo;ai le jeu du bébé, et que le combat est dans le monde la vraie forme. » Le principe de « trois allers, neuf retours forment une seule figure » est aussi tout entier là-dedans. Qui est versé dans les nombres peut saisir la raison de ce diagramme ; qui pratique la boxe des huit trigrammes peut pénétrer sa Voie. Ce diagramme peut aussi servir de jeu et d\u0026rsquo;exercice. En le parcourant, la langue contre le palais supérieur ; qui ne sait pas la boxe peut à son gré plier et étendre les deux bras en marchant ; qui la sait pratique selon les règles qu\u0026rsquo;il connaît. Quelle que soit la façon de se mouvoir, tournant à gauche, tournant à droite, les deux mains et le corps ne doivent pas heurter les perches plantées : voilà l\u0026rsquo;essentiel. Ce diagramme ne fait pas seulement mouvoir le corps : l\u0026rsquo;art de l\u0026rsquo;épée y est aussi caché. Ces neuf perches doivent être un peu plus hautes qu\u0026rsquo;un homme. On peut poser neuf socles d\u0026rsquo;argile ou de bois pour y planter les perches et les déplacer ; à l\u0026rsquo;usage, on dispose les neuf palais ; hors pratique, on les range en un seul endroit. Si le terrain s\u0026rsquo;y prête, qu\u0026rsquo;on les laisse en place. Si vraiment l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;a point de perches, on peut disposer briques et pierres en neuf palais ; sans briques ni pierres, tracer neuf petits cercles et les parcourir — rien d\u0026rsquo;impossible. Tout bien pesé, c\u0026rsquo;est avec des perches que l\u0026rsquo;on pratique le mieux. Pour ce parcours, on commence par suivre la voie un-deux-trois-quatre-cinq- six-sept-huit-neuf, puis en sens inverse neuf-huit-sept-six-cinq-quatre-trois- deux-un. Dans ce diagramme, les huit perches extérieures (quatre orients, quatre coins) représentent les huit trigrammes ; la perche centrale, avec elles, représente les neuf portes. Quand on a pratiqué jusqu\u0026rsquo;à la maîtrise, on peut partir de n\u0026rsquo;importe laquelle des portes ; mais pour revenir à l\u0026rsquo;origine, on ne peut quitter la porte centrale — c\u0026rsquo;est-à-dire le palais central du cinq. En marchant, on va de un à deux, de deux à trois, jusqu\u0026rsquo;à neuf, et en retour de neuf à huit, de huit à sept, et l\u0026rsquo;on revient finalement au nombre un. Ce diagramme est une enceinte et une perche ; de un à neuf et de neuf au retour, un est la voie parcourue. On nomme cela les neuf palais volants (飛九宮), encore appelés le bagua du féminin (陰八卦). Le principe du Diagramme du Fleuve (Hetu) est caché au-dedans, la Voie de l\u0026rsquo;Écrit de la Rivière Luo (Luoshu) se montre au-dehors. Ainsi la Voie de la boxe a-t-elle, corps et fonction, nombre et principe, la cultivation de la vie et de la nature, ciel et terre qui s\u0026rsquo;embrassent, et l\u0026rsquo;accord de l\u0026rsquo;intérieur et de l\u0026rsquo;extérieur comme un seul. En parcourant ce diagramme, les neuf perches sont comme neuf hommes : comme un seul homme combattant neuf, tournant à gauche et à droite, pliant et s\u0026rsquo;étendant, allant et venant, bondissant et changeant, esquivant et se déplaçant — les règles en sont selon la mesure, et la subtilité du centre, il faut la comprendre par soi-même. La Voie de ce diagramme s\u0026rsquo;accorde aussi au principe des deux hexagrammes Qian et Kun, et les figures des soixante-quatre hexagrammes y sont toutes contenues. En chacun, le sage discerne le grand, l\u0026rsquo;insensé le petit ; et quiconque l\u0026rsquo;obtient n\u0026rsquo;en retire pas moins la voie ésotérique de la boxe.\nNotes du traducteur Sun Lutang (孫祿堂, 1860-1933) : maître des trois arts internes — xingyi, bagua et taiji —, il étudia le xingyi auprès de Li Kuiyuan (les héritiers de Li Nengran, dont Guo Yunshen), le bagua auprès de Cheng Tinghua, et le taiji auprès de Hao Weizhen. Son Quanyi shu zhen (1924) est un recueil des paroles de ses maîtres, destiné à en sauver la transmission. Le « Maître Vieux-Laboureur » (老農) dont il est question dans le quatorzième entretien désigne Li Nengran, premier maître de la lignée. Les trois forces : ming jin (明勁, force apparente), an jin (暗勁, force cachée) et hua jin (化勁, force neutre) sont les trois étages du développement du jin dans la tradition interne, ici mis en parallèle avec les trois transformations de l\u0026rsquo;alchimie taoïste (essence → souffle → esprit → vide). Ming jin / an jin / hua jin : le premier se voit et produit un effort, le second se sent mais ne laisse pas de trace, le troisième se change en esprit pur ; Guo y rattache le calme immobile et la réponse spontanée décrite par le Zhongyong et la conception chinoise du sage divin. Neuf palais volants (飛九宮) : méthode d\u0026rsquo;entraînement aux déplacements qui dispose neuf perches selon le carré magique du Luoshu. L\u0026rsquo;auteur la tient de son maître Li Nengran. Les deux planches reproduites ici sont les scans des pages originales du Quanyi shu zhen représentant ce diagramme. Le texte chinois provient du chapitre quatre (« Boxe Xingyi », 第四章 形意拳) du Quanyi shu zhen (拳意述真, « Explications authentiques des concepts des arts martiaux ») de Sun Lutang (孫福全), publié en mars 1924, ouvrage du domaine public. Les deux planches reproduites sont des scans des pages originales du même ouvrage (diagrammes des Neuf Palais volants 飛九宮). La traduction française est nouvelle et établie directement à partir du texte chinois de l\u0026rsquo;édition originale. Le texte chinois original a été consulté sur la page de Paul Brennan : « The Voices of Sun Lutang\u0026rsquo;s Teachers ».\n","permalink":"https://classiques-martiaux-chinois.pages.dev/posts/quanyi-shu-zhen-sun-lutang/","summary":"\u003cp\u003eLe \u003cem\u003eQuanyi shu zhen\u003c/em\u003e (拳意述真, « Explications authentiques des concepts des arts\nmartiaux ») est l\u0026rsquo;ouvrage que \u003cstrong\u003eSun Lutang\u003c/strong\u003e (孫祿堂, de son nom Sun Fuquan 孫福全,\n1860-1933) fit paraître en mars 1924. Maître des trois systèmes internes — xingyi,\nbagua et taiji —, Sun y recueille de mémoire les paroles des anciens qu\u0026rsquo;il a\nfréquentés et qu\u0026rsquo;il craignait de voir se perdre. Le chapitre quatre, consacré à la\nboxe xingyi, s\u0026rsquo;ouvre sur le long enseignement de son maître \u003cstrong\u003eGuo Yunshen\u003c/strong\u003e\n(郭雲深, 1820-1900), élève de Li Nengran et l\u0026rsquo;un des grands noms de l\u0026rsquo;école. En\nquatorze entretiens, Guo déploie la théorie des trois étages de principe, des trois\nétapes de travail et des trois méthodes de pratique, puis les applications au combat,\navant de conclure par le procédé des « Neuf Palais volants » (飛九宮), dont les deux\nplanches originales du livre sont reproduites ci-dessous. Le texte chinois de 1924\nest dans le domaine public ; la traduction française est nouvelle et établie\ndirectement à partir du chinois.\u003c/p\u003e","title":"Les enseignements de Guo Yunshen : extrait du « Quanyi shu zhen » de Sun Lutang"},{"content":"L\u0026rsquo;annexe que nous traduisons ici provient du recueil de Chen Yanlin (陳炎林), Taiji quan dao jian gan san shou he bian (太極拳刀劍桿散手合編, 1943). Elle rassemble, en un véritable « sommaire de la théorie du taiji quan », un ensemble de textes fondamentaux du corpus classique : le Traité du taiji quan (太極拳論), le Classique du taiji quan (太極拳經), la Compréhension de la pratique des treize postures (十三勢行功心解), le Chant des mains (打手歌), les Sept chants d\u0026rsquo;un manuscrit de l\u0026rsquo;époque Qianlong, le Sens véritable du taiji quan (太極拳眞義), le Chant des huit techniques (八字歌), le Traité sur la compréhension mentale (心會論), le Traité sur l\u0026rsquo;usage complet du corps (週身大用論), le Traité des seize points essentiels (十六關要論), le Chant de la fonction (功用歌), les Cinq enseignements (用功五誌), le Dictionnaire des cinq caractères (五字訣), le Secret du relâchement (撒放密訣), les Points essentiels fondamentaux (太極拳基本要點), et enfin le tableau lui-même, la Taiji quan biao jie (太極拳表解).\nLe Taiji quan lun ayant déjà fait l\u0026rsquo;objet d\u0026rsquo;un article séparé sur ce site, nous ne reproduisons ici que les autres pièces de l\u0026rsquo;annexe. Les textes classiques de la théorie du taiji quan sont dans le domaine public ; le tableau Taiji quan biao jie qui les condense reproduit ces mêmes passages sous forme de tableau, et les reproductions ci-dessous sont des scans du texte chinois original.\nTaiji quan jing (太極拳經) — Le Classique du taiji quan 太極者。無極而生。陰陽之母也。動之則分。靜之則合。無過不及。隨屈就伸。人剛我柔謂之走。我順人背謂之黏。動急則急應。動緩則緩隨。雖變化萬端。而理為一貫。由着熟而漸悟懂勁。由懂勁而階及神明。然非功力之久。不能豁然貫通焉。虛領頂勁。氣沉丹田。不偏不倚。忽隱忽現。左重則左虛。右重則右杳。仰之則彌高。俯之則彌深。進之則愈長。退之則愈促。一羽不能加。蠅蟲不能落。人不知我。我獨知人。英雄所向無敵。蓋皆由此而及也。斯技旁門甚多。雖勢有區別。槪不外乎壯欺弱。慢讓快耳。有力打無力。手慢讓手快。是皆先天自然之能。非關學力而有為也。察四兩撥千斤之句。顯非力勝。觀耄耋能禦衆之形。快何能為。立如平準。活似車輪。偏沉則隨。雙重則滯。每見數年純功。不能運化者。率自為人制。雙重之病未悟耳。欲避此病。須知陰陽相濟。方為懂勁。懂勁後。愈練愈精。默識揣摩。漸至從心所欲。本是捨己從人。多誤舍近求遠。所謂差之毫釐。謬以千里。學者不可不詳辨焉。\nLe taiji naît du wuji (無極) ; il est la mère du yin et du yang. En mouvement, ils se distinguent ; au repos, ils se confondent. Sans excès ni manque, on ploie puis on s\u0026rsquo;étend. L\u0026rsquo;autre est dur et je suis souple : c\u0026rsquo;est céder (走). Je suis à mon aise et l\u0026rsquo;autre est en difficulté : c\u0026rsquo;est coller (黏). À mouvement rapide, réponse rapide ; à mouvement lent, suivi lent. Bien que les changements soient infinis, le principe demeure un et continu. Par la maîtrise des techniques, on comprend peu à peu le jin (勁) ; du jin compris, on s\u0026rsquo;élève par degrés jusqu\u0026rsquo;à la clarté spirituelle. Mais sans de longues années d\u0026rsquo;effort, on ne peut atteindre la compréhension soudaine et totale. La nuque légère, l\u0026rsquo;énergie au sommet du crâne ; le souffle descend au dantian. Ni incliné ni appuyé ; tantôt caché, tantôt visible. Si le côté gauche est lourd, le gauche se vide ; si le droit est lourd, le droit s\u0026rsquo;évanouit. Qu\u0026rsquo;on s\u0026rsquo;élève contre lui, il est plus haut ; qu\u0026rsquo;on plonge, il est plus profond. Qu\u0026rsquo;on avance, il s\u0026rsquo;allonge ; qu\u0026rsquo;on recule, il se resserre. Une plume ne peut s\u0026rsquo;y ajouter, une mouche ne peut s\u0026rsquo;y poser. L\u0026rsquo;autre ne me connaît pas ; moi seul je connais l\u0026rsquo;autre. Les héros sont invincibles : tous y parviennent par cette voie. Les voies latérales de cet art sont nombreuses ; bien que leurs formes diffèrent, elles ne sortent guère du fort qui opprime le faible, du lent qui cède au rapide. La force bat la faiblesse, la main lente cède à la main rapide : ce sont des dons naturels, non le fruit de l\u0026rsquo;étude. Voyez l\u0026rsquo;adage « quatre onces déplacent mille livres » : c\u0026rsquo;est clairement une victoire non acquise par la force. Regardez le vieillard qui repousse la foule : que peut la vitesse ? Se tenir comme une balance, bouger comme une roue. Pencher d\u0026rsquo;un côté, c\u0026rsquo;est suivre ; peser des deux côtés, c\u0026rsquo;est s\u0026rsquo;engorger. Souvent, après des années de bonne pratique, on ne sait pas transformer et l\u0026rsquo;on est dominé : on n\u0026rsquo;a pas compris la maladie du double poids. Pour éviter ce défaut, il faut savoir que yin et yang s\u0026rsquo;entraident : alors on comprend le jin. Le jin compris, plus on pratique, plus on s\u0026rsquo;affine ; en méditant et en étudiant, on parvient peu à peu à ce que le cœur désire. À l\u0026rsquo;origine, il s\u0026rsquo;agit de s\u0026rsquo;oublier soi-même pour suivre l\u0026rsquo;autre ; beaucoup se trompent en cherchant loin ce qui est près. Comme on dit : « un écart d\u0026rsquo;un cheveu, une erreur de mille lieues. » L\u0026rsquo;étudiant doit examiner cela avec soin.\nShisan shi xinggong xinjie (十三勢行功心解) — Comprendre la pratique des treize postures 以心行氣。務令沉着。乃能收斂入骨。以氣運身。務令順遂。乃能便利從心。精神能提得起。則無遲重之虞。所謂頂頭懸也。意氣須換得靈。乃有圓活之妙。所謂變轉虛實也。發勁須沉着鬆淨。專主一方。立身須中正安舒。支撑八面。行氣如九曲珠。無往不利。（氣遍身軀之謂）運勁如百煉鋼。無堅不摧。形如搏兔之鵠。神如捕鼠之貓。靜如山岳。動如江河。蓄勁如開弓。發勁如放箭。曲中求直。蓄而後發。力由脊發。步隨身換。收卽是放。斷而復連。往復須有摺疊。進退須有轉換。極柔軟。然後極堅剛。能呼吸。然後能靈活。氣以直養而無害。勁以曲蓄而有餘。心為令。氣為旗。腰為纛。先求開展。後求緊凑。乃可臻於縝密矣。\nConduire le souffle par le cœur : il faut le faire descendre et se déposer, afin qu\u0026rsquo;il puisse se recueillir dans les os. Mouvoir le corps par le souffle : il faut le rendre fluide, afin que le corps obéisse aisément. Si l\u0026rsquo;esprit peut être soulevé, on n\u0026rsquo;a plus à craindre la lenteur ni la pesanteur : c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « la tête suspendue au sommet ». L\u0026rsquo;intention et le souffle doivent alterner avec souplesse : alors naît la qualité de la rondeur et de la vie — c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « le changement du vide et du plein ». Pour émettre le jin, il faut être pondéré, relâché et net, concentré sur une seule direction. Pour se tenir, il faut être droit et à l\u0026rsquo;aise, soutenir les huit directions. Mouvoir le souffle comme une perle aux neuf inflexions : rien ne lui résiste (le souffle imprègne tout le corps). Manier le jin comme l\u0026rsquo;acier cent fois forgé : rien de dur ne lui tient tête. La forme est celle de l\u0026rsquo;épervier qui saisit le lapin ; l\u0026rsquo;esprit, celui du chat qui guette la souris. Au repos, immobile comme une montagne ; en mouvement, comme un fleuve. Amasser le jin comme on bande un arc ; l\u0026rsquo;émettre comme on décoche une flèche. Dans la courbe, chercher la droite ; amasser puis émettre. La force naît de la colonne ; le pas suit les déplacements du corps. Se resserrer, c\u0026rsquo;est déjà relâcher ; le discontinu renoue le continu. Le va-et-vient doit comporter des plis ; l\u0026rsquo;avance et la retraite, des changements. D\u0026rsquo;une extrême souplesse, on passe à une extrême dureté. Savoir respirer, puis savoir être agile. Nourrir le souffle avec droiture, sans l\u0026rsquo;altérer ; amasser le jin dans la courbe, avec abondance. Le cœur donne l\u0026rsquo;ordre, le souffle fait la bannière, la taille est l\u0026rsquo;étendard. Chercher d\u0026rsquo;abord l\u0026rsquo;ouverture, puis le resserrement : on atteint alors la finesse.\n又曰。彼不動。己不動。彼微動。己先動。勁似鬆非鬆。將展未展。勁斷意不斷。\nIl est dit encore : il ne bouge pas, je ne bouge pas ; il bouge un peu, j\u0026rsquo;ai déjà bougé. Le jin semble relâché sans l\u0026rsquo;être, prêt à s\u0026rsquo;étendre sans encore s\u0026rsquo;étendre ; le jin se rompt, mais l\u0026rsquo;intention ne se rompt pas.\n又曰。先在心。後在身。腹鬆氣沉入骨。神舒體靜。刻刻在心。切記一動無有不動。一靜無有不靜。牽動往來氣貼背。而斂入脊骨。內固精神。外示安逸。邁步如貓行。運勁如抽絲。全身意在精神。不在氣。在氣則滯。有氣者無力。無氣者純剛。氣若車輪。腰如車軸。\nIl est dit encore : d\u0026rsquo;abord dans le cœur, ensuite dans le corps. Le ventre relâché, le souffle descend dans les os. L\u0026rsquo;esprit à l\u0026rsquo;aise, le corps tranquille : à chaque instant, garde-le en mémoire. Souviens-toi : qu\u0026rsquo;une partie bouge, tout bouge ; qu\u0026rsquo;une partie s\u0026rsquo;arrête, tout s\u0026rsquo;arrête. Le mouvement qui va et vient fait adhérer le souffle au dos, puis le recueille dans la colonne. Au-dedans, consolider l\u0026rsquo;esprit ; au-dehors, montrer l\u0026rsquo;aisance. Faire le pas comme un chat ; mouvoir le jin comme on tire du fil de soie. Dans tout le corps, l\u0026rsquo;intention porte sur l\u0026rsquo;esprit, non sur le souffle ; si l\u0026rsquo;on se fixe sur le souffle, on s\u0026rsquo;engorge. Avec le souffle, point de force ; sans le souffle, pure dureté. Le souffle est comme la roue, la taille en est l\u0026rsquo;essieu.\nDa shou ge (打手歌) — Le Chant des mains 掤捋擠按須認眞。 上下相隨人難進。 任他巨力來打吾。 牽動四兩撥千斤。 引進落空合卽出。 沾連黏隨不丢頂。\nPeng, lü, ji, an doivent être pris au sérieux. Le haut et le bas se suivent : l\u0026rsquo;autre a peine à entrer. Qu\u0026rsquo;il vienne me frapper de toute sa force, je pousse quatre onces qui écartent mille livres. Je l\u0026rsquo;attire et il tombe dans le vide, puis je le ferme et le relâche. Je le colle, le lie, l\u0026rsquo;adhère et le suis, sans le laisser partir ni le heurter.\nQianlong jiu chao ben taiji quan jing ge jue (乾隆舊鈔本太極拳經歌訣七首) — Sept chants d\u0026rsquo;un manuscrit de l\u0026rsquo;époque Qianlong 歌訣（一） — Chant un 順項貫頂兩膀鬆。束烈下氣把襠撑。 胃音開勁兩捶爭。五指抓地上彎弓。\nÉtire le cou et traverse le sommet du crâne, les deux épaules relâchées. Laisse le souffle descendre avec force et soutiens le haut des cuisses. Émets le jin du fond du ventre, les deux poings se disputent. Les cinq doigts agrippent le sol, le haut du corps se courbe comme un arc.\n歌訣（二） — Chant deux 舉動輕靈神內斂。莫教斷續一氣研。 左宜右有虛實處。意上寓下後天還。\nBouge légèrement et agilement, l\u0026rsquo;esprit rassemblé au-dedans. Ne laisse point d\u0026rsquo;interruption ; travaille en un seul souffle. Quand la gauche agit, la droite a aussi son rôle : vide et plein ont leur place. Quand l\u0026rsquo;intention monte et renferme la descente, la nature acquise revient.\n歌訣（三） — Chant trois 拿住丹田鍊內功。哼哈二氣妙無窮。 動分靜合屈伸就。緩應急隨理貫通。\nMaintenir le dantian pour fondre le travail interne. Dans les deux souffles « heng » et « ha », les subtilités sont infinies. Le mouvement divise, le repos unit ; plier et étendre s\u0026rsquo;accomplissent. Répondre lentement au lent, suivre le rapide : le principe se fait jour.\n歌訣（四） — Chant quatre 忽隱忽現進則長。一羽不加至道藏。 手慢手快皆非似。四兩撥千運化良。\nTantôt caché, tantôt visible ; plus on avance, plus il s\u0026rsquo;allonge. Quand une plume ne peut s\u0026rsquo;ajouter, la Voie suprême s\u0026rsquo;y tient cachée. Main lente ou main rapide, ni l\u0026rsquo;une ni l\u0026rsquo;autre n\u0026rsquo;y ressemble. Quand quatre onces écartent mille livres, la neutralisation est excellente.\n歌訣（五） — Chant cinq 掤捋擠按四方正。採挒肘靠斜角成。 乾坤震兌乃八卦。進退顧盼定五行。\nPeng, lü, ji, an sont les quatre directions droites. Cai, lie, zhou, kao forment les quatre angles obliques. Qian, kun, [kan, li,] et [xun,] zhen, dui, [gen] font les huit trigrammes. Avancer, reculer, regarder, veiller, tenir font les cinq éléments.\n歌訣（六）　（卽十三勢歌） — Chant six (le Chant des treize postures) 十三總勢莫輕視。命意源頭在腰隙。 變轉虛實須留意。氣遍身軀不少滯。 靜中觸動動猶靜。因敵變化示神奇。 勢勢揆心須用意。得來不覺費工夫。 刻刻留心在腰間。腹內鬆淨氣騰然。 尾閭中正神貫頂。滿身輕利頂頭懸。 仔細留心向推求。屈伸開合聽自由。 入門引路須口授。工夫無息法自修。 若言體用何為準。意氣君來骨肉臣。 想推用意終何在。益壽延年不老春。 歌兮歌兮百卌字。字字眞切義無遺。 若不向此推求去。枉費工夫貽歎息。\nNe méprise aucune des treize postures, leur commandement naît du pli de la taille. À ton attention, le changement du vide au plein : le souffle traverse tout le corps, sans jamais s\u0026rsquo;engorger. Au repos, le mouvement s\u0026rsquo;éveille, et en mouvement semble encore reposer ; la merveille est de changer en s\u0026rsquo;accordant à l\u0026rsquo;ennemi. Dans chaque posture, estime le cœur et use de l\u0026rsquo;intention : l\u0026rsquo;obtenir ne demande pas d\u0026rsquo;effort. À chaque instant, reste attentif à la taille ; le ventre relâché et net, le souffle s\u0026rsquo;élève. Le coccyx bien droit, l\u0026rsquo;esprit traverse le sommet du crâne ; tout le corps léger et vif, la tête suspendue. Examine avec soin et cherche : plier, étendre, ouvrir, fermer, écoute ce qui est libre. Pour entrer par la porte, il faut une instruction orale ; pour ne pas interrompre le travail, la méthode se cultive soi-même. Corps et usage, qui fait la règle ? L\u0026rsquo;intention et le souffle sont le souverain, les os et la chair les sujets. Si tu penses à l\u0026rsquo;usage de l\u0026rsquo;intention, où est son but ? Prolonger la vie, vieillir sans hiver ni printemps. Chante, chante ces cent quarante caractères, chacun est vrai, le sens n\u0026rsquo;y manque. Si tu ne cherches pas là, tu perds ta peine et ne récoltes que des soupirs.\n歌訣（七） — Chant sept 極柔卽剛極虛靈。運若抽絲處處明。 開展緊凑乃縝密。待機而動如貓行。\nD\u0026rsquo;une extrême souplesse naît la dureté, d\u0026rsquo;une extrême vacuité la vivacité. Le mouvement, comme le fil de soie tiré, est clair en chaque point. Ouvrir puis resserrer donne la finesse. Attendre l\u0026rsquo;occasion, puis se mouvoir, et marcher comme un chat.\nTaiji quan zhen yi (太極拳眞義) — Le Sens véritable du taiji quan 無形無象。忘其有己 全身透空。內外為一 忘物自然。隨心所欲 西山懸磬。海闊天空 虎吼猿鳴。煆煉陰精 泉清水靜。心死神活 翻江鬧海。元氣流動 盡性立命。神定氣足\nSans forme ni apparence : oublie que tu es là. Tout le corps transpercé de vide : dedans et dehors ne font qu\u0026rsquo;un. Oublie les choses et sois naturel : suis la volonté du cœur. Suspends la cloche au flanc occidental : le ciel est vaste et haut. Le tigre rugit, l\u0026rsquo;orang-outan crie : fondre l\u0026rsquo;essence yin. La source claire, l\u0026rsquo;eau tranquille : le cœur semble mort, l\u0026rsquo;esprit est vivant. Renverse le fleuve, agite la mer : l\u0026rsquo;énergie primordiale circule. Accomplir la nature, établir la destinée : l\u0026rsquo;esprit ferme, le souffle complet.\nBa zi ge (八字歌) — Le Chant des huit techniques 掤捋擠按世界稀。十個藝人十不知。 若能輕靈並堅硬。黏隨沾連俱無疑。 採挒肘靠更出奇。行之不用費心思。 果得沾連黏隨字（果能輕靈並堅硬）。得其環中不支離。\nPeng, lü, ji, an sont rares en ce monde : sur dix experts, dix les ignorent. Mais si l\u0026rsquo;on est à la fois léger et ferme, adhérer, suivre, coller, lier sont sans mystère. Cai, lie, zhou, kao sont plus extraordinaires encore ; les exécuter ne demande pas de peiner l\u0026rsquo;esprit. Si vraiment l\u0026rsquo;on obtient adhérer, suivre, coller, lier (avant tout être léger et ferme), l\u0026rsquo;on gagne le centre du cercle et ne se disloque jamais.\nXin hui lun (心會論) — Le Traité de la compréhension mentale 腰脊為第一之主宰。喉頭為第二之主宰。心地為第三之主宰。 丹田為第一之賓輔。指掌為第二之賓輔。足掌為第三之賓輔。\nLa taille et la colonne sont le premier souverain ; la gorge, le second ; le plexus, le troisième. Le dantian est le premier assistant ; les doigts et les paumes, le second ; les plantes des pieds, le troisième.\nZhou shen da yong lun (週身大用論) — Le Traité de l\u0026rsquo;usage complet du corps 一要心性與意靜。自然無處不輕靈。二要遍體氣流行。一定繼續不能停。三要喉頭永不拋。問盡天下衆英豪。如詢大功因何得。表裏精粗無不到。\nPremière exigence : l\u0026rsquo;esprit et l\u0026rsquo;intention tranquilles — naturellement, en chaque point, on est léger et agile. Deuxième exigence : le souffle parcourt tout le corps, en une continuité qui ne s\u0026rsquo;arrête point. Troisième exigence : ne jamais abandonner la gorge — on tient tête aux héros du monde. Si l\u0026rsquo;on demande comment parvient-on à cette grande réussite : intérieur et extérieur, subtil et grossier, nul point n\u0026rsquo;échappe.\nShi liu guan yao lun (十六關要論) — Le Traité des seize points essentiels 旋之於足。行之於腿。蹤之於膝。活潑於腰。靈通於背。神貫於頂。流行於氣。運之於掌。通之於指。斂之於髓。達之於神。凝之於耳。息之於鼻。呼吸於肺。往來於口。渾噩於身。全體發之於毛。\nLa rotation repose sur les pieds. Le déplacement, sur les jambes. L\u0026rsquo;élasticité, sur les genoux. La vivacité, sur la taille. La souplesse, sur le dos. L\u0026rsquo;esprit traverse le sommet du crâne. La circulation, sur le souffle. Le maniement repose sur les paumes. La communication, sur les doigts. La concentration, dans la moelle. L\u0026rsquo;essor, sur l\u0026rsquo;esprit. La fixation, sur les oreilles. La respiration passe par le nez. La respiration travaille dans les poumons. L\u0026rsquo;aller et le retour se font à la bouche. La simplicité repose sur le corps. L\u0026rsquo;émission du corps entier atteint jusqu\u0026rsquo;aux poils.\nGong yong ge (功用歌) — Le Chant de la fonction 輕靈活潑求懂勁。陰陽相濟無滯病。 若得四兩撥千斤。開合鼓盪主宰定。\nLéger, agile, vif : chercher à comprendre le jin. Yin et yang s\u0026rsquo;entraident : point de maladie de l\u0026rsquo;engorgement. Si l\u0026rsquo;on obtient « quatre onces écartent mille livres », ouvrir, fermer, agiter : le maître est fixé.\nYong gong wu zhi (用功五誌) — Cinq enseignements pour le travail 博學。足多功夫 審問。非口問是聽勁 愼思。時時想念 明擺。生生不已 篤行。如天行健\nÉtudier abondamment : la connaissance acquise conduit à une grande habileté. S\u0026rsquo;interroger minutieusement : il ne s\u0026rsquo;agit pas d\u0026rsquo;interroger de vive voix, mais d\u0026rsquo;écouter le jin. Méditer avec soin : penser sans cesse. Discerner clairement : le vivant ne cesse de renaître. Pratiquer avec fermeté : comme la nature qui agit avec vigueur.\nWu zi jue (五字訣) — Le Dictionnaire des cinq caractères 一曰心靜。心不靜則不專一。一舉手。前後左右。全無定向。起初舉動。未能由己。要悉心體認。隨人所動。隨屈就伸。不丢不頂。勿自伸縮。彼有力。我亦有力。我力在先。彼無力。我亦有力。我意仍在先。要刻刻留心。挨何處。心要用在何處。須向不丢不頂中討消息。從此做去。一年半載。便能施於身。此全是用意。不是用勁。久之則人為我制。我不為人制矣。\n二曰身靈。身滯則進退不能自如。故要身靈。舉手不可有呆像。彼之力方礙我皮毛。我之意已入彼骨裏。兩手支撑。一氣貫穿。左重則左虛。而右已去。右重則右虛。而左已去。氣如車輪。週身俱要相隨。有不相隨處。身便散亂。便不得力。其病於腰腿求之。先以心使身。從人不從己。後身能從心。由己仍從人。由己則滯。從人則活。能從人。手上便有分寸。秤彼勁之大小。分厘不錯。權彼來之長短。毫髮無差。前進後退。處處恰合。工彌久而技彌精。\n三曰氣斂。氣勢散漫。便無含蓄。身易散亂。務使氣斂入骨。呼吸通靈。周身罔間。吸為蓄。呼為發。蓋吸則自然提得起。亦拏得人起。呼則自然沉得下。亦放得人出。此是以意運氣。非以力運氣也。\n四曰勁整。一身之勁。練成一家。分清虛實。發勁要有根源。勁起於脚根。主宰於腰。形於手指。發於脊背。又要提起全副精神。於彼勁將出未發之際。我勁已接入彼勁。恰好不後不先。如皮燃火。如泉湧出。前進後退。無絲毫散亂。曲中求直。蓄而後發。方能隨手奏效。此謂借力打人。四兩撥千斤也。\n五曰神聚。上四者俱備。總歸神聚。神聚則一氣鼓鑄。練氣歸神。氣勢騰挪。精神貫注。開合有數。虛實清楚。左虛則右實。右虛則左實。虛非全然無力。氣勢要有騰挪。實非全然占煞。精神要貴貫注。力從人借。氣由脊發。胡能氣由脊發。氣向下沉。由兩肩收入脊骨。注於腰間。此氣之由上而下也。謂之合。由腰形於脊骨。布於兩膊。施於手指。此氣之由下而上也。謂之開。合便是收。開便是放。能懂得開合。便知陰陽。到此地位。工用一日。技精一日。漸至從心所欲。罔不如意矣。\nPremièrement, le cœur tranquille. Si le cœur n\u0026rsquo;est pas tranquille, il n\u0026rsquo;est point concentré. Dès qu\u0026rsquo;on lève la main, devant, derrière, à gauche, à droite — tout est sans direction. Au début du mouvement, on n\u0026rsquo;est pas encore maître de soi : il faut s\u0026rsquo;appliquer de tout son cœur à percevoir, se mouvoir selon l\u0026rsquo;autre, plier puis s\u0026rsquo;étendre ; ni lâcher ni heurter ; ne pas se contracter de son propre chef. Il a de la force, j\u0026rsquo;ai de la force aussi — ma force vient en premier. Il n\u0026rsquo;a pas de force, j\u0026rsquo;ai encore de la force — mon intention vient toujours en premier. Il faut être attentif à chaque instant : là où il touche, là doit se porter le cœur. Il faut chercher les indices dans ce ni-lâcher-ni-heurt. En s\u0026rsquo;y exerçant ainsi, au bout d\u0026rsquo;un an ou deux, on le met en œuvre dans le corps. Tout ceci est usage de l\u0026rsquo;intention, non du jin. Avec le temps, l\u0026rsquo;autre est sous mon contrôle, et je ne suis plus sous le sien.\nDeuxièmement, le corps souple. Si le corps est engourdi, l\u0026rsquo;avance et la retraite ne vont pas d\u0026rsquo;elles-mêmes : il faut donc rendre le corps souple. Lever la main ne doit jamais avoir l\u0026rsquo;air figé. Tandis que sa force touche à peine ma peau, mon intention est déjà entrée dans ses os. Les deux mains soutiennent, traversées d\u0026rsquo;un seul souffle. Si la gauche est lourde, la gauche se vide et la droite est déjà partie ; si la droite est lourde, la droite se vide et la gauche est déjà partie. Le souffle est comme une roue : tout le corps doit la suivre. Là où il ne suit pas, le corps se disperse et perd sa force ; la faute s\u0026rsquo;en cherche dans la taille et les jambes. D\u0026rsquo;abord, par le cœur, on meut le corps : suivre l\u0026rsquo;autre et non soi-même. Ensuite, le corps peut suivre le cœur : prendre par soi est encore suivre l\u0026rsquo;autre. Se fier à soi, c\u0026rsquo;est s\u0026rsquo;engorger ; suivre l\u0026rsquo;autre, c\u0026rsquo;est être vivant. Si l\u0026rsquo;on sait suivre l\u0026rsquo;autre, la main a sa juste mesure : on pèse la grandeur de son jin sans la moindre erreur, on mesure la longueur de son arrivée sans le moindre écart. Avancer, reculer : tout tombe juste. Plus le travail dure, plus l\u0026rsquo;habileté s\u0026rsquo;affine.\nTroisièmement, le souffle recueilli. Si le maniement du souffle se disperse, il n\u0026rsquo;y a plus de retenue et le corps se désagrège aisément. Il faut faire recueillir le souffle dans les os ; la respiration devient communicative et le corps, sans interstice. L\u0026rsquo;inspiration est amas, l\u0026rsquo;expiration est émission. Par l\u0026rsquo;inspiration, on soulève naturellement, et l\u0026rsquo;on peut aussi soulever l\u0026rsquo;autre ; par l\u0026rsquo;expiration, on descend naturellement, et l\u0026rsquo;on peut aussi projeter l\u0026rsquo;autre. C\u0026rsquo;est mouvoir le souffle par l\u0026rsquo;intention, non par la force.\nQuatrièmement, le jin entier. Tout le jin du corps se fond en une seule famille ; distinguer nettement vide et plein. L\u0026rsquo;émission doit avoir une racine : le jin naît des talons, le maître est la taille, il se forme dans les doigts et jaillit du dos. Il faut aussi soulever toute son énergie : à l\u0026rsquo;instant où son jin va sortir sans encore sortir, mon jin s\u0026rsquo;est déjà joint au sien, ni en retard ni en avance — comme la peau qui s\u0026rsquo;enflamme, comme la source qui jaillit. Avancer, reculer : pas la moindre dispersion. Dans la courbe chercher la droite, amasser puis émettre — alors la main fait merveille. C\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on nomme : frapper en empruntant la force du partenaire, « quatre onces déplacent mille livres ».\nCinquièmement, l\u0026rsquo;esprit rassemblé. Quand les quatre précédentes sont réunies, tout revient à l\u0026rsquo;esprit rassemblé. L\u0026rsquo;esprit rassemblé, le souffle se fond et se forge, et le jin se pratique en revenant à l\u0026rsquo;esprit. Le mouvement du souffle est vif, l\u0026rsquo;esprit entier. L\u0026rsquo;ouverture et la fermeture ont leur compte ; vide et plein sont clairs. Si la gauche est vide, la droite est pleine ; si la droite est vide, la gauche est pleine. Le vide n\u0026rsquo;est pas un dénuement complet : le souffle doit y bondir. Le plein n\u0026rsquo;est pas une occupation totale : l\u0026rsquo;esprit doit s\u0026rsquo;y concentrer. La force s\u0026rsquo;emprunte à l\u0026rsquo;autre ; le souffle jaillit de la colonne. Comment le souffle jaillit-il de la colonne ? Il descend, et des deux épaules se recueille dans la colonne, se concentre à la taille : ce souffle allant du haut vers le bas s\u0026rsquo;appelle fermer. Puis, de la taille, il se forme dans la colonne, se répand dans les deux bras, s\u0026rsquo;exerce aux doigts : ce souffle allant du bas vers le haut s\u0026rsquo;appelle ouvrir. Fermer, c\u0026rsquo;est recueillir ; ouvrir, c\u0026rsquo;est relâcher. Qui comprend l\u0026rsquo;ouverture et la fermeture connaît le yin et le yang. Parvenu à ce point, un jour de travail, un jour d\u0026rsquo;habileté ; peu à peu, l\u0026rsquo;on atteint ce que le cœur désire, et rien ne résiste.\nSa fang mi jue (撒放密訣) — Le Secret du relâchement 一曰擎。擎開彼身借彼力。 二曰引。引到身前勁始蓄。 三曰鬆。鬆開我勁勿使屈。 四曰放。放時腰脚認端的。\nUn : soulever — je soulève son corps et emprunte sa force. Deux : attirer — une fois attiré devant moi, mon jin commence à s\u0026rsquo;amasser. Trois : relâcher — je détends mon jin sans le laisser s\u0026rsquo;effondrer. Quatre : projeter — au moment de projeter, la taille et les pieds en sont le véritable point d\u0026rsquo;appui.\nTaiji quan jiben yaodian (太極拳基本要點) — Les points essentiels fondamentaux （一）虛領頂勁。（二）眼神注視。（三）含胸拔背。（四）沉肩垂肘。（五）坐腕伸指。（六）身體中正。（七）尾閭收住。（八）鬆腰鬆胯。（九）膝部如鬆非鬆。（十）足掌貼地。（十一）分清虛實。（十二）上下相隨。週身一致。（一動無有不動。一靜無有不靜。）（十三）內外相合。呼吸自然。（當呼者呼。當吸者吸。）（十四）用意不用力。（十五）氣遍週身。分行上下。（貼於脊背。沉於丹田。）（十六）意氣相連。（十七）式式勢順。不拗不背。週身舒適。（十八）式式均匀。（不快不慢）綿綿不斷。（外式如此。意與內勁亦然。）（十九）姿勢無過或不及。當求其中正。（二十）用法含而不露。（二一）動中求靜。（心靜無思無慮。）靜中求動。（內氣運用。）（二二）輕則靈。靈則動。動則變。\nPresser doucement le sommet du crâne. 2. Le regard fixe et attentif. 3. Rentrer la poitrine et redresser le dos. 4. Baisser les épaules et laisser pendre les coudes. Poser les poignets et étendre les doigts. 6. Le corps droit et centré. 7. Le coccyx rentré. 8. Détendre la taille et les hanches. 9. Les genoux, relâchés sans l\u0026rsquo;être. Les plantes des pieds adhèrent au sol. 11. Distinguer clairement vide et plein. Le haut et le bas se suivent, le corps entier est un (qu\u0026rsquo;une partie bouge, tout bouge ; qu\u0026rsquo;une partie s\u0026rsquo;arrête, tout s\u0026rsquo;arrête). 13. Dedans et dehors s\u0026rsquo;accordent, la respiration naturelle (quand il faut expirer, expirer ; quand il faut inspirer, inspirer). 14. User de l\u0026rsquo;intention, non de la force. 15. Le souffle parcourt tout le corps et se répartit en haut et en bas (il adhère au dos, descend au dantian). L\u0026rsquo;intention et le souffle sont liés. 17. Chaque posture est fluide, ni contrainte ni à contresens, le corps entier à l\u0026rsquo;aise. 18. Chaque posture est égale (ni rapide ni lente), d\u0026rsquo;un fil ininterrompu (il en va de même à l\u0026rsquo;extérieur comme pour l\u0026rsquo;intention et le jin interne). 19. Les postures n\u0026rsquo;excèdent ni ne manquent ; chercher le juste milieu. 20. L\u0026rsquo;application demeure voilée, sans se dévoiler. 21. Dans le mouvement, chercher le repos (cœur tranquille, sans pensée ni souci) ; dans le repos, chercher le mouvement (l\u0026rsquo;usage du souffle interne). 22. La légèreté donne la sensibilité, la sensibilité donne le mouvement, le mouvement donne l\u0026rsquo;adaptation. Taiji quan biao jie (太極拳表解) — Le tableau de la théorie du taiji quan Le tableau ci-dessous condense les grands textes — principalement le Traité, le Classique, la Compréhension de la pratique, le Chant des mains et le Chant des treize postures — en deux parties : la théorie (yuan li, 原理) et la fonction (ying yong, 應用).\n原理 (yuan li) — Théorie 主旨 (zhu zhi) — Principes directeurs 以心行氣 以心行氣 意到氣亦到 務令沉著，久則內勁增長，但非格外運氣。\n« Conduire le souffle par le cœur. » — « Le souffle arrive là où va l\u0026rsquo;intention. » « Il faut le faire descendre et se déposer » ; avec le temps, le jin interne augmente, mais sans jamais forcer la circulation du souffle.\n以氣運身 以氣運身 氣動身亦動 氣要順遂，則身能便利從心。\n« Mouvoir le corps par le souffle. » — « Le corps bouge quand le souffle bouge. » « Il faut que le souffle soit fluide, alors le corps obéit aisément au cœur. »\n以心行氣，以氣運身，自能從心所欲，毫無阻滯。俟後天之力化盡，先天之內勁自然增長，由習慣而成自然，則一切意想力，自能支配生理作用。故曰，「勢勢存心揆用意，得來全不費工夫。」又云，「默識揣摩，漸至從心所欲。」\nPar le cœur conduire le souffle, par le souffle mouvoir le corps : naturellement l\u0026rsquo;on obtient ce que le cœur désire, sans la moindre obstruction. Attendre que les forces acquises se soient épuisées, et le jin interne inné s\u0026rsquo;accroît naturellement, jusqu\u0026rsquo;à ce que l\u0026rsquo;habitude devienne nature : alors toutes les forces de l\u0026rsquo;imagination gouvernent les effets physiologiques. C\u0026rsquo;est pourquoi il est dit : « Dans chaque posture, estime le cœur et use de l\u0026rsquo;intention, l\u0026rsquo;obtenir ne demande pas d\u0026rsquo;effort. » Et aussi : « En méditant et en étudiant, on parvient peu à peu à ce que le cœur désire. »\n心神宜內斂 心神宜內斂\n« L\u0026rsquo;esprit doit se recueillir au-dedans. » Que l\u0026rsquo;on travaille la forme isolée ou le pousser des mains, l\u0026rsquo;esprit doit être concentré et jamais dispersé ; sinon le souffle se disperse et l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;en tire aucun profit. Le point-clé du taiji quan tient tout entier dans ce mot, le repos : « au-dedans, consolider l\u0026rsquo;esprit ; au-dehors, montrer l\u0026rsquo;aisance. »\n行氣宜鼓盪 行氣宜鼓盪\n« Le souffle convient d\u0026rsquo;être soulevé et agité. » Ceci implique de ne pas peser durement sur le dantian : que le souffle s\u0026rsquo;y dépose ou adhère au dos, il doit toujours avancer doucement.\n氣以直養而無害 氣以直養而無害\n« Nourrir le souffle avec droiture, sans l\u0026rsquo;altérer. » C\u0026rsquo;est nourrir le souffle inné : nourrir le souffle, c\u0026rsquo;est suivre le naturel, d\u0026rsquo;où une réserve sans limites. Ce n\u0026rsquo;est point manier le souffle acquis, car ce maniement entraîne de grands abus, et cette réserve, elle, est limitée.\n週身宜輕靈 週身宜輕靈\n« Tout le corps doit être léger et agile. » — Léger : tous les mouvements doivent être commandés par la seule intention ; si l\u0026rsquo;on lève la main, un frémissement suffit pour être un lever ; si l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;y ajoute pas une nouvelle intention, on ne poursuit pas — voilà la vraie légèreté. — Agile : si la main s\u0026rsquo;élève d\u0026rsquo;un point bas sans jamais songer « lever », gardant la subtilité de changer selon l\u0026rsquo;intention — voilà la vraie agilité.\n初學練架子宜慢，方能時時皆有意識導動作以俱進；且慢則呼吸深長，氣沉丹田，方不致有氣脈僨張之弊。\nAu début, il faut pratiquer la forme lentement, afin que la conscience guide chaque mouvement et que l\u0026rsquo;on progresse ; lenteur aussi veut dire respiration profonde et longue, souffle qui descend au dantian — point d\u0026rsquo;échauffement du pouls ni du souffle.\n心為令 — 氣為旗 — 腰為纛 心為令 氣為旗 腰為纛\n« Le cœur donne l\u0026rsquo;ordre » — comme le général fait parvenir ses ordres. « Le souffle est la bannière » — comme l\u0026rsquo;étendard qui porte ces ordres ; il est aussi comme une roue. « La taille est l\u0026rsquo;étendard » — comme le grand étendard, droit, sans pencher ; elle est aussi comme un essieu.\n腰為一身樞紐，腰動則先天之氣如車輪旋轉，氣徧全身，而不少滯；蓋無處不隨腰運動圓轉。\nLa taille est le pivot du corps entier : quand elle se meut, le souffle inné tourne comme une roue, parcourt tout le corps sans s\u0026rsquo;arrêter nulle part. Rien qui ne suive le mouvement circulaire de la taille.\n心為主帥，身為驅使；精神能提得起，自然舉動輕靈。如手足開時，心意與之俱開，合時心意與之俱合；內外一起，渾然無間，則其動猶靜也。（卽能到虛靜境界）\nLe cœur est le général en chef, le corps son exécutant. Si l\u0026rsquo;esprit peut être soulevé, naturellement les mouvements deviennent légers et agiles. Quand les mains et les pieds s\u0026rsquo;ouvrent, l\u0026rsquo;intention s\u0026rsquo;ouvre avec eux ; quand ils se ferment, l\u0026rsquo;intention se ferme avec eux. Dedans et dehors ensemble, sans la moindre faille, alors le mouvement, c\u0026rsquo;est encore le repos (on atteint l\u0026rsquo;état de vide et de calme).\n動作之與呼吸 動作之與呼吸\nLe mouvement et la respiration. Dans le mouvement, quand il faut expirer, expirer ; quand il faut inspirer, inspirer. En expirant, le souffle inné descend ; en inspirant, il monte. C\u0026rsquo;est pourquoi il est dit : « Savoir respirer, puis savoir être agile. »\n眼神注視 眼神注視\nLe regard fixe et attentif. Là où va l\u0026rsquo;intention, le regard s\u0026rsquo;y répand ; autrement l\u0026rsquo;intention pense à l\u0026rsquo;est et regarde à l\u0026rsquo;ouest — à quoi bon ? C\u0026rsquo;est pourquoi il est dit : « Qu\u0026rsquo;on l\u0026rsquo;élève, il est plus haut ; qu\u0026rsquo;on l\u0026rsquo;abaisse, il est plus profond. »\n姿勢 (zi shi) — Posture 總 (zong) — Vue générale 根於脚　發於腿　主宰於腰　形於手指\n« La racine repose sur les pieds ; elle se déploie dans les jambes, commande depuis la taille et se forme dans les doigts. » Du pied à la jambe, à la taille, puis à la main, le haut et le bas doivent se suivre et ne former qu\u0026rsquo;un seul souffle : c\u0026rsquo;est « mouvoir le jin comme on tire un fil de soie, marcher comme un chat ». L\u0026rsquo;avance et la retraite saisissent naturellement l\u0026rsquo;occasion et la position, mais en usant de l\u0026rsquo;intention, non de la force.\n由脚而腿而腰而手，宜上下相隨，完整一氣；其貫串一氣處，所謂「運勁如抽絲，邁步如貓行。」進退自然得機得勢。但用意不用力。始終緜緜不斷，週而復始，循環無窮，如長江大河，滔滔不絕，故太極拳亦稱長拳，若有一處不貫串則斷，斷則當舊力已盡，新力未生之際，最易為人所乘；故曰，「無使有凹凸處，無使有斷續處。」有一不動，則必至散亂；如手動而腰腿不動，則手愈有力，身愈散亂，蓋虛實變化，皆由腰轉動；故曰，「命意源頭在腰際。」初學者宜先求開展，使腰腿皆動，無微不至，然皆是意；所謂「內外相合，上下相連。」又謂，「一動無有不動，一靜無有不靜。」如是，則於肢體任何部份，皆無偏重之虞。\nDu pied à la jambe, à la taille, puis à la main, il faut que haut et bas se suivent et forment un seul souffle ; là où le fil est continu, c\u0026rsquo;est « mouvoir le jin comme du fil de soie, marcher comme un chat ». L\u0026rsquo;avance et la retraite saisissent naturellement l\u0026rsquo;occasion et la position, mais par l\u0026rsquo;intention, non par la force. Du début à la fin, c\u0026rsquo;est un fil continu, un cycle sans fin, comme le long fleuve qui roule et ne s\u0026rsquo;interrompt pas — c\u0026rsquo;est pourquoi le taiji quan s\u0026rsquo;appelle aussi le long poing (長拳). Si un point n\u0026rsquo;est pas enfilé, il y a rupture ; et à cette rupture, quand la force ancienne s\u0026rsquo;épuise et que la nouvelle n\u0026rsquo;est pas encore née, l\u0026rsquo;autre a beau jeu : « ne laissez ni bosses ni creux, ni rupture. » Qu\u0026rsquo;une partie ne bouge pas, et tout se disperse : si la main bouge mais que la taille et les jambes ne bougent pas, plus la main fait d\u0026rsquo;effort, plus le corps se disperse. Les changements de vide et de plein viennent tous de la rotation de la taille : « le commandement naît du pli de la taille. » Le débutant doit chercher d\u0026rsquo;abord l\u0026rsquo;ouverture, faire que taille et jambes se meuvent au moindre geste, mais toujours par l\u0026rsquo;intention : « dedans et dehors s\u0026rsquo;accordent, haut et bas se joignent », « qu\u0026rsquo;une partie bouge, tout bouge ; qu\u0026rsquo;une partie s\u0026rsquo;arrête, tout s\u0026rsquo;arrête ». Ainsi, aucune partie du corps n\u0026rsquo;est jamais surchargée.\n別 (bie) — Points particuliers 手法 (shou fa) — Méthodes des mains\nDistinguer vide et plein : 出手能分陰陽虛實，則收發均可奏效，人旣不易制己，而己反易使人落空；故曰，「人不知我，我獨知人。」又曰，「陰陽相濟，方為懂勁。」\nSi, en sortant la main, l\u0026rsquo;on distingue yin et yang, vide et plein, l\u0026rsquo;on réussit tant à recueillir qu\u0026rsquo;à émettre. L\u0026rsquo;autre n\u0026rsquo;a pas aisément prise sur moi, et moi j\u0026rsquo;ai aisément le moyen de le faire tomber dans le vide : « L\u0026rsquo;autre ne me connaît pas, moi seul je le connais. » Et : « Yin et yang s\u0026rsquo;entraident, alors on comprend le jin. »\nContenir un pli : 卽往復所變之虛實，外看雖似未動，其中已有摺疊。\nDans l\u0026rsquo;aller-retour des changements de vide et de plein, bien qu\u0026rsquo;au-dehors la forme semble immobile, au-dedans il y a déjà un pli.\nGarder la rondeur : 手隨腰腿旋轉，須式式含有圓形，不離太極原則。\nLa main accompagne la rotation de la taille et des jambes ; chaque posture doit contenir la rondeur et ne point quitter le principe du taiji.\n步法 (bu fa) — Méthodes des pas\nDistinguer vide et plein : 虛步　以能隨意起落為度 實步　卽腿彎曲而不伸直\nUn pas vide : on peut le lever et le poser à volonté. Un pas plein : la jambe est pliée et non tendue.\n如全身皆坐在右腿，則右腿為實，左腿為虛，坐左亦然，如是方能轉換輕靈，毫不費力否則邁步重滯，自立不穩，又須作川字步，卽當兩足前後立時，足尖俱宜向前。\nSi tout le corps s\u0026rsquo;assoit sur la jambe droite, la droite est pleine, la gauche vide ; et de même pour la gauche. C\u0026rsquo;est ainsi qu\u0026rsquo;on change avec légèreté et sans effort ; autrement le pas est lourd et embarrassé, et l\u0026rsquo;assiette instable. Il faut aussi le pas en « trois traits » (川) : quand les deux pieds se placent l\u0026rsquo;un devant l\u0026rsquo;autre, les pointes doivent regarder en avant.\nSavoir alterner : 進退必須變換步法，故雖退仍是進。\nL\u0026rsquo;avance et la retraite exigent de changer de pas : même en reculant, il y a encore avance.\n軀幹 (qu gan) — Le tronc\nContenir la poitrine : 胸略內涵，使氣沉丹田，否則氣擁胸際，上重下輕，脚跟易浮。\nLa poitrine légèrement rentrée fait descendre le souffle au dantian ; sinon le souffle s\u0026rsquo;amasse à la poitrine, le haut est lourd, le bas léger, et les talons se soulèvent facilement.\nRedresser le dos : 使氣貼於背，有蓄機待勢之功。\nCela fait adhérer le souffle au dos, où il s\u0026rsquo;amasse en attendant son heure.\nPoser les poignets : 使內勁穩沉，不致浮飄。\nLe jin interne devient stable et pesant, sans flotter.\nÉtendre les doigts : 使內勁發出舒暢，不致滯留。\nLe jin interne s\u0026rsquo;émet sans encombre, sans rester attaché.\n中樞 (zhong shu) — Le pivot central\nPresser le sommet du crâne : 頭容正直，神貫於頂，謂之頂勁；須有虛靈自然之意，不可用力。一名「頭頂懸，」謂頭頂如懸空中，同時宜閉口，舌抵上腭，忌咬牙努目。\nLe port de tête est droit, l\u0026rsquo;esprit traverse le sommet : c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;« énergie au sommet ». Il faut une intention de vide, de vivacité et de naturel, sans effort. Autre nom : « la tête suspendue », comme si elle pendait en l\u0026rsquo;air ; en même temps, la bouche fermée, la langue touche le palais, sans grincer les dents ni ouvrir de grands yeux.\nLe coccyx centré : 尾閭宜中正，否則脊柱先受影響，精神亦難於上達。\nLe coccyx doit être droit ; sinon la colonne en pâtit d\u0026rsquo;abord, et l\u0026rsquo;esprit monte difficilement.\n立身 (li shen) — Se tenir\n中正 安舒 圓滿 穩如泰山\nDroit — dû à la justesse de la posture centrale. À l\u0026rsquo;aise — dû au complet relâchement du corps. Complet — dû à un esprit plein et à un jin interne abondant. Stable comme le mont Tai.\n鬆淨 (song jing) — Relâchement complet 兩臂鬆 — Détendre les deux bras\nAffaisser les épaules : 使兩肩鬆開下垂，以為沉氣之助；否則兩肩端起，氣亦隨上，全身皆不得力。\nFaire que les épaules se détachent et tombent, aidant le souffle à descendre. Sinon elles se haussent, le souffle monte avec elles, et le corps entier perd sa force.\nLaisser pendre les coudes : 使兩肘有往下鬆垂之意；否則肩不能沉，近於外家之斷勁。手指亦宜舒展，握拳須鬆，庶符全身悉任自然之旨。又手掌表示前推時，手心微有突意，為引伸內勁之助，但勿用力。\nDonner aux coudes l\u0026rsquo;intention de tomber relâchés ; sinon les épaules ne peuvent s\u0026rsquo;affaisser, et l\u0026rsquo;on approche du jin rompu des écoles externes. Les doigts doivent aussi être dépliés, et le poing, fermé mollement, pour que le corps entier obéisse au naturel. Quand la paume exprime une poussée en avant, elle a une légère intention de saillie, qui aide à étendre le jin interne — mais sans effort.\n腰鬆 — Détendre la taille\n腰鬆則氣自合沉，能使兩足有力，下盤穩固；上下肢之虛實變化有不得力處，全恃腰部轉動下宜，以資補救；且感覺靈敏，轉動便利。蹲身時，注意垂臀，忌外突。\nQuand la taille se détend, le souffle s\u0026rsquo;amasse et descend d\u0026rsquo;autant : les deux pieds prennent de la force, et l\u0026rsquo;assiette devient solide. Quand le changement de vide et de plein des membres ne donne point sa force, tout repose sur la rotation convenable de la taille pour y remédier ; de plus, la sensibilité s\u0026rsquo;y fait fine et la rotation aisée. Quand on s\u0026rsquo;accroupit, veiller à laisser tomber les fesses, sans les pousser dehors.\n胯鬆 — Détendre les hanches\n補鬆腰之不足，有時腰雖鬆淨，轉動仍覺不甚合宜；則非同時復鬆胯，以資補救不可。\nC\u0026rsquo;est remédier à l\u0026rsquo;insuffisance de la détente de la taille. Parfois, la taille est bien relâchée et pourtant la rotation ne paraît pas juste : il faut alors détendre aussi les hanches pour y remédier.\n全身鬆 — Détendre tout le corps\n全身鬆開，方能沉著，因是不致有分毫拙勁留滯以自縛束，自能輕靈變化，圓轉自如。\nQuand tout le corps est relâché, on peut alors être pesant ; il ne reste plus la moindre force maladroite pour s\u0026rsquo;emprisonner soi-même : on devient léger, agile, changeant, et la rondeur va d\u0026rsquo;elle-même.\n週身無處不鬆淨，卽在用意而不用力，意之所至，氣卽至焉；氣之所至，身卽動焉；如是則氣血流注全身，毫無停滯；所謂「意氣須換得靈，乃有圓活之趣。」且欲沉著，必須鬆淨；故曰，「沉重不浮，靜如山岳；周流不息，動若山河。」\nQu\u0026rsquo;aucun point du corps ne soit pas complètement relâché : c\u0026rsquo;est user de l\u0026rsquo;intention et non de la force. Là où va l\u0026rsquo;intention, le souffle y arrive ; là où arrive le souffle, le corps s\u0026rsquo;y meut. Ainsi, le souffle et le sang se répandent dans tout le corps, sans stagnation. C\u0026rsquo;est ce que dit : « L\u0026rsquo;intention et le souffle doivent alterner avec souplesse, alors vient la rondeur et la vie. » Pour être pesant, il faut être complètement relâché : « lourd et sans flotter, calme comme une montagne ; coulant sans repos, mobile comme un fleuve. »\n應用 (ying yong) — Application 化勁 (hua jin) — Neutraliser 太極拳全尚外柔內堅之勁，具伸縮性，如鐵似綿，有時堅如鐵，有時柔似綿；其柔虛堅實之分，全視來勢而定；彼實則我虛，彼虛則我實，實者忽虛，虛者忽實，反復無端；彼不知我，我能知彼，使人莫測高深，自然散亂，則吾發勁，無不勝者。欲探其妙，須明瞭化勁之法。曰「黏，」曰「走；」走以化敵，黏以制敵，二者交相為用焉。\nLe taiji quan prise un jin souple au-dehors et dur au-dedans, extensible et rétractile, comme fer et comme soie : parfois dur comme fer, parfois souple comme soie. La distinction entre la souplesse qui est vide et la dureté qui est pleine tient à la venue de l\u0026rsquo;attaque : s\u0026rsquo;il est plein, je suis vide ; s\u0026rsquo;il est vide, je suis plein ; le plein devient soudain vide, le vide devient soudain plein — la réversibilité ne s\u0026rsquo;épuise pas. Il ne me connaît pas, je le connais : on ne saurait sonder ma profondeur, il se disperse de lui-même, et alors mon jin qui jaillit est toujours victorieux. Pour en saisir la merveille, il faut comprendre la neutralisation : c\u0026rsquo;est coller (黏) et céder (走) ; céder neutralise l\u0026rsquo;adversaire, coller le maîtrise, et les deux s\u0026rsquo;emploient l\u0026rsquo;un pour l\u0026rsquo;autre.\n黏勁 — L\u0026rsquo;énergie de coller 卽「不丢。」不丢者，不離之謂。交手時，須黏住彼勁，卽在沾黏連隨處應付之；不但兩手，須全身各處均能黏住彼勁，我之緩急，但隨彼之緩急而為緩急，自然黏連不斷，感覺彼勁，而收我順人背之效；所謂「動急則急應，動緩則緩隨」也。惟必須兩臂鬆淨，不使有絲毫拙力，方能巧合相隨；否則一遇彼勁，便無復活之望，且有力則喜自作主張，難以處處捨己從人，初學者戒性急，久之用勁自有似鬆非鬆，將展未展之意，便能隨意應付，百無一失。\nC\u0026rsquo;est « ne pas lâcher » : ne pas se séparer. Au contact, il faut coller à son jin, s\u0026rsquo;en remettant à coller, adhérer, lier, suivre. Ce ne sont pas seulement les deux mains : tout le corps doit pouvoir coller à son jin. Ma lenteur et ma vitesse dépendent des siennes : naturellement la liaison ne se rompt pas, on perçoit son jin et l\u0026rsquo;on obtient l\u0026rsquo;avantage de ma fluidité et de sa gêne : « rapide, réponse rapide ; lent, suivi lent. » Il faut absolument que les deux bras soient entièrement relâchés, sans la moindre force maladroite, pour pouvoir s\u0026rsquo;accorder et suivre ; autrement, à la rencontre de son jin, point d\u0026rsquo;espoir de revivre. Qui a de la force aime décider par soi et ne peut guère s\u0026rsquo;oublier pour suivre l\u0026rsquo;autre. Au début, gardez le cœur de l\u0026rsquo;impatience : avec le temps, le jin prend naturellement ce sens du « relâché sans l\u0026rsquo;être, près de s\u0026rsquo;étendre sans s\u0026rsquo;étendre », et l\u0026rsquo;on répond à volonté sans jamais se tromper.\n走勁 — L\u0026rsquo;énergie de céder 卽「不頂。」不頂者，不抵抗之謂。與彼黏手時，不論左右手，一覺有重意，與彼黏處卽變為虛，鬆一處而偏沉之；稍覺雙重，卽速偏沉。蓋彼之動作必有一方向，吾但隨其方向而去，不稍抵抗，使彼處處落空，毫不得力；所謂「左重則左虛，右重則右杳」也。初學者非大勁不走，是尚有抵抗之意；若相持不下，則力大者勝。故曰，「偏沉則隨，雙重則滯。」技之精者，感覺異常靈敏，稍觸卽知，有「一羽不能加，一蠅不能落」之妙。練不頂法，首在用腰，腰有不足時，方可濟之以胯，或以步。\nC\u0026rsquo;est « ne pas heurter » : ne pas résister. Quand on colle aux mains, que ce soit la gauche ou la droite, dès qu\u0026rsquo;on perçoit une intention de poids, l\u0026rsquo;endroit qui colle se change en vide : on détend cet endroit et on le laisse tomber. Dès qu\u0026rsquo;on sent un double poids, on fait promptement basculer d\u0026rsquo;un côté. L\u0026rsquo;action de l\u0026rsquo;autre a une direction ; je la suis sans la moindre résistance, et je le fais tomber dans le vide en tous points, sans qu\u0026rsquo;il trouve de force : « si la gauche est lourde, la gauche se vide ; si la droite est lourde, la droite s\u0026rsquo;évanouit. » Le débutant ne cède qu\u0026rsquo;à forte force : il lui reste une intention de résistance ; dans le corps-à-corps, c\u0026rsquo;est le plus fort qui gagne. C\u0026rsquo;est pourquoi : « basculer d\u0026rsquo;un côté, c\u0026rsquo;est suivre ; peser des deux, c\u0026rsquo;est s\u0026rsquo;engorger. » Chez l\u0026rsquo;expert, la sensibilité est extraordinaire : à peine touche-t-il qu\u0026rsquo;il sait — la merveille « une plume ne peut s\u0026rsquo;ajouter, une mouche ne peut se poser ». Pratiquer le non-heurt repose d\u0026rsquo;abord sur la taille ; si la taille est insuffisante, on y aide par les hanches, ou bien par le pas.\n「黏勁」與「走勁」合而用之，則曰「化勁。」走主退，黏主進，進退相濟不離，方為「入門。」進言之，由黏而聽，由聽而懂，由懂而走，由走而化；蓋用走勁能使彼重心傾斜不穩，用黏勁能使彼不能由不穩復歸於穩。因不丢不頂，彼之重心穩定與否，皆由我主之；彼之弱點，我皆能知之，總須以靜待動，隨彼之動而動；所謂「彼不動，己不動，彼微動，己先動。」是也。若用純剛之勁，則逆而不順；不順，則無由走。不走，則無由化。\nQuand le coller et le céder s\u0026rsquo;emploient ensemble, c\u0026rsquo;est la neutralisation (化勁). Le céder est en retraite, le coller en avance ; que l\u0026rsquo;avance et la retraite s\u0026rsquo;entraident sans se séparer, et l\u0026rsquo;on a franchi la porte. Qu\u0026rsquo;on avance encore : du coller vient l\u0026rsquo;écoute, de l\u0026rsquo;écoute la compréhension, de la compréhension le céder, du céder la neutralisation. Par le céder, je fais pencher son centre de gravité et le rends instable ; par le coller, je l\u0026rsquo;empêche de revenir de l\u0026rsquo;instabilité à la stabilité. De ce ni-lâcher-ni-heurt, la stabilité de son centre dépend de moi ; ses points faibles, je les connais tous. Il faut toujours attendre son mouvement par le repos, puis me mouvoir selon son mouvement : « il ne bouge pas, je ne bouge pas ; il bouge à peine, j\u0026rsquo;ai déjà bougé. » Si l\u0026rsquo;on use d\u0026rsquo;un jin tout dur, il est contraire et non fluide ; sans fluidité, point de céder ; sans céder, point de neutralisation.\n發勁 (fa jin) — Émettre 引勁 — Attirer 由化勁用逆來順受之法，引入彀中，然後從而制之；彼屈則我伸，彼伸則我屈，虛實應付，毫厘不爽，忽隱忽現，變化不測。以勁之動作俱作圓形，一圜之中卽含有無數走黏；隨機應變。純恃感覺。其要則不外一「順」字。我順彼背，則彼雖有千斤之力，亦無所用，故有「四兩撥千斤」之句。能引，遂後能拿，能發。故有「引進落空合卽出」之句。\nContinuant la neutralisation, on emploie la méthode de recevoir avec fluidité ce qui vient avec rudesse : l\u0026rsquo;attirer dans la gueule du piège, puis le tenir. S\u0026rsquo;il plie, je m\u0026rsquo;étends ; s\u0026rsquo;il s\u0026rsquo;étend, je plie ; vide et plein se répondent sans la moindre erreur. Tantôt caché, tantôt visible, le changement est imprévisible. Le mouvement du jin est toujours circulaire ; en un seul cercle tiennent d\u0026rsquo;innombrables cédés et collés. On répond selon l\u0026rsquo;instant, au seul toucher ; sa clé n\u0026rsquo;est autre qu\u0026rsquo;un mot : fluidité (順). Je suis fluide, il est gêné : à quoi lui sert sa force de mille livres ? D\u0026rsquo;où « quatre onces écartent mille livres ». Si l\u0026rsquo;on sait attirer, l\u0026rsquo;on sait ensuite tenir, puis émettre. D\u0026rsquo;où : « L\u0026rsquo;attirer pour qu\u0026rsquo;il tombe dans le vide, me refermer et je le relâche. »\n拿勁 — Tenir 引後能拿，則人身無主裁，氣難行走。拿人須拿活節，如腕、肘、肩、等處；拿之樞紐，全在腰腿；拿之主使，全在意氣；欲能發人，必先知拿人，不能拿，卽不能發，故拿較發為重要。\nUne fois attiré, on peut tenir : le corps de l\u0026rsquo;autre n\u0026rsquo;a plus de maître, et son souffle circule malaisément. Pour tenir, il faut prendre les articulations vives, telles que le poignet, le coude, l\u0026rsquo;épaule. Le pivot du tenir est dans la taille et les jambes ; son moteur, dans l\u0026rsquo;intention et le souffle. Pour projeter l\u0026rsquo;autre, il faut d\u0026rsquo;abord savoir le tenir ; sans tenir, point de projection ; le tenir est donc plus important que l\u0026rsquo;émettre.\n能引，能拿，遂後能發；發之不佳，多由引之不合，或拿之不準；故引拿與發甚有莫大關係。而發之機勢、方向、時間，亦頗重要；若機勢確當，方向不誤，時間適合，則發人猶如彈丸脫手，無往不利。其法：掤、捋、擠、按、採、挒、肘、靠等，式式能發人；其用：掌、拳、肘、合腕、肩、腰、胯、膝、脚，處處能擊人；其勁：開、合、提、沉、長、截、捲、鑽、冷、斷、寸、分、各勁咸能攻人；總之，隨屈就伸，逆來順應；乘人之勢，借人之力，變化無窮；其理則一，得一，則萬事畢。\nAttirer, tenir, puis émettre : si l\u0026rsquo;émission est mauvaise, c\u0026rsquo;est le plus souvent que l\u0026rsquo;attraction manque d\u0026rsquo;accord ou que la prise manque de justesse ; attraction, prise et émission sont donc très liées. L\u0026rsquo;occasion, la direction et le temps de l\u0026rsquo;émission sont aussi fort importants : si l\u0026rsquo;occasion est juste, la direction sans erreur, le moment propice, alors projeter l\u0026rsquo;autre est comme une balle qui s\u0026rsquo;échappe de la main, au mieux. Ses méthodes : peng, lü, ji, an, cai, lie, zhou, kao — chaque posture peut projeter. Ses agents : paume, poing, coude, poignet, épaule, taille, hanche, genou, pied — chaque endroit peut frapper. Ses jin : ouvrir, fermer, lever, descendre, étendre, trancher, enrouler, percer, froid, rompre, pouce, décime — chaque jin peut attaquer. En somme, plier puis s\u0026rsquo;étendre, recevoir avec fluidité ce qui vient avec rudesse, tirer parti de son élan, emprunter sa force : les changements sont infinis. Le principe est un : qui l\u0026rsquo;obtient, accomplit toutes choses.\nNotes Chen Yanlin (陳炎林) : maître de taiji quan de l\u0026rsquo;école Yang, auteur du recueil Taiji quan dao jian gan san shou he bian (太極拳刀劍桿散手合編), publié en juin 1943, dont provient cette annexe. Jin (勁) : la force interne conduite par l\u0026rsquo;intention, distinguée de la force brutale (li, 力). Les huit techniques peng, lü, ji, an, cai, lie, zhou, kao (掤捋擠按採挒肘靠) correspondent aux huit trigrammes, et les cinq directions avancer, reculer, regarder à gauche, veiller à droite, tenir le centre aux cinq éléments — ensemble, elles forment les treize postures (十三勢). Wuji (無極) / taiji (太極) : le « sans faîte » d\u0026rsquo;où naît le « faîte suprême », d\u0026rsquo;où viennent le yin et le yang. Dantian (丹田) : le « champ de cinabre », le centre énergétique du bas-ventre. Quatre onces écartent mille livres (四兩撥千斤) : le principe de levier et de cession qui permet au faible de vaincre le fort. Source : annexe « 太極拳表解 » (Ébauche de la théorie du taiji quan) du recueil de Chen Yanlin, Taiji quan dao jian gan san shou he bian, 1943. Texte chinois classique du domaine public, publié en traduction anglaise par Paul Brennan sur brennantranslation.wordpress.com. Les illustrations ci-dessus sont des reproductions des pages originales du texte chinois de l\u0026rsquo;annexe. Traduction française réalisée directement à partir du texte chinois pour ce site.\n","permalink":"https://classiques-martiaux-chinois.pages.dev/posts/taiji-quan-biao-jie-chen-yanlin/","summary":"\u003cp\u003eL\u0026rsquo;annexe que nous traduisons ici provient du recueil de \u003cstrong\u003eChen Yanlin\u003c/strong\u003e (陳炎林),\n\u003cem\u003eTaiji quan dao jian gan san shou he bian\u003c/em\u003e (太極拳刀劍桿散手合編, 1943). Elle\nrassemble, en un véritable « sommaire de la théorie du taiji quan », un ensemble\nde textes fondamentaux du corpus classique : le \u003cem\u003eTraité du taiji quan\u003c/em\u003e (太極拳論),\nle \u003cem\u003eClassique du taiji quan\u003c/em\u003e (太極拳經), la \u003cem\u003eCompréhension de la pratique des\ntreize postures\u003c/em\u003e (十三勢行功心解), le \u003cem\u003eChant des mains\u003c/em\u003e (打手歌), les \u003cstrong\u003eSept\nchants\u003c/strong\u003e d\u0026rsquo;un manuscrit de l\u0026rsquo;époque Qianlong, le \u003cem\u003eSens véritable du taiji quan\u003c/em\u003e\n(太極拳眞義), le \u003cem\u003eChant des huit techniques\u003c/em\u003e (八字歌), le \u003cem\u003eTraité sur la\ncompréhension mentale\u003c/em\u003e (心會論), le \u003cem\u003eTraité sur l\u0026rsquo;usage complet du corps\u003c/em\u003e\n(週身大用論), le \u003cem\u003eTraité des seize points essentiels\u003c/em\u003e (十六關要論), le \u003cem\u003eChant\nde la fonction\u003c/em\u003e (功用歌), les \u003cem\u003eCinq enseignements\u003c/em\u003e (用功五誌), le \u003cem\u003eDictionnaire\ndes cinq caractères\u003c/em\u003e (五字訣), le \u003cem\u003eSecret du relâchement\u003c/em\u003e (撒放密訣), les \u003cem\u003ePoints\nessentiels fondamentaux\u003c/em\u003e (太極拳基本要點), et enfin le tableau lui-même, la\n\u003cem\u003eTaiji quan biao jie\u003c/em\u003e (太極拳表解).\u003c/p\u003e\n\u003cp\u003eLe \u003cem\u003eTaiji quan lun\u003c/em\u003e ayant déjà fait l\u0026rsquo;objet d\u0026rsquo;un article séparé sur ce site, nous\nne reproduisons ici que les autres pièces de l\u0026rsquo;annexe. Les textes classiques de\nla théorie du taiji quan sont dans le domaine public ; le tableau \u003cem\u003eTaiji quan\nbiao jie\u003c/em\u003e qui les condense reproduit ces mêmes passages sous forme de tableau,\net les reproductions ci-dessous sont des scans du texte chinois original.\u003c/p\u003e","title":"L'Ébauche de la théorie du taiji quan"},{"content":"Le Xingyi quan shu (形意拳術, « L\u0026rsquo;Art du xingyi quan ») est l\u0026rsquo;œuvre de Li Jianqiu (李劍秋), maître de Shulu (束鹿, au Hebei) qui enseigna longtemps à l\u0026rsquo;université Tsinghua. Composé en 1919 (huitième année de la République), ce manuel est un classique de la boxe de la forme et de l\u0026rsquo;intention (xingyi quan, 形意拳). L\u0026rsquo;auteur y retrace la transmission de l\u0026rsquo;art depuis le moine Damo et Yue Fei, puis expose la théorie des « cinq éléments » (wu xing quan, 五行拳) et du « poing continu » (lianhuan quan, 連環拳), et reproduit en annexe les dix traités essentiels attribués à Yue Fei.\nLe texte chinois, publié il y a plus d\u0026rsquo;un siècle, est dans le domaine public. La présente traduction française a été réalisée directement à partir de l\u0026rsquo;original chinois.\nDéclaration liminaire à la publication 發刊形意拳初步宣言\nDéclaration liminaire à la publication de ce manuel d\u0026rsquo;initiation au xingyi quan.\n人生最可惜最痛苦的莫過于身體柔弱精神萎靡，而最幸福的莫過于身體健全，而健全身體之法，有動靜二種，或專從事于筋肉之發達，或專為精神上之修養，如靜坐法，可謂靜功之一種，而各種器械體操及中國之棍劍石鎖雙石杠子等運動則均屬動的，然二者均有流弊，常有因靜坐妄思，而得精神病，因運動過度，而至減少聰明者，皆因不明體育原理之故也。\nDans une vie humaine, il n\u0026rsquo;est rien de plus déplorable ni de plus douloureux qu\u0026rsquo;un corps chétif et un esprit abattu, ni rien de plus heureux qu\u0026rsquo;un corps sain et entier. Les méthodes pour fortifier le corps relèvent de deux sortes : le mouvement et le calme. Les unes visent au développement des muscles, les autres à la culture de l\u0026rsquo;esprit. La méditation assise peut se ranger parmi les exercices du calme ; mais la gymnastique aux engins, ainsi que les exercices chinois au bâton, à l\u0026rsquo;épée, à la massue de pierre, aux haltères doubles et à la barre, appartiennent toutes au mouvement. Ces deux voies ont pourtant leurs abus : il arrive souvent que, pour des pensées vaines durant la méditation assise, on tombe dans la maladie mentale, ou que, pour avoir dépassé la mesure dans les exercices de mouvement, on perde de son intelligence — toutes choses qui tiennent à l\u0026rsquo;ignorance des principes de la culture physique.\n近時代東西各文明國，均注重體育，已視為一種科學，體育家研究結果，均為精神與肉體應同時鍛煉，所為平均發育，身心合一修養人格等主張是也，新創制柔軟體操，即諸此理，但其體育之理論固是，而其術尚未盡善，頑軀孱弱多病，友人勸習拳，不久而漸覺轉健，如是恍然以中國之拳術，精神體魄，同時鍛煉，實合于體育原理，聚以好勇武者，多推魯不文，不能研究奥理，以道后學，而文人又不肯學習，愁焉憂之，乃于民國五年，與體育同學吳志青，創立武術會，號召四方同志，晨夕研究，聲譽日隆，又經全國教育會議决，請教部將吾國固有武術，實行加入學校正科，并立國技專修學校，廣造武士，初則在北四川路，宜樂里，租屋數楹，來學者亦甚寥落，今則購地自建新屋，會員數千人，日習不懈，平日又派教師至男女各中小學校實施傳授，即纏足年老女者，習之稍久亦無困難，由此可知武術施于學校之有利無弊，而身體之健康，尤有特殊之效益也，設會之始，同人早知形意拳優點，南方無人提倡，深為惜之，特函托奉天拳家陳子正先生，物色教師二位慨然允許介紹劉歧祥陳金閣，當時又在商務印書館俱樂部，發起國技研究會，一時加入晨習者數十人，五年以來幸無流弊，而綿薄之力，終不能使之發展，甚自愧也，今與會內外同志立願，以強一身者強吾同胞，強同胞者強吾國家，古入雲：穹則獨善其身，達則甫善天下，予謂人生如欲保守率真天性，淡泊態度，當不取功名利祿，掌生殺之權，擅作威福，以自悦者，則必學崇尚俠德之風，普度衆生，方不虛度一世，吾將以此册風行宇內，而以武術同聲之求，束鹿李劍秋先生，世傳妙術，常應清華學校之请任教授，对形意拳術頗有心得，特聯合宣言，原與好武之士共勉。\nDe nos jours, les nations civilisées de l\u0026rsquo;Est et de l\u0026rsquo;Ouest accordent toutes leur attention à la culture physique et la tiennent désormais pour une science. Les spécialistes ont conclu que l\u0026rsquo;esprit et le corps doivent être exercés en même temps, afin de se développer également : c\u0026rsquo;est ce que proposent le développement harmonieux, l\u0026rsquo;union du corps et de l\u0026rsquo;esprit et la culture de la personnalité. La gymnastique d\u0026rsquo;assouplissement nouvellement créée obéit à ce principe ; mais si sa théorie pédagogique est juste, en tant qu\u0026rsquo;art elle n\u0026rsquo;est pas encore parvenue à la perfection. Mon propre corps était faible, chétif et souvent malade ; un ami m\u0026rsquo;engagea à pratiquer la boxe et, au bout de peu de temps, je sentis ma santé se raffermir peu à peu. Je compris alors que la boxe chinoise, en exerçant l\u0026rsquo;esprit et le corps simultanément, se conformait aux principes de la culture physique. En rassemblant des passionnés de la vaillance, je trouvai que beaucoup étaient grossiers et illettrés, incapables d\u0026rsquo;en étudier les secrets et d\u0026rsquo;instruire la postérité ; et les lettrés, de leur côté, refusaient d\u0026rsquo;apprendre. Attristé et soucieux, je fondai en 1916, avec mon condisciple d\u0026rsquo;éducation physique Wu Zhiqing, une Société d\u0026rsquo;arts martiaux, appelant les camarades de tous horizons à y chercher l\u0026rsquo;étude matin et soir. Sa réputation grandit de jour en jour ; le congrès national d\u0026rsquo;éducation vota alors de demander au ministère d\u0026rsquo;intégrer les arts martiaux indigènes aux matières régulières des écoles, et d\u0026rsquo;établir une école spéciale des techniques nationales afin de former de nombreux guerriers. Au début, nous louâmes quelques maisons rue North Sichuan, dans le quartier Yile, et les élèves étaient fort clairsemés ; aujourd\u0026rsquo;hui nous avons acheté un terrain et bâti un local, les membres se comptent par milliers et s\u0026rsquo;exercent chaque jour sans relâche. Nous envoyons d\u0026rsquo;ordinaire des professeurs enseigner dans les écoles primaires et secondaires, garçons et filles, et même les femmes âgées aux pieds bandés peuvent s\u0026rsquo;y exercer quelque temps sans difficulté. On voit par là que l\u0026rsquo;application des arts martiaux à l\u0026rsquo;école n\u0026rsquo;a que des avantages, et qu\u0026rsquo;elle est particulièrement bénéfique à la santé. À la fondation de la Société, nous connaissions déjà les mérites du xingyi quan, et nous déplorions que personne ne le promût dans le Sud. Nous écrivîmes donc au maître boxeur Chen Zizheng de Fengtian pour trouver deux instructeurs ; il consentit volontiers et nous recommanda Liu Qixiang et Chen Jinge. En ce temps-là, nous fondâmes aussi, au club de la Compagnie Commerciale d\u0026rsquo;Imprimerie, une Association de recherche des techniques nationales ; une trentaine de personnes nous rejoignirent bientôt pour l\u0026rsquo;exercice matinal. Voilà cinq ans que tout va bien, sans abus ; mais mes modestes efforts n\u0026rsquo;ont pu la faire prospérer, et j\u0026rsquo;en ai grande honte. Aujourd\u0026rsquo;hui, avec les camarades du dedans et du dehors, je formule ce vœu : « Ce qui fortifie un seul corps fortifie mes compatriotes ; ce qui fortifie mes compatriotes fortifie mon pays. » Un ancien disait : « Dans la détresse, on ne songe qu\u0026rsquo;à soi ; dans la réussite, on s\u0026rsquo;étend à tout l\u0026rsquo;empire. » Pour moi, si l\u0026rsquo;on veut préserver son innocence native et une disposition détachée, on ne doit convoiter ni gloire ni profit, ni détenir le pouvoir de vie et de mort, ni abuser de l\u0026rsquo;autorité pour son plaisir ; il faut au contraire embrasser la vertu du chevalier, secourir tous les êtres, afin de ne pas vivre en vain. Je veux que ce volume se répande dans le monde ; et à la demande de ceux qui cherchent la même voix de l\u0026rsquo;art martial, M. Li Jianqiu de Shulu, qui transmet un art merveilleux, souvent appelé à enseigner à l\u0026rsquo;école Tsinghua et fort versé dans le xingyi quan, jointe ici sa déclaration pour encourager les amis de la vaillance.\n上海國術研究會：李劍秋　黃方剛　吳志青　黃警顧　代表全體會員聯合宣言\n— Fait au nom de tous les membres de la Société de recherche des techniques nationales de Shanghai : Li Jianqiu, Huang Fanggang, Wu Zhiqing et Huang Jinggu.\nPremière préface 形意拳術敍一\nPremière préface au Xingyi quan shu.\n我國拳術傳之最古，自重文輕武之習俗成，而士夫置之不講，致習者多推魯無文之人，不能有所發揮，遂使固有國粹，日久湮沒，良可痛惜，近數十年，經學校之提倡，喚起國人研究之心，始則隨意練習，繼而采入正科，南北兩派分道并馳，各就所師，以相授受，間有著書立説者，法門務求其廣，形式務求其繁，未能從基本下手，欲學者之獲益，難矣，夫失肢體之動作，苟不與精神并運，則流于器械作用，貌合神離，以之飾觀瞻則可，以言實用則未也，今之拳術，求所謂肢體動作與精神并運者，其莫如形意拳乎，相傳此法創自岳武穆，流傳于大河南北，其法在以意使形，聚氣于小腹，一動一作，形與意無不聯絡，且練習時又無騰躍跌打之姿勢，但求實用，不尚觀瞻，學者不感困難，然及其習至深奧，則非其他各種拳術所可及且得以却病延年，通乎妙道，實合內功外功而一之，宜乎風行于各學校也，束鹿李君劍秋精此術，教授于清華學校既有年，就經驗所得編成此册，黃生方剛請序于余，余門外漢也，未便重違其請，受述數語以遺之。\nLes arts de la boxe de notre pays furent transmis dès la plus haute antiquité. Mais depuis que s\u0026rsquo;est établie la coutume d\u0026rsquo;honorer les lettres et de mépriser les armes, les lettrés ont cessé de s\u0026rsquo;en entretenir, si bien que les pratiquants sont souvent des gens grossiers et illettrés, incapables de la mettre en valeur : ainsi ce trésor national, avec le temps, s\u0026rsquo;est-il enfoncé dans l\u0026rsquo;oubli, ce qui est bien à regretter. Ces dernières décennies, la diffusion dans les écoles a éveillé la volonté de recherche de nos compatriotes : d\u0026rsquo;abord on s\u0026rsquo;exerce à son gré, puis on adopte ces arts comme discipline régulière. Les écoles du Nord et du Sud avancent chacune de leur côté, chaque maître transmettant à ses élèves ; certains publient des ouvrages, cherchant à élargir les méthodes et à multiplier les formes, sans jamais partir des bases — aussi est-il difficile, pour qui veut en profiter. Or, les mouvements des membres, si l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;y joint l\u0026rsquo;esprit, dégénèrent en un jeu mécanique où la forme et l\u0026rsquo;esprit se séparent : cela orne la vue, mais ne sert guère en pratique. Parmi les boxe d\u0026rsquo;aujourd\u0026rsquo;hui, celle qui recherche le mouvement des membres uni à l\u0026rsquo;esprit, nulle ne l\u0026rsquo;égale mieux que le xingyi quan. La tradition veut que cette méthode ait été créée par Yue Wumu (Yue Fei) et se soit répandue au nord et au sud du Fleuve Jaune. Elle consiste à conduire la forme par l\u0026rsquo;intention, à amasser le souffle dans le bas-ventre : à chaque mouvement, la forme et l\u0026rsquo;intention sont toujours liées. À l\u0026rsquo;exercice, on n\u0026rsquo;y trouve ni sauts ni chutes : on n\u0026rsquo;y vise que l\u0026rsquo;utile, sans rechercher le spectacle, et l\u0026rsquo;élève n\u0026rsquo;y éprouve pas de difficulté. Mais quand on l\u0026rsquo;a poussé jusqu\u0026rsquo;à l\u0026rsquo;essence profonde, aucun autre art ne peut l\u0026rsquo;égaler : on obtient d\u0026rsquo;écarter la maladie et de prolonger la vie, on pénètre la voie merveilleuse, et l\u0026rsquo;on unit vraiment le travail interne et le travail externe en une seule discipline. Il est juste qu\u0026rsquo;elle fleurisse dans toutes les écoles. M. Li Jianqiu de Shulu, expert en cet art, l\u0026rsquo;enseigne depuis des années à l\u0026rsquo;école Tsinghua ; fort de son expérience, il a composé ce recueil. Le jeune Huang Fanggang m\u0026rsquo;a demandé une préface ; je ne suis qu\u0026rsquo;un profane, mais je ne pouvais refuser, aussi lui ai-je laissé quelques mots.\n民國八年十一月蔣維喬敍于京師之宜園。\n— Préface de Jiang Weiqiao, écrite en novembre 1919 dans le parc agréable de la capitale (Beijing).\nDeuxième préface 形意拳術敍二\nDeuxième préface au Xingyi quan shu.\n人民體質強弱，關乎國家之盛衰，西人以體育為三大要素之一，國人莫不講求，是以舉國體育，無不強者，我國奧古以來，崇尚文風，不事武備，武術一道，久弃弗用，以致人民體質日羸，思之良好浩嘆，王君俊臣，張君遠齋，李君劍秋，均為形意中之巨擘，怵國粹之沉淪，憫體育之不振，屢思提倡形意拳術者久矣，今李君將以數十年經驗所得之奧秘，更悉心研究，集句成書，欲使武術發展，普及全國，庶養成人民勇武之體魄，革除文弱之頹風，得與列強相頡頏，苦心孤詣，欽佩實深，敝人等則身戎行，每于白刃相交，柔弱者輒為強健者所刺傷，即曠日持久，使壯人率能忍勞耐苦，終獲勝利，斯實體質強弱利害之明證，今劍秋君具此苦心，拯救柔弱，功德誠無涯量，書成，囑序于余，余按章披覽，覺語語入微言言中肯，觀畢，竟有按劍起舞之概，洵近世體育書中杰作也，爰濡筆而為之序焉。\nLa force ou la faiblesse de la constitution du peuple décide de la prospérité ou du déclin de la nation. Les Occidentaux comptent l\u0026rsquo;éducation physique au nombre des trois grands facteurs ; tous leurs compatriotes la pratiquent, si bien que la nation entière est entraînée et que tous sont vigoureux. Depuis les temps très anciens, notre pays honore les lettres et délaisse les armes ; la voie du combat, longtemps abandonnée, a laissé la constitution du peuple s\u0026rsquo;affaiblir de jour en jour, et j\u0026rsquo;en soupire amèrement. MM. Wang Junchen, Zhang Yuanzhai et Li Jianqiu sont tous des maîtres éminents du xingyi ; redoutant l\u0026rsquo;engloutissement de notre culture nationale et déplorant la langueur de notre éducation physique, ils songent depuis longtemps à promouvoir le xingyi quan. Aujourd\u0026rsquo;hui M. Li, fort des mystères acquis en plusieurs dizaines d\u0026rsquo;années d\u0026rsquo;expérience et d\u0026rsquo;une étude attentive, en a rassemblé l\u0026rsquo;essentiel dans un livre, désirant faire prospérer l\u0026rsquo;art martial et le répandre dans tout le pays, afin de former un peuple vaillant, de balayer la coutume défaite des lettrés et de tenir tête aux grandes puissances. Son ardeur et sa persévérance nous remplissent d\u0026rsquo;admiration. Nous autres, qui servions dans l\u0026rsquo;armée, nous croisions souvent le fer : les faibles étaient volontiers blessés par les forts ; mais à force d\u0026rsquo;endurance, les robustes finissent par vaincre en supportant peines et fatigues — voilà la preuve éclatante de ce que la force ou la faiblesse du corps peut faire. M. Jianqiu, qui s\u0026rsquo;impose cette tâche pour secourir les faibles, aura un mérite infini. Le livre achevé, il m\u0026rsquo;a prié d\u0026rsquo;en écrire la préface ; j\u0026rsquo;en ai parcouru les chapitres, et j\u0026rsquo;ai trouvé ses mots pénétrants et ses maximes justes. En achevant la lecture, j\u0026rsquo;eus envie de saisir mon épée et de danser : c\u0026rsquo;est à coup sûr un chef-d\u0026rsquo;œuvre des ouvrages d\u0026rsquo;éducation physique de ce temps. Aussi, humectant mon pinceau, ai-je écrit cette préface.\n時在巳未孟冬保楊李海泉同序　安平張雪岩。\n— Préface conjointe de Li Haiquan de Baoyang et de Zhang Xueyan d\u0026rsquo;Anping, au début de l\u0026rsquo;hiver de l\u0026rsquo;année jiwei (1919).\nPréface de l\u0026rsquo;auteur 自序\nPréface de l\u0026rsquo;auteur.\n形意拳術，傳自北魏達摩禪師，至宋岳武穆王得其傳，常以槍與拳合立一法，以教將佐，名曰形意，形意之名自此始，歷金元明數代，此術之傳不可考，至明末清初，蒲東諸馮人有姬公際可字隆風者，訪名師于終南山，得武穆王拳譜，以授曹繼武先生，曹以授姬壽先生，姬先生序武穆拳譜而行之于世，即今通行之形意拳譜也，同時洛陽有馬學離者，亦得其傳。咸豐年間祁縣戴龍邦與其弟陵邦俱習藝于馬公家，盡得其術，名震山右，同治末，深洲李洛能先生游晉，聞戴名訪之，好其術學之九年而技成，及東歸，設學授徒，從其游者頗衆，直隸之有形意拳術，自李先生始，先生既歿，繼其傳者，博陵劉奇蘭先生外，郭雲深，車永鴻，宋世榮，白西園等先生，皆得形意之要，劉奇蘭先生傳諸其子錦堂、殿琛、榮堂，三先生，及其弟子李存義，周明泰，張占魁，趙振標，耿繼善，諸先生。郭雲深先生傳諸劉勇奇，李魁元諸先生。李存義先生傳諸尚雲祥，郝恩光，諸先生，及其子彬堂先生，張占魁先生傳諸韓慕俠，王俊臣，劉錦卿，劉潮海，李存副諸先生，及其子遠齋先生，李魁元先生傳諸孫祿堂諸先生，余叔祖文豹，父雲山，皆從學于李存義周明泰二先生，余因得家傳，回念幼時多病，中外醫士俱無術為治，遂專習形意拳術，不特病愈，且增健焉，形意之為大用誠無疑也，屢思公諸大家，民國元年，劉殿琛，李存義，張占魁，韓慕俠，王俊臣諸先生先后發起武士會于天津，及倡尚武學社于北京，其后孫祿堂先生又有形意拳學之著，余猶以為此術之發達，僅偏于北部，而孫先生所著，流傳亦未為甚廣，因不揣谫陋，而勉為是書焉。\nLe xingyi quan nous vient du maître zen Damo (Bodhidharma), sous la dynastie des Wei du Nord. Sous les Song, le roi Yue Wumu (Yue Fei) en reçut la transmission, et fondit souvent la lance et la boxe en une seule méthode pour instruire ses officiers, la nommant xingyi (« forme et intention ») : c\u0026rsquo;est de là que date ce nom. La transmission pendant les dynasties Jin, Yuan et Ming est impossible à vérifier. À la fin des Ming et au début des Qing, un certain Ji Jike, surnommé Longfeng, du village de Zhuping dans le Hedong, visita un maître célèbre dans les monts Zhongnan, obtint le recueil de boxe du roi Wumu, et le transmit à M. Cao Jiwu, qui le transmit à M. Ji Shou. M. Ji arrangea le contenu du recueil de Wumu et le répandit dans le monde : c\u0026rsquo;est le manuel de xingyi en usage aujourd\u0026rsquo;hui. En même temps, un certain Ma Xueli de Luoyang en reçut aussi la transmission. Sous l\u0026rsquo;empereur Xianfeng, Dai Longbang du district de Qi, avec son jeune frère Lingbang, étudia l\u0026rsquo;art chez M. Ma ; ils en épuisèrent les secrets, et leur gloire ébranla le Shanxi. À la fin du règne de Tongzhi, M. Li Luoneng de Shenzhou voyagea dans le Shanxi ; ayant entendu la renommée des frères Dai, il alla les trouver, admira leur art, l\u0026rsquo;étudia neuf ans et devint expert. Rentré chez lui, à l\u0026rsquo;est, il fonda une école et accueillit des élèves, fort nombreux à venir de loin : le xingyi quan du Hebei commence avec M. Li. Après sa mort, ses successeurs furent, outre M. Liu Qilan de Boling, les maîtres Guo Yunshen, Che Yonghong, Song Shirong, Bai Xiyuan, etc., qui tous obtinrent l\u0026rsquo;essentiel du xingyi. M. Liu Qilan le transmit à ses trois fils, Jintang, Dianchen et Rongtang, ainsi qu\u0026rsquo;à ses disciples Li Cunyi, Zhou Mingtai, Zhang Zhankui, Zhao Zhenbiao et Geng Jishan. M. Guo Yunshen le transmit à Liu Yongqi et Li Kuiyuan. M. Li Cunyi le transmit à Shang Yunxiang, Hao Enguang et son fils Lintang. M. Zhang Zhankui le transmit à Han Muxia, Wang Junchen, Liu Jinqing, Liu Chaohai et Li Cunfu, ainsi qu\u0026rsquo;à son fils Yuanzhai. M. Li Kuiyuan le transmit à Sun Lutang. Mon grand-oncle paternel Wenbao et mon père Yunshan étudièrent tous deux auprès de Li Cunyi et de Zhou Mingtai ; j\u0026rsquo;ai donc reçu cet art en héritage familial. Repensant à ma jeunesse, j\u0026rsquo;étais souvent malade, et médecins chinois comme étrangers n\u0026rsquo;avaient aucun moyen de me guérir ; je me consacrai donc entièrement au xingyi quan : non seulement je guéris, mais je gagnai une santé robuste. Que le xingyi soit d\u0026rsquo;une grande utilité, voilà qui est certain. J\u0026rsquo;ai souvent songé à le partager avec tous. En 1912, MM. Liu Dianchen, Li Cunyi, Zhang Zhankui, Han Muxia et Wang Junchen fondèrent successively la Société des Guerriers à Tianjin et préconisèrent à Beijing le Cercle d\u0026rsquo;estime des armes. Plus tard, M. Sun Lutang écrivit Étude du xingyi quan (1915) ; il me semble toutefois que la propagation de cet art s\u0026rsquo;est surtout confinée au Nord, et que l\u0026rsquo;œuvre de M. Sun n\u0026rsquo;a pas encore beaucoup circulé. Aussi, nullement arrêté par mon peu de mérite, me suis-je efforcé de faire ce livre.\n民國八年十二月十九日束鹿李劍秋序\n— Préface de Li Jianqiu de Shulu, le 19 décembre 1919.\nRemarques préliminaires 形意拳術初步凡例\nRemarques préliminaires du manuel d\u0026rsquo;initiation au xingyi quan.\n一、形意拳術本有五行拳十二形拳及各種套拳，如連環拳，雜式捶，及對拳，如五行生克拳，安身炮，茲但述五行拳連環拳，良以五行拳為一切形意拳之根本，余皆自五行拳變化而出，昔郭雲深先生專習形意，善以崩拳擊人，彼意謂普通拳術之所以不如形意拳者，蓋華而鮮用耳，然按之創作時，豈不可用哉，而竟至不可用者，以始而簡捷，繼而增繁，終至失其本意耳，故惟恐形意拳術之繼趨漸華，而亦蹈此弊，不能使學者務其基本以自發其有，爰編之為此，其增以連環拳者，欲使學者于單習一種之暇，更作五種連合之操練，于此即可知拳術之為何變化耳，不列對拳者，以交手之時，既不可拘拘于一定之對法，且其對法亦不易筆述也，學者誠能于五行拳稍有根基之后，結伴互相操練手法，種種妙法可自得之，本不必籍乎書焉。\nLe xingyi quan comprend proprement la boxe des cinq éléments, la boxe des douze formes, et divers enchaînements, tels le poing continu (lianhuan quan, 連環拳) ou le poing des postures mêlées (za shi chui, 雜式捶), ainsi que des exercices à deux, comme la boxe de génération et de domination des cinq éléments (wu xing sheng ke quan, 五行生克拳) et le canon du corps posé (anshen pao, 安身炮). Ici, je n\u0026rsquo;expose que la boxe des cinq éléments et le poing continu, car la boxe des cinq éléments est la racine de tout le xingyi, et tout le reste en découle. Autrefois, M. Guo Yunshen, qui s\u0026rsquo;était spécialisé dans le xingyi, excellait à frapper l\u0026rsquo;adversaire de son poing beng (崩拳, « éboulis »). Il estimait que ce qui rend les boxe ordinaires inférieures au xingyi, c\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;elles sont fleuries et peu utiles. Mais à les considérer à leur création, n\u0026rsquo;étaient-elles pas utiles ? Si elles en sont venues à l\u0026rsquo;être, c\u0026rsquo;est que, simples et directes au départ, elles se sont alourdies ensuite, jusqu\u0026rsquo;à perdre leur sens originel. Craignant que le xingyi, à son tour, ne glisse vers le fleuri et ne tombe dans cet abus, et que l\u0026rsquo;élève ne puisse plus s\u0026rsquo;attacher au fondement pour développer ce qu\u0026rsquo;il porte en lui, je l\u0026rsquo;ai composé ainsi. J\u0026rsquo;ai ajouté le poing continu afin que, en dehors de l\u0026rsquo;étude d\u0026rsquo;une forme isolée, l\u0026rsquo;élève pratique la combinaison des cinq ; on comprend par là comment la boxe se transforme. Je n\u0026rsquo;ai pas inclus les exercices à deux, car au moment du combat on ne saurait se lier à une méthode fixe, et ces méthodes ne se laissent pas aisément écrire. Si l\u0026rsquo;élève, après avoir quelque fondement dans la boxe des cinq éléments, s\u0026rsquo;exerce en couple aux techniques de mains, toutes ces merveilles se découvriront d\u0026rsquo;elles-mêmes et il n\u0026rsquo;a nul besoin des livres. 二、五行拳中，各拳理一貫而勢不同，勢不同，易為也，理既一貫，則初學時專習一種，習一年或半年后，對于此一種已有心得，然后偏習他種，則不數日而他種之勢皆得，同時理勢相合，雖數日之功，而實不減于一年半年習一種之功，何也？初習一種至一年半年之久者，非其勢之難，實會其理之難也，一種之理會，即他種之理會，故于他種但習其勢，使前已會得之理與后所習之勢相合耳，其功故較易也，此經濟之道，學者誠能專習一種，依此而行，獲益必多，最好先習劈拳，因每拳起首必作劈拳式，不先習劈拳，即無以習他拳。\nDans la boxe des cinq éléments, le principe de chaque forme est le même, bien que les postures diffèrent. Les postures étant différentes, elles sont faciles à exécuter ; le principe étant un, on peut, au début, se consacrer à une seule forme : après un an ou six mois de pratique, on en a saisi l\u0026rsquo;essentiel, et l\u0026rsquo;on peut alors aborder les autres. En quelques jours, leurs postures sont acquises, et le principe rejoint la posture : si l\u0026rsquo;effort n\u0026rsquo;a duré que quelques jours, il n\u0026rsquo;en est pas moindre que celui d\u0026rsquo;un an ou de six mois passés sur une seule. Pourquoi cela ? Si l\u0026rsquo;on s\u0026rsquo;attache longtemps à une forme, ce n\u0026rsquo;est pas que la posture soit difficile, mais qu\u0026rsquo;il est malaisé d\u0026rsquo;en saisir le principe. Le principe d\u0026rsquo;une forme compris, celui des autres l\u0026rsquo;est aussi ; pour celles-ci, il suffit d\u0026rsquo;en pratiquer la posture et de laisser la théorie déjà acquise se joindre à la nouvelle forme — le travail en est d\u0026rsquo;autant plus aisé. Voilà la voie économe. Si l\u0026rsquo;élève se consacre sincèrement à une forme et suit cette méthode, il en tirera grand profit. Le mieux est de commencer par le poing pi (劈拳, « fendre »), car tout poing débute par la posture pi ; qui n\u0026rsquo;a d\u0026rsquo;abord pratiqué le pi n\u0026rsquo;a rien pour s\u0026rsquo;exercer aux autres. 三、本篇于正述之先，作數語為引言，總論及第一二兩章是也。\nPrécédant l\u0026rsquo;exposé proprement dit, j\u0026rsquo;ai placé quelques mots d\u0026rsquo;introduction : ce sont la discussion générale et les deux premiers chapitres. 四、本篇第六章形意拳術之要點及其研究，其中但舉一二為例而研究之，其余未經筆述者甚多，希學者能于精省后，以科學研究方法一一發明之。\nDans le sixième chapitre, « Points essentiels du xingyi quan et leur étude », je n\u0026rsquo;ai pris qu\u0026rsquo;un ou deux exemples pour illustrer la recherche ; beaucoup de points restent non écrits. Je souhaite que l\u0026rsquo;élève, après une réflexion approfondie, les découvre un à un par une méthode scientifique. 五、后附形意拳譜中之要論及交手法，中多要語，并有不可解之字句，蓋久而漸异乎原本也，學者不可不細體察之。\nEn annexe, le manuel de xingyi expose les « Discours essentiels » et les « Méthodes de combat », qui contiennent bien des formules précieuses comme des phrases inexplicables, le texte s\u0026rsquo;étant éloigné peu à peu de l\u0026rsquo;original. L\u0026rsquo;élève doit les examiner avec un soin minutieux. Table des matières 形意拳術目次\nTable des matières du Xingyi quan shu.\n總論\nIntroduction.\n第一章　拳術之功用\nChapitre I — De l\u0026rsquo;usage de la boxe.\n第二章　形意拳術之功用\nChapitre II — De l\u0026rsquo;usage du xingyi quan.\n第三章　形意拳術之基本五行拳\nChapitre III — La boxe fondamentale des cinq éléments du xingyi quan : 第一節　劈拳, première section : pi quan (« fendre ») ; 第二節　崩拳, deuxième section : beng quan (« éboulis ») ; 第三節　攢拳, troisième section : zuan quan (« percer ») ; 第四節　炮拳, quatrième section : pao quan (« canon ») ; 第五節　橫拳, cinquième section : heng quan (« traverser »).\n第四章　進退連環拳\nChapitre IV — Le poing continu d\u0026rsquo;avance et de recul.\n第五章　形意玄義\nChapitre V — Le sens profond du xingyi.\n第六章　形意拳術之要點及其研究\nChapitre VI — Les points essentiels du xingyi quan et leur étude (les quatre constantes).\n第七章　形意拳術之特長處\nChapitre VII — Les qualités particulières du xingyi quan (trois supériorités sur les boxe ordinaires).\n附岳武穆形意拳術要論\nAnnexe — Les traités essentiels de Yue Wumu sur le xingyi quan, divisés en dix articles.\nIntroduction 形意拳術　總論\nXingyi quan shu — Introduction.\n夫拳術為用大矣，強健身體，防御外侮，其大綱也，實即為我國國粹，然我國人能之者絕少，在昔士子，多汲汲從事科舉之道，攛取功名，其余工藝之徒，商賈之輩，知識學問，更屬缺乏，以是強身之道，幾無有顧而問之者，區區拳術之傳，又何往普及哉，外人病夫之譏，良有以也，自列強武器之輪人，競以槍炮為利器，而拳術益替矣，然外人之僑居我國者，每觀我國拳術而不勝贊嘆驚訝焉，每有從而學之者，侈然以示其國人，衆咸奇之，以我國人所鄙夷而不屑學者，外人見之，而反願得其傳，説者謂此皆凡人好奇之心性使然，然拳術之未嘗無價值，即此已可見一斑矣，我國人欲定其價值者，當先知所取舍，知所研究，即得之矣。\nL\u0026rsquo;usage de la boxe est grand : fortifier le corps et repousser les agressions du dehors en sont les grandes lignes ; elle est proprement le trésor de notre culture. Pourtant, bien peu de nos compatriotes la possèdent. Autrefois les lettrés, tout entiers au cursus des examens impériaux, ne songeaient qu\u0026rsquo;à saisir les honneurs ; quant aux artisans et aux marchands, leurs connaissances étaient encore plus minces. Ainsi, la voie qui fortifie le corps n\u0026rsquo;avait presque plus personne pour s\u0026rsquo;en soucier, et la modeste transmission de la boxe, comment eût-elle pu se répandre ? Le reproche d\u0026rsquo;« homme malade » que nous lancent les étrangers n\u0026rsquo;est pas sans fondement. Depuis que les grandes puissances ont introduit leurs armes et rivalisé d\u0026rsquo;armes à feu, la boxe a décliné d\u0026rsquo;autant. Mais les étrangers qui résident chez nous, dès qu\u0026rsquo;ils voient notre boxe, ne peuvent retenir leurs éloges et leur étonnement ; beaucoup viennent l\u0026rsquo;apprendre et la montrent à leurs compatriotes, qui en sont tout ébahis. Ce que les nôtres méprisent et dédaignent d\u0026rsquo;étudier, voilà que les étrangers souhaitent le recevoir. Certains disent que c\u0026rsquo;est par pure curiosité ; mais que la boxe ne soit pas sans valeur, cela se voit déjà à cet exemple. Ceux de nos compatriotes qui veulent en établir la valeur doivent d\u0026rsquo;abord savoir choisir et savoir chercher, et ils l\u0026rsquo;obtiendront.\nChapitre I — De l\u0026rsquo;usage de la boxe 第一章　拳術之功用\nChapitre I — De l\u0026rsquo;usage de la boxe.\n長跑、短跑、跳遠、跳高、跳欄、撑杆跳、擲鐵球、鐵餅、標槍、足球、籃球、網球、游泳、鐵杠、木馬、諸種運動，除游泳、足球、籃球外，用力之處皆有所偏，如跑跳，則下身用力大于上身，擲鐵球鐵餅，則臂與肩用力大于腿與足，若習此種運動，則其肌肉之發達，氣力之增加，必局于某部位，而他部若未經練習者也，必欲盡其類而皆習之以偏獲其益，則于時間既不經濟，而此種運動器具與地場，則學校內亦未必完備若在它處，則更難于遂願。若習拳則必全身齊力，凝神集氣，目欲其明捷，肢欲其活潑，頸欲其靈旋，腹欲其堅實，體既如是，而精神團結，意志果決，剛毅之氣，忍耐之力，于是乎生矣，且不變無所擇，不待于廣，徒手而操，不待于器，其利便為何如哉，論其應用，不特保護一身，更可保護他人，扶弱抑強，俠義之風，即于此基之，習拳術之利益，非較習各種運動而有特別優點乎。\nLes diverses disciplines — course de fond, sprint, saut en longueur, saut en hauteur, haies, saut à la perche, lancer du poids, du disque, du javelot, football, basket-ball, tennis, natation, barre fixe, cheval d\u0026rsquo;arçons — sauf la natation, le football et le basket-ball, sollicitent certaines parties du corps plus que d\u0026rsquo;autres. Dans la course et le saut, le bas du corps travaille plus que le haut ; au poids et au disque, le bras et l\u0026rsquo;épaule plus que la jambe et le pied. À pratiquer ces sports, le développement des muscles et l\u0026rsquo;accroissement de la force restent donc confinés à une région, les autres demeurant comme entraînées ; et pour tirer profit de toutes les sortes d\u0026rsquo;exercices, le temps n\u0026rsquo;est pas économe, et le matériel comme le terrain ne se trouvent pas toujours réunis dans une école — ailleurs encore moins. Si l\u0026rsquo;on pratique la boxe, au contraire, tout le corps fait force égale : on concentre l\u0026rsquo;esprit, on assemble le souffle, l\u0026rsquo;œil veut être clair et vif, les membres souples, le cou mobile, le ventre solide. Le corps étant tel, l\u0026rsquo;esprit se resserre, la volonté se décide, la vigueur ferme et la patience naissent. De plus, point n\u0026rsquo;est de choisir un lieu : on n\u0026rsquo;exige pas un grand espace, on n\u0026rsquo;a besoin que de ses mains, sans engin. Quelle commodité ! Quant à l\u0026rsquo;application, elle ne protège pas seulement soi-même, mais encore autrui : secourir le faible, réprimer le fort, la vertu chevaleresque prend ici son fondement. Le profit de la boxe ne surpasse-t-il pas celui des autres exercices par des avantages particuliers ?\nChapitre II — De l\u0026rsquo;usage du xingyi quan 第二章　形意拳術之功用\nChapitre II — De l\u0026rsquo;usage du xingyi quan.\n拳術之功用，既于前章言之矣，形意拳術功用亦不外是，形意拳術者，應用既勝于普通諸拳術，而習之尤利便，無論男女老少苟志于是，則皆無所困難也，何以知之？曰無騰躍，無打滾，但求實用，不求可觀以是知其無難也，若習之而達于深奧，則雖力勝于己者，亦不難擊之于丈外，制敵之命，易如反掌焉，顧形意之效用，不盡在是，尤能使精神充足，做事敏捷，前者可却病延年，后者可有為于世，此即其功用之最大者也。\nL\u0026rsquo;usage de la boxe a été dit au chapitre précédent ; celui du xingyi quan n\u0026rsquo;y échappe point. En application, il l\u0026rsquo;emporte sur les boxe ordinaires, et sa pratique est encore plus commode. Homme ou femme, jeune ou vieux, pourvu qu\u0026rsquo;on s\u0026rsquo;en donne l\u0026rsquo;intention, nul n\u0026rsquo;y éprouve de difficulté. D\u0026rsquo;où le sais-je ? De ceci : il n\u0026rsquo;y a ni sauts ni roulades, on n\u0026rsquo;y cherche que l\u0026rsquo;utile, non le spectacle — voilà pourquoi l\u0026rsquo;on sait qu\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;est pas difficile. Si l\u0026rsquo;on s\u0026rsquo;y élève jusqu\u0026rsquo;à la profondeur, alors même un adversaire qui vous surpasse en force ne peut vous éviter d\u0026rsquo;être frappé à plus de trois mètres, et d\u0026rsquo;abattre l\u0026rsquo;ennemi est aisé comme de retourner la main. Mais les effets du xingyi ne s\u0026rsquo;arrêtent pas là : il rend surtout l\u0026rsquo;esprit plein et l\u0026rsquo;action prompte — le premier écarte la maladie et prolonge la vie, le second permet d\u0026rsquo;agir utilement au monde. Telles sont ses fonctions les plus grandes.\nChapitre III — La boxe fondamentale des cinq éléments 第三章　形意拳術之基本五行拳\nChapitre III — La boxe fondamentale des cinq éléments du xingyi quan.\n五行拳者，劈拳、崩拳、攢拳、炮拳、橫拳也，分五節以演之。\nLa boxe des cinq éléments comprend le poing pi (劈拳, « fendre »), le poing beng (崩拳, « éboulis »), le poing zuan (攢拳, « percer »), le poing pao (炮拳, « canon ») et le poing heng (橫拳, « traverser »). Je les expose en cinq sections.\nPremière section — Pi quan (劈拳, « fendre ») 第一節　劈拳\nPremière section : le poing pi.\n拳名劈者，以其掌之下，如斧之劈也，練時眼看平，或看前手，頭向上頂，胸任開展，小腹鼓氣，臀向前挺，兩膝稍屈，而兩胯相夾甚緊，足隨手前推前進，其前進之形如箭，蓋其進也直而速，及其著地，則如箭之中物，足趾緊扣住地，固而不易拔矣，步之大小，隨身之長短，前腿雖有前進意，而亦含后扣意，在后之腿雖屹立不前，而頗有前催意，前后相夾，不亦穩乎，其余各部，其用力始終依前所雲，收回手時，收法在用力拳屈各指如拉重物然，收至心口，掌復變為拳矣，于是更自心口發，出須留意者，凡后拉而變掌為拳時，其掌皆含有下壓之力，凡拳前伸時，皆含有上挑之力，其故維何？蓋以其掌在前所止之處，較心口稍高也，進大步時后足即上墊，使兩足距離有定，以免不穩之患，劈拳中凡隨拳而出之步，皆屬墊步，在劈拳內手足皆相隨而為一者也。余從略。\nOn l\u0026rsquo;appelle le poing « fendre » parce que la paume descend comme une hache qui tranche. En s\u0026rsquo;exerçant, l\u0026rsquo;œil regarde de niveau, ou se fixe sur la main de devant ; la tête pousse vers le haut, la poitrine s\u0026rsquo;ouvre à son aise, le bas-ventre fait lever le souffle, le bassin pousse vers l\u0026rsquo;avant, les deux genoux se fléchissent un peu et les deux hanches se serrent fortement. Le pied avance en même temps que la main se pousse en avant ; la marche est comme une flèche — l\u0026rsquo;élan est droit et rapide, et quand le pied se plante, c\u0026rsquo;est comme une flèche qui atteint le but : les orteils étreignent le sol, si solidement qu\u0026rsquo;on ne peut l\u0026rsquo;en arracher. Le pas se règle sur la taille du corps. La jambe de devant, tout en ayant l\u0026rsquo;intention d\u0026rsquo;avancer, garde aussi l\u0026rsquo;intention de tirer en arrière ; la jambe d\u0026rsquo;arrière, bien que immobile devant, a fortement l\u0026rsquo;intention de pousser en avant. Le devant et le derrière se serrent l\u0026rsquo;un contre l\u0026rsquo;autre : n\u0026rsquo;est-ce pas stable ? Quant aux autres parties, elles déploient leur force toujours comme dit plus haut. Quand on ramène la main, on la ferme fortement : on replie chaque doigt comme si l\u0026rsquo;on tirait un poids lourd, jusqu\u0026rsquo;à la poitrine, la paume redevenant poing ; puis on repart de la poitrine. Il faut noter que, quand on ramène la paume en poing, elle contient une force d\u0026rsquo;écrasement vers le bas, et que quand le poing se porte en avant, il contient une force qui soulève vers le haut. Pourquoi ? C\u0026rsquo;est que le point où s\u0026rsquo;arrête la paume en avant est un peu plus haut que la poitrine. Quand on fait un grand pas, le pied d\u0026rsquo;arrière se rapproche aussitôt, afin de tenir la distance des deux pieds constante et d\u0026rsquo;éviter l\u0026rsquo;instabilité. Dans le pi quan, chaque pas qui accompagne le poing est un pas de rapprochement ; la main et le pied y marchent ensemble et ne font qu\u0026rsquo;un. Pour le reste, je laisse le détail de côté.\nDeuxième section — Beng quan (崩拳, « éboulis ») 第二節　崩拳\nDeuxième section : le poing beng.\n崩之為義山垮也，山之垮其勢必甚猛，而此拳之性似之，故名，須注意者，右肘終須里裹，與劈拳同，庶幾肘穴向上，微見下彎，則全肢不覺僵直矣，此中妙處久習自得（見第六章）足尖平直前射，右足竟可與左足根接觸，壯其勢也，同時身須直挺，頭上頂，切勿下垂，腿勢必微彎，以步過小。\n« Beng » évoque l\u0026rsquo;effondrement d\u0026rsquo;une montagne ; un tel effondrement est d\u0026rsquo;une violence extrême, et c\u0026rsquo;est la nature de ce poing, d\u0026rsquo;où son nom. Il faut veiller que le coude droit soit toujours enroulé vers l\u0026rsquo;intérieur, comme dans le pi quan, si bien que le creux du coude regarde en haut et faîte une légère courbe vers le bas, et tout le membre cesse de se sentir raide. Cette subtilité, on l\u0026rsquo;obtient par une longue pratique (voir chapitre VI). La pointe du pied vise droit devant et se détend ; le pied droit peut toucher le talon du pied gauche, donnant ainsi plus de vigueur. En même temps le corps se tient droit et ferme, la tête pousse vers le haut et ne doit jamais pendre ; les jambes se fléchissent légèrement, le pas étant très court.\nTroisième section — Zuan quan (攢拳, « percer ») 第三節　攢拳\nTroisième section : le poing zuan.\n攢之為義聚也，此拳之動作有似手攢，故名，步法多與劈拳同從略。\n« Zuan » signifie concentrer. Le mouvement de ce poing ressemble à la main qui perce et concentre, d\u0026rsquo;où son nom. Les pas en sont pour l\u0026rsquo;essentiel les mêmes que dans le pi quan ; je les omets.\nQuatrième section — Pao quan (炮拳, « canon ») 第四節　炮拳\nQuatrième section : le poing pao.\n炮之取義與崩略同，謂其拳之作用似炮也，此拳系破敵從高擊下之拳也，蓋形意妙處，每發拳攻人，同時可自護，及人攻我而我自護時，我亦能即此攻人，故人每不及自御也，兩腿微彎，右腿有前催之力，而在前之左腿，則雖前向，亦頗含有穩立意，同時將全身之氣收聚于小腹，暗運于四肢，則其二臂之力本不多者，至此終須增加數倍矣，以其數倍其力，故雖壯夫，莫之能當也。\nLe sens de « pao » (canon) est voisin de celui de beng : on dit que l\u0026rsquo;action de ce poing est celle d\u0026rsquo;un canon. Ce poing sert à briser l\u0026rsquo;ennemi qui frappe de haut en bas. Une merveille du xingyi est que, à chaque fois qu\u0026rsquo;on lance un coup pour attaquer, on se protège en même temps ; et quand l\u0026rsquo;autre m\u0026rsquo;attaque et que je me protège, je puis par ce geste même l\u0026rsquo;attaquer, si bien qu\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;a souvent pas le loisir de se défendre. Les deux jambes se fléchissent un peu ; la jambe droite a une force qui pousse en avant, et la jambe gauche, placée devant, tout en avançant, garde fermement l\u0026rsquo;intention de stabilité. En même temps, on ramasse le souffle de tout le corps au bas-ventre et on le fait glisser secrètement dans les membres : la force des deux bras, qui n\u0026rsquo;était pas grande, se trouve alors multipliée plusieurs fois. Fort de cette puissance multipliée, même un homme vigoureux ne peut y résister.\nCinquième section — Heng quan (橫拳, « traverser ») 第五節　橫拳\nCinquième section : le poing heng.\n此拳用法，不直而橫，故名橫拳，練時肘要緊裹，后拳自前臂肘下發出，切記。\nL\u0026rsquo;usage de ce poing n\u0026rsquo;est pas d\u0026rsquo;aller droit mais de traverser ; d\u0026rsquo;où son nom heng (« traverser »). En s\u0026rsquo;exerçant, le coude doit être étroitement enroulé, et le poing d\u0026rsquo;arrière jaillit de dessous le coude du bras de devant. Qu\u0026rsquo;on s\u0026rsquo;en souvienne.\nChapitre IV — Le poing continu d\u0026rsquo;avance et de recul 第四章　進退連環拳\nChapitre IV — Le poing continu d\u0026rsquo;avance et de recul.\n進退連環拳者，連五拳而成者也，凡十一著：一、劈拳，二、崩拳，三、退步崩拳，四、順步崩拳，五、雙橫拳，六、炮拳，七、退步劈拳，八、劈拳，九、攢拳，十、劈拳，十一、崩拳，十二、作崩拳轉身，轉后次序仍如前，至再作退步崩拳時止，即以退步崩拳收式。\nLe poing continu d\u0026rsquo;avance et de recul unit les cinq poings en une série. Elle comptent onze (douze) temps : 1. poing pi ; 2. poing beng ; 3. poing beng en reculant ; 4. poing beng en pas naturel (shun bu, 順步) ; 5. double poing heng ; 6. poing pao ; 7. poing pi en reculant ; 8. poing pi ; 9. poing zuan ; 10. poing pi ; 11. poing beng ; 12. on exécute le beng et l\u0026rsquo;on pivote ; après le pivot, l\u0026rsquo;ordre est de nouveau le même, jusqu\u0026rsquo;à ce qu\u0026rsquo;on refasse le beng en reculant, et c\u0026rsquo;est par ce beng en reculant que l\u0026rsquo;on clôt la figure.\nChapitre V — Le sens profond du xingyi 第五章　形意玄義\nChapitre V — Le sens profond du xingyi.\n形者式也，式在外人得而見之，意者志之所在也，意非形，人莫得而見之，意主手形，形不能自動，凡形之動，多意使之，難心肺等無意而終不息其運動，然心肺實未嘗自動也，此近世生理學家所公認者，凡形之動，其機在筋肉，筋肉強壯，而意不鋭敏，則力雖大而其動遲，筋肉既強壯而意又鋭敏，庶乎善矣，雖然，猶未也，設令其驟遇強敵，倉卒之間，欲其處以常態，應以妙手，上難矣哉，是猶令未學之孩童，初試其手工也，鮮克心手相應，然久習形意拳者，則以不難為之矣，夫今之新教育家，每竭力提倡工藝，工藝之要，惟在心手相應耳，然則設有精通形意之術，以習工藝者，其習之也，當較易矣，由是觀之，形意之功用，册僅限于強身自衛哉，抑又有進于是者，聚氣于胸，則喘面不久，聚氣于小腹，則久而不礙呼吸，漸積漸充，而此氣浩然，更可以意導之，若當拳擊出時，則導之于拳，是不啻以全身之力，運而聚于拳之一點，其勢之猛，寧可當耶，若偶犯不適，則導氣于病處，血來貫注，其中白血輪，實能殺微生物而去其病，且剛直之氣，充塞兩間，精明強干，神色粲然，孟子所言豈欺吾哉，必如此，始可以膺重任其為社會，為一己，謀事均無遺憾矣，今但舉其大概如此，若夫神而明之，尤在于善悟者。\nLe xing (形, « forme »), c\u0026rsquo;est la posture. La posture est au-dehors et chacun la voit. L\u0026rsquo;yi (意, « intention »), c\u0026rsquo;est ce que vise la volonté. L\u0026rsquo;intention n\u0026rsquo;est pas une forme, nul ne la voit. L\u0026rsquo;intention commande la forme de la main ; la forme ne se meut pas d\u0026rsquo;elle-même. Tout mouvement de la forme est produit par l\u0026rsquo;intention — à cela près que le cœur et les poumons se meuvent sans intention ni repos ; pourtant, en réalité, ils ne se meuvent pas d\u0026rsquo;eux-mêmes, comme l\u0026rsquo;admettent les physiologistes modernes. Le ressort du mouvement de la forme est dans les muscles. Si les muscles sont robustes mais l\u0026rsquo;intention peu acérée, la force est grande mais le mouvement lent. Quand les muscles sont robustes et l\u0026rsquo;intention acérée, cela est bon, mais non parfait. Supposez qu\u0026rsquo;on affronte soudain un ennemi robuste : pressé par le temps, voulant garder son sang-froid et répondre par une main habile, cela est bien difficile — c\u0026rsquo;est comme un enfant encore ignorant à qui l\u0026rsquo;on fait faire ses premiers ouvrages manuels : rarement la main obéit à l\u0026rsquo;esprit. Mais qui a longtemps pratiqué le xingyi exécute cela sans peine. Les éducateurs modernes s\u0026rsquo;efforcent de promouvoir l\u0026rsquo;artisanat, dont l\u0026rsquo;essentiel est que la main obéisse à l\u0026rsquo;esprit. Dès lors, qui, maîtrisant le xingyi, s\u0026rsquo;adonne à l\u0026rsquo;artisanat, l\u0026rsquo;apprendra plus aisément. Par où l\u0026rsquo;on voit que l\u0026rsquo;usage du xingyi ne se borne pas à fortifier le corps et à se défendre. Il y a plus : si l\u0026rsquo;on rassemble le souffle à la poitrine, on halète et cela ne dure guère ; si on le rassemble au bas-ventre, il dure longtemps sans gêner la respiration, s\u0026rsquo;accumulant et s\u0026rsquo;enrichissant, et ce souffle, vaste, se laisse conduire par l\u0026rsquo;intention. Au moment où le coup part, on le mène au poing : ce n\u0026rsquo;est pas autre chose que la force de tout le corps, ramenée et concentrée sur le point du poing, et sa violence, qui pourrait la soutenir ? Si l\u0026rsquo;on tombe malade, on mène le souffle au lieu malade ; le sang y afflue et ses globules blancs tuent les microbes et écartent la maladie. De plus, ce souffle droit et ferme remplit tout l\u0026rsquo;espace ; l\u0026rsquo;esprit devient net et fort, le visage éclatant. Ce que Mengzi disait ne nous trompe point. C\u0026rsquo;est à cette seule condition qu\u0026rsquo;on peut supporter de lourdes responsabilités, pour la société comme pour soi, et pourvoir à ses affaires sans regret. Je n\u0026rsquo;ai donné ici que l\u0026rsquo;ensemble ; quant à le comprendre en son mystère, cela dépend surtout de l\u0026rsquo;élève qui saura s\u0026rsquo;éveiller.\nChapitre VI — Les points essentiels du xingyi quan et leur étude 第六章　形意拳術之要點及其研究　形意拳術之要點凡四\nChapitre VI — Les points essentiels du xingyi quan et leur étude. Les points essentiels sont au nombre de quatre.\n一、閉口，舌舐上腭，津生則咽下，閉口者，所以保氣之不外泄，而防空氣中之穢物入口也，不但習拳時宜如此，凡不用口時皆宜如此，舌舐上腭者，所以生津液，使口不干燥也，津生下咽，則更使喉間亦滋潤也。\nGarder la bouche close, la langue touchant le palais ; la salive naît, on l\u0026rsquo;avale. Bouche close : ainsi le souffle ne fuit pas au-dehors et les impuretés de l\u0026rsquo;air n\u0026rsquo;entrent pas dans la bouche. Non seulement il faut en user à l\u0026rsquo;exercice, mais toujours qu\u0026rsquo;on ne parle pas. Langue au palais : elle fait naître la salive, qui garde la bouche humide ; l\u0026rsquo;avaler humecte encore la gorge. 二、裹肘，垂肩，鼓腹，展胸，裹肘則臂必彎曲，微彎則肩之力可由此而運至于手，此一要點，凡形意門中拳數皆不能脱離于此，試論劈拳，必如此而全身之力始能運五指之端，故人每以為五指力弱，安能擊人而僕之于丈外，而不知五指之力果弱，今得全身之力皆聚于此，則亦何難為哉，若不裹肘，則臂僵，僵則力止于臂而不能外發，學者盍一一試之，即可知矣，垂肩者使氣不浮，而下聚于小腹也，若不垂肩，其能久持者幾希矣，鼓腹者，聚氣于小腹也，人身有二大藏氣處，一為肺，一為臍下小腹，藏氣于肺，則不久必放，呼吸使之然也，今藏氣于小腹，則肺之呼吸既不能引之外泄，而積氣于此，亦無礙于呼吸，如是氣當舒足，必能持久，不然，甫交手而喘聲大作，面紅耳赤，心跳勃勃，脈張力竭，殆矣，展胸者，所以使積氣不礙呼吸也，每有欲聚氣于小腹，而強迫肺中之氣于小腹者，其迫之也，必抑胸使平，其結果必至于肺部不發達，而呼吸多阻礙，傷身最甚矣，故今雖鼓氣于小腹，而于肺則一任其自展，庶即可無害矣。\nEnrouler les coudes, laisser tomber les épaules, gonfler le ventre, ouvrir la poitrine. L\u0026rsquo;enroulement des coudes fait que le bras reste plié ; légèrement fléchi, la force des épaules se transmet par là jusqu\u0026rsquo;à la main. Ce point est capital : dans l\u0026rsquo;école du xingyi, aucun poing n\u0026rsquo;en peut être séparé. Prenez le pi quan : c\u0026rsquo;est ainsi seulement que la force de tout le corps parvient au bout des cinq doigts. Les gens croient les doigts faibles et se demandent comment on peut abattre un homme à trois pas — ils ignorent que, si la force des doigts est faible, à voir rassemblée ici celle du corps entier, quelle difficulté reste-t-il ? Si l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;enroule pas le coude, le bras est raide ; raide, la force s\u0026rsquo;arrête au bras et ne peut jaillir au-dehors. Que l\u0026rsquo;élève essaie chacun de ces points un à un et il le saura. Laisser tomber les épaules : le souffle ne flotte pas et descend s\u0026rsquo;amonceler au bas-ventre. Sans cela, on ne peut guère tenir longtemps. Gonfler le ventre : c\u0026rsquo;est amasser le souffle au bas-ventre. Le corps a deux grands réservoirs de souffle : les poumons et le bas-ventre sous le nombril. Si l\u0026rsquo;on garde le souffle aux poumons, on doit bientôt le relâcher, la respiration l\u0026rsquo;exige. Mais si on le garde au bas-ventre, la respiration des poumons ne peut l\u0026rsquo;attirer au-dehors, et l\u0026rsquo;accumulation ici ne gêne point la respiration. Ainsi le souffle, à l\u0026rsquo;aise et abondant, se tient longtemps. Sinon, dès qu\u0026rsquo;on en vient aux mains, on halète, le visage et les oreilles rougissent, le cœur bondit, les vaisseaux se gonflent et la force s\u0026rsquo;épuise — péril ! Ouvrir la poitrine : l\u0026rsquo;accumulation ne gêne point la respiration. Tel, voulant amasser le souffle au bas-ventre, force celui des poumons vers le bas ; pour le faire, il déprime la poitrine et l\u0026rsquo;aplatit. Il en résulte que les poumons ne se développent pas, que la respiration rencontre mille obstacles, et que le corps en est gravement endommagé. Aussi, même en faisant lever le souffle au bas-ventre, laisse-t-on les poumons se dilater librement, et l\u0026rsquo;on est sans dommage. 三、兩腿相夾足趾抓地，兩腿相夾者，即所以免身之前后傾倒也，嘗見壯漢斗一較弱而活潑者，以壯漢之力而論，宜足以勝敵也，而每有戰敗者，用力偏也，蓋當其進步時，或全身前傾，毫無后持之力，故其敵得藉其力乘其勢以僕之，足趾抓地，即所以使身更穩故也。\nLes deux jambes se serrent et les orteils étreignent le sol. Les jambes qui se serrent évitent que le corps ne penche en avant ou en arrière. On voit souvent un homme robuste aux prises avec un plus faible mais plus vif ; à juger par sa force, il devrait l\u0026rsquo;emporter, et pourtant il est parfois vaincu : c\u0026rsquo;est que sa force est appliquée de biais. Quand il avance, s\u0026rsquo;il penche tout le corps en avant, plus aucune force ne le retient en arrière, et l\u0026rsquo;ennemi, s\u0026rsquo;appuyant sur sa force et se prévalant de son élan, le renverse. Les orteils qui étreignent le sol rendent le corps d\u0026rsquo;autant plus stable. 四、目欲其明，欲其敏，更欲其與心手相應，交手之時，原全恃乎心手之作用，而據其最重要之地位者，目是也，目而不明不敏，不能與心手相應，而能勝人者，亦鮮矣，此理人皆知之，然用目于交手之時當若何，此則所宜研究者也。一、交手之時，高則視敵之目，以其之所視，必其手之所向也，二、中則視敵之心，以其手之出入必在心前也，三、下則視敵之足，以其足之所向，即其身之所在也。\nL\u0026rsquo;œil veut être clair et vif, et de plus répondre au cœur et à la main. Au combat, tout repose sur l\u0026rsquo;action du cœur et de la main, et l\u0026rsquo;organe qui occupe la place la plus importante, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;œil. Si l\u0026rsquo;œil n\u0026rsquo;est ni clair ni vif et ne répond point au cœur et à la main, rarement l\u0026rsquo;on vaincra ; chacun sait cela. Mais comment user de l\u0026rsquo;œil au combat ? Voilà ce qu\u0026rsquo;il faut étudier. En affrontant l\u0026rsquo;adversaire : en haut, regarde ses yeux — car là où il regarde, là ira sa main ; au milieu, regarde sa poitrine — car sa main sort et rentre devant elle ; en bas, regarde ses pieds — car là où ses pieds se portent, là est son corps. Chapitre VII — Les qualités particulières du xingyi quan 第七章　形意拳術之特長處　形意拳術之較長于普通拳術者凡三端\nChapitre VII — Les qualités particulières du xingyi quan. Ses supériorités sur les boxe ordinaires sont au nombre de trois.\n一、身穩氣平，每見習普通拳術者，輾轉騰躍，時用足踢人，非不美觀也，非不可謂為一種運動也，然不足以交手，何也，我勞人逸，我危人安也，夫兩相交手時，兩足猶恐不能穩立，寧有暇分其一足以踢人乎，苟踢而不中，其敗也必矣，且二目瞿瞿靜觀敵之動以應可也，何為而騰躍以自勞乎，形意則無如此無益之舉動。\nLe corps stable, le souffle égal. On voit souvent les pratiquants des boxe ordinaires tourner et bondir, et décocher de temps à autre un coup de pied. Ce n\u0026rsquo;est pas sans grâce, et c\u0026rsquo;est une forme d\u0026rsquo;exercice sans doute ; mais cela ne suffit pas au combat. Pourquoi ? C\u0026rsquo;est que je me fatigue et l\u0026rsquo;autre prend ses aises, que je me mets en danger et l\u0026rsquo;autre reste en sûreté. Quand on combat, on a déjà peur de ne pas être stable sur ses deux pieds ; aurait-on le loisir d\u0026rsquo;en détacher un pour frapper l\u0026rsquo;adversaire ? Et si le coup de pied porte à faux, la défaite est certaine. Il suffit d\u0026rsquo;observer tranquillement le mouvement de l\u0026rsquo;adversaire et d\u0026rsquo;y répondre. Pourquoi bondir et se fatiguer ? Le xingyi n\u0026rsquo;a point ces gestes inutiles. 二、拳法簡捷，普通之拳術，其臂之動也，守為一着，攻為一着，若人攻我，則必先御之，而后得攻之，形意則不然，攻即守，守即攻，一着而備，二用，何以言之，曰試論劈拳之拳式，設人以左拳攻我心口，無論其拳之高低如何，我但進步向其右旁，以右劈作劈拳之拳式，架住其臂，是我已自防矣，同時我但如此前進，我臂即斜刺擦其臂而前，苟其手不敏，必中我拳矣，此守即攻之謂也，苟其手而敏，則必將我拳撩起，外推，然我于是即乘其撩推之勢而抽回我拳，同時將拳漸向下沉，沉后變拳為掌，驟成劈拳，前推其身，彼欲防備不及矣，何也，彼之撩而推也，必用大力，勢難一時收回，我則本藉其力，而急欲攻之者也，我但作一圓圈，而彼已中我拳矣，我一臂攻之，而使其不暇自防，更無暇攻我，是不啻攻即守矣，形意拳術不誠靈便乎，或曰崩拳甚直，恐無如此妙用，應之曰崩拳已有二用，苟敵攻我之拳而高也，則我拳自其拳下斜入，作上挑之力，當我拳斜入時，我身必進至敵之旁，則彼之拳我已躲過，我今在其拳下作上挑之力，同時又不廢前擊，則彼拳即欲下壓我拳，必已不及，好及，亦不能竟壓我拳，以我已預防也，而同時彼身已中我拳矣，苟敵攻我之拳而低也，則我拳自其拳上斜擊，作下壓之力，彼拳被我壓下，則其臂之長，不能及我身，而我拳自彼拳上擦過，已中其身矣，孰謂崩拳無二用乎。\nLa méthode de poing est simple et directe. Dans les boxe ordinaires, le mouvement du bras fait une action pour se défendre et une action pour attaquer : si l\u0026rsquo;autre m\u0026rsquo;attaque, il faut d\u0026rsquo;abord parer, puis attaquer. Le xingyi n\u0026rsquo;est pas ainsi : l\u0026rsquo;attaque est la défense, la défense est l\u0026rsquo;attaque ; une seule posture sert aux deux fins. Comment le dire ? Prenons la posture du pi quan. Supposez qu\u0026rsquo;un homme m\u0026rsquo;attaque au creux de la poitrine de son poing gauche, à quelque hauteur que ce soit : je n\u0026rsquo;ai qu\u0026rsquo;à avancer sur son côté droit et, de mon pi droit, exécuter la posture du poing pi pour enlever son bras — me voilà défendu. En même temps, avançant ainsi, mon bras cogne obliquement le long du sien et va de l\u0026rsquo;avant ; si sa main n\u0026rsquo;est pas prompte, il est frappé de mon poing. C\u0026rsquo;est là ce qu\u0026rsquo;on nomme « la défense est une attaque ». Si sa main est prompte, il fera lever mon poing et le poussera au-dehors ; alors, me prévalant de son élan qui soulève et pousse, je retire mon poing tout en le laissant peu à peu descendre, le change de poing en paume, et le voilà soudain en posture pi, poussant son corps. Il n\u0026rsquo;a plus le temps de se garder. Pourquoi ? Pour soulever et pousser, il a usé d\u0026rsquo;une grande force, qui ne se reprend pas d\u0026rsquo;un coup ; et moi, qui m\u0026rsquo;appuie sur sa force, je m\u0026rsquo;apprête à l\u0026rsquo;attaquer. Je ne fais qu\u0026rsquo;un cercle, et il est déjà atteint de mon poing. D\u0026rsquo;un seul bras je l\u0026rsquo;attaque, si bien qu\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;a pas le temps de se défendre ni d\u0026rsquo;attaquer — voilà bien que l\u0026rsquo;attaque est la défense. Le xingyi n\u0026rsquo;est-il pas souple et commode ? D\u0026rsquo;aucuns diront : « Le beng quan va tout droit ; je doute qu\u0026rsquo;il ait ces ressources. » Je réponds qu\u0026rsquo;il en a déjà deux. Si l\u0026rsquo;ennemi m\u0026rsquo;attaque d\u0026rsquo;un coup haut, mon poing pénètre obliquement sous le sien avec une force qui soulève. Tandis qu\u0026rsquo;il entre en biais, mon corps s\u0026rsquo;avance jusqu\u0026rsquo;au flanc de l\u0026rsquo;ennemi : j\u0026rsquo;ai déjà esquivé son coup. À l\u0026rsquo;instant j\u0026rsquo;exerce sous son poing ma force qui soulève, sans perdre le coup en avant ; s\u0026rsquo;il veut presser mon poing vers le bas, il n\u0026rsquo;y parviendra pas, et même s\u0026rsquo;il y parvient, il ne l\u0026rsquo;écrasera pas, car je m\u0026rsquo;en suis prémuni, ayant déjà en même temps atteint son corps. Si l\u0026rsquo;ennemi m\u0026rsquo;attaque d\u0026rsquo;un coup bas, mon poing frappe obliquement au-dessus du sien avec une force d\u0026rsquo;écrasement ; son poing étant rabattu, la longueur de son bras ne peut m\u0026rsquo;atteindre, et mon poing, glissant par-dessus le sien, touche déjà son corps. Qui donc dit que le beng quan n\u0026rsquo;a point deux usages ? 三、養氣壯志，此長處惟作內功者始能得之，形意則內外功兼有之，廣如第五章所説。\nIl nourrit le souffle et fortifie la volonté. Cette qualité ne s\u0026rsquo;obtient que par le travail interne ; or le xingyi unit le travail interne et le travail externe, comme il est développé au chapitre V. Annexe — Les traités essentiels de Yue Wumu sur le xingyi quan 附岳武穆形意拳術要論\nAnnexe — Les traités essentiels de Yue Wumu sur le xingyi quan.\n民國四年夏，余南歸，過吾鄉原公作杰家，取其所藏武穆拳譜讀之，中有要論九篇，交手法一篇，雖字句間不無差誤，然其行文瑰瑋雄暢，洵為武穆之作，而論理精透，尤非武穆不能道，余曰此形意舊譜也，得此靈光，形意武術，其將日久而彌彰乎，急錄之，攜入京師，公諸同好天下習武之士，與凡素慕武穆其人者，其守此勿失也可，濟源后學，鄭濂浦謹識。\nÀ l\u0026rsquo;été 1915, revenant dans le Sud, je passai chez M. Yuan Zuoje, de mon pays natal, et j\u0026rsquo;empruntai le recueil de boxe du roi Wumu qu\u0026rsquo;il conservait. Il contenait neuf traités de l\u0026rsquo;essentiel et un article de méthodes de combat. Bien que les phrases ne fussent pas sans erreurs, l\u0026rsquo;écriture en est magnifique, puissante et coulante — assurément l\u0026rsquo;œuvre de Wumu, et la finesse de la théorie, surtout, ne saurait être de la main d\u0026rsquo;un autre. Je m\u0026rsquo;écriai : « C\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;ancien manuel de xingyi ! Avec ce rayon, l\u0026rsquo;art du xingyi ne va-t-il pas briller davantage avec le temps ? » Je m\u0026rsquo;empressai de le copier et de l\u0026rsquo;apporter à la capitale, pour le partager avec les amateurs, avec tous ceux qui pratiquent la boxe et qui révèrent la personne de Wumu : qu\u0026rsquo;ils le gardent et ne le perdent pas. — Respectueusement noté par Zheng Lianpu, écolier de Jiyuan.\nPremier traité — Sur l\u0026rsquo;Un 第一章　一、要論\nPremier traité (sur l\u0026rsquo;Un).\n從來散之必有其統也，分之必有其合也，以故天壤間四面八方，紛紛者各有所屬，千頭萬緒，攘攘者自有其源，蓋一本散為萬殊，而萬殊成歸于一本，事有必然者，且武事之論，亦甚繁矣，而要之千變萬化，無往非勢，即無往非氣，勢雖不類，而氣歸于一，夫所謂一者，從上至足底，內而有臟腑筋骨，外而有肌肉皮膚五官之百骸，相聯而一貫也，破之而不開，撞之而不散，上欲動而下自隨之，下欲動而上自領之，上下動而中節攻之，中節動而上下和之，內外相連，前后相需，所謂一貫者，其斯之謂歟，而要非勉強以致之，襲為之也，當時而靜，寂然湛然，居其所而穩如山岳，當時而動，如雷如塌，出乎爾而疾如閃電，且靜無不靜，表里上下，全無參差牽挂之意，動無不動左右前后，并無抽扯游移之形，洵乎若水之就下，沛然而莫之能御，若火之內攻，發之而不及掩耳，不假思索，不煩疑義，誠不期然而然，莫之致而至，是豈無所自而雲然乎，蓋氣以日積而有益，功以久練而始成，觀聖門一貫之傳，必俟多聞強識之后，豁然之境，不廢格物致知之功，是知事無難易，功惟自盡，不可躥等，不可急遂，按步就步，循次而進，夫而后官骸肢節，自有通貫，上下表里，不難聯絡，庶乎散者統之，分者合之，四體百骸，終歸于一氣而已矣。\nDepuis toujours, ce qui se disperse a ce qui le réunit, ce qui se sépare a ce qui le rassemble. C\u0026rsquo;est pourquoi, dans le monde, les quatre directions et les huit régions, si confuses qu\u0026rsquo;elles soient, ont chacune leur appartenance ; les mille nœuds et les dix mille fils, si enchevêtrés qu\u0026rsquo;ils soient, ont leur source. Une seule racine se répand en dix mille différences, et les dix mille différences retournent à une seule racine : c\u0026rsquo;est une nécessité. Le propos des arts martiaux est, lui aussi, fort complexe ; mais pour l\u0026rsquo;essentiel, les mille changements et les dix mille transformations ne sont jamais que des postures, donc jamais que du souffle. Les postures diffèrent, mais le souffle retourne à l\u0026rsquo;Un. Ce que j\u0026rsquo;appelle l\u0026rsquo;Un : du sommet de la tête au dessous des pieds, à l\u0026rsquo;intérieur viscères, os et tendons, à l\u0026rsquo;extérieur muscles, peau, et les cent membres des cinq sens, tout est lié en un seul fil ; on le frappe et il ne se rompt point, on le heurte et il ne se disperse point. Le haut veut bouger, le bas le suit de soi-même ; le bas veut bouger, le haut le conduit. Le haut et le bas bougent, la section du milieu attaque ; la section du milieu bouge, le haut et le bas s\u0026rsquo;accordent. Le dedans et le dehors sont liés, le devant et le derrière se rendent service : voilà ce qu\u0026rsquo;est « un seul fil ». Mais il ne faut ni l\u0026rsquo;y forcer ni y arriver par ruse. Quand vient le moment du calme, sois silencieux et pur, demeurant en place, stable comme un mont ; quand vient le mouvement, sois comme le tonnerre ou l\u0026rsquo;effondrement, soudain comme l\u0026rsquo;éclair. Dans le calme, tout est calme : au dehors comme au dedans, en haut comme en bas, sans la moindre apparence de désaccord. Dans le mouvement, tout va : à gauche, à droite, en avant, en arrière, sans le moindre tiraillement ni flottement. Vraiment c\u0026rsquo;est comme l\u0026rsquo;eau qui descend, impétueuse et qu\u0026rsquo;on ne peut retenir ; comme le feu qui attaque au-dedans, trop soudain pour qu\u0026rsquo;on se couvre les oreilles. Point de méditation forcée, point de doute ; réellement, cela arrive sans qu\u0026rsquo;on le veuille, se produit sans qu\u0026rsquo;on l\u0026rsquo;appelle. Mais comment en serait-il ainsi sans cause ? Le souffle ne profite qu\u0026rsquo;à s\u0026rsquo;accumuler de jour en jour, et le travail ne s\u0026rsquo;achève qu\u0026rsquo;à durer longtemps. Voyez la transmission du « seul fil » de l\u0026rsquo;école des sages : c\u0026rsquo;est après avoir beaucoup entendu et fort retenu qu\u0026rsquo;on parvient à l\u0026rsquo;illumination ; on n\u0026rsquo;y épargne point le travail d\u0026rsquo;« étendre les choses et étendre le savoir ». On sait donc que les choses n\u0026rsquo;ont ni difficulté ni facilité : le travail consiste à faire tout son possible. On ne doit ni brûler les étapes ni se hâter. Qu\u0026rsquo;on avance pas à pas et dans l\u0026rsquo;ordre, et alors les organes, les membres et les articulations se pénètrent d\u0026rsquo;eux-mêmes ; le haut et le bas, le dedans et le dehors se lient sans peine ; ce qui était dispersé se réunit, ce qui était séparé se rassemble, et les quatre membres et les cent os retournent enfin à un seul souffle.\nDeuxième traité — Sur la Dualité 第二章　二、要論\nDeuxième traité (sur la Dualité).\n嘗有世之論捶者，而兼論氣者矣，夫氣主于一，可分為二，所謂二者，即呼吸也，呼吸即陰陽也，捶不能無動靜，氣不能無呼吸，吸則為陰，呼則為陽，主呼靜者為陰，主乎動者為陽，上升為陽，下降為陰，陽氣上升而為陽，陽氣下行而為陰，陰氣下行而為陰，陰氣上行而為陽，此陰陽之分也，何為所清濁，升而上者為所清，降而下者為濁，清氣上升，濁氣下降，清者為陽，濁者為陰，而要之陽以滋陰，渾而言之，統為氣，分而言之為陰陽，氣不能無陰陽，即所謂人不能無動靜，鼻不能無呼吸，口不能無出入，此即對待循環不易之理也，然則氣分為二，而實在于一，有志于斯途者，慎勿以是為拘拘焉。\nIl arrive qu\u0026rsquo;on discute de la boxe tout en discutant du souffle. Le souffle est un dans son principe, mais peut se diviser en deux, à savoir l\u0026rsquo;inspiration et l\u0026rsquo;expiration ; l\u0026rsquo;inspiration et l\u0026rsquo;expiration, c\u0026rsquo;est le yin et le yang. Le poing n\u0026rsquo;est pas sans mouvement et calme ; le souffle n\u0026rsquo;est pas sans inspiration et expiration. Inspirer, c\u0026rsquo;est le yin ; expirer, c\u0026rsquo;est le yang. Le calme est yin, le mouvement est yang. Ce qui monte est yang, ce qui descend est yin : le yang qui monte demeure yang, le yang qui descend devient yin ; le yin qui descend demeure yin, le yin qui monte devient yang. Telle est la distinction du yin et du yang. Et les clair et les trouble ? Ce qui monte est clair, ce qui descend est trouble ; le souffle clair monte, le trouble descend ; le clair est yang, le trouble est yin. L\u0026rsquo;essentiel : le yang nourrit le yin. Dit en bloc, c\u0026rsquo;est le souffle ; dit par parties, c\u0026rsquo;est le yin et le yang. Le souffle ne peut être sans yin et yang ; de même l\u0026rsquo;homme ne peut être sans mouvement et calme, le nez sans inspiration et expiration, la bouche sans émission et absorption. C\u0026rsquo;est là la loi immuable de l\u0026rsquo;opposition et du cycle. Le souffle donc, divisé en deux, est en réalité dans l\u0026rsquo;Un. Que celui qui se voue à cette voie prenne garde de ne pas s\u0026rsquo;y attacher de façon étroite.\nTroisième traité — La triple division 第三章　三、要論\nTroisième traité (sur la triple section).\n夫氣本諸身，而身之節無定處，三節上中下也，以身言之，頭為上節，身為中節，腿為下節，以上節言之，天庭為上節，鼻為中節，海底為下節，以中節言之，胸為上節，腹為中節，丹田為下節，以下節言之，足為梢節，膝為中節，胯為根節，以肱言之，手為梢節，肘為中節，肩為根節，以手言之，指為梢節，掌為中節，掌根為根節，觀于是，而足不必論矣，然則自頂至足，莫不各有三節，要之，若無三節之分，即無着意之處，蓋上節不明，無依無宗，中節不明，渾身是空，下節不明，自家吃跌，顧可忽乎哉，至于氣之發動，要皆梢節動，中節隨，根節催之而已，然此猶是節節而分言之者也，若夫合言之，則上自頭頂，下至足底，四體百骸統為一節，夫何三節之有哉，又何三節中之各有三節雲乎哉。\nLe souffle a son siège dans le corps, et les sections du corps n\u0026rsquo;ont point d\u0026rsquo;emplacement fixe : les trois sections sont la haute, la moyenne et la basse. Pour le corps : la tête est la section haute, le tronc la moyenne, les jambes la basse. Dans la section haute, le front (tianting) est la haute, le nez la moyenne, le menton la basse. Dans la moyenne : la poitrine la haute, le ventre la moyenne, le champ d\u0026rsquo;élixir (dantian) la basse. Dans la basse : le pied est la section terminale (shao), le genou la moyenne, la hanche la racine. Pour le bras : la main est la section terminale, le coude la moyenne, l\u0026rsquo;épaule la racine. Pour la main : les doigts la section terminale, la paume la moyenne, le talon de la paume la racine. À voir cela, le pied n\u0026rsquo;a même plus besoin d\u0026rsquo;être discuté. Ainsi, du sommet de la tête au pied, tout a ses trois sections. En résumé, s\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;y a point de division en trois sections, il n\u0026rsquo;y a point où poser l\u0026rsquo;attention. Si la section haute n\u0026rsquo;est pas comprise, on est sans appui et sans modèle ; si la moyenne est mal comprise, tout le corps est vide ; si la basse est mal comprise, on se fait renverser. Comment l\u0026rsquo;oublier ? Quant au jaillissement du souffle, il faut que les sections terminales bougent, que les moyennes suivent, et que les racines les poussent. Mais ce sont là les sections prises séparément. À les considérer ensemble, du sommet de la tête au dessous du pied, les quatre membres et les cent os ne font qu\u0026rsquo;une seule section : où sont encore les trois sections ? et trois sections dans chacune des trois sections ?\nQuatrième traité — Les quatre antennes 第四章　四、要論\nQuatrième traité (sur les quatre extrémités).\n試于論身論氣之外，而進論乎梢者焉，夫梢者身之余緒也，言身者初不及此，言氣者亦所罕論，捶以內而發外，氣由身而達梢，故氣之用不本諸身，則虛而不實，不形諸梢，則實而仍虛，梢亦焉可不講，然此特身之梢耳，而猶未及乎氣之梢也，四梢為何，發其一也，夫發之所系，不列于五行，無關于四體，似不足論矣，然發為血之梢，血為氣之海，縱不必本諸發以論氣，要不能離乎血而生氣，不離乎血，即得不兼及乎發，發欲冲冠，血梢足矣，抑舌為肉梢，而肉為氣囊，氣不能形諸肉之梢，即無以充其氣之量，故必舌欲催齒，而后肉梢足矣，至于骨梢者齒也，筋梢者指甲也，氣生于骨而聯于筋，不及乎齒，即未及乎筋之梢，而欲足手爾者，要非齒欲斷筋，甲欲透骨，不能也，果能如此則四梢足矣，四梢足而氣亦自足矣，豈復有虛而不實，實而仍虛者乎。\nAprès avoir parlé du corps et du souffle, venons-en aux extrémités (shao, 梢). Les extrémités sont les prolongements du corps ; quand on parle du corps on n\u0026rsquo;y touche guère, et quand on parle du souffle on s\u0026rsquo;y arrête rarement. Le poing part du dedans et sort au-dehors ; le souffle va du corps aux extrémités. Si l\u0026rsquo;usage du souffle ne prend pas son fondement dans le corps, il est vide et non plein ; s\u0026rsquo;il ne se manifeste pas dans les extrémités, il est plein et pourtant encore vide. Ne faut-il donc pas traiter des extrémités ? Mais ce sont là les extrémités du corps ; on n\u0026rsquo;en vient pas encore à celles du souffle. Quelles sont les quatre extrémités ? Les cheveux sont la première. Les cheveux ne figurent pas parmi les cinq organes ni parmi les quatre membres, et semblent indignes de discussion ; pourtant les cheveux sont l\u0026rsquo;extrémité du sang, et le sang est la mer du souffle. Même s\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;est pas nécessaire de partir des cheveux pour parler du souffle, on ne peut concevoir le souffle sans le sang ; et puisque l\u0026rsquo;on ne s\u0026rsquo;éloigne pas du sang, comment ne point toucher aux cheveux ? Que les cheveux veuillent soulever la coiffe, et l\u0026rsquo;extrémité du sang est comblée. La langue est l\u0026rsquo;extrémité de la chair, et la chair est le sac du souffle : si le souffle ne se manifeste point à l\u0026rsquo;extrémité de la chair, il ne remplit point sa mesure. Aussi faut-il que la langue veuille presser les dents, et alors l\u0026rsquo;extrémité chair est comblée. Quant à l\u0026rsquo;extrémité des os, ce sont les dents ; l\u0026rsquo;extrémité des tendons, ce sont les ongles. Le souffle naît des os et s\u0026rsquo;unit aux tendons ; s\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;atteint pas les dents, il n\u0026rsquo;a point atteint l\u0026rsquo;extrémité des tendons. Pour la combler, il faut que les dents veuillent trancher les tendons et que les ongles veuillent percer les os. Si l\u0026rsquo;on est ainsi, les quatre extrémités sont comblées ; comblées, le souffle se comble de lui-même. Y aura-t-il alors un vide qui n\u0026rsquo;est pas plein, ou un plein qui reste vide ?\nCinquième traité — Les cinq organes et leurs correspondances 第五章　五、要論\nCinquième traité (sur les cinq organes et leurs associations).\n今夫捶以言勢，勢以言氣，人得五臟以成形，即由五臟而生氣，五臟實為生性之源，生氣之本，而名為心、肝、脾、肺、腎是也，心為火，而有炎上之象，肝為木，而有曲直之形，脾為土，而有敦厚之勢，肺為金，而有縱革之能，腎為水，而有潤下之功，此乃五臟之義，而必準之于氣者，以其各有所配合焉，此所以論武事者，要不能離乎斯也，胸膈為肺經之位，而為諸臟之華蓋，故肺經動而諸臟不能靜，兩乳之中為心，而肺包護之，肺之下，胃之上，心經之位也，心為君火，動而相火無不奉合也，而兩肋之間，左為肝，右為脾，背脊十四骨節，皆為腎，此固五臟之位，然五臟之系，皆系于背脊，通于腎髓，故為腎，至于腰，則兩腎之本位，而為先天之第一，尤為諸臟之根源，故腐水足而金木水火土咸有生機，此乃五臟之位也，且五臟之存于內者，各有其定位，而具于身者，亦自有所專屬，領頂腦骨背腎是也，兩耳亦為腎，兩唇，兩腮皆脾也，兩發則為肺，天庭為六陽之首，而萃五臟之精華，實為頭面之主腦，不啻一身之座督矣，印堂者，陽明胃氣之衝，天庭性起，機由此達，生發之氣，由腎而達于六陽，實為天庭之樞機也，兩目皆為肝，而究之上包，為脾，下包為胃，大角為心經，小角為小腸，白則為肺，黑則為肝，瞳則為腎，實為五臟之精華所聚，而不得專謂之肝也，鼻孔為肺，兩頤為腎，耳門之前為膽經，耳后之高骨，亦腎也，鼻為中央之土，萬物資生之源，實中氣之主也，人中為血氣之會，上衝印堂，達于天庭，亦為至要之所，兩唇之下為承漿，承漿之下為地閣，上與天庭相應，亦腎經位也，領頂頸項者，五臟之道途氣血之總會，前為食氣出入之道，后為腎氣升降之途，肝氣由之而左旋，脾氣由之而右旋，其系更重，而為周身之要領，兩乳為肝，兩肩為肺，兩肘為腎，四肢為脾，兩肩背膊皆為脾，而十指則為心、肝、脾、肺、腎是也，膝與脛皆腎也，兩脚根為腎之要，涌泉為腎穴，大約身之所系，心者為心，窩者為肺，骨之露處皆為腎，筋之聯處皆為肝，肉之厚處皆為脾，象其意，心如猛虎，肝如箭，脾氣力大甚無窮，肝經之位最靈變，腎氣之動快如風，其為用也，用其經，舉凡身之所屬于某經者，終不能無意焉，是在當局者自為體認，而非筆墨所能為者也，至于生克制化，雖別有論，而究其要領，自有統會，五行百體，總為一元，四體三心合為一氣，奚必昭昭于某一經絡節節而為之哉。\nLa boxe parle de postures, et les postures parlent du souffle. L\u0026rsquo;homme reçoit des cinq organes pour se former, et c\u0026rsquo;est des cinq organes que naît le souffle. Les cinq organes sont la source de la nature vitale et la racine du souffle : ce sont le cœur, le foie, la rate, les poumons et les reins. Le cœur est le feu, avec la figure qui flambe en haut ; le foie est le bois, avec la forme qui se plie et s\u0026rsquo;étend ; la rate est la terre, avec la masse épaisse ; les poumons sont le métal, avec la faculté d\u0026rsquo;obéir et de bouleverser ; les reins sont l\u0026rsquo;eau, avec l\u0026rsquo;œuvre d\u0026rsquo;humidifier vers le bas. Telles sont les significations des cinq organes, qui doivent se régler sur le souffle, parce qu\u0026rsquo;ils ont chacun leur couple. Voilà pourquoi celui qui disserte des arts martiaux ne saurait s\u0026rsquo;en écarter. Le diaphragme est le siège du méridien des poumons, et le baldaquin des autres organes : quand le méridien des poumons bouge, les autres organes ne peuvent rester immobiles. Entre les deux seins est le cœur, que les poumons enveloppent et protègent. Sous les poumons et au-dessus de l\u0026rsquo;estomac est le siège du méridien du cœur. Le cœur est le feu souverain : quand il bouge, tous les feux ministres s\u0026rsquo;accordent à lui. Entre les deux côtes, à gauche est le foie, à droite la rate. Les os du dos et les vertèbres sont tous les reins. Telle est la position des cinq organes ; mais leurs liens tiennent tous à l\u0026rsquo;épine, communiquant à la moelle des reins — aussi les compte-t-on aux reins. Quant à la région lombaire, elle est le propre siège des deux reins, premier des pré-natals et racine des autres organes : quand l\u0026rsquo;eau des reins abonde, l\u0026rsquo;or, le bois, l\u0026rsquo;eau, le feu et la terre ont tous leur vitalité. Voilà la position des cinq organes. Mais ces organes, cachés au-dedans, ont chacun leur place fixe, et, manifestés au-dehors, ont chacun leur attribut. Le col, la tête, le crâne, le dos, les reins, voilà les reins ; les deux oreilles aussi sont les reins ; les deux lèvres et les deux joues sont la rate ; les cheveux sont les poumons. Le front (tianting) est la tête des six yang et rassemble l\u0026rsquo;essence des cinq organes : il est le maître de la face, pas moins que le gouverneur du corps entier. Le point yintang (entre les sourcils) est l\u0026rsquo;assaut du souffle gastrique yangming — quand la nature se lève au tianting, c\u0026rsquo;est que le ressort vient de là ; et le souffle génératif, des reins aux six yang, a au tianting son axe. Les deux yeux sont le foie, mais à l\u0026rsquo;examen, la paupière supérieure est la rate, l\u0026rsquo;inférieure l\u0026rsquo;estomac, le coin interne le méridien du cœur, le coin externe l\u0026rsquo;intestin grêle ; le blanc est les poumons, le noir le foie, la prunelle les reins — en vérité c\u0026rsquo;est le lieu où s\u0026rsquo;amasse l\u0026rsquo;essence des cinq organes, et non le seul foie. Les narines sont les poumons, les deux mâchoires les reins, la facette antérieure de l\u0026rsquo;oreille le méridien de la vésicule biliaire, et l\u0026rsquo;éminence derrière l\u0026rsquo;oreille aussi les reins. Le nez est la terre du centre, source où tous êtres s\u0026rsquo;alimentent, maître du souffle central. Le renzhong (sillon naso-labial) est le rendez-vous du sang et du souffle : il monte au yintang et gagne le tianting, et est aussi un lieu fort important. Sous les deux lèvres est le chengjiang, sous lequel est le dige : l\u0026rsquo;un et l\u0026rsquo;autre, répondant au tianting, sont aussi du méridien des reins. Le col, la tête, la nuque forment les voies des cinq organes et le rassemblement du sang et du souffle : devant, les chemins des aliments et de l\u0026rsquo;air ; derrière, la voie où le souffle des reins monte et descend. Le souffle du foie tourne à gauche par elles, celui de la rate à droite ; leurs attaches sont d\u0026rsquo;autant plus importantes, étant le gouvernail de tout le corps. Les deux seins sont le foie, les deux épaules les poumons, les deux coudes les reins, les quatre membres la rate, et les muscles des épaules et du dos aussi la rate ; les dix doigts sont le cœur, le foie, la rate, les poumons et les reins. Les genoux et les tibias sont les reins, les talons sont l\u0026rsquo;important des reins, le point yongquan (« source jaillissante ») étant le trou des reins. En général, dans le corps : ce qui est cœur est le cœur, ce qui est creux est les poumons, les lieux où les os paraissent sont les reins, ceux où les tendons s\u0026rsquo;attachent sont le foie, ceux où la chair est épaisse sont la rate. À figurer leurs intentions : le cœur est comme un tigre furieux, le foie comme une flèche, la force de la rate est grande et inépuisable, le méridien du foie est le plus changeant, et le souffle des reins se meut vite comme le vent. Pour s\u0026rsquo;en servir, on use de ses méridiens, et partout où le corps appartient à un méridien, on ne peut agir sans y mettre l\u0026rsquo;intention ; mais c\u0026rsquo;est à l\u0026rsquo;homme de le reconnaître en lui-même, non aux paroles écrites de le rendre. Quant à leur génération et leur domination, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;objet d\u0026rsquo;un autre discours ; mais à en saisir le principe, tout se rassemble. Les cinq organes et les cent membres ne font qu\u0026rsquo;un seul principe ; les quatre membres et les trois centres (xin, 心; la paume, la plante et le cœur) s\u0026rsquo;unissent en un seul souffle. Pourquoi s\u0026rsquo;attarder méticuleusement à chaque méridien et à chaque articulation ?\nSixième traité — Les six unions 第六章　六、要論\nSixième traité (sur les six unions).\n心與意合，意與氣合，氣與力合，內三合也，手與足合，肘與膝合，肩與胯合，外三合也，此為六合，左手與右足相合，左肘與右膝相合，左肩與右胯相合，右之與左以然，以及頭與手合，手與身合，身與步合，孰非外合，心與眼合，肝與筋合，脾與肉合，肺與身合，腎與骨合，孰非內合，豈但六合而已哉，然此特分而言之也，總之一運而無不動，一合而無不合，五形百骸，悉用其中矣。\nL\u0026rsquo;esprit s\u0026rsquo;unit à l\u0026rsquo;intention, l\u0026rsquo;intention au souffle, le souffle à la force : voilà les trois unions internes. La main s\u0026rsquo;unit au pied, le coude au genou, l\u0026rsquo;épaule à la hanche : voilà les trois unions externes. Ensemble, ce sont les six unions. La main gauche s\u0026rsquo;unit au pied droit, le coude gauche au genou droit, l\u0026rsquo;épaule gauche à la hanche droite, et de même pour le gauche avec le droit. De plus, la tête s\u0026rsquo;unit à la main, la main au corps, le corps au pas — ne sont-ce pas des unions externes ? L\u0026rsquo;esprit s\u0026rsquo;unit à l\u0026rsquo;œil, le foie aux tendons, la rate aux chairs, les poumons au corps, les reins aux os — ne sont-ce pas des unions internes ? Et ce ne sont pas seulement les six unions. Mais ce sont là dites par parties. En un mot : un seul mouvement entraîne tout mouvement, une seule union entraîne toute union, et les cinq formes et les cent membres y sont tous employés.\nSeptième traité — Les sept avancées 第七章　七、要論\nSeptième traité (sur les sept parties qui avancent).\n頭為六陽之首，而為周身之主，五官百骸，莫不惟此是賴，故頭不可不進也，手為先行，根基在膊，膊不進而手則却而不前矣，此所以膊貴于進也，氣聚中腕，機關在腰，腰不進，而氣則餒而不實矣，此所以腰貴于進也，意貫周身，運動在步，步不進而意則堂然無能為矣，此所以步必取其進也，以及上左必須進右，上右必須進左，其為七進，孰非所以著力之地歟，而要之未及其進，合周身而毫無關動之意，一言其進，統全體而俱無抽扯游移之形。\nLa tête est la tête des six yang et le maître de tout le corps ; les cinq sens et les cent membres comptent tous sur elle. Aussi la tête doit-elle avancer. La main va la première, mais sa racine est dans l\u0026rsquo;avant-bras : si l\u0026rsquo;avant-bras n\u0026rsquo;avance pas, la main recule et ne peut avancer — voilà pourquoi l\u0026rsquo;avant-bras doit avancer. Le souffle s\u0026rsquo;amasse au zhongwan (l\u0026rsquo;estomac), mais le ressort est à la taille : si la taille n\u0026rsquo;avance pas, le souffle faiblit et n\u0026rsquo;est pas plein — voilà pourquoi la taille doit avancer. L\u0026rsquo;intention traverse tout le corps, mais le mouvement est dans le pas : si le pas n\u0026rsquo;avance pas, l\u0026rsquo;intention vaine ne peut rien — voilà pourquoi le pas doit avancer. Et de même, monter la gauche exige d\u0026rsquo;avancer la droite, monter la droite exige d\u0026rsquo;avancer la gauche. Voilà les sept avancées, et toutes sont des lieux où l\u0026rsquo;on applique la force. En résumé, avant d\u0026rsquo;avancer, tout le corps est sans la moindre idée de mouvement ; à l\u0026rsquo;instant de dire « avance », tout l\u0026rsquo;ensemble va sans tiraillement ni flottement.\nHuitième traité — Les méthodes du corps 第八章　八、要論\nHuitième traité (sur les méthodes du corps).\n身法維何，縱橫高低，進退反側而已，縱則放其勢，一往而不返，橫則裹其力，開拓而莫阻，高則揚其身，而身若有增長之勢，低則抑其身，而身若有攢捉之形，當進則進，殫其身而勇往直冲，當退則退，領其氣而回轉伏勢，至于反身顧后，后即前也，側顧左右，使左右無敢當我，而要非拘拘焉為之也，必先察人之強弱，運我之機關，有忽縱而忽橫，縱橫因勢而變遷，不可一概而推，有忽高而忽低，高低隨時以轉移，不可執格而論，時而宜進，故不可退而餒其氣，時而宜退，即當以退，而鼓其進，是進固進也，即退而亦實以賴其進，若返身顧后，顧其后而以不覺其為后，側顧左右，而左右以不覺其為左右矣，總之機關在眼，變通在心，而握其要者，則本諸身，身而前，則四體不令而行矣，身而却，則百骸莫不冥然而處矣，身法顧可置而不論乎。\nQuelles sont les méthodes du corps ? La verticale et l\u0026rsquo;horizontale, le haut et le bas, l\u0026rsquo;avance et le recul, le demi-tour et les côtés, et c\u0026rsquo;est tout. La verticale (zong) déploie la posture et la lance sans retour ; l\u0026rsquo;horizontale (heng) embrasse la force et l\u0026rsquo;étend sans obstacle. Le haut élève le corps, comme s\u0026rsquo;il grandissait ; le bas le fait se ramasser en posture de repli. Quand il faut avancer, on va droit à l\u0026rsquo;ennemi, de tout son corps, courageusement ; quand il faut reculer, on recule, menant son souffle et tournant en posture oblique. Quant à se retourner pour considérer le dos, ce qui était derrière devient devant ; quant à regarder à gauche et à droite, que nul n\u0026rsquo;ose m\u0026rsquo;attaquer de côté. Mais il ne faut point s\u0026rsquo;y tenir de façon rigide : on doit d\u0026rsquo;abord observer la force ou la faiblesse de l\u0026rsquo;adversaire et déployer mes ressorts. Tantôt verticale, tantôt horizontale, la verticale et l\u0026rsquo;horizontale changent selon la situation, et ne se laissent pas toutes prévoir ; tantôt haut, tantôt bas, le haut et le bas se déplacent selon le moment, et ne se laissent pas figer en règle. Quand il convient d\u0026rsquo;avancer, on ne doit pas reculer et y perdre son souffle ; quand il convient de reculer, il faut reculer, et pourtant stimuler l\u0026rsquo;avancée. Avancer est vraiment avancer ; reculer est, en fait, se rendre utile à l\u0026rsquo;avancée. Si l\u0026rsquo;on se retourne pour regarder le dos, on le regarde sans le sentir comme un dos ; si l\u0026rsquo;on regarde les côtés, on ne les sent plus comme côtés. En un mot : les ressorts sont dans l\u0026rsquo;œil, l\u0026rsquo;adaptation dans le cœur, et qui tient la clef les fonde dans le corps : que le corps avance, et les quatre membres vont sans ordre ; que le corps recule, et les cent os se placent en silence. Les méthodes du corps, peut-on les laisser de côté ?\nNeuvième traité — Les principes des pas 第九章　九、要論\nNeuvième traité (sur les principes des pas).\n今夫五官百骸，主于動，而實運以步，步乃一身之根基，運動之樞紐也，以故應戰對敵，皆本諸身，而實所以為身之砥柱者，莫非步，隨機應變在于手，而所以為手之轉移者，以在步，進退反側，非步何以作鼓蕩之機抑揚伸縮，非步何以示變化之妙，所謂機關者在眼，變化者在心，而所以轉彎抹角，千變萬化，而不至于窘迫者，何莫非步為之司令歟，而要非勉強以致之也，動作出于無心，鼓舞出于不覺，身欲動而步以為之周旋，手將動而步以早為之催逼，不期然而然，莫之軀而軀，所謂上欲動而下自隨之者，其斯之謂歟，且步分前后，有定位者步也，然而無定位者以為步，如前步進焉，后步隨焉，前后自有定位，若以前步作后，后步作前，更以前步作后之前步，后步作前之后步，則前后以自然無定位矣，總之，拳以論勢，而握要者為步，活與不活，以在于步，靈與不靈，以在于步，步之為用大矣哉，捶名心意，心意者，意自心生，拳隨意發，總要知己知人，隨機應變，心氣一發，四肢皆動，足起有地，膝起有數，動轉有位，合膊望胯，三尖對照，心意氣內三相合，拳與足合，肘與膝合，肩與胯合，外三相合，手心足心本心三心一氣相合，遠不發手，捶打五尺以內，三尺以外，不論前后左右，一步一捶，發手以得人為準，以不見形為妙，發手快似風箭，響如雷崩，出沒遇象園，如生鳥入群籠之狀，單敵似巨炮推薄壁之勢，骨節帶勢，踴躍直吞，未曾交手，一氣當先，既入其手，靈動為妙，見孔不打，見橫打，見孔不立，見橫立，上中下總氣把定，身足手規矩繩束，既不望空起，亦不望空落，精明靈巧，全在于活，能去能就，能柔能剛，能進能退，不動如山岳，難知如陽陰，無窮如天地，充實如太倉，浩渺如四海，炫曜如三光，察來勢之機會，揣敵人之短長，靜以待動有法，動以處靜，借法容易上法難，還是上法最為先，交勇者不可思誤，思誤者寸步難行，起如箭攢落如風，隈催烹絕手摟手，皆合暗迷中，由路如閃電，兩邊撾防左右，反背如虎搜山，斬捶勇猛不可當，斬梢迎面取中堂，搶上搶下勢如虎，好似鷹下鷄場，翻江倒海不須忙，丹鳳朝陽才為強，雲背日月天地變，武藝相爭見短長，步路寸開把尺，劈面就去，上右腿，進左步此法前行，進人要進身，身手齊至是為真，發中有絕何從用，解明其意妙如神，鹞之鑽林麻著翅，鷹捉四平足存身，取勝四梢要聚齊，不勝必因合射心，計謀施運化，霹靂走精神，心毒稱上策，手眼方勝人，何謂閃，何謂進，進即閃，閃即進，不必遠求，何為打，何謂顧，顧即打，打即顧，發手便是，心如火藥，拳如子，靈機一動鳥難飛，身似弓弦手似箭，弦向鳥落見神奇，起手如閃電，閃電不及合眸，打人如迅雷，迅雷不及掩耳，五道本是五道關，無人把守自遮欄，左腮手過，右腮手去，右腮手過去，左腮手來，兩手束拳迎面出，五關之門關得嚴，拳從心內發，向鼻尖落，從足下起，足起快向心火作，五行金木水火土，火炎上而水就下，我有心肝脾肺腎，五行相推無錯誤。\nLes cinq sens et les cent membres sont gouvernés par le mouvement, et le mouvement est conduit par le pas. Le pas est la racine du corps et le pivot de son mouvement. Aussi, pour répondre au combat et affronter l\u0026rsquo;ennemi, tout est fondé sur le corps, mais ce qui lui sert de soutien, c\u0026rsquo;est le pas. S\u0026rsquo;adapter à l\u0026rsquo;occasion relève des mains, mais ce qui les déplace, c\u0026rsquo;est le pas. Avancer, reculer, se retourner, se couvrir : sans le pas, comment faire jouer le ressort ? Élever et abaisser, plier et étendre : sans le pas, comment montrer la merveille du changement ? On dit : les ressorts sont dans l\u0026rsquo;œil, les changements dans le cœur ; mais tourner, contourner, varier de mille manières sans être acculé, n\u0026rsquo;est-ce point le pas qui en est le général ? Il ne faut pourtant point y forcer. L\u0026rsquo;action naît sans intention, l\u0026rsquo;élan sans y penser. Le corps veut se mouvoir, et le pas le sert en tournant ; la main va se mouvoir, et le pas la hâte d\u0026rsquo;avance. Cela arrive sans qu\u0026rsquo;on l\u0026rsquo;attende, se meut sans qu\u0026rsquo;on le pousse : c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on dit de « haut qui veut bouger, bas qui suit de soi-même ». De plus, le pas se divise en avant et arrière ; ce qui a une position fixe, c\u0026rsquo;est le pas. Mais il y a un pas sans position fixe : quand le pas de devant avance et que celui d\u0026rsquo;arrière suit, l\u0026rsquo;avant et l\u0026rsquo;arrière ont naturellement leur position ; mais si l\u0026rsquo;on fait du pas de devant l\u0026rsquo;arrière et du pas d\u0026rsquo;arrière le devant, ou si le pas de devant devient l\u0026rsquo;arrière par le pas d\u0026rsquo;arrière, et l\u0026rsquo;arrière le devant par le pas de devant, alors l\u0026rsquo;avant et l\u0026rsquo;arrière n\u0026rsquo;ont plus naturellement de position fixe. En un mot, la boxe parle de postures, mais ce qui en tient la clef, c\u0026rsquo;est le pas ; être vif ou non, c\u0026rsquo;est le pas ; être agile ou non, c\u0026rsquo;est le pas. Que l\u0026rsquo;usage du pas est grand ! Cette boxe s\u0026rsquo;appelle xinyi (« esprit et intention ») — xinyi : l\u0026rsquo;intention naît du cœur, et le poing part à sa suite. Il faut toujours se connaître et connaître l\u0026rsquo;autre, s\u0026rsquo;adapter à la circonstance. Le cœur et le souffle s\u0026rsquo;élancent, et les quatre membres se meuvent ; le pied qui se soulève a son lieu, le genou qui se lève a son compte, le tour a sa position. Accorde l\u0026rsquo;épaule et la hanche ; les trois pointes se correspondent. L\u0026rsquo;esprit, l\u0026rsquo;intention et le souffle, dans les trois unions internes ; le poing et le pied, le coude et le genou, l\u0026rsquo;épaule et la hanche, dans les trois unions externes. La paume, la plante du pied et la poitrine : ces trois centres s\u0026rsquo;unissent en un seul souffle. On ne porte pas la main de trop loin : le poing frappe dans les cinq pieds (1,5 m), hors de trois pieds (0,9 m) ; avant ou arrière, gauche ou droite, un pas, un poing. Porter la main a pour règle d\u0026rsquo;atteindre l\u0026rsquo;homme, et pour merveille de ne point montrer sa forme. La main part vite comme le vent ou la flèche, éclate comme le tonnerre ou l\u0026rsquo;éboulis ; elle apparaît et disparaît selon l\u0026rsquo;occasion, comme l\u0026rsquo;oiseau vivant dans le coupe des grues ; contre un seul ennemi, comme un grand canon qui abat une mince muraille. Les articulations portent la posture, l\u0026rsquo;on bondit pour dévorer. Avant le contact, un seul souffle va devant ; dès qu\u0026rsquo;on est à sa main, l\u0026rsquo;agilité est la merveille. Ne frappe pas à la vue d\u0026rsquo;un vide ; à la vue d\u0026rsquo;une ligne traversante, frappe. Ne te campe pas à la vue d\u0026rsquo;un vide ; à la vue d\u0026rsquo;une ligne traversante, campe-toi. Au haut, au milieu, au bas, tiens le souffle tout entier ; corps, pieds et mains, sois lié comme une règle. Ne te lève point vers le vide, ne t\u0026rsquo;abaisse point vers le vide. La netteté et la dextérité tiennent toutes dans la souplesse : savoir s\u0026rsquo;éloigner et s\u0026rsquo;approcher, être souple et être dur, avancer et reculer. Immobile comme un mont, insaisissable comme le yin et le yang, infini comme le ciel et la terre, plein comme le grenier impérial, vaste comme les quatre mers, éclatant comme les trois luminaires. Observe l\u0026rsquo;occasion dans l\u0026rsquo;élan qui vient, pèse les défauts et les qualités de l\u0026rsquo;ennemi. Attendre le mouvement dans le calme est une méthode ; en mouvement, traiter la situation. Emprunter la méthode est aisé ; s\u0026rsquo;élever au-dessus de la méthode est difficile, et c\u0026rsquo;est pourtant le premier soin. Au combat contre un vaillant, ne te trompe point en songeant : qui songe à se tromper ne fait pas un pas. Se lever comme une flèche, retomber comme le vent. Pressé, épuise-le, coupe et enlace ses mains : tout se fait dans l\u0026rsquo;obscurité. Le chemin est comme l\u0026rsquo;éclair ; aux deux côtés, garde-toi de gauche et de droite ; retourné, cherche comme un tigre dans la montagne. Frappe et tranche avec vaillance, impossible à contenir ; tranche les extrémités et va de face saisir le milieu. Monter et descendre comme un tigre, comme un aigle qui tombe sur un poulailler. « Bouleverser le fleuve et retourner la mer » sans se hâter ; « le phénix face au soleil » donne la force. Les nuées couvrent le soleil et la lune, le ciel et la terre changent ; à la lutte des arts, on voit le fort et le faible. Le pas : un pouce d\u0026rsquo;ouverture, une main de long ; on va droit au visage. Monter la jambe droite, avancer le pas gauche : telle est la marche. Pour entrer dans l\u0026rsquo;homme, il faut entrer avec le corps ; que le corps et la main arrivent ensemble, voilà le vrai. Il y a dans l\u0026rsquo;envoi un « absolu » ; comment l\u0026rsquo;employer ? Qu\u0026rsquo;on comprenne son sens, et il est miraculeux. L\u0026rsquo;épervier perce la forêt sans que ses ailes trébuchent ; l\u0026rsquo;aigle saisit en gardant l\u0026rsquo;équilibre des quatre points, les pieds sauvant le corps. Pour vaincre, il faut que les quatre extrémités se rassemblent ; si l\u0026rsquo;on ne vainc point, c\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;on a livré son centre. Disposer les ruses, mener l\u0026rsquo;esprit comme la foudre ; avoir le cœur cruel est la première ruse, et alors la main et l\u0026rsquo;œil l\u0026rsquo;emportent sur l\u0026rsquo;homme. Qu\u0026rsquo;est-ce qu\u0026rsquo;esquiver ? qu\u0026rsquo;est-ce qu\u0026rsquo;avancer ? Avancer est esquiver, esquiver est avancer ; point n\u0026rsquo;est d\u0026rsquo;aller chercher loin. Qu\u0026rsquo;est-ce que frapper ? qu\u0026rsquo;est-ce que se couvrir ? Se couvrir est frapper, frapper est se couvrir ; porter la main, et c\u0026rsquo;est fait. Le cœur est comme la poudre, le poing comme la balle : le ressort a bougé, et l\u0026rsquo;oiseau ne peut fuir. Le corps comme la corde, la main comme la flèche : la corde claque, l\u0026rsquo;oiseau tombe, merveille. Lever la main comme l\u0026rsquo;éclair : l\u0026rsquo;éclair n\u0026rsquo;attend pas que l\u0026rsquo;œil se ferme. Frapper l\u0026rsquo;homme comme le tonnerre : le tonnerre n\u0026rsquo;attend pas que l\u0026rsquo;oreille se couvre. Les cinq voies sont cinq passes : nul ne les garde, et pourtant elles se ferment d\u0026rsquo;elles-mêmes. La main gauche couvre la joue gauche, la droite va à la droite ; la droite passée, la gauche vient. Les deux mains serrées en poings se portent de face, et les portes des cinq passes sont bien closes. Le poing part du cœur et tombe à la pointe du nez ; il s\u0026rsquo;élève du regard du pied, le pied se levant vite comme le feu du cœur. Les cinq éléments : le métal, le bois, l\u0026rsquo;eau, le feu, la terre ; le feu flambe en haut, l\u0026rsquo;eau court en bas. J\u0026rsquo;ai le cœur, le foie, la rate, les poumons, les reins ; les cinq éléments se poussent l\u0026rsquo;un l\u0026rsquo;autre sans erreur.\nDixième traité — Méthodes de combat 第十章　十、交手法\nDixième traité — Méthodes de combat.\n占右進左，占左進右，發步時足根先著地，脚以十趾抓地，步要穩當，身要莊重，捶沉實而有骨力，去是撤手，著人成拳，用拳要卷緊，用把把有氣，上下氣要均停，出入以心為主宰，眼手足隨之去，不貪不歉，不即不離，肘落肘窩，手落手窩，右足當先，膊尖向前，此是換步，拳從心發，以身力催手，手以心把，心以手把，進人進步，一步一捶，一支動，百支俱隨，發中有絕，一握渾身皆握，一伸渾身皆伸，伸要伸得進，握要握得根，如卷炮，卷得緊，崩得有力，不拘提打，按打、烘打、旋打、斬打、冲打、錛打、肘打、膊打、胯掌打、頭打、進步打、退步打、順步打、橫步打，以及前后左右上下百般打法，皆要一氣相隨，出手先占正門，此之謂巧，骨節要對，不對則無力，手把要靈，不靈則生變，發手要快，不快則遲誤，舉手要活，不活則不快，打手要跟，不跟則不濟，存心要毒，不毒則不準，脚手要活，不活則擔險，存心要精，不精則受愚，發作要鷹捉勇猛，外皮膽大，機要熟運，還勿畏懼運疑，心小膽大，面善心惡，靜似書生，動如雷發，人之來勢，以當審察，脚踢頭歪，拳打膊體，窄身進步，仗身起發，斜行換步，攔打倒身，抬腿伸發，脚指東顧，須防西殺，上虛下必實著，跪敲指不勝屈，靈機自揣摩，手急打手慢，俗言即是其真的確，起望落，落望起，起落要相隨，身手齊到是為真，翦子股望眉斬，加上反背如虎搜山，三尺羅衣挂在無影樹上，起手如閃電，打下如迅雷，雨行風，鷹捉兔，鷂鑽林，鷄摸鵝，摸塌地，起手時，三心相對，不動如書生，動之如龍虎，遠不發手打，雙手雙心打，右來右迎，此為捷取，遠了便上手，近了便加肘，遠了便脚踢，近了便加膝，遠近宜知，拳打踢膀，頭歪把勢，審人能叫一思進，有意莫帶形，帶形必不贏，捷取入法，審顧地形，拳打上風，手要急，足要輕，把勢走動如貓行，心要正，目聚精，手足齊到定要贏，若是手到步不到，打人不得妙，手到步也到，打人如拔草，上打咽喉下打陰，左右兩肋在中心，前打一丈不為遠，近者只在一寸間，身動時如崩牆倒，脚落時如樹栽根，手起如炮直冲，身要如活蛇，擊首則尾應，擊尾則首應，擊中節而首尾皆相應，打前要顧后，知進須知退，心動快似馬，腎動速如風，操演時面前如有人，交手時有人如無人，起前手，后手緊催，起前脚，后脚緊跟，面前有手不見手，胸前有肘不見肘，如見空不打，見空不上，拳不打空起，亦不打空落，手起足要落，足落手要起，心要占先，意要勝人，身要攻人，步要過人，前腿似跏，后腿似鎮，首要仰起，胸要現起，腰要長起，丹田要運氣，自頂至足，要一氣相貫，膽戰心寒，必不能取勝，未能察言觀色者，必不能防人，必不能先動，先動為師，后動為弟，能叫一思進，莫教一思退，三節要停，三尖要照，四梢要齊，明了三心多一力，明了三節多一方，明了四梢多一精，明了五行多一氣，明了三節，不貪不歉，起落進退多變，三回九轉是一勢，總要一心為主宰，總乎五行，運乎二氣，時時操演，勿誤朝夕，盤打時而勉強，工用久而自然，誠哉是言，豈虛語哉。\nPrends la droite pour avancer la gauche, prends la gauche pour avancer la droite. Au départ du pas, le talon touche d\u0026rsquo;abord le sol, puis les dix orteils étreignent la terre ; le pas veut être assuré, le corps grave et digne. Le poing est lourd et plein, avec la force d\u0026rsquo;os ; en partant, la main se déploie ; en touchant, elle se fait poing. Le poing se roule fort et la saisie a du souffle. Le souffle du haut et du bas doit être égal ; l\u0026rsquo;envoi et le retour ont le cœur pour maître, l\u0026rsquo;œil, la main et le pied le suivent, sans excès ni défaut, ni s\u0026rsquo;éloigner ni se coller. Le coude s\u0026rsquo;abaisse dans le creux du coude, la main dans le creux de la main ; le pied droit va devant, la pointe du bras en avant : c\u0026rsquo;est le changement de pas. Le poing part du cœur, et la force du corps pousse la main ; la main saisit par le cœur, le cœur saisit par la main. Entrer dans l\u0026rsquo;homme, avancer le pas : un pas, un poing ; un membre bouge, et les cent membres le suivent. Dans l\u0026rsquo;envoi, il y a le « absolu » : un même serrement fait se serrer tout le corps, un même étirement fait s\u0026rsquo;étirer tout le corps. Étire-toi pour bien pénétrer, serre pour toucher la racine ; comme une cartouche bien bourrée : serrée fortement, elle éclate avec force. Quelle que soit la nature du coup — lever, presser, cuire, tourner, trancher, pousser, tailler, donner du coude, de l\u0026rsquo;épaule, de la hanche, de la paume, de la tête, en avançant, en reculant, en pas naturel, en pas traversé, et devant, derrière, gauche, droite, haut, bas, les cent sortes de coups — il faut que le souffle les accompagne. Porter la main et d\u0026rsquo;abord saisir la porte principale : voilà la finesse. Les articulations veulent être alignées ; sinon, point de force. La poigne veut être souple ; sinon, il y a changement et fuite. L\u0026rsquo;envoi veut être vif ; sinon, il est en retard. Lever la main veut de la vivacité ; sinon, point de vitesse. Frapper veut être suivi ; sinon, rien ne va. Le cœur voulu cruel ; sinon, point de justesse. Les mains et les pieds veulent être vifs ; sinon, danger. L\u0026rsquo;esprit veut être fin ; sinon, on est trompé. À l\u0026rsquo;action, sois féroce comme l\u0026rsquo;aigle qui saisit ; la peau dehors, la hardiesse dedans. Le ressort veut être bien manié ; ne crains ni n\u0026rsquo;hésite. Cœur petit (prudent), courage grand ; visage aimable, cœur cruel. Au repos comme un lettré, en action comme la foudre qui éclate. L\u0026rsquo;élan de l\u0026rsquo;adversaire, il faut l\u0026rsquo;examiner : s\u0026rsquo;il penche la tête, il va frapper du pied ; si l\u0026rsquo;épaule bouge, il va frapper du poing ; s\u0026rsquo;il amincit le corps, il va avancer d\u0026rsquo;un pas ; s\u0026rsquo;il s\u0026rsquo;appuie, il va bondir ; s\u0026rsquo;il marche en biais, il va changer de pas ; s\u0026rsquo;il arrête et frappe, il va s\u0026rsquo;abaisser ; s\u0026rsquo;il lève la jambe, il va détendre le coup. Les pieds pointés à l\u0026rsquo;est, garde-toi du meurtre à l\u0026rsquo;ouest. En haut vide, en bas il faut qu\u0026rsquo;il y ait du réel. Les coups des jets et de poing sont innombrables ; le ressort à soi, on le rumine. La main prompte bat la main lente : le proverbe dit le vrai et l\u0026rsquo;exact. Le lever attend la chute, la chute attend le lever ; lever et chute se suivent. Que le corps et la main arrivent ensemble, voilà le vrai. En ciseaux de cuisses (les cuisses serrées), vise sourcil et coupe ; retourné, cherche comme un tigre la montagne. La robe de trois pieds suspendue à l\u0026rsquo;arbre sans ombre. Lever la main comme l\u0026rsquo;éclair, frapper comme le tonnerre soudain ; le vent qui pousse la pluie, l\u0026rsquo;aigle qui saisit le lièvre, l\u0026rsquo;épervier qui perce la forêt, la poule qui doit l\u0026rsquo;oie, toucher à terre en froissant. Au lever de la main, les trois centres se correspondent. Immobile comme un lettré ; en mouvement comme un dragon ou un tigre. De loin, on ne porte pas la main ; les deux mains et les deux centres frappent. Vient-il de droite ? fais face à droite ; c\u0026rsquo;est là prendre la voie du plus court. De loin, on emploie la main ; de près, on ajoute le coude. De loin, on frappe du pied ; de près, on ajoute le genou. Sache la distance. Le poing frappe et le pied, la tête s\u0026rsquo;incline et la posture ; examine l\u0026rsquo;homme pour te dire d\u0026rsquo;avancer — s\u0026rsquo;il y a intention, n\u0026rsquo;en montre pas la forme, car si tu montres la forme, tu ne gagnes pas. La rapide prise, c\u0026rsquo;est la méthode ; examine le terrain, frappe avec le vent en face. La main veut être prompte, le pied léger : la posture va comme le chat qui marche. Le cœur veut être droit, l\u0026rsquo;œil rassemble l\u0026rsquo;essence ; la main et le pied arrivent ensemble, et tu gagnes sûrement. Si la main arrive mais le pas n\u0026rsquo;arrive pas, tu ne frappes pas de la plus belle façon ; si la main et le pas arrivent ensemble, tu renverses l\u0026rsquo;homme comme on écarte l\u0026rsquo;herbe. En haut frappe la gorge, en bas les parties ; de côté, les côtes, au milieu, le centre. En avant, un zhang (3 m) n\u0026rsquo;est pas loin ; au plus près, un pouce. Le corps se meut comme un mur qui s\u0026rsquo;écroule ; le pied se plante comme l\u0026rsquo;arbre qui prend racine. La main se lève comme un canon qui tire droit ; le corps veut être comme le serpent vivant : frappe la tête, la queue répond ; frappe la queue, la tête répond ; frappe le milieu, la tête et la queue répondent ensemble. Frapper devant demande de veiller derrière ; savoir avancer, c\u0026rsquo;est devoir savoir reculer. Le cœur va vite comme le cheval, les reins vite comme le vent. À l\u0026rsquo;exercice, pense qu\u0026rsquo;il y a quelqu\u0026rsquo;un devant ; au combat, agis comme s\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;y avait personne. Lève la main de devant, la main d\u0026rsquo;arrière presse ; lève le pied de devant, le pied d\u0026rsquo;arrière suit de près. Devant toi, il y a une main, mais ne la vois pas ; devant ta poitrine, un coude, mais ne le vois pas. À la vue d\u0026rsquo;un vide, ne frappe point ; à la vue d\u0026rsquo;un vide, ne monte point. Le poing ne se lève pas vers le vide, ni ne retombe dans le vide. La main se lève, le pied doit tomber ; le pied tombe, la main doit se lever. Le cœur veut se mettre devant, l\u0026rsquo;intention vaincre l\u0026rsquo;homme, le corps attaquer l\u0026rsquo;homme, le pas passer l\u0026rsquo;homme. La jambe de devant comme appui, la jambe d\u0026rsquo;arrière comme socle. La tête veut se dresser, la poitrine s\u0026rsquo;ouvrir, la taille s\u0026rsquo;étirer, et le champ d\u0026rsquo;élixir faire circuler le souffle. Du sommet de la tête aux pieds, un seul souffle se traverse. Trembler de peur et avoir froid au cœur : cela ne gagne jamais. Qui ne sait point lire les paroles et le visage ne peut se défendre ni ne peut agir le premier. Qui agit le premier est le maître, qui agit après est l\u0026rsquo;élève. Puisses-tu te dire d\u0026rsquo;avancer, et ne jamais te dire de reculer. Les trois sections veulent être posées, les trois pointes se faire face, les quatre extrémités s\u0026rsquo;égaliser. Comprendre les trois centres donne une force de plus ; comprendre les trois sections, un moyen de plus ; comprendre les quatre extrémités, une essence de plus ; comprendre les cinq éléments, un souffle de plus. Comprendre que les trois sections n\u0026rsquo;excèdent ni ne défaillent rend le lever et le tomber, l\u0026rsquo;avance et le recul plus variés. Les trois retours et les neuf tournements ne sont qu\u0026rsquo;une seule posture ; il faut toujours un seul cœur pour maître, gouverner les cinq éléments, mouvoir les deux souffles. Exerce-toi à toute heure, ne manque ni le matin ni le soir. Au combat parfois l\u0026rsquo;effort est contraint ; mais le travail, avec le temps, devient naturel. Que ces paroles sont justes ! Sont-elles vaines ?\n按燕薊形意，傳自山右，而山右形意，傳自中州，是則形意拳譜之散見于大河南北者，亦勢使然也，惟是年久代遠，漫無統系，而筆墨傳抄，尤多訛錯，原家十篇，亦不足盡形意武術之全豹，然譜書全部既不可得，則此篇羽只鱗者，洵足寶已，余不敏，敢執此以為吾道賀。\nNote : le xingyi du Yan et du Ji (Hebei) fut transmis du Shanxi, et le xingyi du Shanxi du Pays du Milieu (Henan). Aussi est-il naturel que les manuels de xingyi se soient dispersés de part et d\u0026rsquo;autre du Fleuve Jaune. Mais les générations ont passé, sans fil d\u0026rsquo;ensemble, et la copie au pinceau a introduit bien des erreurs. Les dix articles de la famille Yuan, encore, ne suffisent pas à épuiser le xingyi tout entier. Puisqu\u0026rsquo;on ne peut obtenir le manuscrit complet, ces débris d\u0026rsquo;ailes et ces écailles sont assez précieux à garder. Sans mérite, je me permets de saisir ce livre pour féliciter notre voie.\n束鹿　李劍秋\n— Li Jianqiu, de Shulu.\nNotes du traducteur Li Jianqiu (李劍秋), natif de Shulu (束鹿, Hebei), enseigna le xingyi quan à l\u0026rsquo;université Tsinghua. Son manuel Xingyi quan shu (形意拳術) parut en 1919. Xingyi quan (形意拳, « boxe de la forme et de l\u0026rsquo;intention ») : aussi dit xinyi quan (心意拳). La tradition en fait remonter la création au général Yue Fei. L\u0026rsquo;ouvrage expose la boxe des cinq éléments (wu xing quan, 五行拳) — pi (劈, fendre), beng (崩, éboulis), zuan (攢, percer), pao (炮, canon), heng (橫, traverser) — et le poing continu (lianhuan quan, 連環拳). Les dix traités de l\u0026rsquo;annexe, attribués à Yue Fei, sont un texte classique du xingyi (treatises on essentials, 要論). Le traducteur a rendu les termes techniques — dantian (丹田), jin (勁), shao (梢) — en pinyin ou en français selon le contexte. Le texte chinois est reproduit tel qu\u0026rsquo;il apparaît dans l\u0026rsquo;édition citée ; certaines phrases de l\u0026rsquo;annexe sont volontairement elliptiques ou corrompues, comme l\u0026rsquo;auteur lui-même le signale. Source du texte chinois : Li Jianqiu, Xingyi quan shu (形意拳術, « L\u0026rsquo;Art du xingyi quan »), 1919. Texte dans le domaine public. Texte chinois reproduit depuis l\u0026rsquo;article « THE XINGYI MANUAL OF LI JIANQIU » de Paul Brennan (Brennan Translation, février 2013) : https://brennantranslation.wordpress.com/2013/02/23/the-xingyi-manual-of-li-jianqiu/ . La traduction française est une nouvelle traduction réalisée directement à partir de l\u0026rsquo;original chinois pour ce site ; elle ne reprend pas la traduction anglaise de Paul Brennan. L\u0026rsquo;article d\u0026rsquo;origine de Brennan ne contient pas de reproduction de pages du texte chinois original.\n","permalink":"https://classiques-martiaux-chinois.pages.dev/posts/xingyi-quan-shu-li-jianqiu/","summary":"\u003cp\u003eLe \u003cem\u003eXingyi quan shu\u003c/em\u003e (形意拳術, « L\u0026rsquo;Art du xingyi quan ») est l\u0026rsquo;œuvre de\n\u003cstrong\u003eLi Jianqiu\u003c/strong\u003e (李劍秋), maître de Shulu (束鹿, au Hebei) qui enseigna\nlongtemps à l\u0026rsquo;université Tsinghua. Composé en 1919 (huitième année de la\nRépublique), ce manuel est un classique de la boxe de la forme et de\nl\u0026rsquo;intention (\u003cem\u003exingyi quan\u003c/em\u003e, 形意拳). L\u0026rsquo;auteur y retrace la transmission de\nl\u0026rsquo;art depuis le moine Damo et Yue Fei, puis expose la théorie des « cinq\néléments » (\u003cem\u003ewu xing quan\u003c/em\u003e, 五行拳) et du « poing continu » (\u003cem\u003elianhuan quan\u003c/em\u003e,\n連環拳), et reproduit en annexe les dix traités essentiels attribués à Yue Fei.\u003c/p\u003e\n\u003cp\u003eLe texte chinois, publié il y a plus d\u0026rsquo;un siècle, est dans le domaine public.\nLa présente traduction française a été réalisée directement à partir de\nl\u0026rsquo;original chinois.\u003c/p\u003e","title":"L'Art du Xingyi quan (形意拳術) de Li Jianqiu"},{"content":"Le Quanshu jiben (拳術基本, « Fondamentaux de la boxe ») — dont le manuel illustré du Tan tui (潭腿圖說, « Illustrations et explications du Tan tui ») forme la matière — est un ouvrage publié en mai 1917 (la sixième année de la République) par la Bibliothèque chinoise de Shanghai. Les enchaînements y sont exécutés par He Guangxian (何光銑), le texte compilé par Hu Jian (胡健), et les figures dessinées par Xu Beihong (徐悲鴻), alors âgé d\u0026rsquo;une vingtaine d\u0026rsquo;années et futur grand peintre ; les caractères du titre sont de Huang Yanpei (黃炎培).\nLe Tan tui (« jambes de Tan » / « jambes de l\u0026rsquo;étang ») est l\u0026rsquo;exercice fondamental de la boxe du Nord (北派). Ce manuel, né dans le cadre du cours de boxe de l\u0026rsquo;Institut d\u0026rsquo;éducation physique de l\u0026rsquo;Association éducative du Jiangsu, connut dès 1923 son septième tirage. Le texte chinois original, publié il y a plus d\u0026rsquo;un siècle, est dans le domaine public.\nPréface de Ling Rongqi (序) 英人戈登嘗謂中國之民耐勞易使教練成軍可為世界極强之兵夫惟耐勞故易使然吾國之民奚由而有此耐勞之習慣則拳術為之也蓋拳術每路皆一氣呵成習之者興味盎然不樂中道自已而耐勞之習慣有莫之致而至矣惜自歐人挾其火器東漸以來吾國一再敗衂而拳術遂為社會所屏棄矣不知火器利於遠攻而不利於近戰狹巷短兵血肉相搏之際槍礮失其利而拳術神其用矣倭人之破斡羅思於遼東非謂以柔術制勝乎柔術即吾國之拳術之一部分彼實竊取吾國之奧秘而變換其名詞耳近者國人曉然於拳術為吾國絕技可以衞生可以保國行伍以之教練學校列於科目以圗保存此國粹矣惟此道向無專書足資學者自修識者憾之江蘇省教育會坿設體育傳習所有拳術一科吳興張君夢吉任其教練授以北派潭腿同學胡君少剛何君守白為之圗說學者以之自修可憑說按圗不費索解而自得也同學慫恿付之剞劂二君慨然允之是編一出行見洛陽紙貴為體育界大放光明焉江寧凌榮琪序於江蘇省教育會體育傳習所講舍\nL\u0026rsquo;Anglais Gordon disait que le peuple chinois est endurant et facile à conduire, et que, dressé en armée, il fournirait les soldats les plus forts du monde. C\u0026rsquo;est justement parce qu\u0026rsquo;il est endurant qu\u0026rsquo;il est facile à mener. Mais d\u0026rsquo;où nous vient cette habitude d\u0026rsquo;endurance ? De la boxe. Car chaque enchaînement de boxe est conduit d\u0026rsquo;un seul souffle ; celui qui le pratique prend goût à la chose, ne se plaît pas à s\u0026rsquo;arrêter en chemin, et l\u0026rsquo;endurance s\u0026rsquo;installe d\u0026rsquo;elle-même. Hélas, depuis que les Européens ont apporté leurs armes à feu vers l\u0026rsquo;Orient, notre pays a été battu à plusieurs reprises, et la boxe en est venue à être rejetée par la société. On ne comprend pas que les armes à feu sont avantageuses pour le tir à longue distance mais non pour le combat rapproché : au fond d\u0026rsquo;une ruelle, à portée de lame ou de corps, fusils et canons perdent leur efficacité, et c\u0026rsquo;est là que la boxe révèle tous ses usages. Quand les Japonais vainquirent les Russes à l\u0026rsquo;est du Liaodong [en 1905], ne fut-ce pas par le jujitsu ? Or le jujitsu n\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;une part de notre boxe : ils nous ont en réalité dérobé nos secrets et en ont changé les mots. Récemment, nos compatriotes ont compris que la boxe est un talent national, propre à préserver la santé et à défendre le pays ; l\u0026rsquo;armée l\u0026rsquo;emploie, les écoles en font une matière, afin de conserver ce joyau de la culture. Mais cette voie n\u0026rsquo;a jamais eu d\u0026rsquo;ouvrage complet pour l\u0026rsquo;étude autodidacte, et les clairvoyants le regrettent. L\u0026rsquo;Association éducative du Jiangsu a établi un Institut d\u0026rsquo;éducation physique, où figure un cours de boxe confié à M. Zhang Mengji de Wuxing, qui enseigne le Tan tui du Nord. Mes condisciples Hu Shaogang [Hu Jian] et He Shoubai [He Guangxian] en ont fait un manuel illustré, afin que les étudiants puissent s\u0026rsquo;instruire seuls : en s\u0026rsquo;appuyant sur ses explications et ses figures, on obtient la chose sans peine. Encouragés par leurs condisciples, les deux hommes ont bien voulu le confier à l\u0026rsquo;imprimeur. Dès sa sortie, ce recueil « fera monter le prix du papier à Luoyang » et apportera une grande lumière au monde de l\u0026rsquo;éducation physique. — Préface de Ling Rongqi de Jiangning, au bureau des conférences de l\u0026rsquo;Institut d\u0026rsquo;éducation physique de l\u0026rsquo;Association éducative du Jiangsu.\nPréface de Zhu Hongshou (序) 嘗讀世界進化史矣自近世紀以來世界各文明國無不崇尚武裝以為和平之後盾我國東亞病夫國之徽號方見誚於世界此何故耶殆不講求武藝學之弊耳不知我國武藝學發明最早後漢時有創俗家派之郭頥梁時印度達摩禪師傳教中邦著易筋洗髓二經以傳其徒衆名曰佛家派即近世盛稱之少林派也洪拳源於宋之太祖武當創自張三峯元明清代時有名家惜尚文輕武之風太盛而武藝遂不如前古之發達雖研究是藝者世不乏人大率皆草茅下賤既無統系記載可憑又無嫡派真傳可凖稍知門徑即仗藝陵人為社會害以致神聖之國粹將湮沒無聞者盖有故也武藝之起源乃以強健筋骨延長生命為目的故名之曰長生術非以搏人為主旨者也况武藝與生理在在攸關而我國武術界中向不知生理為何物每見習武藝者未入門徑身體已羸弱不堪此非武藝之弊乃教者不明生理無階級之教材故耳去嵗冬間江蘇省教育會諸君子知非尚武不足與世界強國相角逐於是有體育傳習所之設列武藝學為必修科聘請武藝學專家教授之入所學習者皆本省各縣之一時俊彥以平時教師所授編緝成書繪以圗像將付剞劂公之於世由傳習所學員黃警頑君問序於余余雖於此道研究二十餘年為政學醫各務所覊未能專心於此故學術空疏識見膚淺又拙於文何敢為序固辭不獲述其所知如右\nJ\u0026rsquo;ai lu l\u0026rsquo;histoire de l\u0026rsquo;évolution du monde. Depuis le début de l\u0026rsquo;ère moderne, toutes les nations civilisées prisent les armes, comme rempart de la paix ; nous, les Chinois, portons le surnom d\u0026rsquo;« homme malade de l\u0026rsquo;Asie », et le monde entier se gausse de nous. Pourquoi ? C\u0026rsquo;est la noire négligence des études martiales ; on n\u0026rsquo;a point compris que la science des arts martiaux fut chez nous la plus précoce. Sous les Han postérieurs, un dénommé Guo Yi créa l\u0026rsquo;école des laïques ; sous les Liang, le maître de méditation indien Damo transmit son enseignement au pays et écrivit les deux classiques Yijin jing et Xisui jing pour ses disciples : ce fut l\u0026rsquo;école bouddhique, la fameuse école Shaolin des temps modernes. Le hong quan vient de l\u0026rsquo;empereur Taizu des Song ; le Wudang fut fondé par Zhang Sanfeng. Sous les Yuan, les Ming et les Qing, il y eut des maîtres célèbres ; mais, hélas, la coutume de vénérer les lettres et de dédaigner les armes l\u0026rsquo;emporta, et les arts martiaux furent moins florissants qu\u0026rsquo;en des temps antiques. Bien que les praticiens n\u0026rsquo;aient jamais manqué, ils furent en général de basse origine : sans système consigné auquel se fier, ni lignée authentique à laquelle se référer, quiconque en savait un peu usait de son art pour rudoyer autrui, nuisant à la société ; aussi ce trésor sacré de la nation risque-t-il de sombrer dans l\u0026rsquo;oubli. L\u0026rsquo;origine des arts martiaux visait à fortifier os et tendons et à prolonger la vie — d\u0026rsquo;où le nom d\u0026rsquo;« art de la longévité » — non à se battre. De plus, les arts martiaux touchent de près à la physiologie, et pourtant notre monde martial n\u0026rsquo;a jamais su ce qu\u0026rsquo;était la physiologie : souvent des pratiquants, avant même d\u0026rsquo;être entrés dans la voie, ont le corps déjà épuisé. Ce n\u0026rsquo;est pas un défaut des arts martiaux, mais la faute de maîtres ignorant la physiologie et de programmes sans progression. L\u0026rsquo;hiver dernier, les membres de l\u0026rsquo;Association éducative du Jiangsu comprirent que, sans priser le fait d\u0026rsquo;armes, on ne saurait rivaliser avec les grandes puissances du monde : ils établirent donc cet Institut d\u0026rsquo;éducation physique, firent des arts martiaux une matière obligatoire et invitèrent des spécialistes à enseigner. Les élèves admis, les jeunes talents de chaque district de la province, consignèrent en un livre ce que leurs maîtres leur transmettaient, le garnirent de figures, et se disposèrent à le livrer au public. L\u0026rsquo;élève Huang Jingwan me demanda une préface. Bien que j\u0026rsquo;étudie cette voie depuis plus de vingt ans, détourné par les tâches de gouvernement, de médecine et autres, je n\u0026rsquo;ai pu m\u0026rsquo;y consacrer pleinement : ma science est creuse, mes vues superficielles, ma plume malhabile — comment oserais-je préfacer ? Ayant en vain décliné, je consigne ce que je sais. — Écrit par Zhu Hongshou de Baoshan dans le cabinet du directeur de l\u0026rsquo;Hôpital de médecine chinoise et occidentale, le 7e jour du 2e mois de l\u0026rsquo;année bingchen.\nPréface de l\u0026rsquo;auteur (自序) 拳術為我國絕技夫人而知之矣惟是派別甚繁求其便於初學一朝一夕即能心領神會者實不可多得用是學者往往淺嘗輒止不能造乎奧窔健等學於江蘇省教育會體育傳習所吳興張夢吉先生以北派潭腿見授其動作凡十二路簡易輕靈便於初學習熟而精之自可成一家派且就教育言動作平匀可以使身體均齊發育就衞生言運動合度可以促血液循環加速就應用言則手腕靈敏步武穩健遇有危急足以自衞健等不揣譾陋每路依其順序為之說明而附之以圗付之手民以公諸同好非敢自詡心得也\nLa boxe est un talent national, chacun le sait. Mais ses écoles sont fort nombreuses, et rares sont celles qui conviennent au débutant, telles qu\u0026rsquo;on les saisisse d\u0026rsquo;un matin ou d\u0026rsquo;un soir. Aussi les étudiants s\u0026rsquo;arrêtent-ils souvent après un léger essai, sans atteindre les profondeurs. J\u0026rsquo;ai étudié à l\u0026rsquo;Institut d\u0026rsquo;éducation physique de l\u0026rsquo;Association éducative du Jiangsu, où M. Zhang Mengji de Wuxing m\u0026rsquo;a enseigné le Tan tui du Nord. Ses mouvements sont au nombre de douze lignes, simples, légers et aisés, propres au débutant ; quand on les a appris puis affinés, on peut former sa propre école. Au regard de l\u0026rsquo;éducation, des mouvements équilibrés assurent un développement harmonieux du corps ; au regard de l\u0026rsquo;hygiène, une mesure convenable du mouvement accélère la circulation du sang ; au regard de l\u0026rsquo;usage, le poignet vif et la démarche assurée permettent, en cas de péril, de se défendre. Sans prétendre à mon savoir, j\u0026rsquo;ai expliqué chaque ligne dans son ordre et l\u0026rsquo;ai accompagnée de figures, confiées à l\u0026rsquo;imprimeur pour être partagées avec les amateurs — non que j\u0026rsquo;ose me prévaloir de mes réflexions.\nLes grandes lignes de la boxe (拳術大要), par Xu Tingjun 拳法者乃百技之基也蓋訓練純熟則身體活潑手腕便利足脛輕固進退得宜而其妙也顛起倒揮而其猛也披劈橫拳而其快也活捉朝天而其柔也知當閃劈勢勢相承變化無窮幻焉冥焉人不得而窺其端倪棍刀鎗劍矛楯諸器之運用莫不基於此迨近世火器發明棍刀鎗劍諸具廢而拳法亦鮮有問徑矣雖然火器利遠而不利近苟短兵相接鋒刃當前必賴手足敏捷身體矯健以應其變是拳法又何可廢乎故今日之學校設有拳術兼操器械惟願學者勿憚勞苦勿重形式勿弄花法勿泥空架當求其運用之方也嗚呼當茲國步艱難羣宜憤發勤勉振晚世之懦風舍康健勇武其奚由吾又不得不推重拳術也茲撮其大要系於篇後并附以少林棒彈腿諸法少林棒所以操練腕力彈腿所以活動足部筋絡亦拳術之一助也\nLa boxe est la base des cent techniques. Quand l\u0026rsquo;entraînement parvient à maturité, le corps est agile, le poignet adroit, les tibias légers et vigoureux, l\u0026rsquo;avance et le recul opportuns. Son merveilleux : se dresser et renverser d\u0026rsquo;un coup ; sa vigueur : ouvrir, fendre, frapper de travers ; sa rapidité : saisir, porter haut au ciel ; sa souplesse : savoir esquiver et parer. Chaque posture succède à l\u0026rsquo;autre, les variations sont sans fin, mystérieuses, indistinctes, et l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;en saurait saisir les bornes. L\u0026rsquo;usage du bâton, du sabre, de la lance, de l\u0026rsquo;épée, de la hallebarde et des divers boucliers repose tout entier sur elle. Mais depuis que les armes à feu modernes furent inventées, bâton, sabre et lance ont été délaissés, et la boxe trouve aussi rarement qui s\u0026rsquo;y engage. Pourtant les armes à feu sont bonnes à longue portée et non à courte : si l\u0026rsquo;on se trouve face à la lame, il faut la vivacité des mains et des pieds, la vigueur du corps, pour répondre au changement. Comment la boxe pourrait-elle être abolie ? Aussi les écoles d\u0026rsquo;aujourd\u0026rsquo;hui offrent-elles la boxe, en plus des exercices aux armes. Je souhaite seulement que l\u0026rsquo;étudiant ne redoute pas la peine, ne s\u0026rsquo;attache pas à la forme, ne joue pas le geste frivole, ne se fige pas dans des carasses vides, mais cherche la manière de s\u0026rsquo;en servir. Hélas, en ces temps où le pays lutte, tous doivent se ressaisir et s\u0026rsquo;appliquer, secouer la lâcheté d\u0026rsquo;un siècle alangui : hors la santé et la vaillance, par où passer ? Aussi dois-je faire grand cas de la boxe. J\u0026rsquo;en ai extrait les grandes lignes en fin de volume, avec les méthodes du bâton de Shaolin et du Tan tui : le bâton exerce la force du poignet, le Tan tui anime les tendons et les vaisseaux des pieds ; l\u0026rsquo;un et l\u0026rsquo;autre viennent aider la boxe.\n（一）凡拳術操練之時頭要鼎項要靈肩要垂\n(1) Dans tout exercice de boxe : la tête doit se tenir droite, la nuque souple, les épaules relâchées.\n（二）氣貫丹田扎腰眼兩肩順兩肘兩肘順兩手兩脚立地十趾著力此立法也\n(2) Le souffle traverse le dantian, les reins se resserrent ; les deux épaules suivent les deux coudes, les deux coudes suivent les deux mains ; les deux pieds ancrés au sol, les dix orteils prennent appui — voilà la règle de la position.\n（三）凡拳術有勾手有鵰手有鷹手有猴手有採手有揉手有磕手有替手有幌手有劈手有奔手有攔手此手掌之法也\n(3) La boxe emploie la main qui croche (goushou), la main d\u0026rsquo;aigle, la main de faucon, la main de singe, la main qui cueille (caishou), la main qui pétrit, la main qui cogne, la main qui relève, la main qui fait le simulacre, la main qui fend, la main qui court, la main qui bloque. Telles sont les méthodes de la paume.\n（四）凡拳術須用鎚（拳）有冲鎚有登鎚有彈鎚有連鎚有冲天鎚此拳手之法也\n(4) La boxe requiert le marteau (chuí), c\u0026rsquo;est-à-dire le poing : le poing qui pousse (chong), le poing qui foule (deng), le poing qui claque (tan), le poing enchaîné (lian), le poing qui monte au ciel (chongtian). Telles sont les méthodes du poing.\n（五）凡拳術有進步有退步有簡步有賣步有偷步有單進步有雙進步有連環步有鴛鴦步有寒雞步有雙環步有正步有雙正步有尖步有跕步此步法也\n(5) La boxe connaît le pas en avant, le pas en arrière, le pas simple, le pas qui se livre, le pas dérobé (toubu), le pas d\u0026rsquo;avance simple, le pas d\u0026rsquo;avance double, le pas enchaîné, le pas du canard mandarin (yuanyang), le pas du poulet frileux (hanji), le pas du double anneau, le pas droit, le pas double-droit, le pas pointu, le pas qui marque. Telles sont les méthodes des pas.\n（六）凡拳法有虛有實有進有退有剛有柔有長有短有上有下有左有右有前有後有遠有近有寬有窄有弓劍襠前腿彎如弓後腿直如矢所以護小腹而固脚力也兩肘鬆鎚似流星眼如電光腰如蛇行腿如鑽搥出手如放箭囘手如閃電此運用法也\n(6) Toute boxe a du vide et du plein, de l\u0026rsquo;avance et du recul, du dur et du souple, du long et du court, du haut et du bas, de la gauche et de la droite, de l\u0026rsquo;avant et de l\u0026rsquo;arrière, du lointain et du proche, du large et de l\u0026rsquo;étroit. La position d\u0026rsquo;arc : la jambe avant pliée comme un arc, la jambe arrière tendue comme une flèche, afin de garder le bas-ventre et d\u0026rsquo;affermir la force des pieds. Les deux coudes souples ; le poing comme une étoile filante ; l\u0026rsquo;œil comme l\u0026rsquo;éclair ; la taille comme un serpent qui rampe ; la jambe comme un foret ; la main qui sort comme une flèche décochée ; la main qui revient comme un éclair. Telles sont les méthodes de l\u0026rsquo;emploi.\n（七）凡拳術有登腿有刴腿有彈腿有排腿有十字腿有擺腿有掃蹚腿有旋風腿有囘馬腿有劍彈腿有歸腿有卧盤腿有撥腿有驅腿此運動兩腿之法也\n(7) La boxe connaît la jambe qui foule, la jambe qui hache, la jambe qui claque (tan), la jambe qui écarte, la jambe en croix (shizi), la jambe qui balance, la jambe qui balaie le sol (saotang), la jambe en tourbillon (xuanfeng), la jambe qui retourne le cheval (huima), la jambe-épée (jian), la jambe qui rentre, la jambe qui se couche en spirale, la jambe qui rejette, la jambe qui chasse. Telles sont les méthodes pour mouvoir les jambes.\n（八）拳之精妙之處固不可盡形之筆墨然不外乎八法（一）觀法（二）手法（三）步法（四）身法（五）進法（六）打法（七）拿法（八）跌法訣曰猫穿狗讓寒雞步鷹眼猴手狐狸尾心得乎此則拳術精矣\n(8) Ce que la boxe a de merveilleux ne se peut entièrement peindre par la plume, mais cela se ramène à huit méthodes : (1) la méthode du regard (guan), (2) la méthode des mains, (3) la méthode des pas, (4) la méthode du corps, (5) la méthode pour entrer, (6) la méthode pour frapper, (7) la méthode pour saisir, (8) la méthode pour projeter. Un proverbe dit : « le chat file, le chien recule, le pas du poulet frileux, l\u0026rsquo;œil du faucon, la main du singe, la queue du renard. » Qui a le cœur s\u0026rsquo;y consacre est versé dans la boxe.\nLes exercices du bâton de Shaolin (少林棒) 少林棒創於少林寺其用甚宏姑列其名稱\nLe bâton de Shaolin est né au temple de Shaolin ; son emploi est vaste. J\u0026rsquo;en cite ici les noms.\n（一）韋馱獻杵\n(1) Weituo (Skanda) offre son pilon.\n（二）金剛托鉢\n(2) Le roi Vajra porte son bol.\n（三）翻江攪海\n(3) Bouleverser le fleuve et remuer la mer.\n（四）黃龍翻身\n(4) Le dragon jaune se retourne.\n（五）烏龍絞尾\n(5) Le dragon noir entortille sa queue.\n（六）秦王摩旗\n(6) Le roi de Qin agite son étendard.\n（七）銀龍攤爪\n(7) Le dragon d\u0026rsquo;argent déploie sa griffe.\n（八）天王撑傘\n(8) Le roi céleste abrite son parapluie.\n（九）白蛇吐信\n(9) Le serpent blanc tire la langue.\n（十）臥虎抓山\n(10) Le tigre couché saisit la montagne.\n（附以粗繩兩條上附橫樑下系木之兩端木之中間墜以石此木距地約三尺許石置地上練習時以兩手分置繩旁之木攪繩則石起再輕輕放下如兩人各立木端共轉此木亦可石之重三十斤至二百斤\n(En annexe :) On attache deux grosses cordes, fixées en haut à une poutre et en bas aux deux bouts d\u0026rsquo;un madrier ; au milieu du madrier pend une pierre. Le madrier est à environ trois pieds du sol, la pierre posée à terre. Pour l\u0026rsquo;exercer, on dispose les deux mains de part et d\u0026rsquo;autre du madrier, on vrille les cordes, et la pierre se soulève ; on la laisse ensuite redescendre doucement. Deux personnes, une à chaque extrémité du madrier, peuvent aussi le faire tourner ensemble. La pierre pèse de trente à deux cents jin.\nLes dix lignes du Tan tui (十路彈腿) 十路彈腿大摩祖師所傳其法甚多列其常用者十路於後\nLe Tan tui en dix lignes fut transmis par le grand ancêtre Damo ; ses méthodes sont nombreuses. J\u0026rsquo;en cite les dix plus communes ci-dessous.\n頭路冲錘腿\nPremière ligne : la jambe du poing qui pousse.\n二路十字腿\nDeuxième ligne : la jambe en croix.\n三路蓋馬腿\nTroisième ligne : la jambe qui enfourche le cheval.\n四路撑採腿\nQuatrième ligne : la jambe qui étaye et cueille.\n五路栽跨腿\nCinquième ligne : la jambe qui s\u0026rsquo;élève et enjambe.\n六路單展腿\nSixième ligne : la jambe au déploiement simple.\n七路棚鎖腿\nSeptième ligne : la jambe qui abrite et verrouille.\n八路鑽環腿\nHuitième ligne : la jambe qui perce et encercle.\n九路盤肘腿\nNeuvième ligne : la jambe du coude qui s\u0026rsquo;enroule.\n十路劍彈腿\nDixième ligne : la jambe-épée qui claque.\n頭路式法一溜草邊\nForme de la première ligne : filer au bord de l\u0026rsquo;herbe.\n二路式法十字奔脚尖\nForme de la deuxième ligne : l\u0026rsquo;orteil qui file en croix.\n三路式法蓋馬夜行式\nForme de la troisième ligne : enfourcher le cheval en voyage de nuit.\n四路式法撑採霸路攔\nForme de la quatrième ligne : étayer, cueillir — le tyran barre la route.\n五路式法栽跨人難攩\nForme de la cinquième ligne : s\u0026rsquo;élever et enjamber, nul ne peut parer.\n六路式法單展\nForme de la sixième ligne : le déploiement simple.\n七路式法棚鎖\nForme de la septième ligne : abriter et verrouiller.\n八路式法鑽環\nForme de la huitième ligne : percer et encercler.\n九路式法盤肘\nForme de la neuvième ligne : le coude qui s\u0026rsquo;enroule.\n十路式法劍彈\nForme de la dixième ligne : l\u0026rsquo;épée qui claque.\nLes fonctions du Tan tui (潭腿之功用) 潭腿傳聞出自山東龍潭寺故以潭名其格式分為十二路每路以簡易之法藴變化之機初學者未窺其奧輙鄙夷之不知人身之力未經煅煉全屬虛浮雖能扛鼎何禆實用人所貴夫力者冀能以貫注手足使為吾用耳初學鮮有知此者故僅求潭腿形式而忽畧其精采買櫝還珠抑何可笑然知而不言咎在吾輩故不嫌贅辭細述其功用如左或亦同志所不棄乎\nOn dit que le Tan tui provient du temple Longtan, au Shandong, d\u0026rsquo;où le nom de tan (« étang »). Ses formes se répartissent en douze lignes ; chacune, simple et aisée, renferme des possibilités de changement. Quand le débutant n\u0026rsquo;en a point encore vu le secret, il le dédaigne. Il ne sait pas que, avant l\u0026rsquo;entraînement, la force du corps n\u0026rsquo;est que superfice : même capable de soulever un chaudron, à quoi bon ? Ce qu\u0026rsquo;on prise dans la force, c\u0026rsquo;est de pouvoir la concentrer dans les mains et les pieds pour la mettre à son service. Rares sont les débutants qui le comprennent : ils ne cherchent que la forme du Tan tui et négligent sa substance — « acheter la boîte et rendre la perle ». Mais comment s\u0026rsquo;en moquer ? Savoir et se taire, voilà notre faute ; c\u0026rsquo;est pourquoi, sans craindre les redites, je détaille ses fonctions ci-dessous. Que les confrères ne les dédaignent pas.\n(1) Développer le souffle et la force (長氣力) 初學者脈絡筋骨不甚靈活故手足發力甚微迨習之旣久氣由腋肋漸達指尖斯時力隨意注運動時手足出發有定點使勤以赴之則筋肉日長而氣力日增矣\nLe corps du débutant, dont les méridiens, les tendons et les os sont encore peu souples, n\u0026rsquo;émet qu\u0026rsquo;une force infime des mains et des pieds. Après un long exercice, le souffle gagne peu à peu, de l\u0026rsquo;aisselle et des côtes jusqu\u0026rsquo;au bout des doigts ; alors la force suit l\u0026rsquo;intention. Dans le mouvement, mains et pieds partent d\u0026rsquo;un point fixe ; à force de diligence, muscles et tendons se développent chaque jour, et le souffle et la force croissent sans cesse.\n(2) Affermir les pas (穩步武) 未經練習之人則上重下輕足掌虛空不能前後著地一經用力自如懸旌而足顫動不已昔之技擊家必先令學習站樁然站樁足不動殊乏興味潭腿法則藉手足之運動以減去學者生厭之心可謂法良意美唯初練數日必覺全身酸痛異常膝蓋尤甚此無他內部筋肉由多數之運動漸漸發生故耳際此切勿畏難須向前猛進不旬日間酸痛去而足踵強矣求學者多有因此生疑北方教員格於方言無從解釋而肉食輩又以內傷之說相恐嚇致阻其嚮學之熱心惜哉\nCelui qui n\u0026rsquo;a jamais exercé est lourd en haut et léger en bas : la plante des pieds est vide, incapable de toucher le sol devant ou derrière. Dès qu\u0026rsquo;il pèse, il est comme un étendard suspendu, et ses pieds tremblent sans fin. Jadis les techniciens faisaient d\u0026rsquo;abord étudier le zhanzhuang (position statique), mais y tenir les pieds immobiles est fort ennuyeux. La méthode du Tan tui, par le mouvement des mains et des pieds, ôte à l\u0026rsquo;étudiant cette ennuyeuse lassitude : la méthode est bonne, l\u0026rsquo;idée excellente. Seulement, après les premiers jours d\u0026rsquo;exercice, le corps est assurément tout endolori, les genoux surtout. Cela vient simplement de ce que les muscles internes, par tant de mouvements, s\u0026rsquo;éveillent peu à peu. Ne craignez pas alors la peine : il faut foncer de l\u0026rsquo;avant. En une dizaine de jours, la douleur s\u0026rsquo;efface et les talons se font forts. Beaucoup d\u0026rsquo;étudiants en conçoivent du soupçon ; les maîtres du Nord, gênés par le dialecte, ne peuvent l\u0026rsquo;expliquer, et les esprits chagrins les effraient par la théorie des « blessures internes », freinant leur ardeur à apprendre. Quel dommage !\n(3) Une utilité immédiate (一致實用) 潭腿不特能自行習練且可覔氣力相當者逐路對打名曰接潭腿（在編輯中）行之既久躱閃勾撇矯捷異常設遇對家或被人侵犯即可施諸實用亦防身之利器至手眼身步法（乃北方拳家術語）之藉以日益精進猶其餘事耳\nLe Tan tui ne s\u0026rsquo;exerce pas seulement seul : on peut chercher un partenaire de force égale et jouer chaque ligne en duel — ce qu\u0026rsquo;on appelle « attraper le Tan tui » (en préparation). Avec le temps, on esquive, on croche, on glisse avec une agilité surprenante. Soit qu\u0026rsquo;on affronte un adversaire, soit qu\u0026rsquo;on soit attaqué, on peut l\u0026rsquo;employer utilement : c\u0026rsquo;est un instrument de défense. Et les méthodes d\u0026rsquo;œil, de main, de corps et de pas (termes des boxeurs du Nord) y progressent chaque jour — cela n\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;un surcroît.\n(4) Durcir os et tendons (堅筋骨) 潭腿既云可接則手足必互相抵觸須知抵觸愈力則筋骨愈堅有練未半年其臂膊腿足堅如鑌鐵者然精進與否亦視其人之耐苦心如何耳惟較之昔日打樁打沙袋等事輕重難易之相去不可以道里計蓋對家均係氣力相當者已覺痛楚則彼亦痛楚非與木樁等相接觸僅自已吃苦而已綜上所述不過舉其崖畧至其中變化頗難以筆墨形容非至熟極而流之侯亦不自覺據云北方習武之儔僅以潭腿一路習之數年者所在多有彼足不蹴則已一蹴則三百斤之石滚去尋丈外以人當之其何以堪不斷折筋骨者幾希可知長氣力強筋骨健全人之身體者莫潭腿若也\nPuisqu\u0026rsquo;on parle d\u0026rsquo;« attraper » le Tan tui, mains et pieds doivent nécessairement se heurter l\u0026rsquo;un l\u0026rsquo;autre. Comprenez : plus le heurt est fort, plus os et tendons se durcissent. Tel qui s\u0026rsquo;exerce moins d\u0026rsquo;une demi-année a bras et jambes durs comme l\u0026rsquo;acier fondu. Mais le progrès dépend de l\u0026rsquo;endurance de chacun. Au regard des anciens usages — frapper le piquet, le sac de sable — l\u0026rsquo;écart de peine et de facilité ne se peut mesurer : là, les deux partenaires étant de force égale, si l\u0026rsquo;un sent la douleur, l\u0026rsquo;autre aussi ; les piquets et sacs, eux, ne font souffrir que vous-même. Tout ce qui précède n\u0026rsquo;en donne que l\u0026rsquo;à-peu-près ; les changements en sont fort difficiles à peindre, et on ne les sent qu\u0026rsquo;une fois parvenu à la perfection coulante. On rapporte que, dans le Nord, ceux qui ne cultivent que la première ligne du Tan tui durant de longues années sont nombreux : sans même qu\u0026rsquo;il ait rué, d\u0026rsquo;un seul coup de pied une pierre de trois cents jin roule à plus de dix pas ; si un homme la prenait, comment ferait-il ? — ceux qui n\u0026rsquo;en sortent pas os et tendons rompus sont rares. On voit donc que, pour développer souffle et force, durcir os et tendons et rendre le corps sain, rien n\u0026rsquo;égale le Tan tui.\nRemarques générales (凡例) 一是書取材係合教員之講授同學之切磋及編者之心得而成\n— Le contenu de ce livre rassemble ce que les maîtres ont enseigné, ce que mes condisciples ont discuté et ce que j\u0026rsquo;ai moi-même recueilli.\n一是編為北派拳術初步動作簡要不獨便於自修抑且適用於團體教練\n— Ce recueil est l\u0026rsquo;initiation à la boxe du Nord ; ses mouvements, simples et essentiels, conviennent non seulement à l\u0026rsquo;étude personnelle, mais aussi à l\u0026rsquo;instruction collective.\n一是編圗說兼備學者按圗索驥不難一目瞭然惟時間短促說明之處未免語焉不詳識者諒之\n— Illustrations et explications y sont réunies ; en suivant les figures, l\u0026rsquo;étudiant saisit d\u0026rsquo;un coup d\u0026rsquo;œil. Le temps étant court, les explications ne sont guère détaillées — que les connaisseurs nous excusent.\n一是書倉卒付印未暇詳校且編者學識謭陋錯誤良多尚希大技擊家進而教之是幸\n— Le livre fut hâtivement livré à l\u0026rsquo;imprimeur, sans loisir de le corriger en détail ; le savoir du compileur est étroit, les fautes nombreuses. Nous espérons que les grands techniciens voudront bien nous reprendre — ce serait une faveur.\nL\u0026rsquo;origine du Tan tui (潭腿攷畧) 潭腿為北派拳術之基本北方健兒束髮後即習之創自何人不一其說或曰山東龍潭寺某僧創之以教其徒侣後世習武者宗之因以潭名或曰河南譚某創此以專練兩腿工夫深到大有推倒豪傑之概門下傳布其法故亦以譚名云\nLe Tan tui est le fondement de la boxe du Nord. Dans le Nord, les enfants vigoureux l\u0026rsquo;apprennent dès qu\u0026rsquo;on leur noue le chignon [garçon atteignant la puberté]. Quant à son fondateur, les avis divergent. Certains disent qu\u0026rsquo;un moine du temple Longtan, au Shandong, le créa pour enseigner ses disciples, et que les générations de boxeurs postérieures l\u0026rsquo;honorent pour aïeul, d\u0026rsquo;où le nom de tan (« étang »). D\u0026rsquo;autres disent qu\u0026rsquo;un homme du Henan nommé Tan le créa, en s\u0026rsquo;attachant surtout à exercer les deux jambes ; sa compétence, devenue profonde, eût déconfit les héros. Ses disciples propagèrent sa méthode, d\u0026rsquo;où le nom de Tan [patronyme].\nNote du traducteur. L\u0026rsquo;auteur a retenu ici le nom de lieu (tan, 潭, « étang ») plutôt que le nom de famille (tan, 譚). On écrit en effet le nom de cette lignée de diverses manières selon les écoles : certains le font dériver du temple (潭), d\u0026rsquo;autres du patronyme (譚), d\u0026rsquo;autres encore l\u0026rsquo;orthographient tan (彈, « ressortir, claquer »), qui décrit la qualité du coup de pied plutôt que l\u0026rsquo;origine de la méthode.\nLes noms des douze lignes (潭腿十二路之名稱) 第一路　衝拳\nPremière ligne : chong quan (衝拳), le poing qui pousse.\n第二路　踢打\nDeuxième ligne : ti da (踢打), frapper et cogner.\n第三路　劈紥\nTroisième ligne : pi zha (劈紥), fendre et lier.\n第四路　撑剝\nQuatrième ligne : cheng bo (撑剝), étayer et arracher.\n第五路　側搥\nCinquième ligne : ce chui (側搥), la frappe de côté.\n第六路　單展\nSixième ligne : dan zhan (單展), le déploiement simple.\n第七路　雙展\nSeptième ligne : shuang zhan (雙展), le déploiement double.\n第八路　墪坐\nHuitième ligne : dun zuo (墪坐), s\u0026rsquo;asseoir en masse.\n第九路　碰鎖\nNeuvième ligne : peng suo (碰鎖), heurter et verrouiller.\n第十路　箭彈\nDixième ligne : jian tan (箭彈), la flèche qui claque.\n第十一路　上中下\nOnzième ligne : shang zhong xia (上中下), haut, moyen, bas.\n第十二路　進步橫擂\nDouzième ligne : jinbu henglei (進步橫擂), avancer en frappant de travers.\nLa formation du poing et l\u0026rsquo;usage de la paume (拳之握法及掌之用法) 緊屈四指。令各指之第三節在一平面。拇指屈第一節。指尖在中指與無名指之間。手背與臂平。\nPlier fortement les quatre doigts, si bien que la troisième articulation de chacun se trouve dans un même plan ; plier le pouce à la première articulation, le bout entre le majeur et l\u0026rsquo;annulaire ; le dos de la main et l\u0026rsquo;avant-bras à l\u0026rsquo;horizontale.\n虛握而不用力\nLe poing vide, serré sans force.\n拇指緊屈。四指挺直。用力合攏。勿散。出掌時。用掌之內側（小指之下腕骨之上肌肉最多處）前推。四指上向。\nLe pouce fortement replié ; les quatre doigts droits, serrés avec force, sans s\u0026rsquo;écarter. En poussant la paume, on emploie le côté interne [extérieur] de la paume — l\u0026rsquo;endroit le plus charnu, sous le petit doigt, au-dessus de l\u0026rsquo;os du poignet — pour pousser en avant, les quatre doigts tournés vers le haut.\n四指不緊。而以手心向前。\nLes quatre doigts mal serrés, et qui poussent avec le centre de la paume vers l\u0026rsquo;avant.\nLes sortes de postures (步法之種類) 兩足分開步成八字形。足踵距離。較肩部稍寬。屈膝下蹲。兩腿宜平。膝蓋與足尖須在一垂線。上體垂直。胸宜前挺。\nLes deux pieds écartés, les pointes plus larges que les talons, en forme de huit [ouvert]. L\u0026rsquo;écart des talons un peu plus large que les épaules. Plier les genoux et s\u0026rsquo;accroupir ; les cuisses à peu près horizontales ; la rotule et la pointe du pied sur une même ligne verticale ; le haut du corps droit, la poitrine poussée en avant. — La posture mabu (« à cheval »).\n兩足之尖。均須半面向左。左腿畧平。右腿伸直。右足踵不可離地。身體須挺直。不可傾斜。（右面弓式者凖此。惟方向相反耳。）\nLes pointes des deux pieds toutes deux à demi-tournées vers la gauche ; la jambe gauche à peu près horizontale, la jambe droite tendue ; le talon droit ne doit point quitter le sol ; le corps dressé, nullement incliné. (La posture d\u0026rsquo;arc à droite se règle de même, en sens inverse.) — La posture gongbu (« arc ») à gauche.\n右腿蹲下。則左腿伸直下仆。左腿蹲下。則右腿伸直下仆。是為常例。然仆腿之足。仍宜踏平。切不可離地分釐也。至於上體。須隨屈腿之方向。宜畧傾斜。\nQuand la jambe droite s\u0026rsquo;accroupit, la gauche s\u0026rsquo;allonge et se prosterne ; quand la gauche s\u0026rsquo;accroupit, c\u0026rsquo;est la droite. Telle est la règle. Mais le pied de la jambe prosternée doit rester à plat, surtout sans quitter le sol d\u0026rsquo;un iota ; le haut du corps, lui, s\u0026rsquo;incline légèrement dans la direction de la jambe pliée. — La posture pu tui (jambe qui se prosterne).\n左腿平屈。右腿以足尖點地。而點地之足尖。與着地之足踵宜成一直線。（左丁式者凖此。惟方向相反耳。）\nLa jambe gauche pliée à plat ; la jambe droite, la pointe au sol. La pointe qui touche terre et le talon en appui doivent être en une même ligne droite. (La posture en T à gauche se règle de même, en sens inverse.) — La posture ding shi en T, à droite.\n前腿微屈。後腿伸直。上體宜左右彎屈。而不可前後彎屈也。\nLa jambe avant légèrement pliée, la jambe arrière tendue ; le haut du corps fléchit à gauche ou à droite, mais jamais en avant ni en arrière. — Le pas dao cha bu (insertion inversée).\n以上所述各種之步法。宜隨手勢而變換其方向。且姿勢最忌板滯。望行拳者留意及之。\nAttention : les postures ci-dessus changent de direction selon le geste des mains. Surtout, les positions redoutent la raideur — que le boxeur y prenne garde.\nLe manuel illustré : première ligne, « le poing qui pousse » (潭腿圗說 — 第一路 衝拳) Le manuel proprement dit décrit, pour chaque ligne, la préparation, les mouvements et les points d\u0026rsquo;attention, chacun accompagné d\u0026rsquo;une figure de Xu Beihong. Traduisons intégralement la première ligne, « le poing qui pousse », à trois reprises et cinq temps (三五呼唱) ; les onze autres suivent la même présentation.\n身直立。胸前挺。臀向後。兩足尖併攏。右臂握拳。（握拳須大指壓貼無名指為度。）平舉於右。虎口向上。（側拳）左臂屈於胸前。掌向右。置於右肩銷骨旁。為動作之凖備。\nLe corps dressé, la poitrine poussée, les fesses vers l\u0026rsquo;arrière, les pointes des deux pieds rapprochées. Le bras droit en poing (le pouce pressant sur l\u0026rsquo;annulaire), levé horizontalement à droite, la « gueule de tigre » vers le haut (poing de côté) ; le bras gauche plié devant la poitrine, la paume vers la droite, posée près de la clavicule droite. Tel est l\u0026rsquo;apprêt des mouvements.\nLa posture qui précède est celle de la préparation ; les figures ci-dessus et ci-dessous, reproduites depuis le tirage original, illustrent chaque temps de la ligne.\nMouvements (動作) （一）左足向左踏出屈膝。步成弓式。同時左手握拳。向左平伸。（衝拳）頭隨之左旋。目須注視左拳。\n(1.1) Le pied gauche sort à gauche et le genou plie, faisant la posture d\u0026rsquo;arc. En même temps la main gauche se ferme en poing et s\u0026rsquo;étend horizontalement à gauche (chong quan, poing qui pousse) ; la tête tourne avec lui, vers la gauche ; le regard doit se fixer sur le poing gauche.\n（二）左臂平屈於胸側。（推手）同時右膝平屈。兩腿屈如騎馬式。\n(1.2) Le bras gauche se plie horizontalement au côté de la poitrine (tui shou, main qui écarte). En même temps le genou droit plie et s\u0026rsquo;aplatit, les deux jambes pliées en posture mabu (« à cheval »).\n（三）左臂由左小腿旁。畫半圓至後方。與肩平為度。（撩拳）同時右臂由右方向下畫半圓。上體左旋。而右臂平舉於前。（挑拳）斯時右膝伸直。復左面之弓式。\n(1.3) Le bras gauche, depuis le flanc de la jambe gauche, décrit un demi-cercle vers l\u0026rsquo;arrière, jusqu\u0026rsquo;à hauteur de l\u0026rsquo;épaule (liao quan, poing qui relève). En même temps le bras droit décrit depuis la droite un demi-cercle vers le bas ; le haut du corps tourne à gauche, et le bras droit se lève horizontalement devant (tiao quan, poing qui soulève). Alors le genou droit se tend, et l\u0026rsquo;on revient à la posture d\u0026rsquo;arc à gauche.\n（四）右臂自左方畫圈。（擂拳）大臂緊貼胸側。小臂舉於前方。拳心向上。\n(1.4) Le bras droit décrit un cercle depuis la gauche (lei quan, poing qui pilonne) ; la partie haute du bras colle au côté de la poitrine, l\u0026rsquo;avant-bras se lève devant, le centre du poing vers le haut.\n（五）左足向前踢出。（寸腿）左腿屈膝毋動。\n(1.5) Le pied gauche chasse en avant (cun tui, « pied d\u0026rsquo;un pouce », petit coup de pied), le genou gauche pliant sans quitter sa place.\n（二）右足踏下。右臂向右平伸。同時體向左轉。復（一）之姿勢。\n(2.1) Le pied droit se pose, le bras droit s\u0026rsquo;étend horizontalement à droite ; en même temps le corps tourne à gauche, et l\u0026rsquo;on revient à la posture (1.1).\n（二）（二）（三）（四）與（一）之（二）（二）（三）（四）同。惟反其方向耳。\n(2.2–2.4) Sont identiques aux mouvements (1.2–1.4), sinon qu\u0026rsquo;ils vont en sens inverse.\n（三）（二）（三）（四）（五）與（一）（二）（三）（四）（五）同。\n(3.1–3.5) Sont identiques aux mouvements (1.1–1.5).\n立正　三動\nGarde-à-vous — en trois temps :\n（一）右足踏定。復（一）之姿勢。\n(i) Le pied droit se fixe, on reprend la posture (1.1).\n（二）復預備之姿勢。（左臂在外。右拳在內。如穿拳樣式。亦名冲天炮。）\n(ii) On revient à la posture de préparation (le bras gauche dehors, le poing droit dedans, comme pour le poing qui perce — ce qu\u0026rsquo;on nomme aussi « le canon monte au ciel »).\n（三）兩臂下垂。足尖分開。復立正之姿勢。\n(iii) Les deux bras pendent, les pointes des pieds s\u0026rsquo;écartent, et l\u0026rsquo;on revient au garde-à-vous.\nPoints d\u0026rsquo;attention sur les postures (姿勢上之注意) 弓式與騎馬式。宜分清不可混雜。撩拳須在左膝之下。踢出之脚。膝宜挺直。站立之脚。膝稍彎屈。且行拳之際。兩腿勿使搖動。能如是。即得其門徑矣。\nLa posture d\u0026rsquo;arc et la posture à cheval doivent rester distinctes, sans se confondre. Le poing qui relève doit passer sous le genou gauche. Dans le coup de pied, le genou doit être tendu ; dans la jambe d\u0026rsquo;appui, le genou fléchit un peu. Pendant que la boxe marche, les deux jambes ne doivent pas osciller. Qui sait faire ainsi a trouvé la porte.\nLes lignes 2 à 12 — leurs noms sont donnés ci-dessus — suivent la même leçon : préparation, mouvements, points d\u0026rsquo;attention, illustrés par les figures de Xu Beihong. La deuxième ligne (踢打, « frapper et cogner ») se joue à trois reprises et trois temps, la onzième (上中下) à trois reprises et cinq temps, la douzième (進步橫擂) à trois reprises et deux temps, etc.\nNotes Le Tan tui (潭腿) : exercice fondamental de la boxe du Nord, dit aussi shiershi tan tui (douze lignes). Le nom s\u0026rsquo;écrit tantôt 潭 (« étang »), tantôt 譚 (nom de famille), tantôt 彈 (« ressortir, claquer »). Xu Beihong (徐悲鴻) : alors âgé d\u0026rsquo;une vingtaine d\u0026rsquo;années au moment de la publication (1917), il devint l\u0026rsquo;un des peintres majeurs du XXe siècle ; ces figures comptent parmi ses premiers travaux connus. Jin (斤) : unité de poids traditionnelle chinoise (environ 500 g). Dantian (丹田) : centre énergétique du bas-ventre. Zhanzhuang (站樁) : exercice de « pilier » immobile, base classique du travail du souffle et de la position. Source des textes chinois : « Quanshu jiben, Tan tui tushuo » (拳術基本　潭腿圖說), compilé par Hu Jian, postures de He Guangxian, publié à Shanghai en 1917, texte dans le domaine public. Nouvelle traduction française réalisée pour ce site à partir de l\u0026rsquo;original chinois, lue sur la page de Paul Brennan : https://brennantranslation.wordpress.com/2013/01/27/twelve-line-tantui/. Les figures reproduites ci-dessus sont des scans du tirage original de 1917 (dessins de Xu Beihong) : elles sont dans le domaine public.\n","permalink":"https://classiques-martiaux-chinois.pages.dev/posts/tantui-tushuo-hu-jian/","summary":"\u003cp\u003eLe \u003cem\u003eQuanshu jiben\u003c/em\u003e (拳術基本, « Fondamentaux de la boxe ») — dont le manuel illustré\ndu \u003cem\u003eTan tui\u003c/em\u003e (潭腿圖說, « Illustrations et explications du Tan tui ») forme la matière —\nest un ouvrage publié en mai 1917 (la sixième année de la République) par la\nBibliothèque chinoise de Shanghai. Les enchaînements y sont exécutés par\n\u003cstrong\u003eHe Guangxian\u003c/strong\u003e (何光銑), le texte compilé par \u003cstrong\u003eHu Jian\u003c/strong\u003e (胡健), et les figures\ndessinées par \u003cstrong\u003eXu Beihong\u003c/strong\u003e (徐悲鴻), alors âgé d\u0026rsquo;une vingtaine d\u0026rsquo;années et futur\ngrand peintre ; les caractères du titre sont de \u003cstrong\u003eHuang Yanpei\u003c/strong\u003e (黃炎培).\u003c/p\u003e\n\u003cp\u003eLe \u003cem\u003eTan tui\u003c/em\u003e (« jambes de Tan » / « jambes de l\u0026rsquo;étang ») est l\u0026rsquo;exercice fondamental\nde la boxe du Nord (北派). Ce manuel, né dans le cadre du cours de boxe de l\u0026rsquo;Institut\nd\u0026rsquo;éducation physique de l\u0026rsquo;Association éducative du Jiangsu, connut dès 1923 son\nseptième tirage. Le texte chinois original, publié il y a plus d\u0026rsquo;un siècle, est\ndans le domaine public.\u003c/p\u003e\n\u003cp\u003e\u003cimg alt=\"Page de titre calligraphiée du manuel original (1917) : « Quanshu jiben, Tan tui tushuo » (拳術基本\\u3000潭腿圖說), calligraphie de Huang Yanpei\" loading=\"lazy\" src=\"../../images/tantui-tushuo-hu-jian-1.jpg\"\u003e\u003c/p\u003e","title":"Le Tan tui illustré (潭腿圖說) de Hu Jian et He Guangxian"},{"content":"Le Taiji jian (太極劍, « épée de taiji ») est le manuel d\u0026rsquo;épée de Chen Weiming (陳微明, 1881-1958), lettré et expert du taiji quan, disciple direct de Yang Chengfu (楊澄甫, 1883-1936). Publié à Shanghai en 1928 sous le titre Taiji jian, accompagné du Taiji long quan (太極劍 附太極長拳), l\u0026rsquo;ouvrage fait partie des trois livres que Chen Weiming consacre à la tradition de la famille Yang ; il s\u0026rsquo;inscrit dans la lignée interne (neijia) issue du mont Wudang. L\u0026rsquo;édition originale reproduit des calligraphies et des portraits du maître, ainsi qu\u0026rsquo;une suite de photographies des postures, toutes conservées ici. Le texte chinois original est dans le domaine public ; la traduction française est nouvelle et réalisée directement à partir du texte chinois.\nPréface de Chen Weiming (太極劍序) 易曰苟非其人道不虛行此言傳道之難其人也雖技藝亦然黃百家內家拳法言五不可傳心險者居其首余游京師聞廣平楊氏精太極拳心慕之問之與楊氏稔者皆言楊氏不肯傳人而楊氏之徒言亦若是豈不異哉及遇楊澄甫先生從之學始知楊氏非不傳人也嗟夫以得楊氏之傳食其技者乃誣其師門造種種不實之事聞之者卽據以作為筆記小說其居心非百家所謂不可傳者耶楊澄甫先生傳余太極拳劍拳術已付梓流行今復將劍術筆述成書公之於世此亦澄甫先生之志也太極劍之姿勢均以拳之姿勢為基礎其非太極拳之姿勢亦有名為太極劍者則余不敢知已前聞李芳宸將軍精劍術得異人之傳授孫祿堂先生嘗稱之今年將軍過滬往見焉將軍為人特俊爽慨然以二人比劍之法相授觀其意全運用腰腿與太極拳之推手聽勁無異惟有時劍不粘連相離半寸許耳眞武當太極劍法也澄甫先生所傳無二人相比之定法得此則太極劍之體用備矣俟習之精熟再述為書以餉世人丁卯冬十二月陳微明識\nLe Livre des Mutations dit : « Si ce n\u0026rsquo;est pas la bonne personne, la Voie ne peut être transmise sans risque. » C\u0026rsquo;est dire que la difficulté de transmettre la Voie tient à la personne ; il en va de même pour les techniques. Le Boxing Methods of the Internal School (內家拳法) de Huang Baijia énumère cinq sortes de gens à qui l\u0026rsquo;on ne doit pas enseigner, les personnes au cœur perfide venant en premier. Je me rendis à la capitale, où j\u0026rsquo;appris que la famille Yang de Guangping excellait au taiji quan, et je l\u0026rsquo;admirais. J\u0026rsquo;interrogeai ceux qui étaient liés d\u0026rsquo;amitié avec les Yang : tous affirmaient que les Yang ne consentaient pas à enseigner, et les élèves des Yang disaient de même. N\u0026rsquo;est-ce pas étrange ? Lorsque je rencontrai enfin Yang Chengfu et devins son élève, je compris que les Yang non seulement enseignaient, mais qu\u0026rsquo;il y avait malheureusement des gens qui, ayant reçu leur enseignement, calomniaient leur école et fabriquaient toutes sortes de fausses histoires, dont certains faiseurs de romans s\u0026rsquo;emparaient pour écrire. Ces personnes au cœur perfide ne sont-elles pas précisément celles que Huang Baijia jugeait indignes d\u0026rsquo;enseignement ?\nYang Chengfu m\u0026rsquo;enseigna le taiji quan et l\u0026rsquo;épée de taiji. Son art du poing ayant déjà été publié et diffusé, je consigne maintenant à mon tour son art de l\u0026rsquo;épée dans un livre et le livre au public : telle est aussi la volonté de Yang Chengfu. Les postures de l\u0026rsquo;épée de taiji reposent toutes sur les postures du taiji quan ; quant à celles qui n\u0026rsquo;ont pas d\u0026rsquo;équivalent dans le taiji quan et qui sont néanmoins appelées « épée de taiji », je ne prétends pas le savoir. J\u0026rsquo;avais entendu parler du général Li Fangchen [Li Jinglin], expert en escrime, qui avait été initié par un homme extraordinaire ; Sun Lutang en faisait grand cas. Cette année le général passa par Shanghai et j\u0026rsquo;allai le voir. Il était d\u0026rsquo;une franchise brillante et m\u0026rsquo;enseigna généreusement sa méthode de combat à deux personnes. En considérant son intention, tout repose sur l\u0026rsquo;usage des hanches et des jambes et ne diffère en rien de l\u0026rsquo;énergie d\u0026rsquo;écoute du poussé de mains du taiji quan, si ce n\u0026rsquo;est que parfois les épées ne se collent pas et demeurent à un demi pouce l\u0026rsquo;une de l\u0026rsquo;autre : c\u0026rsquo;est là la véritable méthode d\u0026rsquo;épée de taiji du mont Wudang. Yang Chengfu ne m\u0026rsquo;avait pas transmis de règle fixe de duel à deux ; avec cela, l\u0026rsquo;essence et l\u0026rsquo;usage de l\u0026rsquo;épée de taiji sont désormais complets. Quand je serai rompu à sa pratique, j\u0026rsquo;en ferai encore un livre pour l\u0026rsquo;offrir au monde.\n— note de Chen Weiming, 4ᵉ année du cycle, 12ᵉ mois [décembre 1927 / janvier 1928].\nLes postures de l\u0026rsquo;épée de taiji La description des postures s\u0026rsquo;inspire constamment des postures du taiji quan, que l\u0026rsquo;auteur cite en repère. Les photographies reproduites proviennent de l\u0026rsquo;édition originale de 1928.\n太極劍起勢\nPosture 1. Posture d\u0026rsquo;ouverture de l\u0026rsquo;épée de taiji. La main gauche tient l\u0026rsquo;épée : le pouce, le majeur, l\u0026rsquo;annulaire et l\u0026rsquo;auriculaire empoignent la poignée, tandis que l\u0026rsquo;index pend, collé au fourreau de la poignée. La lame, à plat, touche l\u0026rsquo;arrière de l\u0026rsquo;avant-bras, la pointe de l\u0026rsquo;épée vers le haut. La main droite pend. Le corps se tient droit, orienté vers le « sud ». Cette posture est identique à la posture d\u0026rsquo;ouverture du taiji quan (fig. 1).\n三環套月\nPosture 2. Trois anneaux autour de la lune. La main droite fait une « épée de l\u0026rsquo;escrimeur » : l\u0026rsquo;index et le majeur joints et tendus, l\u0026rsquo;annulaire et l\u0026rsquo;auriculaire repliés au centre de la paume, le pouce replié appuyé sur la tête de l\u0026rsquo;annulaire. Ce geste est semblable au « balayer le genou et pas glissant » du taiji quan. La taille se détend vers le bas ; la main droite, suivant la taille, décrit un cercle vers l\u0026rsquo;arrière puis monte, et pointe en sortant près de l\u0026rsquo;oreille droite. En même temps la main gauche, tenant l\u0026rsquo;épée, monte avec la taille, passe du devant de la poitrine vers la droite et gagne le genou gauche, l\u0026rsquo;épée restant collée au bras, pointant en arrière. Le pied gauche fait en même temps un grand pas vers l\u0026rsquo;est ; la taille avance avec la main, le poids s\u0026rsquo;établit sur la jambe gauche (fig. 2).\n左手握劍。直穿至右手上。右足同時前邁一小步。足尖點地。仍坐右腿。此式如太極拳之上步七星。如第三圖。\nLa main gauche tenant l\u0026rsquo;épée l\u0026rsquo;enfile tout droit au-dessus de la main droite, tandis que le pied droit fait un petit pas en avant, la pointe touchant le sol, le poids restant sur la jambe gauche. Cette posture est comme « avancer d\u0026rsquo;un pas et posture du Grand Chariot » du taiji quan (fig. 3).\n两手同時两邊分開。轉一圓規。復合於前面。左足同時前邁一大步坐實。此式如太極拳之雙風貫耳。如第四圖。\nLes deux mains s\u0026rsquo;écartent en même temps des deux côtés, décrivent chacune un cercle, puis se rejoignent sur le devant. Le pied gauche fait en même temps un grand pas en avant et le poids s\u0026rsquo;y établit. Cette posture est comme le « double vent à travers les oreilles » du taiji quan (fig. 4).\n大魁星\nPosture 3. Grande posture de Kuixing. Les mains se rejoignent et l\u0026rsquo;épée passe dans la main droite. La main droite tient l\u0026rsquo;épée en « lame droite » (les tranchants vers le haut et le bas), décrit un grand cercle vers le bas et l\u0026rsquo;arrière ; la main gauche, pinçant la « épée de l\u0026rsquo;escrimeur », suit à l\u0026rsquo;intérieur de la main droite en décrivant elle aussi un grand cercle. Le regard suit la pointe de l\u0026rsquo;épée. La main droite, sans s\u0026rsquo;arrêter, passe à l\u0026rsquo;arrière puis monte et envoie l\u0026rsquo;épée au-dessus de la tête, toujours en lame droite, la pointe vers l\u0026rsquo;est, l\u0026rsquo;épée parfaitement horizontale. La main gauche pincée avance sur le devant, deux doigts vers le haut ; le poids s\u0026rsquo;établit sur la jambe droite, la jambe gauche se lève, pointe du pied en bas, le regard se tourne vers l\u0026rsquo;est. Cette posture est comme le « coq d\u0026rsquo;or se tient sur une patte » du taiji quan (fig. 5).\n燕子抄水\nPosture 4. L\u0026rsquo;hirondelle écope l\u0026rsquo;eau. La main droite guide l\u0026rsquo;épée en lame droite et frappe vers le sud-ouest, puis redescend, le plus bas possible, balaie le sol et se relève en devenant une lame plate (les tranchants vers la gauche et la droite), la pointe vers le sud-est et légèrement vers le haut. Le regard et la taille suivent le mouvement. La main gauche pincée, à l\u0026rsquo;intérieur, suit la main droite et monte au-dessus du front. Le pied gauche sort en même temps vers le nord-est et le poids s\u0026rsquo;y établit ; la longueur du pas est la même que dans la « vierge pousse la navette » du taiji quan (fig. 6).\n右攔掃\nPosture 5. Balayage de parade à droite. La main droite guide l\u0026rsquo;épée dans un arc montant vers le nord, la lame oblique, puis la fait redescendre en lame plate. Quand elle est au niveau de l\u0026rsquo;épaule droite, elle frappe de taille vers le sud-est, l\u0026rsquo;épée toujours plate, la pointe vers le nord-est. La main gauche pincée suit la main droite, à deux ou trois pouces du poignet droit. Le pied droit sort en même temps vers le sud-est et le poids s\u0026rsquo;y établit. Le regard et la taille suivent l\u0026rsquo;épée. Cette posture est comme la « vierge pousse la navette » du taiji quan (fig. 7).\n左攔掃\nPosture 6. Balayage de parade à gauche. La main droite guide l\u0026rsquo;épée en un arc vers le sud, lame plate, puis légèrement vers le bas, toujours à plat. Quand elle est au niveau de l\u0026rsquo;épaule droite, elle frappe de taille vers le nord-est, l\u0026rsquo;épée toujours plate, la pointe vers le sud-est. La main gauche pincée suit la main droite, à deux ou trois pouces du poignet. Le pied gauche sort en même temps vers le nord-est et le poids s\u0026rsquo;y établit. Le regard et la taille suivent l\u0026rsquo;épée. Cette posture est encore comme la « vierge pousse la navette » du taiji quan (fig. 8).\n左右攔掃。或二次或四次均可。\nLes balayages de parade à gauche et à droite peuvent être exécutés deux ou quatre fois.\n小魁星\nPosture 7. Petite posture de Kuixing. La main droite tourne l\u0026rsquo;épée de la lame plate à la lame droite et la conduit en un arc vers le nord puis vers le bas, tandis que le pied droit avance vers le sud-est, pointe au sud, et que le poids s\u0026rsquo;y établit. Le pied gauche sort vers le sud-est, pointe touchant le sol. La main droite lève l\u0026rsquo;épée sans s\u0026rsquo;arrêter, s\u0026rsquo;élevant d\u0026rsquo;en bas en un arc jusqu\u0026rsquo;au-dessus de la tête, toujours en lame droite, la pointe oblique vers le bas et le sud-est. La main gauche pincée suit la main droite, deux doigts vers le haut. Cette posture est semblable à la grande version (fig. 9).\n燕子入巢\nPosture 8. L\u0026rsquo;hirondelle entre dans son nid. La main droite conduit l\u0026rsquo;épée en un cercle vers le bas et l\u0026rsquo;arrière. Le pied droit, sur la pointe, tourne vers l\u0026rsquo;arrière en se dirigeant au nord-ouest ; le pied gauche avance obliquement au nord-ouest et le poids s\u0026rsquo;y établit. La main gauche, à l\u0026rsquo;intérieur, suit la main droite quand elle passe à l\u0026rsquo;arrière puis se déploie pour soutenir le dos de la main droite ; les deux mains portent l\u0026rsquo;épée et piquent à l\u0026rsquo;horizontale vers le nord-ouest. Cette posture ressemble au « poing au bas-ventre » du taiji quan (fig. 10).\n靈猫捕鼠蜻蜓點水\nPostures 9 et 10. Le chat agile attrape la souris \u0026amp; la libellule effleure l\u0026rsquo;eau. Les deux mains rentrent l\u0026rsquo;épée, le pied droit se lève, pointe oblique en bas (fig. 11).\n旋卽踢出。極力向西北邁去。左足騰起。向前一點。右足又往前一躍。右手之劍。同時向西北平面刺去。左手揑劍訣。轉至額上。右足坐實。如第十二圖。\nPuis le pied droit pousse et avance énergiquement au nord-ouest ; le pied gauche bondit et, dès qu\u0026rsquo;il touche le sol en avant, le pied droit saute à son tour en avant. La main droite pique avec l\u0026rsquo;épée à l\u0026rsquo;horizontale vers le nord-ouest, tandis que la main gauche pincée décrit un arc jusqu\u0026rsquo;au-dessus du front, le poids passant sur le pied droit (fig. 12).\n右手之劍刺出後。又畧收回。向前一點。此之謂蜻蜓點水。此式如太極長拳之右扇通臂。\nAprès que l\u0026rsquo;épée a piqué, on la rentre légèrement puis on la pousse en avant d\u0026rsquo;un point imperceptible : c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « la libellule effleure l\u0026rsquo;eau ». Cette posture ressemble au « éventail traversant le bras droit » du Taiji long quan.\n黃蜂入洞\nPosture 11. La guêpe entre dans le trou. Le pied droit pivote sur le talon pour orienter la pointe au sud ; la main droite, tenant l\u0026rsquo;épée, tourne avec la taille vers le nord, le regard se portant au nord-ouest. La main gauche se replie pour tenir dessous ; le pied droit pivote sur la pointe et fait un tour complet, le pied gauche se lève, tourne lui aussi d\u0026rsquo;un tour, et avance de nouveau au nord-ouest. Les mains, tournant avec le corps, font un tour ; la gauche se déploie de nouveau pour soutenir le dos de la droite, et les deux mains portent l\u0026rsquo;épée et piquent à l\u0026rsquo;horizontale vers le nord-ouest, le poids s\u0026rsquo;établissant sur la jambe gauche. Voir encore la fig. 10.\n鳳凰雙展翅\nPosture 12. Le phénix déploie ses deux ailes. La main gauche se déploie et passe au-dessus du poignet droit, la main pincée, la paume en bas ; le talon gauche tourne au nord. Les mains s\u0026rsquo;écartent : la droite guide l\u0026rsquo;épée en un tranchant du bord interne vers le sud-est en lame plate, au-dessus ; la gauche s\u0026rsquo;écarte vers le nord-ouest, en bas, la paume gauche en dessous et la paume droite au-dessus, tandis que le pied droit sort vers le sud-est et que le poids s\u0026rsquo;y établit. Cette posture est comme les « ailes obliques » du taiji quan (fig. 13).\n左旋風小魁星\nPostures 13 et 14. Le tourbillon de gauche \u0026amp; la petite posture de Kuixing. La main droite tourne l\u0026rsquo;épée de la lame plate à la lame droite et la conduit vers le haut, au nord-ouest, puis vers le bas, suivant la taille ; le poids s\u0026rsquo;établit sur la jambe gauche. Le pied droit se lève et retombe, pointe au sud, et le poids y passe ; le pied gauche sort au sud-est, pointe touchant le sol. La main droite lève l\u0026rsquo;épée sans s\u0026rsquo;arrêter, d\u0026rsquo;en bas en un arc jusqu\u0026rsquo;au-dessus de la tête, toujours en lame droite, la pointe oblique en bas vers le sud-est. La main gauche pincée suit la droite, deux doigts vers le haut. Voir encore la fig. 8.\n右旋風等魚式\nPostures 15 et 16. Le tourbillon de droite \u0026amp; l\u0026rsquo;attente du poisson. La main droite fait descendre l\u0026rsquo;épée en lame droite puis la fait remonter en décrivant un cercle vers l\u0026rsquo;arrière, le pied gauche reculant d\u0026rsquo;un pas ; l\u0026rsquo;épée, de l\u0026rsquo;arrière, tourne pour re-monter et se diriger au sud-est, toujours en lame droite. La main gauche pincée suit la main droite, à deux pouces d\u0026rsquo;elle. Le pied droit recule en même temps, pointe touchant le sol et orientée au sud-est (fig. 14).\n撥草尋蛇\nPosture 17. Écarter l\u0026rsquo;herbe pour trouver le serpent. La main droite guide l\u0026rsquo;épée en suivant la taille dans un léger arc à gauche, la faisant passer peu à peu de la lame droite à la lame plate, puis revient à droite et frappe de taille au sud, l\u0026rsquo;épée toujours plate, la pointe vers l\u0026rsquo;est, l\u0026rsquo;épée au niveau de la main. Le regard et la taille suivent. La main gauche pincée suit la main droite, à deux ou trois pouces du poignet. Le pied droit sort en même temps au sud-est et le poids s\u0026rsquo;y établit. Cette posture est comme le « balayage de parade à droite », sauf que l\u0026rsquo;épée est plus basse et que la pointe regarde l\u0026rsquo;est. Voir encore la fig. 7.\nPuis la main droite guide l\u0026rsquo;épée en un léger arc à droite, revient à gauche, l\u0026rsquo;épée toujours plate, et frappe de taille au nord, la pointe vers l\u0026rsquo;est, l\u0026rsquo;épée au niveau de la main. Le regard et la taille suivent. La main gauche pincée suit, à deux ou trois pouces du poignet. Le pied gauche sort en même temps au nord-est et le poids s\u0026rsquo;y établit. Cette posture est semblable au « balayage de parade à gauche ». Voir encore la fig. 8.\n撥草尋蛇。可作三次或五次。\nCes mouvements peuvent être exécutés trois ou cinq fois.\n懷中抱月\nPosture 18. Embrasser la lune. Après avoir fait « écarter l\u0026rsquo;herbe pour trouver le serpent » trois ou cinq fois, et donc en finissant sur le côté droit, le pied gauche recule d\u0026rsquo;un pas (vers l\u0026rsquo;ouest) tandis que la main droite enroule l\u0026rsquo;épée vers la poitrine en la retournant, le dos de la main passant vers le haut, la paume finissant au-dessus. Le corps accompagne le repli de l\u0026rsquo;épée et le poids s\u0026rsquo;établit sur la jambe gauche, en s\u0026rsquo;abaissant légèrement. La main droite guide l\u0026rsquo;épée près des côtes gauches, lame plate, à environ quatre pouces du corps, la pointe vers l\u0026rsquo;est. La main gauche pincée rentre avec la droite, légèrement au-dessus d\u0026rsquo;elle. Le regard est vers l\u0026rsquo;est (fig. 15).\n宿鳥投林\nPosture 19. L\u0026rsquo;oiseau regagne la forêt pour la nuit. Le pied gauche avance d\u0026rsquo;un pas (vers l\u0026rsquo;est), le corps l\u0026rsquo;accompagne, le pied gauche se lève et la main droite guide l\u0026rsquo;épée piquant vers le haut (vers l\u0026rsquo;est) ; la main gauche suit la droite vers le haut, à deux pouces d\u0026rsquo;elle. Le pied gauche est levé, le genou vers le nord-ouest, la plante près du genou droit, la pointe en bas. Le regard suit la pointe de l\u0026rsquo;épée vers le haut (fig. 16).\n烏龍擺尾\nPosture 20. Le dragon noir balance sa queue. Le pied gauche recule d\u0026rsquo;un pas (vers l\u0026rsquo;ouest), le corps s\u0026rsquo;abaisse avec lui, le pied droit suit le pied gauche en se relevant et se repliant, comme dans « l\u0026rsquo;attente du poisson », pointe touchant le sol au sud-est. En même temps la main droite retire l\u0026rsquo;épée jusqu\u0026rsquo;à derrière le genou droit, la lame passant de plate à droite, la pointe pendant vers le bas, légèrement au sud-est ; la main gauche pincée décrit un arc jusqu\u0026rsquo;au-dessus du front. Le regard descend vers la pointe de l\u0026rsquo;épée (fig. 17).\n風捲荷葉\nPosture 21. Le vent roule les feuilles de lotus. Le pied droit recule d\u0026rsquo;un demi-pas vers le sud-ouest ; la main droite, suivant l\u0026rsquo;élan, guide l\u0026rsquo;épée de la lame droite en direction de l\u0026rsquo;extérieur puis vers le dedans, la ramenant à la lame plate, et le pied gauche suit le droit en se repliant, effleurant à peine le sol. Une fois l\u0026rsquo;épée enveloppée sous les côtes, elle pique au nord-est, le pied gauche sortant en même temps au nord-est. La main gauche, qui était au-dessus du front, sort et descend en un arc jusqu\u0026rsquo;au creux de l\u0026rsquo;estomac, puis remonte jusqu\u0026rsquo;au front. Les mains et les pieds se meuvent en même temps, sans que l\u0026rsquo;un ne précède l\u0026rsquo;autre (fig. 18).\n獅子搖頭\nPosture 22. Le lion secoue la tête. La pointe du pied gauche tourne au sud-est. La main droite, la paume tournée vers le haut, ramène l\u0026rsquo;épée vers les côtes et la retourne, la paume finissant en bas, la pointe qui regardait le nord-est passant au nord-ouest. La main droite guide l\u0026rsquo;épée en un arc vers le sud puis vers l\u0026rsquo;ouest. Le pied droit, suivant la main et le corps, sort au nord-ouest, la main droite frappe de taille au nord, la pointe vers l\u0026rsquo;ouest, la paume droite encore en bas. Le corps, qui regardait au nord-est, se trouve alors tourné plein ouest. La main gauche pincée suit la droite, à deux ou trois pouces d\u0026rsquo;elle (fig. 19).\n右手之劍。手心向下者。往右略轉動。又往左轉回。轉至手心向上。劍仍平面。往南砍去。劍尖向西。劍與手平。眼神與腰。亦隨之而轉。左手揑劍訣。隨右手轉動。距右手腕二三寸許。左足同時略向後退半步坐實。此式如太極拳之倒輦猴。惟步略開耳。如第二十圖。\nLa main droite, la paume en bas, décrit un léger arc à droite, puis revient à gauche, la paume finissant au-dessus, et, l\u0026rsquo;épée toujours plate, frappe de taille au sud, la pointe vers l\u0026rsquo;ouest, l\u0026rsquo;épée au niveau de la main. Le regard et la taille suivent, la main gauche pincée suivant la droite à deux ou trois pouces du poignet. Le pied gauche recule en même temps d\u0026rsquo;un demi-pas et le poids s\u0026rsquo;y établit. Cette posture est comme « reculer en chassant le singe » du taiji quan, à ceci près que le pas est un peu plus large (fig. 20).\n右手之劍。手心向上者。往左略轉動。又往右轉回。轉至手心向下。劍仍平面。往北砍去。劍尖仍向西。劍與手平。眼神與腰。亦隨之轉。左手同前。右足同時向後退一步坐實。此式如太極拳之倒輦猴。如第二十一圖。\nLa main droite, la paume au-dessus, décrit un léger arc à gauche, puis revient à droite, la paume finissant en bas, et, l\u0026rsquo;épée toujours plate, frappe de taille au nord, la pointe toujours vers l\u0026rsquo;ouest, l\u0026rsquo;épée au niveau de la main. La main gauche est comme devant. Le pied droit recule en même temps d\u0026rsquo;un pas et le poids s\u0026rsquo;y établit. Cette posture est encore comme « reculer en chassant le singe » du taiji quan (fig. 21).\n或退四步。或退六步。退至右足在後而止。\nQue l\u0026rsquo;on recule de quatre pas ou de six, on s\u0026rsquo;arrête quand le pied droit se trouve en arrière.\n虎抱頭\nPosture 23. Le tigre cache sa tête. Quand le pied droit a reculé, les deux mains s\u0026rsquo;écartent des deux côtés puis se rejoignent. La paume droite, en bas quand elle va s\u0026rsquo;écarter, se retourne pour finir au-dessus quand elle revient ; la main droite conduit l\u0026rsquo;épée jusqu\u0026rsquo;au devant de la poitrine et s\u0026rsquo;y arrête, la main gauche en dessous soutenant le dos de la droite. Le poids s\u0026rsquo;établit sur le pied gauche, qui reste immobile, tandis que le pied droit se lève et avance, pointe touchant le sol. Le corps regarde encore vers l\u0026rsquo;ouest (fig. 22).\n野馬跳澗\nPosture 24. Le cheval sauvage saute le ravin. Les deux mains rentrent l\u0026rsquo;épée, le pied droit se lève et l\u0026rsquo;on saute pour piquer à l\u0026rsquo;ouest. Le pas est le même que dans « le chat agile attrape la souris », à cette différence près que le saut est légèrement plus haut. Quand l\u0026rsquo;épée pique, les deux mains la portent encore. Voir encore la fig. 10.\n翻身勒馬\nPosture 25. Se retourner, retenir le cheval. Les deux mains portant l\u0026rsquo;épée, l\u0026rsquo;épée se lève à plat et passe au-dessus de la tête, tandis que le corps, qui regardait à l\u0026rsquo;ouest, tourne de droite à gauche jusqu\u0026rsquo;à faire face à l\u0026rsquo;est, le talon droit pivotant. Le poids sur le pied droit, le pied gauche se lève et se replie, pointe touchant le sol, orientée à l\u0026rsquo;est, pendant que l\u0026rsquo;épée, portée par les deux mains, redescend de dessus la tête et se replie (fig. 23).\n上步指南針\nPosture 26. Avancer en pointant comme une aiguille de boussole. Le pied gauche avance d\u0026rsquo;un pas, le pied droit vient à sa suite pour se tenir à côté, et les deux mains portant l\u0026rsquo;épée piquent en avant. Le corps regarde encore vers l\u0026rsquo;est (fig. 24).\n迎風拂塵\nPosture 27. Épousseter la poussière contre le vent. La main droite guide l\u0026rsquo;épée vers la droite, la taille suit, puis la ramène à gauche, l\u0026rsquo;épée frappant de taille au nord en lame plate tandis que le pied gauche avance. C\u0026rsquo;est la même chose que les « balayages de parade à gauche et à droite », sauf que l\u0026rsquo;épée est un peu plus haute. On peut le faire trois ou cinq fois. Voir encore les fig. 7 et 8.\n順水推舟\nPosture 28. Suivre le courant pour pousser la barque. Après avoir fait « épousseter la poussière contre le vent » et fini pied gauche en avant, le pied droit recule d\u0026rsquo;un pas, le pied gauche recule à sa suite, pointe touchant le sol. En même temps la main droite fait passer l\u0026rsquo;épée de la lame oblique à la lame droite, le tranchant vers le bas et l\u0026rsquo;arrière, et décrit un grand cercle. La main gauche pincée suit à l\u0026rsquo;intérieur de la droite, décrivant elle aussi un cercle. Le regard suit la pointe de l\u0026rsquo;épée. La main droite, sans s\u0026rsquo;arrêter, passe à l\u0026rsquo;arrière puis monte et envoie l\u0026rsquo;épée en un arc au-dessus de la tête, toujours en lame droite, la pointe piquant légèrement vers le nord-est. Le pied gauche sort en même temps d\u0026rsquo;un grand pas au nord-est et le poids s\u0026rsquo;y établit, la pointe au nord-est ; la main gauche pincée avance sur le devant, deux doigts vers le haut, et le regard suit la pointe de l\u0026rsquo;épée en avant. Cette posture est comme « l\u0026rsquo;éventail traversant le bras » du taiji quan (fig. 25).\n流星趕月\nPosture 29. L\u0026rsquo;étoile filante chasse la lune. Le talon gauche pivote au sud pour orienter la pointe au sud-est, tandis que le pied droit sort en même temps au nord-ouest. La main droite guide l\u0026rsquo;épée au-dessus de la tête et frappe de taille au nord-ouest, la main gauche s\u0026rsquo;écartant en même temps vers le sud-est (fig. 26).\n天馬行空\nPosture 30. Le cheval céleste vole dans les airs. La main droite guide l\u0026rsquo;épée, la paume vers le sud, en un arc d\u0026rsquo;en bas vers le nord puis vers le haut. Le pied gauche s\u0026rsquo;avance d\u0026rsquo;un pas au sud, ce qui tourne le corps au sud ; l\u0026rsquo;épée, sans s\u0026rsquo;arrêter, passe de l\u0026rsquo;arrière au-dessus de la tête et frappe de taille vers le sud. En même temps la main gauche rejoint la droite, la paume venant assister au-dessus du poignet droit, tandis que le pied droit avance d\u0026rsquo;un grand pas au sud, pointe touchant le sol et orientée au sud, le regard vers le sud (fig. 27).\n挑簾式\nPosture 31. Soulever le rideau. Le pied droit se lève et retombe, la pointe faisant face au talon gauche en forme de huit, à un demi-pied environ, la pointe orientée au nord-ouest. La main droite lève l\u0026rsquo;épée au-dessus de la tête, la gauche soutenant encore le poignet droit, la pointe oblique en bas, tandis que le pied gauche se lève, pointe en bas (fig. 28).\n左右車輪劍\nPosture 32. L\u0026rsquo;épée qui tourne comme une roue à gauche et à droite. Le pied gauche retombe et forme un huit avec le pied droit, la pointe au sud-ouest. La main droite guide l\u0026rsquo;épée suivant la taille vers l\u0026rsquo;est, remonte d\u0026rsquo;en bas en décrivant un grand cercle, le regard suivant la pointe. Le pied droit sort d\u0026rsquo;un grand pas vers l\u0026rsquo;ouest et l\u0026rsquo;épée, du haut, frappe vers l\u0026rsquo;ouest, la main gauche s\u0026rsquo;écartant vers l\u0026rsquo;est, le regard suivant l\u0026rsquo;épée vers l\u0026rsquo;ouest. Cette posture est la même que « l\u0026rsquo;étoile filante chasse la lune », à la direction près. Voir encore la fig. 26.\nPuis la main droite, la paume vers l\u0026rsquo;est, remonte d\u0026rsquo;en bas vers l\u0026rsquo;est, décrivant un grand cercle. Le pied gauche sort d\u0026rsquo;un grand pas à l\u0026rsquo;ouest et le corps se tourne à l\u0026rsquo;ouest ; l\u0026rsquo;épée, sans s\u0026rsquo;arrêter, passe de l\u0026rsquo;arrière au-dessus de la tête et frappe de taille vers l\u0026rsquo;ouest, la main gauche rejoignant la droite pour assister au poignet, tandis que le pied droit avance d\u0026rsquo;un grand pas à l\u0026rsquo;ouest, pointe touchant le sol, le regard vers l\u0026rsquo;ouest. Cette posture est la même que « le cheval céleste vole dans les airs », à la direction près. Voir encore la fig. 27.\n大鵬單展翅\nPosture 33. Le rokh déploie une aile. La main droite guide l\u0026rsquo;épée légèrement à gauche jusqu\u0026rsquo;à ce que la paume soit au-dessus, la main gauche décrivant un arc au-dessus du poignet droit, paume en bas. Le talon gauche pivote au nord pour orienter la pointe légèrement au nord-est ; le pied droit sort au nord-est, la main droite guidant l\u0026rsquo;épée en un tranchant du bord interne vers le nord-est, lame plate. La main gauche, suivant la droite, arrive devant la poitrine, la main pincée au nord-est, le regard vers le nord-est (fig. 29).\n海底撈月\nPosture 34. Chercher à écoper le reflet de la lune dans l\u0026rsquo;eau. La main droite tourne l\u0026rsquo;épée encore vers la droite et s\u0026rsquo;abaisse légèrement, la pointe vers le haut. La main gauche pincée suit, s\u0026rsquo;arrêtant un peu dans le creux du coude droit. L\u0026rsquo;épée, lame droite, va vers l\u0026rsquo;extérieur puis s\u0026rsquo;enroule dedans, devenant lame plate, tandis que le pied gauche se lève et retombe, la pointe au sud-ouest. Une fois l\u0026rsquo;épée enveloppée sous les côtes, elle pique droit à l\u0026rsquo;ouest, le pied droit sortant en même temps à l\u0026rsquo;ouest, pointe à l\u0026rsquo;ouest, la main gauche décrivant un arc jusqu\u0026rsquo;au-dessus du front. Voir encore la fig. 11.\n懷中抱月如前法如三十圖\nPosture 35. Embrasser la lune, comme à la posture 18, mais dans la direction opposée (fig. 30).\n夜叉探海\nPosture 36. Le démon des nuits s\u0026rsquo;explore la mer. Le pied droit sort à l\u0026rsquo;ouest, le corps avance avec lui, l\u0026rsquo;épée pique vers l\u0026rsquo;ouest en descendant, la main gauche suivant la droite vers le bas, à deux pouces d\u0026rsquo;elle, pendant que le pied gauche se lève. Le regard suit la pointe de l\u0026rsquo;épée vers le bas (fig. 31).\n犀牛望月\nPosture 37. Le rhinocéros regarde la lune. Le pied gauche fait un pas de côté vers l\u0026rsquo;est ; la main gauche, d\u0026rsquo;en bas, monte vers l\u0026rsquo;est en décrivant un grand cercle, et la main droite lève l\u0026rsquo;épée, la retirant de l\u0026rsquo;ouest vers l\u0026rsquo;est, devant la poitrine. L\u0026rsquo;épée passe de la lame plate à la lame droite, la pointe regardant toujours l\u0026rsquo;ouest. La main gauche, restant pincée, décrivant un arc jusqu\u0026rsquo;à l\u0026rsquo;intérieur de la droite. Le poids est sur la jambe gauche, le regard toujours vers l\u0026rsquo;ouest. Cette posture est comme « drapant le corps, posture du tigre qui combat » du taiji quan (fig. 32).\n射雁式\nPosture 38. Tirer l\u0026rsquo;oie. Le pied droit ne quitte pas sa place, la main droite retire l\u0026rsquo;épée jusqu\u0026rsquo;à derrière le genou droit, la pointe vers le bas et le sud-est. Le pied gauche se lève en même temps et se replie vers le droit, pointe touchant le sol et orientée au sud-est, tandis que la main gauche se lève devant la poitrine, pointant avec le regard vers le sud-est (fig. 33).\n白猿獻果\nPosture 39. Le singe blanc offre un fruit. Le pied gauche avance d\u0026rsquo;un pas au sud-est, le pied droit avance à sa suite pour se tenir à côté ; la main droite fait passer l\u0026rsquo;épée de la lame droite à la lame plate et pique vers le haut au sud-est, la paume gauche soutenant le dos de la droite. Le corps se tient droit, le regard toujours au sud-est. Cette posture est la même que « l\u0026rsquo;aiguille de boussole », à cela près que l\u0026rsquo;épée est un peu plus haute. Voir encore la fig. 23.\n鳳凰雙展翅\nPosture 40. Le phénix déploie ses deux ailes. Ce changement diffère seulement en ce que le pied droit sort au nord-ouest et que l\u0026rsquo;épée fait un tranchant du bord interne depuis le sud-est, les mains s\u0026rsquo;écartant. Voir encore la fig. 13.\n左右跨攔\nPosture 41. Parade enjambante à gauche et à droite. Le pied droit fait un pas de côté vers le sud, le pied gauche suit pour faire un grand pas de côté vers le sud, tandis que la main droite retire l\u0026rsquo;épée du nord-ouest vers le sud, en travers devant la poitrine, paume au-dessus. L\u0026rsquo;épée est encore plate, la pointe vers le nord ; la main gauche soutient le poignet droit (fig. 34).\n左足往北橫邁一步。右足隨左足。往北橫邁一大步。右手之劍。往左略轉。隨腰隨步。往北轉換。使手心向上者。變為手心向下。劍尖向北者。變為劍尖向南。橫在胸前。劍仍平面。左手扶右手腕背。如第三十五圖。\nLe pied gauche fait un pas de côté vers le nord, le pied droit suit pour faire un grand pas de côté vers le nord ; la main droite guide l\u0026rsquo;épée légèrement à gauche, puis suivant la taille et le pas, la tourne vers le nord. La paume qui était au-dessus passe au-dessous, la pointe qui regardait le nord passe au sud. L\u0026rsquo;épée est en travers devant la poitrine, toujours plate ; la main gauche soutient le dos du poignet droit (fig. 35).\n射雁式向西北。變法如前。\nPosture 42. Tirer l\u0026rsquo;oie (comme à la posture 37, mais vers le nord-ouest).\n白猿獻果向正西。變法如前。\nPosture 43. Le singe blanc offre un fruit (comme à la posture 38, mais plein ouest).\n左右落花\nPosture 44. Fleurs qui tombent à gauche et à droite. La main droite guide l\u0026rsquo;épée en un léger arc depuis la gauche. Le pied droit recule d\u0026rsquo;un pas, l\u0026rsquo;épée suivant le pied droit pour frapper de taille au nord et à droite, la paume qui était au-dessus passant au-dessous. Le pied gauche recule alors d\u0026rsquo;un pas, l\u0026rsquo;épée suivant le pied gauche pour frapper de taille au sud et à gauche, la paume repassant au-dessus. Le tout est comme « le lion secoue la tête », sauf que l\u0026rsquo;épée est un peu plus basse. Voir encore les fig. 20 et 21.\n玉女穿梭白虎攪尾\nPostures 45 et 46. La vierge pousse la navette \u0026amp; le tigre blanc remue la queue. Après que le pied droit a reculé, les mains s\u0026rsquo;écartent comme devant. On lève le pied gauche, on le tourne vers le sud, et on fait un grand pas, tandis que les mains tournent et se rejoignent pour piquer au sud, la paume gauche soutenant le dos du poignet droit (fig. 36).\n右手與左手相合。左手在上。手心向下。右手執劍在下。手心向上。左足跟往西轉。足尖向西。右手之劍。由南往北。平面削去。轉至北時。劍往上轉。使劍尖向上直立。劍平面向西。左手揑劍訣在胸前。右足略提起。往北移半步。足尖向西北。如大鵬單展翅。眼神向西看。\nLes mains se rejoignent, la gauche au-dessus, paume en bas, la droite tenant l\u0026rsquo;épée en dessous, paume en haut. Le talon gauche pivote vers l\u0026rsquo;ouest, la pointe à l\u0026rsquo;ouest. La main droite guide l\u0026rsquo;épée du sud au nord, en un tranchant du bord interne à lame plate. Quand elle a atteint le nord, l\u0026rsquo;épée remonte pour dresser la pointe toute droite. La lame regarde l\u0026rsquo;ouest (c\u0026rsquo;est-à-dire que les tranchants sont à l\u0026rsquo;ouest et à l\u0026rsquo;est) ; la main gauche pincée est devant la poitrine. En même temps le pied droit se soulève légèrement et se déplace d\u0026rsquo;un demi-pas au nord-ouest, la pointe au nord-ouest. C\u0026rsquo;est semblable au « rokh déploie une aile ». Le regard vers le nord-ouest.\n鯉魚跳龍門\nPostures 47 et 48. La carpe saute la porte du dragon. Les deux mains se rejoignent de nouveau comme dans « le tigre cache sa tête », puis on saute de nouveau vers l\u0026rsquo;ouest comme dans « le cheval sauvage saute le ravin ». Voir encore les fig. 22 et 10.\n烏龍絞柱\nPosture 49. Le dragon noir s\u0026rsquo;enroule autour de la colonne. La main droite guide l\u0026rsquo;épée en la faisant monter de la lame plate à la lame droite, vers le haut et l\u0026rsquo;est, en suivant la taille qui décrit un grand cercle, puis frappe vers l\u0026rsquo;est ; la main gauche suit pour arriver devant la poitrine (fig. 37).\n劍不停。由東復轉下。往西撩上。右足提起落下。使足尖向西北。身隨腰轉。劍不停。復由西往上往東砍。如第三十八圖。\nL\u0026rsquo;épée ne s\u0026rsquo;arrête pas : de l\u0026rsquo;est elle redescend, puis remonte vers l\u0026rsquo;ouest tandis que le pied droit se lève et retombe, la pointe au nord-ouest. Le corps suit le mouvement, la taille tournant, et l\u0026rsquo;épée, sans s\u0026rsquo;arrêter, passe de l\u0026rsquo;ouest en remontant et frappe vers l\u0026rsquo;est (fig. 38).\n劍仍不停。轉至中間。復由外向脇裏裹。劍變為平面。左足同時提起往西邁一步。右足隨提起向西邁一大步。劍亦隨右步。向西剌去。左手分開。提起在額上。劍共轉兩輪。眼神亦隨之而轉。此式剌出。如靈猫捕鼠。惟中間轉動不同。參觀第十圖。\nL\u0026rsquo;épée ne s\u0026rsquo;arrête pas : elle tourne jusqu\u0026rsquo;au centre, puis revient de l\u0026rsquo;extérieur pour s\u0026rsquo;enrouler vers les côtes, repassant à la lame plate. Le pied gauche se lève en même temps et fait un pas vers l\u0026rsquo;ouest ; le pied droit se lève et fait un grand pas vers l\u0026rsquo;ouest, et l\u0026rsquo;épée, suivant ce pas, pique vers l\u0026rsquo;ouest, la main gauche s\u0026rsquo;écartant et se levant au-dessus du front. L\u0026rsquo;épée a tourné deux fois au total, le regard suivant le mouvement. Cette poussée est comme « le chat agile attrape la souris », à la différence que le mouvement intermédiaire n\u0026rsquo;est pas le même. Voir encore la fig. 12.\n仙人指路\nPosture 50. L\u0026rsquo;immortel montre le chemin. Le pied gauche fait un pas de côté vers l\u0026rsquo;est ; le reste du mouvement est identique à « le rhinocéros regarde la lune », sinon que la main droite retire l\u0026rsquo;épée d\u0026rsquo;en haut et la fait descendre devant la poitrine, la pointe dressée en haut, la lame plate vers l\u0026rsquo;extérieur (les tranchants à gauche et à droite) (fig. 39).\n風掃梅花虎抱頭\nPostures 51 et 52. Le vent balaie les fleurs de prunier \u0026amp; le tigre cache sa tête. La main droite, l\u0026rsquo;épée dressée en haut, la ramène à la lame plate sous les côtes gauches, la pointe légèrement vers l\u0026rsquo;est, la paume en bas, la gauche au-dessus, les mains se rejoignant. Le pied droit se lève et retombe, la pointe au nord-ouest ; le pied gauche se lève, va au nord puis à l\u0026rsquo;est, faisant faire au corps un cercle complet, comme le « tourner sur le pied et frapper le lotus » du taiji quan. Quand le tour ramène le visage au sud, les deux mains s\u0026rsquo;écartent puis se rejoignent, le pied droit touchant le sol en avant, comme dans « le tigre cache sa tête ».\n指南針抱劍歸原\nPostures 53 et 54. L\u0026rsquo;aiguille de boussole \u0026amp; embrasser l\u0026rsquo;épée et revenir à la position d\u0026rsquo;origine. Le pied droit avance, le gauche vient à sa suite et se tient à côté ; les deux mains portent l\u0026rsquo;épée et piquent en avant, comme dans « l\u0026rsquo;aiguille de boussole ». La main droite passe l\u0026rsquo;épée à la main gauche : le pouce et l\u0026rsquo;index de celle-ci pointent vers le bas, les trois autres doigts s\u0026rsquo;enroulent vers le haut autour de la poignée, la paume vers l\u0026rsquo;extérieur, l\u0026rsquo;épée dressée en lame plate, la lame contre le devant de l\u0026rsquo;avant-bras. La main gauche tourne alors l\u0026rsquo;épée, la faisant passer derrière, et l\u0026rsquo;on se retrouve posé comme dans la posture d\u0026rsquo;ouverture, revenu à la manière dont on a commencé (fig. 40).\nNotes du traducteur Chen Weiming (陳微明, 1881-1958) : lettré de Qishui passé au taiji quan auprès de Yang Chengfu. Il fonda la Société de la souplesse (致柔拳社) à Shanghai et publia trois ouvrages fondamentaux : L\u0026rsquo;Art du taiji quan (太極拳術, 1925), Le Taiji dao (太極刀) et le présent Taiji jian (太極劍, 1928). Son œuvre contribua à diffuser la tradition de la famille Yang dans la Chine moderne. Jian (勁) : la force interne du taiji, distincte de la force musculaire brute ; le terme apparaît dans la conception du taiji, notamment à travers l\u0026rsquo;« énergie d\u0026rsquo;écoute » (ting jin, 聽經) évoquée dans la préface à propos du poussé de mains. Les photographies : l\u0026rsquo;édition originale de 1928 figure chaque posture par une photographie de démonstration. Nous reproduisons ici ces clichés originaux, issus du livre lui-même, ainsi que la page de titre, les calligraphies et les portraits qui précèdent le texte. La « lame droite » et la « lame plate » : l\u0026rsquo;auteur distingue l\u0026rsquo;épée tenue les tranchants vers le haut et le bas (直面, « lame droite ») de l\u0026rsquo;épée tenue les tranchants vers la gauche et la droite (平面, « lame plate »). Cette distinction parcourt les descriptions de postures et gouverne l\u0026rsquo;orientation de la lame à chaque geste. Le texte original parait dans le recueil que Chen Weiming consacra à la tradition de l\u0026rsquo;épée de taiji de la famille Yang, publié en 1928. Les images reproduites (page de titre, calligraphies, portraits et photographies de postures) sont des scans des planches originales de l\u0026rsquo;édition de 1928 du Taiji jian (太極劍), un ouvrage du domaine public. La traduction française, réalisée directement à partir du texte chinois, et les notes sont une création de ce site. Le texte chinois original a été consulté sur la page de Paul Brennan : « Taiji Sword ».\n","permalink":"https://classiques-martiaux-chinois.pages.dev/posts/taiji-jian-chen-weiming/","summary":"\u003cp\u003eLe \u003cem\u003eTaiji jian\u003c/em\u003e (太極劍, « épée de taiji ») est le manuel d\u0026rsquo;épée de \u003cstrong\u003eChen Weiming\u003c/strong\u003e\n(陳微明, 1881-1958), lettré et expert du taiji quan, disciple direct de \u003cstrong\u003eYang Chengfu\u003c/strong\u003e\n(楊澄甫, 1883-1936). Publié à Shanghai en 1928 sous le titre \u003cem\u003eTaiji jian, accompagné du\nTaiji long quan\u003c/em\u003e (太極劍 附太極長拳), l\u0026rsquo;ouvrage fait partie des trois livres que Chen\nWeiming consacre à la tradition de la famille Yang ; il s\u0026rsquo;inscrit dans la lignée interne\n(neijia) issue du mont Wudang. L\u0026rsquo;édition originale reproduit des calligraphies et\ndes portraits du maître, ainsi qu\u0026rsquo;une suite de photographies des postures, toutes\nconservées ici. Le texte chinois original est dans le domaine public ; la traduction\nfrançaise est nouvelle et réalisée directement à partir du texte chinois.\u003c/p\u003e","title":"L'Épée de taiji (太極劍) de Chen Weiming"},{"content":"Le taiji dao (太極刀, « sabre du taiji »), également appelé « sabre des treize dynamiques » (十三勢刀), est l\u0026rsquo;enchaînement de sabre du style Yang présenté par Chen Yanlin (陳炎林) dans le huitième chapitre (卷八) de son grand recueil Taiji quan dao jian gan san shou he bian (太極拳刀劍桿散手合編, « Taiji quan : boxe, sabre, épée, bâton et techniques libres, recueil complet »), publié en juin 1943. Chen Yanlin, enseignant et écrivain de taiji quan à Shanghai, fut l\u0026rsquo;élève de Tian Zhaolin (田兆麟), lui-même disciple de Yang Jianhou (楊健侯) : cet enchaînement appartient donc à la lignée du style Yang, dont il constitue l\u0026rsquo;arme la plus réputée après la boxe à mains nues. Le texte chinois, publié en 1943, est dans le domaine public.\nTraduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.\nPrésentation (太極刀) 太極刀。一名十三勢刀。有十三字訣。砍、刴、剗、截、刮、撩、扎、捛、劈、纏、搧、攔、滑。為昔日楊家太極拳術中著名器械之一。刀式不多。惟式式均能實用。而化人攻人。尤為神妙。令人不可測度。相傳楊健侯時。有著名神刀張某者。與楊交手。楊僅以拂塵代刀。張前進未及一步。刀遂被黏住。竟無一刀出手。可見楊家太極刀之深奧也。惜乎迄今得正傳者少。如廣陵散幾成絕調矣。著者不願珍秘。特將斯刀練法及用法。詳加闡明。以供好此者作為借鏡。太極刀在練時或用時。皆以腰腿為主動樞紐。刀之進退。腰腿相隨。用刀猶如用手。上下、前後、左顧、右盼、周身一致。其間不可稍有斷續。尤不能以力運刀。（如手臂拙力使刀運轉等）恐因拙力。（卽呆力）則己身內勁閉於骨內。不克運行於外。遂有運轉不靈之弊。務須以刀引出己身內勁。使周身內勁及精氣神運於刀上。如水銀裝於其內。運用達於刀尖。收之至尾。故楊家前輩練習太極刀。有重咸在五斤以上。蓋欲由重刀之轉動。引出本身內勁。倘渠運此重刀。僅以手而不用腰腿。試問其能神速乎。故學者之練習太極刀。非以腰腿勁運轉不可。至於沾黏等勁與徒手拳式同。否則不能成為太極刀正宗也。\nLe taiji dao est aussi appelé « sabre des treize dynamiques » (十三勢刀) : il possède treize formules en caractères — tailler (砍), hacher (刴), racler (剗), intercepter (截), raser (刮), relever (撩), piquer (扎), rouler (捛), fendre (劈), enrouler (纏), éventer (搧), barrer (攔), glisser (滑). C\u0026rsquo;était autrefois l\u0026rsquo;une des armes renommées de l\u0026rsquo;art du taiji quan de la famille Yang. Les postures du sabre ne sont pas nombreuses, mais chacune est véritablement utilisable ; pour neutraliser l\u0026rsquo;adversaire ou l\u0026rsquo;attaquer, elles sont d\u0026rsquo;une ingéniosité telle qu\u0026rsquo;on ne peut les sonder. La tradition raconte qu\u0026rsquo;à l\u0026rsquo;époque de Yang Jianhou vivait un certain Zhang, fameux sous le nom de « sabre divin » ; il croisa le fer avec Yang, qui n\u0026rsquo;utilisa qu\u0026rsquo;un chasse-mouches (拂塵) en guise de sabre. Zhang n\u0026rsquo;avait pas encore avancé d\u0026rsquo;un pas que son sabre fut collé : il ne put exécuter pas une seule technique. On voit par là combien le taiji dao de la famille Yang est profond. Hélas ! ceux qui en ont reçu la transmission orthodoxe sont aujourd\u0026rsquo;hui si rares qu\u0026rsquo;il est presque devenu, comme l\u0026rsquo;air de Guangling, un chant sans interprète. L\u0026rsquo;auteur ne veut pas en garder le secret : il expose donc en détail, pour ce sabre, la méthode d\u0026rsquo;entraînement et la méthode d\u0026rsquo;application, afin d\u0026rsquo;offrir aux amateurs un miroir où se regarder. À l\u0026rsquo;entraînement comme au combat, le taiji dao prend la taille et les jambes pour pivot moteur : quand le sabre avance ou recule, la taille et les jambes l\u0026rsquo;accompagnent. On manie le sabre comme on manie sa main — haut et bas, avant et arrière, œil à gauche, œil à droite : tout le corps ne fait qu\u0026rsquo;un, sans la moindre interruption. Surtout, il ne faut pas mener le sabre par la force (par exemple faire tourner le sabre avec la force grossière du bras) : car si l\u0026rsquo;on emploie la force grossière — la force stupide —, la force interne de son propre corps se referme dans les os, ne peut plus circuler au-dehors, et l\u0026rsquo;on souffre du défaut de mouvements engourdis. Il faut absolument que le sabre serve à faire sortir la force interne du corps : que toute la force interne, avec l\u0026rsquo;essence, le souffle et l\u0026rsquo;esprit, se transporte sur le sabre, comme si du mercure y était contenu — en action, elle va jusqu\u0026rsquo;à la pointe ; en retrait, elle revient au talon. C\u0026rsquo;est pourquoi les anciens de la famille Yang, pour s\u0026rsquo;entraîner au taiji dao, maniaient tous des sabres lourds de plus de cinq jin (斤) : ils voulaient, par la rotation du sabre lourd, faire jaillir leur propre force interne. Si l\u0026rsquo;on maniait ce sabre lourd seulement des mains, sans la taille ni les jambes, pourrait-on seulement être vif et rapide ? Aussi l\u0026rsquo;élève qui pratique le taiji dao ne peut le faire tourner qu\u0026rsquo;avec la force de la taille et des jambes. Quant aux forces de coller et d\u0026rsquo;adhérer (沾黏), elles sont les mêmes que dans la boxe à mains nues ; sans cela, on ne peut devenir un authentique héritier du taiji dao.\nChanson des noms de postures (太極刀名稱歌) La « chanson des noms de postures » résume en seize vers de sept caractères l\u0026rsquo;ensemble de l\u0026rsquo;enchaînement : chaque vers évoque, dans l\u0026rsquo;ordre, une ou plusieurs des trente-deux postures décrites ci-dessous.\n七星跨虎意氣揚。\n« Les sept étoiles chevauchant le tigre » : l\u0026rsquo;intention et le souffle s\u0026rsquo;élancent.\n白鶴涼翅暗退藏。\n« La grue blanche refroidit ses ailes » : se retirer en cachette, se dissimuler.\n風捲荷花隱葉底。\n« Le vent roule les fleurs de lotus » : se cacher sous les feuilles.\n推窗望月偏身長。\n« Pousser la fenêtre, contempler la lune » : le corps de biais s\u0026rsquo;allonge.\n左顧右盼兩分張。\n« Regarder à gauche, à droite » : se déployer des deux côtés.\n玉女穿梭應八方。\n« La jeune fille lance la navette » : répondre aux huit directions.\n獅子盤球向前滾。\n« Le lion fait rouler la boule » : rouler vers l\u0026rsquo;avant.\n開山巨蟒轉身行。\n« Ouvrir la montagne, le python géant » : tourner le corps et marcher.\n左右高低蝶戀花。\nÀ gauche, à droite, en haut, en bas : « le papillon s\u0026rsquo;éprend des fleurs ».\n轉身捛撩如風車。\n« Tourner le corps, rouler et relever » : comme un moulin à vent.\n二起腿來打虎勢。\n« Le double coup de pied, puis la posture de frapper le tigre ».\n鴛鴦腿發半身斜。\n« Le coup de pied du mandarin » : le demi-corps s\u0026rsquo;émet de biais.\n順水推舟鞭作篙。\n« Pousser le bateau dans le sens du courant » : le fouet sert de perche.\n翻身分手龍門跳。\n« Retourner le corps, écarter les mains » : le saut de la porte du dragon.\n力劈華山抱刀勢。\n« Fendre de force le mont Hua », puis « embrasser le sabre ».\n卞和攜石鳳囘巢。\n« Bian He porte la pierre », « le phénix retourne à son nid ».\nLes trente-deux postures (太極刀) Les mentions « vers l\u0026rsquo;avant », « vers la gauche », « vers la droite » désignent les directions du visage, établies d\u0026rsquo;après la posture initiale (voir la note de la posture 2). Les renvois « figure N » correspondent aux planches photographiques de l\u0026rsquo;ouvrage original, non reproduites ici.\n1. Posture initiale (起勢) （一）起勢\n左手執刀。刀刃向前。刀背貼於左臂。右手掌心下按。五指前伸。兩足平行分開立定。距離略與兩肩相齊。頭懸身正。目向前平視。舌抵上腭。唇齒相合。以鼻呼吸。沉肩垂肘。含胸拔背。鬆腰鬆胯。體靜神舒。氣輕沉於丹田。精神提起。貫至頭頂。週身鬆開。全如太極拳起勢。（見圖1）\nPosture initiale. La main gauche tient le sabre, le tranchant vers l\u0026rsquo;avant, le dos du sabre collé au bras gauche. La paume droite appuie vers le bas, les cinq doigts tendus vers l\u0026rsquo;avant. Les deux pieds s\u0026rsquo;écartent en parallèle, à peu près à la largeur des épaules. La tête est suspendue, le corps droit, le regard horizontal devant soi. La langue touche le palais ; lèvres et dents se joignent ; on respire par le nez. On enfonce les épaules, on laisse tomber les coudes, on creuse la poitrine, on dresse le dos, on relâche la taille et les hanches. Le corps est calme, l\u0026rsquo;esprit détendu ; le souffle descend doucement au dantian (丹田). L\u0026rsquo;esprit se soulève et pénètre jusqu\u0026rsquo;au sommet de la tête ; tout le corps se relâche — exactement comme la posture initiale de l\u0026rsquo;enchaînement de boxe. (figure 1)\n2. Avancer le pas, les sept étoiles (上步七星) （二）上步七星\n（向前）兩手隨腰向左由內往外平面圓轉。至胸前。刀背仍貼左臂。右手握拳。在左手腕下向前擊出。同時右足往前踏出一步。左足隨前進勢。以足尖向前平踢。（見圖2）當虛領頂勁。含胸拔背。沉肩垂肘。尾閭中正。眼神前視。\nAvancer le pas, les sept étoiles. (Vers l\u0026rsquo;avant.) Les deux mains, suivant la taille qui tourne à gauche, décrivent de l\u0026rsquo;intérieur vers l\u0026rsquo;extérieur un cercle horizontal jusqu\u0026rsquo;à hauteur de la poitrine ; le dos du sabre reste collé au bras gauche. La main droite se ferme en poing et frappe vers l\u0026rsquo;avant sous le poignet gauche ; en même temps, le pied droit fait un pas en avant, et le pied gauche, suivant l\u0026rsquo;élan, donne un coup de pied horizontal de la pointe vers l\u0026rsquo;avant. (figure 2.) Il faut laisser la nuque vide et l\u0026rsquo;énergie au sommet du crâne, creuser la poitrine, dresser le dos, enfoncer les épaules, laisser tomber les coudes, tenir le coccyx (尾閭) droit au centre, le regard devant soi.\n（用法）左手刀柄格開人武器。右拳擊人心窩。左足踢人迎面骨。\nApplication. La main gauche écarte l\u0026rsquo;arme de l\u0026rsquo;adversaire avec le manche du sabre, le poing droit frappe le creux du cœur, le pied gauche donne un coup de pied au tibia.\n（註）向前、向左、向右、均為面對方向。乃以（一）起勢時身之前後左右為依據。\nNote. « Vers l\u0026rsquo;avant », « vers la gauche », « vers la droite » désignent tous la direction du visage : ils se déterminent d\u0026rsquo;après l\u0026rsquo;avant, l\u0026rsquo;arrière, la gauche et la droite du corps dans la posture initiale.\n3. Tourner à gauche, les sept étoiles (左轉七星) （三）左轉七星\n（向左）左足隨腰左轉。至左側落地。兩手同時左右平分。俟全身轉至左側時。復同時內合。右拳復由左手腕下向前擊出。刀背仍貼左臂。同時右足復向前平踢。（見圖3）餘同第（二）節。\nTourner à gauche, les sept étoiles. (Vers la gauche.) Le pied gauche, suivant la taille qui tourne à gauche, se pose du côté gauche. Les deux mains s\u0026rsquo;écartent en même temps de part et d\u0026rsquo;autre ; quand tout le corps a tourné vers le côté gauche, elles se referment de nouveau ensemble, et le poing droit frappe de nouveau vers l\u0026rsquo;avant sous le poignet gauche, le dos du sabre toujours collé au bras gauche ; en même temps, le pied droit donne de nouveau un coup de pied horizontal vers l\u0026rsquo;avant. (figure 3.) Le reste est comme à la section 2.\n（用法）左側有人來擊。隨卽將身左轉以刀柄格開人武器。右拳擊人心窩。右足同時踢人迎面骨。\nApplication. Si quelqu\u0026rsquo;un attaque du côté gauche, on tourne aussitôt le corps à gauche, on écarte son arme avec le manche du sabre, le poing droit frappe le creux du cœur et le pied droit, en même temps, donne un coup de pied au tibia.\n4. La grue blanche refroidit ses ailes (白鶴涼翅) （四）白鶴涼翅\n（向左）右足往後收至左足後半步。落地坐實。左足隨勢亦向後略收。足跟提起。成為虛步。兩手隨腰腿下蹲勢。左手向下。右手（變掌）朝上同時分開。刀背仍貼左臂。成為白鶴涼翅式。（見圖4）兩手距離勿太開。當虛領頂勁。含胸拔背。尾閭收住。氣貼脊背。眼神前視。\nLa grue blanche refroidit ses ailes. (Vers la gauche.) Le pied droit se retire d\u0026rsquo;un demi-pas derrière le pied gauche, se pose et s\u0026rsquo;assoit fermement ; le pied gauche, suivant le mouvement, se retire aussi un peu, le talon levé, en pas vide. Les deux mains, suivant l\u0026rsquo;accroupissement de la taille et des jambes, s\u0026rsquo;écartent en même temps — la main gauche vers le bas, la main droite (devenue paume) vers le haut —, le dos du sabre toujours collé au bras gauche : c\u0026rsquo;est la posture de la grue blanche qui refroidit ses ailes. (figure 4.) Ne pas écarter les mains trop loin. Il faut laisser la nuque vide et l\u0026rsquo;énergie au sommet du crâne, creuser la poitrine, dresser le dos, rentrer le coccyx, coller le souffle au dos, le regard devant soi.\n（用法）刀柄撥開人武器。右掌閃擊人面部。左足同時踢人下部。\nApplication. Le manche du sabre écarte l\u0026rsquo;arme de l\u0026rsquo;adversaire, la paume droite frappe en éclair son visage, le pied gauche, en même temps, donne un coup de pied au bas de son corps.\n5. Tourner le corps et cacher le sabre (轉身藏刀) （五）轉身藏刀\n（向右旋轉。向左。）左腿略提起。右足前掌着地。全身向右旋轉。隨轉隨往下蹲。至半圓圈（一百八十度）時。右手執刀柄。刀刃朝外。刀背向內。全身復向右旋轉。隨轉隨往上升。至原有方向。（連前半圓圈。共為一正圓圈。）右腿在轉時漸漸提起。右手執刀向右平拉。左手貼於刀背。刀平橫於右膝蓋下。左膝略屈。（見圖5）當虛領頂勁。含胸拔背。眼神前視。\nTourner le corps et cacher le sabre. (Tourner à droite, puis vers la gauche.) La jambe gauche se soulève légèrement, la plante du pied droit touche le sol, et tout le corps tourne à droite en s\u0026rsquo;accroupissant au fil de la rotation. À demi-cercle (cent quatre-vingts degrés), la main droite saisit le manche du sabre — tranchant vers l\u0026rsquo;extérieur, dos vers l\u0026rsquo;intérieur — et tout le corps continue de tourner à droite en se relevant, jusqu\u0026rsquo;à la direction d\u0026rsquo;origine (avec le premier demi-cercle, cela fait un cercle complet). Pendant la rotation, la jambe droite se soulève peu à peu ; la main droite tire le sabre horizontalement vers la droite, la main gauche colle au dos du sabre, et le sabre s\u0026rsquo;étend horizontalement sous le genou droit, le genou gauche légèrement fléchi. (figure 5.) Il faut laisser la nuque vide et l\u0026rsquo;énergie au sommet du crâne, creuser la poitrine, dresser le dos, le regard devant soi.\n（用法）先為避勢。再以刀刃拉人身或臂。後為藏刀。預備人之攻擊。\nApplication. D\u0026rsquo;abord, esquiver ; puis, du tranchant, tirer le corps ou le bras de l\u0026rsquo;adversaire ; enfin, cacher le sabre, en prévision de son attaque.\n6. Pousser le sabre en biais (斜推刀) （六）斜推刀\n（向左側）右手刀向右平拉至將盡端時。翻腕刀刃朝上。向左往後。由上往下砍劈。右足向右側踏出一步。成斜弓步式。刀隨腰腿向右側。往前由下朝上推去。（卽剗）同時左手貼於刀背。身體略往右側。姿勢為斜式。（見圖6）身勿太前仆。尾閭當中正。眼神視右側。（上述右側乃接聯上式之動作方向而言。以後各式均可類推。）\nPousser le sabre en biais. (Vers le côté gauche.) Quand la main droite a tiré le sabre horizontalement vers la droite presque jusqu\u0026rsquo;au bout, on retourne le poignet — tranchant vers le haut — et l\u0026rsquo;on taille de haut en bas vers la gauche et l\u0026rsquo;arrière, tandis que le pied droit fait un pas vers le côté droit, en arc oblique. Le sabre, suivant la taille et les jambes qui vont vers le côté droit, pousse vers l\u0026rsquo;avant de bas en haut (c\u0026rsquo;est le racler, 剗) ; en même temps, la main gauche colle au dos du sabre et le corps s\u0026rsquo;incline un peu vers la droite : la posture est oblique. (figure 6.) Ne pas trop pencher le corps en avant ; le coccyx doit rester droit au centre, le regard vers le côté droit. (Le « côté droit » mentionné ci-dessus se rapporte à la direction du mouvement qui prolonge la posture précédente ; on raisonnera de même pour toutes les postures suivantes.)\n（用法）先砍身後左側來人。復往前向右側剗另一人之手腕。或身部。（剗後可以刀盤滑人武器）\nApplication. D\u0026rsquo;abord, tailler l\u0026rsquo;adversaire qui vient de la gauche, derrière soi ; puis, en avançant vers le côté droit, racler le poignet ou le corps d\u0026rsquo;un autre adversaire. (Après le raclement, on peut faire glisser le plat du sabre le long de son arme.)\n7. Relever à gauche (左撩) （七）左撩\n（向左）左足向前往左橫上半步。（右足隨勢略拖上）右手刀隨腰腿左轉勢。向左翻腕。刀刃朝上。由下往上向左前撩。左手向後分開。兩腿成為斜弓步式。（見圖7）當鬆腰鬆胯。含胸懸頂。右肘略沉。勿太直。眼神視刀尖上部。\nRelever à gauche. (Vers la gauche.) Le pied gauche fait un demi-pas en avant, en travers vers la gauche (le pied droit suit en traînant un peu). Le sabre de la main droite, suivant la rotation de la taille et des jambes à gauche, retourne le poignet vers la gauche — tranchant vers le haut — et relève de bas en haut vers l\u0026rsquo;avant-gauche ; la main gauche s\u0026rsquo;écarte vers l\u0026rsquo;arrière ; les deux jambes prennent l\u0026rsquo;arc oblique. (figure 7.) Il faut relâcher la taille et les hanches, creuser la poitrine, suspendre le sommet de la tête ; le coude droit s\u0026rsquo;enfonce un peu, sans être trop tendu ; le regard porte au-dessus de la pointe du sabre.\n（用法）左側有人用刀劈來。隨卽橫步轉腰。以刀刃撩（或刮）人手腕。（刮後可翻腕。以刀刃搧人頸部。）\nApplication. Si quelqu\u0026rsquo;un, à gauche, taille avec un sabre, on avance le pas de travers en tournant la taille et l\u0026rsquo;on relève (ou rase) le poignet de l\u0026rsquo;adversaire avec le tranchant. (Après le rasage, on peut retourner le poignet et éventer son cou avec le tranchant.)\n8. Relever à droite (右撩) （八）右撩\n（向左）右足向前往右。橫上半步。（左足隨勢略拖上）右手刀隨腰腿右轉勢。向右翻腕。刀刃復朝上。向右由下往上。朝前直撩。左手隨勢貼於右腕。兩腿成為斜弓步式。（見圖8）餘如第（七）節。\nRelever à droite. (Vers la gauche.) Le pied droit fait un demi-pas en avant, en travers vers la droite (le pied gauche suit en traînant un peu). Le sabre de la main droite, suivant la rotation de la taille et des jambes à droite, retourne le poignet vers la droite — tranchant de nouveau vers le haut — et relève droit vers l\u0026rsquo;avant, de bas en haut, vers la droite ; la main gauche, suivant le mouvement, colle au poignet droit ; les deux jambes prennent l\u0026rsquo;arc oblique. (figure 8.) Le reste est comme à la section 7.\n（用法）（一）右側有人用刀劈來。隨卽橫步轉腰。以刀刃撩（或刮）人手腕。（二）接前左撩用法。人被撩向後。或向右避開。己隨勢翻右手腕。上步以刀刃剗其腹部。或臂部。\nApplication. (1) Si quelqu\u0026rsquo;un, à droite, taille avec un sabre, on avance le pas de travers en tournant la taille et l\u0026rsquo;on relève (ou rase) son poignet avec le tranchant. (2) Dans la continuité du relever à gauche : après que l\u0026rsquo;adversaire a été relevé, il recule ou esquive vers la droite ; on retourne alors le poignet droit suivant le mouvement, on avance le pas et l\u0026rsquo;on racle son ventre ou son bras avec le tranchant.\n（註）右撩後。復上左步。為左撩。左撩後。再為右撩。練時每式各二次、四次、或六次均可。\nNote. Après le relever à droite, on avance de nouveau le pied gauche pour faire le relever à gauche ; après le relever à gauche, on refait le relever à droite. À l\u0026rsquo;entraînement, chaque posture peut être répétée deux, quatre ou six fois.\n9. Pousser le sabre de face (正推刀) （九）正推刀\n（向左）在右撩後。翻右腕。刀刃朝上。刀隨腰腿左轉勢。向左側身後由上往下砍劈。劈至與左脅齊。右足往前略移。復上左足。成弓步式。刀刃向外。隨左足向前進步勢。兩手（左手掌貼刀背）將刀由下往上。向正面朝前推截。（見圖9）頂懸尾正。勿太前仆。含胸拔背。眼神前視。\nPousser le sabre de face. (Vers la gauche.) Après le relever à droite, on retourne le poignet droit — tranchant vers le haut — et le sabre, suivant la rotation de la taille et des jambes à gauche, taille de haut en bas vers l\u0026rsquo;arrière du côté gauche, jusqu\u0026rsquo;à hauteur des côtes gauches. Le pied droit avance un peu, puis le pied gauche fait un pas, en arc ; le tranchant vers l\u0026rsquo;extérieur, et suivant l\u0026rsquo;avancée du pied gauche, les deux mains (la paume gauche collée au dos du sabre) poussent le sabre de bas en haut et l\u0026rsquo;interposent vers l\u0026rsquo;avant, plein face. (figure 9.) Sommet de la tête suspendu, coccyx droit ; ne pas trop pencher en avant ; creuser la poitrine, dresser le dos ; le regard devant soi.\n（用法）（一）先砍劈左側身後來敵。再將身復轉至正面。架格人武器。或推截人腕部。或剗人腹部。推截後。可以刀盤滑人武器。（二）接前右撩用法。在人被撩而向後退讓時。己可乘勢將刀後收。復上步攻其旁門。\nApplication. (1) D\u0026rsquo;abord, tailler l\u0026rsquo;ennemi qui vient de derrière, du côté gauche ; puis ramener le corps face à l\u0026rsquo;avant : lever l\u0026rsquo;arme de l\u0026rsquo;adversaire en barrage, ou intercepter son poignet d\u0026rsquo;une poussée, ou racler son ventre. Après l\u0026rsquo;interception, on peut faire glisser le plat du sabre le long de son arme. (2) Dans la continuité du relever à droite : quand l\u0026rsquo;adversaire, ayant été relevé, recule pour céder, on peut profiter du mouvement pour ramener le sabre en arrière, puis avancer le pas et attaquer son flanc.\n10. La jeune fille lance la navette (玉女穿梭) （十）玉女穿梭\n（向右旋轉。向右。）接前兩手推刀式。刀隨腰腿左轉勢。向右盤頭。刀尖向下。同時右足跟略提起。以足掌向右旋轉。全身如鷂子翻身姿勢。轉至背後方向。右手將刀抱與胸齊。（刀刃朝上）左手掌貼於刀柄尾部。左足提起。兩手同時平肩分開。如拳架中之單鞭式。（刀刃隨勢繞轉朝下）眼神前視。（見圖10）虛領頂勁。含胸拔背。身略向右偏。\nLa jeune fille lance la navette. (Tourner à droite, puis vers la droite.) Dans la continuité de la poussée à deux mains, le sabre, suivant la rotation de la taille et des jambes à gauche, s\u0026rsquo;enroule autour de la tête vers la droite, la pointe vers le bas ; en même temps, le talon droit se soulève légèrement et l\u0026rsquo;on pivote à droite sur la plante du pied ; tout le corps prend la posture de l\u0026rsquo;épervier qui se retourne, jusqu\u0026rsquo;à faire face à l\u0026rsquo;arrière. La main droite embrasse le sabre à hauteur de la poitrine (tranchant vers le haut), la paume gauche colle à la queue du manche ; le pied gauche se soulève, et les deux mains s\u0026rsquo;écartent en même temps à hauteur des épaules, comme le fouet simple de l\u0026rsquo;enchaînement de boxe (le tranchant, suivant le mouvement, s\u0026rsquo;enroule pour regarder vers le bas). Le regard devant soi. (figure 10.) Nuque vide, énergie au sommet du crâne, poitrine creusée, dos dressé, le corps légèrement incliné à droite.\n（用法）以刀避四週敵人。利用假敗勢。乘人不備。轉身刺人喉或心。左掌斜擊左側另一來人。\nApplication. Le sabre pare les ennemis tout autour ; on feint la défaite et, profitant de ce que l\u0026rsquo;autre n\u0026rsquo;est pas sur ses gardes, on se retourne et l\u0026rsquo;on pique sa gorge ou son cœur ; la paume gauche frappe en biais un autre adversaire qui vient du côté gauche.\n11. Tirer horizontalement (平拉) （十一）平拉\n（向右）左足落地。刀尖墜下。刀背朝上。隨腰腿左轉勢。由下往上。向左斜撩。至額部齊。翻右手腕。刀尖往右。刀刃向外。往左平拉。上右步。翻右腕。刀尖往左。刀刃向外。左手貼刀背。隨腰腿勢往右向前平拉帶提。（見圖11）\nTirer horizontalement. (Vers la droite.) Le pied gauche se pose, la pointe du sabre retombe, le dos vers le haut ; suivant la rotation de la taille et des jambes à gauche, on relève en biais de bas en haut vers la gauche, jusqu\u0026rsquo;à hauteur du front. On retourne le poignet droit — pointe vers la droite, tranchant vers l\u0026rsquo;extérieur — et l\u0026rsquo;on tire horizontalement vers la gauche. On avance le pied droit, on retourne le poignet droit — pointe vers la gauche, tranchant vers l\u0026rsquo;extérieur —, la main gauche colle au dos du sabre, et, suivant la taille et les jambes, on tire horizontalement vers la droite et l\u0026rsquo;avant en soulevant. (figure 11.)\n拉至將盡時。卽翻右腕。刀尖往右。刀刃向外。上左步。往左平拉。左拉後。上右步復右拉。（三次、五次、七次、均可）身體中正。尾閭收住。含胸拔背。身勿前仆。勁勿稍斷。眼神前視。\nQuand la traction arrive presque au bout, on retourne aussitôt le poignet droit — pointe vers la droite, tranchant vers l\u0026rsquo;extérieur —, on avance le pied gauche et l\u0026rsquo;on tire horizontalement vers la gauche. Après la traction à gauche, on avance le pied droit et l\u0026rsquo;on retire à droite (trois, cinq ou sept fois, au choix). Le corps droit au centre, le coccyx rentré, la poitrine creusée, le dos dressé ; ne pas pencher en avant ; que la force ne s\u0026rsquo;interrompe pas un instant ; le regard devant soi.\n（用法）以刀背撩擊人腕。俟人後化時。隨卽進步平拉其身。如彼再化。當繼以右提。（或拉）\nApplication. Avec le dos du sabre, relever et frapper le poignet de l\u0026rsquo;adversaire ; quand il recule pour neutraliser, avancer aussitôt et tirer horizontalement son corps. S\u0026rsquo;il neutralise encore, enchaîner avec la levée à droite (ou une traction).\n（註）拉刀含捛意。\nNote. La traction du sabre contient l\u0026rsquo;intention du rouler (捛).\n12. Pousser le sabre en biais (斜推刀) （十二）斜推刀\n（向右）接前右拉刀式。翻右腕。刀刃朝上。隨腰腿左轉勢。向左側身後由上往下砍劈。至左脅齊。右足略提起。向前落地。左足隨勢向右角踏上一步。成弓步式。左手貼刀背。刀刃向外。隨左足進步勢。以腰腿勁將刀向右角。往前由下朝上推去。（卽剗）餘如第（九）節內載。\nPousser le sabre en biais. (Vers la droite.) Dans la continuité de la traction à droite, on retourne le poignet droit — tranchant vers le haut — et le sabre, suivant la rotation de la taille et des jambes à gauche, taille de haut en bas vers l\u0026rsquo;arrière du côté gauche, jusqu\u0026rsquo;aux côtes gauches. Le pied droit se soulève un peu et se pose en avant ; le pied gauche, suivant le mouvement, fait un pas vers l\u0026rsquo;angle droit, en arc. La main gauche colle au dos du sabre, tranchant vers l\u0026rsquo;extérieur ; suivant l\u0026rsquo;avancée du pied gauche, on pousse de la force de la taille et des jambes le sabre vers l\u0026rsquo;angle droit, de bas en haut, vers l\u0026rsquo;avant (c\u0026rsquo;est le racler). Le reste est comme à la section 9.\n（用法）見第（九）節內載。\nApplication. Comme indiqué à la section 9.\n13. Tourner le corps, enrouler autour de la tête et cacher le sabre (轉身盤頭藏刀) （十三）轉身盤頭藏刀\n（向右轉。向左。）左足掌略提起。（足跟仍著地）向右轉移。右足提起略往右側落地。同時全身向右往後轉。刀隨勢（刀刃向下）向右往下。朝後拉於右胯旁。左手掌自刀背後部。向前往上撲出。前足略虛。翻右腕。刀刃朝上。隨腰腿旋轉勢。提至右額旁。向左盤頭。（刀刃向外。左掌收囘。）至左肩齊。復往右向下。朝後拉至右胯旁。同時左掌自刀背後部。復往前向上撲出。（見圖12）當虛領頂勁。含胸拔背。鬆腰鬆胯。姿勢自然。尾閭收住。眼神前視。\nTourner le corps, enrouler autour de la tête et cacher le sabre. (Tourner à droite, puis vers la gauche.) La plante du pied gauche se soulève légèrement (le talon reste au sol) et se déplace vers la droite ; le pied droit se soulève et se pose un peu sur le côté droit, tandis que tout le corps tourne vers la droite et l\u0026rsquo;arrière. Le sabre, suivant le mouvement (tranchant vers le bas), tire vers la droite, le bas et l\u0026rsquo;arrière, jusqu\u0026rsquo;au flanc droit ; la paume gauche, depuis l\u0026rsquo;arrière du dos du sabre, jaillit vers l\u0026rsquo;avant et le haut. Le pied avant se vide un peu. On retourne le poignet droit — tranchant vers le haut — et, suivant la rotation de la taille et des jambes, on élève le sabre près du front droit ; il s\u0026rsquo;enroule autour de la tête vers la gauche (tranchant vers l\u0026rsquo;extérieur, paume gauche qui revient) jusqu\u0026rsquo;à hauteur de l\u0026rsquo;épaule gauche, puis il repart vers la droite, le bas et l\u0026rsquo;arrière, tiré jusqu\u0026rsquo;au flanc droit ; en même temps, la paume gauche, depuis l\u0026rsquo;arrière du dos du sabre, jaillit de nouveau vers l\u0026rsquo;avant et le haut. (figure 12.) Il faut laisser la nuque vide et l\u0026rsquo;énergie au sommet du crâne, creuser la poitrine, dresser le dos, relâcher la taille et les hanches, garder une posture naturelle, le coccyx rentré, le regard devant soi.\n（用法）先轉身用刀格開人武器。左手撲擊人面部。復將刀盤過頭部。自上往下斜拉人腕或身。左手可撲、可拿、可引。藏刀後。靜觀對方行動。再作進一步之攻擊。\nApplication. D\u0026rsquo;abord, se retourner et écarter l\u0026rsquo;arme de l\u0026rsquo;adversaire avec le sabre ; la main gauche frappe son visage. Puis on enroule le sabre au-dessus de la tête et l\u0026rsquo;on tire en biais, de haut en bas, le poignet ou le corps de l\u0026rsquo;adversaire. La main gauche peut frapper, saisir ou guider. Une fois le sabre caché, observer calmement les mouvements de l\u0026rsquo;autre, puis porter l\u0026rsquo;attaque suivante.\n14. Raser à gauche (左刮) （十四）左刮\n（向左）左足提起。向前往左側斜上一步。翻右腕。刀刃向左。隨腰腿往左側朝上平刮。左手同時貼於右脈門上。兩腿成為橫弓步式。（見圖13）頂懸尾正。上身勿太向前仆出。內勁勿稍斷。刀勿舉過鼻部。眼神前視。\nRaser à gauche. (Vers la gauche.) Le pied gauche se soulève et fait un pas en avant, en biais vers le côté gauche. On retourne le poignet droit — tranchant vers la gauche — et, suivant la taille et les jambes, on rase horizontalement vers le haut, du côté gauche ; en même temps, la main gauche se colle sur le poignet droit, à l\u0026rsquo;endroit du pouls. Les deux jambes prennent l\u0026rsquo;arc transversal. (figure 13.) Sommet suspendu, coccyx droit ; le haut du corps ne doit pas trop se pencher en avant ; que la force interne ne s\u0026rsquo;interrompe pas un instant ; ne pas lever le sabre au-dessus du nez ; le regard devant soi.\n（用法）人刀劈來時。以刀刃平刮其腕部。\nApplication. Quand l\u0026rsquo;adversaire taille avec son sabre, raser horizontalement son poignet avec le tranchant.\n15. Éventer à droite (右搧) （十五）右搧\n（向左）右足提起。向前往右側斜上一步。翻右腕。刀刃向右。屈右腿。伸直左腿。身下蹲。刀隨腰腿向右往下搧砍。左手同時平行往後分開。（見圖14）當頂懸尾正。內勁勿斷。含胸拔背。沉肩垂肘。全身鬆開。眼神前視。\nÉventer à droite. (Vers la gauche.) Le pied droit se soulève et fait un pas en avant, en biais vers le côté droit. On retourne le poignet droit — tranchant vers la droite —, la jambe droite fléchit, la jambe gauche s\u0026rsquo;étend, le corps s\u0026rsquo;accroupit ; le sabre, suivant la taille et les jambes, évente et taille vers la droite et le bas, tandis que la main gauche s\u0026rsquo;écarte en même temps horizontalement vers l\u0026rsquo;arrière. (figure 14.) Sommet suspendu, coccyx droit, force interne ininterrompue, poitrine creusée, dos dressé, épaules enfoncées, coudes tombants, tout le corps relâché, le regard devant soi.\n（用法）接前左刮用法。人若往後讓避。己乘勢上步搧砍彼下部。\nApplication. Dans la continuité du raser à gauche : si l\u0026rsquo;adversaire recule pour esquiver, on profite du mouvement, on avance le pas et l\u0026rsquo;on évente et taille le bas de son corps.\n（註）右搧後。復上左步為左刮。左刮後。再為右搧。每式可練三次。\nNote. Après l\u0026rsquo;éventer à droite, on avance de nouveau le pied gauche pour le raser à gauche ; après le raser à gauche, on refait l\u0026rsquo;éventer à droite. Chaque posture peut être pratiquée trois fois.\n16. Pousser le sabre de face (正推刀) （十六）正推刀\n（向左）在右搧後。為正推刀。見前第（九）節內載。\nPousser le sabre de face. (Vers la gauche.) Après l\u0026rsquo;éventer à droite, on fait le pousser de face : voir la section 9.\n17. Tourner le corps et cacher le sabre (轉身藏刀) （十七）轉身藏刀\n（向右轉。向右。）左足掌略提起。（足跟仍著地）向右轉移。右足提起。略往右側落地。同時全身向右往後轉。刀隨勢（刀刃向下）向右往下拉於右胯旁。左手掌自刀背後部。向前往上撲出。前足略虛。餘見前第（十三）節。惟毋須盤頭拉刀。\nTourner le corps et cacher le sabre. (Tourner à droite, puis vers la droite.) La plante du pied gauche se soulève légèrement (le talon reste au sol) et se déplace vers la droite ; le pied droit se soulève et se pose un peu sur le côté droit, tandis que tout le corps tourne vers la droite et l\u0026rsquo;arrière. Le sabre, suivant le mouvement (tranchant vers le bas), tire vers la droite et le bas, jusqu\u0026rsquo;au flanc droit ; la paume gauche, depuis l\u0026rsquo;arrière du dos du sabre, jaillit vers l\u0026rsquo;avant et le haut ; le pied avant se vide un peu. Le reste est comme à la section 13, sauf qu\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;est pas nécessaire d\u0026rsquo;enrouler autour de la tête ni de tirer.\n（用法）見前第（十三）節內載。\nApplication. Comme indiqué à la section 13.\n18. Relever le sabre (撩刀) （十八）撩刀\n（向右）上左步。翻右腕。刀刃向上。隨腰腿前進勢。由下往上向前直撩。至胸齊。左手貼於右脈門。兩腿成弓步式。（見圖15）虛領頂勁。含胸拔背。鬆腰鬆胯。身勿前仆。眼神前視。\nRelever le sabre. (Vers la droite.) On avance le pied gauche, on retourne le poignet droit — tranchant vers le haut — et, suivant l\u0026rsquo;élan de la taille et des jambes, on relève droit vers l\u0026rsquo;avant, de bas en haut, jusqu\u0026rsquo;à hauteur de la poitrine ; la main gauche colle au poignet droit. Les deux jambes prennent l\u0026rsquo;arc. (figure 15.) Nuque vide, énergie au sommet du crâne, poitrine creusée, dos dressé, taille et hanches relâchées ; ne pas pencher en avant ; le regard devant soi.\n（用法）以刀刃撩人腕或身。\nApplication. Relever avec le tranchant le poignet ou le corps de l\u0026rsquo;adversaire.\n19. Rouler le sabre (捛刀) （十九）捛刀\n（向右）上右步。刀隨腰腿前進勢。翻右腕。向後轉至右額齊。復往前直刴。（刀刃朝下）至胸齊。向後往右斜拉至右胯旁。左手同時自刀背後部。往前向上撲出。（見圖16）餘見前第（十三）節。惟毋須盤頭拉刀。\nRouler le sabre. (Vers la droite.) On avance le pied droit ; le sabre, suivant l\u0026rsquo;élan de la taille et des jambes — poignet droit retourné — tourne vers l\u0026rsquo;arrière jusqu\u0026rsquo;à hauteur du front droit, puis hache droit vers l\u0026rsquo;avant (tranchant vers le bas) jusqu\u0026rsquo;à hauteur de la poitrine, puis tire en biais vers l\u0026rsquo;arrière et la droite jusqu\u0026rsquo;au flanc droit ; en même temps, la paume gauche, depuis l\u0026rsquo;arrière du dos du sabre, jaillit vers l\u0026rsquo;avant et le haut. (figure 16.) Le reste est comme à la section 13, sauf qu\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;est pas nécessaire d\u0026rsquo;enrouler autour de la tête ni de tirer.\n（用法）人向後讓避。己亦先假向後讓。復向前帶刴帶拉人腕或身。左手可撲、可拿、可引。\nApplication. Si l\u0026rsquo;adversaire recule pour esquiver, on fait d\u0026rsquo;abord semblant de reculer soi-même, puis l\u0026rsquo;on avance en hachant et en tirant à la fois le poignet ou le corps de l\u0026rsquo;adversaire ; la main gauche peut frapper, saisir ou guider.\n20. Relever le sabre (撩刀) （二十）撩刀\n（向右）刀背朝上。隨勢向上往後繞轉。翻右腕。刀刃朝外。由下往上。向前直撩。至胸齊。左手貼於右脈門。餘見第（十八）節內載。\nRelever le sabre. (Vers la droite.) Le dos du sabre vers le haut ; suivant le mouvement, on l\u0026rsquo;enroule vers le haut et l\u0026rsquo;arrière ; on retourne le poignet droit — tranchant vers l\u0026rsquo;extérieur — et l\u0026rsquo;on relève droit vers l\u0026rsquo;avant, de bas en haut, jusqu\u0026rsquo;à hauteur de la poitrine ; la main gauche colle au poignet droit. Le reste est comme à la section 18.\n（用法）先以刀背撩開人武器。復用刀刃直撩人腕或身。\nApplication. D\u0026rsquo;abord, avec le dos du sabre, écarter l\u0026rsquo;arme de l\u0026rsquo;adversaire en relevant ; puis, avec le tranchant, relever droit son poignet ou son corps.\n21. Le double coup de pied (二起腿) （二一）二起腿\n（向右側）右手刀移置於左手。刀背貼於左臂。左足隨身上升勢。向右側角以足尖高踢。右足俟左足將下落時。亦以足尖向右側角踢去。以右足背拍右手掌。身正頂懸。足尖向前。呼吸自然。眼神前視。\nLe double coup de pied. (Vers l\u0026rsquo;angle droit.) La main droite passe le sabre à la main gauche, le dos collé au bras gauche ; le pied gauche, suivant l\u0026rsquo;élévation du corps, donne un coup de pied haut de la pointe vers l\u0026rsquo;angle droit. Quand le pied gauche va retomber, le pied droit donne à son tour un coup de pied de la pointe vers l\u0026rsquo;angle droit, le dos du pied droit frappant la paume de la main droite. Corps droit, sommet suspendu, pointes des pieds vers l\u0026rsquo;avant, respiration naturelle, regard devant soi.\n（用法）左足假引人。使其驚惶。右足乘隙踢彼心窩。或下顎。\nApplication. Le pied gauche feinte pour attirer l\u0026rsquo;adversaire et l\u0026rsquo;effrayer ; le pied droit, profitant de la faille, lui donne un coup de pied au creux du cœur ou au menton.\n22. Retirer le pas, posture de frapper le tigre (撤步打虎勢) （二二）撤步打虎勢\n（向右）左足隨右足落地勢。向左往後斜撤半步。同時腰腿向左旋轉。兩手隨旋轉勢。向左往下沉搨至左胯旁。向上升至左額旁。復向右轉至右額旁。再往左轉。（左手握刀成橫式。與左耳齊。）右手漸漸握拳向左橫擊。至左脅齊。兩腿成為斜弓步式。眼視右側角。（見圖17）虛領頂勁。含胸拔背。尾閭中正。鬆腰鬆胯。\nRetirer le pas, posture de frapper le tigre. (Vers la droite.) Le pied gauche, suivant la retombée du pied droit, se retire d\u0026rsquo;un demi-pas en biais vers la gauche et l\u0026rsquo;arrière ; en même temps, la taille et les jambes tournent à gauche, et les deux mains, suivant la rotation, s\u0026rsquo;enfoncent vers la gauche et le bas jusqu\u0026rsquo;au flanc gauche, puis s\u0026rsquo;élèvent près du front gauche, tournent à droite près du front droit, puis de nouveau à gauche (la main gauche tient le sabre en travers, à hauteur de l\u0026rsquo;oreille gauche) ; la main droite se ferme peu à peu en poing et frappe horizontalement vers la gauche, jusqu\u0026rsquo;aux côtes gauches. Les deux jambes prennent l\u0026rsquo;arc oblique, le regard vers l\u0026rsquo;angle droit. (figure 17.) Nuque vide, énergie au sommet du crâne, poitrine creusée, dos dressé, coccyx droit au centre, taille et hanches relâchées.\n（用法）撤步假敗。避人攻勢。上以刀把格人武器。中以拳擊。下以右足踢人。\nApplication. Retirer le pas en feignant la défaite pour éviter l\u0026rsquo;attaque de l\u0026rsquo;adversaire : en haut, barrer son arme avec le manche du sabre ; au milieu, frapper du poing ; en bas, le frapper du pied droit.\n23. Le coup de pied du canard mandarin (鴛鴦腿) （二三）鴛鴦腿\n（向右側）右手握刀。身向上升。提起右腿。（腿平、膝彎、足垂、）以刀背向右拉過右膝蓋。（如圖5）右足落地。成虛步。刀拉至右側。翻右腕。刀刃朝上。隨腰腿旋轉勢。上升至右額旁。向左盤頭。（刀刃向外。左掌收囘。）至左肩齊。復往右向下後拉。至右胯旁。同時左掌自刀背後部。向前往上撲出。右手將刀平橫於左脅旁。刀背朝內。以刀尖向左往後平橫刺去。（卽攔腰）同時左手提起。向右平橫於頭額前。起右足。以足底向右側角往前蹬出。當虛實分清。尾閭中正。神貫於頂。\nLe coup de pied du canard mandarin. (Vers l\u0026rsquo;angle droit.) La main droite tient le sabre, le corps s\u0026rsquo;élève, la jambe droite se lève (cuisse horizontale, genou fléchi, pied pendant) ; avec le dos du sabre, on tire vers la droite en passant au-dessus du genou droit (comme à la figure 5). Le pied droit se pose, en pas vide ; le sabre tire vers le côté droit ; on retourne le poignet droit — tranchant vers le haut — et, suivant la rotation de la taille et des jambes, il s\u0026rsquo;élève près du front droit, s\u0026rsquo;enroule autour de la tête vers la gauche (tranchant vers l\u0026rsquo;extérieur, paume gauche qui revient) jusqu\u0026rsquo;à l\u0026rsquo;épaule gauche, puis tire de nouveau vers la droite, le bas et l\u0026rsquo;arrière, jusqu\u0026rsquo;au flanc droit ; en même temps, la paume gauche, depuis l\u0026rsquo;arrière du dos du sabre, jaillit vers l\u0026rsquo;avant et le haut. La main droite place le sabre horizontalement près du flanc gauche, dos vers l\u0026rsquo;intérieur, et la pointe pique horizontalement vers la gauche et l\u0026rsquo;arrière (c\u0026rsquo;est barrer à hauteur de la taille) ; en même temps, la main gauche se lève et s\u0026rsquo;étend horizontalement vers la droite devant le front, le pied droit se lève et, de la plante, pousse vers l\u0026rsquo;avant en direction de l\u0026rsquo;angle droit. Il faut distinguer nettement le vide et le plein, tenir le coccyx droit au centre, l\u0026rsquo;esprit pénétrant au sommet de la tête.\n（用法）右足提起。避人武器。同時以刀刃拉人腕或身。倘人避讓。隨卽乘勢向左往前斜砍。復拉人腕或身。如人再避開。復以武器擊來。己乘勢以左手拿人腕部。同時用刀橫刺。或攔擊其身。設彼後退。隨勢以右足蹬之。\nApplication. Lever le pied droit pour éviter l\u0026rsquo;arme de l\u0026rsquo;adversaire et, en même temps, tirer avec le tranchant son poignet ou son corps. S\u0026rsquo;il esquive, profiter du mouvement pour tailler en biais vers la gauche et l\u0026rsquo;avant, puis tirer de nouveau son poignet ou son corps. S\u0026rsquo;il esquive encore et attaque de nouveau avec son arme, profiter du mouvement : de la main gauche, empoigner son poignet, et en même temps piquer en travers avec le sabre, ou barrer et frapper son corps. S\u0026rsquo;il recule, le pousser du pied droit, suivant le mouvement.\n24. Tourner le corps, enrouler autour de la tête et cacher le sabre (轉身盤頭藏刀) （二四）轉身盤頭藏刀\n（向右旋轉。向右。）右足收囘落地。足尖向右側。刀隨腰腿右轉勢。往右向下平拉至右胯旁。左手同時向左分開。左足向右略移上半步。刀上升至右額旁。向左盤頭。至右肩齊。（刀刃向外。左掌收囘。）全身復向右旋轉。右足向右側角踏上一步。成弓步式。（面朝右側角。成斜勢。）刀復往右向下後拉。至右胯旁。同時左手掌自刀背後部。往前向上撲出。（見圖18）轉身當輕靈。刀刃刀背宜分清。身勿前仆。尾閭中正。含胸拔背。眼神前視。\nTourner le corps, enrouler autour de la tête et cacher le sabre. (Tourner à droite, puis vers la droite.) Le pied droit se retire et se pose, la pointe vers le côté droit ; le sabre, suivant la rotation de la taille et des jambes à droite, tire horizontalement vers la droite et le bas jusqu\u0026rsquo;au flanc droit, tandis que la main gauche s\u0026rsquo;écarte vers la gauche. Le pied gauche se déplace un peu vers la droite d\u0026rsquo;un demi-pas ; le sabre s\u0026rsquo;élève près du front droit, s\u0026rsquo;enroule autour de la tête vers la gauche jusqu\u0026rsquo;à l\u0026rsquo;épaule droite (tranchant vers l\u0026rsquo;extérieur, paume gauche qui revient) ; tout le corps tourne de nouveau à droite, le pied droit fait un pas vers l\u0026rsquo;angle droit, en arc (le visage vers l\u0026rsquo;angle droit, posture oblique) ; le sabre tire de nouveau vers la droite, le bas et l\u0026rsquo;arrière, jusqu\u0026rsquo;au flanc droit, tandis que la paume gauche, depuis l\u0026rsquo;arrière du dos du sabre, jaillit vers l\u0026rsquo;avant et le haut. (figure 18.) La rotation du corps doit être agile ; il faut distinguer nettement le tranchant et le dos ; ne pas pencher en avant, coccyx droit au centre, poitrine creusée, dos dressé, regard devant soi.\n（用法）拉人腕或身。轉身掃拉身後來人。復盤頭格開人武器。斜拉人腕或身。左手可撲、可拿、可引。藏刀後。作假敗勢。靜觀對方行動。再事攻擊。\nApplication. Tirer le poignet ou le corps de l\u0026rsquo;adversaire ; se retourner en balayant d\u0026rsquo;une traction l\u0026rsquo;adversaire qui vient de derrière ; puis enrouler autour de la tête pour écarter son arme et tirer en biais son poignet ou son corps ; la main gauche peut frapper, saisir ou guider. Une fois le sabre caché, feindre la défaite ou observer calmement les mouvements de l\u0026rsquo;autre, puis attaquer.\n25. Pousser le bateau dans le sens du courant (順水推舟) （二五）順水推舟\n（向左）左手隨腰腿左轉勢。向左往上分開。右手翻腕。刀刃朝上。隨右足向前踏出一步勢。由下往上朝前直撩。至鼻齊。左手向後平肩分開。兩腿成弓步式。（見圖19）\nPousser le bateau dans le sens du courant. (Vers la gauche.) La main gauche, suivant la rotation de la taille et des jambes à gauche, s\u0026rsquo;écarte vers la gauche et le haut ; la main droite retourne le poignet — tranchant vers le haut — et, suivant l\u0026rsquo;avancée du pied droit, relève droit vers l\u0026rsquo;avant, de bas en haut, jusqu\u0026rsquo;à hauteur du nez ; la main gauche s\u0026rsquo;écarte vers l\u0026rsquo;arrière à hauteur de l\u0026rsquo;épaule. Les deux jambes prennent l\u0026rsquo;arc. (figure 19.)\n向左轉身。刀隨腰腿轉移勢。向左往後砍劈。至左脅齊。（見圖20）\nOn tourne le corps à gauche ; le sabre, suivant le déplacement de la taille et des jambes, taille vers la gauche et l\u0026rsquo;arrière, jusqu\u0026rsquo;aux côtes gauches. (figure 20.)\n重心寄於左腿。左手置於右肘上。眼神後視。上左步。刀刃朝外。隨進步勢。左手掌貼於刀背。由下往上向前直推。兩腿成弓步式。（如第（九）節正推刀）向右轉身。刀隨腰腿轉移勢。向右往後砍劈。至右脅齊。重心寄於右腿。左手向前平肩分開。眼神後視。上右步。復作直撩式。撩後。復向左往後砍。砍後。復向前正推刀。推刀後。復向右往後砍。砍後為撩。撩後。復向左往後砍。砍後。向前正推刀。以上動作。次數不論。惟至正推刀式止。須週身輕靈。上下一致。手隨刀。刀隨腰腿。前進、後退、動作一致。轉腰繞圈當求圓滿。而虛領頂勁。含胸拔背。尾閭中正。眼神注視。亦須顧及。\nLe poids du corps se porte sur la jambe gauche, la main gauche se place sur le coude droit, le regard vers l\u0026rsquo;arrière. On avance le pied gauche, tranchant vers l\u0026rsquo;extérieur ; suivant l\u0026rsquo;avancée, la paume gauche colle au dos du sabre et pousse droit vers l\u0026rsquo;avant, de bas en haut ; les deux jambes prennent l\u0026rsquo;arc (comme le pousser de face de la section 9). On tourne le corps à droite ; le sabre, suivant le déplacement de la taille et des jambes, taille vers la droite et l\u0026rsquo;arrière jusqu\u0026rsquo;aux côtes droites ; le poids passe sur la jambe droite, la main gauche s\u0026rsquo;écarte vers l\u0026rsquo;avant à hauteur de l\u0026rsquo;épaule, le regard vers l\u0026rsquo;arrière. On avance le pied droit et l\u0026rsquo;on refait le relever droit ; après le relever, on retaille vers la gauche et l\u0026rsquo;arrière ; après le tailler, on refait le pousser de face ; après le pousser, on retaille vers la droite et l\u0026rsquo;arrière ; après le tailler, le relever ; après le relever, on retaille vers la gauche et l\u0026rsquo;arrière ; après le tailler, on pousse de face vers l\u0026rsquo;avant. Pour tous ces mouvements, le nombre de répétitions importe peu ; il faut seulement finir sur le pousser de face. Tout le corps doit être agile, le haut et le bas unis : la main suit le sabre, le sabre suit la taille et les jambes ; en avant comme en arrière, les mouvements sont d\u0026rsquo;un seul tenant. Dans les rotations et les cercles de la taille, chercher la pleine rondeur. Et il faut aussi veiller à la nuque vide et à l\u0026rsquo;énergie au sommet du crâne, à la poitrine creusée et au dos dressé, au coccyx droit au centre, et à la concentration du regard.\n（用法）上步向前撩人腕或身。向左後砍身後來人。復上步向前帶推帶提。向右後砍身後來人。此勢乃蔽護週身。作向前進攻之用。\nApplication. Avancer le pas et relever le poignet ou le corps de l\u0026rsquo;adversaire ; tailler vers la gauche et l\u0026rsquo;arrière l\u0026rsquo;adversaire qui vient de derrière ; avancer de nouveau le pas en poussant et en soulevant ; tailler vers la droite et l\u0026rsquo;arrière l\u0026rsquo;adversaire qui vient de derrière. Cette posture protège tout le corps tout en servant à l\u0026rsquo;attaque vers l\u0026rsquo;avant.\n26. Tourner le corps et cacher le sabre (轉身藏刀) （二六）轉身藏刀\n見第（十七）節內載。\nTourner le corps et cacher le sabre. Comme indiqué à la section 17.\n27. Avancer le pas et relever le sabre (上步撩刀) （二七）上步撩刀\n見第（十八）節內載。\nAvancer le pas et relever le sabre. Comme indiqué à la section 18.\n28. Sauter le pas et hacher le sabre (跳步刴刀) （二八）跳步刴刀\n（向右）刀隨腰腿右轉勢。下落至右腰齊。往後抽至右胯旁。左手同時向前分開。提起右足。向前橫踏半步。左足乘勢提起。向前踏上一步。刀隨進步蹲身勢。向前往下直刴。至左膝齊。左手置於右腕上。兩腿成弓步式。（見圖21）身勿太前仆。當虛領頂勁。尾閭中正。眼神視刀。\nSauter le pas et hacher le sabre. (Vers la droite.) Le sabre, suivant la rotation de la taille et des jambes à droite, descend à hauteur de la taille droite, puis se retire en arrière jusqu\u0026rsquo;au flanc droit ; en même temps, la main gauche s\u0026rsquo;écarte vers l\u0026rsquo;avant. On lève le pied droit et l\u0026rsquo;on fait un demi-pas en avant, en travers ; le pied gauche, profitant de l\u0026rsquo;élan, se lève et fait un pas en avant ; le sabre, suivant l\u0026rsquo;avancée et l\u0026rsquo;accroupissement du corps, hache droit vers l\u0026rsquo;avant et le bas, jusqu\u0026rsquo;à hauteur du genou gauche ; la main gauche se pose sur le poignet droit. Les deux jambes prennent l\u0026rsquo;arc. (figure 21.) Ne pas trop pencher le corps en avant ; il faut laisser la nuque vide et l\u0026rsquo;énergie au sommet du crâne, coccyx droit au centre, le regard sur le sabre.\n（用法）接前式撩刀後。人往後退讓。己乘勢跳步前進。刴砍其身。\nApplication. Dans la continuité du relever : quand l\u0026rsquo;adversaire recule pour céder, on profite du mouvement, on saute en avant et l\u0026rsquo;on hache son corps.\n29. Fendre de force le mont Hua (力劈華山) （二九）力劈華山\n（向後）刀隨腰腿右轉及身下蹲勢。向右由上往下直劈。與肩齊。左手同時平肩分開。兩腿成為馬步式。眼視刀尖。（見圖22）當頂懸尾正。鬆腰鬆胯。含胸拔背。\nFendre de force le mont Hua. (Vers l\u0026rsquo;arrière.) Le sabre, suivant la rotation de la taille et des jambes à droite et l\u0026rsquo;accroupissement du corps, fend droit vers la droite, de haut en bas, jusqu\u0026rsquo;à hauteur de l\u0026rsquo;épaule ; en même temps, la main gauche s\u0026rsquo;écarte à hauteur de l\u0026rsquo;épaule. Les deux jambes prennent la posture du cavalier, le regard sur la pointe du sabre. (figure 22.) Sommet suspendu, coccyx droit, taille et hanches relâchées, poitrine creusée, dos dressé.\n（用法）轉身向後砍劈來人。\nApplication. Se retourner et tailler l\u0026rsquo;adversaire qui vient de derrière.\n30. Embrasser le sabre et piquer (抱刀刺) （三十）抱刀刺\n（向後略帶左）身向左上升。右腿提起。屈膝垂足。重心寄於左腿。兩手同時向內抱合。右手肘與右膝齊。右手掌心向內。刀刃朝上。向前平斜。刀尖向下。左手貼於刀把。（見圖23）\nEmbrasser le sabre et piquer. (Vers l\u0026rsquo;arrière, légèrement vers la gauche.) Le corps s\u0026rsquo;élève vers la gauche, la jambe droite se lève, genou fléchi, pied pendant, le poids sur la jambe gauche ; en même temps, les deux mains s\u0026rsquo;embrassent vers l\u0026rsquo;intérieur : le coude droit à hauteur du genou droit, la paume droite vers l\u0026rsquo;intérieur, le tranchant vers le haut, le sabre oblique vers l\u0026rsquo;avant, la pointe vers le bas, la main gauche collée au manche. (figure 23.)\n左右兩手同時分開。右手執刀向前往下直刺。左手往後向上分開。右足同時踢出。身往前向下略俯。眼視刀尖。（見圖24）當虛領頂勁。尾閭中正。鬆腰鬆胯。含胸拔背。沉肩垂肘。\nLes deux mains s\u0026rsquo;écartent en même temps : la main droite, qui tient le sabre, pique droit vers l\u0026rsquo;avant et le bas ; la main gauche s\u0026rsquo;écarte vers l\u0026rsquo;arrière et le haut ; le pied droit, en même temps, donne un coup de pied ; le corps s\u0026rsquo;incline un peu vers l\u0026rsquo;avant et le bas, le regard sur la pointe du sabre. (figure 24.) Il faut laisser la nuque vide et l\u0026rsquo;énergie au sommet du crâne, coccyx droit au centre, taille et hanches relâchées, poitrine creusée, dos dressé, épaules enfoncées, coudes tombants.\n（用法）先讓避人武器。（或以刀刃抽拉人腕）復向前刺。右足可隨勢踢人下部。\nApplication. D\u0026rsquo;abord esquiver l\u0026rsquo;arme de l\u0026rsquo;adversaire (ou tirer son poignet avec le tranchant), puis piquer vers l\u0026rsquo;avant ; le pied droit peut, suivant le mouvement, donner un coup de pied au bas de son corps.\n31. Retourner le corps, changer de pas et tailler (翻身換步砍) （三一）翻身換步砍\n（向前）右足橫式落地。左足提起。身向右側翻轉。左足向右側踏上一步。屈膝蹲身。右腿伸直。同時刀隨轉身勢。先往右上升。復往左向下橫砍。至右膝齊。左手置於右腕背上。（見圖25）身勿太前仆。頂宜懸。尾宜正。內勁勿使稍斷。眼神視刀。\nRetourner le corps, changer de pas et tailler. (Vers l\u0026rsquo;avant.) Le pied droit se pose en travers, le pied gauche se lève, le corps se retourne vers la droite ; le pied gauche fait un pas vers le côté droit, le genou fléchit, le corps s\u0026rsquo;accroupit, la jambe droite s\u0026rsquo;étend. En même temps, le sabre, suivant la rotation du corps, s\u0026rsquo;élève d\u0026rsquo;abord vers la droite, puis taille en travers vers la gauche et le bas, jusqu\u0026rsquo;à hauteur du genou droit ; la main gauche se place sur le dos du poignet droit. (figure 25.) Ne pas trop pencher le corps en avant ; sommet suspendu, coccyx droit ; que la force interne ne s\u0026rsquo;interrompe pas un instant ; le regard sur le sabre.\n（用法）轉身攔掃人武器。復帶拉帶砍。\nApplication. Se retourner en barrant et balayant l\u0026rsquo;arme de l\u0026rsquo;adversaire, puis tirer et tailler à la fois.\n32. Posture de conclusion (收刀勢) （三二）收刀勢\n身上升。重心分於二腿。（膝胯部先略屈。後升直。）刀隨腰腿右轉勢。往右向上升至右額齊。復往左盤頭。（刀背向下）至左額齊。落下移置於左手中。刀背貼於左臂。兩足合與肩齊。身往上升。兩手下垂。（見圖26）\nPosture de conclusion. Le corps s\u0026rsquo;élève, le poids se répartit sur les deux jambes (genoux et hanches d\u0026rsquo;abord légèrement fléchis, puis s\u0026rsquo;étendent) ; le sabre, suivant la rotation de la taille et des jambes à droite, s\u0026rsquo;élève vers la droite jusqu\u0026rsquo;à hauteur du front droit, puis s\u0026rsquo;enroule autour de la tête vers la gauche (dos vers le bas) jusqu\u0026rsquo;à hauteur du front gauche, retombe et passe dans la main gauche, le dos collé au bras gauche ; les deux pieds se rejoignent à largeur d\u0026rsquo;épaules, le corps s\u0026rsquo;élève, les deux mains pendent. (figure 26.)\n與起勢同。氣歸丹田。斂氣凝神。停立片刻。使氣血行走歸囘原狀而止。（收勢步位。須與起勢同一地點。不可兩相分離。學者欲求此種同一步位。祇須在順水推舟時。配凑距離可也。）\nComme la posture initiale : le souffle retourne au dantian, on rassemble le souffle et l\u0026rsquo;on concentre l\u0026rsquo;esprit ; on reste debout un instant, le temps que le souffle et le sang, circulant, retrouvent leur état d\u0026rsquo;origine, puis l\u0026rsquo;on termine. (La position des pieds à la conclusion doit être le même endroit qu\u0026rsquo;à la posture initiale ; les deux ne doivent pas être séparés. Pour obtenir cette même position, l\u0026rsquo;élève n\u0026rsquo;a qu\u0026rsquo;à ajuster la distance lors du « pousser le bateau dans le sens du courant ».)\nNotes Chen Yanlin (陳炎林) : auteur et enseignant de taiji quan à Shanghai, élève de Tian Zhaolin (田兆麟), lui-même disciple de Yang Jianhou (楊健侯). Son recueil Taiji quan dao jian gan san shou he bian (太極拳刀劍桿散手合編), paru en juin 1943, couvre en dix chapitres la boxe, le sabre, l\u0026rsquo;épée, le bâton et les techniques libres du style Yang ; le présent texte en est le huitième chapitre. Les treize formules (十三字訣) : tailler (砍), hacher (刴), racler (剗), intercepter (截), raser (刮), relever (撩), piquer (扎), rouler (捛), fendre (劈), enrouler (纏), éventer (搧), barrer (攔) et glisser (滑). Plusieurs de ces graphies sont des variantes anciennes : 刴 = 剁, 捛 = 捋 (le « déroulé » des huit méthodes), 搧 = 扇. Le « sabre des treize dynamiques » (十三勢刀) tient son nom de ces treize techniques. 廣陵散 : l\u0026rsquo;« air de Guangling », célèbre mélodie de qin ; la tradition rapporte que Ji Kang (嵇康), exécuté en 262, la déclara perdue avec lui. « Presque devenu un chant sans interprète » signifie que la transmission orthodoxe du taiji dao s\u0026rsquo;est presque éteinte. 卞和攜石 : allusion à Bian He, qui présenta aux rois de Chu une pierre brute renfermant un jade, reconnu seulement après sa persévérance (le fameux « jade de He »). Les deux dernières images du chant — porter la pierre précieuse, le phénix retournant à son nid — évoquent la conclusion de l\u0026rsquo;enchaînement. « Le saut de la porte du dragon » (龍門跳) fait allusion à la carpe qui franchit la porte du dragon pour devenir dragon ; « fendre de force le mont Hua » (力劈華山) évoque le mythe de la fente du mont Hua. 白鶴涼翅 : le texte écrit 涼 (rafraîchir) et non 亮 (déployer) — la traduction suit ici fidèlement la graphie de l\u0026rsquo;édition de 1943. 拂塵 : le chasse-mouches à crin de cheval des lettrés et des prêtres taoïstes ; 五斤 : cinq jin, soit environ 2,5 à 3 kg — les anciens pratiquaient volontairement avec un sabre très lourd pour développer la force interne par la rotation. Les renvois « figure N » correspondent aux planches photographiques de l\u0026rsquo;ouvrage original, non reproduites ici. Source du texte chinois : Chen Yanlin, 太極拳刀劍桿散手合編, chapitre 8 (太極刀), Shanghai, juin 1943 — texte chinois dans le domaine public. Texte chinois retrouvé sur la page de Paul Brennan : « Yang Style Taiji Saber » (novembre 2012). Traduction française : nouvelle traduction réalisée directement à partir de l\u0026rsquo;original chinois pour ce site.\n","permalink":"https://classiques-martiaux-chinois.pages.dev/posts/taiji-dao-chen-yanlin/","summary":"\u003cp\u003eLe \u003cem\u003etaiji dao\u003c/em\u003e (太極刀, « sabre du taiji »), également appelé « sabre des treize\ndynamiques » (十三勢刀), est l\u0026rsquo;enchaînement de sabre du style Yang présenté par\n\u003cstrong\u003eChen Yanlin\u003c/strong\u003e (陳炎林) dans le huitième chapitre (卷八) de son grand recueil\n\u003cem\u003eTaiji quan dao jian gan san shou he bian\u003c/em\u003e (太極拳刀劍桿散手合編, « Taiji quan :\nboxe, sabre, épée, bâton et techniques libres, recueil complet »), publié en\njuin 1943. Chen Yanlin, enseignant et écrivain de taiji quan à Shanghai, fut\nl\u0026rsquo;élève de \u003cstrong\u003eTian Zhaolin\u003c/strong\u003e (田兆麟), lui-même disciple de \u003cstrong\u003eYang Jianhou\u003c/strong\u003e\n(楊健侯) : cet enchaînement appartient donc à la lignée du style Yang, dont il\nconstitue l\u0026rsquo;arme la plus réputée après la boxe à mains nues. Le texte chinois,\npublié en 1943, est dans le domaine public.\u003c/p\u003e\n\u003cp\u003eTraduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.\u003c/p\u003e","title":"Le Taiji dao (太極刀) de Chen Yanlin"},{"content":"Le Taiji da wen (太極答問, « Questions et réponses sur le taiji quan ») de Chen Weiming (陳微明, 1881–1958) est un ouvrage en forme de dialogue : l\u0026rsquo;auteur, lettré ancien compilateur au Bureau d\u0026rsquo;histoire des Qing et élève de Yang Chengfu (楊澄甫) — et brièvement de Yang Shaohou (楊少侯) —, y consigne par questions et réponses l\u0026rsquo;essentiel de l\u0026rsquo;enseignement qu\u0026rsquo;il reçut et de sa propre expérience à la tête de la société Zhirou quanshe (致柔拳社) de Shanghai. Publié en 1929, le livre comprend huit chapitres — origines, postures, poussée des mains (tuishou, 推手), techniques libres (sanshou, 散手), les jin (勁), le daoyin (導引) et la méditation assise, constitution physique et réussite des pratiquants, bienfaits —, suivis d\u0026rsquo;un chapitre de pratique des postures une à une (附單式練法) et d\u0026rsquo;annexes (registres des membres, statuts de la société, programme des trois années d\u0026rsquo;études). Le texte chinois, publié en 1925 pour le premier ouvrage de l\u0026rsquo;auteur et en 1929 pour celui-ci, est dans le domaine public (l\u0026rsquo;auteur est mort en 1958).\nLa présente traduction couvre la préface et les huit chapitres de questions-réponses dans leur intégralité. Le chapitre des postures isolées (dont les explications renvoient à des figures) et les annexes (listes de noms, statuts, programme) sont omis pour des raisons de longueur. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.\nPréface 余從永年楊澄甫先生學太極拳八年。以資質魯鈍。故有所疑。輒喜請問。先生亦不憚煩。諄諄誨余。中間先生南游。余曾從少候先生學三月。亦頗聞其緒論。乙丑來滬。創辦致柔拳社。敎授太極拳。當時太極拳之名。知者尚鮮。不謂四年以來。風發雲湧。學者必太極拳之是學。敎者必太極拳之是敎。浸浸乎盛矣。或謂余太極南來。先鋒當屬之君。余何敢當哉。太極拳之普及興盛。可以强種國。固足欣幸。然又恐其泛濫而失其本源。流動而忘其規矩。溷雜而違其精意。是不可不慮也。爰以平日聞諸先生之講說。作為問答若干節。聊以貢於有心于太極者。所不知者。不敢言也。再者每得各方賜書。問函授之法。太極拳運轉圜曲。綿綿不斷。口傳手授。尚難得其準則。何能以筆墨形容。然昔許宣平。傳三十七勢。本是單式練法。今師其意。將太極拳中最要之式擇出。為單練式。詳細敍說。加以圖式。較為簡易可明。雖不連貫。其有益于却病延年。無絲毫之異也。已已秋陳微明識于吉祥輪室\nPréface. — J\u0026rsquo;ai étudié le taiji quan pendant huit ans auprès de M. Yang Chengfu de Yongnian. Comme mon intelligence est lente, dès qu\u0026rsquo;un doute me venait, j\u0026rsquo;aimais à le questionner, et lui, sans se lasser de mes questions, m\u0026rsquo;instruisait avec une bienveillance inépuisable. Entre-temps, mon maître voyagea vers le sud, et j\u0026rsquo;étudiai alors trois mois auprès de M. Shaohou, recueillant aussi, dans une bonne mesure, ses vues générales. En l\u0026rsquo;année yichou (1925), je vins à Shanghai et fondai la Société de boxe Zhirou (致柔拳社), où j\u0026rsquo;enseignai le taiji quan. À cette époque, peu de gens connaissaient encore le nom du taiji quan ; mais voici que depuis quatre ans, comme le vent qui se lève et les nuages qui s\u0026rsquo;amoncellent, les élèves ne veulent apprendre que le taiji quan, et les maîtres n\u0026rsquo;enseigner que le taiji quan : il gagne du terrain chaque jour. Certains disent que, le taiji ayant gagné le sud, c\u0026rsquo;est à moi qu\u0026rsquo;en revient l\u0026rsquo;avant-garde — comment oserais-je l\u0026rsquo;accepter ? Que le taiji quan se répande et prospère, qu\u0026rsquo;il puisse fortifier la race et l\u0026rsquo;État, voilà certes de quoi se réjouir. Mais je crains aussi qu\u0026rsquo;à force de déborder il ne perde sa source, qu\u0026rsquo;à force de couler il n\u0026rsquo;oublie ses règles, qu\u0026rsquo;à force de se mêler il ne trahisse son esprit le plus fin : il faut y prendre garde. Aussi ai-je mis en questions et réponses ce que j\u0026rsquo;ai entendu des explications des maîtres, pour l\u0026rsquo;offrir humblement à ceux qui se soucient du taiji. Ce que je ne sais pas, je n\u0026rsquo;ose pas en parler. Par ailleurs, je reçois souvent de divers lieux des lettres demandant la méthode d\u0026rsquo;enseignement par correspondance : le taiji quan se meut en cercles et en courbes, en un flux ininterrompu ; même transmis de bouche à oreille et de main à main, il est difficile d\u0026rsquo;en saisir les critères — comment le décrire par écrit ? Cependant, jadis Xu Xuanping transmit les trente-sept postures, qui étaient à l\u0026rsquo;origine des exercices pratiqués une à une. Prenant modèle sur cette idée, j\u0026rsquo;ai choisi les postures les plus importantes du taiji quan pour en faire des exercices isolés, décrits en détail et illustrés de figures, ce qui les rend plus simples à comprendre. Bien qu\u0026rsquo;elles ne soient pas enchaînées, elles ne diffèrent en rien, pour écarter les maladies et prolonger la vie. — Chen Weiming, écrit à l\u0026rsquo;automne de l\u0026rsquo;année jisi (1929), dans la Chambre de la roue auspicieuse.\nI. Sur les origines du taiji quan — compléments et mise au point sur les romans 問太極拳果是張三丰所傳乎。\nQuestion. — Le taiji quan a-t-il vraiment été transmis par Zhang Sanfeng ?\n答寧波府志載有拳術名目。雖未明言是太極拳。然其中與太極名目同者甚多。黃黎洲所作王征南墓誌銘。述三丰傳授源流甚詳。中間曾傳之寧波葉繼美等。故寧波府志載之也。然則太極拳。自可斷定是三丰所傳無疑。\nRéponse. — Les Annales de la préfecture de Ningbo relèvent des arts de boxe qui, sans y être nommément désignés comme taiji quan, comportent beaucoup de dénominations communes avec le taiji. L\u0026rsquo;épitaphe de Wang Zhengnan composée par Huang Lizhou [Huang Zongxi] raconte en détail la filiation transmise par Zhang Sanfeng, qui passa entre autres par Ye Jimei de Ningbo ; c\u0026rsquo;est pourquoi les Annales de Ningbo en font mention. On peut donc tenir pour certain que le taiji quan fut bien transmis par Zhang Sanfeng.\n問三丰集曾載數傳而至關中王宗。王宗與王宗岳是一人。抑係二人耶。\nQuestion. — Le recueil de Zhang Sanfeng rapporte que la transmission passa par plusieurs maîtres avant d\u0026rsquo;atteindre Wang Zong du Guanzhong. Wang Zong et Wang Zongyue sont-ils une seule personne ou deux personnes distinctes ?\n答王宗及陜西人。宗岳山西人。以為一人者誤也。宗岳先生。大約是淸初時人。王宗則元末明初之人也。\nRéponse. — Wang Zong était du Shaanxi, Wang Zongyue du Shanxi : ceux qui les prennent pour un seul homme se trompent. M. Zongyue vivait approximativement au début des Qing ; Wang Zong, lui, vivait à la fin des Yuan et au début des Ming.\n問太極拳除張三丰祖師一脉流傳。尚有其他派否。\nQuestion. — En dehors de la lignée issue du patriarche Zhang Sanfeng, le taiji quan a-t-il eu d\u0026rsquo;autres branches ?\n答相傳尚有四派。列之於右。\nRéponse. — La tradition en compte encore quatre, que voici :\n唐許宣平所傳要訣有八字歌。心會論。周身大用論。十六關要論。功用歌。傳宋遠橋。\n— Sous les Tang, Xu Xuanping transmit des formules essentielles — le Chant des huit caractères, le Discours sur l\u0026rsquo;entendement du cœur, le Discours sur le grand usage du corps entier, le Discours sur les seize points essentiels, le Chant de la mise en œuvre —, transmises ensuite à Song Yuanqiao.\n夫子李傳之兪氏。再傳兪淸慧兪一誠兪蓮舟兪岱岩。\n— Le maître Li les transmit à la famille Yu, puis à Yu Qinghui, Yu Yicheng, Yu Lianzhou et Yu Daiyan.\n韓拱月傳程靈洗。再傳程珌。有用功五誌。四性歸原歌。\n— Han Gongyue les transmit à Cheng Lingxi, puis à Cheng Bi. On y trouve les Cinq notes sur l\u0026rsquo;application du travail et le Chant du retour des quatre natures à l\u0026rsquo;origine.\n殷利亭傳胡鏡子。再傳宋仲殊。\n— Yin Liting les transmit à Hu Jingzi, puis à Song Zhongshu.\n以上皆別一流派。其詳不可得而記云。\n— Ce sont là des branches à part ; on n\u0026rsquo;en connaît pas le détail.\n問河南陳長興所傳弟子。除楊露禪外。尚有他知名者否。\nQuestion. — Parmi les disciples de Chen Changxing du Henan, en dehors de Yang Luchan, y en eut-il d\u0026rsquo;autres qui se firent un nom ?\n答聞尚有河南懷慶府陳淸平者。亦得長興先生之傳。陳傳之武禹讓。武傳之李亦畬。李傳之郝為楨。郝傳之孫祿堂先生。\nRéponse. — J\u0026rsquo;ai entendu dire qu\u0026rsquo;il y eut aussi Chen Qingping de la préfecture de Huaiqing, au Henan, qui reçut également l\u0026rsquo;enseignement de M. Changxing. Chen le transmit à Wu Yurang, Wu à Li Yiyu, Li à Hao Weizhen, Hao à M. Sun Lutang.\n問不肖生所作江湖奇俠傳。述及楊家。多有詆毀之詞。其所載班侯之事確否。\nQuestion. — Le roman Les chevaliers errants des lacs et des fleuves de Buxiao Sheng parle de la famille Yang avec beaucoup de paroles calomnieuses. Ce qu\u0026rsquo;il rapporte au sujet de Banhou est-il exact ?\n答皆道聽塗說之言。毫不足據。自古文人且相輕。何况不讀書不識字之武夫。故名愈高者。妬之者愈衆。種種不實之傳說。反出於同門之後生。而小說家苦無材料。偶聞一段故事。卽渲染成篇。種種附會。無中生有。只可作為小說觀。然毀人名譽。往往招口舌之禍。亦不可不愼也。\nRéponse. — Ce ne sont que propos entendus au hasard des routes, sans aucune valeur. Depuis toujours les lettrés se dénigrent entre eux, à plus forte raison des hommes de poing qui n\u0026rsquo;ont ni lu ni appris à écrire. Aussi, plus la renommée est haute, plus les jaloux sont nombreux ; et ces fausses légendes sortent même de la génération suivante de la même école. Les romanciers, à court de matière, entendent par hasard un bout d\u0026rsquo;histoire et l\u0026rsquo;amplifient en récit : toutes sortes d\u0026rsquo;extrapolations, du néant tirant l\u0026rsquo;être. On ne peut les lire que comme des romans. Encore détruire la réputation d\u0026rsquo;autrui attire-t-il souvent des malheurs de paroles ; il faut y prendre garde.\nII. Les postures du taiji quan 問太極拳自攬雀尾至合太極七十餘式。三丰時所傳。卽是如此。抑有所變動耶。\nQuestion. — Le taiji quan compte plus de soixante-dix postures, d\u0026rsquo;« attraper le moineau par la queue » jusqu\u0026rsquo;à la « clôture du taiji ». Était-ce ainsi du temps de Zhang Sanfeng, ou y eut-il des changements ?\n答聞以前太極拳。是單式練法。而不連貫。不如始于何時。將單練之各式。連為一氣。以愚意揣之。大約始於王先生宗岳。因先生所作太極拳論。有各式之名目。係連為一氣也。故宗岳先生。對於太極拳術。其功絕偉。若不連為一氣。恐早失其傳矣。\nRéponse. — J\u0026rsquo;ai entendu dire qu\u0026rsquo;autrefois le taiji quan se pratiquait posture par posture, sans enchaînement. On ne sait pas à quelle époque on commença à relier les postures isolées en un seul souffle continu. À mon humble avis, cela commença probablement avec M. Wang Zongyue : car le Discours sur le taiji quan qu\u0026rsquo;il composa nomme les postures et les tient pour unies en une seule suite. Aussi la contribution de M. Zongyue à l\u0026rsquo;art du taiji quan est-elle immense ; si l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;avait pas relié les postures en un seul souffle, la transmission se serait sans doute perdue depuis longtemps.\n問北京練太極拳者。俱是楊家所傳。何以形式又略有不同之處。\nQuestion. — Ceux qui pratiquent le taiji quan à Pékin ont tous reçu la transmission de la famille Yang ; comment se fait-il que leurs formes diffèrent légèrement ?\n答形式雖略有不同。其意未嘗不同。其所以略有不同之處。據愚意揣測。蓋有二端。一昔時師徒之分極嚴。心有不明。不敢多問。而為師者。又不肯時演與學者觀之。故不能得最準確之姿式。一雖得準確之姿式。而數傳之後。因各人之性情不同。遂無形變改。自不能覺。故太極非傳者有極精密之敎法。學者有極沈細之研究。不能得也。\nRéponse. — Bien que les formes diffèrent légèrement, l\u0026rsquo;intention n\u0026rsquo;a jamais différé. Les raisons de ces légères différences, à mon avis, tiennent à deux choses. D\u0026rsquo;une part, autrefois la séparation entre maître et disciple était très stricte : quand le cœur n\u0026rsquo;était pas éclairci, on n\u0026rsquo;osait guère questionner, et le maître, de son côté, ne consentait pas volontiers à montrer sans cesse les postures à l\u0026rsquo;élève — aussi ne pouvait-on obtenir les postures les plus exactes. D\u0026rsquo;autre part, même une posture exacte obtenue, après plusieurs transmissions, les tempéraments différant d\u0026rsquo;une personne à l\u0026rsquo;autre, elle se modifiait insensiblement sans qu\u0026rsquo;on s\u0026rsquo;en aperçoive. Aussi le taiji ne peut-il s\u0026rsquo;obtenir si celui qui transmet n\u0026rsquo;a pas une méthode d\u0026rsquo;enseignement extrêmement précise et si celui qui apprend n\u0026rsquo;a pas une étude extrêmement profonde et minutieuse.\n問然則太極拳之姿式。何者為準確。何者非準確。何從而斷定之乎。\nQuestion. — Alors, parmi les postures du taiji quan, lesquelles sont exactes, lesquelles ne le sont pas, et à quoi le reconnaître ?\n答以王宗岳先生所言之立身須中正安舒四字為準。中正者。不偏不倚之謂也。安舒者。自然舒適。不緊張用力者是也。余所作太極拳術之十要。亦為姿式之準則。如頭無虛靈頂勁。兩面傾側摇動。挺胸直立。上重下輕。兩腿雙重。虛實不淸。轉動太快。手法含糊。忽高忽低。兩肩亂動。脚步太小。腰不轉動。皆失其規矩者。總要中正安舒。無處不到。十要之意思。均包涵而不漏。此則雖不能至。亦相去不遠矣。\nRéponse. — On prend pour critère les quatre caractères de M. Wang Zongyue : « dans la tenue du corps, il faut être zhongzheng anshu » — droit et centré, paisible et à l\u0026rsquo;aise. « Droit et centré » veut dire ni penché ni appuyé ; « paisible et à l\u0026rsquo;aise », naturel et confortable, sans tension ni effort. Les Dix exigences de l\u0026rsquo;Art du taiji quan que j\u0026rsquo;ai composé sont aussi des critères pour les postures. Si la tête est sans l\u0026rsquo;énergie légère qui la suspend au sommet, le visage penche et vacille ; la poitrine tendue et le corps dressé, le haut est lourd et le bas léger ; les deux jambes portant doublement, le vide et le plein ne se distinguent plus ; la rotation trop rapide, les gestes des mains deviennent flous ; montant et descendant brusquement, les épaules s\u0026rsquo;agitent au hasard ; le pas trop petit, la taille ne tourne plus : tout cela manque aux règles. L\u0026rsquo;essentiel est d\u0026rsquo;être droit, centré, paisible et à l\u0026rsquo;aise, en chaque partie du corps ; le sens des Dix exigences y est contenu tout entier, sans rien omettre. Ainsi, même sans atteindre le but, on n\u0026rsquo;en est pas loin.\n問有人言脚步不可太大。太大則換步不靈。是否。\nQuestion. — Certains disent que le pas ne doit pas être trop grand, car un pas trop grand rend le changement de pieds malhabile. Est-ce vrai ?\n答此說亦不錯。惟初練架子時。步須開展。總以兩腿之一直一曲為準則。如左腿直則右腿曲。所曲之腿。以膝與足尖成一垂綫為準。則腰可鬆下。前後轉動。步太小。則腰之轉動亦小。對方來勢如猛。則無消化之餘地。不得不退步矣。如遇路窄。無地可退。則無可如何。如步稍大。以腰轉動。則可化對方之力而還擊之。\nRéponse. — Ce propos n\u0026rsquo;est pas faux. Mais lorsqu\u0026rsquo;on commence à pratiquer la forme, le pas doit se déployer, ayant pour règle générale une jambe tendue et l\u0026rsquo;autre fléchie : si la jambe gauche est tendue, la droite est fléchie ; pour la jambe fléchie, le genou doit s\u0026rsquo;aligner verticalement avec la pointe du pied. Alors la taille peut se détendre vers le bas et tourner d\u0026rsquo;avant en arrière. Si le pas est trop petit, la rotation de la taille est petite aussi ; si l\u0026rsquo;attaque de l\u0026rsquo;autre est violente, on n\u0026rsquo;a pas d\u0026rsquo;espace pour la dissoudre et l\u0026rsquo;on ne peut que reculer. Si l\u0026rsquo;on se trouve dans un passage étroit sans terrain pour reculer, on ne peut rien y faire ; mais avec un pas un peu plus grand, en tournant la taille, on peut neutraliser la force de l\u0026rsquo;autre et frapper en retour.\n問有人言架子不可太低。然否。\nQuestion. — Certains disent que la forme ne doit pas être trop basse. Est-ce juste ?\n答架子低則步大。腰可轉動。架子高則步小。腰之轉動亦小。其高低總以兩腿一直一曲為度。是適中之步。如過於低。則重心下陷。而不能往前。虛實反不能分。太極拳論云。先求開展。後求緊湊。若功夫純熟之時。步法手法。均可收小。神而明之。存乎其人。故其小者。乃由大而來。其高者。由低而來。其緊者。由鬆而來。其斷者。由綿綿而來。如此。則其小者高者緊者斷者。方有把握。不然。則恐遇緊急時。仍不能隨機應變。步法散亂。而不免於窮促也。\nRéponse. — Si la forme est basse, le pas est grand et la taille peut tourner ; si la forme est haute, le pas est petit et la rotation de la taille est petite aussi. La hauteur se règle toujours sur une jambe tendue et une jambe fléchie : c\u0026rsquo;est le pas moyen. Si l\u0026rsquo;on descend trop bas, le centre de gravité s\u0026rsquo;enfonce et l\u0026rsquo;on ne peut plus avancer ; le vide et le plein ne se distinguent plus. Le Discours sur le taiji quan dit : « Cherchez d\u0026rsquo;abord le déploiement, ensuite le resserrement. » Lorsque le travail est parvenu à maturité, le jeu des pas et celui des mains peuvent se réduire ; l\u0026rsquo;éclaircissement par l\u0026rsquo;esprit tient à la personne. Ainsi le petit vient du grand, le haut vient du bas, le serré vient du relâché, le brisé vient du continu. C\u0026rsquo;est à cette condition que le petit, le haut, le serré et le brisé sont assurés. Sinon, je crains qu\u0026rsquo;à l\u0026rsquo;urgence on ne sache encore s\u0026rsquo;adapter à la circonstance, que le jeu des pas ne se désordonne et qu\u0026rsquo;on ne finisse dans l\u0026rsquo;embarras.\n問有人言架子不必多練。但習推手。卽可長功夫。然否。\nQuestion. — Certains disent qu\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;est pas nécessaire de beaucoup pratiquer la forme, que la poussée des mains suffit pour faire progresser le travail. Est-ce vrai ?\n答凡輕視架子者。皆未得架子之規矩精意者也。架子為最要之基礎。久久練之。身體方能重如泰山。輕如鴻毛。若不練架子。雖多推手。身體仍有不穩之時。易為人所牽動。\nRéponse. — Tous ceux qui méprisent la forme n\u0026rsquo;ont pas obtenu les règles et l\u0026rsquo;esprit subtil de la forme. La forme est la base la plus importante : ce n\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;en la pratiquant longuement que le corps peut devenir lourd comme le mont Tai et léger comme une plume. Sans la pratique de la forme, même avec beaucoup de poussée des mains, le corps a encore des moments d\u0026rsquo;instabilité et se laisse facilement entraîner par autrui.\n問有人言練太極拳。仍須用力者。然否。\nQuestion. — Certains disent qu\u0026rsquo;en pratiquant le taiji quan il faut encore user de force. Est-ce juste ?\n答太極拳論云。極柔軟。然後極堅剛。太極拳之堅剛內勁。係由柔軟鬆開而生。練架子愈柔軟鬆開。則長內勁愈速。稍有强硬不鬆之處。卽為長內勁之阻礙。蓋鬆開則兩臂容易沈重。不鬆開則兩臂仍是輕浮。是為明證。余所著太極拳術內。已論之詳矣。凡持此說者。大抵天生有點力量。喜恃其力。或習過硬拳。不肯捨棄。故尚不能堅信極柔軟然後極堅剛之說。雖練太極。終不能得太極最精妙之意也。\nRéponse. — Le Discours sur le taiji quan dit : « Extrême souplesse, puis extrême fermeté. » La fermeté du jin interne du taiji quan naît de la souplesse et du relâchement. Plus on pratique la forme avec souplesse et relâchement, plus vite croît le jin interne ; le moindre endroit raide et non relâché fait obstacle à sa croissance. Car, relâché, les deux bras deviennent naturellement lourds ; non relâché, ils restent légers et flottants : la preuve en est manifeste. J\u0026rsquo;en ai déjà discuté en détail dans mon Art du taiji quan. Ceux qui tiennent ce propos ont pour la plupart reçu en naissant quelque force, aiment à s\u0026rsquo;appuyer sur elle, ou bien ont pratiqué des boxeurs durs qu\u0026rsquo;ils ne veulent pas abandonner ; aussi ne peuvent-ils croire fermement à la doctrine de l\u0026rsquo;extrême souplesse suivie de l\u0026rsquo;extrême fermeté. Même en pratiquant le taiji, ils n\u0026rsquo;obtiendront jamais son intention la plus exquise.\n問敎者用同一敎授之法。而學者之姿勢。有好有醜。其故何也。\nQuestion. — Les maîtres usent de la même méthode d\u0026rsquo;enseignement, et pourtant les postures des élèves sont les unes belles, les autres laides. D\u0026rsquo;où vient cela ?\n答其醜者。必生硬而有力者也。其好者。必柔軟而不用力者也。譬如范金者。必以熱度使之鎔化。方能隨心所欲。或使之方。或使之圓。均可如意。若以生硬之金鐵。欲硬打成或方或圓之器物。則恐用力甚苦而見功甚遲。故敎拳者。旣令學者。用極大之力。使全身生硬而不易於轉動。而又欲其姿勢之佳善。是欲前而却行也。人之天生氣力。譬如生鐵。必須使之柔軟。久久鍛練。變為精鋼。看似柔軟。堅剛無比。是為太極拳之內勁。\nRéponse. — Les laides sont nécessairement raides et pleines de force ; les belles sont nécessairement souples et sans force. Prenons l\u0026rsquo;exemple du fondeur de métal : il faut chauffer le métal pour le faire fondre, et alors on en fait ce qu\u0026rsquo;on veut — le rendre carré, le rendre rond, tout réussit. Si l\u0026rsquo;on prend un fer brut et raide et qu\u0026rsquo;on veut le forcer à coups de marteau en objet carré ou rond, on se fatigue beaucoup pour des résultats très lents. Aussi le professeur de boxe qui fait employer à l\u0026rsquo;élève une force extrême, rendant tout le corps raide et difficile à mouvoir, et qui veut en même temps de belles postures, veut avancer en reculant. La force naturelle de l\u0026rsquo;homme est comme la fonte brute : il faut la rendre souple et la forger longtemps pour la changer en acier fin. Elle paraît souple et elle est d\u0026rsquo;une fermeté sans égale : c\u0026rsquo;est le jin interne du taiji quan.\n問練太極拳時之頭部應如何。\nQuestion. — Pendant la pratique du taiji quan, comment tenir la tête ?\n答頭容正直。不可低而下視。頭低者則精神提不起。\nRéponse. — La contenance de la tête doit être droite ; il ne faut ni la baisser ni regarder en bas. Qui baisse la tête ne peut soulever son esprit.\n問練太極拳時之眼光如何。\nQuestion. — Pendant la pratique, où porter le regard ?\n答眼者神之舍也。眼光有時隨手而行。眼隨手則腰自轉動。有時須向前看。所謂左顧右盼中定是也。左顧右盼則腰轉可化人之勁。前看則中定。將人放出。久練太極拳。則眼光奕奕有神。神光足者。其功夫必深無疑。\nRéponse. — L\u0026rsquo;œil est la demeure de l\u0026rsquo;esprit. Le regard suit parfois la main : quand l\u0026rsquo;œil suit la main, la taille tourne d\u0026rsquo;elle-même. Parfois il faut regarder droit devant : c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « regarder à gauche, regarder à droite, se fixer au centre ». Regarder à gauche et à droite, c\u0026rsquo;est tourner la taille pour neutraliser le jin de l\u0026rsquo;autre ; regarder devant, c\u0026rsquo;est se fixer au centre et projeter l\u0026rsquo;autre. À force de pratiquer le taiji quan, le regard devient brillant et plein d\u0026rsquo;esprit ; qui a l\u0026rsquo;éclat de l\u0026rsquo;esprit en abondance a certainement un travail profond.\n問練太極拳時。口宜閉宜開。\nQuestion. — Pendant la pratique, la bouche doit-elle être fermée ou ouverte ?\n答參同契云。耳目口三寶。閉塞勿發通。太極拳本為動中求靜。輔佐靜功之法。若張口。則呼吸由口。舌燥喉乾。閉口。舌抵上齶。則自生津液。隨時呑嚥。是華池之水。為養生之甘露。凡言宜開口者。則太極拳之好處。完全失之矣。\nRéponse. — Le Can tong qi dit : « Les oreilles, les yeux et la bouche sont les trois trésors ; ferme-les et ne les laisse pas s\u0026rsquo;ouvrir. » Le taiji quan est par nature un art de chercher le calme dans le mouvement, une méthode d\u0026rsquo;appui pour le travail assis. Si l\u0026rsquo;on ouvre la bouche, la respiration passe par la bouche, la langue se dessèche et la gorge s\u0026rsquo;irrite. Bouche fermée, la langue touche le palais supérieur et la salive naît d\u0026rsquo;elle-même ; on l\u0026rsquo;avale au fur et à mesure : c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;eau de l\u0026rsquo;étang fleuri, la rosée douce qui nourrit la vie. Quiconque prétend qu\u0026rsquo;il faut ouvrir la bouche perd entièrement les bienfaits du taiji quan.\n問練太極拳時之腰。應如何鬆。\nQuestion. — Pendant la pratique, comment détendre la taille ?\n答曰。鬆者。非硬往下壓之意也。硬壓則不易轉動。鬆則轉動可如意。太極拳論云。腰如車輪。此言其活。又曰。腰如纛。此言其正直。腰不下鬆不正直。則臀高聳。不但甚不雅觀。而且尾閭必不能中正。神必不能貫頂。力必不能由背脊而發。\nRéponse. — Se détendre ne veut pas dire appuyer raide vers le bas : appuyer raide, on tourne difficilement ; détendu, on tourne à volonté. Le Discours sur le taiji quan dit : « La taille est comme une roue » — cela parle de sa vivacité ; il dit encore : « La taille est comme un étendard » — cela parle de sa droiture. Si la taille ne se détend pas vers le bas et ne se tient pas droite, les fesses se soulèvent : non seulement c\u0026rsquo;est fort peu élégant, mais le weilü (尾閭, le coccyx) ne peut être centré, l\u0026rsquo;esprit ne peut monter jusqu\u0026rsquo;au sommet de la tête, et la force ne peut partir de l\u0026rsquo;épine dorsale.\n問練太極拳用掌時之手指如何。\nQuestion. — Quand on emploie la paume dans le taiji quan, comment tenir les doigts ?\n答手指亦宜舒展自然。不可拳屈。又不可太張開。使之硬直。拳屈則氣貫不到指尖。硬直則氣亦不到。兩掌按出時。不可太過膝。過膝則失其重心。嘗見練太極拳者。兩掌按出過度。全身傾出。臀後高聳。此式由於脚步太小。腰不能下之故。足不到而手往前探。不但打人不出。則已身前傾。恐立不。穩打人必須進足貼身。則兩手隨腰略進。人已跌出。此乃全身之勁也。\nRéponse. — Les doigts doivent aussi se déployer naturellement : il ne faut ni les replier en poing — le souffle ne parviendrait pas au bout des doigts —, ni les écarter à l\u0026rsquo;excès jusqu\u0026rsquo;à les raidir — le souffle n\u0026rsquo;y parviendrait pas non plus. Quand les deux paumes poussent, elles ne doivent pas dépasser le genou ; au-delà, on perd le centre de gravité. J\u0026rsquo;ai vu des pratiquants pousser les paumes trop loin, tout le corps penché en avant, les fesses relevées : cette posture vient de ce que le pas est trop petit et que la taille ne peut descendre. Le pied n\u0026rsquo;atteint pas et la main se tend en avant : non seulement on ne projette pas l\u0026rsquo;autre, mais son propre corps penche en avant et risque de perdre l\u0026rsquo;équilibre. Pour frapper, il faut avancer le pied et coller le corps ; alors les deux mains avancent un peu avec la taille et l\u0026rsquo;autre est déjà projeté : c\u0026rsquo;est là le jin du corps entier.\n問太極拳之蹬脚分脚亦用力否。\nQuestion. — Les coups de pied deng et fen du taiji quan usent-ils aussi de force ?\n答太極之腿。乃鬆彈之勁。非生硬之勁也。\nRéponse. — Les jambes du taiji ont un jin détendu et élastique, non un jin raide et dur.\n問練太極時之神氣態度應如何。\nQuestion. — Pendant la pratique, quelle doit être l\u0026rsquo;attitude de l\u0026rsquo;esprit et du souffle ?\n答總以神凝氣靜。中正安舒。從容大雅。綿綿不斷為準則。看似輕靈而又極沈重。看似動宕而又極安靜。凡太輕浮流動。或過於劍拔弩張之態。皆未得其精意者也。\nRéponse. — Pour règle générale : esprit concentré, souffle calme, droit et centré, paisible et à l\u0026rsquo;aise, aisé et plein de dignité, continu sans interruption. Cela paraît léger et agile, et c\u0026rsquo;est extrêmement lourd ; cela paraît mouvant et ondoyant, et c\u0026rsquo;est extrêmement tranquille. Tout ce qui est trop léger et flottant, ou trop tendu comme l\u0026rsquo;épée tirée et l\u0026rsquo;arbalète bandée, n\u0026rsquo;a pas obtenu l\u0026rsquo;intention subtile.\n問太極拳七十餘式之次序。必須如此。而亦能變動否。\nQuestion. — L\u0026rsquo;ordre des soixante-dix postures du taiji quan doit-il absolument être celui-là ? Peut-on le changer ?\n答相傳之次序如此。其相連接之處。亦極自然。故學者當謹守之。譬如一篇好文字。增一字减一字不可。雖然。文字本有無窮的變化。太極拳亦然。若將各式顚倒。其連接之處。果能自然。又何嘗不可耶。太極拳架子。本是平時練功夫之體。若用時。則又何能刻舟求劍。而必依其次序耶。若然則眞愚之至矣。\nRéponse. — L\u0026rsquo;ordre transmis est celui-là, et les raccords entre les postures sont fort naturels ; l\u0026rsquo;élève doit donc le garder fidèlement. Prenons un beau texte : on ne peut y ajouter ni en retrancher un seul mot. Pourtant, l\u0026rsquo;écriture a d\u0026rsquo;infinies variations, et le taiji quan aussi. Si l\u0026rsquo;on intervertit les postures et que les raccords se trouvent naturels, pourquoi ne le pourrait-on pas ? La forme du taiji quan est le corps dans lequel on travaille habituellement ; dans l\u0026rsquo;usage, comment graver le bord du bateau pour y chercher l\u0026rsquo;épée tombée à l\u0026rsquo;eau, en s\u0026rsquo;en tenant obstinément à l\u0026rsquo;ordre ? Ce serait là le comble de la sottise.\n問君所著之太極拳術。當可作為準則。\nQuestion. — L\u0026rsquo;Art du taiji quan que vous avez écrit peut-il servir de critère ?\n答何敢云然。不過余從楊澄甫先生學太極拳時。對於架子之姿勢。頗十分注意。著此書時。每式必問過五六次。方敢下筆。澄甫先生亦敎誨不倦。此書不過代澄甫先生筆述之耳。\nRéponse. — Comment oserais-je le dire ? Seulement, quand j\u0026rsquo;étudiais le taiji quan auprès de M. Yang Chengfu, je faisais grande attention aux postures de la forme ; en écrivant ce livre, je l\u0026rsquo;interrogeais cinq ou six fois sur chaque posture avant d\u0026rsquo;oser coucher l\u0026rsquo;encre. M. Chengfu enseignait sans se lasser. Ce livre n\u0026rsquo;est que la mise par écrit de ses paroles.\n問楊澄甫先生現在所練之架子。與君所作之書。又略有不同者何耶。\nQuestion. — La forme que pratique actuellement M. Yang Chengfu diffère légèrement de celle de votre livre. Pourquoi ?\n答澄甫先生現在所練之架子。惟第二次琵琶式後。又添一摟膝抝步。白蛇吐信之後。又將身體屈回如撇身錘後之搬攔錘一樣。此則無甚大關係者也。蓋若遇地方寬闊之處。左右摟膝抝步。本可多打數次。不但左摟膝可加。右摟膝亦可加。琵琶式變搬攔錘。與抝步變搬攔錘。均無不可。至於白蛇吐信之後。澄甫先生敎余之時。本未回身。若敵拳來擊。吾以左手接其肘。以右拳擊其脇下。故稍坐腰卽將拳打出。更為簡便。兩次撇身錘後及彎弓射虎後均係回身。蓋已有三次矣。\nRéponse. — Dans la forme qu\u0026rsquo;il pratique actuellement, seule différence : après la seconde posture du pipa s\u0026rsquo;ajoute un « brosser le genou en pas croisé », et après le « serpent blanc qui darde sa langue », le corps se replie comme pour le « parer, bloquer, frapper » qui suit le « poing qui détourne le corps ». Cela n\u0026rsquo;a pas grande importance : si l\u0026rsquo;on a de la place, on peut répéter plusieurs fois « brosser le genou en pas croisé » à gauche et à droite — on peut ajouter le brossage gauche, on peut aussi ajouter le droit. Passer de la posture du pipa au « parer, bloquer, frapper », ou du pas croisé au « parer, bloquer, frapper », tout est possible. Quant au « serpent blanc qui darde sa langue », quand M. Chengfu me l\u0026rsquo;enseignait, on ne retournait pas le corps : si l\u0026rsquo;ennemi frappait, je recevais son coude de la main gauche et frappais ses côtes du poing droit ; en asseyant un peu la taille, le poing partait — c\u0026rsquo;était plus simple. Après les deux « poing qui détourne le corps » et après « bander l\u0026rsquo;arc, tirer le tigre », on retourne le corps : cela fait déjà trois fois.\n問君所增加之長拳。又將反面之式加入何耶。\nQuestion. — Dans la boxe longue que vous avez ajoutée, pourquoi avoir inclus les postures du côté opposé ?\n答若講練功夫。練太極拳已足。長拳本可不練。余因人身之運動。似宜左右平均發育。故將反式加入。諸君以此長拳作體育運動之法觀之。可也。\nRéponse. — Pour le travail proprement dit, pratiquer le taiji quan suffit ; la boxe longue peut même être omise. Mais comme le mouvement du corps humain gagne à développer également la gauche et la droite, j\u0026rsquo;y ai ajouté les postures inversées. Considérez cette boxe longue simplement comme une méthode d\u0026rsquo;exercice physique.\n問太極拳架子如摟膝抝步。必將手往後轉一大圈。然後向前打出。如此迂緩。何能應敵。\nQuestion. — Dans la forme, par exemple « brosser le genou en pas croisé », il faut faire décrire à la main un grand cercle vers l\u0026rsquo;arrière avant de frapper devant. Si lent et détourné, comment répondre à un ennemi ?\n答太極拳之各式。均係圓圈。蓋求其鬆開圓滿。全身轉動。此所以練體也。若求其用。豈能拘定形式。譬如三百六十一度之渾圓體。用時僅用一度。或半度。均無不可。而練體則不可不求其圓滿。若應敵時。亦照練體之迂緩。此眞笨伯之流矣。\nRéponse. — Toutes les postures du taiji quan sont des cercles : on cherche le relâchement et la plénitude du cercle, le corps entier qui se meut — c\u0026rsquo;est ainsi qu\u0026rsquo;on travaille le corps. Pour l\u0026rsquo;usage, comment se laisser lier par la forme ? Une sphère complète compte trois cent soixante et un degrés ; dans l\u0026rsquo;usage, un seul degré, ou même un demi-degré, suffit. Mais pour travailler le corps, il faut exiger le cercle plein. Si, face à l\u0026rsquo;ennemi, on faisait la même lenteur détournée que dans la pratique, on serait un vrai nigaud.\n問老輩練拳之意思。雖不能見。亦有所聞否。\nQuestion. — Nous ne pouvons voir comment les anciens pratiquaient ; en avez-vous entendu parler ?\n答聞楊少候先生說。露禪老先生。練單鞭下勢時。以制錢一枚。置於地上。可以用口銜起。又可以以肩靠人之膝。其腰之下如是。班候先生練拳之時。或面現喜色而冷笑。或忽作怒容而發喊。是所謂帶喜怒者也。此則功夫深到而自然顯之於外者。非勉强而可學者。\nRéponse. — M. Yang Shaohou racontait : quand le vieux maître Luchan pratiquait le « fouet unique en posture basse », il posait une sapèque sur le sol et pouvait la ramasser avec la bouche ; il pouvait aussi appuyer l\u0026rsquo;épaule contre le genou d\u0026rsquo;autrui — tant sa taille descendait. Quand M. Banhou pratiquait la boxe, tantôt son visage s\u0026rsquo;éclairait d\u0026rsquo;un sourire froid, tantôt il prenait soudain un air furieux et poussait un cri : c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « porter en soi la joie et la colère ». Ces choses, fruits d\u0026rsquo;un travail profond, se manifestent au dehors d\u0026rsquo;elles-mêmes ; on ne peut les apprendre par contrainte.\nIII. La poussée des mains 問初學推手。可用力否。\nQuestion. — Au début de la poussée des mains, peut-on user de force ?\n答。不可用力。打手歌云。掤捋擠按須認眞。掤捋擠按四字要分淸楚。擠按坐前腿。掤捋坐後腿。先照規矩。每日打數百手。或數千手。則自然兩腿有根。腰極靈活。一年之後。再彼此找勁。（找勁者。彼此不照規矩。隨意攻擊化解）找勁不可太早。太早則喜用力。成為習慣。不能得精巧之意。\nRéponse. — On ne doit pas user de force. Le Chant de la poussée des mains dit : « Le peng, le lü, le ji, l\u0026rsquo;an doivent être pris au sérieux. » Il faut bien distinguer ces quatre caractères : pour le ji et l\u0026rsquo;an, on s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe avant ; pour le peng et le lü, sur la jambe arrière. D\u0026rsquo;abord, suivez les règles ; chaque jour, faites des centaines ou des milliers de répétitions, et naturellement les deux jambes prendront racine et la taille deviendra extrêmement souple. Après un an, cherchez alors le jin avec le partenaire (chercher le jin : sans suivre les règles, attaquer et neutraliser à volonté). Ne cherchez pas le jin trop tôt : trop tôt, on prend plaisir à la force, elle devient une habitude, et l\u0026rsquo;on ne peut obtenir l\u0026rsquo;intention fine et habile.\n問掤捋擠按四字。能包涵無窮之變化耶。\nQuestion. — Ces quatre caractères, peng, lü, ji, an, peuvent-ils contenir d\u0026rsquo;infinies variations ?\n答此四字內含之意思無窮。卽如一按字。有輕靈而進者。有重實而進者。有左重右虛而進者。有左虛右重而進者。有兩手開之意而進者。有兩手合之意而進者。如一擠字。有正擠者。有偏擠者。有加肘擠者。有換手擠者。而用臂之各點。又時時變換。如此點之中心已過。卽改用彼點。節節是曲綫。節節是直綫。處處是黏勁。處處是放勁。所謂曲中求直者是也。又有摺疊而擠者。或翻上摺疊。或翻下摺疊。均隨敵人之意而變換之。如一掤字。或直掤。或橫掤。或在上掤。或在下掤。粘住敵人之臂或手。隨時變換方向。總之不要敵人在我臂上或身上。得有一目的而可以放勁。若敵人將得有目的。卽立時改變其方向。惟須粘住。不可丢離。若敵人丢離。速速打去。所謂逢丢必打是也。如一捋字。有向上捋者。有向下捋者。有平捋者。捋之中有撅。有機會則用。若用勁整快。則手臂或斷矣。\nRéponse. — Ces quatre caractères contiennent des significations sans fin. Prenons l\u0026rsquo;an (pousser) : il y a pousser en avançant légèrement et agilement, pousser en avançant lourdement et solidement, pousser en avançant avec le côté gauche lourd et le droit vide, pousser en avançant avec le côté gauche vide et le droit lourd, pousser en avançant avec l\u0026rsquo;intention d\u0026rsquo;écarter les deux mains, pousser en avançant avec l\u0026rsquo;intention de les joindre. Prenons le ji (presser) : il y a presser de face, presser de biais, presser en y ajoutant le coude, presser en changeant de main ; et les points d\u0026rsquo;appui du bras changent sans cesse : quand le centre de ce point est dépassé, on passe à l\u0026rsquo;autre point. Segment après segment, courbes ; segment après segment, droites ; partout le jin qui colle, partout le jin qui projette : c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « chercher la droite dans la courbe ». Il y a encore presser en pliant : pli retourné vers le haut ou vers le bas, toujours en s\u0026rsquo;adaptant à l\u0026rsquo;intention de l\u0026rsquo;ennemi. Prenons le peng (parer) : peng direct, peng horizontal, peng par en haut, peng par en bas — collé au bras ou à la main de l\u0026rsquo;ennemi, on change de direction à tout moment. En un mot, il ne faut pas laisser l\u0026rsquo;ennemi trouver sur mon bras ou sur mon corps un point de mire où il puisse projeter son jin ; s\u0026rsquo;il est sur le point d\u0026rsquo;en trouver un, changer aussitôt de direction. Seulement, il faut rester collé, sans le lâcher ni s\u0026rsquo;en détacher. Si l\u0026rsquo;ennemi se détache, frappez vite : c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on dit, « à tout lâcher, frapper ». Prenons le lü (rouler) : il y a rouler vers le haut, rouler vers le bas, rouler à l\u0026rsquo;horizontale ; dans le roulement se trouve le bris ; on l\u0026rsquo;emploie quand l\u0026rsquo;occasion s\u0026rsquo;en présente — si le jin est entier et rapide, le bras de l\u0026rsquo;autre peut se briser.\n問不動步推手與動步推手孰要。\nQuestion. — De la poussée des mains à pas fixes et de celle à pas mobiles, laquelle importe le plus ?\n答不動步推手。所以練腰。腰若靈活。化人之勁而有餘。則可不用步。動步推手。兼練腰步。若敵敏捷。則不得不運用步法。與之周旋。旣有腰。而步法又活。則變動方向更速。得機得勢。游刃有餘。\nRéponse. — La poussée à pas fixes sert à travailler la taille. Quand la taille est souple au point de neutraliser le jin de l\u0026rsquo;autre avec de la marge, on peut se passer des pas. La poussée à pas mobiles travaille à la fois la taille et les pas. Si l\u0026rsquo;ennemi est agile, on ne peut éviter d\u0026rsquo;employer le jeu des pas pour manœuvrer avec lui. Avec la taille, et le jeu des pas en plus vif, on change de direction plus vite, on saisit l\u0026rsquo;occasion et l\u0026rsquo;avantage, la lame trouve de la marge.\n問大捋之用如何。\nQuestion. — À quoi sert le grand lü ?\n答大捋是走四隅。採挒肘靠。採是採住敵人之手。使之不易變動。挒是用掌挒之。使敵人欲放勁之時而中斷。肘是用肘。靠是用肩。大捋之步法。更大而速。非兩腿有勁。不能輕靈變化。\nRéponse. — Le grand lü parcourt les quatre coins et met en œuvre le cai (cueillir), le lie (fendre), le zhou (coude) et le kao (appui). Le cai, c\u0026rsquo;est saisir la main de l\u0026rsquo;ennemi pour qu\u0026rsquo;il ne puisse aisément varier ; le lie, c\u0026rsquo;est fendre de la paume pour interrompre l\u0026rsquo;ennemi au moment où il veut projeter son jin ; le zhou, c\u0026rsquo;est le coude ; le kao, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;épaule. Les pas du grand lü sont plus grands et plus rapides ; sans force dans les deux jambes, on ne peut varier avec agilité.\n問除掤捋擠按採挒肘靠八法之外。尚有他法否。\nQuestion. — En dehors des huit méthodes peng, lü, ji, an, cai, lie, zhou, kao, y en a-t-il d\u0026rsquo;autres ?\n答聞尚有抓筋按脉。閉穴截膜。擒拏崩放。抖擻切錯。諸法。余不過略聞其名。尚未知其用也。\nRéponse. — J\u0026rsquo;ai entendu dire qu\u0026rsquo;il y a encore : saisir les tendons, presser les veines, fermer les points, trancher les membranes, saisir et verrouiller, rompre et lâcher, secouer, couper et décaler. Je n\u0026rsquo;en connais que les noms ; je n\u0026rsquo;en sais pas encore l\u0026rsquo;usage.\n問推手全不用力。若敵力太大。直逼吾身。將奈之何。\nQuestion. — Dans la poussée des mains on n\u0026rsquo;use jamais de force ; mais si la force de l\u0026rsquo;ennemi est trop grande et qu\u0026rsquo;il presse droit sur mon corps, que faire ?\n答推手雖不用力。然練之數年。自然生一種掤勁。此種掤勁。並非有意用力。而敵人之力。自能掤住。不能近身。初學者鬆開練習數年。使全身毫無殭硬之處。亦可練習掤勁推手。雖用掤勁。須隨腰轉。俗亦謂之老牛勁。\nRéponse. — Bien que la poussée des mains n\u0026rsquo;use pas de force, après plusieurs années de pratique naît naturellement une sorte de jin de peng : ce jin n\u0026rsquo;est pas une force volontaire, et pourtant la force de l\u0026rsquo;ennemi est parée d\u0026rsquo;elle-même, sans pouvoir approcher du corps. Le débutant se relâche et pratique quelques années jusqu\u0026rsquo;à ce que le corps n\u0026rsquo;ait plus le moindre endroit raide ; il peut alors pratiquer aussi la poussée des mains en jin de peng. Même en usant du peng, il faut suivre la rotation de la taille ; dans le langage courant, on l\u0026rsquo;appelle aussi le « jin du vieux bœuf ».\n問太極拳推手之意以何為宗。\nQuestion. — Sur quoi fonder le sens de la poussée des mains du taiji quan ?\n答自以王宗岳先生太極拳論為宗。若違乎太極拳論之意者。則敢斷言其錯誤。\nRéponse. — Il faut se fonder sur le Discours sur le taiji quan de M. Wang Zongyue. Tout ce qui contredit le sens du Discours est, j\u0026rsquo;ose l\u0026rsquo;affirmer, erroné.\n問太極拳論之外。尚有發揮精意者否。\nQuestion. — En dehors du Discours sur le taiji quan, y a-t-il d\u0026rsquo;autres écrits qui développent l\u0026rsquo;intention subtile ?\n答有李亦畬先生之五字訣。發揮拳論之意。亦甚扼要。茲錄其訣如下。一曰心靜。心不靜則不專一。一舉手。前後左右。全無定向。起初舉動。未能由已。要悉心體認。隨人所動。隨屈就伸。不丢不頂。勿自伸縮。彼有力。我亦有力。我力在先。彼無力。我亦有力。我意仍在先。（按此數語。略有語病。應云無論。彼有力無力。我之意總在彼先。）要刻刻留心。挨何處。心要用在何處。須向不丢不頂中討消息。從此做去。一年半載。便能施于身。此全是用意。不是用勁。久之則人為我制。我不為人制矣。二曰身靈。身滯則進退不能自如。故要身靈。舉手不可有呆像。彼之力方礙我皮毛。我之意已入彼骨裏。兩手支撑。一氣貫穿。左重則左虛而右已去。右重則右虛而左已去。氣如車輪。週身俱要相隨。有不相隨處。身便散亂。便不得力。其病於腰腿求之。先以心使身。從人不從已。後身能從心。由已仍從人。由已則滯。從人則活。能從人。手上便有分寸。秤彼勁之大小分厘不錯。權彼來之長短毫髮無差。前進後退。處處恰合。工彌久而技彌精。三曰氣歛。氣勢散漫。便無含蓄。身易散亂。務使氣歛入骨。呼吸通靈。周身罔間。吸為合為蓄。呼為開為發。（按先天之呼吸之體。吸開呼合。後天呼吸之用。吸合呼開。）蓋吸則自然提得起。亦拏得人起。呼則自然沈得下。亦放得人出。此是以意運氣。非以力運氣也。四曰勁整。一身之勁。練成一家。分淸虛實。發勁要有根源。勁起於脚根。主宰於腰。形於手指。發於脊背。又要提起全副精神。於彼勁將出未發之際。我勁已接入彼勁。恰好不後不先。如皮燃火。如泉湧出。前進後退。無絲毫散亂。曲中求直。蓄而後發。方能隨手奏效。此謂借力打人。四兩撥千斤也。五曰神聚。上四者俱備。總歸神聚。神聚則一氣鼓鑄。練氣歸神。氣勢騰挪。精神貫注。開合有數。虛實淸楚。左虛則右實。右虛則左實。（按此係指自身之虛實而言。）虛非全然無力。（按此力字改作意字佳。）氣勢要有騰挪。實非全然占煞。精神要貴貫注。力從人借。氣由脊發。胡能氣由脊發。氣向下沈。由兩肩收入脊骨。注於腰間。此氣之由上而下也。謂之合。由腰形於脊骨。布於兩膊。施於手指。此氣之由下而上也。謂之開。合便是收。開便是放。能懂得開合。便知陰陽。到此地位。工用一日。技精一日。漸至從心所欲。罔不如意矣。尚有撒放密訣四句。一曰擎。擎開彼身借彼力。中有靈字。二曰引。引到身前勁始蓄。中有歛字。三曰鬆。鬆開我勁勿使屈。中有靜字。四曰放。放時腰脚認端的。中有整字。以上乃李亦畬先生所傳。亦甚精要。\nRéponse. — Il y a la Formule des cinq caractères de M. Li Yiyu, qui développe le sens du Discours sur la boxe de façon fort essentielle. La voici. Premièrement, le cœur calme. Si le cœur n\u0026rsquo;est pas calme, il n\u0026rsquo;est pas concentré sur une seule chose : dès qu\u0026rsquo;on lève la main, devant, derrière, à gauche, à droite, tout est sans direction fixe. Au début, le mouvement ne peut pas encore venir de soi : il faut s\u0026rsquo;appliquer à éprouver par le corps, suivre le mouvement de l\u0026rsquo;autre, céder dans la courbure et vous étendre dans le droit, ne pas se détacher, ne pas s\u0026rsquo;opposer, ne pas s\u0026rsquo;étendre ni se replier de soi-même. Quand l\u0026rsquo;autre a de la force, j\u0026rsquo;ai aussi de la force, et ma force précède la sienne ; quand l\u0026rsquo;autre n\u0026rsquo;a pas de force, j\u0026rsquo;ai aussi de la force, et mon intention précède encore la sienne. (Ces quelques mots ont un léger défaut de rédaction ; il faudrait dire : que l\u0026rsquo;autre ait de la force ou n\u0026rsquo;en ait pas, mon intention est toujours avant la sienne.) Il faut être attentif à chaque instant : là où l\u0026rsquo;autre m\u0026rsquo;approche, là doit se porter le cœur. C\u0026rsquo;est dans le ne-pas-se- détacher-ne-pas-s\u0026rsquo;opposer qu\u0026rsquo;il faut chercher la clef. En pratiquant ainsi, en un an ou deux, cela s\u0026rsquo;applique au corps. Tout cela est affaire d\u0026rsquo;intention, non de jin ; avec le temps, l\u0026rsquo;autre est sous mon contrôle, et je ne suis plus sous le sien.\nDeuxièmement, le corps agile. Si le corps est engourdi, avancer et reculer ne se font pas librement ; il faut donc le corps agile. En levant les mains, point d\u0026rsquo;air figé. La force de l\u0026rsquo;autre vient à peine de gêner ma peau que mon intention est déjà entrée dans ses os ; les deux mains se soutiennent, un seul souffle les traverse. S\u0026rsquo;il pèse à gauche, la gauche se vide et la droite est déjà partie ; s\u0026rsquo;il pèse à droite, la droite se vide et la gauche est déjà partie. Le souffle est comme une roue ; tout le corps doit l\u0026rsquo;accompagner. Là où il n\u0026rsquo;accompagne pas, le corps se désordonne et l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;a plus de force : c\u0026rsquo;est dans les reins et les jambes qu\u0026rsquo;il faut chercher la maladie. D\u0026rsquo;abord, commander le corps par le cœur, suivre l\u0026rsquo;autre et non soi ; ensuite, le corps peut suivre le cœur, et ce qui vient de soi suit encore l\u0026rsquo;autre. Venir de soi, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;engourdissement ; suivre l\u0026rsquo;autre, c\u0026rsquo;est la vie. Quand on sait suivre l\u0026rsquo;autre, la main a du discernement : elle pèse la grandeur du jin de l\u0026rsquo;autre sans se tromper d\u0026rsquo;un centième, elle mesure la longueur de son attaque sans faillir d\u0026rsquo;un cheveu ; avancer, reculer, tout concorde. Plus le travail dure, plus la technique s\u0026rsquo;affine.\nTroisièmement, le souffle recueilli. Si l\u0026rsquo;allure du souffle s\u0026rsquo;éparpille, il n\u0026rsquo;y a plus de retenue et le corps se désordonne facilement. Il faut faire que le souffle se recueille jusque dans les os, que la respiration devienne pénétrante et subtile, sans interruption dans tout le corps. L\u0026rsquo;inspiration est fermeture et réserve ; l\u0026rsquo;expiration est ouverture et émission. (Dans la forme du souffle inné, inspirer ouvre et expirer ferme ; dans l\u0026rsquo;usage du souffle acquis, inspirer ferme et expirer ouvre.) Car en inspirant on soulève naturellement, et l\u0026rsquo;on peut aussi soulever l\u0026rsquo;autre ; en expirant on descend naturellement, et l\u0026rsquo;on peut aussi projeter l\u0026rsquo;autre. C\u0026rsquo;est mouvoir le souffle par l\u0026rsquo;intention, non par la force.\nQuatrièmement, le jin entier. Le jin de tout le corps, travaillé, devient une seule famille ; le vide et le plein bien distingués. L\u0026rsquo;émission du jin doit avoir une racine : le jin part du talon, est gouverné par la taille, se manifeste dans les doigts, s\u0026rsquo;émet par l\u0026rsquo;épine dorsale. Il faut aussi soulever toute sa vigueur d\u0026rsquo;esprit : au moment où le jin de l\u0026rsquo;autre va sortir sans être encore émis, mon jin a déjà rejoint le sien, ni trop tôt ni trop tard, comme le feu qui prend à la peau, comme la source qui jaillit. Avancer, reculer, sans le moindre désordre ; chercher la droite dans la courbe, réserver puis émettre : alors chaque mouvement porte son fruit. C\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « emprunter la force pour frapper l\u0026rsquo;homme, quatre onces déplacent mille livres ».\nCinquièmement, l\u0026rsquo;esprit concentré. Quand les quatre précédents sont réunis, tout se ramène à l\u0026rsquo;esprit concentré. L\u0026rsquo;esprit concentré, le souffle est fondu d\u0026rsquo;un seul coup, le souffle travaillé retourne à l\u0026rsquo;esprit ; l\u0026rsquo;allure du souffle est mobile, la vigueur d\u0026rsquo;esprit est tendue. L\u0026rsquo;ouverture et la fermeture ont leurs nombres ; le vide et le plein sont clairs : la gauche vide, la droite pleine ; la droite vide, la gauche pleine. (Cela concerne le vide et le plein de son propre corps.) Le vide n\u0026rsquo;est pas l\u0026rsquo;absence totale de force (il vaudrait mieux dire : d\u0026rsquo;intention) — l\u0026rsquo;allure du souffle doit rester mobile ; le plein n\u0026rsquo;est pas l\u0026rsquo;occupation totale — la vigueur d\u0026rsquo;esprit doit rester tendue. La force s\u0026rsquo;emprunte à l\u0026rsquo;autre, le souffle s\u0026rsquo;émet par l\u0026rsquo;épine dorsale. Comment le souffle s\u0026rsquo;émet-il par l\u0026rsquo;épine ? Le souffle descend, se recueille des deux épaules dans la colonne, et se concentre dans les reins : ce souffle qui va de haut en bas s\u0026rsquo;appelle fermeture. Puis, des reins, il se manifeste dans la colonne, se répand dans les deux bras et s\u0026rsquo;applique aux doigts : ce souffle qui va de bas en haut s\u0026rsquo;appelle ouverture. Fermer, c\u0026rsquo;est recueillir ; ouvrir, c\u0026rsquo;est lâcher. Qui comprend l\u0026rsquo;ouverture et la fermeture connaît le yin et le yang. Parvenu à ce point, chaque jour de travail affine la technique d\u0026rsquo;un jour, jusqu\u0026rsquo;à faire ce que le cœur désire, sans rien qui ne réponde.\nIl y a encore le Secret de l\u0026rsquo;émission en quatre phrases. Premièrement, soulever : soulever le corps de l\u0026rsquo;autre en empruntant sa force — il y a là le caractère ling (agile). Deuxièmement, attirer : attirer l\u0026rsquo;autre devant soi, et alors seulement le jin se réserve — il y a là le caractère lian (recueilli). Troisièmement, relâcher : relâcher mon jin sans le laisser ployer — il y a là le caractère jing (calme). Quatrièmement, lâcher : au moment de lâcher, la taille et les pieds reconnaissent le vrai — il y a là le caractère zheng (entier). Tout ce qui précède vient de M. Li Yiyu, et c\u0026rsquo;est aussi fort essentiel.\n問二人比手之時。究以身壯力大為占便宜。然否。\nQuestion. — Quand deux hommes se mesurent, celui qui est fort de corps et grand de force a-t-il vraiment l\u0026rsquo;avantage ?\n答二人比手。亦猶用兵。多算勝少算。無算者雖勇必敗。比手則意多者勝。無意者敗。蓋彼用之力。我知之甚悉。我用之意。虛實無定。奇正相生。一意方過二意又發。二意方過。三意又發。老子所謂一生二。二生三。三生萬物。變化無窮。喜用力者。必為力所拘。不能隨時隨處變化。用意者。屈伸自由。縱橫莫測。機至發動。如電光之閃炸彈之發。彼雖跌出。尚不知所以然。此意之勝於力無疑也。\nRéponse. — Deux hommes qui se mesurent, c\u0026rsquo;est comme faire la guerre : qui calcule beaucoup l\u0026rsquo;emporte sur qui calcule peu ; qui ne calcule pas, si brave soit-il, est vaincu. Au combat, celui qui a beaucoup d\u0026rsquo;intention gagne, celui qui n\u0026rsquo;en a pas perd. Car la force qu\u0026rsquo;il emploie, je la connais fort bien ; et l\u0026rsquo;intention que j\u0026rsquo;emploie n\u0026rsquo;a ni vide ni plein fixes : l\u0026rsquo;ordinaire et le surprenant s\u0026rsquo;engendrent l\u0026rsquo;un l\u0026rsquo;autre. Une intention vient de passer, une deuxième se déclenche ; la deuxième vient de passer, une troisième se déclenche. Comme dit Laozi : « Un engendre deux, deux engendre trois, trois engendre les dix mille êtres » — les variations sont sans fin. Qui aime la force est nécessairement prisonnier de la force, incapable de varier selon le temps et le lieu. Qui use de l\u0026rsquo;intention fléchit et s\u0026rsquo;étend librement, imprévisible dans tous les sens ; l\u0026rsquo;occasion venue, il se déclenche comme l\u0026rsquo;éclair qui brille, comme la bombe qui éclate : l\u0026rsquo;autre est projeté sans même savoir pourquoi. Que l\u0026rsquo;intention l\u0026rsquo;emporte sur la force, il n\u0026rsquo;y a pas de doute.\n問推手聽勁。（知覺對方用力之方向長短。謂之聽勁。）祇用兩臂。他處亦須聽勁否。\nQuestion. — Dans la poussée des mains, l\u0026rsquo;écoute du jin (percevoir la direction et la longueur de la force de l\u0026rsquo;autre, voilà ce qu\u0026rsquo;on appelle écouter le jin) n\u0026rsquo;emploie-t-elle que les deux bras ? Faut-il aussi écouter le jin ailleurs ?\n答聽勁功夫。先練習兩臂。久而久之。全身皆須練習聽勁。粘在何處。其處皆有知覺。皆能懂勁。敵掌或拳。挨近吾身。皆能化去其力。使之落空。方能謂之眞懂勁也。\nRéponse. — Le travail de l\u0026rsquo;écoute du jin s\u0026rsquo;exerce d\u0026rsquo;abord aux deux bras ; avec le temps, tout le corps doit l\u0026rsquo;exercer. Où que l\u0026rsquo;on colle, là doit être la perception, là doit se comprendre le jin. Quand la paume ou le poing de l\u0026rsquo;ennemi approche de mon corps, tout point sait neutraliser sa force et la faire tomber dans le vide : alors seulement on peut parler de vraiment comprendre le jin.\n問粘住敵人。一動手彼卽跌出。是用何法。\nQuestion. — Collé à l\u0026rsquo;ennemi, d\u0026rsquo;un seul geste il est projeté. Par quelle méthode ?\n答太極拳論云。有上卽有下。有前卽有後。有左卽有右。此三語最宜注意。所謂誘之以利。攻其不備者也。孫武子曰。備前則後寡。備後則前寡。備左則右寡。備右則左寡。無所不備。則無所不寡。寡者不備之意也。蓋備前則忘後。吾攻前正所以攻後。備左則忘右。吾攻左正所以攻右。與兵法正同矣。\nRéponse. — Le Discours sur le taiji quan dit : « S\u0026rsquo;il y a le haut, il y a le bas ; s\u0026rsquo;il y a l\u0026rsquo;avant, il y a l\u0026rsquo;arrière ; s\u0026rsquo;il y a la gauche, il y a la droite. » Ces trois phrases méritent la plus grande attention : c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « l\u0026rsquo;attirer par un profit, l\u0026rsquo;attaquer où il ne se garde pas ». Sunzi dit : « Garde l\u0026rsquo;avant, l\u0026rsquo;arrière est dégarni ; garde l\u0026rsquo;arrière, l\u0026rsquo;avant est dégarni ; garde la gauche, la droite est dégarnie ; garde la droite, la gauche est dégarnie ; garder partout, c\u0026rsquo;est être dégarni partout. » Dégarni veut dire non gardé. Car garder l\u0026rsquo;avant, c\u0026rsquo;est oublier l\u0026rsquo;arrière : attaquer l\u0026rsquo;avant, c\u0026rsquo;est justement attaquer l\u0026rsquo;arrière ; garder la gauche, c\u0026rsquo;est oublier la droite : attaquer la gauche, c\u0026rsquo;est justement attaquer la droite. C\u0026rsquo;est exactement l\u0026rsquo;art de la guerre.\n問不粘亦可聽勁否。\nQuestion. — Peut-on écouter le jin sans coller ?\n答亦或有此理。內家拳不外練精化氣。練氣化神。練神還虛。三種境界。若能練精化氣。則體魄堅剛。外力不入。若能練氣化神。則飛騰變化。意動形隨。若能練神還虛。則人我兩忘形神俱遣。至此境界。雖不粘而亦能制人矣。\nRéponse. — Il y a bien de cela. La boxe interne n\u0026rsquo;est rien d\u0026rsquo;autre que trois degrés : travailler l\u0026rsquo;essence pour la transformer en souffle, travailler le souffle pour le transformer en esprit, travailler l\u0026rsquo;esprit pour le ramener au vide. Si l\u0026rsquo;on sait transformer l\u0026rsquo;essence en souffle, le corps devient ferme et dur, la force extérieure n\u0026rsquo;y entre pas. Si l\u0026rsquo;on sait transformer le souffle en esprit, on s\u0026rsquo;élève et l\u0026rsquo;on varie : l\u0026rsquo;intention bouge et la forme suit. Si l\u0026rsquo;on sait ramener l\u0026rsquo;esprit au vide, autrui et moi sont oubliés l\u0026rsquo;un et l\u0026rsquo;autre, la forme et l\u0026rsquo;esprit sont également abandonnés. Parvenu à ce degré, on peut maîtriser l\u0026rsquo;autre sans même coller.\n問八卦掌步行圜式。移步換形。變化無窮。不知太極亦有圓轉之步法否。\nQuestion. — La marche circulaire du bagua zhang, déplaçant le pas et changeant de forme, varie sans fin. Le taiji a-t-il aussi des pas qui tournent en rond ?\n答昔楊少侯先生。曾敎余二人右手相粘。由下往上畫一圓圈。兩人之步。亦作圓形向右旋轉。右步在內。一起一落。仍在原處。左步前邁。步落地極輕。所謂邁步如猫形者是也。左手相粘。則左步在內。右步前邁。向左旋轉。此係二人粘手練習。聽勁之意。亦在其內。而移步換形。步法之變法。與八卦無異。\nRéponse. — Jadis M. Yang Shaohou m\u0026rsquo;enseigna ceci : deux personnes collent leurs mains droites et tracent un cercle de bas en haut, pendant que les pas, eux aussi, décrivent un cercle en tournant vers la droite : le pied droit est à l\u0026rsquo;intérieur, se lève et se pose, toujours à la même place ; le pied gauche avance, et le pas se pose extrêmement léger — c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « avancer comme le chat ». Si l\u0026rsquo;on colle les mains gauches, le pied gauche est à l\u0026rsquo;intérieur, le droit avance, et l\u0026rsquo;on tourne vers la gauche. C\u0026rsquo;est un exercice de mains collées à deux, où l\u0026rsquo;écoute du jin est aussi contenue ; et le déplacement du pas changeant la forme, les variations du jeu de pieds, ne diffèrent en rien du bagua.\n問黃百家內家拳法有應敵打法色名若干。如長拳滾砍。分心十字。擺肘逼門。迎風鐵扇。異物投先。推肘捕陰。彎心杵肘。舜子投井。剪腕點節。紅霞貫日。烏雲掩月。猿猴獻菓。綰肘裹靠。仙人照掌。彎弓大步。兌換抱月。左右揚鞭。鐵門閃。柳穿魚。滿肚疼。連技箭。一提金。雙架筆。金剛跌。雙推窗。順牽羊。亂抽麻。燕抬腮。虎抱頭。四把腰等名目。今之太極拳。亦有之否。\nQuestion. — Les Méthodes de boxe interne de Huang Baijia énumèrent des techniques de combat aux noms colorés : poing long et tranchant roulé, croix qui fend le cœur, coude balancé qui force la porte, éventail de fer contre le vent, lâcher pour jeter d\u0026rsquo;abord, pousser le coude et saisir le bas-ventre, poitrine creusée et pilon du coude, Shun jeté dans le puits, cisailler le poignet et frapper les articulations, nuage rouge perçant le soleil, nuage noir voilant la lune, le singe offre un fruit, enrouler le coude et s\u0026rsquo;envelopper pour s\u0026rsquo;appuyer, l\u0026rsquo;immortel montre sa paume, grand pas de l\u0026rsquo;arc bandé, échanger pour étreindre la lune, lever le fouet à gauche et à droite, la porte de fer qui claque, le saule enfile le poisson, ventre plein de douleur, flèches enchaînées, soulever une once d\u0026rsquo;or, tenir le pinceau à deux mains, la chute du vajra, pousser la fenêtre à deux mains, tirer le mouton, tirer le chanvre en désordre, l\u0026rsquo;hirondelle relève la joue, le tigre serre sa tête, saisir la taille des quatre côtés, et ainsi de suite. Le taiji quan d\u0026rsquo;aujourd\u0026rsquo;hui a-t-il cela aussi ?\n答此皆用法之名。太極拳用法。聽人之勁。隨機應變。本無定法。昔時以形之近似而假以名。歷時旣久。未敢强解以說。然其用法。未必盡失其傳也。其要為敬緊徑勁切五字。敬者。時時留意。不敢散漫也。緊者。卽粘連逼緊之意也。徑者。近也。用最近捷之法也。勁者。堅剛之意。極柔軟然後極堅剛也。切者。相密切而不丢離也。\nRéponse. — Ce sont là des noms d\u0026rsquo;emplois. L\u0026rsquo;emploi dans le taiji quan, c\u0026rsquo;est écouter le jin de l\u0026rsquo;autre et répondre selon les circonstances ; il n\u0026rsquo;y a point de méthode fixe. Jadis, on prêtait des noms d\u0026rsquo;après la ressemblance des formes ; le temps a passé, je n\u0026rsquo;ose forcer l\u0026rsquo;explication. Pourtant l\u0026rsquo;usage n\u0026rsquo;en est pas nécessairement perdu : l\u0026rsquo;essentiel tient en cinq caractères — jing (respectueux), jin (serré), jing (direct), jin (ferme), qie (collé). Respectueux : être attentif à chaque instant, ne pas se laisser aller. Serré : l\u0026rsquo;intention de coller, de s\u0026rsquo;enchaîner et de presser. Direct : le proche, employer la méthode la plus courte et la plus rapide. Ferme : l\u0026rsquo;idée de dureté — extrême souplesse, puis extrême fermeté. Collé : être intimement en contact, sans se détacher ni lâcher.\n問太極拳必求其柔。柔之利益何在。\nQuestion. — Le taiji quan exige absolument la souplesse. Quel en est le bénéfice ?\n答求其柔者。所以使全身能撤散而不連帶也。假如推其手。手動而肘不動。推其肘。肘動而肩不動。推其肩。肩動而身不動。推其身。身動而腰不動。推其腰。腰動而腿不動。故能穩如泰山。若放人之時。則又由脚而腿而腰而身而肩而肘而手連為一氣。故能去如放箭。若不能柔。全身成一整物。力雖大。然更遇力大於我者。推其一處。則全身皆立不穩矣。柔之功用豈不大哉。故能整能散。能柔能剛。能進能退。能虛能實。乃太極拳之妙用也。\nRéponse. — Chercher la souplesse, c\u0026rsquo;est faire que le corps entier puisse se défaire, chaque partie sans entraîner l\u0026rsquo;autre. Supposez qu\u0026rsquo;on pousse sa main : la main bouge et le coude ne bouge pas ; qu\u0026rsquo;on pousse son coude : le coude bouge et l\u0026rsquo;épaule ne bouge pas ; qu\u0026rsquo;on pousse son épaule : l\u0026rsquo;épaule bouge et le corps ne bouge pas ; qu\u0026rsquo;on pousse son corps : le corps bouge et la taille ne bouge pas ; qu\u0026rsquo;on pousse sa taille : la taille bouge et la jambe ne bouge pas. Aussi peut-il être stable comme le mont Tai. Mais quand il projette l\u0026rsquo;autre, du pied à la jambe, à la taille, au corps, à l\u0026rsquo;épaule, au coude, à la main, tout s\u0026rsquo;enchaîne en un seul souffle : l\u0026rsquo;autre part comme une flèche qu\u0026rsquo;on décoche. Si l\u0026rsquo;on ne peut être souple, le corps entier devient un seul bloc : la force peut être grande, mais si l\u0026rsquo;on rencontre plus fort que soi et qu\u0026rsquo;on pousse un seul endroit, tout le corps perd l\u0026rsquo;équilibre. La fonction de la souplesse n\u0026rsquo;est-elle pas grande ? Savoir s\u0026rsquo;unir et savoir se défaire, savoir être souple et savoir être ferme, savoir avancer et savoir reculer, savoir être vide et savoir être plein : voilà l\u0026rsquo;usage merveilleux du taiji quan.\n問太極拳不用抵抗力。何以推不能動。\nQuestion. — Le taiji quan n\u0026rsquo;use pas de force de résistance ; comment se fait-il qu\u0026rsquo;on ne puisse pas le faire bouger en le poussant ?\n答太極拳雖不用抵抗力。然不用力而練出之掤勁。極為圓滿。不但兩臂有之。全身處處皆有。故功夫深者。彼雖有時不用化勁。而亦推之不動。其抵抗力實為極大。此非有意之抵抗。所謂重如泰山者是也。\nRéponse. — Bien que le taiji quan n\u0026rsquo;use pas de force de résistance, le jin de peng travaillé sans force est extrêmement rond et plein : il n\u0026rsquo;est pas seulement dans les deux bras, il est en chaque point du corps. Aussi, chez qui a un travail profond, même sans employer parfois le jin de neutralisation, on ne le fait pas bouger en le poussant ; sa force de résistance est en réalité très grande, mais ce n\u0026rsquo;est pas une résistance volontaire : c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « lourd comme le mont Tai ».\n問有時用力推之。而覺無有何耶。\nQuestion. — Parfois on pousse de toutes ses forces et l\u0026rsquo;on sent comme rien. Pourquoi ?\n答。此卽是化勁。能不丢不頂。其長短緩急均與來者適合。如捕風捉影。處處落空。看是甚輕。而不知乃是提起全付精神。運用腰腿。所謂輕如鴻毛者是也。\nRéponse. — C\u0026rsquo;est le jin de neutralisation. Sans se détacher ni s\u0026rsquo;opposer, on accorde longueur et vitesse à ce qui vient : comme saisir le vent, attraper l\u0026rsquo;ombre, tout tombe dans le vide. Cela paraît fort léger, et l\u0026rsquo;on ne sait pas que c\u0026rsquo;est soulever toute sa vigueur d\u0026rsquo;esprit et mettre en œuvre la taille et les jambes : c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « léger comme une plume ».\n問推手之拿法如何。\nQuestion. — Qu\u0026rsquo;en est-il des saisies dans la poussée des mains ?\n答太極之拿。並非用大力按住。使之不能動也。其原理有三。一所拿之直綫方向。能背住對方之力。不能用力翻過。二對方之力雖大。我不與抵抗。略隨之起。轉一圓圈。則彼力自斷。復隨我之曲綫而轉至原處。不能翻過。此皆含有幾何及力學之理。三內勁充足。雖輕輕粘住。對方亦不能動。一二法也。三勁也。知法而無勁。有勁而不知法。皆不能拿人。皆不可缺者也。\nRéponse. — La saisie du taiji ne consiste pas à maintenir l\u0026rsquo;autre par une grande force pour l\u0026rsquo;empêcher de bouger. Ses principes sont au nombre de trois. Premièrement, saisir selon la ligne droite de la direction de l\u0026rsquo;autre peut tourner le dos à sa force : il ne peut la retourner par la force. Deuxièmement, même si la force de l\u0026rsquo;autre est grande, je ne lui résiste pas ; je la suis un peu en la soulevant et en tournant un cercle : sa force se coupe d\u0026rsquo;elle-même, puis suit ma courbe et revient à la place d\u0026rsquo;origine, sans pouvoir se retourner. Ces deux cas contiennent des principes de géométrie et de mécanique. Troisièmement, si le jin interne est en abondance, même en collant tout doucement, l\u0026rsquo;autre ne peut bouger. Les deux premiers sont des méthodes, le troisième est du jin. Connaître la méthode sans le jin, ou avoir le jin sans connaître la méthode : dans les deux cas on ne peut saisir l\u0026rsquo;autre. Les deux sont indispensables.\n問太極拳論云。捨已從人。豈自毫不作主張乎。\nQuestion. — Le Discours sur le taiji quan dit : « Abandonner soi-même pour suivre l\u0026rsquo;autre. » Ne prend-on donc absolument aucune initiative ?\n答論所謂捨已從人者。卽老子所謂與之為取也。隨彼之長短。則視我之功夫之大小。功夫小者。則隨之必長。必俟其力盡後。方能回擊。功夫漸大者。則隨之亦可漸短。俟其力之半途斷時。卽可回擊。功夫愈大者。則隨之極微。彼力已斷。卽可回擊。有時粘住。彼力竟不能發出。卽可放勁。則不必從人。而自作主張矣。\nRéponse. — Ce que le Discours appelle « abandonner soi pour suivre l\u0026rsquo;autre », c\u0026rsquo;est ce que Laozi appelle « donner pour recevoir ». La longueur du suivi dépend de la grandeur de mon travail. Si le travail est petit, on suit nécessairement longtemps et l\u0026rsquo;on doit attendre que sa force soit épuisée pour frapper en retour. Si le travail croît, le suivi peut raccourcir : on attend que sa force se rompe à mi-course pour frapper en retour. Plus le travail est grand, plus le suivi est minuscule : sa force rompue, on frappe aussitôt en retour. Parfois, collé, sa force ne peut même pas se déclencher : on projette alors son jin sans avoir à suivre l\u0026rsquo;autre — on prend soi-même l\u0026rsquo;initiative.\n問放勁時。沈着鬆淨。專主一方。是否全身之勁皆去。\nQuestion. — Quand on projette le jin, « s\u0026rsquo;enfoncer et se détendre net, se consacrer à une seule direction » : est-ce tout le jin du corps qui part ?\n答是。全身之勁去。故放之必遠。若只兩臂之勁。則有限矣。太極放人之勁極長。而功夫愈大者。則其動愈短。有時不見其動。而人已跌出。蓋其動雖短。其勁仍甚長也。\nRéponse. — Oui. Tout le jin du corps part, aussi la projection est-elle nécessairement lointaine. S\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;y avait que le jin des deux bras, ce serait limité. Le jin qui projette l\u0026rsquo;autre dans le taiji est extrêmement long ; et plus le travail est grand, plus le mouvement est court. Parfois on ne voit pas de mouvement et l\u0026rsquo;autre est déjà projeté : car, si court que soit le mouvement, le jin n\u0026rsquo;en reste pas moins très long.\n問太極拳論云。動中求靜靜猶動。如推手之時。動中如何求靜。\nQuestion. — Le Discours sur le taiji quan dit : « Dans le mouvement, chercher le calme ; dans le calme, il y a encore le mouvement. » Pendant la poussée des mains, comment chercher le calme dans le mouvement ?\n答推手與人相粘。隨人轉動。動之中須有靜意。如動中無靜。是為流動。則動必不能穩。假使敵人乘我之動而放勁。流動必為人放出。動中有靜意。隨時能聽勁變化。不易為人放出。靜之中須有動意。如靜中無動。是為死靜。則靜必不能活。假使敵人乘我之靜而放勁。死靜必為人放出。靜中有動意。隨時能聽勁變化。不易為人放出。此最精之理也。\nRéponse. — Dans la poussée des mains, collé à l\u0026rsquo;autre, on tourne avec lui ; dans le mouvement il faut une intention de calme. Si le mouvement est sans calme, c\u0026rsquo;est du mouvement qui coule : le mouvement ne peut alors être stable, et si l\u0026rsquo;ennemi profite de mon mouvement pour projeter son jin, ce mouvement qui coule me fera projeter. Avec une intention de calme dans le mouvement, on peut à tout moment écouter les variations du jin : il n\u0026rsquo;est pas facile de me projeter. Dans le calme il faut une intention de mouvement. Si le calme est sans mouvement, c\u0026rsquo;est un calme mort : le calme ne peut alors être vivant, et si l\u0026rsquo;ennemi profite de mon calme pour projeter son jin, ce calme mort me fera projeter. Avec une intention de mouvement dans le calme, on peut à tout moment écouter les variations du jin : il n\u0026rsquo;est pas facile de me projeter. C\u0026rsquo;est là le principe le plus subtil.\n問推手掤捋擠按。用同一之法。有施之甲而能放出。施之乙不易放出。則又何故。\nQuestion. — Dans la poussée des mains, on emploie la même méthode de peng, lü, ji, an ; appliquée à A, elle le projette ; appliquée à B, elle ne le projette pas facilement. Pourquoi ?\n答此各人身體剛柔動作之性質不同也。有臂軟而腰硬者。臂硬而腰軟者。有臂腰俱軟者。有臂腰俱硬者。故用同一之法。而效則異。此則須舍其活動難放之處。打其不動易放之處。舍其活動難放之時。打其動完易放之時。則每發必中矣。\nRéponse. — C\u0026rsquo;est que la nature du corps de chacun — fermeté, souplesse, mouvement — diffère. Il y a le bras souple et la taille dure ; le bras dur et la taille souple ; le bras et la taille tous deux souples ; le bras et la taille tous deux durs. Aussi la même méthode a-t-elle des effets différents. Il faut alors laisser l\u0026rsquo;endroit qui s\u0026rsquo;agite et se projette difficilement, et frapper l\u0026rsquo;endroit immobile qui se projette facilement ; laisser le moment où il s\u0026rsquo;agite et se projette difficilement, et frapper le moment où son mouvement s\u0026rsquo;achève et se projette facilement. Chaque émission atteint alors sûrement.\n問何謂難放易放之處。\nQuestion. — Qu\u0026rsquo;appelle-t-on endroits difficiles ou faciles à projeter ?\n答譬如甲此處甚活。彼處不活。卽打其不活之處易放之處。\nRéponse. — Par exemple, si chez A tel endroit est fort mobile et tel autre ne l\u0026rsquo;est pas, on frappe l\u0026rsquo;endroit qui n\u0026rsquo;est pas mobile, celui qui se projette facilement.\n何謂難放易放之時。\nQuestion. — Qu\u0026rsquo;appelle-t-on moments difficiles ou faciles à projeter ?\n答譬如甲正動之時。方向已變。不得中心。是難放之時。此中心將過。得第二個中心。彼來不及變動。則是易放之時也。\nRéponse. — Par exemple, au moment où A est en mouvement, sa direction a déjà changé et l\u0026rsquo;on ne peut atteindre le centre : c\u0026rsquo;est un moment difficile à projeter. Quand ce centre va passer et qu\u0026rsquo;un second centre se présente, sans qu\u0026rsquo;il ait le temps de varier : c\u0026rsquo;est un moment facile à projeter.\n問何謂退中求進。\nQuestion. — Qu\u0026rsquo;appelle-t-on chercher l\u0026rsquo;avance dans la retraite ?\n答假使敵人進迫。我不能不退。然有時手臂粘住之處。隨彼之進而回屈者。而同時身步反往前伸進。彼力完時。我手隨腰放勁。則彼跌出更遠。\nRéponse. — Si l\u0026rsquo;ennemi presse en avant, je ne peux que reculer. Mais parfois, à l\u0026rsquo;endroit où le bras colle, on suit son avance en repliant le bras, tandis qu\u0026rsquo;en même temps le corps et le pas s\u0026rsquo;étirent au contraire en avant. Quand sa force s\u0026rsquo;épuise, ma main suit la taille et projette le jin : l\u0026rsquo;autre est projeté d\u0026rsquo;autant plus loin.\n問太極拳最要是不丢不頂。假使對方能聽勁。二人不丢不頂。則永遠不能將人放出。將如之何。\nQuestion. — L\u0026rsquo;essentiel du taiji quan est de ne pas se détacher et de ne pas s\u0026rsquo;opposer. Si l\u0026rsquo;autre sait écouter le jin et que tous deux ne se détachent ni ne s\u0026rsquo;opposent, on ne pourra jamais projeter l\u0026rsquo;autre. Que faire alors ?\n答假使對方兩臂均能聽勁。不能得其機會。而身上尚未能聽勁。忽然乘機丢斷。速往身上放勁。亦有時能將對方放出。所謂勁斷而意不斷也。\nRéponse. — Si les deux bras de l\u0026rsquo;autre savent écouter le jin, on ne peut trouver d\u0026rsquo;occasion ; mais si son corps ne sait pas encore écouter le jin, on peut, saisissant l\u0026rsquo;occasion, rompre soudain le contact et projeter vite son jin sur son corps : parfois l\u0026rsquo;on projette l\u0026rsquo;autre ainsi. C\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « le jin se rompt, l\u0026rsquo;intention ne se rompt pas ».\n問前言不粘之時。亦能聽勁。其情形如何。\nQuestion. — Vous avez dit plus haut que sans coller on peut aussi écouter le jin. Dans quelles circonstances ?\n答粘住。人不能將我打出。是能聽粘住之勁。不粘住。人卽能將我打出。是不能聽不粘住之勁。不粘住之勁。亦要能聽。無論不防之時。人不能將我打出。則是功夫純到而能聽不粘住之勁也。\nRéponse. — Collé, l\u0026rsquo;autre ne peut me faire sortir : c\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;on sait écouter le jin en collant. Sans coller, l\u0026rsquo;autre peut me faire sortir : c\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;on ne sait pas écouter le jin sans coller. Il faut aussi savoir écouter le jin sans coller : quand, même au moment où l\u0026rsquo;on ne se garde pas, l\u0026rsquo;autre ne peut me faire sortir, c\u0026rsquo;est que le travail est pur et achevé, et que l\u0026rsquo;on sait écouter le jin sans coller.\nIV. Les techniques libres 問太極拳之散手。如何用法。\nQuestion. — Comment employer les techniques libres du taiji quan ?\n答太極拳七十餘式。均是散手。旣有散手。何必又習推手之法。蓋太極拳散手之變化。均由推手聽勁而來。能聽勁則散手方能用之而適當。若不粘住敵人。不知聽勁。則用散手。亦猶外家拳之格打。未必着着適當也。太極拳論云。由着熟而漸悟懂勁。（着卽是散手）由懂勁而階及神明。可見着熟是第一層功夫。懂勁是第二層功夫。着熟不難。懂勁最難。譬如敵人打一拳來。若不先粘住。則不能聽人勁之。不能聽人勁之。則不能或左或右或高或低或進或退。而施用散手。旣粘住之後。若敵人手往上起。則亦隨之而起。卽可以左手擊其胸部。若敵人手往下落。則隨之下落。以左手擊其面部。若敵人手往前進。勁偏於左。則隨之向左化去其力。卽可分手。以左手粘之。騰出右手擊其頭部。勁偏于右。則隨之向右化去其力。以左手擊其頭部。或肩部。若敵人抽拳。則趁勢向前放勁。此略言其大槪也。總之太極之散手。與他種拳之散手不同。太極拳之散手。是由粘住聽勁而出。他種拳之散手。是離開而各施其手脚。遠則彼此不相及。近身則互相抱扭。仍有力者勝焉。許君禹生所作太極拳勢圖解。每式之後。均附以應用。甚為詳細。余曾叩之楊澄甫先生。云太極拳術。若將散手用法加入。則更備矣。先生曰。太極拳散手。隨機應變。無一定法。若會聽勁。則聞一知百。若不會聽勁。雖知多法。亦用不好。故余所著之書。未將散手加入也。孫武子曰。知己知彼。後人發。先人至。太極聽勁。全是知彼功夫。能粘住敵人。彼不動。我不動。彼微動。我先動。彼不會聽勁。一動卽跌出矣。若太極拳聽勁功夫尚不能到。不能粘住敵人。則不必與人動手可也。\nRéponse. — Les soixante-dix postures du taiji quan sont toutes des techniques libres. Puisqu\u0026rsquo;il y a les techniques libres, pourquoi faut-il encore pratiquer la poussée des mains ? Parce que les variations des techniques libres du taiji quan viennent toutes de l\u0026rsquo;écoute du jin acquise dans la poussée des mains. Quand on sait écouter le jin, les techniques libres s\u0026rsquo;emploient à propos ; si l\u0026rsquo;on ne colle pas à l\u0026rsquo;ennemi et que l\u0026rsquo;on ne sait pas écouter le jin, employer les techniques libres revient aux blocages et frappes de la boxe externe : chaque technique ne tombe pas forcément juste. Le Discours sur le taiji quan dit : « Par la maîtrise des techniques, on comprend peu à peu le jin (les techniques, ce sont précisément les techniques libres) ; du jin compris, on s\u0026rsquo;élève par degrés jusqu\u0026rsquo;à la clarté spirituelle. » On voit que la maîtrise des techniques est la première couche de travail, la compréhension du jin la seconde. Maîtriser les techniques n\u0026rsquo;est pas difficile ; comprendre le jin est le plus difficile. Par exemple, l\u0026rsquo;ennemi lance un poing : si l\u0026rsquo;on ne colle pas d\u0026rsquo;abord, on ne peut écouter son jin ; sans écouter son jin, on ne peut ni aller à gauche ni à droite, ni en haut ni en bas, ni avancer ni reculer pour employer les techniques libres. Une fois collé : si la main de l\u0026rsquo;ennemi monte, on monte avec elle et l\u0026rsquo;on peut frapper sa poitrine de la main gauche ; si sa main descend, on descend avec elle et l\u0026rsquo;on frappe son visage de la main gauche ; si sa main avance avec le jin incliné à gauche, on suit vers la gauche pour neutraliser sa force, puis on écarte les mains, colle de la gauche et dégage la droite pour frapper sa tête ; si le jin incline à droite, on suit vers la droite pour neutraliser sa force et l\u0026rsquo;on frappe sa tête ou son épaule de la main gauche ; si l\u0026rsquo;ennemi retire son poing, on profite de l\u0026rsquo;élan pour projeter le jin en avant. Voilà l\u0026rsquo;idée générale. En un mot, les techniques libres du taiji diffèrent de celles des autres boxeurs : celles du taiji naissent du collage et de l\u0026rsquo;écoute ; celles des autres styles s\u0026rsquo;exercent à distance, chacun usant de ses mains et de ses pieds — de loin ils ne s\u0026rsquo;atteignent pas, de près ils se saisissent et se débattent, et le plus fort gagne encore. Xu Yusheng, dans son Explication illustrée des postures du taiji quan, a joint à chaque posture une application fort détaillée. J\u0026rsquo;interrogeai un jour M. Yang Chengfu : si l\u0026rsquo;on ajoutait les emplois des techniques libres à l\u0026rsquo;Art du taiji quan, ne serait-il pas plus complet ? Il répondit : « Les techniques libres du taiji quan répondent aux circonstances ; il n\u0026rsquo;y a pas de méthode fixe. Qui sait écouter le jin entend une chose et en connaît cent ; qui ne sait pas écouter le jin, même s\u0026rsquo;il connaît beaucoup de méthodes, ne les emploie pas bien. » C\u0026rsquo;est pourquoi je n\u0026rsquo;ai pas ajouté les techniques libres dans mon livre. Sunzi dit : « Connais-toi toi-même et connais l\u0026rsquo;autre ; pars après l\u0026rsquo;autre, arrive avant lui. » L\u0026rsquo;écoute du jin du taiji est tout entière l\u0026rsquo;art de connaître l\u0026rsquo;autre : collé à l\u0026rsquo;ennemi, s\u0026rsquo;il ne bouge pas, je ne bouge pas ; s\u0026rsquo;il bouge à peine, je bouge le premier. Qui ne sait pas écouter le jin est projeté dès qu\u0026rsquo;il bouge. Si l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;a pas encore atteint l\u0026rsquo;écoute du jin du taiji, si l\u0026rsquo;on ne peut coller à l\u0026rsquo;ennemi, il vaut mieux ne pas engager le combat du tout.\n問若遇他派拳家。手脚極快。一時不能粘住。將奈之何。\nQuestion. — Si l\u0026rsquo;on rencontre un boxeur d\u0026rsquo;une autre école, aux mains et aux pieds extrêmement rapides, sans pouvoir le coller d\u0026rsquo;emblée, que faire ?\n答他派拳。均以離開見長。然離開過遠。亦不能打上吾身。若欲打上吾身。必係手足能相及之處。彼近吾身。則吾可粘之矣。粘住之後。則可聽彼之勁。急動則急應。緩動則緩隨。若遇此時。不可膽小。急進身粘之。粘住則無危險。不粘則彼可得勢矣。\nRéponse. — Les autres écoles excellent à combattre à distance. Mais s\u0026rsquo;il est trop loin, il ne peut pas non plus m\u0026rsquo;atteindre ; pour m\u0026rsquo;atteindre, il faut que ses mains ou ses pieds arrivent à portée. Dès qu\u0026rsquo;il approche de mon corps, je peux le coller. Une fois collé, je peux écouter son jin : mouvement pressé, réponse pressée ; mouvement lent, suivi lent. En ce moment, il ne faut pas être poltron : avancez d\u0026rsquo;un coup pour coller. Collé, point de danger ; sans coller, il prend l\u0026rsquo;avantage.\n問二人粘手聽勁之功夫略等。亦能施用散手否。\nQuestion. — Si deux hommes collent et que leurs travaux d\u0026rsquo;écoute du jin sont à peu près égaux, peuvent-ils employer les techniques libres ?\n答此則不易施用。蓋俱能聽勁。則不使之脫離故也。若一方能丢離而施用散手。則其功夫必較深。故精於太極者。粘住人。則對方決難以施其散手。故粘手之功夫。至為重要。而不可輕視之也。\nRéponse. — Cela n\u0026rsquo;est pas facile à employer : si tous deux savent écouter le jin, chacun empêche l\u0026rsquo;autre de se détacher. Si l\u0026rsquo;un des deux parvient à se détacher et à employer ses techniques libres, son travail est nécessairement plus profond. Aussi, qui est expert en taiji, en collant à l\u0026rsquo;autre, rend-il ses techniques libres décidément difficiles à employer. Le travail des mains collées est donc capital ; on ne doit pas le mépriser.\nApplications des postures 問攬雀尾之用法如何。\nQuestion. — Comment employer « attraper le moineau par la queue » ?\n答敵如右拳打來。我以右手粘之。敵如又用左拳打來。則左手粘其手腕。進右步。如右步本在前。則不必進。以右臂捋之。彼如向後奪。則趁其奪勁擠之。或按之。看其形勢如何而應用之可也。\nRéponse. — Si l\u0026rsquo;ennemi frappe du poing droit, je colle de la main droite ; s\u0026rsquo;il frappe encore du poing gauche, je colle son poignet de la main gauche, j\u0026rsquo;avance le pied droit (s\u0026rsquo;il est déjà devant, inutile d\u0026rsquo;avancer) et je le roule du bras droit. S\u0026rsquo;il se dégage en arrière, je profite de son élan de dégagement pour presser ou pousser. Selon la tournure des choses, on applique ce qu\u0026rsquo;il faut.\n問單鞭之用法如何。\nQuestion. — Comment employer le « fouet unique » ?\n答單鞭之用。係應付左右兩面之敵。有時亦用雙掌。\nRéponse. — Le fouet unique sert à faire face à des ennemis venant des deux côtés. Parfois on y emploie aussi les deux paumes.\n問吊手有何用。\nQuestion. — À quoi sert la main crochet ?\n答吊手是捲勁。用時先以指。繼以手指之骨節。繼以手背。繼以腕骨。如輪之向前向下轉動。\nRéponse. — La main crochet est un jin d\u0026rsquo;enroulement. En l\u0026rsquo;employant, on use d\u0026rsquo;abord des doigts, puis des articulations des doigts, puis du dos de la main, puis des os du poignet, comme une roue qui tourne vers l\u0026rsquo;avant et vers le bas.\n問提手用法。\nQuestion. — Comment employer « lever les mains » ?\n答我進右拳或右掌時。敵若以右手下按我之右腕。則隨其按勁而下鬆。以左手分其右手。騰出右手由下而上提。由腹而胸而下頦而鼻。此向上之提勁也。\nRéponse. — Quand j\u0026rsquo;avance le poing droit ou la paume droite, si l\u0026rsquo;ennemi presse mon poignet droit de sa main droite, je me relâche vers le bas en suivant sa pression, j\u0026rsquo;écarte sa main droite de la main gauche, et ma main droite dégagée remonte de bas en haut : du ventre à la poitrine, au menton, au nez. C\u0026rsquo;est le jin de levée vers le haut.\n問白鶴亮翅用法。\nQuestion. — Comment employer « la grue blanche déploie ses ailes » ?\n答我進右掌或右拳。敵若以左手往下按我右腕。以右拳回擊。則吾右手隨其下按之勁而下鬆。以左手粘其右拳。略往下採。右手從右邊旋轉而上。以手背擊其太陽穴。此名為反珠掌。\nRéponse. — Quand j\u0026rsquo;avance la paume droite ou le poing droit, si l\u0026rsquo;ennemi presse mon poignet droit de sa main gauche et riposte du poing droit, ma main droite se relâche vers le bas en suivant sa pression, ma main gauche colle son poing droit et le cueille un peu vers le bas, et ma main droite remonte en tournant par le côté droit pour frapper sa tempe du dos de la main. Cela s\u0026rsquo;appelle la « paume qui retourne la perle ».\n問摟膝抝步用法。\nQuestion. — Comment employer « brosser le genou en pas croisé » ?\n答敵擊右拳。我以左手往外摟。以右掌擊其胸部。反之敵若擊左拳。我以右手往外摟。以左手擊其胸部亦可。\nRéponse. — L\u0026rsquo;ennemi frappe du poing droit : je brosse vers l\u0026rsquo;extérieur de la main gauche et frappe sa poitrine de la paume droite. Inversement, s\u0026rsquo;il frappe du poing gauche, je brosse vers l\u0026rsquo;extérieur de la main droite et frappe sa poitrine de la main gauche : c\u0026rsquo;est possible aussi.\n問手揮琶琵用法。\nQuestion. — Comment employer « jouer du pipa » ?\n答敵若以右拳打來。其臂甚直。我以右掌接其腕。以左掌接其肘。往右用腰勁。兩掌相錯。則彼之臂必受傷。若勁整時。則肘處之骨節或斷也。此卽捋勁。亦謂之撅勁。\nRéponse. — Si l\u0026rsquo;ennemi frappe du poing droit, le bras fort tendu, je reçois son poignet de la paume droite et son coude de la paume gauche ; vers la droite, usant du jin de la taille, les deux paumes se croisent en sens contraires : son bras est nécessairement blessé. Si le jin est entier, l\u0026rsquo;articulation du coude peut se rompre. C\u0026rsquo;est le jin du lü, qu\u0026rsquo;on appelle aussi jin qui casse.\n問進步搬攔錘用法。\nQuestion. — Comment employer « avancer, parer, bloquer et frapper du poing » ?\n答敵若以右拳打我胸部或腹部。則以右拳由上往下接按其腕。手心向上。以左掌擊其面部。彼若以左手接吾左掌。則速以右拳擊其腹部或胸部。卽所謂緊三錘也。\nRéponse. — Si l\u0026rsquo;ennemi frappe du poing droit ma poitrine ou mon ventre, je fais descendre mon poing droit de haut en bas pour recevoir et presser son poignet, paume vers le haut, et je frappe son visage de la paume gauche. S\u0026rsquo;il reçoit ma paume gauche de sa main gauche, je frappe vite son ventre ou sa poitrine du poing droit : c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle les « trois poings serrés ».\n問如封似閉用法。\nQuestion. — Comment employer « comme sceller et fermer » ?\n答我擊右拳時。彼若左手橫推吾肘。我則以左手由肘外接其腕。隨彼推勁而往右領。右手騰出適按其肘節。兩手齊按。則彼跌出矣。\nRéponse. — Quand je frappe du poing droit, s\u0026rsquo;il pousse mon coude de travers avec sa main gauche, je vais de l\u0026rsquo;extérieur du coude recevoir son poignet de la main gauche, je le conduis vers la droite en suivant sa poussée, ma main droite dégagée presse juste l\u0026rsquo;articulation de son coude ; les deux mains pressant ensemble, il est projeté.\n問十字手用法。\nQuestion. — Comment employer « les mains en croix » ?\n答此我兩手。粘住彼之兩手。有時欲用分勁或用合勁時用之。\nRéponse. — C\u0026rsquo;est quand mes deux mains collent aux deux siennes : on l\u0026rsquo;emploie quand on veut user du jin d\u0026rsquo;écartement ou du jin de rapprochement.\n問抱虎歸山用法。\nQuestion. — Comment employer « porter le tigre vers la montagne » ?\n答抱虎歸山乃應兩面敵法。故先分手。敵若由右面斜進來打。我卽以右手由上接粘之。以左掌擊其面部。設又有敵人由左面來攻。則轉身以單鞭擊之。楊少侯先生云。抱虎歸山。尚須下身抄虎之前後腿。蓋又一種練法也。\nRéponse. — « Porter le tigre vers la montagne » est une méthode pour répondre à des ennemis des deux côtés ; aussi commence-t-on par écarter les mains. Si un ennemi attaque en biais par la droite, je reçois et colle de la main droite par en haut et frappe son visage de la paume gauche. Si un autre ennemi attaque par la gauche, je me retourne et le frappe du fouet unique. M. Yang Shaohou disait que « porter le tigre vers la montagne » exigeait encore de baisser le corps pour saisir les pattes avant et arrière du tigre : c\u0026rsquo;est une autre façon de pratiquer.\n問肘下錘用法。\nQuestion. — Comment employer « le poing sous le coude » ?\n答此連環三手也。以右掌或拳橫擊敵之太陽穴。設敵以左手由外來隔。則抽回。藏左肘下。以左掌擊其面部。設彼又隔我左掌。則右掌由肘下擊其胸部。三手必有一中也。\nRéponse. — Ce sont trois mains enchaînées : je frappe de travers la tempe de l\u0026rsquo;ennemi de la paume droite ou du poing. S\u0026rsquo;il pare de la main gauche par l\u0026rsquo;extérieur, je retire ma main et la cache sous mon coude gauche, puis je frappe son visage de la paume gauche. S\u0026rsquo;il pare encore ma paume gauche, ma paume droite frappe sa poitrine en passant sous le coude. Des trois mains, une au moins atteint.\n問倒輦猴用法。\nQuestion. — Comment employer « reculer en chassant le singe » ?\n答敵若以右拳擊我胸部或腹部。則以左掌採其右腕。含胸坐後腿。以右掌擊其面部。敵若以左拳擊我胸部或腹部。則以右掌採其左腕。含胸坐後腿。以左掌擊其面部。\nRéponse. — Si l\u0026rsquo;ennemi frappe du poing droit ma poitrine ou mon ventre, je cueille son poignet droit de la paume gauche, creuse la poitrine et m\u0026rsquo;assieds sur la jambe arrière, puis je frappe son visage de la paume droite. S\u0026rsquo;il frappe du poing gauche, je cueille son poignet gauche de la paume droite, creuse la poitrine et m\u0026rsquo;assieds sur la jambe arrière, puis je frappe son visage de la paume gauche.\n問斜飛式用法。\nQuestion. — Comment employer « la posture du vol oblique » ?\n答吾擊右掌或右拳時。敵若以左手往右推吾右肘。則以左手從右肘採其左手。騰出右手。向其太陽處擊之。此卽挒勁也。\nRéponse. — Quand je frappe de la paume droite ou du poing droit, si l\u0026rsquo;ennemi pousse mon coude droit vers la droite de sa main gauche, je cueille sa main gauche depuis mon coude de la main gauche, je dégage ma main droite et je frappe sa tempe. C\u0026rsquo;est le jin du lie (fendre).\n問海底針用法。\nQuestion. — Comment employer « l\u0026rsquo;aiguille au fond de la mer » ?\n答敵若握吾右腕時。則用海底針式。彼卽不能得力。手必鬆散。\nRéponse. — Si l\u0026rsquo;ennemi saisit mon poignet droit, j\u0026rsquo;emploie la posture de l\u0026rsquo;aiguille au fond de la mer : il ne peut plus prendre de force et sa main doit se relâcher.\n問扇通臂用法。\nQuestion. — Comment employer « l\u0026rsquo;éventail à travers les bras » ?\n答敵握吾右腕。旣用海底針化去其力。彼若上奪。則順勢右手上抬。進左步以左掌擊其胸部。\nRéponse. — L\u0026rsquo;ennemi saisit mon poignet droit ; « l\u0026rsquo;aiguille au fond de la mer » a neutralisé sa force. S\u0026rsquo;il se dégage vers le haut, je suis l\u0026rsquo;élan en levant la main droite, j\u0026rsquo;avance le pied gauche et je frappe sa poitrine de la paume gauche.\n問撇身錘用法。\nQuestion. — Comment employer « le poing qui détourne le corps » ?\n答我用右肘擊敵。彼若以手下按。則隨其下接之力沈肘。以拳下擊其胸部。左掌擊其面部。此亦謂之筋斗錘。\nRéponse. — Je frappe l\u0026rsquo;ennemi du coude droit ; s\u0026rsquo;il presse vers le bas de la main, je suis sa force qui descend et enfonce le coude, puis je frappe sa poitrine du poing vers le bas et son visage de la paume gauche. Cela s\u0026rsquo;appelle aussi le « poing de la culbute ».\n問抎手用法。\nQuestion. — Comment employer « les mains qui ondulent » ?\n答抎手本為練腰之要式。兩手如輪。所以捋敵之手也。或敵由後面來擊。我轉腰以臂接之。翻掌擊其肩部。\nRéponse. — Les mains qui ondulent sont par nature une posture capitale pour travailler la taille ; les deux mains sont comme des roues, pour rouler la main de l\u0026rsquo;ennemi. Si l\u0026rsquo;ennemi attaque par derrière, je tourne la taille, reçois de l\u0026rsquo;avant-bras et retourne la paume pour frapper son épaule.\n問高探馬用法。\nQuestion. — Comment employer « scruter le cheval de haut » ?\n答敵擊右拳。我以左掌接之。以右手擊其面部。\nRéponse. — L\u0026rsquo;ennemi frappe du poing droit : je le reçois de la paume gauche et frappe son visage de la main droite.\n問右分脚用法。\nQuestion. — Comment employer le « coup de pied latéral droit » ?\n答敵若以左掌或拳來擊。吾進右步。以左手接其腕節。以右臂撅之。起右脚踢其腹部。敵若以右掌或拳來擊。吾進左步。以右手接其腕節。以左臂撅之。起左脚踢其腹部。\nRéponse. — Si l\u0026rsquo;ennemi attaque de la paume gauche ou du poing, j\u0026rsquo;avance le pied droit, je reçois son poignet de la main gauche, je le casse du bras droit, et je lève le pied droit pour lui donner dans le ventre. S\u0026rsquo;il attaque de la paume droite ou du poing, j\u0026rsquo;avance le pied gauche, je reçois son poignet de la main droite, je le casse du bras gauche, et je lève le pied gauche pour lui donner dans le ventre.\n問轉身蹬脚用法。\nQuestion. — Comment employer « se retourner et pousser du pied » ?\n答敵由後面來擊。則轉身分手擊其面部。隨以足蹬之。使之不能防也。以下蹬脚。大槪相同。\nRéponse. — L\u0026rsquo;ennemi attaque par derrière : je me retourne, j\u0026rsquo;écarte les mains, je frappe son visage et je pousse aussitôt du pied, pour qu\u0026rsquo;il ne puisse se garder. Pour les coups de pied deng qui suivent, c\u0026rsquo;est à peu près la même chose.\n問栽錘用法。\nQuestion. — Comment employer « le poing qui plonge » ?\n答設敵伏身以手擊吾下部或摟吾之左足。卽以左手摟開。以右拳下擊之。\nRéponse. — Si l\u0026rsquo;ennemi se baisse pour frapper mes parties basses de la main ou pour saisir mon pied gauche, je brosse sa main de la main gauche et je le frappe vers le bas du poing droit.\n問白蛇吐信用法。\nQuestion. — Comment employer « le serpent blanc qui darde sa langue » ?\n答與撇身錘相同。不過此用掌耳。\nRéponse. — C\u0026rsquo;est identique au « poing qui détourne le corps », si ce n\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;on y emploie la paume.\n問披身伏虎式用法。\nQuestion. — Comment employer « draper le corps, dompter le tigre » ?\n答敵雙手握我右臂。則右臂隨腰往下往右轉動。則可化彼之力。以左手握其右肘。騰出右手。可以遶上橫擊其頭部。如雙手握我左臂。則向左轉動。以右手握其左肘。騰出左手。遶上擊其頭部。或敵左手推吾右腕。吾以左手由臂下接其左腕。騰出右手。以拳擊其腰部。反之敵若右手推吾左腕。吾以右手由臂下接其左腕。騰出左手。以拳擊其腰部。惟兩足亦必隨勢而邁動。如練拳時之步式。\nRéponse. — Si l\u0026rsquo;ennemi saisit mon bras droit des deux mains, mon bras droit, suivant la taille, tourne vers le bas et la droite : je neutralise ainsi sa force ; je saisis son coude droit de la main gauche, je dégage ma main droite, qui peut contourner par le haut et frapper de travers sa tête. S\u0026rsquo;il saisit mon bras gauche des deux mains, je tourne vers la gauche, je saisis son coude gauche de la main droite, je dégage ma main gauche, qui contourne par le haut et frappe sa tête. Autre cas : l\u0026rsquo;ennemi pousse mon poignet droit de sa main gauche ; je reçois son poignet gauche de ma main gauche en passant sous le bras, je dégage ma main droite et je frappe sa taille du poing. Inversement, s\u0026rsquo;il pousse mon poignet gauche de sa main droite, je reçois son poignet gauche de ma main droite en passant sous le bras, je dégage ma main gauche et je frappe sa taille du poing. Seulement, les deux pieds doivent aussi se mouvoir selon la circonstance, comme le jeu des pas dans la pratique de la forme.\n問雙風貫耳用法。\nQuestion. — Comment employer « le double vent qui perce les oreilles » ?\n答設吾雙手前按時。敵以兩手下壓。則順勢由下分開。上擊其耳門。\nRéponse. — Quand je pousse en avant des deux mains et que l\u0026rsquo;ennemi presse des deux mains vers le bas, je profite de l\u0026rsquo;élan pour écarter par en bas et frapper vers le haut ses oreilles.\n問野馬分鬃用法。\nQuestion. — Comment employer « le cheval sauvage écarte sa crinière » ?\n答敵若右拳擊吾頭部或胸部。則我以右手往左採之。進左足邁至彼之身後。以左臂進抵其胸。腰往左轉。則彼身必往左跌。敵若左拳來擊。吾左手往左採之。進右足邁至彼之身後。以右臂進抵其胸。腰往右轉。則彼身必往右跌。\nRéponse. — Si l\u0026rsquo;ennemi frappe du poing droit ma tête ou ma poitrine, je cueille son poing de la main droite vers la gauche, j\u0026rsquo;avance le pied gauche jusqu\u0026rsquo;à passer derrière lui, mon avant-bras gauche vient contre sa poitrine, la taille tournant à gauche : son corps tombe nécessairement à gauche. S\u0026rsquo;il frappe du poing gauche, je cueille de la main gauche vers la gauche, j\u0026rsquo;avance le pied droit jusqu\u0026rsquo;à passer derrière lui, j\u0026rsquo;appuie mon avant-bras droit contre sa poitrine, la taille tournant à droite : son corps tombe nécessairement à droite.\n問玉女穿梭用法。\nQuestion. — Comment employer « la jeune fille lance la navette » ?\n答敵以右拳或掌擊我頭部。我以左臂上掤。以右掌擊其胸部。凡我臂與彼相粘時。彼手若上起。則可以玉女穿梭式擊之。勢順而易也。\nRéponse. — L\u0026rsquo;ennemi frappe ma tête du poing droit ou de la paume : je pare vers le haut de l\u0026rsquo;avant-bras gauche et frappe sa poitrine de la paume droite. En général, quand mon bras colle au sien, si sa main monte, on peut le frapper de la posture de la jeune fille à la navette : la situation est favorable et c\u0026rsquo;est facile.\n問單鞭下勢用法。\nQuestion. — Comment employer « le fouet unique en posture basse » ?\n答下勢係因敵人猛力往前。則坐身以化其力。然後起而擊之。\nRéponse. — La posture basse sert quand l\u0026rsquo;ennemi fonce avec violence : on assied le corps pour neutraliser sa force, puis on se relève et on le frappe.\n問金鷄獨立用法。\nQuestion. — Comment employer « le coq d\u0026rsquo;or se tient sur une patte » ?\n答與敵貼身太近時。則以掌或拳擊其下頦。同時以膝擊敵之小腹。\nRéponse. — Quand on est collé à l\u0026rsquo;ennemi de trop près, on frappe son menton de la paume ou du poing, et en même temps son bas-ventre du genou.\n問上步七星用法。\nQuestion. — Comment employer « avancer en sept étoiles » ?\n答敵若以拳由下往上擊吾面部。則以兩拳架而放之。此亦截勁也。或同時起右足踢其下部。凡足虛點。皆預備用足也。\nRéponse. — Si l\u0026rsquo;ennemi frappe mon visage d\u0026rsquo;un poing montant de bas en haut, je forme une barre des deux poings et je le projette : c\u0026rsquo;est aussi un jin d\u0026rsquo;interception. On peut en même temps lever le pied droit pour frapper ses parties basses. Chaque fois qu\u0026rsquo;un pied se pose à vide, c\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;il se prépare à servir de coup de pied.\n問退步跨虎用法。\nQuestion. — Comment employer « reculer en chevauchant le tigre » ?\n答用上步七星法。設敵力甚大。復往前進。則退步分手。領彼之拳傾向旁側。則起左足踢之。\nRéponse. — On emploie la méthode des sept étoiles ; si la force de l\u0026rsquo;ennemi est très grande et qu\u0026rsquo;il avance encore, on recule d\u0026rsquo;un pas en écartant les mains, on conduit son poing de côté, puis on lève le pied gauche et on le frappe.\n問轉脚擺蓮用法。\nQuestion. — Comment employer « tourner le pied et balancer le lotus » ?\n答敵若以右拳來擊。吾以右手往右領。以左手推其肘。則可旋轉身軀。以右足踢其背部。\nRéponse. — Si l\u0026rsquo;ennemi frappe du poing droit, je le conduis vers la droite de la main droite et pousse son coude de la main gauche ; je peux alors faire pivoter le corps et frapper son dos du pied droit.\n問彎弓射虎用法。\nQuestion. — Comment employer « bander l\u0026rsquo;arc et tirer le tigre » ?\n答敵若往右推吾右臂。卽順其勁往右鬆。彼力盡後。則以右拳轉至彼右脇下。用腰勁回放之。\nRéponse. — Si l\u0026rsquo;ennemi pousse mon bras droit vers la droite, je me relâche vers la droite en suivant son jin. Quand sa force est épuisée, je fais passer mon poing droit sous ses côtes droites et, du jin de la taille, je projette en retour.\n以上所舉散手用法。不過言其大槪。然敵之來勢無定。我何能執一定之法而禦之。總之非隨機應變不可。若欲隨機應變。非平時推手。練出極靈敏之感覺。雖手疾眼快。亦不能用之密合而無間。故用散手。仍須由粘手變化而來。不然。雖記得打法解法數百手。亦不能應付千門萬派之拳脚。太極惟有一粘字。千變萬化。皆由粘字而出。太極拳論云。人不知我。我獨知人。英雄所向無敵。蓋由此而及也。蓋推手之法。全是練習知人功夫。他派拳法雖好。惟無推手。故全靠手疾眼快。然一粘住。則不知勁來之方向長短。不免有抵抗或落空之弊。孫子曰。知彼知已。百戰不殆。卽此意也。\nRéponse. — Les emplois des techniques libres énumérés ci-dessus ne donnent que l\u0026rsquo;idée générale. L\u0026rsquo;attaque de l\u0026rsquo;ennemi n\u0026rsquo;a rien de fixe : comment m\u0026rsquo;attacherais-je à une méthode fixe pour m\u0026rsquo;en défendre ? En un mot, il faut répondre selon les circonstances. Et pour répondre selon les circonstances, il faut que la poussée des mains pratiquée d\u0026rsquo;ordinaire ait développé une sensation extrêmement vive ; sinon, même avec des mains rapides et des yeux vifs, on ne peut appliquer les techniques avec une justesse sans faille. Aussi l\u0026rsquo;emploi des techniques libres doit-il naître des variations des mains collées. Autrement, même en se souvenant de centaines de frappes et de défenses, on ne peut faire face aux poings et aux pieds de mille écoles et dix mille styles. Le taiji n\u0026rsquo;a qu\u0026rsquo;un seul caractère : coller. Mille variations, dix mille changements, tout sort du coller. Le Discours sur le taiji quan dit : « L\u0026rsquo;autre ne me connaît pas, moi seul je connais l\u0026rsquo;autre. Le héros est invincible partout : c\u0026rsquo;est par là qu\u0026rsquo;il y parvient. » Car les méthodes de la poussée des mains sont tout entières l\u0026rsquo;art d\u0026rsquo;apprendre à connaître l\u0026rsquo;autre. Les boxeurs des autres écoles ont de bonnes méthodes, mais ils n\u0026rsquo;ont pas la poussée des mains : ils ne comptent que sur des mains rapides et des yeux vifs. Qu\u0026rsquo;une fois collé, l\u0026rsquo;autre ne connaisse ni la direction ni la longueur de mon jin, et il ne peut éviter de résister ou de tomber dans le vide. Sunzi dit : « Connais l\u0026rsquo;autre et connais-toi toi-même : en cent batailles, point de péril. » C\u0026rsquo;est exactement cela.\n問粘住敵人之手。彼若用脚。則將如何。\nQuestion. — Collé à la main de l\u0026rsquo;ennemi, s\u0026rsquo;il emploie le pied, que faire ?\n答亦可隨時知覺。彼用腿則身必動。彼將起脚。我往下採其手。則彼腿自不能抬起而落下。或彼將起脚。我進步插襠放之。則彼自立不穩而跌出。蓋兩足立地尚有時不能立穩。何況一足。敵若用掃腿。均可前進放勁。\nRéponse. — On peut le percevoir à tout moment : s\u0026rsquo;il emploie la jambe, son corps bouge nécessairement. Quand il va lever le pied, je cueille sa main vers le bas : sa jambe ne peut se lever et retombe. Ou bien, quand il va lever le pied, j\u0026rsquo;avance d\u0026rsquo;un pas en m\u0026rsquo;insérant dans son entrejambe et je projette : il perd l\u0026rsquo;équilibre et tombe. Car debout sur deux pieds, il lui arrive déjà de ne pas tenir stable ; à plus forte raison sur un seul. S\u0026rsquo;il emploie un balayage, on peut toujours avancer et projeter le jin.\nV. Les jin du taiji quan 問太極之勁。略分幾種意思。\nQuestion. — Les jin du taiji se divisent à peu près en combien de catégories ?\n答就余所知者。約有粘勁。化勁　提勁　放勁　借勁　截勁　捲勁　入勁　抖擻勁數種。\nRéponse. — Pour ce que j\u0026rsquo;en sais, il y a à peu près : le jin qui colle, le jin qui neutralise, le jin qui soulève, le jin qui projette, le jin qui emprunte, le jin qui intercepte, le jin qui enroule, le jin qui pénètre, le jin qui secoue.\n問何謂粘勁。\nQuestion. — Qu\u0026rsquo;est-ce que le jin qui colle ?\n答粘住敵人之臂。或輕粘之。或重粘之。不使之丢脫。是謂粘勁。\nRéponse. — Coller au bras de l\u0026rsquo;ennemi, légèrement ou fortement, sans le laisser se détacher ni s\u0026rsquo;échapper : c\u0026rsquo;est le jin qui colle.\n問何謂化勁。\nQuestion. — Qu\u0026rsquo;est-ce que le jin qui neutralise ?\n答粘住敵人。彼若用力來推。則粘而化之。大槪直來之力。用曲綫左右引之。使變其方向。是謂化勁。\nRéponse. — Collé à l\u0026rsquo;ennemi, s\u0026rsquo;il pousse avec force, on colle et l\u0026rsquo;on neutralise. En général, une force qui vient en ligne droite, on la conduit par une courbe à gauche ou à droite pour en changer la direction : c\u0026rsquo;est le jin qui neutralise.\n問何謂提勁。\nQuestion. — Qu\u0026rsquo;est-ce que le jin qui soulève ?\n答粘住敵人之臂。彼若用力上翻。則隨之上起。使之脚跟提起。是謂提勁。\nRéponse. — Collé au bras de l\u0026rsquo;ennemi, s\u0026rsquo;il se retourne vers le haut avec force, on s\u0026rsquo;élève avec lui, faisant lever ses talons : c\u0026rsquo;est le jin qui soulève.\n問何謂放勁。\nQuestion. — Qu\u0026rsquo;est-ce que le jin qui projette ?\n答敵脚跟提起。身不穩時。則隨其傾側之方向而放之。則毫不費力。而跌出必遠。是謂放勁。太極拳論云。蓄勁如張弓。發勁如放箭。敵提起時。我勁已蓄。隨其方向。沈着鬆淨。去如放箭。孫子曰。勢如擴弩。節如發機。卽此意也。\nRéponse. — Quand les talons de l\u0026rsquo;ennemi se lèvent et que son corps est instable, on projette selon la direction de son inclinaison : sans le moindre effort, il est projeté au loin. C\u0026rsquo;est le jin qui projette. Le Discours sur le taiji quan dit : « Accumuler le jin comme on tend un arc ; émettre le jin comme on décoche une flèche. » Quand l\u0026rsquo;ennemi se soulève, mon jin est déjà accumulé ; suivant sa direction, enfoncé et détendu net, il part comme une flèche qu\u0026rsquo;on décoche. Sunzi dit : « La puissance est comme une arbalète bandée ; le déclenchement, comme la détente du mécanisme. » C\u0026rsquo;est exactement cela.\n問何謂借勁。\nQuestion. — Qu\u0026rsquo;est-ce que le jin qui emprunte ?\n答敵若前推。則借其前推之力而採之。敵若後扯。則借其後扯之力而放之。左右上下皆然。是謂借勁。\nRéponse. — Si l\u0026rsquo;ennemi pousse en avant, on emprunte la force de sa poussée pour le cueillir ; s\u0026rsquo;il tire en arrière, on emprunte la force de sa traction pour le projeter. À gauche, à droite, en haut, en bas, il en va de même : c\u0026rsquo;est le jin qui emprunte.\n問何謂截勁。\nQuestion. — Qu\u0026rsquo;est-ce que le jin qui intercepte ?\n答敵若用拳來擊。不及變化。則用截粘。截勁者。卽碰勁也。一碰卽跌出。此非功夫深者不能也。\nRéponse. — Si l\u0026rsquo;ennemi frappe du poing sans qu\u0026rsquo;on ait le temps de varier, on intercepte en collant. Le jin qui intercepte est un jin qui heurte : au seul contact, l\u0026rsquo;autre est projeté. Qui n\u0026rsquo;a pas un travail profond ne le peut pas.\n問何謂捲勁。\nQuestion. — Qu\u0026rsquo;est-ce que le jin qui enroule ?\n答拳到敵身。如鎚鑽之前進。是謂捲勁。\nRéponse. — Le poing qui atteint le corps de l\u0026rsquo;ennemi en avançant comme un foret qui perce : c\u0026rsquo;est le jin qui enroule.\n問何謂入勁。\nQuestion. — Qu\u0026rsquo;est-ce que le jin qui pénètre ?\n答掌貼敵身。氣往下沈。掌一閃動。其勁直入內。五臟震動。必受重傷。是謂入勁。\nRéponse. — La paume collée au corps de l\u0026rsquo;ennemi, le souffle descend ; la paume donne un bref éclair de mouvement et le jin entre droit à l\u0026rsquo;intérieur : les cinq organes en sont ébranlés, l\u0026rsquo;ennemi est nécessairement gravement blessé. C\u0026rsquo;est le jin qui pénètre.\n問何謂抖擻勁。\nQuestion. — Qu\u0026rsquo;est-ce que le jin qui secoue ?\n答敵若由背後擊來。無暇轉身。則身一抖擻。彼必跌出。此則非到神妙之地不能也。是謂抖擻勁。\nRéponse. — Si l\u0026rsquo;ennemi frappe par derrière sans qu\u0026rsquo;on ait le loisir de se retourner, on secoue le corps d\u0026rsquo;un coup : il est nécessairement projeté. Sans être parvenu au degré merveilleux, on ne le peut pas. C\u0026rsquo;est le jin qui secoue.\n問勁與着有何分別。\nQuestion. — Quelle différence entre le jin et les techniques ?\n答着乃變化之法也。勁卽運入着之中。着有萬而勁則一。無論何着。勁是一箇。惟用時之意不同。故勁亦隨之而變。\nRéponse. — Les techniques sont les méthodes de variation ; le jin est ce qui se transporte à l\u0026rsquo;intérieur des techniques. Les techniques sont dix mille, le jin est un seul : quelle que soit la technique, le jin est un. Seulement, l\u0026rsquo;intention diffère selon l\u0026rsquo;emploi, et le jin varie avec elle.\n問勁與力有何分別。\nQuestion. — Quelle différence entre le jin et la force ?\n答力是生來本有。勁是功夫練出。生來本有之力。是一種生力。譬如生鐵。未經煆煉。功夫練出之勁。譬如煉鐵而已成鋼。古語云。力不敵功。功卽練出之勁也。然各種拳派。均是煆煉。而煉出之勁則又不同。太極拳是鬆散練出。乃柔帶剛之眞內勁也。凡堅硬練出者。鬆散無意之時。則勁不存在。被人猛擊。不免受傷。而鬆散練出者。鬆散無意之時。勁仍存留。其氣自然充滿全身。無絲毫之間斷。雖被人擊。不致受傷。\nRéponse. — La force est innée ; le jin est forgé par le travail. La force innée est une force brute, comme la fonte non encore affinée ; le jin forgé par le travail est comme le fer affiné devenu acier. Le vieux dicton dit : « La force ne vaut pas le travail » — le travail, c\u0026rsquo;est le jin forgé. Cependant toutes les écoles de boxe sont des affinages, et les jin qui en sortent diffèrent. Le taiji quan se forge par le relâchement : c\u0026rsquo;est le vrai jin interne, une souplesse qui porte la fermeté. Chez qui se forge par la dureté, au moment où il se relâche sans y penser, le jin n\u0026rsquo;existe plus ; si on le frappe violemment, il ne peut éviter d\u0026rsquo;être blessé. Chez qui se forge par le relâchement, au moment où il se relâche sans y penser, le jin demeure encore : son souffle remplit naturellement tout le corps, sans la moindre interruption, et même frappé, il n\u0026rsquo;est pas blessé.\n問圓勁直勁。是分是合。\nQuestion. — Le jin circulaire et le jin droit : les sépare-t-on ou les unit-on ?\n答太極拳論云。曲中求直。圓勁之中。必須有直勁。直勁之中。必須有圓勁。若有圓勁而無直勁。則只能化而不能放。若有直勁而無圓勁。則遇有化勁者。必致落空。故圓直二勁。能融合為一則善矣。\nRéponse. — Le Discours sur le taiji quan dit : « Chercher la droite dans la courbe. » Dans le jin circulaire, il doit y avoir du jin droit ; dans le jin droit, il doit y avoir du jin circulaire. Avec le circulaire sans le droit, on ne peut que neutraliser, non projeter ; avec le droit sans le circulaire, face à qui a le jin de neutralisation, on tombe nécessairement dans le vide. Aussi, quand les deux jin, circulaire et droit, peuvent se fondre en un seul, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;idéal.\n問硬勁與鬆勁有何分別。\nQuestion. — Quelle différence entre le jin dur et le jin relâché ?\n答硬勁自握其勁。百斤之勁。打上人身。不過五十斤。一半仍留在巳身。鬆勁譬如丢一石塊。務求其遠。若有百斤之勁。則全放在人身上。毫不存留於己身。\nRéponse. — Le jin dur retient sa propre force : cent livres de jin qui frappent le corps de l\u0026rsquo;autre n\u0026rsquo;y portent que cinquante livres, la moitié restant dans son propre corps. Le jin relâché est comme lancer une pierre : on cherche à la jeter le plus loin possible ; si l\u0026rsquo;on a cent livres de jin, tout est déposé sur le corps de l\u0026rsquo;autre, sans rien retenir dans le sien.\n問用截勁有定時否。\nQuestion. — Y a-t-il un moment fixe pour employer le jin qui intercepte ?\n答用截勁最要時之恰當。差之秒忽。則機會錯過。大抵彼勁將發未發。將展未展之時。用截勁最好。\nRéponse. — Pour le jin qui intercepte, l\u0026rsquo;important est que le moment soit juste ; manquez d\u0026rsquo;une fraction de seconde et l\u0026rsquo;occasion est passée. En général, le meilleur moment est celui où son jin va se déclencher sans être encore déclenché, va se déployer sans être encore déployé.\nVI. Le daoyin et la méditation assise 問太極拳。與古導引之術同否。\nQuestion. — Le taiji quan est-il le même que l\u0026rsquo;ancien art du daoyin ?\n答古導引熊經鳥申。華佗五禽戲。皆取法於鳥獸。太極亦有倒輦猴野馬分鬃種種名目。太極拳不外乎虛實開合。虛實開合。卽所以調呼吸也。其最妙處。則在全身運動極匀而緩。動作匀緩。則呼吸自然深長。故息不必調而自調。導引亦不過假形式之開合。以調其呼吸耳。易筋經八段錦乃一技一節之運動。太極拳則是全體之運動。可使四肢百體。皆平均發育。毫無偏重之處。此所以能却病延年也。參同契為丹書之祖。曰緩體處空房。緩體二字。最宜注意。卽太極拳論。所謂鬆淨是也。蓋緩體鬆淨。則氣自沈於丹田。故主張用力者。決不能歸於自然舒適之境。則不可得太極導引之利益。形式雖是而意則非矣。\nRéponse. — L\u0026rsquo;ancien daoyin — « l\u0026rsquo;ours qui se suspend, l\u0026rsquo;oiseau qui s\u0026rsquo;étire », les cinq jeux des animaux de Hua Tuo — prend modèle sur les oiseaux et les bêtes. Le taiji a aussi des noms comme « reculer en chassant le singe », « le cheval sauvage écarte sa crinière ». Le taiji quan n\u0026rsquo;est rien d\u0026rsquo;autre que le vide et le plein, l\u0026rsquo;ouverture et la fermeture ; et le vide et le plein, l\u0026rsquo;ouverture et la fermeture, servent justement à régler la respiration. Son plus grand merveilleux est que le corps entier se meut de façon extrêmement égale et lente ; le mouvement égal et lent, la respiration devient naturellement profonde et longue : le souffle n\u0026rsquo;a pas besoin d\u0026rsquo;être réglé, il se règle de lui-même. Le daoyin, lui aussi, ne fait que régler la respiration par l\u0026rsquo;ouverture et la fermeture des formes. Le Yijin jing et les Huit pièces de brocart sont des exercices membre par membre, section par section ; le taiji quan est un exercice du corps entier, qui fait développer également les quatre membres et les cent parties, sans rien privilégier : voilà pourquoi il peut écarter les maladies et prolonger la vie. Le Can tong qi, ancêtre des livres d\u0026rsquo;alchimie, dit : « Ralentis le corps et demeure dans la chambre vide. » Ces deux mots, « ralentis le corps », méritent la plus grande attention : c\u0026rsquo;est ce que le Discours sur le taiji quan appelle « relâché et net ». Car, le corps ralenti, relâché et net, le souffle descend de lui-même au dantian. Aussi ceux qui prêchent la force ne peuvent jamais revenir à l\u0026rsquo;état naturel et confortable, et ne peuvent obtenir les bienfaits du daoyin du taiji : la forme y est, mais l\u0026rsquo;intention n\u0026rsquo;y est pas.\n問太極拳之呼吸如何。\nQuestion. — Comment est la respiration du taiji quan ?\n答太極拳之呼吸。隨體式之開合。吸為開。呼為合。李亦畬先生云。吸則自然提得起。亦拏得人起。呼則自然沈得下。亦放得人出。吸本為入氣。而反為提。呼本為出氣。而反為沈。蓋太極呼吸之升沈。實為先天氣之消息。故與靜坐金丹之訣密合。其所以能却病延年者由此也。柳華陽風火經云。吸降呼升者。卽先天後。天二氣之炁也。然後天氣吸。則先天炁升焉。升是升於乾。而為採取也。後天氣吸。則先天炁降焉。降是降於坤而為烹練也。若以口鼻一呼一吸為升降者。則去先天之炁遠矣。按其所言先天炁之升降。與太極拳內中之消息相同。故太極為動中求靜。輔佐靜功之最要法門。凡認太極拳為武技。專求取勝於人者。豈知此中之玄妙耶。\nRéponse. — La respiration du taiji quan suit l\u0026rsquo;ouverture et la fermeture des postures : inspirer est ouverture, expirer est fermeture. M. Li Yiyu dit : « En inspirant, on soulève naturellement, et l\u0026rsquo;on peut soulever l\u0026rsquo;autre ; en expirant, on descend naturellement, et l\u0026rsquo;on peut projeter l\u0026rsquo;autre. » Inspirer est par nature entrer le souffle, et voilà qu\u0026rsquo;il soulève ; expirer est par nature sortir le souffle, et voilà qu\u0026rsquo;il enfonce. Car la montée et la descente de la respiration du taiji sont en réalité la contraction et l\u0026rsquo;expansion du souffle inné ; aussi s\u0026rsquo;accorde-t-elle étroitement avec les formules de la méditation assise et de l\u0026rsquo;élixir d\u0026rsquo;or. C\u0026rsquo;est par là qu\u0026rsquo;elle peut écarter les maladies et prolonger la vie. Le Classique du vent et du feu de Liu Huayang dit : « L\u0026rsquo;inspiration qui descend et l\u0026rsquo;expiration qui monte, ce sont les deux souffles, inné et acquis. Quand le souffle acquis inspire, le souffle inné monte ; il monte au qian (乾), et c\u0026rsquo;est la cueillette. Quand le souffle acquis expire, le souffle inné descend ; il descend au kun (坤), et c\u0026rsquo;est la cuisson. Si l\u0026rsquo;on prend l\u0026rsquo;inspiration et l\u0026rsquo;expiration de la bouche et du nez pour la montée et la descente, on est bien loin du souffle inné. » Ce qu\u0026rsquo;il dit de la montée et de la descente du souffle inné est identique à la contraction et à l\u0026rsquo;expansion qui se trouvent dans le taiji quan. Aussi le taiji est-il la méthode la plus essentielle pour chercher le calme dans le mouvement et seconder le travail assis. Ceux qui ne voient dans le taiji quan qu\u0026rsquo;un art martial, ne cherchant qu\u0026rsquo;à vaincre autrui, comment connaîtraient-ils la subtilité qui s\u0026rsquo;y cache ?\n問取名太極。究係何意。\nQuestion. — Pourquoi, au fond, ce nom de taiji ?\n答太極本一圓形。為陰陽渾合之一體。太極拳處處求圓滿。分陰陽虛實。故以為名。然此尚是形容其外之體用也。不知人身中間一穴。為立命之處。名為大中極。大者。太也。此穴卽人身之太極中點。立爐安鼎。坎離交媾。卽在此處。太極拳運轉先天之炁。凝神入氣穴。不久則丹生焉。故太極拳能通小周天之气。較之但枮坐者更為速焉。\nRéponse. — Le taiji est par nature une figure circulaire, un seul corps où le yin et le yang se fondent. Le taiji quan cherche en tout point la plénitude du cercle et distingue le yin du yang, le vide du plein : voilà pourquoi il porte ce nom. Mais cela ne décrit encore que la forme extérieure, le corps et l\u0026rsquo;usage. On ne sait pas que, dans le corps humain, il est une cavité centrale, là où s\u0026rsquo;établit la vie, nommée « grand pivot central » (da zhong ji, 大中極) — « grand » (da) vaut « suprême » (tai). Cette cavité est le point central du taiji dans le corps humain : c\u0026rsquo;est là qu\u0026rsquo;on dresse le four et qu\u0026rsquo;on pose le chaudron, c\u0026rsquo;est là que kan et li (l\u0026rsquo;eau et le feu) s\u0026rsquo;unissent. Le taiji quan fait circuler le souffle inné, concentre l\u0026rsquo;esprit dans la cavité du souffle, et bientôt l\u0026rsquo;élixir y naît. Aussi le taiji quan peut-il ouvrir le souffle de la petite circulation céleste, plus vite que la seule station assise immobile.\n問練太極拳兼習靜坐可否。\nQuestion. — Peut-on pratiquer le taiji quan et en même temps la méditation assise ?\n答兼習靜坐。自與養生却病更有效益。惟靜坐之功。難得眞傳。傳授不好。往往流弊甚大。不但無益而反有害。如欲兼習靜坐。無眞傳口訣。卽照練太極拳之意。跏跌而坐。須有虛靈頂頸。尾閭中正。兩目垂簾。兩手相握抱臍。收視反聽。迴光反照。謹閉五賊。恐被盜馳。謹於眼則目不外視而魂歸肝。謹於耳則耳不外聽而精歸腎。謹於口則兌合不談而神歸心。謹於鼻則鼻不外嗅而魄歸肺。謹於意則用志不分而意歸脾。精神魂魄意。心肝脾肺腎。金木水火土。耳目口鼻意。攢簇各歸其根。各復其命。則天心自見。神明自來。必有特別感覺發現。而自與凡人不同矣。柳華陽注重風火。火者神也。風者先天之呼吸也。何以能練神化氣。如水必賴火烹而後發為蒸汽精者水也。若用神火下照。則精自可化而為氣矣。神火下照。有時恐力不足。故鼓巽風以動之。則火必旺。亦由鑄金者之鼓其風箱也。太極拳之能調呼吸。卽風火之用也。如蒸汽機。借火力以烹水。發為蒸汽。而數萬噸之重量。可以鼓動。而人身之精氣神三寶。若能保守煅煉。其神通亦不可思議矣。\nRéponse. — Pratiquer en même temps la méditation assise apporte assurément encore plus d\u0026rsquo;efficacité pour nourrir la vie et écarter les maladies. Seulement le travail de la méditation assise obtient difficilement la vraie transmission ; si l\u0026rsquo;enseignement n\u0026rsquo;est pas bon, les effets pernicieux sont souvent très grands : non seulement inutile, mais nuisible. Si l\u0026rsquo;on veut pratiquer aussi la méditation assise sans formules secrètes de vraie transmission, on suit l\u0026rsquo;intention du taiji quan : s\u0026rsquo;asseoir en tailleur, la tête légère et l\u0026rsquo;énergie suspendue au sommet, le weilü centré, les deux yeux à demi clos, les deux mains jointes autour du nombril, retirer la vue et retourner l\u0026rsquo;ouïe, ramener la lumière pour éclairer en dedans, fermer soigneusement les cinq voleurs, de peur d\u0026rsquo;être volé et dispersé. Soigneux de l\u0026rsquo;œil, l\u0026rsquo;œil ne regarde pas au dehors et l\u0026rsquo;âme hun retourne au foie ; soigneux de l\u0026rsquo;oreille, l\u0026rsquo;oreille n\u0026rsquo;écoute pas au dehors et l\u0026rsquo;essence retourne aux reins ; soigneux de la bouche, la bouche se tait et l\u0026rsquo;esprit retourne au cœur ; soigneux du nez, le nez ne sent pas au dehors et l\u0026rsquo;âme po retourne aux poumons ; soigneux de l\u0026rsquo;intention, la volonté ne se disperse pas et l\u0026rsquo;intention retourne à la rate. Essence, esprit, âmes hun et po, intention ; cœur, foie, rate, poumons, reins ; métal, bois, eau, feu, terre ; oreilles, yeux, bouche, nez, intention — tout se rassemble, chacun retourne à sa racine, chacun revient à sa destinée : alors le cœur céleste se manifeste de lui-même, la clarté de l\u0026rsquo;esprit vient d\u0026rsquo;elle-même, une sensation particulière apparaît, et l\u0026rsquo;on diffère naturellement des hommes ordinaires. Liu Huayang insiste sur le vent et le feu : le feu, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;esprit ; le vent, c\u0026rsquo;est la respiration innée. Comment travailler l\u0026rsquo;esprit et le transformer en souffle ? Comme l\u0026rsquo;eau qui ne devient vapeur qu\u0026rsquo;échauffée par le feu — l\u0026rsquo;essence est l\u0026rsquo;eau : si l\u0026rsquo;on fait descendre le feu de l\u0026rsquo;esprit pour l\u0026rsquo;éclairer, l\u0026rsquo;essence se transforme d\u0026rsquo;elle-même en souffle. Quand le feu de l\u0026rsquo;esprit éclaire en bas, on craint parfois que sa puissance ne suffise pas ; aussi souffle-t-on le vent du xun pour l\u0026rsquo;agiter, et le feu est alors assurément vigoureux — comme le fondeur de métal active son soufflet. La capacité du taiji quan à régler la respiration est précisément l\u0026rsquo;usage du vent et du feu. Comme la machine à vapeur : empruntant la chaleur du feu pour bouillir l\u0026rsquo;eau, elle en fait de la vapeur, et des milliers de tonnes peuvent être mises en mouvement. Si les trois trésors du corps humain — essence, souffle, esprit — savent se conserver et se forger, leurs pouvoirs sont inconcevables.\n問練太極拳可以代靜坐否。\nQuestion. — Le taiji quan peut-il remplacer la méditation assise ?\n答何嘗不可。靜坐妄念難除。練太極拳。精神貫注。可以毫無妄念。及至心平氣靜。人我俱忘。境界微妙。身體舒適。難以言語形容。是可謂之入太極三昧。\nRéponse. — Pourquoi pas ? Dans la méditation assise, les pensées déréglées sont difficiles à écarter ; en pratiquant le taiji quan, la vigueur d\u0026rsquo;esprit est tendue et l\u0026rsquo;on peut être absolument sans pensées déréglées. Quand on atteint le cœur égal et le souffle calme, autrui et moi oubliés l\u0026rsquo;un et l\u0026rsquo;autre, un état subtil, un corps à l\u0026rsquo;aise, difficile à décrire par les mots : on peut dire qu\u0026rsquo;on est entré dans le samadhi du taiji.\nVII. Constitution physique et réussite des pratiquants 問如何體格學太極拳最為相宜。\nQuestion. — Quelle constitution convient le mieux au taiji quan ?\n答無不相宜。惟體格軟硬。習之略分難易耳。大槪體格瘦者。較為靈活。而厚重則遜之。肥者較為穩厚。而不免於拙滯。各有所長。亦有所短。然若能勤練功夫。其成功一也。\nRéponse. — Toutes conviennent ; seule, la souplesse ou la raideur du corps rend l\u0026rsquo;apprentissage un peu plus ou moins facile. En général, le corps maigre est plus agile, mais il lui manque la lourdeur stable ; le corps gras est plus stable et massif, mais il ne peut éviter la lourdeur maladroite. Chacun a ses forces et ses faiblesses ; mais qui travaille avec diligence réussit pareillement.\n問練功夫者雖多。而眞能成為名手。則不多覯。是何故耶。\nQuestion. — Beaucoup pratiquent le travail, mais on rencontre rarement ceux qui deviennent vraiment des maîtres renommés. Pourquoi ?\n答吾聞之楊澄甫先生云。成為名手。一要傳授好。二要肯下功夫。三要體格雄厚而又活潑。四要心精細而能領會。四者俱全。若下十年苦功。未有不成名者也。\nRéponse. — J\u0026rsquo;ai entendu M. Yang Chengfu dire : « Pour devenir un maître renommé, il faut : premièrement une bonne transmission ; deuxièmement, accepter de s\u0026rsquo;investir dans le travail ; troisièmement, une constitution à la fois solide et vive ; quatrièmement, un esprit fin qui sait saisir. Réunissez ces quatre choses et mettez-y dix ans d\u0026rsquo;efforts : personne n\u0026rsquo;a jamais manqué de se faire un nom. »\n問譬如一人有力。一人無力。同時學太極拳。自以有力者優勝。\nQuestion. — Par exemple, l\u0026rsquo;un a de la force, l\u0026rsquo;autre n\u0026rsquo;en a pas ; s\u0026rsquo;ils apprennent le taiji quan en même temps, le fort l\u0026rsquo;emporte naturellement ?\n答若初學數年之間。尚未懂勁之時。不免有時頂撞。自有力者勝。若懂勁之後。能不丢不頂。而腰腿又靈活。至此之時。則有力者亦未必占便宜也。\nRéponse. — Pendant les premières années, avant de comprendre le jin, on ne peut éviter parfois de heurter de front : le fort gagne naturellement. Une fois le jin compris, quand on sait ne pas se détacher ni s\u0026rsquo;opposer et que la taille et les jambes sont souples, le fort n\u0026rsquo;a plus nécessairement l\u0026rsquo;avantage.\n問功夫之深淺。如何評論。\nQuestion. — Comment juger de la profondeur du travail ?\n答自表面觀之。二人比手。自有勝負。若精密論斷。譬如一人體格雄厚有力。一人體格單弱無力。若此二人比手。雄厚者不能將單弱者打出。則此單弱者之功夫必甚深。應當評為較優也。蓋就原人而論。自是强勝於弱。强不勝弱。則强者之功夫。不及弱者明矣。\nRéponse. — À la surface, quand deux hommes se mesurent, il y a victoire et défaite. Pour juger finement : si l\u0026rsquo;un a une constitution solide et puissante, l\u0026rsquo;autre une constitution frêle et faible, et que dans leur rencontre le solide ne peut projeter le frêle, alors le travail du frêle est nécessairement très profond et doit être jugé supérieur. Car, à constitution égale, le fort l\u0026rsquo;emporte naturellement sur le faible ; si le fort ne l\u0026rsquo;emporte pas sur le faible, il est clair que le travail du fort n\u0026rsquo;égale pas celui du faible.\n問拳有各派。互相詆訾。非眞比手。不能斷其優劣。\nQuestion. — Les écoles de boxe sont diverses et se dénigrent mutuellement ; sans de vraies rencontres, on ne peut trancher leurs mérites ?\n答雖眞比手。亦難評斷。蓋習甲種拳者。只有三年功夫。而習乙種者。有五六年功夫。而乙勝。此乃甲之功夫不深。非拳派之劣也。若欲精密比較。須選年歲體格力量智慧無不相同之人。同時各學一種拳術。敎授者又均是名手。五六年之後。約相比較。如此或可以定拳派之優劣耳。\nRéponse. — Même avec de vraies rencontres, il est difficile de trancher. Si celui qui pratique la boxe A n\u0026rsquo;a que trois ans de travail et celui qui pratique la boxe B cinq ou six ans, et que B gagne, c\u0026rsquo;est que le travail de A n\u0026rsquo;est pas profond, non que son école est inférieure. Pour comparer finement, il faudrait choisir des hommes d\u0026rsquo;âge, de constitution, de force et d\u0026rsquo;intelligence identiques, apprenant chacun en même temps un art de boxe, avec des maîtres également renommés ; après cinq ou six ans, les confronter à peu près également : c\u0026rsquo;est ainsi seulement qu\u0026rsquo;on pourrait peut-être fixer les mérites des écoles.\n問練太極拳宜緩。若表演時。太緩則人厭觀。尚不如外家拳之有精神。應如何而能引起觀者之興味。\nQuestion. — Le taiji quan doit se pratiquer lentement. Mais en démonstration, trop lent, le public se lasse et le trouve moins plein d\u0026rsquo;allant que la boxe externe. Comment éveiller l\u0026rsquo;intérêt des spectateurs ?\n答太極拳精神內歛。非眞識者不能知。本不宜於表演。蓋太問拳本為修身練已之功夫。非博人之喝采也。惟太極拳為最適宜於養生之運動。不能不加以提倡。表演之時。不可太慢。余每見前輩功夫好者。自己練習與表演不甚相同。識是故也。太極拳。二人活步推手。圓轉變化。其精彩不下於外家拳之對打。亦可引起觀者之興味。\nRéponse. — Le taiji quan recueille l\u0026rsquo;esprit au-dedans ; qui n\u0026rsquo;est pas un vrai connaisseur ne peut le saisir, et il ne se prête pas à la démonstration. Car le taiji quan est par nature un travail pour se cultiver soi-même et s\u0026rsquo;exercer soi-même, non pour recueillir les acclamations. Mais comme il est l\u0026rsquo;exercice le plus propre à nourrir la vie, on ne peut pas ne pas le promouvoir. En démonstration, il ne faut pas être trop lent. J\u0026rsquo;ai souvent vu les anciens au travail profond pratiquer fort différemment quand ils s\u0026rsquo;exerçaient seuls et quand ils se montraient : c\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;ils savaient cela. La poussée des mains à pas mobiles de deux partenaires, en ses cercles et ses variations, n\u0026rsquo;a pas moins d\u0026rsquo;éclat qu\u0026rsquo;un combat de boxe externe, et peut aussi éveiller l\u0026rsquo;intérêt des spectateurs.\n問欲成出類拔萃之名手。功夫如何練習。\nQuestion. — Pour devenir un maître renommé, hors du commun, comment pratiquer ?\n答。須先有五種心。一信仰心。學一種拳術。必須有絕大之信仰。不可稍存懷疑之意。二尊重心。旣擇師而從。須尊重恭敬。不可稍存玩狎之意。三有恆心。人而無恆。不可以作巫醫。學拳術更非有恆不可。四忍耐心。五年不成。期之十年。十年不成。期之二十年。雖資質魯鈍。一時難見功效。若有絕大之忍耐力。未有不成者也。五謙遜心。功夫雖小有成就。不可自以為高。絕無對手。無論何種拳術。必有其特長之處。皆須虛心研究。然後能知已知彼。而不致因驕以失敗矣。\nRéponse. — Il faut d\u0026rsquo;abord cinq cœurs. Premièrement, le cœur de foi : pour apprendre un art de boxe, il faut une foi absolue, sans la moindre once de doute. Deuxièmement, le cœur de respect : ayant choisi un maître pour le suivre, il faut le respecter et l\u0026rsquo;honorer, sans la moindre once de légèreté. Troisièmement, le cœur de constance : « un homme sans constance ne peut même être sorcier ni médecin » ; à plus forte raison l\u0026rsquo;art de la boxe exige-t-il la constance. Quatrièmement, le cœur de patience : si cinq ans ne suffisent pas, visez dix ; si dix ans ne suffisent pas, visez vingt. Même avec une intelligence lente, même si l\u0026rsquo;on ne voit pas d\u0026rsquo;effet aussitôt, avec une patience absolue, nul n\u0026rsquo;a jamais manqué de réussir. Cinquièmement, le cœur d\u0026rsquo;humilité : même un petit succès dans le travail ne doit pas faire se croire élevé au-dessus de tout rival. Quel que soit l\u0026rsquo;art de boxe, il a nécessairement ses points forts ; il faut les étudier d\u0026rsquo;un esprit vide. Alors seulement on connaît l\u0026rsquo;autre et soi-même, et l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;échoue pas par orgueil.\nVIII. Les bienfaits du taiji quan 問練太極拳於身體究有效驗否。\nQuestion. — Le taiji quan a-t-il vraiment des effets sur le corps ?\n答余創辦致柔拳社已四載餘。入社學者。不下千餘人。皆為身體病苦而來者。一年之後。宿疾脫體。精神健旺。顏色光潤。無論肺病咯血胃病不能飲食遺精痔瘡頭痛頭暈手足麻木肺胃氣痛。種種沈疴。不勝枚舉。練太極拳後。莫不霍然。此本社已見之明效大驗也。\nRéponse. — J\u0026rsquo;ai fondé la Société de boxe Zhirou il y a plus de quatre ans. Plus d\u0026rsquo;un millier de personnes y sont entrées, toutes venues à cause de souffrances du corps. Après un an, leurs maladies anciennes quittèrent leur corps, leur esprit devint vigoureux, leur teint éclatant. Maladies de poitrine avec crachats de sang, maladies d\u0026rsquo;estomac ne permettant ni manger ni boire, pertes séminales, hémorroïdes, maux de tête, vertiges, engourdissement des mains et des pieds, douleurs du souffle de l\u0026rsquo;estomac et des poumons — toutes sortes de maux profonds, trop nombreux pour les énumérer : après avoir pratiqué le taiji quan, tous furent guéris d\u0026rsquo;un coup. C\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;effet manifeste et éprouvé qu\u0026rsquo;a vu notre société.\n問女子宜練太極拳否。\nQuestion. — Les femmes doivent-elles pratiquer le taiji quan ?\n答女子身體柔順。練太極拳尤為相宜。本社女子因病來學者。均已健壯。有廣東梁璧疊女士。從余學二年。曾作文一篇。錄於後。女界不可不注意也。文曰。吾雖為女子。而體質非弱。惟性好靜。終日默坐。專心學問。以為立身處世之本。對於修養健康之道。素不講求。日積月累。遂覺氣不足以舉其體。馴至脾失健運。患胃病者垂三四年。日與藥爐為伍。視世間如地獄。無復一毫生人樂趣。一二名醫告吾曰。此病非藥可治。首須節勞。又須稍事於勞。所謂稍事於勞。蓋指體育運動言也。予是時一笑置之。第念生性好靜而不好動。若勉作運動。反增其苦。於是轉習畫。欲以筆墨點綴花木禽魚。揮灑烟雲山水。為陶冶性情之資。然於病仍不減。於藥亦不能為效。計無復之。回念醫者曩告吾言。意稍稍動。適湖北陳微明先生。在滬設立致柔拳社。以太極拳敎授男女生徒甚衆。學者各有所得。有宿疾無不盡去。吾父勸吾入社習拳。吾以太極為理中氣。為天道之行健。與調和人身氣血之至理相通。乃毅然入社。時丁卯夏六月也。習拳法未一月。食量頓增。三月後。體量加重。約五之一。嚮所不能為之事。今皆能之。嚮以為苦者。而今則以為樂。精神暢遂體質豐膄。朋友親戚相見。幾不能識。吾亦不知何以收效如此之速也。嗣知太極拳法。渾圓無極。歸於一氣。本天地造物之通於人身者。復隨其機而運用之。使血脈永無凝滯。葆先天之靈明。得後天之長養。正者引之而無盡。邪者格然而不能入。顧太極拳法取柔。莊子謂天下至柔。馳騁天下至剛。老子謂柔制剛。弱勝强。天演之理。故能收益一切。不用力而力自生。不傷氣而氣愈足。諸種內家拳術。以太極拳法為最圓滿。相傳人得之者。可以輕身而延齡。雖不必盡信。而吾之所得已如此矣。陳先生嘗語予日。汝之始來。為却病也。繼自今久習勿怠。他日所進。將有不可限量。不可思議者。夫吾於太極拳法。其所以學之。與其所得之者。固大有感於其中。深恨得先生太晚。又焉敢怠哉。以上梁女士所述。足見太極拳尤益於女子。惟須有恆心。不淺嘗輙止。未有不見效者也。\nRéponse. — Le corps de la femme est souple et docile : le taiji quan lui convient particulièrement. Les femmes venues à notre société pour cause de maladie sont toutes devenues robustes. Il y a Mademoiselle Liang Bidie du Guangdong, qui a étudié deux ans avec moi et a composé un texte, reproduit ci-après — le monde féminin ne doit pas le négliger. Voici son texte.\n« Bien que je sois une femme, ma constitution n\u0026rsquo;était pas faible. Mais mon naturel aimait le calme : je passais mes journées assise en silence, tout entière à mes études, pour fonder ma vie et me tenir dans le monde. Quant aux voies de la culture de soi et de la santé, je ne m\u0026rsquo;en souciais jamais. Les jours s\u0026rsquo;accumulant, je sentis que mon souffle ne suffisait plus à porter mon corps ; peu à peu ma rate perdit sa fonction vigoureuse et je souffris d\u0026rsquo;une maladie d\u0026rsquo;estomac pendant près de trois ou quatre ans. Compagnonne quotidienne du fourneau à médicaments, je voyais le monde comme un enfer, sans la moindre joie de vivre. Un ou deux médecins renommés me dirent : cette maladie, la médecine ne la guérit pas ; il faut d\u0026rsquo;abord ménager ses efforts, et pourtant en faire un peu — par \u0026ldquo;en faire un peu\u0026rdquo;, ils entendaient l\u0026rsquo;exercice physique. Sur le moment, j\u0026rsquo;en ris. Je pensais : mon naturel aime le calme, non le mouvement ; si je m\u0026rsquo;oblige à l\u0026rsquo;exercice, j\u0026rsquo;augmenterai ma peine. Je me tournai alors vers la peinture, voulant par le pinceau et l\u0026rsquo;encre parer fleurs et arbres, oiseaux et poissons, déployer fumées et nuages, montagnes et eaux, pour nourrir mon caractère. Mais la maladie ne diminuait pas, et les médicaments ne faisaient aucun effet. À bout de ressources, je repensai aux paroles des médecins, et mon intention s\u0026rsquo;ébranla un peu. Juste alors, M. Chen Weiming du Hubei fondait à Shanghai la Société de boxe Zhirou et enseignait le taiji quan à de nombreux élèves, hommes et femmes ; chacun y gagnait quelque chose, et les maladies anciennes s\u0026rsquo;en allaient toutes. Mon père me pressa d\u0026rsquo;entrer dans la société pour pratiquer la boxe. Je pensai que le taiji est la raison qui ordonne le souffle central, le mouvement infatigable de la voie céleste, en accord avec le principe suprême qui harmonise le souffle et le sang du corps humain. Je décidai donc d\u0026rsquo;entrer, en juin de l\u0026rsquo;année dingmao (1927). En moins d\u0026rsquo;un mois de pratique, mon appétit augmenta soudain ; trois mois plus tard, mon poids avait augmenté d\u0026rsquo;environ un cinquième. Ce que je ne pouvais faire autrefois, je le fais maintenant ; ce que je trouvais pénible, je le trouve maintenant agréable. L\u0026rsquo;esprit libre et content, le corps plein et gras, mes amis et mes proches, en me revoyant, pouvaient à peine me reconnaître. Je ne savais pas moi-même pourquoi l\u0026rsquo;effet avait été si rapide. J\u0026rsquo;appris ensuite que la méthode du taiji quan, cercle parfait et sans faîte, se ramène à un seul souffle : elle prend ce que la création du ciel et de la terre a de commun avec le corps humain, puis en use en suivant son mouvement, si bien que le sang et les vaisseaux ne sont jamais figés, que la clarté innée est conservée, que la nourriture acquise est obtenue ; ce qui est droit, on l\u0026rsquo;attire sans fin ; ce qui est pervers, on le repousse pour qu\u0026rsquo;il ne puisse entrer. Considérez que la méthode du taiji quan prend la souplesse : Zhuangzi dit que ce qu\u0026rsquo;il y a de plus souple au monde domine ce qu\u0026rsquo;il y a de plus dur ; Laozi dit que le souple soumet le dur, que le faible vainc le fort — c\u0026rsquo;est la loi de l\u0026rsquo;évolution. Aussi peut-elle recueillir tous les bénéfices : sans user de force, la force naît d\u0026rsquo;elle-même ; sans blesser le souffle, le souffle est d\u0026rsquo;autant plus abondant. De tous les arts de boxe interne, la méthode du taiji quan est la plus parfaite. La tradition veut que qui l\u0026rsquo;obtient puisse alléger son corps et prolonger ses années ; sans y croire entièrement, ce que j\u0026rsquo;en ai obtenu est déjà tel. M. Chen me dit un jour : \u0026ldquo;Vous êtes venue pour écarter la maladie ; désormais, pratiquez longtemps sans relâche ; ce que vous gagnerez un jour sera sans mesure et sans imagination.\u0026rdquo; Pour ma part, pourquoi j\u0026rsquo;ai appris la méthode du taiji quan et ce que j\u0026rsquo;en ai obtenu, j\u0026rsquo;en garde une profonde émotion ; je regrette seulement d\u0026rsquo;avoir trouvé le maître si tard — et comment oserais-je me relâcher ? »\nCe que rapporte Mademoiselle Liang montre assez que le taiji quan profite particulièrement aux femmes. Seulement il faut de la constance, ne pas goûter et s\u0026rsquo;arrêter : nul n\u0026rsquo;a manqué d\u0026rsquo;en voir l\u0026rsquo;effet.\nNotes Chen Weiming (陳微明, 1881–1958) : lettré, ancien compilateur au Bureau d\u0026rsquo;histoire des Qing, élève de Yang Chengfu à Pékin puis fondateur à Shanghai de la société Zhirou quanshe (致柔拳社), nom tiré du Daodejing (« concentre le souffle et atteins la souplesse », 專氣致柔). Le Taiji da wen fut publié en 1929, avec des calligraphies de Li Jinglin et Chu Minyi. Portée de la traduction : le chapitre « Pratique des postures une à une » (太極拳單式練法), dont les explications renvoient à des figures, ainsi que les annexes (registres des membres, statuts de la société, programme d\u0026rsquo;études) sont omis. Le cœur du livre — préface et huit chapitres — est traduit intégralement. La formule des cinq caractères (五字訣) de Li Yiyu (李亦畬, 1832–1892), citée au chapitre III, est l\u0026rsquo;un des textes classiques les plus commentés du taiji quan ; Chen Weiming la reproduit ici avec ses propres parenthèses de commentaire, que nous avons conservées. Buxiao Sheng (不肖生) est le nom de plume du romancier Xiang Kairan (向愷然), auteur du Jianghu qixia zhuan (江湖奇俠傳) ; il figure d\u0026rsquo;ailleurs dans les registres de membres de la société Zhirou publiés en annexe du livre. Xu Xuanping (許宣平) : légendaire taoïste des Tang à qui la tradition attribue une forme de taiji en trente-sept postures ; son nom revient dans la préface pour justifier la pratique des postures isolées. La date de la préface : le texte porte « 已已秋 » ; il s\u0026rsquo;agit vraisemblablement d\u0026rsquo;une coquille pour « 己巳 » (jisi), soit l\u0026rsquo;automne 1929, année même de la publication. Source du texte chinois : Chen Weiming, Taiji da wen (太極答問), 1929, avec la « Pratique des postures une à une » (附單式練法) et les annexes — texte chinois reproduit sur la page de Paul Brennan, « Answering Questions About Taiji (Taiji Da Wen) » (2012). Texte dans le domaine public (auteur mort en 1958). Traduction française : nouvelle traduction réalisée directement à partir de l\u0026rsquo;original chinois pour ce site.\n","permalink":"https://classiques-martiaux-chinois.pages.dev/posts/taiji-da-wen-chen-weiming/","summary":"\u003cp\u003eLe \u003cem\u003eTaiji da wen\u003c/em\u003e (太極答問, « Questions et réponses sur le taiji quan ») de\n\u003cstrong\u003eChen Weiming\u003c/strong\u003e (陳微明, 1881–1958) est un ouvrage en forme de dialogue : l\u0026rsquo;auteur,\nlettré ancien compilateur au Bureau d\u0026rsquo;histoire des Qing et élève de \u003cstrong\u003eYang Chengfu\u003c/strong\u003e\n(楊澄甫) — et brièvement de \u003cstrong\u003eYang Shaohou\u003c/strong\u003e (楊少侯) —, y consigne par questions et\nréponses l\u0026rsquo;essentiel de l\u0026rsquo;enseignement qu\u0026rsquo;il reçut et de sa propre expérience à la\ntête de la société \u003cem\u003eZhirou quanshe\u003c/em\u003e (致柔拳社) de Shanghai. Publié en 1929, le livre\ncomprend huit chapitres — origines, postures, poussée des mains (\u003cem\u003etuishou\u003c/em\u003e, 推手),\ntechniques libres (\u003cem\u003esanshou\u003c/em\u003e, 散手), les \u003cem\u003ejin\u003c/em\u003e (勁), le \u003cem\u003edaoyin\u003c/em\u003e (導引) et la\nméditation assise, constitution physique et réussite des pratiquants, bienfaits —,\nsuivis d\u0026rsquo;un chapitre de pratique des postures une à une (附單式練法) et d\u0026rsquo;annexes\n(registres des membres, statuts de la société, programme des trois années d\u0026rsquo;études).\nLe texte chinois, publié en 1925 pour le premier ouvrage de l\u0026rsquo;auteur et en 1929 pour\ncelui-ci, est dans le domaine public (l\u0026rsquo;auteur est mort en 1958).\u003c/p\u003e\n\u003cp\u003eLa présente traduction couvre la préface et les huit chapitres de questions-réponses\ndans leur intégralité. Le chapitre des postures isolées (dont les explications\nrenvoient à des figures) et les annexes (listes de noms, statuts, programme) sont\nomis pour des raisons de longueur. Traduction nouvelle réalisée directement à partir\ndu texte chinois original.\u003c/p\u003e","title":"Le Taiji da wen (太極答問) de Chen Weiming"},{"content":"Le Xingyi Quan Shu Juewei (形意拳術抉微, « Subtilités choisies de l\u0026rsquo;art du xingyi quan ») est le manuel de Liu Dianchen (劉殿琛, également connu sous le nom de Liu Wenhua 劉文華), du district de Shen (深縣), dans le Hebei. Fils du grand maître de xingyi Liu Qilan (劉奇蘭), Liu Dianchen enseigna notamment le xingyi quan à l\u0026rsquo;École de droit et de politique du Beiyang (北洋法政學校), à Pékin, dans les années 1910. Son ouvrage, publié en 1921, s\u0026rsquo;ouvre sur cinq préfaces datées d\u0026rsquo;octobre à décembre 1920 — dont celles de Wang Daoyuan (王道元) et de Zhang Enshou (張恩綬) — puis se divise en deux volumes : le premier, traduit ici, expose la théorie générale — le dantian, le travail du qi, les huit exigences, les six unions, les sept promptitudes, la dynamique du geste et la posture ; le second, consacré aux applications (les cinq boxings, les douze formes, le boxing enchaîné, l\u0026rsquo;épée et la lance), est omis pour des raisons de longueur. Le texte chinois, publié il y a plus d\u0026rsquo;un siècle, est dans le domaine public.\nTraduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.\n形意拳術抉微上卷 深縣　劉文華　著 門人　齊經堂　劉亦琨　校\nXingyi Quan Shu Juewei, volume I (上卷). Composé par Liu Wenhua (劉文華, c\u0026rsquo;est-à-dire Liu Dianchen), du district de Shen ; révisé par ses disciples Qi Jingtang (齊經堂) et Liu Yikun (劉亦琨).\n總論 — Discussion générale 總論者形意各項技術之總根柢也夫戰爭之道往往以白刃相加隻手抗敵為最後之勝利則武技一門實行軍之命脈也然武技種類甚多門分派别各是其是要言之大槪分內外兩派外派之長不過練習腰腿靈活捉拿抅打封閉閃展騰挪跳躍諸法以遇敵制勝而其弊則在於虛招太多徒炫人耳目不切於實用惟內家拳法純本於先天按陰陽五行六合七疾八要諸法以成其技此則總根柢不能不先為培植也夫人非氣血不生氣血充足則精神健旺若先天氣虧後天卽須補救補之之道要在充其氣養其血但培養氣血必先聚氣於丹田使丹田氣足然後內達於五臟外發於四肢再加以練習之功血脈貫通筋骨堅壯內外如一手脚相合動靜有常進退有法手不虛發發則必勝心不妄動動則必應正所謂晬然見於面盎於背施於四肢隨意所適得心應手以成百戰百勝之技者也以下將各項總要之事分别言之\nCette discussion générale est la racine commune de toutes les techniques du xingyi. Dans l\u0026rsquo;art de la guerre, on en vient souvent aux armes blanches, et le combat à mains nues est le dernier recours de la victoire : aussi l\u0026rsquo;art martial est-il l\u0026rsquo;artère vitale de l\u0026rsquo;armée en campagne. Les arts martiaux sont cependant nombreux, divisés en écoles et en branches, chacun vantant sa méthode ; en résumé, ils se répartissent pour l\u0026rsquo;essentiel en deux grandes familles, l\u0026rsquo;école externe (wai jia) et l\u0026rsquo;école interne (nei jia). Les qualités de l\u0026rsquo;école externe ne vont guère au-delà du travail de souplesse des reins et des jambes, des saisies, des frappes, des blocages, des esquives, des dérobades et des sauts, afin de vaincre l\u0026rsquo;adversaire à la rencontre ; mais son défaut est d\u0026rsquo;abonder en gestes vides, qui ne font qu\u0026rsquo;éblouir les yeux et ne conviennent pas à l\u0026rsquo;usage réel. Seule la boxe de l\u0026rsquo;école interne s\u0026rsquo;appuie entièrement sur le ciel antérieur (xian tian) : selon les principes du yin et du yang, des cinq éléments (wu xing), des six unions (liu he), des sept promptitudes (qi ji) et des huit exigences (ba yao), elle constitue sa technique. Voilà pourquoi cette racine commune doit être cultivée avant tout. L\u0026rsquo;homme ne vit que par le qi et le sang ; le qi et le sang abondants, l\u0026rsquo;esprit est vigoureux. Si le qi antérieur fait défaut, il faut y remédier après la naissance ; le remède tient à remplir son qi et à nourrir son sang. Mais pour cultiver le qi et le sang, il faut d\u0026rsquo;abord concentrer le qi dans le dantian : le dantian plein de qi, celui-ci atteint à l\u0026rsquo;intérieur les cinq organes (wu zang) et se déploie au-dehors dans les quatre membres. Ajoutez-y le travail régulier de la pratique : les vaisseaux circulent, les os et les tendons s\u0026rsquo;affermissent, l\u0026rsquo;intérieur et l\u0026rsquo;extérieur ne font qu\u0026rsquo;un, les mains et les pieds s\u0026rsquo;accordent, le mouvement et le repos ont leur constance, l\u0026rsquo;avance et le recul ont leur méthode. La main ne frappe pas en vain, et quand elle frappe, elle vainc ; le cœur ne s\u0026rsquo;agite pas à tort, et quand il s\u0026rsquo;agite, il est obéi. C\u0026rsquo;est ce que l\u0026rsquo;on veut dire par « l\u0026rsquo;éclat du teint, la plénitude du dos, se répandant dans les quatre membres » : on agit à sa guise, le cœur obtient ce qu\u0026rsquo;il désire et la main y répond, réalisant une technique de cent batailles sans une seule défaite. Ci-dessous, chacune des choses essentielles sera exposée séparément.\n第一章　丹田論 — Chapitre I : le dantian 丹田者陽元之本氣力之府也欲精技藝必健丹田欲健丹田尤必先練技藝二者固互為因果者也吾道皆知丹田為要矣顧先師有口授而少書傳後之學者究難明其所以然謹將受之吾師與廿年所體驗者略述之所謂欲精技藝必先健丹田者盖以丹田虧則氣不充氣不充則力不足彼五拳十二形空有架勢以之為顧法則如守者之城池空虛以之為打法則如戰者之兵馬嬴弱故必於臨敵挫陣之際常若有一團氣力堅凝於腹臍之間倐然自腰而背而項直貫於頂當時眼作先鋒以觀之心作元師以謀之攅翻橫竪起落隨時而應用龍虎猴馬鷹熊變化而咸宜毫忽之間勝負立判此丹田充盈而技藝所以精也何謂欲健丹田必先練技藝釋之如下或曰丹田受之先天人所固有自足於內無待於外但能善自保養足矣何待於練竊謂不然凡人不溺色慾不喪腎精保養有方則元氣自充如是者亦可延年益壽然究不能將丹田之氣力發之為絕技也欲發之為絕技必自練始練之之法一在於聚一在於運聚者即八要中所謂舌頂齒叩穀道提三心並諸法也又必先去其隔膜如心肝脾肺腎之五關層層透過一無阻攔八要中之所謂五行要順也行之旣久而後氣始可全會於丹田然聚之而不善運亦未能發為絕技必將會於丹田之氣力由背骨往上迴住於胸間充於腹盈於臟凝於兩肋冲於腦頂更兼素日所練之身體異常廉幹手足異常活動應敵之來而架勢卽變應架勢之變而氣力隨之卽到倐忽之間千變萬化有非言語所能形容者此所謂善運用也總其所以聚之運之者要在平日之勤練技藝非如求仙者之靜坐練丹也古之精於藝者以一人而敵無數之人其丹田之氣力不知如何充足究其所以然之故無一不自勤習技藝以練丹田始後之學者卽丹田說而善領會之則可與入武道矣\nLe dantian (丹田) est la racine du yang originel, le séjour du qi et de la force. Pour exceller dans l\u0026rsquo;art, il faut fortifier le dantian ; et pour fortifier le dantian, il faut d\u0026rsquo;abord pratiquer l\u0026rsquo;art : ces deux choses sont mutuellement cause et effet. Tous ceux de notre voie savent que le dantian est capital ; mais nos anciens maîtres transmettaient de bouche à oreille et laissaient peu d\u0026rsquo;écrits, si bien que les élèves d\u0026rsquo;aujourd\u0026rsquo;hui ont peine à en comprendre le pourquoi. Je vais donc exposer brièvement ce que j\u0026rsquo;ai reçu de mon maître et ce que vingt années de pratique m\u0026rsquo;ont fait éprouver. Ce qu\u0026rsquo;on veut dire par « pour exceller dans l\u0026rsquo;art, il faut d\u0026rsquo;abord fortifier le dantian », c\u0026rsquo;est que, le dantian déficient, le qi n\u0026rsquo;est pas plein ; le qi non plein, la force ne suffit pas. Alors les cinq boxings et les douze formes ne sont que postures vides : à les employer en garde, c\u0026rsquo;est une ville gardée par des remparts vides ; à les employer en attaque, ce sont des soldats chétifs. Aussi, au moment d\u0026rsquo;affronter l\u0026rsquo;ennemi et de rompre son rang, faut-il sentir comme une masse de qi et de force solidement coagulée entre le ventre et le nombril qui, soudain, des reins par le dos et la nuque, monte droit jusqu\u0026rsquo;au sommet du crâne. À cet instant, l\u0026rsquo;œil sert d\u0026rsquo;avant-garde pour observer, le cœur de général pour délibérer ; forer et retourner, horizontal et vertical, lever et retomber s\u0026rsquo;appliquent selon l\u0026rsquo;occasion ; dragon, tigre, singe, cheval, aigle, ours se transforment tous à propos. En un battement de cils, victoire ou défaite se décide : c\u0026rsquo;est ainsi que le dantian plein rend l\u0026rsquo;art accompli.\nQue veut dire « pour fortifier le dantian, il faut d\u0026rsquo;abord pratiquer l\u0026rsquo;art »? Je l\u0026rsquo;explique ci-dessous. On dira peut-être : « Le dantian est reçu du ciel antérieur ; chacun le possède en propre, il se suffit à l\u0026rsquo;intérieur et n\u0026rsquo;attend rien de l\u0026rsquo;extérieur ; il suffit de bien l\u0026rsquo;entretenir, pourquoi le travailler ? » Je ne suis pas de cet avis. Quiconque ne se livre pas à la luxure, ne perd pas l\u0026rsquo;essence des reins et s\u0026rsquo;entretient avec méthode verra son qi originel se remplir de lui-même ; un tel homme peut même prolonger ses jours. Mais il ne pourra jamais faire éclater le qi et la force du dantian en un art prodigieux. Pour les faire éclater en un art prodigieux, il faut commencer par le travail. La méthode de ce travail consiste, d\u0026rsquo;une part, à concentrer, d\u0026rsquo;autre part, à faire circuler. Concentrer, ce sont les procédés des huit exigences : langue contre le palais, dents serrées, anus relevé, trois centres réunis. Il faut aussi d\u0026rsquo;abord écarter les membranes qui séparent : les cinq passes du cœur, du foie, de la rate, des poumons et des reins, traversées couche par couche sans le moindre obstacle — c\u0026rsquo;est ce que les huit exigences appellent « les cinq éléments doivent être fluides ». Quand on a pratiqué longtemps, le qi commence à pouvoir se rassembler tout entier dans le dantian. Mais si, l\u0026rsquo;ayant concentré, on ne sait pas le faire circuler, on ne produira pas encore un art prodigieux : il faut que le qi et la force rassemblés dans le dantian remontent par l\u0026rsquo;os du dos, séjournent dans la poitrine, remplissent le ventre, gonflent les organes, se condensent dans les deux flancs et jaillissent au sommet du crâne ; avec, en outre, un corps que la pratique quotidienne a rendu singulièrement vif et des membres singulièrement alertes. L\u0026rsquo;attaque de l\u0026rsquo;ennemi arrive, et la posture se transforme ; la posture se transforme, et le qi et la force y répondent aussitôt. En un instant, mille changements, dix mille transformations, que les mots ne sauraient décrire : voilà ce qu\u0026rsquo;on appelle bien faire circuler. En résumé, le secret de la concentration et de la circulation tient au travail assidu de chaque jour : ce n\u0026rsquo;est pas la méditation assise de ceux qui cherchent l\u0026rsquo;immortalité. Les anciens qui excellèrent dans l\u0026rsquo;art affrontaient seuls des multitudes ; leur dantian devait receler on ne sait quelle plénitude de qi et de force. Si l\u0026rsquo;on en cherche la raison, elle n\u0026rsquo;est autre que celle-ci tous commencèrent par pratiquer assidûment l\u0026rsquo;art afin d\u0026rsquo;exercer le dantian. L\u0026rsquo;élève qui comprend bien cette doctrine du dantian peut entrer dans la voie martiale. 第二章　練氣說 — Chapitre II : le travail du qi 武技一道有形者為架勢無形者為氣力架勢者所以運用氣力也無氣力則架勢為無用故氣力為架勢之本然欲力之足必先求氣之充故氣又為力之本予論丹田曰聚曰運前己言及但練氣為吾道之要訣非前說所能盡用再詳細言之夫演藝者以八要為先八要者形意拳術之母也內以之練氣外以之演勢無論五拳十二形虛實變化起落攢翻皆不可須臾離之八要者何一內要提二三心要並三三意要連四五行要順五四稍要齊六心要暇七三尖要對八眼要毒也兹分論之如下\nDans l\u0026rsquo;art martial, ce qui a une forme, ce sont les postures ; ce qui n\u0026rsquo;en a pas, c\u0026rsquo;est le qi et la force. Les postures servent à mettre en œuvre le qi et la force ; sans qi ni force, les postures ne servent à rien : aussi le qi et la force sont-ils la base des postures. Mais pour que la force soit pleine, il faut d\u0026rsquo;abord que le qi soit rempli : le qi est donc la base de la force. Quand j\u0026rsquo;ai parlé du dantian, j\u0026rsquo;ai dit « concentrer » et « faire circuler », et je l\u0026rsquo;ai déjà exposé ; mais le travail du qi est le secret essentiel de notre voie, et ce qui précède ne l\u0026rsquo;épuise pas. Je vais donc le développer plus en détail. Le pratiquant prend pour première chose les huit exigences (ba yao) : elles sont la mère de l\u0026rsquo;art du xingyi. À l\u0026rsquo;intérieur, elles servent à exercer le qi ; à l\u0026rsquo;extérieur, à dérouler les postures. Qu\u0026rsquo;il s\u0026rsquo;agisse des cinq boxings ou des douze formes, du vide et du plein, des transformations, du lever et du retomber, du forer et du retourner, on ne peut s\u0026rsquo;en séparer un instant. Quelles sont ces huit exigences ? Premièrement, l\u0026rsquo;intérieur doit être relevé ; deuxièmement, les trois centres doivent être réunis ; troisièmement, les trois intentions doivent être liées ; quatrièmement, les cinq éléments doivent être fluides ; cinquièmement, les quatre extrémités doivent être au complet ; sixièmement, le cœur doit être paisible ; septièmement, les trois pointes doivent être en regard ; huitièmement, l\u0026rsquo;œil doit être perçant. Je les traite séparément ci-dessous.\n內要提者緊撮穀道提其氣使上聚於丹田復使聚於丹田之氣由背骨而直達於腦頂週流往返循環無端卽譜所謂緊撮穀道內中提也\nL\u0026rsquo;intérieur doit être relevé : on resserre l\u0026rsquo;anus et l\u0026rsquo;on relève le qi, afin qu\u0026rsquo;il se concentre en haut, dans le dantian ; puis le qi concentré dans le dantian, par l\u0026rsquo;os du dos, monte directement jusqu\u0026rsquo;au sommet du crâne, dans une circulation qui va et revient sans fin — c\u0026rsquo;est ce que le manuel appelle « resserrer l\u0026rsquo;anus et relever l\u0026rsquo;intérieur ».\n三心要並者頂心往下脚心往上手心往回也三者所以使氣會於一處盖頂心不往下則上之氣不能入於丹田脚心不往上則下之氣不能收於丹田手心不往回則外之氣不能縮於丹田故必三心一並而氣始可歸於一也\nLes trois centres doivent être réunis : le centre du sommet de la tête descend, le centre de la plante des pieds monte, le centre des paumes revient en arrière. Ces trois choses font que le qi se rassemble en un seul lieu. Si le centre du sommet de la tête ne descend pas, le qi d\u0026rsquo;en haut ne peut entrer dans le dantian ; si le centre des plantes des pieds ne monte pas, le qi d\u0026rsquo;en bas ne peut être recueilli dans le dantian ; si le centre des paumes ne revient pas, le qi de l\u0026rsquo;extérieur ne peut se contracter dans le dantian. Aussi faut-il que les trois centres se réunissent en un, et alors seulement le qi peut revenir à l\u0026rsquo;unité.\n三意要連者心意氣意力意三者連而為一即所謂內三合也此三者以心為謀主氣為元帥力為將士盖氣不充則力不足心雖有謀亦無所用故氣意練好而後可以外帥力意內應心意竊謂三意之連亦以氣為先也\nLes trois intentions doivent être liées : l\u0026rsquo;intention du cœur, l\u0026rsquo;intention du qi, l\u0026rsquo;intention de la force, trois choses liées en une — c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle les trois unions internes (nei san he). Dans ces trois choses, le cœur est le conseiller, le qi le général, la force les officiers et les soldats. Si le qi n\u0026rsquo;est pas plein, la force ne suffit pas, et le cœur, plein de desseins, n\u0026rsquo;a rien où les employer. Aussi, quand l\u0026rsquo;intention du qi est bien exercée, elle peut commander au-dehors l\u0026rsquo;intention de la force et répondre au-dedans à l\u0026rsquo;intention du cœur. Pour moi, la liaison des trois intentions passe d\u0026rsquo;abord par le qi.\n五行要順者外五行為五拳即劈崩炮攢橫是也內五行為五臟即心肝脾肺腎是也外五行之五拳變化應用各順其序則周中規折中矩氣力之所到而架勢即隨之架勢之所至而氣力即注之故氣力充則架勢為有用架勢練而氣力乃愈增至內五行之五臟卽譜所云五行本是五道關無人把守自遮攔余初學技藝時頗學運氣如肩垂項竪齒叩舌頂內提等如法習之數日一作勢漸覺氣可至於心間然卽周身倦怠四肢無力强習數日則氣漸覺稍往下行而又有周身倦怠之弊如是者數次而後始能一經作勢氣卽直達丹田此卽五行為五關之說非精習前進打破遮攔不能聚氣於丹田運氣於四肢為一氣充力足之武術家是五行要順者即所以順氣也\nLes cinq éléments doivent être fluides : extérieurement, les cinq éléments sont les cinq boxings — pi, beng, pao, zuan, heng (劈崩炮攢橫) ; intérieurement, ce sont les cinq organes — cœur, foie, rate, poumons, reins. Quand les cinq boxings externes se transforment et s\u0026rsquo;appliquent chacun dans son ordre, tout répond : le cercle au compas, l\u0026rsquo;angle droit à l\u0026rsquo;équerre. Là où parviennent le qi et la force, la posture les suit ; là où va la posture, le qi et la force s\u0026rsquo;y déversent. Ainsi, le qi et la force pleins, les postures sont utiles ; les postures exercées, le qi et la force augmentent encore. Quant aux cinq organes internes, c\u0026rsquo;est ce que dit le manuel : « Les cinq éléments sont à l\u0026rsquo;origine cinq passes ; sans gardien, on se protège soi-même. » Quand j\u0026rsquo;ai commencé à étudier l\u0026rsquo;art, j\u0026rsquo;ai beaucoup appris sur la conduite du qi — épaules tombantes, nuque dressée, dents serrées, langue au palais, intérieur relevé, etc. Après quelques jours de pratique conforme, au premier geste je sentais peu à peu le qi parvenir au niveau du cœur, mais tout le corps était las et les quatre membres sans force. Je m\u0026rsquo;obstinai quelques jours de plus, et le qi descendait peu à peu un peu plus bas, avec toujours cette fatigue générale. Ce n\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;après plusieurs fois de ce manège que, dès le premier geste, le qi atteignait directement le dantian. C\u0026rsquo;est bien ce que veut dire « les cinq éléments sont cinq passes » : sans une pratique assidue qui avance et brise les barrières, on ne peut concentrer le qi dans le dantian ni faire circuler le qi dans les quatre membres, pour devenir un artiste martial au qi plein et à la force complète. « Les cinq éléments doivent être fluides », c\u0026rsquo;est donc rendre le qi fluide.\n四梢要齊者舌要頂齒要叩手指脚趾要扣毛孔要緊也夫舌頂上嗓則津液上注氣血流通兩齒緊叩則氣貫於骨髓手指脚趾內扣則氣注於筋毛孔緊則周身之氣聚而堅齊之云者卽每一作勢時舌之頂齒之叩手脚趾之扣毛孔之緊一齊如法為之無先後遲速之分盖以四者有一缺點則氣散而力怠便不足以言技也\nLes quatre extrémités (si shao) doivent être au complet : la langue doit se plaquer, les dents se serrer, les doigts et les orteils se recourber, les pores se resserrer. Quand la langue se plaque contre le palais, les liquides montent et le qi et le sang circulent ; quand les dents se serrent, le qi traverse jusqu\u0026rsquo;à la moelle des os ; quand les doigts et les orteils se recourbent, le qi se verse dans les tendons ; quand les pores se resserrent, le qi du corps entier se concentre et s\u0026rsquo;affermit. « Au complet » veut dire qu\u0026rsquo;à chaque geste, langue plaquée, dents serrées, doigts et orteils recourbés, pores resserrés, tout cela se fait ensemble, selon la même méthode, sans avant ni après, sans lente ni rapide. Car si l\u0026rsquo;une des quatre choses manque, le qi se disperse, la force se relâche, et l\u0026rsquo;on ne peut plus parler d\u0026rsquo;art.\n心要暇者練時心中不惶不忙之謂也夫惶有恐懼之意忙有急遽之意一恐懼則氣必餒一急遽則氣必亂餒亂之時則手足無所措矣若素日無練習之功則內中虧虛遇事怯縮臨敵未有不恐懼不急遽而心暇逸者故心要暇實與練氣相表裏也\nLe cœur doit être paisible : pendant la pratique, le cœur ne doit connaître ni trouble ni hâte. Le trouble a le sens de la peur ; la hâte, celui de la précipitation. À la moindre peur, le qi défaille ; à la moindre précipitation, le qi se dérègle. Quand il défaille ou se dérègle, les mains et les pieds ne savent plus où se poser. Si, d\u0026rsquo;ordinaire, on n\u0026rsquo;a pas le fruit de la pratique, l\u0026rsquo;intérieur est vide et déficient : devant l\u0026rsquo;événement on recule, et devant l\u0026rsquo;ennemi il est impossible de n\u0026rsquo;avoir ni peur ni hâte et de garder le cœur paisible. Aussi « le cœur doit être paisible » fait-il vraiment pendant au travail du qi.\n三尖要對者鼻尖手尖脚尖相對也夫手尖不對鼻尖偏於左則右邊顧法空虛偏於右則左邊顧法空虛手與脚脚與鼻不對其弊亦同且三者如甚相偏斜則周身用力不均必不能團結如一而氣因之散慢頂心雖往下而氣不易下行脚心雖往上而氣不易上收手心雖往回而氣不易內縮此自然之理也故三尖不對實與練氣有大妨礙也\nLes trois pointes doivent être en regard : la pointe du nez, la pointe de la main et la pointe du pied, en regard les unes des autres. Si la pointe de la main ne répond pas au nez et dévie à gauche, la garde de droite est vide ; si elle dévie à droite, la garde de gauche est vide. Si la main et le pied, le pied et le nez ne se répondent pas, le défaut est le même. De plus, si ces trois choses s\u0026rsquo;écartent fortement, la force du corps entier ne se répartit pas également, le corps ne peut se souder en un seul bloc, et le qi s\u0026rsquo;en trouve dispersé et relâché : le sommet de la tête a beau descendre, le qi descend difficilement ; la plante des pieds a beau monter, le qi monte difficilement ; la paume a beau revenir, le qi se contracte difficilement. C\u0026rsquo;est une loi naturelle. Aussi des trois pointes mal en regard nuisent-elles gravement au travail du qi.\n眼要毒夫眼似與練氣無甚關合不知毒有疾敏之意非元氣充盈者不能有此嘗謂吾輩技藝不獨武人宜習卽文人亦宜習之盖每日練力則可以健身體練氣則可以長精神丹田凝聚五臟舒展此人之精神必靈活腦力必充足耳口鼻等官必能各盡其妙而目尤必神光烱然有芒射人誰謂眼之毒非氣為之哉\nL\u0026rsquo;œil doit être perçant. On croirait que l\u0026rsquo;œil n\u0026rsquo;a guère de rapport avec le travail du qi ; on ne sait pas que « perçant » a le sens de vif et de prompt, et que seul celui dont le qi originel est plein le possède. J\u0026rsquo;ai souvent dit que notre art ne convient pas seulement aux gens de guerre, mais aussi aux lettrés : car s\u0026rsquo;exercer chaque jour à la force fortifie le corps, et s\u0026rsquo;exercer au qi nourrit l\u0026rsquo;esprit. Quand le dantian se condense et que les cinq organes se déploient, l\u0026rsquo;esprit de l\u0026rsquo;homme devient nécessairement agile, sa cervelle nécessairement pleine, et les oreilles, la bouche, le nez accomplissent chacun leur merveille. Quant à l\u0026rsquo;œil surtout, son éclat spirituel doit flamboyer, avec un rayonnement qui frappe l\u0026rsquo;autre. Qui dira que la pénétration de l\u0026rsquo;œil n\u0026rsquo;est pas l\u0026rsquo;œuvre du qi ?\n際此弱肉强食之時東西各國皆注重技藝良以射擊之遠近全在器機之良窳而擊之中否則在持器械者之心力手力與眼力故氣力餒者觀測雖準而射擊之時心戰手搖卽不能中的是則必賴平日練習之殷勤筋骨强健氣血充足內外如一方可以匡其弊也或曰氣行於內力現於外子言氣何如言力曰從外人觀之則力易見自我練之則氣易領會且氣力本為一體氣足則力可知矣或又曰子純言氣力不幾略架勢乎曰練勢必求氣充而練氣尤必先講架勢是氣勢二者互相為用者也然勢形於外有迹可尋氣運於內深微莫測故學者恒注意架勢而於氣之運行每多忽略吾於架勢之外獨於氣力再三致意者職是故耳\nEn ces temps où le fort dévore le faible, tous les pays d\u0026rsquo;Orient et d\u0026rsquo;Occident attachent du prix à la technique : c\u0026rsquo;est que la portée du tir tient tout entière à la bonté de la machine, mais que la précision du coup dépend de la force du cœur, de la force de la main et de la force de l\u0026rsquo;œil de celui qui tient l\u0026rsquo;arme. Aussi, quand le qi et la force faiblissent, même si l\u0026rsquo;observation est juste, au moment de tirer le cœur bat, la main tremble, et l\u0026rsquo;on ne peut toucher le but. Il faut donc s\u0026rsquo;en remettre à l\u0026rsquo;assiduité de la pratique quotidienne : tendons et os vigoureux, qi et sang abondants, intérieur et extérieur unifiés — alors seulement on peut corriger ce défaut. On dira peut-être : « Le qi circule à l\u0026rsquo;intérieur, la force se manifeste à l\u0026rsquo;extérieur ; vous parlez du qi, pourquoi ne pas parler de la force ? » Je réponds : vu du dehors, la force est facile à voir ; vu de ma propre pratique, le qi est facile à saisir ; et d\u0026rsquo;ailleurs qi et force ne font qu\u0026rsquo;un : le qi plein, la force se devine. On dira encore : « À ne parler que de qi et de force, ne négligez-vous pas les postures ? » Je réponds : pour exercer les postures, il faut chercher la plénitude du qi ; et pour exercer le qi, il faut surtout soigner les postures : ces deux choses se servent mutuellement. Mais la posture se montre au-dehors, on en peut suivre les traces ; le qi circule au-dedans, profond et insaisissable. Aussi l\u0026rsquo;élève est-il toujours attentif aux postures et néglige-t-il souvent la circulation du qi. Si, en dehors des postures, je reviens sans cesse au qi et à la force, c\u0026rsquo;est précisément pour cette raison.\n第三章　運動筋肉說 — Chapitre III : le mouvement des muscles 形意武術之運動與普通運動不同普通運動之用力只於一平面活動或只運動筋肉之一部故簡單明瞭易於領悟形意武術則不然全身之關節皆沿數運動軸以迴轉而其筋肉之收縮程度不張不弛務使各方面筋肉同時收縮無鬆緩者方為圓滿作到故進可以攻退可以守無隙可乘無瑕可摘也然全身筋肉甚多非分部言之難期詳盡故逐次分述如左\nLe mouvement de l\u0026rsquo;art martial du xingyi n\u0026rsquo;est pas celui des exercices ordinaires. Dans l\u0026rsquo;exercice ordinaire, la force ne s\u0026rsquo;emploie que sur un seul plan, ou ne meut qu\u0026rsquo;une partie des muscles : aussi est-il simple, clair et facile à saisir. Il n\u0026rsquo;en va pas de même du xingyi : toutes les articulations du corps tournent selon plusieurs axes de mouvement, et la contraction des muscles, sans excès ni relâchement, fait travailler en même temps les muscles de toutes les directions, sans qu\u0026rsquo;aucun reste détendu — c\u0026rsquo;est seulement ainsi que le geste est accompli. Aussi peut-on, en avant, attaquer, et, en retraite, se défendre, sans brèche où l\u0026rsquo;ennemi s\u0026rsquo;insinue, sans défaut qu\u0026rsquo;il puisse saisir. Mais les muscles du corps sont nombreux ; sans les traiter par partie, on ne peut espérer être complet. Je les expose donc successivement.\n一上肢筋：（1）伸手筋 extensor carpi　（2）二頭膊筋 biceps brachii　（3）三稜筋 deltoid　（4）僧帽筋 trapezius　（5）三頭膊筋 triceps brachii　（6）屈手筋 flexor carpi　（7）大胸筋 pectoralis major　（8）迴前圓筋 pronator teres\nMuscles du bras : (1) extenseur du carpe ; (2) biceps brachial ; (3) deltoïde ; (4) trapèze ; (5) triceps brachial ; (6) fléchisseur du carpe ; (7) grand pectoral ; (8) rond pronateur. 二軀幹筋：（9）闊背筋 latissimus dorsi　（10）大鋸筋 serratus anterior　（11）直腹筋 rectus abdominis\nMuscles du tronc : (9) grand dorsal ; (10) grand dentelé ; (11) droit de l\u0026rsquo;abdomen. 三下肢筋：（12）大臀筋 gluteus maximus　（13）四大頭股筋 quadriceps femoris　（14）二頭股筋 biceps femoris　（15）二頭腓腸筋 gastrocnemius　（16）屈趾筋 flexor digitorum　（17）亞基里斯氏腱筋 Achilles tendon　（18）張股鞘筋 femoral sheath　（19）縫匠筋 sartorius　（20）內轉股筋 adductors　（21）直股筋 rectus femoris　（22）前脛骨筋 tibialis anterior　（23）伸趾筋 extensor digitorum\nMuscles de la jambe : (12) grand fessier ; (13) quadriceps fémoral ; (14) biceps fémoral ; (15) gastrocnémien ; (16) fléchisseur des orteils ; (17) tendon d\u0026rsquo;Achille ; (18) tenseur du fascia lata (le nom chinois 張股鞘筋, littéralement « gaine fémorale », est vraisemblablement une coquille) ; (19) couturier ; (20) adducteurs ; (21) droit fémoral ; (22) jambier antérieur ; (23) extenseur des orteils. （四）頭筋：（24）前頭筋 occipitofrontalis　（25）帽狀腱膜筋 galea aponeurotica　（26）眼輪匝筋 orbicularis oculi　（27）口輪匝筋 orbicularis oris　（28）闊頸筋 platysma\nMuscles de la tête : (24) occipito-frontal ; (25) aponévrose épicrânienne (galea) ; (26) orbiculaire de l\u0026rsquo;œil ; (27) orbiculaire des lèvres ; (28) platysma. 甲頭部　眼宜由前頭筋之收縮而擴張眼孔然後由眼輪匝筋收縮緊張眼瞼則凝眸諦視絕無顫動之慮口宜由口輪匝筋收縮向內閉鎖口吻牙則緊叩舌用力貼著口盖微捲向後若此則頰部顏面下腭諸部之皮膚皆緊張矣頸則由闊頸筋之收縮擴張頸部皮面更依項部深處後大小直頭筋之作用及前述口部之協力使頭部挺直帽狀腱膜前後緊張更因兩肩下埀之力延展頸部面積\nA. La tête. Pour les yeux : par la contraction de l\u0026rsquo;occipito-frontal, l\u0026rsquo;ouverture de l\u0026rsquo;œil s\u0026rsquo;élargit ; puis, par la contraction de l\u0026rsquo;orbiculaire de l\u0026rsquo;œil qui tend les paupières, le regard se fixe et examine avec attention, sans la moindre crainte de trembler. Pour la bouche : par la contraction de l\u0026rsquo;orbiculaire des lèvres, la bouche se ferme vers l\u0026rsquo;intérieur ; les dents se serrent ; la langue presse fortement contre le palais, légèrement roulée en arrière. Ainsi la peau des joues, du visage et du menton est toute tendue. Pour le cou : par la contraction du platysma, la peau de la nuque se déploie ; avec en outre l\u0026rsquo;action des muscles droits postérieurs de la tête, grands et petits, au fond de la nuque, et le concours de la bouche décrite plus haut, la tête se tient droite, l\u0026rsquo;aponévrose épicrânienne se tend d\u0026rsquo;avant en arrière, et, par la force des deux épaules qui tombent, la surface du cou s\u0026rsquo;étire.\n乙胴部　肩胛宜極力下垂更因前大鋸筋之收縮上掣肋骨以拓張胸廓同時大胸筋僧帽筋前後牽引肩部使固定不移臀部用力下埀下腹筋肉掣骨盤於前下方大臀筋亦用力收縮成外轉大腿之勢肛門括約筋亦縮小肛門使向內上方腰部宜用方形腰筋及橫隔膜收縮之力反張脊柱下部使上身重點落於骨盤正中線上\nB. Le tronc. Les omoplates doivent tomber de toute leur force ; en outre, par la contraction du grand dentelé qui tire les côtes vers le haut, la poitrine s\u0026rsquo;élargit, tandis que le grand pectoral et le trapèze tirent les épaules en avant et en arrière pour les fixer sans bouger. Les fesses font effort vers le bas ; les muscles du bas-ventre tirent le bassin en avant et en bas ; le grand fessier se contracte avec force, donnant aux cuisses une tendance à la rotation externe ; le sphincter de l\u0026rsquo;anus resserre l\u0026rsquo;anus vers le haut et l\u0026rsquo;intérieur. Pour la taille, il faut user de la force de contraction des muscles carrés des lombes et du diaphragme, qui étendent en arrière la partie inférieure de la colonne, faisant retomber le centre de gravité du haut du corps sur la ligne médiane du bassin.\n丙四肢部　（一）上肢基部宜用力內轉二頭膊筋與三頭膊筋平均收縮俾前後相抵抗肘向體中線扭轉前膊與上膊常成九十至一百七十度之角並因迴前圓筋之收縮使腕部側立手則由深淺屈指筋之收縮依次屈各指俾拇指與食指成半圓形並使拇指基部與小指基部極相接近俾小指亦與他指平均用力（二）下肢大腿內面之內轉股筋縫匠筋向內牽掣膝關節大中小諸臀筋亦收縮俾大腿有外轉之勢四頭二頭股筋亦同時收縮俾下腿與大腿成百五十度之角前後保持平均態度下腿在前者後面之二頭腓腸筋與深層之比目魚筋相伴收縮使脚跟與下腿後面有相接近之勢在後之腿更因二頭股筋用力收縮及屈趾筋之作用使膝關節屈向前內方而兩脚皆宜四面向下用力使體重平均集於兩脚之中心兩脚之方向常成四十五度惟龍形九十度之角後足之內踝與前足之後跟須在一直線內此全身用力之大槪情形也然各部筋肉縱橫交互關係複雜紛紜委曲殆有不可以言喻者心悟神會以盡精微則存諸其人矣\nC. Les quatre membres. (1) Pour le bras : la partie supérieure doit s\u0026rsquo;efforcer de tourner vers l\u0026rsquo;intérieur ; le biceps et le triceps se contractent également, se faisant front ; le coude se tourne vers la ligne médiane du corps ; l\u0026rsquo;avant-bras et le bras font ordinairement un angle de quatre-vingt-dix à cent soixante-dix degrés ; et, par la contraction du rond pronateur, le poignet se dresse de côté. Quant à la main, par la contraction des fléchisseurs profonds et superficiels des doigts, chaque doigt se fléchit à son rang, si bien que le pouce et l\u0026rsquo;index forment un demi-cercle, la base du pouce et la base de l\u0026rsquo;auriculaire se rapprochant au plus près, pour que l\u0026rsquo;auriculaire travaille autant que les autres doigts. (2) Pour les membres inférieurs : à la face interne de la cuisse, les adducteurs et le couturier tirent l\u0026rsquo;articulation du genou vers l\u0026rsquo;intérieur ; les fessiers, grand, moyen et petit, se contractent aussi, donnant à la cuisse une tendance à la rotation externe ; le quadriceps et le biceps fémoral se contractent en même temps, de sorte que la jambe et la cuisse font un angle de cent cinquante degrés, gardant en avant et en arrière une attitude équilibrée. Pour la jambe de devant : le gastrocnémien et le soléaire profond qui l\u0026rsquo;accompagne se contractent ensemble, rapprochant le talon de l\u0026rsquo;arrière de la jambe. Pour la jambe de derrière : par la contraction énergique du biceps fémoral et l\u0026rsquo;action des fléchisseurs des orteils, le genou se fléchit en avant et en dedans. Quant aux deux pieds, ils doivent tous deux faire effort vers le bas dans les quatre directions, répartissant également le poids du corps au centre des deux pieds ; la direction des deux pieds fait ordinairement un angle de quarante-cinq degrés — sauf dans la forme du dragon, où il est de quatre-vingt-dix — et la malléole interne du pied arrière et le talon du pied avant doivent être sur une même ligne droite. Telle est, en gros, la façon de faire effort de tout le corps. Cependant, les rapports des muscles entre eux, dans leur trame croisée, sont si complexes, si enchevêtrés et si subtils qu\u0026rsquo;on ne saurait les dire : c\u0026rsquo;est à chacun de les comprendre avec le cœur et de les saisir par l\u0026rsquo;esprit, pour épuiser les raffinements.\n運動氣血通貫全身使筋肉漲露之圖\nFigure : le mouvement fait circuler le qi et le sang dans tout le corps et fait saillir les muscles.\n第四章　六合論 — Chapitre IV : les six unions 吾嘗言夫丹田矣丹田盈而後藝精更詳夫練气矣練气足而丹田益充此皆得之于內而應之于外者六合與七疾必不可不講矣七疾姑于下論之所謂六合者手與足合肘與膝合肩與胯合是為外三合心與意合意與气合气與力合是為內三合內外相關統之曰六合譜云手去脚不去則罔然脚去手不去亦罔然又曰上法須要先上身手脚齊到才為眞又曰手與脚合多一力又曰脚打跴意莫留情消息全憑後足蹬讀此可見手足相關之意蓋演藝時手一伸肩摧肘肘摧手足一進胯摧膝膝摧足手足也肘膝也肩胯也其各點皆遙遙相對肩肘手在於上胯膝足在於下而人之一身下猶為上之本譬諸大樹腿其根也故胯一動而肩隨之膝一進而肘隨之足一趨而手隨之於是乎合演藝時身法最貴乎整上下連而為一無前仰後合先後錯亂之病是為整苟將整字作到眞有撼山易撼岳家軍難之勢然四肢之動果何所主使乎人莫不知其為心心之動是為意意有去意來意攻意守意之别原之於心動之於意故曰心意須相合否則主宰者不力手足卽不聽指揮而耳目無所施其聰明矣意之所發謂之气气之所使任乎意相關相生故須曰合然當進退騰挪之時固曰以心意主宰之以气行使之然气之表見者力也力借以表見者四肢也吾人忌任气特就行事而言卽吾輩武人猝遇事變亦不可胡亂使气若如去頭蒼蠅瞎懵瞎衝行見其心惶意亂而力無所用手足失其所措敵人乃可乘隙而入必敗無疑也故心與意合意與气合而气與力猶須相合蓋合不合全視气如何也按气有督摧之功力有取捨之能故有气方能有力練武者苟捨其气則無須其力矣吾輩武人培養丹田積精蓄銳一旦有事應敵之來心意一動手足相應肩胯相合肘膝隨之而到而週身之气不運自運不聚自聚內外如一成其六合一團凝气精神飽滿聳然巍然如泰山之不可推移而身法旣整而活是則全恃平日練習有素非只就交手而言也\nJ\u0026rsquo;ai déjà parlé du dantian : le dantian plein, l\u0026rsquo;art devient accompli. J\u0026rsquo;ai aussi détaillé le travail du qi : le qi suffisant, le dantian se remplit davantage. Ce sont là des choses obtenues à l\u0026rsquo;intérieur et répondant à l\u0026rsquo;extérieur ; quant aux six unions (liu he) et aux sept promptitudes (qi ji), il est indispensable d\u0026rsquo;en parler. Les sept promptitudes seront traitées au chapitre suivant. Ce qu\u0026rsquo;on appelle les six unions : les mains s\u0026rsquo;accordent avec les pieds, les coudes avec les genoux, les épaules avec les hanches — ce sont les trois unions externes (wai san he) ; le cœur s\u0026rsquo;accorde avec l\u0026rsquo;intention, l\u0026rsquo;intention avec le qi, le qi avec la force — ce sont les trois unions internes (nei san he). Internes et externes se répondent, et l\u0026rsquo;ensemble s\u0026rsquo;appelle les six unions. Le manuel dit : « La main va et le pied ne va pas : tout est vain ; le pied va et la main ne va pas : tout est vain. » Il dit encore : « La méthode d\u0026rsquo;en haut veut d\u0026rsquo;abord que le haut du corps se meuve ; mains et pieds arrivent ensemble : alors seulement c\u0026rsquo;est vrai. » Il dit aussi : « La main s\u0026rsquo;accorde avec le pied : une force de plus. » Et : « Le pied frappe en foulant, sans laisser passer le sentiment ; le secret tient tout entier au talon de derrière qui pousse. » À lire cela, on voit l\u0026rsquo;esprit qui unit mains et pieds. En effet, quand on pratique, la main s\u0026rsquo;étend : l\u0026rsquo;épaule pousse le coude, le coude pousse la main ; le pied avance : la hanche pousse le genou, le genou pousse le pied. La main et le pied, le coude et le genou, l\u0026rsquo;épaule et la hanche : tous ces points se répondent à distance. Épaule, coude, main sont en haut ; hanche, genou, pied en bas. Et dans le corps humain, le bas est la racine du haut : tel un grand arbre dont les jambes seraient les racines. Aussi, quand la hanche bouge, l\u0026rsquo;épaule la suit ; quand le genou avance, le coude le suit ; quand le pied court, la main le suit : voilà l\u0026rsquo;accord.\nDans la pratique, la qualité la plus précieuse du corps est la cohésion (zheng) : le haut et le bas se lient en un seul, sans défaut de bascule en avant ou en arrière, sans désordre d\u0026rsquo;antériorité ni de postériorité — c\u0026rsquo;est cela, la cohésion. Quand on a vraiment réalisé ce mot, on a vraiment cette puissance : « il est plus facile d\u0026rsquo;ébranler une montagne que l\u0026rsquo;armée de la famille Yue ». Mais, au fond, qu\u0026rsquo;est-ce qui commande le mouvement des quatre membres ? Chacun sait que c\u0026rsquo;est le cœur. Le mouvement du cœur, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;intention (yi). L\u0026rsquo;intention se distingue en intention d\u0026rsquo;aller, intention de venir, intention d\u0026rsquo;attaquer, intention de défendre. Elle prend sa source dans le cœur et se meut en intention : aussi dit-on que le cœur et l\u0026rsquo;intention doivent s\u0026rsquo;accorder ; sinon, le maître manque de force, les mains et les pieds n\u0026rsquo;obéissent plus, et les oreilles et les yeux ne peuvent plus exercer leur discernement. Ce que l\u0026rsquo;intention émet, c\u0026rsquo;est le qi ; ce que le qi met en œuvre obéit à l\u0026rsquo;intention : ils se répondent et s\u0026rsquo;engendrent, aussi faut-il dire qu\u0026rsquo;ils s\u0026rsquo;accordent. Mais, au moment d\u0026rsquo;avancer, de reculer, de bondir, de se déplacer, on dit bien que le cœur et l\u0026rsquo;intention commandent et que le qi exécute ; cependant, ce par quoi le qi se manifeste, c\u0026rsquo;est la force, et ce par quoi la force se manifeste, ce sont les quatre membres. Nous évitons de nous abandonner au qi — cela vaut pour la conduite en général ; même nous, gens de guerre, surpris par un événement soudain, nous ne devons pas jeter le qi au hasard. Sinon, comme une mouche sans tête, on se heurte à l\u0026rsquo;aveugle : on verra le cœur troublé, l\u0026rsquo;intention en désordre, la force sans emploi, les mains et les pieds ne sachant où se poser — et l\u0026rsquo;ennemi, profitant de la brèche, s\u0026rsquo;y engouffrera : la défaite est certaine. Aussi le cœur doit-il s\u0026rsquo;accorder avec l\u0026rsquo;intention, l\u0026rsquo;intention avec le qi, et le qi encore avec la force : car l\u0026rsquo;accord ou le désaccord dépend tout entier de la manière dont le qi se comporte. Le qi a le pouvoir de commander et de pousser ; la force a le pouvoir de prendre et de laisser. Aussi, avec le qi, on a la force ; et le pratiquant qui renoncerait au qi n\u0026rsquo;aurait que faire de la force. Nous autres, gens de guerre, nous cultivons le dantian, nous amassons l\u0026rsquo;essence et accumulons la vigueur : le jour où l\u0026rsquo;événement survient, à l\u0026rsquo;approche de l\u0026rsquo;ennemi, le cœur et l\u0026rsquo;intention s\u0026rsquo;ébranlent, les mains et les pieds répondent, les épaules et les hanches s\u0026rsquo;accordent, les coudes et les genoux arrivent à leur suite, et le qi du corps entier circule sans qu\u0026rsquo;on le fasse circuler, se concentre sans qu\u0026rsquo;on le concentre : intérieur et extérieur ne font qu\u0026rsquo;un, les six unions s\u0026rsquo;accomplissent en une masse de qi coagulé, l\u0026rsquo;esprit est plein, le corps se dresse, immobile et majestueux comme le mont Tai qu\u0026rsquo;on ne peut déplacer. Et si le corps, cohérent, est aussi vivant, c\u0026rsquo;est entièrement grâce au travail assidu de chaque jour — cela ne se dit pas seulement du combat.\n第五章　七疾論 — Chapitre V : les sept promptitudes 七疾者眼要疾手要疾脚要疾意要疾出勢要疾進退要疾身法要疾也習拳者具此七疾方能完全制勝所謂縱橫往來目不及瞬有如生龍活虎令人不可捉摸者惟恃此耳\nLes sept promptitudes sont : l\u0026rsquo;œil prompt, la main prompte, le pied prompt, l\u0026rsquo;intention prompte, la sortie de posture prompte, l\u0026rsquo;avance et le recul prompts, le corps prompt. Le boxeur qui possède ces sept promptitudes peut vaincre complètement. Ce qu\u0026rsquo;on appelle « aller et venir en tous sens, sans que l\u0026rsquo;œil ait le temps de cligner, pareil au dragon vivant et au tigre fou, impossible à saisir » — cela ne tient qu\u0026rsquo;à cela.\n一眼要疾眼為心之苗目察敵情達之於心然後能應敵變化取勝成功然交手之時瞬息萬變眼不疾卽不能察其動靜識其變化焉能出奇制勝哉譜云心為元帥眼為先鋒蓋言心之變動均恃眼之遲疾然則眼之疾實練藝者之必要也\nL\u0026rsquo;œil doit être prompt. L\u0026rsquo;œil est la pousse du cœur : l\u0026rsquo;œil observe la situation de l\u0026rsquo;ennemi et la transmet au cœur, qui alors peut répondre aux changements, vaincre et réussir. Mais, au combat, tout change en un éclair : si l\u0026rsquo;œil n\u0026rsquo;est pas prompt, on ne peut discerner le mouvement et le repos de l\u0026rsquo;autre, reconnaître ses changements — comment alors triompher par la surprise ? Le manuel dit : « Le cœur est le général en chef, l\u0026rsquo;œil l\u0026rsquo;avant-garde. » Cela veut dire que tous les changements du cœur dépendent de la lenteur ou de la promptitude de l\u0026rsquo;œil. La promptitude de l\u0026rsquo;œil est donc une nécessité pour qui pratique l\u0026rsquo;art. 二手要疾手者人之羽翼也凡捍蔽進攻無不賴之但交手之道全恃遲速遲者負速者勝理之自然故俗云眼明手快有勝無敗譜云手起如箭落如風追風赶月不放鬆亦謂手法敏疾乘其無備而攻之出其不意而取之不怕其身大力猛一動而卽敗也\nLa main doit être prompte. Les mains sont les ailes de l\u0026rsquo;homme : toute parade et toute attaque s\u0026rsquo;en remettent à elles. Mais, dans le combat, tout tient à la lenteur ou à la vitesse : le lent est vaincu, le rapide vainc — c\u0026rsquo;est une loi naturelle. Aussi dit-on : « L\u0026rsquo;œil clair et la main rapide : victoire sans défaite. » Le manuel dit : « La main se lève comme une flèche, retombe comme le vent ; poursuis le vent, cours après la lune, sans lâcher prise. » Cela veut dire aussi que la main, prompte et agile, attaque l\u0026rsquo;ennemi sans qu\u0026rsquo;il soit prêt et le saisit sans qu\u0026rsquo;il s\u0026rsquo;y attende : qu\u0026rsquo;il soit grand et fort, peu importe — au premier mouvement, il est vaincu. 三脚要疾脚者身體之基也脚立穩則身穩脚前進則身隨之形意拳中渾身力整無一處偏重脚進身進直搶敵人之位則彼自仆譜云手與脚合多一力又云脚打跴意莫容情消息全憑後足蹬脚踏中門搶他位就是神手也難防又曰脚打七分手打三由是觀之脚之疾更當疾於手之疾也\nLe pied doit être prompt. Les pieds sont la base du corps : les pieds stables, le corps est stable ; le pied avance et le corps le suit. Dans la boxe xingyi, la force du corps entier est unifiée, sans qu\u0026rsquo;aucun point pèse plus que l\u0026rsquo;autre : le pied avance, le corps avance, on va droit prendre la place de l\u0026rsquo;ennemi, et il tombe de lui-même. Le manuel dit : « La main s\u0026rsquo;accorde avec le pied : une force de plus. » Il dit encore : « Le pied frappe en foulant, sans laisser passer le sentiment ; le secret tient tout entier au talon de derrière qui pousse ; le pied entre par la porte centrale, lui prend sa place : même une main divine ne peut la défendre. » Et encore : « Le pied frappe sept parts, la main trois. » À voir cela, le pied doit être prompt plus encore que la main. 四意要疾意者體之帥也前言眼有監察之精手有撥轉之能脚有行逞之功然其遲速緊慢均惟意之適從所謂立意一疾眼與手脚均得其要領故眼之明察秋毫意使之也手出不空回拳之精意使之也脚之捷亦意使之捷也然則意可不疾乎\nL\u0026rsquo;intention doit être prompte. L\u0026rsquo;intention est le général du corps. J\u0026rsquo;ai dit plus haut que l\u0026rsquo;œil a l\u0026rsquo;essence de l\u0026rsquo;inspection, la main la capacité de parer et de tourner, le pied la fonction de courir et d\u0026rsquo;aller ; mais leur lenteur, leur rapidité, leur tension, leur souplesse obéissent toutes à l\u0026rsquo;intention. Dès que l\u0026rsquo;intention est prompte, l\u0026rsquo;œil, les mains et les pieds en tiennent tous la clé : la vue perçante de l\u0026rsquo;œil, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;intention qui la fait ; la main qui sort et ne revient pas à vide, l\u0026rsquo;essence du poing, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;intention qui la fait ; la vivacité du pied, c\u0026rsquo;est encore l\u0026rsquo;intention qui la rend vive. Comment alors l\u0026rsquo;intention pourrait-elle ne pas être prompte ? 五出勢要疾夫存乎內者為意現乎外者為勢意旣疾矣出勢更不可不疾也事變當前必勢隨意生隨機應變令敵人迅雷不及掩耳張皇失錯無對待之策方能制勝若意變甚速而勢疾不足以隨之則應對乖張其敗必矣故意勢相合成功可决意疾勢緩必負無疑習技者可不加之意乎\nLa sortie de posture doit être prompte. Ce qui demeure à l\u0026rsquo;intérieur, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;intention ; ce qui se manifeste au-dehors, c\u0026rsquo;est la posture. L\u0026rsquo;intention étant prompte, la sortie de la posture doit l\u0026rsquo;être plus encore. Quand l\u0026rsquo;événement est là, il faut que la posture naisse avec l\u0026rsquo;intention, qu\u0026rsquo;elle réponde au changement selon l\u0026rsquo;occasion, et que l\u0026rsquo;ennemi, pris comme par un coup de tonnerre avant d\u0026rsquo;avoir bouché ses oreilles, perde la tête, fasse erreur, n\u0026rsquo;ait plus de plan à opposer : alors seulement on vainc. Si l\u0026rsquo;intention change très vite mais que la posture n\u0026rsquo;est pas assez prompte pour la suivre, la réponse est faussée et la défaite certaine. Aussi, intention et posture accordées, le succès est décidé ; intention prompte et posture lente, la défaite est assurée. Le pratiquant ne doit-il pas y prendre garde ? 六進退要疾此節所論乃縱橫往來進退反側之法也當進則進竭其力而直前當退則退領其氣而回轉至進退之宜則須察乎敵人之强弱强則避之宜以智取弱則攻之可以力敵要在速進速退不使敵人得乘其隙所謂高低隨時縱橫因勢者是也\nL\u0026rsquo;avance et le recul doivent être prompts. Cette section traite des méthodes pour aller et venir en tous sens, avancer, reculer, se retourner et se coucher. Quand il faut avancer, avance : épuise sa force et va droit devant. Quand il faut reculer, recule : mène son qi et se retourne. Quant à l\u0026rsquo;à-propos de l\u0026rsquo;avance et du recul, il faut examiner la force ou la faiblesse de l\u0026rsquo;ennemi : fort, on l\u0026rsquo;évite et on le prend par l\u0026rsquo;intelligence ; faible, on l\u0026rsquo;attaque et on peut le vaincre par la force. L\u0026rsquo;essentiel est d\u0026rsquo;avancer vite et de reculer vite, sans laisser l\u0026rsquo;ennemi profiter d\u0026rsquo;une brèche. C\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « haut et bas selon l\u0026rsquo;occasion, travers et long selon la situation ». 七身法要疾形意武術中凡五行六合七疾八要十二形象等法皆以身法為本譜云身如弩弓拳如箭又云上法須要先上身手脚齊到方為眞故身法者形意拳術之本也搖膀活胯週身輾轉側身而進不可前俯後仰左歪右邪進則直出退則直落尤必手與足合肘與膝合肩與胯合（卽外三合）務使其週身團結上下如一雖進退亦不能破散故必作到疾而不散而身法之疾乃見完成不特速勝遲負之空理而已也\nLe corps doit être prompt. Dans l\u0026rsquo;art du xingyi, tout — cinq éléments, six unions, sept promptitudes, huit exigences, douze formes — a le corps pour fondement. Le manuel dit : « Le corps est comme un arc, le poing comme une flèche. » Il dit encore : « La méthode d\u0026rsquo;en haut veut d\u0026rsquo;abord que le haut du corps se meuve ; mains et pieds arrivent ensemble : alors seulement c\u0026rsquo;est vrai. » Aussi le corps est-il la racine de l\u0026rsquo;art du xingyi. On balance les épaules, on délie les hanches, le corps entier se retourne, on avance de côté, sans pencher en avant ni se renverser en arrière, sans dévier à gauche ni à droite ; en avant, on sort droit ; en retraite, on retombe droit ; et surtout, les mains s\u0026rsquo;accordent avec les pieds, les coudes avec les genoux, les épaules avec les hanches (c\u0026rsquo;est-à-dire les trois unions externes), afin que le corps entier se soude, haut et bas ne faisant qu\u0026rsquo;un : même en avançant et en reculant, il ne se désagrège pas. Il faut donc être prompt sans se disperser : alors la promptitude du corps est accomplie — ce n\u0026rsquo;est pas seulement la théorie vide du « rapide vainc, lent est vaincu ». 第六章　起落攅翻橫竪辨 — Chapitre VI : distinguer lever et retomber, forer et retourner, horizontal et vertical 按五拳十二形之起落攅翻橫竪數字學者最易糢糊卽敎者亦未易明白指示蓋一手倐忽之間而六字皆備焉譜云起橫不見橫落順不見順又云起無形落無踪言神乎技者之巧妙無踪受之者與觀之者俱不能知其所以然也然使學者於初學時卽不辨其孰為起落孰為攅翻孰為橫竪則用力從何處著手心又從何處領會此等處敎人者亟須辨之竊謂手之一動為起由動而直上出為攅攅之後腕稍扭為橫由扭而使手之虎口朝上時為翻旣至虎口完全朝上則為竪矣至竪而近於落矣然又未必能遽落也或離敵稍遠再以手前去而逼之此前出之時卽為順譜中攅翻橫竪起落之外又有落順不見順之順字卽此也及乎學者旣精誠有神乎其神不可捉模之處惟初學時則不可不逐條分别詳細言之耳如譜云朿身而起藏身而落此即一身之伸縮變化而言也起如風落如箭打倒還嫌慢又即一身與手足擊人而並言之也又云不攅不翻一寸為先盖敵己臨身時機迫促無暇攅翻且不及換步則將何以攻之乎曰在手直出然但手直出周身之力又恐不整故以寸步為先寸步者卽後足一蹬前足直去驚起四稍如此則渾身抖擞之力全注於不攅不翻之手敵人始能仰臥數武之外以上皆順字之效也\nDans les cinq boxings et les douze formes, les mots « lever » (qi) et « retomber » (luo), « forer » (zuan) et « retourner » (fan), « horizontal » (heng) et « vertical » (shu) sont ce que l\u0026rsquo;élève a le plus de mal à distinguer ; même le maître n\u0026rsquo;est pas à l\u0026rsquo;aise pour les indiquer clairement. C\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;en un geste, en un éclair, les six mots y sont tous contenus. Le manuel dit : « En levant, l\u0026rsquo;horizontal ne se voit pas ; en retombant, le fluide ne se voit pas. » Il dit encore : « Lever sans forme, retomber sans trace » : cela parle de la merveille d\u0026rsquo;une technique divine, sans trace — celui qui la reçoit et celui qui la regarde ne peuvent ni l\u0026rsquo;un ni l\u0026rsquo;autre savoir comment elle se fait. Mais si l\u0026rsquo;élève, dès le début, ne distingue pas ce qui est lever et retomber, forer et retourner, horizontal et vertical, où posera-t-il sa force ? Par où son cœur saisira-t-il ? C\u0026rsquo;est ce que le maître doit absolument distinguer. Pour moi, le premier mouvement de la main, c\u0026rsquo;est « lever » ; du mouvement, elle monte droit, c\u0026rsquo;est « forer » ; après le forage, le poignet tourne un peu, c\u0026rsquo;est « horizontal » ; de cette torsion, la bouche du tigre (hu kou) de la main se tourne vers le haut, c\u0026rsquo;est « retourner » ; une fois la bouche du tigre complètement tournée vers le haut, c\u0026rsquo;est « vertical ». Arrivé au vertical, on est proche du retomber ; mais on ne retombe pas nécessairement aussitôt : si l\u0026rsquo;on est encore un peu loin de l\u0026rsquo;ennemi, la main s\u0026rsquo;avance pour le presser — ce moment où elle s\u0026rsquo;avance, c\u0026rsquo;est le « fluide » (shun). Dans le manuel, outre forer, retourner, horizontal, vertical, lever, retomber, il y a aussi ce mot « fluide », du « en retombant, le fluide ne se voit pas » : c\u0026rsquo;est précisément cela. Quand l\u0026rsquo;élève est devenu expert, il y a vraiment du merveilleux, de l\u0026rsquo;insaisissable ; mais au début, il faut bien distinguer chaque point et l\u0026rsquo;expliquer en détail. Le manuel dit encore : « Se ramasser pour se lever, se cacher pour retomber » : cela parle de l\u0026rsquo;extension et de la contraction du corps entier. « Lever comme le vent, retomber comme la flèche ; renverser, et trouver encore trop lent » : cela parle du corps et des mains et des pieds frappant l\u0026rsquo;homme ensemble. Il dit aussi : « Sans forer ni retourner, un pouce d\u0026rsquo;abord » : quand l\u0026rsquo;ennemi est déjà sur toi, l\u0026rsquo;instant est pressant, on n\u0026rsquo;a pas le loisir de forer ni de retourner, ni même de changer de pas — comment alors l\u0026rsquo;attaquer ? La réponse : la main sort droite. Mais la main seule, droite, la force du corps entier risque de ne pas être cohérente : aussi le pas d\u0026rsquo;un pouce (cun bu) passe-t-il d\u0026rsquo;abord. Le pas d\u0026rsquo;un pouce, c\u0026rsquo;est le talon de derrière qui pousse, le pied de devant qui part droit, qui éveille les quatre extrémités : ainsi la force frémissante du corps entier se verse tout entière dans cette main qui n\u0026rsquo;a ni foré ni retourné, et l\u0026rsquo;ennemi est renversé à plusieurs pas de distance. Tout ce qui précède montre l\u0026rsquo;effet du « fluide ».\n第七章　樁法 — Chapitre VII : la méthode de la posture 目向前視　身斜四十五度　前膊約一百七十度　後膊約百十度　兩腿約一百五十度　前脚直　後脚斜四十五度　前手與心平　後手與臍平　兩肩平\nLes yeux regardent droit devant ; le corps est oblique à quarante-cinq degrés ; le bras avant forme environ cent soixante-dix degrés ; le bras arrière environ cent dix ; les deux jambes environ cent cinquante ; le pied avant est droit ; le pied arrière est oblique à quarante-cinq degrés ; la main avant est à hauteur du cœur ; la main arrière à hauteur du nombril ; les deux épaules sont de niveau.\n樁法必要：頭頂　項竪　肩垂　抱胯　前膊裹肘　提膝　提肛　手心回縮\nExigences de la posture : la tête pousse vers le haut ; la nuque se dresse ; les épaules tombent ; les hanches s\u0026rsquo;enveloppent ; l\u0026rsquo;avant-bras enveloppe le coude ; les genoux se relèvent ; l\u0026rsquo;anus se relève ; le centre des paumes se rétracte.\nNotes Liu Dianchen (劉殿琛) : maître de xingyi quan de la deuxième génération après Liu Qilan (劉奇蘭, 1819-1889), l\u0026rsquo;un des grands maîtres du xingyi de la fin des Qing. Son manuel, publié en 1921, fut l\u0026rsquo;un des premiers ouvrages modernes consacrés au xingyi quan. Le second volume (les cinq boxings, les douze formes, le boxing enchaîné, l\u0026rsquo;épée et la lance) n\u0026rsquo;est pas traduit ici pour des raisons de longueur. Huit exigences (八要, ba yao) : relever l\u0026rsquo;intérieur, réunir les trois centres, lier les trois intentions, fluidifier les cinq éléments, compléter les quatre extrémités, apaiser le cœur, aligner les trois pointes, percer par l\u0026rsquo;œil. C\u0026rsquo;est la trame du chapitre II, où chacune est développée. Six unions (六合, liu he) : les trois unions externes (mains-pieds, coudes-genoux, épaules-hanches) et les trois unions internes (cœur-intention, intention-qi, qi-force). « Il est plus facile d\u0026rsquo;ébranler une montagne que l\u0026rsquo;armée de la famille Yue » : allusion au général Yue Fei (岳飛, 1103-1142), dont les soldats étaient réputés inébranlables ; le xingyi quan se réclame traditionnellement de Yue Fei comme inventeur de l\u0026rsquo;art. Le « pouce » (一寸) : dans « sans forer ni retourner, un pouce d\u0026rsquo;abord », il s\u0026rsquo;agit du pas d\u0026rsquo;un pouce (cun bu, 寸步), le petit pas d\u0026rsquo;attaque où le pied arrière pousse et le pied avant part droit. Source du texte chinois : Liu Dianchen (劉殿琛), 《形意拳術抉微》 (Xingyi Quan Shu Juewei), 1921 — texte chinois dans le domaine public, consulté sur la page « THE XINGYI MANUAL OF LIU DIANCHEN » du blog de Paul Brennan (traduction anglaise de Paul Brennan, septembre 2012, protégée par le droit d\u0026rsquo;auteur ; consultée uniquement pour la compréhension du texte). Traduction française : nouvelle traduction réalisée directement à partir de l\u0026rsquo;original chinois pour ce site.\n","permalink":"https://classiques-martiaux-chinois.pages.dev/posts/xingyi-quan-shu-juewei-liu-dianchen/","summary":"\u003cp\u003eLe \u003cem\u003eXingyi Quan Shu Juewei\u003c/em\u003e (形意拳術抉微, « Subtilités choisies de l\u0026rsquo;art du\nxingyi quan ») est le manuel de \u003cstrong\u003eLiu Dianchen\u003c/strong\u003e (劉殿琛, également connu sous le\nnom de Liu Wenhua 劉文華), du district de Shen (深縣), dans le Hebei. Fils du\ngrand maître de xingyi Liu Qilan (劉奇蘭), Liu Dianchen enseigna notamment le\nxingyi quan à l\u0026rsquo;École de droit et de politique du Beiyang (北洋法政學校), à\nPékin, dans les années 1910. Son ouvrage, publié en 1921, s\u0026rsquo;ouvre sur cinq\npréfaces datées d\u0026rsquo;octobre à décembre 1920 — dont celles de Wang Daoyuan\n(王道元) et de Zhang Enshou (張恩綬) — puis se divise en deux volumes : le\npremier, traduit ici, expose la théorie générale — le dantian, le travail du\nqi, les huit exigences, les six unions, les sept promptitudes, la dynamique du\ngeste et la posture ; le second, consacré aux applications (les cinq boxings,\nles douze formes, le boxing enchaîné, l\u0026rsquo;épée et la lance), est omis pour des\nraisons de longueur. Le texte chinois, publié il y a plus d\u0026rsquo;un siècle, est dans\nle domaine public.\u003c/p\u003e\n\u003cp\u003eTraduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.\u003c/p\u003e","title":"Le Xingyi Quan Shu Juewei (形意拳術抉微) de Liu Dianchen"},{"content":"Le Taiji quan shi tujie (太極拳勢圖解, « Explication illustrée des postures du taiji quan ») est un manuel de Xu Yusheng (許禹生, 1878–1945), figure majeure du taiji quan à Pékin au début du XXe siècle. Fondateur de la Société de recherche en éducation physique de Pékin (Jingshi tiyu yanjiu she, 北京體育研究社) et élève de Yang Jianhou (楊健侯), Xu publia cet ouvrage en 1921 (dixième année de la République). La première partie (shang bian, 上編) expose les origines et les principes du taiji quan ; la seconde (xia bian, 下編) décrit, planches de dessins à l\u0026rsquo;appui, les postures de la forme et les méthodes de poussée des mains. Le texte chinois, publié en 1921, est dans le domaine public (l\u0026rsquo;auteur est mort en 1945).\nNous traduisons ici la préface de l\u0026rsquo;auteur et la première partie complète, qui culmine avec le commentaire du Taiji quan jing (太極拳經, « Classique du taiji quan ») attribué à Wang Zongyue. La seconde partie, inséparable de ses planches, est omise pour des raisons de longueur. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.\nPréface de l\u0026rsquo;auteur (自序) 余幼孱弱多疾病。因徧閱養生之書。節飲食。愼起居。若是者累年。卒未收效。尋得華陀五禽經、達摩易筋經、八段錦諸書。從事練習。然均有圖無說。精意不傳。勉强摹仿。效亦甚尠。遂未竟學。後乃從事外家拳術。習技擊。事跳躍。於是身體稍壯。然苦於鍛鍊之猛。稍輟而疾又作矣。始知亦非良法。最後得內家拳術。卽世所謂太極功者。俯仰屈伸。以意導氣。簡而易習。柔而省力。習未期年。而宿疾盡愈。效至鉅矣。其拳每勢運動。均有節拍可循。而前後聯絡。宛如一氣呵成。呼吸與動作、相為激盪。氣血筋骸。活潑無滯。殆深得古導引術之意者。其動作之剛柔進退。陰陽虛實。實合周易太極之理。而對敵之時。因勢利導。應機而發。批隙導窾。悉中肯綮。誠莊子所謂技而近乎道者也。因為圖解。公之於世。雖於古人之意未必盡合。而善習者未始不可藉為入道之階。閱者勿專視為拳技也可。\nDans mon enfance, j\u0026rsquo;étais chétif et souvent malade. Je lus donc toutes sortes d\u0026rsquo;ouvrages sur l\u0026rsquo;art de nourrir la vie, je modérai nourriture et boisson, je fus attentif à mon rythme de vie — j\u0026rsquo;en fis ainsi pendant des années, sans résultat décisif. Je me procurai ensuite les livres de la Classique des cinq animaux de Hua Tuo, du Yijin jing (易筋經, Classique du changement des tendons) de Bodhidharma et des Huit pièces de brocart (八段錦), et je m\u0026rsquo;exerçai selon eux. Mais tous n\u0026rsquo;avaient que des figures sans explications : l\u0026rsquo;essentiel n\u0026rsquo;y était pas transmis. À force de les imiter tant bien que mal, l\u0026rsquo;effet fut bien mince, et j\u0026rsquo;abandonnai ces études. Je me tournai alors vers la boxe de l\u0026rsquo;école externe : j\u0026rsquo;appris les techniques de combat, je m\u0026rsquo;adonnai aux sauts et aux bonds, et mon corps se fortifia quelque peu. Mais je souffrais de la violence de ces exercices ; dès que je m\u0026rsquo;arrêtais un peu, la maladie revenait. Je compris alors que ce n\u0026rsquo;était pas non plus une bonne méthode. Enfin, je parvins à la boxe de l\u0026rsquo;école interne, celle qu\u0026rsquo;on appelle dans le monde le « travail du taiji » (taiji gong). S\u0026rsquo;incliner et se redresser, se plier et s\u0026rsquo;étendre, conduire le souffle par l\u0026rsquo;intention : simple et facile à pratiquer, souple et peu fatigant. Avant qu\u0026rsquo;une année fût écoulée, toutes mes vieilles maladies étaient guéries — l\u0026rsquo;efficacité en fut immense. Dans cette boxe, chaque posture a son mouvement rythmé, et l\u0026rsquo;avant et l\u0026rsquo;arrière s\u0026rsquo;enchaînent comme un seul souffle mené à bien. La respiration et le mouvement s\u0026rsquo;excitent mutuellement ; le souffle et le sang, les muscles et les os s\u0026rsquo;animent sans stagnation — elle a profondément saisi le sens des anciens exercices de guidage (daoyin, 導引). Ses mouvements, durs et souples, d\u0026rsquo;avance et de recul, de yin et de yang, de vide et de plein, s\u0026rsquo;accordent réellement au principe du taiji du Livre des mutations (周易). Face à l\u0026rsquo;adversaire, on suit la situation pour la mener à son profit, on jaillit selon l\u0026rsquo;occasion, on frappe dans les interstices et l\u0026rsquo;on s\u0026rsquo;insinue dans les creux, touchant toujours le point juste — vraiment, comme le dit Zhuangzi, une technique qui touche au Dao. C\u0026rsquo;est pourquoi j\u0026rsquo;ai composé cette explication illustrée et l\u0026rsquo;ai offerte au public. Quand bien même elle ne rendrait pas entièrement l\u0026rsquo;intention des anciens, qui la pratiquera bien pourra s\u0026rsquo;en servir comme d\u0026rsquo;un degré vers le Dao. Que le lecteur ne la regarde pas seulement comme un art de boxe.\n中華民國十年秋古燕許靇厚敘於京師體育研究社\nÉcrite à l\u0026rsquo;automne de la dixième année de la République (1921), par Xu Longhou (許靇厚), de l\u0026rsquo;antique Yan, à la Société de recherche en éducation physique de la capitale.\nPremière partie (上編) Chapitre 1 — Introduction (緒言) 昔河出圖而八卦畫。洛呈書而九疇敘。孔子因之以作周易。易雖本諸卜筮之說。而萬事之理。則已悉具其中矣。然因卦作說。無提綱挈領之要。後人不能融會貫通。各執一說。每入歧途。周子憂之。默契道體。根極要領。作太極圖說。使天理之微。人倫之著。事務之衆。鬼神之幽。莫不洞然。畢貫於一。誠言哲學者之鼻祖也。我國拳術發明最早。而迄今反無統一之術者。蓋緣後世學者言術而不言理。視為技藝。而不用作鍛鍊身心之具耳。攷拳術之由來。蓋出於古之導引術。當上古醫藥尚未發明。人偶為六氣所中。榮衛失宜。氣血聚而為病。則屈伸俯仰。以意導氣。舒其所凝滯之處。使通暢焉。則疾自愈。故名為導引。昔伏羲命陰康作大舞。展舒肢體。以愈民疾。黄帝作內經。採按摩導引諸法。以繼針砭酒醴之所窮。蓋皆本體育原理。以運動戰勝疾病也。莊子曰吐故納新。熊經鳥申。則合於呼吸運動矣。漢華陀因推廣之。以作五禽經。（虎鹿猿熊鳥是也）其謂吳普之言曰。『人體欲得勞動。但不當使極耳。動則穀氣得消。血脈流通。病不得生。譬如戶樞終不朽也。是以古之仙者。為導引之事。引挽要體動諸關節。以求難老。吾有一術。名曰五禽之圖。覺體有不快。則起作一禽之戲。怡而汗出。卽輕便而欲食矣。』吳從而學之。年九十餘。而耳目聰明。少林寺僧人承其意。融合達摩所傳散手、而作五拳。（龍虎豹蛇鶴）然注重應用。詳少林拳術秘訣已失體育之原意矣。然宋元以來、言技藝者多祖述之。自寺焚之後。僧徒星散。黠者巧為附會。各執一是。派别繁多。而少林眞傳。反因之湮没。元之季世。有隱君子者。曰張三丰先生。本儒家太極之理。融會各家之長。納五行八卦於拳術步法方位之中。而以太極之陰陽剛柔動靜。喻其作用。提綱絜領。名為內家。蓋所以别於方外也。就着勢言之。太極拳固無異於各家拳術。然其運動行氣。純以虛靜勝人。注重精神上之修養。堅凝意志。增進智慧。則非外功拳術專從事於筋肉鍛鍊者。所可同日語也。素習外功拳術者。倘稍師其意。亦能不勞而獲。由是觀之。易學得太極圖說。而衆理一貫。拳術得太極功。而各家統一矣。其拳經傳於世者。約有數種。然抄襲相傳。魚魯莫辨。壬子歲曾囑關君葆謙校訂。近本社附設體育學校。授課之暇。因取原書。加以注釋。幷就其拳中姿勢、繪圖著說。以示學者。倘亦取行遠自邇登高自卑之意云爾。\nJadis, le Fleuve Jaune fit sortir le diagramme et l\u0026rsquo;on traça les huit trigrammes (八卦) ; la rivière Luo fit paraître l\u0026rsquo;écrit et l\u0026rsquo;on ordonna les neuf domaines. Confucius s\u0026rsquo;en servit pour composer le Livre des mutations (易). Bien que le Yi ait pour origine la divination, la raison de toutes choses y est déjà contenue tout entière. Mais comme les explications attachées aux hexagrammes manquaient d\u0026rsquo;un fil conducteur, les générations suivantes ne purent les fondre en une compréhension unique : chacun s\u0026rsquo;en tenait à son explication et s\u0026rsquo;égaraient souvent sur des voies divergentes. Zhouzi (周子, Zhou Dunyi) s\u0026rsquo;en inquiéta : s\u0026rsquo;accordant en silence avec la substance du Dao, il en saisit l\u0026rsquo;essentiel et composa l\u0026rsquo;Explication du diagramme du taiji (太極圖說), grâce à quoi la subtilité des principes célestes, l\u0026rsquo;évidence des relations humaines, la multiplicité des affaires et le mystère des esprits s\u0026rsquo;éclairent tous, reliés en un seul principe — on peut vraiment dire qu\u0026rsquo;il est le fondateur de la philosophie. Les arts de boxe de notre pays furent les premiers inventés au monde, et pourtant ils n\u0026rsquo;ont pas encore aujourd\u0026rsquo;hui de méthode unifiée : c\u0026rsquo;est que les générations suivantes parlaient de la technique sans parler du principe, les regardaient comme un savoir-faire et ne s\u0026rsquo;en servaient pas comme d\u0026rsquo;un instrument pour exercer le corps et l\u0026rsquo;esprit. Si l\u0026rsquo;on examine l\u0026rsquo;origine des arts de boxe, ils sortent des anciens exercices de guidage (daoyin). À la plus haute antiquité, la médecine n\u0026rsquo;existait pas encore ; lorsqu\u0026rsquo;un homme était atteint par les six souffles (六氣), que l\u0026rsquo;ying et le wei (榮衛, les défenses du corps) se déréglaient et que le souffle et le sang, en s\u0026rsquo;accumulant, faisaient maladie, on se pliait, on s\u0026rsquo;étendait, on s\u0026rsquo;inclinait, on se redressait, on guidait le souffle par l\u0026rsquo;intention, on détendait les endroits noués et stagnants pour les faire circuler, et la maladie se guérissait d\u0026rsquo;elle-même : c\u0026rsquo;est pourquoi cela s\u0026rsquo;appelait « guider-tirer » (daoyin). Jadis, Fu Xi chargea Yin Kang de composer la Grande Danse (大舞) : déployer et détendre les membres pour guérir les maladies du peuple. L\u0026rsquo;Empereur Jaune composa le Classique interne (內經), y recueillant les méthodes de massage et de guidage pour prolonger ce que l\u0026rsquo;acuponcture et les breuvages ne pouvaient achever. Tout cela procède du principe de l\u0026rsquo;éducation physique : vaincre la maladie par le mouvement. Zhuangzi dit : « Rejeter l\u0026rsquo;air usé, absorber l\u0026rsquo;air neuf ; s\u0026rsquo;étirer comme l\u0026rsquo;ours, se détendre comme l\u0026rsquo;oiseau » — voilà qui convient aux exercices de respiration. Hua Tuo des Han en développa l\u0026rsquo;idée et composa la Classique des cinq animaux (五禽經 : le tigre, le cerf, le singe, l\u0026rsquo;ours et l\u0026rsquo;oiseau). Il dit à Wu Pu : « Le corps humain veut du travail, mais il ne faut pas le pousser à l\u0026rsquo;extrême. Quand on bouge, l\u0026rsquo;énergie des grains se dissout, le sang circule, et la maladie ne peut naître — comme un gond de porte qui ne pourrit jamais. C\u0026rsquo;est pourquoi les anciens immortels pratiquaient le guidage : tirer et étirer le corps, mouvoir toutes les articulations, pour poursuivre une vieillesse sans décrépitude. Je possède un art, nommé Figures des cinq animaux. Quand je sens que mon corps n\u0026rsquo;est pas à l\u0026rsquo;aise, je me lève et joue l\u0026rsquo;un des animaux : content, je sue, puis, léger et dispos, j\u0026rsquo;ai appétit. » Wu Pu suivit cet enseignement et, passé quatre- vingt-dix ans, il avait encore l\u0026rsquo;ouïe fine et la vue claire. Les moines du temple Shaolin en reprirent l\u0026rsquo;idée, la fondirent avec les techniques dispersées (sanshou) transmises par Bodhidharma et composèrent les cinq boxe (龍虎豹蛇鶴 : dragon, tigre, léopard, serpent, grue), mais en mettant l\u0026rsquo;accent sur l\u0026rsquo;application — les Secrets de l\u0026rsquo;art de boxe de Shaolin en donnent le détail — et l\u0026rsquo;intention première d\u0026rsquo;éducation physique s\u0026rsquo;y était déjà perdue. Depuis les Song et les Yuan, ceux qui parlaient des arts s\u0026rsquo;en réclamaient pourtant. Quand le temple fut brûlé, les moines se dispersèrent comme des étoiles ; les plus habiles forgèrent des interprétations arbitraires, chacun s\u0026rsquo;en tenant à la sienne : les écoles se multiplièrent et la transmission authentique de Shaolin s\u0026rsquo;en trouva submergée. À la fin des Yuan, il y eut un sage retiré du monde, le maître Zhang Sanfeng (張三丰). Prenant pour fondement le principe confucéen du taiji, fondant les mérites de toutes les écoles, il fit entrer les cinq éléments (五行) et les huit trigrammes dans les techniques, les pas et les orientations de la boxe, et se servit du yin et du yang, du dur et du souple, du mouvement et du repos du taiji pour en figurer l\u0026rsquo;action. Relevant l\u0026rsquo;essentiel, il nomma cela l\u0026rsquo;école interne (內家) — pour la distinguer de ce qui était hors du monde (方外). Si l\u0026rsquo;on regarde les techniques, le taiji quan ne diffère en rien des boxe des autres écoles ; mais son mouvement et sa circulation du souffle triomphent de l\u0026rsquo;autre purement par le vide et le calme : il met l\u0026rsquo;accent sur la culture de l\u0026rsquo;esprit, la consolidation de la volonté, l\u0026rsquo;accroissement de l\u0026rsquo;intelligence — ce dont les boxe de force externe, qui ne s\u0026rsquo;occupent que d\u0026rsquo;exercer les muscles, ne sauraient parler sur le même ton. Si ceux qui pratiquent habituellement la force externe empruntaient un peu de son esprit, ils en tireraient profit sans peine. De là on voit que, de même que l\u0026rsquo;étude des mutations, grâce à l\u0026rsquo;Explication du diagramme du taiji, ramène toutes les raisons à une seule, de même les arts de boxe, grâce au travail du taiji, unifient toutes les écoles. Le Classique de la boxe (拳經) a été transmis au monde en plusieurs versions ; mais, recopiées de main en main, on n\u0026rsquo;y distingue plus le caractère yu du caractère lu (魚魯莫辨, « on ne distingue plus le poisson du caractère lu », c\u0026rsquo;est-à-dire : les fautes de copie rendent le texte indéchiffrable). En l\u0026rsquo;année renzi (1912), j\u0026rsquo;avais chargé M. Guan Baoqian d\u0026rsquo;en collationner le texte. Récemment, notre société a adjoint une école d\u0026rsquo;éducation physique ; dans le temps libre que me laissent mes cours, j\u0026rsquo;ai repris le livre original, l\u0026rsquo;ai pourvu d\u0026rsquo;annotations et, pour les postures de la boxe, j\u0026rsquo;ai dessiné des figures et rédigé des explications afin d\u0026rsquo;instruire les élèves. C\u0026rsquo;est aussi prendre le sens de « pour aller loin, partir de près ; pour monter haut, partir d\u0026rsquo;en bas ».\nChapitre 2 — Le sens du « taiji quan » (太極拳之意義) 太極拳者、形而上之學也。法易中陰陽動靜之理。而運勁作勢。純任自然。無中生有。所謂無極而太極也。至其運用圓活。如環無端。莫知所止。則又所謂太極本無極也。勢勢之中。着着之內。均含一圜形。故假借太極之理以說明之。而以陰陽動靜剛柔進退等喩其作用焉。非如世俗卜筮迷信者所謂太極也。現在科學昌明。後之學者。能以幾何重學等理說明之。而不沾於易象。則所深望也。\nLe taiji quan est un art métaphysique (xing er shang, 形而上, « au-delà des formes »). Il prend pour modèle la raison du yin et du yang, du mouvement et du repos contenue dans le Livre des mutations ; il meut le jin (勁, la force interne) et forme les postures en s\u0026rsquo;en remettant entièrement au naturel : faire naître l\u0026rsquo;être du non-être, ce qu\u0026rsquo;on appelle « du wuji naît le taiji ». Quant à son usage, rond et vivant comme un anneau sans extrémité, dont on ne sait où il s\u0026rsquo;arrête, c\u0026rsquo;est encore ce qu\u0026rsquo;on appelle « le taiji a pour origine le wuji ». Dans chaque posture, dans chaque technique, il y a une forme circulaire : c\u0026rsquo;est pourquoi on emprunte la raison du taiji pour l\u0026rsquo;expliquer, en figurant son action par le yin et le yang, le mouvement et le repos, le dur et le souple, l\u0026rsquo;avance et le recul. Ce n\u0026rsquo;est pas le « taiji » des devins et des superstitions populaires. Aujourd\u0026rsquo;hui la science resplendit : que les étudiants à venir puissent expliquer ces choses par la géométrie, la mécanique et autres sciences, sans s\u0026rsquo;en tenir aux images du Yi, c\u0026rsquo;est là mon vœu le plus profond.\nChapitre 3 — L\u0026rsquo;origine du nom des « treize formes » (十三式名稱之由來) 十三式者、合五行八卦而言之也。太極拳以掤按擠捋四者、喩乾坤坎離等四正方。以採挒肘靠四者、喩巽震兌艮等四斜角。以進前退後左顧右盻中定五者。喩火水木金土也。或曰五行具五性。應以仰火曰炎上俯水曰潤下進木曰屈直退金曰從革定土曰稼穡得五行之正以喩中定五者喩之。其說亦通。\nLes « treize formes » (十三式) sont les cinq éléments et les huit trigrammes réunis. Le taiji quan figure par les quatre techniques de peng (掤, parer), an (按, pousser), ji (擠, presser) et lü (捋, rouler) les quatre directions cardinales — les trigrammes qian, kun, kan et li (乾坤坎離) ; par les quatre techniques de cai (採, cueillir), lie (挒, déchirer), zhou (肘, coude) et kao (靠, heurter) les quatre angles — les trigrammes xun, zhen, dui et gen (巽震兌艮) ; et par les cinq pas — avancer, reculer, regarder à gauche, regarder à droite, demeurer au centre (jin tui zuo gu you pan zhong ding, 進退左顧右盻中定) — le feu, l\u0026rsquo;eau, le bois, le métal et la terre. D\u0026rsquo;autres disent que les cinq éléments ont cinq natures : se redresser est le feu qui « flambe vers le haut », s\u0026rsquo;incliner est l\u0026rsquo;eau qui « humecte vers le bas », avancer est le bois qui « se plie et se redresse », reculer est le métal qui « suit et se transforme », se fixer est la terre qui « sème et moissonne » ; c\u0026rsquo;est par ces natures, prises en leur sens le plus juste, qu\u0026rsquo;on figure les cinq pas, dont le ding (定, le centre) est le pivot. Cette explication est également recevable.\n八方圖\n兌　乾　巽 肘　掤　採\n離　坎 捋　擠\n震　坤　艮 挒　按　靠\nDiagramme des huit directions (八方圖) : disposition des trigrammes et des huit techniques — en haut dui-coude (兌肘), qian-peng (乾掤), xun-cai (巽採) ; au milieu li-lü (離捋) et kan-ji (坎擠) ; en bas zhen-lie (震挒), kun-an (坤按), gen-kao (艮靠).\n五步圖\n火 進\n木　土　金 顧　定　盼\n水 退\nDiagramme des cinq pas (五步圖) : le feu en haut, l\u0026rsquo;avance (進) ; le bois à gauche, le regard à gauche (顧) ; la terre au centre, le ding (定) ; le métal à droite, le regard à droite (盼) ; l\u0026rsquo;eau en bas, le recul (退).\nChapitre 4 — En quoi le taiji quan s\u0026rsquo;accorde aux symboles du Livre des mutations (太極拳合於易象之點) 易也者、包羅萬象者也。而其扼要之哲理。不出太極一圖。太極拳之言陰陽虛實剛柔動靜之處。無不則之。但世傳太極圖有二。一為周蓮溪所遺。一則俗傳之雙魚形圖也。雙魚形圖、除可藉表明雙搭手時之陰陽虛實盈縮進退外。餘無可取。至周氏圖則所具之理甚奧。其圖說一篇。幾盡可為習太極拳者所取法焉。惟因限於篇幅。不能詳釋。今僅就原圖約略言之。此圖共分五層。首層圜形。在平面為圜倘立體時應作球體此所謂無極而太極也。當行工時。中心泰然。抱元守一。無機心。無朕兆。作虛空相。可謂無極矣。而動靜陰陽剛柔進退已悉具其中。實萬有之母也。非太極而何第二層、中分圜形為兩。陰陽虛實各得其半。所謂動而陽。靜而陰。立兩儀。是也。舒之則為坎離二卦。喩拳之柔中隱剛。動中守靜。互為其根之意也。三層、五行喩五步。就其陽變陰合言之。如水根於陽。火根於陰。喩進極思退。退極思進也。木性曲直。金性從革。喩拳運勁時之屈伸開合。粘走隨抑也。萬物均生於土。而位又居中。在人為意。推手時掤捋擠按。互為生尅。然不以意貫串之則謬矣。圖說云。五氣順布。四時行焉。蓋五行異質。四時異氣。而不能外乎陰陽。陰陽異位。動靜異時。而皆不能離乎太極也。第四層喩人。第五層喩物。言無極二五。聚則成形。感而遂通。化生萬物。精於太極拳者。一動一靜。均合至理。扼樞要。是萬殊而一本也。至因敵變化。交互其用。錯綜其道。而應付無窮。則一本而萬殊矣。周子曰。聖人定之以中正仁義。而主靜。立人極焉。其行之也中。其處之也正。其發之也仁。其裁之也義。一動一靜。莫不有以全夫太極之道、而無所虧焉。則無往而不制勝矣。\nLe Yi embrasse les dix mille apparences, et pourtant sa philosophie essentielle ne sort pas d\u0026rsquo;un seul diagramme : celui du taiji. Tout ce que le taiji quan dit du yin et du yang, du vide et du plein, du dur et du souple, du mouvement et du repos s\u0026rsquo;y conforme. Mais le monde a transmis deux diagrammes du taiji : celui laissé par Zhou Lianxi (周蓮溪, Zhou Dunyi) et la figure populaire des deux poissons. La figure des deux poissons ne sert guère qu\u0026rsquo;à montrer, dans le double toucher des mains (雙搭手), le yin et le yang, le vide et le plein, l\u0026rsquo;expansion et la contraction, l\u0026rsquo;avance et le recul ; elle n\u0026rsquo;a pas d\u0026rsquo;autre usage. Le diagramme de Zhou, lui, recèle une raison très profonde : son Explication tout entière peut presque servir de règle à qui pratique le taiji quan. Mais, faute de place, je ne puis l\u0026rsquo;exposer en détail ; je n\u0026rsquo;en dirai ici que l\u0026rsquo;essentiel. Ce diagramme a cinq couches. La première est une forme ronde — cercle sur le plan, sphère en volume — c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « du wuji naît le taiji ». Quand on pratique, le cœur est paisible, on embrasse l\u0026rsquo;origine et l\u0026rsquo;on garde l\u0026rsquo;Un : sans intention calculée, sans signe avant-coureur, on fait le vide — voilà qu\u0026rsquo;on peut dire le wuji. Et pourtant le mouvement et le repos, le yin et le yang, le dur et le souple, l\u0026rsquo;avance et le recul y sont déjà tous contenus : c\u0026rsquo;est vraiment la mère des dix mille êtres — comment ne serait-ce pas le taiji ? La deuxième couche divise le cercle en deux : yin et yang, vide et plein, chacun sa moitié — c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « en mouvement, le yang naît ; au repos, le yin naît » : les deux modes (liangyi, 兩儀) s\u0026rsquo;établissent. Déployés, ce sont les trigrammes kan et li (坎離) : ils figurent l\u0026rsquo;idée que la boxe cache le dur dans le souple, garde le repos dans le mouvement, et que les deux sont mutuellement racine. La troisième couche figure les cinq éléments par les cinq pas. Prenons le yang qui se change et le yin qui s\u0026rsquo;unit : ainsi l\u0026rsquo;eau a sa racine dans le yang, le feu sa racine dans le yin — figure de « à la fin de l\u0026rsquo;avance, songer au recul ; à la fin du recul, songer à l\u0026rsquo;avance ». La nature du bois est de se plier et de se redresser, celle du métal de suivre et de se transformer : elles figurent, dans le déploiement du jin, la flexion et l\u0026rsquo;extension, l\u0026rsquo;ouverture et la fermeture, le coller et le céder, le suivre et le réprimer. Tous les êtres naissent de la terre, dont la place est au centre ; chez l\u0026rsquo;homme, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;intention (yi, 意). Dans la poussée des mains, peng, lü, ji et an s\u0026rsquo;engendrent et se vainquent mutuellement ; mais si l\u0026rsquo;intention ne les relie pas d\u0026rsquo;un fil continu, tout se fausse. L\u0026rsquo;Explication du diagramme dit : « Les cinq souffles se déploient en bon ordre et les quatre saisons s\u0026rsquo;accomplissent. » Les cinq éléments ont des natures différentes et les quatre saisons des souffles différents, mais ils ne peuvent sortir du yin et du yang ; le yin et le yang occupent des places différentes, le mouvement et le repos des temps différents, mais ils ne peuvent se séparer du taiji. La quatrième couche figure l\u0026rsquo;homme, la cinquième les choses : le wuji, les deux modes et les cinq éléments, rassemblés, prennent forme ; par l\u0026rsquo;impression mutuelle ils se relient et engendrent les dix mille êtres. Qui est expert en taiji quan, à chaque mouvement, à chaque repos, s\u0026rsquo;accorde au principe suprême et en tient le pivot : c\u0026rsquo;est « dix mille diversités, une seule racine ». Quant à changer selon l\u0026rsquo;adversaire, croiser les usages, entrelacer les voies et répondre sans fin, c\u0026rsquo;est « une seule racine, dix mille diversités ». Zhouzi dit : « Le sage se fixe par la juste mesure et la droiture, la bienveillance et la justice, et fait du calme son maître : il établit le pôle humain. » Dans sa conduite, la juste mesure ; dans sa position, la droiture ; dans ses manifestations, la bienveillance ; dans ses décisions, la justice. À chaque mouvement, à chaque repos, il accomplit entièrement la voie du taiji sans aucune défaillance : dès lors, il triomphe partout où il va. 周蓮溪太極圖\n太極　無極 陽動　陰靜 火　水 土 木　金 坤道成女 乾道成男 萬物化生\nDiagramme du taiji de Zhou Lianxi (周蓮溪太極圖) : en haut « taiji / wuji » ; puis « le yang se meut, le yin est au repos » ; puis « feu / eau » ; au centre « terre » ; puis « bois / métal » ; en bas « la voie du kun accomplit le féminin, la voie du qian accomplit le masculin, et les dix mille êtres se transforment et naissent ».\n邵子衍易圖。言陰陽剛柔動靜之處。與周圖略異。周言動而生陽。靜而生陰。立天之道。曰陰與陽。立地之道。曰柔與剛。邵子觀物篇云。動之始則陽生焉。動之極則陰生焉。靜之始則柔生焉。靜之極則剛生焉。則是動而生陰陽。靜而生剛柔也。立論雖殊。然其言動靜之機、陰陽剛柔之分量處。裨益太極拳術匪鮮。要在觀者自得之耳。\nLe Diagramme du déploiement des mutations de Shaozi (邵子衍易圖) traite du yin et du yang, du dur et du souple, du mouvement et du repos, d\u0026rsquo;une manière un peu différente du diagramme de Zhou. Zhou dit : « Le mouvement engendre le yang, le repos engendre le yin ; la voie du ciel s\u0026rsquo;établit par le yin et le yang, la voie de la terre par le souple et le dur. » Shaozi, dans son chapitre « Observation des choses » (Guanwu pian), dit : « Au commencement du mouvement, le yang naît ; au comble du mouvement, le yin naît ; au commencement du repos, le souple naît ; au comble du repos, le dur naît. » C\u0026rsquo;est donc le mouvement qui engendre le yin et le yang, et le repos qui engendre le souple et le dur. Les thèses diffèrent, mais ce qu\u0026rsquo;elles disent du mécanisme du mouvement et du repos et du dosage du yin et du yang, du dur et du souple est d\u0026rsquo;un profit non négligeable pour l\u0026rsquo;art du taiji quan : l\u0026rsquo;essentiel est que le lecteur le saisisse par lui-même.\n邵康節之衍易圖\n一動一靜之間 靜　動 柔　剛　陰　陽 太柔　太剛　少柔　少剛　少陰　少陽　太陰　太陽\nDiagramme du déploiement des mutations de Shao Kangjie (邵康節之衍易圖) : en haut, « l\u0026rsquo;instant entre un mouvement et un repos » ; puis « repos / mouvement » ; puis « souple / dur / yin / yang » ; en bas, « grand souple, grand dur, petit souple, petit dur, petit yin, petit yang, grand yin, grand yang ».\nChapitre 5 — Les écoles du taiji quan (太極拳之流派) 自伏羲畫卦。闡明陰陽。而太極之理。已寓於其中。嗣更命陰康作大舞。以宣導湮鬱。黄帝作內經。採按摩導引諸法。均本太極之理。為無形式之運動。華陀本莊子吐故納新。熊經鳥申。作五禽經。以授吳普。是時已開姿勢運動之先河矣。唐許宣平。許先師江南徽州府歙縣人隱城陽山結廬南陽辟穀不食身長七尺六寸髯長至臍髮長至足行如奔馬唐詩每負薪賣於市中獨吟曰負薪朝出賣沽酒日夕歸借問家何處穿雲入翠微李白訪之不遇為題詩於望仙橋云所傳太極拳術名三世七。因祗三十七勢而得名。其敎練之法。為單勢敎練。令學者一勢練熟。再授一勢。無確定拳路。功成後各勢自能互相連貫。相繼不斷。故又謂之長拳。其要訣有八字歌、心會論、周身大用論、十六關要論、功用歌。傳宋遠橋。\nDepuis que Fu Xi traça les trigrammes et éclaircit le yin et le yang, la raison du taiji y était déjà contenue. Il chargea ensuite Yin Kang de composer la Grande Danse pour dénouer les énergies engorgées ; l\u0026rsquo;Empereur Jaune composa le Classique interne, y recueillant les méthodes de massage et de guidage : toutes procèdent de la raison du taiji, comme un mouvement sans forme. Hua Tuo, se fondant sur les mots de Zhuangzi — « rejeter l\u0026rsquo;air usé, absorber l\u0026rsquo;air neuf ; s\u0026rsquo;étirer comme l\u0026rsquo;ours, se détendre comme l\u0026rsquo;oiseau » — composa la Classique des cinq animaux et la transmit à Wu Pu : c\u0026rsquo;est alors que s\u0026rsquo;ouvrit la voie des exercices en postures. Sous les Tang, il y eut Xu Xuanping (許宣平) : le maître Xu, homme du xian de She, préfecture de Huizhou, au Jiangnan. Il se retira au mont Chengyang, bâtit une hutte sur le versant sud, s\u0026rsquo;abstenait de grains et ne mangeait pas ; haut de sept chi et six cun, la barbe lui tombant au nombril et les cheveux aux pieds, il marchait comme un cheval au galop. Poète des Tang, il allait chaque jour porter du bois au marché en chantonnant : « Le matin, je porte mon fagot pour le vendre ; / le soir venu, j\u0026rsquo;achète du vin et rentre. / Si l\u0026rsquo;on me demande où est ma demeure : / à travers les nuages, dans les vertes profondeurs. » Li Bai vint le voir sans le rencontrer et lui dédia un poème, dit-on, sur le pont de Wangxian. L\u0026rsquo;art de taiji quan qu\u0026rsquo;il transmit s\u0026rsquo;appelait san shi qi (三世七), « trois générations sept », ainsi nommé parce qu\u0026rsquo;il ne comptait que trente-sept postures. Sa méthode d\u0026rsquo;enseignement était la posture unique : l\u0026rsquo;élève devait rendre une posture parfaitement familière avant d\u0026rsquo;en recevoir une autre ; il n\u0026rsquo;y avait pas d\u0026rsquo;enchaînement fixe, mais une fois la maîtrise acquise, toutes les postures se reliaient naturellement entre elles, en une suite ininterrompue : c\u0026rsquo;est pourquoi on l\u0026rsquo;appelait aussi la boxe longue (changquan, 長拳). Ses formules essentielles étaient le Chant des huit caractères (八字歌), le Discours sur la compréhension du cœur (心會論), le Discours sur la grande utilité du corps entier (周身大用論), le Discours sur les seize points essentiels (十六關要論) et le Chant de la fonction (功用歌). Il les transmit à Song Yuanqiao (宋遠橋).\n俞氏江南寧國府涇縣人所傳之太極拳。名先天拳。亦名長拳。得唐李道子之傳江南安慶人李居武當山南岩宮。不火食。第日啖麥麩數合。人稱之為夫子李云。兪氏所傳之人。可知者、有兪淸慧、兪一誠、兪蓮舟、兪岱岩等。\nLa boxe de taiji transmise par M. Yu (俞氏), homme du xian de Jing, préfecture de Ningguo, au Jiangnan, s\u0026rsquo;appelait la boxe de la nature innée (xian tian quan, 先天拳), aussi dite boxe longue. Il l\u0026rsquo;avait reçue de Li Daozi (李道子) des Tang, homme d\u0026rsquo;Anqing au Jiangnan, qui vivait au palais de Nanyan, sur le mont Wudang ; il ne cuisait pas ses aliments, ne mangeant chaque jour que quelques poignées de son de blé, et on l\u0026rsquo;appelait « maître Li ». Parmi ceux que M. Yu instruisit, on connaît Yu Qinghui (兪淸慧), Yu Yicheng (兪一誠), Yu Lianzhou (兪蓮舟) et Yu Daiyan (兪岱岩).\n程氏太極拳術。始自程靈洗。字元滌江南徽州府人侯景之亂惟歙州得保全者皆靈洗力梁元帝授以本郡太守卒謚忠壯其拳術得之於韓拱月。傳至程珌。紹興中進士授昌化主簿累官禮部尚書拜翰林院學士追封新安郡侯端明殿學士致仕精易理著有洛水集改名小九天。共十四勢。有用功五誌、四性歸原歌。\nL\u0026rsquo;art du taiji quan de la famille Cheng commença avec Cheng Lingxi (程靈洗), nom social Yuandi, homme de la préfecture de Hui, au Jiangnan. Lors de la révolte de Hou Jing, seule la préfecture de She fut préservée, et ce fut grâce à Lingxi ; l\u0026rsquo;empereur Yuan des Liang le nomma gouverneur de son commandement ; à sa mort, il reçut le nom posthume de Zhongzhuang (忠壯, « loyal et vaillant »). Il avait reçu son art de Han Gongyue (韓拱月). Il se transmit jusqu\u0026rsquo;à Cheng Bi (程珌), reçu docteur (jinshi) sous le règne Shaoxing, nommé greffier de Changhua, promu de grade en grade jusqu\u0026rsquo;à ministre des Rites, honoré du titre d\u0026rsquo;académicien de l\u0026rsquo;Académie Hanlin, puis, à titre posthume, marquis de Xin\u0026rsquo;an, et enfin académicien du pavillon Duanyuan avant de se retirer ; versé dans la raison du Yi, il est l\u0026rsquo;auteur du Recueil de la rivière Luo (洛水集). L\u0026rsquo;art y changea de nom : xiao jiu tian (小九天), « Petit neuvième ciel », quatorze postures au total, avec les Cinq mémorandums sur le travail (用功五誌) et le Chant du retour des quatre natures à l\u0026rsquo;origine (四性歸原歌).\n殷利亨所傳之太極拳術。名後天法。傳胡鏡子。楊州人胡鏡子傳宋仲殊。安州人嘗遊姑蘇台柱上倒書一絕云天長地久地悠悠你旣無心我亦休浪迹天涯人不管春風吹笛酒家樓其式法十七。多屬肘法。雖其勢法名目不同。而其用則一也。\nL\u0026rsquo;art du taiji quan transmis par Yin Liheng (殷利亨) s\u0026rsquo;appelait la méthode de l\u0026rsquo;après-ciel (hou tian fa, 後天法). Il le transmit à Hu Jingzi (胡鏡子), de Yangzhou ; Hu Jingzi le transmit à Zhong Shu (宋仲殊), homme d\u0026rsquo;Anzhou, qui, voyageant un jour à la tour de Gusu, écrivit à l\u0026rsquo;envers sur un pilier ce quatrain « Le ciel est long, la terre est vaste, éternellement ; / toi qui n\u0026rsquo;as point d\u0026rsquo;intention, je m\u0026rsquo;arrête aussi. / J\u0026rsquo;erre au bout du monde, nul ne s\u0026rsquo;en soucie ; / le vent de printemps souffle ma flûte à la taverne. » Ses postures étaient au nombre de dix-sept, la plupart relevant de la méthode du coude. Bien que les noms des postures diffèrent, l\u0026rsquo;usage en est un seul. 張三丰名通。字君實。遼陽人。元季儒者。善書畫。工詩詞。中統元年、曾舉茂才異等。任中山博陵令。慕葛稚川之為人。遂絕意仕進。遊寶鷄山中。有三山峯。挺秀倉潤可喜。因號三丰子。世之傳三峯先生者。不下十數。均未言其善拳術。洪武初、召之入朝。路阻武當。夜夢玄武大帝授以拳法。旦以破賊。故名其拳曰武當派。或曰內家拳。內家者。儒家之意。所以别於方外也。又因八門五步。為此拳中之要訣。故名十三式。言十三法也。後世誤解以為姿勢之勢。則謬矣。傳張松溪、張翠山。先是宋遠橋、與兪蓮舟、兪岱岩、張松溪、張翠山、殷利亨、莫谷聲等、七人為友。往來金陵之地。尋同往武當山。訪夫子李先生不遇。適經玉虛宮。晤三丰先生、七人共拜之。耳提面命者月餘而歸。自後不絕往拜。由是而觀。七人均曾師事三丰。惟張松溪、張翠山傳者名十三式耳。\nZhang Sanfeng (張三丰), nom personnel Tong, nom social Junshi, homme de Liaoyang, lettré de la fin des Yuan, habile en calligraphie et en peinture, versé dans les vers et la prose. En la première année zhongtong (1260), il fut recommandé comme talent éminent et nommé magistrat de Bole, en Zhongshan. Admirant la conduite de Ge Zhichuan (葛稚川, Ge Hong), il renonça à la carrière officielle et voyagea dans les monts Baoji, où trois sommets se dressent, élancés et verdoyants, une joie pour les yeux : c\u0026rsquo;est pourquoi il prit le surnom de « Sanfeng » (trois sommets). Les biographies du « maître des trois sommets » transmises dans le monde ne sont pas moins d\u0026rsquo;une dizaine, et aucune ne dit qu\u0026rsquo;il excellait à la boxe. Au début du règne Hongwu, il fut convoqué à la cour, mais sa route fut bloquée au Wudang. La nuit, il rêva que le grand empereur Xuanwu lui enseignait la méthode de boxe ; au matin, il en usa pour vaincre des brigands. C\u0026rsquo;est pourquoi sa boxe fut appelée l\u0026rsquo;école Wudang, ou la boxe de l\u0026rsquo;école interne (neijia quan). « Interne » est un terme confucéen, qui la distingue de ce qui est hors du monde. Et parce que les huit portes et les cinq pas (八門五步) sont les formules essentielles de cette boxe, elle fut nommée « treize formes » (十三式), c\u0026rsquo;est-à-dire treize méthodes. Les générations suivantes, l\u0026rsquo;interprétant à tort comme treize « postures » (勢), se sont trompées. Il la transmit à Zhang Songxi et à Zhang Cuishan. Auparavant, Song Yuanqiao, Yu Lianzhou, Yu Daiyan, Zhang Songxi, Zhang Cuishan, Yin Liheng et Mo Gusheng (莫谷聲), sept amis, se fréquentaient à Jinling ; puis ils se rendirent ensemble au mont Wudang, pour rendre visite au maître Li, le lettré, sans le rencontrer. Passant par le temple de la Vide-Jade (玉虛宮), ils y rencontrèrent le maître Sanfeng : les sept le saluèrent ensemble, et il les instruisit de vive voix durant plus d\u0026rsquo;un mois avant leur retour ; ensuite ils ne cessèrent de revenir lui rendre hommage. De là on voit que les sept furent tous ses élèves ; mais seuls Zhang Songxi et Zhang Cuishan transmirent l\u0026rsquo;art sous le nom de « treize formes ».\n或曰三丰係宋徽宗時人。値金人入寇。彼以一人殺金兵五百餘。山陝人民慕其勇。從學者數十百人。因傳其技於陝西。元世祖時。有西安人王宗岳者。得其眞傳。名聞海內。著有太極拳論、太極拳解、行工心解、搭手歌、總勢歌等。温州陳州人多從之學。由是由山陝而流傳於浙東。又百餘年。有海鹽張松溪者。在派中最為著名。見甯波府志後傳其技於寗波葉繼美近泉。近泉傳王征南來咸。淸順治中人。征南為人勇而有義。在明季可稱獨步。黄宗羲最重征南。其事蹟見游俠佚聞錄征南死時。曾為作墓誌銘。黄百家主一、為傳內家拳法。有六路長拳、十段錦、等歌訣。征南之後。又百年。始有甘鳳池。此皆為南派人士。其北派所傳者。由王宗岳傳河南蔣發。蔣發傳河南懷慶府陳家溝陳長興。其人立身常中正不倚。形若木鷄。人因稱之為牌位先生。子二人。曰耿信、曰紀信。時有楊露蟬先生福魁者。直隸廣平府永年縣人。聞其名。因與同里李伯魁共往師焉。初至時。同學者除二人外皆陳姓。頗異視之。二人因互相結納。盡心研究。常徹夜不眠。牌位先生見楊之勤學。遂盡傳其秘。楊歸傳其術徧鄕里。俗稱為軟拳。或曰化拳。因其能避制强硬之力也。嗣楊游京師。客諸府邸。淸親貴王公貝勒多從授業焉。旋為旗營武術敎師。有子三。長名錡、早亡。次名鈺、字班侯。三名鑑、字健侯、亦曰鏡湖。皆獲盛名。余從鏡湖先生游有年。諗其家世。有子三人。長名兆熊、字夢祥。仲名兆元、早亡。叔名兆淸、字澄甫。班侯子一、名兆鵬。務農於鄕里。當露蟬先生充旗營敎師時。得其傳者蓋三人。萬春、凌山、全佑是也。一勁剛、一善發人、一善柔化。或謂三人各得先生之一體。有筋骨皮之分。旋從先生命。均拜班侯先生之門。稱弟子云。有宋書銘者。自云宋遠橋後。久客項城幕。精易理。善太極拳術。頗有所發明。與余素善。日夕過從。獲益匪鮮。本社敎員、紀子修、吳鑑泉、劉恩綬、劉彩臣、姜殿臣、等多受業焉。（吳為全佑子、紀常與凌君為友、）\nD\u0026rsquo;autres disent que Sanfeng était un homme de l\u0026rsquo;époque de l\u0026rsquo;empereur Huizong des Song : lorsque les Jin envahirent, il tua à lui seul plus de cinq cents soldats jin ; les gens des montagnes du Shanxi et du Shaanxi, admirant sa bravoure, vinrent par centaines s\u0026rsquo;instruire auprès de lui, et c\u0026rsquo;est ainsi que son art se répandit au Shaanxi. Sous le règne de Shizu des Yuan, un homme de Xi\u0026rsquo;an, Wang Zongyue (王宗岳), en reçut la transmission authentique et se fit connaître dans tout l\u0026rsquo;empire. Il est l\u0026rsquo;auteur du Discours sur le taiji quan (太極拳論), de l\u0026rsquo;Explication du taiji quan (太極拳解), de l\u0026rsquo;Explication mentale du travail (行工心解), du Chant des mains qui se touchent (搭手歌) et du Chant des formes générales (總勢歌). Les gens de Wenzhou et de Chenzhou vinrent nombreux s\u0026rsquo;instruire auprès de lui : c\u0026rsquo;est ainsi que l\u0026rsquo;art passa des montagnes du Shanxi et du Shaanxi au Zhejiang de l\u0026rsquo;est. Plus d\u0026rsquo;une centaine d\u0026rsquo;années après, il y eut Zhang Songxi (張松溪) de Haiyan, le plus célèbre de la lignée (voir les Annales de la préfecture de Ningbo). Il transmit ensuite son art, à Ningbo, à Ye Jimei (葉繼美), dit Jinquan ; Jinquan le transmit à Wang Zhengnan (王征南), dit Laixian, homme de l\u0026rsquo;ère Shunzhi des Qing. Zhengnan était brave et juste ; à la fin des Ming, on pouvait dire qu\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;avait pas d\u0026rsquo;égal. Huang Zongxi (黄宗羲) l\u0026rsquo;estimait par-dessus tout ; ses hauts faits se trouvent dans le Livre des récits de chevaliers errants (游俠佚聞錄) ; à sa mort, il composa son épitaphe (墓誌銘). Huang Baijia (黄百家), nom social Zhuyi, transmit la Méthode de boxe de l\u0026rsquo;école interne (內家拳法), avec les chants et formules de la Boxe longue en six routes (六路長拳) et des Dix sections de brocart (十段錦). Cent ans après Zhengnan encore, il y eut Gan Fengchi (甘鳳池). Tous ceux-là sont des hommes de l\u0026rsquo;école du Sud. Quant à l\u0026rsquo;école du Nord, la transmission en fut faite par Wang Zongyue à Jiang Fa (蔣發) du Henan ; Jiang Fa la transmit à Chen Changxing (陳長興) du village de la famille Chen (陳家溝), préfecture de Huaiqing, au Henan. Cet homme se tenait toujours droit, sans pencher, impassible comme un coq de bois : c\u0026rsquo;est pourquoi on l\u0026rsquo;appelait « monsieur Tablette » (牌位先生). Il avait deux fils, Gengxin (耿信) et Jixin (紀信). À cette époque, Yang Luchan (楊露蟬), nom personnel Fukui, homme du xian de Yongnian, préfecture de Guangping, au Zhili, entendit parler de sa renommée et partit, avec son compatriote Li Baikui (李伯魁), se mettre à son école. À leur arrivée, tous les condisciples, sauf eux deux, s\u0026rsquo;appelaient Chen, et les regardaient de travers. Les deux hommes s\u0026rsquo;unirent donc étroitement et étudièrent de tout leur cœur, veillant souvent toute la nuit sans dormir. Monsieur Tablette, voyant l\u0026rsquo;ardeur de Yang, lui transmit tous ses secrets. Yang revint chez lui et enseigna l\u0026rsquo;art à tout son pays ; on l\u0026rsquo;appelait communément la boxe souple (ruan quan, 軟拳) ou la boxe qui neutralise (hua quan, 化拳), parce qu\u0026rsquo;elle sait éviter et maîtriser les forces dures. Puis Yang voyagea à la capitale et fut l\u0026rsquo;hôte de nombreuses demeures ; les princes, ducs et seigneurs mandchous des Qing s\u0026rsquo;instruisirent auprès de lui, et il devint bientôt instructeur de boxe du camp des bannières (旗營). Il eut trois fils : l\u0026rsquo;aîné, Qi (錡), mourut jeune ; le second, Yu (鈺), nom social Banhou (班侯) ; le troisième, Jian (鑑), nom social Jianhou (健侯), aussi appelé Jinghu (鏡湖). Tous deux acquirent une grande renommée. J\u0026rsquo;ai suivi pendant des années l\u0026rsquo;enseignement de monsieur Jinghu et je connais son lignage. Il eut trois fils : l\u0026rsquo;aîné, Zhaoxiong (兆熊), nom social Mengxiang (夢祥) ; le second, Zhaoyuan (兆元), mort jeune ; le troisième, Zhaoqing (兆淸), nom social Chengfu (澄甫). Banhou eut un fils, Zhaopeng (兆鵬), qui cultive la terre dans son village. Lorsque monsieur Luchan était instructeur du camp des bannières, trois hommes reçurent sa transmission : Wan Chun (萬春), Ling Shan (凌山) et Quan You (全佑). L\u0026rsquo;un avait un jin dur, l\u0026rsquo;un était habile à projeter autrui, l\u0026rsquo;un était habile à neutraliser en souplesse ; on dit que chacun des trois reçut une part du maître — la distinction entre os, muscles et peau. Bientôt, sur l\u0026rsquo;ordre du maître, ils firent tous trois allégeance à monsieur Banhou et se dirent ses disciples. Il y avait aussi Song Shuming (宋書銘), qui se disait descendant de Song Yuanqiao : longtemps attaché à l\u0026rsquo;état- major de Xiangcheng (項城, Yuan Shikai), versé dans la raison du Yi et habile en taiji quan, il y apporta maintes innovations. Il était lié d\u0026rsquo;amitié avec moi ; nos échanges quotidiens, du matin au soir, me furent d\u0026rsquo;un profit non négligeable. Les instructeurs de notre société — Ji Zixiu (紀子修), Wu Jianquan (吳鑑泉), Liu Enshou (劉恩綬), Liu Caichen (劉彩臣), Jiang Dianchen (姜殿臣) et d\u0026rsquo;autres — s\u0026rsquo;instruisirent en grande partie auprès de lui. (Wu est le fils de Quan You ; Ji était souvent l\u0026rsquo;ami de monsieur Ling.)\nChapitre 6 — Le Classique du taiji quan annoté (太極拳經詳註) 太極者無極而生、\n« Le taiji naît du wuji ; il est le mécanisme du mouvement et du repos, la mère du yin et du yang. » (太極者無極而生、動靜之機、陰陽之母也)\n太大也。至也。極者樞紐根柢之謂。太極為天地萬物之根本。而太極拳則為各拳之極至也。無極而生者。本於無極也。此拳重在鍛鍊精神。運勁作勢。純任自然。不甚拘於形式。以虛無為本。而包羅萬象。故曰無極。然初學者究當就有形之姿勢。入手學習。久之着熟然後懂勁。融會慣通。始能入於神化之境。\nTai signifie « grand, suprême » ; ji désigne le pivot, la racine. Le taiji est la racine du ciel, de la terre et des dix mille êtres ; et le taiji quan est ce à quoi parviennent au suprême degré toutes les boxe. « Naît du wuji » : il prend sa source dans le wuji. Cette boxe met l\u0026rsquo;accent sur la discipline de l\u0026rsquo;esprit ; elle meut le jin et forme les postures en s\u0026rsquo;en remettant au naturel, sans trop s\u0026rsquo;attacher aux formes. Elle a le vide pour fondement, tout en embrassant les dix mille apparences : c\u0026rsquo;est pourquoi l\u0026rsquo;on dit « wuji ». Mais le débutant doit d\u0026rsquo;abord s\u0026rsquo;engager par les postures visibles : avec le temps, les techniques (zhao, 着) deviennent familières, puis l\u0026rsquo;on comprend le jin (dong jin, 懂勁), et par la compréhension fondue en une seule on parvient à l\u0026rsquo;état de transformation divine (shenhua, 神化).\n案周濂溪太極圖說。無極而太極。註云。上天之載。無聲無臭。而實造化之樞紐。品彙之根柢也。故曰。無極而太極。非太極之前、復有無極也。此云無極而生。究有語病。\nOr, dans son Explication du diagramme du taiji, Zhou Lianxi (周濂溪) écrit « wuji, puis taiji ». Le commentaire dit : « L\u0026rsquo;œuvre du ciel est sans voix et sans odeur, et pourtant elle est vraiment le pivot de la création, la racine de tous les êtres. C\u0026rsquo;est pourquoi l\u0026rsquo;on dit : wuji, puis taiji — non qu\u0026rsquo;il y ait un wuji antérieur au taiji. » Dire ici que le taiji « naît » du wuji est donc une expression pour le moins discutable.\n動靜之機、陰陽之母也\n變易物體之位置。或動體進行之方向曰動。保存或維持其固有之位置或方向曰靜。機者朕兆也。如陰符經天發殺機之機。夫動靜無端。陰陽無始。太極者其樞紐機關而已。太極拳當行工時。中心泰然。抱元守一。未常不靜。及其靜也。神明不測。有觸卽發。未常無動。於動時存靜意。於靜中寓動機。一動一靜。互為其根。合乎自然。此太極拳術之所以妙也。\nChanger la position d\u0026rsquo;un corps, ou la direction où se meut un corps, s\u0026rsquo;appelle « mouvement » ; conserver ou maintenir sa position ou sa direction propre s\u0026rsquo;appelle « repos ». « Mécanisme » (ji, 機) signifie le signe avant-coureur, comme le ji de « quand le ciel déclenche son mécanisme meurtrier » dans le Yinfu jing (陰符經). Le mouvement et le repos sont sans commencement, le yin et le yang sans origine ; le taiji n\u0026rsquo;en est que le pivot, le mécanisme. Quand on pratique le taiji quan, le cœur est paisible, on embrasse l\u0026rsquo;origine et l\u0026rsquo;on garde l\u0026rsquo;Un : jamais sans repos. Et, dans ce repos, l\u0026rsquo;esprit est insondable : au moindre contact, on émet — jamais sans mouvement. Dans le mouvement, garder l\u0026rsquo;intention du repos ; dans le repos, loger le ressort du mouvement. Mouvement et repos sont mutuellement racine l\u0026rsquo;un de l\u0026rsquo;autre, en accord avec le naturel : c\u0026rsquo;est en cela que l\u0026rsquo;art du taiji quan est subtil.\n萬物之生也。負陰而抱陽。莫不有太極。有太極斯有兩儀。故太極為陰陽之母。太極拳着着勢勢。均含一〇圜形。其動而陽。靜而陰。及剛柔進退等。均與易理無異。故得假借易理以說明之。非强為附會也。\nTous les êtres, en naissant, « portent le yin sur le dos et embrassent le yang » : tous ont un taiji. S\u0026rsquo;il y a taiji, il y a les deux modes (liangyi) ; c\u0026rsquo;est pourquoi le taiji est la mère du yin et du yang. Chaque technique, chaque posture du taiji quan contient une forme circulaire (〇). Son mouvement est yang, son repos yin ; sa dureté et sa souplesse, son avance et son recul — tout est conforme à la raison du Yi : on peut donc emprunter la théorie des mutations pour l\u0026rsquo;expliquer, sans que ce soit une coïncidence forcée.\n中國舊日學說。諸凡事物均以陰陽喩之。故陰陽無定位。太極拳之喩陰陽亦然。如拳勢之動者為陽。靜者為陰。出手為陽。收手為陰。進步為陽。退步為陰。剛勁為陽。柔勁為陰。發勁為陽。收勁為陰。粘勁為陽。走勁為陰。手足關節之伸為陽。曲為陰。分為陽。合為陰。開展為陽。收歛為陰。身軀之仰為陽。俯為陰。升為陽。降為陰。凡此所喩。無論遇如何變化。內皆含一〇圜形。故動靜不同時。陰陽不同位。而太極無不在焉。\nDans l\u0026rsquo;ancienne doctrine chinoise, toutes choses s\u0026rsquo;expliquaient par le yin et le yang, qui n\u0026rsquo;ont donc pas de position fixe. Il en va de même des figures du yin et du yang dans le taiji quan : les postures en mouvement sont yang, au repos yin ; la main qui sort est yang, celle qui rentre yin ; le pas qui avance est yang, celui qui recule yin ; le jin dur est yang, le jin souple yin ; le jin émis est yang, le jin rassemblé yin ; le jin qui colle est yang, le jin qui cède yin ; l\u0026rsquo;extension des articulations des mains et des pieds est yang, leur flexion yin ; s\u0026rsquo;ouvrir est yang, se fermer yin ; se déployer est yang, se concentrer yin ; le buste qui se redresse est yang, qui s\u0026rsquo;incline yin ; monter est yang, descendre yin. Dans toutes ces figures, quel que soit le changement rencontré, il y a toujours un cercle au-dedans. Ainsi, quand le mouvement et le repos ne sont plus simultanés, quand le yin et le yang ne sont plus à la même place, le taiji est partout.\n動之則分、靜之則合、\n« En mouvement, cela se divise ; au repos, cela se rassemble. » (動之則分、靜之則合)\n動、變動也。動之則分陰分陽。兩儀立焉。靜之則冲漠無朕。而陰陽之理。已悉具其中矣。太極拳術當行工時。其各姿勢。一動一靜相間。其拳術之動者。前後左右上下。均有陰陽虛實可循。故曰動之則分。其靜的姿勢。雖無痕跡可指。然陰陽虛實。已具其中。故曰靜之則合。若作運動解。則太極之陽變陰合。卽物理力學分力合力之理也。太極拳術遇敵欲制我時。則當分截其勁為二。使敵力不能直達我身。（背勁）所謂動之則分是也。若將敵粘起用提勁。陽之變也。及起。靜定之使不動。或敵勁落空。稍靜卽發。用合勁陰之合也。倘敵欲發我。則應中心坦然。審候應機。靜以俟之。微動卽應。所謂後人發先人至是也。\n« Mouvement » signifie changement. En mouvement, on distingue le yin et le yang : les deux modes s\u0026rsquo;établissent. Au repos, tout est indistinct et sans trace, mais la raison du yin et du yang y est déjà contenue tout entière. Quand on pratique le taiji quan, dans chaque posture, un mouvement et un repos alternent. Les mouvements de cette boxe — en avant, en arrière, à gauche, à droite, en haut, en bas — ont tous un yin et un yang, un vide et un plein à suivre : c\u0026rsquo;est pourquoi l\u0026rsquo;on dit « en mouvement, cela se divise ». Les postures de repos, bien qu\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;y puisse indiquer aucune trace, contiennent déjà le yin et le yang, le vide et le plein : c\u0026rsquo;est pourquoi l\u0026rsquo;on dit « au repos, cela se rassemble ». Si l\u0026rsquo;on prend le mot au sens physique, « le yang du taiji se change, le yin s\u0026rsquo;unit » n\u0026rsquo;est autre que le principe de la décomposition et de la composition des forces en mécanique. Dans le taiji quan, quand l\u0026rsquo;adversaire veut me dominer, je dois couper et diviser son jin en deux, de sorte que sa force ne puisse atteindre mon corps en droite ligne (c\u0026rsquo;est éventer son jin) : voilà « en mouvement, cela se divise ». Si je colle l\u0026rsquo;adversaire et le soulève, j\u0026rsquo;emploie le jin qui élève — c\u0026rsquo;est la transformation du yang ; une fois soulevé, je le fixe par le calme pour qu\u0026rsquo;il ne bouge plus, ou bien son jin tombe dans le vide, et au moindre repos j\u0026rsquo;émets, par le jin qui unit — c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;union du yin. Si l\u0026rsquo;adversaire veut m\u0026rsquo;émettre, je dois garder le cœur paisible, observer et attendre l\u0026rsquo;occasion, l\u0026rsquo;attendre dans le calme, répondre au moindre mouvement : c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « émettre après l\u0026rsquo;autre, arriver avant lui ».\n夫道一而已矣。當混沌未判。洪濛未闢。本無動靜。何有陰陽。故以虛無為本者。無不合道。天地如是。太極如是。太極拳習至極精處、亦如是也。然此指先天而言。指習拳術功深進道者而言。初學之士、驟難語此也。及乾坤旣定。兩儀攸分。有陰陽斯有動靜。則言太極者、不能不就有形象者以講求之。太極拳之分合動靜。合乎陰陽。如動勢須求開展。運勁務明虛實。剛則化之、故曰分。柔則守之、故曰合。坤在靜中求動。無為始而有為終。必須伏炁。乾則動中求靜。有為先而無為了。只要還虛。蓋萬物之理。以虛而受。以靜而成。天地從虛中立極。靜中運機。故混沌開而闔闢之局斯立。百骸固而無極之藏自主。無不從虛靜中來也。重陽子曰。此言大道之原。而功先於虛靜。虛則無所不容。靜則無所不應。由是觀之。習太極拳者。倘以虛靜為本。則分合變化。自無不如意也。\nLe Dao est un, et un seul. Quand le chaos n\u0026rsquo;était pas encore séparé, quand la brume primitive n\u0026rsquo;était pas encore ouverte, il n\u0026rsquo;y avait ni mouvement ni repos : comment y eût-il eu du yin et du yang ? C\u0026rsquo;est pourquoi prendre le vide pour fondement ne peut que s\u0026rsquo;accorder au Dao. Il en est ainsi du ciel et de la terre, il en est ainsi du taiji, et le taiji quan poussé jusqu\u0026rsquo;au plus haut degré de finesse en est ainsi également. Mais cela se dit de l\u0026rsquo;état primordial (xian tian), cela se dit de qui, par la profondeur du travail, avance dans le Dao ; au débutant, on ne saurait en parler d\u0026rsquo;emblée. Une fois le ciel et la terre fixés, une fois les deux modes séparés, il y a du yin et du yang, donc du mouvement et du repos : celui qui parle du taiji ne peut alors plus s\u0026rsquo;en tenir qu\u0026rsquo;aux formes visibles pour l\u0026rsquo;étudier. Les divisions et les unions, les mouvements et les repos du taiji quan s\u0026rsquo;accordent au yin et au yang. Dans une posture en mouvement, il faut chercher le déploiement ; en menant le jin, il faut comprendre le vide et le plein. Quand l\u0026rsquo;autre est dur, on le neutralise : c\u0026rsquo;est pourquoi l\u0026rsquo;on dit « diviser » ; quand il est souple, on le garde : c\u0026rsquo;est pourquoi l\u0026rsquo;on dit « unir ». Le kun cherche le mouvement dans le repos : le non-agir commence et l\u0026rsquo;agir finit — il faut y faire descendre le souffle. Le qian cherche le repos dans le mouvement : l\u0026rsquo;agir précède et le non-agir achève — il ne reste qu\u0026rsquo;à revenir au vide. Car la raison de toutes choses, c\u0026rsquo;est que le vide reçoit et que le calme accomplit. Le ciel et la terre établissent leur axe dans le vide et font tourner leur mécanisme dans le calme : quand le chaos s\u0026rsquo;ouvre, la figure de l\u0026rsquo;ouverture et de la fermeture s\u0026rsquo;établit ; quand les cent os se consolident, le trésor du wuji se garde de lui-même — tout vient du vide et du calme. Wang Chongyang (重陽子) dit : « Voilà l\u0026rsquo;origine du grand Dao : le travail commence par le vide et le calme. Le vide, rien qu\u0026rsquo;il ne contienne ; le calme, à rien qu\u0026rsquo;il ne réponde. » À voir cela, qui pratique le taiji quan en prenant le vide et le calme pour fondement verra naturellement les divisions, les unions et les changements réussir comme il lui plaît.\n無過不及隨曲就伸、\n« Ni excès ni manque : suivre la courbure, s\u0026rsquo;étendre vers le droit. » (無過不及隨曲就伸)\n過、逾也。不及、未至也。隨、無逆也。就、卽之也。過與不及。皆為失中。失中則陽亢陰暌。未能有合也。太極拳於曲伸分合等處。運勁過則生頂抗等病。不及則有丢扁等病。欲求不卽不離。則應隨之而曲。就之而伸。隨機應變。毋固毋我。因力於敵。以中為主。而粘黏連隨以就之。自無不合。所謂君子而時中也。案初學此拳者。每失之過。迨稍懂勁。則每失之不及。學者宜審愼之。\n« Excès » (guo) signifie dépasser ; « manque » (buji) signifie ne pas atteindre. « Suivre » (sui) signifie ne pas aller à contre-sens ; « s\u0026rsquo;étendre vers » (jiu) signifie s\u0026rsquo;approcher. L\u0026rsquo;excès et le manque sont tous deux une perte du centre. Qui perd le centre voit le yang s\u0026rsquo;emballer et le yin se séparer : rien ne peut s\u0026rsquo;unir. Dans le taiji quan, aux endroits de flexion, d\u0026rsquo;extension, de division et d\u0026rsquo;union, si l\u0026rsquo;on mène le jin avec excès, on contracte les défauts de la résistance et du choc de tête ; si l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;y atteint pas, on contracte les défauts de l\u0026rsquo;abandon et de l\u0026rsquo;affaissement. Qui veut n\u0026rsquo;être ni collé ni séparé doit suivre la courbure de l\u0026rsquo;autre et s\u0026rsquo;étendre vers sa droiture : s\u0026rsquo;adapter à l\u0026rsquo;occasion, sans obstination ni ego, tirant sa force de l\u0026rsquo;adversaire, prenant le centre pour maître, et l\u0026rsquo;engageant par le coller, l\u0026rsquo;adhérer, l\u0026rsquo;enchaîner et le suivre — dès lors, rien ne manque de s\u0026rsquo;unir. C\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « le sage, toujours dans la juste mesure du moment ». Notons que le débutant pèche d\u0026rsquo;ordinaire par excès, puis, lorsqu\u0026rsquo;il commence à comprendre le jin, il pèche souvent par défaut : que l\u0026rsquo;étudiant y prenne garde.\n人剛我柔謂之走、我順人背謂之粘、\n« L\u0026rsquo;autre est dur et je suis souple : cela s\u0026rsquo;appelle céder (zou). Je suis à l\u0026rsquo;aise et l\u0026rsquo;autre est en difficulté : cela s\u0026rsquo;appelle coller (zhan). » (人剛我柔謂之走、我順人背謂之粘)\n人者、敵也。剛、指剛强有力而言。柔、順也。走者、化也。以柔順變化敵力之方向。不為所制。故曰、走。順者、自由便利也。背者、不自由不便利也。粘者、取制敵人之力也、遇敵施剛力時。我惟順應其勢取而制之。使俯就我之範圍。故曰、粘。太極拳常以小力敵大力。弱勝、强。柔制、剛。為其主旨。但以常理言之。小固不可以敵大。弱固不可以勝强、柔固難期以制剛、然云敵之勝之制之者。必有其所以制勝之理在。蓋敵力須加吾身方生效力。苟御制得道。趁其用剛發動之始。審機應變。採取擒獲。使還制其身。則我雖弱。常居制人地位。敵雖强。常居被制地位。難於自由發展。力雖巨奚益。此老聃齒敝舌存之說也。頗合太極拳剛柔之義。然非好學深思之士。未足以語此。\n« L\u0026rsquo;autre » désigne l\u0026rsquo;adversaire. « Dur » signifie fort et puissant. « Souple » signifie docile. « Céder » (zou, 走) signifie neutraliser : par la souplesse et la docilité, changer la direction de la force adverse afin de n\u0026rsquo;en être pas dominé — voilà « céder ». « À l\u0026rsquo;aise » (shun) signifie libre et avantageux ; « en difficulté » (bei) signifie gêné et désavantageux. « Coller » (zhan, 粘) signifie saisir la force de l\u0026rsquo;adversaire pour la dominer : quand l\u0026rsquo;adversaire déploie sa force dure, je n\u0026rsquo;ai qu\u0026rsquo;à épouser sa momentum et la saisir pour la dominer, l\u0026rsquo;amenant à s\u0026rsquo;incliner dans ma sphère — voilà « coller ». Le taiji quan oppose toujours la petite force à la grande, la faiblesse qui vainc la force, la souplesse qui domine la dureté : c\u0026rsquo;est là son idée maîtresse. Mais, selon la raison commune, le petit ne peut certes pas tenir tête au grand, la faiblesse ne peut vaincre la force, et l\u0026rsquo;on attend difficilement de la souplesse qu\u0026rsquo;elle domine la dureté. Pourtant, si l\u0026rsquo;on parle de tenir tête, de vaincre, de dominer, c\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;il y a nécessairement une raison de l\u0026rsquo;emporter : la force adverse ne produit d\u0026rsquo;effet qu\u0026rsquo;en s\u0026rsquo;appliquant à mon corps ; si je la maîtrise selon la voie juste, je profite du tout début où il déploie sa dureté, j\u0026rsquo;observe l\u0026rsquo;occasion et réponds au changement, je le prends et le capture, le renvoyant dominer son propre corps. Ainsi, même faible, je tiens toujours la position de celui qui domine ; même fort, il tient toujours la position de celui qui est dominé ; s\u0026rsquo;il lui est difficile de se déployer librement, que lui sert sa force immense ? C\u0026rsquo;est le propos de Lao Dan : « les dents s\u0026rsquo;usent, la langue demeure » — il s\u0026rsquo;accorde fort bien au sens du dur et du souple dans le taiji quan. Mais si l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;est pas un homme studieux qui pense en profondeur, on ne saurait en parler.\n動急則急應、動緩則緩隨、雖變化萬端、而理為一貫、\n« À mouvement rapide, réponse rapide ; à mouvement lent, suivi lent. Si les changements sont innombrables, la raison n\u0026rsquo;en est qu\u0026rsquo;une, qui court à travers tout. » (動急則急應、動緩則緩隨、雖變化萬端、而理為一貫)\n此言己動作之遲速。當隨敵動作遲速之程度而異。但欲識敵之遲速程度。須先體察敵力之動機。方能因應咸宜。何謂動機。周濂溪通書有云。動而未形有無之間者曰機。又曰機微故幽。難識如此。設非功深。不易知也。然苟得其機。敵雖變化萬端。由一本而萬殊。而我則執兩用中。扼萬殊使歸一本。審機應候。無過不及。守一以臨。純任自然。無絲毫之凝滯矣。故曰得其一而萬事畢是也。\nCela dit que la lenteur ou la rapidité de mes mouvements doit suivre le degré de lenteur ou de rapidité des mouvements de l\u0026rsquo;adversaire. Mais pour connaître ce degré, il faut d\u0026rsquo;abord sonder le mécanisme du mouvement de sa force ; alors seulement on répond de façon appropriée en toute circonstance. Qu\u0026rsquo;est-ce que le « mécanisme » (ji)? Le Tongshu de Zhou Lianxi dit : « Le mouvement qui n\u0026rsquo;a pas encore pris forme, entre l\u0026rsquo;être et le non-être, s\u0026rsquo;appelle le mécanisme. » Il dit encore : « Le mécanisme est subtil, donc obscur. » Il est si difficile à reconnaître que, sans un travail profond, on ne le discerne pas facilement. Mais si l\u0026rsquo;on saisit le mécanisme, l\u0026rsquo;adversaire, si innombrables que soient ses changements — dix mille diversités issues d\u0026rsquo;une seule racine —, je tiens les deux et use du juste milieu : je ramène les dix mille diversités à leur racine unique, j\u0026rsquo;observe le mécanisme et j\u0026rsquo;attends l\u0026rsquo;occasion, sans excès ni manque, gardant l\u0026rsquo;Un pour faire face, en pur naturel, sans la moindre stagnation. C\u0026rsquo;est pourquoi l\u0026rsquo;on dit : « Saisis l\u0026rsquo;Un, et tout est accompli. »\n由着熟而慚悟懂勁、由懂勁而階及神明、然非用力之久、不能豁然貫通焉、\n« Par la maîtrise des techniques, on comprend peu à peu le jin ; du jin compris, on s\u0026rsquo;élève par degrés jusqu\u0026rsquo;à la clarté spirituelle. Mais sans un long travail, on ne peut atteindre la compréhension soudaine et totale. » (由着熟而慚悟懂勁、由懂勁而階及神明、然非用力之久、不能豁然貫通焉)\n此言習太極拳者。進功自有一定之程度。而不可躐等躁進也。太極拳之妙全在用勁。此勁字係靈明活潑由功深練出之勁不可僅作力量解然勁為無形。必附麗於有形之着。始能顯著。言太極拳者。每專恃善於運勁。而輕視用着。以致習者無從捉摸。有望洋興歎之槪。虛度光陰。難期進益。較循序漸進者。反事倍功半。不遵守自然之程序故也。昔孔子講學。常因材授敎。故諸門弟子。各得其益。拳術雖屬小技。然執塗人而語以升堂入室之奧。未有能豁然者也。故習此拳者。應先模仿師之姿勢。姿勢正確矣。須求各姿勢互相聯貫之精神。拳路熟習矣。須求各勢着數之用法。着熟矣。其用是否能適當。用均得其當矣。其勁是否不落空。勁不落空。是眞為着熟。再由推手以求懂勁。研求對手動作之輕重遲速。及勁行之趨向方位。久之自微懂而略懂。進至於無微不覺。無處不懂。方得稱為懂勁。懂勁後不求用着。而着自合。進至無勁非着。無着非勁。漸至不須用着。祗須用勁。再至不求用勁。而勁自合。以意運勁。以氣代意。精神所觸。莫之能禦。則階及神明矣。是非數十年純。功曷克臻此。\nCela dit que celui qui pratique le taiji quan progresse selon un degré fixé, sans brûler les étapes ni se précipiter. La subtilité du taiji quan tient tout entière à l\u0026rsquo;emploi du jin — ce caractère jin désigne une force lucide et vivante, sortie d\u0026rsquo;un travail profond ; on ne peut l\u0026rsquo;entendre comme une simple vigueur physique. Mais le jin, étant sans forme, doit s\u0026rsquo;attacher aux techniques visibles (zhao) pour se manifester. Ceux qui parlent du taiji quan s\u0026rsquo;appuient souvent sur la seule conduite du jin et négligent l\u0026rsquo;emploi des techniques : les étudiants n\u0026rsquo;ont alors plus rien à quoi se raccrocher, et c\u0026rsquo;est le soupir devant la mer sans rivage ; le temps se perd, le progrès se fait attendre, et comparés à ceux qui avancent pas à pas, ils font deux fois l\u0026rsquo;effort pour la moitié du résultat — faute de suivre l\u0026rsquo;ordre naturel. Jadis Confucius enseignait selon les capacités de chacun, et tous ses disciples en profitèrent. La boxe est un art mineur, mais si l\u0026rsquo;on parlait au premier venu des mystères du sanctuaire le plus secret, nul n\u0026rsquo;y verrait clair. C\u0026rsquo;est pourquoi qui pratique cette boxe doit d\u0026rsquo;abord imiter les postures du maître ; une fois les postures correctes, chercher l\u0026rsquo;esprit qui relie chaque posture aux autres ; une fois l\u0026rsquo;enchaînement familier, chercher l\u0026rsquo;usage des techniques de chaque posture ; une fois les techniques familières, voir si leur emploi est approprié ; une fois l\u0026rsquo;emploi juste partout, voir si le jin ne tombe pas dans le vide. Quand le jin ne tombe pas dans le vide, les techniques sont vraiment familières. Ensuite, par la poussée des mains (tuishou), chercher à comprendre le jin : étudier la légèreté et la lourdeur, la lenteur et la rapidité des mouvements de l\u0026rsquo;adversaire, et la direction, la visée de son jin. Avec le temps, on passe d\u0026rsquo;une compréhension fine à une compréhension d\u0026rsquo;ensemble, jusqu\u0026rsquo;à ce que rien de subtil ne vous échappe et que nulle part le jin ne vous soit étranger : alors seulement on peut dire qu\u0026rsquo;on comprend le jin. Une fois le jin compris, on ne cherche plus à employer les techniques, et les techniques s\u0026rsquo;accordent d\u0026rsquo;elles-mêmes ; on avance jusqu\u0026rsquo;à ce qu\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;y ait plus de jin qui ne soit technique, ni de technique qui ne soit jin ; peu à peu, plus besoin d\u0026rsquo;employer les techniques, il suffit d\u0026rsquo;employer le jin ; puis l\u0026rsquo;on ne cherche même plus à employer le jin, et le jin s\u0026rsquo;accorde de lui-même : on mène le jin par l\u0026rsquo;intention, on remplace l\u0026rsquo;intention par le souffle ; ce que touche l\u0026rsquo;esprit, nul ne peut l\u0026rsquo;arrêter — alors on s\u0026rsquo;est élevé jusqu\u0026rsquo;à la clarté spirituelle (shenming, 神明). Sans plusieurs dizaines d\u0026rsquo;années d\u0026rsquo;un travail pur, comment y atteindre ?\n虛領頂勁、\n« La nuque légère, l\u0026rsquo;énergie au sommet du crâne. » (虛領頂勁)\n虛、一作須。似宜從虛。虛者對實之稱。實卽窒滯難巧也。頂者頭頂。亦曰顖門。小兒初生時。此處骨軟未合。常隨呼吸顫動。道家稱為上丹田泥丸宮。蓋藏神之府也。佛家摩頂受記。道家上田練神。易曰行其庭不見其人。庭指天庭頭頂也行神氣流行也不見其人虛也黃庭經云。子欲不死修崑崙。山名喩頭頂均示人修養之要訣也。夫人之大腦主思想。小腦主運動。而頭頂實首出庶物。支配神經。為主宰之樞府。其地位重要如此。宜為修養家所注重。練太極拳者。向主身心合一。內外兼修。精神與肉體二者同時鍜鍊。故運勁時必運智於腦。貫神於頂。務使頂上圓光。虛靈不昧。所以鍊神也。蓋頭為全身綱領。綱舉則目張。頭頂懸則週身骨骼正直。筋肉順遂。偶有動作。全身一致。左右前後。無掣肘之虞矣。\nLe caractère xu (虛, « vide ») s\u0026rsquo;écrit parfois xu (須, « il faut ») ; il semble qu\u0026rsquo;il faille adopter « vide ». « Vide » s\u0026rsquo;oppose à « plein » : le plein, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;engorgement, d\u0026rsquo;où la difficulté d\u0026rsquo;être habile. « Sommet » (ding) est le sommet du crâne, appelé aussi fontanelle (xin men) : chez le nouveau-né, les os y sont encore mous et non soudés, et l\u0026rsquo;on y voit souvent des pulsations au rythme de la respiration. Les taoïstes l\u0026rsquo;appellent le champ de cinabre supérieur (shang dantian), le palais de la pilule de boue (niwan gong) : c\u0026rsquo;est la demeure où se cache l\u0026rsquo;esprit. Les bouddhistes y touchent le sommet du crâne lors de l\u0026rsquo;ordination ; les taoïstes y exercent l\u0026rsquo;esprit dans le champ supérieur. Le Yi dit : « Il marche dans sa cour et ne voit pas sa personne » — la « cour » désigne le front, c\u0026rsquo;est-à-dire le sommet de la tête ; « marcher », c\u0026rsquo;est le souffle et l\u0026rsquo;esprit qui circulent ; « ne voit pas sa personne », c\u0026rsquo;est le vide. Le Huangting jing (黃庭經, Classique de la Cour jaune) dit : « Si tu veux ne pas mourir, cultive le Kunlun » — le nom de cette montagne figure le sommet du crâne. Tous montrent aux hommes la formule essentielle de la culture de soi. Le grand cerveau gouverne la pensée, le petit cerveau gouverne le mouvement ; quant au sommet du crâne, il émerge au-dessus de tous les êtres, commande les nerfs et est le siège souverain : sa position est si importante qu\u0026rsquo;elle mérite l\u0026rsquo;attention de qui se cultive. Celui qui pratique le taiji quan vise l\u0026rsquo;union du corps et de l\u0026rsquo;esprit, la culture simultanée de l\u0026rsquo;intérieur et de l\u0026rsquo;extérieur, l\u0026rsquo;exercice simultané de l\u0026rsquo;esprit et de la chair. Aussi, quand il mène le jin, il doit mener l\u0026rsquo;intelligence dans le cerveau et faire pénétrer l\u0026rsquo;esprit au sommet du crâne, s\u0026rsquo;efforçant d\u0026rsquo;avoir au sommet un halo lumineux, une vacuité spirituelle sans éclipse : c\u0026rsquo;est ainsi qu\u0026rsquo;il exerce l\u0026rsquo;esprit. Car la tête est le fil conducteur de tout le corps : quand le fil est levé, les mailles s\u0026rsquo;ouvrent. Quand le sommet du crâne est suspendu, tout le squelette est droit, les muscles et les tendons obéissants ; au moindre mouvement, le corps entier agit d\u0026rsquo;un seul bloc, à gauche, à droite, devant, derrière, sans crainte d\u0026rsquo;être entravé.\n氣沉丹田、\n« Le souffle descend au dantian. » (氣沉丹田)\n丹田、穴名。道家謂丹田有三。一居頭頂、以藏神。一居中脘、以蓄炁。一居臍下。以藏精。此指下丹田也。（臍下三寸）常用深呼吸使氣歸納于此。自能氣足神旺。黃庭云。呼吸廬外入丹田。審能行之可常存。蓋常人呼吸短促。每至中脘而回中脘橫膈膜也不能下達此處。因之循環遲緩。肺力薄弱。不足以排泄腹中炭養。血脈不能紅活。於人之壽命關係至鉅。老子曰。天地之間。其猶橐籥乎。又曰虛其心。實其腹。蓋吐故納新。吐吐腹中濁氣納吸新鮮空氣也歸根復命。根根蒂指下丹田命門精氣也歸復者以意逆志於此也以心意導精氣於下丹田而施烹煉也。久之自能延年却病。下丹田為全身重點所在。習拳術者。沉氣於此。則屹然不動。不易撼倒。但沉者徐徐而下。在有意無意之間。非若外家之用力下沉、外臌小腹也。倘或不愼。每致腸疝諸症。邇來日本之靜坐家剛田虎二郎、罹糖尿病逝世。議者疑係努力下丹田所致。非無因也。\nLe dantian (丹田, « champ de cinabre ») est le nom d\u0026rsquo;un point. Les taoïstes disent qu\u0026rsquo;il y a trois champs de cinabre : l\u0026rsquo;un au sommet du crâne, qui cache l\u0026rsquo;esprit ; un au creux de l\u0026rsquo;estomac, qui amasse le souffle ; un sous le nombril, qui cache l\u0026rsquo;essence. Il s\u0026rsquo;agit ici du champ inférieur (xia dantian), trois cun sous le nombril. En usant constamment de la respiration profonde pour y ramener le souffle, le souffle devient naturellement plein et l\u0026rsquo;esprit florissant. Le Huangting jing dit : « Respire hors de la demeure, entre dans le dantian ; si tu sais le faire avec constance, tu peux durer toujours. » Le souffle de l\u0026rsquo;homme ordinaire est court : il s\u0026rsquo;arrête au creux de l\u0026rsquo;estomac — le diaphragme — et ne peut descendre jusqu\u0026rsquo;ici. La circulation s\u0026rsquo;en trouve ralentie, la force des poumons affaiblie, insuffisante pour expulser le gaz carbonique du ventre, et le sang ne peut rester rouge et vivant : cela touche de très près à la durée de la vie humaine. Laozi dit : « Entre le ciel et la terre, n\u0026rsquo;est-ce pas comme un soufflet ? » Il dit encore : « Vide ton cœur, remplis ton ventre. » C\u0026rsquo;est le « rejeter l\u0026rsquo;air usé, absorber l\u0026rsquo;air neuf » : rejeter, c\u0026rsquo;est exhaler l\u0026rsquo;air trouble du ventre ; absorber, c\u0026rsquo;est inspirer l\u0026rsquo;air frais. « Revenir à la racine, renouveler le destin » (歸根復命) : la « racine » et la « tige » désignent le champ inférieur et l\u0026rsquo;essence-souffle de la porte de la vie (ming men) ; « y revenir », c\u0026rsquo;est y retourner l\u0026rsquo;intention par la pensée : conduire l\u0026rsquo;essence et le souffle, par le cœur et l\u0026rsquo;intention, au champ inférieur et l\u0026rsquo;y soumettre à la cuisson. Avec le temps, on prolonge naturellement ses jours et l\u0026rsquo;on écarte les maladies. Le champ inférieur est le point capital de tout le corps : celui qui pratique la boxe y fait descendre le souffle et se tient immobile comme une montagne, difficile à ébranler. Mais cette descente doit se faire lentement, entre le voulu et le non-voulu — non comme chez les boxeurs externes, qui y enfoncent le souffle par la force et gonflent le bas-ventre ; si l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;y prend garde, on attire souvent des hernies et autres maux. Récemment, le méditant japonais Gota Torajirō est mort d\u0026rsquo;un diabète ; certains soupçonnent qu\u0026rsquo;il força trop sur le champ inférieur — et ce n\u0026rsquo;est pas sans raison.\n不偏不倚、忽隱忽現、\n« Ni incliné ni appuyé ; tantôt caché, tantôt visible. » (不偏不倚、忽隱忽現)\n偏、偏頗失中也、倚、倚賴失正也。隱、隱藏。現、表現。忽隱、忽現者。神明不測也。上指身體姿勢。下指神氣運勁而言。太極虛明中正者也。於姿勢則必中必正。於運勁若有意無意。使神氣意力。全身貫澈。無過不及。忽隱忽現。令人不可捉摸。練習純熟。便易領悟。幾何學定理。兩點之間祗可作一直線。太極拳上領頂勁。下守重心。週身中正。便無不是處矣。但領守均須含活潑之意。富自然之趣。過于矜持。則神氣凝滯。姿態呆板。運勁不能虛靈。動生障礙矣。故曰忽隱忽現也。\n« Incliné » (pian) désigne la perte du centre par partialité ; « appuyé » (yi) désigne la perte de la droiture par appui. « Caché » (yin) signifie dissimuler ; « visible » (xian) signifie se manifester. « Tantôt caché, tantôt visible » : c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;esprit insondable. La première phrase concerne la posture du corps ; la seconde, le mouvement de l\u0026rsquo;esprit, du souffle et du jin. Le taiji est vide, lumineux, centré et droit : la posture doit être centrée et droite, et le mouvement du jin comme voulu et non voulu à la fois, faisant que l\u0026rsquo;esprit, le souffle, l\u0026rsquo;intention et la force traversent le corps entier, sans excès ni manque, tantôt cachés, tantôt visibles, impossibles à saisir pour l\u0026rsquo;autre. Quand l\u0026rsquo;exercice est parfaitement familier, on le comprend facilement. Théorème de géométrie : entre deux points, on ne peut tracer qu\u0026rsquo;une seule droite. Dans le taiji quan, on mène le jin au sommet et l\u0026rsquo;on garde le centre de gravité en bas ; quand tout le corps est centré et droit, il n\u0026rsquo;est rien qui ne soit correct. Mais cette conduite et cette garde doivent contenir une intention vivante et une saveur naturelle : si l\u0026rsquo;on s\u0026rsquo;y crispe par excès de retenue, alors l\u0026rsquo;esprit et le souffle se figent, la posture se raidit, le jin ne peut plus se mouvoir avec une vacuité spirituelle, et le mouvement même crée des obstacles. C\u0026rsquo;est pourquoi l\u0026rsquo;on dit : « tantôt caché, tantôt visible ».\n左重則左虛、右重則右杳、\n« Si la gauche est lourde, la gauche se vide ; si la droite est lourde, la droite s\u0026rsquo;évanouit. » (左重則左虛、右重則右杳)\n此仍承上文而言。吾隱現無常。敵以吾力在左。思更加重吾左方之力。使失平衡。吾則虛以待之。令敵力落空。敵揣吾右方有力。可以擒制。吾卽隱而藏之。虛實易位。隨機善應。敵更何所施其技耶。\nCeci poursuit le passage précédent. Je me cache et je me montre sans règle. Si l\u0026rsquo;adversaire croit ma force à gauche et veut alourdir encore ma gauche pour me faire perdre l\u0026rsquo;équilibre, je vide ma gauche et l\u0026rsquo;attends : sa force tombe dans le vide. S\u0026rsquo;il suppose ma droite forte et pense pouvoir la saisir et la dominer, je la cache aussitôt et la dérobe : le vide et le plein échangent leurs places. Si l\u0026rsquo;on s\u0026rsquo;adapte à l\u0026rsquo;occasion et répond avec justesse, comment l\u0026rsquo;adversaire pourrait-il exercer ses techniques ?\n仰之則彌高、俯之則彌深、\n« Qu\u0026rsquo;on s\u0026rsquo;élève contre lui, il est plus haut ; qu\u0026rsquo;on plonge contre lui, il est plus profond. » (仰之則彌高、俯之則彌深)\n仰升、俯降也。敵欲提吾使上。吾卽因而高之。敵欲抑吾使下。吾卽因而降之。敵遂失其重心。反受吾制矣。\n« S\u0026rsquo;élever » (yang), c\u0026rsquo;est monter ; « plonger » (fu), c\u0026rsquo;est descendre. Si l\u0026rsquo;adversaire veut me soulever pour me faire monter, je le suis et monte plus haut ; s\u0026rsquo;il veut me faire descendre, je le suis et descends plus bas. L\u0026rsquo;adversaire perd alors son centre de gravité et, à l\u0026rsquo;inverse, se trouve sous ma domination.\n進之則愈長、退之則愈促、\n« Qu\u0026rsquo;on avance, il s\u0026rsquo;allonge ; qu\u0026rsquo;on recule, il se resserre. » (進之則愈長、退之則愈促)\n進、前進也。長、伸舒也。退、後退也。促、逼迫也。吾前進時。倘敵順領吾勁時。吾則長身以隨之。使無可退避。或敵乘勢前進。吾急引而伸之。使力到盡頭。自不得再逞。吾若退後。敵力逼來。每致迫促無路可逃。易云天行健君子以自强不息。示人遇事當積極進行。不可退縮也。太極拳雖以柔靜為主。但非務退避。其佯退者。乃以退為進。非眞退也。若竟退時。倘遇敵隨之深入。則逼迫不自安矣。又敵退後時。吾進而迫之使愈促。吾退後時。敵力跟來。吾則或俯身摺疊以促其指腕。或旁按臂彎。使敵促迫不安、而不能再進。\n« Avancer » (jin), c\u0026rsquo;est aller de l\u0026rsquo;avant ; « s\u0026rsquo;allonger » (chang), c\u0026rsquo;est s\u0026rsquo;étendre et se détendre ; « reculer » (tui), c\u0026rsquo;est aller en arrière ; « resserrer » (cu), c\u0026rsquo;est presser et contraindre. Quand j\u0026rsquo;avance et que l\u0026rsquo;adversaire, docile, conduit mon jin, je m\u0026rsquo;allonge pour le suivre, de sorte qu\u0026rsquo;il ne puisse ni reculer ni esquiver. S\u0026rsquo;il profite de la situation pour avancer, je l\u0026rsquo;attire aussitôt et l\u0026rsquo;étire, jusqu\u0026rsquo;à ce que sa force touche sa limite : il ne peut plus alors se déchaîner. Si je reculais, sa force me presserait et je me trouverais contraint, sans route d\u0026rsquo;évasion. Le Yi dit : « Le ciel agit avec vigueur ; l\u0026rsquo;homme de bien s\u0026rsquo;efforce sans relâche » : il enseigne qu\u0026rsquo;il faut aller résolument de l\u0026rsquo;avant, sans se replier. Bien que le taiji quan fasse du souple et du calme ses maîtres, il ne s\u0026rsquo;applique pas à fuir : les reculs simulés sont une façon d\u0026rsquo;avancer en reculant, ce ne sont pas de vrais reculs. Si l\u0026rsquo;on reculait vraiment, et que l\u0026rsquo;adversaire suivît en s\u0026rsquo;enfonçant, on serait pressé et mal à l\u0026rsquo;aise. Quand l\u0026rsquo;adversaire recule, j\u0026rsquo;avance et le presse pour le resserrer davantage ; quand je recule et que sa force me suit, je m\u0026rsquo;incline alors et me replie pour gêner ses doigts et son poignet, ou je pousse de côté la courbure de son bras : l\u0026rsquo;adversaire, contraint et mal à l\u0026rsquo;aise, ne peut plus avancer.\n一羽不能加、一蠅不能落、\n« Une plume ne peut s\u0026rsquo;y ajouter ; une mouche ne peut s\u0026rsquo;y poser. » (一羽不能加、一蠅不能落)\n羽、翎羽也。加、增之也。落、降也。着也。言善太極工者。感覺敏銳。稍觸卽知。稍縱卽逝。雖輕如一羽。微如蠅蟲。稍近吾體。亦卽知覺。趨避而不令加着也。夫虛靈不昧之謂神。有知覺然後能運動。致虛極。守靜篤。寂然不動。感而遂通。有不期然而然者。非鍛鍊有素、肢體軟靈、富有觸力、未足語此也。\n« Plume » (yu) désigne la plume de l\u0026rsquo;aile ; « s\u0026rsquo;ajouter » (jia), c\u0026rsquo;est s\u0026rsquo;y poser en plus ; « se poser » (luo), c\u0026rsquo;est descendre et toucher. Cela dit que qui excelle au travail du taiji a le toucher aigu : au moindre contact il sait, à la moindre tentative il s\u0026rsquo;évanouit. Si léger que soit ce qui s\u0026rsquo;approche de mon corps, une plume, un moucheron, je le perçois aussitôt et l\u0026rsquo;esquive sans le laisser se poser. La vacuité spirituelle sans éclipse s\u0026rsquo;appelle l\u0026rsquo;esprit ; c\u0026rsquo;est par la perception qu\u0026rsquo;on peut ensuite se mouvoir. « Atteins le vide extrême, garde le calme sincère » : silencieux et immobile, on est ému et l\u0026rsquo;on répond ; il se produit des choses qu\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;avait pas prévues. Sans un exercice ancien, sans des membres souples et spirituels, sans une riche force de contact, on ne saurait en parler.\n人不知我、我獨知人、英雄所向無敵、蓋皆由此而及也、\n« L\u0026rsquo;autre ne me connaît pas ; moi seul je connais l\u0026rsquo;autre. Si les héros sont invincibles, c\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;ils parviennent à cet état. » (人不知我、我獨知人、英雄所向無敵、蓋皆由此而及也)\n虛靜則陰陽相合、覺敏則剛柔互濟。敵偶動作。吾無不知。吾之動作。敵盡難知。拳術家所向無敵。蓋均由此。孫子曰。善戰者無赫赫之功。又曰。知彼知己。百戰不殆。不知彼而知己。一勝一負。人不知我。我能知人。則所向無敵矣。\nDans le vide et le calme, le yin et le yang s\u0026rsquo;unissent ; par la perception aiguë, le dur et le souple s\u0026rsquo;entraident. L\u0026rsquo;adversaire a beau faire le moindre mouvement, rien ne m\u0026rsquo;échappe ; mes mouvements à moi, il lui est bien difficile d\u0026rsquo;en rien savoir. Si l\u0026rsquo;expert de boxe ne rencontre aucun adversaire, c\u0026rsquo;est toujours par là. Sunzi dit : « Qui combat bien n\u0026rsquo;a point de gloire éclatante. » Il dit encore : « Connais l\u0026rsquo;autre et connais-toi : cent combats, nul péril. Ne connaître que soi, c\u0026rsquo;est une victoire pour une défaite. » Si l\u0026rsquo;adversaire ne me connaît pas et que je peux le connaître, alors je suis invincible partout où je vais.\n斯技旁門甚多、\n« Les voies latérales de cet art sont nombreuses. » (斯技旁門甚多)\n泛指他項拳術而言。\nCela désigne en général les autres arts de boxe.\n雖勢有區別、\n« Bien que leurs formes diffèrent… » (雖勢有區別)\n流派不同。姿勢各異。\nLes écoles diffèrent, les postures varient.\n槪不外乎壯欺弱、慢讓快耳、\n« …elles reviennent toutes au fort qui opprime le faible, au lent qui cède au rapide. » (槪不外乎壯欺弱、慢讓快耳)\n他種拳術重力量。尚着法。而不求懂勁。故於機勢妙合、運用靈敏、以靜制動諸訣。槪不過問。\nLes autres boxe font grand cas de la force, prisent les techniques, mais ne cherchent pas à comprendre le jin : quant aux secrets de l\u0026rsquo;accord subtil du mécanisme et de la situation, de l\u0026rsquo;emploi de la sensibilité, de la domination du mouvement par le calme, ils ne s\u0026rsquo;en préoccupent pas.\n有力讓無力、手慢讓手快、此皆先天自然之能、\n« La force cède à la faiblesse, la main lente cède à la main rapide : ce sont des dons naturels… » (有力讓無力、手慢讓手快、此皆先天自然之能)\n謂力大與敏捷二者。均為天賦的能力。\nCela dit que la grande force et la vivacité sont toutes deux des capacités reçues du ciel.\n非關學力而有所為也、\n« …non le fruit de l\u0026rsquo;étude et du travail. » (非關學力而有所為也)\n非由學而能者。\nCe ne sont pas des capacités qu\u0026rsquo;on obtient par l\u0026rsquo;étude.\n察四兩撥千斤之句、（見搭手歌牽動四兩撥千斤）顯非力勝、\n« Voyez l\u0026rsquo;adage \u0026ldquo;quatre onces déplacent mille livres\u0026rdquo; (voir le Chant des mains qui se touchent : \u0026ldquo;je tire de quatre onces pour mouvoir mille livres\u0026rdquo;) : il est clair qu\u0026rsquo;on ne vainc pas par la force. » (察四兩撥千斤之句、顯非力勝)\n如秤衡秤物。滑車起重。全賴桿杆斜面等理。太極拳以小力勝大力。以無力制有力。與科學暗合。\nComme la balance qui pèse les objets, comme la poulie qui soulève les fardeaux : tout repose sur la raison du levier et du plan incliné. Que le taiji quan vainque la grande force par la petite, domine la force présente par la force absente, s\u0026rsquo;accorde en secret avec la science.\n觀耄耋能禦衆之形、快何能為、\n« Regardez le vieillard qui repousse la foule : que peut la vitesse ? » (觀耄耋能禦衆之形、快何能為)\n古稱七十曰耄。八十曰耋。年老之人。舉動遲緩。然古之名將。如廉頗等。雖老尚能勝衆。是必不僅持手足速快已也。\nDans l\u0026rsquo;antiquité, on appelait mao l\u0026rsquo;homme de soixante-dix ans et die celui de quatre-vingts. Les vieillards ont des gestes lents ; pourtant les grands généraux d\u0026rsquo;autrefois, tel Lian Po, vainquaient encore la multitude malgré leur âge : il est certain qu\u0026rsquo;ils ne s\u0026rsquo;en remettaient pas seulement à la vitesse des mains et des pieds.\n立如平凖、活似車輪、\n« Se tenir comme une balance ; bouger comme une roue. » (立如平凖、活似車輪)\n中正安舒。不偏不倚。脊背三關。自然得路也。\nCentré, droit, paisible et à l\u0026rsquo;aise, ni incliné ni appuyé : les trois passes de l\u0026rsquo;échine trouvent naturellement leur route.\n偏沉則隨、雙重則滯、\n« Pencher d\u0026rsquo;un côté, c\u0026rsquo;est suivre ; peser des deux côtés, c\u0026rsquo;est s\u0026rsquo;engorger. » (偏沉則隨、雙重則滯)\n偏、指一端也。如吸水機。如撤酒器。使一端常虛。故能引水。如欹器之不堪盈滿。滿則自覆矣。\n« Pencher » (pian) désigne un seul côté. Comme la pompe qui aspire l\u0026rsquo;eau, comme le siphon : qu\u0026rsquo;un côté soit toujours vide, et l\u0026rsquo;on peut y attirer l\u0026rsquo;eau. Comme le vase incliné qui ne supporte pas la plénitude : plein, il se renverse de lui-même.\n每見數年純工、不能運化者、率皆自為人制、雙重之病未悟耳、\n« Souvent, ceux qui après des années de travail pur ne savent pas transformer sont tous dominés par autrui : ils n\u0026rsquo;ont pas compris la maladie du double poids. » (每見數年純工、不能運化者、率皆自為人制、雙重之病未悟耳)\n古云恃德者昌。恃力者亡。易曰。天行健君子以自强不息。蓋言虛則靈。靈則動。動則變。 變則化。化則無滯耳。善應敵者。常致人而不致於人。而况自為人所制乎。用功雖純。苟不悟雙重之弊。猶未學耳。\nLes anciens disaient : « Qui s\u0026rsquo;appuie sur la vertu prospère ; qui s\u0026rsquo;appuie sur la force périt. » Le Yi dit : « Le ciel agit avec vigueur ; l\u0026rsquo;homme de bien s\u0026rsquo;efforce sans relâche. » Cela veut dire : le vide rend spirituel, le spirituel meut, le mouvement change, le changement transforme, la transformation ne s\u0026rsquo;engorge plus. Qui sait bien répondre à l\u0026rsquo;adversaire amène toujours l\u0026rsquo;adversaire chez lui, jamais l\u0026rsquo;inverse — à plus forte raison ne se laisse-t-il pas dominer par autrui. Si pur que soit le travail, si l\u0026rsquo;on ne comprend pas le défaut du double poids, c\u0026rsquo;est comme si l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;avait rien appris.\n欲避此病、須知陰陽、\n« Pour éviter ce défaut, il faut connaître le yin et le yang. » (欲避此病、須知陰陽)\n陰陽之解甚多。前已述之。茲不復贅。\nLes explications du yin et du yang sont nombreuses ; j\u0026rsquo;en ai déjà parlé plus haut, je n\u0026rsquo;y reviendrai pas.\n粘卽是走、走卽是粘、\n« Coller, c\u0026rsquo;est céder ; céder, c\u0026rsquo;est coller. » (粘卽是走、走卽是粘)\n制敵勁時謂之粘。化敵勁時謂之走。\nQuand on domine le jin de l\u0026rsquo;adversaire, cela s\u0026rsquo;appelle coller ; quand on neutralise son jin, cela s\u0026rsquo;appelle céder.\n陰不離陽、陽不離陰、陰陽相濟、方為懂勁、\n« Le yang ne quitte pas le yin, le yin ne quitte pas le yang ; yin et yang s\u0026rsquo;entraident : voilà le jin compris. » (陰不離陽、陽不離陰、陰陽相濟、方為懂勁)\n知彼己之剛柔虛實。則陰陽互為消長。以虛濟盈。而不失其機。斯眞懂勁。\nConnaître le dur et le souple, le vide et le plein, chez l\u0026rsquo;autre et chez soi : alors le yin et le yang croissent et décroissent mutuellement, le vide secourt le plein sans manquer l\u0026rsquo;occasion — voilà la vraie compréhension du jin.\n懂勁後愈練愈精、\n« Une fois le jin compris, plus on pratique, plus on s\u0026rsquo;affine… » (懂勁後愈練愈精)\n反襯不懂勁則愈練愈不精也。\nPar contraste : sans la compréhension du jin, plus on pratique, moins on s\u0026rsquo;affine.\n默識揣摩、漸至從心所欲、\n« …en méditant et en étudiant, on parvient peu à peu à ce que le cœur désire. » (默識揣摩、漸至從心所欲)\n懂勁後能自揣摩。默而識之。有餘師矣。\nUne fois le jin compris, on peut méditer par soi-même : le comprendre en silence, c\u0026rsquo;est avoir un maître de surplus.\n本是舍己從人、多誤舍近求遠、\n« À l\u0026rsquo;origine, il s\u0026rsquo;agit de s\u0026rsquo;oublier soi-même pour suivre l\u0026rsquo;autre ; beaucoup se trompent en cherchant loin ce qui est près. » (本是舍己從人、多誤舍近求遠)\n毋意、毋必、毋固、毋我。隨機應便。不拘成見。\n« Sans idée préconçue, sans exigence, sans obstination, sans ego. » (Confucius) Répondre selon l\u0026rsquo;occasion, sans s\u0026rsquo;en tenir aux opinions arrêtées.\n所謂差之毫釐、謬之千里、\n« Comme on dit : un écart d\u0026rsquo;un cheveu au départ, une erreur de mille li à l\u0026rsquo;arrivée. » (所謂差之毫釐、謬之千里)\n區別甚微。人易謬誤。\nLa différence est très mince : il est facile de se tromper.\n學者不可不詳辨焉、是為論、\n« L\u0026rsquo;étudiant doit examiner cela avec le plus grand soin. Voilà le discours. » (學者不可不詳辨焉、是為論)\n古人云。獲得眞訣好用工。苟不詳為辨別。則眞妄費工夫矣。\nUn ancien dit : « Saisis la vraie formule, puis travaille bien. » Si l\u0026rsquo;on ne distingue pas soigneusement, on gaspille vraiment ses efforts.\n此論係三丰先生入室弟子王君宗岳所作。語簡而賅。要之於太極拳之奧理已闡發無遺。原經甚多。先取此篇加以註釋。臆斷之處。在所難免。閱者諒之。\nCe discours fut composé par Wang Zongyue, disciple reçu dans la chambre du maître Sanfeng. Les mots en sont simples et complets : l\u0026rsquo;essentiel, la raison profonde du taiji quan, y est exposé sans rien laisser. Des textes canoniques primitifs, il en existe beaucoup ; j\u0026rsquo;ai commencé par celui-ci et l\u0026rsquo;ai pourvu d\u0026rsquo;annotations. Des jugements arbitraires y sont inévitables ; que le lecteur m\u0026rsquo;en excuse.\nNotes Xu Yusheng (許禹生, 1878–1945), de son nom personnel Xu Longhou (許靇厚), fonda en 1912 la Société de recherche en éducation physique de Pékin (北京體育研究社) et fut l\u0026rsquo;un des artisans de la reconnaissance officielle des arts martiaux au début de la République. Élève de Yang Jianhou, il fut aussi proche de Song Shuming, dont le chapitre 5 rapporte l\u0026rsquo;influence. Son manuel, publié en 1921, est l\u0026rsquo;un des premiers ouvrages illustrés de taiji quan : les planches de la seconde partie, dessinées par Guo Zhiyun et Lang Jinchi, sont visiblement inspirées des photographies de Yang Chengfu. Treize formes, treize méthodes : Xu Yusheng insiste (chapitres 3 et 5) sur le fait que shisan shi (十三式) désigne treize méthodes — huit techniques (peng, lü, ji, an, cai, lie, zhou, kao) et cinq pas (jin, tui, gu, pan, ding) — et non treize postures, contre une erreur d\u0026rsquo;interprétation déjà répandue de son temps. Le Taiji quan jing annoté : le chapitre 6 commente, verset par verset, la version du Classique du taiji quan attribué à Wang Zongyue — la même tradition que le Taiji quan lun déjà traduit sur ce site. Xu suit le texte en y insérant « mécanisme du mouvement et du repos » (動靜之機) après « naît du wuji », variante qu\u0026rsquo;il discute lui-même en citant l\u0026rsquo;Explication du diagramme du taiji de Zhou Dunyi. Ses annotations mêlent physique (décomposition des forces), physiologie (dantian) et références classiques (Zhuangzi, Laozi, Sunzi, le Yi Jing, le Huangting jing). Zhou Dunyi (周敦頤, 1017–1073) et Shao Yong (邵雍, 1011–1077) sont les deux grands cosmologistes néo-confucéens des Song ; leurs diagrammes du taiji et du déploiement des mutations structurent l\u0026rsquo;explication « métaphysique » que Xu Yusheng donne du taiji quan au chapitre 4. La seconde partie (postures de la forme et poussée des mains, avec planches) n\u0026rsquo;est pas traduite ici ; l\u0026rsquo;article de Paul Brennan contient le texte complet de l\u0026rsquo;ouvrage. Source du texte chinois : Xu Yusheng, 太極拳勢圖解 (« Explication illustrée des postures du taiji quan »), Pékin, 1921. Texte dans le domaine public (l\u0026rsquo;auteur est mort en 1945). Texte chinois consulté sur la page « Taiji Boxing Postures Explained » de Paul Brennan (traduction anglaise © Paul Brennan) : https://brennantranslation.wordpress.com/2012/08/27/the-taiji-manual-of-xu-yusheng/ . Traduction française : nouvelle traduction réalisée directement à partir de l\u0026rsquo;original chinois pour ce site.\n","permalink":"https://classiques-martiaux-chinois.pages.dev/posts/taiji-quan-shi-tujie-xu-yusheng/","summary":"\u003cp\u003eLe \u003cem\u003eTaiji quan shi tujie\u003c/em\u003e (太極拳勢圖解, « Explication illustrée des postures du\ntaiji quan ») est un manuel de \u003cstrong\u003eXu Yusheng\u003c/strong\u003e (許禹生, 1878–1945), figure majeure\ndu taiji quan à Pékin au début du XXe siècle. Fondateur de la Société de recherche\nen éducation physique de Pékin (\u003cem\u003eJingshi tiyu yanjiu she\u003c/em\u003e, 北京體育研究社) et élève\nde Yang Jianhou (楊健侯), Xu publia cet ouvrage en 1921 (dixième année de la\nRépublique). La première partie (\u003cem\u003eshang bian\u003c/em\u003e, 上編) expose les origines et les\nprincipes du taiji quan ; la seconde (\u003cem\u003exia bian\u003c/em\u003e, 下編) décrit, planches de dessins\nà l\u0026rsquo;appui, les postures de la forme et les méthodes de poussée des mains. Le texte\nchinois, publié en 1921, est dans le domaine public (l\u0026rsquo;auteur est mort en 1945).\u003c/p\u003e\n\u003cp\u003eNous traduisons ici la préface de l\u0026rsquo;auteur et la première partie complète, qui\nculmine avec le commentaire du \u003cem\u003eTaiji quan jing\u003c/em\u003e (太極拳經, « Classique du taiji\nquan ») attribué à Wang Zongyue. La seconde partie, inséparable de ses planches,\nest omise pour des raisons de longueur. Traduction nouvelle réalisée directement\nà partir du texte chinois original.\u003c/p\u003e","title":"L'Explication illustrée des postures du taiji quan (太極拳勢圖解) de Xu Yusheng"},{"content":"Le Taiji quan shu (太極拳術, « L\u0026rsquo;Art du taiji quan ») est l\u0026rsquo;un des manuels les plus influents du taiji quan. Son auteur, Chen Weiming (陳微明, 1881–1958), lettré et ancien compilateur du Bureau d\u0026rsquo;histoire des Qing (Qingshi guan), fut l\u0026rsquo;élève de Yang Chengfu (楊澄甫) ; il fonda à Shanghai la société Zhirou quanshe (致柔拳社, « société du taiji souple ») et publia cet ouvrage en 1925, consignant l\u0026rsquo;enseignement oral de son maître. Le livre comprend les célèbres Dix exigences (太極拳十要), les descriptions des postures de la forme, les méthodes de poussée des mains (tuishou, 推手) et un commentaire des classiques attribués à Wang Zongyue. Le texte chinois, publié en 1925, est dans le domaine public (l\u0026rsquo;auteur est mort en 1958).\nL\u0026rsquo;ouvrage s\u0026rsquo;ouvre sur des calligraphies de Zheng Xiaoxu, Feng Xu et Chen Sanli, des portraits (Yang Jianhou, Yang Chengfu, l\u0026rsquo;auteur) et une table des matières ; viennent ensuite quatre préfaces, les remarques générales, la biographie de Zhang Sanfeng, l\u0026rsquo;histoire du taiji quan, les dix exigences, les postures, la poussée des mains et les commentaires des classiques. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.\n老子曰專氣致柔能嬰兒乎莊子曰得其環中以應無窮解此可以讀是編矣乙丑五月陳三立題記\nLaozi dit : « Concentre ton souffle et deviens souple, comme un nouveau-né. » Zhuangzi dit : « Saisis le centre du cercle pour répondre à l\u0026rsquo;infini. » Qui comprend cela peut lire ce livre. — Inscription de Chen Sanli, cinquième mois de l\u0026rsquo;année yichou (1925).\nPréfaces 序\n思允於己酉歲。因張君立識李斌甫。始聞太極拳之名。越八年。陳愼先從廣平楊澄甫學。屢約余。以事不果。未久。澄甫南游。又因愼先識孫祿堂。每以年長難學為憾。祿堂曰。子毋慮。凡學內家拳者。苟尚有氣。卽可學。余意大動。立與愼先請業於楊先生少侯。未數月。少侯之弟澄甫先生自南歸。乃改從先生遊。今六年餘矣。同學前後至衆。或作或輟。惟余與愼先相約。不少間斷。祈寒袒衣。盛暑揮汗。未嘗以為苦也。擊撞創痛。屢起屢僵。未嘗以為恥也。太極拳為體。推手為用。其始循例動作。亦步亦趨而已。久之能不脫。又久之能不抗。由整而散。漸漸能不亂。尤難者。彼此相黏。必求機勢。機勢者。順逆向背堅瑕之區別也。機勢得矣。必求方向。或上或下。或正或隅。得之則如脫彈丸。失之則如撼大樹。方向得矣。必求其時。早則我勢未完。遲則彼覺而變。三者皆得。而又動之至微。發之至驟。引之至長。此則余能知之於心。宣之於口。而不能嫻之於手者也。余見練此者衆矣。皆莫能與澄甫先生抗。先生猶自言如與若祖若伯若父較。必有所未逮。然後歎此藝之精深博大如此。顧余於此藝。有引申者二事。其一則世所共知者。養身是也。交通部許君年近六十。咳唾喘促。乃習斯術。今行步如飛矣。杜姓童子。虛瘠哮脹。從其舅學。今為健兒。其他學一節一式而有效者。不可殫述。蓋有導引之利。而無其弊。故其驗甚明著。其一則世所未知者。養氣是也。吾人之大患。淺率浮躁。恃强任氣。太極拳之要訣。則曰氣沈丹田。又曰心靜神歛。學者先練其身。以次練心。又以次練神。深以測淺。靜以制動。柔以克剛。大之可以應付曲當。小之亦可以全身遠害。是故無老少。無文武。無男女。皆可學。皆當學。學焉而各得其性之所近。不有得於此。必有得於彼。此余所以津津樂道者也。澄甫先生當采余言。以為甚韙於理。屬書之以為太極拳術序乃雜書其意如右。乙丑夏日武進徐思允謹序\nEn l\u0026rsquo;année jiyou (1909), je fis la connaissance de Li Binfu par l\u0026rsquo;entremise de M. Zhang Li, et j\u0026rsquo;entendis pour la première fois le nom du taiji quan. Huit ans plus tard, Chen Shenxian [Weiming] étudia auprès de Yang Chengfu de Guangping et m\u0026rsquo;invita à plusieurs reprises à l\u0026rsquo;y rejoindre, mais mes affaires m\u0026rsquo;en empêchèrent. Peu après, Chengfu voyagea vers le sud, et par Shenxian je fis la connaissance de Sun Lutang. Je regrettais toujours qu\u0026rsquo;à mon âge il fût difficile d\u0026rsquo;apprendre. Lutang dit : « Ne vous tourmentez pas. Quiconque pratique les boxeurs internes peut apprendre tant qu\u0026rsquo;il lui reste un souffle. » Mon intention s\u0026rsquo;en trouva vivement éveillée ; Shenxian et moi demandâmes aussitôt à étudier auprès de M. Yang Shaohou. En quelques mois, le frère cadet de Shaohou, M. Chengfu, revint du sud, et je passai à son enseignement. Voici plus de six ans. Les condisciples sont venus en grand nombre, les uns persévérant, les autres abandonnant ; seuls Shenxian et moi nous étions promis de ne jamais nous interrompre. Dans le froid mordant nous nous mettions torse nu ; dans la chaleur accablante nous suions à grosses gouttes, sans jamais y voir une peine. Frappés, heurtés, meurtris, relevés puis terrassés sans cesse, nous n\u0026rsquo;en eûmes jamais honte. Le taiji quan est le corps, la poussée des mains en est l\u0026rsquo;usage. Au début, on ne fait que suivre les mouvements convenus, pas à pas, à la suite de l\u0026rsquo;autre. Avec le temps, on parvient à ne plus se détacher ; plus tard encore, à ne plus résister ; de l\u0026rsquo;ensemble vers le détail, on cesse peu à peu de se troubler. Le plus difficile : lorsque les deux partenaires se collent l\u0026rsquo;un à l\u0026rsquo;autre, il faut saisir l\u0026rsquo;occasion et l\u0026rsquo;avantage — c\u0026rsquo;est-à-dire distinguer le favorable de l\u0026rsquo;adverse, le face-à-face du dos tourné, le solide du fragile. L\u0026rsquo;occasion saisie, il faut chercher la direction — en haut ou en bas, de face ou de biais : obtenue, l\u0026rsquo;autre part comme une balle qu\u0026rsquo;on lâche ; manquée, on s\u0026rsquo;épuise comme à ébranler un grand arbre. La direction trouvée, il faut chercher le moment : trop tôt, ma posture n\u0026rsquo;est pas complète ; trop tard, l\u0026rsquo;autre le perçoit et change. Ces trois choses obtenues, et de plus le mouvement des plus subtils, l\u0026rsquo;émission des plus soudaines, l\u0026rsquo;attraction des plus longues — voilà ce que je puis connaître en mon cœur et dire de bouche, mais non rendre habile en mes mains. J\u0026rsquo;ai vu beaucoup de pratiquants ; nul ne pouvait tenir contre M. Chengfu. Lui-même disait que, comparé à son grand-père, à ses oncles ou à son père, il serait sûrement en dessous. C\u0026rsquo;est alors qu\u0026rsquo;on soupçonne combien cet art est profond et vaste. Pour ma part, j\u0026rsquo;ajouterais deux choses sur cet art. La première est connue de tous : nourrir le corps. M. Xu du ministère des Communications, près de la soixantaine, toussant et haletant, se mit à cette pratique ; aujourd\u0026rsquo;hui il marche comme s\u0026rsquo;il volait. Un garçon de la famille Du, chétif, maigre, asthmatique et gonflé, étudia avec son oncle ; aujourd\u0026rsquo;hui c\u0026rsquo;est un gaillard robuste. Les autres qui, pour avoir appris une section ou une posture, en tirèrent profit, sont trop nombreux pour qu\u0026rsquo;on les énumère. Cet art a les bienfaits du daoyin (導引, exercices de guidage du souffle) sans ses défauts ; aussi ses effets sont-ils manifestes. La seconde est ignorée du monde : nourrir le souffle. Nos grands travers sont la superficialité, l\u0026rsquo;impatience, l\u0026rsquo;appui sur la force et l\u0026rsquo;abandon à l\u0026rsquo;humeur. Les formules essentielles du taiji quan disent : « Que le souffle descende au dantian (丹田) », et encore : « Que le cœur soit calme et l\u0026rsquo;esprit recueilli. » L\u0026rsquo;élève travaille d\u0026rsquo;abord le corps, puis l\u0026rsquo;esprit, puis le souffle. La profondeur mesure la superficialité ; le calme gouverne le mouvement ; la souplesse triomphe de la dureté. Au plus large, on répond exactement à toute circonstance ; au plus étroit, on préserve son corps et l\u0026rsquo;on écarte le danger. C\u0026rsquo;est pourquoi vieux ou jeunes, lettrés ou guerriers, hommes ou femmes, tous peuvent l\u0026rsquo;apprendre, tous doivent l\u0026rsquo;apprendre ; chacun y gagne ce qui est proche de sa nature — sinon ceci, du moins cela. Voilà pourquoi j\u0026rsquo;aime à en parler. M. Chengfu jugea mes paroles tout à fait raisonnables et me pria de les écrire en préface au Taiji quan shu ; j\u0026rsquo;ai donc consigné ces réflexions ci-dessus. — Respectueusement, Xu Siyun de Wujin, un jour d\u0026rsquo;été de l\u0026rsquo;année yichou (1925).\n序\n愼先同年。余總角交也。幼同嬉游。長同讀。壬寅又同舉於鄕。嗣後余宦游滬上。遂相別。聞愼先游京師。學內家拳術。心甚慕之。今年愼先來滬。始知其苦功練習者。有七八年之久。余偶述諸友人李君雲書。江君味農。徐君冠南。聶君雲台。王君一亭。沈君惺叔。謝君泗亭。趙君雲韶等。皆欣然約從學。乃知太極拳術。其妙全在不用氣力。而其極難亦在於此。諸君及余。皆年過四五十。手足木强。不能婉轉靈活。然習之數月。亦漸能隨心應手。乃知斯術無一處不合於自然。無絲毫之勉强。余每日聽訟疲勞必休臥片時。今則精神振發。可不復休息矣。諸君中有痔疾及肢體麻木者。亦皆痊愈。人言內家拳術能却病延年。誠非虛語。愼先著太極拳術將付梓。屬作序文。爰略書實事於右。預知此書必可風行海內無疑也。乙丑夏六月關炯\nShenxian est mon condisciple de la même année d\u0026rsquo;examen ; nous sommes amis depuis l\u0026rsquo;enfance. Enfants, nous jouions ensemble ; jeunes gens, nous étudiâmes ensemble ; en l\u0026rsquo;année renyin (1902), nous fûmes reçus ensemble à l\u0026rsquo;examen provincial. Ensuite je servis comme fonctionnaire à Shanghai, et nous nous séparâmes. J\u0026rsquo;appris que Shenxian était allé à la capitale étudier les boxeurs internes, et je l\u0026rsquo;admirais en mon cœur. Cette année, Shenxian vint à Shanghai, et je découvris qu\u0026rsquo;il s\u0026rsquo;entraînait avec acharnement depuis sept ou huit ans. J\u0026rsquo;en parlai par hasard à mes amis — Li Yunshu, Jiang Weinong, Xu Guannan, Nie Yuntai, Wang Yiting, Shen Xingshu, Xie Siting, Zhao Yunsao et d\u0026rsquo;autres — et tous, joyeusement, convinrent d\u0026rsquo;étudier avec lui. Alors je compris que la merveille de l\u0026rsquo;art du taiji quan tient tout entière à ce qu\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;y use ni de force ni de souffle, et que son extrême difficulté tient aussi à cela. Mes amis et moi avions tous dépassé quarante ou cinquante ans ; nos membres étaient raides comme du bois, incapables de se dérouler avec souplesse. Pourtant, après quelques mois de pratique, nous parvînmes peu à peu à faire ce que nous voulions. Je sus alors que cet art ne contredit nulle part la nature et ne comporte aucune contrainte. Autrefois, las d\u0026rsquo;avoir jugé des procès tout le jour, il me fallait toujours m\u0026rsquo;allonger un moment ; à présent mon esprit est plein d\u0026rsquo;allant et je n\u0026rsquo;ai plus besoin de me reposer. Parmi mes amis, ceux qui souffraient d\u0026rsquo;hémorroïdes ou d\u0026rsquo;engourdissement des membres sont tous guéris. On dit que les boxeurs internes chassent la maladie et prolongent la vie : ce n\u0026rsquo;est vraiment pas une parole en l\u0026rsquo;air. Shenxian, son Taiji quan shu achevé, s\u0026rsquo;apprête à le publier ; il m\u0026rsquo;a demandé une préface. J\u0026rsquo;ai donc brièvement consigné ces faits véritables. Je sais d\u0026rsquo;avance, sans aucun doute, que ce livre fera fureur dans tout le pays. — Guan Jiong, sixième mois de l\u0026rsquo;été de l\u0026rsquo;année yichou (1925).\n序\n余童年聞人道武俠事。輙不覺手舞足蹈。樂而忘倦。嘗心慕武當派內家拳術。而生長南邦。不出里門一步。卒無所遇。蘄水陳愼先先生。善太極八卦形意三家。太極為廣平楊澄甫先生所授。楊氏世傳太極。蓋武當嫡派也。今年夏。陳先生來滬。籌辦致柔拳社。甫於報端披露消息。而報名者紛至沓來。余聞之喜出望外。亟入社從先生學。先生蓄道德能文章。曾任淸史館纂修。以楊先生口授之太極拳。筆述成書。多所闡發。稿贈楊先生以酬答之。楊先生藏之數年。不以付梓。余與秦君光昭王君鼎元岑君希天聞之。請先生慫恿出之。以傳於世。先生書往。楊先生欣然寄稿。幷圖五十餘幅。將付刋。先生命誌其崖略。因略道其事實。兼及生平往事。深幸志願之克遂云耳。乙丑六月潔人孫紹濂謹序\nDans mon enfance, lorsqu\u0026rsquo;on me contait les hauts faits des chevaliers, je ne pouvais m\u0026rsquo;empêcher de danser de joie, oubliant la fatigue. J\u0026rsquo;admirais en mon cœur la boxe interne de l\u0026rsquo;école de Wudang, mais, né dans le Sud, sans jamais avoir franchi le seuil de mon village, je n\u0026rsquo;y rencontrai finalement personne. M. Chen Shenxian de Qishui excelle dans les trois arts du taiji, du bagua et du xingyi ; son taiji lui fut enseigné par M. Yang Chengfu de Guangping. La famille Yang a transmis le taiji de génération en génération : c\u0026rsquo;est la lignée légitime de Wudang. Cet été, M. Chen vint à Shanghai pour fonder la société Zhirou quanshe. À peine la nouvelle parut-elle dans les journaux que les candidats affluèrent de toutes parts. À cette nouvelle, ma joie dépassa toute espérance ; j\u0026rsquo;entrai aussitôt dans la société pour étudier auprès du maître. Le maître possède la vertu et le talent des lettres ; il fut jadis compilateur au Bureau d\u0026rsquo;histoire des Qing. Le taiji quan que M. Yang enseignait de bouche, il le mit par écrit, en un livre richement développé, et il en offrit le manuscrit à M. Yang en témoignage de gratitude. M. Yang le conserva plusieurs années sans le publier. Quand Qin Guangzhao, Wang Dingyuan, Cen Xitian et moi l\u0026rsquo;apprîmes, nous priâmes le maître d\u0026rsquo;engager M. Yang à le livrer au monde. Le maître écrivit ; M. Yang, tout joyeux, envoya le manuscrit, accompagné de plus de cinquante planches, et l\u0026rsquo;on allait l\u0026rsquo;imprimer. Le maître me demanda d\u0026rsquo;en noter les grandes lignes ; j\u0026rsquo;ai donc rapporté ces faits, avec quelques souvenirs de sa vie passée. Je me réjouis profondément que ce vœu se soit enfin accompli. — Respectueusement, Sun Shaolian, dit Jieren, sixième mois de l\u0026rsquo;année yichou (1925).\n序\n余幼聞武當派太極拳之名。心慕之而未遇知者。乙卯游燕。得見完縣孫祿堂先生。授以形意八卦。聞友言廣平楊氏世傳太極。丁已秋。訪得楊露禪先生之孫澄甫。不介而往見。問曰。人言太極楊氏最精。而弗輕傳人。然乎不乎。澄甫先生笑曰。非不傳人。願得其人而傳也。吾祖受之河南陳氏。今將歸之陳。君如好之。吾不秘惜。於是從學七年。以澄甫先生口授之太極拳及大小捋諸式。筆之於書。以傳於世。太極拳術。宋張三丰祖師所傳也。稱為武當內家。其異於外家者。舉之略有數端。一動中求靜。與道相合。一純以神行。不尚拙力。一呼吸根蔕。氣沈丹田。一循環無端。綿綿不斷。一不離不距。隨機應變。一專氣致柔。以弱勝强。其術純任自然。無幾微勉强。余年二十餘。軀羸多病。髮白十之三四。自遇孫楊二先生習內家拳術後。精神發越。大異於前。余友有因病習者。雖勞傷痼疾。莫不霍然脫體。誠養生却病之妙術。禦侮其餘事也。余今年創辦致柔拳社於海上。招集文雅之士。共同研習。因印此書。俾學者有所遵循。求其體式之中正。又將王宗岳先生所著太極拳論。加以注釋。附印於後。俾學者知用法之精巧。惟是太極拳式。曲中求直。變動不居。實難以筆墨形容。雖力求簡明。仍恐有不盡之處。閱者諒焉。乙丑夏陳微明識\nDès mon jeune âge j\u0026rsquo;entendis le renom du taiji quan de l\u0026rsquo;école de Wudang ; je l\u0026rsquo;admirais en mon cœur sans jamais rencontrer qui le connût. En l\u0026rsquo;année yimao (1915), voyageant à Yan [Beijing], je pus voir M. Sun Lutang de Wanxian, qui m\u0026rsquo;enseigna le xingyi et le bagua. J\u0026rsquo;appris par des amis que la famille Yang de Guangping transmettait le taiji de génération en génération. À l\u0026rsquo;automne de l\u0026rsquo;année dingsi (1917), je recherchai Chengfu, petit-fils de M. Yang Luchan, et j\u0026rsquo;allai le voir sans lettre d\u0026rsquo;introduction. Je lui demandai : « On dit que le taiji de la famille Yang est le plus raffiné, mais qu\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;est pas transmis à la légère. Est-ce vrai ? » M. Chengfu sourit et répondit : « Ce n\u0026rsquo;est pas qu\u0026rsquo;on ne le transmette à personne ; c\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;on souhaite le transmettre à qui le mérite. Mon grand-père le reçut de la famille Chen du Henan ; aujourd\u0026rsquo;hui il doit revenir à un Chen. Si vous l\u0026rsquo;aimez, je ne le tiendrai pas secret. » J\u0026rsquo;étudiai donc avec lui sept années durant, et j\u0026rsquo;ai consigné par écrit, pour le transmettre au monde, le taiji quan que M. Chengfu enseignait de bouche ainsi que les postures du grand et du petit lü (捋, roulé-retourné). L\u0026rsquo;art du taiji quan a été transmis par le patriarche Zhang Sanfeng de la dynastie des Song ; on l\u0026rsquo;appelle la boxe interne de Wudang. Ce qui le distingue des boxeurs externes tient, en gros, à quelques points : d\u0026rsquo;abord, chercher le calme dans le mouvement, en accord avec le Dao ; ensuite, se mouvoir purement par l\u0026rsquo;esprit, sans faire cas de la force brutale ; puis, une respiration enracinée, le souffle descendant au dantian ; puis, une circulation sans commencement ni fin, continue et ininterrompue ; puis, ni séparation ni opposition, s\u0026rsquo;adaptant aux circonstances ; enfin, concentrer le souffle pour atteindre la souplesse, vaincre le fort par le faible. Cet art s\u0026rsquo;abandonne entièrement à la nature, sans la moindre contrainte. J\u0026rsquo;avais un peu plus de vingt ans ; mon corps était faible et maladif, et trois ou quatre dixièmes de mes cheveux étaient déjà blancs. Depuis que j\u0026rsquo;ai rencontré les deux maîtres Sun et Yang et pratiqué les boxeurs internes, mon esprit s\u0026rsquo;est épanoui, tout autre qu\u0026rsquo;avant. De mes amis, ceux qui pratiquèrent à cause d\u0026rsquo;une maladie, fussent-ils minés par l\u0026rsquo;épuisement ou des maux invétérés, en furent tous délivrés d\u0026rsquo;un coup. C\u0026rsquo;est véritablement une merveilleuse méthode pour nourrir la vie et chasser la maladie ; repousser l\u0026rsquo;agresseur n\u0026rsquo;en est que l\u0026rsquo;accessoire. Cette année, j\u0026rsquo;ai fondé la société Zhirou quanshe à Shanghai, rassemblant des lettrés raffinés pour étudier ensemble ; c\u0026rsquo;est pourquoi j\u0026rsquo;imprime ce livre, afin que les élèves aient de quoi se guider et cherchent la justesse des postures. J\u0026rsquo;ai de plus pris le Taiji quan lun de M. Wang Zongyue, l\u0026rsquo;ai pourvu d\u0026rsquo;un commentaire et l\u0026rsquo;ai imprimé en appendice, afin que les élèves connaissent la délicatesse des applications. Seulement, les postures du taiji quan, cherchant le droit dans le courbe et ne cessant de se transformer, sont véritablement difficiles à décrire par la plume ; bien que j\u0026rsquo;aie cherché la clarté et la concision, je crains encore qu\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;y ait des manques. Que les lecteurs m\u0026rsquo;en excusent. — Chen Weiming, été de l\u0026rsquo;année yichou (1925).\nRemarques générales 凡例\n一本書專就已經練習太極拳而尚未明實用者特按名式說明並附圖以表出之\n– Ce volume s\u0026rsquo;adresse à ceux qui pratiquent déjà le taiji quan mais n\u0026rsquo;en comprennent pas encore l\u0026rsquo;application pratique ; il en explique donc chaque posture nommée, avec des photographies pour les montrer.\n一本書下列太極拳應用交手圖式甲乙二人演練時宜就各圖姿勢循序彷行\n– Les schémas d\u0026rsquo;application en combat sont donnés plus bas : quand les deux partenaires A et B s\u0026rsquo;entraînent, qu\u0026rsquo;ils imitent dans l\u0026rsquo;ordre les postures de chaque figure.\n一本書逐段標明按各式銜接動作以至二人發手之際均用白話表明學者可詳細參閱自有路徑可尋\n– Chaque segment est clairement marqué, depuis l\u0026rsquo;enchaînement des mouvements jusqu\u0026rsquo;au moment où les deux hommes portent leurs mains ; tout est expliqué en langage courant, et l\u0026rsquo;élève, en consultant le détail, trouvera naturellement le chemin.\n一甲乙二人合手演習時可輕行緩進實地研習自有得法之處不可躁進率爾逞强以致發生危險彼此反生惡感\n– Quand A et B pratiquent ensemble, ils peuvent avancer doucement et progresser lentement ; en étudiant concrètement, on trouve naturellement la bonne méthode. Ne vous précipitez pas, ne faites pas étalage de force à la légère, ce qui causerait des dangers et ferait naître entre les deux partenaires des ressentiments réciproques.\n一本書均就單行法解釋之遇有手術相同者從畧\n– Ce volume n\u0026rsquo;explique chaque technique qu\u0026rsquo;une seule fois ; quand un mouvement de main est identique, il est omis.\n一本書附圖應用動作各式方向均以上下前後左右两側表示之不拘定於東西南北以其臨時動作無有一定之方位故也\n– Les directions des mouvements montrés dans les photographies sont toutes indiquées par haut-bas, avant-arrière, gauche-droite, sans s\u0026rsquo;attacher aux points cardinaux, car les mouvements d\u0026rsquo;un moment n\u0026rsquo;ont pas de direction fixe.\n一本書各姿勢應用法式僅就一二手術編列說明之其臨時動作變化之妙在好學者深思遠造久練功純自能得其要領非空言所能及也\n– Pour chaque posture, une ou deux applications seulement sont décrites. La merveille des transformations au moment même dépend du bon élève qui médite profondément : avec une longue pratique et un travail accompli, il saisira naturellement l\u0026rsquo;essentiel. Ce n\u0026rsquo;est pas par de vaines paroles qu\u0026rsquo;on y atteint.\n一本書編製各式均用白話挨次淺顯說明以便閱者一目了解\n– Chaque posture est rédigée en langage courant, expliquée simplement et dans l\u0026rsquo;ordre, afin que le lecteur comprenne d\u0026rsquo;un coup d\u0026rsquo;œil.\n一本書編成其中字句難免有遺漏錯誤之處望閱者諒之\n– Ce livre achevé, il est inévitable que des omissions et des erreurs s\u0026rsquo;y soient glissées ; j\u0026rsquo;espère que le lecteur voudra bien les excuser.\n一此書是楊老師所述拳理同志閱書千萬不要以文字挑之祗應注重拳理如以文法挑之恐有誤自己學拳之門徑願同志諒之\n– Ce livre expose la théorie martiale que le maître Yang a enseignée. Que les amis qui le lisent ne s\u0026rsquo;attachent surtout pas à la lettre du texte : ils ne doivent considérer que la théorie. S\u0026rsquo;attacher à la grammaire risquerait de vous égarer dans la voie de l\u0026rsquo;étude ; j\u0026rsquo;espère que les amis m\u0026rsquo;en excuseront.\n太極拳本係武當內功拳，欲鍜練身體者可習太極拳，此係柔功，無論男女老幼皆相宜，小兒六歲以上，老者六十歲以外，皆能習學，身體虛弱者更可習學，數月之間漸覺強壯耳，十三勢初學期三個月學會，一年習熟，五年練好，日後愈練愈精，但非眞傳不可，太極拳不得眞傳不過身體畧壯耳，拳理十年終糊塗，焉能知精微奧妙知覺運用，若得眞傳如法練去，金剛羅漢體不難矣，不但體壯，自衛防身之能力庽焉，早晨練拳最相宜，飯後休息半時或一時方可運動，如體質弱者量力練之，不可過，練習一月之後飲食可加多，拳每早晚两次或三次均可，如夏天練拳正燥，千萬不可用凉水洗手，恐其悶火，如冬天練完速穿衣服恐其受凉，練完不可即就坐，可行走五分鐘，使血脈調和\nLe taiji quan est à l\u0026rsquo;origine une boxe de travail interne (neigong, 內功) de Wudang. Qui veut forger son corps peut pratiquer le taiji quan : c\u0026rsquo;est un travail souple, convenant à tous, hommes et femmes, vieux et jeunes. Les enfants de plus de six ans comme les vieillards de plus de soixante peuvent l\u0026rsquo;apprendre ; les corps faibles peuvent d\u0026rsquo;autant mieux l\u0026rsquo;apprendre, et en quelques mois ils se sentent peu à peu fortifiés. Pour les treize postures (shisan shi, 十三勢), le débutant les apprend en trois mois, les possède en un an, les travaille bien en cinq ans ; plus on pratique ensuite, plus on s\u0026rsquo;affine. Mais il faut la transmission véritable : sans elle, le taiji quan ne fait qu\u0026rsquo;un corps un peu plus vigoureux, et après dix ans la théorie demeure confuse — comment connaître subtilités, mystères, perception et application ? Avec la transmission véritable, si l\u0026rsquo;on pratique selon la méthode, un corps de jingang-arhat n\u0026rsquo;est pas difficile à obtenir : non seulement le corps se fortifie, mais la capacité de se défendre et de se protéger y réside. Le matin est le moment le plus propice pour pratiquer. Après les repas, reposez-vous une demi-heure ou une heure avant de bouger. Si le tempérament est faible, pratiquez selon vos forces, sans excès. Après un mois de pratique, l\u0026rsquo;appétit augmente. On peut pratiquer deux ou trois fois, matin et soir. En été, quand la pratique échauffe, ne vous lavez surtout pas les mains à l\u0026rsquo;eau froide, de peur d\u0026rsquo;étouffer le feu interne. En hiver, remettez vos vêtements aussitôt la pratique finie, de peur de prendre froid. Après la pratique, ne vous asseyez pas tout de suite ; marchez cinq minutes pour harmoniser la circulation du sang.\n如用功時須澄心息慮，心無所思，意無所感，專心練拳，太極對敵法甚妙，非不能用，蓋今同志只練皮毛不再學，不能求高師訪明友，勿說太極不能用，亦勿怪授者不授耳，此本係內功與道相合，初學每日可學一两式，不可粗率，初學略難，一月後拳式入門易學耳，每同志初學一两月覺拳甚好，再學三四個月後自覺不如從前，心中煩燥，如有此景像千萬不可懈志，正是進步耳，如今拳未進步，不能自知拳式壞的，人人必由此地位經過，先此警告耳，\nQuand on travaille, il faut clarifier le cœur et faire taire les pensées : que le cœur ne pense à rien, que l\u0026rsquo;intention ne perçoive rien, et pratiquez d\u0026rsquo;un esprit concentré. La méthode du taiji pour affronter l\u0026rsquo;adversaire est fort subtile ; ce n\u0026rsquo;est pas qu\u0026rsquo;elle soit inutilisable : c\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;aujourd\u0026rsquo;hui les amis n\u0026rsquo;en pratiquent que la peau et n\u0026rsquo;étudient pas plus avant, ne cherchent ni maître supérieur ni ami éclairé. Ne dites pas que le taiji ne peut s\u0026rsquo;employer, et ne blâmez pas l\u0026rsquo;enseignant de ne pas enseigner. Cette boxe est un travail interne en accord avec le Dao. Le débutant peut apprendre une ou deux postures par jour, sans négligence. Au début c\u0026rsquo;est un peu difficile ; après un mois, les postures entrent dans la porte et s\u0026rsquo;apprennent aisément. Souvent l\u0026rsquo;ami débutant trouve sa boxe excellente après un ou deux mois, puis, après trois ou quatre mois de plus, il se trouve moins bon qu\u0026rsquo;avant et son cœur s\u0026rsquo;impatiente. Si tel tableau se présente, ne relâchez surtout pas votre volonté : c\u0026rsquo;est justement le progrès. Si la boxe ne progressait pas, on ne pourrait pas soi-même reconnaître que ses postures sont mauvaises. Tout le monde passe par cette étape ; je vous en avertis d\u0026rsquo;avance.\nBiographie du vrai homme Zhang Sanfeng 張眞人傳\n眞人遼東懿州人。姓張。名君實。字元元。號三丰子。又號昆陽。或云姓張。名玉。字君寶。號元元子。宋末時人。生有異質。龜形鶴骨。大耳圓目。身長七尺餘。修髯如戟。頂作一髻。常戴偃月冠。一笠一衲。寒暑御之。不飾邊幅。人皆目為張邋遢。所啖升斗輙盡。或避穀數月自若。延祐間。年六十七。入嵩南。遇呂純陽鄭六龍。得金丹之旨。或云入終南得火龍眞人之傳。秦淮漁戶沈萬山。好善樂施。眞人傳以點石成金之術。元末。居寶雞金臺觀。至正丙午九月二十日。自言辭世。留頌而逝。士民楊軌山。置棺殮訖。臨窆復生。時年百三十歲矣。入蜀至太和山。結茅於玉虛庵。庵前古木五株。嘗棲其下。猛獸不傷。鷙鳥不搏。衆皆驚異。有人問仙術。絕不答。問經書。則論說不倦。常語武當鄕人曰。此山當大顯。明永樂間。勑修武當。眞人隱於傭工。人皆不識。孫眞人碧雲為武當山住持。與眞人來往。多受其敎。永樂帝聞之。遣使屢召不赴。以詩詞託碧雲奏之。後以道授道士丘元靖。不知所終。世傳太極拳術。乃眞人所傳也。\nLe vrai homme était originaire du district de Yizhou, en Liaodong. Il se nommait Zhang, prénom Junshi, surnom Yuan Yuan, et se donnait le titre de Sanfengzi, ou encore Kunyang. D\u0026rsquo;autres disent qu\u0026rsquo;il se nommait Zhang Yu, prénom Junbao, titre Yuan Yuanzi. Il vécut à la fin des Song. Né avec une nature hors du commun — corps de tortue, ossature de grue, grandes oreilles, yeux ronds, plus de sept chi de haut, longue barbe comme une hallebarde, les cheveux en un seul chignon — il portait d\u0026rsquo;ordinaire un bonnet de lune couchante, et, pour le froid comme pour le chaud, un unique chapeau de bambou et une unique robe de moine, sans souci de l\u0026rsquo;apparence ; tous l\u0026rsquo;appelaient « Zhang le débraillé ». Il engloutissait un dou ou un sheng de nourriture, ou bien jeûnait des mois durant, sans que rien le trouble. Sous l\u0026rsquo;ère Yanyou (1314-1320), à soixante-sept ans, il entra au sud du mont Song, y rencontra Lü Chunyang et Zheng Liulong, et reçut le sens du jindan (金丹, élixir d\u0026rsquo;or). D\u0026rsquo;autres disent qu\u0026rsquo;il entra aux monts Zhongnan et y reçut la transmission du vrai homme Huolong (Dragon de feu). Shen Wanshan, un pêcheur des bords de la Qinhuai, aimait le bien et se plaisait à donner ; le vrai homme lui enseigna l\u0026rsquo;art de changer la pierre en or. À la fin des Yuan, il demeurait au monastère de Jintai, à Baoji. Le vingtième jour du neuvième mois de l\u0026rsquo;année bingwu de l\u0026rsquo;ère Zhizheng (1366), il annonça lui-même sa mort, laissa une stance et s\u0026rsquo;en alla. Le lettré Yang Geshan le fit mettre en bière ; mais comme on allait l\u0026rsquo;ensevelir, il revint à la vie : il avait alors cent trente ans. Il entra au Sichuan, gagna le mont Taihe, et bâtit une hutte de chaume près de l\u0026rsquo;ermitage de la Vide de jade (Yuxu an). Devant l\u0026rsquo;ermitage s\u0026rsquo;élevaient cinq arbres antiques sous lesquels il se tenait souvent ; les fauves ne le blessaient pas, les rapaces ne le frappaient pas, et tous s\u0026rsquo;en étonnaient. Si on lui demandait les arts des immortels, il ne répondait jamais ; mais si on l\u0026rsquo;interrogeait sur les Classiques, il en discourait sans se lasser. Il disait souvent aux gens de Wudang : « Cette montagne sera un jour grande et illustre. » Sous l\u0026rsquo;ère Yongle des Ming, un décret ordonna la restauration de Wudang ; le vrai homme se cacha parmi les ouvriers, et personne ne le reconnut. Le vrai homme Sun Biyun, prieur du mont Wudang, fréquenta le vrai homme et reçut beaucoup de son enseignement. L\u0026rsquo;empereur Yongle, l\u0026rsquo;ayant appris, envoya des émissaires l\u0026rsquo;appeler à plusieurs reprises ; il ne s\u0026rsquo;y rendit pas, mais fit remettre par Biyun des poèmes à l\u0026rsquo;empereur. Plus tard il transmit le Dao au taoïste Qiu Yuanjing, puis nul ne sait ce qu\u0026rsquo;il devint. Le monde rapporte que l\u0026rsquo;art du taiji quan fut transmis par ce vrai homme.\nHistoire du taiji quan 太極拳術源流\n拳術有內外家之别。外家傳自少林。內家始於宋之張三丰。三丰為武當丹士。徽宗召之。道梗不得進。夜夢元帝授之拳法。厥明。以單丁殺賊百餘。三丰之術。百年後。流傳於陝西。王宗名最著。傳温州陳州同。明嘉靖間。傳於張松溪。松溪恂恂如儒者。遇人恭謹。求其術。輒遜謝。有少林僧數輩。聞其名。至鄞訪之。遇於酒樓。一僧跳躍來蹴。松溪稍側身。舉手送之。僧如飛丸隕空。墮重摟下。幾死。衆僧駭散。松溪傳於四明葉繼美近泉。近泉傳吳崑山周雲山單思南陳貞石孫繼槎。崑山傳李天目徐岱岳。天目傳余波仲吳七郎陳茂宏。雲泉傳盧紹歧。貞石傳董扶輿夏枝溪。繼槎傳柴元明姚石門僧耳僧尾。思南傳王來咸征南。征南搏人。每點其穴。有死穴暈穴啞穴。其術要訣。為敬緊徑切勤五字。明亡。終身菜食。以明此志。識者哀之。至淸傳山右王宗岳。太極拳論宗岳所著也。數傳至河南陳先生長興。蔣先生發。長興授徒數十人。廣平楊先生露禪。名福魁。傾貲從學。居數載。與同門諸人較。輒負。偶夜起。聞隔垣有呼聲。越垣。見廣厦數間。破窗隙闚之。其師正指示提放之術。大驚。於是每夜必竊往。久之。盡得其奥妙。隱弗言。長興以露禪誠實。一日召授其意。所言無不領會。長興異之。謂諸徒曰。傾心授爾。爾不能得。楊生殆天授。非汝等所能及也。厥後。與同門角。無不跌出丈餘。曰吾以報復也。技成乃歸。長興傳楊露禪李白魁陳耕芸諸人。惟露禪最精。傳其子錤鈺鑑及王蘭亭諸人。大先生錤早死無傳。二先生鈺字斑侯。傳萬春全佑侯得山陳秀峯。三先生鑑字健侯。傳其子兆熊兆淸兆元兆林兆祥劉勝魁張義。兆熊字少侯。傳田肇麟尤志學等。兆淸字澄甫。傳武滙川牛春明閻仲雁等。肇麟等亦從學。許禹生亦從少侯澄甫研究。予與徐苕雪陳農先。從澄甫先生學。是編乃澄甫先生口授。予為筆述焉。全佑傳其子艾紳夏貴勳王茂齋。所不知者。尚多遺漏。不及備載。陳微明述\nLes arts de boxe se distinguent en écoles externe et interne. L\u0026rsquo;école externe descend de Shaolin ; l\u0026rsquo;école interne commence avec Zhang Sanfeng des Song. Sanfeng était un alchimiste (danshi, 丹士) de Wudang. L\u0026rsquo;empereur Huizong le convoqua, mais les routes étaient bloquées et il ne put s\u0026rsquo;y rendre. Une nuit, il rêva que l\u0026rsquo;empereur sombre (Xuanwu) lui enseignait la méthode de boxe ; le lendemain matin, seul, il tua plus de cent bandits. Cent ans après Sanfeng, son art circulait au Shaanxi, où Wang Zong était le plus célèbre ; il le transmit à Chen Zhoutong de Wenzhou. Sous l\u0026rsquo;ère Jiajing des Ming, il fut transmis à Zhang Songxi. Songxi était doux et réservé comme un lettré, poli et respectueux avec chacun ; quand on lui demandait son art, il s\u0026rsquo;en excusait. Des moines de Shaolin, ayant entendu son nom, vinrent à Yin pour le chercher et le rencontrèrent dans une maison de vin. Un moine bondit pour lui donner un coup de pied ; Songxi inclina légèrement le corps, leva la main et l\u0026rsquo;expédia : le moine tomba comme une balle qui s\u0026rsquo;abat du ciel, heurta le sol lourdement et faillit mourir. Les moines s\u0026rsquo;enfuirent, épouvantés. Songxi transmit à Ye Jimei (dit Jinquan) de Siming. Jinquan transmit à Wu Kunshan, Zhou Yunshan, Shan Sinan, Chen Zhenshi et Sun Jicha. Kunshan transmit à Li Tianmu et Xu Daiyue. Tianmu transmit à Yu Bozhong, Wu Qilang et Chen Maohong. Yunchuan transmit à Lu Shaoqi. Zhenshi transmit à Dong Fuyu et Xia Zhixi. Jicha transmit à Chai Yuanming, Yao Shimen, et aux moines Er et Wei. Sinan transmit à Wang Laixian (dit Zhengnan). Quand Zhengnan luttait, il touchait toujours les points (xue, 穴) de l\u0026rsquo;adversaire : il y avait les points mortels, les points qui font perdre connaissance, les points qui rendent muet. La formule essentielle de son art tenait en cinq mots : respect (敬 jing), serré (緊 jin), direct (徑 jing), tranchant (切 qie), diligent (勤 qin). Quand les Ming s\u0026rsquo;effondrèrent, il mangea végétarien toute sa vie pour marquer sa résolution ; ceux qui le connaissaient en eurent pitié. Sous les Qing, l\u0026rsquo;art parvint à Wang Zongyue du Shanxi ; le Taiji quan lun est l\u0026rsquo;œuvre de Zongyue. Il se transmit en plusieurs générations jusqu\u0026rsquo;à M. Chen Changxing du Henan et à M. Jiang Fa. Changxing enseigna à des dizaines de disciples. M. Yang Luchan de Guangping, nommé Fukui, dépensa tout son avoir pour étudier auprès de lui. Après plusieurs années de séjour, chaque fois qu\u0026rsquo;il mesurait les autres condisciples, il perdait. Une nuit, s\u0026rsquo;étant levé par hasard, il entendit des appels de l\u0026rsquo;autre côté du mur. Il escalada le mur et vit plusieurs grandes salles ; par une fissure de la fenêtre brisée, il observa : son maître était en train d\u0026rsquo;enseigner l\u0026rsquo;art de lever et de projeter. Il en fut très surpris ; dès lors, chaque nuit il s\u0026rsquo;y rendait en secret. Avec le temps, il obtint tous les mystères, mais les cacha et n\u0026rsquo;en dit rien. Changxing, jugeant Luchan honnête, l\u0026rsquo;appela un jour et lui enseigna le sens de ces choses ; tout ce qu\u0026rsquo;il disait, Luchan le comprenait. Changxing, étonné, dit à ses disciples : « Je vous ai enseigné de tout mon cœur, et vous n\u0026rsquo;avez pu l\u0026rsquo;obtenir. Ce jeune Yang tient sans doute cela du ciel ; vous ne pouvez l\u0026rsquo;égaler. » Dès lors, quand il luttait avec les condisciples, tous étaient projetés à plus d\u0026rsquo;un zhang ; il disait : « C\u0026rsquo;est ma revanche. » Ce n\u0026rsquo;est que lorsque sa technique fut accomplie qu\u0026rsquo;il rentra chez lui. Changxing transmit à Yang Luchan, Li Baikui, Chen Gengyun et d\u0026rsquo;autres ; seul Luchan fut le plus raffiné. Il transmit à ses fils Qi, Yu et Jian, ainsi qu\u0026rsquo;à Wang Lanting et d\u0026rsquo;autres. Le grand maître Qi mourut jeune sans postérité. Le second maître Yu, surnommé Banhou, transmit à Wan Chun, Quan You, Hou Deshan et Chen Xiufeng. Le troisième maître Jian, surnommé Jianhou, transmit à ses fils Zhaoxiong, Zhaoqing, Zhaoyuan, Zhaolin, Zhaoxiang, ainsi qu\u0026rsquo;à Liu Shengkui et Zhang Yi. Zhaoxiong, surnommé Shaohou, transmit à Tian Zhaolin, You Zhixue et d\u0026rsquo;autres. Zhaoqing, surnommé Chengfu, transmit à Wu Huichuan, Niu Chunming, Yan Zhongyan et d\u0026rsquo;autres. Zhaolin et les autres étudièrent aussi auprès d\u0026rsquo;eux. Xu Yusheng étudia également avec Shaohou et Chengfu. Xu Shaoxue, Chen Nongxian et moi-même, nous avons étudié auprès de M. Chengfu ; ce recueil est l\u0026rsquo;enseignement oral de M. Chengfu, que j\u0026rsquo;ai consigné par écrit. Quan You transmit à son fils Ai Shen, à Xia Guixun et Wang Maozhai. Ce que je ne connais pas comporte encore bien des omissions, qu\u0026rsquo;il ne m\u0026rsquo;est pas possible de rapporter en détail. — Relaté par Chen Weiming.\nLes dix exigences du taiji quan 太極拳術十要\n楊澄甫口授\n陳微明筆述\nLes dix exigences suivantes furent enseignées de bouche par Yang Chengfu et consignées par écrit par Chen Weiming.\n一虛靈頂勁\n頂勁者。頭容正直。神貫於頂也。不可用力。用力則項强。氣血不能通流。須有虛靈自然之意。非有虛靈頂勁。則精神不能提起也。\n1. L\u0026rsquo;énergie du sommet, vide et vivante (xu ling ding jin). L\u0026rsquo;énergie du sommet, c\u0026rsquo;est la tête droite, l\u0026rsquo;esprit qui traverse jusqu\u0026rsquo;au sommet du crâne. Il ne faut pas y mettre de force : si l\u0026rsquo;on force, le cou se raidit et le souffle et le sang ne circulent plus. Il faut une intention vide, vivante et naturelle. Sans cette énergie du sommet, vide et vivante, l\u0026rsquo;esprit ne peut être soulevé.\n二含胸拔背\n涵胸者。胸略內涵。使氣沉於丹田也。胸忌挺出。挺出則氣擁胸際。上重下輕。脚跟易於浮起。拔背者。氣貼於背也。能含胸。則自能拔背。能拔背。則能力由脊發。所向無敵也。\n2. Contenir la poitrine et étirer le dos (han xiong ba bei). Contenir la poitrine, c\u0026rsquo;est la creuser légèrement, afin que le souffle descende au dantian. Il faut éviter de la projeter en avant : projetée, le souffle s\u0026rsquo;accumule dans la poitrine, le haut est lourd et le bas léger, et les talons se soulèvent facilement. Étirer le dos, c\u0026rsquo;est faire adhérer le souffle au dos. Qui sait contenir la poitrine sait naturellement étirer le dos ; qui sait étirer le dos peut émettre la force depuis la colonne vertébrale, et rien ne lui résiste.\n三鬆腰\n腰為一身之主宰。能鬆腰。然後兩足有力。下盤穩固。虛實變化。皆由腰轉動。故曰命意源頭在腰隙。有不得力。必於腰腿求之也。\n3. Détendre les reins (song yao). Les reins sont le maître de tout le corps. Détendre les reins, alors les deux pieds ont de la force et la base est stable ; tous les changements de vide et de plein se font par la rotation des reins. Aussi dit-on : « La source de l\u0026rsquo;intention vitale est dans l\u0026rsquo;intervalle des reins. » Où que la force fasse défaut, il faut la chercher dans les reins et les jambes.\n四分虛實\n太極拳術以分虛實為第一義。如全身皆坐在右腿。則右腿為實。左腿為虛。全身坐在左腿。則左腿為實。右腿為虛。虛實能分。而後轉動輕靈。毫不費力。如不能分。則邁步重滯。自立不穩。而易為人所牽動。\n4. Distinguer le vide et le plein (xu shi). Dans le taiji quan, distinguer le vide et le plein est le premier principe. Si tout le corps repose sur la jambe droite, la droite est pleine et la gauche vide ; si tout le corps repose sur la jambe gauche, la gauche est pleine et la droite vide. Le vide et le plein bien distingués, les tours et les mouvements sont légers et vivants, sans le moindre effort. S\u0026rsquo;ils ne sont pas distingués, le pas est lourd et engourdi, on ne tient pas soi-même en équilibre et l\u0026rsquo;on se laisse facilement entraîner par autrui.\n五沈肩墜肘\n沈肩者。肩鬆開下垂也。若不能鬆垂。兩肩端起。則氣亦隨之而上。全身皆不得力矣。墜肘者。肘往下鬆墜之意。肘若懸起。則肩不能沈。放人不遠。近於外家之斷勁矣。\n5. Enfoncer les épaules et laisser tomber les coudes (chen jian zhui zhou). Enfoncer les épaules, c\u0026rsquo;est les détendre et les laisser pendre. Si elles ne se détendent pas et se haussent, le souffle monte avec elles et tout le corps perd sa force. Laisser tomber les coudes, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;intention de les détendre vers le bas. Si les coudes se suspendent, les épaules ne peuvent s\u0026rsquo;enfoncer, on ne projette pas l\u0026rsquo;autre loin, et l\u0026rsquo;on approche de la force rompue des écoles externes.\n六用意不用力\n太極論云。此全是用意不用力。練太極拳。全身鬆開。不使有分毫之拙勁。以留滯於筋骨血脈之間。以自縛朿。然後能輕靈變化。圓轉自如。或疑不用力。何以能長力。蓋人身之有經絡。如地之有溝洫。溝洫不塞而水行。經絡不閉而氣通。如渾身殭勁。充滿經絡。氣血停滯。轉動不靈。牽一髮而全身動矣。若不用力而用意。意之所至。氣卽至焉。如是氣血流注。日日貫輸。周流全身。無時停滯。久久練習。則得眞正內勁。卽太極論中所云。極柔軟。然後能極堅剛也。太極功夫純熟之人。臂膊如綿裹鐵。分量極沈。練外家拳者。用力則顯有力。不用力時。則甚輕浮。可見其力。乃外勁浮面之勁也。外家之力。最易引動。故不尚也。\n6. Employer l\u0026rsquo;intention et non la force (yong yi bu yong li). Le Taiji lun dit : « Tout ceci consiste à employer l\u0026rsquo;intention et non la force. » En pratiquant le taiji quan, tout le corps se détend, sans laisser la moindre parcelle de force maladroite stagner dans les tendons, les os et les vaisseaux pour s\u0026rsquo;y ligoter soi-même ; alors seulement on peut changer avec légèreté et tourner librement. On pourrait douter : sans force, comment la force pourrait-elle croître ? Le corps humain a des méridiens comme la terre a des fossés : les fossés non bouchés, l\u0026rsquo;eau coule ; les méridiens non fermés, le souffle passe. Si tout le corps est raidi par la force, remplissant les méridiens, le souffle et le sang stagnent, la rotation n\u0026rsquo;est plus vivante, et tirer un cheveu fait bouger tout le corps. Si, au lieu de la force, on emploie l\u0026rsquo;intention, là où va l\u0026rsquo;intention, le souffle y va ; ainsi le souffle et le sang coulent, jour après jour circulent à travers tout le corps sans un instant de stagnation. À force de pratiquer longtemps, on obtient la véritable force interne (neijin, 內勁) — ce que dit le Taiji lun : « Extrême souplesse, alors seulement extrême fermeté. » L\u0026rsquo;homme dont le taiji est accompli a les bras comme du coton enveloppant du fer, d\u0026rsquo;un poids extrême. Qui pratique la boxe externe paraît fort quand il force, mais quand il ne force pas il est tout léger et flottant : on voit que sa force n\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;une force externe, superficielle. La force des externes est la plus facile à attirer et à conduire ; aussi ne l\u0026rsquo;estime-t-on pas.\n七上下相隨\n上下相隨者。卽太極論中所云。其根在脚。發於腿。主宰於腰。形於手指。由腳而腿而腰。總須完整一氣也。手動腰動足動。眼神亦隨之動。如是方可謂之上下相隨。有一不動。卽散亂矣。\n7. Le haut et le bas se suivent (shang xia xiang sui). C\u0026rsquo;est ce que dit le Taiji lun : « Sa racine est dans les pieds, elle se déploie dans les jambes, elle est gouvernée par les reins, elle se manifeste dans les doigts. Du pied à la jambe aux reins, il faut toujours un souffle complet et unique. » La main bouge, les reins bougent, le pied bouge, et le regard les suit. C\u0026rsquo;est seulement ainsi qu\u0026rsquo;on peut parler de haut et bas qui se suivent. Qu\u0026rsquo;une seule partie ne bouge pas, et tout se disperse.\n八內外相合\n太極所練在神。故云神為主帥。身為驅使。精神能提得起。自然舉動輕靈。架子不外虛實開合。所謂開者。不但手足開。心意亦與之俱開。所謂合者。不但手足合。心意亦與之俱合。能內外合為一氣。則渾然無間矣。\n8. L\u0026rsquo;intérieur et l\u0026rsquo;extérieur se joignent (nei wai xiang he). Ce que le taiji exerce, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;esprit. Aussi dit-on : « L\u0026rsquo;esprit est le général en chef, le corps est l\u0026rsquo;exécutant. » Si l\u0026rsquo;esprit peut être soulevé, les mouvements sont naturellement légers et vifs. Le cadre (jiazi, 架子) n\u0026rsquo;est rien d\u0026rsquo;autre que vide et plein, ouverture et fermeture. L\u0026rsquo;ouverture ne signifie pas seulement mains et pieds ouverts : le cœur et l\u0026rsquo;intention s\u0026rsquo;ouvrent avec eux. La fermeture ne signifie pas seulement mains et pieds fermés : le cœur et l\u0026rsquo;intention se ferment avec eux. Qui peut joindre l\u0026rsquo;intérieur et l\u0026rsquo;extérieur en un seul souffle est entier, sans la moindre fissure.\n九相連不斷\n外家拳術。其勁乃後天之拙勁。故有起有止。有續有斷。舊力已盡。新力未生。此時最易為人所乘。太極用意不用力。自始至終。綿綿不斷。周而復始。循環無窮。原論所謂如長江大河。滔滔不絕。又曰運勁如抽絲。皆言其貫串一氣也。\n9. S\u0026rsquo;enchaîner sans interruption (xiang lian bu duan). La force des boxeurs externes est la force maladroite acquise après la naissance ; aussi a-t-elle des départs et des arrêts, des continuités et des ruptures. Quand l\u0026rsquo;ancienne force est épuisée et que la nouvelle n\u0026rsquo;est pas encore née, c\u0026rsquo;est le moment où l\u0026rsquo;on est le plus facilement pris au dépourvu. Le taiji emploie l\u0026rsquo;intention et non la force : du commencement à la fin, il est continu comme un fil, recommençant après avoir fini, cercle sans fin. Le traité original dit : « Comme le long fleuve et le grand océan, qui roulent sans tarir », et encore : « Conduire la force comme on tire un fil de soie » — tout cela parle de traverser et d\u0026rsquo;enchaîner en un seul souffle.\n十動中求靜。\n外家拳術。以跳躑為能。用盡氣力。故練習之後。無不喘氣者。太極以靜御動。雖動猶靜。故練架子。愈慢愈好。慢則呼吸深長。氣沉丹田。自無血脈僨張之弊。學者細心體會。庶可得其意焉。\n10. Chercher le calme dans le mouvement (dong zhong qiu jing). Les boxeurs externes excellent à sauter et bondir, épuisant leur souffle et leur force ; après l\u0026rsquo;exercice, tous halètent. Le taiji gouverne le mouvement par le calme : bien que mouvant, il est comme immobile. Aussi, en pratiquant le cadre, plus c\u0026rsquo;est lent, mieux c\u0026rsquo;est. Lentement, la respiration devient profonde et longue, le souffle descend au dantian, et naturellement l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;a pas le défaut des vaisseaux gonflés. Que l\u0026rsquo;élève médite cela avec soin, et il en obtiendra le sens.\nLes postures du taiji quan 太極拳式\nLes postures suivantes sont celles de la forme ; les numéros de figures renvoient aux photographies de l\u0026rsquo;ouvrage original.\n攬雀尾\n向南正立。兩足平行分開。與兩肩齊。眼向前視。兩手下垂。此太極未動之形式也。如第一圖。\nDebout, face au sud. Les deux pieds écartés parallèlement, à la largeur des épaules. Les yeux regardent devant ; les mains pendent le long du corps. C\u0026rsquo;est la forme du taiji avant tout mouvement. (Fig. 1.)\n兩手毫不着力。向前向上提起。提與胸平。手心向下。兩臂稍屈。不可太直。與腰同時下沉。左手轉至丹田。手心向內。向前伸出。（此卽是掤）略與胸齊。右手同時向右向下分開。手心向下。五指向前。左足同時斜向前進。此時全身坐在左腿。右足伸直不動。左實右虛。如第二圖。\nLes deux mains, sans le moindre effort, se lèvent vers l\u0026rsquo;avant et le haut, jusqu\u0026rsquo;à hauteur de poitrine, paumes vers le bas ; les bras légèrement fléchis, jamais trop droits. En même temps que les reins descendent, la main gauche tourne vers le dantian, paume vers l\u0026rsquo;intérieur, puis s\u0026rsquo;étend vers l\u0026rsquo;avant — c\u0026rsquo;est le peng (掤, parer) — à peu près à hauteur de poitrine, tandis que la main droite s\u0026rsquo;écarte vers la droite et le bas, paume vers le bas, cinq doigts vers l\u0026rsquo;avant. Le pied gauche avance en même temps en diagonale : tout le corps s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe gauche, la jambe droite reste tendue et immobile. Gauche plein, droite vide. (Fig. 2.)\n右手隨腰。同時轉至左手處。手心隨轉向上。左手亦隨腰轉。手心隨轉向下。兩手如捧一圓球。右足往西邁。足尖正向西。與左足略成丁字形。右手左手隨腰隨右腿。同時向西圓轉。右手在前。左手在後。右手心向上向內。左手心向下向外。如抱圓球。眼亦隨向西視。此時全身坐在右腿。左腿伸直。凡兩足之距離。人之長短不同。以各人之最適處為度。\nLa main droite, avec les reins, tourne vers la main gauche, paume se retournant vers le haut ; la main gauche tourne aussi avec les reins, paume vers le bas : les deux mains comme si elles tenaient une boule. Le pied droit fait un pas vers l\u0026rsquo;ouest, pointe droit à l\u0026rsquo;ouest, formant avec le pied gauche un T à peu près. Les deux mains, avec les reins et la jambe droite, tournent ensemble vers l\u0026rsquo;ouest : la droite devant, la gauche derrière, paume droite vers le haut et l\u0026rsquo;intérieur, paume gauche vers le bas et l\u0026rsquo;extérieur, comme si l\u0026rsquo;on tenait une boule. Le regard suit vers l\u0026rsquo;ouest. Tout le corps s\u0026rsquo;asseoit alors sur la jambe droite, la jambe gauche tendue. Quant à la distance des pieds, comme les hommes sont de tailles différentes, qu\u0026rsquo;elle soit celle qui convient le mieux à chacun.\n右手與左手。隨腰往右圓轉。右手心隨轉向下。左手心隨轉向上。右手在上。左手在下。與腰同時往回收。全身坐在左腿（此卽是捋）左腿變實。右腿變虛。如第三圖。\nLes deux mains tournent avec les reins vers la droite : paume droite vers le bas, paume gauche vers le haut, main droite au-dessus, main gauche au-dessous ; elles reviennent en même temps que les reins. Tout le corps s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe gauche — c\u0026rsquo;est le lü (捋, roulé) — la jambe gauche devient pleine, la droite vide. (Fig. 3.)\n右手隨動。手心隨轉向上向內。左手隨動。手心隨轉向下向外。左手心距離右手脈門二寸許（此卽是擠）兩手同時向西擠出。腰亦隨之前進。至右腿變實。左腿變虛。如第四圖。\nLa main droite, en bougeant, tourne paume vers le haut et l\u0026rsquo;intérieur ; la main gauche, paume vers le bas et l\u0026rsquo;extérieur ; la paume gauche à environ deux cun du poignet droit — c\u0026rsquo;est le ji (擠, presser). Les deux mains pressent ensemble vers l\u0026rsquo;ouest, les reins avancent avec, jusqu\u0026rsquo;à ce que la jambe droite devienne pleine et la gauche vide. (Fig. 4.)\n兩手與腰與腿。同時往回鬆。兩手收回時。略向上提。手尖向前。手心向下。收至左腿坐實。兩手復同時往西按出。兩手心向外。手尖向上。垂肩墜肘。畧與胸齊。（此卽是按）右腿復實。如第五圖。\nLes deux mains, les reins et les jambes se détendent ensemble en revenant. En revenant, les mains se lèvent légèrement, doigts vers l\u0026rsquo;avant, paumes vers le bas, jusqu\u0026rsquo;à ce que la jambe gauche soit pleine ; puis les deux mains pressent ensemble vers l\u0026rsquo;ouest, paumes vers l\u0026rsquo;extérieur, doigts vers le haut, épaules tombantes et coudes abaissés, à peu près à hauteur de poitrine — c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;an (按, pousser). La jambe droite redevient pleine. (Fig. 5.)\n單鞭\n兩手與腰與腿復同時往回鬆。右手屈回。如畫一小圓規。復往西鬆直。五指旋卽垂下。變為吊手。左手與右手同時屈回。由左而右。如畫一大圓規。轉至右肩時。手心向內。右足向西者。將足跟轉使〔轉動使足尖〕向南。全身坐在右腿上。此時左足亦同時向東邁去。足尖畧偏於北。此時右足跟亦同時轉動。足尖略向東南。全身坐在左腿上。左腿變為實。左手隨動隨轉。變成朝外。往東變成單鞭與左足同一方向。右腿伸直。眼神隨之。如第六圖。\nLes deux mains, les reins et les jambes se détendent de nouveau ensemble en revenant. La main droite se replie, décrivant un petit cercle, puis se détend de nouveau vers l\u0026rsquo;ouest ; les cinq doigts aussitôt pendent, formant la main pendante (diaoshou, 吊手). La main gauche se replie en même temps que la droite, de gauche à droite, décrivant un grand cercle ; quand elle arrive à l\u0026rsquo;épaule droite, paume vers l\u0026rsquo;intérieur. Le pied droit, qui regardait l\u0026rsquo;ouest, tourne sur le talon pour porter la pointe au sud, tout le corps s\u0026rsquo;asseyant sur la jambe droite. Alors le pied gauche fait en même temps un pas vers l\u0026rsquo;est, la pointe un peu vers le nord ; le talon droit tourne aussi, la pointe un peu au sud-est ; tout le corps s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe gauche, qui devient pleine. La main gauche, en tournant, se retourne vers l\u0026rsquo;extérieur et, vers l\u0026rsquo;est, forme le fouet unique (dan bian, 單鞭) dans la même direction que le pied gauche ; la jambe droite se tend. Le regard suit. (Fig. 6.)\n提手\n左足跟轉向南。左右兩手同時相合。隨腰轉向西南。右手略前。左手畧後。兩手心相對。沉肩墜肘。須鬆開捧起。不可有夾勁。右足同時提向西南。後跟點地。足尖畧翹起。眼神亦隨之。此式左腿為實。右腿為虛。如第七圖。\nLe talon gauche tourne vers le sud. Les deux mains se joignent en même temps et suivent les reins qui tournent vers le sud-ouest : main droite un peu devant, main gauche un peu derrière, paumes face à face. Épaules tombantes, coudes abaissés, il faut se détendre et porter comme un plateau, sans jamais pincer. Le pied droit en même temps se lève vers le sud-ouest, le talon touche le sol, la pointe un peu relevée ; le regard suit. Dans cette posture, la jambe gauche est pleine, la droite vide. (Fig. 7.)\n白鶴亮翅\n右足略進半步蹋實。使足尖向東南。全身隨坐在右腿上。兩手與腰同時而轉。右手轉下。手心向上。左手轉上。手心向下。兩掌斜對如抱圓球。隨卽分開。右臂隨腰向西南往上提起。眼神隨之。提至右手心轉向外。眼神漸漸轉向東。左手同時往左分。轉至手心向下。左足隨提前。足尖點地。正對東向。此式右腿變實。如第八圖。\nLe pied droit avance d\u0026rsquo;un demi-pas et s\u0026rsquo;affermit, pointe au sud-est ; tout le corps s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe droite. Les deux mains tournent avec les reins : la droite descend, paume vers le haut ; la gauche monte, paume vers le bas ; les deux paumes se font face en diagonale comme si elles tenaient une boule ; puis elles se séparent. Le bras droit, avec les reins, se lève vers le sud-ouest, le regard suit, jusqu\u0026rsquo;à ce que la paume droite se retourne vers l\u0026rsquo;extérieur ; le regard se tourne peu à peu vers l\u0026rsquo;est. La main gauche en même temps s\u0026rsquo;écarte vers la gauche, paume tournée vers le bas ; le pied gauche avance, pointe au sol, droit à l\u0026rsquo;est. Dans cette posture, la jambe droite devient pleine. (Fig. 8.)\n摟膝抝步\n腰往下鬆。右手心轉向後。隨腰下垂。往後圓轉而上。轉由右耳邊按出。左手同時隨腰而上。由胸前往右。摟至左膝外。手心復向下。左足同時隨往東邁。腰隨手前進。至左腿變實。如第九圖。\nLes reins se détendent vers le bas. La main droite, paume vers l\u0026rsquo;arrière, suit les reins qui descendent, remonte en cercle par-derrière et pousse vers l\u0026rsquo;avant en passant près de l\u0026rsquo;oreille droite. La main gauche en même temps monte avec les reins, passe devant la poitrine vers la droite, brosse jusqu\u0026rsquo;à l\u0026rsquo;extérieur du genou gauche, paume de nouveau vers le bas. Le pied gauche en même temps fait un pas vers l\u0026rsquo;est ; les reins avancent avec la main, jusqu\u0026rsquo;à ce que la jambe gauche devienne pleine. (Fig. 9.)\n手揮琵琶式\n右足略提起隨落下。右手隨身之落勢。收回在後。左手隨身。提起在前。兩手心相對。如抱琵琶。沉肩墜肘。鬆開捧起。不可有夾勁。左足隨身收近。足跟點地。足尖翹起。右腿仍實。如第十圖。\nLe pied droit se soulève légèrement puis retombe. La main droite, suivant la descente du corps, revient en arrière ; la main gauche se lève devant. Les deux paumes se font face, comme si l\u0026rsquo;on tenait un pipa (琵琶, luth) ; épaules tombantes, coudes abaissés, détendu et portant, sans pincer. Le pied gauche se rapproche, talon au sol, pointe relevée. La jambe droite reste pleine. (Fig. 10.)\n摟膝抝步\n仍鬆腰。左手摟膝。右手往後圓轉。隨身往前按出。左腿變實。如前第九圖。\nDétendre encore les reins. La main gauche brosse le genou ; la main droite décrit un cercle vers l\u0026rsquo;arrière puis pousse vers l\u0026rsquo;avant avec le corps ; la jambe gauche devient pleine. Comme à la figure 9.\n左摟膝抝步\n左足跟轉〔轉動使足尖〕向東北。腰下鬆。左手心轉向外。隨腰下垂。往後圓轉而上。轉由左耳邊按出。右手同時隨腰而上。由胸前往左。摟至右膝外。手心向下。右足隨往東邁。腰隨手前進。至右腿變實。左摟膝與右摟膝無異。惟左右不同耳。如第十一圖。\nLe talon gauche tourne, portant la pointe au nord-est. Les reins se détendent vers le bas ; la main gauche, paume vers l\u0026rsquo;extérieur, suit les reins qui descendent, remonte en cercle par-derrière et pousse en passant près de l\u0026rsquo;oreille gauche. La main droite en même temps monte avec les reins, passe devant la poitrine vers la gauche et brosse jusqu\u0026rsquo;à l\u0026rsquo;extérieur du genou droit, paume vers le bas. Le pied droit fait un pas vers l\u0026rsquo;est ; les reins avancent avec la main, jusqu\u0026rsquo;à ce que la jambe droite devienne pleine. Brosser le genou à gauche ne diffère en rien de le faire à droite, sinon le côté. (Fig. 11.)\n又變〔右摟膝拗步〕手揮琵琶式。\n手揮琵琶如前第十圖\nOn change de nouveau [brosser le genou droit en pas croisé], puis jouer du pipa, comme à la figure 10.\n進步搬攔錘\n由琵琶式。兩手心相對。隨腰往左轉。左手轉至手心朝下。右手轉至手心朝上。左手在上。右手在下。右手轉至左脇際握拳。又隨腰往右鬆。藏於右脇間。此時右腿同時提起點一步〔提起前進一步〕。使足尖朝東。全身坐於右腿上。左手亦同時隨腰往前探出。如第十二圖。\nDe la posture du pipa : les deux paumes se font face et tournent avec les reins vers la gauche ; la main gauche se retourne paume vers le bas, la droite paume vers le haut, la gauche au-dessus, la droite au-dessous. La main droite arrive au flanc gauche et se ferme en poing, puis, avec les reins, se détend vers la droite et se cache au flanc droit. En même temps la jambe droite se lève et fait un pas, pointe vers l\u0026rsquo;est, tout le corps s\u0026rsquo;asseyant sur la jambe droite ; la main gauche en même temps s\u0026rsquo;avance en exploration avec les reins. (Fig. 12.)\n右足跟轉向東南坐實。左手隨往左搬攔右拳隨卽打出。左手如扶右手脈門。手尖向上。左足亦同時前進坐實。如第十三圖。\nLe talon droit tourne au sud-est et s\u0026rsquo;affermit. La main gauche pare et bloque vers la gauche, le poing droit frappe aussitôt ; la main gauche soutient le poignet droit, doigts vers le haut. Le pied gauche en même temps avance et s\u0026rsquo;affermit. (Fig. 13.)\n如封似閉\n左手旋穿出右肘。手心向上。兩手隨腰往後抽。左手心貼住右臂。漸移漸分。至兩掌近於胸際。此時右腿變實。然後兩掌復隨腰前按。至左腿變實。如第十四圖。\nLa main gauche se glisse en tournant sous le coude droit, paume vers le haut. Les deux mains se retirent avec les reins ; la paume gauche colle au bras droit, puis peu à peu elles se séparent jusqu\u0026rsquo;à ce que les deux paumes soient près de la poitrine. La jambe droite devient alors pleine. Ensuite les deux paumes poussent de nouveau vers l\u0026rsquo;avant avec les reins, jusqu\u0026rsquo;à ce que la jambe gauche devienne pleine. (Fig. 14.)\n十字手\n左足跟轉向南。兩手先往上分開。向下圓轉。後又由下而上。復合為斜十字。右足隨右手同時移近左足。平行而立。此式面向南方。如第十五圖。\nLe talon gauche tourne vers le sud. Les deux mains d\u0026rsquo;abord s\u0026rsquo;écartent vers le haut, décrivent un cercle vers le bas, puis remontent et se rejoignent en croix oblique. Le pied droit, avec la main droite, se rapproche du pied gauche ; on se tient debout, pieds parallèles. Cette posture est face au sud. (Fig. 15.)\n抱虎歸山\n右手向西北。左手向東南分開。右足隨右手往西北邁步。此時全身尚坐在左腿。左手分開後。旋卽轉上。由耳邊向西北按出。腰亦隨之前進。卽坐在右腿上。右手分開後。同時轉至脇下。下垂。手心向外。如第十六圖。\nLa main droite s\u0026rsquo;écarte vers le nord-ouest, la main gauche vers le sud-est ; le pied droit suit la main droite d\u0026rsquo;un pas vers le nord-ouest. Tout le corps est encore assis sur la jambe gauche. Après s\u0026rsquo;être écartée, la main gauche remonte aussitôt et pousse vers le nord-ouest en passant près de l\u0026rsquo;oreille ; les reins avancent avec, et l\u0026rsquo;on s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe droite. Après s\u0026rsquo;être écartée, la main droite en même temps tourne sous le flanc et pend, paume vers l\u0026rsquo;extérieur. (Fig. 16.)\n右手復轉上手心轉向下。至左手處。兩手隨腰捋回。坐在右腿上。兩手復擠出。按出。與攬雀尾同。\nLa main droite remonte, paume vers le bas, jusqu\u0026rsquo;à la main gauche ; les deux mains roulent en arrière avec les reins, assis sur la jambe droite, puis pressent et poussent de nouveau, comme dans attraper le moineau par la queue.\n肘底看錘\n兩手按出後。如單鞭式。右手鬆直。手指稍垂。不必成為吊手。左足略提起落下。足尖轉向東南。右足隨提起往南邁。與左足相離二三尺許。足尖亦向東南。左手轉至右肩時。不成單鞭。與右手同時隨身隨步畫一大圓規。左手畫至左邊。復轉回至胸際向東伸出。手心朝南。右手同時畫至胸前時。遂握拳收回。藏於左肘下。左足同時提至右足前。足跟點地。足尖翹起。此式面正向東。如第十七圖。\nAprès la poussée des mains, comme dans le fouet unique : la main droite se détend, doigts légèrement pendants, sans former tout à fait la main pendante. Le pied gauche se soulève un peu et retombe, pointe au sud-est. Le pied droit se soulève et fait un pas vers le sud, à deux ou trois chi du pied gauche, pointe aussi au sud-est. Quand la main gauche arrive à l\u0026rsquo;épaule droite, sans former le fouet unique, elle décrit avec la main droite, en suivant le corps et le pas, un grand cercle ; la main gauche, après avoir décrit son cercle à gauche, revient devant la poitrine et s\u0026rsquo;étend vers l\u0026rsquo;est, paume au sud. La main droite en même temps, après son cercle devant la poitrine, se ferme en poing et se retire, cachée sous le coude gauche. Le pied gauche en même temps se porte devant le pied droit, talon au sol, pointe relevée. Cette posture est face à l\u0026rsquo;est. (Fig. 17.)\n倒輦猴\n右拳旋鬆開。由左肘下。往後圓轉而上。由右耳邊按出。如摟膝抝步。而左足同時往後退步。使全身坐於左腿上。右足尖轉向正東。如第十八圖。\nLe poing droit se détend en tournant, remonte en cercle par-derrière sous le coude gauche et pousse en passant près de l\u0026rsquo;oreille droite, comme dans brosser le genou en pas croisé. Le pied gauche en même temps recule, tout le corps s\u0026rsquo;asseyant sur la jambe gauche ; la pointe du pied droit se tourne droit à l\u0026rsquo;est. (Fig. 18.)\n左手亦同時往後圓轉而上。由左耳邊按出。而右足往後退步。使全身坐在右腿上。左足尖轉向正東。如第十九圖。\nLa main gauche en même temps remonte en cercle par-derrière et pousse près de l\u0026rsquo;oreille gauche ; le pied droit recule, tout le corps s\u0026rsquo;asseyant sur la jambe droite ; la pointe du pied gauche se tourne droit à l\u0026rsquo;est. (Fig. 19.)\n兩手如輪。一來一往。左手出則右腿實。右手出則左腿實。或退三步。或退五步。或退七步。至右手按出。\nLes deux mains sont comme une roue, l\u0026rsquo;une vient, l\u0026rsquo;autre va : quand la main gauche sort, la jambe droite est pleine ; quand la main droite sort, la jambe gauche est pleine. On recule de trois, cinq ou sept pas, jusqu\u0026rsquo;à la poussée de la main droite.\n斜飛式\n右手案出後。腰向左鬆。全身坐在左腿上。右手隨腰向左向下。左手由左圓轉而上。使兩掌相合。左手心朝下。右手心朝上。如抱圓球。右手旋隨右足向西南分開。在上。左手向東北分開。在下。右手心仍在上。左手心仍在下。全身坐在右腿。眼神亦向西南。如第二十圖。\nAprès la poussée de la main droite, les reins se détendent vers la gauche, tout le corps assis sur la jambe gauche. La main droite suit les reins vers la gauche et le bas ; la main gauche remonte en cercle depuis la gauche, et les deux paumes se joignent, paume gauche vers le bas, paume droite vers le haut, comme si l\u0026rsquo;on tenait une boule. La main droite alors, avec le pied droit, s\u0026rsquo;écarte vers le sud-ouest, en haut ; la main gauche s\u0026rsquo;écarte vers le nord-est, en bas ; la paume droite reste en haut, la gauche en bas. Tout le corps s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe droite, le regard au sud-ouest. (Fig. 20.)\n提手\n左足略起。復落下。兩手收回相合。作提手式。右足亦略收回。如前第七圖。\nLe pied gauche se lève un peu puis retombe ; les deux mains se retirent et se joignent, formant la posture lever les mains ; le pied droit se retire aussi un peu. Comme à la figure 7.\n白鶴亮翅。如前第八圖。\nLa grue blanche déploie ses ailes, comme à la figure 8.\n摟膝抝步如前第九圖。\nBrosser le genou en pas croisé, comme à la figure 9.\n海底針\n右足不動。右手隨腰收回。復隨腰向下垂。手尖下指。手心向左。左足亦同時收回。足尖點地。左手仍在原處。眼神仍向前看。如第二十一圖。\nLe pied droit ne bouge pas. La main droite revient avec les reins, puis pend avec les reins vers le bas, doigts pointant en bas, paume vers la gauche. Le pied gauche en même temps se retire, pointe au sol. La main gauche reste en place, le regard toujours devant. (Fig. 21.)\n扇通臂\n右足不動。兩手隨腰提起。右手提至額上。手心向外。左手提至胸際。向前按出。左足與左手同時前進。全身坐在左腿上。如第二十二圖。\nLe pied droit ne bouge pas. Les deux mains se lèvent avec les reins : la droite jusqu\u0026rsquo;au-dessus du front, paume vers l\u0026rsquo;extérieur ; la gauche jusqu\u0026rsquo;à la poitrine, puis pousse vers l\u0026rsquo;avant. Le pied gauche avance avec la main gauche ; tout le corps s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe gauche. (Fig. 22.)\n撇身錘\n左足轉向南。全身仍坐在左腿。左手曲肘西轉。右手曲肘東轉。左手掌心向外。右手握拳。拳心向下。如抱物狀。眼神亦轉向西。左足不動。兩手隨腰圓轉向西。右手隨腰往下鬆。藏在脇下。拳心向上。左手繞右拳上。往西按出。右足同時西轉。足尖朝西。坐實右腿。如第二十三圖。\nLe pied gauche tourne vers le sud, tout le corps restant sur la jambe gauche. La main gauche plie le coude et tourne vers l\u0026rsquo;ouest ; la main droite plie le coude et tourne vers l\u0026rsquo;est ; paume gauche vers l\u0026rsquo;extérieur, main droite fermée en poing, centre du poing vers le bas, comme si l\u0026rsquo;on tenait un objet. Le regard se tourne vers l\u0026rsquo;ouest. Le pied gauche ne bouge pas ; les deux mains décrivent un cercle vers l\u0026rsquo;ouest avec les reins ; la main droite se détend vers le bas avec les reins et se cache sous le flanc, centre du poing vers le haut ; la main gauche passe au-dessus du poing droit et pousse vers l\u0026rsquo;ouest. Le pied droit en même temps tourne à l\u0026rsquo;ouest, pointe à l\u0026rsquo;ouest, et la jambe droite s\u0026rsquo;affermit. (Fig. 23.)\n上步搬攔錘\n右拳由脇下提起。同左手隨腰往左收回。由下而上。如畫一橢圓。此時左腿坐實。右足略提起落下。足尖向西北坐實。進左步。左手搬攔。打右拳。與進步搬攔錘同。\nLe poing droit se lève de sous le flanc et, avec la main gauche, suit les reins qui reviennent vers la gauche, de bas en haut, décrivant une ellipse ; la jambe gauche s\u0026rsquo;affermit alors. Le pied droit se soulève un peu et retombe, pointe au nord-ouest, et s\u0026rsquo;affermit. On avance le pied gauche, la main gauche pare et bloque, le poing droit frappe : comme dans avancer, parer, bloquer, frapper.\n進步攬雀尾單鞭\n左足跟轉向西南。右拳鬆開。同左掌隨腰往下鬆。坐實左腿。右足前進。右手心朝上。左手心朝下。變為攬雀尾式。隨又變為單鞭。如前第三第四第五第六等圖。\nLe talon gauche tourne au sud-ouest. Le poing droit se détend et, avec la paume gauche, suit les reins qui descendent ; la jambe gauche s\u0026rsquo;affermit, le pied droit avance, paume droite vers le haut, paume gauche vers le bas : on forme la posture attraper le moineau par la queue, puis le fouet unique, comme aux figures 3 à 6.\n抎手\n單鞭之後。右手吊手。鬆開變為掌。手心朝下。隨腰往下往左圓轉。轉至左肩前。手心轉向內。復往右轉。隨轉手心隨轉向下。須鬆鬆捧起。務令極圓。右足隨右手往東。橫移半步。左手同時。亦鬆開。手心朝下。隨腰往下往右圓轉。轉至右肩前。手心轉向內。復往左轉。隨轉手心隨轉向下。鬆捧如右手。左足隨右手往東橫移一步。兩手圓轉如輪。右手至左肩前。左手伸直。左手至右肩前。右手伸直。抎右手。眼神與腰隨往右。抎左手。眼神與腰隨往左。抎右手坐右腿。抎左手坐左腿。如第二十四二十五兩圖。\nAprès le fouet unique, la main pendante droite se détend et devient une paume vers le bas ; elle décrit avec les reins un cercle vers le bas et la gauche jusqu' devant l\u0026rsquo;épaule gauche, paume tournée vers l\u0026rsquo;intérieur, puis revient vers la droite, la paume se retournant vers le bas au fil du mouvement ; il faut porter mollement, en veillant à ce que le cercle soit très rond. Le pied droit, avec la main droite, fait un demi-pas de côté vers l\u0026rsquo;est. La main gauche en même temps se détend aussi, paume vers le bas, décrit avec les reins un cercle vers le bas et la droite jusqu\u0026rsquo;devant l\u0026rsquo;épaule droite, paume vers l\u0026rsquo;intérieur, puis revient vers la gauche, paume vers le bas, portant mollement comme la droite. Le pied gauche, avec la main droite, fait un pas de côté vers l\u0026rsquo;est. Les deux mains tournent comme une roue : quand la droite est devant l\u0026rsquo;épaule gauche, la gauche est tendue ; quand la gauche est devant l\u0026rsquo;épaule droite, la droite est tendue. En nuagant de la droite, le regard et les reins vont à droite ; en nuagant de la gauche, le regard et les reins vont à gauche. En nuagant de la droite, on s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe droite ; de la gauche, sur la jambe gauche. (Fig. 24 et 25.)\n此抎手或三步或五步或七步。卽變為單鞭。\nCe nuage des mains se fait en trois, cinq ou sept pas, puis on forme le fouet unique.\n單鞭\n右手抎直時。隨變為吊手。左手遂變為單鞭。左足亦略向東北。如前單鞭一樣。\nQuand la main droite, en nuagant, se tend, elle devient main pendante ; la main gauche forme le fouet unique, le pied gauche un peu au nord-est, comme au fouet unique précédent.\n高探馬\n左手隨腰收回。藏於左脇下。手心朝上。右手同時曲肘。由耳邊捧出。手心朝下。左足亦同時收回。足尖點地。腰收回時。隨收隨往上提。故曰高探馬也。此式右腿實。如第二十六圖。\nLa main gauche revient avec les reins et se cache sous le flanc gauche, paume vers le haut. La main droite en même temps plie le coude et sort en portant près de l\u0026rsquo;oreille, paume vers le bas. Le pied gauche se retire en même temps, pointe au sol. Quand les reins reviennent, tout en revenant ils s\u0026rsquo;élèvent : d\u0026rsquo;où le nom « scruter le cheval de haut » (gao tan ma, 高探馬). Dans cette posture, la jambe droite est pleine. (Fig. 26.)\n右分腳\n就原式右手心朝下。左手心朝上相對。右手在上。左手在下。隨腰由右往左往下圓轉。左足同時隨腰隨兩手。往東北邁步。兩手由下又往上相合作十字。眼神向東南。此式左腿變實。右足提起。足尖下垂。向東南踢出。足背須平。兩手同時兩邊分開。右手向東南。左手向西北。兩掌俱坐起手腕。手指向上。此式須渾身鬆開要有頂勁。不然則不穩矣。如第二十七圖。\nDe la posture précédente : paume droite vers le bas, paume gauche vers le haut, face à face, main droite au-dessus, main gauche au-dessous ; elles décrivent avec les reins un cercle de droite à gauche et vers le bas. Le pied gauche en même temps, avec les reins et les deux mains, fait un pas vers le nord-est. Les deux mains remontent d\u0026rsquo;en bas et se joignent en croix ; le regard au sud-est. La jambe gauche devient pleine ; le pied droit se lève, pointe pendante, et donne un coup de pied vers le sud-est, le cou-de-pied bien à plat. Les deux mains en même temps s\u0026rsquo;écartent de part et d\u0026rsquo;autre : la droite au sud-est, la gauche au nord-ouest, les deux paumes poignets dressés, doigts vers le haut. Dans cette posture, il faut que tout le corps soit détendu et qu\u0026rsquo;il y ait l\u0026rsquo;énergie du sommet ; sinon on ne tient pas stable. (Fig. 27.)\n左分脚\n右足踢出。旋卽收回。右手由右往左。與左手手心相對。左手在上右手在下同時隨腰由左往右往下圓轉。右足同時隨腰隨兩手。往東南邁步坐實。兩手由下圓轉往上相。合作十字眼。神向東北左。足提起足。尖下垂向東北踢出。足背須平。兩手同時兩邊分開。右手向西南。左手向東北。兩掌俱坐起手腕。手指向上。與右分腳同。如第二十八圖。\nAprès le coup de pied droit, on retire aussitôt le pied. La main droite va de droite à gauche, paumes face à face avec la gauche, main gauche au-dessus, main droite au-dessous ; elles décrivent avec les reins un cercle de gauche à droite et vers le bas. Le pied droit en même temps, avec les reins et les deux mains, fait un pas au sud-est et s\u0026rsquo;affermit. Les deux mains remontent en cercle d\u0026rsquo;en bas et se joignent en croix ; le regard au nord-est. Le pied gauche se lève, pointe pendante, et donne un coup de pied au nord-est, le cou-de-pied bien à plat. Les deux mains s\u0026rsquo;écartent en même temps : la droite au sud-ouest, la gauche au nord-est, poignets dressés, doigts vers le haut. Comme le coup de pied droit. (Fig. 28.)\n轉身蹬腳\n兩手相合作十字。左足收回。仍提起。足尖下垂。右足跟轉向北。兩手分開。左手朝西。右手朝東。左足蹬出。足心朝外。足尖朝上。此式身雖朝北。而眼神則隨向西看。如第二十九圖。\nLes deux mains se joignent en croix. Le pied gauche se retire mais reste levé, pointe pendante. Le talon droit tourne vers le nord. Les deux mains s\u0026rsquo;écartent : la gauche à l\u0026rsquo;ouest, la droite à l\u0026rsquo;est ; le pied gauche chasse en avant, plante du pied vers l\u0026rsquo;extérieur, pointe vers le haut. Dans cette posture, bien que le corps soit face au nord, le regard suit vers l\u0026rsquo;ouest. (Fig. 29.)\n左右摟膝抝步\n左足蹬出後。旋收回。足尖下垂。全身坐在右腿。左足前邁。左手摟膝。右手按出。復換步。右手摟膝。左手按出。與前皆同。惟中間無琵琶式耳。看第九第十一圖。\nAprès le coup de pied gauche, on retire aussitôt le pied, pointe pendante, tout le corps assis sur la jambe droite. Le pied gauche avance, la main gauche brosse le genou, la main droite pousse ; puis on change de pas : la main droite brosse le genou, la main gauche pousse. Tout est comme précédemment, sinon qu\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;y a pas de posture du pipa au milieu. Voir figures 9 et 11.\n進步栽錘\n右足尖轉向西南。左手摟膝。左足前邁。右手〔同時隨腰平轉一小圓規〕卽由腰間向下打出。如第三十圖。\nLa pointe du pied droit tourne au sud-ouest. La main gauche brosse le genou ; le pied gauche avance. La main droite, en même temps, décrit avec les reins un petit cercle horizontal, puis frappe vers le bas depuis le côté des reins. (Fig. 30.)\n翻身白蛇吐信\n翻身白蛇吐信。與撇身錘相同。惟方向不同。左足轉向北。全身坐在左腿。左手曲肘東轉。右手曲肘西轉。左手掌心朝外。右手掌心向下。如抱物狀。眼神亦轉向東看。左足不動。兩手隨腰圓轉向東。右手隨腰往下鬆。藏在脇下。手掌心朝上。與撇身錘不同者。惟右手用掌不握拳。\nLe serpent blanc qui darde sa langue en tournant le corps (fan shen bai she tu xin, 翻身白蛇吐信) est identique au poing qui détourne le corps (pie shen chui), seule la direction diffère. Le pied gauche tourne vers le nord, tout le corps sur la jambe gauche. La main gauche plie le coude et tourne vers l\u0026rsquo;est ; la main droite plie le coude et tourne vers l\u0026rsquo;ouest ; paume gauche vers l\u0026rsquo;extérieur, paume droite vers le bas, comme si l\u0026rsquo;on tenait un objet ; le regard se tourne vers l\u0026rsquo;est. Le pied gauche ne bouge pas ; les deux mains décrivent un cercle vers l\u0026rsquo;est avec les reins ; la main droite se détend vers le bas avec les reins et se cache sous le flanc, paume vers le haut. La différence avec le poing qui détourne le corps : seule la main droite, ici, emploie la paume et non le poing.\n左手繞右掌上。往東按出。右足同時東轉。足尖朝東。\nLa main gauche passe au-dessus de la paume droite et pousse vers l\u0026rsquo;est. Le pied droit en même temps tourne à l\u0026rsquo;est, pointe à l\u0026rsquo;est.\n上步搬攔錘\n右足跟轉向東南。全身坐在右腿上。兩手隨腰往回收。圓轉而上。右手向前打拳。左手隨之。以掌扶右腕。掌心朝南。左腿同時前邁變實。與前第十三圖相同。\nLe talon droit tourne au sud-est, tout le corps sur la jambe droite. Les deux mains reviennent avec les reins, remontent en cercle ; la main droite frappe en poing vers l\u0026rsquo;avant, la main gauche suit et soutient le poignet droit de sa paume, paume au sud. La jambe gauche en même temps avance et devient pleine. Comme à la figure 13.\n蹬腳\n左足跟轉向北。兩手相合。作十字。全身坐在左腿。右腿提起蹬出。兩手隨之分開。與轉身蹬脚同。惟左右脚不同耳。此式身向北。眼向東看。如第三十一圖。\nLe talon gauche tourne vers le nord. Les deux mains se joignent en croix ; tout le corps s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe gauche ; la jambe droite se lève et chasse en avant, les deux mains s\u0026rsquo;écartant avec. Comme dans le coup de pied en tournant le corps, seule la jambe diffère. Cette posture a le corps au nord, le regard à l\u0026rsquo;est. (Fig. 31.)\n左右披身伏虎式\n右足收回。垂足尖。落於左足處。左手往右。與右手同時。隨步隨腰。往下往左。圓轉而上。握拳。手心朝外。右手由丹田而上至胸際。握拳。手心朝內。左手在額之上。右手在胸之下。上下相對。兩手轉時。左足同時往西橫移。全身坐在左腿。右腿伸直。此式面向正北。如第三十二圖。\nLe pied droit se retire, pointe pendante, et retombe près du pied gauche. La main gauche va vers la droite et, avec la main droite, suivant le pas et les reins, descend vers la gauche, remonte en cercle et se ferme en poing, centre du poing vers l\u0026rsquo;extérieur ; la main droite monte du dantian à la poitrine et se ferme en poing, centre vers l\u0026rsquo;intérieur. La main gauche au-dessus du front, la main droite au-dessous de la poitrine, l\u0026rsquo;une et l\u0026rsquo;autre face à face en haut et en bas. Pendant que les mains tournent, le pied gauche se déplace en même temps de côté vers l\u0026rsquo;ouest ; tout le corps s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe gauche, la jambe droite tendue. Cette posture est face au nord. (Fig. 32.)\n左足尖轉向東北。兩手〔仍握拳〕隨腰右轉。向於東南。左手由上往左圓轉而下。轉至胸際。手心朝內。右手由下往右圓轉而上。轉至額上。手心朝外。右足同時〔提起邁步〕隨腰轉向東南。全身坐在右腿。左腿伸直。此式面向東南。如第三十三圖。\nLa pointe du pied gauche tourne au nord-est. Les deux mains, toujours en poings, suivent les reins qui tournent à droite, vers le sud-est : la main gauche, d\u0026rsquo;en haut, décrit un cercle vers la gauche et descend jusqu\u0026rsquo;à la poitrine, centre du poing vers l\u0026rsquo;intérieur ; la main droite, d\u0026rsquo;en bas, décrit un cercle vers la droite et monte jusqu\u0026rsquo;au-dessus du front, centre vers l\u0026rsquo;extérieur. Le pied droit en même temps se lève, fait un pas et, avec les reins, tourne au sud-est ; tout le corps s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe droite, la jambe gauche tendue. Cette posture est face au sud-est. (Fig. 33.)\n回身蹬腳\n左足跟復轉向北。身亦隨之。兩手相合。作十字。左腿坐實。右腿蹬出。兩手分開。與翻身蹬腳相同。\nLe talon gauche tourne de nouveau vers le nord, le corps suit. Les deux mains se joignent en croix ; la jambe gauche s\u0026rsquo;affermit ; la jambe droite chasse en avant, les deux mains s\u0026rsquo;écartant. Comme dans le coup de pied en tournant le corps.\n雙風貫耳\n右足蹬出後。旋收回。仍提起。足尖下垂。左足跟轉向東北。兩手相合。手心轉向內。合至右膝處。復往下兩邊分開。手心漸轉。向上向外向前。相對圓轉而至前面。兩手握拳相對。拳心向外。兩手合至右膝時。右腿隨腰往下鬆。隨鬆隨轉。向東南邁出。全身坐在右腿。左腿伸直。如第三十四圖。\nAprès le coup de pied droit, on retire aussitôt le pied, toujours levé, pointe pendante. Le talon gauche tourne au nord-est. Les deux mains se rapprochent, paumes tournées vers l\u0026rsquo;intérieur, jusqu\u0026rsquo;au genou droit ; puis elles redescendent et s\u0026rsquo;écartent de part et d\u0026rsquo;autre, les paumes se retournant peu à peu vers le haut, l\u0026rsquo;extérieur et l\u0026rsquo;avant, se faisant face en cercle jusqu\u0026rsquo;au-devant ; les deux mains se ferment en poings face à face, centres vers l\u0026rsquo;extérieur. Quand les deux mains se rejoignent au genou droit, la jambe droite se détend vers le bas avec les reins et, tout en se détendant, tourne et fait un pas au sud-est ; tout le corps s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe droite, la jambe gauche tendue. (Fig. 34.)\n左蹬腳\n右足跟轉向南。兩手相合。作十字。全身坐在右腿。左腿向東蹬出。與前轉身蹬腳相同。惟此面向南耳。\nLe talon droit tourne vers le sud. Les deux mains se joignent en croix ; tout le corps s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe droite ; la jambe gauche chasse vers l\u0026rsquo;est. Comme au coup de pied en tournant le corps, sinon que l\u0026rsquo;on est face au sud.\n轉身蹬腳\n左腿蹬出後。收回。仍提起。不落下。全身隨右足尖轉向北。左足落地。全身坐在左腿。兩手復相合作十字。右腿蹬出。與翻身蹬腳相同。\nAprès le coup de pied gauche, on retire la jambe, toujours levée, sans la poser ; tout le corps, avec la pointe du pied droit, tourne vers le nord. Le pied gauche se pose, tout le corps s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe gauche ; les deux mains se rejoignent de nouveau en croix, et la jambe droite chasse en avant. Comme dans le coup de pied en tournant le corps.\n上步搬攔錘\n右足蹬出後。仍收回。足尖下垂。落下。足尖向東南。坐實右腿。左手搬攔。右手打拳。與前皆同。如封似閉十字手抱虎歸山同前。\nAprès le coup de pied droit, on retire encore le pied, pointe pendante ; il se pose, pointe au sud-est, et la jambe droite s\u0026rsquo;affermit. La main gauche pare et bloque, la main droite frappe : tout comme précédemment. Fermer comme pour sceller, mains croisées, saisir le tigre et le ramener à la montagne : comme précédemment.\n斜單鞭\n由十字手。右手向西北左手向東南分開。右足隨右手往西北邁步。此時全身尚坐在左腿。左手往西北擠出按出與抱虎歸山皆同。惟雙手按出後。左足往南邁。左手亦往南成單鞭式。斜單鞭與單鞭相同。惟方向向南耳。如第三十五圖。\nDes mains croisées : la main droite s\u0026rsquo;écarte au nord-ouest, la gauche au sud-est ; le pied droit suit la main droite d\u0026rsquo;un pas au nord-ouest. Tout le corps est encore sur la jambe gauche ; la main gauche presse et pousse au nord-ouest, comme dans saisir le tigre et le ramener à la montagne. Seulement, après la poussée des deux mains, le pied gauche fait un pas au sud, la main gauche va aussi au sud et forme le fouet unique. Le fouet unique oblique (xie dan bian, 斜單鞭) est identique au fouet unique, seule la direction, vers le sud, diffère. (Fig. 35.)\n野馬分鬃\n右手隨腰往左。與左手相合。右手在下。手心向上。左手在上。手心向下。全身坐在左腿上。右足提起。往西北邁去。右手隨右足往西北分開在上。左手同時往東南分開在下。右手心仍向上。左手心仍向下。全身坐在右腿。眼神亦向西北。此式與斜飛式相同。惟前手略低耳。如第三十六圖。\nLa main droite suit les reins vers la gauche et rejoint la main gauche : la droite au-dessous, paume vers le haut ; la gauche au-dessus, paume vers le bas. Tout le corps sur la jambe gauche ; le pied droit se lève et fait un pas au nord-ouest. La main droite, avec le pied droit, s\u0026rsquo;écarte au nord-ouest, en haut ; la main gauche en même temps s\u0026rsquo;écarte au sud-est, en bas ; la paume droite reste vers le haut, la gauche vers le bas. Tout le corps s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe droite, le regard au nord-ouest. Cette posture est identique aux ailes obliques, sinon que la main de devant est un peu plus basse. (Fig. 36.)\n換式。左手隨腰往右。與右手相合。左手在下。右手在上。左手心朝上。右手心朝下。左足提起。往西南邁去。左手隨左足往西南分開在上。右手同時往東北分開在下。眼神亦隨向西南。如第三十七圖。\nPour changer de côté : la main gauche suit les reins vers la droite et rejoint la main droite, la gauche au-dessous, paume vers le haut, la droite au-dessus, paume vers le bas. Le pied gauche se lève et fait un pas au sud-ouest ; la main gauche, avec le pied gauche, s\u0026rsquo;écarte au sud-ouest, en haut ; la main droite en même temps s\u0026rsquo;écarte au nord-est, en bas ; le regard suit au sud-ouest. (Fig. 37.)\n此是左右野馬分鬃。或三次。或五次。至右分鬃。換下式。\nC\u0026rsquo;est le cheval sauvage qui écarte sa crinière à gauche et à droite, trois ou cinq fois ; on finit sur le droit, puis on change de posture.\n上步攬雀尾\n左足向前邁半步。左手隨左足同時向南捧出。右手略向北圓轉。手心轉至向下。又轉至左手處。卽成攬雀尾之起式。以下均與攬雀尾相同。\nLe pied gauche avance d\u0026rsquo;un demi-pas ; la main gauche, avec le pied gauche, porte vers le sud. La main droite décrit un petit cercle vers le nord, paume se retournant vers le bas, puis rejoint la main gauche : c\u0026rsquo;est la posture initiale d\u0026rsquo;attraper le moineau par la queue. Tout le reste est comme dans attraper le moineau par la queue.\n單鞭如前。\nLe fouet unique, comme précédemment.\n玉女穿梭\n由單鞭式。左足跟轉向南。右足收回。落左足前。足尖向西。左手轉出右脇外。左足向西南邁出。左手心向上。挨著右臂。向上捧。隨捧。手心隨轉向外。而至額上。右手由左手之下。隨腰隨步按出。此式全身坐在左腿。如第三十八圖。\nDu fouet unique : le talon gauche tourne vers le sud ; le pied droit se retire et se pose devant le pied gauche, pointe à l\u0026rsquo;ouest. La main gauche tourne à l\u0026rsquo;extérieur du flanc droit ; le pied gauche fait un pas au sud-ouest. La main gauche, paume vers le haut, longe le bras droit et porte vers le haut ; tout en portant, la paume se retourne vers l\u0026rsquo;extérieur, jusqu\u0026rsquo;au-dessus du front ; la main droite, sous la main gauche, pousse avec les reins et le pas. Tout le corps s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe gauche. (Fig. 38.)\n左腿坐實。足跟轉向西南。右手轉出左脇外。手心向上。右足提起。向東南邁出。右手心向上。挨著左臂。向上捧。隨捧手心隨轉向外。而至額上。左手由右手之下隨腰隨步按出。此式全身坐在右腿。如第三十九圖。\nLa jambe gauche s\u0026rsquo;affermit, le talon tourne au sud-ouest ; la main droite tourne à l\u0026rsquo;extérieur du flanc gauche, paume vers le haut. Le pied droit se lève et fait un pas au sud-est ; la main droite, paume vers le haut, longe le bras gauche et porte vers le haut ; tout en portant, la paume se retourne vers l\u0026rsquo;extérieur, jusqu\u0026rsquo;au- dessus du front ; la main gauche, sous la main droite, pousse avec les reins et le pas. Tout le corps s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe droite. (Fig. 39.)\n復坐實右腿。進左步。兩手如前。向東北捧出按出。如第四十圖。\nOn s\u0026rsquo;affermit de nouveau sur la jambe droite, on avance le pied gauche ; les deux mains, comme précédemment, portent et poussent au nord-est. (Fig. 40.)\n復坐實左腿。足跟轉向東南。右足提向西北邁步。兩手轉向西北捧出按出。如第四十一圖。\nOn s\u0026rsquo;affermit de nouveau sur la jambe gauche, le talon tourne au sud-est ; le pied droit se lève et fait un pas au nord-ouest ; les deux mains tournent au nord-ouest, portent et poussent. (Fig. 41.)\n上步攬雀尾單鞭\n左足向前進一步。左手向南捧。變為攬雀尾單鞭。\nLe pied gauche avance d\u0026rsquo;un pas ; la main gauche porte vers le sud ; on forme attraper le moineau par la queue puis le fouet unique.\n抎手。\n如前。或三次。或四次。或五次。\nLe nuage des mains, comme précédemment, trois, quatre ou cinq fois.\n單鞭下勢\n單鞭式如前。左手按出後。身隨腰收回。往下坐在右腿上。愈低愈好。低至左腿伸直。身不可太俯。頭仍要有頂勁。左手隨腰略收。轉而向下。至左足腕處。右手仍為吊手。如第四十二圖。\nLe fouet unique comme précédemment. Après la poussée de la main gauche, le corps revient avec les reins et descend s\u0026rsquo;asseoir sur la jambe droite, le plus bas possible, jusqu\u0026rsquo;à ce que la jambe gauche soit tendue. Le corps ne doit pas se pencher trop ; la tête garde l\u0026rsquo;énergie du sommet. La main gauche, avec les reins, se retire un peu, tourne et descend jusqu\u0026rsquo;à la cheville gauche. La main droite est toujours en main pendante. (Fig. 42.)\n金雞獨立\n全身已坐在右腿。腰向前進。隨進隨提。使全身坐在左腿。左手隨身向上。至與肩齊處。而往下按。右手隨右腿往前提起。右腿提至膝與腹平。足尖下垂。右手提至肘與右膝相合。手心向左。手尖朝上。與右眉齊。如第四十三圖。\nTout le corps étant assis sur la jambe droite, les reins avancent ; tout en avançant, on se soulève, jusqu\u0026rsquo;à ce que tout le corps s\u0026rsquo;asseoie sur la jambe gauche. La main gauche monte avec le corps jusqu\u0026rsquo;à hauteur d\u0026rsquo;épaule, puis pousse vers le bas. La main droite se lève avec la jambe droite qui avance : la jambe droite monte jusqu\u0026rsquo;à ce que le genou soit à hauteur du ventre, pointe pendante ; la main droite monte jusqu\u0026rsquo;à ce que le coude rencontre le genou, paume vers la gauche, doigts vers le haut, à hauteur du sourcil droit. (Fig. 43.)\n右足旋向後退半步。使全身坐在右腿。左手隨左足上提。左膝與腹平。足尖下垂。左肘與左膝合。手心向右。手尖朝上。與左眉齊。右手同時而往下按。如第四十四圖。\nLe pied droit recule d\u0026rsquo;un demi-pas, tout le corps s\u0026rsquo;asseyant sur la jambe droite. La main gauche se lève avec le pied gauche : le genou gauche à hauteur du ventre, pointe pendante ; le coude gauche rencontre le genou gauche, paume vers la droite, doigts vers le haut, à hauteur du sourcil gauche. La main droite en même temps pousse vers le bas. (Fig. 44.)\n倒輦猴\n右手往下按後。手心向前。往後圓轉。左足同時往後退。使全身坐於左腿。右腿伸直。右手從右耳邊按出。左手亦同時往後圓轉。由左耳邊按出。而右足往後退步。皆如前式。兩手如輪。隨轉隨退。或三次。或五次。或七次。看十八十九兩圖。\nAprès la poussée de la main droite vers le bas, la paume se tourne vers l\u0026rsquo;avant et décrit un cercle vers l\u0026rsquo;arrière ; le pied gauche recule en même temps, tout le corps s\u0026rsquo;asseyant sur la jambe gauche, la jambe droite tendue ; la main droite pousse en passant près de l\u0026rsquo;oreille droite. La main gauche en même temps décrit un cercle vers l\u0026rsquo;arrière et pousse près de l\u0026rsquo;oreille gauche, tandis que le pied droit recule. Tout est comme à la posture précédente : les deux mains sont comme une roue, tournant et reculant, trois, cinq ou sept fois. Voir figures 18 et 19.\n斜飛式。提手上勢。白鶴亮翅。海底針。扇通臂。撇身錘。上步攬雀尾。單鞭。抎手。單鞭。高探馬。皆如前。\nAiles obliques, lever les mains, la grue blanche déploie ses ailes, l\u0026rsquo;aiguille au fond de la mer, l\u0026rsquo;éventail à travers les bras, le poing qui détourne le corps, avancer et attraper le moineau par la queue, fouet unique, nuage des mains, fouet unique, scruter le cheval de haut : toutes comme précédemment.\n十字腿\n由高探馬坐實左腿。左手由右臂之上穿出。手心朝上。右手在左脇下。手心朝下。左足隨左手向東邁去。左手伸出後。隨卽屈回向西。手心朝外。右手仍在左脇下。手心朝下。眼神隨向西看。左足尖同時轉向南。仍坐實左腿。如第四十五圖。\nDe scruter le cheval de haut, la jambe gauche s\u0026rsquo;affermit. La main gauche passe au-dessus du bras droit, paume vers le haut ; la main droite sous le flanc gauche, paume vers le bas. Le pied gauche, avec la main gauche, fait un pas vers l\u0026rsquo;est. Une fois la main gauche étendue, elle se replie aussitôt vers l\u0026rsquo;ouest, paume vers l\u0026rsquo;extérieur ; la main droite reste sous le flanc gauche, paume vers le bas ; le regard suit vers l\u0026rsquo;ouest. La pointe du pied gauche en même temps tourne vers le sud, la jambe gauche restant affermie. (Fig. 45.)\n兩手隨卽分開。右腿蹬出。\nLes deux mains aussitôt s\u0026rsquo;écartent, et la jambe droite chasse en avant.\n摟膝指襠錘\n右腿蹬出後。落下坐實。〔足尖向西北右手下鬆隨腰隨右腿轉一圓規轉至腰際握拳〕左手摟膝。〔左足前進〕右拳向前向下打出。坐實左腿。如第四十六圖。\nAprès le coup de pied droit, la jambe se pose et s\u0026rsquo;affermit, pointe au nord-ouest. La main droite se détend vers le bas et, avec les reins et la jambe droite, décrit un cercle jusqu\u0026rsquo;à la taille, où elle se ferme en poing. La main gauche brosse le genou, le pied gauche avance ; le poing droit frappe vers l\u0026rsquo;avant et le bas ; la jambe gauche s\u0026rsquo;affermit. (Fig. 46.)\n上勢攬雀尾\n右拳鬆開。與左手右腿同時向上向前。變攬雀尾如前。\nLe poing droit se détend et, avec la main gauche et la jambe droite, monte et avance en même temps : on forme attraper le moineau par la queue, comme précédemment.\n單鞭下勢如前\nFouet unique, posture basse, comme précédemment.\n上步七星\n由單鞭下勢。腰身前進。坐實左腿。兩手隨腰往前〔握拳〕。相交作斜十字形。右足隨向前邁。足尖點地。如第四十七圖。\nDe la posture basse du fouet unique : les reins et le buste avancent, la jambe gauche s\u0026rsquo;affermit. Les deux mains, avec les reins, vont vers l\u0026rsquo;avant, se ferment en poings et se croisent en diagonale ; le pied droit avance avec, pointe au sol. (Fig. 47.)\n退步跨虎\n右足復向後退。坐實。兩手分開。右手在上。手心朝外。左手在下。手心朝下。左足卽隨之退回。足尖點地。此式略如白鶴亮翅。惟身略低。兩手更開。如第四十八圖。\nLe pied droit recule de nouveau et s\u0026rsquo;affermit. Les deux mains s\u0026rsquo;écartent : la droite en haut, paume vers l\u0026rsquo;extérieur ; la gauche en bas, paume vers le bas. Le pied gauche se retire aussitôt, pointe au sol. Cette posture ressemble un peu à la grue blanche qui déploie ses ailes, sinon que le corps est un peu plus bas et les deux mains plus écartées. (Fig. 48.)\n轉腳擺蓮\n左足提起。右足尖向南向西轉動。全身卽隨之轉一圓規落下。坐實左腿。兩手隨身而轉。隨轉隨合。此時面復向東。右足提起。由左擺右。兩手由右擺左。稍拍足背。如第四十九圖。\nLe pied gauche se lève ; la pointe du pied droit tourne vers le sud puis l\u0026rsquo;ouest ; tout le corps tourne avec, décrivant un cercle complet, puis le pied se pose et la jambe gauche s\u0026rsquo;affermit. Les deux mains tournent avec le corps, se rejoignant au fil du tour. Quand on est de nouveau face à l\u0026rsquo;est, le pied droit se lève et balaie de gauche à droite, tandis que les deux mains balaient de droite à gauche et frappent légèrement le cou-de-pied. (Fig. 49.)\n灣弓射虎\n拍後。兩手隨腰隨右足向右向下圓轉。又由下而上。轉向東北。作射虎勢。右足落下坐實。右拳在額上。左拳伸出。如第五十圖。\nAprès la frappe, les deux mains, avec les reins et le pied droit, décrivent un cercle vers la droite et le bas, puis remontent et tournent au nord-est, formant la posture de tirer le tigre à l\u0026rsquo;arc. Le pied droit se pose et s\u0026rsquo;affermit ; le poing droit au-dessus du front, le poing gauche étendu. (Fig. 50.)\n上步搬攔錘\n由射虎式。右手向下鬆。手心朝上。左手向右鬆。手心朝下。兩手心相合。隨腰往左鬆。變為搬攔錘。與前相同。\nDe la posture de tirer le tigre : la main droite se détend vers le bas, paume vers le haut ; la main gauche se détend vers la droite, paume vers le bas ; les deux paumes se rejoignent et, avec les reins, se détendent vers la gauche, formant parer, bloquer, frapper : comme précédemment.\n如封似閉十字手均如前\nFermer comme pour sceller et mains croisées : comme précédemment.\n合太極\n由十字手往下按。歸於起勢為合太極。如第一圖。以上所列各式。學者循序漸進。每日學之。至多不能過二三式。務求規矩悉合。不可貪多。初學之時。每式不能不斷。至學完後漸求聯合一氣。以前所列注意十事。均須刻刻體驗。習之一二年。後天之力化盡。先天自然之內勁漸長。原譜所謂以心行氣。務令沈着。乃能收斂入骨。練習架子。以神歛氣沈為主。久之練氣入骨。則渾圓綿柔沈重堅剛。兼而有之。\nDes mains croisées, on pousse vers le bas et l\u0026rsquo;on revient à la posture initiale : c\u0026rsquo;est clore le taiji (he taiji, 合太極). Voir figure 1. Toutes les postures énumérées ci-dessus doivent être apprises dans l\u0026rsquo;ordre, progressivement ; chaque jour, on n\u0026rsquo;en apprend tout au plus deux ou trois. Cherchez à ce que les règles soient toutes respectées, sans en vouloir trop. Au début, chaque posture est nécessairement entrecoupée d\u0026rsquo;arrêts ; une fois tout appris, cherchez peu à peu à lier l\u0026rsquo;ensemble en un seul souffle. Les dix points d\u0026rsquo;attention énumérés précédemment doivent être éprouvés à chaque instant. Après un ou deux ans de pratique, la force acquise après la naissance se fond entièrement, et la force interne innée et naturelle croît peu à peu. Le texte original dit : « Conduire le souffle par le cœur ; qu\u0026rsquo;il soit ferme et pesant, alors il peut se recueillir et entrer dans les os. » Dans la pratique du cadre, l\u0026rsquo;essentiel est que l\u0026rsquo;esprit se recueille et que le souffle descende. Avec le temps, le souffle s\u0026rsquo;entraîne à entrer dans les os, et l\u0026rsquo;on possède à la fois la rondeur entière, la souplesse soyeuse, la pesanteur et la fermeté.\nLa poussée des mains 推手\n推手者。所以求其用也。他種拳術。雖亦有二人對手者。然不過十餘式。再多不過數十式耳。而來者其法不一。何能執定法以應之哉。太極推手。則有掤捋擠按採挒肘靠八字。此八字所以練其身之圓活。二人黏連綿隨。周而復始。如渾天之球。斡旋不已。而經緯弧直之度。莫不全備。將此一身。練為渾圓之一體。隨屈就伸。無不合宜。則物來順應。變化而無窮矣。此所謂萬法歸一。得其一而萬事畢矣。\nLa poussée des mains (tuishou) cherche l\u0026rsquo;application. Dans les autres boxeurs, il existe bien des exercices à deux, mais ils n\u0026rsquo;ont qu\u0026rsquo;une dizaine de postures, tout au plus quelques dizaines ; et quand l\u0026rsquo;attaque arrive, ses méthodes ne sont pas uniques : comment pourrait-on y répondre par une méthode fixe ? Dans la poussée des mains du taiji, il y a les huit caractères peng (掤), lü (捋), ji (擠), an (按), cai (採), lie (挒), zhou (肘), kao (靠) : ces huit caractères servent à rendre le corps rond et vivant. Deux partenaires collent, s\u0026rsquo;enchaînent, se suivent sans fin, recommençant sans cesse, comme la sphère céleste qui tourne sans arrêt, où degrés et méridiens, arcs et droites, tout est complet. On exerce ce corps à devenir une seule masse ronde : plier ou s\u0026rsquo;étendre, tout convient ; alors on répond aux choses en les suivant, et les transformations sont infinies. C\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « dix mille méthodes reviennent à une seule ; obtenir l\u0026rsquo;Un, et tout est accompli ».\n合步推手\n甲乙二人對立。甲左足在前。右足在後。乙左足在前。右足在後。此為合步推手。\nPoussée des mains en pas joints (he bu tuishou). A et B se tiennent face à face, chacun le pied gauche devant et le pied droit derrière : c\u0026rsquo;est la poussée des mains en pas joints.\n甲左足。乙右足。要平行相對。甲右足。乙左足。其距離寬窄。則各人長短不同。未能拘定。總以身體前進後退。得機得勢。毫不覺費力為度。甲乙各出右手。以手腕背相黏。此謂之掤。如推手第一圖。（先出左手亦然。）\nLe pied gauche de A et le pied droit de B doivent être parallèles et face à face ; quant à la distance entre le pied droit de A et le pied gauche de B, comme les hommes sont de tailles différentes, elle ne peut être fixée : que le corps, en avançant et reculant, saisisse l\u0026rsquo;occasion et l\u0026rsquo;avantage, sans le moindre effort perçu — voilà la mesure. A et B sortent chacun la main droite et collent par le dos du poignet : c\u0026rsquo;est le peng. (Fig. 1 de la poussée des mains ; de même si l\u0026rsquo;on commence par la main gauche.)\n甲右手隨腰往回收。以左手腕黏於乙右手之肘處。亦同時往回捋。此謂之捋。如推手第二圖之甲。\nLa main droite de A revient avec les reins ; son poignet gauche colle au coude droit de B, et il roule en arrière en même temps : c\u0026rsquo;est le lü. (Fig. 2, A.)\n乙被甲捋。則身傾於左方。似不得力。而乙之右手。隨甲捋之方向送去。以左手掌補於右肘灣處。向前擠去。此之謂擠。如二圖之乙。\nB, roulé par A, voit son corps pencher à gauche et semble sans force ; mais sa main droite, suivant la direction du roulé de A, est envoyée, et sa paume gauche vient soutenir le creux du coude droit, pressant vers l\u0026rsquo;avant : c\u0026rsquo;est le ji. (Fig. 2, B.)\n甲被乙擠。似不得力。卽含胸。以左手心黏乙左手背。往左化去。則乙擠不到身上矣。如第三圖之甲。\nA, pressé par B, semble sans force ; il creuse aussitôt la poitrine, colle sa paume gauche au dos de la main gauche de B et neutralise vers la gauche : la pression de B n\u0026rsquo;atteint pas son corps. (Fig. 3, A.)\n甲之右手。同時按乙右肘處。兩手同時向前按去。此之謂按如第四圖之甲。\nLa main droite de A en même temps pousse au coude droit de B ; les deux mains poussent ensemble vers l\u0026rsquo;avant : c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;an. (Fig. 4, A.)\n乙又被甲按。似不得力。則仍以右手隨腰往回收。以左腕黏甲右肘。往回捋。如四圖之乙。\nB, poussé par A, semble encore sans force ; il retire sa main droite avec les reins, colle son poignet gauche au coude droit de A et roule en arrière. (Fig. 4, B.)\n乙捋甲擠。如第五圖。\nB roule, A presse. (Fig. 5.)\n甲擠乙掤。如第六圖\nA presse, B pare. (Fig. 6.)\n乙按甲又捋。如第七圖。\nB pousse, A roule de nouveau. (Fig. 7.)\n周而復始。循環無端。\nOn recommence sans cesse, en cercle sans commencement ni fin.\n掤捋擠按。掤字在前。如元亨利貞之元。仁義禮智之仁。蓋兼乎三德也。蓋擠時須掤。按時捋時亦須掤。掤者。如手捧物之意。如擠按捋時不能掤。則彼力近我身矣。掤者。使兩手臂如圓體之面。使彼力在圓球面上。圓球一。動則其力化去。若不掤則彼力到圓球之心矣。或謂化敵擠時。兩手掤起。謂之掤亦通。掤捋擠按。二人循環為之。按時擠時坐前腿。不可太過膝。掤時捋時坐後腿。前進後退。腰如車輪。上下相隨。原論曰。掤捋擠按須認眞。上下相隨人難進。任他巨力來打我。牽動四兩撥千斤也。\nDans peng, lü, ji, an, le caractère peng vient en tête, comme le « grand » de « grand, prospère, pénétrant, constant » (元亨利貞), ou la « bonté » de « bonté, justice, bienséance, sagesse » : il englobe les trois autres vertus. En pressant il faut peng ; en poussant et roulant il faut aussi peng. Peng, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;idée de la main qui porte un objet. Si, en pressant, poussant, roulant, on ne peut pas peng, la force de l\u0026rsquo;autre arrive près du corps. Peng fait des deux bras comme la surface d\u0026rsquo;un corps rond : la force de l\u0026rsquo;autre est sur la surface de la sphère ; la sphère, dès qu\u0026rsquo;elle tourne, fait fondre cette force. Sans peng, la force de l\u0026rsquo;autre atteint le cœur de la sphère. On dit aussi que, pour neutraliser la pression de l\u0026rsquo;adversaire, les deux mains se soulèvent en peng : c\u0026rsquo;est une acception valable. Peng, lü, ji, an se font en cercle par les deux partenaires. En poussant et en pressant, on s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe avant, sans que le genou dépasse trop ; en parant et en roulant, on s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe arrière. Avancer, reculer, les reins comme une roue, le haut et le bas se suivant : le traité original dit : « Peng, lü, ji, an, il faut les prendre au sérieux. Le haut et le bas se suivent, l\u0026rsquo;homme a du mal à entrer. Qu\u0026rsquo;il me frappe de sa force énorme : je tire et quatre onces déplacent mille livres. »\n換步\n換步者。甲坐左腿。進右步。乙坐右腿。退左步。是之謂換步。反之。乙進左步。甲退右步亦可。\nChanger de pas. A s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe gauche et avance le pied droit ; B s\u0026rsquo;asseoit sur la jambe droite et recule le pied gauche : c\u0026rsquo;est changer de pas. L\u0026rsquo;inverse — B avance le pied gauche, A recule le pied droit — est également possible.\n換手\n換手者。甲被乙捋時。不補擠而捋回。乙卽補擠。手卽換矣。\nChanger de main. Quand A est roulé par B, au lieu de compléter par une pression, il roule en retour ; B complète aussitôt par une pression, et les mains sont changées.\n順步推手\n順步推手者。甲左足在前。右足在後。乙右足在前。左足在後。謂之順步推手。如第八第九圖。\nPoussée des mains en pas inversés (shun bu tuishou). A a le pied gauche devant et le droit derrière ; B a le pied droit devant et le gauche derrière : c\u0026rsquo;est la poussée des mains en pas inversés. (Fig. 8 et 9.)\n略備形式。手法均與合步推手相同。不必重述。\nLes postures n\u0026rsquo;en sont qu\u0026rsquo;esquissées ; les méthodes de main sont toutes identiques à la poussée des mains en pas joints, il n\u0026rsquo;est pas besoin de les répéter.\n活步推手\n活步推手者。甲乙二人對立。均左足在前。右手相黏。甲捋乙。右步略騰起落下。左步退於右步之後。右步復退於左步之後。乙擠甲。左步略騰起落下。右步進於左步之前。左步復進於右步之前。甲掤乙按乙擠乙。左步略騰起落下。右步進於左步之前。左步復進於右步之前。乙掤甲捋甲。右步略騰起落下。左步退於右步之後。右步復退於左步之後。乙又掤甲按甲擠甲。步如前甲。甲又掤乙捋乙。步如前乙。二人往來練之。二人或換步。或換手。均可。活步推手。難以圖形表示。其擠按均與順步推手同。惟動步耳。以上推手。無論合步順步。進退步。均須時時練習。不可間斷。久之自能懂勁。敵意從何方而來。稍觸卽知矣。\nPoussée des mains en pas vifs (huo bu tuishou). A et B se tiennent face à face, chacun le pied gauche devant, les mains droites collées. A roule B : son pied droit se soulève un peu et retombe, le pied gauche recule derrière le droit, puis le droit recule derrière le gauche. B presse A : son pied gauche se soulève un peu et retombe, le pied droit avance devant le gauche, puis le gauche avance devant le droit. A pare, pousse, presse B : son pied gauche se soulève un peu et retombe, le pied droit avance devant le gauche, puis le gauche devant le droit. B pare et roule A : son pied droit se soulève un peu et retombe, le pied gauche recule derrière le droit, puis le droit recule derrière le gauche. B pare, pousse, presse A, avec les pas de A précédemment ; A pare et roule B, avec les pas de B précédemment. Les deux hommes s\u0026rsquo;exercent en allant et venant, et peuvent changer de pas ou de main à volonté. La poussée en pas vifs est difficile à montrer par des figures ; ses pressions et poussées sont les mêmes que dans la poussée en pas inversés, sinon qu\u0026rsquo;on y bouge les pieds. Toutes les poussées des mains ci-dessus — pas joints, pas inversés, pas en avant et en arrière — doivent être pratiquées constamment, sans interruption. Avec le temps, on parvient naturellement à comprendre la force (dong jin, 懂勁) : d\u0026rsquo;où que vienne l\u0026rsquo;intention de l\u0026rsquo;adversaire, au moindre contact on le sait.\n大捋\n大捋者。採挒肘靠四隅也。二人南北對立。甲向南。乙向北。俱左足在前。甲乙右手腕相黏。乙捋甲肘。乙右步向西南邁去。作騎馬式。右手攏甲腕。左手腕黏甲之肘。與小捋相同。甲左足向東南邁去。須與乙兩足成正三角形。右足卽向乙之襠內插進。正對乙之正面。右手往前鬆勁。左手扶於右肘灣內。眼神對乙之面。右肩卽靠於乙之胸前。甲即不能立住而跌出矣。\nLe grand roulé (da lü). Le grand roulé est le cai, lie, zhou, kao — les quatre coins. Les deux hommes se tiennent face à face sur une ligne nord-sud : A face au sud, B face au nord, tous deux le pied gauche devant, les poignets droits collés. B roule le coude de A ; son pied droit fait un pas vers le sud-ouest, en posture du cavalier ; sa main droite rassemble le poignet de A, son poignet gauche colle au coude de A, comme dans le petit roulé. Le pied gauche de A fait un pas au sud-est, de façon que ses deux pieds forment avec ceux de B un triangle équilatéral ; son pied droit s\u0026rsquo;insère aussitôt dans l\u0026rsquo;entrejambe de B, droit en face de B ; sa main droite se détend en avant, sa main gauche soutient le creux du coude droit, le regard sur le visage de B, et son épaule droite vient heurter la poitrine de B : A ne peut plus tenir debout et tombe.\n乙見甲至。卽以左膊隨腰往下一沈。甲卽不能靠入。以右手向甲面一閃。一閃卽挒意。\nB, voyant A arriver, enfonce aussitôt son bras gauche avec les reins : A ne peut plus entrer pour le heurter ; B, de sa main droite, fait un éclair devant le visage de A — cet éclair est l\u0026rsquo;intention du lie (déchirer).\n甲若不變。卽被乙挒。或被乙左膊擠出。故甲速以右腕接乙右腕。右足收至左足處。翻身。右足往東南邁去。左手捋乙之肘。形勢與乙第一次捋時相同。乙隨進左步。右步向甲襠內插進。靠入。如甲第一次靠相同。甲被乙靠。速以左手採住乙之左手背。速含胸。左足逃出於乙右足之前。乙如不變。甲兩手卽可將乙按出。乙速以左手腕黏甲左手腕。右足收至左足處。以右手捋甲左肘。左足向西北邁去。甲速進右步。與乙兩足成正三角形。左足向乙襠內插進靠之。乙見甲至。以右膊隨腰往下一沈。甲卽不能靠入。以左手向甲面上一閃。甲速以左手腕接乙左手腕。左足收至右足處。翻身。左足往東北邁去。右手捋乙之肘。乙隨進右步。左足向甲襠內插進靠入。此四隅俱全。若隨捋。或逃腿。或單手閃。均可隨意。如大捋四圖。第一圖甲捋乙靠。\nSi A ne change pas, il est déchiré par B, ou pressé dehors par le bras gauche de B. Aussi A rattrape-t-il vite le poignet droit de B de son poignet droit, ramène son pied droit près du gauche, tourne le corps, fait un pas du pied droit au sud-est, et roule le coude de B de la main gauche : la situation est la même que quand B a roulé A la première fois. B avance alors le pied gauche, puis insère le pied droit dans l\u0026rsquo;entrejambe de A et heurte, comme A l\u0026rsquo;a fait la première fois. A, heurté par B, saisit vite le dos de la main gauche de B de sa main gauche, creuse la poitrine et fait échapper son pied gauche devant le pied droit de B. Si B ne change pas, A peut le pousser dehors des deux mains. B colle vite son poignet gauche au poignet gauche de A, ramène son pied droit près du gauche, roule le coude gauche de A de la main droite, et fait un pas du pied gauche au nord-ouest. A avance vite le pied droit, formant avec les pieds de B un triangle équilatéral, insère le pied gauche dans l\u0026rsquo;entrejambe de B et heurte. B, voyant A arriver, enfonce son bras droit avec les reins : A ne peut plus entrer ; B, de la main gauche, fait un éclair devant le visage de A. A rattrape vite le poignet gauche de B de son poignet gauche, ramène son pied gauche près du droit, tourne le corps, fait un pas du pied gauche au nord-est et roule le coude de B de la main droite. B avance alors le pied droit, puis insère le pied gauche dans l\u0026rsquo;entrejambe de A et heurte. Ainsi les quatre coins sont tous parcourus. Qu\u0026rsquo;on suive le roulé, ou qu\u0026rsquo;on échappe par la jambe, ou qu\u0026rsquo;on fasse l\u0026rsquo;éclair d\u0026rsquo;une seule main, tout est à volonté. (Les quatre figures du grand roulé : fig. 1, A roule, B heurte.)\n第二圖甲靠乙挒。\nFig. 2 : A heurte, B déchire.\n第三圖乙靠甲單手採逃腿。\nFig. 3 : B heurte, A saisit d\u0026rsquo;une main et échappe par la jambe.\n第四圖甲靠乙逃腿雙手按。\nFig. 4 : A heurte, B échappe par la jambe et pousse des deux mains.\n略備形式。甲乙轉換。或以乙為甲。以甲為乙均可。其應用之規矩。雖詳細說明。而其巧妙。仍非口傳心授不可。\nLes postures n\u0026rsquo;en sont qu\u0026rsquo;esquissées ; A et B échangent leurs rôles, ou bien B devient A et A devient B, comme on veut. Les règles d\u0026rsquo;application, bien que détaillées ici, ont des finesses qui ne s\u0026rsquo;obtiennent que par la transmission de bouche à oreille et de cœur à cœur.\nLe traité du taiji quan, annoté 太極拳論\n陳微明注\nLe Taiji quan lun (太極拳論) attribué à Wang Zongyue, avec le commentaire de Chen Weiming.\n一舉動。週身俱要輕靈。\nDès qu\u0026rsquo;on se meut, tout le corps doit être léger et vivant.\n不用後天之拙力。則週身自然輕靈。\nSans employer la force maladroite acquise après la naissance, tout le corps est naturellement léger et vivant.\n尤須貫串。\nIl faut surtout que tout s\u0026rsquo;enchaîne.\n貫串者。綿綿不斷之謂也。不貫串則斷。斷則人乘虛而入。\nS\u0026rsquo;enchaîner, c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « continu sans interruption ». Sans enchaînement, il y a rupture ; la rupture laisse l\u0026rsquo;autre entrer en profitant du vide.\n氣宜鼓盪。神宜內歛。\nLe souffle doit être gonflé et agité ; l\u0026rsquo;esprit doit se recueillir à l\u0026rsquo;intérieur.\n氣鼓盪則無間。神內歛則不亂。\nSouffle gonflé et agité, il n\u0026rsquo;y a pas d\u0026rsquo;intervalle ; esprit recueilli, il n\u0026rsquo;y a pas de désordre.\n無使有凸凹處。無使有斷續處。\nQu\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;y ait ni bosses ni creux, ni ruptures ni reprises.\n有凹處。有凸處。有斷時。有續時。此皆未能圓滿也。凹凸之處。易為人所制。斷續之時。易為人所乘。皆致敗之由也。\nS\u0026rsquo;il y a des creux, des bosses, des arrêts, des reprises, c\u0026rsquo;est que l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;est pas encore rond et complet. Les endroits en creux ou en bosse sont faciles à contrôler pour l\u0026rsquo;autre ; les moments d\u0026rsquo;arrêt et de reprise sont faciles à prendre au dépourvu : ce sont toutes des causes de défaite.\n其根在腳。發於腿。主宰於腰。形於手指。由脚而腿而腰。總須完整一氣。向前退後。乃得機得勢。\nSa racine est dans les pieds, elle se déploie dans les jambes, elle est gouvernée par les reins, elle se manifeste dans les doigts. Du pied à la jambe aux reins, il faut toujours un souffle complet et unique. En avançant et reculant, on saisit alors l\u0026rsquo;occasion et l\u0026rsquo;avantage.\n莊子曰。至人之息以踵。太極拳術。呼吸深長。上可至頂。下可至踵。故變動其根在脚。由脚而上至腿。由腿而上至腰。由腰而上至手指。完整一氣。故太極以手指放人。而跌出者。並非僅手指之力。其力乃發於足跟。而人不知也。上手下足中腰。無處不相應。自然能得機得勢。\nZhuangzi dit : « Le souffle de l\u0026rsquo;homme parfait part des talons. » Dans le taiji quan, la respiration est profonde et longue : en haut elle peut atteindre le sommet, en bas les talons. C\u0026rsquo;est pourquoi, dans les changements, la racine est dans les pieds ; du pied on monte à la jambe, de la jambe aux reins, des reins aux doigts, en un souffle complet et unique. Aussi, quand le taiji projette l\u0026rsquo;autre par les doigts et qu\u0026rsquo;il tombe, ce n\u0026rsquo;est pas seulement la force des doigts : cette force naît dans les talons, et l\u0026rsquo;autre ne le sait pas. Les mains en haut, les pieds en bas, les reins au milieu : tout répond partout, et naturellement on saisit l\u0026rsquo;occasion et l\u0026rsquo;avantage.\n有不得機得勢處。身便散亂。其病必於腰腿求之。\nS\u0026rsquo;il y a un endroit où l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;obtient ni l\u0026rsquo;occasion ni l\u0026rsquo;avantage, le corps se disperse et se trouble : il faut chercher la maladie dans les reins et les jambes.\n不得機。不得勢。必是手動而腰腿不動。腰腿不動。手愈有力。而身愈散亂。故有不得力處。必留心動腰腿也。\nNe pas obtenir l\u0026rsquo;occasion ni l\u0026rsquo;avantage, c\u0026rsquo;est que les mains bougent tandis que les reins et les jambes ne bougent pas. Reins et jambes immobiles, plus les mains ont de force, plus le corps se disperse. Aussi, là où la force fait défaut, il faut prendre garde à faire bouger les reins et les jambes.\n上下前後左右皆然。凡此皆是意。不在外面。有上卽有下。有前卽有後。有左卽有右。\nIl en va de même en haut, en bas, devant, derrière, à gauche, à droite. Tout cela, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;intention ; cela n\u0026rsquo;est pas au-dehors. S\u0026rsquo;il y a un haut, il y a un bas ; s\u0026rsquo;il y a un devant, il y a un derrière ; s\u0026rsquo;il y a une gauche, il y a une droite.\n欲上欲下。欲前欲後。欲左欲右。皆須動腰腿。然後能如意。雖動腰腿。而內中有知己知彼。隨機應變之意在。若無意。雖動腰腿。亦亂動而已。\nVouloir monter ou descendre, avancer ou reculer, aller à gauche ou à droite : il faut toujours mouvoir les reins et les jambes, alors on fait ce qu\u0026rsquo;on veut. Mais, tout en mouvant reins et jambes, il y a au-dedans l\u0026rsquo;intention de se connaître soi- même et de connaître l\u0026rsquo;autre, de s\u0026rsquo;adapter à l\u0026rsquo;occasion. Sans cette intention, même en mouvant reins et jambes, on ne fait que s\u0026rsquo;agiter en désordre.\n如意要向上。卽寓下意。若將物掀起而加以挫之之力。斯其根自斷。乃壞之速而無疑。\nSi l\u0026rsquo;intention veut monter, elle contient déjà l\u0026rsquo;intention de descendre. Comme pour soulever une plante : on lui applique d\u0026rsquo;abord une force qui l\u0026rsquo;écrase ; sa racine se rompt d\u0026rsquo;elle-même, et on la détruit vite, sans aucun doute.\n此言與人交手時之隨機應變。反復無端。令人不測。使彼顧此而不能顧彼。自然散亂。散亂則吾可以發勁矣。\nCela parle de s\u0026rsquo;adapter à l\u0026rsquo;occasion quand on échange avec l\u0026rsquo;autre : se retourner sans fin, rendre l\u0026rsquo;autre incapable de prévoir, le faire veiller sur ceci sans pouvoir veiller sur cela ; naturellement il se disperse et se trouble, et une fois troublé, je puis émettre ma force.\n虛實宜分淸楚。一處自有一處虛實。處處總此一虛實。週身節節貫串。無令絲毫間斷耳。\nLe vide et le plein doivent être nettement distingués. Chaque endroit a son vide et son plein ; partout, c\u0026rsquo;est toujours ce même vide et ce même plein. Tout le corps s\u0026rsquo;enchaîne articulation par articulation, sans laisser la moindre interruption.\n練架子要分淸虛實。與人交手。亦須分淸虛實。此虛實雖要分淸。然全視來者之意而定。彼實我虛。彼虛我實。實者忽變而為虛。虛者忽變而為實。彼不知我。我能知彼。則無不勝矣。週身節節貫串。節節二字。以言其能虛空粉碎。能虛空粉碎。則處處不相牽連。故彼不能使我牽動。而我穩如泰山矣。雖虛空粉碎。不相牽連。而運用之時。又能節節貫串。非不相顧。如常山之蛇。擊首則尾應。擊尾則首應。擊其背則首尾俱應。夫然後可謂之輕靈矣。譬如以千斤之鐵棍。非不重也。然有巨力者。可持之而起。以百斤之鐵練。雖有巨力者。不能持之而起。以其分為若干節也。雖分為若干節。而仍是貫串。練太極拳。亦猶此意耳。\nEn pratiquant le cadre, il faut distinguer nettement le vide et le plein ; en échangeant avec l\u0026rsquo;autre, il faut aussi les distinguer. Bien qu\u0026rsquo;il faille les distinguer, tout dépend de l\u0026rsquo;intention de celui qui vient : lui plein, je suis vide ; lui vide, je suis plein. Le plein se change soudain en vide, le vide se change soudain en plein. L\u0026rsquo;autre ne me connaît pas, moi je le connais : alors on ne peut que vaincre. « Tout le corps s\u0026rsquo;enchaîne articulation par articulation » : ces mots disent qu\u0026rsquo;on peut se vider et se pulvériser. Qui peut se vider et se pulvériser n\u0026rsquo;a nulle part d\u0026rsquo;attache qui tire ; l\u0026rsquo;autre ne peut donc m\u0026rsquo;entraîner, et je suis stable comme le mont Tai. Bien que vidé et pulvérisé, sans attaches, au moment de l\u0026rsquo;emploi on peut encore s\u0026rsquo;enchaîner articulation par articulation, sans se négliger mutuellement : comme le serpent du mont Chang, frappez-lui la tête et la queue répond, frappez-lui la queue et la tête répond, frappez-lui le dos et tête et queue répondent ensemble. Alors seulement on peut parler de légèreté et de vie. Par exemple, une barre de fer de mille livres n\u0026rsquo;est certes pas légère, mais un homme d\u0026rsquo;une force énorme peut la soulever ; une chaîne de fer de cent livres, même un homme d\u0026rsquo;une force énorme ne peut la soulever d\u0026rsquo;un seul tenant, parce qu\u0026rsquo;elle est divisée en plusieurs maillons. Bien que divisée en maillons, elle est pourtant enchaînée. Pratiquer le taiji quan, c\u0026rsquo;est la même idée.\n長拳者。如長江大海。滔滔不絕也。\nLe long poing (chang quan, 長拳) : comme le long fleuve et la grande mer, roulant sans tarir.\n太極拳亦名長拳。楊氏所傳有太極拳。更有長拳。名目稍異。其意相同。\nLe taiji quan s\u0026rsquo;appelle aussi long poing. Ce que transmet la famille Yang comprend le taiji quan et de plus un long poing : les noms diffèrent un peu, le sens est le même.\n十三勢者。掤捋擠按採挒肘靠。此八卦也。進步退步右顧左盻中定。此五行也。掤捋擠按。卽坎離震兌四正方也。採挒肘靠。卽乾坤艮巽四斜角也。進退顧盻定。卽金木水火土也。\nLes treize postures : peng, lü, ji, an, cai, lie, zhou, kao — ce sont les huit trigrammes ; avancer, reculer, regarder à droite, regarder à gauche, rester au centre — ce sont les cinq éléments. Peng, lü, ji, an correspondent aux quatre directions cardinales kan, li, zhen, dui ; cai, lie, zhou, kao correspondent aux quatre angles qian, kun, gen, xun ; avancer, reculer, regarder, se fixer correspondent au métal, au bois, à l\u0026rsquo;eau, au feu et à la terre.\n太極拳各式。及掤捋擠按已見前。\nLes postures du taiji quan et les peng, lü, ji, an ont déjà été vus plus haut.\n原書注云。以上係武當山張三丰祖師所著。欲天下豪傑。延年益壽。不徒作技藝之末也。\nLa note du livre original dit : « Ce qui précède est l\u0026rsquo;œuvre du patriarche Zhang Sanfeng du mont Wudang. Il voulait que les héros du monde prolongent leurs ans et leur vie, et non qu\u0026rsquo;ils fassent seulement un art subalterne. »\n太極者。無極而生。陰陽之母也。\nLe taiji naît du wuji ; il est la mère du yin et du yang.\n陰陽生於太極。太極本無極。太極拳。處處分虛實陰陽。故名曰太極也。\nLe yin et le yang naissent du taiji ; le taiji a pour fond le wuji. Dans le taiji quan, partout on distingue vide et plein, yin et yang : voilà pourquoi il s\u0026rsquo;appelle « taiji ».\n動之則分。靜之則合。\nEn mouvement, cela se divise ; au repos, cela se rassemble.\n我身不動。渾然一太極。如稍動。則陰陽分焉。\nMon corps immobile est un taiji entier et confus ; dès qu\u0026rsquo;il bouge un peu, le yin et le yang se séparent.\n無過不及。隨屈就伸。\nSans excès ni insuffisance : on suit la courbure et l\u0026rsquo;on va vers l\u0026rsquo;extension.\n此言與人相接相黏之時。隨彼之動而動。彼屈則我伸。彼伸則我屈。與之密合。不丢不頂。不使有稍過及不及之弊。\nQuand on se joint et se colle à l\u0026rsquo;autre, on bouge selon son mouvement : il plie, je m\u0026rsquo;étends ; il s\u0026rsquo;étend, je plie. On se colle étroitement à lui, sans le lâcher ni lui résister, sans laisser le moindre défaut d\u0026rsquo;excès ou d\u0026rsquo;insuffisance.\n人剛我柔謂之走。我順人背謂之黏。\nL\u0026rsquo;autre est dur, je suis souple : cela s\u0026rsquo;appelle céder. Je suis à l\u0026rsquo;aise, l\u0026rsquo;autre est contrarié : cela s\u0026rsquo;appelle coller.\n人剛我剛。則兩相抵抗。人剛我柔。則不相妨礙。不妨礙則走化矣。旣走化。彼之力失其中。則背矣。我之勢得其中。則順矣。以順黏背。則彼雖有力而不得力矣。\nL\u0026rsquo;autre dur et moi dur, nous résistons l\u0026rsquo;un à l\u0026rsquo;autre. L\u0026rsquo;autre dur et moi souple, nous ne nous gênons pas ; sans gêne, il y a cession et dissolution. Une fois cédé et dissous, sa force perd son centre et il est contrarié ; ma posture gagne son centre et je suis à l\u0026rsquo;aise. Coller sa contrariété par mon aisance : même s\u0026rsquo;il a de la force, il n\u0026rsquo;en tire rien.\n動急則急應。動緩則緩隨。雖變化萬端。而惟性一貫。\nS\u0026rsquo;il bouge vite, je réponds vite ; s\u0026rsquo;il bouge lentement, je suis lentement. Bien que les changements soient infinis, le principe est un et constant.\n我之緩急。隨彼之緩急。不自為緩急。則自然能黏連不斷。然非兩臂鬆淨。不使有絲毫之拙力。不能相隨之如是巧合。若兩臂有力。則喜自作主張。不能捨己從人矣。動之方向緩急不同。故曰變化萬端。雖不同。而吾之黏隨。其理則一也。\nMa lenteur et ma vitesse suivent les siennes ; si je ne les décide pas moi-même, je puis naturellement coller et m\u0026rsquo;enchaîner sans rupture. Mais si les deux bras ne sont pas détendus et nets, sans la moindre parcelle de force maladroite, on ne peut pas suivre et s\u0026rsquo;ajuster ainsi. Si les bras ont de la force, on aime décider soi-même et l\u0026rsquo;on ne peut plus s\u0026rsquo;oublier pour suivre l\u0026rsquo;autre. Les directions et les vitesses des mouvements diffèrent : c\u0026rsquo;est pourquoi l\u0026rsquo;on dit « changements infinis ». Bien qu\u0026rsquo;ils diffèrent, mon coller et mon suivre ont un principe unique.\n由着熟而漸悟懂勁。由懂勁而階及神明。然非用力之久。不能豁然貫通焉。\nDe la familiarité avec les techniques, on comprend peu à peu la force ; de la force comprise, on s\u0026rsquo;élève par degrés jusqu\u0026rsquo;au divin et au lumineux. Mais sans une longue pratique, on ne peut soudainement tout pénétrer.\n着熟者。習拳以練體。推手以應用。用力旣久。自然懂勁。而神明矣。\n« La familiarité avec les techniques » : pratiquer le poing pour exercer le corps, la poussée des mains pour l\u0026rsquo;application. Quand on a pratiqué longtemps, on comprend naturellement la force, puis l\u0026rsquo;on atteint le divin et le lumineux.\n虛靈頂勁。氣沈丹田。不偏不倚。忽隱忽現。\nÉnergie du sommet, vide et vivante ; souffle qui descend au dantian ; ni incliné ni appuyé ; tantôt caché, tantôt visible.\n無論練架子及推手。皆須有虛靈頂勁。氣沈丹田之意。不偏不倚者。立身中正。不偏倚也。忽隱忽現者。虛實無定。變化不測也。\nQu\u0026rsquo;on pratique le cadre ou la poussée des mains, il faut toujours l\u0026rsquo;intention de l\u0026rsquo;énergie du sommet, vide et vivante, et du souffle qui descend au dantian. « Ni incliné ni appuyé » : se tenir droit au centre, sans pencher ni s\u0026rsquo;appuyer. « Tantôt caché, tantôt visible » : le vide et le plein sans fixité, les changements imprévisibles.\n左重則左虛。右重則右杳。\nSi la gauche est lourde, la gauche se vide ; si la droite est lourde, la droite s\u0026rsquo;évanouit.\n此二句。卽解釋忽隱忽現之意。與彼黏手。覺左邊重。則吾之左邊。與彼相黏處。卽變為虛。右邊亦然。杳者。不可捉摸之意。與彼相黏。隨其意而化之。不可稍有抵抗。使之處處落空。而無可如何。\nCes deux phrases expliquent le « tantôt caché, tantôt visible ». En collant les mains avec l\u0026rsquo;autre, si je sens la gauche lourde, l\u0026rsquo;endroit où ma gauche colle à lui devient vide ; il en va de même à droite. « S\u0026rsquo;évanouir », c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;idée de l\u0026rsquo;insaisissable : collé à lui, je dissous en suivant son intention, sans la moindre résistance, le faisant tomber dans le vide partout, sans qu\u0026rsquo;il puisse rien y faire.\n仰之則彌高。俯之則彌深。進之則愈長。退之則愈促。\nQu\u0026rsquo;on s\u0026rsquo;élève contre lui, il est plus haut ; qu\u0026rsquo;on plonge contre lui, il est plus profond ; qu\u0026rsquo;on avance, il s\u0026rsquo;allonge ; qu\u0026rsquo;on recule, il se resserre.\n彼仰則覺我彌高。如捫天而難攀。彼俯則覺我彌深。如臨淵而恐陷。彼進則覺我愈長而不可及。彼退則覺我愈偪而不可逃。皆言我之能黏隨不丢。使彼不得力也。\nS\u0026rsquo;il s\u0026rsquo;élève, il me sent plus haut, comme touchant le ciel sans pouvoir y grimper ; s\u0026rsquo;il plonge, il me sent plus profond, comme au bord d\u0026rsquo;un gouffre, craignant de s\u0026rsquo;enliser ; s\u0026rsquo;il avance, il me sent plus long, hors d\u0026rsquo;atteinte ; s\u0026rsquo;il recule, il me sent plus pressant, sans fuite possible. Tout cela dit que je sais coller et suivre sans lâcher, le rendant incapable de tirer parti de sa force.\n一羽不能加。蠅蟲不能落。人不知我。我獨知人。英雄所向無敵。蓋由此而及也。\nUne plume ne peut s\u0026rsquo;y ajouter ; une mouche ne peut s\u0026rsquo;y poser. L\u0026rsquo;autre ne me connaît pas ; moi seul je le connais. Les héros sont invincibles partout : c\u0026rsquo;est par là qu\u0026rsquo;ils y parviennent.\n羽不能加。蠅不能落。形容不頂之意。技之精者。方能如此。蓋其感覺靈敏。已到極處。稍觸卽知。能工夫至此。舉動輕靈。自然人不知我。我獨知人。\n« Une plume ne peut s\u0026rsquo;y ajouter, une mouche ne peut s\u0026rsquo;y poser » : cela décrit l\u0026rsquo;idée de ne pas résister. Seul celui dont la technique est raffinée y parvient : sa sensation est si vive, parvenue à l\u0026rsquo;extrême, qu\u0026rsquo;au moindre contact il sait. Quand le travail atteint ce point, les mouvements sont légers et vivants, et naturellement l\u0026rsquo;autre ne me connaît pas, moi seul je le connais.\n斯技旁門甚多。雖勢有區別。槪不外壯欺弱。慢讓快耳。有力打無力。手慢讓手快。是皆先天自然之能。非關學力而有為也。\nLes voies latérales de cet art sont nombreuses ; bien que leurs postures diffèrent, elles ne vont guère au-delà du fort qui opprime le faible, du lent qui cède au rapide. Le fort bat le faible, la main lente cède à la main rapide : ce sont des capacités innées et naturelles, sans rapport avec l\u0026rsquo;étude et le travail.\n以上言外家拳術。派別甚多。不外以力以快勝人。以力以快勝人。若更遇力過我快過我者。則敗矣。是皆充其自然之能。非有巧妙如太極拳術之不恃力不恃快而能勝人也。\nCe qui précède parle des boxeurs externes, dont les branches sont nombreuses : ils ne dépassent pas l\u0026rsquo;emporter par la force et par la vitesse. Emporter par la force et la vitesse, c\u0026rsquo;est perdre dès qu\u0026rsquo;on rencontre plus fort et plus rapide que soi : tout cela ne fait qu\u0026rsquo;épuiser les capacités naturelles, sans l\u0026rsquo;ingéniosité du taiji quan, qui ne s\u0026rsquo;appuie ni sur la force ni sur la vitesse et peut pourtant vaincre.\n察四兩撥千斤之句。顯非力勝。觀耄耋能禦衆之形。快何能為。\nExaminez la phrase « quatre onces déplacent mille livres » : manifestement, ce n\u0026rsquo;est pas la force qui vainc. Voyez le vieillard qui peut repousser la foule : que peut la vitesse ?\n太極拳之巧妙。在以四兩撥千斤。彼雖有千斤之力。而我順彼背。則千斤亦無用矣。彼之快乃自動也。若遇精於太極拳術者。以手黏之。彼欲動且不能。何能快乎。\nL\u0026rsquo;ingéniosité du taiji quan est d\u0026rsquo;employer quatre onces pour déplacer mille livres. Même s\u0026rsquo;il a mille livres de force, moi à l\u0026rsquo;aise et lui contrarié, ses mille livres ne servent à rien. Sa vitesse vient de son propre mouvement ; mais s\u0026rsquo;il rencontre un expert du taiji quan qui colle à lui de la main, il ne peut même plus bouger : comment serait-il rapide ?\n立如平準。活似車輪。\nSe tenir comme un niveau ; être vif comme une roue.\n立能如平準者。有虛靈頂勁也。活似車輪者。以腰為主宰。無處不隨腰運動圓轉也。\nPouvoir se tenir comme un niveau, c\u0026rsquo;est avoir l\u0026rsquo;énergie du sommet, vide et vivante. Être vif comme une roue, c\u0026rsquo;est avoir les reins pour maître : nulle part on ne bouge sans suivre les reins en rond.\n偏沈則隨。雙重則滯。\nPencher d\u0026rsquo;un seul côté, on suit ; peser des deux côtés, on s\u0026rsquo;engorge.\n何謂偏沈則隨。雙重則滯。譬兩處與彼相黏。其力平均。彼此之力相遇。則相抵抗。是謂雙重。雙重則二人相持不下。仍力大者勝焉。兩處之力平均。若鬆一處。是謂偏沈。我若能偏沈。則彼雖有力者。亦不得力。而我可以走化矣。\nQu\u0026rsquo;est-ce que « pencher d\u0026rsquo;un seul côté, on suit ; peser des deux côtés, on s\u0026rsquo;engorge » ? Supposez deux endroits collés à lui, à force égale : les forces se rencontrent et résistent l\u0026rsquo;une à l\u0026rsquo;autre : c\u0026rsquo;est le double poids. Le double poids fait que les deux hommes se tiennent en échec, et le plus fort l\u0026rsquo;emporte encore. Si, les forces des deux endroits étant égales, on en détend un, c\u0026rsquo;est pencher d\u0026rsquo;un seul côté. Si je puis pencher d\u0026rsquo;un seul côté, même un homme fort ne tire rien de sa force, et je puis céder et dissoudre.\n每見數年純功。不能運化者。率自為人制。雙重之病未悟耳。\nOn voit souvent qui, après plusieurs années de travail pur, ne sait ni tourner ni dissoudre et se laisse toujours contrôler : c\u0026rsquo;est que la maladie du double poids n\u0026rsquo;est pas comprise.\n有數年之純功。若尚有雙重之病。則不免有時為人所制。不能立時運化。\nAvec plusieurs années de travail pur, si l\u0026rsquo;on garde la maladie du double poids, on ne peut éviter d\u0026rsquo;être parfois contrôlé, incapable de tourner et dissoudre sur le moment.\n若欲避此病。須知陰陽。黏卽是走。走卽是黏。陰不離陽。陽不離陰。陰陽相濟。方為懂勁。\nPour éviter cette maladie, il faut connaître le yin et le yang. Coller, c\u0026rsquo;est céder ; céder, c\u0026rsquo;est coller. Le yin ne quitte pas le yang, le yang ne quitte pas le yin ; le yin et le yang s\u0026rsquo;entraident : alors seulement on comprend la force.\n若欲避雙重之病。須知陰陽。陰陽卽虛實也。稍覺雙重。卽速偏沈。虛處為陰。實處為陽。雖分陰陽。而仍黏連不脫。故能黏能走。陰不離陽。陽不離陰者。彼實我虛。彼虛我又變為實。故陰變為陽。陽變為陰。陰陽相濟。本無定形。皆視彼方之意而變耳。如能隨彼之意。而虛實應付。毫釐不爽。是眞可謂之懂勁矣。\nPour éviter la maladie du double poids, il faut connaître le yin et le yang ; le yin et le yang, c\u0026rsquo;est le vide et le plein. Dès qu\u0026rsquo;on sent un double poids, on penche vite d\u0026rsquo;un seul côté. L\u0026rsquo;endroit vide est yin, l\u0026rsquo;endroit plein est yang. Bien que yin et yang se séparent, on colle et s\u0026rsquo;enchaîne sans se détacher : ainsi l\u0026rsquo;on sait coller et céder. « Le yin ne quitte pas le yang, le yang ne quitte pas le yin » : lui plein, je suis vide ; lui vide, je redeviens plein. Ainsi le yin devient yang, le yang devient yin ; le yin et le yang s\u0026rsquo;entraident, sans forme fixe, changeant toujours selon l\u0026rsquo;intention de l\u0026rsquo;autre. Si l\u0026rsquo;on sait suivre son intention et répondre par le vide ou le plein sans erreur d\u0026rsquo;un cheveu, alors vraiment on peut dire qu\u0026rsquo;on comprend la force.\n懂勁後。愈練愈精。默識揣摩。漸至從心所欲。\nUne fois la force comprise, plus on pratique, plus on s\u0026rsquo;affine ; en méditant et en étudiant, on parvient peu à peu à ce que le cœur désire.\n懂勁之後。可謂入門矣。然不可間斷。必須日日練習。處處揣摩。如有所悟。默識於心。心動則身隨。無不如意。技日精矣。\nAprès avoir compris la force, on peut dire que l\u0026rsquo;on est entré dans la porte. Mais il ne faut pas d\u0026rsquo;interruption : il faut pratiquer chaque jour, méditer en chaque endroit ; ce qu\u0026rsquo;on a compris, on le grave en silence dans le cœur. Le cœur bouge, le corps suit ; tout va comme on veut, et la technique s\u0026rsquo;affine chaque jour.\n本是捨己從人。多悞舍近求遠。\nÀ l\u0026rsquo;origine, c\u0026rsquo;est s\u0026rsquo;oublier soi-même pour suivre l\u0026rsquo;autre ; beaucoup se trompent en laissant le proche pour chercher le lointain.\n太極拳不自作主張。處處從人。彼之動作。必有一方向。則吾隨其方向而去。不稍抵抗。故彼落空。或跌出。皆彼用力太過也。如有一定手法。不知隨彼。是謂捨近而求遠矣。\nLe taiji quan ne décide pas de lui-même : partout il suit l\u0026rsquo;autre. Son mouvement a nécessairement une direction ; je vais avec cette direction, sans la moindre résistance ; aussi il tombe dans le vide ou s\u0026rsquo;écroule, toujours parce qu\u0026rsquo;il a trop forcé. Avoir une technique fixe et ne pas savoir suivre l\u0026rsquo;autre, c\u0026rsquo;est laisser le proche pour chercher le lointain.\n斯謂差之毫釐。謬以千里。學者不可不詳辨焉。\nC\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « un écart d\u0026rsquo;un cheveu, une erreur de mille lieues ». Que l\u0026rsquo;élève examine cela avec soin.\n太極拳與人黏連。卽在黏連密切之處而應付之。所謂不差毫釐也。稍離則遠。失其機矣。\nLe taiji quan colle et s\u0026rsquo;enchaîne à l\u0026rsquo;autre et répond à l\u0026rsquo;endroit même où le collé est le plus étroit : c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « ne pas manquer d\u0026rsquo;un cheveu ». Le moindre écart devient une grande distance, et l\u0026rsquo;occasion est perdue.\n此論句句切要。並無一字敷衍陪襯。非有夙慧。不能悟也。先師不肯妄傳。非獨擇人。亦恐枉費工夫耳。\nCe traité est essentiel phrase par phrase, sans un mot de remplissage ou de parade. Sans une sagesse innée, on ne peut le comprendre. Le maître défunt ne le transmettait pas à la légère : non seulement il choisissait les hommes, mais il craignait aussi de voir le travail perdu en vain.\n太極拳之精微奧妙。皆不出此論。非有夙慧之人。不能領悟。可見此術不可以技藝視之也。\nLes subtilités et les mystères du taiji quan ne sortent pas de ce traité ; sans sagesse innée, on ne peut le pénétrer. On voit que cet art ne doit pas être regardé comme une simple technique.\nLe chant des treize postures 十三勢歌\n十三總勢莫輕視。命意源頭在腰隙。\n變轉虛實須留意。氣遍身軀不少滯。\n靜中觸動動猶靜。因敵變化示神奇。\n勢勢揆心須用意。得來不覺費工夫。\n刻刻留心在腰間。腹內鬆淨氣騰然。\n尾閭中正神貫頂。滿身輕利頂頭懸。\n仔細留心向推求。屈伸開合聽自由。\n入門引路須口授。工夫無息法自休。\n若言體用何為準。意氣君來骨肉臣。\n想推用意終何在。益壽延年不老春。\n歌兮歌兮百卌字。字字眞切義無遺。\n若不向此推求去。枉費工夫貽歎息。\nNe méprisez pas les treize postures souveraines ; la source de l\u0026rsquo;intention vitale est dans l\u0026rsquo;intervalle des reins. Dans les changements de vide et de plein, soyez attentif ; le souffle parcourt le corps entier sans le moindre arrêt. Dans le calme, le mouvement se déclenche, et mouvant, il est encore calme ; selon l\u0026rsquo;adversaire on change, et l\u0026rsquo;on montre le merveilleux. Posture après posture, sondez le cœur, employez l\u0026rsquo;intention ; ce qui vient sans qu\u0026rsquo;on le sente ne coûte pas de travail. À chaque instant, l\u0026rsquo;esprit aux reins ; le ventre détendu et net, le souffle s\u0026rsquo;élève. La coccyx droit au centre, l\u0026rsquo;esprit traverse au sommet ; tout le corps léger et agile, le sommet suspendu. Examinez avec soin et cherchez à comprendre ; plier, étendre, ouvrir, fermer, laissez-les libres. Pour entrer dans la porte, il faut la transmission de bouche ; le travail sans arrêt, la méthode se perfectionne d\u0026rsquo;elle-même. Si l\u0026rsquo;on parle de corps et d\u0026rsquo;usage, quelle est la règle ? L\u0026rsquo;intention et le souffle sont le souverain, les os et la chair les ministres. Réfléchissez : où aboutit enfin l\u0026rsquo;emploi de l\u0026rsquo;intention ? À prolonger les ans, à allonger la vie, à un printemps qui ne vieillit pas. Chant, ô chant de cent quarante caractères, chaque mot est vrai, le sens ne manque pas. Si l\u0026rsquo;on ne cherche pas à y pénétrer, on perd son travail en vain et l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;a que des soupirs.\n十三勢歌之意。前已講明。故不復注解。\nLe sens du chant des treize postures a déjà été expliqué plus haut ; il n\u0026rsquo;est donc pas commenté de nouveau.\nComprendre par le cœur la pratique des treize postures 十三勢行功心解\n以心行氣。務令沈着。乃能收斂入骨。以氣運身。務令順遂。乃能便利從心。\nConduire le souffle par le cœur : qu\u0026rsquo;il soit ferme et pesant, alors il peut se recueillir et entrer dans les os. Mouvoir le corps par le souffle : qu\u0026rsquo;il soit aisé et coulant, alors on agit commodément selon le cœur.\n以心行氣者。所謂意到氣亦到。意要沈着。則氣可收斂入骨。並非格外運氣也。氣收斂入骨。工夫旣久。則骨日沈重。內勁長矣。以氣運身者。所謂氣動身亦動。氣要順遂。則身能便利從心。故變動往來。無不從心所欲。毫無阻滯之處矣。\n« Conduire le souffle par le cœur », c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle : l\u0026rsquo;intention arrive, le souffle arrive aussi. L\u0026rsquo;intention doit être ferme et pesante, alors le souffle peut se recueillir et entrer dans les os — ce n\u0026rsquo;est pas une conduite du souffle en dehors de cela. Le souffle recueilli et entré dans les os, quand le travail dure longtemps, les os deviennent chaque jour plus pesants et la force interne croît. « Mouvoir le corps par le souffle », c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle : le souffle bouge, le corps bouge aussi. Le souffle doit être aisé et coulant, alors le corps agit commodément selon le cœur ; aussi les changements et les allées et venues suivent tous ce que le cœur désire, sans le moindre obstacle.\n精神能提得起。則無遲重之虞。所謂頂頭懸也。\nSi l\u0026rsquo;esprit peut être soulevé, on n\u0026rsquo;a pas à craindre la lenteur et la pesanteur : c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « le sommet suspendu ».\n有虛靈頂勁。則精神自然提得起。精神提起。則身體自然輕靈。觀此。可知捨精神而用拙力者。身體必為力所驅使。不能轉動如意矣。\nAvec l\u0026rsquo;énergie du sommet, vide et vivante, l\u0026rsquo;esprit se soulève naturellement ; l\u0026rsquo;esprit soulevé, le corps est naturellement léger et vivant. Voyez cela : on comprend que celui qui délaisse l\u0026rsquo;esprit pour la force maladroite voit son corps mené par la force, incapable de tourner à son gré.\n意氣須換得靈。乃有圓活之妙。所謂變轉虛實也。\nL\u0026rsquo;intention et le souffle doivent échanger avec vivacité, alors il y a la merveille de la rondeur et de la vie : c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle les changements de vide et de plein.\n與敵相黏。須隨機換意。仍不外虛實分得淸楚。則自然有圓活之妙。\nCollé à l\u0026rsquo;adversaire, il faut changer d\u0026rsquo;intention selon l\u0026rsquo;occasion ; cela ne sort pas de distinguer nettement le vide et le plein, et l\u0026rsquo;on a naturellement la merveille de la rondeur et de la vie.\n發勁須沈着鬆淨。專主一方。\nPour émettre la force, il faut être pesant, détendu et net, concentré sur une seule direction.\n發勁之時。必須全身鬆淨。不鬆淨則不能沈着。沈着鬆淨。自然能放得遠。專主一方者。隨彼動之方向而直去也。隨敵之勢。如欲打高。眼神上望。如欲打低。眼神下望。如欲打遠。眼神遠望。神至則氣到。全不在用力也。\nAu moment d\u0026rsquo;émettre la force, tout le corps doit être détendu et net ; sans détente et netteté, on ne peut être pesant. Pesant, détendu et net, on peut naturellement projeter loin. « Concentré sur une seule direction » : aller droit selon la direction du mouvement de l\u0026rsquo;autre. Suivez la posture de l\u0026rsquo;adversaire : pour frapper haut, le regard monte ; pour frapper bas, le regard descend ; pour frapper loin, le regard va loin. L\u0026rsquo;esprit va, le souffle arrive : cela ne tient pas du tout à la force.\n立身須中正安舒。撑支八面。\nSe tenir doit être droit, stable et à l\u0026rsquo;aise, soutenant les huit directions.\n頂頭懸。則自然中正。鬆淨。則自然安舒。穩如泰山。則自然能撑支八面。\nLe sommet suspendu, on est naturellement droit ; détendu et net, on est naturellement à l\u0026rsquo;aise ; stable comme le mont Tai, on soutient naturellement les huit directions.\n行氣如九曲珠。無微不到。\nConduire le souffle comme une perle aux neuf courbes : rien de si petit n\u0026rsquo;y échappe.\n九曲珠。言其圓活也。四肢百體。無處不有圓珠。無處不是太極圈子。故力未有不能化也。\nLa perle aux neuf courbes parle de rondeur et de vie. Les quatre membres et les cent parties du corps : partout il y a une perle ronde, partout un cercle de taiji ; aussi nulle force ne peut-elle manquer d\u0026rsquo;être dissoute.\n運勁如百練鋼。何堅不摧。\nConduire la force comme de l\u0026rsquo;acier cent fois trempé : quelle dureté ne serait pas brisée ?\n太極雖不用力。而其增長內勁。可無窮盡。其勁如百練之鋼。無堅不摧。\nLe taiji, bien qu\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;emploie pas la force, accroît la force interne sans limite : cette force est comme l\u0026rsquo;acier cent fois trempé, qui brise toute dureté.\n形如搏兎之鶻。神如捕鼠之猫。\nLa forme comme un faucon qui saisit un lièvre ; l\u0026rsquo;esprit comme un chat qui attrape une souris.\n搏兎之鶻。盤旋不定。捕鼠之猫。待機而動。\nLe faucon qui saisit un lièvre : il tournoie sans se fixer. Le chat qui attrape une souris : il attend l\u0026rsquo;occasion puis agit.\n靜如山岳。動若江河。\nAu repos comme un mont ; en mouvement comme un fleuve.\n靜如山岳。言其沈重不浮。動若江河。言其周流不息。\n« Au repos comme un mont » : pesant, sans flotter. « En mouvement comme un fleuve » : circulant sans arrêt.\n蓄勁如張弓。發勁如放箭。\nAccumuler la force comme on tend un arc ; émettre la force comme on lâche une flèche.\n蓄勁如張弓。以言其滿。發勁如放箭。以言其速。\n« Accumuler comme on tend un arc » : cela parle de la plénitude. « Émettre comme on lâche une flèche » : cela parle de la vitesse.\n曲中求直。蓄而後發。\nDans la courbure, chercher la droite ; accumuler, puis émettre.\n曲是化人之勁。勁已化去。必向彼身求一直綫。勁可發矣。\nLa courbure dissout la force de l\u0026rsquo;autre. Une fois sa force dissoute, il faut chercher une ligne droite vers son corps, et la force peut être émise.\n力由脊發。步隨身換。\nLa force naît de la colonne ; les pas changent avec le corps.\n含胸拔背。以蓄其勢。發勁之時。力由背脊而出。非徒兩手之勁也。身動步隨。轉換無定。\nContenir la poitrine et étirer le dos pour accumuler la posture. Au moment d\u0026rsquo;émettre, la force sort du dos et de la colonne, et non seulement des deux mains. Le corps bouge, les pas suivent, les changements sont sans fixité.\n收即是放。放卽是收。斷而復連。\nRecueillir, c\u0026rsquo;est émettre ; émettre, c\u0026rsquo;est recueillir. Rompre, puis renouer.\n黏化打雖是三意。而不能分開。收卽黏化。放是打。放人之時。勁似稍斷。而意仍不斷。\nColler, dissoudre, frapper : bien que ce soient trois intentions, elles ne peuvent se séparer. Recueillir, c\u0026rsquo;est coller et dissoudre ; émettre, c\u0026rsquo;est frapper. Quand on projette l\u0026rsquo;autre, la force semble presque rompre, mais l\u0026rsquo;intention ne rompt pas.\n往復須有摺疊。進退須有轉換。\nDans l\u0026rsquo;allée et venue, il faut des plis ; dans l\u0026rsquo;avance et le recul, il faut des changements.\n摺疊者。亦變虛實也。其所變之虛實。最為微細。太極截勁。往往用摺疊。外面看似未動。而其內已有摺疊。進退必變換步法。雖退仍是進也。\nLes plis, c\u0026rsquo;est encore changer le vide et le plein ; ces changements-là sont les plus subtils. La force tranchante du taiji emploie souvent les plis : au-dehors on dirait que rien ne bouge, mais au-dedans le pli est déjà fait. En avançant et reculant, il faut changer les pas : même en reculant, c\u0026rsquo;est encore avancer.\n極柔軟。然後極堅剛。能呼吸。然後能靈活。\nExtrême souplesse, alors extrême fermeté. Savoir respirer, alors savoir être vif et souple.\n老子曰。天下之至柔。馳騁天下之至堅。其至柔者。乃至剛也。吸為提為收。呼為沈為放。此呼吸乃先天之呼吸。與後天之呼吸相反。故能提得人起。放得人出。\nLaozi dit : « Ce qu\u0026rsquo;il y a de plus souple sous le ciel court à travers ce qu\u0026rsquo;il y a de plus dur sous le ciel. » Ce qui est le plus souple est précisément le plus ferme. L\u0026rsquo;inspiration soulève et recueille ; l\u0026rsquo;expiration enfonce et émet. Cette respiration est la respiration d\u0026rsquo;avant la naissance, opposée à la respiration acquise après ; aussi peut-on soulever l\u0026rsquo;homme et le projeter dehors.\n氣以直養而無害。勁以曲蓄而有餘。\nLe souffle, nourri avec droiture, ne fait aucun mal ; la force, accumulée dans la courbure, est surabondante.\n孟子曰。吾善養吾浩然之氣。至大至剛。以直養而無害。則塞乎天地之間。太極拳蓋養先天之氣。非運後天之氣也。運氣之功。流弊甚大。養氣則順乎自然。日習之養之而不覺。數十年後。積虛成實。至大至剛。至用之時。則曲蓄其勁。以待發。旣發則沛然莫之能禦也。\nMengzi dit : « Je nourris bien mon souffle vaste et juste ; il est immense et ferme. Nourri avec droiture et sans mal, il remplit l\u0026rsquo;intervalle du ciel et de la terre. » Le taiji quan nourrit le souffle d\u0026rsquo;avant la naissance, il ne conduit pas le souffle acquis après. Les travaux de conduite du souffle ont de grands effets pervers ; nourrir le souffle, c\u0026rsquo;est suivre la nature, pratiquer et nourrir chaque jour sans s\u0026rsquo;en apercevoir ; après quelques décennies, le vide accumulé devient plein, immense et ferme ; au moment de l\u0026rsquo;emploi, on accumule sa force dans la courbure, attendant d\u0026rsquo;émettre ; une fois émise, elle est si abondante que rien ne peut l\u0026rsquo;arrêter.\n心為令。氣為旗。腰為纛。\nLe cœur donne l\u0026rsquo;ordre ; le souffle est le drapeau ; les reins sont l\u0026rsquo;étendard.\n心為主帥以發令。氣則為表示其令之旗。以腰為纛。則旗中正不偏。無致敗之道也。\nLe cœur est le général en chef qui lance les ordres ; le souffle est le drapeau qui montre l\u0026rsquo;ordre ; les reins comme étendard, le drapeau reste droit au centre sans pencher : il n\u0026rsquo;y a pas de voie de défaite.\n先求開展。後求緊湊。乃可臻於縝密矣。\nD\u0026rsquo;abord chercher le déploiement, ensuite la compacité : alors on atteint le fin et le serré.\n無論練架子及推手。皆須先求開展。開展則腰腿皆動。無微不到。至功夫純熟。再求緊湊。由大圈而歸於小圈。由小圈而歸於無圈。所謂放之則彌六合。卷之則退藏於密也。\nQu\u0026rsquo;on pratique le cadre ou la poussée des mains, il faut d\u0026rsquo;abord chercher le déploiement : déployé, les reins et les jambes bougent tous, rien de si petit n\u0026rsquo;échappe. Quand le travail est mûr, on cherche la compacité : du grand cercle on revient au petit cercle, du petit cercle au cercle inexistant. C\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle : déployé, il remplit les six directions ; roulé, il se retire et se cache dans le secret.\n又曰。先在心。後在身。腹鬆淨。氣斂入骨。神舒體靜。刻刻在心。\nIl est dit encore : d\u0026rsquo;abord dans le cœur, ensuite dans le corps. Le ventre détendu et net, le souffle se recueille et entre dans les os. L\u0026rsquo;esprit à l\u0026rsquo;aise, le corps calme, à chaque instant dans le cœur.\n太極以心意為本。身體為末。所謂意氣君來骨肉臣也。腹鬆淨。不存絲毫後天之拙力。則氣自斂入骨。氣歛入骨。其剛可知。神要安舒。體要靜逸。能安舒靜逸。則應變整暇。决不慌亂。\nLe taiji a pour racine le cœur et l\u0026rsquo;intention, pour extrémité le corps : c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « l\u0026rsquo;intention et le souffle souverains, les os et la chair ministres ». Le ventre détendu et net, sans la moindre force maladroite acquise, le souffle se recueille naturellement et entre dans les os ; le souffle entré dans les os, sa fermeté se devine. L\u0026rsquo;esprit doit être à l\u0026rsquo;aise, le corps calme et libre ; à l\u0026rsquo;aise et calme, on répond aux changements avec ordre et loisir, jamais dans l\u0026rsquo;affolement.\n切記一動無有不動。一靜無有不靜。\nSouvenez-vous bien : un mouvement, et rien ne reste immobile ; un repos, et rien ne reste en mouvement.\n內外相合。上下相連。故能如此。\nL\u0026rsquo;intérieur et l\u0026rsquo;extérieur se joignent, le haut et le bas s\u0026rsquo;enchaînent : voilà pourquoi il en est ainsi.\n牽動往來。氣貼背。歛入脊骨。內固精神。外示安逸。\nEn tirant et bougeant, allant et venant, le souffle colle au dos et se recueille dans la colonne. Au-dedans, affermir l\u0026rsquo;esprit ; au-dehors, montrer la quiétude.\n此言與人比手之時。牽動往來。須涵胸拔背。使氣貼之於背。歛於脊骨。以待機會。機至則發。能氣貼於背。歛於脊骨。則能力由脊發。不然。仍手足之勁耳。神固體逸。則不散亂。\nCela parle du moment où l\u0026rsquo;on compare les mains avec l\u0026rsquo;autre : en tirant et bougeant, allant et venant, il faut contenir la poitrine et étirer le dos, faire coller le souffle au dos et le recueillir dans la colonne, en attendant l\u0026rsquo;occasion ; l\u0026rsquo;occasion venue, on émet. Si le souffle colle au dos et se recueille dans la colonne, la force peut naître de la colonne ; sinon, ce n\u0026rsquo;est encore que la force des mains et des pieds. L\u0026rsquo;esprit affermi, le corps à l\u0026rsquo;aise, on ne se disperse pas.\n邁步如猫行。運勁如抽絲。\nAvancer comme marche le chat ; conduire la force comme on tire un fil de soie.\n此仍形容綿綿不斷。待機而發之意。\nCela décrit encore le continu sans interruption et l\u0026rsquo;intention d\u0026rsquo;attendre l\u0026rsquo;occasion pour émettre.\n全身意在精神。不在氣。在氣則滯。有氣者無力。無氣者純剛。\nDans tout le corps, l\u0026rsquo;intention est dans l\u0026rsquo;esprit, non dans le souffle ; dans le souffle, on s\u0026rsquo;engorge. Qui a le souffle n\u0026rsquo;a pas de force ; qui n\u0026rsquo;a pas le souffle a une fermeté pure.\n太極純以神行。不尚氣力。此氣言後天之氣力也。蓋養氣之氣。為先天之氣。運氣之氣。為後天之氣。後天之氣有盡。先天之氣無窮。\nLe taiji se meut purement par l\u0026rsquo;esprit, sans faire cas du souffle et de la force ; ce souffle-là est le souffle et la force acquis après la naissance. Le souffle que l\u0026rsquo;on nourrit est le souffle d\u0026rsquo;avant la naissance ; le souffle que l\u0026rsquo;on conduit est le souffle acquis. Le souffle acquis s\u0026rsquo;épuise ; le souffle d\u0026rsquo;avant la naissance est inépuisable.\n氣如車輪。腰似車軸。\nLe souffle comme une roue ; les reins comme l\u0026rsquo;essieu.\n氣為旗。腰為纛。此言其靜也。氣如車輪。腰似車軸。此言其動也。腰為一身之樞紐。腰動則先天之氣。如車輪之旋轉。所謂氣遍身軀不少滯也。\n« Le souffle drapeau, les reins étendard » : cela parle du repos. « Le souffle roue, les reins essieu » : cela parle du mouvement. Les reins sont le pivot de tout le corps ; les reins bougent, le souffle d\u0026rsquo;avant la naissance tourne comme une roue : c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « le souffle parcourt le corps sans le moindre arrêt ».\nLe chant du combat des mains 打手歌　按打手卽推手也\n掤捋擠按須認眞。\n上下相隨人難進。\n任他巨力來打我。\n牽動四兩撥千斤。\n引進落空合卽出。\n粘連黏隨不丢頂。\nLe chant du combat des mains (da shou ge) — note : « combat des mains » signifie « poussée des mains ».\nPeng, lü, ji, an : prenez-les au sérieux. Le haut et le bas se suivent, l\u0026rsquo;homme a du mal à entrer. Qu\u0026rsquo;il me frappe de sa force énorme, je tire et quatre onces déplacent mille livres. Je l\u0026rsquo;attire pour qu\u0026rsquo;il tombe dans le vide, et je me ferme puis je sors. Coller, s\u0026rsquo;enchaîner, adhérer, suivre, sans lâcher ni résister.\n認眞者。掤捋擠按四字。皆須按照師傳規矩。絲毫不錯。日日打手。功久自然能上下相隨。一動無有不動。雖巨力來打。稍稍牽動。則我之四兩。可撥彼之千斤。彼力旣巨。必長而直。當其用力之時。不能變動方向。我隨彼之方向而引進。則彼落空矣。然必須粘連黏隨。不丢不頂。方能引進落空。四兩撥千斤也。\n« Prendre au sérieux » : les quatre caractères peng, lü, ji, an doivent tous suivre les règles transmises par le maître, sans erreur d\u0026rsquo;un cheveu. En pratiquant chaque jour le combat des mains, quand le travail est long, on parvient naturellement à ce que le haut et le bas se suivent, qu\u0026rsquo;un mouvement en entraîne tous. Même si une force énorme vient frapper, on tire un peu : mes quatre onces peuvent déplacer ses mille livres. Sa force étant énorme, elle est nécessairement longue et droite ; au moment où il force, il ne peut plus changer de direction. Je suis sa direction et l\u0026rsquo;attire en avant : il tombe dans le vide. Mais il faut coller, s\u0026rsquo;enchaîner, adhérer, suivre, sans lâcher ni résister, alors seulement on peut attirer pour faire tomber dans le vide et déplacer mille livres par quatre onces.\n又曰。彼不動。己不動。彼微動。己先動。似鬆非鬆。將展未展。勁斷意不斷。\nIl est dit encore : lui ne bouge pas, moi je ne bouge pas ; lui bouge un peu, moi j\u0026rsquo;ai déjà bougé. Semblant détendu sans l\u0026rsquo;être, sur le point de s\u0026rsquo;étendre sans s\u0026rsquo;étendre. La force rompt, l\u0026rsquo;intention ne rompt pas.\n打手之時。彼不動則我亦不動。以靜待之。彼若微動。其動必有一方向。我意在彼之先。隨其方向而先動。則彼必跌出矣。似鬆非鬆。將展未展。皆言聽彼之勁。蓄勢待機。機到則放。放時勁似斷而意仍不斷也。\nAu combat des mains, s\u0026rsquo;il ne bouge pas, je ne bouge pas non plus et je l\u0026rsquo;attends dans le calme. S\u0026rsquo;il bouge un peu, son mouvement a nécessairement une direction ; mon intention précède la sienne, et je bouge le premier selon sa direction : il est nécessairement projeté. « Semblant détendu sans l\u0026rsquo;être, sur le point de s\u0026rsquo;étendre sans s\u0026rsquo;étendre » : tout cela parle d\u0026rsquo;écouter sa force, d\u0026rsquo;accumuler la posture et d\u0026rsquo;attendre l\u0026rsquo;occasion ; l\u0026rsquo;occasion venue, on lâche. En lâchant, la force semble rompre, mais l\u0026rsquo;intention ne rompt pas.\n以上相傳。為王宗岳先生所著。太極拳之精微奧妙。已包蘊無餘。就管見所就。略加注解。然仁者見仁。智者見智。功夫愈深者。讀之愈得其精妙。深願繼起者。發揮而光大之焉。\nCe qui précède, transmis comme l\u0026rsquo;œuvre de M. Wang Zongyue, contient sans reste les subtilités et les mystères du taiji quan. Selon ma modeste vue, j\u0026rsquo;y ai ajouté un bref commentaire. Mais le bon y voit la bonté, le sage la sagesse ; plus le travail est profond, plus on en tire le fin et le merveilleux. Je souhaite vivement que ceux qui viendront après le développent et le fassent resplendir.\nLe taiji, selon les paroles de Laozi 太極合老說\n老子曰常無欲以觀其妙。常有欲以觀其徼。與之黏隨。觀其化之妙。忽然機發。是謂觀其徼。\nLaozi dit : « Toujours sans désir, on voit le mystère ; toujours avec désir, on voit les limites. » Coller et suivre l\u0026rsquo;autre, c\u0026rsquo;est voir le mystère de la dissolution ; soudain, l\u0026rsquo;occasion se déclenche : c\u0026rsquo;est voir les limites.\n老子曰有無相生。前後相隨。是謂左重則左虛。右重則右杳。進之則愈長。退之則愈促。\nLaozi dit : « L\u0026rsquo;être et le non-être s\u0026rsquo;engendrent ; l\u0026rsquo;avant et l\u0026rsquo;après se suivent. » C\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle : la gauche lourde, la gauche se vide ; la droite lourde, la droite s\u0026rsquo;évanouit ; avancez, il s\u0026rsquo;allonge ; reculez, il se resserre.\n老子曰天地之間。其猶橐籥乎。虛而不屈。動而愈出。故太極無法。動卽是法。\nLaozi dit : « L\u0026rsquo;intervalle du ciel et de la terre ressemble au soufflet : vide sans s\u0026rsquo;épuiser, plus on le meut, plus il en sort. » Aussi le taiji n\u0026rsquo;a pas de méthode : le mouvement est la méthode.\n老子曰綿綿若存。用之不勤。綿綿若存者。內固精神。用之不勤者。外示安逸。\nLaozi dit : « Continu comme s\u0026rsquo;il existait, on l\u0026rsquo;emploie sans fatigue. » « Continu comme s\u0026rsquo;il existait » : au-dedans, affermir l\u0026rsquo;esprit. « On l\u0026rsquo;emploie sans fatigue » : au-dehors, montrer la quiétude.\n老子曰後其身而身先。外其身而身存。後其身而身先者。彼不動己不動。彼微動己先動也。外其身而身存者。由己則滯。從人則活也。\nLaozi dit : « Il met son corps en arrière, et son corps est en avant ; il laisse son corps dehors, et son corps est préservé. » « Mettre son corps en arrière pour qu\u0026rsquo;il soit en avant » : lui ne bouge pas, je ne bouge pas ; lui bouge un peu, j\u0026rsquo;ai déjà bougé. « Laisser son corps dehors pour qu\u0026rsquo;il soit préservé » : partir de soi, on s\u0026rsquo;engorge ; suivre l\u0026rsquo;autre, on est vivant.\n老子曰上善若水。居善地。心善淵。事善能。動善時。夫惟不爭。故無尤。居善地者。得機得勢。心善淵者。歛氣歛神。事善能者。隨轉隨接。動善時者。不後不先。太極之無敵。惟不爭耳。\nLaozi dit : « Le bien suprême est comme l\u0026rsquo;eau. Dans la demeure, le bien est la terre ; dans le cœur, le bien est la profondeur ; dans les affaires, le bien est la capacité ; dans le mouvement, le bien est le moment. C\u0026rsquo;est parce qu\u0026rsquo;il ne lutte pas qu\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;a point de faute. » « Dans la demeure, la terre » : saisir l\u0026rsquo;occasion et l\u0026rsquo;avantage. « Dans le cœur, la profondeur » : recueillir le souffle et l\u0026rsquo;esprit. « Dans les affaires, la capacité » : tourner avec, recevoir avec. « Dans le mouvement, le moment » : ni après, ni avant. L\u0026rsquo;invincibilité du taiji tient seulement à ce qu\u0026rsquo;il ne lutte pas.\n老子曰抱一。能無離乎。專氣致柔。能嬰兒乎。是謂極柔而至剛。萬法而歸一。\nLaozi dit : « Embrasser l\u0026rsquo;Un : peux-tu ne point t\u0026rsquo;en séparer ? Concentrer le souffle et atteindre la souplesse : peux-tu être comme un nouveau-né ? » C\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle : de l\u0026rsquo;extrême souplesse à la fermeté suprême, dix mille méthodes revenant à l\u0026rsquo;Un.\n老子曰曲則全。枉則直。是謂曲中求直。蓄而後發。\nLaozi dit : « Courbe, l\u0026rsquo;on est complet ; fléchi, l\u0026rsquo;on est droit. » C\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle : dans la courbure chercher la droite, accumuler puis émettre.\n老子曰將欲歙之。必固張之。將欲弱之。必固强之。將欲奪之。必固與之。是謂微明。太極黏連綿隨。不與之抗。彼張我歙。彼强我弱。彼奪我與。然後能張。能强。能奪。\nLaozi dit : « Celui qui veut resserrer doit d\u0026rsquo;abord étendre ; celui qui veut affaiblir doit d\u0026rsquo;abord renforcer ; celui qui veut ravir doit d\u0026rsquo;abord donner : c\u0026rsquo;est la lumière subtile. » Le taiji colle, s\u0026rsquo;enchaîne, continue, suit, sans résister : lui s\u0026rsquo;étend, je me resserre ; lui se renforce, je m\u0026rsquo;affaiblis ; lui ravit, je donne. Alors je puis m\u0026rsquo;étendre, me renforcer, ravir.\n老子曰反者道之動。故有上必有下。有前必有後。有左必有右。\nLaozi dit : « Le retournement est le mouvement du Dao. » Aussi, s\u0026rsquo;il y a un haut, il y a nécessairement un bas ; s\u0026rsquo;il y a un avant, un arrière ; s\u0026rsquo;il y a une gauche, une droite.\n老子曰天下之至柔。馳騁天下之至堅。無有入於無間。又曰不爭而善勝。不召而自來。是謂引進落空。四兩撥千斤也。\nLaozi dit : « Ce qu\u0026rsquo;il y a de plus souple sous le ciel court à travers ce qu\u0026rsquo;il y a de plus dur sous le ciel ; le sans-forme pénètre ce qui est sans intervalle. » Il dit encore : « Sans lutter, l\u0026rsquo;on sait vaincre ; sans appeler, cela vient de soi. » C\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle : attirer pour faire tomber dans le vide, quatre onces qui déplacent mille livres.\nNotes du traducteur Chen Weiming (陳微明, 1881–1958) : lettré du Jiangsu, compilateur au Bureau d\u0026rsquo;histoire des Qing, il étudia le xingyi et le bagua avec Sun Lutang puis le taiji quan avec Yang Chengfu (1917-1924). Il fonda la société Zhirou quanshe à Shanghai en 1925 et publia ce manuel la même année. Les Dix exigences (太極拳十要) y sont présentées comme l\u0026rsquo;enseignement oral de Yang Chengfu. Zhirou (致柔) : « atteindre la souplesse », d\u0026rsquo;après le chapitre 10 du Daodejing (« concentrer son souffle et atteindre la souplesse »), cité en exergue du livre et dans le chapitre final Taiji he lao shuo. Les huit techniques (ba fa, 八法) : peng (掤, parer), lü (捋, roulé), ji (擠, presser), an (按, pousser), cai (採, saisir), lie (挒, déchirer), zhou (肘, coude), kao (靠, heurter) — associées aux huit trigrammes, tandis qu\u0026rsquo;avancer, reculer, regarder à gauche et à droite et rester au centre correspondent aux cinq éléments : d\u0026rsquo;où les « treize postures » (十三勢). Les cinq mots de Wang Zhengnan (王征南) : respect (敬), serré (緊), direct (徑), tranchant (切), diligent (勤) — formule transmise par l\u0026rsquo;école interne du Wudang, reprise dans l\u0026rsquo;histoire de la transmission. Le Taiji quan lun annoté : la seconde partie de l\u0026rsquo;ouvrage commente, phrase par phrase, le traité attribué à Wang Zongyue, dont une traduction française figure également sur ce site (voir Le Traité du taiji quan de Wang Zongyue). Le commentaire de Chen Weiming est l\u0026rsquo;un des plus anciens et des plus respectés de ce texte fondateur. Source du texte chinois : 《太極拳術》, Chen Weiming (陳微明), édité par la société Zhirou quanshe (致柔拳社), Shanghai, 1925. Texte dans le domaine public (auteur mort en 1958). Texte chinois consulté sur la page « The Art of Taiji Boxing (Taiji Quan Shu) » du blog de Paul Brennan (traduction anglaise de Paul Brennan, mars 2012). Traduction française : nouvelle traduction réalisée directement à partir de l\u0026rsquo;original chinois pour ce site.\n","permalink":"https://classiques-martiaux-chinois.pages.dev/posts/taiji-quan-shu-chen-weiming/","summary":"\u003cp\u003eLe \u003cem\u003eTaiji quan shu\u003c/em\u003e (太極拳術, « L\u0026rsquo;Art du taiji quan ») est l\u0026rsquo;un des manuels les plus\ninfluents du taiji quan. Son auteur, \u003cstrong\u003eChen Weiming\u003c/strong\u003e (陳微明, 1881–1958), lettré et\nancien compilateur du Bureau d\u0026rsquo;histoire des Qing (Qingshi guan), fut l\u0026rsquo;élève de\n\u003cstrong\u003eYang Chengfu\u003c/strong\u003e (楊澄甫) ; il fonda à Shanghai la société \u003cem\u003eZhirou quanshe\u003c/em\u003e\n(致柔拳社, « société du taiji souple ») et publia cet ouvrage en 1925, consignant\nl\u0026rsquo;enseignement oral de son maître. Le livre comprend les célèbres \u003cem\u003eDix exigences\u003c/em\u003e\n(太極拳十要), les descriptions des postures de la forme, les méthodes de poussée\ndes mains (\u003cem\u003etuishou\u003c/em\u003e, 推手) et un commentaire des classiques attribués à Wang Zongyue.\nLe texte chinois, publié en 1925, est dans le domaine public (l\u0026rsquo;auteur est mort en 1958).\u003c/p\u003e\n\u003cp\u003eL\u0026rsquo;ouvrage s\u0026rsquo;ouvre sur des calligraphies de Zheng Xiaoxu, Feng Xu et Chen Sanli, des\nportraits (Yang Jianhou, Yang Chengfu, l\u0026rsquo;auteur) et une table des matières ; viennent\nensuite quatre préfaces, les remarques générales, la biographie de Zhang Sanfeng,\nl\u0026rsquo;histoire du taiji quan, les dix exigences, les postures, la poussée des mains et\nles commentaires des classiques. Traduction nouvelle réalisée directement à partir\ndu texte chinois original.\u003c/p\u003e","title":"L'Art du taiji quan (太極拳術) de Chen Weiming"},{"content":"Le san shou dui da (散手對打, « combat de techniques libres ») est l\u0026rsquo;enchaînement à deux du taiji quan selon Chen Yanlin (陳炎林), extrait du dixième chapitre (卷十) de son grand recueil Taiji quan dao jian gan san shou he bian (太極拳刀劍桿散手合編, « Taiji quan : boxe, sabre, épée, bâton et techniques libres, recueil complet »), publié en juin 1943. Chen Yanlin, enseignant et écrivain de taiji quan à Shanghai, fut l\u0026rsquo;élève de Tian Zhaolin (田兆麟), lui-même disciple de Yang Jianhou (楊健侯) : cet enchaînement appartient donc à la lignée du style Yang.\nLe san shou dui da décompose les postures de la forme des treize dynamiques (十三勢) et les enchaîne en applications à deux : le partenaire A (上手, « main de dessus », mouvements impairs) attaque, le partenaire B (下手, « main de dessous », mouvements pairs) répond, chaque technique s\u0026rsquo;enchaînant sans couture avec la suivante. Le texte chinois, publié en 1943, est dans le domaine public.\nTraduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.\nPrésentation 散手在太極拳中。亦為重要功夫之一。能補助推手與大捋之不足。凡在推手或大捋時。如人手易丢。或無沾黏掤化諸勁。則散手尚焉。太極拳中之散手。完全與他派不同。其\n沾黏連隨。\n捨己從人。\n內勁化發。\n綿綿不斷。\nDans le taiji quan, les techniques libres (san shou) sont l\u0026rsquo;une des pratiques importantes. Elles suppléent à ce qui manque au poussé des mains (tui shou) et au grand déroulé (da lu). Quand, au poussé des mains ou au grand déroulé, les mains de l\u0026rsquo;autre se dérobent facilement, ou que manquent les forces du coller, de l\u0026rsquo;adhérer, du ward-off et de la neutralisation, alors les techniques libres sont nécessaires. Les techniques libres du taiji quan diffèrent totalement de celles des autres écoles : elles reposent sur le coller-adhérer-enchaîner-suivre (zhan nian lian sui), sur l\u0026rsquo;oubli de soi pour suivre l\u0026rsquo;autre (she ji cong ren), sur la force interne qui neutralise puis émet (nei jin hua fa), et sur la continuité ininterrompue (mian mian bu duan).\n一如推手大捋。勿論一手或一式。均有化有發。出乎自然。全以腰腿為主。而無硬施強行等動作。學者練習推手大捋至相當程度後。則散手之應用。萬不可不研究。否則如九仞之崇。所欠一簣。豈不惜哉。\nTout comme au poussé des mains et au grand déroulé, qu\u0026rsquo;il s\u0026rsquo;agisse d\u0026rsquo;une technique ou d\u0026rsquo;une posture, il y a toujours neutralisation et émission, tout à fait naturelles, le tout reposant principalement sur la taille et les jambes, sans jamais de mouvements de force brutale. Lorsque l\u0026rsquo;élève a pratiqué le poussé des mains et le grand déroulé jusqu\u0026rsquo;à un niveau convenable, il ne doit en aucun cas négliger l\u0026rsquo;étude des applications des techniques libres ; sinon, comme pour un tertre de neuf ren auquel ne manquerait qu\u0026rsquo;un panier de terre, quel dommage !\n太極散手。分單人練習與雙人練習二種。單人練習。方式甚多。或用掌。或用拳。或用腕。或用肘。或用肩。或用腰。或用胯。或用膝。或用足。（共九節。節節能發人。）凡拳架中任何一勢一手。皆可單練。惟姿勢、應用、內勁、及運氣等法。則非由名師傳授不可。雙人練習。係將全套十三勢拳架中各式。一一拆開。隨每手用法。互相聯貫。合成散手對打。其間接連之處。可謂天衣無縫。千變萬化。奧妙無窮。誠拳中之傑作也。\nLes techniques libres du taiji quan se pratiquent de deux façons : seul ou à deux. La pratique en solo offre de très nombreuses formes : avec la paume, avec le poing, avec le poignet, avec le coude, avec l\u0026rsquo;épaule, avec la taille, avec la hanche, avec le genou, avec le pied — neuf sections au total, chacune pouvant projeter l\u0026rsquo;adversaire. N\u0026rsquo;importe quelle posture ou technique de l\u0026rsquo;enchaînement peut être travaillée en solo ; toutefois, les postures, les applications, la force interne et les méthodes de conduite du souffle ne peuvent être transmises que par un maître renommé. La pratique à deux consiste à décomposer une à une toutes les postures de l\u0026rsquo;enchaînement complet des treize dynamiques, à les relier entre elles selon l\u0026rsquo;usage de chaque technique, pour former le combat de techniques libres. Les raccords en sont si parfaits qu\u0026rsquo;on les dirait sans couture, comme un vêtement céleste : mille transformations, dix mille changements, des subtilités sans fin — c\u0026rsquo;est véritablement un chef-d\u0026rsquo;œuvre de la boxe.\n學者如能將其全套上下手各式熟記。並能應用。則在單人盤架子時。姿勢卽能準確美觀。而興趣愈覺濃厚。心身獲益。恐非筆墨所能形容。至推手大捋時。更可左右逢迎。出奇制勝。實為太極拳中之結晶。希學者切勿漠視之。\nSi l\u0026rsquo;élève parvient à mémoriser parfaitement toutes les postures du set complet, des deux rôles, et à les appliquer, alors, lorsqu\u0026rsquo;il déroule seul la forme, ses postures seront justes et belles, et son intérêt n\u0026rsquo;en sera que plus vif ; les bienfaits pour le corps et l\u0026rsquo;esprit dépassent ce que la plume peut décrire. Au poussé des mains et au grand déroulé, il saura en outre répondre à toutes les attaques et vaincre par la surprise. C\u0026rsquo;est véritablement la quintessence du taiji quan : j\u0026rsquo;espère que les élèves ne le négligeront jamais.\nNoms des techniques (散手對打名稱) Les mouvements impairs sont exécutés par A (上手), les mouvements pairs par B (下手).\n（一）上步捶 — poing en avançant le pas (A) （二）提手上勢 — lever la main (B) （三）上步攔捶 — avancer le pas, bloquer et frapper (A) （四）搬捶 — déplacer le poing (B) （五）上步左靠 — avancer le pas, épauler à gauche (A) （六）右打虎 — frapper le tigre à droite (B) （七）打左肘 — frapper du coude gauche (A) （八）右推 — pousser à droite (B) （九）左劈身捶 — poing qui taille le corps, à gauche (A) （十）右靠 — épauler à droite (B) （十一）撤步左打虎 — retirer le pas, frapper le tigre à gauche (A) （十二）右劈身捶 — poing qui taille le corps, à droite (B) （十三）提手上勢 — lever la main (A) （十四）轉身按 — tourner le corps et pousser (B) （十五）摺疊劈身捶 — se replier et tailler du poing (A) （十六）搬捶（開勢） — déplacer le poing (ouvrir la position) (B) （十七）橫挒手 — déchirer en travers (A) （十八）左（換步）野馬分鬃 — le cheval sauvage écarte sa crinière, à gauche (en changeant de pas) (B) （十九）右打虎（下勢） — frapper le tigre à droite (posture basse) (A) （二十）轉身撤步捋 — tourner le corps, retirer le pas et dérouler (B) （二一）上步左靠 — avancer le pas, épauler à gauche (A) （二二）轉身按 — tourner le corps et pousser (B) （二三）雙分蹬腳（退步跨虎） — écarter des deux mains et frapper du talon (reculer en chevauchant le tigre) (A) （二四）指襠捶 — poing vers l\u0026rsquo;entrejambe (B) （二五）上步採挒 — avancer le pas, cueillir et déchirer (A) （二六）換步右穿梭 — changer de pas, la navette à droite (B) （二七）左掤右劈捶 — ward-off à gauche, poing qui taille à droite (A) （二八）白鶴涼翅（蹬腳） — la grue blanche rafraîchit ses ailes (coup de talon) (B) （二九）左靠 — épauler à gauche (A) （三十）撤步撅臂 — retirer le pas et briser le bras (B) （三一）轉身按（捋勢） — tourner le corps et pousser (avec déroulé) (A) （三二）雙風灌耳 — les deux vents emplissent les oreilles (B) （三三）雙按 — pousser des deux mains (A) （三四）下勢搬捶 — déplacer le poing en posture basse (B) （三五）單推（右臂） — pousser d\u0026rsquo;une seule main (bras droit) (A) （三六）右搓臂 — tordre le bras à droite (B) （三七）順勢按 — pousser en suivant le mouvement (A) （三八）化打右掌 — neutraliser et frapper de la paume droite (B) （三九）化推 — neutraliser et pousser (A) （四十）化打右肘 — neutraliser et frapper du coude droit (B) （四一）採挒 — cueillir et déchirer (A) （四二）換步撅 — changer de pas et briser (B) （四三）右打虎 — frapper le tigre à droite (A) （四四）轉身撤步捋 — tourner le corps, retirer le pas et dérouler (B) （四五）上步左靠 — avancer le pas, épauler à gauche (A) （四六）囘擠 — revenir et presser (B) （四七）雙分靠（換步） — écarter des deux mains et épauler (en changeant de pas) (A) （四八）轉身左靠（換步） — tourner le corps et épauler à gauche (en changeant de pas) (B) （四九）打右肘 — frapper du coude droit (A) （五十）轉身金雞獨立 — tourner le corps, le coq d\u0026rsquo;or se tient sur une patte (B) （五一）退步化 — reculer le pas et neutraliser (A) （五二）蹬腳 — coup de talon (B) （五三）轉身上步靠 — tourner le corps, avancer le pas et épauler (A) （五四）撅左臂 — briser le bras gauche (B) （五五）轉身（換步）右分腳 — tourner le corps (changer de pas), coup de pied latéral droit (A) （五六）雙分右摟膝 — écarter des deux mains, brosser le genou droit (B) （五七）轉身（換步）左分腳 — tourner le corps (changer de pas), coup de pied latéral gauche (A) （五八）雙分左摟膝 — écarter des deux mains, brosser le genou gauche (B) （五九）換手右靠 — changer de main et épauler à droite (A) （六十）囘右靠 — revenir et épauler à droite (B) （六一）上步左攬雀尾 — avancer le pas, saisir la queue du moineau à gauche (A) （六二）右雲手 — mains de nuage à droite (B) （六三）上步右攬雀尾 — avancer le pas, saisir la queue du moineau à droite (A) （六四）左雲手 — mains de nuage à gauche (B) （六五）右開（掤勢） — ouvrir à droite (position de ward-off) (A) （六六）側身撇身捶 — le corps de côté, poing qui fauche le buste (B) （六七）上步高探馬（下蹬腳） — avancer le pas, s\u0026rsquo;élever et sonder le cheval (coup de talon bas) (A) （六八）白鶴涼翅（下套腿上閃） — la grue blanche rafraîchit ses ailes (dégager la jambe en bas, frapper en éclair en haut) (B) （六九）轉身擺蓮 — tourner le corps et balancer le lotus (A) （七十）左斜飛式 — vol oblique à gauche (B) （七一）刁手蛇身下勢 — main en crochet, corps de serpent, posture basse (A) （七二）右斜飛式 — vol oblique à droite (B) （七三）左打虎 — frapper le tigre à gauche (A) （七四）轉身撇身捶 — tourner le corps, poing qui fauche le buste (B) （七五）倒攆猴（一） — reculer en chassant le singe (1) (A) （七六）左閃（上步） — frapper en éclair à gauche (en avançant) (B) （七七）倒攆猴（二） — reculer en chassant le singe (2) (A) （七八）右閃 — frapper en éclair à droite (B) （七九）倒攆猴（三）（撲面） — reculer en chassant le singe (3, paume vers le visage) (A) （八十）上步七星 — avancer le pas, les sept étoiles (B) （八一）海底針 — l\u0026rsquo;aiguille au fond de la mer (A) （八二）扇通背 — l\u0026rsquo;éventail traverse le dos (B) （八三）手揮琵琶 — la main effleure le pipa (A) （八四）彎弓射虎 — tendre l\u0026rsquo;arc et tirer le tigre (B) （八五）轉身單鞭 — tourner le corps, fouet simple (A) （八六）肘底捶 — poing sous le coude (B) （八七）十字手 — mains croisées (A) （八八）抱虎歸山 — saisir le tigre et le ramener à la montagne (B) Instructions techniques (散手對打) 起勢\n甲乙二人對立。兩足略齊。（甲為上手。身著灰衣。乙為下手。身著白衣。）\nPosture initiale. A et B se tiennent face à face, les pieds à peu près alignés. (A est le partenaire de dessus, vêtu de gris ; B est le partenaire de dessous, vêtu de blanc.)\n（一）上步捶\n甲先上左步。復上右步。右拳（虎口朝上）擊乙心窩部。鬆腰鬆胯。成如弓似馬步式。眼神前視。（見圖1）\nPoing en avançant le pas. A avance d\u0026rsquo;abord le pied gauche, puis le pied droit, et frappe du poing droit — le « tigre de la main » tourné vers le haut — au creux du cœur de B. Il relâche la taille et les hanches, prend une posture entre l\u0026rsquo;arc et le cavalier, le regard droit devant. (figure 1)\n（二）提手上勢\n乙乘甲進勢。先退左步。復將右足拖後半步。足尖點地。足跟提起。同時右手隨腰腿旋轉勢。向左抄於甲右肱外部。往上提起。使甲勁落空。且可隨手掤擊甲臂。（見圖2）\nLever la main. B profite de l\u0026rsquo;élan d\u0026rsquo;A : il recule d\u0026rsquo;abord le pied gauche, puis traîne le pied droit d\u0026rsquo;un demi-pas en arrière, la pointe au sol, le talon levé. En même temps, la main droite, suivant la rotation de la taille et des jambes, remonte vers la gauche le long de l\u0026rsquo;extérieur du bras droit d\u0026rsquo;A et s\u0026rsquo;élève, faisant tomber la force d\u0026rsquo;A dans le vide ; il peut ainsi, du même geste, frapper en ward-off (peng) le bras d\u0026rsquo;A. (figure 2)\n（三）上步攔捶\n甲乘乙提勢。先上左步。復上右步。同時左手向右抄於乙右肱內部。往上攔開。復以右拳擊乙心窩部。（見圖3）\nAvancer le pas, bloquer et frapper. A profite de la position levée de B : il avance d\u0026rsquo;abord le pied gauche, puis le pied droit ; en même temps, la main gauche remonte vers la droite le long de l\u0026rsquo;intérieur du bras droit de B et écarte vers le haut, puis il frappe de nouveau du poing droit au creux du cœur de B. (figure 3)\n（四）搬捶\n乙乘甲拳將發勁時。將腰向後往左偏化。同時左手執甲右腕。右手往內下沉。變為拳。隨勢以腰腿勁向前還擊甲心窩部。鬆腰鬆胯。成如弓似馬步式。（見圖4）\nDéplacer le poing. Au moment où le poing d\u0026rsquo;A va émettre sa force, B déplace la taille en arrière et vers la gauche pour neutraliser ; en même temps, la main gauche saisit le poignet droit d\u0026rsquo;A, la main droite s\u0026rsquo;enfonce vers l\u0026rsquo;intérieur et se ferme en poing, puis, suivant le mouvement, il frappe en retour de la force de la taille et des jambes au creux du cœur d\u0026rsquo;A. Il relâche la taille et les hanches, prend une posture entre l\u0026rsquo;arc et le cavalier. (figure 4)\n（五）上步左靠\n甲乘乙拳將發勁時。腰腿略往後化。同時右手往後抽出。右足提起。略向後落。上左步。置於乙右腿後。左手隨勢上托乙肘。向上往右。使乙處於背勢。復蹲身以肩靠乙右腋穴。（見圖5）\nAvancer le pas, épauler à gauche. Au moment où le poing de B va émettre sa force, A neutralise légèrement en arrière avec la taille et les jambes ; en même temps, la main droite se retire en arrière, le pied droit se lève et retombe un peu en arrière, le pied gauche avance derrière la jambe droite de B. La main gauche, suivant le mouvement, soutient le coude de B vers le haut et la droite, plaçant B en posture défavorable ; puis A s\u0026rsquo;accroupit et, de l\u0026rsquo;épaule, frappe le creux de l\u0026rsquo;aisselle droite de B. (figure 5)\n（六）右打虎\n乙乘甲靠勁將到時。卽轉腰。左手執甲臂向下採沉。同時右步提起。撤至甲左腿後。以右拳擊甲背部。（見圖6）\nFrapper le tigre à droite. Au moment où la force d\u0026rsquo;épaule d\u0026rsquo;A va arriver, B tourne aussitôt la taille, saisit le bras d\u0026rsquo;A de la main gauche et le cueille vers le bas pour l\u0026rsquo;enfoncer ; en même temps, il lève le pied droit et le retire derrière la jambe gauche d\u0026rsquo;A, puis frappe du poing droit le dos d\u0026rsquo;A. (figure 6)\n（七）打左肘\n甲乘乙拳將至時。卽轉腰。右手由下抄執乙左手腕。身下蹲。成如弓似馬步式。同時以左肘擊乙心窩。（見圖7）\nFrapper du coude gauche. Au moment où le poing de B va arriver, A tourne aussitôt la taille ; la main droite remonte d\u0026rsquo;en bas pour saisir le poignet gauche de B, le corps s\u0026rsquo;accroupit en une posture entre l\u0026rsquo;arc et le cavalier, et il frappe en même temps du coude gauche au creux du cœur de B. (figure 7)\n（八）右推\n乙乘甲肘將至時。卽以右手執推甲左肘。使其成為背勢。（見圖8）\nPousser à droite. Au moment où le coude d\u0026rsquo;A va arriver, B saisit aussitôt de la main droite le coude gauche d\u0026rsquo;A et le pousse, le plaçant en posture défavorable. (figure 8)\n（九）左劈身捶\n甲乘勢身腰左轉。左拳（拳心朝上）由上往下劈擊乙面部及胸部。（見圖9）\nPoing qui taille le corps, à gauche. A profite du mouvement : le corps et la taille tournent à gauche, et le poing gauche — creux de la main vers le haut — taille de haut en bas le visage et la poitrine de B. (figure 9)\n（十）右靠\n乙身腰向左斜偏。化開甲捶。左手套出甲右手。左足隨上半步。右足撤至甲身後。同時右手執托甲左肘。以右肩靠甲左腋部。（見圖10）\nÉpauler à droite. B incline le corps et la taille en biais vers la gauche, neutralisant le poing d\u0026rsquo;A ; la main gauche dégage la main droite d\u0026rsquo;A, le pied gauche suit d\u0026rsquo;un demi-pas, le pied droit se retire derrière A. En même temps, la main droite saisit et soutient le coude gauche d\u0026rsquo;A, et l\u0026rsquo;épaule droite frappe l\u0026rsquo;aisselle gauche d\u0026rsquo;A. (figure 10)\n（十一）撤步左打虎\n甲在將被靠到時。轉身以右手採執乙右肘。同時左足提起。撤至乙右腿後。以左拳擊乙背部。（見圖11）\nRetirer le pas, frapper le tigre à gauche. Au moment où il va être frappé par l\u0026rsquo;épaule, A tourne le corps, cueille et saisit de la main droite le coude droit de B ; en même temps, il lève le pied gauche et le retire derrière la jambe droite de B, puis frappe du poing gauche le dos de B. (figure 11)\n（十二）右劈身捶\n乙在甲拳將到時。卽向右轉腰。左手由下抄執甲右手腕。右拳（拳心朝上）由上往下劈擊甲面部及胸部。（見圖12）\nPoing qui taille le corps, à droite. Au moment où le poing d\u0026rsquo;A va arriver, B tourne aussitôt la taille à droite ; la main gauche remonte d\u0026rsquo;en bas pour saisir le poignet droit d\u0026rsquo;A, et le poing droit — creux de la main vers le haut — taille de haut en bas le visage et la poitrine d\u0026rsquo;A. (figure 12)\n（十三）提手上勢\n甲乘乙來勢。兩手內合。左步略斜撤。右足進至乙身後。同時左手採執乙右肘。右手掌隨腰腿向內上提。復往下劈擊乙頸部。（見圖13）\nLever la main. A profite de l\u0026rsquo;élan de B : les deux mains se referment vers l\u0026rsquo;intérieur, le pied gauche se retire un peu en biais, le pied droit avance derrière B. En même temps, la main gauche cueille et saisit le coude droit de B, la paume droite, suivant la taille et les jambes, s\u0026rsquo;élève vers l\u0026rsquo;intérieur puis taille vers le bas la nuque de B. (figure 13)\n（十四）轉身按\n乙在將被劈到時。卽向右轉身。左足略斜撤。右足向前踏正。右手按甲右肘。左手按甲右肩。（見圖14）\nTourner le corps et pousser. Au moment où il va être taillé, B tourne aussitôt le corps à droite ; le pied gauche se retire un peu en biais, le pied droit se pose droit devant ; la main droite pousse le coude droit d\u0026rsquo;A, la main gauche pousse l\u0026rsquo;épaule droite d\u0026rsquo;A. (figure 14)\n（十五）摺疊劈身捶\n甲乘乙按勢。略往左化至勢順時。卽向右轉腰。右拳拳心翻上。左手黏於乙右臂。右拳隨腰勢向前劈擊乙心窩。（見圖15）\nSe replier et tailler du poing. A profite de la poussée de B : il neutralise un peu vers la gauche jusqu\u0026rsquo;à ce que la position soit favorable, puis tourne aussitôt la taille à droite ; le poing droit se retourne, creux vers le haut, la main gauche colle au bras droit de B, et le poing droit, suivant la taille, taille vers l\u0026rsquo;avant au creux du cœur de B. (figure 15)\n（十六）搬捶（開勢）\n乙乘甲捶將至時。卽向左轉腰化開。同時左手往下向左挒開甲右臂。遂以右拳乘身體下蹲勢。前擊甲心窩。（見圖16）\nDéplacer le poing (ouvrir la position). Au moment où le poing d\u0026rsquo;A va arriver, B tourne aussitôt la taille à gauche pour neutraliser ; en même temps, la main gauche déchire vers le bas et la gauche le bras droit d\u0026rsquo;A, puis, profitant de l\u0026rsquo;accroupissement du corps, il frappe du poing droit au creux du cœur d\u0026rsquo;A. (figure 16)\n（十七）橫挒手\n甲乘乙拳將至時。卽向右轉腰。同時左手化開乙右拳。並拿其右手腕。右臂平橫於乙胸部。隨腰腿左偏勢。向左往前挒之。使其後仰跌出。（見圖17）\nDéchirer en travers. Au moment où le poing de B va arriver, A tourne aussitôt la taille à droite ; en même temps, la main gauche neutralise le poing droit de B et empoigne son poignet droit ; le bras droit s\u0026rsquo;étend horizontalement en travers de la poitrine de B et, suivant l\u0026rsquo;inclinaison de la taille et des jambes vers la gauche, déchire vers la gauche et l\u0026rsquo;avant, faisant chuter B à la renverse. (figure 17)\n（十八）左（換步）野馬分鬃\n乙在被挒將背時。右手套出甲左手。以肱部掤起甲右臂。撤右步。向右轉身。左足踏前一步。置於甲身後。乘勢執拿其右腕。隨卽將左臂由甲右腋下穿出。往上向後掤去。（見圖18）\nLe cheval sauvage écarte sa crinière, à gauche (en changeant de pas). Au moment où il va être mis en posture défavorable par le déchirement, B dégage de la main droite la main gauche d\u0026rsquo;A, soulève en ward-off le bras droit d\u0026rsquo;A avec son avant-bras ; il retire le pied droit, tourne le corps à droite, fait un pas en avant du pied gauche pour se placer derrière A. Profitant du mouvement, il empoigne le poignet droit d\u0026rsquo;A, puis passe aussitôt le bras gauche sous l\u0026rsquo;aisselle droite d\u0026rsquo;A et le projette en ward-off vers le haut et l\u0026rsquo;arrière. (figure 18)\n（十九）右打虎（下勢）\n甲在勢將背時。右手以腰腿勁往後抽出乙右手。左手執拿乙左手腕。同時將右足隨勢提起。略向右落地。右拳隨腰腿下蹲勢。平擊乙左腋部。（見圖19）\nFrapper le tigre à droite (posture basse). Au moment où il va être mis en posture défavorable, A retire en arrière, de la force de la taille et des jambes, la main droite de B, et empoigne de la main gauche le poignet gauche de B ; en même temps, il lève le pied droit suivant le mouvement et le fait retomber un peu à droite ; le poing droit, suivant l\u0026rsquo;accroupissement de la taille et des jambes, frappe à l\u0026rsquo;horizontale l\u0026rsquo;aisselle gauche de B. (figure 19)\n（二十）轉身撤步捋\n乙在甲拳將至時。向左轉身。後退左步。左手採執甲左手腕。右肱捋甲左臂。向左捋去。旣解背勢。且能捋甲。（見圖20）\nTourner le corps, retirer le pas et dérouler. Au moment où le poing d\u0026rsquo;A va arriver, B tourne le corps à gauche et recule le pied gauche ; la main gauche cueille et saisit le poignet gauche d\u0026rsquo;A, le bras droit déroule (lu) le bras gauche d\u0026rsquo;A vers la gauche : il dénoue ainsi sa propre posture défavorable et, par là même, déroule A. (figure 20)\n（二一）上步左靠\n甲在被捋時。右足向前往右斜上一步。左足插入乙襠內。左手臂橫於乙身前。右手附於己左肘內部。左肩靠乙心窩。（見圖21）\nAvancer le pas, épauler à gauche. Pendant qu\u0026rsquo;il est déroulé, A fait un pas en avant en biais vers la droite du pied droit, plante le pied gauche dans l\u0026rsquo;entrejambe de B, place le bras gauche en travers devant le corps de B, la main droite contre l\u0026rsquo;intérieur de son coude gauche, et frappe de l\u0026rsquo;épaule gauche au creux du cœur de B. (figure 21)\n（二二）轉身按\n乙在將被靠到時。右足向內橫邁半步。同時轉腰。提起左足。插入甲襠內。右手按甲右腕。左手按甲右肘。雙手向前按去。（見圖22）\nTourner le corps et pousser. Au moment où il va être frappé par l\u0026rsquo;épaule, B fait un demi-pas de côté vers l\u0026rsquo;intérieur du pied droit ; en même temps, il tourne la taille, lève le pied gauche et le plante dans l\u0026rsquo;entrejambe d\u0026rsquo;A ; la main droite pousse le poignet droit d\u0026rsquo;A, la main gauche pousse le coude droit d\u0026rsquo;A, et les deux mains poussent vers l\u0026rsquo;avant. (figure 22)\n（二三）雙分蹬腳（退步跨虎）\n甲在將被按到時。略往後化。左手由下抄入乙右肱內。右手執乙左手腕。兩手同時分開。提起右足。隨腰腿下蹲勢。以足心向前蹬乙小腹部。乙同時撤左步。避甲攻勢。（見圖23）\nÉcarter des deux mains et frapper du talon (reculer en chevauchant le tigre). Au moment où il va être poussé, A neutralise légèrement en arrière ; la main gauche remonte d\u0026rsquo;en bas à l\u0026rsquo;intérieur du bras droit de B, la main droite saisit le poignet gauche de B, et les deux mains s\u0026rsquo;écartent en même temps ; il lève le pied droit et, suivant l\u0026rsquo;accroupissement de la taille et des jambes, frappe du talon vers l\u0026rsquo;avant au bas-ventre de B. B, en même temps, retire le pied gauche pour éviter l\u0026rsquo;attaque d\u0026rsquo;A. (figure 23)\n（二四）指襠捶\n乙在將被蹬到時。右手隨腰腿後化勢。套出甲左手。向後繞圈。復變拳向前往下擊甲襠部。（見圖24）\nPoing vers l\u0026rsquo;entrejambe. Au moment où il va être frappé du talon, B, la main droite suivant la neutralisation de la taille et des jambes en arrière, dégage la main gauche d\u0026rsquo;A, décrit un cercle vers l\u0026rsquo;arrière, puis referme le poing et frappe vers l\u0026rsquo;avant et le bas à l\u0026rsquo;entrejambe d\u0026rsquo;A. (figure 24)\n（二五）上步採挒\n甲乘乙拳將至時。卽落下右足。右手執乙右腕。隨腰腿右轉勢。往右向後下採。右足上步置於乙右足後。右手臂隨腰提上。橫於乙胸前。向左挒去。（見圖25）\nAvancer le pas, cueillir et déchirer. Au moment où le poing de B va arriver, A fait aussitôt retomber le pied droit, saisit de la main droite le poignet droit de B et, suivant la rotation de la taille et des jambes à droite, cueille vers la droite, l\u0026rsquo;arrière et le bas ; le pied droit avance derrière le pied droit de B ; le bras droit, suivant la taille, s\u0026rsquo;élève en travers de la poitrine de B et déchire vers la gauche. (figure 25)\n（二六）換步右穿梭\n乙在將背時。右手肱隨轉腰勢。上掤甲右手臂。右足向後撤一步。轉身。左足往前踏出一步。左手肱向上架掤甲右手臂。同時右手掌按擊甲右腋部。（見圖26）\nChanger de pas, la navette à droite. Au moment où il va être mis en posture défavorable, B, l\u0026rsquo;avant-bras droit suivant la rotation de la taille, soulève en ward-off le bras droit d\u0026rsquo;A ; le pied droit se retire d\u0026rsquo;un pas en arrière, le corps tourne, le pied gauche fait un pas en avant ; l\u0026rsquo;avant-bras gauche s\u0026rsquo;élève en ward-off pour bloquer le bras droit d\u0026rsquo;A, tandis que la paume droite pousse et frappe l\u0026rsquo;aisselle droite d\u0026rsquo;A. (figure 26)\n（二七）左掤右劈捶\n甲在將被按到時。卽轉腰。以左手執乙左肱部。上掤。同時右拳隨腰腿下蹲勢。由上往下劈擊乙胸部。（見圖27）\nWard-off à gauche, poing qui taille à droite. Au moment où il va être poussé, A tourne aussitôt la taille, saisit de la main gauche le bras gauche de B et le soulève en ward-off ; en même temps, le poing droit, suivant l\u0026rsquo;accroupissement de la taille et des jambes, taille de haut en bas la poitrine de B. (figure 27)\n（二八）白鶴涼翅（蹬腳）\n乙在將被劈到時。兩手卽同時往外分開。（右手向上。左手朝下。）隨身下蹲勢。以左足心向前蹬甲小腹部。（見圖28）\nLa grue blanche rafraîchit ses ailes (coup de talon). Au moment où il va être taillé, B écarte aussitôt les deux mains vers l\u0026rsquo;extérieur — la main droite vers le haut, la main gauche vers le bas — et, suivant l\u0026rsquo;accroupissement du corps, frappe du talon gauche vers l\u0026rsquo;avant au bas-ventre d\u0026rsquo;A. (figure 28)\n（二九）左靠\n甲在將被蹬到時。向後略化。右手往下將乙左足向右摟開。同時上左步。（置於乙右腿後）左手臂橫於乙身前。右手附於己左肘。以左肩靠乙心窩。（見圖29）\nÉpauler à gauche. Au moment où il va être frappé du talon, A neutralise légèrement en arrière ; la main droite descend et brosse vers la droite le pied gauche de B ; en même temps, il avance le pied gauche — derrière la jambe droite de B — place le bras gauche en travers devant le corps de B, la main droite contre son coude gauche, et frappe de l\u0026rsquo;épaule gauche au creux du cœur de B. (figure 29)\n（三十）撤步撅臂\n乙在將被靠到時。左手執甲左手腕。左足向後斜撤半步。右手肱隨腰腿前俯下蹲勢。撅甲左臂。（見圖30）\nRetirer le pas et briser le bras. Au moment où il va être frappé par l\u0026rsquo;épaule, B saisit de la main gauche le poignet gauche d\u0026rsquo;A, retire le pied gauche d\u0026rsquo;un demi-pas en biais vers l\u0026rsquo;arrière, et l\u0026rsquo;avant-bras droit, suivant l\u0026rsquo;inclinaison vers l\u0026rsquo;avant et l\u0026rsquo;accroupissement de la taille et des jambes, brise le bras gauche d\u0026rsquo;A. (figure 30)\n（三一）轉身按（捋勢）\n甲在被撅蹲身將背時。腰腿向前略伸。左手由下向前往上翻乙左手肱部。腰腿向左往上。轉為順勢。右手按乙左肩。左手按乙左肘。略往左捋。雙手同時前按。（見圖31）\nTourner le corps et pousser (avec déroulé). Au moment où, le bras brisé et accroupi, A va être mis en posture défavorable, il étend légèrement la taille et les jambes vers l\u0026rsquo;avant ; la main gauche retourne d\u0026rsquo;en bas, vers l\u0026rsquo;avant et le haut, l\u0026rsquo;avant-bras gauche de B, tandis que la taille et les jambes se portent à gauche et en haut, transformant la position en posture favorable ; la main droite pousse l\u0026rsquo;épaule gauche de B, la main gauche pousse le coude gauche de B, en déroulant un peu vers la gauche, puis les deux mains poussent ensemble vers l\u0026rsquo;avant. (figure 31)\n（三二）雙風灌耳\n乙在被按將背時。略往後化。右手由下抄入甲左手肱內。先往後坐腰。同時兩手左右分開甲雙手。隨勢握成拳。向前往上。以虎口擊甲左右兩太陽穴。（見圖32）\nLes deux vents emplissent les oreilles. Au moment où, poussé, il va être mis en posture défavorable, B neutralise légèrement en arrière ; la main droite remonte d\u0026rsquo;en bas à l\u0026rsquo;intérieur du bras gauche d\u0026rsquo;A ; il assoit d\u0026rsquo;abord la taille en arrière, puis les deux mains écartent de part et d\u0026rsquo;autre les mains d\u0026rsquo;A, se ferment en poings suivant le mouvement et, vers l\u0026rsquo;avant et le haut, frappent du « tigre de la main » les deux tempes d\u0026rsquo;A. (figure 32)\n（三三）雙按\n甲在將被擊到時。兩手隨腰後化勢。向下按化。撤左步。上右步。同時兩手向前按擊乙胸口。（見圖33）\nPousser des deux mains. Au moment où il va être frappé, A, les deux mains suivant la neutralisation de la taille en arrière, pousse vers le bas pour neutraliser ; il retire le pied gauche, avance le pied droit et, en même temps, pousse des deux mains vers l\u0026rsquo;avant la poitrine de B. (figure 33)\n（三四）下勢搬捶\n乙在將被按擊時。身略往後化。左手將甲右手向上往左掤搬。並執其肱部。右拳隨身下蹲勢。向前擊甲心窩。（見圖34）\nDéplacer le poing en posture basse. Au moment où il va être poussé, B neutralise légèrement en arrière ; la main gauche déplace en ward-off vers le haut et la gauche la main droite d\u0026rsquo;A, en saisissant son avant-bras ; le poing droit, suivant l\u0026rsquo;accroupissement du corps, frappe vers l\u0026rsquo;avant au creux du cœur d\u0026rsquo;A. (figure 34)\n（三五）單推（右臂）\n甲在乙拳將擊到時。卽向右轉腰。化開乙拳。同時左手向右推乙右肘。使其成為背勢。（見圖35）\nPousser d\u0026rsquo;une seule main (bras droit). Au moment où le poing de B va frapper, A tourne aussitôt la taille à droite pour neutraliser le poing de B ; en même temps, la main gauche pousse vers la droite le coude droit de B, le plaçant en posture défavorable. (figure 35)\n（三六）右搓臂\n乙乘甲推勢。將右臂抄於甲右臂外部。左手腕貼於甲右腕內部。右臂隨腰腿往後下蹲勢。向裏往下搓。同時左手腕隨腰腿向外往上搓。（見圖36）\nTordre le bras à droite. B profite de la poussée d\u0026rsquo;A : il porte le bras droit à l\u0026rsquo;extérieur du bras droit d\u0026rsquo;A, le poignet gauche collé à l\u0026rsquo;intérieur du poignet droit d\u0026rsquo;A ; le bras droit, suivant l\u0026rsquo;accroupissement de la taille et des jambes en arrière, frotte vers l\u0026rsquo;intérieur et le bas, tandis que le poignet gauche, suivant la taille et les jambes, frotte vers l\u0026rsquo;extérieur et le haut. (figure 36)\n（三七）順勢按\n甲在將被搓到時。腰腿向右往下略轉。同時左手向右往前按乙右肩。使乙成為背勢。（見圖37）\nPousser en suivant le mouvement. Au moment où il va être frotté, A tourne légèrement la taille et les jambes à droite et en bas ; en même temps, la main gauche pousse vers la droite et l\u0026rsquo;avant l\u0026rsquo;épaule droite de B, le plaçant en posture défavorable. (figure 37)\n（三八）化打右掌\n乙在將被按到時。右肩隨腰腿向左往後略化。同時右手掌提上。隨腰腿向前閃擊甲左臉部。左手執甲右肘部。防其生變。（見圖38）\nNeutraliser et frapper de la paume droite. Au moment où il va être poussé, B, l\u0026rsquo;épaule droite suivant la taille et les jambes, neutralise légèrement vers la gauche et l\u0026rsquo;arrière ; en même temps, la paume droite s\u0026rsquo;élève et, suivant la taille et les jambes, frappe en éclair vers l\u0026rsquo;avant le côté gauche du visage d\u0026rsquo;A, tandis que la main gauche saisit le coude droit d\u0026rsquo;A pour parer à tout changement. (figure 38)\n（三九）化推\n甲在將被閃到時。撤右步。鬆腿鬆腰。往後化開。同時左手下沉乙右手。至胸前時。向前按推乙臂部。（見圖39）\nNeutraliser et pousser. Au moment où il va être frappé en éclair, A retire le pied droit, relâche jambes et taille et neutralise vers l\u0026rsquo;arrière ; en même temps, la main gauche s\u0026rsquo;enfonce sur la main droite de B et, arrivée à hauteur de la poitrine, pousse vers l\u0026rsquo;avant le bras de B. (figure 39)\n（四十）化打右肘\n乙在將被推到時。右臂隨鬆腿鬆腰勢。往後化開。至胸前。屈右臂。以肘向前往下擊甲心窩。（見圖40）\nNeutraliser et frapper du coude droit. Au moment où il va être poussé, B, le bras droit suivant le relâchement des jambes et de la taille, neutralise vers l\u0026rsquo;arrière ; arrivé à hauteur de la poitrine, il plie le bras droit et frappe du coude vers l\u0026rsquo;avant et le bas au creux du cœur d\u0026rsquo;A. (figure 40)\n（四一）採挒\n甲在將被擊到時。撤左步。右手握乙右手腕。往右向下採沉。俟乙前俯時。右足提起。置於乙右足後。左手推乙右臂。右手隨腰腿左轉勢。橫挒乙頸部。（見圖41）\nCueillir et déchirer. Au moment où il va être frappé, A retire le pied gauche, saisit de la main droite le poignet droit de B et cueille vers la droite et le bas pour l\u0026rsquo;enfoncer ; lorsque B penche vers l\u0026rsquo;avant, il lève le pied droit et le place derrière le pied droit de B ; la main gauche pousse le bras droit de B, et la main droite, suivant la rotation de la taille et des jambes à gauche, déchire en travers la nuque de B. (figure 41)\n（四二）換步撅\n乙被挒至將背時。右手隨腰腿略化勢。向上掤起甲右臂。同時撤右步。上左步。（置甲右腿後）右手執甲右腕。左肱置於甲右臂上。（肘部）隨腰腿下蹲勢。往下撅之。（見圖42）\nChanger de pas et briser. Au moment où, déchiré, B va être mis en posture défavorable, la main droite, suivant la légère neutralisation de la taille et des jambes, soulève en ward-off le bras droit d\u0026rsquo;A ; en même temps, il retire le pied droit et avance le pied gauche — derrière la jambe droite d\u0026rsquo;A ; la main droite saisit le poignet droit d\u0026rsquo;A, l\u0026rsquo;avant-bras gauche se place sur le bras droit d\u0026rsquo;A, au niveau du coude, et, suivant l\u0026rsquo;accroupissement de la taille et des jambes, brise vers le bas. (figure 42)\n（四三）右打虎\n甲被撅至將背時。左手隨腰腿右轉勢。由右臂下抄執乙左肘部。同時右足隨腰提起。右手向上後抽。右足置於乙身後。右手握拳。隨腰腿下擊乙背部。（見圖43）\nFrapper le tigre à droite. Au moment où, le bras brisé, A va être mis en posture défavorable, la main gauche, suivant la rotation de la taille et des jambes à droite, remonte d\u0026rsquo;en bas sous le bras droit pour saisir le coude gauche de B ; en même temps, le pied droit se lève suivant la taille, la main droite se retire vers le haut et l\u0026rsquo;arrière, le pied droit se place derrière B ; la main droite se ferme en poing et, suivant la taille et les jambes, frappe vers le bas le dos de B. (figure 43)\n（四四）轉身撤步捋\n乙在將被擊到時。左臂隨腰腿往後略化。左手執甲左手腕。同時退右步。轉身橫邁左步。右肱（近腕處）沾住甲左臂。兩手隨腰腿向左捋甲左臂。（見圖44）\nTourner le corps, retirer le pas et dérouler. Au moment où il va être frappé, B, le bras gauche suivant la légère neutralisation de la taille et des jambes en arrière, saisit de la main gauche le poignet gauche d\u0026rsquo;A ; en même temps, il recule le pied droit, tourne le corps et fait un grand pas de côté du pied gauche ; le bras droit, près du poignet, colle au bras gauche d\u0026rsquo;A, et les deux mains, suivant la taille et les jambes, déroulent vers la gauche le bras gauche d\u0026rsquo;A. (figure 44)\n（四五）上步左靠\n甲乘勢左步插入乙襠內。左臂橫於乙身前。右手放於己左臂內部。以左肩隨腰腿下蹲勢。靠擊乙心窩。（見圖45）\nAvancer le pas, épauler à gauche. A profite du mouvement : le pied gauche se plante dans l\u0026rsquo;entrejambe de B, le bras gauche en travers devant le corps de B, la main droite contre l\u0026rsquo;intérieur de son bras gauche ; suivant l\u0026rsquo;accroupissement de la taille et des jambes, il frappe de l\u0026rsquo;épaule gauche au creux du cœur de B. (figure 45)\n（四六）囘擠\n乙在將被靠到時。腰腿向左往後略化。右肱橫於甲左臂。右手放於己右肱內部。同時右足上前一步。以右肱擠甲左臂。（見圖46）\nRevenir et presser. Au moment où il va être frappé par l\u0026rsquo;épaule, B neutralise légèrement avec la taille et les jambes vers la gauche et l\u0026rsquo;arrière ; le bras droit se place en travers du bras gauche d\u0026rsquo;A, la main droite contre l\u0026rsquo;intérieur de son avant-bras droit ; en même temps, le pied droit avance d\u0026rsquo;un pas, et il presse (ji) du bras droit le bras gauche d\u0026rsquo;A. (figure 46)\n（四七）雙分靠（換步）\n甲被擠至將背時。右手隨腰腿左轉勢。由下往上抄執乙左手腕。左手隨兩手分開勢。執乙右肘內部。同時撤左步。上右步。（右足插入乙襠內）身下蹲。以右肩靠擊乙心窩。（見圖47）\nÉcarter des deux mains et épauler (en changeant de pas). Au moment où, pressé, A va être mis en posture défavorable, la main droite, suivant la rotation de la taille et des jambes à gauche, remonte d\u0026rsquo;en bas pour saisir le poignet gauche de B ; la main gauche, suivant l\u0026rsquo;écartement des deux mains, saisit l\u0026rsquo;intérieur du coude droit de B ; en même temps, il retire le pied gauche et avance le pied droit — le pied droit se plante dans l\u0026rsquo;entrejambe de B ; le corps s\u0026rsquo;accroupit et il frappe de l\u0026rsquo;épaule droite au creux du cœur de B. (figure 47)\n（四八）轉身左靠（換步）\n乙在將被靠到時。略往後化。撤右步。抽出右手。上左步。左臂橫黏甲右臂。右手分開。以左肩靠甲右腋部。（見圖48）\nTourner le corps et épauler à gauche (en changeant de pas). Au moment où il va être frappé par l\u0026rsquo;épaule, B neutralise légèrement en arrière, retire le pied droit, dégage la main droite, avance le pied gauche ; le bras gauche colle en travers au bras droit d\u0026rsquo;A, la main droite s\u0026rsquo;écarte, et il frappe de l\u0026rsquo;épaule gauche l\u0026rsquo;aisselle droite d\u0026rsquo;A. (figure 48)\n（四九）打右肘\n甲在將被靠到時。略往後化。乘勢左手執乙左手腕。右臂隨腰腿後化勢下沉。屈臂。以肘向前擊乙左腋部。（見圖49）\nFrapper du coude droit. Au moment où il va être frappé par l\u0026rsquo;épaule, A neutralise légèrement en arrière ; profitant du mouvement, la main gauche saisit le poignet gauche de B, le bras droit, suivant la neutralisation de la taille et des jambes en arrière, s\u0026rsquo;enfonce, se plie, et il frappe du coude vers l\u0026rsquo;avant l\u0026rsquo;aisselle gauche de B. (figure 49)\n（五十）轉身金雞獨立\n乙在甲肘將到時。卽向左轉身。右足踏前半步。坐實。右手執甲左肘內部。左手執甲右肘內部。兩手左右分開。同時身向上升。以左膝蓋攻甲襠部。（見圖50）\nTourner le corps, le coq d\u0026rsquo;or se tient sur une patte. Au moment où le coude d\u0026rsquo;A va arriver, B tourne aussitôt le corps à gauche, avance le pied droit d\u0026rsquo;un demi-pas et s\u0026rsquo;assoit fermement ; la main droite saisit l\u0026rsquo;intérieur du coude gauche d\u0026rsquo;A, la main gauche l\u0026rsquo;intérieur du coude droit d\u0026rsquo;A ; les deux mains s\u0026rsquo;écartent de part et d\u0026rsquo;autre, tandis que le corps s\u0026rsquo;élève, et il attaque du genou gauche l\u0026rsquo;entrejambe d\u0026rsquo;A. (figure 50)\n（五一）退步化\n甲在乙膝蓋將攻到時。兩手同時往內翻下。執乙兩手腕。隨右足後退勢。往後向下採化。（見圖51）\nReculer le pas et neutraliser. Au moment où le genou de B va attaquer, A retourne les deux mains vers l\u0026rsquo;intérieur et le bas, saisit les deux poignets de B et, suivant le recul du pied droit, cueille et neutralise vers l\u0026rsquo;arrière et le bas. (figure 51)\n（五二）蹬腳\n乙在被化而未被採到時。隨卽將兩手左右分開甲之雙手。同時以左足心蹬甲腹部。（見圖52）\nCoup de talon. Lorsque B est neutralisé mais pas encore cueilli, il écarte aussitôt de part et d\u0026rsquo;autre les mains d\u0026rsquo;A et, en même temps, frappe du talon gauche le ventre d\u0026rsquo;A. (figure 52)\n（五三）轉身上步靠\n甲在將被蹬到時。右手向左撥開乙左手。往下抄拿乙左足。同時上右步。該時乙足必下落。乘勢復上左步。（插入乙襠內）左臂橫於乙左脅部。右手提執乙左手。以左肩隨腰腿下蹲勢。靠擊乙心窩。（見圖53）\nTourner le corps, avancer le pas et épauler. Au moment où il va être frappé du talon, A écarte de la main droite vers la gauche la main gauche de B, descend saisir le pied gauche de B et, en même temps, avance le pied droit. À ce moment, le pied de B retombe nécessairement ; profitant du mouvement, il avance encore le pied gauche — le plantant dans l\u0026rsquo;entrejambe de B — place le bras gauche en travers du flanc gauche de B, saisit de la main droite la main gauche de B et, suivant l\u0026rsquo;accroupissement de la taille et des jambes, frappe de l\u0026rsquo;épaule gauche au creux du cœur de B. (figure 53)\n（五四）撅左臂\n乙在將被靠到時。腰腿向左往後略化。同時左手執甲左手腕。右肱隨腰腿左轉勢。向下撅甲左臂。（肘處）（見圖54)\nBriser le bras gauche. Au moment où il va être frappé par l\u0026rsquo;épaule, B neutralise légèrement avec la taille et les jambes vers la gauche et l\u0026rsquo;arrière ; en même temps, la main gauche saisit le poignet gauche d\u0026rsquo;A et, l\u0026rsquo;avant-bras droit suivant la rotation de la taille et des jambes à gauche, il brise vers le bas le bras gauche d\u0026rsquo;A, au niveau du coude. (figure 54)\n（五五）轉身（換步）右分腳\n甲在將被撅到時。腰腿往左後化。右手乘勢由左臂下。往左抄執乙右肘。同時身向上升。以右足尖踢乙右腋部。（見圖55）\nTourner le corps (changer de pas), coup de pied latéral droit. Au moment où il va être brisé, A neutralise avec la taille et les jambes vers la gauche et l\u0026rsquo;arrière ; profitant du mouvement, la main droite passe sous le bras gauche et saisit vers la gauche le coude droit de B ; en même temps, le corps s\u0026rsquo;élève et il frappe de la pointe du pied droit l\u0026rsquo;aisselle droite de B. (figure 55)\n（五六）雙分右摟膝\n乙在將被踢到時。左手隨腰腿右轉勢。由右臂下往右抄執甲右手腕。同時右手向右下摟（帶抄）甲右足。（見圖56）\nÉcarter des deux mains, brosser le genou droit. Au moment où il va être frappé du pied, B, la main gauche suivant la rotation de la taille et des jambes à droite, passe sous le bras droit et saisit vers la droite le poignet droit d\u0026rsquo;A ; en même temps, la main droite brosse vers la droite et le bas — en saisissant au passage — le pied droit d\u0026rsquo;A. (figure 56)\n（五七）轉身（換步）左分腳\n甲在被摟至將背時。落下右足。左手隨腰腿右轉勢。向右由乙左臂下。抄執乙左肘。乘勢以左足尖踢乙左腋部。（見圖57）\nTourner le corps (changer de pas), coup de pied latéral gauche. Au moment où, brossé, A va être mis en posture défavorable, il fait retomber le pied droit ; la main gauche, suivant la rotation de la taille et des jambes à droite, passe vers la droite sous le bras gauche de B et saisit son coude gauche ; profitant du mouvement, il frappe de la pointe du pied gauche l\u0026rsquo;aisselle gauche de B. (figure 57)\n（五八）雙分左摟膝\n乙在將被踢到時。右手隨腰腿左轉勢。由左臂下。往左抄執甲左手腕。同時左手向左下摟（帶抄）甲左足。（見圖58）\nÉcarter des deux mains, brosser le genou gauche. Au moment où il va être frappé du pied, B, la main droite suivant la rotation de la taille et des jambes à gauche, passe sous le bras gauche et saisit vers la gauche le poignet gauche d\u0026rsquo;A ; en même temps, la main gauche brosse vers la gauche et le bas — en saisissant au passage — le pied gauche d\u0026rsquo;A. (figure 58)\n（五九）換手右靠\n甲在被摟至將背時。落下左足。並往後撤退半步。同時右手隨腰腿左轉勢。向上抄執乙右手腕。往右向後下採。右足隨勢向前踏出一步。以右肩靠乙右腋部。（見圖59）\nChanger de main et épauler à droite. Au moment où, brossé, A va être mis en posture défavorable, il fait retomber le pied gauche et recule d\u0026rsquo;un demi-pas ; en même temps, la main droite, suivant la rotation de la taille et des jambes à gauche, s\u0026rsquo;élève pour saisir le poignet droit de B et cueille vers la droite, l\u0026rsquo;arrière et le bas ; le pied droit fait un pas en avant suivant le mouvement, et il frappe de l\u0026rsquo;épaule droite l\u0026rsquo;aisselle droite de B. (figure 59)\n（六十）囘右靠\n乙在將被靠到時。右足略提起。右手隨腰腿左轉勢。向左往後繞圈化開甲攻勢。同時翻執甲右手腕。往右向後下採。右足隨勢前進半步。以右肩囘靠甲右腋部。（見圖60）\nRevenir et épauler à droite. Au moment où il va être frappé par l\u0026rsquo;épaule, B lève légèrement le pied droit ; la main droite, suivant la rotation de la taille et des jambes à gauche, décrit un cercle vers la gauche et l\u0026rsquo;arrière pour neutraliser l\u0026rsquo;attaque d\u0026rsquo;A ; en même temps, il retourne la main et saisit le poignet droit d\u0026rsquo;A, cueillant vers la droite, l\u0026rsquo;arrière et le bas ; le pied droit avance d\u0026rsquo;un demi-pas suivant le mouvement, et il frappe en retour de l\u0026rsquo;épaule droite l\u0026rsquo;aisselle droite d\u0026rsquo;A. (figure 60)\n（六一）上步左攬雀尾\n甲在被採將靠到時。右手隨腰腿左轉勢。向左往後繞圈化開乙攻勢。並採執乙右手腕。同時撤右步。復上左步。（置於乙右腿後）左臂由乙右腋下。伸至乙胸前。隨勢向左往前掤去。（見圖61）\nAvancer le pas, saisir la queue du moineau à gauche. Au moment où, cueilli, A va être frappé par l\u0026rsquo;épaule, la main droite, suivant la rotation de la taille et des jambes à gauche, décrit un cercle vers la gauche et l\u0026rsquo;arrière pour neutraliser l\u0026rsquo;attaque de B, tout en cueillant et saisissant le poignet droit de B ; en même temps, il retire le pied droit puis avance le pied gauche — derrière la jambe droite de B ; le bras gauche passe sous l\u0026rsquo;aisselle droite de B et s\u0026rsquo;étend devant la poitrine de B, puis, suivant le mouvement, projette en ward-off vers la gauche et l\u0026rsquo;avant. (figure 61)\n（六二）右雲手\n乙被掤。乘勢含胸拔背。向右轉腰坐腿。右手刁住甲右腕。向右往後勾提。至甲勢已背時。右手按甲右腕。同時左手按擊甲右肩。（見圖62）\nMains de nuage à droite. B, projeté en ward-off, profite du mouvement : il creuse la poitrine et arrondit le dos, tourne la taille à droite et s\u0026rsquo;assoit sur les jambes ; la main droite crochète le poignet droit d\u0026rsquo;A et le tire en crochet vers la droite et l\u0026rsquo;arrière ; lorsque la posture d\u0026rsquo;A est devenue défavorable, la main droite pousse le poignet droit d\u0026rsquo;A tandis que la main gauche pousse et frappe l\u0026rsquo;épaule droite d\u0026rsquo;A. (figure 62)\n（六三）上步右攬雀尾\n甲被按。乘勢轉腰腿向後圓化。同時左手由右手臂下。抄執乙左手腕。撤左步。復上右步。右臂由乙左腋下。伸至乙胸前。隨勢向右往前掤去。（見圖63）\nAvancer le pas, saisir la queue du moineau à droite. A, poussé, profite du mouvement : il tourne la taille et les jambes vers l\u0026rsquo;arrière en cercle pour neutraliser ; en même temps, la main gauche passe sous le bras droit et saisit le poignet gauche de B ; il retire le pied gauche puis avance le pied droit ; le bras droit passe sous l\u0026rsquo;aisselle gauche de B et s\u0026rsquo;étend devant la poitrine de B, puis, suivant le mouvement, projette en ward-off vers la droite et l\u0026rsquo;avant. (figure 63)\n（六四）左雲手\n乙被掤。乘勢含胸拔背。向左轉腰坐腿。左手刁住甲左腕。向左往後勾提。至甲勢已背時。左手按甲左腕。同時右手按擊甲左肩。（見圖64）\nMains de nuage à gauche. B, projeté en ward-off, profite du mouvement : il creuse la poitrine et arrondit le dos, tourne la taille à gauche et s\u0026rsquo;assoit sur les jambes ; la main gauche crochète le poignet gauche d\u0026rsquo;A et le tire en crochet vers la gauche et l\u0026rsquo;arrière ; lorsque la posture d\u0026rsquo;A est devenue défavorable, la main gauche pousse le poignet gauche d\u0026rsquo;A tandis que la main droite pousse et frappe l\u0026rsquo;épaule gauche d\u0026rsquo;A. (figure 64)\n（六五）右開（掤勢）\n甲被按。乘勢轉腰腿向後圓化。同時兩手左右分開。左手執拿乙右腕。右臂彎為圓形。隨開（掤勢）隨向前合。擊乙心窩部。（見圖65）\nOuvrir à droite (position de ward-off). A, poussé, profite du mouvement : il tourne la taille et les jambes vers l\u0026rsquo;arrière en cercle pour neutraliser ; en même temps, les deux mains s\u0026rsquo;écartent de part et d\u0026rsquo;autre, la main gauche empoigne le poignet droit de B, le bras droit s\u0026rsquo;arrondit en cercle et, à mesure que la position s\u0026rsquo;ouvre — en ward-off — se referme vers l\u0026rsquo;avant, frappant au creux du cœur de B. (figure 65)\n（六六）側身撇身捶\n乙在將被擊到時。左足略往後移。右手隨腰腿向左側化轉勢。往下化開甲左手。復隨勢翻上。擱於甲肱部。右足同時隨身法左轉勢。落置於甲右側。左手按甲肘部。右拳向前往下撇扎甲胸部。（見圖66）\nLe corps de côté, poing qui fauche le buste. Au moment où il va être frappé, B déplace légèrement le pied gauche en arrière ; la main droite, suivant la rotation de neutralisation de la taille et des jambes vers la gauche, descend pour neutraliser la main gauche d\u0026rsquo;A, puis se retourne vers le haut et se pose sur le bras d\u0026rsquo;A ; en même temps, le pied droit, suivant la rotation du corps vers la gauche, retombe à la droite d\u0026rsquo;A ; la main gauche pousse le coude d\u0026rsquo;A, et le poing droit, lancé vers l\u0026rsquo;avant et le bas, frappe la poitrine d\u0026rsquo;A. (figure 66)\n（六七）上步高探馬（下蹬腳）\n甲在將被撇到時。卽稍撤右步。向右轉身。含胸拔背。右手採執乙右手腕。左掌前撲乙面部。同時左足向前直蹬乙右膝部。（見圖67）\nAvancer le pas, s\u0026rsquo;élever et sonder le cheval (coup de talon bas). Au moment où il va être frappé par le poing lancé, A retire un peu le pied droit et tourne le corps à droite, creuse la poitrine et arrondit le dos ; la main droite cueille et saisit le poignet droit de B, la paume gauche fond vers l\u0026rsquo;avant sur le visage de B, tandis que le pied gauche pousse droit vers l\u0026rsquo;avant le genou droit de B. (figure 67)\n（六八）白鶴涼翅（下套腿上閃）\n乙在上下將被擊到時。左手卽由下往內抄執甲右手腕。右手同時向外往後分化甲右掌。乘勢向前閃擊甲面部。右腿同時向左往後套化甲左足。並還蹬之。（見圖68）\nLa grue blanche rafraîchit ses ailes (dégager la jambe en bas, frapper en éclair en haut). Au moment où il va être frappé en haut et en bas, B saisit aussitôt de la main gauche, d\u0026rsquo;en bas vers l\u0026rsquo;intérieur, le poignet droit d\u0026rsquo;A, tandis que la main droite écarte vers l\u0026rsquo;extérieur et l\u0026rsquo;arrière la paume droite d\u0026rsquo;A ; profitant du mouvement, il frappe en éclair vers l\u0026rsquo;avant le visage d\u0026rsquo;A ; en même temps, la jambe droite dégage et neutralise vers la gauche et l\u0026rsquo;arrière le pied gauche d\u0026rsquo;A, puis le frappe en retour d\u0026rsquo;un coup de talon. (figure 68)\n（六九）轉身擺蓮\n甲避乙上下猛烈攻勢。遂丢開乙手。卽向右轉身。圓轉至原有方向時。復以右手採執乙右手腕。同時提起右足。用足尖向上斜踢乙右腋部。（見圖69）\nTourner le corps et balancer le lotus. A évite la violente attaque de B en haut et en bas : il lâche les mains de B et tourne aussitôt le corps à droite ; lorsque, après une rotation complète, il revient à sa direction d\u0026rsquo;origine, il cueille et saisit de nouveau de la main droite le poignet droit de B, lève en même temps le pied droit et, de la pointe, frappe en oblique vers le haut l\u0026rsquo;aisselle droite de B. (figure 69)\n（七十）左斜飛式\n乙在將被踢到時。卽向右轉身。上左步。右手採執甲右手腕。左臂抄入甲右腋下。橫伸於甲胸前。向左往上掤去。（見圖70）\nVol oblique à gauche. Au moment où il va être frappé du pied, B tourne aussitôt le corps à droite et avance le pied gauche ; la main droite cueille et saisit le poignet droit d\u0026rsquo;A ; le bras gauche passe sous l\u0026rsquo;aisselle droite d\u0026rsquo;A, s\u0026rsquo;étend en travers devant sa poitrine et projette en ward-off vers la gauche et le haut. (figure 70)\n（七一）刁手蛇身下勢\n甲在被掤至勢將背時。卽轉腰腿。往後略鬆化。右手刁執乙右手腕。往上向後提拿。同時撤右步。復上左步。坐腿蹲身。左手掌指向前攻乙襠部。（見圖71）\nMain en crochet, corps de serpent, posture basse. Au moment où, projeté en ward-off, A va être mis en posture défavorable, il tourne aussitôt la taille et les jambes et neutralise légèrement en arrière en se relâchant ; la main droite crochète le poignet droit de B et le soulève vers le haut et l\u0026rsquo;arrière ; en même temps, il retire le pied droit puis avance le pied gauche, s\u0026rsquo;assoit sur les jambes et accroupit le corps ; la paume gauche, doigts vers l\u0026rsquo;avant, attaque l\u0026rsquo;entrejambe de B. (figure 71)\n（七二）右斜飛式\n乙在將被攻到時。卽撤左步。左手由下抄執甲左手腕。上右步。右臂抄入甲左腋下。橫伸於甲胸前。向右往上掤去。（見圖72）\nVol oblique à droite. Au moment où il va être attaqué, B retire aussitôt le pied gauche ; la main gauche, d\u0026rsquo;en bas, saisit le poignet gauche d\u0026rsquo;A ; il avance le pied droit ; le bras droit passe sous l\u0026rsquo;aisselle gauche d\u0026rsquo;A, s\u0026rsquo;étend en travers devant sa poitrine et projette en ward-off vers la droite et le haut. (figure 72)\n（七三）左打虎\n甲在被掤至勢將背時。卽轉腰腿。往後略化。左手乘勢隨腰腿向後往上套出乙左手。提起左足。移置於乙身後。右手執乙右手腕。往右向下採沉。同時左拳擊乙背部。（見圖73）\nFrapper le tigre à gauche. Au moment où, projeté en ward-off, A va être mis en posture défavorable, il tourne aussitôt la taille et les jambes et neutralise légèrement en arrière ; profitant du mouvement, la main gauche, suivant la taille et les jambes, dégage vers l\u0026rsquo;arrière et le haut la main gauche de B ; il lève le pied gauche et le déplace derrière B ; la main droite saisit le poignet droit de B et cueille vers la droite et le bas pour l\u0026rsquo;enfoncer, tandis que le poing gauche frappe le dos de B. (figure 73)\n（七四）轉身撇身捶\n乙在甲拳將到時。卽向右轉腰坐腿。左手由下抄執甲右手腕。右拳（拳心朝上）由上往下劈擊甲面部及胸部。（見圖74）\nTourner le corps, poing qui fauche le buste. Au moment où le poing d\u0026rsquo;A va arriver, B tourne aussitôt la taille à droite et s\u0026rsquo;assoit sur les jambes ; la main gauche, d\u0026rsquo;en bas, saisit le poignet droit d\u0026rsquo;A, et le poing droit — creux de la main vers le haut — taille de haut en bas le visage et la poitrine d\u0026rsquo;A. (figure 74)\n（七五）倒攆猴（一）\n甲在將被撇到時。卽含胸拔背。坐右腿。身往後略化。左手向右往下沉化乙右拳。右手隨腰腿圓轉勢。化開乙左手。（見圖75）\nReculer en chassant le singe (1). Au moment où il va être frappé par le poing lancé, A creuse aussitôt la poitrine et arrondit le dos, s\u0026rsquo;assoit sur la jambe droite et neutralise légèrement en arrière ; la main gauche s\u0026rsquo;enfonce vers la droite et le bas pour neutraliser le poing droit de B, et la main droite, suivant la rotation circulaire de la taille et des jambes, neutralise la main gauche de B. (figure 75)\n（七六）左閃（上步）\n乙被化。隨卽上左步。右手隨腰腿圓轉勢。化開甲左手。左手掌向右橫擊甲右面部。（見圖76）\nFrapper en éclair à gauche (en avançant). B, neutralisé, avance aussitôt le pied gauche ; la main droite, suivant la rotation circulaire de la taille et des jambes, neutralise la main gauche d\u0026rsquo;A, et la paume gauche frappe en travers vers la droite le côté droit du visage d\u0026rsquo;A. (figure 76)\n（七七）倒攆猴（二）\n甲在乙左掌將閃到時。卽退左步。含胸拔背。坐左腿。身往後略化。右手向左往下沉化乙左掌。左手隨腰腿圓轉勢。化開乙右手。（見圖77）\nReculer en chassant le singe (2). Au moment où la paume gauche de B va frapper en éclair, A recule aussitôt le pied gauche, creuse la poitrine et arrondit le dos, s\u0026rsquo;assoit sur la jambe gauche et neutralise légèrement en arrière ; la main droite s\u0026rsquo;enfonce vers la gauche et le bas pour neutraliser la paume gauche de B, et la main gauche, suivant la rotation circulaire de la taille et des jambes, neutralise la main droite de B. (figure 77)\n（七八）右閃\n乙右手隨甲左手化開勢。向左往後收繞。復變為掌。向左橫擊甲左面部。同時左手隨腰腿圓轉勢。化開甲右手。（見圖78）\nFrapper en éclair à droite. La main droite de B, suivant la neutralisation par la main gauche d\u0026rsquo;A, se replie en cercle vers la gauche et l\u0026rsquo;arrière, se rouvre en paume et frappe en travers vers la gauche le côté gauche du visage d\u0026rsquo;A ; en même temps, la main gauche, suivant la rotation circulaire de la taille et des jambes, neutralise la main droite d\u0026rsquo;A. (figure 78)\n（七九）倒攆猴（三）（撲面）\n甲在將被閃到時。卽退右步。含胸拔背。左手隨腰腿後化轉圈勢。向右沉化乙右掌。同時右手隨勢化開乙左手。向前囘撲乙面部。（見圖79）\nReculer en chassant le singe (3, paume vers le visage). Au moment où il va être frappé en éclair, A recule aussitôt le pied droit, creuse la poitrine et arrondit le dos ; la main gauche, suivant la rotation de neutralisation de la taille et des jambes en arrière, s\u0026rsquo;enfonce vers la droite pour neutraliser la paume droite de B, tandis que la main droite, suivant le mouvement, neutralise la main gauche de B et fond en retour vers l\u0026rsquo;avant sur le visage de B. (figure 79)\n（八十）上步七星\n乙在將被撲到時。右手卽上提。橫格於甲右肱下。己左腕上。左右兩手成為斜十字式。架住甲右掌。同時身向前上升。提起右腿。以足尖踢甲下部。（見圖80）\nAvancer le pas, les sept étoiles. Au moment où il va être frappé par la paume qui fond, B lève aussitôt la main droite et la barre horizontalement sous le bras droit d\u0026rsquo;A, au-dessus de son propre poignet gauche : les deux mains forment une croix oblique qui bloque la paume droite d\u0026rsquo;A ; en même temps, le corps s\u0026rsquo;élève vers l\u0026rsquo;avant, la jambe droite se lève et la pointe du pied frappe le bas du corps d\u0026rsquo;A. (figure 80)\n（八一）海底針\n甲在將被踢到時。卽含胸拔背。坐腰腿。身下蹲。略往後化。右手執乙右手腕。左手置於己右腕背上。兩手同時隨腰腿往下採沉。（見圖81）\nL\u0026rsquo;aiguille au fond de la mer. Au moment où il va être frappé du pied, A creuse aussitôt la poitrine et arrondit le dos, assied la taille et les jambes, accroupit le corps et neutralise légèrement en arrière ; la main droite saisit le poignet droit de B, la main gauche se pose sur le dos de son poignet droit, et les deux mains, suivant la taille et les jambes, cueillent et s\u0026rsquo;enfoncent vers le bas. (figure 81)\n（八二）扇通背\n乙被採至勢將背時。右手略往後向下緩甲採勢。復向上掤起甲右手。同時上左步。以左掌前擊甲胸部。（見圖82）\nL\u0026rsquo;éventail traverse le dos. Au moment où, cueilli, B va être mis en posture défavorable, la main droite amortit légèrement vers l\u0026rsquo;arrière et le bas la cueillette d\u0026rsquo;A, puis soulève en ward-off la main droite d\u0026rsquo;A ; en même temps, il avance le pied gauche et frappe de la paume gauche vers l\u0026rsquo;avant la poitrine d\u0026rsquo;A. (figure 82)\n（八三）手揮琵琶\n甲在乙掌將擊到時。上身隨腰腿卽向右偏。化去乙掌。右手刁拿乙右手腕。向下往後旋採。左手肱部撅乙右肘。身略往後坐。含胸拔背。兩手含有同時相合之意。（見圖83）\nLa main effleure le pipa. Au moment où la paume de B va frapper, A, le haut du corps suivant la taille et les jambes, se déporte aussitôt à droite, éliminant la paume de B ; la main droite crochète et empoigne le poignet droit de B, cueillant en rotation vers le bas et l\u0026rsquo;arrière, tandis que l\u0026rsquo;avant-bras gauche brise le coude droit de B ; le corps s\u0026rsquo;assoit légèrement en arrière, la poitrine creusée, le dos arrondi, les deux mains contenant l\u0026rsquo;intention de se refermer ensemble. (figure 83)\n（八四）彎弓射虎\n乙在將被撅合時。右臂卽隨腰腿向後往下沉化。右足橫上一步。右手勾住甲右手腕。向右往上提起。左手按甲左臂部。兩手同時向前擊出。（見圖84）\nTendre l\u0026rsquo;arc et tirer le tigre. Au moment où il va être brisé et refermé, B, le bras droit suivant la taille et les jambes, s\u0026rsquo;enfonce vers l\u0026rsquo;arrière et le bas pour neutraliser ; le pied droit fait un pas de côté en avant ; la main droite accroche le poignet droit d\u0026rsquo;A et le soulève vers la droite et le haut ; la main gauche pousse le bras gauche d\u0026rsquo;A, et les deux mains frappent ensemble vers l\u0026rsquo;avant. (figure 84)\n（八五）轉身單鞭\n甲在將被擊到時。身往後略化。左手往下勾化乙右手。撤左步。上右步。右手五指下垂。以腕背向前直擊乙心窩。（見圖85）\nTourner le corps, fouet simple. Au moment où il va être frappé, A neutralise légèrement en arrière ; la main gauche descend en crochet pour neutraliser la main droite de B ; il retire le pied gauche et avance le pied droit ; les cinq doigts de la main droite pendent vers le bas et, du dos du poignet, il frappe droit vers l\u0026rsquo;avant au creux du cœur de B. (figure 85)\n（八六）肘底捶\n乙在將被擊到時。身隨腰腿往後向右略偏。左手托起甲左臂。上左步。以右拳向前擊甲右腋部。（見圖86）\nPoing sous le coude. Au moment où il va être frappé, B, le corps suivant la taille et les jambes, se déporte légèrement en arrière et à droite ; la main gauche soulève le bras gauche d\u0026rsquo;A ; il avance le pied gauche et frappe du poing droit vers l\u0026rsquo;avant l\u0026rsquo;aisselle droite d\u0026rsquo;A. (figure 86)\n（八七）十字手\n甲在將被擊到時。身隨腰腿往後向右轉化。同時右臂下沉乙右拳。上左步。以左手五指叉乙喉部。（見圖87）\nMains croisées. Au moment où il va être frappé, A, le corps suivant la taille et les jambes, tourne et neutralise vers l\u0026rsquo;arrière et la droite ; en même temps, le bras droit s\u0026rsquo;enfonce sur le poing droit de B ; il avance le pied gauche et, des cinq doigts de la main gauche, fourche la gorge de B. (figure 87)\n（八八）抱虎歸山\n乙在將被叉到時。略往後化。右手隨勢向上往右分開甲左手。兩手同時由上往下。由外向內。抱合甲左右二臂。至甲勢背時。兩手卽同時以掌心發出。（見圖88）\nSaisir le tigre et le ramener à la montagne. Au moment où il va être fourché, B neutralise légèrement en arrière ; la main droite, suivant le mouvement, écarte vers le haut et la droite la main gauche d\u0026rsquo;A ; les deux mains, en même temps, de haut en bas et de l\u0026rsquo;extérieur vers l\u0026rsquo;intérieur, embrassent et referment les deux bras d\u0026rsquo;A ; lorsque la posture d\u0026rsquo;A est devenue défavorable, les deux mains émettent en même temps depuis les paumes. (figure 88)\nNotes Chen Yanlin (陳炎林) : auteur et enseignant de taiji quan à Shanghai, élève de Tian Zhaolin (田兆麟), lui-même disciple de Yang Jianhou (楊健侯). Son recueil Taiji quan dao jian gan san shou he bian (太極拳刀劍桿散手合編), paru en juin 1943, couvre en dix chapitres la boxe, le sabre, l\u0026rsquo;épée, le bâton et les techniques libres du style Yang ; le présent texte en est le dixième chapitre. San shou (散手) : les « techniques libres », applications extraites de la forme et pratiquées librement ; le san shou dui da (散手對打) est ici l\u0026rsquo;enchaînement à deux qui les relie bout à bout, A (mouvements impairs) attaquant et B (mouvements pairs) répondant. Les huit méthodes (八法) : peng (掤, ward-off), lu (捋, déroulé), ji (擠, pression), an (按, poussée), cai (採, cueillette), lie (挒, déchirement), zhou (肘, coude) et kao (靠, épaulement) — les forces du taiji quan, que cet enchaînement met en œuvre dans chaque échange. 背勢 (bei shi) : la « posture défavorable », position où l\u0026rsquo;on est dominé, dos tourné à l\u0026rsquo;avantage ; l\u0026rsquo;enchaînement vise constamment à y placer l\u0026rsquo;adversaire et à s\u0026rsquo;en dégager. 白鶴涼翅 : le texte écrit 涼 (rafraîchir) et non 亮 (déployer) — la traduction suit ici fidèlement la graphie de l\u0026rsquo;édition de 1943. 如九仞之崇，所欠一簣 : allusion au Classique des documents (尚書) — « bâtir un tertre de neuf ren, l\u0026rsquo;ouvrage n\u0026rsquo;échoue que faute d\u0026rsquo;un panier de terre » : il ne manque qu\u0026rsquo;un dernier effort. Les renvois « figure N » correspondent aux planches photographiques de l\u0026rsquo;ouvrage original, non reproduites ici. Source du texte chinois : Chen Yanlin, 太極拳刀劍桿散手合編, chapitre 10 (太極散手對打), Shanghai, juin 1943 — texte chinois dans le domaine public. Texte chinois retrouvé sur la page de Paul Brennan : « The Taiji Two-Person Sparring Set » (juillet 2011). Traduction française : nouvelle traduction réalisée directement à partir de l\u0026rsquo;original chinois pour ce site.\n","permalink":"https://classiques-martiaux-chinois.pages.dev/posts/taiji-san-shou-dui-da-chen-yanlin/","summary":"\u003cp\u003eLe \u003cem\u003esan shou dui da\u003c/em\u003e (散手對打, « combat de techniques libres ») est l\u0026rsquo;enchaînement\nà deux du taiji quan selon \u003cstrong\u003eChen Yanlin\u003c/strong\u003e (陳炎林), extrait du dixième chapitre\n(卷十) de son grand recueil \u003cem\u003eTaiji quan dao jian gan san shou he bian\u003c/em\u003e\n(太極拳刀劍桿散手合編, « Taiji quan : boxe, sabre, épée, bâton et techniques\nlibres, recueil complet »), publié en juin 1943. Chen Yanlin, enseignant et\nécrivain de taiji quan à Shanghai, fut l\u0026rsquo;élève de \u003cstrong\u003eTian Zhaolin\u003c/strong\u003e (田兆麟),\nlui-même disciple de \u003cstrong\u003eYang Jianhou\u003c/strong\u003e (楊健侯) : cet enchaînement appartient\ndonc à la lignée du style Yang.\u003c/p\u003e\n\u003cp\u003eLe \u003cem\u003esan shou dui da\u003c/em\u003e décompose les postures de la forme des treize dynamiques\n(十三勢) et les enchaîne en applications à deux : le partenaire \u003cstrong\u003eA\u003c/strong\u003e (上手,\n« main de dessus », mouvements impairs) attaque, le partenaire \u003cstrong\u003eB\u003c/strong\u003e (下手,\n« main de dessous », mouvements pairs) répond, chaque technique s\u0026rsquo;enchaînant\nsans couture avec la suivante. Le texte chinois, publié en 1943, est dans le\ndomaine public.\u003c/p\u003e\n\u003cp\u003eTraduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.\u003c/p\u003e","title":"Le Taiji san shou dui da (太極散手對打) de Chen Yanlin"},{"content":"Le Lian bu quan tu shuo (練步拳圖說, « Explication illustrée de la boxe du pas lié ») est un manuel de boxe de Shaolin compilé par Wu Zhiqing (吳志青, 1887–1949), éducateur et écrivain martial de l\u0026rsquo;époque républicaine, et publié en mars 1931 par la Grande librairie de l\u0026rsquo;Est (大東書局) à Shanghai, dans la collection de la tour Shangwu (尚武樓叢書). L\u0026rsquo;enchaînement qu\u0026rsquo;il décrit — rebaptisé « lian bu quan » (« boxe du pas lié ») — est la boxe du dragon (龍拳), l\u0026rsquo;une des cinq boxe de Shaolin (五拳 : dragon, tigre, léopard, serpent, grue), telle que la transmettait Liu Chongjun (劉崇峻) de Guanghan (Sichuan), président de l\u0026rsquo;Association des guerriers du Sichuan (四川武士會), qui l\u0026rsquo;enseigna à l\u0026rsquo;Institut central des arts martiaux (中央國術館) — où Wu Zhiqing, son collègue au printemps 1930, l\u0026rsquo;apprit de lui. L\u0026rsquo;ouvrage comprend la préface de l\u0026rsquo;auteur, des règles rédactionnelles, un traité d\u0026rsquo;introduction sur l\u0026rsquo;essence des arts martiaux (onze essais : origine de la boxe, force yin et force yang, cinq harmonies et trois impulsions, « quatre onces déplacent mille livres », etc.), un poème mnémotechnique, puis l\u0026rsquo;explication illustrée des trente-six postures de l\u0026rsquo;enchaînement, chacune avec son application au combat, sa description pas à pas et son analyse technique. Le texte chinois, publié en 1931, est dans le domaine public.\nTraduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.\nPréface de l\u0026rsquo;auteur (自序) 溯夫少林拳創始。為達摩禪師之十入手。（卽十八羅漢手是也）達摩旣化其徒曇宗等。佐唐太平王世充。有功者十三人。皆能習此十八手。運用精巧。變化無窮。嗣後宋太祖趙匡胤。研習最深。堪稱此中能者。精三十六長拳。六步猴拳。囮拳等。定鼎以後。庋其書於嵩山少林寺。後世傳習太祖之拳者。稱太祖門。及金元之時。有白玉峯者。剃度入山。實得少林之衣缽。以傳覺遠上人。變化增益。十八手為七十二手。化散為整。錯綜參互。盡其體用。復從七十二手。增為一百七十三手。遂有五拳之流。五拳者。龍虎豹蛇鶴。所以練神骨力氣精者也。蓋漢華陀氏之五禽戲拳。曰虎鹿熊猿鳥。白氏師承其意。改為龍虎豹蛇鶴焉。而與白氏同時之李叟。所傳大小洪拳。陜洛川楚。至今多宗之。\nSi l\u0026rsquo;on remonte à l\u0026rsquo;origine de la boxe de Shaolin, elle commence avec les dix techniques du maître zen Bodhidharma (il s\u0026rsquo;agit en l\u0026rsquo;occurrence des dix-huit techniques des luohan, 十八羅漢手). Bodhidharma convertit ses disciples, Tan Zong (曇宗) et les autres, qui assistèrent la dynastie Tang à pacifier Wang Shichong (王世充) : treize hommes s\u0026rsquo;y distinguèrent, tous capables de pratiquer ces dix-huit techniques, les appliquant avec finesse et d\u0026rsquo;innombrables variations. Par la suite, Zhao Kuangyin (趙匡胤), le premier empereur des Song, les étudia le plus profondément et peut être dit le plus habile en la matière : il maîtrisait la longue boxe en trente-six (三十六長拳), la boxe du singe en six pas (六步猴拳), la boxe de l\u0026rsquo;appât (囮拳), etc. Après avoir établi sa dynastie, il déposa ses livres au temple Shaolin du mont Song (嵩山少林寺). Les générations suivantes qui transmirent la boxe de l\u0026rsquo;empereur fondateur furent appelées l\u0026rsquo;école Taizu (« premier empereur »). À l\u0026rsquo;époque des Jin et des Yuan, il y eut Bai Yufeng (白玉峯) : il se rasa la tête et entra en montagne, reçut réellement le manteau de Shaolin et le transmit au vénérable Jueyuan (覺遠), qui le transforma et l\u0026rsquo;enrichit : les dix-huit techniques devinrent soixante-douze ; le dispersé se fondit en un ensemble, entrelacé et combiné, épuisant la forme et la fonction. Puis, des soixante-douze techniques, on passa à cent soixante-treize, et il en naquit le courant des cinq boxe (五拳). Les cinq boxe sont le dragon, le tigre, le léopard, le serpent et la grue, qui servent à entraîner respectivement l\u0026rsquo;esprit, les os, la force, le souffle et l\u0026rsquo;essence. Il y avait eu la boxe des cinq jeux des animaux de Hua Tuo (華陀) des Han — le tigre, le cerf, l\u0026rsquo;ours, le singe et l\u0026rsquo;oiseau. Bai en hérita l\u0026rsquo;intention et les changea en dragon, tigre, léopard, serpent et grue. Quant au vieux Li, contemporain de Bai, il transmit les grandes et petites boxe hong (洪拳), que le Shaanxi (陜), le Henan (洛), le Sichuan (川) et le Chu (楚) suivent encore aujourd\u0026rsquo;hui en grand nombre.\n若本編之練步拳。卽少林五拳之一。龍拳是也。取其神化無窮。在今科學時代。已成過去之名詞。今復更名為練步拳。亦練神練骨之意也。此拳傳自川人武士會會長劉崇峻君。蓋劉君久歷秦隴河洛。探訪名師益友。專研少林五拳。及岳門短打。經三十餘年之旁搜博探。確認此拳為龍拳而無疑。去春同事中央國術館。公餘之暇。以龍拳示我。並述其顛末。余歎未曾前聞。見習一過。覺與他拳相異。且剛柔相濟。無太過亦無不及。恰似黃庭初寫。始信龍拳之神妙也。退而默念此路拳式。簡而明。精而約。不若其他之拳式繁蕪亢長。實可稱為少林上乘之拳法也。\nQuant au lian bu quan (練步拳, « boxe du pas lié ») du présent ouvrage, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;une des cinq boxe de Shaolin, à savoir la boxe du dragon. On en retient la transformation spirituelle sans fin. À l\u0026rsquo;ère scientifique d\u0026rsquo;aujourd\u0026rsquo;hui, ce nom appartient au passé ; on l\u0026rsquo;a donc rebaptisée « lian bu quan », dans l\u0026rsquo;intention d\u0026rsquo;y entraîner l\u0026rsquo;esprit et les os. Cette boxe fut transmise par M. Liu Chongjun (劉崇峻), président de l\u0026rsquo;Association des guerriers du Sichuan (四川武士會). M. Liu a longtemps parcouru le Qin (秦), le Long (隴) et le Heluo (河洛), visitant des maîtres renommés et des amis éclairés, se consacrant à l\u0026rsquo;étude des cinq boxe de Shaolin et des coups courts de l\u0026rsquo;école Yue (岳門短打). Après plus de trente ans de recherches menées de toutes parts, il a reconnu sans aucun doute que cette boxe est la boxe du dragon. Au printemps dernier, alors que nous étions collègues à l\u0026rsquo;Institut central des arts martiaux (中央國術館), il me montra la boxe du dragon dans ses moments de loisir et m\u0026rsquo;en raconta tout le détail. Je m\u0026rsquo;étonnai de n\u0026rsquo;en avoir jamais entendu parler. Après l\u0026rsquo;avoir vue et pratiquée une fois, je la trouvai différente des autres boxe : la dureté et la souplesse s\u0026rsquo;y secourent mutuellement, sans excès ni défaut, comme le Huangting écrit d\u0026rsquo;un premier trait — je commençai alors à croire à la merveille de la boxe du dragon. Rentré chez moi, je méditai en silence sur cet enchaînement : simple et clair, raffiné et concis, sans la prolixité encombrante des autres formes de boxe — on peut véritablement l\u0026rsquo;appeler une boxe supérieure de Shaolin.\n今春休暇滬上。檢閱舊篋。得劉君口述大意。及岳門嫡派之聯成拳。加以整理。分別製圖。以期就正於劉君。早付剞劂。公諸同好。使少林之真諦。不為私人所祕。庶以廣流傳於永遠云爾。是為序。\n十九年三月吳志靑記於海上尚武樓\nCe printemps, en congé à Shanghai (滬), je feuilletai mes vieux coffres et j\u0026rsquo;y retrouvai l\u0026rsquo;essentiel de ce que M. Liu m\u0026rsquo;avait exposé de vive voix, ainsi que la boxe enchaînée (聯成拳) de la lignée directe de l\u0026rsquo;école Yue. Je les ai mis en ordre et fait dessiner les figures, dans l\u0026rsquo;espoir de les soumettre à M. Liu et de les confier sans tarder à la gravure, pour les offrir à tous les amateurs, afin que le sens véritable de Shaolin ne reste pas le secret de quelques particuliers et puisse se transmettre largement à jamais. Voilà la préface.\nTroisième mois de la dix-neuvième année [1930] — Wu Zhiqing, consigné à la tour Shangwu (尚武樓) de Shanghai.\nRègles de l\u0026rsquo;ouvrage (凡例) 一 本編取材少林正宗五拳之龍拳更改。今名為練步拳。此拳為四川廣漢劉崇峻君所傳述。志靑愛而好之。編為教本。以供國術同志參考。茲分二章。第一章。緒論、武術精義概要。第二章。詳解圖說應用教學諸法。\nLe présent ouvrage puise sa matière dans la boxe du dragon, l\u0026rsquo;une des cinq boxe orthodoxes de Shaolin, modifiée et nommée aujourd\u0026rsquo;hui « lian bu quan ». Cette boxe fut transmise et exposée par M. Liu Chongjun de Guanghan (Sichuan). Zhiqing, qui l\u0026rsquo;a aimée et goûtée, l\u0026rsquo;a compilée en manuel d\u0026rsquo;enseignement, pour la référence des camarades des arts martiaux. Il se divise en deux chapitres : le premier, introduction — l\u0026rsquo;essence de l\u0026rsquo;art martial ; le deuxième — explications détaillées, figures, applications et méthodes d\u0026rsquo;enseignement. 二 本編按教育程序。分二章、四節、九段、三十六式。每段分四式。每式又附以術名、用法、說明、術解、式圖。使學者一目了然。易於練習。\nLe présent ouvrage, suivant la procédure pédagogique, se divise en deux chapitres, quatre sections, neuf séquences et trente-six postures. Chaque séquence compte quatre postures ; chaque posture est accompagnée de son nom technique, de son application, de sa description, de son analyse technique et d\u0026rsquo;une figure, afin que l\u0026rsquo;étudiant voie tout d\u0026rsquo;un coup d\u0026rsquo;œil et s\u0026rsquo;exerce facilement. 三 本編教授團體操。可參考軍事分排分隊法。\nPour l\u0026rsquo;enseignement en exercices de groupe, on peut se référer à la méthode militaire de division en sections et en escouades. 四 本編各式有口令。原為初學者便利起見。習熟後可删繁就簡。一氣呵成。以不違古人定法。及近代教育程序為原則。\nChaque posture du présent ouvrage possède une commande, prévue à l\u0026rsquo;origine pour la commodité des débutants. Une fois familiarisé, on peut supprimer le superflu pour ne garder que l\u0026rsquo;essentiel et accomplir le tout d\u0026rsquo;un seul souffle, en prenant pour principe de ne pas violer les règles fixes des anciens ni la procédure pédagogique moderne. 五 本編假定行拳方位。為初學者便於記憶而設。練熟後則不拘方向。\nL\u0026rsquo;orientation de pratique supposée par le présent ouvrage est établie pour faciliter la mémoire des débutants ; une fois entraîné, on n\u0026rsquo;est plus contraint par la direction. 六 本編謌譜。失傳已久。今按實用名詞。編定術名。集各式術名。編成謌訣。使學者口誦身行。為補助記憶之法也。\nLa partition chantée de cet enchaînement s\u0026rsquo;était perdue depuis longtemps. Aujourd\u0026rsquo;hui, suivant les termes d\u0026rsquo;usage, on a fixé les noms techniques et, réunissant les noms de toutes les postures, composé une formule chantée (謌訣), afin que l\u0026rsquo;étudiant la récite de bouche tandis que le corps l\u0026rsquo;exécute : c\u0026rsquo;est un moyen d\u0026rsquo;aider la mémoire. 七 本編為劉先生得意之看家拳。曾在中央國術館教授全館生員。志靑朝夕研究。一得之愚。編輯成册。供獻國術同志。作為研究資料也可。幷希指正。幸甚。\nLe présent ouvrage est la boxe de prédilection, la « boxe qui garde la maison », de M. Liu ; il l\u0026rsquo;enseigna jadis à tous les élèves de l\u0026rsquo;Institut central des arts martiaux. Zhiqing, qui l\u0026rsquo;étudia matin et soir, l\u0026rsquo;a, dans la futilité d\u0026rsquo;une seule de ses idées, réunie en volume et offerte aux camarades des arts martiaux, en guise de matériau d\u0026rsquo;étude. Il espère en outre vos corrections : ce serait un grand bonheur. Chapitre premier — Introduction (第一章 緒論) Première section — L\u0026rsquo;essence de l\u0026rsquo;art martial (第一節 武術精義概要) (一) S\u0026rsquo;accrocher aux vestiges (抱殘守缺).\n嘗閱向愷然先生見聞錄。明戚繼光著紀效新書。中列拳經一卷。吾國拳術。始有專書。早歲嘗一讀之。觀其所傳三十二式。有法無理。有用無體。精技擊者閱之。無裨其長。初學者研之。莫發其蒙。當世蓋用之以訓練士卒。故無取乎妙理焉。其他散見於雜書者。如武備志之類。擇焉不精。語焉不詳。而為小說家言者。又往往誕夸不經以衒奇。其離乎拳術之真相遠矣。近世大抵跳竄排撻鹵莽之事。非文人學士之所優焉。不能以文意達其所知。抱殘守缺。支離滅裂。其由來久矣。\nJ\u0026rsquo;ai lu jadis les Récits de ce que j\u0026rsquo;ai vu et entendu (見聞錄) de M. Xiang Kairan (向愷然). Le Nouveau livre de l\u0026rsquo;efficacité militaire (紀效新書) de Qi Jiguang (戚繼光) des Ming renferme un chapitre intitulé « Classique de la boxe » (拳經) : c\u0026rsquo;est alors que la boxe de notre pays eut pour la première fois un ouvrage qui lui fût propre. Dans ma jeunesse, je l\u0026rsquo;ai lu : les trente-deux postures qu\u0026rsquo;il transmet ont des méthodes sans principes, des usages sans substance. Le technicien consommé qui le lit n\u0026rsquo;en retire aucun profit pour ses talents ; le débutant qui l\u0026rsquo;étudie n\u0026rsquo;en reçoit aucune illumination. En ce temps-là, on s\u0026rsquo;en servait pour entraîner les soldats : aussi n\u0026rsquo;y cherchait-on pas de merveilleux principes. Quant aux autres textes dispersés dans des ouvrages divers, comme le Wubei zhi (武備志, « Traité de l\u0026rsquo;armement »), ils choisissent sans discernement et parlent sans précision ; et ce que rapportent les romanciers est le plus souvent extravagant et sans fondement, pour faire admirer le bizarre : c\u0026rsquo;est bien loin de la vérité de la boxe. De nos jours, c\u0026rsquo;est pour l\u0026rsquo;essentiel une affaire de sauts, d\u0026rsquo;esquives, de poussées et de frappes brutales — ce en quoi les lettrés n\u0026rsquo;excellent pas, eux qui ne savent exprimer par l\u0026rsquo;écrit ce qu\u0026rsquo;ils connaissent. S\u0026rsquo;accrocher aux vestiges, garder les lacunes, morceler et disloquer : cela vient de loin.\n(二) L\u0026rsquo;origine de la boxe (拳術源流).\n蓋拳術之為物。不多見於經史。莫能道其沿革者。穿鑿附會以求之。無益於技術。誠多事耳。大抵人類初生。與羣動同居。飛不如禽。走不如獸。其自衞者。豈徒智哉。蓋亦有其技矣。或以羣鬭之經驗。或師鳥獸之特長。以長百物。以雄醜類。而拳術於是乎興。弓矢出。戈矛成。蓋後世聖人製之。以補拳術之不逮。非械鬭起而後、有拳術也。（此則參看理論篇第一章第一節）\nLa boxe, en tant que chose, apparaît rarement dans les Classiques et les Histoires, et nul n\u0026rsquo;en peut exposer l\u0026rsquo;évolution. La chercher par des conjectures forcées et des rapprochements arbitraires n\u0026rsquo;apporte rien à la technique : c\u0026rsquo;est vraiment s\u0026rsquo;embarrasser. En somme, aux origines, l\u0026rsquo;humanité vivait parmi la multitude des animaux : elle ne volait pas comme les oiseaux, ne courait pas comme les fauves. Sa défense d\u0026rsquo;elle-même reposait-elle seulement sur l\u0026rsquo;intelligence ? Elle avait aussi ses techniques : tantôt l\u0026rsquo;expérience des combats de groupe, tantôt le modèle des aptitudes des oiseaux et des fauves, pour surpasser les dix mille créatures et dominer les espèces inférieures — et c\u0026rsquo;est ainsi que la boxe prit son essor. L\u0026rsquo;arc et la flèche parurent, la hallebarde et la lance furent achevées : les sages des générations suivantes les fabriquèrent pour suppléer à ce que la boxe n\u0026rsquo;atteignait pas. Ce n\u0026rsquo;est pas après l\u0026rsquo;apparition des combats armés que la boxe est née. (Cf. la première section du premier chapitre de la partie théorique.)\n(三) La ligne de partage entre éduquer et tuer (育人殺人之分野).\n近世戰鬭之械日精。拳術之用已失。縱使十年練臂。十年練眼。力如賁育。捷若慶忌。以三寸手槍當之足矣。而歷觀物質文明。極端之邦。尚兢兢研求不遑者何也。蓋近世提倡拳術之目的。與拳術最初之目的殊。古之拳術以殺人。今之拳術以育人。人之百為基於其躬。練拳術則身健。身健則魄力雄。意志强。魄力雄、意志强。天下事不足為也。故余之所述者。本諸見聞。求取實用。不張怪誕。以與邦人君子商榷之。\nDe nos jours, les armes de combat se font chaque jour plus précises et l\u0026rsquo;usage de la boxe s\u0026rsquo;est perdu. Même si l\u0026rsquo;on entraîne ses bras dix ans et ses yeux dix ans, avec la force d\u0026rsquo;un Meng Ben ou d\u0026rsquo;un Xia Yu (賁育) et la rapidité d\u0026rsquo;un Qing Ji (慶忌), un pistolet de trois pouces suffit pour y faire face. Et pourtant, en parcourant les pays à la civilisation matérielle la plus extrême, on y voit encore chercher et étudier avec un zèle sans répit : pourquoi ? C\u0026rsquo;est que le but pour lequel on promeut la boxe aujourd\u0026rsquo;hui diffère de son but premier. La boxe d\u0026rsquo;autrefois servait à tuer ; la boxe d\u0026rsquo;aujourd\u0026rsquo;hui sert à éduquer l\u0026rsquo;homme. Toutes les entreprises de l\u0026rsquo;homme prennent appui sur sa propre personne : pratique-t-on la boxe, le corps se fortifie ; le corps fort, la vigueur est puissante et la volonté ferme. Vigueur puissante et volonté ferme, il n\u0026rsquo;est rien sous le ciel qui ne puisse être accompli. Aussi ce que j\u0026rsquo;expose ici se fonde sur ce que j\u0026rsquo;ai vu et entendu, vise l\u0026rsquo;utilité pratique et n\u0026rsquo;enfle pas le bizarre, afin d\u0026rsquo;en délibérer avec les gentilshommes de notre pays.\n(四) La force yin et la force yang (陰陽勁).\n間訪吾國拳術至雜。省與省殊。縣與縣殊。人與人殊。一師各傳其弟子。弟子各守其心得。其傳術之式。變動不拘。美惡並見。不能集海內之拳師而合閱之。則不能知其技之短長。與其術之優劣。惟恆人所言者。為內外兩家。能內家者。如鳳毛麟角。余未之知也。外家雖雜。大抵分陰陽勁之二派。陽勁以剛勝。陰勁以柔勝。各臻其極。無所為優劣也。惟以身體發育而論。則陰勁不如陽勁。陰勁束身以避敵。猴胸短肋。氣歛局緊。陽勁挺膊舒筋。發揚蹈厲。以今日而倡拳術。實以陽勁為宜。\nEn interrogeant çà et là, la boxe de notre pays est des plus mêlées : elle diffère de province en province, de district en district, de personne en personne. Chaque maître transmet à ses disciples, chaque disciple garde ce qu\u0026rsquo;il a acquis ; les formes transmises varient sans se fixer, belles et laides s\u0026rsquo;y coudoient. Si l\u0026rsquo;on ne peut réunir tous les boxeurs du pays pour les examiner ensemble, on ne peut connaître le fort et le faible de leurs techniques ni l\u0026rsquo;excellence et la médiocrité de leurs méthodes. Seul ce que disent les gens ordinaires distingue deux écoles : l\u0026rsquo;interne et l\u0026rsquo;externe. Ceux qui excellent dans l\u0026rsquo;école interne sont aussi rares que la corne de la licorne et la plume du phénix — je n\u0026rsquo;en ai pas connu. L\u0026rsquo;école externe, bien que mêlée, se divise en gros en deux branches : la force yin (陰勁) et la force yang (陽勁). La force yang vainc par la dureté, la force yin vainc par la souplesse ; chacune atteint son extrême, sans qu\u0026rsquo;il y ait d\u0026rsquo;excellence ou de médiocrité. Mais si l\u0026rsquo;on considère le développement du corps, la force yin ne vaut pas la force yang. La force yin lie le corps pour éviter l\u0026rsquo;adversaire — poitrine de singe, côtes courtes, souffle rassemblé, carrure resserrée ; la force yang tend les épaules, déploie les tendons, s\u0026rsquo;élance et frappe avec fougue. Pour promouvoir la boxe aujourd\u0026rsquo;hui, c\u0026rsquo;est vraiment la force yang qui convient.\n(五) Les cinq harmonies et les trois impulsions (五合三催).\n拳無論陰陽勁。一身之前後左右上下。皆有攻守之手。非然者。為不完全之拳式。初學必演拳式者。欲知其五合三催之理也。何謂五合。手與眼合。眼與心合。肩與腰合。身與步合。上與下合是也。何謂三催。手催、身催、步催、是也。\nQuelle que soit la boxe, force yin ou force yang, tout le corps — devant, derrière, gauche, droite, haut, bas — doit avoir des mains qui attaquent et qui défendent. Sans cela, c\u0026rsquo;est une forme de boxe incomplète. Si le débutant doit absolument dérouler les formes, c\u0026rsquo;est pour connaître le principe des cinq harmonies et des trois impulsions (五合三催). Qu\u0026rsquo;appelle-t-on les cinq harmonies ? La main s\u0026rsquo;accorde à l\u0026rsquo;œil, l\u0026rsquo;œil s\u0026rsquo;accorde au cœur, l\u0026rsquo;épaule s\u0026rsquo;accorde aux reins, le corps s\u0026rsquo;accorde au pas, le haut s\u0026rsquo;accorde au bas — voilà. Qu\u0026rsquo;appelle-t-on les trois impulsions ? L\u0026rsquo;impulsion de la main, l\u0026rsquo;impulsion du corps, l\u0026rsquo;impulsion du pas — voilà.\n(六) Éviter le front (避正面).\n拳術以避正面攻擊。為第一要義。陰勁之猴胸。陽勁之側身。皆所以殺之正力也。\nPour la boxe, éviter l\u0026rsquo;attaque de front est la première exigence. La poitrine de singe de la force yin, le corps de côté de la force yang : tout cela sert à neutraliser la force frontale.\n(七) Du mouvement (說動).\n王志羣曰。敵不動時我不動。敵欲動時我先動。兵法云其靜如山。其動如風。守如處女。出如脫兔。\nWang Zhiqun (王志羣) dit : « Quand l\u0026rsquo;adversaire ne bouge pas, je ne bouge pas ; quand l\u0026rsquo;adversaire veut bouger, je bouge le premier. » L\u0026rsquo;Art de la guerre dit : « Au repos, comme une montagne ; en mouvement, comme le vent. En défense, comme une vierge ; en sortie, comme un lièvre qui s\u0026rsquo;échappe. »\n(八) Examiner la situation (審勢).\n拳術貴審勢。勢之義有二。在己曰蓄勢。在敵曰乘勢。初學者、先學蓄勢。如鷙之將擊。卑飛歛翼。如猛獸之將搏。縮爪張牙。乘勢則神定而眼捷。以待敵隙。非老於技擊者不能也。\nLa boxe prise l\u0026rsquo;examen de la situation (審勢). Le sens de « situation » (勢) est double : en soi, on l\u0026rsquo;appelle « accumuler la posture » (蓄勢) ; chez l\u0026rsquo;adversaire, « saisir la posture » (乘勢). Le débutant apprend d\u0026rsquo;abord à accumuler la posture : comme le rapace qui va fondre vole bas, ailes repliées ; comme la bête féroce qui va bondir rentre les griffes et montre les crocs. Saisir la posture, c\u0026rsquo;est avoir l\u0026rsquo;esprit calme et l\u0026rsquo;œil prompt, pour attendre la faille de l\u0026rsquo;adversaire — seul celui qui est vieilli dans l\u0026rsquo;art du combat le peut.\n(九) Quatre onces déplacent mille livres (四兩撥千斤).\n蓋拳術較勝。以蠻力不如以法理。以法理須有精練純熟之工夫。始能運用其巧妙之技術。則勝算可操也。或問拳術尚方不尚巧。我以不尚蠢不如尚智力。術曰、「借人之力。順人之勢。」卽是四兩撥千斤的意思。何謂四兩撥千斤。譬如槓杆平放。力點在中心。槓竿直豎。力點在極下。若兩人鬭拳。甲方出拳。如有千斤之蠢力衝來。銳不可當。而乙方只須增加四兩引力。順著來勢。向後牽引。則甲方之力。非其所自有。卽為乙方所借矣。或甲方用千斤之力。向懷中猛拉。而乙方亦只須增加四兩送力。順勢推之。則甲方亦必失其重心而倒矣。又如人直立地上。兩腳穩如千斤鑄鼎。亦只須稍出微力。撥其腳踵。其人亦必立覆。是之所謂四兩撥千斤也。\nDans la compétition de boxe, la force brutale ne vaut pas la méthode et le principe. Mais la méthode et le principe exigent un travail raffiné et consommé : alors seulement on peut déployer sa technique ingénieuse et tenir la victoire en main. Si l\u0026rsquo;on demande : « La boxe prise-t-elle la force et non l\u0026rsquo;habileté ? » — je réponds : plutôt que de priser la sottise, mieux vaut priser l\u0026rsquo;intelligence et la force d\u0026rsquo;esprit. L\u0026rsquo;art dit : « Emprunte la force de l\u0026rsquo;homme, suis la tendance de l\u0026rsquo;homme » : c\u0026rsquo;est cela, « quatre onces déplacent mille livres » (四兩撥千斤). Qu\u0026rsquo;appelle-t-on « quatre onces déplacent mille livres » ? Par exemple, un levier posé à plat, le point de force au centre ; un levier dressé à la verticale, le point de force tout en bas [l\u0026rsquo;original intercale ici de petites légendes de figure : « point de force », 力點]. Si deux hommes se battent au poing et que le parti A lance un coup, chargeant comme mille livres de force stupide, d\u0026rsquo;une acuité irrésistible, le parti B n\u0026rsquo;a qu\u0026rsquo;à ajouter quatre onces de force d\u0026rsquo;attraction, suivre la venue de l\u0026rsquo;élan et tirer vers l\u0026rsquo;arrière : la force de A, n\u0026rsquo;étant plus sienne, se trouve empruntée par B. Ou bien A, de toute sa force de mille livres, tire violemment vers son propre corps ; B n\u0026rsquo;a qu\u0026rsquo;à ajouter quatre onces de force d\u0026rsquo;accompagnement et pousser dans le sens de l\u0026rsquo;élan : A perdra certainement son centre de gravité et tombera. Autre exemple : un homme se tient droit sur le sol, les deux pieds stables comme un trépied fondu de mille livres ; il suffit d\u0026rsquo;exercer une force minuscule et de faire basculer ses talons : l\u0026rsquo;homme tombera sur-le-champ. Voilà ce qu\u0026rsquo;on appelle « quatre onces déplacent mille livres ».\n(十) La force d\u0026rsquo;équilibre (平均力).\n夫人之行立坐臥。得其平則安穩。失其平則攲斜。而不穩者皆平均力失其中庸所使然也。而練南派拳術。初入門者。以練習四平樁為不二法門。實得科學之真理。然四平工夫。練到深處。伸拳踢腿。輕若驚鴻。穩似泰山。一舉一動。係得重心之運用。則無往而不安穩矣。平常人未曾習練平均力者。除行立坐臥外。欲試非素習之動作。在在均有傾跌之處也。又如習舟楫者。舟行風浪之中。任其顛簸。如履平地。而不傾覆者、何也。蓋得平均力故也。\nDans la marche, la station, l\u0026rsquo;assise et le coucher de l\u0026rsquo;homme, l\u0026rsquo;équilibre obtenu donne la stabilité ; l\u0026rsquo;équilibre perdu donne l\u0026rsquo;inclinaison ; et toute instabilité vient de ce que la force d\u0026rsquo;équilibre (平均力) a perdu son juste milieu. Dans la boxe de l\u0026rsquo;école du Sud, le débutant prend pour porte unique l\u0026rsquo;exercice de la posture des quatre niveaux (四平樁) : cela saisit réellement la vérité scientifique. Mais lorsque le travail des quatre niveaux est mené à son comble — étendre le poing, lancer la jambe, léger comme l\u0026rsquo;oie sauvage qui s\u0026rsquo;effraie, stable comme le mont Tai — chaque geste, chaque mouvement tient à l\u0026rsquo;emploi du centre de gravité, et l\u0026rsquo;on n\u0026rsquo;est jamais rien moins que stable. L\u0026rsquo;homme ordinaire qui n\u0026rsquo;a jamais exercé la force d\u0026rsquo;équilibre, hors marcher, se tenir, s\u0026rsquo;asseoir et se coucher, s\u0026rsquo;il veut tenter un mouvement qu\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;a pas l\u0026rsquo;habitude de faire, trouve partout de quoi chanceler et tomber. Autre exemple : ceux qui manient la barque — la barque avance au milieu du vent et des vagues, livrée au roulis et au tangage, comme sur un sol plat, sans chavirer. Pourquoi ? Parce qu\u0026rsquo;ils ont acquis la force d\u0026rsquo;équilibre.\n(十一) L\u0026rsquo;âge d\u0026rsquo;or de la pratique de la boxe (練拳黃金時代).\n習拳術者。以三伏三九。為練工夫之黃金時代。其說如何。蓋三伏之天。太陽行近赤道。為一年中與地球最接近之期。地球受太陽所罩。則熱度亦因之驟增。而人之生理。亦因之變化。按全部骨骼筋肉。含膠質部分。均有弛懈之象徵。然習練工夫者。在此時期。加工鍛練。則能深入骨髓。其功必深。又因天熱骨柔。易於矯正姿勢。並且內臟所積之老廢物。由汗線盡量而洩。在熱天所受之暑氣。則排除淨盡。不但技術深入骨髓。關係身體之康强。亦有莫大之效用。至三九之天。因太陽離赤道遠。天氣至斯為最寒冷之期。人之全身骨骼筋肉。均有緊縮之象。習工夫者。以此時亦為黃金時代。蓋人身旣受嚴寒而萎縮。當在斯時加工鍛練。則體內熱力。乃充滿四肢。氣候雖至極寒。亦必出汗如瀋。一若三伏時也。然人之體魄因鍛練而强壯。精神因之而充足。事業因之而日進。豈僅關於身體而已哉。\nCeux qui pratiquent la boxe tiennent les trois décades de chaleur (三伏) et les trois décades de froid (三九) pour l\u0026rsquo;âge d\u0026rsquo;or du travail. Quelle en est la raison ? Aux jours des trois décades de chaleur, le soleil chemine près de l\u0026rsquo;équateur : c\u0026rsquo;est la période de l\u0026rsquo;année où il est le plus proche de la terre ; la terre, couverte par le soleil, voit sa chaleur monter soudain, et la physiologie de l\u0026rsquo;homme s\u0026rsquo;en trouve changée. Dans tous les os et les muscles, les parties qui contiennent de la substance gélatineuse montrent des signes de relâchement. Mais celui qui s\u0026rsquo;entraîne, en redoublant d\u0026rsquo;efforts en cette période, peut pénétrer jusqu\u0026rsquo;à la moelle des os : son travail sera certainement profond. En outre, la chaleur rend les os souples et les postures faciles à corriger ; et les déchets accumulés dans les viscères s\u0026rsquo;évacuent au maximum par les pores de la sueur, tandis que l\u0026rsquo;ardeur estivale reçue pendant les jours chauds s\u0026rsquo;élimine entièrement. Non seulement la technique pénètre jusqu\u0026rsquo;à la moelle, mais pour la santé et la vigueur du corps, l\u0026rsquo;effet est immense. Quant aux trois décades de froid, le soleil étant loin de l\u0026rsquo;équateur, le temps atteint alors sa période la plus froide : tous les os et muscles du corps montrent des signes de contraction. Ceux qui s\u0026rsquo;entraînent tiennent aussi cette époque pour un âge d\u0026rsquo;or : le corps, saisi par le froid rigoureux, se ratatine ; si l\u0026rsquo;on redouble d\u0026rsquo;efforts en ce moment, la chaleur interne du corps remplit les quatre membres, et même par le climat le plus extrême, on transpire comme trempé — exactement comme aux trois décades de chaleur. Ainsi le corps et le souffle de l\u0026rsquo;homme, par l\u0026rsquo;entraînement, deviennent forts ; l\u0026rsquo;esprit s\u0026rsquo;en trouve plein ; les affaires y gagnent chaque jour. Est-ce donc seulement une affaire de corps ?\nDeuxième section — La formule chantée (第二節 歌訣) 懷抱太極本心掌 斷肘觸拳連掌搶 反擒子午趕肘還 挂肘子午加搶掌 邊捶斷肘暗地藏 進步鴛鴦中門搶 攔肘撩陰趕肘還 上步加封先搶掌 攔肘封門又大閉 上步加封單邊掌 滚頂連肘雙披挂 雙推轉身又撩陰 退步趕肘加封進 上步加封勾絆急 加封退步分左右 雙推太極復歸真\nEmbrasser le Taiji, la paume du cœur originel ; briser le coude, toucher le poing, la paume ravie d\u0026rsquo;affilée ; saisie retournée ziwu, le coude qui chasse revient ; coude accroché ziwu, s\u0026rsquo;y ajoute la paume qui ravit ; le marteau de côté, le coude brisé se cache dans l\u0026rsquo;ombre ; avancer, les coudes mandarins ravissent la porte centrale ; barrer du coude, soulever le yin, le coude qui chasse revient ; pas en avant et scellement ajouté, d\u0026rsquo;abord la paume qui ravit ; barrer du coude, sceller la porte, puis la grande clôture ; pas en avant et scellement ajouté, la paume d\u0026rsquo;un seul côté ; rouler, pousser du sommet, coudes enchaînés, double écartement ; double poussée, corps retourné, encore soulever le yin ; reculer, chasser le coude, scellement ajouté, avancer ; pas en avant et scellement ajouté, crochet et trébuchement pressés ; scellement ajouté en reculant, à gauche et à droite ; double poussée, et le Taiji retourne à la vérité.\nCes seize vers de sept caractères récapitulent, dans l\u0026rsquo;ordre, les noms des trente-six postures de l\u0026rsquo;enchaînement (avec quelques variantes, dont « paume du cœur originel » pour « paume du cœur tranquille ») : c\u0026rsquo;est le poème mnémotechnique annoncé dans les règles de l\u0026rsquo;ouvrage.\nChapitre deuxième — L\u0026rsquo;explication illustrée du lian bu quan (第二章 練步拳圖說) Première section — L\u0026rsquo;orientation de la pratique (第一節 行拳方位圖說) 北 西 – 東 南\nLe manuel donne d\u0026rsquo;abord le diagramme des directions : nord en haut, sud en bas, ouest à gauche, est à droite.\n初學習國術。首須記淸方位。然後開始練習。或複習時。或自習時。庶不致盲然無所措手足。或偶遺忘。視方向便於追憶。所以初學者。首須識別方位。例如假定東南西北。習熟後。則不拘何方均可。此路拳假定由東往西。面南背北。如上圖。\nPour commencer l\u0026rsquo;étude des arts martiaux, il faut d\u0026rsquo;abord se souvenir nettement des directions, puis commencer la pratique — que ce soit en révisant ou en s\u0026rsquo;entraînant seul — afin de ne pas rester aveugle, sans savoir où mettre les mains ni les pieds ; et si l\u0026rsquo;on vient à oublier, on regarde la direction et l\u0026rsquo;on se remémore aisément. C\u0026rsquo;est pourquoi le débutant doit d\u0026rsquo;abord reconnaître les directions. Par exemple, on suppose l\u0026rsquo;est, le sud, l\u0026rsquo;ouest et le nord ; une fois familiarisé, n\u0026rsquo;importe quelle direction convient. Cet enchaînement suppose que l\u0026rsquo;on aille de l\u0026rsquo;est vers l\u0026rsquo;ouest, face au sud, dos au nord, comme sur la figure ci-dessus.\nLa position d\u0026rsquo;attention (立正式說明) 兩足跟宜在一線上靠攏並齊。兩足尖向外撇開。約六十度。兩腿自然伸直。上體體重平置於腰上。脊背伸直。微向前傾。兩肩宜平。稍向後張。兩臂自然下垂。兩手貼於股際。五指拼攏而微屈。頭宜正。頸宜直。口宜閉。由鼻呼吸。兩眼向南平視。如第一圖。\nLes deux talons doivent être sur une même ligne, rapprochés et alignés ; les deux pointes des pieds s\u0026rsquo;ouvrent vers l\u0026rsquo;extérieur à environ soixante degrés ; les deux jambes s\u0026rsquo;étendent naturellement ; le poids du haut du corps se pose à plat sur les reins ; la colonne s\u0026rsquo;étire, légèrement inclinée vers l\u0026rsquo;avant ; les deux épaules doivent être de niveau, légèrement tirées en arrière ; les deux bras pendent naturellement, les deux mains collées aux cuisses, les cinq doigts réunis et légèrement fléchis ; la tête doit être droite, le cou droit, la bouche close, et l\u0026rsquo;on respire par le nez ; les deux yeux regardent à plat vers le sud, comme à la première figure.\nDeuxième section — La méthode d\u0026rsquo;enseignement (第二節 教學法圖說) Chaque posture se déroule en quatre commandes (口令), de un à quatre. Le manuel donne pour chacune le nom technique (術名), l\u0026rsquo;application (用法), la description du mouvement (說明) et l\u0026rsquo;analyse technique (術解) ; les figures ne sont pas reproduites ici.\nPremière séquence (第一段) 1ʳᵉ posture — Embrasser le Taiji (懷抱太極). Application : ouvrir le mouvement en faisant naître le Taiji du Wuji.\n開始動作由無極化太極之法。 聞令數一。由立正式全身不動。眼仍視南。左臂上提。小臂平舉於胸前。掌心向下。五指拼而微屈。同時右臂微提。小臂平橫於臍前。五指拼而微屈。掌心向上。與左掌心上下相印。中間相距約二十五生的。兩手形似太極。名曰懷抱。太極定式如第二圖。 此式開始。恰符生理次序。準備運動之動作。先行四肢。而後漸及於軀幹。循序漸進。極合衞生之需要。對於技術上之應用。以此式為變化之始。中藏莫測之機。為國術之要旨也。\nAu commandement « un », depuis la position d\u0026rsquo;attention, tout le corps immobile, le regard toujours vers le sud : le bras gauche se lève, l\u0026rsquo;avant-bras se tenant à plat devant la poitrine, paume vers le bas, les cinq doigts réunis et légèrement fléchis ; en même temps, le bras droit se soulève légèrement, l\u0026rsquo;avant-bras en travers à plat devant le nombril, les cinq doigts réunis et légèrement fléchis, paume vers le haut, en vis-à-vis de haut en bas avec la paume gauche, à environ vingt-cinq centimètres l\u0026rsquo;une de l\u0026rsquo;autre. Les deux mains figurent le Taiji ; cela s\u0026rsquo;appelle « embrasser » ; la posture fixe du Taiji est comme à la deuxième figure.\nCette posture initiale correspond exactement à l\u0026rsquo;ordre physiologique des mouvements préparatoires : d\u0026rsquo;abord les quatre membres, puis progressivement le tronc, par degrés successifs — ce qui répond parfaitement aux besoins de l\u0026rsquo;hygiène. Quant à l\u0026rsquo;application technique, cette posture est le commencement des transformations ; elle recèle des mécanismes insondables — c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;essence des arts martiaux.\n2ᵉ posture — La paume du cœur tranquille (平心掌). Application : parer à gauche et défendre à droite.\n此為禦左防右之法。 聞令數二。由上式左腳向東出一步。左膝彎似弓。右腳直似箭。簡稱左弓式。反是則稱右弓式。或稱前後弓式。下稱倣此。同時左掌往下按。卽向東平推。左臂平舉於左。指尖向南。掌心向東。右掌卽向上托。（一按一托。同時並舉。）握拳收囘於右肋前。拳心向上。小臂平屈。肘尖正向西。眼卽順左掌平視東方。腰直胸挺。如第三圖。 此式設敵由前直入。伸拳衝來。不動聲色。幾為我太極式所破矣。妙處卽在一托一按。深望研究斯道。三注意焉。平心掌為禦敵之掌。其功用全在掌根。使用腕勁。擊敵心房。此為技術之動式也。一式之中。含有無窮之變化。在善用者神而明之。\nAu commandement « deux », depuis la posture précédente, le pied gauche fait un pas vers l\u0026rsquo;est ; le genou gauche fléchit comme un arc, la jambe droite tendue comme une flèche — en abrégé « posture de l\u0026rsquo;arc gauche » ; l\u0026rsquo;inverse s\u0026rsquo;appelle « posture de l\u0026rsquo;arc droit », ou « posture d\u0026rsquo;arc avant-arrière » ; ci-après, on suit ce modèle. En même temps, la paume gauche presse vers le bas puis pousse à plat vers l\u0026rsquo;est ; le bras gauche se tient à plat sur la gauche, le bout des doigts vers le sud, la paume vers l\u0026rsquo;est. La paume droite soutient aussitôt vers le haut (une pression et un soutien, levés en même temps), puis se ferme en poing et revient devant les côtes droites, creux du poing vers le haut, avant-bras replié à plat, la pointe du coude exactement vers l\u0026rsquo;ouest. L\u0026rsquo;œil suit la paume gauche, regardant à plat vers l\u0026rsquo;est. Reins droits, poitrine ouverte, comme à la troisième figure.\nCette posture suppose que l\u0026rsquo;adversaire entre droit devant, poing étendu, chargeant sans bruit ni signe : il est presque déjà brisé par ma posture du Taiji. La merveille tient en un soutien et une pression — j\u0026rsquo;espère vivement que ceux qui étudient cette voie y prêteront une triple attention. La paume du cœur tranquille est la paume qui repousse l\u0026rsquo;adversaire : sa fonction tient tout entière dans le talon de la paume, employant la force du poignet (腕勁) pour frapper le cœur de l\u0026rsquo;adversaire. C\u0026rsquo;est la forme active de la technique ; dans une seule posture se trouvent d\u0026rsquo;innombrables transformations, et il appartient à celui qui sait en user de les éclairer par l\u0026rsquo;esprit.\n3ᵉ posture — Se retourner et briser le coude (反身斷肘). Application : si l\u0026rsquo;adversaire attaque mon arrière, se retourner pour le repousser.\n設敵攻我後方。反身拒敵之法。 聞令數三。由上式翻身向西。左腳不動。右腳收囘半步。腳尖點地。膝微屈。同時右拳由懷中往西平摔。拳眼朝上。大臂與小臂成曲尺形。左臂同時由上繞半圜向右。而掌卽護於右肩前。指端向上。小臂貼於胸前。頭向右轉。眼平視西。如第四圖。 此式為敵襲我後方。則反身以應之。而敵迫近我身。以肘斷其勢。使敵無隙可侵。則自衞固。然後乘機克敵。此為翻身斷敵之法術也。\nAu commandement « trois », depuis la posture précédente, on pivote face à l\u0026rsquo;ouest ; le pied gauche ne bouge pas ; le pied droit revient d\u0026rsquo;un demi-pas, la pointe touchant le sol, le genou légèrement fléchi. En même temps, le poing droit, depuis la poitrine, s\u0026rsquo;abat à plat vers l\u0026rsquo;ouest, l\u0026rsquo;œil du poing vers le haut, le grand bras et l\u0026rsquo;avant-bras formant une équerre. Le bras gauche, en même temps, décrit un demi-cercle par le haut vers la droite, et la paume protège devant l\u0026rsquo;épaule droite, le bout des doigts vers le haut, l\u0026rsquo;avant-bras collé à la poitrine. La tête tourne à droite, le regard à plat vers l\u0026rsquo;ouest, comme à la quatrième figure.\nCette posture répond à l\u0026rsquo;adversaire qui m\u0026rsquo;attaque par-derrière : on se retourne pour lui faire face. Quand l\u0026rsquo;adversaire presse contre mon corps, on brise son élan avec le coude, si bien qu\u0026rsquo;il ne trouve aucune faille à exploiter : la défense de soi est solide. Ensuite, on saisit l\u0026rsquo;occasion pour le vaincre. C\u0026rsquo;est la technique de se retourner pour briser l\u0026rsquo;adversaire.\n4ᵉ posture — Le poing qui touche (觸拳). Application : entrer en contact avec l\u0026rsquo;adversaire en suivant la venue de son élan.\n此為順敵來勢以接觸敵之法。 聞令數四。由上式右腳向西出半步成弓。同時左腳直為箭。稱曰右弓式。右斷肘卽向西伸直。作衝擊之狀。拳眼斜向上。左掌乃護於右肩前。腰直胸挺。眼平視西。如第五圖。 此式設敵伸拳擊來。我卽沿接其手。以拳觸之。此所謂將計就計法。使其無囘旋餘地。受制於頃刻之間。此拳有迅雷不及掩耳之妙用。\nAu commandement « quatre », depuis la posture précédente, le pied droit fait un demi-pas vers l\u0026rsquo;ouest en arc, la jambe gauche tendue en flèche : c\u0026rsquo;est la posture de l\u0026rsquo;arc droit. Le coude brisé droit s\u0026rsquo;étend aussitôt vers l\u0026rsquo;ouest, en geste de frappe, l\u0026rsquo;œil du poing obliquement vers le haut ; la paume gauche protège devant l\u0026rsquo;épaule droite. Reins droits, poitrine ouverte, regard à plat vers l\u0026rsquo;ouest, comme à la cinquième figure.\nCette posture suppose que l\u0026rsquo;adversaire étend le poing pour frapper : je longe et saisis sa main, puis le touche avec mon poing. C\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « retourner son propre stratagème contre lui » : on ne lui laisse aucun espace pour se retourner, et il est maîtrisé en un instant. Ce poing a la merveille du tonnerre qui ne laisse pas le temps de se boucher les oreilles.\nDeuxième séquence (第二段) 5ᵉ posture — Pas en avant, la paume qui ravit (上步搶掌). Application : faire face à l\u0026rsquo;adversaire de côté, guetter la faille et attendre le relâchement.\n此為側面應敵。伺隙待懈之法。 聞令數一。由上式左腳向正南上前一步。成左弓式。卽左腳彎。右腳直。同時右拳變掌。向前平擄。繞四分之一週。至右肋前。卽握拳。手心向上。同時左掌卽向南平搶出。指端向西。掌心向南。右臂平舉於前。眼向南正視。腰直胸挺。如第六圖。 此式手、眼、身、步法。要處處相合。不可須臾相拗。所謂五合三催是也。何謂五合三催之理見緒論。此式兩手動作。均須齊一。不能有此快彼遲之弊。庶幾於拳理近矣。\nAu commandement « un », depuis la posture précédente, le pied gauche fait un pas vers le plein sud, en posture d\u0026rsquo;arc gauche — le pied gauche fléchi, le pied droit tendu. En même temps, le poing droit se change en paume qui balaie à plat vers l\u0026rsquo;avant, décrit un quart de cercle jusqu\u0026rsquo;au-devant des côtes droites, puis se referme en poing, paume vers le haut. En même temps, la paume gauche ravit à plat vers le sud, le bout des doigts vers l\u0026rsquo;ouest, la paume vers le sud ; le bras droit se tient à plat devant. Le regard droit au sud. Reins droits, poitrine ouverte, comme à la sixième figure.\nDans cette posture, main, œil, corps et pas doivent s\u0026rsquo;accorder en tout point, sans jamais se contrarier un instant : c\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle les cinq harmonies et les trois impulsions, dont le principe se voit dans l\u0026rsquo;introduction. Dans cette posture, les mouvements des deux mains doivent être parfaitement simultanés, sans le défaut de l\u0026rsquo;une rapide et l\u0026rsquo;autre lente : alors seulement on approche du principe de la boxe.\n6ᵉ posture — La saisie retournée ziwu (反擒子午). Application : pas en avant, saisie à gauche, frappe à droite.\n此為進步左擒右擊法。 聞令數二。由上式右脚上正南再出一步。成右弓式。同時左掌變拳作擒拿狀。卽向左肩前帶囘。拳與左耳齊。拳心向後。同時右拳由右肋前向南衝出。平舉於前。拳眼向東。眼視拳。腰直胸挺。如第七圖。（側面圖） 此式左掌反擒敵手。右拳隨擒而出。擊敵正面。名曰平心子午拳。敵不動時。我不動。敵欲動。而我先動。兵法云。其靜如山其動如風是也。\nAu commandement « deux », depuis la posture précédente, le pied droit fait encore un pas vers le plein sud, en posture d\u0026rsquo;arc droit. En même temps, la paume gauche se change en poing en geste de saisie et se ramène devant l\u0026rsquo;épaule gauche, le poing à la hauteur de l\u0026rsquo;oreille gauche, le creux du poing vers l\u0026rsquo;arrière. En même temps, le poing droit, depuis le-devant des côtes droites, jaillit vers le sud, tenu à plat devant, l\u0026rsquo;œil du poing vers l\u0026rsquo;est. L\u0026rsquo;œil regarde le poing. Reins droits, poitrine ouverte, comme à la septième figure (vue de côté).\nDans cette posture, la paume gauche saisit en retournant la main de l\u0026rsquo;adversaire ; le poing droit suit la saisie et sort frapper le front de l\u0026rsquo;adversaire ; cela s\u0026rsquo;appelle le « poing ziwu du cœur tranquille ». Quand l\u0026rsquo;adversaire ne bouge pas, je ne bouge pas ; quand l\u0026rsquo;adversaire veut bouger, je bouge le premier. L\u0026rsquo;Art de la guerre dit : « Au repos, comme une montagne ; en mouvement, comme le vent » — c\u0026rsquo;est cela.\n7ᵉ posture — Reculer et chasser le coude (退步趕肘). Application : attirer l\u0026rsquo;adversaire en profondeur, puis le chasser avec le coude.\n為誘敵深入。以肘逐敵之法。 聞令數三。由上式右腳向北。後退一步。成左弓式。同時右拳上翻。乘勢下降。左拳卽靠於右臂上。腰直。眼南視。如第八圖。（側面圖）同時左腳收囘半步。膝彎。腳尖點地。右膝稍曲。成丁字式。右拳卽收囘於懷中。拳心向上。左臂順右臂收囘之勢。向前下趕出。拳心向下。身向前傾。腰腹後吞。胸挺。眼仍視南。如第九圖。（側面圖） 此式誘敵。使其深入重圍。我則乘機以克之。又設我臂被敵所封。則使趕肘以逐之。雖兩臂一伸一縮。須與全身進退。取一致動作。方為有效。否則無功而有害。\nAu commandement « trois », depuis la posture précédente, le pied droit recule d\u0026rsquo;un pas vers le nord, en posture d\u0026rsquo;arc gauche. En même temps, le poing droit se retourne vers le haut puis, à la faveur de l\u0026rsquo;élan, descend ; le poing gauche s\u0026rsquo;appuie aussitôt sur le bras droit. Reins droits, regard vers le sud, comme à la huitième figure (vue de côté). En même temps, le pied gauche revient d\u0026rsquo;un demi-pas, genou fléchi, pointe touchant le sol ; le genou droit se plie légèrement, en posture du caractère ding (丁). Le poing droit se ramène aussitôt dans la poitrine, creux du poing vers le haut ; le bras gauche, suivant l\u0026rsquo;élan du retour du bras droit, chasse vers l\u0026rsquo;avant-bas, creux du poing vers le bas. Le corps s\u0026rsquo;incline vers l\u0026rsquo;avant ; les reins et le ventre se retirent en arrière ; la poitrine s\u0026rsquo;ouvre ; l\u0026rsquo;œil regarde toujours au sud, comme à la neuvième figure (vue de côté).\nCette posture attire l\u0026rsquo;adversaire pour le faire pénétrer profondément dans l\u0026rsquo;encerclement, puis je saisis l\u0026rsquo;occasion de le vaincre. Si mon bras est scellé par l\u0026rsquo;adversaire, je déploie le coude qui chasse pour le repousser. Bien que les deux bras s\u0026rsquo;étendent et se replient, ils doivent agir de concert avec l\u0026rsquo;avancée et le recul de tout le corps : alors seulement c\u0026rsquo;est efficace. Autrement, point de résultat, et même du dommage.\n8ᵉ posture — Le coude accroché ziwu (挂肘子午). Application : protection et poursuite.\n為護衞追擊法 聞令數四。由上式左腳向南半步。右腳跟蹤再上一步。成右弓式。同時左小臂上挂於左肩前。拳心向北。右拳卽由懷中向南衝出。平舉於前。拳心向下。腰直胸挺。眼仍視南。如第十圖。（側面圖） 此為追擊之術。然敵不動。我亦不動。觀其欲動。我則順其來勢。乘機進攻。兵法云。出其不意攻其無備是也。然而攻人者。反為人所攻。何也。夫人心之所欲。必現諸形色。自己不覺。而他人則洞若觀火。所以反為人攻。譬如觀他人欲舉何手。其肩必預為之準備。欲與人談話。眼必先注。此為觀察敵情之一也。\nAu commandement « quatre », depuis la posture précédente, le pied gauche fait un demi-pas vers le sud ; le pied droit suit de près et fait encore un pas, en posture d\u0026rsquo;arc droit. En même temps, l\u0026rsquo;avant-bras gauche accroche vers le haut devant l\u0026rsquo;épaule gauche, creux du poing vers le nord ; le poing droit jaillit aussitôt depuis la poitrine vers le sud, tenu à plat devant, creux du poing vers le bas. Reins droits, poitrine ouverte, regard toujours au sud, comme à la dixième figure (vue de côté).\nC\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;art de la poursuite. Mais si l\u0026rsquo;adversaire ne bouge pas, je ne bouge pas non plus ; je guette son envie de bouger, puis, suivant la venue de son élan, je saisis l\u0026rsquo;occasion d\u0026rsquo;attaquer. L\u0026rsquo;Art de la guerre dit : « Surgir là où il ne s\u0026rsquo;y attend pas, attaquer là où il n\u0026rsquo;est pas préparé » — c\u0026rsquo;est cela. Cependant, pourquoi celui qui attaque se fait-il parfois attaquer par autrui ? Parce que ce que le cœur de l\u0026rsquo;homme désire se manifeste toujours dans son attitude et sur son visage : soi-même ne s\u0026rsquo;en aperçoit pas, mais autrui le voit clairement comme le feu — voilà pourquoi on est attaqué à son tour. Par exemple, quand on voit qu\u0026rsquo;autrui veut lever une main, son épaule se prépare à l\u0026rsquo;avance ; quand on veut parler à quelqu\u0026rsquo;un, les yeux se fixent d\u0026rsquo;abord. C\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;un des moyens d\u0026rsquo;observer la situation de l\u0026rsquo;adversaire.\nTroisième séquence (第三段) 9ᵉ posture — Sceller la porte, la paume qui ravit (封門搶掌). Application : l\u0026rsquo;attaque feinte pour attirer l\u0026rsquo;adversaire.\n為佯攻誘敵法。 聞令數一。由上式左腳向南上步。兩膝彎成騎馬式。同時左臂由左肩前向南下。平斷。微曲於左。右拳卽收囘。護於腰間。眼視南。如第十一圖。（側面圖）同時右腳伸直。左膝仍彎成左弓式。同時右拳變掌。搶向南出。指尖斜向上。左拳亦變掌。隨右臂下囘。護於右腋。掌心向下。眼仍視南。胸挺腰直。如第十二圖。（側面圖） 此式先以肘封敵之門戶。迅卽出掌擊敵之胸部以為餌。此為佯攻誘敵之法。俟其出手防我。恰中我邊捶之計矣。\nAu commandement « un », depuis la posture précédente, le pied gauche fait un pas vers le sud ; les deux genoux fléchissent en posture du cavalier. En même temps, le bras gauche, depuis le-devant de l\u0026rsquo;épaule gauche, tranche à plat vers le sud-bas, légèrement fléchi sur la gauche ; le poing droit se ramène aussitôt, protégeant la taille. Regard vers le sud, comme à la onzième figure (vue de côté). En même temps, la jambe droite s\u0026rsquo;étend, le genou gauche reste fléchi, en posture d\u0026rsquo;arc gauche ; le poing droit se change en paume qui ravit vers le sud, le bout des doigts obliquement vers le haut ; le poing gauche se change aussi en paume, qui suit le bras droit dans sa descente et protège sous l\u0026rsquo;aisselle droite, paume vers le bas. Regard toujours au sud. Poitrine ouverte, reins droits, comme à la douzième figure (vue de côté).\nDans cette posture, on scelle d\u0026rsquo;abord la porte de l\u0026rsquo;adversaire avec le coude, puis on sort aussitôt la paume frapper sa poitrine comme appât. C\u0026rsquo;est la méthode de l\u0026rsquo;attaque feinte pour attirer l\u0026rsquo;adversaire : quand il sort la main pour se défendre, il tombe juste dans le piège de mon marteau de côté.\n10ᵉ posture — Le marteau de côté (邊捶). Application : surprendre l\u0026rsquo;adversaire.\n為出其不意之法。 聞令數二。由上式右腳復彎。成騎馬式。同時左掌變拳。向南橫掃。拳眼向上。右掌卽收囘於右肋前。拳心向上。眼視左拳。胸張向東。腰直。如第十三圖。（側面圖） 此式以上式。誘敵暗藏邊捶。乘敵忙於招架。出其不意。左臂猛然收囘。右臂乘勢橫掃。以拳脊背驟然擊之。猶如軍艦上之邊礟猝發也。\nAu commandement « deux », depuis la posture précédente, le pied droit se fléchit de nouveau, en posture du cavalier. En même temps, la paume gauche se change en poing qui balaie en travers vers le sud, l\u0026rsquo;œil du poing vers le haut ; la paume droite se ramène aussitôt devant les côtes droites, creux du poing vers le haut. L\u0026rsquo;œil regarde le poing gauche ; la poitrine s\u0026rsquo;ouvre vers l\u0026rsquo;est ; reins droits, comme à la treizième figure (vue de côté).\nCette posture, partant de la précédente, attire l\u0026rsquo;adversaire tout en cachant le marteau de côté ; profitant de ce que l\u0026rsquo;adversaire est occupé à parer, sans qu\u0026rsquo;il s\u0026rsquo;y attende, le bras gauche se retire brusquement et le bras droit balaie en travers à la faveur de l\u0026rsquo;élan, frappant soudain avec le dos du poing — comme le canon de bord d\u0026rsquo;un navire de guerre qui part tout à coup.\n11ᵉ posture — Pas en avant, briser le coude (上步斷肘). Application : parer l\u0026rsquo;attaque surprise de l\u0026rsquo;adversaire.\n為禦敵襲擊之法 聞令數三。由上式右腳向南出一步。膝彎。左膝微彎。成側馬式。同時右拳由右向左繞半圜。臂微曲。以肘橫斷於前。拳眼斜朝上。左拳卽變掌。囘護於右肩前。身軀隨步往左旋轉。上體略向前傾。眼平視南。如第十四圖。（側面圖） 此式設敵來襲我。則以肘斷其勢。使敵無懈可侵。則我乘機以使下式之鴛鴦肘。蓋拳術路子。均係一攻、一守、一進、一退。為全套之網領。應如何設計防禦。及攻克之技術。均視當時環境而變化。在學者善用時機耳。\nAu commandement « trois », depuis la posture précédente, le pied droit fait un pas vers le sud, genou fléchi ; le genou gauche légèrement fléchi, en posture de cavalier de côté. En même temps, le poing droit décrit un demi-cercle de droite à gauche, le bras légèrement fléchi, le coude tranchant en travers devant ; l\u0026rsquo;œil du poing obliquement vers le haut. Le poing gauche se change aussitôt en paume qui revient protéger devant l\u0026rsquo;épaule droite. Le torse tourne à gauche avec le pas, le haut du corps s\u0026rsquo;incline légèrement vers l\u0026rsquo;avant. Regard à plat vers le sud, comme à la quatorzième figure (vue de côté).\nCette posture suppose que l\u0026rsquo;adversaire vient m\u0026rsquo;attaquer : je brise son élan avec le coude, si bien qu\u0026rsquo;il ne trouve aucun relâchement à exploiter ; alors je saisis l\u0026rsquo;occasion d\u0026rsquo;enchaîner sur les coudes mandarins de la posture suivante. Les chemins de la boxe sont tous une attaque, une défense, une avance, une retraite : c\u0026rsquo;est le fil conducteur de tout l\u0026rsquo;enchaînement. Comment concevoir les techniques de défense et de conquête dépend des circonstances du moment ; il appartient à l\u0026rsquo;étudiant de bien saisir l\u0026rsquo;occasion.\n12ᵉ posture — Les coudes mandarins (鴛鴦肘). Application : saisir l\u0026rsquo;occasion, pénétrer les lignes et vaincre l\u0026rsquo;adversaire.\n此為乘機陷陣克敵法。 聞令數四。由上式左腳上前一步。成半馬式。同時左掌由右臂下沿右拳向南上繞抄。右拳卽變掌。上體順勢隨步滚進。左掌尖與鼻平行。左掌尖與下腭齊。一身傾東南。眼仍視前。如第十五圖。（側面圖） 此式名曰鴛鴦肘。卽左右兩臂同時並用挾攻之意。惟身體須活潑。順乎手步之法。旋身滚入。勢若游龍。深入敵境。出全力以制之。則勝算自操矣。\nAu commandement « quatre », depuis la posture précédente, le pied gauche fait un pas en avant, en demi-posture du cavalier. En même temps, la paume gauche, passant sous le bras droit le long du poing droit, contourne et saisit vers le sud-haut ; le poing droit se change aussitôt en paume. Le haut du corps, à la faveur de l\u0026rsquo;élan, roule en avant avec le pas ; la pointe de la paume gauche est au niveau du nez, la pointe de la paume gauche à hauteur du menton. Le corps tout entier s\u0026rsquo;incline vers le sud-est ; l\u0026rsquo;œil regarde toujours devant, comme à la quinzième figure (vue de côté).\nCette posture s\u0026rsquo;appelle « coudes mandarins » : les deux bras, gauche et droit, agissent en même temps, dans l\u0026rsquo;intention d\u0026rsquo;attaquer en tenaille. Le corps doit être vif et suivre la loi des mains et des pas : on pivote et l\u0026rsquo;on roule pour pénétrer, l\u0026rsquo;allure d\u0026rsquo;un dragon qui nage, s\u0026rsquo;enfonçant profondément dans le territoire ennemi, déployant toute sa force pour le maîtriser : alors la victoire est en main.\nQuatrième séquence (第四段) 13ᵉ posture — Sceller la porte, la paume qui ravit (封門搶掌). Application : feindre en haut, prendre en bas.\n為上佯下取之法。 聞令數一。由上式右腳向南上一步。膝彎。左腳直。成右弓式。同時右掌向南斜上搶出。指尖與眼成平行線。手心向上。左掌囘護於右腋下。眼平視南。腰直胸挺。如第十六圖。（側面圖） 此式以左掌封敵之門戶。右掌搶出擊、敵之咽喉與眼。倘敵設防於上。我取其下。或取於中。隨機變化。不拘一格。\nAu commandement « un », depuis la posture précédente, le pied droit fait un pas vers le sud, genou fléchi, jambe gauche tendue, en posture d\u0026rsquo;arc droit. En même temps, la paume droite ravit obliquement vers le sud-haut, le bout des doigts sur une ligne parallèle aux yeux, paume vers le haut ; la paume gauche revient protéger sous l\u0026rsquo;aisselle droite. Regard à plat vers le sud. Reins droits, poitrine ouverte, comme à la seizième figure (vue de côté).\nDans cette posture, la paume gauche scelle la porte de l\u0026rsquo;adversaire ; la paume droite ravit et frappe sa gorge et ses yeux. Si l\u0026rsquo;adversaire se défend en haut, je prends en bas, ou au milieu : on varie selon l\u0026rsquo;occasion, sans s\u0026rsquo;en tenir à une seule formule.\n14ᵉ posture — Le coude qui barre (攔肘). Application : se ramasser et résister en haut et en bas.\n為縮身上下抗敵法。 聞令數二。由上式兩腿下彎。成騎馬式。同時左掌由右腋下托護於頭頂之前面。右掌握由內繞半圜下攔於右腿之外。拳眼斜向西南。眼平視南。身軀面西。腰直胸挺。如第十七圖。（側面圖） 此式為護頂攔敵之法。亦為守勢之基礎。兩手一上一下。如撕綿然。不分輕重遲鈍。動作齊一。用力均匀。則守基自固矣。\nAu commandement « deux », depuis la posture précédente, les deux jambes fléchissent vers le bas, en posture du cavalier. En même temps, la paume gauche, depuis sous l\u0026rsquo;aisselle droite, soutient et protège devant le sommet de la tête ; le poing droit décrit un demi-cercle par l\u0026rsquo;intérieur et barre vers le bas à l\u0026rsquo;extérieur de la jambe droite, l\u0026rsquo;œil du poing obliquement vers le sud-ouest. Regard à plat vers le sud ; le torse fait face à l\u0026rsquo;ouest. Reins droits, poitrine ouverte, comme à la dix-septième figure (vue de côté).\nCette posture protège le sommet de la tête et barre l\u0026rsquo;adversaire ; c\u0026rsquo;est aussi le fondement de la posture défensive. Les deux mains, l\u0026rsquo;une en haut, l\u0026rsquo;autre en bas, comme si l\u0026rsquo;on déchirait de la soie, sans distinguer lourd ou léger, lent ou engourdi : les mouvements unis, la force répartie également, et la base de la défense est d\u0026rsquo;elle-même solide.\n15ᵉ posture — La paume qui soulève le yin (撩陰掌). Application : attaquer l\u0026rsquo;adversaire en changeant de direction.\n為變更方位襲敵法。 聞令數三。由上式轉身向左。左膝仍彎。右腳蹬直。成左弓式。同時右拳變掌。由南向北下上撩掌心向上。五指微曲。左掌下降。護於右肩前。身軀向北。眼亦朝北平視。如第十八圖。（側面圖） 此式為襲擊敵人下部。此卽攻其無備之意。而身轉變。步亦隨之。不可遲滯。至失機會。是為拳術之要旨也。\nAu commandement « trois », depuis la posture précédente, on tourne le corps vers la gauche ; le genou gauche reste fléchi, la jambe droite se tend en poussant, en posture d\u0026rsquo;arc gauche. En même temps, le poing droit se change en paume qui, du sud vers le nord, soulève de bas en haut, paume vers le haut, les cinq doigts légèrement fléchis ; la paume gauche descend protéger devant l\u0026rsquo;épaule droite. Le torse fait face au nord ; l\u0026rsquo;œil regarde aussi à plat vers le nord, comme à la dix-huitième figure (vue de côté).\nCette posture attaque la partie basse de l\u0026rsquo;adversaire — c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;intention de frapper là où il n\u0026rsquo;est pas préparé. Le corps se retourne, le pas le suit : il ne faut ni tarder ni s\u0026rsquo;attarder, au point de perdre l\u0026rsquo;occasion. C\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;essentiel de la boxe.\n16ᵉ posture — Reculer et chasser le coude (退步趕肘). Application : reculer en feinte, refuser en réalité.\n為佯退實拒法。 聞令數四。由上式左腳收囘半步。腳尖點地。右腿下蹲。同時右掌握拳。收囘於肋前。左掌卽變拳。沿右臂向北斜下趕出。拳與左膝平行。拳眼斜向上。腰直胸挺。眼平視北。如第十九圖。（側面圖） 此式以上式之掌。設被敵所封。我則以肘逐之。而抽身後退。伺迎敵來。復再乘勢以攻之。\nAu commandement « quatre », depuis la posture précédente, le pied gauche revient d\u0026rsquo;un demi-pas, pointe touchant le sol ; la jambe droite s\u0026rsquo;accroupit. En même temps, la paume droite se ferme en poing et se ramène devant les côtes ; la paume gauche se change aussitôt en poing qui, le long du bras droit, chasse obliquement vers le nord-bas, le poing parallèle au genou gauche, l\u0026rsquo;œil du poing obliquement vers le haut. Reins droits, poitrine ouverte, regard à plat vers le nord, comme à la dix-neuvième figure (vue de côté).\nDans cette posture, si la paume de la posture précédente est scellée par l\u0026rsquo;adversaire, je le chasse avec le coude, puis je retire le corps en arrière, guettant la venue de l\u0026rsquo;adversaire pour, à nouveau, profiter de l\u0026rsquo;élan et l\u0026rsquo;attaquer.\nCinquième séquence (第五段) 17ᵉ posture — Pas en avant, ajouter le scellement (上步加封). Application : avancer pour poursuivre.\n為進步追擊之法。 聞令數一。由上式右腳向北出一步。膝彎。左腳伸直。成右弓式。同時右拳由肋前向西北上斜方繞擊。拳眼斜向上。左拳卽變掌。由前下往上繞腕。作反擒狀。卽護於右肩前。指尖向上。眼視右拳。身稍前傾。如第二十圖。（側面圖） 此式設敵乘我後退。再逼一步。我卽上右腳。封其左腳。出左手擒其臂。右拳順勢繞擊其耳門。\nAu commandement « un », depuis la posture précédente, le pied droit fait un pas vers le nord, genou fléchi, jambe gauche tendue, en posture d\u0026rsquo;arc droit. En même temps, le poing droit, depuis le-devant des côtes, contourne pour frapper obliquement vers le nord-ouest-haut, l\u0026rsquo;œil du poing obliquement vers le haut ; le poing gauche se change aussitôt en paume qui, de l\u0026rsquo;avant-bas, remonte en tournant le poignet, en geste de saisie retournée, puis protège devant l\u0026rsquo;épaule droite, doigts vers le haut. L\u0026rsquo;œil regarde le poing droit ; le corps s\u0026rsquo;incline légèrement vers l\u0026rsquo;avant, comme à la vingtième figure (vue de côté).\nCette posture suppose que l\u0026rsquo;adversaire, profitant de mon recul, me presse d\u0026rsquo;un pas de plus : j\u0026rsquo;avance aussitôt le pied droit pour sceller son pied gauche, sors la main gauche pour saisir son bras, et le poing droit, à la faveur de l\u0026rsquo;élan, contourne pour frapper la porte de son oreille.\n18ᵉ posture — Sceller la porte, la paume qui ravit (封門搶掌). Application : sceller l\u0026rsquo;adversaire et manœuvrer la paume.\n為封敵運掌法。 聞令數二。由上式身樁不動。右拳收囘於腋下。復變掌。卽向北斜上搶出。掌心向上。五指拼齊。微曲。同時左手由前往繞一周。卽封於右腋下。掌心向下。眼視右掌。如第二十一圖。（側面圖） 此式與上式連環使用。為變化之手。不落恆蹊。使敵莫測其由來。則拳術之術字。其義廣矣。\nAu commandement « deux », depuis la posture précédente, la base du corps ne bouge pas ; le poing droit se ramène sous l\u0026rsquo;aisselle, redevient paume et ravit aussitôt obliquement vers le nord-haut, paume vers le haut, les cinq doigts réunis et légèrement fléchis. En même temps, la main gauche décrit un tour par l\u0026rsquo;avant et scelle sous l\u0026rsquo;aisselle droite, paume vers le bas. L\u0026rsquo;œil regarde la paume droite, comme à la vingt et unième figure (vue de côté).\nCette posture s\u0026rsquo;emploie en chaîne avec la précédente : c\u0026rsquo;est la main des transformations, qui ne tombe pas dans les sentiers battus, si bien que l\u0026rsquo;adversaire ne peut deviner d\u0026rsquo;où elle vient. Le caractère « technique » (術) de la boxe a vraiment un sens vaste.\n19ᵉ posture — Le coude qui barre (攔肘). Application : protéger en haut et en bas.\n為上下防護法。 聞令數三。由上式兩腿下彎。成騎馬式。身軀朝東。同時右掌抽囘變拳。乘勢向外攔肘。拳眼向東。左掌上托護頂。掌心斜向上。眼向北平視。腰直胸挺。如第二十二圖。（側面圖） 設敵乘虛攻我下部。我卽閃身以避之。囘手以抗之。夫國術貴乎自衞。不以攻人為能。始達體育之本旨矣。\nAu commandement « trois », depuis la posture précédente, les deux jambes fléchissent, en posture du cavalier, le torse face à l\u0026rsquo;est. En même temps, la paume droite se retire et redevient poing ; à la faveur de l\u0026rsquo;élan, le coude barre vers l\u0026rsquo;extérieur, l\u0026rsquo;œil du poing vers l\u0026rsquo;est. La paume gauche soutient vers le haut, protégeant le sommet de la tête, paume obliquement vers le haut. Regard à plat vers le nord. Reins droits, poitrine ouverte, comme à la vingt-deuxième figure (vue de côté).\nSi l\u0026rsquo;adversaire, profitant d\u0026rsquo;une faille, attaque ma partie basse, j\u0026rsquo;esquive aussitôt le corps pour l\u0026rsquo;éviter et reviens la main pour lui résister. Les arts martiaux prisent la défense de soi : ce n\u0026rsquo;est pas en sachant attaquer autrui, mais en atteignant l\u0026rsquo;esprit même de l\u0026rsquo;éducation physique.\n20ᵉ posture — Sceller la porte, la grande clôture (封門大閉). Application : maîtriser l\u0026rsquo;adversaire.\n此為伏敵之法。 聞令數四。由上式右腳繞至左腳前一步站地。腳尖旋轉。左腳隨旋身時。卽向北出一大步。右膝深彎。伏地。成左撲腿式。身軀朝正西。同時右拳變掌。由下往上繞轉。卽下按伏。左掌同時亦下按。身軀稍左傾。眼視北。腰直胸挺。如第二十三圖。（側面圖） 此式設敵攻我中部。我以右手封其左臂。而左手卽乘勢下按。身體閃開繞過敵後。此所謂封門大閉是也。\nAu commandement « quatre », depuis la posture précédente, le pied droit contourne pour se poser un pas devant le pied gauche, la pointe pivotant ; le pied gauche, pendant que le corps pivote, fait aussitôt un grand pas vers le nord ; le genou droit se fléchit profondément, le corps descend, en posture de jambe qui se jette à gauche. Le torse fait face au plein ouest. En même temps, le poing droit se change en paume qui tourne de bas en haut puis presse aussitôt vers le bas en se couchant ; la paume gauche presse aussi vers le bas en même temps. Le torse s\u0026rsquo;incline légèrement à gauche ; regard vers le nord. Reins droits, poitrine ouverte, comme à la vingt-troisième figure (vue de côté).\nCette posture suppose que l\u0026rsquo;adversaire attaque mon centre : je scelle son bras gauche avec la main droite, tandis que la main gauche presse aussitôt vers le bas à la faveur de l\u0026rsquo;élan ; le corps esquive et contourne pour passer derrière l\u0026rsquo;adversaire. C\u0026rsquo;est ce qu\u0026rsquo;on appelle « sceller la porte, grande clôture ».\nSixième séquence (第六段) 21ᵉ posture — Pas en avant, ajouter le scellement (上步加封). Application : protection et contre-attaque.\n為防護反擊法。 聞令數一。由上式左腳繞至右腳前。向西出一步。身體向左旋轉。同時右腳順身繞半周。向北出一步。胸脯朝東。同時左掌由下向胸前繞轉一周。作反擒勢。卽護於右肩前。同時左掌卽變拳。由身前向外繞至右斜上方橫擊。拳眼向外。眼視北。腰直。如第二十四圖。（側面圖） 此式以身法旋轉。勢若游魚。步隨身進。盡其騰竄之能事。手法則出其上下相應之技術。眼則監視敵方形情舉動。不失其機。始可得尺寸之功。\nAu commandement « un », depuis la posture précédente, le pied gauche contourne devant le pied droit et fait un pas vers l\u0026rsquo;ouest ; le corps pivote vers la gauche. En même temps, le pied droit, suivant le corps, contourne un demi-tour et fait un pas vers le nord ; la poitrine fait face à l\u0026rsquo;est. En même temps, la paume gauche, de bas en haut, décrit un tour devant la poitrine, en geste de saisie retournée, puis protège devant l\u0026rsquo;épaule droite ; en même temps, la paume gauche se change en poing qui, de devant le corps, contourne vers l\u0026rsquo;extérieur jusqu\u0026rsquo;au-dessus-oblique droit et frappe en travers, l\u0026rsquo;œil du poing vers l\u0026rsquo;extérieur. Regard vers le nord ; reins droits, comme à la vingt-quatrième figure (vue de côté).\nCette posture fait pivoter la méthode du corps, l\u0026rsquo;allure d\u0026rsquo;un poisson qui nage ; le pas avance avec le corps, épuisant les talents de bond et de fuite. Pour les mains, on déploie la technique où le haut et le bas se répondent ; pour les yeux, on surveille la situation et les gestes du camp adverse, sans manquer l\u0026rsquo;occasion : alors seulement on peut obtenir des gains à la mesure d\u0026rsquo;un pouce.\n22ᵉ posture — La paume d\u0026rsquo;un seul côté (單邊掌). Application : profiter de la faille et frapper l\u0026rsquo;adversaire.\n為乘隙擊敵法。 聞令數二。由上式步位不動。右拳收囘。護於右肋前。同時左掌乘勢向北撐去。上體順勢向左轉。下步成右拗步。眼視掌指端。斜向上。掌心向北。定式如第二十五圖。（側面圖） 此式出敵不意。以連珠法乘懈以擊之。步法雖不動。而身法一閃。亦隨之而變動。身體閃轉。亦隨手勢而行。總而言之。伸屈閃轉。均須一氣到底。不卽不離是也。\nAu commandement « deux », depuis la posture précédente, la position des pieds ne bouge pas ; le poing droit se ramène, protégeant devant les côtes droites. En même temps, la paume gauche, à la faveur de l\u0026rsquo;élan, pousse vers le nord ; le haut du corps tourne à gauche suivant l\u0026rsquo;élan ; le bas fait un pas croisé droit (拗步). L\u0026rsquo;œil regarde le bout des doigts de la paume, obliquement vers le haut ; la paume vers le nord. Posture fixe comme à la vingt-cinquième figure (vue de côté).\nCette posture surprend l\u0026rsquo;adversaire : par la méthode des perles enchaînées, on profite de son relâchement pour frapper. Le pas ne bouge pas, mais la méthode du corps, d\u0026rsquo;un éclair, change avec lui ; les esquives et les rotations du corps suivent le geste des mains. En un mot : étendre, fléchir, esquiver, pivoter, tout doit aller d\u0026rsquo;un seul souffle jusqu\u0026rsquo;au bout — ni trop près, ni trop loin.\n23ᵉ posture — Le coude qui roule (滚肘). Application : contraindre l\u0026rsquo;adversaire à battre en retraite.\n為迫敵退卻法。 聞令數三。由上式右腿伸。左腿彎。同時右臂曲彎。以肘向左滚。左掌卽護於右拳上。上體順肘勢。向左猛滚。下樁成拗步。眼亦隨肘向南平視。定式如第二十六圖（側面圖） 此式設敵近我身旁。利於短兵相接之時。當以肘克之。因伸拳出掌。失其效用故也。此肘以滚命名。係出肘時注全力連身帶滚。始可制勝。惟步武須穩。不然。下部一鬆。全功盡棄。\nAu commandement « trois », depuis la posture précédente, la jambe droite s\u0026rsquo;étend, la jambe gauche fléchit. En même temps, le bras droit se replie et le coude roule vers la gauche ; la paume gauche protège aussitôt sur le poing droit. Le haut du corps, suivant l\u0026rsquo;élan du coude, roule brusquement vers la gauche ; la base devient un pas croisé. L\u0026rsquo;œil, suivant le coude, regarde à plat vers le sud. Posture fixe comme à la vingt-sixième figure (vue de côté).\nCette posture suppose l\u0026rsquo;adversaire tout près de mon corps, au moment où le combat au corps à corps est favorable : il faut le vaincre avec le coude, car étendre le poing ou sortir la paume y perd son utilité. Ce coude est nommé « roulant » parce qu\u0026rsquo;au moment de le sortir on concentre toute la force et que le corps entier roule avec lui : alors seulement on peut remporter la victoire. Seulement, la base des pas doit être stable ; sinon, si le bas se relâche, tout le travail est perdu.\n24ᵉ posture — Le coude qui pousse du sommet (頂肘). Application : répondre à l\u0026rsquo;adversaire et le maîtriser.\n為應敵制敵法。 聞令數四。由上式左腿伸。右腿曲。部位不動。惟兩腳尖轉動。兩腿伸曲。同時右肘往北向上高頂。左掌托護右拳。上體旋轉。向左側傾。頭順肘勢。卽向右轉仰面向上。眼視肘尖。定式如第二十七圖。（側面圖） 此式設敵由高撲下。以肘承之。順搗其胸部。夫拳術欲操勝算。捨短兵肉搏。無由成功。用肘亦用臂。用肩用膝。均係短兵之法也。\nAu commandement « quatre », depuis la posture précédente, la jambe gauche s\u0026rsquo;étend, la jambe droite fléchit ; les emplacements ne bougent pas, seules les pointes des pieds pivotent, les jambes s\u0026rsquo;étendant et fléchissant. En même temps, le coude droit pousse haut vers le nord ; la paume gauche soutient et protège le poing droit. Le haut du corps pivote et s\u0026rsquo;incline sur le côté gauche ; la tête, suivant l\u0026rsquo;élan du coude, tourne à droite, le visage levé vers le haut. L\u0026rsquo;œil regarde la pointe du coude. Posture fixe comme à la vingt-septième figure (vue de côté).\nCette posture suppose l\u0026rsquo;adversaire qui fond d\u0026rsquo;en haut : on le reçoit avec le coude et, suivant l\u0026rsquo;élan, on martèle sa poitrine. Pour tenir la victoire en main dans la boxe, hors le corps à corps à armes courtes, il n\u0026rsquo;est pas de chemin vers le succès. Employer le coude, employer aussi le bras, l\u0026rsquo;épaule, le genou : ce sont toutes des méthodes d\u0026rsquo;armes courtes.\nSeptième séquence (第七段) 25ᵉ posture — Le double écartement (雙披挂). Application : dénouer le danger et se protéger.\n此為解危防護法。 聞令數一。由上式左腳向北一步。兩腿下彎。成馬式。腰直胸挺。同時兩臂往上。左右分披開。掌心斜向東。全身面東。如第二十八圖。（側面圖）同時兩掌由上經胸前下按。身樁不動。兩腿稍下沉。如第二十九圖。（側面圖） 此式為上抗下禦。例如敵以雙封貫耳。擊我太陽穴我以雙披手解之。又以腿撩我陰。則以雙按手以禦之。此為防護之要法也。\nAu commandement « un », depuis la posture précédente, le pied gauche fait un pas vers le nord ; les deux jambes fléchissent en posture du cavalier. Reins droits, poitrine ouverte. En même temps, les deux bras montent et s\u0026rsquo;écartent à gauche et à droite, paumes obliquement vers l\u0026rsquo;est ; tout le corps fait face à l\u0026rsquo;est, comme à la vingt-huitième figure (vue de côté). En même temps, les deux paumes, du haut en passant devant la poitrine, pressent vers le bas ; la base du corps ne bouge pas, les deux jambes s\u0026rsquo;abaissent légèrement, comme à la vingt-neuvième figure (vue de côté).\nCette posture résiste en haut et pare en bas. Par exemple, si l\u0026rsquo;adversaire frappe mes tempes en double coup perçant les oreilles, je le dénoue avec les mains qui écartent ; s\u0026rsquo;il soulève mon aine avec la jambe, je m\u0026rsquo;en défends avec les mains qui pressent. C\u0026rsquo;est une méthode capitale de protection.\n26ᵉ posture — La double poussée (雙推). Application : repousser une attaque par-derrière.\n此為後拒襲擊法。 聞令數二。由上式右腳由東往西出一步。右膝彎。左腳直。成右弓式。同時兩臂翻轉並行。用雙掌向東推出。指端斜向下。掌心仰上。同時身體順步法。右向後轉。腰直胸挺。眼平視西。如第三十圖。 此式設敵由後方襲擊我。則轉身以應之。雙掌托敵之小腹。以用掌根勁則傷腹。用手腕勁則傾敵。此式不著則已。著則非跌卽傷。學者不可輕試。慎之慎之。\nAu commandement « deux », depuis la posture précédente, le pied droit fait un pas de l\u0026rsquo;est vers l\u0026rsquo;ouest ; le genou droit fléchit, la jambe gauche tendue, en posture d\u0026rsquo;arc droit. En même temps, les deux bras se retournent et avancent côte à côte, les deux paumes poussant vers l\u0026rsquo;est, le bout des doigts obliquement vers le bas, les paumes tournées vers le haut. En même temps, le corps, suivant la loi du pas, pivote vers l\u0026rsquo;arrière-droit. Reins droits, poitrine ouverte, regard à plat vers l\u0026rsquo;ouest, comme à la trentième figure.\nCette posture suppose l\u0026rsquo;adversaire qui m\u0026rsquo;attaque par-derrière : je pivote pour lui répondre. Les deux paumes soutiennent le bas-ventre de l\u0026rsquo;adversaire ; avec la force du talon de la paume, on blesse le ventre ; avec la force du poignet, on fait basculer l\u0026rsquo;adversaire. Cette posture, si elle ne touche pas, tant mieux ; si elle touche, c\u0026rsquo;est la chute ou la blessure. L\u0026rsquo;étudiant ne doit pas la tenter à la légère. Prudence, prudence.\n27ᵉ posture — Pivoter et soulever le yin (轉身撩陰). Application : pivoter et contre-attaquer.\n為轉身反攻法。 聞令數三。由上式身向左後轉。右腳伸直。左腳彎曲。成左拗步。同時右掌向東下撩掌。左掌卽護於右膊上。胸挺。眼平視東。如第三十一圖。 此式與上式為連環變化攻敵之法。欲其有效。須身體轉動自如。心靈手快。無半點乾澀之狀。則得心應手矣。\nAu commandement « trois », depuis la posture précédente, le corps pivote vers l\u0026rsquo;arrière-gauche ; la jambe droite s\u0026rsquo;étend, la jambe gauche fléchit, en pas croisé gauche. En même temps, la paume droite soulève vers le bas-est ; la paume gauche protège aussitôt sur le bras droit. Poitrine ouverte, regard à plat vers l\u0026rsquo;est, comme à la trente et unième figure.\nCette posture et la précédente forment une chaîne de transformations pour attaquer l\u0026rsquo;adversaire. Pour qu\u0026rsquo;elle soit efficace, le corps doit pivoter avec aisance, l\u0026rsquo;esprit vif et les mains rapides, sans la moindre raideur : alors la main répond au cœur.\n28ᵉ posture — Reculer et chasser le coude (退步趕肘). Application : reculer en feinte pour repousser l\u0026rsquo;adversaire.\n為佯退禦敵法。 聞令數四。由上式右腳曲。左腳卽收囘半步。腳尖點地。同時左右兩掌卽握拳。左臂向前下趕肘。右臂卽收囘。護於右肋旁。眼仍視東。如第三十二圖。 此式設敵擒住我右手。我以左臂肘驅趕之。禦敵之法。全憑一進一退一伸一縮之間。得以化險為夷。否則不堪設想。\nAu commandement « quatre », depuis la posture précédente, la jambe droite fléchit ; le pied gauche revient aussitôt d\u0026rsquo;un demi-pas, pointe touchant le sol. En même temps, les deux paumes se ferment en poings ; le bras gauche chasse le coude vers l\u0026rsquo;avant-bas ; le bras droit se ramène aussitôt, protégeant le côté des côtes droites. L\u0026rsquo;œil regarde toujours vers l\u0026rsquo;est, comme à la trente-deuxième figure.\nCette posture suppose l\u0026rsquo;adversaire qui saisit ma main droite : avec le coude du bras gauche, je le chasse. La méthode de repousser l\u0026rsquo;adversaire tient tout entière dans une avance et un recul, une extension et une contraction : c\u0026rsquo;est par là qu\u0026rsquo;on change le danger en sécurité. Autrement, il n\u0026rsquo;y a rien à imaginer de bon.\nHuitième séquence (第八段) 29ᵉ posture — Pas en avant, ajouter le scellement (上步加封). Application : avancer pour poursuivre.\n為進步追擊法。 聞令數一。由上式左腳向南踏出一步。右腳卽跟隨再出一步。膝彎。左腿伸直。成右弓式。同時左拳變掌。小臂由左繞小環一周。似擒拿之狀。同時右臂伸直。卽向南斜上橫擊。拳心仰向。左掌護於右肩前。眼平視拳。如第三十三圖。（右側面圖） 此式設敵擊我上部。我以擒拿封其手。出右拳橫摧其太陽穴。惟左右腳步法須活。不宜呆。出步處處須走外圈。由側面而擊之。否則無效也。\nAu commandement « un », depuis la posture précédente, le pied gauche fait un pas vers le sud ; le pied droit suit aussitôt d\u0026rsquo;un pas de plus, genou fléchi, jambe gauche tendue, en posture d\u0026rsquo;arc droit. En même temps, le poing gauche se change en paume ; l\u0026rsquo;avant-bras décrit un petit cercle par la gauche, en geste de saisie ; en même temps, le bras droit s\u0026rsquo;étend et frappe en travers obliquement vers le sud-haut, creux du poing vers le haut ; la paume gauche protège devant l\u0026rsquo;épaule droite. Regard à plat sur le poing, comme à la trente-troisième figure (vue du côté droit).\nCette posture suppose l\u0026rsquo;adversaire qui frappe ma partie haute : je scelle sa main par la saisie et sors le poing droit pour briser en travers sa tempe. Seulement, les pas des pieds gauche et droit doivent être souples, non figés ; à chaque pas, il faut cheminer par le cercle extérieur et frapper de côté. Sinon, rien d\u0026rsquo;efficace.\n30ᵉ posture — Pas en avant, ajouter le scellement (上步加封). Application : avancer encore d\u0026rsquo;un pas.\n此為再進一步之法。 聞令數二。由上式右腳由東向南活一步。左腳卽跟隨向南進一步。左膝彎。右腳伸直。成右弓式。同時右拳變掌。用臂腕由左繞一圈作擒拿狀同時左掌變拳伸臂由東向南前橫擊太陽穴。右掌卽護於右肩前。左臂斜上舉。眼視拳。腰直胸挺。如第三十四圖。（左側圖） 此式與上式同功異曲。雖是如此。然其變化殊妙。非比平常。皆因其左右逢源。不落恆蹊故也。\nAu commandement « deux », depuis la posture précédente, le pied droit glisse d\u0026rsquo;un pas de l\u0026rsquo;est vers le sud ; le pied gauche suit aussitôt d\u0026rsquo;un pas vers le sud ; le genou gauche fléchit, la jambe droite tendue, en posture d\u0026rsquo;arc droit. En même temps, le poing droit se change en paume ; le bras et le poignet décrivent un cercle par la gauche, en geste de saisie ; en même temps, la paume gauche se change en poing, le bras s\u0026rsquo;étend et frappe en travers, de l\u0026rsquo;est vers l\u0026rsquo;avant-sud, visant la tempe ; la paume droite protège aussitôt devant l\u0026rsquo;épaule droite ; le bras gauche s\u0026rsquo;élève obliquement. L\u0026rsquo;œil regarde le poing. Reins droits, poitrine ouverte, comme à la trente-quatrième figure (vue du côté gauche).\nCette posture et la précédente remplissent la même fonction par des moyens différents. Même ainsi, ses transformations sont d\u0026rsquo;une merveille hors du commun, parce qu\u0026rsquo;elle trouve sa source à gauche comme à droite et ne tombe pas dans les sentiers battus.\n31ᵉ posture — Le crochet et le trébuchement (勾絆). Application : les trois poursuites pour vaincre l\u0026rsquo;adversaire.\n為三追克敵法。 聞令數三。由上式右腳向南出半步。膝稍彎。左腳卽向南橫掃。腳尖往內勾絆敵足。腿伸直。小腹歛。胸挺。眼平視南。同時左拳變掌。反擒繞半環於右腋下。卽變勾同時兩手各向東西平擄。掌心朝北。如第三十五圖。（右側圖） 此式右手扳敵脖。左手勾敵頸。右腳管敵足。左足掃敵腿。上勾下絆。同時並舉克敵。尤易於摧枯拉朽。法雖如此。非有真實功夫者。不克臻此學者宜勉之\nAu commandement « trois », depuis la posture précédente, le pied droit fait un demi-pas vers le sud, genou légèrement fléchi ; le pied gauche balaie aussitôt en travers vers le sud, la pointe crochetant et trébuchant le pied de l\u0026rsquo;adversaire, la jambe tendue. Le bas-ventre se rassemble, la poitrine s\u0026rsquo;ouvre, regard à plat vers le sud. En même temps, le poing gauche se change en paume qui, en saisie retournée, décrit un demi-cercle sous l\u0026rsquo;aisselle droite puis se change en crochet ; en même temps, les deux mains balaient à plat chacune vers l\u0026rsquo;est et l\u0026rsquo;ouest, paumes vers le nord, comme à la trente-cinquième figure (vue du côté droit).\nDans cette posture, la main droite tire le cou de l\u0026rsquo;adversaire, la main gauche crochète sa nuque, le pied droit enserre son pied, le pied gauche balaie sa jambe : crocheter en haut, trébucher en bas, tout se lève en même temps pour vaincre l\u0026rsquo;adversaire — d\u0026rsquo;autant plus facilement que c\u0026rsquo;est comme briser du bois pourri. La méthode est ainsi, mais sans un travail réel, on ne peut y parvenir ; que l\u0026rsquo;étudiant s\u0026rsquo;y encourage.\n32ᵉ posture — Reculer et ajouter le scellement (退步加封). Application : faire du recul une défense.\n此為以退為守之法。 聞令數四。由上式右腳活半步向北。左腳同時倒退一步。腿伸直。右膝彎。成右弓式。同時左手由內繞半環反擒。護於右肩前。右勾卽變拳。橫擊於身前。手心仰上。拳與眼平。胸挺腰直。眼視拳。如第三十六圖。（側面圖） 此式為步步撤退之法。以架為守。不為敵所侵。自古作戰。攻堅不易。退守尤難。能進退自如。則勝算可操矣。\nAu commandement « quatre », depuis la posture précédente, le pied droit glisse d\u0026rsquo;un demi-pas vers le nord ; le pied gauche recule en même temps d\u0026rsquo;un pas, jambe tendue, genou droit fléchi, en posture d\u0026rsquo;arc droit. En même temps, la main gauche décrit un demi-cercle par l\u0026rsquo;intérieur, en saisie retournée, protégeant devant l\u0026rsquo;épaule droite ; le crochet droit se change aussitôt en poing qui frappe en travers devant le corps, creux de la main vers le haut, le poing à hauteur des yeux. Poitrine ouverte, reins droits. L\u0026rsquo;œil regarde le poing, comme à la trente-sixième figure (vue de côté).\nCette posture est la méthode de la retraite pas à pas : avec la charpente on se défend, sans être envahi par l\u0026rsquo;adversaire. Depuis l\u0026rsquo;antiquité, dans les combats, attaquer une place forte n\u0026rsquo;est pas facile, mais reculer en défendant est encore plus difficile. Si l\u0026rsquo;on sait avancer et reculer à volonté, la victoire est en main.\nNeuvième séquence (第九段) 33ᵉ posture — Reculer et ajouter le scellement (退步加封). Application : défendre pas à pas.\n此為步步防守法。 聞令數一。由上式左腳先活半步。膝彎。同時右腳向北退後一大步。腿伸直。成左弓式。同時右拳變掌。向內繞半環。作反擒狀。左掌卽握拳。由外橫擊太陽穴。右掌護於左肩前。拳與眼齊。腰直胸挺。如第三十七圖。 此式連上式。步步撤退。而手之招架與進攻無殊。而步法須要穩固。不宜紊亂。手法須要敏捷。不宜遲鈍。身心須要鎮靜而活潑。不宜浮燥而輕滑。庶幾稍得此中三昧矣。\nAu commandement « un », depuis la posture précédente, le pied gauche glisse d\u0026rsquo;abord d\u0026rsquo;un demi-pas, genou fléchi ; en même temps, le pied droit recule d\u0026rsquo;un grand pas vers le nord, jambe tendue, en posture d\u0026rsquo;arc gauche. En même temps, le poing droit se change en paume qui décrit un demi-cercle par l\u0026rsquo;intérieur, en geste de saisie retournée ; la paume gauche se ferme aussitôt en poing qui frappe en travers la tempe depuis l\u0026rsquo;extérieur ; la paume droite protège devant l\u0026rsquo;épaule gauche ; le poing à hauteur des yeux. Reins droits, poitrine ouverte, comme à la trente-septième figure.\nCette posture, enchaînée avec la précédente, recule pas à pas, mais les parades des mains ne diffèrent en rien d\u0026rsquo;une attaque. Le pas doit être ferme et stable, sans désordre ; les mains promptes, sans lenteur ; le corps et l\u0026rsquo;esprit calmes et vifs, sans agitation ni légèreté glissante. Ainsi peut-on saisir un peu le triple mystère de cet art.\n34ᵉ posture — Pivoter et double poussée (轉身雙推). Application : balayer les adversaires restants.\n為肅淸餘敵法。 聞令數二。由上式兩腳部位不動。而腳尖轉向北。右膝彎。左腳直。成右弓式。同時左拳變掌。收囘於腹前。兩掌齊出。推敵小腹。指端斜向下。掌心仰起。眼平視北。胸挺腰直。如第三十八圖。（側圖） 此式為囘顧後方。防敵襲擊。轉身雙推。惟轉字須要十分注意。而若轉動不靈。則四方空虛。不能照顧。遂有顧此失彼之虞矣。\nAu commandement « deux », depuis la posture précédente, les emplacements des deux pieds ne bougent pas, mais les pointes pivotent vers le nord ; le genou droit fléchit, la jambe gauche tendue, en posture d\u0026rsquo;arc droit. En même temps, le poing gauche se change en paume et se ramène devant le ventre ; les deux paumes sortent ensemble pour pousser le bas-ventre de l\u0026rsquo;adversaire, le bout des doigts obliquement vers le bas, les paumes levées. Regard à plat vers le nord. Poitrine ouverte, reins droits, comme à la trente-huitième figure (vue de côté).\nCette posture regarde en arrière, vers l\u0026rsquo;arrière, pour prévenir l\u0026rsquo;attaque surprise de l\u0026rsquo;adversaire : on pivote et l\u0026rsquo;on pousse des deux mains. Seulement, au caractère « pivoter », il faut prêter une extrême attention : si la rotation n\u0026rsquo;est pas souple, les quatre directions sont vides, on ne peut tout couvrir, et l\u0026rsquo;on risque de veiller sur un point tout en perdant l\u0026rsquo;autre.\n35ᵉ posture — Retourner le corps et double poussée (返身雙推). Application : consolider le fondement initial.\n此為鞏固初基法。 聞令數三。由上式兩腳部位仍不動。惟兩腳尖移動朝南。右腳伸直。左膝彎。成左弓式。同時身體向左後轉。兩臂隨轉。卽將兩掌收囘於懷中。向前下斜推出。掌微屈。手心仰向。指端斜下。眼平視南。胸挺腰直。如第三十九圖。（側面） 此式為預備收式。返本歸原之法。亦為卻敵之一法也。\nAu commandement « trois », depuis la posture précédente, les emplacements des deux pieds ne bougent toujours pas ; seules les pointes des deux pieds se déplacent vers le sud ; la jambe droite s\u0026rsquo;étend, le genou gauche fléchit, en posture d\u0026rsquo;arc gauche. En même temps, le corps pivote vers l\u0026rsquo;arrière-gauche ; les deux bras suivent la rotation, puis les deux paumes se ramènent dans la poitrine et poussent obliquement vers l\u0026rsquo;avant-bas, paumes légèrement fléchies, creux des mains vers le haut, bout des doigts obliquement vers le bas. Regard à plat vers le sud. Poitrine ouverte, reins droits, comme à la trente-neuvième figure (vue de côté).\nCette posture prépare la posture de clôture : c\u0026rsquo;est la méthode pour revenir à la racine et retourner à l\u0026rsquo;origine ; c\u0026rsquo;est aussi l\u0026rsquo;une des méthodes pour repousser l\u0026rsquo;adversaire.\n36ᵉ posture — Le Taiji retourne à la vérité (太極歸真). Application : revenir à la racine et retourner à la vérité.\n此為返本歸真法。 聞令數四。由上式左腳收囘。與右腳靠攏。成立正式。同時兩臂收囘。左臂橫於胸前。掌心向下。右臂橫於臍上。掌心向上。兩掌心相印心前。似懷抱太極圖然。眼平視南。如第四十圖。欲休止運動。兩臂下垂。還立正式。 此式為拳之終止式。亦卽起始式。無終無始。無起無止。歸於太極。變化莫測。此卽太極之意歟。\nAu commandement « quatre », depuis la posture précédente, le pied gauche se ramène, rejoint le pied droit, en position d\u0026rsquo;attention. En même temps, les deux bras se ramènent : le bras gauche en travers devant la poitrine, paume vers le bas ; le bras droit en travers au-dessus du nombril, paume vers le haut ; les deux paumes se font face devant la poitrine, comme si l\u0026rsquo;on embrassait le diagramme du Taiji. Regard à plat vers le sud, comme à la quarantième figure. Pour cesser l\u0026rsquo;exercice, on laisse retomber les deux bras et l\u0026rsquo;on revient à la position d\u0026rsquo;attention.\nCette posture est la posture finale de la boxe, et en même temps la posture initiale : sans fin ni commencement, sans lever ni cesser, tout retourne au Taiji, aux transformations insondables. N\u0026rsquo;est-ce pas là le sens du Taiji ?\nNotes du traducteur Wu Zhiqing (吳志青, 1887–1949) : éducateur et écrivain martial de l\u0026rsquo;époque républicaine, proche du mouvement Jingwu (精武體育會) et instructeur à l\u0026rsquo;Institut central des arts martiaux (中央國術館) de Nankin, où il connut Liu Chongjun au printemps 1930. La préface est datée du troisième mois de la dix-neuvième année de la République (mars 1930) ; l\u0026rsquo;ouvrage parut en mars 1931 à la Grande librairie de l\u0026rsquo;Est (大東書局). Les pages de titre portent des calligraphies de Ma Gongyu (馬公愚), Wang Zhen (王震), Liu Fengchi (劉鳳池) et Niu Yongjian (鈕永建). Le lian bu quan (練步拳) : « boxe du pas lié » — nom donné par Wu Zhiqing à la boxe du dragon (龍拳), l\u0026rsquo;une des cinq boxe de Shaolin (五拳 : dragon, tigre, léopard, serpent, grue), que lui transmit Liu Chongjun (劉崇峻) de Guanghan (Sichuan), président de l\u0026rsquo;Association des guerriers du Sichuan (四川武士會). L\u0026rsquo;enchaînement compte neuf séquences (段) de quatre postures (式), soit trente-six postures, exécutées en principe de l\u0026rsquo;est vers l\u0026rsquo;ouest, face au sud ; chaque posture se déroule en quatre commandes (口令). Les cinq harmonies et les trois impulsions (五合三催) : la main s\u0026rsquo;accorde à l\u0026rsquo;œil, l\u0026rsquo;œil au cœur, les épaules aux reins, le corps au pas, le haut au bas ; impulsions de la main, du corps et du pas. Quatre onces déplacent mille livres (四兩撥千斤) : le principe du levier qui consiste à emprunter la force de l\u0026rsquo;adversaire et à suivre son élan — formule classique que l\u0026rsquo;on retrouve au cœur de la théorie du taiji quan. Force yin et force yang (陰陽勁) : selon Wu Zhiqing, deux grands courants de l\u0026rsquo;école externe — la force yang, dure et déployée, et la force yin, souple et contractée. « Comme le Huangting écrit d\u0026rsquo;un premier trait » : allusion à la calligraphie du Huangting jing (黃庭經) attribuée à Wang Xizhi, tenue pour parfaite — l\u0026rsquo;image désigne ici une boxe sans excès ni défaut. Coquilles probables du texte : à la douzième posture, l\u0026rsquo;original répète « pointe de la paume gauche » (左掌尖) ; à la vingt et unième, il répète « paume gauche » (左掌) — on lira vraisemblablement « droite » (右) la seconde fois. Le premier couplet de la chanson porte « paume du cœur originel » (本心掌), variante probable de « paume du cœur tranquille » (平心掌). Source du texte chinois : 吳志青, 《練步拳圖說》, 大東書局, Shanghai, mars 1931 (20ᵉ année de la République), texte chinois reproduit sur la page de Paul Brennan, « Lian Bu Quan », où se trouve également la traduction anglaise de l\u0026rsquo;auteur. Le texte chinois original est dans le domaine public. Traduction française : nouvelle traduction réalisée directement à partir du texte chinois pour ce site.\n","permalink":"https://classiques-martiaux-chinois.pages.dev/posts/lian-bu-quan-wu-zhiqing/","summary":"\u003cp\u003eLe \u003cem\u003eLian bu quan tu shuo\u003c/em\u003e (練步拳圖說, « Explication illustrée de la boxe du pas\nlié ») est un manuel de boxe de Shaolin compilé par \u003cstrong\u003eWu Zhiqing\u003c/strong\u003e (吳志青,\n1887–1949), éducateur et écrivain martial de l\u0026rsquo;époque républicaine, et publié en\nmars 1931 par la \u003cstrong\u003eGrande librairie de l\u0026rsquo;Est\u003c/strong\u003e (大東書局) à Shanghai, dans la\ncollection de la tour Shangwu (尚武樓叢書). L\u0026rsquo;enchaînement qu\u0026rsquo;il décrit — rebaptisé\n« lian bu quan » (« boxe du pas lié ») — est la \u003cstrong\u003eboxe du dragon\u003c/strong\u003e (龍拳), l\u0026rsquo;une\ndes cinq boxe de Shaolin (五拳 : dragon, tigre, léopard, serpent, grue), telle\nque la transmettait \u003cstrong\u003eLiu Chongjun\u003c/strong\u003e (劉崇峻) de Guanghan (Sichuan), président de\nl\u0026rsquo;Association des guerriers du Sichuan (四川武士會), qui l\u0026rsquo;enseigna à l\u0026rsquo;Institut\ncentral des arts martiaux (中央國術館) — où Wu Zhiqing, son collègue au printemps\n1930, l\u0026rsquo;apprit de lui. L\u0026rsquo;ouvrage comprend la préface de l\u0026rsquo;auteur, des règles\nrédactionnelles, un traité d\u0026rsquo;introduction sur l\u0026rsquo;essence des arts martiaux (onze\nessais : origine de la boxe, force yin et force yang, cinq harmonies et trois\nimpulsions, « quatre onces déplacent mille livres », etc.), un poème\nmnémotechnique, puis l\u0026rsquo;explication illustrée des trente-six postures de\nl\u0026rsquo;enchaînement, chacune avec son application au combat, sa description pas à pas\net son analyse technique. Le texte chinois, publié en 1931, est dans le domaine\npublic.\u003c/p\u003e\n\u003cp\u003eTraduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.\u003c/p\u003e","title":"Le Lian bu quan (練步拳) de Wu Zhiqing"},{"content":"Le Longxing jian (龍形劍, « L\u0026rsquo;Épée en forme de dragon ») est un manuel complet d\u0026rsquo;escrime chinoise, rédigé par Jin Yiming (金一明, natif de Yangzhou) et publié en 1931 (20ᵉ année de la République) par la librairie Xinya (新亞書店). Jin Yiming, écrivain martial prolifique, était alors responsable de l\u0026rsquo;instruction à l\u0026rsquo;Institut provincial des arts martiaux du Jiangsu (江蘇省國術館). La méthode de l\u0026rsquo;épée en forme de dragon y est présentée comme la spécialité du maître Yan Jiyun (嚴繼藴) de Yanzhou (Shandong), surnommé « Yan la Grande Lance », transmise à Tong Wenhua (童文華) ; c\u0026rsquo;est Jin Yiming qui en composa et en publia le manuel. L\u0026rsquo;ouvrage comprend quatre préfaces, un traité général sur l\u0026rsquo;escrime, une histoire des épées célèbres, l\u0026rsquo;explication des onze caractères de la méthode (劈撩斬抹掤托鈎挂提刺扎), puis les quarante-huit postures de l\u0026rsquo;enchaînement avec leurs applications au combat. Le texte chinois, publié en 1931, est dans le domaine public.\nTraduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.\nPréface de Wu Zhi (吳序) 我國劍學。古無專書。曩余好劍。求劍術。見考工記。言桃氏為劍身莖長諸制。士以等服之。及觀大戴槽劍銘曰。帶之以為服。動必行德。行德則興。倍德則崩慨然於古人佩劍有深意焉。然考其運用之法。多限於鈔存祕本。輾轉相譌。真意寖失。劍學之淪胥也久矣。金師一明。武術文章。為海內冠嵗庚午。任本館訓育。見童師文華以劍術授吾儕。金師更為講解法理。與其心得余感其循循善誘。引人入勝。深以師承得所為幸金師前著有練功秘訣。及武當拳術。六通短打諸書風行於世近復將童師之龍形劍。編成鉅製釐然秩然闡劍術之精微。定無餘藴。圗成行將付幸梓。命余為序。余不敢辭。竊以劍術。昔尚鈔傳。非盡人所能得也。是以未能普及。今吾師不憚煩勞。繪圗註解。舉以示人。其欲起我國病夫共進於武士道也。裨益豈淺鮮哉。使人手執一編。精研而習練之。功效之著。捷於影響。余於國人有厚望焉。\nNotre pays n\u0026rsquo;a, depuis l\u0026rsquo;antiquité, aucun ouvrage spécial consacré à l\u0026rsquo;art de l\u0026rsquo;épée. Jadis, j\u0026rsquo;aimais l\u0026rsquo;épée et je cherchais les techniques d\u0026rsquo;épée. Je lus le Kaogong ji (考工記, « Livre des artisans ») : il y est dit que la famille Tao (桃氏) fabriquait la lame, la soie et les diverses longueurs, et que les officiers les portaient selon leur rang. Puis, en lisant l\u0026rsquo;« Inscription de l\u0026rsquo;épée » du Daidai liji (大戴禮記), je vis : « On la porte comme vêtement ; en tout mouvement, on pratique la vertu. Qui pratique la vertu prospère ; qui la trahit s\u0026rsquo;effondre. » Je soupirai : les anciens, en portant l\u0026rsquo;épée, y mettaient une profonde intention. Cependant, si l\u0026rsquo;on examine les méthodes de maniement, elles sont pour la plupart confinées à des copies de manuscrits secrets, transmises de main en main avec des erreurs, si bien que le sens véritable s\u0026rsquo;est peu à peu perdu. Voilà bien longtemps que l\u0026rsquo;art de l\u0026rsquo;épée périclite. Le maître Jin Yiming, par ses écrits sur les arts martiaux, est le premier du pays. En l\u0026rsquo;année gengwu [1930], il fut chargé de l\u0026rsquo;instruction de notre institut. Je vis le maître Tong Wenhua enseigner l\u0026rsquo;art de l\u0026rsquo;épée à nos camarades ; le maître Jin, de surcroît, en expliquait les principes et ses vues personnelles. Je fus touché de sa pédagogie patiente qui mène au plaisir d\u0026rsquo;apprendre, et je me félicitai d\u0026rsquo;avoir trouvé un bon maître. Le maître Jin avait déjà publié les Secrets de l\u0026rsquo;entraînement (練功秘訣), la Boxe du Wudang (武當拳術) et les Coups courts des six pénétrations (六通短打), ouvrages qui eurent du succès dans le monde. Récemment, il a encore composé, à partir de l\u0026rsquo;Épée en forme de dragon du maître Tong, un grand ouvrage, clair et ordonné, qui expose les raffinements de l\u0026rsquo;art de l\u0026rsquo;épée sans rien laisser dans l\u0026rsquo;ombre. Les figures achevées, l\u0026rsquo;ouvrage va être confié à l\u0026rsquo;impression, et il m\u0026rsquo;a demandé d\u0026rsquo;écrire la préface. Je n\u0026rsquo;ai pas osé refuser. Je pense en moi-même : jadis l\u0026rsquo;art de l\u0026rsquo;épée se transmettait par copies ; tous ne pouvaient l\u0026rsquo;obtenir, aussi ne s\u0026rsquo;est-il pas répandu. Aujourd\u0026rsquo;hui mon maître, sans craindre la peine, dessine les figures et rédige les annotations, et les offre au public. N\u0026rsquo;est-ce pas vouloir relever les malades de notre pays et les faire avancer tous ensemble sur la voie du guerrier (bushidō)? Le bienfait n\u0026rsquo;est-il pas mince ! Faisons en sorte que chacun tienne un exemplaire en main, l\u0026rsquo;étudie avec soin et s\u0026rsquo;y entraîne : l\u0026rsquo;efficacité sera plus prompte que l\u0026rsquo;écho. J\u0026rsquo;ai de grandes espérances pour nos compatriotes.\nVingtième année de la République, deuxième mois du printemps — votre disciple Wu Zhi (吳治) de Huai\u0026rsquo;an, préface écrite à l\u0026rsquo;Institut normal des professeurs de l\u0026rsquo;Institut provincial des arts martiaux du Jiangsu.\nPréface de Tong Wenhua (童序) 余幼時身體孱弱。垂髫入塾日出而興。抱書而往。三家村裏。日落歸來。猢猻四散。輒有好勝逞强者。以侮辱弱小之輩為能事。余受其拳足蹂躙。更不知凡幾矣。雖忍辱負痛。終不肯汪然涕泣。是亦天性使然。然不甘屈伏之心。恒思設法以挫折之惜乎多數兒童。不敢與强有刀者相抗衡。又誰為余之臂助。以作不平之鳴哉。及稍長。見村中有江湖賣技者。來使拳弄棒。觀者如堵。掌聲如雷。心焉羡之。詢之先君。先君曰。拳棒一道。用以强身。兼可避免他人之欺侮者也。余聞之。喜極欲狂。始知天壤間尚有拳棒之一種技術。能為體弱者揚眉吐氣。吾願習焉。然鄉村之中。素鮮名師。不得已。先從事於舉石担摔石鎻等粗笨之行功。雖體軀不見其强。而筋肉自知有勁。及冠。至金陵。由顧汝章師兄介紹。得列嚴師繼藴門牆。先習拳而後習刀。刀既熟而後習槍。槍亦熟而後習劍。龍形劍法。師所傳也。十九年秋。金先生一明就任江蘇省國術館訓育處職。與余朝夕相處。獲益良多先生於國術法理。知之頗深。考據源流。叙述詳細。文華願以末技微長。請其表而出之。公諸同好。班門弄斧。自不免識者之譏。或青出於藍。能收效於他日。習者勉之\nDans mon enfance, j\u0026rsquo;étais faible de corps. Enfant aux cheveux pendants, j\u0026rsquo;entrais à l\u0026rsquo;école : je me levais au lever du jour et partais, mes livres sous le bras. Dans le hameau des trois familles, je rentrais au coucher du soleil ; les petits singes se dispersaient. Il y avait toujours des querelleurs qui faisaient gloire d\u0026rsquo;humilier les faibles ; je reçus leurs poings et leurs pieds un nombre incalculable de fois. Bien que j\u0026rsquo;endure l\u0026rsquo;humiliation et la douleur, je ne consentis jamais à verser des larmes — c\u0026rsquo;était aussi ma nature. Mais mon cœur, qui ne se résignait pas, pensait sans cesse à trouver un moyen de les faire reculer. Hélas ! la plupart des enfants n\u0026rsquo;osaient pas tenir tête aux forts ; et qui aurait été mon bras pour élever cette voix d\u0026rsquo;indignation ? Quand je fus un peu plus grand, je vis arriver au village un bateleur de par le monde qui faisait montre de poings et de bâton ; les spectateurs faisaient cercle comme un mur, les applaudissements roulaient comme le tonnerre. Mon cœur les envia. J\u0026rsquo;interrogeai mon père ; mon père dit : « La voie du poing et du bâton sert à fortifier le corps et, par surcroît, à éviter les brimades d\u0026rsquo;autrui. » À ces mots, ma joie faillit me rendre fou : je compris qu\u0026rsquo;il existait entre ciel et terre une technique de poings et de bâtons capable de faire relever la tête au faible. Je voulus l\u0026rsquo;étudier. Mais dans nos campagnes, il y avait rarement de vrais maîtres. À défaut, je commençai par soulever des barres de pierre, briser des cadenas de pierre, toutes grossières besognes : si mon corps n\u0026rsquo;en paraissait pas plus fort, mes muscles, je le savais, gagnaient de la vigueur. À vingt ans, je gagnai Jinling [Nankin] ; sur la recommandation du frère aîné Gu Ruzhang, je fus admis auprès du maître Yan Jiyun. D\u0026rsquo;abord le poing, puis le sabre ; le sabre maîtrisé, la lance ; la lance maîtrisée, l\u0026rsquo;épée. La méthode de l\u0026rsquo;épée en forme de dragon est ce que le maître m\u0026rsquo;a transmis. À l\u0026rsquo;automne de la dix-neuvième année [1930], M. Jin Yiming prit ses fonctions au bureau de l\u0026rsquo;instruction de l\u0026rsquo;Institut provincial des arts martiaux du Jiangsu ; je fus avec lui du matin au soir et j\u0026rsquo;en tirai grand profit. M. Jin connaît à fond les principes des arts martiaux : il examine les sources, il narre les détails. Wenhua a souhaité lui confier mon modeste talent pour qu\u0026rsquo;il le mette en lumière et le livre aux amateurs. Agiter la hache devant la porte de Lu Ban, c\u0026rsquo;est inévitablement s\u0026rsquo;exposer aux railleries des connaisseurs ; peut-être l\u0026rsquo;indigo est-il plus bleu que la plante qui le donne — puisse cet ouvrage porter ses fruits un jour. Que les pratiquants s\u0026rsquo;y encouragent !\nVingtième année de la République, deuxième mois du printemps, dernière décade — Tong Wenhua (童文華) de Huai\u0026rsquo;an, respectueusement consigné.\nSeconde préface de Tong (童序) 歐陽子曰。憂勞可以興國。逸豫足以亡身。旨哉言乎。夫天賦人以圎顱方趾。五官四肢。各有所用各司其能。不能司其所能所用。則與泥塑木偶何異。以泥塑木偶之夫。逸豫終日。而欲其保身衛國。豈可得歟。故勤則有功。嬉則無益。煅煉身體之方。是在勤勞已耳。惜乎傳書甚尠。世乏師承。尤以國術中劍術之書。幾如鳳毛麟角。不可多覯。余甚苦之。十九年秋。得肄業於省立國術師範。心滋稍慰。適宗師文華任教官兼組長職。得朝夕親炙。獲益良多。師之身手。功兼內外。其堅也如銕。其柔也如綿。刀劍槍棍諸技。各極精妙。尤以龍形劍法。精勁絕倫。欽佩既極願於年假期中。與學友吳君之棻。要求補習。得師指示。術稍益進。時金師一明。任本館訓育主任。恒著國術諸書刋行於世。童師與之謀。遂得將龍形劍術編繪成篇。公諸同好。二十年春。稿成。余忝承教澤。不揣譾陋。畧述梗槪如斯。金師繪著拳書最早民國五年。中華書局即有著述出版。虚點套圗。詳加考慮譬之國術中之立法家也。童師晨昏練功。從不稍懈。教授學友。分門別次。猶之國術中之司法家也。合二美以成斯篇。積勤勞以期興國。仍不外乎歐陽子之旨而已。凡吾同志。盍興起乎。淮陰童耀宗謹識。\nMaître Ouyang [Xiu] a dit : « Le souci et le labeur peuvent faire prospérer un État ; la jouissance et le laisser-aller suffisent à perdre le corps. » Paroles profondes ! Le ciel donne à l\u0026rsquo;homme un crâne rond et des pieds carrés, cinq organes et quatre membres, chacun avec son usage, chacun gouvernant sa fonction. S\u0026rsquo;il ne gouverne ni son usage ni sa fonction, en quoi diffère-t-il d\u0026rsquo;une idole d\u0026rsquo;argile ou d\u0026rsquo;un mannequin de bois ? Un homme pareil à une idole, qui passe ses jours dans la jouissance, voudrait protéger son corps et défendre l\u0026rsquo;État : le pourrait-il ? Aussi l\u0026rsquo;effort produit des résultats, le jeu ne sert à rien. Le moyen de forger le corps, c\u0026rsquo;est le labeur, rien d\u0026rsquo;autre. Hélas ! les livres transmis sont fort rares, et le monde manque de filiations de maîtres ; surtout, parmi les arts martiaux, les livres d\u0026rsquo;épée sont presque comme cornes de phénix et cornes de licorne — introuvables. J\u0026rsquo;en souffrais fort. À l\u0026rsquo;automne de la dix-neuvième année, j\u0026rsquo;eus la chance d\u0026rsquo;étudier à l\u0026rsquo;Institut normal provincial des arts martiaux, et mon cœur en fut un peu consolé. Le maître Tong Wenhua y était instructeur et chef de groupe ; je fus auprès de lui du matin au soir et j\u0026rsquo;en tirai grand profit. Le corps et la main du maître embrassent l\u0026rsquo;interne et l\u0026rsquo;externe : dur comme le fer, souple comme le coton. Sabre, épée, lance, bâton, chaque technique est d\u0026rsquo;une finesse extrême ; surtout la méthode de l\u0026rsquo;épée en forme de dragon, dont la vigueur raffinée n\u0026rsquo;a pas d\u0026rsquo;égale. Mon admiration était à son comble ; je voulus, pendant les vacances de l\u0026rsquo;année, avec mon condisciple M. Wu Zhifen, demander des leçons supplémentaires. Grâce aux indications du maître, mon art progressa un peu. Le maître Jin Yiming, directeur de l\u0026rsquo;instruction de notre institut, publie sans cesse des livres d\u0026rsquo;arts martiaux. Le maître Tong en délibéra avec lui, et l\u0026rsquo;on put compiler et illustrer l\u0026rsquo;art de l\u0026rsquo;épée en forme de dragon, pour le livrer aux amateurs. Au printemps de la vingtième année, le manuscrit fut achevé. Moi, indigne, j\u0026rsquo;ai reçu la bienveillance de l\u0026rsquo;enseignement ; sans mesurer mon ignorance, j\u0026rsquo;en expose ici l\u0026rsquo;essentiel. Le maître Jin a composé son premier livre de boxe très tôt : dès la cinquième année de la République [1916], la Compagnie du livre Zhonghua publiait déjà ses écrits. Il pèse chaque figure, chaque schéma, y réfléchit en détail — on dirait un législateur des arts martiaux. Le maître Tong s\u0026rsquo;entraîne à l\u0026rsquo;aube et au crépuscule, sans jamais se relâcher, et enseigne ses condisciples par classes et par ordre — on dirait un magistrat des arts martiaux. Ces deux perfections réunies composent cet ouvrage ; accumuler le labeur pour faire prospérer l\u0026rsquo;État, ce n\u0026rsquo;est encore que la leçon de maître Ouyang. Camarades, pourquoi ne pas vous lever et agir ? — Tong Yaozong (童耀宗) de Huaiyin, respectueusement consigné.\nPréface de l\u0026rsquo;auteur (自序) 嵗庚午。余蒙內政部長鈕公惕生。命往江蘇省國術舘。擔任訓育處職務。得遇同事童組長文華者。其人短小精悍。筋骨剛勁。視之如婦。奪之如虎。精於內外家拳術凡數十種。尤以龍形劍為其特長。恒於日落之時。練不稍輟其一呑一吐。勢若游龍。伸縮自然。光如掣電。起落似風舉雲從。蟠舞似流星繚日余見舞劍之士亦夥矣。尚未覩弄鐵如轉丸若斯之甚者。久擬為新亞書局編著劍術一書。俾與孫斌權之少林拳賈如海之風波棍。邱鳴皋之單戒刀。合之共成為四册。陳邦楨君。請余編著八仙劍。八仙劍演習者雖有其人。第余以為非少林之衣缽。且不若龍形劍動作敏捷。姿勢優美。適值年假期間。師範學員童耀宗吳治隨童君補習劍術。余遂亦費半月之光陰編著此篇使龍形劍法得與世人相見。他日對書練習。持劍遙從者。南北有徒。不僅童君與余之幸。是亦國術倡明之大幸也。用述梗槪如此。聊以當序云爾。\nEn l\u0026rsquo;année gengwu [1930], j\u0026rsquo;eus l\u0026rsquo;honneur d\u0026rsquo;être chargé par le ministre de l\u0026rsquo;Intérieur, M. Niu Tisheng, d\u0026rsquo;assumer les fonctions du bureau de l\u0026rsquo;instruction à l\u0026rsquo;Institut provincial des arts martiaux du Jiangsu. J\u0026rsquo;y rencontrai mon collègue, le chef de groupe Tong Wenhua : petit, sec et vigoureux, les os et les muscles durs ; à le voir, une femme ; à l\u0026rsquo;empoigner, un tigre. Il possède à fond plusieurs dizaines de techniques de boxe internes et externes, et surtout l\u0026rsquo;épée en forme de dragon, sa spécialité. Toujours au coucher du soleil il s\u0026rsquo;entraîne sans répit : un repli, un déploiement, sa prestance est celle d\u0026rsquo;un dragon nageur ; extension et contraction naturelles, éclat comme l\u0026rsquo;éclair qui jaillit ; il s\u0026rsquo;élève et retombe comme le vent qui soulève les nuages, il tournoie comme une étoile filante autour du soleil. J\u0026rsquo;ai vu beaucoup d\u0026rsquo;hommes danser l\u0026rsquo;épée ; je n\u0026rsquo;en avais pas encore vu manier le fer comme une pilule qui roule, à ce point. Depuis longtemps je projetais de composer pour la librairie Xinya un livre d\u0026rsquo;art de l\u0026rsquo;épée, qui, avec la Boxe Shaolin de Sun Binquan, le Bâton des vagues de vent de Jia Ruhai et le Sabre de garde unique de Qiu Minggao, formerait quatre volumes. M. Chen Bangzhen me demanda de composer les Huit immortels à l\u0026rsquo;épée (八仙劍) ; il s\u0026rsquo;en trouve des pratiquants, mais je jugeai que ce n\u0026rsquo;était pas le véritable héritage Shaolin, et que cela ne valait pas l\u0026rsquo;épée en forme de dragon pour la rapidité des mouvements et la beauté des postures. Justement, pendant les vacances de l\u0026rsquo;année, les élèves de l\u0026rsquo;institut normal Tong Yaozong et Wu Zhi suivirent auprès de M. Tong des leçons complémentaires d\u0026rsquo;épée ; je pris donc aussi une quinzaine de jours pour composer cet ouvrage, afin que la méthode de l\u0026rsquo;épée en forme de dragon soit vue du monde. Un jour, s\u0026rsquo;exerçant sur le livre, l\u0026rsquo;épée à la main de loin en loin, élèves au nord et au sud — ce ne sera pas seulement le bonheur de M. Tong et le mien, ce sera aussi le grand bonheur de l\u0026rsquo;éclat des arts martiaux du pays. J\u0026rsquo;en expose ici l\u0026rsquo;essentiel, en guise de préface.\nDixième jour du premier mois de la vingtième année de la République — Jin Yiming (金一明) de Yangzhou, préface au bureau de l\u0026rsquo;instruction de l\u0026rsquo;Institut provincial des arts martiaux du Jiangsu.\nTraité général sur l\u0026rsquo;art de l\u0026rsquo;épée (劍術總論) 世謂槍為器械中之龍。刀為器械中之虎。劍為器械中之鳳。此言槍力尚直。刀力尚猛。劍力尚斜。以言槍法。去如箭來如線。指人頭縐人面。扎人還不見。你槍扎。我槍挐。你槍不動我槍發。只見其首。不見其尾。比之為游龍。其不宜乎。以言刀法。雙刀看走。單刀看手。刀光灼灼刀風吼吼。雖有劈山砍地之能。却無旋轉雙鋒之口。猶猛虎之不能迴頭。欠劍鋒之八面能走。譬之以猛虎。不亦宜乎。以言劍法。\nLe monde dit que la lance est le dragon parmi les armes, le sabre le tigre, et l\u0026rsquo;épée le phénix. Cela veut dire que la force de la lance privilégie le droit, celle du sabre le violent, celle de l\u0026rsquo;épée l\u0026rsquo;oblique. Pour la méthode de la lance : au départ, une flèche ; à l\u0026rsquo;arrivée, un fil. Elle vise la tête de l\u0026rsquo;homme, plisse son visage, et quand elle frappe, on ne voit rien. Tu lances, je saisis ; ta lance ne bouge pas, ma lance part. On n\u0026rsquo;en voit que la tête, pas la queue. La comparer à un dragon nageur, n\u0026rsquo;est-ce pas juste ? Pour la méthode du sabre : aux deux sabres, regarde la marche ; au sabre unique, regarde la main. L\u0026rsquo;éclat du sabre étincelle, le vent du sabre rugit. Bien qu\u0026rsquo;il ait le pouvoir de fendre les montagnes et de trancher la terre, il n\u0026rsquo;a pas le tranchant double qui tourne ; c\u0026rsquo;est comme le tigre féroce qui ne peut retourner la tête, il lui manque la pointe de l\u0026rsquo;épée qui peut aller dans les huit directions. Le comparer à un tigre féroce, n\u0026rsquo;est-ce pas juste ? Pour la méthode de l\u0026rsquo;épée :\n左右迴環勢莫當。 一偏一閃把身藏。 烏龍擺尾鋒芒利。 丹鳳朝陽不易防。 飄搖不定點還刺。 呑吐如綿潛復藏。 兩臂平分如展翅。 斜迴側轉意悠揚。\nTourner à gauche et à droite, une puissance qu\u0026rsquo;on ne peut arrêter ; un décalage, un éclair, et le corps se cache. Le dragon noir bat de la queue, le tranchant est acéré ; le phénix vermillon salue le soleil, difficile à parer. Flottant sans se fixer, on pointe puis l\u0026rsquo;on pique ; repli et détente comme du coton, on plonge puis l\u0026rsquo;on se cache. Les deux bras se partagent égaux, comme on déploie les ailes ; oblique, tournant de côté, l\u0026rsquo;intention se déploie avec aisance.\nCela dit que l\u0026rsquo;épée est agile et commode : elle peut alléger le corps pour voler, tourner brusquement et relever en contre, lever et piquer, se replier et se déployer ; les deux faces sont tranchantes, elle peut aller dans les huit directions, si bien qu\u0026rsquo;il est difficile de se garder d\u0026rsquo;elle. Les autres armes ne l\u0026rsquo;égalent pas. La comparer à un phénix volant, n\u0026rsquo;est-ce pas juste ? Mais alors, la nommer « méthode de l\u0026rsquo;épée du phénix volant », n\u0026rsquo;est-ce pas conforme à la réalité ? Pourquoi faut-il encore l\u0026rsquo;appeler « épée en forme de dragon » ? Sachez que la méthode de l\u0026rsquo;épée du phénix volant était jadis la technique insigne de Song Gengping (宋賡平) du Shu occidental. Song la transmit à Wu Guangpei (吳廣霈) de Gu\u0026rsquo;an, surnommé le « Daoïste à l\u0026rsquo;épée fleurie » (劍華道 人), qui, avec Wu Xuelian (吳學廉) de Qianchuan, surnommé le « Reclus à l\u0026rsquo;épée de la source » (劍泉居士), composa un livre de cette méthode, déjà publié, et beaucoup dans le monde le connaissent. Quant à la méthode de l\u0026rsquo;épée en forme de dragon, le monde n\u0026rsquo;en possède pas encore de livre spécial. Et l\u0026rsquo;épée en forme de dragon diffère réellement de l\u0026rsquo;épée du phénix volant. À parler d\u0026rsquo;épée pour épée, le phénix volant n\u0026rsquo;a que huit méthodes : frapper (砍), lever (撩), essuyer (抹), piquer (刺), retirer (抽), soulever (揭), horizontal (橫), renversé (倒). L\u0026rsquo;épée en forme de dragon a onze caractères : fendre (劈), lever (撩), trancher (斬), essuyer (抹), parer en remontant (掤), soutenir (托), crocheter (鈎), accrocher (挂), lever (提), piquer (刺), frapper de pointe (扎). Pour les méthodes du corps, elles diffèrent beaucoup du phénix volant ; pour les méthodes des pas, la différence est encore plus grande.\nOn examine encore les méthodes de fonte des épées. Dans l\u0026rsquo;antiquité, on fondait les épées en mêlant cuivre et fer. La tradition ancienne rapporte qu\u0026rsquo;on recueillait la pierre de Kunwu (昆吾石) pour fondre le fer et faire des épées, qui tranchaient le jade comme de la boue. Sous les Han et les Wei et après, on fondait les épées surtout avec le fer du Chu, c\u0026rsquo;est-à-dire le fer fondu des Han d\u0026rsquo;aujourd\u0026rsquo;hui. Après la forge, on en prenait l\u0026rsquo;essence et l\u0026rsquo;on en rejetait la lie ; l\u0026rsquo;essence ne s\u0026rsquo;obtient pas facilement : d\u0026rsquo;une livre de fer, l\u0026rsquo;essence n\u0026rsquo;est que de deux ou trois onces. Le travail du feu demande plus ou moins de maîtrise, et la trempe à l\u0026rsquo;eau est plus difficile encore. Le travail de la trempe, sans une longue expérience de la fonte des épées, ne peut donner le secret profond. Le secret de la quintessence réside tout entier dans la chaleur convenable au moment de la trempe à l\u0026rsquo;eau. Les anciens usaient aussi de la trempe à l\u0026rsquo;huile ; mais leurs descendants n\u0026rsquo;ont pu la mettre en pratique. Sous les Tang, les barbares du Sud allaient jusqu\u0026rsquo;à tremper dans le sang de cheval ; on ne sait quelle idée ils poursuivaient. Cai Lun (蔡倫) des Han était habile à fondre les épées ; leur dureté et leur finesse servirent de modèle aux générations suivantes. Hélas, il n\u0026rsquo;a pas laissé de livre spécial, et sa méthode n\u0026rsquo;a pas été transmise. De même, Tao Hongjing (陶宏景) des Liang, pour l\u0026rsquo;empereur Wu, fondit treize épées divines en mêlant les cinq métaux — or, argent, cuivre, étain, fer —, fabriquées selon la méthode du Traité de l\u0026rsquo;art de l\u0026rsquo;épée (劍術法) ; mais ce livre, les générations suivantes ne l\u0026rsquo;ont pas non plus transmis. La méthode des anciens pour plier le fer, hélas, n\u0026rsquo;a pas de livre spécial. Les hommes d\u0026rsquo;aujourd\u0026rsquo;hui qui font des épées ne l\u0026rsquo;emportent pas sur le fin travail des anciens. Les Occidentaux excellent à affiner l\u0026rsquo;acier, mais les épées qu\u0026rsquo;ils fondent ne savent être que dures, non souples ; elles ne valent jamais les épées antiques de la Chine, qui rendent un son clair quand on les secoue, se courbent comme un hameçon quand on les plie, se redressent droites comme une corde d\u0026rsquo;arbalète quand on les relâche, et dansent comme une bande de soie : vraiment, elles réalisent la merveille du dur et du souple. Parmi les anciens habiles à juger les épées, il y eut Jun Da (君大) : les Nouveaux entretiens de Huanzi (桓子新論) disent que Jun Da connaissait parfaitement les noms des dix mille épées ; toute épée, il la reconnaissait de loin, sans même la prendre en main pour l\u0026rsquo;examiner. « Le monde n\u0026rsquo;a un Bole qu\u0026rsquo;ensuite viennent les chevaux de mille li. » Le monde n\u0026rsquo;a pas son Jun Da, aussi les épées de Wu et de Yue ne reparaissent-elles plus au monde. Même s\u0026rsquo;il existe des Ganjiang et des Moye, abandonnés dans la poussière, qui donc les regarderait comme des Ganjiang et des Moye ? Hélas ! Tout est fini.\nLes Registres des sabres et des épées de Tao Hongjing des Liang (梁陶宏景刀劍 錄) consignent en détail les années, les mensurations et les inscriptions cursives des épées, et fournissent aux générations suivantes plus d\u0026rsquo;un matériau d\u0026rsquo;étude. Hélas, ceux qui ont suivi Tao sont rares. J\u0026rsquo;en extrais ici, en résumé, les origines de l\u0026rsquo;épée.\nOrigines de l\u0026rsquo;art de l\u0026rsquo;épée (劍術源流) 劍之源流。其最初者。管子謂葛天盧之山。發而出金。蚩尤受而制之。以為劍。似為劍之鼻祖。其後歐冶鑄劍。赤董之山。破而出錫。若耶之溪。涸而出銅。是時天地為爐。陰陽為炭。太乙下觀。鑄劍有五。一曰湛盧。二曰純鈎。三曰勝邪。四曰魚腸。五曰巨闕。劍之相傳。源流已久。古之君子。佩劍之意。劍者檢也。所以防檢非常也。有文事者必有武備。旣以衛身。兼有莊嚴高尚之旨趣已耳。故古時定有制度。考工記載。劍古兵器名。兩刄而有脊。自脊至刄謂之臘。或謂之鍔。脊刄以下與柄分隔者謂之首。首以下把握之處曰莖。莖端施環曰鐔。此亦足證古代劍式與近代劍式。名稱均有不同之處矣。周官桃氏為臘。廣二寸有半。（臘劍身）兩從半之。（從劍刄）以其臘廣為之。莖圍長倍之。（莖劍柄）中其莖。設其後。身長五。其莖長重九鋝。（按周禮六兩半為一鋝古權三當今之一）謂之上制。上士服之。身長四。其莖長重七鋝。謂之中制。中士服之。身長三。其莖重五鋝。謂之下制。下士服之。此為劍之最古制度。天子二十而冠帶劍。諸侯三十而冠帶劍。大夫四十而冠帶劍。隸人不得冠。庻人有事得帶劍。無事不得帶劍。亦均可考者也。秦代朝儀。臣不得帶劍入朝。漢代朝儀。臣得帶劍。但至殿階則解劍。下替晉代。始代之以木。貴者用玉首。賤者用蚌金銀玳瑁為雕飾。自此以後。佩劍之風。與飛鳳各異。一以輕便閃讓為主一以迴環伸屈為主。同舞一劍。而其舞法不同。同為一劍。而其戰術各異。其相同之處。總宜短兵應長用。短見長。不用忙。忙則為他所擊中。待他兵刄近我身旁。既不躱閃。亦不招架。立即提劍進擊。其劍雖短。偏身進步。一進四尺。手長二尺。劍長三尺。一進一退。一丈有餘。彼槍雖長能奈我何。况乎龍形劍尚有盤龍步。迴身劍之巧妙。則練精而後。以短勝長一進長兵之門。長兵失效。視刀槍如無物。等棍棒如弁髦。加之縱跳之能。進退之法。雖千萬人吾往也。亦目無全牛。游刄而有餘矣。龍形劍法。可不傳乎。\nPour les origines de l\u0026rsquo;épée, le plus ancien : le Guanzi (管子) dit que la montagne de Getianlu (葛天盧之山) se fendit et produisit du métal ; Chiyou (蚩尤) le reçut et en fabriqua des épées — il semble être l\u0026rsquo;ancêtre de l\u0026rsquo;épée. Ensuite Ouye (歐冶) fondit des épées : la montagne de Chidong, brisée, produisit l\u0026rsquo;étain ; le ruisseau de Ruoye, asséché, produisit le cuivre. En ce temps, le ciel et la terre servaient de fourneau, le yin et le yang de charbon, et le Grand Un (太乙) descendit pour regarder. Il fondit cinq épées : la première nommée Zhanlu (湛盧), la deuxième Chungou (純鈎), la troisième Shengxie (勝邪), la quatrième Yuchang (魚腸), la cinquième Juque (巨闕). La transmission de l\u0026rsquo;épée a donc une origine ancienne. Les gentilshommes de l\u0026rsquo;antiquité portaient l\u0026rsquo;épée dans une intention : l\u0026rsquo;épée, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;inspection (劍者檢也) — elle sert à se prémunir contre l\u0026rsquo;imprévu. À toute affaire civile doit répondre une préparation militaire. Elle protège le corps, et porte en outre une noble et haute signification. Aussi l\u0026rsquo;antiquité établit-elle des règles : le Kaogong ji rapporte que l\u0026rsquo;épée est une arme ancienne, à deux tranchants avec une arête centrale ; de l\u0026rsquo;arête au tranchant, on l\u0026rsquo;appelle la (臘), ou e (鍔) ; la partie qui, sous l\u0026rsquo;arête et le tranchant, sépare de la poignée s\u0026rsquo;appelle la tête (shou, 首) ; au-dessous de la tête, l\u0026rsquo;endroit que l\u0026rsquo;on saisit s\u0026rsquo;appelle la soie (jing, 莖) ; à l\u0026rsquo;extrémité de la soie, on pose un anneau appelé tan (鐔). Cela prouve assez que les formes de l\u0026rsquo;épée antique et de l\u0026rsquo;épée moderne diffèrent jusque dans les noms. Le Zhou guan (周官) : la famille Tao (桃氏) faisait la lame, large de deux pouces et demi (la lame, 臘) ; les deux côtés en font la moitié (les tranchants, 從) ; on prenait la largeur de la lame pour la circonférence de la soie, et la longueur en faisait le double (la soie, la poignée) ; on centrait la soie et l\u0026rsquo;on fixait l\u0026rsquo;extrémité. Lame longue de cinq [pieds ?], soie longue, pesant neuf lüe (鋝 ; selon le Zhou li, six onces et demie font un lüe, et trois poids anciens valent un poids actuel) : c\u0026rsquo;est la mesure supérieure, portée par les officiers supérieurs. Lame longue de quatre, soie pesant sept lüe : c\u0026rsquo;est la mesure moyenne, portée par les officiers moyens. Lame longue de trois, soie pesant cinq lüe : c\u0026rsquo;est la mesure inférieure, portée par les officiers subalternes. Voilà la règle la plus ancienne de l\u0026rsquo;épée. Le Fils du Ciel, à vingt ans, prenait le bonnet et portait l\u0026rsquo;épée ; les feudataires à trente ans ; les grands officiers à quarante. Les serviteurs ne pouvaient prendre le bonnet ; le peuple, s\u0026rsquo;il avait une charge, pouvait porter l\u0026rsquo;épée, sinon non. Tout cela se peut vérifier. Sous les Qin, le cérémonial de cour interdisait aux ministres d\u0026rsquo;entrer à la cour avec l\u0026rsquo;épée. Sous les Han, ils pouvaient la porter, mais devaient la déposer au pied des degrés du palais. En descendant vers les Jin, on la remplaça par des épées de bois ; les nobles en avaient la tête de jade, les humbles se paraient de nacre, d\u0026rsquo;or, d\u0026rsquo;argent et d\u0026rsquo;écaille de tortue. Depuis lors, la coutume de porter l\u0026rsquo;épée [a décliné].\nL\u0026rsquo;épée en forme de dragon et le phénix volant diffèrent en tout : l\u0026rsquo;une privilégie la légèreté, l\u0026rsquo;esquive et la cession ; l\u0026rsquo;autre le retournement et l\u0026rsquo;extension-contraction. On danse la même épée, mais la danse diffère ; c\u0026rsquo;est la même épée, mais la tactique diffère. Ce qu\u0026rsquo;elles ont de commun, c\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;en somme, une arme courte doit s\u0026rsquo;employer contre une arme longue. Le court voit le long : point de hâte ; la hâte, et l\u0026rsquo;on est frappé par lui. Attends que son arme approche de ton corps : sans esquiver ni parer, lève aussitôt l\u0026rsquo;épée et attaque. Ton épée, bien que courte, penche le corps et avance d\u0026rsquo;un pas : un pas gagne quatre pieds ; le bras a deux pieds, l\u0026rsquo;épée trois pieds. Une avance, une retraite, c\u0026rsquo;est plus d\u0026rsquo;une toise. Sa lance, si longue soit-elle, que peut-elle contre moi ? Qui plus est, l\u0026rsquo;épée en forme de dragon possède encore le pas du dragon enroulé (盤龍步) et la merveille de l\u0026rsquo;épée qui retourne le corps (迴身 劍) : une fois l\u0026rsquo;entraînement affiné, le court bat le long — on entre dans la porte de l\u0026rsquo;arme longue, et l\u0026rsquo;arme longue perd son efficacité ; on regarde sabres et lances comme inexistants, bâtons et masses comme des bonnets d\u0026rsquo;enfant. Ajoute le pouvoir de bondir et les méthodes d\u0026rsquo;avance et de retraite : « même face à des milliers et des dizaines de milliers d\u0026rsquo;hommes, j\u0026rsquo;y vais ». On ne voit plus le bœuf entier, et la lame circule avec du jeu de reste. La méthode de l\u0026rsquo;épée en forme de dragon, comment ne pas la transmettre ?\n夏禹子帝啟。在位十年。以庚戌八年鑄一銅劍。長三尺九寸。後藏之秦望山。腹上刻二十八宿。文有背面。面文為星辰。背記山川日月。（按五金以銅出為最早）\nDi Qi (帝啟), fils de Yu le Grand des Xia : dix ans de règne ; en la huitième année, année gengxu, il fondit une épée de cuivre, longue de trois pieds neuf pouces, cachée ensuite au mont Qinwang. Sur le ventre [de la lame] étaient gravées les vingt-huit constellations ; l\u0026rsquo;inscription a un recto et un verso : l\u0026rsquo;avers figure les astres, le revers note montagnes, fleuves, soleil et lune (des cinq métaux, le cuivre est le plus anciennement extrait).\n啟太子康。在位二十九年。嵗在辛卯。三月春。鑄一銅劍。上有八方面。長三尺二寸。頭方。\nKang (康), prince héritier de Qi : vingt-neuf ans de règne ; en l\u0026rsquo;année xinmao, au troisième mois du printemps, il fondit une épée de cuivre à huit faces, longue de trois pieds deux pouces, à tête carrée.\n孔甲在位三十一年。以九年嵗次甲辰。採牛首山鐵。鑄一劍。銘曰夾。古文篆書。長四尺一寸。\nKong Jia (孔甲) : trente et un ans de règne ; en la neuvième année, année jiachen, il recueillit le fer du mont Niushou, fondit une épée, portant l\u0026rsquo;inscription « Jia » (夾) en grands caractères sigillaires anciens, longue de quatre pieds un pouce.\n殷太甲在位三十二年。以四年嵗次甲子。鑄一劍。長二尺。文曰定光。古文篆書。\nTai Jia (太甲) des Yin : trente-deux ans de règne ; en la quatrième année, année jiazi, il fondit une épée, longue de deux pieds, portant l\u0026rsquo;inscription « Dingguang » (定光) en grands caractères sigillaires anciens.\n武丁在位五十九年。以元年嵗次戊午。鑄一劍。長三尺。銘曰照膽。古文篆書。\nWu Ding (武丁) : cinquante-neuf ans de règne ; en la première année, année wuwu, il fondit une épée, longue de trois pieds, portant l\u0026rsquo;inscription « Zhaodan » (照膽) en grands caractères sigillaires anciens.\n周昭王瑕。在位五十一年。以二年嵗次壬午。鑄五劍。各投五嶽。銘曰鎮嶽。尚方。古文篆書。長五尺。\nLe roi Zhao (昭王) des Zhou, Xia : cinquante et un ans de règne ; en la deuxième année, année renwu, il fondit cinq épées et les jeta chacune dans l\u0026rsquo;une des Cinq Montagnes sacrées, portant l\u0026rsquo;inscription « Zhenyue » (鎮嶽) et « Shangfang » (尚方) en grands caractères sigillaires anciens, longues de cinq pieds.\n簡王夷。在位十四年。以元年嵗次癸酉。鑄一劍。長三尺。銘曰駿。大篆書。\nLe roi Jian (簡王), Yi : quatorze ans de règne ; en la première année, année guichou, il fondit une épée, longue de trois pieds, portant l\u0026rsquo;inscription « Jun » (駿) en grands caractères sigillaires.\n秦昭王稷。在位五十二年。以元年嵗次丙午。鑄一劍。長三尺。銘曰誡。大篆書。\nLe roi Zhao (昭王) des Qin, Ji : cinquante-deux ans de règne ; en la première année, année bingwu, il fondit une épée, longue de trois pieds, portant l\u0026rsquo;inscription « Jie » (誡) en grands caractères sigillaires.\n秦始皇在位三十七年。以三年嵗次丁巳。採北祗銅。鑄二劍銘曰定秦。大篆書。李斯刻。埋在阿房宫閣下。一在觀臺下。長三尺六寸。\nLe premier empereur des Qin (秦始皇) : trente-sept ans de règne ; en la troisième année, année dingsi, il recueillit le cuivre de Beizhi, fondit deux épées portant l\u0026rsquo;inscription « Ding Qin » (定秦) en grands caractères sigillaires, gravées par Li Si (李斯) ; l\u0026rsquo;une fut enfouie sous la galerie du palais d\u0026rsquo;Efang, l\u0026rsquo;autre sous la terrasse d\u0026rsquo;observation ; longues de trois pieds six pouces.\n前漢劉季。在位十二年。以始皇三十四年。於南山得一鐵劍。長三尺。銘曰赤霄。大篆書。常服之。此即斬蛇劍也。\nLiu Ji (劉季) des Han antérieurs : douze ans de règne ; en la trente-quatrième année du premier empereur, il obtint au mont du Sud une épée de fer, longue de trois pieds, portant l\u0026rsquo;inscription « Chixiao » (赤霄) en grands caractères sigillaires ; il la portait toujours. C\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;épée qui trancha le serpent.\n文帝恒。在位二十三年。以初元十六年嵗次庚午。鑄三劍。長三尺六寸。銘曰神龜。多刻龜形。故云\nL\u0026rsquo;empereur Wen (文帝), Heng : vingt-trois ans de règne ; en la seizième année de chuyuan, année gengwu, il fondit trois épées, longues de trois pieds six pouces, portant l\u0026rsquo;inscription « Shengui » (神龜) ; on y grava surtout des figures de tortues, d\u0026rsquo;où le nom.\n武帝徹。在位五十四年。以元光五年嵗次乙巳。鑄八劍。長三尺六寸。銘曰八服。小篆書嵩恒霍華太山五嶽皆埋之。\nL\u0026rsquo;empereur Wu (武帝), Che : cinquante-quatre ans de règne ; en la cinquième année de yuanguang, année yisi, il fondit huit épées, longues de trois pieds six pouces, portant l\u0026rsquo;inscription « Bafu » (八服) en petits caractères sigillaires ; il les enfouit toutes dans les Cinq Montagnes — Song, Heng, Huo, Hua et Tai.\n宣帝詢。在位二十五年。以本始四年鑄二劍。長三尺。一曰毛。二曰貴。以足下有毛。故為之皆小篆書\nL\u0026rsquo;empereur Xuan (宣帝), Xun : vingt-cinq ans de règne ; en la quatrième année de benshi, il fondit deux épées, longues de trois pieds : l\u0026rsquo;une dite « Mao » (毛), l\u0026rsquo;autre « Gui » (貴), ainsi nommées parce qu\u0026rsquo;il avait du poil sous les pieds ; toutes deux en petits caractères sigillaires.\n漢光武秀。在位三十三年。未貴時。在南陽鄂山得一劍。文曰秀霸。小篆書。帝常服之。\nGuangwu (光武) des Han, Xiu : trente-trois ans de règne ; avant de devenir illustre, il obtint au mont E, à Nanyang, une épée portant l\u0026rsquo;inscription « Xiuba » (秀霸) en petits caractères sigillaires ; l\u0026rsquo;empereur la portait toujours.\n明帝莊。在位十八年。以永平元年嵗次戊午。鑄一劍。上作龍形。沉之於洛水中。水清時常有見之者。咸以龍形劍名之。\nL\u0026rsquo;empereur Ming (明帝), Zhuang : dix-huit ans de règne ; en la première année de yongping, année wuwu, il fondit une épée dont le dessus figurait un dragon, et la plongea dans les eaux de la rivière Luo ; quand l\u0026rsquo;eau est claire, on la voit souvent, et tous l\u0026rsquo;appellent l\u0026rsquo;épée en forme de dragon.\n順帝保。在位十九年。以永建元年鑄一劍。長三尺四寸。銘曰安漢。小篆書後改年號。\nL\u0026rsquo;empereur Shun (順帝), Bao : dix-neuf ans de règne ; en la première année de yongjian, il fondit une épée, longue de trois pieds quatre pouces, portant l\u0026rsquo;inscription « An Han » (安漢) en petits caractères sigillaires ; le nom de l\u0026rsquo;ère fut ensuite changé.\n靈帝安。在位二十二年。以建寧三年鑄四劍。文曰中興。一劍無故自失。並小篆書。\nL\u0026rsquo;empereur Ling (靈帝) : vingt-deux ans de règne ; en la troisième année de jianning, il fondit quatre épées, portant l\u0026rsquo;inscription « Zhongxing » (中興) ; l\u0026rsquo;une d\u0026rsquo;elles disparut d\u0026rsquo;elle-même sans raison ; toutes en petits caractères sigillaires.\n魏武帝曹操。以建安二十年。於幽谷得一劍。長三尺六寸上有金字。銘曰孟德王常服之\nL\u0026rsquo;empereur Wu des Wei, Cao Cao (曹操) : en la vingtième année de jian\u0026rsquo;an, il obtint dans une vallée profonde une épée, longue de trois pieds six pouces, avec des caractères d\u0026rsquo;or, portant l\u0026rsquo;inscription « Mengde » (孟德) ; le roi la portait toujours.\n蜀主劉備。以章武元年。嵗次辛丑。採金牛山鐵。鑄八劍各長三尺六寸。一帝自服一與太子禪一與梁王理。一與魯王永。一與諸葛亮。一與闗羽。一與張飛。一與趙雲\nLe souverain du Shu, Liu Bei (劉備) : en la première année de zhangwu, année xinchou, il recueillit le fer du mont Jinniu et fondit huit épées, chacune longue de trois pieds six pouces : l\u0026rsquo;une portée par l\u0026rsquo;empereur lui-même, une donnée au prince héritier Shan, une au roi de Liang, Li, une au roi de Lu, Yong, une à Zhuge Liang (諸葛亮), une à Guan Yu (關羽), une à Zhang Fei (張飛), une à Zhao Yun (趙雲).\n後主禪。廷熙二年。造一大劍。長一丈二尺。鎮劍口山往往人見光輝。後人求之不獲。\nLe souverain postérieur, Shan (後主禪) : en la deuxième année de yanxi, il fit une grande épée, longue d\u0026rsquo;une toise deux pieds, pour garder la montagne de Jiankou ; souvent les hommes en voyaient l\u0026rsquo;éclat ; les générations suivantes la cherchèrent sans la trouver.\n吳王孫權。以黃武五年。採武昌銅鐵。作千口劍。各長三尺九寸皆是南銅越炭作之。文曰大吳。小篆書又赤鳥年中。有人得淮陰侯韓信劍。帝以賜周瑜。\nLe roi de Wu, Sun Quan (孫權) : en la cinquième année de huangwu, il recueillit le cuivre et le fer de Wuchang et fit mille épées, chacune longue de trois pieds neuf pouces, toutes faites de cuivre du Sud et de charbon de Yue, portant l\u0026rsquo;inscription « Da Wu » (大吳) en petits caractères sigillaires. Sous l\u0026rsquo;ère chiwu, quelqu\u0026rsquo;un obtint l\u0026rsquo;épée de Han Xin (韓信), marquis de Huaiyin, et l\u0026rsquo;empereur la donna à Zhou Yu (周瑜).\n孫亮以建興二年鑄一劍。文曰流光。小篆書\nSun Liang (孫亮) : en la deuxième année de jianxing, il fondit une épée, portant l\u0026rsquo;inscription « Liuguang » (流光) en petits caractères sigillaires.\n孫皓以建衡元年鑄一劍。文曰皇帝吳王。小篆書\nSun Hao (孫皓) : en la première année de jianheng, il fondit une épée, portant l\u0026rsquo;inscription « Empereur, roi de Wu » (皇帝吳王) en petits caractères sigillaires.\n晉懷帝熾。以永嘉元年造一劍。長五尺銘曰步光。小篆書\nL\u0026rsquo;empereur Huai des Jin (晉懷帝), Chi : en la première année de yongjia, il fit une épée, longue de cinq pieds, portant l\u0026rsquo;inscription « Buguang » (步光) en petits caractères sigillaires.\n穆帝聃。以永和五年於房山造五口劍。銘曰五方單符。隸書。\nL\u0026rsquo;empereur Mu (穆帝), Dan : en la cinquième année de yonghe, il fit au mont Fang cinq épées, portant l\u0026rsquo;inscription « Wufang danfu » (五方單符) en écriture des scribes.\n孝武帝昌明。以大元元年。於華山頂埋一劍。銘曰神劍。隸書\nL\u0026rsquo;empereur Xiaowu (孝武帝), Changming : en la première année de dayuan, il enfouit au sommet du mont Hua une épée, portant l\u0026rsquo;inscription « épée divine » (神劍) en écriture des scribes.\n梁武帝蕭衍。以天監二年即位。至普通中。嵗在庚子。命陶宏景造神劍十三口。用金銀銅錫銕五色合為之。長短各依劍術法。文曰服之者。永治四方。並小篆書。此外如吳越春秋。及越絕書中。載吳王闔閭。使干將鑄劍。及越薛燭相劍二事。世人多有知者。姑不贅述。\nL\u0026rsquo;empereur Wu des Liang (梁武帝), Xiao Yan : monté sur le trône en la deuxième année de tianjian ; sous l\u0026rsquo;ère putong, en l\u0026rsquo;année gengzi, il ordonna à Tao Hongjing de faire treize épées divines, en mêlant les cinq couleurs — or, argent, cuivre, étain, fer ; les longueurs suivent chacune le Traité de l\u0026rsquo;art de l\u0026rsquo;épée ; elles portent l\u0026rsquo;inscription : « Celui qui les porte gouvernera à jamais les quatre directions », en petits caractères sigillaires. D\u0026rsquo;autre part, les Printemps et automnes de Wu et Yue (吳越春秋) et le Livre de l\u0026rsquo;absolu de Yue (越絕書) rapportent que le roi Helü de Wu fit fondre une épée par Ganjiang, et l\u0026rsquo;expertise des épées par Xue Zhu (薛燭) de Yue — deux affaires que le monde connaît bien ; je n\u0026rsquo;ai pas besoin d\u0026rsquo;en dire davantage.\nL\u0026rsquo;origine de l\u0026rsquo;épée en forme de dragon (龍形劍之來源) 龍形劍術。為山東兖州嚴繼藴師之絕技。嚴師世代以武術得名。至師練劍尤精。兼使大槍。故世人多以嚴大槍呼之。師亦樂人稱道。民國十二年南來。任江蘇省財政廰技擊教師。時年已六十又八。精神矍鑠。望之如四十許人。晨起練劍。午後扎槍。未嘗一日稍離。時童君文華聞師在金陵。負笈往謁。師見其短小精悍。筋骨堅實。固樂收之。因欲試其膽。怒目叱之不懼。欲騐其氣。以勢凌之不動。遂收為徒。童君字國璋。江蘇淮安城南附馬營人。幼而好弄。長負奇氣。喜馳馬試劍。平人不平。譽之毁之。君弗顧也。從嚴師習龍形劍時。年二十二。待嚴囘魯遂與同門顧汝章互相砥礪。顧君阜甯人。練掌有功。能用指錐穿磚瓦行路時常掌猛擊磚牆。掌不傷而牆或有損其掌工之堅硬。於此可知又能銕板橋。首足高擱。腹上置五百觔大石。石上再上五人。其中四人。背脊相靠。雙肘相絞。坐擔胸腹。其另一人。躍立肩上。顧君之內功。於此更可知矣。他如各種武器。幾無一不精。十七年。中央國術舘舉行第一次國術考試。顧君獲最優等獎章故其劍術工夫。加人一等。自非常人之所能及。童君亦自言實得君之益不少。後鈕公惕生在甯組織江蘇省國術分舘。開辦第一期師範研究所。童君欣往就學。術成卒業。迨至省府遷鎮。開辦師範講習所。招集現任公安水警人員來舘練習由副舘長孫祿堂先生聘君為國術教官兼訓育處組長職。余至訓育處得君之臂助良多。君天資聰慧。於國術法門。一見即能記憶不忘。除龍形劍外如提攔槍。抹眉刀。五虎尋羊棍。盤龍棍春秋刀梅花雙刀。張飛矛。月牙鏟。六合大槍提鑪劍。三才劍護手鈎雪片刀。少林闖拳。提鑪拳少林長拳。梅花拳四路查拳。六路短打。形意太極八卦等。均無不熟極而流。其中除嚴師所授拳刀槍劍而外。據童君云。有為吳沁泉老師所傳者。有為金佳福老師所傳者。金佳福老先生金陵人。為本舘少林門門長。現年七十九嵗。民國十九年終。中央國術舘舘長張之江先生。任江蘇省綏靖督辦來省。金老先生於歡迎表演時。尤舞數十斤之大刀。行走如飛。亦深得國術中三昧者也。\nL\u0026rsquo;art de l\u0026rsquo;épée en forme de dragon est la technique insigne du maître Yan Jiyun (嚴繼藴) de Yanzhou, au Shandong. La famille du maître Yan s\u0026rsquo;était illustrée par les arts martiaux de génération en génération ; le maître, quant à lui, pratiquait l\u0026rsquo;épée avec un art particulier, et maniait aussi la grande lance, si bien que le monde l\u0026rsquo;appelait volontiers « Yan la Grande Lance » (嚴大 槍), et le maître se plaisait à cette réputation. En la douzième année de la République [1923], il vint dans le Sud, et fut professeur de combat au bureau des Finances de la province du Jiangsu. Il avait alors soixante-huit ans, l\u0026rsquo;esprit ardent ; à le voir, on lui eût donné quarante ans. Il pratiquait l\u0026rsquo;épée au lever du jour, frappait de la lance l\u0026rsquo;après-midi, sans jamais s\u0026rsquo;en écarter d\u0026rsquo;un seul jour. Alors M. Tong Wenhua, apprenant que le maître était à Jinling, prit son baluchon et alla le saluer. Le maître, voyant qu\u0026rsquo;il était petit, sec et vigoureux, les os et les muscles fermes, se réjouit de le recevoir ; mais, voulant éprouver son courage, il le fixa d\u0026rsquo;un regard furieux en le gourmandant : l\u0026rsquo;autre ne s\u0026rsquo;effraya point. Il voulut sonder son souffle : il le domina de toute sa prestance : l\u0026rsquo;autre ne bougea point. Il le reçut donc comme disciple. M. Tong, de nom social Guozhang (國璋), était du camp de Fuma, au sud de la ville de Huai\u0026rsquo;an, au Jiangsu. Enfant, il aimait le jeu ; en grandissant, il eut un caractère hors du commun ; il aimait galoper à cheval et essayer l\u0026rsquo;épée. Qu\u0026rsquo;on le louât ou qu\u0026rsquo;on le décriât, il n\u0026rsquo;en avait cure. Il avait vingt-deux ans quand il apprit du maître Yan l\u0026rsquo;épée en forme de dragon. Quand Yan rentra au Shandong, il s\u0026rsquo;exerça avec son condisciple Gu Ruzhang (顧汝章), s\u0026rsquo;aiguisant mutuellement. M. Gu, natif de Funing, avait fait des progrès dans la paume : il pouvait percer briques et tuiles du doigt en poinçon ; en marchant, il frappait souvent les murs de brique à pleine paume : la paume ne s\u0026rsquo;abîmait pas, mais le mur parfois s\u0026rsquo;endommageait. On voit par là la dureté de son travail de la paume. Il savait encore le pont de fer (鐵板橋) : tête et pieds haut posés, on plaçait sur son ventre une grande pierre de cinq cents livres, et sur la pierre montaient encore cinq hommes : quatre d\u0026rsquo;entre eux, dos contre dos, coudes entrelacés, s\u0026rsquo;asseyaient sur sa poitrine et son ventre, et le cinquième sautait pour se tenir debout sur leurs épaules. On voit par là mieux encore le travail interne de M. Gu. Pour toutes les autres armes, il n\u0026rsquo;en était presque aucune qu\u0026rsquo;il ne possédât à fond. En la dix-septième année [1928], l\u0026rsquo;Institut central des arts martiaux tint son premier examen d\u0026rsquo;arts martiaux, et M. Gu y obtint la récompense de la classe la plus haute ; aussi son travail de l\u0026rsquo;épée, d\u0026rsquo;un degré au-dessus des autres, n\u0026rsquo;était-il pas de ceux que le commun peut atteindre. M. Tong lui-même disait avoir tiré de lui plus d\u0026rsquo;un profit. Ensuite M. Niu Tisheng organisa à Nankin la section provinciale du Jiangsu et ouvrit le premier institut de recherche pédagogique ; M. Tong y alla étudier avec joie, acheva ses études et fut diplômé. Quand le gouvernement provincial eut déménagé à Zhenjiang et ouvert l\u0026rsquo;institut normal, qui convoquait les personnels de police et de police fluviale en fonction pour s\u0026rsquo;y entraîner, le vice-directeur M. Sun Lutang (孫祿堂) engagea M. Tong comme instructeur d\u0026rsquo;arts martiaux et chef de groupe au bureau de l\u0026rsquo;instruction. Quand j\u0026rsquo;arrivai au bureau de l\u0026rsquo;instruction, je reçus de lui une aide considérable. M. Tong est d\u0026rsquo;une intelligence remarquable : dans les méthodes des arts martiaux, un coup d\u0026rsquo;œil lui suffit pour se souvenir sans oublier. Outre l\u0026rsquo;épée en forme de dragon : la lance tilan (提攔槍), le sabre meimei (抹眉刀), le bâton « cinq tigres cherchent la brebis » (五虎尋羊棍), le bâton du dragon enroulé (盤龍棍), le sabre des Printemps et Automnes (春秋刀), les sabres doubles de la fleur de prunier (梅花雙刀), la lance de Zhang Fei (張飛矛), la bêche du croissant de lune (月牙鏟), la grande lance des six harmonies (六合大槍), l\u0026rsquo;épée tilu (提鑪劍), l\u0026rsquo;épée des trois puissances (三才劍), les crochets à garde-main (護手鈎), le sabre flocon de neige (雪片刀), la boxe d\u0026rsquo;assaut Shaolin (少林闖拳), la boxe tilu (提鑪拳), la boxe longue Shaolin (少林長拳), la boxe de la fleur de prunier (梅花拳), la boxe Cha en quatre routes (四路查拳), les coups courts en six routes (六路短打), le xingyi, le taiji, le bagua, etc. — tout cela, il le possède avec une aisance accomplie. Parmi ces arts, outre les poings, sabres, lances et épées transmis par le maître Yan, il y en a, selon M. Tong, qui lui viennent du vieux maître Wu Qinquan (吳沁泉), et d\u0026rsquo;autres du vieux maître Jin Jiafu (金佳福). Le vieux M. Jin Jiafu, natif de Jinling, est le chef de la porte Shaolin de notre institut ; il a aujourd\u0026rsquo;hui soixante-dix-neuf ans. À la fin de la dix-neuvième année de la République [1930], M. Zhang Zhijiang (張之江), directeur de l\u0026rsquo;Institut central des arts martiaux, vint dans la province comme commissaire à la pacification du Jiangsu ; à la démonstration de bienvenue, le vieux M. Jin dansa surtout un grand sabre de plusieurs dizaines de livres, marchant comme s\u0026rsquo;il volait : lui aussi a profondément pénétré le secret des arts martiaux.\nLe nom de l\u0026rsquo;épée en forme de dragon (龍形劍之名稱) 龍形劍之命名。並因其劍身形狀與他劍有特異之處。亦非如漢明所鑄之劍上作龍形。因而定名。其所以以龍形為名者。不在劍身之形狀。而在舞劍之姿勢。姿勢如鳳舞。則名之為飛鳳可也。姿勢如龍蟠。則名之為龍形可也。此仍係指全路劍法而言。若其中各箇姿勢。有與他種動作相似者。則再用各箇動作姿勢之名稱以分別之。龍形劍命名之義如此。茲再將龍形劍各部之名稱及其重量。繪圗述之如下。\nLe nom d\u0026rsquo;« épée en forme de dragon » ne vient pas de ce que la forme de la lame différerait des autres épées, ni de ce que, comme l\u0026rsquo;épée fondue par l\u0026rsquo;empereur Ming des Han, le dessus figurerait un dragon. Si on l\u0026rsquo;appelle « forme de dragon », ce n\u0026rsquo;est pas la forme de la lame qui compte, mais la posture de la danse : si les postures dansent comme un phénix, on peut l\u0026rsquo;appeler phénix volant ; si elles s\u0026rsquo;enroulent comme un dragon, on peut l\u0026rsquo;appeler forme de dragon. Cela concerne la méthode de tout l\u0026rsquo;enchaînement ; si certaines postures ressemblent à d\u0026rsquo;autres mouvements, on emploie alors le nom de ces mouvements pour les distinguer. Tel est le sens du nom de l\u0026rsquo;épée en forme de dragon. J\u0026rsquo;en donne maintenant les parties avec leurs noms et leurs poids, illustrés ci-dessous.\n（一）為劍鐓。（二）為劍柄。（三）為護手（四）為劍身。（五）為劍鋒。（七）全身。長約二尺八寸三分。（八）劍鐓。長約一寸八分。寬一寸六分。厚六分（九）劍柄。長三寸六分。寬一寸二分。厚九分。（十）護手。長約一寸一分。寬二寸六分。厚七分。其兩耳每耳長約一寸五分。（十一）劍身。長約二尺一寸八分。寬約一寸一分。（十二）劍鋒。約七分寬。\n(1) le pommeau (劍鐓) ; (2) la poignée (劍柄) ; (3) la garde (護手) ; (4) la lame (劍身) ; (5) la pointe (劍鋒). (7) L\u0026rsquo;épée entière : environ deux pieds huit pouces trois lignes. (8) Le pommeau : environ un pouce huit lignes de long, un pouce six lignes de large, six lignes d\u0026rsquo;épaisseur. (9) La poignée : trois pouces six lignes de long, un pouce deux lignes de large, neuf lignes d\u0026rsquo;épaisseur. (10) La garde : environ un pouce une ligne de long, deux pouces six lignes de large, sept lignes d\u0026rsquo;épaisseur ; ses deux oreilles, chacune d\u0026rsquo;environ un pouce cinq lignes. (11) La lame : environ deux pieds un pouce huit lignes de long, environ un pouce une ligne de large. (12) La pointe : environ sept lignes de large.\nLes méthodes de l\u0026rsquo;épée en forme de dragon (龍形劍之劍法) 前漢書卷三十。藝文志第十。載劍道三十八篇。手搏六篇。蹵鞠二十五篇。右兵技巧十三家。百九十九篇技巧者。習手足。便器械。積機闗。以立攻守之勝者也。但顏師古僅删其要。而略記其篇數。亦因年代久遠。無以詳知故也。他如逢門射法二篇。蒲沮子弋法四篇。均不可考矣。由此可知吾國國術之書籍。失傳已久。固不僅劍道一種已也。然師弟相承。流傳迄今者。亦屬有人。如紀效新書末篇中之劍經。猶有圗說註解。雖吾國絕技。傳而不全。於斯可見一斑。惟彼時之所謂劍術者。係包括刀槍箭棍各種短兵器械而言。不必專指劍法而論。所謂劍法者何。盖依其當然之理。就其必然之勢。而定其來去之方。分其上下之意。是謂之法。古之劍法有與今法不同者。古之劍端有環。可繫之以繩。近則刺。遠則擲後世之劍有長至五六尺者。多雙手把握以舞之。其所舞之法。僅格洗擊刺四字雖屬簡陋不詳。然後世短劍之砍撩摸刺抽提橫倒八法。亦由此四字中化出由四字而八字而十三字而二十四劍。推而至四十四或八十八以至一百七十六劍。均能變化自如。隨心所欲故法不求多。貴在得法能練。得法不難。難在練而能用。世有讀破萬卷書。而不能冩一信柬者。比比皆是也。近今練劍之宗旨。原不在練而能用。祇求靈活身腰。冀强國强種之功效而已。但不練則已。既然練劍。仍宜揣其攻守之意。進退之方。兵可百年不用。不可一日無備。劍法可終身不用。今既練習。則不可不知。茲將龍形劍法之十一字分述如下。\nLe Hanshu (前漢書), chapitre trentième, Traité des arts et lettres (藝文 志), dixième section, consigne trente-huit chapitres sur la Voie de l\u0026rsquo;épée (劍道), six chapitres sur le combat à mains nues (手搏), vingt-cinq chapitres sur le jeu de balle (蹵鞠) ; à droite : les habiles dans les armes, treize écoles, cent quatre-vingt-dix-neuf chapitres. Les « habiles » sont ceux qui exercent mains et pieds, manient les armes, accumulent les artifices, pour établir la victoire en attaque et en défense. Mais Yan Shigu (顏師古) n\u0026rsquo;en a retenu que l\u0026rsquo;essentiel, notant seulement le nombre des chapitres, faute de pouvoir en savoir davantage, tant les temps sont anciens. D\u0026rsquo;autres, comme les deux chapitres de la méthode de tir de Fengmen (逢門射法) et les quatre chapitres de la méthode de tir au fil de Puzu (蒲沮子弋法), ne se peuvent plus vérifier. On voit par là que les livres d\u0026rsquo;arts martiaux de notre pays se sont perdus depuis longtemps, et pas seulement la Voie de l\u0026rsquo;épée. Mais la transmission de maître à disciple, qui se poursuit jusqu\u0026rsquo;à nous, a bien ses hommes : ainsi le Classique de l\u0026rsquo;épée (劍經), au dernier chapitre des Nouveaux livres de la discipline efficace (紀效新書), a conservé figures et annotations. Bien que les techniques insigne de notre pays soient transmises incomplètement, on en voit ici un échantillon. Seulement, ce qu\u0026rsquo;on appelait alors l\u0026rsquo;art de l\u0026rsquo;épée englobait sabres, lances, flèches, bâtons et toutes les armes courtes ; il ne désignait pas spécialement la méthode de l\u0026rsquo;épée. Qu\u0026rsquo;appelle-t-on donc méthode de l\u0026rsquo;épée ? Suivant la raison de ce qui doit être, selon la tendance de ce qui est inévitable, fixer la direction de l\u0026rsquo;allée et de la venue, distinguer l\u0026rsquo;intention du haut et du bas : voilà ce qu\u0026rsquo;on appelle la méthode. Les méthodes d\u0026rsquo;épée antiques diffèrent des méthodes d\u0026rsquo;aujourd\u0026rsquo;hui : l\u0026rsquo;épée antique avait à sa pointe un anneau auquel on attachait une corde ; de près, on piquait ; de loin, on lançait. Chez les générations postérieures, des épées longues de cinq ou six pieds, qu\u0026rsquo;on dansait le plus souvent à deux mains ; leur méthode ne comportait que quatre caractères — parer (格), laver (洗), frapper (擊), piquer (刺) — simples et incomplètes. Mais les huit méthodes de l\u0026rsquo;épée courte des générations postérieures — frapper (砍), lever (撩), essuyer (摸), piquer (刺), retirer (抽), soulever (提), horizontal (橫), renversé (倒) — sont issues de ces quatre caractères. De quatre caractères à huit, à treize, aux vingt-quatre épées, puis aux quarante-quatre, aux quatre-vingt-huit, jusqu\u0026rsquo;aux cent soixante-seize épées : tout peut se transformer librement, comme le cœur le désire. Aussi la méthode ne demande-t-elle pas la quantité : ce qui importe, c\u0026rsquo;est d\u0026rsquo;obtenir la méthode et de savoir s\u0026rsquo;entraîner. Obtenir la méthode n\u0026rsquo;est pas difficile ; le difficile, c\u0026rsquo;est de s\u0026rsquo;entraîner et de savoir s\u0026rsquo;en servir. Il y a des hommes qui ont lu et épuisé dix mille volumes et ne savent pas écrire une lettre : on en trouve partout. Aujourd\u0026rsquo;hui, le but de la pratique de l\u0026rsquo;épée n\u0026rsquo;est pas à l\u0026rsquo;origine de savoir s\u0026rsquo;en servir : on ne cherche qu\u0026rsquo;à assouplir le corps et la taille, dans l\u0026rsquo;espoir des effets de la vigueur de la nation et de la race. Mais si l\u0026rsquo;on ne s\u0026rsquo;entraîne pas, soit ; puisque l\u0026rsquo;on s\u0026rsquo;entraîne à l\u0026rsquo;épée, il faut encore méditer le sens de l\u0026rsquo;attaque et de la défense, les manières d\u0026rsquo;avancer et de reculer. Les armes peuvent rester cent ans sans servir : on ne peut rester un jour sans préparation. La méthode de l\u0026rsquo;épée peut ne servir de toute une vie ; mais puisque nous la pratiquons, il ne faut pas l\u0026rsquo;ignorer. J\u0026rsquo;expose maintenant les onze caractères de la méthode de l\u0026rsquo;épée en forme de dragon, un à un.\nDécomposition de la méthode (劍法分解) 龍形劍法。為劈撩斬抹掤托鈎挂提刺扎十一字。舞劍之時。右臂多平推平起。右腕宜搖挽生花。如是則劍柄似乎不甚動。而劍尖則迴環上下。左右前後。圓轉自如。風飛電掣。而無絲毫濡滯之勢矣。因龍形劍法。用劍尖居多。而用劍身時甚少。務宜氣發尾閭。勁貫劍尖。合伸縮為進退之法。以迴環分順逆之勢。有抑有揚。無斷無間。似開而復合。或擋後而迎前。明中有暗。暗中亦有明。既欲意先劍後。又要神寄劍身。隨其形以變化。順其勢而飛騰。劍與身法步相連。劍即是手。手即是劍。則不知手中之有劍矣。意行於筋絡之間。意即是氣。氣即是意。則絕無板笨之形矣。苟能心領神會。熟極而流。自合劍術之道覈。是在習者之慧心領悟耳。兹將十一字分別述之如下。\nLa méthode de l\u0026rsquo;épée en forme de dragon tient en onze caractères : fendre (劈), lever (撩), trancher (斬), essuyer (抹), parer en remontant (掤), soutenir (托), crocheter (鈎), accrocher (挂), lever (提), piquer (刺), frapper de pointe (扎). Quand on danse l\u0026rsquo;épée, le bras droit pousse et s\u0026rsquo;élève le plus souvent à l\u0026rsquo;horizontale ; le poignet droit doit se balancer et tourner en dessinant des fleurs. Ainsi la poignée semble presque immobile, tandis que la pointe tournoie en haut et en bas, à gauche et à droite, devant et derrière, pivotant à volonté, vent qui vole, éclair qui claque, sans la moindre stagnation. Parce que la méthode de l\u0026rsquo;épée en forme de dragon emploie surtout la pointe et fort peu la lame, il faut que le souffle parte du weilü (尾閭, le coccyx) et que le jin (勁) traverse la pointe. On combine extension et contraction comme méthode d\u0026rsquo;avance et de retraite ; on distingue par le retournement les tendances favorable et contraire. Il y a abaissement et élévation, sans rupture ni intervalle ; on semble s\u0026rsquo;ouvrir, puis l\u0026rsquo;on se referme ; tantôt on pare derrière et l\u0026rsquo;on accueille devant. Dans le clair il y a l\u0026rsquo;obscur, dans l\u0026rsquo;obscur il y a aussi le clair. On veut que l\u0026rsquo;intention précède l\u0026rsquo;épée, et que l\u0026rsquo;esprit loge dans la lame : suivre la forme pour se transformer, épouser la tendance pour s\u0026rsquo;envoler. L\u0026rsquo;épée, la méthode du corps et les pas sont liés : l\u0026rsquo;épée, c\u0026rsquo;est la main ; la main, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;épée — alors on ne sait plus qu\u0026rsquo;il y a une épée dans la main. L\u0026rsquo;intention circule entre muscles et méridiens ; l\u0026rsquo;intention, c\u0026rsquo;est le souffle ; le souffle, c\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;intention — alors il n\u0026rsquo;y a plus aucune raideur gauche. Si l\u0026rsquo;on peut comprendre avec le cœur et s\u0026rsquo;identifier par l\u0026rsquo;esprit, à force d\u0026rsquo;habitude couler de soi-même, on rejoint naturellement le cœur de l\u0026rsquo;art de l\u0026rsquo;épée. Cela tient à la sagacité du pratiquant. J\u0026rsquo;expose maintenant les onze caractères, chacun séparément.\n劈。提勁於劍身中部。由上向下。謂之劈。有左劈右劈。前劈後劈。右手均是虎口朝前。掌心朝後。\nPi (劈), fendre. On porte le jin au milieu de la lame et, de haut en bas, on fend : c\u0026rsquo;est pi. Il y a pi à gauche, à droite, devant, derrière ; la main droite a toujours la gueule du tigre [l\u0026rsquo;angle entre pouce et index] vers l\u0026rsquo;avant et la paume vers l\u0026rsquo;arrière.\n撩。提勁於劍尖前部。由下向上。謂之撩。有左撩右撩。反撩倒撩。左撩右撩均是正腕。反撩倒撩均是反腕。\nLiao (撩), lever. On porte le jin à la partie antérieure de la pointe et, de bas en haut, on lève : c\u0026rsquo;est liao. Il y a liao à gauche, à droite, liao renversé, liao inversé. Les liao gauche et droit se font toujours poignet droit ; les liao renversé et inversé, toujours poignet retourné.\n斬。提勁於劍身中部。由外向裏。謂之斬。如由右方向左方横斬或斜斬。均是掌心朝上。手背向下。虎口朝前。\nZhan (斬), trancher. On porte le jin au milieu de la lame et, de l\u0026rsquo;extérieur vers l\u0026rsquo;intérieur, on tranche : c\u0026rsquo;est zhan. Ainsi, de la droite vers la gauche, tranche horizontale ou tranche oblique : toujours paume vers le haut, dos de la main vers le bas, gueule du tigre vers l\u0026rsquo;avant.\n抹。提勁於劍尖前中部。由裏向外。謂之抹。如由左右向外抹。亦有由左向右外抹時。用正腕。掌心朝上者。亦或用反腕。掌心朝下者。皆可。\nMo (抹), essuyer. On porte le jin à la partie antérieure et moyenne de la pointe et, de l\u0026rsquo;intérieur vers l\u0026rsquo;extérieur, on essuie : c\u0026rsquo;est mo. Ainsi, de gauche à droite, on essuie vers l\u0026rsquo;extérieur ; on peut user du poignet droit, paume vers le haut, ou du poignet retourné, paume vers le bas — l\u0026rsquo;un et l\u0026rsquo;autre conviennent.\n掤。提勁於劍尖前方。陡然向上。謂之掤。如順勢上掤左掤右掤。均由正腕。虎口朝上。此係專為掤開敵械而用。\nPeng (掤), parer en remontant. On porte le jin devant la pointe et, d\u0026rsquo;un coup, vers le haut : c\u0026rsquo;est peng. Suivant la tendance, peng vers le haut, à gauche, à droite : toujours poignet droit, gueule du tigre vers le haut. Cela sert spécialement à écarter l\u0026rsquo;arme de l\u0026rsquo;adversaire.\n托。提勁於劍根後上方。逆勢反接。謂之托。如劍横身右。虎口朝外。掌心迎胸。由下向上。此法專為敵械近身而用。\nTuo (托), soutenir. On porte le jin au-dessus et en arrière de la racine de la lame et, contre la tendance, on reçoit en retour : c\u0026rsquo;est tuo. Ainsi, l\u0026rsquo;épée transversale à droite du corps, gueule du tigre vers l\u0026rsquo;extérieur, paume vers la poitrine, on remonte de bas en haut. Cette méthode sert spécialement quand l\u0026rsquo;arme adverse approche du corps.\n鈎。提勁於劍尖之上。由後下方絞起。謂之鈎有左鈎右鈎。左鈎時掌心向右。右鈎時仰腕朝上。\nGou (鈎), crocheter. On porte le jin au-dessus de la pointe et, de l\u0026rsquo;arrière-bas, on tord en remontant : c\u0026rsquo;est gou. Il y a gou à gauche et gou à droite : au gou gauche, la paume regarde la droite ; au gou droit, le poignet se renverse vers le haut.\n挂。提勁於劍尖前裏鋒。由右上方向左下方。謂之挂虎口朝左後方。掌心朝前下方。此法專為擊落敵人器械而用。\nGua (挂), accrocher. On porte le jin au tranchant intérieur avant de la pointe et, du haut-droit vers le bas-gauche, on accroche : c\u0026rsquo;est gua. Gueule du tigre vers l\u0026rsquo;arrière-gauche, paume vers l\u0026rsquo;avant-bas. Cette méthode sert spécialement à faire tomber l\u0026rsquo;arme de l\u0026rsquo;adversaire.\n提。提勁於劍尖。劍柄在上。劍尖朝下謂之提。由左上方向右前下方。虎口朝下。掌心朝外。此法用截取敵人手腕。\nTi (提), lever. On porte le jin à la pointe, poignée en haut, pointe en bas : c\u0026rsquo;est ti. Du haut-gauche vers le bas-avant-droit, gueule du tigre vers le bas, paume vers l\u0026rsquo;extérieur. Cette méthode sert à couper et saisir le poignet de l\u0026rsquo;adversaire.\n刺。提勁於劍身。劍鋒朝上下。勁貫劍尖。立直向前則為刺。虎口朝前。掌心朝左或朝右。分上刺喉。中刺心。下刺腹\nCi (刺), piquer. On porte le jin dans la lame, la pointe vers le haut ou le bas, le jin traversant la pointe ; dressé droit et porté en avant, c\u0026rsquo;est ci. Gueule du tigre vers l\u0026rsquo;avant, paume vers la gauche ou la droite. On distingue : piquer en haut la gorge, au milieu le cœur, en bas le ventre.\n扎。提勁於劍身。鋒朝左右。勁貫劍尖。匾平向前則為扎。此係仰腕。掌心朝上。掌背朝下。\nZha (扎), frapper de pointe. On porte le jin dans la lame, la pointe vers la gauche ou la droite, le jin traversant la pointe ; à plat et porté en avant, c\u0026rsquo;est zha. C\u0026rsquo;est le poignet renversé : paume vers le haut, dos de la main vers le bas.\n舞劍之法。其腕欲柔如綿絮。其活欲勢若游龍。其直欲硬如鋼鐵。其快欲疾如閃電。尤須肩腰相乘。手步相隨。心眼相照則顛之倒之。撩之斬之。伸之縮之。點之啄之無不圎轉如意矣。\nLa méthode pour danser l\u0026rsquo;épée : le poignet doit être souple comme l\u0026rsquo;ouate de soie, la vivacité pleine d\u0026rsquo;allant comme un dragon nageur, la droiture dure comme l\u0026rsquo;acier, la vitesse prompte comme l\u0026rsquo;éclair. Surtout, épaules et reins doivent se prêter main-forte, main et pas se suivre, cœur et œil se répondre — alors, qu\u0026rsquo;on la renverse ou qu\u0026rsquo;on la dresse, qu\u0026rsquo;on la lève ou qu\u0026rsquo;on la tranche, qu\u0026rsquo;on l\u0026rsquo;étende ou qu\u0026rsquo;on la replie, qu\u0026rsquo;on la pointe ou qu\u0026rsquo;on la picore, tout pivote comme on le veut.\n劍與他種兵器不同。譬如刀有一面鋒刄。能走上下左右前後六面。而劍則能左右前後上下八面。手腕微轉。則前後能施畧一迴環。則上下皆顧。或上掤下提。或下斬平抹。得步進步。遇空即補。所謂三尺短鋒。勝是長槍大戟。古之豪傑。輒多練此以成名。即因其迴異乎凡器也。\nL\u0026rsquo;épée diffère des autres armes. Par exemple, le sabre n\u0026rsquo;a qu\u0026rsquo;un tranchant et peut parcourir six faces — haut, bas, gauche, droite, avant, arrière ; l\u0026rsquo;épée, elle, peut parcourir huit faces — gauche, droite, avant, arrière, haut, bas. Que le poignet tourne un peu, et l\u0026rsquo;avant et l\u0026rsquo;arrière peuvent s\u0026rsquo;employer ; qu\u0026rsquo;il fasse un léger retour, et le haut et le bas sont tous deux couverts. Tantôt peng en haut et ti en bas, tantôt zhan en bas et mo à plat ; gagne un pas quand tu peux gagner un pas, comble la faille quand tu la rencontres. Comme dit le proverbe, « trois pieds de pointe courte battent la longue lance et la grande hallebarde ». Les héros de l\u0026rsquo;antiquité se sont souvent illustrés en la pratiquant, précisément parce qu\u0026rsquo;elle diffère des armes communes.\n善舞其劍者。妙用使人不能測。伸縮使人不能防一步快一步。一劍緊一劍。其跳躍也勢若飛騰。其懸繚也形如流電。其於練劍之初。心堅志定。不避寒暑無間無斷。會精聚神。揣摩用法。研究真理。刻苦加功。於靜中求動。動中求靜。養元氣。活血脉。保精神。戒房事。慎飲食。去雜念。其愛劍也視同生命。故劍亦樂為其所用。今人未見有愛劍如己身者。故人不重視其劍。而劍亦不為人所用矣。世有伯樂而後有千里馬。世無識干將莫邪者。干將莫邪亦不為世人所見。即雖有之。凡夫肉眼。亦視同頑鐵等爾。噫。惜哉。\nCelui qui sait bien danser l\u0026rsquo;épée : ses merveilles le rendent insondable, son extension et sa contraction le rendent impossible à parer. Un pas plus prompt que l\u0026rsquo;autre, une épée plus serrée que l\u0026rsquo;autre. Son saut a l\u0026rsquo;allant d\u0026rsquo;un envol ; son tournoiement a la forme d\u0026rsquo;un éclair. Au début de sa pratique, cœur ferme et volonté fixe, sans fuir ni froid ni chaleur, sans interruption ni rupture ; il concentre l\u0026rsquo;essence, rassemble l\u0026rsquo;esprit, médite les usages, étudie la vérité, travaille avec acharnement. Dans le calme, il cherche le mouvement ; dans le mouvement, le calme. Il nourrit le souffle originel, active les vaisseaux, préserve l\u0026rsquo;esprit, s\u0026rsquo;abstient des plaisirs de la chambre, est sobre de boire et de manger, écarte les pensées parasites. Il aime son épée comme sa vie ; aussi l\u0026rsquo;épée se plaît-elle à lui obéir. Les hommes d\u0026rsquo;aujourd\u0026rsquo;hui n\u0026rsquo;aiment pas leur épée comme leur propre corps ; aussi ne la tiennent-ils pas en estime, et l\u0026rsquo;épée ne leur obéit pas. Le monde n\u0026rsquo;a un Bole qu\u0026rsquo;ensuite viennent les chevaux de mille li ; si le monde n\u0026rsquo;a personne qui reconnaisse Ganjiang et Moye, Ganjiang et Moye ne sont pas vus du monde. Même s\u0026rsquo;il en existe, l\u0026rsquo;œil nu du commun les regarde comme du fer brut. Hélas ! quel dommage.\n昔人有論劍法。擬之以書法者。書法有八法。用永字分剖以解之。劍法亦有八法。亦以永字比之。\nQuelqu\u0026rsquo;un jadis, traitant de la méthode de l\u0026rsquo;épée, la compara à la calligraphie : la calligraphie a huit méthodes, qu\u0026rsquo;on explique en disséquant le caractère yong (永) ; la méthode de l\u0026rsquo;épée a aussi huit méthodes, qu\u0026rsquo;on compare aussi au caractère yong.\n（一）丶則為刺。（二）ˊ則為撩。（三）乛則為斬。（四）一則為掤。（五）丨則為劈。（六）亅則為鈎。（七）丿則為提。（八）乀則為抹。此外如扎則與刺相同。挂則與提相若。托則與掤相似。更有以抽揭點砍橫倒削摸為字訣用法者。總不外乎八法而已。\n(1) le point (丶) est ci (piquer) ; (2) la remontée (ˊ) est liao (lever) ; (3) le crochet horizontal (乛) est zhan (trancher) ; (4) le trait horizontal (一) est peng (parer en remontant) ; (5) le trait vertical (丨) est pi (fendre) ; (6) le crochet vertical (亅) est gou (crocheter) ; (7) la glissade à gauche (丿) est ti (lever) ; (8) la glissade à droite (乀) est mo (essuyer). D\u0026rsquo;autre part, zha est identique à ci, gua voisin de ti, tuo semblable à peng. Il en est même qui prennent pour formules les caractères retirer (抽), soulever (揭), pointer (點), frapper (砍), horizontal (橫), renversé (倒), racler (削), essuyer (摸) — mais tout cela ne sort pas des huit méthodes.\n方今之世。以劍術著名者。莫李將軍景林若。將軍字芳宸。河北人。善武當劍劍法有十三式。以十三字名之。曰抽曰帶曰提曰格曰擊曰刺曰點曰崩曰攪曰壓曰劈曰截曰洗。亦猶之武當拳十三勢之采挒肘靠掤捋擠按前進後退左顧右盼中定也。其術劍之要點。以劍術一道。全慿乎神神足而成道。練精化氣練氣化神。練神成道。劍神合一。是近道矣。內練陰陽中和之氣。習之者當以無陋為先。保精養氣。甯神抱一。先習拳術為基礎。其步法手法須學八卦之輕靈便捷。其身法腰法須學太極之含胸拔背。沉肩曲肘。頭頂虚靈。鬆腰活腕。氣沉丹田。力由脊發。進則上下相垂退。則捷步如飛。出劍之精神。如形意拳之勇往直前。有進無退。敵劍一動。我劍已到着矣。其全路劍法之精深如此。自非稍習皮毛者所能望其頎背。是合內家各種拳術之專長而神化者也。\nDans le monde d\u0026rsquo;aujourd\u0026rsquo;hui, nul n\u0026rsquo;est plus célèbre dans l\u0026rsquo;art de l\u0026rsquo;épée que le général Li Jinglin (李景林). Le général, de nom social Fangchen (芳宸), natif du Hebei, excellait dans l\u0026rsquo;épée du Wudang. Sa méthode d\u0026rsquo;épée a treize formes, nommées par treize caractères : retirer (抽), porter (帶), lever (提), parer (格), frapper (擊), piquer (刺), pointer (點), faire éclater (崩), tourner (攪), presser (壓), fendre (劈), trancher (截), laver (洗). C\u0026rsquo;est comme les treize postures de la boxe du Wudang : arracher (采), tordre (挒), coude (肘), appui (靠), parer (掤), rouler (捋), presser (擠), pousser (按), avancer, reculer, regarder à gauche, veiller à droite, centre stable (中定). Le point essentiel de son art : la voie de l\u0026rsquo;épée repose tout entière sur l\u0026rsquo;esprit ; l\u0026rsquo;esprit suffisant, on accomplit la Voie. On affine l\u0026rsquo;essence pour la changer en souffle, on affine le souffle pour le changer en esprit, on affine l\u0026rsquo;esprit pour accomplir la Voie ; l\u0026rsquo;épée et l\u0026rsquo;esprit ne font qu\u0026rsquo;un : c\u0026rsquo;est approcher la Voie. Intérieurement, on exerce le souffle équilibré du yin et du yang. Celui qui s\u0026rsquo;y exerce doit d\u0026rsquo;abord ne rien laisser d\u0026rsquo;imparfait : préserver l\u0026rsquo;essence, nourrir le souffle, apaiser l\u0026rsquo;esprit, embrasser l\u0026rsquo;Un. D\u0026rsquo;abord, la boxe comme fondement : les méthodes de pas et de main doivent apprendre du bagua la légèreté et la rapidité ; les méthodes de corps et de reins doivent apprendre du taiji la poitrine creuse et le dos rond (含胸拔背), les épaules baissées et les coudes fléchis, le sommet de la tête vide et spirituel, les reins détendus et le poignet vivant, le souffle qui descend au dantian (氣沉丹田), la force qui part de l\u0026rsquo;épine dorsale. En avançant, le haut et le bas se répondent ; en reculant, le pas est prompt comme le vol. L\u0026rsquo;esprit qui sort l\u0026rsquo;épée, comme la boxe xingyi, va de l\u0026rsquo;avant avec courage, avance sans reculer : que l\u0026rsquo;épée de l\u0026rsquo;adversaire remue, et mon épée est déjà arrivée. Telle est la profondeur de toute sa méthode d\u0026rsquo;épée ; celui qui n\u0026rsquo;en a effleuré que la peau ne peut en espérer même le dos. C\u0026rsquo;est l\u0026rsquo;union, transfigurée par l\u0026rsquo;esprit, des talents particuliers de toutes les boxe internes.\n芳宸將軍又云。練劍有五戒。\nLe général Fangchen dit encore : pratiquer l\u0026rsquo;épée comporte cinq interdits.\n（一）戒色慾。因學劍者首重精神。有精而後有氣。有氣而後有力。有力而後有神。故宜保精養氣。節慾養生。\n(1) S\u0026rsquo;abstenir des désirs de la chair : l\u0026rsquo;élève de l\u0026rsquo;épée fait passer l\u0026rsquo;esprit avant tout ; l\u0026rsquo;essence étant là, le souffle vient ; le souffle étant là, la force vient ; la force étant là, l\u0026rsquo;esprit vient. Aussi faut-il préserver l\u0026rsquo;essence, nourrir le souffle, modérer les désirs et entretenir la vie.\n（二）戒殘暴。學習者首重德行。干城衛國。除暴安良澤及當時。名留後世。切勿用於為非叛逆好勇鬬狠等事。\n(2) S\u0026rsquo;abstenir de la cruauté : l\u0026rsquo;élève fait passer la vertu avant tout. Être bouclier de la cité et gardien de l\u0026rsquo;État, écarter la violence, apaiser les bons, répandre sa bienfaisance sur son temps et laisser son nom à la postérité. Garde-toi de l\u0026rsquo;employer à mal faire, à te rebeller, à aimer la bravade et la férocité.\n（三）戒躐等。習劍者須由淺而深。由簡而繁。先練眼法身法手法步法。此為外四要。次練胆力內勁速力沉着。此為內四要。按級習練。先求開展。後求緊凑。循序漸進。方臻妙用。\n(3) S\u0026rsquo;abstenir de brûler les étapes : l\u0026rsquo;élève de l\u0026rsquo;épée doit aller du simple au profond, du facile au complexe. D\u0026rsquo;abord exercer la méthode de l\u0026rsquo;œil, du corps, de la main et du pas : ce sont les quatre essentiels externes. Ensuite exercer le courage, le jin interne, la vitesse et le sang-froid : ce sont les quatre essentiels internes. S\u0026rsquo;entraîner par degrés : d\u0026rsquo;abord chercher le déploiement, ensuite la compacité ; progresser dans l\u0026rsquo;ordre, et seulement alors atteindre la merveille de l\u0026rsquo;usage.\n（四）戒過分。人身精力有限。有練劍疲勞之時。即須有保精休養之法。精神飽滿。則功夫隨之長進。故太饑太飽之時。均非所宜。\n(4) S\u0026rsquo;abstenir de l\u0026rsquo;excès : l\u0026rsquo;énergie du corps humain est limitée ; quand l\u0026rsquo;entraînement fatigue, il faut aussitôt des méthodes pour préserver l\u0026rsquo;essence et se reposer. Quand l\u0026rsquo;esprit est plein, le gongfu progresse avec lui. Aussi les moments de trop grande faim ou de trop grande satiété ne conviennent-ils pas.\n（五）戒無恆。學劍者當有堅毅心。勇敢心。孔子曰。人而無恆。不可以作巫醫。況練劍乎。勿因身弱而自餒。勿因質鈍而中止。勿因事繁而中輟。勿為環境而中斷。有志者事竟成。願學者三復斯言云。\n(5) S\u0026rsquo;abstenir du manque de constance : l\u0026rsquo;élève de l\u0026rsquo;épée doit avoir un cœur ferme et un cœur courageux. Confucius a dit : « Un homme sans constance ne peut même pas être médecin-chamane. » À plus forte raison pour pratiquer l\u0026rsquo;épée ! Ne te décourage pas parce que ton corps est faible, ne t\u0026rsquo;arrête pas parce que ton naturel est lent, ne t\u0026rsquo;interromps pas parce que tes affaires sont nombreuses, ne romps pas à cause du milieu. Qui a la volonté mène son affaire à bien. Je souhaite que les élèves méditent ces paroles trois fois.\n此為千古不易之言。吾願習龍形劍者。亦應奉此言為圭臬。故記錄於此。非敢掠他人之美也。\nCe sont des paroles immuables à travers les âges. Je souhaite que ceux qui pratiquent l\u0026rsquo;épée en forme de dragon les tiennent pour règle ; c\u0026rsquo;est pourquoi je les consigne ici — je n\u0026rsquo;ose m\u0026rsquo;attribuer la beauté d\u0026rsquo;autrui.\n余嘗聞之前輩有云。鑄劍之法。須用馬蹄鐵馬鈴鐵車輪鐵為最佳。馬蹄鐵者。騾馬蹄下極滑將穿之銕。或破壞自落之鐵也。馬鈴鐵者。驢馬頸下響鈴中搖撞之鐵胆也。車輪鐵者。車輪圈環自磨損壞之鐵也。取其久經磨鍊。火氣化盡。與運用純熟也余問何以不用鍊成之鋼鑄之。豈不較之易購乎彼云現煉之鋼條。其性脆而不柔。惟所煉之鋼。能硬能軟。兼有挺勁而不易屈。普通鑄劍之法。用銕一觔。成鋼一兩。約十五斤煉成十五兩。將劍造成之後。務宜親手持磨。方能合手而無長短輕重之弊。切不可假手他人代磨。致不應手。是為用劍者不可不知之祕法也。\nJ\u0026rsquo;ai entendu jadis les anciens dire : pour la fonte des épées, le meilleur est d\u0026rsquo;employer le fer de fer à cheval, le fer de clochette et le fer de roue de charrette. Le fer de fer à cheval, c\u0026rsquo;est le fer des sabots de mulets et de chevaux, tout usé et glissant, près d\u0026rsquo;être percé, ou le fer qui se détache de lui-même. Le fer de clochette, c\u0026rsquo;est le battant de fer qui s\u0026rsquo;agite dans la clochette pendue au cou des ânes et des chevaux. Le fer de roue, c\u0026rsquo;est le fer de la jante de roue usé par son propre frottement. On le prend parce que, longtemps éprouvé, son feu est entièrement éteint et son usage parfaitement rodé. Je demandai pourquoi l\u0026rsquo;on ne fondait pas l\u0026rsquo;épée avec de l\u0026rsquo;acier déjà affiné — ne serait-il pas plus facile à acheter ? Il dit : les barres d\u0026rsquo;acier fraîchement affiné sont cassantes et non souples ; seul l\u0026rsquo;acier ainsi affiné sait être dur et mou, et possède une vigueur qui ne plie pas facilement. La méthode ordinaire de fonte : une livre de fer donne une once d\u0026rsquo;acier ; environ quinze livres s\u0026rsquo;affinent en quinze onces. L\u0026rsquo;épée une fois achevée, il faut absolument la repasser soi-même de la main, pour qu\u0026rsquo;elle s\u0026rsquo;accorde à la main sans défaut de longueur, de poids ou de légèreté. Garde-toi de la confier à la main d\u0026rsquo;un autre pour le repassage, qui la rendrait rétive à la main. C\u0026rsquo;est le secret que tout manieur d\u0026rsquo;épée ne doit pas ignorer.\nTable des postures illustrées (龍形劍姿勢圖解目錄) 第一動作 立正提劍 第二動作 仙人擔衣 第三動作 獅子望球 第四動作 仙人指路 第五動作 犀牛望月 第六動作 烏龍入洞 第七動作 立馬聼風 第八動作 古樹盤根 第九動作 青龍翻身 第十動作 鳳凰點頭 第十一動作 夜叉探海 第十二動作 拗步鈎挂 第十三動作 青龍探爪 第十四動作 夜叉探海 第十五動作 倒劈華山 第十六動作 烏龍擺尾 第十七動作 烏龍絞珠 第十八動作 烏龍擺尾 第十九動作 金雞獨立 第二十動作 拗步鈎挂 第二十一動作 懷中抱月 第二十二動作 夜叉探海 第二十三動作 玉女穿針 第二十四動作 就地生風 第二十五動作 白猿偷桃 第二十六動作 脇下藏劍 第二十七動作 鷂子翻身 第二十八動作 金龍盤玉柱 第二十九動作 蹲身挂立 第三十動作 仙人撩雲 第三十一動作 金雞獨立 第三十二動作 野馬奔槽 第三十三動作 金雞上樹 第三十四動作 仙人伸腰 第三十五動作 烏龍擺尾 第三十六動作 朝天一柱香 第三十七動作 丹鳳朝陽 第三十八動作 烏龍吐霧 第三十九動作 金雞獨立 第四十動作 鳳凰穿梭 第四十一動作 太公鈎魚 第四十二動作 拗步鈎挂 第四十三動作 青龍探爪 第四十四動作 夜叉探海 第四十五動作 玉女穿梭 第四十六動作 猛虎歸山 第四十七動作 龍王三潮水 第四十八動作 太子站江邊\nAu garde-à-vous, épée levée (立正提劍) L\u0026rsquo;immortel porte son vêtement (仙人擔衣) Le lion regarde la boule (獅子望球) L\u0026rsquo;immortel indique la route (仙人指路) Le rhinocéros contemple la lune (犀牛望月) Le dragon noir entre dans la grotte (烏龍入洞) Le cheval arrêté écoute le vent (立馬聽風) Le vieil arbre enlace ses racines (古樹盤根) Le dragon vert se retourne (青龍翻身) Le phénix hoche la tête (鳳凰點頭) Le yaksa sonde la mer (夜叉探海) Pas croisé, crochet et accrochage (拗步鈎挂) Le dragon vert tend la griffe (青龍探爪) Le yaksa sonde la mer (夜叉探海) Fendre à l\u0026rsquo;envers le mont Hua (倒劈華山) Le dragon noir bat de la queue (烏龍擺尾) Le dragon noir tord la perle (烏龍絞珠) Le dragon noir bat de la queue (烏龍擺尾) Le coq d\u0026rsquo;or se tient sur un pied (金雞獨立) Pas croisé, crochet et accrochage (拗步鈎挂) Embrasser la lune contre la poitrine (懷中抱月) Le yaksa sonde la mer (夜叉探海) La dame de jade enfile l\u0026rsquo;aiguille (玉女穿針) Susciter le vent sur place (就地生風) Le singe blanc vole la pêche (白猿偷桃) Cacher l\u0026rsquo;épée sous l\u0026rsquo;aisselle (脇下藏劍) L\u0026rsquo;épervier se retourne (鷂子翻身) Le dragon d\u0026rsquo;or s\u0026rsquo;enroule à la colonne de jade (金龍盤玉柱) Accroupi, accrocher et se dresser (蹲身挂立) L\u0026rsquo;immortel soulève les nuages (仙人撩雲) Le coq d\u0026rsquo;or se tient sur un pied (金雞獨立) Le cheval sauvage court à la mangeoire (野馬奔槽) Le coq d\u0026rsquo;or monte à l\u0026rsquo;arbre (金雞上樹) L\u0026rsquo;immortel étire les reins (仙人伸腰) Le dragon noir bat de la queue (烏龍擺尾) Un bâton d\u0026rsquo;encens vers le ciel (朝天一柱香) Le phénix vermillon salue le soleil (丹鳳朝陽) Le dragon noir crache le brouillard (烏龍吐霧) Le coq d\u0026rsquo;or se tient sur un pied (金雞獨立) Le phénix lance la navette (鳳凰穿梭) Le grand duc pêche (太公鈎魚) Pas croisé, crochet et accrochage (拗步鈎挂) Le dragon vert tend la griffe (青龍探爪) Le yaksa sonde la mer (夜叉探海) La dame de jade lance la navette (玉女穿梭) Le tigre féroce retourne à la montagne (猛虎歸山) Le roi dragon, trois marées (龍王三潮水) Le prince se tient au bord du fleuve (太子站江邊) Explication illustrée des postures (龍形劍姿勢圖解) 第一動作 立正提劍 假定正面朝南。身體立正。左手揑訣。二指三指挺伸。大指按着四指五指。指尖屈貼掌心。手背朝上。指尖向前。兩膀垂直。右手握劍。緊貼胯旁。劍鋒朝上下。劍尖朝前。目光前視。\n1ᵉʳ mouvement — Au garde-à-vous, épée levée. On suppose que l\u0026rsquo;on fait face au sud. Le corps au garde-à-vous ; la main gauche forme le jue (訣) : l\u0026rsquo;index et le majeur tendus, le pouce appuyé sur l\u0026rsquo;annulaire et l\u0026rsquo;auriculaire, le bout des doigts replié contre la paume ; dos de la main vers le haut, doigts vers l\u0026rsquo;avant ; les deux bras pendent verticalement. La main droite tient l\u0026rsquo;épée, serrée contre la hanche ; la pointe vers le haut ou le bas, la pointe de la lame vers l\u0026rsquo;avant ; le regard va droit devant.\n第二動作 仙人擔衣 左足向左方旁橫進一步。同時左手由下向左旁方提平。高與肩齊。再將右足向左足併攏。同時將左手微抬。收囘胸前。目光左視。揑訣不變。再將右足向右前方一步。左足向右足併攏。左手由胸前向下向左旁方指出平抬。形如下圗。以上各動作。均要一氣呵成。\n2ᵉ mouvement — L\u0026rsquo;immortel porte son vêtement. Le pied gauche fait un pas de côté vers la gauche ; en même temps, la main gauche s\u0026rsquo;élève de bas en haut sur le côté gauche, à hauteur de l\u0026rsquo;épaule. Puis le pied droit rejoint le pied gauche ; en même temps, la main gauche s\u0026rsquo;élève légèrement et revient devant la poitrine ; le regard va à gauche ; le jue ne change pas. Puis le pied droit fait un pas vers l\u0026rsquo;avant-droit, le pied gauche rejoint le pied droit, et la main gauche, de la poitrine, descend et se tend vers le côté gauche, levée à l\u0026rsquo;horizontale, comme sur la figure. Tous ces mouvements doivent s\u0026rsquo;enchaîner d\u0026rsquo;un seul souffle.\n第三動作 獅子望球 右足一提。隨時落下。左腿向左旁方伸直。身體右蹲。同時左手訣指。點落右手手腕脈門之上。右手抬起。高與右額角相平。將劍鋒朝上下。手心朝前。劍尖指左。將劍橫置腦額頂上。目光左視。\n3ᵉ mouvement — Le lion regarde la boule. Le pied droit se lève puis retombe aussitôt ; la jambe gauche s\u0026rsquo;étend sur le côté gauche ; le corps s\u0026rsquo;accroupit à droite. En même temps, les doigts en jue de la main gauche se posent sur le pouls du poignet droit ; la main droite se lève à hauteur de l\u0026rsquo;angle droit du front ; la pointe de l\u0026rsquo;épée vers le haut ou le bas, paume vers l\u0026rsquo;avant, pointe de la lame vers la gauche ; l\u0026rsquo;épée est posée en travers au-dessus du front ; le regard va à gauche.\n第四動作 仙人指路 身腰步劍。均仍照前勢不動。將貼在右腕左訣。向左方指出。臂與肩平。目光左視。身腰微向左轉。成左弓右箭步。兩足不動。右手將劍落下。由胸前向左前方刺出。虎口朝上。左訣仍貼右手脈門。\n4ᵉ mouvement — L\u0026rsquo;immortel indique la route. Corps, reins, pas et épée restent immobiles comme dans la posture précédente ; le jue gauche, qui touchait le poignet droit, se tend vers la gauche, bras à hauteur de l\u0026rsquo;épaule ; le regard va à gauche. Le corps et les reins tournent légèrement à gauche, en posture d\u0026rsquo;arc gauche et de flèche droite ; les pieds ne bougent pas. La main droite abaisse l\u0026rsquo;épée et pique vers l\u0026rsquo;avant-gauche depuis la poitrine, gueule du tigre vers le haut ; le jue gauche reste sur le pouls de la main droite.\n第五動作 犀牛望月 將劍尖由上向右旁方一挂。同時身腰右轉左蹲。成右足在前伸直。左足在後蹲坐勢。力聚腰胯。目光右視劍尖。右肘緊貼右肋。劍把緊抱胸前左手訣指。仍貼右手脈門。\n5ᵉ mouvement — Le rhinocéros contemple la lune. La pointe de l\u0026rsquo;épée s\u0026rsquo;accroche de haut en haut-côté droit ; en même temps, le corps et les reins tournent à droite et l\u0026rsquo;on s\u0026rsquo;accroupit à gauche, en posture du pied droit tendu devant et du pied gauche accroupi derrière ; la force se concentre dans les reins et les hanches ; le regard suit la pointe, à droite. Le coude droit serre le flanc droit ; la poignée de l\u0026rsquo;épée est serrée contre la poitrine ; les doigts en jue de la main gauche restent sur le pouls de la main droite.\n第六動作 烏龍入洞 身體向右前方一移。成右弓左箭步。同時左手指訣提上。置於左額門上。右手將劍向前平刺。虎口朝上。目光前視。\n6ᵉ mouvement — Le dragon noir entre dans la grotte. Le corps se déplace vers l\u0026rsquo;avant-droit, en posture d\u0026rsquo;arc droit et de flèche gauche. En même temps, la main gauche en jue s\u0026rsquo;élève et se place au-dessus du front gauche ; la main droite pique l\u0026rsquo;épée à plat vers l\u0026rsquo;avant, gueule du tigre vers le haut ; le regard va droit devant.\n第七動作 立馬聼風 右足尖向右外方一磨。身腰右轉。左足向右上步。此時正面朝北。成馬襠勢蹲下。同時右臂微抬。將劍右抽。橫與眉齊。左手訣指。遙指劍尖。在劍端前下方二寸許。目光上視劍身。\n7ᵉ mouvement — Le cheval arrêté écoute le vent. La pointe du pied droit pivote vers l\u0026rsquo;extérieur droit ; le corps et les reins tournent à droite ; le pied gauche fait un pas vers la droite. On fait alors face au nord, et l\u0026rsquo;on s\u0026rsquo;accroupit en posture du cavalier (馬襠勢). En même temps, le bras droit s\u0026rsquo;élève légèrement et tire l\u0026rsquo;épée vers la droite, en travers, à hauteur des sourcils ; les doigts en jue de la main gauche pointent de loin la pointe de l\u0026rsquo;épée, à environ deux pouces devant et au-dessous de la pointe ; le regard remonte vers la lame.\n第八動作 古樹盤根 右足尖抬起。後跟落地。足尖向右後方一磨。左足後跟提起。足尖貼地。後跟向左後方磨。身面由北轉東向南。再向西北。足在原地未動。此時成兩腿成盤絲步。右股貼坐左小腿之上。右足在左落實。左足在後。足跟微抬。同時將劍隨身腰順勢轉向右後方下抹。劍尖朝西北方。離地二三寸許。左手訣指護腦。目光向右下方視劍尖。\n8ᵉ mouvement — Le vieil arbre enlace ses racines. La pointe du pied droit se lève, le talon reste au sol ; la pointe pivote vers l\u0026rsquo;arrière-droit. Le talon gauche se soulève, la pointe reste au sol, et le talon pivote vers l\u0026rsquo;arrière-gauche. Le visage et le corps passent du nord à l\u0026rsquo;est, au sud, puis au nord-ouest ; les pieds n\u0026rsquo;ont pas quitté leur place. Les deux jambes forment alors le pas de la soie enroulée (盤絲步) : la cuisse droite s\u0026rsquo;assied sur le mollet gauche, le pied droit se pose à gauche\u0026hellip; le pied gauche derrière, talon légèrement levé. En même temps, l\u0026rsquo;épée suit les reins et la posture pour essuyer vers l\u0026rsquo;arrière-droit, en bas ; la pointe vers le nord-ouest, à deux ou trois pouces du sol ; la main gauche en jue protège la tête ; le regard va en bas-droit vers la pointe.\n第九動作 青龍翻身 身體順勢微起。仰面朝天。向左翻轉。兩足跟提起。足尖左磨。待身腰翻轉。正面仍朝西北。成左足在前。右足在後丁字步。同時將劍並不收囘。在頭頂上方。即順勢翻轉。向前下方一刺。劍鋒朝上下。左手訣指。仍貼右手脈門。目光前視劍尖。\n9ᵉ mouvement — Le dragon vert se retourne. Le corps se soulève légèrement, visage tourné vers le ciel, et bascule vers la gauche ; les deux talons se lèvent, les pointes pivotent à gauche. Quand le corps et les reins ont fini de basculer, on fait toujours face au nord-ouest, en pas en T : pied gauche devant, pied droit derrière. En même temps, sans ramener l\u0026rsquo;épée, on la fait basculer au-dessus de la tête et l\u0026rsquo;on pique vers l\u0026rsquo;avant-bas ; la pointe vers le haut ou le bas ; les doigts en jue de la main gauche restent sur le pouls de la main droite ; le regard va devant, vers la pointe.\n第十動作 鳳凰點頭 左手訣指。由內向外向上對劍柄劃小圎圈。叠連三個。同時右手將劍尖向前撩點三次。與左手圎圈遙遙相應。同時左足後退一步。右足隨之後退一大步。身腰在右蹬坐。左手訣指。向左旁伸出。右手將劍右拉。劍鋒朝上下劍身橫於右膝前下方。左訣指西目光左視\n10ᵉ mouvement — Le phénix hoche la tête. Les doigts en jue de la main gauche tracent de petits cercles vers la poignée, de l\u0026rsquo;intérieur vers l\u0026rsquo;extérieur et vers le haut, trois cercles enchaînés. En même temps, la main droite lève et pointe la pointe de l\u0026rsquo;épée trois fois vers l\u0026rsquo;avant, en correspondance lointaine avec les cercles de la main gauche. En même temps, le pied gauche recule d\u0026rsquo;un pas, le pied droit recule d\u0026rsquo;un grand pas ; les reins s\u0026rsquo;asseyent en appui sur la droite ; les doigts en jue de la main gauche se tendent sur le côté gauche ; la main droite tire l\u0026rsquo;épée vers la droite, la pointe vers le haut ou le bas, la lame en travers devant et sous le genou droit ; le jue gauche pointe à l\u0026rsquo;ouest ; le regard va à gauche.\n第十一動作 夜叉探海 身腰左移。右手將劍近地二寸許。向前刺出。右足向左足前方一步。同時身隨劍起。左足竭力上提。足尖向下。膝在胸前。左訣護腦。目光前視。此時正面朝西。\n11ᵉ mouvement — Le yaksa sonde la mer. Le corps et les reins se déplacent à gauche ; la main droite pique l\u0026rsquo;épée vers l\u0026rsquo;avant, à environ deux pouces du sol. Le pied droit fait un pas devant le pied gauche ; en même temps, le corps se lève avec l\u0026rsquo;épée, le pied gauche s\u0026rsquo;élève de toute sa force, pointe vers le bas, genou devant la poitrine ; le jue gauche protège la tête ; le regard va droit devant. On fait alors face à l\u0026rsquo;ouest.\n第十二動作 拗步鈎挂 左足向右足後方倒退一步。此時右足仍然未動。同時身腰右轉。右手將劍身翻轉。掌心朝外。劍尖向下。由下近腿向後一鈎。同時右足向右旁退一步。此時兩足成平行。將劍尖鈎起向上一挂。右臂微曲。劍橫頂上。訣指隨劍柄向右。貼置右脈門上。目光上視。\n12ᵉ mouvement — Pas croisé, crochet et accrochage. Le pied gauche recule d\u0026rsquo;un pas derrière le pied droit ; le pied droit, lui, ne bouge pas encore. En même temps, le corps et les reins tournent à droite ; la main droite retourne la lame, paume vers l\u0026rsquo;extérieur, pointe vers le bas, et crochète vers l\u0026rsquo;arrière, en bas, près de la jambe. En même temps, le pied droit recule d\u0026rsquo;un pas sur le côté ; les deux pieds sont alors parallèles. On crochète la pointe puis on accroche vers le haut ; le bras droit légèrement fléchi, l\u0026rsquo;épée en travers au-dessus de la tête ; les doigts en jue suivent la poignée vers la droite et se posent sur le pouls droit ; le regard remonte.\n第十三動作 青龍探爪 左足提起。足跟緊貼右膝。足尖向下。將左指屈藏右脇下旁。身腰左轉。同時右手將劍尖下垂。向左後下方操起絞前。左足在右膝前落成連枝交叉式。全體坐落於右足小腿之上。右足跟提起。足尖貼地此時劍把緊抱胸前。劍鋒朝左右。劍尖過額頂。身腰提起。雙足未動。右臂挺伸將劍前扎。左訣護腦。目光前視。\n13ᵉ mouvement — Le dragon vert tend la griffe. Le pied gauche se lève, le talon serré contre le genou droit, pointe vers le bas ; les doigts gauches se replient et se cachent sous le flanc droit. Le corps et les reins tournent à gauche ; en même temps, la main droite laisse pendre la pointe et la fait remonter en torsade vers l\u0026rsquo;arrière-gauche, en bas. Le pied gauche retombe devant le genou droit en pas croisé entrelacé ; tout le corps s\u0026rsquo;assied sur le mollet droit ; le talon droit se lève, la pointe touche le sol. La poignée est alors serrée contre la poitrine, la pointe vers la gauche ou la droite, la pointe de la lame au-dessus du front. Le corps et les reins se soulèvent, les pieds ne bougent pas ; le bras droit se tend et frappe de pointe vers l\u0026rsquo;avant ; le jue gauche protège la tête ; le regard va droit devant.\n第十四動作 夜叉探海 此時正面仍朝西。將右足向前一步。身腰左蹲。右手將劍猛然落於右足之前。劍身平地。離地約二寸許。左手訣指仍貼右手脈門。再將身腰前探。隨劍進刺。同時左足提起。置於左後方。足尖上翹。左訣護腦。目光視劍。\n14ᵉ mouvement — Le yaksa sonde la mer. On fait toujours face à l\u0026rsquo;ouest. Le pied droit fait un pas en avant ; le corps et les reins s\u0026rsquo;accroupissent à gauche ; la main droite abaisse brusquement l\u0026rsquo;épée devant le pied droit, lame à plat, à environ deux pouces du sol ; les doigts en jue de la main gauche restent sur le pouls de la main droite. Puis on penche le corps et les reins en avant et l\u0026rsquo;on pique en suivant l\u0026rsquo;épée ; en même temps, le pied gauche se lève et se place en arrière-gauche, pointe relevée ; le jue gauche protège la tête ; le regard suit l\u0026rsquo;épée.\n第十五動作 倒劈華山 左手訣指向左旁方一指。目光左視。左足落下。右足向左足前方點步。左足再向左一步落實。成左弓右箭勢。身腰向左轉。正面朝東。右手將劍柄拖囘右前方。劍鋒猛然前劈。左手訣指在後挺伸。目光前視。\n15ᵉ mouvement — Fendre à l\u0026rsquo;envers le mont Hua. Les doigts en jue de la main gauche pointent sur le côté gauche ; le regard va à gauche. Le pied gauche retombe ; le pied droit fait un pas de pointe devant le pied gauche ; le pied gauche fait encore un pas vers la gauche et se pose fermement, en posture d\u0026rsquo;arc gauche et de flèche droite. Le corps et les reins tournent à gauche ; on fait face à l\u0026rsquo;est. La main droite ramène la poignée vers l\u0026rsquo;avant-droit et la pointe fend brusquement vers l\u0026rsquo;avant ; les doigts en jue de la main gauche se tendent en arrière ; le regard va droit devant.\n第十六動作 烏龍擺尾 兩足原地不動。後跟提起。足尖右磨。身腰隨劍向右後轉。將劍由上向後反肘倒撩。虎口朝下。成右弓左箭步。目光右視。左訣貼置右肩窩上。此時上身前斜朝西南。右臂挺直。反肘一撩。人藏劍下。劍高過人。勁貫劍尖。尖朝西北。\n16ᵉ mouvement — Le dragon noir bat de la queue. Les deux pieds restent sur place ; les talons se lèvent, les pointes pivotent à droite. Le corps et les reins tournent vers l\u0026rsquo;arrière-droit en suivant l\u0026rsquo;épée ; l\u0026rsquo;épée, de haut en arrière, lève en contre en retournant le coude, gueule du tigre vers le bas, en posture d\u0026rsquo;arc droit et de flèche gauche. Le regard va à droite ; le jue gauche se pose sur la cavité de l\u0026rsquo;épaule droite. Le haut du corps s\u0026rsquo;incline alors vers le sud-ouest ; le bras droit se tend, et d\u0026rsquo;un coude retourné on lève en contre : l\u0026rsquo;homme se cache sous l\u0026rsquo;épée, l\u0026rsquo;épée dépasse l\u0026rsquo;homme, le jin traverse la pointe, qui vise le nord-ouest.\n第十七動作 烏龍絞珠 劍尖向下一倒。訣指引劍向左。左臂挺伸。右手將劍身貼地向左絞上。同時全身貼地。隨劍絞起。再將右足向左一旋。隨劍把絞轉。此時左足在地。獨立旋轉。劍尖由右絞起。再向左後下方絞去。俟右足落至原地。劍身仍由原處貼地。向左前方刺去左訣仍貼右手脈門。成左弓右箭步。正面朝東。目光視劍。\n17ᵉ mouvement — Le dragon noir tord la perle. La pointe s\u0026rsquo;abaisse ; les doigts en jue guident l\u0026rsquo;épée vers la gauche, le bras gauche se tend ; la main droite fait tordre l\u0026rsquo;épée vers la gauche en rasant le sol. En même temps, tout le corps rase le sol et se tord avec l\u0026rsquo;épée ; puis le pied droit pivote vers la gauche, tournant avec la poignée. Le pied gauche est alors au sol, et l\u0026rsquo;on pivote sur un pied ; la pointe se tord depuis la droite puis part en torsade vers l\u0026rsquo;arrière-gauche, en bas. Quand le pied droit retombe à sa place, la lame, toujours rasant le sol à l\u0026rsquo;endroit d\u0026rsquo;origine, pique vers l\u0026rsquo;avant-gauche ; le jue gauche reste sur le pouls de la main droite, en posture d\u0026rsquo;arc gauche et de flèche droite, face à l\u0026rsquo;est ; le regard suit l\u0026rsquo;épée.\n第十八動作 烏龍擺尾 左訣屈藏右脇之下。將劍身翻轉。劍尖朝下。向左下後方撩起。同時身腰左轉。左足提至右足處。隨即將右足提至左足處。雙方同時換步落實。身腰左蹲。右足在前。足尖內鈎此時劍由左後方撩起。向右前方劈下。劍身靠右足尖前方。離地約二寸許。訣指隨劍旋轉。向上護腦。目光隨劍注視。\n18ᵉ mouvement — Le dragon noir bat de la queue. Le jue gauche se replie sous le flanc droit ; la lame se retourne, pointe vers le bas, et lève en contre vers le bas-arrière-gauche. En même temps, le corps et les reins tournent à gauche ; le pied gauche se lève vers le pied droit, puis le pied droit se lève vers le pied gauche : les deux pieds changent de place en même temps et se posent. Le corps et les reins s\u0026rsquo;accroupissent à gauche, pied droit devant, pointe tournée vers l\u0026rsquo;intérieur en crochet. L\u0026rsquo;épée, levée en contre depuis l\u0026rsquo;arrière-gauche, fend vers l\u0026rsquo;avant-droit ; la lame est devant la pointe du pied droit, à environ deux pouces du sol ; les doigts en jue tournent avec l\u0026rsquo;épée et protègent la tête vers le haut ; le regard suit l\u0026rsquo;épée.\n第十九動作 金雞獨立 將右足收囘。足尖點地。身腰仍然蹲坐。同時將劍收囘。右臂曲貼小腹之下。劍鋒朝上下。左手訣指落下。貼於劍把之上。再將右腿向右伸出。同時劍向前刺。左足隨時一提。將足面屈貼右腿腿彎之後身腰坐落。訣指護腦。目光前視\n19ᵉ mouvement — Le coq d\u0026rsquo;or se tient sur un pied. On ramène le pied droit, pointe touchant le sol ; le corps et les reins restent accroupis. En même temps, on ramène l\u0026rsquo;épée, le bras droit fléchi contre le bas-ventre, la pointe vers le haut ou le bas ; les doigts en jue de la main gauche retombent et se posent sur la poignée. Puis la jambe droite se tend vers la droite, tandis que l\u0026rsquo;épée pique vers l\u0026rsquo;avant ; le pied gauche se lève aussitôt, le cou-de-pied replié contre l\u0026rsquo;arrière du creux du genou droit, puis le corps et les reins s\u0026rsquo;asseyent ; les doigts en jue protègent la tête ; le regard va droit devant.\n第二十動作 拗步鈎挂 將左足落於右足後方。身腰右轉。同時將劍身翻轉。劍尖向下。向右後倒鈎。再將右足倒退一步。此時正面朝南。成馬襠勢蹲下。將劍由右旁方向上一挂。將左訣貼落右手脈門。劍橫腦門前方。劍鋒朝上下。劍尖指東。目光視劍。\n20ᵉ mouvement — Pas croisé, crochet et accrochage. Le pied gauche retombe derrière le pied droit ; le corps et les reins tournent à droite ; en même temps, la lame se retourne, pointe vers le bas, et crochète en arrière vers la droite. Puis le pied droit recule d\u0026rsquo;un pas ; on fait alors face au sud et l\u0026rsquo;on s\u0026rsquo;accroupit en posture du cavalier. L\u0026rsquo;épée accroche vers le haut depuis le côté droit ; le jue gauche se pose sur le pouls de la main droite ; l\u0026rsquo;épée est en travers devant le front, pointe vers le haut ou le bas, pointe de la lame vers l\u0026rsquo;est ; le regard suit l\u0026rsquo;épée.\n第二十一動作 懷中抱月 將左足一提。左訣藏於右脥腋下。身腰左扭。將劍尖向左下後方絞起。在左旁方絞成小圎花。左膀貼於胸下。此時掌心朝上。虎口朝前。左手訣指貼落於劍柄。右手三四指中節骨之上。同時左足落下。足尖向左。足跟向右。成交叉步。身腰蹲坐於右腿小腿之上。劍鋒朝左右。劍尖高過額頂。目光前視。\n21ᵉ mouvement — Embrasser la lune contre la poitrine. Le pied gauche se lève ; le jue gauche se cache sous l\u0026rsquo;aisselle droite ; le corps et les reins se tordent à gauche ; la pointe se tord en remontant vers le bas-arrière-gauche et dessine une petite fleur circulaire sur le côté gauche ; le bras gauche colle sous la poitrine, paume alors vers le haut, gueule du tigre vers l\u0026rsquo;avant ; les doigts en jue de la main gauche se posent sur la poignée, au-dessus des os des troisième et quatrième doigts de la main droite. En même temps, le pied gauche retombe, pointe vers la gauche, talon vers la droite, en pas croisé ; le corps et les reins s\u0026rsquo;asseyent sur le mollet de la jambe droite ; la pointe vers la gauche ou la droite, la pointe de la lame au-dessus du front ; le regard va droit devant.\n第二十二動作 夜叉探海 身腰立起。將劍平身向前扎出。將右足向前一步。身腰向左微轉。左腿屈曲蹲下。將劍向下一劈。右手握劍柄落於襠前。離地約二寸許。將劍尖向下方直刺。身隨劍起。向右前方探出。右臂抬平。右足獨立。左足抬起。左膝貼腹。左訣上舉護腦目光右視。\n22ᵉ mouvement — Le yaksa sonde la mer. Le corps et les reins se dressent ; l\u0026rsquo;épée, à plat, frappe de pointe vers l\u0026rsquo;avant. Le pied droit fait un pas en avant ; le corps et les reins tournent légèrement à gauche ; la jambe gauche se fléchit et l\u0026rsquo;on s\u0026rsquo;accroupit ; l\u0026rsquo;épée fend vers le bas, la main droite tenant la poignée retombe devant l\u0026rsquo;entrejambe, à environ deux pouces du sol ; la pointe pique droit vers le bas. Le corps se lève avec l\u0026rsquo;épée et se penche vers l\u0026rsquo;avant-droit ; le bras droit se lève à l\u0026rsquo;horizontale ; le pied droit est seul au sol ; le pied gauche se lève, le genou gauche contre le ventre ; le jue gauche s\u0026rsquo;élève pour protéger la tête ; le regard va à droite.\n第二十三動作 玉女穿針 將左足偷向右足右後方落下。成交叉連枝步。身腰未動。面仍朝東。胸前朝北。右手腕底用勁。陡然翻轉向右方一掤。此時劍尖朝北。劍身橫胸。前鋒朝上下。左臂前伸。訣指上翹。在劍尖前下方二寸許。目光右視。\n23ᵉ mouvement — La dame de jade enfile l\u0026rsquo;aiguille. Le pied gauche se glisse pour retomber derrière-droit du pied droit, en pas croisé entrelacé ; le corps et les reins ne bougent pas, le visage toujours à l\u0026rsquo;est, la poitrine au nord. Le dessous du poignet droit fait force et, d\u0026rsquo;un coup, se retourne pour parer (peng) vers la droite. La pointe vise alors le nord, la lame en travers de la poitrine, le tranchant vers le haut ou le bas ; le bras gauche s\u0026rsquo;étend devant, les doigts en jue relevés, à environ deux pouces devant et sous la pointe ; le regard va à droite.\n第二十四動作 就地生風 劍訣不動。身體蹬下成盤絲腿。就勢將劍訣貼地磨轉向左後方。成一大圎圈。面仍朝東。此為就地生風。動作不停接演下勢。\n24ᵉ mouvement — Susciter le vent sur place. L\u0026rsquo;épée et le jue ne bougent pas ; le corps s\u0026rsquo;accroupit en jambe de soie enroulée ; à la faveur de la posture, l\u0026rsquo;épée et le jue tournent en rasant le sol vers l\u0026rsquo;arrière-gauche, en un grand cercle, le visage toujours à l\u0026rsquo;est. C\u0026rsquo;est « susciter le vent sur place » ; sans arrêter le mouvement, on enchaîne la posture suivante.\n第二十五動作 白猿偷桃 右足向左足前半步。身腰立起。左訣提至腦門護腦。訣指指向前下方。同時右手將劍由下向上一撩。將左腿提起。劍尖朝下。膝貼胸前。此時面仍朝東。右臂向前下方挺直。目光視劍尖。\n25ᵉ mouvement — Le singe blanc vole la pêche. Le pied droit fait un demi-pas devant le pied gauche ; le corps et les reins se dressent ; le jue gauche s\u0026rsquo;élève au front pour protéger la tête, doigts pointés vers l\u0026rsquo;avant-bas. En même temps, la main droite lève l\u0026rsquo;épée de bas en haut ; la jambe gauche se soulève, pointe vers le bas, genou contre la poitrine. On fait alors toujours face à l\u0026rsquo;est ; le bras droit se tend vers l\u0026rsquo;avant-bas ; le regard suit la pointe.\n第二十六動作 脇下藏劍 將左足退後。足尖朝東北落實。上身微向後仰。成右足在前丁步式。左訣向左一拉。右劍向右一拉。劍橫胸前。將劍尖由左脥窩向後一刺。雙膀緊抱胸前。左膀在上。左手貼落右肩之上。手心向外。訣向後指。頭向左轉。目光後視。\n26ᵉ mouvement — Cacher l\u0026rsquo;épée sous l\u0026rsquo;aisselle. Le pied gauche recule, pointe posée vers le nord-est ; le haut du corps s\u0026rsquo;incline légèrement en arrière, en pas en T, pied droit devant. Le jue gauche tire vers la gauche, l\u0026rsquo;épée droite tire vers la droite, lame en travers de la poitrine ; la pointe pique vers l\u0026rsquo;arrière depuis le creux de l\u0026rsquo;aisselle gauche. Les deux bras s\u0026rsquo;étreignent devant la poitrine, bras gauche au-dessus, main gauche posée sur l\u0026rsquo;épaule droite, paume vers l\u0026rsquo;extérieur, doigts en jue pointés en arrière ; la tête tourne à gauche ; le regard va en arrière.\n第二十七動作 鷂子翻身 將右足退後。身體後仰。面目朝天。將劍身由面上抹後。待劍尖磨至西南一斬即停。同時左訣向左平伸。訣指東北。掌心朝上。此時面對東南。目光右視。\n27ᵉ mouvement — L\u0026rsquo;épervier se retourne. Le pied droit recule ; le corps s\u0026rsquo;incline en arrière, visage vers le ciel ; la lame essuie au-dessus du visage, et quand la pointe a tourné jusqu\u0026rsquo;au sud-ouest, un tranchant, puis l\u0026rsquo;arrêt. En même temps, le jue gauche s\u0026rsquo;étend à plat vers la gauche, doigts vers le nord-est, paume vers le haut. On fait alors face au sud-est ; le regard va à droite.\n第二十八動作 金龍盤玉柱 將劍柄向左前方一托。再向右旁方一拉。劍尖指左。身腰立直。劍橫胸前。訣在劍尖之下。將右足一提。左足獨立。全體向左大轉身。面朝西南。訣藏右脥之下。將劍向左右挿花。挿花即是向左右倒挿絞花目光隨劍注視。\n28ᵉ mouvement — Le dragon d\u0026rsquo;or s\u0026rsquo;enroule à la colonne de jade. La poignée soutient (tuo) vers l\u0026rsquo;avant-gauche, puis tire vers le côté droit ; la pointe vise la gauche. Le corps et les reins se redressent ; l\u0026rsquo;épée en travers de la poitrine, le jue sous la pointe. Le pied droit se lève, le pied gauche seul au sol ; tout le corps fait un grand tour vers la gauche, face au sud-ouest ; le jue se cache sous l\u0026rsquo;aisselle droite. L\u0026rsquo;épée « pique les fleurs » à gauche et à droite — piquer les fleurs, c\u0026rsquo;est planter et tordre des fleurs en alternance à gauche et à droite ; le regard suit l\u0026rsquo;épée.\n第二十九動作 蹲身挂立 將劍尖向西南前下方一點。此時右足落下。足尖點地。再將右手向下一沉。劍尖向前上方一掤。劍鋒朝內外。劍身豎胸前。同時右足跟落實。左右兩足並齊。身體向下一沉。兩腿微曲。成蹲身挂立式。左訣貼腕。目光前視。\n29ᵉ mouvement — Accroupi, accrocher et se dresser. La pointe pointe vers le sud-ouest, en avant-bas ; le pied droit retombe alors, pointe au sol. Puis la main droite s\u0026rsquo;abaisse ; la pointe pare (peng) vers le haut-avant, le tranchant vers l\u0026rsquo;intérieur et l\u0026rsquo;extérieur, la lame dressée devant la poitrine. En même temps, le talon droit se pose, les deux pieds s\u0026rsquo;alignent, le corps s\u0026rsquo;abaisse, les jambes légèrement fléchies, en posture accroupie accrochée et dressée ; le jue gauche touche le poignet ; le regard va droit devant.\n第三十動作 仙人撩雲 將劍鋒磨朝左右。兩手仍在小腹前未動。上身向後微仰。將劍尖在面前上方。由左向右。磨一小圎圈。隨即左足退後一步。同時左訣向左拉出。右足再退後一大步。將劍再在面前磨一大圎圈。劍尖抹至正前方。劍柄靠近腹前。左訣收囘貼脈。目光前視。\n30ᵉ mouvement — L\u0026rsquo;immortel soulève les nuages. Le tranchant s\u0026rsquo;oriente vers la gauche et la droite ; les deux mains restent devant le bas-ventre, sans bouger ; le haut du corps s\u0026rsquo;incline légèrement en arrière ; la pointe trace devant le visage, en haut, un petit cercle de gauche à droite. Aussitôt le pied gauche recule d\u0026rsquo;un pas, tandis que le jue gauche tire vers la gauche ; le pied droit recule encore d\u0026rsquo;un grand pas, et l\u0026rsquo;épée trace devant le visage un grand cercle ; la pointe essuie jusqu\u0026rsquo;au droit devant, la poignée près du ventre ; le jue gauche revient toucher le pouls ; le regard va droit devant.\n第三十一動作 金雞獨立 左訣收囘護腰。手心朝上。同時右劍收囘護腰。劍尖朝前。鋒朝上下。左足跟提起。腰向後一折。胸向前一虚。成涵胸姿勢。此時人曲如弓。雙肘後屈。將腰隨劍向前一挺。劍即向前猛然扎出。左訣貼脈。隨將左右手收囘。仍然護腰。劍尖上翹。左膝上提貼腹。足尖向下。目光前視。\n31ᵉ mouvement — Le coq d\u0026rsquo;or se tient sur un pied. Le jue gauche revient protéger la taille, paume vers le haut ; en même temps, l\u0026rsquo;épée droite revient protéger la taille, pointe vers l\u0026rsquo;avant, tranchant vers le haut ou le bas. Le talon gauche se lève ; les reins plient en arrière, la poitrine se creuse vers l\u0026rsquo;avant, en posture de poitrine creuse (涵胸) ; l\u0026rsquo;homme se courbe alors comme un arc, les deux coudes fléchis en arrière. Les reins se détendent vers l\u0026rsquo;avant avec l\u0026rsquo;épée, et l\u0026rsquo;épée frappe de pointe brusquement vers l\u0026rsquo;avant ; le jue gauche touche le pouls. Puis on ramène les deux mains, toujours protégeant la taille ; la pointe se relève ; le genou gauche se lève contre le ventre, pointe du pied vers le bas ; le regard va droit devant.\n第三十二動作 野馬奔槽 將左足前落。右足隨向前一步。左足再向前一勢。右足再向前一踟。身腰左轉。成馬襠勢。正面朝東南蹲下。將劍向右平方猛然刺出。劍尖指西南。左臂向左平伸。訣指朝東北。目光右視劍尖。\n32ᵉ mouvement — Le cheval sauvage court à la mangeoire. Le pied gauche retombe devant ; le pied droit avance d\u0026rsquo;un pas à sa suite ; le pied gauche avance encore d\u0026rsquo;un pas, le pied droit encore d\u0026rsquo;un pas traîné. Le corps et les reins tournent à gauche, en posture du cavalier, accroupi face au sud-est. L\u0026rsquo;épée pique brusquement à plat vers la droite, pointe vers le sud-ouest ; le bras gauche s\u0026rsquo;étend à plat vers la gauche, doigts en jue vers le nord-est ; le regard va à droite, vers la pointe.\n第三十三動作 金雞上樹 將劍向下一點。撩劍向後一挂。右臂挺伸。抬與肩平。同時全體整箇向上一跳。雙足仍在原地落下。此係兩足齊跳齊落。身法不變。惟將劍尖挂於右臂外後方。劍尖在背後朝東北。劍柄指西南。左臂微曲。訣指朝上。目光右視。\n33ᵉ mouvement — Le coq d\u0026rsquo;or monte à l\u0026rsquo;arbre. La pointe pointe vers le bas ; l\u0026rsquo;épée se lève puis accroche vers l\u0026rsquo;arrière ; le bras droit se tend et s\u0026rsquo;élève à hauteur de l\u0026rsquo;épaule. En même temps, tout le corps saute d\u0026rsquo;un bloc, les deux pieds retombant à leur place : les deux pieds sautent et retombent ensemble, la méthode du corps ne change pas ; seule la pointe accroche en arrière-extérieur du bras droit, la pointe derrière le dos vers le nord-est, la poignée vers le sud-ouest ; le bras gauche légèrement fléchi, doigts en jue vers le haut ; le regard va à droite.\n第三十四動作 仙人伸腰 由上勢馬襠挂劍式。身腰立起。左足偷向右足後方一步。成拗步連枝勢。同時上身後仰。右手將劍順勢由後向右旁一斬。右臂伸直。此時劍尖朝西北。左手屈揚頂上。訣指朝北。目光右視。\n34ᵉ mouvement — L\u0026rsquo;immortel étire les reins. Depuis la posture précédente du cavalier accrochant l\u0026rsquo;épée, le corps et les reins se dressent ; le pied gauche se glisse d\u0026rsquo;un pas derrière le pied droit, en pas croisé entrelacé ; en même temps, le haut du corps s\u0026rsquo;incline en arrière ; la main droite, suivant la posture, tranche de l\u0026rsquo;arrière vers le côté droit, bras droit tendu. La pointe vise alors le nord-ouest ; la main gauche se replie et s\u0026rsquo;élève au-dessus de la tête, doigts vers le nord ; le regard va à droite.\n第三十五動作 烏龍擺尾 左足收囘。向左旁方一大步。身腰偏左。上身向前微斜。左訣護腦。同時將劍由上向左旁方畫弧。向右外方反撩向上。此時身腰偏右。右臂扭直。虎口朝下。掌心朝後。正面朝西南。目光視劍。劍尖指西北。訣指貼肩。\n35ᵉ mouvement — Le dragon noir bat de la queue. Le pied gauche se ramène puis fait un grand pas sur le côté gauche ; le corps et les reins penchent à gauche, le haut du corps s\u0026rsquo;incline légèrement en avant ; le jue gauche protège la tête. En même temps, l\u0026rsquo;épée, de haut, trace un arc vers le côté gauche puis lève en contre vers l\u0026rsquo;extérieur droit ; le corps et les reins penchent alors à droite, le bras droit se tord et se tend, gueule du tigre vers le bas, paume vers l\u0026rsquo;arrière. On fait face au sud-ouest ; le regard suit l\u0026rsquo;épée, la pointe vise le nord-ouest ; les doigts en jue touchent l\u0026rsquo;épaule.\n第三十六動作 朝天一柱香 將右足向左足後方偷進一步。成拗步連枝。全身坐落右小腿之上。右腕將劍轉成正面。抱囘懷中。左訣貼落右手三四指上。劍鋒朝左右。劍尖朝前上方。劍柄緊貼小腹。目光視劍。正面朝南。\n36ᵉ mouvement — Un bâton d\u0026rsquo;encens vers le ciel. Le pied droit se glisse d\u0026rsquo;un pas derrière le pied gauche, en pas croisé entrelacé ; tout le corps s\u0026rsquo;assied sur le mollet droit. Le poignet droit ramène l\u0026rsquo;épée face à soi et l\u0026rsquo;étreint contre la poitrine ; le jue gauche se pose sur les troisième et quatrième doigts de la main droite ; le tranchant vers la gauche ou la droite, la pointe vers le haut-avant, la poignée serrée contre le bas-ventre. On fait face au sud ; le regard suit l\u0026rsquo;épée.\n第三十七動作 丹鳳朝陽 左足向左旁方伸出一步。右足原地不動。身腰在右。上身前俯。同時右腕翻轉朝後。將劍向右後方反撩。左手訣指緊貼右肩骱。頭向右轉。目光右視劍尖。如擺尾式。此時劍尖朝西北。正身朝西南。兩足左東右西。再將劍尖向下一倒。由右前下方絞上成圎花。再向右一斬。斬落右足前方。劍尖離地二寸許。同時將身腰左移。左腿蹬下。左訣護腦右臂下垂。\n37ᵉ mouvement — Le phénix vermillon salue le soleil. Le pied gauche fait un pas sur le côté gauche ; le pied droit reste sur place ; le corps et les reins portent à droite, le haut du corps se penche en avant ; en même temps, le poignet droit se retourne vers l\u0026rsquo;arrière et l\u0026rsquo;épée lève en contre vers l\u0026rsquo;arrière-droit ; les doigts en jue de la main gauche serrent l\u0026rsquo;articulation de l\u0026rsquo;épaule droite ; la tête tourne à droite, le regard va à droite vers la pointe, comme dans la posture de la queue battante. La pointe vise alors le nord-ouest, le corps fait face au sud-ouest, les deux pieds à l\u0026rsquo;est et à l\u0026rsquo;ouest. Puis la pointe s\u0026rsquo;abaisse, se tord en remontant depuis le bas-avant- droit en fleur circulaire, et tranche vers la droite ; le tranchant retombe devant le pied droit, la pointe à deux pouces du sol. En même temps, le corps et les reins se déplacent à gauche, la jambe gauche s\u0026rsquo;accroupit, le jue gauche protège la tête, le bras droit pend.\n第三十八動作 烏龍吐霧 右足一收。上身後仰。將劍尖由右旁向上。抹至面前。兩臂在胸前交叉。左下右上。成貼抱式。再向兩旁一拉。同左足再向後一退。雙肘貼脇護腰。劍尖朝前。隨將右足向後一退。上身後仰。劍向前平刺。左訣由胸前向上一指。直豎頂上。成左前右後丁字步。左足足尖點地。正面朝西\n38ᵉ mouvement — Le dragon noir crache le brouillard. Le pied droit se ramène ; le haut du corps s\u0026rsquo;incline en arrière ; la pointe, du côté droit, remonte et essuie jusqu\u0026rsquo;au visage ; les deux bras se croisent devant la poitrine, gauche en bas, droite en haut, en étreinte collée ; puis ils s\u0026rsquo;écartent des deux côtés, tandis que le pied gauche recule d\u0026rsquo;un pas. Les deux coudes collent aux flancs, protégeant la taille ; la pointe vers l\u0026rsquo;avant. Ensuite le pied droit recule d\u0026rsquo;un pas, le haut du corps s\u0026rsquo;incline en arrière, l\u0026rsquo;épée pique à plat vers l\u0026rsquo;avant ; le jue gauche, de la poitrine, pointe vers le haut, dressé verticalement au-dessus de la tête, en pas en T, gauche devant, droite derrière, pointe du pied gauche touchant le sol. On fait face à l\u0026rsquo;ouest.\n第三十九動作 金雞獨立 由上勢身體立直。將劍收囘護腰。劍尖朝前。劍鋒朝上下。同時將訣一起收囘護腰。雙肘曲屈在後。虎口均是朝前。將左膝提起貼腹。足尖向下。此動作劍訣腿均要一起收囘。始成合法。目光前視。正面仍然朝西。\n39ᵉ mouvement — Le coq d\u0026rsquo;or se tient sur un pied. Depuis la posture précédente, le corps se redresse ; on ramène l\u0026rsquo;épée pour protéger la taille, pointe vers l\u0026rsquo;avant, tranchant vers le haut ou le bas ; en même temps, on ramène aussi le jue pour protéger la taille ; les deux coudes fléchis en arrière, les deux gueules du tigre vers l\u0026rsquo;avant ; le genou gauche se lève contre le ventre, pointe du pied vers le bas. Dans ce mouvement, l\u0026rsquo;épée, le jue et la jambe doivent se ramener ensemble pour que la posture soit juste. Le regard va droit devant ; on fait toujours face à l\u0026rsquo;ouest.\n第四十動作 鳳凰穿梭 左足落實。足尖朝西南。將右足一提。在左足前方落下。足尖點地。劍抱腰間。仍然未動。向左大轉身。隨將左足向左前方一步。成弓箭步。將劍向前平刺。左訣貼脈目光前視。正面朝西。\n40ᵉ mouvement — Le phénix lance la navette. Le pied gauche se pose fermement, pointe vers le sud-ouest ; le pied droit se lève et retombe devant le pied gauche, pointe au sol ; l\u0026rsquo;épée étreinte à la taille, toujours sans bouger. Grand tour vers la gauche ; puis le pied gauche fait un pas vers l\u0026rsquo;avant-gauche, en posture d\u0026rsquo;arc et de flèche ; l\u0026rsquo;épée pique à plat vers l\u0026rsquo;avant ; le jue gauche touche le pouls ; le regard va droit devant. On fait face à l\u0026rsquo;ouest.\n第四十一動作 太公鈎魚 將劍尖翻轉。向左後下方絞花向上。再反撩向右下後方。絞起成左右挿花。再將右足向前半步。左膝屈提貼腹。足尖向下。將劍由右上方向前下方一劈。上身隨勢以助其勁。此時涵胸拔背。右足獨立。左訣貼脈。劍尖下垂。目光視前下方。正面朝西。\n41ᵉ mouvement — Le grand duc pêche. La pointe se retourne, tord une fleur vers le bas-arrière-gauche et remonte ; puis elle lève en contre vers le bas-arrière-droit, en torsade, formant des fleurs alternées gauche et droite. Puis le pied droit avance d\u0026rsquo;un demi-pas ; le genou gauche se fléchit et se lève contre le ventre, pointe du pied vers le bas ; l\u0026rsquo;épée fend depuis le haut-droit vers l\u0026rsquo;avant-bas, le haut du corps suivant la posture pour aider la force. On a alors la poitrine creuse et le dos rond ; le pied droit seul au sol ; le jue gauche touche le pouls ; la pointe pend ; le regard va vers l\u0026rsquo;avant-bas. On fait face à l\u0026rsquo;ouest.\n第四十二動作 拗步鈎挂 將左足落向右足後方。隨將劍尖反轉向下。掌心朝上。虎口朝下。劍尖由右下方向後一鈎。右足隨劍向右後方一步。身體右轉。正面朝北。成馬襠蹬下。劍向上一挂。左訣舉貼右腕脈門。目光上視。\n42ᵉ mouvement — Pas croisé, crochet et accrochage. Le pied gauche retombe derrière le pied droit ; la pointe se retourne alors vers le bas, paume vers le haut, gueule du tigre vers le bas ; la pointe crochète vers l\u0026rsquo;arrière depuis le bas-droit. Le pied droit, suivant l\u0026rsquo;épée, fait un pas vers l\u0026rsquo;arrière-droit ; le corps tourne à droite, face au nord, et s\u0026rsquo;accroupit en posture du cavalier ; l\u0026rsquo;épée accroche vers le haut ; le jue gauche se lève et touche le pouls du poignet droit ; le regard remonte.\n第四十三動作 青龍探爪 將左膝向右一提。足尖向下。左訣藏於右脥下。將劍尖向下一倒。向左下後方絞起。劍柄緊抱腹前。同時身腰左紐。左足磨轉朝南。拗步落下。全身蹲坐。劍鋒朝左右。左訣貼右手三四指中節。將劍向前方扎出。身隨劍起。正面朝西。再將右腿向前伸出。左轉身。正面朝西南。上身蹲坐左腿之上。將劍向右前下方一劈。離右足尖約二寸許。右臂垂直襠下。左訣仍貼脈門。目光視劍。\n43ᵉ mouvement — Le dragon vert tend la griffe. Le genou gauche se lève vers la droite, pointe du pied vers le bas ; le jue gauche se cache sous l\u0026rsquo;aisselle droite ; la pointe s\u0026rsquo;abaisse et se tord en remontant vers le bas-arrière-gauche ; la poignée serrée contre le ventre. En même temps, le corps et les reins se tordent à gauche ; le pied gauche pivote vers le sud et retombe en pas croisé ; tout le corps s\u0026rsquo;accroupit, le tranchant vers la gauche ou la droite ; le jue gauche touche les os des troisième et quatrième doigts de la main droite ; l\u0026rsquo;épée frappe de pointe vers l\u0026rsquo;avant, le corps se lève avec l\u0026rsquo;épée, face à l\u0026rsquo;ouest. Puis la jambe droite se tend vers l\u0026rsquo;avant, on tourne à gauche, face au sud-ouest ; le haut du corps s\u0026rsquo;accroupit sur la jambe gauche ; l\u0026rsquo;épée fend vers l\u0026rsquo;avant-bas-droit, à environ deux pouces de la pointe du pied droit ; le bras droit pend verticalement devant l\u0026rsquo;entrejambe ; le jue gauche reste sur le pouls ; le regard suit l\u0026rsquo;épée.\n第四十四動作 夜叉探海 上身就勢右移。左訣護腦。右劍就地向前刺出。同時身轉劍起。左腿屈提貼腹。足尖上翹。身向右探。目光視劍正面朝西南。\n44ᵉ mouvement — Le yaksa sonde la mer. Le haut du corps se déplace à droite à la faveur de la posture ; le jue gauche protège la tête ; l\u0026rsquo;épée droite pique vers l\u0026rsquo;avant sur place. En même temps, le corps tourne et l\u0026rsquo;épée se lève ; la jambe gauche se fléchit et se soulève contre le ventre, pointe du pied relevée ; le corps se penche vers la droite. On fait face au sud-ouest ; le regard suit l\u0026rsquo;épée.\n第四十五動作 玉女穿梭 將左足向右後方偷進一步落實。成拗步連枝勢。將劍尖向懷內一掤。成劍柄在北。劍尖朝南。劍橫胸前。左訣指劍尖前下方。就勢不動。身腰向左後下紐轉。至正面朝西。將劍向前平刺。左訣貼脈。步法成左弓右箭勢。目光視劍。\n45ᵉ mouvement — La dame de jade lance la navette. Le pied gauche se glisse d\u0026rsquo;un pas vers l\u0026rsquo;arrière-droit et se pose fermement, en pas croisé entrelacé. La pointe pare (peng) vers l\u0026rsquo;intérieur, la poignée au nord, la pointe au sud, la lame en travers de la poitrine ; le jue gauche pointe vers l\u0026rsquo;avant-bas de la pointe. Sans bouger, le corps et les reins se tordent vers l\u0026rsquo;arrière-gauche, en bas, jusqu\u0026rsquo;à faire face à l\u0026rsquo;ouest ; l\u0026rsquo;épée pique à plat vers l\u0026rsquo;avant ; le jue gauche touche le pouls ; les pas forment la posture d\u0026rsquo;arc gauche et de flèche droite ; le regard suit l\u0026rsquo;épée.\n第四十六動作 猛虎歸山 右足向前半步。足尖朝南。將劍向懷內一掤。掌心朝外。虎口朝左。劍橫胸前。左足提起。向左旁方橫進一步。身腰左轉。正面朝東南。將劍向左旁方倒刺。左訣貼落右手腕背之上。目光前視。\n46ᵉ mouvement — Le tigre féroce retourne à la montagne. Le pied droit avance d\u0026rsquo;un demi-pas, pointe vers le sud ; l\u0026rsquo;épée pare (peng) vers l\u0026rsquo;intérieur, paume vers l\u0026rsquo;extérieur, gueule du tigre vers la gauche, lame en travers de la poitrine. Le pied gauche se lève et fait un pas de côté vers la gauche ; le corps et les reins tournent à gauche, face au sud-est ; l\u0026rsquo;épée pique à l\u0026rsquo;envers vers le côté gauche ; le jue gauche se pose sur le dos du poignet droit ; le regard va droit devant.\n第四十七動作 龍王三潮水 身步未動。將劍在左旁方右旁方連絞三花。左訣隨劍柄開合。待絞至劍尖反仰向前。劍把直對口鼻。左訣貼抵劍柄。大指四指五指分握劍柄兩旁。\n47ᵉ mouvement — Le roi dragon, trois marées. Le corps et les pas ne bougent pas ; l\u0026rsquo;épée tord trois fleurs enchaînées à gauche puis à droite ; le jue gauche s\u0026rsquo;ouvre et se ferme avec la poignée. Quand la torsade amène la pointe renversée vers l\u0026rsquo;avant, la poignée droit devant la bouche et le nez, le jue gauche s\u0026rsquo;appuie contre la poignée, le pouce, l\u0026rsquo;annulaire et l\u0026rsquo;auriculaire se répartissant des deux côtés de la poignée.\n第四十八動作 太子站江邊 右足向後一退。左足收囘。雙足並齊。右手揑訣護腦。左手垂直。劍握腕下。劍身貼肘。劍尖朝上。鋒向兩旁。正面朝東南。目光平視。\n48ᵉ mouvement — Le prince se tient au bord du fleuve. Le pied droit recule d\u0026rsquo;un pas ; le pied gauche se ramène ; les deux pieds s\u0026rsquo;alignent. La main droite forme le jue et protège la tête ; la main gauche pend verticalement ; l\u0026rsquo;épée tenue sous le poignet, la lame collée au coude, la pointe vers le haut, le tranchant des deux côtés. On fait face au sud-est ; le regard est horizontal.\nExplication de l\u0026rsquo;emploi de chaque posture (龍形劍各箇姿勢用法說明) 起首第一着。立正提劍。是為預備姿勢。第二着仙人擔衣。係認定敵人來處。第三着獅子望球。敵人平胸一劍刺來。我將劍向上一橫。身腰右閃。第四着仙人指路。我將敵人來劍閃過。順勢將劍向其袖底刺去。第五着西牛望月。譬如敵人由右進步斬來。我即將劍向右一掤。第六着烏龍入洞。我順勢將劍向前一扎。第七着立馬聼風。敵人用劍提我手腕。我即將劍右抹。第八着古樹盤根。大轉身。用劍下斬敵人之腿。第九着敵人在後用劍來劈我頭。我即將劍一提。翻身格過。隨即刺其足面。第十着鳳凰點頭。敵人仍然用劍找我手腕。我即退步用劍一掤。還找敵人手腕。第十一着夜叉探海。敵人後退。我即進步撩陰。第十二着。拗步鈎挂。敵人由右旁方一劍。向小腹刺來。我即將劍向右下後方一鈎。格過來劍。隨將劍上扎敵人之頂。第十三着青龍探爪。敵人左讓。用劍刺腹。我即將劍向下一提。撩出以抹敵人之咽喉。敵人底來。我再將身一底。用劍下劈。以擊其手臂。第十四着夜叉探海。敵人後退。我即上步撩陰。第十五着囘頭劈華山。前面敵人敗走。後面又來一敵人。奔來就刺。我即囘頭。翻身猛劈。第十六着烏龍擺尾。前敵復來。一劍由上下劈。我即偏身用劍反撩敵腕。第十七着烏龍絞珠。前後兩敵齊來。我即絞劍大轉身。以格其械。第十八着烏龍擺尾。前敵一劍攔腰斬來。我即提劍左鈎絞上。以劈敵人手腕。第十九着金雞獨立。又一敵人用劍斬我之腿。我即將腿收囘。隨即進步撩陰。第二十着拗步鈎挂。前敵又一劍向腰間斬來。我即身腰右紐。將劍向後方一鈎。後敵又一劍向左頸項刺來。我即順勢將劍由上向左一挂。第二十一着懷中抱月。敵劍向下斬腿。我即將劍尖向左下方一鈎。絞起。敵劍翻上。我即抱懷右掤。順勢前扎。第二十二着夜叉探海。敵人後退。我即上步撩陰。第二十三着玉女穿針。敵人從左一劍扎肋。我即身腰右讓。將劍一掤。以截敵人右腕。第二十四着就地生風。左右敵人。兩劍均從左右抹來。我即全身蹲伏。將劍橫磨。就地轉身。以找敵人之腿。第二十五着白猿偷桃。前面敵人來劍刺胸。我將上胸一呑。用劍點擊敵人心胸。第二十六着脇下藏劍。後敵用雙手來抱我腰。我即用劍由左脇向後一刺。第二十七着鷂子翻身。前敵一劍。向頂劈來。我即將劍向上一托。順勢磨斬敵人之頸。第二十八着金龍盤玉柱。敵又一劍向咽喉刺來。我即將劍向左一格。後敵又來擊我右臂。我即將劍向右一拉。第二十九着蹲身挂立。敵人用劍由上劈來。我即蹲身用劍向上一掤。以挂敵人腕底。第三十着仙人撩雲。敵劍上來。我即將劍尖由上向右外抹。順勢以斬敵人頸項。第三十一着金雞獨立。敵人後退。我將劍訣收囘護腰。左足提起。似欲向前追趕。第三十二着野馬奔槽。我即箭步向前追去。隨用劍尖前刺敵人後腰。第三十三着金雞上樹。敵人猛然向右轉身。用劍來抹我頸。我即將劍向右外後方一掤。第三十四着仙人伸腰。敵人左閃。我即拗步順勢用劍以斬敵人頸項。第三十五着烏龍擺尾。敵人用劍找我手腕。我即左足左退。反劍以撩敵人手腕。第三十六着朝天一柱香。左敵迎面一劍當胸刺來。我即抱劍左格。第三十七着丹鳳朝陽。順勢將劍尖下翻。反撩敵人手腕。敵人將劍上撩。我即將劍翻上。正找敵人手腕。第三十八着烏龍吐霧。左敵左來。我即將劍左磨。敵人右來。我即將劍右磨。一敵迎面一劍來刺我喉。我即頭面後仰。用劍轉刺來敵心胸。第三十九着金雞獨立。敵人後退。我即抱劍收囘。以觀其變。第四十着鳳凰穿梭。欲趕前敵。因防後敵。故而抱劍轉身。仍追前敵。用劍以刺其脊背。第四十一着太公釣魚。敵劍刺左。我劍左格。敵劍刺右。我劍右格。敵劍稍遲。我即隨時用劍下點敵人手腕。第四十二着拗步鈎挂。敵劍由右下來。我即將劍向下後鈎。左敵左來。我即挂劍以扎其腦。第四十三着青龍探爪。敵劍下刺我肋。我即將劍下格。敵劍一縮。我劍隨即順勢絞花。由上下劈。第四十四着夜叉探海。敵人後退。我即上步撩陰。第四十五着玉女穿梭。左敵一劍。向肋刺來。我即右閃用劍以掤敵人手腕。右敵從後又來。我即轉身用劍以刺其胸。第四十六着猛虎歸山。左敵又來。我即翻身用劍以扎其腦。第四十七着龍王三潮水。兩敵左右同時刺來。我即將劍左右絞花。第四十八着太子站江邊。雙敵齊退。我即收劍站立。\n1ʳᵉ prise — Au garde-à-vous, épée levée : posture de préparation. 2ᵉ prise — L\u0026rsquo;immortel porte son vêtement : on détermine d\u0026rsquo;où vient l\u0026rsquo;adversaire. 3ᵉ prise — Le lion regarde la boule : l\u0026rsquo;adversaire pique à hauteur de la poitrine ; je porte l\u0026rsquo;épée en travers vers le haut et esquive le corps et les reins à droite. 4ᵉ prise — L\u0026rsquo;immortel indique la route : j\u0026rsquo;ai esquivé l\u0026rsquo;épée adverse et, suivant la posture, je pique sous sa manche. 5ᵉ prise — Le rhinocéros contemple la lune : si l\u0026rsquo;adversaire avance de la droite pour trancher, je pare aussitôt (peng) vers la droite. 6ᵉ prise — Le dragon noir entre dans la grotte : suivant la posture, je frappe de pointe vers l\u0026rsquo;avant. 7ᵉ prise — Le cheval arrêté écoute le vent : l\u0026rsquo;adversaire cherche mon poignet avec son épée ; j\u0026rsquo;essuie aussitôt vers la droite. 8ᵉ prise — Le vieil arbre enlace ses racines : grand tour du corps, et l\u0026rsquo;épée tranche en bas les jambes de l\u0026rsquo;adversaire. 9ᵉ prise : un adversaire derrière moi fend ma tête ; je lève l\u0026rsquo;épée, me retourne, pare, puis pique le dessus de son pied. 10ᵉ prise — Le phénix hoche la tête : l\u0026rsquo;adversaire cherche encore mon poignet ; je recule d\u0026rsquo;un pas, pare avec l\u0026rsquo;épée, et cherche à mon tour son poignet. 11ᵉ prise — Le yaksa sonde la mer : l\u0026rsquo;adversaire recule ; j\u0026rsquo;avance et lève vers son aine (liao yin). 12ᵉ prise — Pas croisé, crochet et accrochage : l\u0026rsquo;adversaire pique vers mon bas-ventre depuis le côté droit ; je crochète vers l\u0026rsquo;arrière-bas-droit, pare son épée, puis frappe de pointe vers le haut, au sommet de sa tête. 13ᵉ prise — Le dragon vert tend la griffe : l\u0026rsquo;adversaire esquive à gauche et pique mon ventre ; j\u0026rsquo;abaisse l\u0026rsquo;épée, la lève et essuie sa gorge ; s\u0026rsquo;il plonge, je plonge à mon tour et fends en bas pour frapper son bras. 14ᵉ prise — Le yaksa sonde la mer : l\u0026rsquo;adversaire recule ; j\u0026rsquo;avance d\u0026rsquo;un pas et lève vers son aine. 15ᵉ prise — Retourner et fendre le mont Hua : l\u0026rsquo;adversaire de devant s\u0026rsquo;enfuit vaincu, un autre arrive par derrière pour piquer ; je me retourne et fends avec violence. 16ᵉ prise — Le dragon noir bat de la queue : l\u0026rsquo;adversaire de devant revient et fend de haut en bas ; je penche le corps et lève en contre son poignet. 17ᵉ prise — Le dragon noir tord la perle : les deux adversaires, devant et derrière, viennent ensemble ; je tords l\u0026rsquo;épée en un grand tour pour parer leurs armes. 18ᵉ prise — Le dragon noir bat de la queue : l\u0026rsquo;adversaire de devant tranche vers ma taille ; je lève l\u0026rsquo;épée, crochète à gauche, tords et remonte pour fendre son poignet. 19ᵉ prise — Le coq d\u0026rsquo;or se tient sur un pied : un autre adversaire tranche ma jambe ; je ramène la jambe et, aussitôt, j\u0026rsquo;avance et lève vers son aine. 20ᵉ prise — Pas croisé, crochet et accrochage : l\u0026rsquo;adversaire de devant tranche encore vers ma taille ; je tords le corps et les reins à droite et crochète l\u0026rsquo;épée vers l\u0026rsquo;arrière ; l\u0026rsquo;adversaire de derrière pique vers mon cou gauche ; suivant la posture, j\u0026rsquo;accroche de haut en bas vers la gauche. 21ᵉ prise — Embrasser la lune contre la poitrine : l\u0026rsquo;épée adverse tranche en bas mes jambes ; je crochète la pointe vers le bas-gauche et la tords en remontant ; l\u0026rsquo;épée adverse se retourne vers le haut ; j\u0026rsquo;étreins et pare à droite, puis frappe de pointe suivant la posture. 22ᵉ prise — Le yaksa sonde la mer : l\u0026rsquo;adversaire recule ; j\u0026rsquo;avance d\u0026rsquo;un pas et lève vers son aine. 23ᵉ prise — La dame de jade enfile l\u0026rsquo;aiguille : l\u0026rsquo;adversaire pique mes côtes par la gauche ; je cède le corps et les reins à droite, pare avec l\u0026rsquo;épée, et tranche le poignet droit de l\u0026rsquo;adversaire. 24ᵉ prise — Susciter le vent sur place : des adversaires à gauche et à droite essuient tous deux avec leurs épées ; je m\u0026rsquo;accroupis de tout mon corps, fais tourner l\u0026rsquo;épée à l\u0026rsquo;horizontale, me retourne sur place et cherche leurs jambes. 25ᵉ prise — Le singe blanc vole la pêche : l\u0026rsquo;adversaire de devant pique ma poitrine ; je creuse la poitrine et, de la pointe, frappe son cœur. 26ᵉ prise — Cacher l\u0026rsquo;épée sous l\u0026rsquo;aisselle : un adversaire derrière m\u0026rsquo;enserre la taille à deux mains ; je pique en arrière depuis l\u0026rsquo;aisselle gauche. 27ᵉ prise — L\u0026rsquo;épervier se retourne : l\u0026rsquo;adversaire de devant fend vers mon sommet ; je soutiens (tuo) l\u0026rsquo;épée vers le haut et, suivant la posture, tranche son cou en essuyant. 28ᵉ prise — Le dragon d\u0026rsquo;or s\u0026rsquo;enroule à la colonne de jade : l\u0026rsquo;adversaire pique encore ma gorge ; je pare à gauche ; l\u0026rsquo;adversaire de derrière frappe mon bras droit ; je tire l\u0026rsquo;épée vers la droite. 29ᵉ prise — Accroupi, accrocher et se dresser : l\u0026rsquo;adversaire fend de haut en bas ; je m\u0026rsquo;accroupis et pare vers le haut pour accrocher le dessous de son poignet. 30ᵉ prise — L\u0026rsquo;immortel soulève les nuages : l\u0026rsquo;épée adverse monte ; j\u0026rsquo;essuie la pointe de haut en dehors-droit et, suivant la posture, tranche son cou. 31ᵉ prise — Le coq d\u0026rsquo;or se tient sur un pied : l\u0026rsquo;adversaire recule ; je ramène l\u0026rsquo;épée et le jue pour protéger la taille, lève le pied gauche, comme pour me lancer à sa poursuite. 32ᵉ prise — Le cheval sauvage court à la mangeoire : je m\u0026rsquo;élance d\u0026rsquo;un bond, puis pique de la pointe les reins de l\u0026rsquo;adversaire. 33ᵉ prise — Le coq d\u0026rsquo;or monte à l\u0026rsquo;arbre : l\u0026rsquo;adversaire se retourne brusquement à droite et vient essuyer mon cou ; je pare vers l\u0026rsquo;arrière-extérieur droit. 34ᵉ prise — L\u0026rsquo;immortel étire les reins : l\u0026rsquo;adversaire esquive à gauche ; en pas croisé et suivant la posture, je tranche son cou. 35ᵉ prise — Le dragon noir bat de la queue : l\u0026rsquo;adversaire cherche mon poignet avec son épée ; je recule du pied gauche et lève en contre son poignet avec l\u0026rsquo;épée retournée. 36ᵉ prise — Un bâton d\u0026rsquo;encens vers le ciel : un adversaire à gauche pique droit devant ma poitrine ; j\u0026rsquo;étreins l\u0026rsquo;épée et pare à gauche. 37ᵉ prise — Le phénix vermillon salue le soleil : suivant la posture, je retourne la pointe en bas et lève en contre le poignet de l\u0026rsquo;adversaire ; s\u0026rsquo;il lève son épée vers le haut, je retourne la mienne et cherche son poignet. 38ᵉ prise — Le dragon noir crache le brouillard : un adversaire vient de la gauche ; je fais tourner l\u0026rsquo;épée à gauche ; s\u0026rsquo;il vient de la droite, je la fais tourner à droite ; un adversaire pique droit vers ma gorge ; je renverse la tête et le visage en arrière et, de l\u0026rsquo;épée, pique en retour la poitrine de celui qui vient. 39ᵉ prise — Le coq d\u0026rsquo;or se tient sur un pied : l\u0026rsquo;adversaire recule ; j\u0026rsquo;étreins l\u0026rsquo;épée et la ramène pour observer ce qui change. 40ᵉ prise — Le phénix lance la navette : je veux poursuivre l\u0026rsquo;adversaire de devant, mais je me garde de celui de derrière ; aussi, étreignant l\u0026rsquo;épée, je me retourne, puis reprends la poursuite et pique le dos de l\u0026rsquo;adversaire. 41ᵉ prise — Le grand duc pêche : l\u0026rsquo;épée adverse pique à gauche, je pare à gauche ; elle pique à droite, je pare à droite ; si elle s\u0026rsquo;attarde, je pointe aussitôt en bas son poignet. 42ᵉ prise — Pas croisé, crochet et accrochage : l\u0026rsquo;épée adverse vient du bas-droit ; je crochète vers le bas-arrière ; un adversaire vient de la gauche ; j\u0026rsquo;accroche et frappe de pointe sa tête. 43ᵉ prise — Le dragon vert tend la griffe : l\u0026rsquo;épée adverse pique en bas mes côtes ; je pare en bas ; l\u0026rsquo;épée adverse se rétracte ; la mienne tord aussitôt une fleur suivant la posture et fend de haut en bas. 44ᵉ prise — Le yaksa sonde la mer : l\u0026rsquo;adversaire recule ; j\u0026rsquo;avance d\u0026rsquo;un pas et lève vers son aine. 45ᵉ prise — La dame de jade lance la navette : un adversaire à gauche pique mes côtes ; j\u0026rsquo;esquive à droite et pare son poignet ; un adversaire à droite survient par derrière ; je me retourne et pique sa poitrine. 46ᵉ prise — Le tigre féroce retourne à la montagne : l\u0026rsquo;adversaire de gauche revient ; je me retourne et frappe de pointe sa tête. 47ᵉ prise — Le roi dragon, trois marées : deux adversaires piquent en même temps, à gauche et à droite ; je tords des fleurs à gauche et à droite. 48ᵉ prise — Le prince se tient au bord du fleuve : les deux adversaires reculent ensemble ; je ramène l\u0026rsquo;épée et me tiens debout.\nNotes du traducteur Jin Yiming (金一明) : auteur martial prolifique de l\u0026rsquo;époque républicaine, natif de Yangzhou. Ses écrits parurent dès 1916 (Compagnie du livre Zhonghua). Il fut chargé de l\u0026rsquo;instruction à l\u0026rsquo;Institut provincial des arts martiaux du Jiangsu à partir de 1930. La méthode : l\u0026rsquo;épée en forme de dragon se rattache à la tradition de Yan Jiyun (嚴繼藴), dit « Yan la Grande Lance », de Yanzhou (Shandong), transmise à Tong Wenhua (童文華), puis publiée par Jin Yiming. Le manuel, illustré de figures (non reproduites ici), décrit quarante-huit postures exécutées face au sud au départ ; les repères cardinaux (南 sud, 北 nord, 東 est, 西 ouest) y servent à fixer l\u0026rsquo;orientation de chaque mouvement. Les onze caractères (十一字) : 劈 pi (fendre), 撩 liao (lever), 斬 zhan (trancher), 抹 mo (essuyer), 掤 peng (parer en remontant), 托 tuo (soutenir), 鈎 gou (crocheter), 挂 gua (accrocher), 提 ti (lever), 刺 ci (piquer), 扎 zha (frapper de pointe). Le texte compare ces huit premières méthodes aux huit traits du caractère 永 (yong) de la calligraphie. Le jue (訣) : le « sceau » formé avec la main qui ne tient pas l\u0026rsquo;épée — index et majeur tendus, pouce appuyé sur l\u0026rsquo;annulaire et l\u0026rsquo;auriculaire — typique des exercices d\u0026rsquo;épée chinois. Les cinq interdits du général Li Jinglin (李景林) : général et escrimeur célèbre (1885–1931), promoteur de l\u0026rsquo;épée du Wudang, dont le manuel reprend ici les préceptes. L\u0026rsquo;historique des épées : la liste des épées célèbres, de Di Qi des Xia à l\u0026rsquo;empereur Wu des Liang, s\u0026rsquo;appuie sur les Registres des sabres et des épées (刀劍錄) de Tao Hongjing (456–536). L\u0026rsquo;« épée en forme de dragon » y apparaît déjà comme le nom de l\u0026rsquo;épée coulée par l\u0026rsquo;empereur Ming des Han (58–75), jetée dans la rivière Luo. Source du texte chinois : 金一明, 《龍形劍》, 新亞書店, 1931 (20ᵉ année de la République), texte chinois reproduit sur la page de Paul Brennan, « Dragon Shape Sword », où se trouve également la traduction anglaise de l\u0026rsquo;auteur. Le texte chinois original est dans le domaine public. Traduction française : nouvelle traduction réalisée directement à partir du texte chinois pour ce site.\n","permalink":"https://classiques-martiaux-chinois.pages.dev/posts/longxing-jian-jin-yiming/","summary":"\u003cp\u003eLe \u003cem\u003eLongxing jian\u003c/em\u003e (龍形劍, « L\u0026rsquo;Épée en forme de dragon ») est un manuel complet\nd\u0026rsquo;escrime chinoise, rédigé par \u003cstrong\u003eJin Yiming\u003c/strong\u003e (金一明, natif de Yangzhou) et publié\nen 1931 (20ᵉ année de la République) par la librairie \u003cstrong\u003eXinya\u003c/strong\u003e (新亞書店). Jin\nYiming, écrivain martial prolifique, était alors responsable de l\u0026rsquo;instruction à\nl\u0026rsquo;Institut provincial des arts martiaux du Jiangsu (江蘇省國術館). La méthode de\nl\u0026rsquo;épée en forme de dragon y est présentée comme la spécialité du maître\n\u003cstrong\u003eYan Jiyun\u003c/strong\u003e (嚴繼藴) de Yanzhou (Shandong), surnommé « Yan la Grande Lance »,\ntransmise à \u003cstrong\u003eTong Wenhua\u003c/strong\u003e (童文華) ; c\u0026rsquo;est Jin Yiming qui en composa et en publia\nle manuel. L\u0026rsquo;ouvrage comprend quatre préfaces, un traité général sur l\u0026rsquo;escrime,\nune histoire des épées célèbres, l\u0026rsquo;explication des onze caractères de la méthode\n(劈撩斬抹掤托鈎挂提刺扎), puis les quarante-huit postures de l\u0026rsquo;enchaînement avec\nleurs applications au combat. Le texte chinois, publié en 1931, est dans le\ndomaine public.\u003c/p\u003e\n\u003cp\u003eTraduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.\u003c/p\u003e","title":"L'Épée en forme de dragon (Longxing jian) de Jin Yiming"},{"content":"Ce site publie des traductions en français de classiques chinois des arts martiaux : manuels de taiji quan, xingyi, bagua, armes traditionnelles (sabre, épée, bâton, lance), traités théoriques et recueils d\u0026rsquo;exercices.\nDémarche Traductions originales : chaque texte est traduit directement à partir du chinois classique, en s\u0026rsquo;efforçant de rendre le sens exact tout en restant lisible en français. Textes du domaine public : les ouvrages publiés avant le début du XXe siècle (et leurs auteurs décédés depuis plus de soixante-dix ans) sont libres de droits. Les sources sont toujours indiquées. Texte chinois en regard : chaque article présente l\u0026rsquo;original chinois et la traduction française, pour permettre la vérification et l\u0026rsquo;étude. Inspiration Ce projet s\u0026rsquo;inspire de la forme des grands sites de traduction anglophones consacrés aux arts martiaux chinois, comme Brennan Translation de Paul Brennan, qui reste une référence incontournable pour les textes originaux. Nos traductions sont toutefois des travaux indépendants, réalisés à partir des sources chinoises dans le domaine public, et non des reprises d\u0026rsquo;autres traductions.\nImages L\u0026rsquo;image d\u0026rsquo;en-tête représente Guan Yu (关羽, v. 160–220), général de la fin des Han, divinisé en Guan Gong (关公), dieu de la guerre et saint des arts martiaux (wusheng, 武聖). Il s\u0026rsquo;agit d\u0026rsquo;un détail du tableau Guan Yu capture le général Pang De du peintre Shang Xi (商喜), dynastie Ming (XVe siècle), conservé au Musée du Palais de Pékin. L\u0026rsquo;œuvre est tombée dans le domaine public et est diffusée via Wikimedia Commons. Le logo du site reprend le symbole du taiji (taijitu) dans sa version rouge sceau.\nSoutenir le projet Ces traductions demandent beaucoup de temps de recherche et de travail. Si elles vous sont utiles, vous pouvez offrir un café\u0026nbsp;: votre soutien aide à maintenir ce blog et à publier de nouvelles traductions.\nScannez ce code avec votre téléphone pour offrir un café\nContact Pour signaler une erreur de traduction, proposer un texte ou demander une autorisation de reproduction, utilisez la page Contact.\n","permalink":"https://classiques-martiaux-chinois.pages.dev/apropos/","summary":"\u003cp\u003eCe site publie des \u003cstrong\u003etraductions en français de classiques chinois des arts\nmartiaux\u003c/strong\u003e : manuels de taiji quan, xingyi, bagua, armes traditionnelles (sabre,\népée, bâton, lance), traités théoriques et recueils d\u0026rsquo;exercices.\u003c/p\u003e\n\u003ch2 id=\"démarche\"\u003eDémarche\u003c/h2\u003e\n\u003cul\u003e\n\u003cli\u003e\u003cstrong\u003eTraductions originales\u003c/strong\u003e : chaque texte est traduit directement à partir du\nchinois classique, en s\u0026rsquo;efforçant de rendre le sens exact tout en restant\nlisible en français.\u003c/li\u003e\n\u003cli\u003e\u003cstrong\u003eTextes du domaine public\u003c/strong\u003e : les ouvrages publiés avant le début du XXe\nsiècle (et leurs auteurs décédés depuis plus de soixante-dix ans) sont libres\nde droits. Les sources sont toujours indiquées.\u003c/li\u003e\n\u003cli\u003e\u003cstrong\u003eTexte chinois en regard\u003c/strong\u003e : chaque article présente l\u0026rsquo;original chinois et la\ntraduction française, pour permettre la vérification et l\u0026rsquo;étude.\u003c/li\u003e\n\u003c/ul\u003e\n\u003ch2 id=\"inspiration\"\u003eInspiration\u003c/h2\u003e\n\u003cp\u003eCe projet s\u0026rsquo;inspire de la forme des grands sites de traduction anglophones\nconsacrés aux arts martiaux chinois, comme \u003cem\u003eBrennan Translation\u003c/em\u003e de Paul Brennan,\nqui reste une référence incontournable pour les textes originaux. 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Attribué à Wang Zongyue (王宗岳, XVIIIe–XIXe siècle), il fut transmis au sein de la famille Yang puis publié dans le recueil Hao He zhencang (郝和珍藏) de Li Yiyu (李亦畬, 1881). Le texte chinois, rédigé il y a plus de deux siècles, est dans le domaine public.\nTraduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.\n太極者，無極而生，陰陽之母也。\nLe Taiji naît du Wuji ; il est la mère du yin et du yang.\n動之則分，靜之則合。\nEn mouvement, il se divise ; au repos, il se rassemble.\n無過不及，隨曲就伸。\nSans excès ni manque : on suit la courbure, on s\u0026rsquo;étend vers le droit.\n人剛我柔謂之走，我順人背謂之粘。\nL\u0026rsquo;autre est dur et je suis souple : cela s\u0026rsquo;appelle céder (走). Je suis à l\u0026rsquo;aise et l\u0026rsquo;autre est en difficulté : cela s\u0026rsquo;appelle coller (粘).\n動急則急應，動緩則緩隨。\nÀ mouvement rapide, réponse rapide ; à mouvement lent, suivi lent.\n雖變化萬端，而理惟一貫。\nBien que les changements soient infinis, le principe demeure un et continu.\n由著熟而漸悟懂勁，由懂勁而階及神明。\nPar la maîtrise des techniques, on comprend peu à peu le jin (勁, la force interne) ; du jin compris, on s\u0026rsquo;élève par degrés jusqu\u0026rsquo;à la clarté spirituelle.\n然非用力之久，不能豁然貫通焉。\nMais sans un long travail, on ne peut atteindre la compréhension soudaine et totale.\n虛領頂勁，氣沉丹田。\nLa nuque légère, l\u0026rsquo;énergie au sommet du crâne ; le souffle descend au dantian.\n不偏不倚，忽隱忽現。\nNi incliné ni appuyé ; tantôt caché, tantôt visible.\n左重則左虛，右重則右杳。\nSi le côté gauche est lourd, le gauche se vide ; si le droit est lourd, le droit s\u0026rsquo;évanouit.\n仰之則彌高，俯之則彌深。\nQu\u0026rsquo;on s\u0026rsquo;élève contre lui, il est plus haut ; qu\u0026rsquo;on plonge contre lui, il est plus profond.\n進之則愈長，退之則愈促。\nQu\u0026rsquo;on avance, il s\u0026rsquo;allonge ; qu\u0026rsquo;on recule, il se resserre.\n一羽不能加，蠅蟲不能落。\nUne plume ne peut s\u0026rsquo;y ajouter ; une mouche ne peut s\u0026rsquo;y poser.\n人不知我，我獨知人。\nL\u0026rsquo;autre ne me connaît pas ; moi seul je connais l\u0026rsquo;autre.\n英雄所向無敵，蓋皆由此而及也。\nSi les héros sont invincibles, c\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;ils parviennent à cet état.\n斯技旁門甚多，雖勢有區別，概不外乎壯欺弱、慢讓快耳。\nLes voies latérales de cet art sont nombreuses ; bien que leurs formes diffèrent, elles reviennent toutes au fort qui opprime le faible, au lent qui cède au rapide.\n有力打無力，手慢讓手快，是皆先天自然之能，非關學力而有為也。\nLa force bat la faiblesse, la main lente cède à la main rapide : ce sont des dons naturels, non le fruit de l\u0026rsquo;étude et du travail.\n察四兩撥千斤之句，顯非力勝。\nVoyez l\u0026rsquo;adage « quatre onces déplacent mille livres » : il est clair qu\u0026rsquo;on ne vainc pas par la force.\n觀耄耋能禦眾之形，快何能為？\nRegardez le vieillard qui repousse la foule : que peut la vitesse ?\n立如平準，活似車輪。\nSe tenir comme une balance ; bouger comme une roue.\n偏沉則隨，雙重則滯。\nPencher d\u0026rsquo;un côté, c\u0026rsquo;est suivre ; peser des deux côtés, c\u0026rsquo;est s\u0026rsquo;engorger.\n每見數年純功，不能運化者，率皆自為人制，雙重之病未悟耳。\nSouvent, ceux qui après des années de pratique sérieuse ne savent pas transformer sont tous dominés par autrui : ils n\u0026rsquo;ont pas compris la maladie du double poids.\n欲避此病，須知陰陽。\nPour éviter ce défaut, il faut connaître le yin et le yang.\n粘即是走，走即是粘。\nColler, c\u0026rsquo;est céder ; céder, c\u0026rsquo;est coller.\n陽不離陰，陰不離陽，陰陽相濟，方為懂勁。\nLe yang ne quitte pas le yin, le yin ne quitte pas le yang ; yin et yang s\u0026rsquo;entraident : voilà le jin compris.\n懂勁後，愈練愈精，默識揣摩，漸至從心所欲。\nUne fois le jin compris, plus on pratique, plus on s\u0026rsquo;affine ; en méditant et en étudiant, on parvient peu à peu à ce que le cœur désire.\n本是舍己從人，多誤舍近求遠。\nÀ l\u0026rsquo;origine, il s\u0026rsquo;agit de s\u0026rsquo;oublier soi-même pour suivre l\u0026rsquo;autre ; beaucoup se trompent en cherchant loin ce qui est près.\n所謂差之毫釐，謬之千里。\nComme on dit : un écart d\u0026rsquo;un cheveu au départ, une erreur de mille li à l\u0026rsquo;arrivée.\n學者不可不詳辨焉。\nL\u0026rsquo;étudiant doit examiner cela avec le plus grand soin.\nNotes Wang Zongyue : figure semi-légendaire du taiji quan. Son nom est lié aux classiques Taiji quan lun et Taiji quan jing (太極拳經). Les dates exactes restent débattues (XVIIIe ou XIXe siècle). Wuji / Taiji : en cosmologie néo-confucéenne, le Wuji (無極, « sans faîte ») précède le Taiji (太極, « faîte suprême »), d\u0026rsquo;où naissent le yin et le yang. Jin (勁) : la force interne conduite par l\u0026rsquo;intention, distincte de la force musculaire brute (li, 力). Quatre onces déploient mille livres (四兩撥千斤) : le principe de levier et de cession qui permet au faible de vaincre le fort. Source du texte chinois : recueil de Li Yiyu, 郝和珍藏 (1881). Texte dans le domaine public. Traduction française : nouvelle traduction réalisée à partir de l\u0026rsquo;original chinois pour ce site.\n","permalink":"https://classiques-martiaux-chinois.pages.dev/posts/taiji-quan-lun-wang-zongyue/","summary":"\u003cp\u003eLe \u003cem\u003eTaiji quan lun\u003c/em\u003e (太極拳論, « Discours sur le taiji quan ») est le texte fondateur\nde la théorie du taiji quan. Attribué à \u003cstrong\u003eWang Zongyue\u003c/strong\u003e (王宗岳, XVIIIe–XIXe siècle),\nil fut transmis au sein de la famille Yang puis publié dans le recueil\n\u003cem\u003eHao He zhencang\u003c/em\u003e (郝和珍藏) de Li Yiyu (李亦畬, 1881). Le texte chinois, rédigé\nil y a plus de deux siècles, est dans le domaine public.\u003c/p\u003e\n\u003cp\u003eTraduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original.\u003c/p\u003e","title":"Le Traité du taiji quan de Wang Zongyue"}]