« Arme longue, portée courte » (長兵短用說) de Qi Jiguang : les huit lances mères, les six unions et les vingt-quatre postures de la lance

Le Jixiao xinshu (紀效新書, « Nouveau livre des méthodes efficaces ») est le traité militaire que Qi Jiguang (戚繼光, 1528-1588) rédigea en 1560, alors qu’il réorganisait la défense des côtes du Zhejiang contre les pirates japonais. Son chapitre dix, le Chang bing duan yong shuo (長兵短用說, « Arme longue, portée courte »), est l’un des plus anciens traités chinois consacrés à la seule lance qui nous soient parvenus, et le plus précis sur la question du dosage entre la longueur de l’arme et la distance de combat. Qi Jiguang y expose d’abord une thèse tactique — une arme longue doit se manier de court, faute de quoi sa portée se retourne contre celui qui la porte — puis il transcrit, avec dessins, la pratique de la lance de la famille Yang (楊家鎗, sans rapport avec la famille Yang du taiji quan), dite Fleur de poirier (梨花鎗) : les huit lances mères (八母鎗), les six unions (六合) et les vingt-quatre postures (二十四勢), dont plusieurs portent des noms que reprendront plus tard le taiji quan et les autres grandes écoles. Le texte est dans le domaine public : Qi Jiguang est mort en 1588 et l’ouvrage date de 1560. Les figures reproduites ici sont les planches de la lance de l’édition chinoise d’origine, telles qu’elles accompagnent le texte dans l’article de Brennan. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...

17 octobre 2026 · 23 min · 4733 mots

La Lance du yin conforme (陰符鎗譜) attribuée à Wang Zongyue : le manuscrit de 1795 et ses cinquante-quatre articles

Le Yinfu qiang pu (陰符鎗譜, « Manuscrit de la lance du yin conforme ») est un petit traité de lance attribué à Wang Zongyue (王宗岳), le maître de Shanxi auquel la tradition du taiji quan rattache aussi les grands classiques de la boxe. Il nous est parvenu par un livret manuscrit acheté vers 1931 chez un bouquiniste du quartier des ateliers de Pékin par l’historien Tang Hao (唐豪, 1897-1959), qui le fit connaître au public en 1936 ; la préface du livret est datée de l’année yimao (乙卯), c’est-à-dire 1795, sous le règne de l’empereur Qianlong, et situe l’auteur à Luoyang en 1791, puis à Kaifeng, où son élève passa les examens provinciaux. L’authenticité du document est discutée — Tang Hao lui-même en doutait, et l’on ne peut affirmer avec certitude que le texte soit réellement de Wang Zongyue — mais son contenu est bien celui d’un art de la lance de la fin du XVIIIe siècle, et son vocabulaire est celui des textes classiques du taiji quan : coller et suivre sans se détacher, opposité du yin et du yang, souplesse qui use la dureté. Le livret se termine sur le Taiji quan lun et les autres classiques de la boxe — textes déjà traduits sur ce site —, ce qui explique le titre donné par Tang Hao à sa publication : La Lance du yin conforme et les Classiques du taiji quan de Wang Zongyue. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original, qui est imprimé sans ponctuation. ...

17 octobre 2026 · 28 min · 5912 mots