Traductions en français de manuels classiques chinois des arts martiaux (taiji quan, xingyi, bagua, armes traditionnelles), réalisées à partir des textes originaux chinois, aujourd’hui dans le domaine public.


Traductions en français de manuels classiques chinois des arts martiaux (taiji quan, xingyi, bagua, armes traditionnelles), réalisées à partir des textes originaux chinois, aujourd’hui dans le domaine public.
Le Jixiao xinshu (紀效新書, « Nouveau livre des méthodes efficaces ») est le traité militaire que Qi Jiguang (戚繼光, 1528-1588) rédigea en 1560, alors qu’il réorganisait la défense des côtes du Zhejiang contre les pirates japonais. Son chapitre dix, le Chang bing duan yong shuo (長兵短用說, « Arme longue, portée courte »), est l’un des plus anciens traités chinois consacrés à la seule lance qui nous soient parvenus, et le plus précis sur la question du dosage entre la longueur de l’arme et la distance de combat. Qi Jiguang y expose d’abord une thèse tactique — une arme longue doit se manier de court, faute de quoi sa portée se retourne contre celui qui la porte — puis il transcrit, avec dessins, la pratique de la lance de la famille Yang (楊家鎗, sans rapport avec la famille Yang du taiji quan), dite Fleur de poirier (梨花鎗) : les huit lances mères (八母鎗), les six unions (六合) et les vingt-quatre postures (二十四勢), dont plusieurs portent des noms que reprendront plus tard le taiji quan et les autres grandes écoles. Le texte est dans le domaine public : Qi Jiguang est mort en 1588 et l’ouvrage date de 1560. Les figures reproduites ici sont les planches de la lance de l’édition chinoise d’origine, telles qu’elles accompagnent le texte dans l’article de Brennan. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...
Le Chen shi taiji quan tushuo (陳氏太極拳圖說, « Le taiji quan de la famille Chen expliqué en figures ») est l’ouvrage théorique majeur de Chen Xin (陳鑫, 1849-1929), lettré de Chenjiagou (province du Henan), de la seizième génération de la famille fondatrice de l’école Chen. Composé jusqu’en 1919, il fut publié à titre posthume en 1933. Chen Xin y commente chaque posture de l’enchaînement en la rattachant au néo-confucianisme, au Yijing et à la cosmologie du Wuji et du Taiji, dans une prose classique dense et sans ponctuation, mêlant les indications corporelles les plus concrètes (points d’acupuncture, orientation des orteils, enroulement du jin) aux considérations les plus abstraites sur le yin et le yang. La troisième des treize sections (勢) entre lesquelles Chen Xin découpe l’enchaînement comporte deux postures seulement : la cinquième, 白鵝亮翅 (Bai e liang chi, « l’oie blanche déploie ses ailes »), et la sixième, 摟膝拗步 (Lou xi ao bu, « frôler le genou, pas croisé »). Les deux n’en font qu’une : la première ouvre, la seconde ferme, et Chen Xin ne cesse de le rappeler au fil du commentaire. C’est dans cette section qu’il expose le plus longuement sa conception de l’attraction (引) et du partage du yin et du yang entre les parties du corps, avec un développement entier sur le souffle défensif (衞氣) et les méridiens. Le texte chinois est dans le domaine public : Chen Xin est mort en 1929 et l’ouvrage, composé avant 1919, a été publié en 1933. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...
Le Chen shi taiji quan tushuo (陳氏太極拳圖說, « Le taiji quan de la famille Chen expliqué en figures ») est l’ouvrage théorique majeur de Chen Xin (陳鑫, 1849-1929), lettré de Chenjiagou (province du Henan), de la seizième génération de la famille fondatrice de l’école Chen. Composé jusqu’en 1919, il fut publié à titre posthume en 1933. Chen Xin y commente chaque posture de l’enchaînement en la rattachant au néo-confucianisme, au Yijing et à la cosmologie du Wuji et du Taiji, dans une prose classique dense et sans ponctuation, mêlant les indications corporelles les plus concrètes (points d’acupuncture, orientation des orteils, enroulement du jin) aux considérations les plus abstraites sur le yin et le yang. La quatrième des treize sections (勢) entre lesquelles Chen Xin découpe l’enchaînement comporte deux postures : la septième, 初收 (Chu shou, « premier reploiement »), et la huitième, 斜行拗步 (Xie xing ao bu, « marcher en diagonale, pas croisé »). C’est la première fois que Chen Xin fait sortir les quatre membres des directions cardinales : le « pas croisé » les dispose vers les quatre coins, et il en tire un long développement sur les huit trigrammes de Fu Xi et du roi Wen. Le texte chinois est dans le domaine public : Chen Xin est mort en 1929 et l’ouvrage, composé avant 1919, a été publié en 1933. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...
Le Chen shi taiji quan tushuo (陳氏太極拳圖說, « Le taiji quan de la famille Chen expliqué en figures ») est l’ouvrage théorique majeur de Chen Xin (陳鑫, 1849-1929), lettré de Chenjiagou (province du Henan), descendant de la lignée fondatrice de l’école Chen. Composé jusqu’en 1919, il fut publié à titre posthume en 1933. Chen Xin y commente chaque posture de l’enchaînement en la rattachant au néo-confucianisme, au Yijing et à la cosmologie du Wuji et du Taiji, dans une prose classique dense et sans ponctuation, mêlant les indications corporelles les plus concrètes (points d’acupuncture, orientation des orteils, enroulement du jin) aux considérations les plus abstraites sur le yin et le yang. La deuxième des treize sections (勢) entre lesquelles Chen Xin découpe l’enchaînement comporte trois postures : la deuxième, 攬擦衣 (Lan zha yi, « saisir et ramener contre l’habit », plus connue des practiciens sous le nom de « paresseux qui noue son habit »), la troisième, 單鞭 (Dan bian, « le Simple fouet »), et la quatrième, 金剛搗碓 (Jin gang dao dui, « Vajrapani pile dans le mortier »), qui reprend la posture d’ouverture déjà commentée dans la première section, mais tournée vers l’ouest. Le texte chinois est dans le domaine public : Chen Xin est mort en 1929 et l’ouvrage, composé avant 1919, a été publié en 1933. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...
Le Chen shi taiji quan tushuo (陳氏太極拳圖說, « Le taiji quan de la famille Chen expliqué en figures ») est l’ouvrage théorique majeur de Chen Xin (陳鑫, 1849-1929), lettré de Chenjiagou (province du Henan) et descendant de la lignée fondatrice de l’école Chen. Le manuscrit fut achevé en 1919 et publié à titre posthume en 1933. Chen Xin y commente chaque posture de l’enchaînement en la rattachant au néo-confucianisme, au Yijing et à la cosmologie du Wuji et du Taiji, dans un style classique dense, sans ponctuation. Le texte ci-dessous correspond à la première des treize sections (第一勢) entre lesquelles Chen Xin divise l’enchaînement — chez lui le terme 十三勢 ne désigne pas les « treize dynamiques » de la tradition courante, mais treize tranches de la forme, dont la première ne comporte qu’une seule posture. Le texte chinois est dans le domaine public : Chen Xin est mort en 1929 et l’ouvrage, composé avant 1919, a été publié en 1933. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...
Le Wang Zongyue kao (王宗岳考, « Examen de Wang Zongyue ») est une étude d’histoire textuelle publiée le 1er mai 1936 par Tang Hao (唐豪, 1897-1959), l’un des premiers chercheurs chinois à avoir appliqué aux arts martiaux la méthode critique de l’histoire moderne : confrontation systématique des versions, examen des filiations, refus des légendes. Le texte porte aussi, dans le même article, le titre Wang Zongyue taiji quan jing / Wang Zongyue yinfu qiang pu (王宗岳太極拳經 / 王宗岳陰符鎗譜). Tang Hao y reprend la question la plus disputée du taiji quan : qui était Wang Zongyue (王宗岳), à quelle époque vivait-il, et est-ce bien lui qui rédigea les « classiques » (太極拳經, 十三勢論, 太極拳論, 十三勢歌, 打手歌) ? Sa pièce maîtresse est un livret manuscrit acheté quelques années plus tôt chez un bouquiniste des ateliers de Pékin, qui réunit le 陰符鎗譜 (« Manuscrit de la lance du yin conforme ») et le texte des classiques, et dont la préface est datée de 1795. Ce livret a déjà été traduit sur ce site : La Lance du yin conforme (陰符鎗譜) attribuée à Wang Zongyue. Il écrit à un moment où les manuels se multiplient — Guan Baiyi (關百益, 1912), Xu Yusheng (許禹生, 1921), Chen Weiming (陳微明, 1925 et 1929), Yang Chengfu (楊澄甫, 1931), Wu Tunan (吳圖南, 1931), Wu Jianquan (吳鑑泉, 1929), Jiang Rongqiao et Yao Fuchun (姜容樵、姚馥春, 1930), Tian Zhenfeng (田鎭峯, 1932) — et il les cite tous, l’un après l’autre, pour démonter pièce par pièce leurs généalogies. Ce qui est traduit ici : la première partie (chapitres 1 à 11) ; le chapitre 13, consacré aux corrections apportées au texte du livret ; le chapitre 14, sur les causes des variantes ; et, du chapitre 15, les sections 1, 2, 5 et 6. Sont omis pour la longueur : le chapitre 12 (collation vers par vers des classiques dans neuf éditions), la section 3 du chapitre 15 (ordre des pièces dans chaque édition) et sa section 4 (les deux notes jointes aux classiques), qui reprend pour l’essentiel la discussion du chapitre 10. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois. ...
Le Lian huan jin tao (連環錦套, « la brocart enchaînée ») est un ensemble de la boxe de la mante (螳螂拳) composé par Huang Hanxun (黃漢勛, 1915-1974) de Shunde, à Hong Kong, et publié en 1972. C’est un ouvrage tardif dans l’œuvre du maître : il y exécute lui-même les postures, que Huang Ziying (黃子英) photographia le 30 janvier 1972, et la préface est datée du 24 janvier de la même année, à la « Tour de la mante » (螳螂樓) — le nom qu’il donnait à son école. L’ensemble est fait de cinquante-cinq postures brèves, réduites pour la plupart à une explication (說明) et à une application (功用) de deux ou trois lignes. C’est un condensé du répertoire de la mante du Sud : le pas des Sept Étoiles (七星步), le pas de l’ascension (登山步), le pas d’entrée dans l’anneau (入環步), le tigre enjambé (跨虎步) et la posture du cavalier (騎馬步) s’y succèdent, portés par les mains en crochet (刁手, diao shou), le poing de comblement (補捶, bu chui) et les avant-bras qui roulent et qui pressent (滾膀, 仰膀). Onze postures ne sont que des reprises explicites d’une posture antérieure, et l’original se contente alors de la mention « identique à la Xe forme ». La préface est une réponse aux auteurs contemporains qui dénonçaient la répétition acharnée des enchaînements comme un travail vain, en comparant l’apprentissage de la boxe à celui des lettres : de même qu’on ne lit pas les manuels des premières années sans y rencontrer cent fois les mêmes caractères, on ne s’approprie un enchaînement sans en répéter les mouvements. Huang Hanxun est mort le 23 décembre 1974 ; le texte chinois appartient donc au domaine public depuis le 1er janvier 2025. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...
Le Jingwu benji (精武本紀, « Annales du Jingwu ») est le grand recueil commémoratif publié à Shanghai en décembre 1919 par l’Association athlétique chinoise Jingwu (中國精武體育會), née en 1910 dans le sillage de la mort de Huo Yuanjia (霍元甲, 1868-1910) et devenue en dix ans la plus grande société chinoise d’arts martiaux et d’éducation physique. Le volume se terminait par un ensemble d’annexes intitulé 課卷彙刊補編, « recueil des compositions d’élèves, supplément » : un recueil de compositions (課卷彙刊) envoyées par les écoles à l’occasion du dixième anniversaire de l’association : essais sur les femmes et les arts martiaux, sur l’éducation physique et la vie humaine, sur les maladies de l’été, sur le bénéfice retiré du corps des « Vaillants » (健兒團), la biographie d’un mendiant justicier, et des poèmes ; les textes supplémentaires (補篇) : le projet de Chen Gongzhe (陳公哲) d’une association nationale Jingwu, les notices sur l’université Saint-Jean et sur la première succursale de Shanghai, les six doutes d’une élève de l’École chinoise de gymnastique féminine sur les arts nationaux avec la réponse point par point de Chen Tiesheng (陳鐵生), le compte rendu du grand gala de trois soirées de décembre 1919 avec ses programmes complets, et le catalogue des cinq bobines du film d’arts martiaux tourné par l’association elle-même ; la constitution de l’Association Jingwu (中國精武會章程) en quatorze chapitres et vingt-neuf articles, suivie de la nomenclature de tous les ensembles d’arts martiaux alors enseignés (techniques des bassins du fleuve Jaune, du fleuve Bleu et de la rivière des Perles) ; le plan d’accès au siège de Shanghai, rédigé par Chen Gongzhe. L’édition de 1919 est depuis longtemps dans le domaine public ; la traduction française est établie directement sur le texte chinois de ce recueil. ...
Le Chunqiu dadao (春秋大刀, « la hallebarde du Printemps et de l’Automne ») est le traité de la grande hallebarde (大刀) propre à l’école de la mante du Nord (螳螂派). Il fut compilé, rédigé et exécuté par Huang Hanxun (黃漢勛, 1915-1974) de Shunde, et photographié par Huang Ziying (黃子英) ; la préface de l’auteur est datée de 戊戌孟秋, le premier mois de l’automne de l’année wuxu (戊戌), soit août-septembre 1958. L’ouvrage paraît dans la même décennie que les autres manuels d’armes de Huang Hanxun — l’épée du cadran solaire (1958), le sabre de Yan Qing (1956), les doubles sabres des six unions (1956) — et il en partage la méthode : après la page de titre et la préface, l’arme est démontée posture par posture, chacune accompagnée d’une explication (說明) qui donne les pas, les mains, l’orientation et la figure à laquelle se rapporte le cliché, puis d’une application (功用) qui expose la réponse à l’adversaire. Le texte chinois est imprimé sans ponctuation. La matière est celle du grand sabre de cavalerie que la tradition rattache à Guan Yu : une longue hampe terminée en bas par une pointe de fer (鑽, zuan) et en haut par une large lame, dont le principe directeur est, comme le dit la préface, de « surveiller le fil blanc » (看白刄) — c’est-à-dire de ne jamais perdre de vue le tranchant pendant que l’arme tourne. Les quatre-vingt-dix-sept postures s’organisent en séries : les premières établissent le vocabulaire de base, puis l’enchaînement se déploie en un flux continu qui culmine, dans son dernier tiers, en une « taille aux quatre portes » (斬四門), chaque porte étant reconstituée sur les quatre orientations successives. Huang Hanxun est mort le 23 décembre 1974 ; le texte chinois appartient donc au domaine public depuis le 1er janvier 2025. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original. ...
Le Yinfu qiang pu (陰符鎗譜, « Manuscrit de la lance du yin conforme ») est un petit traité de lance attribué à Wang Zongyue (王宗岳), le maître de Shanxi auquel la tradition du taiji quan rattache aussi les grands classiques de la boxe. Il nous est parvenu par un livret manuscrit acheté vers 1931 chez un bouquiniste du quartier des ateliers de Pékin par l’historien Tang Hao (唐豪, 1897-1959), qui le fit connaître au public en 1936 ; la préface du livret est datée de l’année yimao (乙卯), c’est-à-dire 1795, sous le règne de l’empereur Qianlong, et situe l’auteur à Luoyang en 1791, puis à Kaifeng, où son élève passa les examens provinciaux. L’authenticité du document est discutée — Tang Hao lui-même en doutait, et l’on ne peut affirmer avec certitude que le texte soit réellement de Wang Zongyue — mais son contenu est bien celui d’un art de la lance de la fin du XVIIIe siècle, et son vocabulaire est celui des textes classiques du taiji quan : coller et suivre sans se détacher, opposité du yin et du yang, souplesse qui use la dureté. Le livret se termine sur le Taiji quan lun et les autres classiques de la boxe — textes déjà traduits sur ce site —, ce qui explique le titre donné par Tang Hao à sa publication : La Lance du yin conforme et les Classiques du taiji quan de Wang Zongyue. Traduction nouvelle réalisée directement à partir du texte chinois original, qui est imprimé sans ponctuation. ...